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Full text of "Bulletin de la Societe botanique de France."

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SOCIETE BOTANIQUE 


DE FRANCE 


y & i 


MARTINET, RUE MIGNON, Ê 


BULLETIN 


| SOCIETÉ BOTANIQUE 
DE FRANCE. 


FONDÉE LE 23 AVRIL 1854 


TOME VINGTIÈME 


PARIS 
AU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 


RUE DE GRENELLE, 84 


1875 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE 
DE FRANCE 


SÉANCE DU 10 JANVIER 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. L'ABBÉ CHABOISSEAU, VICE-PRÉSIDENT. 


M. Tardieu, vice-secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 
la séance du 27 décembre 1872, dont la rédaction est adoptée. 
M. le Président donne lecture de la lettre suivante : 


LETTRE DE M. CORDIER, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ. 


El Alia près Alger, 3 janvier 1873. 
Messieurs, 

S'il m'avait été possible d'assister à la séance qui met fin à mes fonctions 
de président de la Société botanique de France, je me serais excusé de nou- 
veau d'avoir si mal répondu à l'honneur que vous avez bien voulu me faire 
en m'appelant à cette haute dignité. Des absences trop longues et répétées 
ne m'ont pas permis de m'acquitter aussi souvent que je l'aurais voulu des 
devoirs que vos suffrages m'imposaient. 

Présent à cette séance, j'aurais voulu dire un mot des travaux de la Société 
dans le cours de l'année qui vient de s'écouler et exprimer devant vous le 
regret que nous cause à tous la perte de plusieurs de ses honorables membres, 
dont deux surtout, savants des plus distingués et hommes de bien par excel- 
lence, étaient si hautement appréciés de tous ceux qui les ont connus : 
M. le docteur Hénon et M. Arthur Gris. 

Hénon, qui tour à tour, ou plutót tout à la fois, médecin, magistrat, homme 
politique, trouvait encore du temps à consacrer aux sciences, à la nótre sur- 
tout, qu'il aimait, qu'il encourageait par ses écrits et par des créations scien- 
tifiques dans une ville dont il était devenu le premier magistrat. Ce qui fait 
surtout, à mon sentiment, l'éloge de notre collègue, c'est que, appelé comme 
député à représenter son département, appelé comme maire à gérer la seconde 
ville de France, il sut, dans le temps de crise où nous vivons, attaqué chaque 


6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


jour comme homme politique et comme magistrat, par des adversaires puis- - 
sants, il sut, dis-je, garder l'estime de ceux-là méme qui s'étaient montrés les 
plus contraires à ses actes et à ses opinions. 

Arthur Gris, lui dont la vie paisible était toute consacrée à l'étude de la 
botanique et qui par ses travaux avait déjà acquis de la célébrité, nous a été 
enlevé par une mort prématurée, lorsque l'avenir le plus brillant semblait 
s'ouvrir devant lui. Sa perte laisse un vide dans notre Société. 

D'autres encore de nos collégues ont succombé dans le cours de l'année ; 
je voudrais en dire un mot, mais je laisse à ceux des nôtres qui les ont vus 
de plus prés que moi et connus depuis plus longtemps, le soin de rappeler 
leurs noms et les titres qu'ils ont à notre reconnaissance pour avoir cultivé avec 
zèle, avec fruit, la science des végétaux, cette belle science à laquelle tant 
d'hommes doivent la célébrité de leur nom ; célébrité aujourd'hui plus diffi- 
cile à acquérir peut-étre parce que les découvertes faites par nos devanciers ne 
sont plus à faire, mais qui cependant est encore réservée à ceux qui marche- 
ront sur les traces de ces grands maîtres. 


F.-S. CORDIER. 


, 


M. Fée, qui regrette de ne pouvoir assister à la séance, fait 
hommage à la Société d'un manuscrit de Commerson, qu'il possédait 
depuis fort longtemps. Ce manuscrit authentique sera déposé aux 
archives de la Société. 

M. le Président annonce une nouvelle présentation. 

Conformément à l'article 28 du réglement, M. le Président fait 
ensuite connaitre les noms des membres des diverses Commissions 
nommées par le Conseil dans sa séance du 27 décembre dernier. 

Ces Commissions sont composées de la maniére suivante : 

1° Commission de comptabilité : MM. Laségue, A. Passy et 
Roze. 

2^ Commission permanente des Archives : MM. Fournier, Gau- 
defroy, Guillard, Paul Petit, de Seynes. 

3° Commission permanente du Bulletin : MM. Bureau, Chatin, 
Cosson, Duchartre, Fournier, de Seynes. 

h° Commission permanente des gravures : MM. Decaisne, Van 
Tieghem, Prillieux, de Seynes. 

5° Commission chargée de recueillir les opinions émises relati- 
vement à la tenue de la prochaine session extraordinaire et de for- 
muler une proposition sur le lieu et l'époque de cette session : 
MM. Chaboisseau, Cosson, Decaisne, Delondre, Fournier. 

6° Comité consultatif, chargé de la détermination des plantes 


SÉANCE DU 10 JANVIER 1873. 7 


de France et d'Algérie soumises à l'examen de la Société : 
MM. Bescherelle, Cosson, Gaudefroy, Poisson, de Seynes. 

M. le Président annonce que les membres du Conseil devant sortir 
celte année sont : MM. Beautemps-Beaupré, Lefranc, G. Planchon 
et Prillieux. 

On procéde à l'élection du Président pour l'année 1873. 

M. Decaisne, ayant obtenu 91 suffrages sur 115, est proclamé 
président de la Société pour 1873. 

La Société nomme ensuite successivement : 

Vice-Présidents : MM. Fée, G.Planchon, E. Fournier, Edm. Lefranc. 

Secrétaire général : M. de Schoenefeld (réélu). 

Secrétaire : M. E. Roze. 

Archiviste : M. Yabbé Chaboisseau. 

Membres du Conseil : MM. Bureau, Duchartre, Larcher, Laségue. 

Il résulte de ces nominations que le Bureau et le Conseil d'ad- 
ministration de la Société sont composés, pour l'année 1873, de la 


maniére suivante : 
Président. 


M. DECAISNE. 
Vice-présidents. 
MM. Fée, MM. Edm. Lefranc, 
Eug. Fournier, G. Planchon. 
Secrétaire général. 


M. de Schenefeld. 


Secrétaires. Vice-secrétaires. 
MM. Max. Cornu, MM. Aug. Delondre, 
E. Roze. M. Tardieu. 
Trésorier. : Archiviste. 
M. A. Ramond. M. l'abbé Chaboisseau. 
Membres du Conseil. 
MM. Ad. Brongniart, MM. Gubler, 
Bureau, le comte Jaubert, 
Chatin, Larcher, 
E. Cosson, Laségue, 
Duchartre, A. Passy, 
Germain de Saint-Pierre, J, de Seynes. 


8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SÉANCE DU 17 JANVIER 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. G. PLANCHON, VICE-PRÉSIDENT, 


M. Max. Cornu, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la 
séance du 10 janvier, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la derniére séance, 
M. le Président proclame l'admission de : 


M. Dunamez (Henri), rue Saint-Martin, 300, à Paris, présenté 
par M. l'abbé Chaboisseau et M. E. Cosson. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture de la lettre suivante : 


LETTRE DE Mí. de SCHŒNEFELD. 


à 


A Monsieur le Président et Messieurs les Membres de la Société 
botanique de France. 
Genève., 16 janvier 1873. 
Monsieur le Président, 
Messieurs et chers collègues, 


Je viens d'apprendre officieusement, par une obligeante lettre de mon hono- 
rable ami M. Ernest Roze, que vous avez bien voulu, malgré mon absence, 
me faire l'insigne honneur de me renommer pour cinq ans aux fonctions de 
secrétaire général, et d'ajouter ainsi un nouveau lustre à ma carrière déjà 
peut-étre trop longue parmi vous. 

Je vous remercie bien cordialement de cette preuve d'estime, d'attache- 
ment et de confiance, donnée au plus vieux serviteur de la Société botanique 
de France, qui s'efforcera toujours, de loin comme de prés, de lui étre encore 
de quelque utilité, selon la mesure de ses forces, mais qui n'a guère l'éspoir 
de pouvoir atteindre le nouveau terme auquel votre bienveillance semble 
ajourner sa prochaine retraite. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes hommages respectueux, et vous 
tous Messieurs et chers collègues, l'assurance de mes sentiments de gratitude 
et de dévouement. 


W. DE SCHOENEFELD. 


M. Roze, avec l'assentiment de tous les membres présents, dit 
qu'il croit pouvoir étre l'interpréte de la Société, en souhaitant 
vivement que les tristes prévisions de M. de Schoenefeld ne puissent 
se réaliser. 


SÉANCE DU 17 JANVIER 1873. 9 


Lecture est donnée de la lettre suivante : 


LETTRE DE MM. AMBLARD et l'abbé GARROUTE. 


Agen, 8 janvier 1873, 
Monsieur le Secrétaire général, 


Nous venons vous faire part de la mort de notre cher maitre, de notre bien 
cher ami, M. Édouard de Pommaret. Il est décédé le 4 janvier, à Bordeaux, à la 
suite d'une pleurésie contre laquelle les ressources de l'art ont été impuis- 
santes. 

Nous croyons pouvoir affirmer que la Société botanique de France perd en 
lui un de ses membres les plus distingués. Nous vous dirons plus tard ce que 
fut Édouard de Pommaret ; nous vous parlerons de la richesse de son herbier, 
à l'étude duquel il consacrait la plus grande partie de son temps; nous vous 
montrerons combien cet herbier est précieux, non point seulement pour la 
quantité de plantes rares qu'il renferme, mais surtout par les notes souvent 
trés-détaillées qui accompagnent chaque espéce. 

Veuillez communiquer à la Société la perte cruelle que nous venons de 
faire, perte qui sera sentie, nous n’en doutons pas, par tous ceux qui ont 
connu Édouard de Pommaret. Louis AMBLARD, 

E. GARROUTE. 


M. Cornu, secrétaire, donne lecture d'une lettre de M. L. Cha- 
tenay, jardinier-chef du fleuriste au Muséum de Paris, qui 
accompagnait une trés-belle touffe d'un gros Agaric à pédicules 
cespiteux : ce Champignon s'était développé dans le sous-sol humide 
d'une des habitations du Muséum, et semblait présenter quelques 
rapports avec l Agaricus melleus (forme à pédicules sans anneaux). 

Lecture est donnée des communications suivantes : 


SINGULIÈRE REPRODUCTION D'UNE MYXOGASTRÉE, par M. Casimir 
ROUMEGUERE. 


(Toulouse, 15 janvier 1873.) 


Je faisais réparer, le mois dernier, un appartement de ma maison oü les 
ouvriers oubliérent un vase de grés contenant de la peinture à l'huile et un 
pinceau. Ce vase demeura sur une étagère de la cuisine où l'on n'avait pas 
encore fait de feu et à un demi-jour. Retiré de ce lieu dix ou douze jours 
aprés, je fus trés-surpris de voir une portion de la surface du vase où l'huile 
surnageant avait formé un épaississement, ainsi que la surface du pinceau voi- 
sine du manche, surchargées de touffes épaisses d'un Stemonitis en fructifica- 


10 | SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


tion avancée. C'était le Stemonitis oblonga. Fries, propre au nord de l'Eu- 
rope, indiqué à Salem (Grand-duché de Bade) par Jack, à Charleston (États- 
Unis) par Ravenel, et -en France, à Brest, par une observation unique, je 
crois, celle de MM. Crouan frères, auteurs de la Ælorule du Finistère. 
L'habitat, autant que la présence fortuite de ce Champignon à l'intérieur d'une 
habitation, m'étounerent, et l'idée d'essayer sa reproduction dans des condi- 
tions analogues à son apparition m'occupa aussitôt. Je pris un bloc de bois 
de sapin ouvré qui allait servir de support à une statuette dans mon cabinet 
(le premier morceau de bois de sapin qui se trouva à ma portée), et je déposai 
sur sa surface la plus unie une couche dela peinture du vase générateur, puis 
je projetai sur cette couche de. peinture fraîche les spores du Sfemonitis 
attaché au pinceau, et cela en secouant vivement et à plusieurs reprises cet 
objet. Je fis cette opération le 3 janvier, au matin, sans trop d'espoir, je le 
déclare, de voir mon ensemencement réussir. Dix jours aprés, le 13, c'est-à- 
dire avant-hier, j'ai vu, à la place des infiniment petites ponctuations repré- 
sentant les spores sur mon socle peint (ponctuations presque invisibles à l'œil 
nu), une multitude de membranes isolées les unes des autres, parfaitement 
circonscrites (le stroma), figurant une petite tache de sang desséché, de forme 
arrondie mais irrégulière, et mesurant dans le diamètre le plus grand un 
demi-centimétre au plus ; les moins réguliéres de ces membranes semblaient, 
par l'épaisseur relative de certaines de leurs parties et par le ton de couleur 
plus foncé de ces mémes parties, former l'agrégation de deux ou trois spores 
- développées en un stroma unique; mais cela n’est qu'une simple hypothèse. 
Les membranes le plus régulierement circulaires ont donné un lacis uni- 
forme dans sa composition comme dans sa nuance, et sont pour moi le produit 
d'une seule spore. Ces stromas avaient apparu le 43 au soir, et le 44 au 
matin, sans avoir acquis le moindre accroissement en étendue, ils se sont 
montrés surchargés d'un grand nombre de stipes (9-11 pour chaque stroma 
distinct), placés régulierement à la marge du stroma et d'une facon circulaire, 
puis prolongés comme d'habitude en une longue columelle à laquelle était 
adné un capillitium à divers degrés de maturité. 

Il s'est écoulé quatorze heures entre l'apparition du stroma nu et celle du 
stroma complété par les stipes fructifiés, et comme les capillitium étaient, le 
14 janvier à huit heures du matin, les uns pulvérulents, les autres relative- 
ment homogènes et non déformés encore, il est assez difficile d'assigner un laps 
de temps rigoureusement exact à la durée de la formation et de la maturation 
des stipes. Ma remarque s'applique à une période de temps extréme. 

J'ai l'honneur de placer sous les yeux de la Société un fragment de ma 
planchette d'ensemencement. Comme je l'ai fait moi-même, mes confrères 
pourront distinguer dans le type végétatif (je crois pouvoir le désigner encore 
ainsi) la forme du stroma qui est réputé pour étre fugace et qu'il est. fort dif- 
ficile d'apercevoir dans les échantillons desséchés (je parle du moins de ceux que 


SÉANCE DU 17 JANVIER 1873. 11 


je possède, des collections Rabenhorst, Jack et Ravenel). Dans mes élèves ce 
stroma apparait avec une grande netteté de contours, netteté d'autant plus 
appréciable par les yeux, que le Champignon s'est dessiné sur la couche non 
encore desséchée de peinture blanche, et fait corps en apparence avec son 
support, comme les Algues de nos collections font corps avec le papier. 

Je n'ai pas cru utile de refaire, pour les rapporter ici, les analyses du labo- 
ratoire de M. de Bary et qui sont connues pour les S/emonitis. Je les ai d'ail- 
leurs développées dans mon récent ouvrage: Histoire des Champignons. Je 
me borne, en envoyant mes élèves à la Société, à constater deux faits : 

j* La singularité de l'apparition de l'espéce pour la première fois à Tou- 
louse et dans les conditions insolites que je rapporte. 

2° La réussite d'un ensemencement du Stemonitis sur une mixtion fraiche 
composée d'huile de lin, de céruse et, nécessairement, d'une petite partie d'es- 
sence de térébenthine. : 

Nous savons tous l'attraction sympathique et prépondérante, quoique nulle- 
ment expliquée encore, qu'exercent les bois morts de pin et de sapin pour la 
végétation des Myxogastrées en général. Faut-il ne voir dansl'essence de té- 
rébenthine de ma mixtion et dans le bloc de bois de sapin ou dans le manche 
du pinceau également de bois de sapin (je m'en suis assuré), qu'une des con- 
ditions rationnelles de la végétation normale de mon Champignon, et faut-il 
aussi attribuer l'apparition primitive de l'espéce à Toulouse (celle du 3 jan- 
vier) à l'omnipotence des spores, charriées par l'air, ou bien faut-il admettre 
une origine du Champignon à son existence, à l'état latent, dans les fibres du 
bois qui a servi à faconner le manche du pinceau ? 

Judicent peritiores ! 


Cette communication était accompagnée d’un échantillon de bois 
de sapin, recouvert de peinture, sur lequel s'était développé le 
Stemonitis oblonga Fries. 


NOTICE SUR DEUX ESPÈCES DU GENRE ANTIRRHINUM , NOUVELLES POUR LA FLORE 
DE FRANCE, par M. ©. DEBEAUX. 


(Perpignan, décembre 1872.) 


Parmi les départements francais qui ont fixé le plus l'attention des natura- 
listes, il faut citer celui des Pyrénées-Orientales. Tout contribue en effet à 
attirer dans le pays privilégié du Roussillon la foule des touristes et les nom- 
breux amis des sciences naturelles. La douceur du climat, la renommée juste- 
ment méritée des thermes répandus sur les deux versants des Pyrénées, la 
richesse incontestable de la faune et de la végétation littorale et montagneuse, 
suffisent pour motiver, chaque année, la présence des naturalistes sur tous les 
points du département. 


12 


Exploré au commencement de ce siècle par les célèbres botanistes Lapey- 
rouse, Pourret et Gouan, plus tard par Bentham, Walker, Xatard et Coderc, 
et de nos jours enfin par MM. Penchinat, Reboud, Legrand, Timbal-Lagrave, 
Companyo, et cette année méme par la Société botanique de France, il sem- 
blerait difficile de rencontrer dans le Roussillon une espèce végétale qui n'ait 
été déjà découverte ou signalée par M. Companyo, l'infatigable et regretté 
naturaliste à qui la ville de Perpignan doit la création de son riche musée, et 
la science le remarquable travail intitulé : Histoire naturelle des Pyrénées- 
Orientales. Y n'en est rien cependant, car le botaniste qui veut se donner la 
peine d'explorer avec soin la végétation d'une région quelconque du départe- 
ment, y découvrira à coup sür non-seulement des plantes nouvelles pour la 
flore de France, mais encore des espèces cntiérement inédites et que la na- 
ture semble avoir prodiguées sous sa main. 

Arrivé à Perpignan au commencement de juillet 1872, j'ai dü commencer 
par me familiariser avec la végétation caractéristique des abords de ma rési- 
dence et des plaines du Roussillon. Quelle n'a pas été ma surprise de ren- 
contrer, aux portes méme de la ville, deux espèces du genre Antirrhinum, 
de la section Antirrhinastrum, qui ont échappé jusqu'à présent à la sagacité 
des botanistes roussillonnais, et m'ont paru des plus intéressantes, puisqu'il 
n'en est fait mention ni dans la Flore de France de MM. Grenier et Godron, 
ni dans la récente publication de MM. Willkomm et Lange intitulée : Pro- 
dromus florc hispaniceæ. 

La première espèce de nos Antirrhinum appartient évidemment au groupe 
de l'A. latifolium Miller. C'est pour ainsi dire une plante intermédiaire entre 
PA: latifolium et l'A. majus L. Elle offre en effet des caractères propres à 
ces deux espéces, mais il n'est pas possible d'admettre qu'elle en soit une 
hybride, l'Antirrhinum majus ne se trouvant pas d'ailleurs exister dans un 
grand rayon autour de la localité de notre espèce, que je désignerai à l'avenir 
sous le nom d'A. intermedium. D'un autre côté, j'ai recu des échantillons frais : 
du vrai A. latifolium recueillis par M. l'ingénieur Loccard, au mont Saint- 
Martin prés de Camélas, et j'ai pu comparer sur le vif la plante de Perpignan 
avec celle des contre-forts du Canigou. Je vais donc essayer d'en établir les 
différences spécifiques, que je place ci-après en regard les unes des autres. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Autirrhinum latifolium : 


Tiges de 30 à 40 centimétres, velues- 
pubescentes et glanduleuses de la base au 
sommet. Feuilles larges ovales ou ovales- 
lancéolées, courtes, obtuses, pubescentes et 
méme glanduleuses. 


Fleurs sans odeur, en'grappes serrées, là- 
ches dans les rameaux fleurissant en automne, 
à pédicelles 4-5 fois plus longs quele calice, 


Antirrhinum intermedium : 


Tiges de 50 à 80 centimétres, pubes- 
centes et glanduleuses dans la partie flori- 
fére seulement, glabres dans tout le reste 
de la plante. Feuilles largement lancéolées, 
ou elliptiques-lancéolées , glabres sur les 
deux faces. 

Rameau florigère pauciflore, à fleurs d'a- 
bord serrées au sommet de la tige, puis en 
grappe lâche tés-allongée et répandant 


SÉANCE DU 17 


à bractées aussi longues ou dépassant méme 
le pédicelle ; divisions calicinales ovales ou 
obovales-obtuses, 3-4 fois plus courtes que 
le tube de la corolle; celle-ci presque aussi 
grande que celle de PA. majus (3 à 4 cen- 
timètres), de couleur blanc jaunâtre à l'exté- 
rieur, d'un jaune foncé sur le bord de la 
lèvre inférieure, avec une teinte d’un pour- 
pre foncé sur la partie inlerne du labelle 
supérieur, 

Capsule oblique ovale, glanduleuse, pu- 
bescente, et dépassant du double les divi- 
sions calicinales. 

Hab. : Les rochers escarpés et calcaires 
des Pyrénées orientales; fleurit de juin à 

décembre. 


JANVIER 1873. 13 
une odeur douce et suave ; pédicelles éga- 
lant le calice, à bractées ovales, plus courtes 
que le pédicelle ; divisions calicinales lar- 
gement ovales-obtuses, 2-3 fois plus courtes 
que le tube dela corolle, celle-ci deux fois 
plus petite que celle de l'A. majus (2 à 
2 1/2 centim.), de couleur jaune pâle à 
l'extérieur, avec une teinte d'un beau jaune 
sur les bords internes de la corolle à peine 
nuancée de pourpre sur la partie externe 
du labelle supérieur. 

Capsule oblique ovale, velue, glanduleuse, 
dépassant du double les divisions calicinales. 

Hab. : Les champs et les vignes des terres 
sablonneuses qui bordent le ruisseau de la 
villeà Perpignan ; fleurit demai à novembre. 


Par la glabrescence de toutes les parties de la plante, à l'exception des 
rameaux florifères, par ses tiges robustes et élevées, ses feuilles lancéolées et 
corolles d'un jaune pâle, non tachées de pourpre, enfin par ses pédicelles 
beaucoup plus courts, l Antirrhinum intermedium se distingue parfaitement 
de VA. latifolium, avec lequel il a été confondu jusqu'à présent. Sa synony - 


mie devra étre ainsi établie : 


ANTIRRHINUM (Antirrhinastrum) INTERMEDIUM Debeaux, mss. 1872 et in 


herb. 


A. majus var. hybridum Bentham in Caf. plant. Pyr. indig. p. 60, 


1826. 


A. latifolio-majus Legrand in litt. et in herb. 1872. 

A. latifolium Companyo in Hist. nat. Pyr. Orient. ex parte, 1864. 

A. majus var. fallax Loret in Bull. Soc. bot. Fr. t. VI? 

L'A. intermedium se rencontre en abondance à Perpignan, le long du 


ruisseau de la ville, en avant des redoutes de la porte Canet. Il se propage 
de lui-même dans les vignes qui bordent ce ruisseau, et:saus qu'aucun de ses 
caractères soit modifié, ce qui d’ailleurs éloigne toute hypothèse de son 
hybridité. | 


La deuxième espèce d'Antirrhinum qui va nous occuper, est probablement 
celle que M. Companyo a voulu désigner, dans son Histoire naturelle des 
Pyrénées-Orientales, sous le nom d'A. sempervirens. Mais la plante des vieux 
remparts de la Villeneuve, à Perpignan, n'est certainement pas l'espéce des 
hautes sommités des Pyrénées à laquelle Lapeyrouse a depuis longtemps déjà 
donné le nom d'A. sempervirens. Notre plante a, par la disposition et la cou- 
leur de ses fleurs, la glabrescence de toutes ses parties, et jusqu'à la forme 
linéaire de ses feuilles, quelque rapport avec A. zntermedium, dont elle 
pourrait bien n'étre qu'une forme naine pour quelques botanistes. Il est aisé 
de comprendre, en effet, qu'une plante puisse se modifier selon les milieux où 


14 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


elle vit, et il semble rationnel d'admettre au premier abord qu'une espèce de 
grande dimension, habituée à vivre dans un terrain gras et humide, puisse à 
peine végéter dans le mélange de sable et de chaux qui remplit les fissures des 
vieilles murailles, et que par suite elle se transforme en une variation naine 
du type primitif. La culture de cette variation, dans un sol approprié, suffirait 
pour lever tous les doutes à son égard ; car il est certain qu'elle la forcerait à 
reprendre ses caractères distinctifs. Il n'en est pas de méme de la plante des 
vieux remparts, qui ne perd aucun de ses caractères, méme dans les sols les 
plus riches. J'ai rencontré en effet plusieurs individus de notre Antirrhinum, 
soit dans l'intérieur des fossés, soit sur les glacis des fortifications, localités 
dont le sol est tout aussi riche en humus que celui des abords du ruisseau de 
la ville, et ces individus étaient exactement semblables, daus toutes leurs 
parties, à ceux vivant dans les fentes des murailles. L'hypothese d'une forme 
naine me parait inadmissible, parce que nous avons ici une espèce bien dis- 
tincte, méconnue jusqu'à présent, et dont le nouvel Aab?tat vient jeter un jour 
tout nouveau sur son extension géographique. 

Je trouve cet Antirrhinum très-exactement décrit par Gussone, en 1828, 
dans son Prodromus flore siculæ, sous le nom d'A. siculum Ucria, var. A, 
foliis angustissimis. Mais, comme l'A. siculum, tel que Gussone l'a établi, 
renferme à lui seul plusieurs variétés, dont l'une, la variété B, est devenue plus 
tard lA. Barrelieri de M. Boreau, je crois devoir imposer à la plante de Perpi- 
gnan un noni nouveau, afin qu'il n'y ait plus à l'avenir de confusion parmi 
les espèces du groupe de lA. siculum, celui d'Antirrhinum ruscinonense. 

ANTIRRHINUM (Antirrhinastrum) RUSCINONENSE Debeaux, mss. 1872, et 
in herb. 

A. siculum Ucria Plant. ad Linn. opus addend. n° 7, var. A, Gussone 
Prodr. flor. sic. t. II, 1828. 

A. sempervirens Companyo Hist. nat. Pyr. Or. non Lap. 

A. erectum, adscendens vel basi tortuosum, 15 à 50 cent. altum, caulibus. 
e trunco sublignoso paucis, ramosis, divaricatis, glaberrimis, fragilissimis, 
superne glanduloso-pubescentibus ; foliis lineari-lanceolatis, glabris, angustis- 
simis, vix 2-3 millim. latis, superioribus sparsis, inferioribus oppositis, alter- 
nisve ; racemo florigero laxe multifloro, floribus sparsis breviter pedicellatis, 
pedicellis erectis calycis subæquilongis, bractea lanceolata duplo brevioribus; 
cal ycinis laciniis acutiusculis, ovato-lanceolatis capsulisque parum glandulosis ; 
corolla candido-pallescente, palato luteo, vexillo seu auriculis purpureo-striatis ; 
tubo subinflato, pallido, puberulo ; gibbere basali valde prominulo ; stylo 
glanduligero, ovario vix duplo longiore; seminibus atris, tetragonis, corrugatis, 
profunde excavatis. 

Habitu formis nonnullis A. majoris subsimile, sed humilius, corolla minore 
alba vel lutescente, calycisque laciniis facile distinctum, 


Crescit in muris vetustis exterioribus oppidi dicti Villeneuve de Perpignan, 


SÉANCE DU 17 JANVIER 1873. 45 


regionis ruscinonensis, ubi copiose occurrit, floretque fere per totam anuu.n. 
X aut ©. 

D'après le Prodromus (t. X), l Antirrhinum siculum se trouverait sur les 
vieux murs en Sicile, dans les iles de l'Archipel grec, et aussi en Espagne. 
MM. Willkomm et Lange (Prodr. flor. hisp.) ne mentionnent point lA. 
siculum parmi les plantes dont l'indigénat a été réellement constaté en 
Espagne; mais ils le signalent parmi les espéces qu'il faut rechercher, et 
dont l'habitat est probable dans la péninsule ibérique. La station nouvelle 
de Perpignan vient corroborer l'opinion de ces deux botanistes. 

L'A. ruscinonense ne peut étre rapproché que des A. majus L., A. /ati- 
folium et A. intermedium. On le distinguera facilement de ces trois espèces 
par sa taille toujours plus petite; par ses tiges rameuses au sommet et entiere- 
ment glabres, et non pubescentes-glanduleuses; par ses feuilles presque 
linéaires, lancéolées, glabres et jamais glutineuses ou pubescentes; par les 
rameaux florifères hispides seulement au sommet ; par les segments du calice 
obtusément aigus; par ses capsules couvertes de poils courts et glanduleux ; 
par sa corolle d'un blanc pâle ou jaunâtre, trois ou quatre fois plus petite que 
celle de toutes les espèces déjà citées; et par l'odeur forte et suave de ses 
fleurs. ; 

L Antirrhinum Hueti Reuter, avec lequel on pourrait aussi le comparer, 
est une plante beaucoup plus robuste dans toutes ses parties, à corolle aussi 
grande que celle de l'A. majus, et à bosse basale presque calcariforme. Cette 
espèce, qui croit sur les rochers des montagnes de la Vieille-Castille, n'a 
jamais été trouvée, que je sache, sur le versant francais des Pyrénées, et ne 
peut être confondue avec lA. ruscinonense. 


Les deux Mufliers dont je viens d'établir la description spécifique, les Antir- 
rhinum intermedium et ruscinonense, constituent deux plantes d'ornement du 
plus gracieux effet pour orner les vieux murs et les rocailles des jardins 
paysagers. Dans le Roussillon, PA. intermedium paraît préférer les terres 
légères, sablonneuses et un peu humides, tandis que l’A. ruseinonense vit 
exclusivement sur. les vieilles murailles à toute exposition. Ces deux plantes 
ne perdent ni les tiges, ni les feuilles pendant l'hiver, et fleurissent une grande 
partie de l'année, d'avril à décembre. Les fleurs de PA. ruscinonense ré- 
pandent une odeur forte qui rappelle celle du Philadelphus coronarius, vul- 
gairement nommé Seringat des jardins. L'A. intermedium au contraire est 
moins odorant, mais le parfum en est plus doux et plus suave. Il serait peut- 
étre possible d'obtenir, par la culture, de nombreuses variations daus la couleur 
de la corolle, ainsi qu'on l'a déjà obtenu pour le Muflier commun, et je 
signale ces charmantes espèces à l'attention des jardiniers et des horticulteurs. 


M. Roze présente à la Société des échantillons en fleur des plantes 


16 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de pleine terre, dont les noms suivent et qui ont été recueillies 
dans son jardin le jour même de la séance (17 janvier). 


Parmi ces plantes, plusieurs étaient déjà fleuries le 1° janvier, savoir £ 


Poa annua L. Malcolmia maritima R. Br. 
Fragaria vesca L. Anthemis nobilis L. 
Centranthus ruber DC. Primula grandiflora Lam. 
Euphorbia Peplus L. Mercurialis annua L. 


Calendula officinalis L, 
D'autres commencaient à fleurir : 


Galanthus nivalis L. Cheiranthus Cheiri L. 
Violaodorata L. 


M. Roze dit qu'il n'a voulu présenter ces quelques plantes à la Société que 
pour constater les effets de la douceur exceptionnelle de la température, à une 
époque de l'année qui est d'ordinaire si rigoureuse sous le climat de Paris. Il 
prie les membres de la Société qui auraient également observé des floraisons 
soit précoces, soit tardives, dans le courant du mois de janvier, de vouloir bien 
les communiquer de méme à la Société, pour qu'il en soit fait mention dans le 
Bulletin, à titre de documents pour l'avenir. 


SÉANCE DU 34 JANVIER 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance 
du 17 janvier, dont la rédaction est adoptée. 

M. Eug. Fournier donne lecture de l'extrait suivant d'une lettre 
qui lui a été adressée par M. le docteur A. Ernst, président de la 
Société des sciences physiques et naturelles de Caracas (Venezuela), 


en méme temps que les premiers numéros du Vargasia (1), bul- 
letin de cette Société : 


LETTRE DE M. A. ERNST. 


X Caracas, 5 janvier 1873. 
Monsieur, 


Je vous envoie aujourd'hui les premiers numéros de notre Vargasia, pour 
lequel je demande l'échange contre votre Bulletin, par la lettre ci-incluse 


(1) Ainsi nommé en l'honneur de Vargas, botaniste américain, correspondant de 
A.-P. de Candolle, 


SÉANCE DU 31 JANVIER 1873. 17 


adressée à votre Président (1). Je vous prie de présenter le tout à la première 
séance de votre Société. 

Nous avons commencé la publication de notre huitième numéro, et je vous 
l'enverrai aussitót qu'il aura paru. C'est certainement peu de chose, si l'on 
considère que notre Société existe déjà depuis quatre années ; mais je vous prie 
de ne pas oublier que nous avons eu inille difficultés à vaincre, d'abord l'indif- 
férence du public et le manque presque total d'esprit scientifique... Il me faut 
être secrétaire, bibliothécaire et trésorier tout ensemble ; sans cette concen- 
tration, la Société aurait été perdue depuis longtemps. Pensez aussi aux guerres 
civiles qui naguère encore désolaient notre pays, car il n'y a que quelques mois 
que l’État de Venezuela jouit de la paix sous le gouvernement du général Guz- 
man Blanco. Tout cela a empêché le développement de notre Société. Mais je 
suis sûr que de meilleurs temps renaîtront, surtout si je parviens à intéresser le 
gouvernement à mes projets, et j'en ai presque la certitude. Le général Guzman 
m'a déjà nommé professeur d? botanique à l'Université (où cette chaire n'existait 
pas encore!) ; en méme temps il m'a confié la direction, ou plutót la formation 
d'un jardin botanique et d'un musée d'histoire naturelle. Le jardin ne contiendra 
en tout que 1300 mètres carrés, ce qui n'est pas grand, mais ce sera toujours 
un commencement, Dans le musée, j'ai l'intention de réunir : 1? l'herbier de 
Venezuela; 2° un herbier général ; 3° une collection relative à la botanique 
économique. Je suis dés à présent occupé à fonder le premier herbier, et dans 
ce but, je ferai présent au musée d'une série assez complète de ma propre 
collection, qui est assez riche, et j'ai en outre l'herbier de Vargas, intéressant 
par un bon nombre d'échantillons typiques nommés par De Candolle. Pour 
le second herbier, c'est avec beaucoup de plaisir que j'entrerai en relation 
d'échanges avec vous et les autres botanistes de France qui désireraient avoir 
des plantes de notre pays. Je tiendrais surtout à avoir pour le musée quelques 
plantes de la flore francaise ou d'autres flores s'il est possible. 

C'est mon désir, et méme celui du gouvernement, de publier un jour une 
flore de Caracas, etj'espére que la formation des herbiers du musée viendra 
en aide à ce projet. Mais ce ne sera peut-étre que dans quatre ou cinq années 
que je pourrai y penser sérieusement. 

Je m'occupe aussi d'envoyer en Europe des plantes vivantes, principalement 
des Orchidées, ce qui pourrait intéresser des amateurs disposés à en acheter 
à des prix d'ailleurs trés-modérés. 


Lecture est donnée d'une lettre de M. Crépin qui remercie la 
Société de l'avoir admis parmi ses membres. 
M. Roze fait connaitre à la Société les noms de plusieurs plantes 


(1) Ces pièces ont été déposées sur le bureau du Conseil d'administration pendant sa 
séance du 31 janvier. 
T. 1X. (Séances) 2 


13 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


qu'il a observées en fleur, aux environs de Paris, le 26 de ce mois. 
Ce sont : 


Poa annua L. Lampsana communis L, 
Urtica urens L. Potentilla Fragaria Poir. 
Mercurialis annua L. Lamium album L. 

Bellis perennis L, — purpureum L, 
Senecio Jacobæa L. Stellaria media Sm. 


— vulgaris L. 


Capsella Bursa-pastoris Meench, envahi par le Cystopus candidus Lévy. 
Euphorbia Helioscopia L., envahi par le Melampsora E‘uphorbiæ Tul. 


MM. Petit et Larcher font à la Société la communication sui- 
vante : 


LISTE DE QUELQUES PLANTES RECUEILLIES DANS LE MOIS DE JANVIER 1873, AUX 
ENVIRONS DE PARIS, par MM. Paul PETIT et Ad. LARCHER. 


Dans la dernière séance, M. Roze a exprimé l'avis qu'il serait utile de 
noter les floraisons dues à la température presque printaniére de cet hiver, et 
dont la plupart ne sont sans doute que des floraisons prolongées. Voici quel- 
ques indications recueillies dans nos dernières excursions : 


FORÊT DE SÉNART (12 janvier). 


Cryptogames : 
Bartramia pomiformis (en fruits). 
Zygnema insigne (Hassall) en conjugation. 


Cocconema lanceolatum — en conjugation.— État assez rare, décrit par Thwaites (Ann. 
Nat. Hist. novembre 1847 et mars 1848). 


Phanérogames en fleur : Bellis perennis. 
Pyrethrum inodorum. 
Rubus fruticosus., Urtica urens, 
Calendula arvensis. Mercurialis annua. 


CHAVILLE (19 janvier). 


Cryptogames : Phanérogames en fleur : 
Melosira varians (en fructification). Lamium album. * 
Lactarius subdulcis. Anthemis nobilis. 
Agaricus (Hebeloma) fascicularis. Chrysanthemum Leucanthemum. 


Torrubia militaris Tul. (Isaría farinosa Fr.), | Sinapis arvensis. 
sur une chenille, Sarothamnus scoparius. 


MONTMORENCY (26 janvier). 


Phanérogames en fleur : Daucus Carota. 
Euphorbia Helioscopia, 
Tussilago Farfara. 
Lamium purpureum. Veronica hederifolia. 
— amplexicaule. Dactylis glomerata. 
Ranunculus repens. Achillea Millefolium. 


Stachys arvensis. 


LA 


SÉANCE DU 31 JANVIER 1873. 19 


M. le Président fait remarquer que, parmi les espèces citées, ilya 
pour les unes prolongation de la floraison automnale, et pour les 
autres avancement de l'épanouissement vernal. 

M. Chatin dit qu’il a observé tout récemment quelques plantes en 
fleur qu'on pourrait ajouter à cette liste, notamment les Veronica 
Buxbaumii et hederifolia. Il ajoute qu'il a vu des pieds d'Orchis 
mascula entre les feuilles desquels on distinguait déjà trés-nettement 
la hampe florale naissante. 

M. Duchartre dit qu'il a vu, il y a quelques jours, à Meudon, un 
Rhododendron en fleur. 

M. Henri Vilmorin regrette de n'avoir pas apporté, pour la com- 
muniquer à la Société, une liste de plus de cent trente espéces de 
plantes qui étaient encore en fleur dans le courant de décembre 
1872, Il ajoute qu'il se rappelle d'avoir déjà vu le 4°% janvier 1873 
des pieds très-bien fleuris de Vinca major et de Primula acaulis, 
et que le Galanthus nivalis, qui ordinairement fleurit au commen- 
cement de février, a fleuri cet hiver dés le 25 décembre. 


M. Duchartre fait connaitre à la Société le résumé d'une note qui 
a été publiée dans un des derniers numéros du Gardeners’ Chro- 
nicle, et dans laquelle on rapportait que M. Smith avait présenté 
à la Société Linnéenne de Londres un Champignon fort rare, le 
Batarrea phalloides, qui présenterait en assez grande abondance, 
dans son parenchyme, de véritables vaisseaux spiraux. Il pense que 
ce fait, s’il se vérifiait, ne tendrait à rien moins qu'à changer les 
idées que l'on pourrait avoir sur l'importance de ces éléments ana- 
tomiques dans les classifications. Il appelle donc sur ce point l'at- 
tention parliculiére des mycologues. 

M. de Seynes fait remarquer que l'on peut constater chez quel- 
ques Agarics, notamment l' Agaricus conicus, des réservoirs-cellules 
en forme spiralée, trés-allongés, et qu'il serait avant tout essentiel 
de savoir au juste à quel élément anatomique se rapporte le terme 
de spiral vessel employé par le Gardeners Chronicle. 

M. Decaisne fait à la Société la communication suivante : 


REMARQUES SUR LES ESPÈCES DU GENRE ERYNGIUM, A FEUILLES PARALLÉLINERVES, 
pr M. J. DECAISNE. 


Le genre Zryngium, l'un des plus naturels de la famille des Ombellifères, 
présente, dans sa distribution géographique, un phénoméne singulier dont la 


20 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


botanique ne possède que peu d'exemples. Je fais ici allusion au groupe d'une 
trentaine d'espéces environ confinées aujourd'hui entre les 35° et 40° degrés 
de latitude dans les deux hémisphères du nouveau continent, et dontles feuilles 
simples, parcourues par de fines nervures parallèles, rappellent, à s'y mé- 
prendre, certaines Monocotylédones, telles que Pandanées, Broméliacées, 
Graminées, Joncées, etc, 

Bien que vivant en compagnie d’espèces à feuilles découpées, semblables à 
celles de nos Eryngium de l'ancien continent, les espèces à feuilles simples 
s'isolent tellement au milieu des autres, que leur physionomie particuliére ne 
laisse jusqu'ici aucune hésitation sur leur origine : en voyant un £ryngium 
à feuilles monocotylédoides, on peut affirmer qu'il est américain. Ces plantes 
appartiennent donc à la catégorie, peu nombreuse, de genres chez lesquels 
certaines espéces sporadiques vivent au milieu d'un type endémique. On sait, 
en effet, que la plupart des genres naturels, nombreux en espèces, n'offrent 
rien de semblable. Ainsi les Solanum, Galium, Carex, Artemisia, Impatiens, 
Oxalis, Euphorbia, Rosa, Pinus, etc., pour ne citer que des Phanérogames, 
soit de l'ancien, soit du nouveau continent, ne présentent aucune physionomie 
spéciale, ne s'agrégent point pour former des sortes de petites tribus au milieu 
d'une population composée d'autres éléments ; aussi nous serait-il impossible, 
à l'aspect d'un Senecon, d'une Armoise, d'un Carer, etc., d'en reconnaitre 
avec certitude la patrie. La concentration de formes spécifiques voisines dans 
des lieux voisins, et qui semble être souvent la règle, présente donc ici une 
exception remarquable, puisque nous trouvons associés dans un méme lieu un 
nombre à peu près égal d’ Eryngium de forme américaine, vivant au milieu 
d'espéces à physionomie européenne. Nous observons toutefois quelque chose 
d'analogue dans l'ancien continent en comparant le groupe oriental des Traga- 
canthes aux autres espèces d’Astragales disséminées au contraire sous les formes 
les plus diverses sur toute la surface du globe. 

En général, quand nous voyons des espèces dispersées sous toutes les lati- 
tudes conserver partout leur caractère typique, nous sommes naturellement 
portés à considérer le genre auquel elles appartiennent, comme très-ancien 
dans l'ordre géologique, et nous pouvons admettre dans ce cas, sans sérieuse 
difficulté, la descendance commune de toutes ces formes, puisqu'elles ont toutes 
conservé un méme air de famille. Mais, à l'égard des Eryngium, nous nous 
heurtons à une difficulté qui semble insurmontable dans l'état actuel de nos 
connaissances : nous ne comprenons pas, en effet, comment des formes hété- 
roclites de méme aspect ont pu apparaitre aux deux extrémités du continent 
américain sans formes intermédiaires qui les relieraient aux types de l'ancien 
monde. Je dois cependant reconnaitre que la distribution géographique des 
Eryngium à feuilles simples et à nervures paralléles peut se comparer à celle 
des Plantaginées appartenant à la section des Cléiosanthées, si singuliére par le 
dimorphisme des anthères et par le phénomène de fécondation qui s'y rattache : 


SÉANCE DU 31 JANVIER 1873. 91 


dans cette section, en effet, les espèces se trouvent également disjointes et con- 
finées aux deux extrémités du nouveau continent, la Virginie et le Paraguay. 
A l'exception des Eryngium ebracteatum et Sanguisorba, qui se rencon- 
trent au Brésil, en Bolivie, et del' E. fœtidum, qui semble avoir été introduit 
partout entre les tropiques, l'aire de chacune des espéces est fort limitée. Je 
ferai méme remarquer à ce sujet que si nous exceptons deux ou trois espèces 
particulières à l'Algérie, le genre Æryngium semble complétement exclu du 
continent africain. Parmi les phénomènes généraux que présentent l'habita- 
tion et le faciès de certaines plantes, il en est donc qui restent jusqu'ici abso- 
lument inexplicables. L'influence du milieu ne peut étre invoquée, puisque 
nous rencontrons dans les immenses plaines de l'Amérique australe, sous les 
mêmes conditions de température, de lumière, etc., des espèces d'aspect tota- 
lement différent, de même que les vastes marécages saumátres de la Floride, 
ainsi que les foréts montueuses et humides du Mexique, nous présentent les 
plus belles espèces à feuilles entières parallélinerves, telles que les Eryngium 
aquaticum, proteæflorum, bromeliæfolium, associées à des types de phy- 
sionomie européenne (1). En présence de cette singuliére distribution géogra- 
phique du genre qui nous occupe, on peut se demander, d'aprés les idées 
régnantes relativement à la descendance des types, si ces formes actuellement 
européennes ne se rattacheraient pas à une race primitive violemment dislo- 
quée par le cataclysme qui a séparé le globe en deux continents, et si l'on ne 
pourrait pas admettre que les Eryngium à feuilles découpées, se trouvant 
isolés et rayonnant librement dans la zone intertropicale américaine, auraient 
refoulé les espèces aborigènes parallélinerves vers les deux extrémités du con- 
tinent américain; ou bien, si, nous rappelant les considérations que M. Bron- 
gniart a tirées depuis longtemps de l'étude des végétaux fossiles, à savoir, que 
les plantes ont une origine d'autant plus récente que leur organisation est 
plus compliquée, nous sera-t-il permis d'admettre que les Eryngium à 
grandes feuilles simples, aux tiges florales élancées, aux riches et élégantes 
inflorescences, présentant ainsi, par leur aspect, un degré d'organisation plus 
élevé que les types européens à feuilles découpées et à port beaucoup plus 
humble, seraient apparus les derniers. Au reste ce sont là de pures hypothèses ; 
car tout ce que nous savons avec certitude, c'est que la distribution géogra- 
phique des végétaux sur la terre est réglée par des causes complexes, les 


(4) ERYNGIUM CHIESBREGHTII Dene. : ; 
E. foliis radicalibus longe petiolatis, petiolo inferne membranaceo, limbo cordato reti- 


culato-venoso, margine argute dentato, dentibus setosis; caulinis amplexicaulibus lan- 
ceolato-cordatis acute dentatis; capitulis longe pedunculatis, pedunculis gracilibus ; 
involucri foliolis 8-10 subradiantibus linearibus acutis integris ; paleis flores æquantibus 
inferne dilatato-membranaceis ; foliolis calycinis ovatis mucronatis viridibus 3 petalorum 
ligulis acuminatis; mericarpiis subsquamoso- tuberculatis. — Loc. nat. In silvis umbrosis 
humidisque prope Hinchilique et Ciudad-Real (Bourgeau).— Consociat. E . proteæfloro ; 
affine E. gracili a quo differt foliis radicalibus ad oras setoso-dentatis nec crenalis, 
caulinis amplexicaulibus nec petiolatis, petalorum ligulis acuminatis, etc. 


22 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


unes physiques, dépendant de leur nature et des agents qui les entourent, les 
autres encore cachées à nos regards dans les mystères de l'origine des êtres. 


Delaroche a le premier émis l'idée que chez les £ryngium à feuilles sim- 
ples, ces dernières représentent le pétiole ou la nervure moyenne des espèces 
normales, et, ce qui corrobore cette opinion, c’est que les lacunes que nous 
observons à l'intérieur des feuilles fistuleuses des E. fistulosum, E. corni- 
culatum, etc. (1), se retrouvent dans celles des E. eburneum, pandani- 
folium, etc. Si nous adoptons cette maniere de voir, les dents ou les soies 
qui bordent les feuilles à nervures parallèles, et qui, dans certaines espèces 
(E. rostratum), se présentent sousla forme de petits appendices linéaires folia- 
cés, représenteraient des feuilles pennées dont nous n'avons aucun exemple 
parmi les espèces de l'ancien continent. A tous les points de vue, les espèces à 
feuilles parallélinerves s'éloignent donc par leur port de nos espéces vulgaires, 
tandis qu'elles s'y rattachent indissolublement par leur structure florale. 

Je ferai remarquer encore que les Eryngium les plus. semblables d'aspect 
par leurs feuilles peuvent se partager en deux groupes, suivant que leurs capi- 
tules sont munis ou dépourvus d'involucre, et que l'irrégularité de ce carac- 
tère chez les Eryngium contribue à infirmer de plus en plus l'importance 
que les anciens botanistes y avaient attachée dans l'établissement des genres 
constituant la famille des Ombellifères. 


Le Muséum possède actuellement vivantes une dizaine d'espèces d’£ryn- 
gium à feuilles simples, dont il a recu en partie les graines en 1868, de 
M. Lassaux, qui les avait recueilliesaux environs de Buenos-Ayres. Ces espèces 
cultivées sont les suivantes : Eryngium aquaticum, pandanifolium, pani- 
culatum, bromeliæfolium, ebracteatum, eburneum, Lassauxii et platy- 
Phyllum, parmi lesquelles les trois dernières m'ont paru nouvelles. 


ERYNGIUM LASSAUXII Dcne. 


E. foliis radicalibus subtus glaucis, longissimis, plus minusve erectis, cana- 
liculatis, basi lata subamplexicaulibus, linearibus, acuminatis, margine spi- 
noso-denticulatis, spinulis simplicibus v. geminis, ascendentibus, paralleli- 
nerviis intus septatis ; caule florifero metrali, superne ramoso, ramis obliquis 
gracilibus foliolo acuto margine spinuloso arcte adpresso stipatis ; capitulis 
albidis, magnitudine pisi majoris, nudis v. foliolis involucralibus brevibus 
stipatis; paleis ovatis concavis acuminatis ; sepalis rotundatis mucronatis ; 


(1) La structure anatomique des feuilles des Eryngium monocotylédoides, la disposition 
des lacunes et la nature des diaphragmes qui les divisent, ainsi que l'abondance extrême 
des cellules cristalligènes, présentent la plus grande analogie avec celles des Panda- 
nées, etc., ou d'autres Monocotylédones aquatiques récemment étudiées par M. Duval- 


Jouve (D. J. Diaphragm. vasculif. des Monocotyl. in Mém. Acad, sc. de Montpellier, 
4°, tab. I, 1873). 


SÉANCE DU 34 JANVIER 1873. 23 


petalorum ligulis apice recurvato apiculato ; mericarpiis vesiculis piriformibus 
acutis tectis. 
Hab.: Brasil, austr. Montevideo, — Cult. in horto paris. ubi floret sept.-dec. 


Eryngium Lassauxii Dcne. Herincq Zorticult. fr., août 1872. 


PLANTE vivace, ressemblant complétement au Bromelia Karatas, à feuilles 
plus ou moins dressées, canaliculées, d'un vert pâle en dessus, glauques en 
dessous, linéaires, souvent légèrement tordues, longues d'un mètre, sur 4 ou 
5 centimètres dans leur partie inférieure, très-aiguës, bordées de dents séti- 
formes ascendantes, simples, géminées ou ternées, à nervures paralléles, égales, 
coupées à l'intérieur par de petites cloisons transversales ; feuilles caulinaires 
dressées, glauques sur les deux faces. 

TIGE florale naissant au milieu des feuilles, haute d'environ 2 mètres, de 
10 à 12 centimètres de circonférence, finement striée ou lisse, de couleur 
verte, rameuse au sommet. Rameaux florifères plus ou moins régulièrement 
verticillés, de 10 à 12 centimétres de longueur, assez gréles, à peine de la 
grosseur d'une plume d'oie, accompagnés à la base des feuilles raméales lan- 
céolées, denticulées, étroitement appliquées sur le rameau. 

CAPITULES dépourvus d'involucre, de la grosseur d'un pois, d'un blanc 
verdâtre, pédonculés, les pédoncules accompagnés de bractées courtes presque 
connées, incolores, assez épaisses et entières à la base, denticulées au sommet ; 
paillettes florales ne dépassant pas les fleurs, ovales-acuminées, légèrement 
infléchies au sommet, à bords membraneux et entiers. 

FLEURS à calyce formé de cinq folioles arrondies, mucronées, entières. 
Pétales ovales-arrondis à ligules recourbées en dessous et acuminées. Éta- 
mines à anthères et filets blancs. Styles cylindriques, roides, blanchâtres. Sty- 
lopode épais, étoilé, verdàtre, papilleux. 

MÉRICARPES courts, turbinés, couverts de vésicules imbriquées, piriformes, 
aiguës, blanches. 

L'Eryngium Lassauxii dillere de l E. pandanifolium, auquel il ressemble 
beaucoup par ses feuilles, en ce qu'elles sont plus dressées et glauques en des- 
sous; mais surtout par ses fleurs blanchâtres au lieu d’être d'un rouge violacé. 

Parmi les E. Lassauxii cultivés au Muséum, il en est un chez lequel la 
floraison se montre, depuis trois ans, de plusieurs mois plus tardive que chez les 
autres. Nous avons donc ainsi l'exemple d'une variété issue de graines recueil- 
lies sur des individus spontanés, et qui, en dehors de toute influence locale, se 
présente avec des caractères biologiques différents de ses congénères. 


ERYNGIUM EBURNEUM Done. 


E. foliis læte viridibus patulis v. arcuato-reflexis, canaliculatis, linearibus, 
acutis, intus septatis, nervis omnibus parallelis tenuibus, margine denticulatis, 
denticulis solitariis v. geminis, setiformibus, rigidis, ascendentibus ; caule 


2h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


2-metrali eburneo, folioso, foliis (5/13) gradatim ad caulis apicem brevioribus, 
obliquis, basi lata semiamplexicaulibus ; ramulis floriferis brevibus, 3-rarius 
5 capitulis magnitudine cerasi minoris ; pedunculis striatis; involucri foliolis 
reflexis lanceolatis brevibus, eburneis ; paleis flores æquantibus oblongis acutis; 
sepalis ovatis mucronatis ; petalorum ligulis truncatis apice ciliolatis; hemi- 
carpiis vesiculis piriformibus albis tectis. 

Hab.: Brasilia austr. , provinc. Cisplatina, Rio-Grande, etc. 

Herb. imp. brasil. n. 1457. — In herb. Mus. paris. , et cult. hort. parisino. 


Eryngium eburneum Dcne. Herincq Zort. fr., août 1872. 


PLANTE vivace cespiteuse, à feuilles d'un vert gai, canaliculées, plus ou 
moins étalées, arquées, réfléchies, longues de 70 à 90 centimétres, linéaires, 
aiguës, engainantes à la base, bordées de dents sétiformes, solitaires ou gémi- 
nées, ascendantes, à nervures paralléles fines, égales sur les deux faces du 
limbe, coupées à l'intérieur par de petites cloisons transversales. 

TIGE florale de 1 1/2 à 2 mètres, d'un blanc d'ivoire, foliacée, feuilles subam- 
plexicaules, égales aux rameaux florifères, horizontales, à bords membraneux 
et entiers dans la partie inférieure, munies de dents simples ou géminées 
sétiformes dans les deux tiers supérieurs. Rameaux florifères étalés ou légère- 
ment redressés, déchirant souvent la base de la feuille à l'aisselle de laquelle 
ils naissent, pour se faire jour au dehors, courts, de 10 centimètres environ 
de longueur, légèrement comprimés à la base, éburnés, dichotomes, à 3-5 
capitules blancs ou faiblement opalins. 

CAPITULES de la grosseur d'une cerise, à pédoncules canaliculés, le termi- 
nal plus long, les latéraux souvent solitaires par avortement ; folioles de l'in- 
volucre réfléchies, courtes, lancéolées, entières ou dentées ou tricuspidées, 
d'un vert pâle au milieu, blanches sur les bords; paillettes florales ovales- 
lancéolées, apiculées, très-entières, de méme longueur que les fleurs, mais 
s'allongeant un peu à la maturité des fruits. 

FLEURS à calyce formé de cinq folioles ovales, acuminées, uninerviées, ver- 
dàtres. Pétales oblongs, blancs, à ligule tronquée terminée par 3-5 petits 
cils. E'famines à anthères et filets blancs. Styles droits, roides, cylindriques, 
blancs. Séylopode épais, blanchâtre, étoilé, à 10 lobes obtus. 

MÉRICARPES recouverts de vésicules piriformes, imbriquées, blanches. 

L'Eryngium eburneum se distingue à la première vue des autres espèces 
par la blancheur éclatante de sa tige et de ses rameaux florifères. Ses feuilles 


présentent à l'intérieur de petites cloisons transversales plus nombreuses que 
chez les autres. 


ERYNGIUM PLATYPHYLLUM Dene. 


E. foliis radicalibus subrosulatis lete viridibus, planis, late linearibus, 
argute serratis, serraturis pilis rigidis interjectis, supra aveniis, subtus nervo 


SÉANCE DU 3! JANVIER 1873. 25 


medio prominente crassiusculo, secundariis gracillimis, inferne simplicibus 
parallelis gradatim ad limbi marginem reticulatis; caule florifero 2-metrali, 
folioso, versus apicem dichotome-ramoso polycephalo ; ramis brachiatis graci- 
libus; capitulis nudis, albidis, magnitudine pisi majoris; paleis floribus 
æquilongis acuminatis marginibus membranaceis eroso-denticulatis ; sepalis 
rotundatis apiculatis margine eroso-denticulatis ; petalorum ligulis truncatis 
apice ciliolatis ; hemicarpiis a latere compressis, dorso leviter tuberculatis. 
Hab.: Brasil. austr., provinc. Goyaz-A.S'(H. n. 805) ; Rio Grande. 
Herb. imp. bras. n° 1156. — Herb. Mus. et cult. in hort. parisino. 


Eryngium platyphyllum Dcne. Herincq Hort. fr., août 1872. 


PLANTE vivace, à feuilles planes, disposées en rosette, largement linéaires 
ou linguiformes, relativement courtes, mesurant de 30 à 40 centimètres de 
longueur, sur 5 cent. dans la plus grande largeur ; à nervure médiane à peine 
visible en dessus, proéminente au contraire en dessous en donnant naissance 
à de nombreuses nervures secondaires trés-fines, d'abord simples, puis rami- 
fiées et anastomosées vers le bord du limbe; limbe d'un vert pâle en dessus, 
d'un vert jaunátre en dessous, bordé de dents courtes, aigués, roides, accom- 
pagnées de denticules sétiformes dans les sinus qu'elles laissent entre elles. 

TIGE florale de la grosseur du doigt, cylindrique, de couleur herbacée, 
naissant au centre des feuilles, s'élevant à plus de 2 mètres dans nos échantil- 
lons cultivés, à feuilles caulinaires horizontales, à bords souvent recourbés en 
dessus dans les deux tiers inférieurs et denticulés. Rameaux floriferes étalés, 
écartés à angle droit, légèrement comprimés à la base, longs de 20 à 25 cen- 
timétres, relativement assez gréles et de couleur herbacée, plusieurs fois dicho- 
tomes ; dichotomies accompagnées de bractées opposées subconnées, acuminées, 
à bords ciliés-dentés. 

CAPITULES globuleux, blanchátres, dépourvus d'involucre, de la grosseur 
d'un pois ou d'une petite merise, à pédoncules assez courts, de 2 centimètres 
de longueur, souvent inégaux par raccourcissement de l'un d'eux, de manière 
à donner à l'ensemble de chacune des petites inflorescences le caractère 
d'une cyme unilatérale ou scorpioide; paillettes ou bractéoles oblongues, 
acuminées, à bords membraneux et irrégulièrement lacérés, de méme lon- 
gueur que les fleurs. 

FLEURS à calyce formé de cinq folioles arrondies, mucronées, membra- 
neuses et à bords irréguliérement denticulés au sommet. Pé/ales ovales, légère- 
ment papilleux sur la face dorsale, blanchâtres, à ligules tronquées et terminées 
par 3-5 cils. Étamines à anthères et filets blancs. Styles cylindriques, dressés 
et roides. Stylopode épais, faiblement déprimé au centre, à dix lobules obtus 
blanchâtres et papilleux. 

MÉRICARPES à bords élargis et comprimés latéralement en forme d'ailes, 
parsemés de petit tubercules arrondis ou chagrinés sur leur face dorsale. 


20 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


Cette espèce se reconnait facilement à ses feuilles planes, étalées sur le sol 


et nervures réticulées vers les bords. 


Voici la liste des Æryngium conservés dans les collections du Muséum : je 
les ai classés par lettres alphabétiques et géographiquement pour mettre en 
saillie les rapports des espèces de l'ancien avec celles du nouveau continent ; 
mais il conviendra d'y ajouter une quinzaine d'espéces inédites pour avoir le 
nombre exact de celles de notre herbier général. 


Species europ. et oriental. 


E. alpinum L. 
amethystinum L, 
aquifolium Cav. 
asperifolium Delar, 
Barrelieri Boiss, 
Billardieri Delar, 
bithynicum Boiss, 
Bourgati Gouan. 
campestre L. 
corniculatum Lamk. 
creticum Lamk. 
dichotomum Desf, 
dilatatum Delar. 
Duriæanum J. Gay. 
falcatum Delar. 
galioides Lamk. 
giganteum M. Bieb. 
glaciale Boiss. 
glomeratum Lamk, 
Heldreichii Boiss. 
ilicifolium Delar. 
Kotschyi Boiss. 
maritimum L. 
multifidum Sbth. 
nudicaule Lamk, 
Oliverianum Delar. 
Palmito Boiss, 
planum L. 
Spina-alba Vill. 
tenue Lamk. 
ternatum Poir. 
thoræfolium Boiss. 
thyrsoideum Boiss. 
tricuspidatum L. 
triquetrum Vahl, 


Sp. mauritanicæ. 


E. Bovei Boiss. 


mauritanicum Boiss. 


Sp. australasicæ, 
expansum F. Muell. 
ovinum Cunn. 
rostratum Cav, 
tetracephalum Bnge. 
vesiculosum Labill. 


Sp. americanæ, 
* Foliis plus minusve lacinialis. 


. anomalum Hook. 


aromaticum Baldw. 
bellidifolium Dene (4). 
Bonplandianum Delar. 
Carlinæ Delar. 
Cervantesii Delar. (gracile Bald.). 
comosum Delar. 
coronatum Torr. et Gr. 
depressum Hook. 
diffusum Torr. 
filiforme Shuttl. 
fœtidum L. 
humifusum Clos. 
Leavenworthii Torr. 
nasturtiifolium Juss. 
nudicaule Lamk. 
Schiedeanum Cham. 
serratum Cav. 
sessiliflorum Clos. 
unifultum Clos. 
Wrightii A. Gray. 


- *** Foliis cordatis, ovatis v. lanceolatis 


reticulato-venosis. 


viviparum J. Gay. E. bupleuroides Hook, 


(4) E. BELLIDIFOLIUM Dene. 

E. humile, radicibus subfusiformibus, foliis rosulatis obovatis crenatis coriaceo-margi- 
natis, caulinis pinnatis v. bipinnatifidis lobis simplicibus v. dentatis, caule folioso apice 
dichotomo, involueri foliolis viridibus lanceolatis ciliato-dentatis, paleis flores superan- 
tibus lanceolatis, floribus absconditis, calycinis foliolis ovatis in acumen longum atte- 
nuatis, petalorum ligulis apice ciliatis. 

Loc. nat. Brasil. austr. in pascuis, — Banda orient. Uruguay (A. S'-H. n. 2020 et 
2087 herb. Mus, par.). 


r 


SÉANCE DU 31 JANVIER 1873. 27 


E. ciliatum Cham, E. cymosum Delar. 
Ghiesbreghtii Dene. ebracteatum Lamk. 
gracile Delar. elegans Cham, 
humile Cav. gramineum Delar, 
ovalifolium Michx. Humboldtii Delar. 
Phyteumæ Delar, junceum Cham. 
pulchellum Wedd. Lassauxii Dene. 
ranunculoides Benth. monocephalum Cav. 
stellatum Delar. pandanifolium Cham. 
virgatum Lamk. paniculatum Delar. 
virginianum L. platyphyllum Dene. 

*** Foliis simplicibus parallelinerviis, posset pio 

E. aquaticum L. proteæflorum Delar. 
bromeliæfolium Delar. pseudo-junceum Clos. 
canaliculatum Cham. Sanguisorba Cham. 
coronopifolium Dene (1). serratum Cav. 
ciliatum Cham. sparganioides Clos. 


A l'appui de sa communication, M. Decaisne met sous les yeux 
des membres de la Société plusieurs échantillons desséchés des 
plantes dont il vient de parler, et appelle ensuite leur attention sur 
de trés-beaux pieds vivants de quelques Eryngium à feuilles paral- 
lélinerves, provenant des cultures du Muséum. 

M. Bureau regarde comme probable l'opinion qui tendrait à faire 
considérer les plantes dont M. Decaisne vient de parler, comme un 
reste des types de la végétation antérieure à l'époque géologique 
actuelle. 

M. Balansa croit se rappeler d'avoir vu sur place un Eryngium, 
dont les feuilles fistuleuses lui donnaient l'aspect d'une plante ap- 
partenant à une tout autre famille. 

M. Decaisne fait observer qu’il n'a voulu parler que des Eryn- 
gium ayant des feuilles à nervures parallèles. Il ajoute que si, 
parmi les Ombelliféres, on peut citer les Bupleurum, comme ayant 
tous des feuilles simples à nervures parallèles, il y a cela de remar- 
quable pour les espèces du genre Eryngium qu'elles constituent 
deux groupes bien tranchés, celles à feuilles simples et celles à 
feuilles découpées. 


(1) E. conoNoPrFoLIUM Dene. : : 

E. perenne? caule 30 centim., foliis radicalibus planis linearibus semi pinnato-dentatis 
marginatis reticulato-venosis coriaceis in petiolum basi late membranaceum attenuatis, 
caule nudo apice dichotomo, capitulis vertice bractea apiculatis, basi involucratis, invo- 
lucris foliosis patulis linearibus integris v. denticulatis, calycinis foliolis ovatis acuminatis, 
petalorum ligulis linearibus apice ciliato-laceris, mericarpiis vesiculis acuminatis undique 
tectis. 

Loc. nat, Brasil. austr., prov, Corrientes, Santa-Fé, etc., ubi floret februario (Bon- 
pland, n. 1202 herb. Mus. par.). 


98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Chatin fait part à la Société de quelques observations nou- 
velles sur la Truffe qu'il a faites l'automne dernier: 


OBSERVATIONS POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE LA TRUFFE, 
pr M. Adolphe CH A'TIN. 


Quelques semaines passées, au printemps et à l'automne de 1872, dans le 
Périgord et le Poitou, deux des régions classiques de la Truffe ( Tuber cibarium 
ou 7. melanosporum), m'ont permis de me livrer à quelques observations qui 
confirment et précisent celles que j'avais faites l'année précédente. 

Je vis, au commencement de mai, de nombreux filaments de mycélium 
dans les truffiéres, aussi bien loin des Truffes que dans leur voisinage. Je fis 
des observations semblables au commencement du mois de novembre, époque 
à laquelle beaucoup de Truffes, depuis longtemps noires au dehors, commen- 
caient à brunir dans leur intérieur. 

Ces faits, constatés deux années de suite, mettent hors de doute que le 
mycélium de la Truffe, bien loin de disparaitre en automne pour. ne se repro- 
duire qu'au commencement de l'été (époque où il est vrai de dire qu'il mul- 
tiplie notablement), persiste toute l'année : il est donc pérennant. 

Circonstance bien digne d'étre notée et qui répond à l'objection que le 
mycélium observé pourrait bien ne pas étre celui dela Truffe, mais de tout 
autre Champignon, c'est que ce mycélium, qui tire d’ailleurs des caractères de 
l'aspect, de la forme et de l'agencement de ses tubes hyalins (bien observés 
par M. Tulasue), est toujours circonscrit dans le périmètre du sol de la truf- 
fiere. On le trouve, en effet, dans la terre remarquablement ameublie qui 
caractérise la truffière et marque ses limites, jamais dans la terre compacte 
placée au delà de celle-ci. 

J'avais constaté à l'automne de l'an dernier, dans de jeunes bois du Lou- 
dunois, la présence d'un abondant mycélium mélé au sol de truffiéres en voie 
de formation, truffiéres qui marquaient ou grainaient, suivant l'expression 
des rabassiers. J'ai renouvelé cette constatation, laquelle met hors de doute 
que, dans les truffiéres de nouvelle création, le mycélium existe et végète 
durant plusieurs années avant de pouvoir donner une récolte de Truffes. C'est 
là une période d'incubation, qui commence sans doute avec la germination 
des glands de chêne, etc. , ou peu après, se continue parallèlement au dévelop- 
pement des jeunes arbres, et donne ce qu'on peut appeler sa fleur (la Truffe), 
quand la plante a de six à dix ans. C'est de trois à six ans que le plus souvent 
la truffiére marque, c'est-à-dire que la terre s'effrite et que les herbes périssent 
en général autour du jeune arbre. A ce moment, le sol se montre traversé de 
nombreux filets de mycélium, et cependant il sera plusieurs années encore 
avant de donner des Truffes. 


SÉANCE DU 31 JANVIER 1873, 99 


Je me trouve ainsi ramené à comparer la Truffe à cette Orchidée (Goodyera 
repens) qui, en 1855, se montra pour la première fois en pleine fleur à Fon- 
tainebleau, sous la pinaie du Mail de Henri IV, où très-certainement ses fines 
séminules apportées et semées avec les graines de Pin, plus de quarante ans 
auparavant, avaient mis cette longue période à atteindre l'époque de leur 
complet développement. A partir de ce moment d'ailleurs, et comme la truf- 
fière qui a une fois produit, le Goodyera a fleuri tous les aus. 

La période d'incubation, qui est ordinairement pour les Truffes de six à dix 
ans, avait été pour le Goodyera de quarante ans au moins ; mais, au fond, les 
deux faits sont de méme ordre. 

Au résumé, on peut regarder comme démontrées ces deux propositions : 

1° Le mycélium apparait dans les truffières de nouvelle création plusieurs 
années avant qu'on y récolte des Truffes. 

2° Le mycélium ne disparaît pas en hiver pour se reproduire au commen- 
cement de l'été ; il se maintient toute l'année ou est pérennant. 


M. Decaisne rappelle qu'on récoltait de trés-bonnes Truffes noires 
à Magny en Vexin (Seine-et-Oise), dans un terrain planté de bou- 
leaux, et que M. Léveillé a publié sur les localités des truffes un 
excellent article dans le Dictionnaire de d'Orbigny. Il demande 
à M. Chatin à quel caractére il reconnait le mycélium de la truffe 
de celui des autres Champignons. 

M. de Seynes dit que, dans le midi de la France, il a recueilli des 
Truffes dans un bois planté de Pinus halepensis ; il en a trouvé aussi 
dans la terre qui entourait un vieux cep de vigne. 

M. Duchartre dit qu'il regarde la production des Truffes comme 
aussi problématique que celle des Morilles. Il cite à cette occasion 
le fait suivant observé par M. le baron Davenne, dans sa propriété à 
Meaux. Un jardinier, ayant mélangé dans des pots pour une serre, 
de la terre de bruyére et de la tannée qui s'était décomposée à l'air 
pendant trois ou quatre ans, avait vu apparaitre des Morilles sur 
tous les pots ainsi préparés. M. Duchartre demande quelle explica- 
tion il convient de donner de ce fait. Les spores se trouvaient-elles 
dans la terre de bruyére ou dans la tannée? i 

M. de Seynes dit avoir recueilli des Morillesaux environs d’ Aigues- 
Mortes, dans des pacages à sol sablonneux trés-bien fumé. — — 

M. Henri Vilmorin croit qu'il est difficile de fixer des stations 
particulières qui ne conviennent pas aux Morilles ; il dit qu'il en a 
trouvé l'année derniére, en trés-grande abondance, dans une toute 
récente plantation de pins. 


30 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


Lecture est donnée de la communication suivante, adressée à la 
Société par M. le comte Jaubert : 


DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPÈCE D'OMBELLIFÉRE, par M. A. BOREAU. 


(Angers, janvier 1873.) 


THYSSELINUM CROUANORUM Bor. — Racine multicaule, sécrétant un suc 
résineux trés-odorant ; tiges de 4-9 décimètres, droites, rameuses, glabres et 
violacées inférieurement, cylindracées, striées, très-fistuleuses; pétioles gla- 
bres, striés, à gaîne un peu membraneuse aux bords; feuilles amples, poly- 
tomes, à segments longs, étroits, linéaires-aigus, à une nervure et à veines 
saillantes, un peu scabres aux bords; ombelles longuement pédonculées à 
6-8 rayons, involucre et involucelles à 6-8 folioles linéaires sétacées réflé- 
chies ; pédoncule et ombelles parsemés d'une pubescence fine et scabre, pétales 
ovales, rouges d'abord, puis blanchâtres, étamines très-saillantes, styles longs, 
dépassant beaucoup le stylopode, à la fin réfléchis et d'un rouge foncé; fruit 
ovale, aminci sur les bords en aile un peu membraneuse, carpophore filiforme, 
biparti, bandelettes dorsales 5, dont 2 latérales superficielles, celles de la 
commissure recouvertes, Juillet-octobre #. Lieux humides ou spongieux. — 
Finistère ; environs de Brest, Dirinon, la Roche-Maurice. 

Obs. — La plante, au premier aspect, ressemble assez au Peucedanum pari- 
siense DC. pour que les botanistes de la Bretagne ne l'en aient pas séparée; 
la structure du fruit la place pourtant dans un genre ou du moins un sous- 
genre différent. Elle diffère du 7^ysse/inum palustre par sa tige plus grêle, 
plus fistuleuse jusqu’au sommet, les segments des feuilles plus allongés, 
l'ombelle moins fournie, le fruit moins arrondi, plus aminci en aile sur les 
bords. Speciem insignem hanc dicavi memorie beat. fratrum Crouan, qui 
floram Brivatensem doctissimis observationibus illustraverunt. 


M. le Président propose à l'adoption de la Société la résolution 
suivante, votée ce méme jour par le Conseil d'administration : 


La Société botanique de France tiendra cette année une session extraordi- 
naire qui lui sera commune avec la Société royale de Botanique de Belgique. 
L'époque et le siége de cette session seront déterminés de concert par une 
double commission nommée par chacune des deux Sociétés, 


La Société ratifie par son vote la proposition de son Conseil d'ad- 
ministration. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture d'une lettre de M. le docteur 
Mueller-Argoviensis, datée de Genéve, 22 décembre, et répondant 


SÉANCE DU 31 JANVIER 1873. 31 


à un paragraphe d'une communication de M. Paris, insérée dans 
notre Dulletin, t. XVIII (Séances), p. 361, sur le Reseda Alphonsi 
Muell. Arg. (R. atriplicifolia J. Gay). 


M. Mueller dit qu'il tiendra compte de l'observation de M. le colonel Paris, 
au sujet de l'erreur qui lui a fait imprimer dans le Prodromus (t. XVI, 
2* partie, p. 578) Reseda tomentosa au lieu de R. villosa. M. Mueller répond 
ensuite au reproche que luia adressé M. le colonel Paris, d'avoir donné le 
nom de Reseda Alphonsi à une plante d'Algérie qui a été publiée dans l'exsic- 
cata algérien de M. Balansa en 1853, sous le nom de R. atriplicifolia J. Gay. 
Il nereconnait, pour conditions à la priorité d'un nom, que la publication de 
ce nom avec une diagnose, une description, un dessin ou méme une simple 
observation indiquant le caractère ou les caractères qui distinguent l'espèce ou 
le genre de l’espèce voisine ou du genre voisin; il pense qu'il est facultatif d'ac- 
cepter ou de rejeter tout nom qui ne présente pas ces conditions, alors même 
qu'il aurait été publié dans un exsiccata. Pour la question spéciale du Reseda 
atriplicifolia, M. Mueller ajoute que l'étiquette de l'exsiccata de M. Balansa 
porte comme synonyme de la plante le nom de R. AucAer? Boiss., et que par 
conséquent le nom donné par M. J. Gay deviendrait tout simplement un 
synonyme, alors méme que l'on considérerait l'exsiccata de M. Balausa comme 
constituant une véritable publicité. 


A l'occasion de la lettre de M. Mueller, M. Cosson fait l'observation 
suivante : 


Il rappelle les articles 44 et 42 des Lois de la nomenclature botanique éta- 
blies par M. Alph. de Candolle, et sanctionnées par le Congrés de botanique 
tenu à Paris en 1867 : — « Art. 41. La date d'un nom ou d'une combinaison de 
» noms est celle de leur publication effective, c'est-à-dire d'une publicité 
» irrévocable. — Art. 42. La publication résulte de la vente ou de la dis- 
» tribution, dans le public, d'imprimés, de planches ou d'autographies. Elle 
» résulte aussi de la mise en vente ou de la distribution aux principales col- 
» lections publiques d'échantillons numérotés, nommés et accompagnés d'éti- 
» quettes imprimées ou autographiées, portant la date de la mise en vente ou 
» dela distribution. » M. Cosson ajoute que l'exsiccata algérien de M. Ba- 
lansa et les autres collections qui ont été publiées sous ses auspices présentent 
les conditions exigées par l'article 42. 


32 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Max. Cornu, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la 
séance du 31 janvier, dont la rédaction est adoptée. 

M. Aug. Delondre, vice-secrétaire, signale, parmi les dons offerts 
à la Société, le discours d'ouverture du cours de M. de Notaris, 
intitulé : Le Piante criptogamiche. Il rappelle que M. de Notaris a 
obtenu le prix Desmaziéres, décerné par l'Académie des sciences; 
pour un précédent ouvrage. 

À propos d'unarticle du Gardeners’ Chronicle, M. Delondre donne 
quelques détails sur le développement et la production des planta- 
tions de Quinquina de l'Inde, et desquels il résulte que 25 000 livres 
d'écorce venant de l'Inde seraient cette année livrées au commerce. 

M. Duchartre rapporte, d'aprés le méme journal, la nouvelle 
inquiétude d'une maladie qui attaquerait ces mémes plantations et 
ferait craindre la perte de plus de 100 000 plants de Cinchona. 

M. Delondre pense que la maladie est localisée dans un petit 
nombre de plantations; car, d'aprés les renseignements qu'il a re- 
cus, la production qui, gráce aux nouveaux modes de culture, a aug- 
menté dans des proportions considérables, parait se maintenir. 

M. Roze, secrétaire, donne lecture de la communication suivante, 
adressée à la Société : 


NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LE DÉVELOPPEMENT D'UN SEMIS DE STEMONITIS 
OBLONGA, par M. Casimir ROUMEGUERE. 


(Toulouse, 5 février 1873.) 


J'ai employé mes élèves à semer de nouveau le S/emonitis oblonga 
Fries (4) sur une planche de sapin du Nord partiellement enduite de pein- 
ture grise à l'huile et humectée d'eau. Cette opération, exécutée le 19 janvier 
dernier, dans mon cabinet, a complétement réussi, mais, cette fois, sur la partie 
du support où la couche de peinture prenait fin. Voici les observations atten- 
tives que j'ai faites, quant au développement du Champignon semé, et au 
temps nécessité pour le passage d'une forme d'évolution à l'autre. Ces degrés 
de développement sont au nombre de sept et remplissent un espace de 52 


(4) Voyez plus haut, pp. 9 à 11. 


SÉANCE DU ÅA FÉVRIER 1873. 33 


heures (le premier ensemencement avait exigé 14 heures seulement pour l'ap- 
parition et le développement complet du Champignon). Bien que l'espèce dont 
il est question soit hivernale, je suppose que la première culture a été accé- 
lérée par l'élévation de la température dans mon appartement, qui était alors 
de 18 à 20 degrés centigr., tandis que le 19 janvier elle était inférieure de 
h degrés. 

31 janvier : 8 heures du matin. — Apparition de péridiums sphériques, 
de 4 millimètre de hauteur, hyalins, isolés par groupes de 6-9 individus, à 
base enchássée dans le support. Stroma inapparent. Port d'un 7richia sessile. 

Midi. — Péridiums piriformes, 2 millim. de hauteur, encore sessiles et 
hvalins, brillants, répandant à la piqûre d'une aiguille une matière blanchâtre 
épaisse, de saveur amère, offrant au microscope un amas de fines ponctuations 
pressées les unes contre les autres, mais encore peu distinctes à cause de 
l'opacité de la matière (grossissem. 360 diam.). 

6 heures du soir, — Péridiums obovales, de couleur jaunâtre, rosés à la 
base, montrant le commencement d'un stipe également rosé et transparent, 
fistuleux (ce stipe n'est encore que le prolongement du péridium, la matière 
va être absorbée par cet organe pour faire place au stipe vrai). 

1° février : 8 heures du matin. — La forme précédente des péridiums est 
modifiée par un renflement de leur partie supérieure, en téte de clou arrondie; 
ils se sont un peu allongés. Le stipe a également gagné de la hauteur, il 
mesure 4 millim.; il est coloré en brun et apparait très-distinctement dans la 
moitié du péridium qui reste encore transparente et à surface brillante. 

Midi. — Les péridiums ont pris une forme exactement ovale (diminution 
en hauteur et augmentation en diamètre). Ils sont colorés en violet et ont 
perdu leur transparence ; ils sont inclinés sur le stipe (la planche de semis 
exposée à une vive lumière). A la lumière voilée, les péridiums n'ont pas cessé 
d’être dressés. Le stipe mesure 6-8 millim. ; il est solide, flexible et de couleur 
brun foncé. Le stroma, qui n'offrait jusqu'à ce moment que des filaments 
rares et écourtés, isolés, et de couleur vinacée, gagne en cohésion pour former 
un corps défini, à en juger par la nuance brillante qui l'indique sur le sup- 
port dont le ton de couleur reste mat. La formation cellulaire des péridiums 
est plus vivement colorée et épaissie; on distingue sous les verres amplifiants 
une masse compacte de fines granulations pressées ensemble, et cà et là des 
brins de filaments tordus en crochet. La paroi du péridium ne participe pas 
à la couleur du contenu : elle est blanchâtre, unie et brillante. 

6 heures du soir. — Le stipe a atteint brusquement près de 2 centimètres 
de hauteur. La couleur des péridiums est plus foncée, leur forme est défini- 
tivement cylindrique ; tous sont dressés. Le stipe est trois fois plus fort à la 
base qu'au sommet, où il est fort délié et surmonté (dans la partie intérieure 
du péridium) d’une gibbosité très-fragile imitant une pique. Les péridiums 
offrent au toucher une certaine résistance qui contraste avec la mollesse des 

T. XX. (SEANCES) 3 


24 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


péridiums de la veille. C'est l'état de complet développement. L'extérieur de 
ce dernier organe a cessé d'étre brillant ; il est subitement devenu de couleur 
mate. 

2 février > midi. — Quelques péridiums sont rompus ; les spores s'en 
échappent ; la paroi est séche, ce qui est accusé par la brisure qu'occasionne 
l'aiguille en la forçant. Vu à la loupe, le capillitium offre l'aspect d'une énorme 
grappe de raisin. Les spores, en nombre incalculable, laissent à peine voir les 
filaments dont leur masse est enchevétrée ; elles sont rondes, obscures et ne 
montrent point, malgré le soin que j'ai mis à le distinguer, leur nucléus 
primitif. 

Je tire les conclusions suivantes du premier et du deuxième ensemence- 
ment : 4° Que les spores des Stemonitis ne paraissent pas avoir besoin pour 
germer d'une période de repos ; 2° qu'elles doivent être mûres au moment où 
elles s'échappent du capillitium, et que le laps de temps de dix et de onze jours 
peut s'étendre (malgré l'activité du développement de l'espèce observée) comme 
une germination à l'état frais, par opposition à d'autres spores de Champignons 
qui continuent de mûrir aprés s'étre isolées et ont besoin de plusieurs mois 
pour germer ; 3° que la germination des spores et le développement des Ste- 
monitis sont indépendants de la lumière, 


M. Roze dit que les spores sont déjà en voie de formation dans 
la partie du plasma qui s'éléve sur le stipe, et que chez les Stemo- 
nitis leurs noyaux sporogénes s'y montrent trés-distinctement. 


M. Eug. Fournier donne lecture de la communication suivante, 
adressée à la Société et accompagnée de photographies représen- 
tant les feuilles et le fruit du Gonolobus Cundurango Triana : 


LES CONDURANGOS, par M. José TRIANA. 
(Paris, février 1873.) 


M. Benedict Ræzl a rapporté de Huancabamba (Équateur) des échantil- 
lons d'une plante qu'il considère, d'après M. Fuentes, pharmacien à Guaya- 
quil, comme étant le Condurango officinal. Quelques fragments de ces 
échantillons avaient été communiqués par M. Patin à l'herbier de Kew, où 
M. le professeur Oliver les rapporta au Marsdenia, genre d'Asclépiadées. 
M. Reichenbach fils a reçu aussi directement de M. Ræzl des exemplaires 
plus complets de ce Condurango; aprés une étude comparative, il confirma 
la détermination générique établie par M. Oliver. Considérant l'espèce comme 
nouvelle, M. Reichenbach l'a publiée sous le nom de Marsdenia Cundu- 
rango, tout en reconnaissant que ce Condurango ne pouvait pas être la 
méme plante dont il est question dans notre notice insérée dans les Comptes 
rendus de l'Académie des sciences du 25 mars 1872, t. LXXIV, p. 879. 


SÉANCE DU 1/4 FÉVRIER 1873. 35 


En effet, notre Gonolobus Cundurango s'en éloigne tout d’abord par un 
des caractères génériques saillants des Marsdenia, c’est-à-dire par le fruit 
qui est parcouru par quatre ou cinq crêtes ou ailes saillantes, au lieu d’être 
toujours lisse à l'extérieur. Comme espèce, le Condurango officinal a, d'autre 
part, les feuilles profondément cordées à la base et terminées par une pointe 
aiguë, bien distinctes en conséquence de celles que M. Reichenbach attribue 
à son Marsdenia. 

Il serait de toute importance, pour éviter des confusions fâcheuses dans la 
thérapeutique et dans le commerce, de décider : 1° Quelle est de ces deux 
plantes celle qu'on doit considérer comme le véritable Condurango, et qui 
doit à plus juste titre en conserver le nom spécifique, et 2° jusqu'à quel 
point on peut être autorisé à ranger notre plante dans le genre Gonolobus. 

Quant à la premiere de ces questions, il suffira de rappeler que c'est le 
gouvernement de l'Équateur qui a pris l'initiative de faire connaitre en 
Europe et en Amérique une plante précieuse sous le nom de Cundurango, 
et que c'est officiellement, par ses agents à l'étranger, que ce gouvernement 
a envoyé à d'autres États des échantillons de ladite plante avec prière de la 
faire déterminer, analyser et expérimenter. Le véritable Condurango ne peut 
donc pas être autre chose que la plante dont le gouvernement équatorien 
s'est occupé. Or nous avons, puisé les matériaux de notre étude à la source, 
dans ce cas légitime et certaine, c'est-à-dire au Consulat général de la répu- 
blique de l'Équateur à Paris, Et, comme le gouvernement équatorien, pour 
éviter toute confusion entre les différentes sories de Condurango qui avaient 
été déjà signalées dans le pays, s'était réservé le contrôle de ses envois à l'é- 
tranger, il n'y a pas le moindre doute que notre plante ne soit bien le Condu- 
rango officinal. A la priorité donc de notre désignation spécifique répond 
aussi la réalité du produit appelé Cundurango. 

Nous disions que différentes sortes de Condurango avaient été signalées 
dans le pays, mais il faut ajouter qu'on a donné la préférence à une seule : 
à celle qui était expérimentée et à laquelle on avait reconnu des propriétés 
actives. Cela ressort des documents publiés à l'Équateur et reproduits dans 
divers journaux américains. 

Par exemple dans le Nacional de Quito, journal officiel de la république 
de l'Équateur, nous trouvons signalés principalement le Cundurango ama- 
rillo ou blanco etle prieto (jaune ou blanc et le brun), employés par le pro- 
fesseur Honorato Chiriboga dans sa clinique. Ce professeur regrettait méme 
déjà l'introduction frauduleuse dans le commerce d'une grande quantité de 
Condurango non officinal, appartenant à diverses espéces de plantes, princi- 
palement à celle connue vulgairement sous le nom de Bejuco pachon. 

En outre, on désignait aussi, sous le nom de Bejuco de perro, un auire 
Condurango, sans parler de ses propriétés, et qui pourrait bien étre la 
plante de M. Rezl. Enfin le nombre de plantes auxquelles on a appli- 


56 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


` 


qué le nom magique de Cundurango s'est tout à coup multiplié d'une 
manière étonnante, non-seulement à l'Équateur, mais aussi dans plusieurs 
autres contrées de l'Amérique tropicale. Deux puissants motifs ont surtout 
contribué à amener ce résultat : 4? les prix réellement fabuleux qu'at- 
teignit le Condurango, au commencement de son exploitation, à New-York, 
ce qui ne contribuait pas peu à affermir sa renommée ; 2° la grande ressem- 
blance qu'ont entre eux les fruits des Asclépiadées, qui a aidé à produire la 
confusion. Ces fruits, en maniere de petite boite renfermant comme une sorte 
de colomhe avec son bec et ses plumes brillantes, argentées et soyeuses, 
qui se détachent et s'envolent facilement dans l'air, fixérent naturellement 
l'attention de la généralité des personnes étrangères à la botanique. On a donc 
pu confondre aisément avec le véritable Condurango plusieurs Asclépiadées 
des contrées chaudes de l'Amérique, les Macroscepis surtout, dont le fruit se 
rapproche plus ou moins de celui du Gonolobus. 

Pour confirmer notre assertion, nous pourrions ajouter d'autres preuves : 
par exemple, M. Ernst, dans des notes qu'il adresse de Caracas au Journal 
of Botany, publiées dans le volume I, pp. 107 et 268, de la nouvelle série, 
mentionne une autre Asclépiadée qu'il a recue sous le nom de Cundurango, 
provenant cette fois d'une sorte d'origine officielle, puisqu'elle est commu- 
niquée par un des membres du gouvernement de l'Équateur. D’après ce que 
M. Ernst dit de la forme et dela pubescence des feuilles, et surtout de la 
dentelure de la graine à l'endroit de la chalaze, cette plante semblerait étre 
réellement un Wacroscepis, comme il l'a cru. 

C'est peut-être le méme Macroscepis dont parle M. Ernst, la plante qui a 
fleuri derniérement à l'Université Harvard (à Cambridge Mass.) et qui prove- 
nait d'un envoi de graines de diverses plantes appelées vulgairement Cundu- 
rango, fait au département médical par le consul des États-Unis à l'Équateur. 

Après avoir démontré suffisamment que c'est notre plante qui représente le — 
Condurango primitif et qui doit conserver ce nom spécifique, nous proposons 
d'appeler le Marsdenia de M. Reichenbach Marsdenia Heichenbachi, en 
l'honneur de ce botaniste distingué. 

Quant à la seconde question, nous croyons devoir rester sur la méme réserve 
exprimée dans notre premiere notice, n'ayant pas encore pu nous procurer 
les fleurs du véritable Condurango. 

Nous insisterons cependant sur les caractères sur lesquels s'appuie notre 
détermination, et qui la rendent à peu prés certaine. D'une part, les fruits, 
avec leurs crêtes saillantes, sont bien ceux du genre Gonolobus. D'autre part, 
tes feuilles du Condurango sont, comme celles de la presque totalité des 
espèces du genre Gonolobus, cordées et profondément échancrées à la base. 
Enfin M. Fuentés, dans la description qui a servi de base au gouvernement 
'qsatorien. dans ses choix, décrit les fleurs du Condurango employé en 
médecine, comine ayant des corolles rotacées (non pas infondibuliformes, 


SÉANCE DU 1/4 FÉVRIER 1873. 37 


tubuieuses, ni campanulées), ce qui éloigne ce genre des genres voisins tels 
que Fischeria, Macroscepis, et méme Marsdenia. 

Il n'y a donc, dans le groupe, que le genre Gonolobus auquel puissent con- 
venir les trois caractères connus du Condurango, d’après les corolles, les 
fruits et les feuilles. Et dans tous les cas, si la connaissance plus compléte 
des fleurs du Condurango montrait qu'il devait faire partie d'un autre genre 
de la famille, la question serait réduite à un simple changement de nom 
générique. 


M. G. Planchon rappelle le peu de résultats obtenus jusqu'ici par 
l'emploi du Condurango dans la thérapeutique. 


M. Max. Cornu fait à la Société la communication suivante : 


ALTÉRATION DES VIGNES ATTAQUÉES PAR LE PHYLLOXERA, 
pr M. Maxime CORNU. 


La maladie dont les vignes du midi de la France sont atteintes depuis quel- 
ques années est produite par un petit insecte, découvert, déterminé et nommé 
par notre confrére M. J.-E. Planchon, membre correspondant de l'Institut, 
professeur à la Faculté des sciences, directeur de l'École de pharmacie de 
Montpellier. 

Ce petit insecte, intermédiaire entre les pucerons et les cochenilles, est la 
cause unique de la maladie des vignes ; il a été nommé pour cette raison Phyl- 
loxera vastatriz. 

Il est la cause de la maladie, ainsi que le montrent diverses preuves emprun- 
tées à des faits de nature très-différente. 

L'infection se répand de proche en proche et s'étend en cercle, quels que 
soient les cépages, l'âge, l'altitude, etc. La preuve la plus convaincante a été 
rapportée par M, Duchartre (Comptes rendus de l'Académie, séance du 23 
septembre 1872). D'après le Gardeners? Chronicle, un jardinier anglais, 
M. Malco!m Dunn, a guéri ses vignes en détruisant tous les insectes qui cou- 
vraient les racines. L'insecte une fois enlevé, la maladie disparut. 

La commission nommée au sein de l'Académie des sciences m'avait fait 
l'honneur de m'envoyer en mission dans le midi, au mois de septembre der- 
nier ; elle avait recommandé d'étudier au point de vue anatomique l'altération 
produite par la maladie sur les vignes malades, comme pouvant éclairer la 
question et suggérer un moyen de combattre le fléau. Cette étude, commencée 
trop tard et poursuivie dans des conditions peu favorables, a amené cepen- 
dant à formuler les conclusions suivantes : 

La maladie des vignes est due à la présence du Phylloxera sur les racines ; 
il détermine la mort des radicelles ; la plante, ne possédant plus d'organes 
d'absorption, périt d'épuisement ; quelquefois cependant l'insecte ne peut se 
porter sur toutes les radicelles, et la vigne résiste à son action. 


38 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


On déduit de là que tous les moyens qui suppléeront à l'insuffisance des 
radicelles (engrais, culture perfectionnée, etc.) paraitront guérir la vigne ; 
ais, l'insecte étant toujours sur les racines, le mieux ne sera que temporaire : 
les moyens uniquement culturaux paraissent donc insuffisants. 

L'insecte se tient sur les racines de tout diamétre, mais il se rend de pré- 
férence vers les racines les plus jeunes ; il enfonce dans l'écorce son sucoir 
gréle formé de trois soies; la présence de ce corps étranger prés de la zone 
génératrice détermine un renflement particulier, qui au début frappa les yeux 
les moins exercés. Ces renflements sont constitués par une hypertrophie des 
cellules de l'écorce et des éléments fibreux du bois : ces derniers ue se conso- 
lident et ne s'épaississent pas, et se décomposent à la fin de l'été. Les racines 
grosses de 2 ou 3 millimétres portent rarement de ces renflements, qui d'ail- 
leurs y subsistent plus longtemps ; ce sont ceux-là seulement que j'ai pu 
étudier ; les racines encore plus grosses n'en portent pas. 

Sous l'influence du parasite leur écorce prend souvent une teinte rouge ; 
cette teinte est due à un changement d'état d'une matière gommeuse conte- 
nue dans les cellules médullaires de l'écorce; les éléments anatomiques ne 
paraissent nullement altérés. Cependant la décomposition qui commence aux 
radicelles peut s'étendre de proche en proche, et comme le végétal ne possède 
plus qu'un nombre de plus en plus restreint d'organes d'absorption, la mort 
survient et les grosses racines noircissent elles-mêmes et se décomposent, C'est 
une conséquence indirecte de la présence du parasite. 

Il y a une autre forme du Phylloxera, sous laquelle l'insecte vit à l'air libre 
immergé dans le tissu liypertrophié des feuilles, sur les feuilles des vignes 
américaines ( Vitis eestivalis, cordifolia, Labrusca, etc.), très-rarement sur 
nos vignes indigènes (V. vinifera). 

Le Phylloxera y détermine la production de galles spéciales, Ces galles, dé- 
pressions de la face supérieure de la feuille et très -différentes de l'Zrineum si 
commun d'ordinaire, ont la forme d'une petite verrue; elles s'ouvrent à la 
face supérieure de la feuille par une fente longitudinale bordée de poils roides 
qui la ferment, Le Phylloxera ainsi isolé y pond des œufs nombreux qui 
éclosent vers les mois d'aoüt et de septembre ; les jeunes sont agiles, ils se dis- 
persent et se rendent probablement aux racines. Dans le midi, oü les vignes 
américaines sont trés-rarement cultivées, on n'a observé qu'une seule fois ces 
galles (M. J.-E. Planchon). 

Le développement de ces galles n'a pu, faute de temps et d'éléments con- 
venables, étre étudié pendant l'année 1872. La durée du développement com- 
plet paraît être celle de l'accroissement de la feuille elle-même. Il n'y a plus 
de galles lorsque la végétation est achevée et que la plante se repose; ou 
plutôt les galles ne contiennent plus d'insectes et commencent à s'altérer. 


M. Duchartre rappelle que les plantes se nourrissent non par 


SÉANCE DU 14 FÉVRIER 1873. 39 


l'extrémité même des racines, mais par une partie toute voisine de 
l'extrémité, par leurs poils radicaux. La piqüre d’un insecte se pro- 
duisant sur ce point vient modifier particuliérement la nature de 
la racine, en change la consistance, en dérange toutes les fonctions, 
ou plus exactement en arréte l'allongement. Il ne se produit plus 
alors, vers l'extrémité radicellaire, de tissus jeunes, c'est-à-dire de 
ces tissus qui seuls peuvent assurer l'absorption et par suite la nu- 
irition de la plante. 

M. G. Planchon dit qu'en effet on à remarqué que le buttage 
était salutaire aux vignes atteintes par le Phylloxera, parce que 
cette opération amenait la production de nouvelles racines qui 
venaient suppléer à l'insuffisance de celles que les insectes avaient 
altérées. 

M. Duchartre demande si les coupes longitudinales des racines 
permettent de voir, au delà du renflement, la radicelle se continuer 
et laisser intacts la pilorhize et les poils radicaux. Car, s'il en était 
ainsi, la nutrition pourrait se continuer; mais s'il en est autrement, 
l'absorption doit cesser entiérement, et la vigne souffre, non pas 
tant d'une perte ou d'une distraction de la séve, que du défaut de 
nutrition. 

M. Cornu répond qu'il pense en effet que l'absorption est inter- 
rompue par l'altération des extrémités radicellaires. 

Lecture est donnée de la lettre suivante : 


LETTRE DE M. le comte JAUBERT. 


A. M. le Président de la Société botanique de France. 


Domaine de Givry (Cher), 31 janvier 4873, 
Monsieur le Président, 


En lisant dans le Zulletin de la Société, tome XVIII, pages 406 et suivantes, 
l'intéressante communication de M. Ch. Martins sur l’Origine glaciaire des 
tourbières du Jura neuchátelois et de la végétation spéciale qui les carac- 
térise, un doute s'est élevé dans mon esprit au sujet du Ledum palustre, que 
notre éminent confrére, d'accord en cela avec MM. Grenier et Godron, et 
Kirschleger dans sa Flore d'Alsace, affirme, maigré nne ancienne indication 
de Gmelin, être étranger à la flore française. Je me suis immédiatement rap- 
pelé que je possédais dans mon herbier des échantillons de cette plante reçue 
comme vosgienne, en 1820, de M. Nicolle, un des élèves de Jean-Baptiste 
Mougeot. Vérification faite, l'étiquette porte l'indication générale et vague de : 


EB - SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Vosges. Mes échantillons provenaient-ils du Bastberg, prés de Bouxviller, où 
M. Buchinger et d'autres botanistes alsaciens l'ont inutilement cherchée ? ou 
plutôt M. Nicolle les aurait-il lui-même reçus de quelque botaniste ayant 
herborisé de l'autre côté du Rhin, dans la Forét-Noire, qui, d’après M. Mar- 
tins, limite vers le sud-ouest l'aire de cette espèce essentiellement boréale ? 

Pour éclaircir ce point de géographie botanique, j'ai eu recours à M. An- 
toine Mougeot, dans l'espoir que l'herbier et les manuscrits de son père 
pourraient fournir quelques renseignements. Notre confrère a eu l'obligeance 
de me répondre dans les termes suivants : 

« Je viens de revoir dans les notes botaniques et dans l'herbier de mon 
» père tout ce qui peut concerner le Ledum palustre, et je pense, avec 
» M. Martins, que cette espèce est étrangère à la flore alsatico-vosgienne au 
» moins. 

» Les seuls échantillons que je possède proviennent de Saint-Pétersbourg, 
» des Alpes de Salzbourg, de Terre-Neuve et du jardin botanique de Stras- 
» bourg ; l'étiquette de ce dernier échantillon est de Nestler ; elle ne fait pas 
» mention de la présence du Zedum palustre à Bouxviller. » 

M. A. Mougeot adhère aux remarques de Kirschleger et il ajoute : 

« Willemet indique, à la vérité, le Zedum palustre dans les marais des 
» Vosges, mais il ne cite aucune localité. Il me parait donc, d’après tous ces 
indices et l'absence de notes dont mon père accompagnait généralement dans 
son herbier tout ce qui était douteux, que pour lui le Ledum palustre ne 
» faisait pas partie de la flore vosgienne. » 

Ainsi se trouve confirmée, dans l'état actuel de nos connaissances, l'asser- 
tion de M. Martins. Si pourtant un jour quelque heureux explorateur vient 
à découvrir que le Zedum palustre a effectivement poussé ses avant-postes 
jusque dans la chaine des Vosges, dût la plante n'exister que sur le territoire 
de notre chère Alsace, elle n'aurait pas cessé d'être, en dépit des Prussiens, 
vouée, comme le sol lui-méme, aux revendications de la France. 

Agréez, etc. 


= 
=x 


x 


Comte JAUBERT. 


SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Tardieu, vice-secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la 
séance du 14 février, dont la rédaction est adoptée. 


M. Ad. Chatin fait à la Société la communication suivante : 


SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1873. hA 


SUR L'ORGANOGÉNIE DE L'ANDROCÉE DES LABIÉES, DES GLOBULARIÉES ET DES 
SCROFULARINÉES, par Mf. Ad. CHATIN.! 


La revue, pour une publication d'ensemble, de mes recherches, déjà 
anciennes, sur le développement des étamines m'a fait remarquer, plus spé- 
cialement que je ne l'avais fait autrefois, quelques différences entre mes 
observations et celles de M. Payer sur plusieurs des sujets soumis à nos 
communes études. J'ai fait connaitre, il y a longtemps déjà, les points sur 
lesquels M. Payer et moi différions sur le mode de formation de l'androcée, 
dans les Limnanthacées et les Crucifères ; je soumettrai brièvement aujour- 
d'hui aux botanistes les points qui nous séparent, quant aux Labiées, aux 
Globulariées et aux Scrofularinées. 


LABIÉES. — M. Payer, dont les observations ont porté sur quatre Labiées : 
les Stachys recta, Lavandula densa, Perilla arguta et Salvia 'pratensis, 
s'exprime ainsi : « Il y a primitivement cinq étamines à l'androcée, et elles 
paraissent successivement d'avant en arriére comme les pétales, les deux anté- 
rieures d'abord, les deux latérales ensuite, et en(in la postérieure. » 

Mes observations s'accordent avec celles de M. Payer quant à la produc- 
tion successive des deux étamines antérieures d'abord, des deux étamines 
latérales un peu plus tard. Mais l'accord cesse quant à la cinquième étamine. 
Je n'ai jamais vu trace de cette étamine, dont l'avortement serait, par suite, 
non consécutif à son apparition, mais congénital. Et cependant mes recherches, 
qui ont porté sur de nombreuses espèces des genres Salvia, Amethystea, 
Monarda, Lycopus, Ballota, Coleus, Lamium et Phlomis, ont été revues en 
partie dans ces derniers temps, précisément en raison de l'affirimation trés- 
nette de M. Payer. 

ll est de règle que des observations négatives ne prévalent pas contre des 
observations positives; aussi n'est-ce qu'après des vérifications minutieuses 
que je crois pouvoir en appeler avec confiance au contróle de chacun. 

On sait que, contrairement à ce qui a lieu chez la plupart des Scrofulari- 
nées, plantes dans lesquelles l'androcée apparait toujours au complet, on ne 
trouve jamais la trace de la cinquiéme étamine dans la fleur des Labiées ; 
oü les étamines latérales laissent toujours au moins des vestiges, filaments 
assez longs dans l' AmetAystea et le Lycopus, plus courts dans le Monarda. 

Les étamines antérieures et premières nées des Labiées, toujours les plus 
longues, sont aussi les premières à ouvrir leurs anthères : c'est ici un cas 
particulier de ce rapport trés-général : l'ordre de maturation ou de déhiscence 
des anthéres est parallèle à l'ordre de naissance. 

D'autre part, l'avortement, quand il se produit, porte toujours sur les éta- 
mines latérales, dernières nées, plus courtes et dernières mûres, ce qui 
rentre dans cette régle (qui jusqu'ici n'a pas encore recu la confirmation d'une 


A2 SOOIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


exception) : l'avortement des étamines se produit toujours en sens inverse de 
leur ordre de maturation, quel que soit le rapport (direct, inverse ou indépen- 
dant) entre l'ordre de maturation et l'ordre de naissance. 


GLOBULARIÉES. — Pour les Globulariées, ies observations s'accordent 
avec celles de M. Payer sur ce point important, qu'il n'apparait jamais que 
quatre étamines, savoir celles qui sont devant les deux sépales inférieurs et 
les deux sépales latéraux. Les choses se passent donc ici exactement comme 
je l'ai vu dans les Labiées. 

Mais où je ne suis plus d'accord avec le savant auteur du Traité d'Organo- 
génie comparée, c'est sur l'ordre d'apparition des parties de l'androcée. 
M. Payer dit que les quatre étamines se montrent à la fois : il m'a été donné 
de voir au contraire que les étamines naissent en deux fois; savoir, les deux 
étamines antérieures d'abord, les étamines latérales ensuite. Il est vrai de 
dire que les deux paires d'étamines se suivent de très-près, que je les ai tou- 
jours vues à la fois (quoique inégales, les abtérieures un peu plus grosses) 
dans le Globularia vulgarts, espèce étudiée par M. Payer, et que ce n’est 
que dans la fleur du Globularia salicina, que j'ai pu saisir nettement lin- 
tervalle qui sépare l'apparition des étainines latérales de celle des étamines 
antérieures, 

Du reste, dans le Globularia comme chez les Labiées, les deux étamines 
latérales, sensiblement plus courtes que les antérieures, sont les dernières à 
ouvrir leurs anthères. Déjà on avait pu voir, à une époque assez rapprochée 
de la floraison, que leurs anthères étaient encore incolores quand déjà les 
anthéres des étamines antérieures, premières nées et ut peu plus longues, 
étaient colorées en bleu. 


SCROFULARINÉES. — « Dans les Scrofularinées, les étamines ne naissént pas 
toutes à la fois, elles apparaissent successivement d'arrière en avant, d'abord 
l'étamine postérieure, ensuite les deux étaimines latérales, et enfin les deux 
étamines antérieures, Ces étamines ne s'accroissent pas toutes de méme. L'éta- 
mine postérieure, qui est née la première, cesse bientôt de s'allonger, se Mö- 
difie et devient un staminode. Les deux étamines latérales, bien qu'ayant 
apparu sur le réceptacle avant les deux étamines antérieures, sont bientôt 
dépassées par elles. » (Payer, Joc cit., 542). 

En dehors du Veronica, genre anomal qui n'a jamais que deux étamines 
et sur lequel mes observations concordent avec celles de M. Payer, ce dernier 
n'a suivi pour tout lé grand. ordre des Scrofularinées que le développemeht 
de l'androcée du Lopkospermum erubéscens, plante du Mexique, et c'est de 
cette étude isolée qu'il à conclu sur la famille éntièré. 

Mes recherches, plus complétes, ont porté sur les genres süivants : Ver- 
bascum, Celsia, Alonsoa, Salpiglossis, Antirrhinum, Linaria, Scrofularia, 


SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1873. A3 


Collinsia, Pentstemon, Manulea, Capraria, Digitalis, Paulownia et Gra- 
tiola. Or aucun de ces genres (que j'ai autant que possible étudiés dans plu- 
sieurs de leurs espèces) n’a présenté dans la formation de son androcée 
Pordre d'évolution signalé par M. Payer dans le Zophospermum. Trois 
d'entre eux seulement, savoir : le Digitalis, le Paulownia et le Gratiola, 
sans se rapprocher toutefois de ce qui a été dit du Zophospermum, se sont 
écartés respectivement, par des points que je ferai connaitre tout à l'heure, 
de l'ordre d'évolution qui, commun aux onze autres, peut dés lors étre consi- 
déré comme l'attribut général de la famille, ce que je formule comme il suit : 
Dans les Scrofularinées les cinq parties de l'androcée apparaissent simultané- 
ment, et ce n'est que consécutivement à la naissance que se manifestent des 
inégalités de développement dans les parties de ce verticille. 

Ces inégalités de développement se produisent d'ailleurs toujours dans le 
sens antéro-postérieur, c'est-à-dire en sens inverse de l'ordre de naissance 
signalé par M. Payer dans le Lophospermum, et regardé par ce savant comme 
représentant l'état habituel dans les Scrofularinées. C'est peu aprés la nais- 
sance que, par suite d'un arrét qui les atteint dans leur évolution, les étamines 
latérales sont plus petites que les deux antérieures et parcourent successi- 
vement, toujours en retard sur celles-ci, leurs différentes phases; quant à 
l'étamine postérieure, attardée elle-mêine par rapport aux étamines latérales, 
l'arrêt de formation la frappe assez profondément pour la réduire ordi- 
nairement à l'état de staminode, parfois méme pour la faire complétement 
disparaitre. 

Les cinq étamines sont, il est vrai, toutes anthérifères dans le Verbascum, 
mais ici méme l'arrét de développement se fait sentir sur les étamines laté- 
rales et l'étamine postérieure habituellement plus courtes, celle-ci surtout, 
que les étamines antérieures, dont elles différent fréquemment en outre par 
d'autres caractères (villosités et anthéres uniloculaires). Il n'est même pas 
rare que dans certains Verbascum (V. Blattaria surtout), la cinquième éta- 
mine soit privée d'anthére. El comme pour montrer que les Verbascum du 
groupe Zlattarioides forment bien le passage aux Scrofularinées didynames, 
les Celsia, si voisins de ce groupe, ont parfois leur staminode changé en petite 
étamine fertile. 

J'ai dit que le Paulown/a, le Gratiola et le Digitalis différaient, par quel- 
ques points de l'organogénie de leur androcée, du plus grand nombre des 
Scrofularinées. Voici en quoi consistent les différences observées. 

Dans le Paulownia, qui plus tard aura cependant aussi les étamines didy- 
names, je n'ai jamais vu la cinquieme étamine, quoique je sois remonté à de 
trés-jeunes formations. Il parait donc que dans cette plante, comme chez les 
Labiées, l'étamine postérieure, celle qui se change ordinairement en staminode 
dans les autres Scrofularinées ou qui disparaît consécutivement aux premiers 
âges, serait atteinte ici d'un avortement congénital. On remarquera que ce 


A^ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


serait l'étamine première née du Lophospermum qui n'apparaitrait pas dans 
le Paulownia ! 

L'androcée du Gratiola présente des anomalies bien singulières, et que par 
cela même j'ai étudiées longuement, à plusieurs époques et sur des individus 
venus dans des conditions diverses, avant de les admettre. 

Ce sont les étamines latérales qui apparaissent les premières ; viennent 
ensuite, les suivant de si près qu'il est fort difficile de saisir l'intervalle qui les 
sépare, les deux étamines antérieures, enfin, et bien nettement aprés les 
quatre autres, l'étamine postérieure, encore celle-là méme qui naitrait la pre- 
mière dans le Lophospermum. Cette cinquième étamine, dernière née, dis- 
paraît elle-même bientôt, nulle trace ne l'indiquant plus dans un bouton long 
seulement d'un millimètre. 

Quant aux quatre autres étamines du Gratiola, deux seulement sont fer- 
tiles, et ce qui, avec l'ordre de naissance, donne à cette plante une place spé- 
ciale dans le groupe, c'est que les staminodes sont les deux étamines anté- 
rieures. On a ainsi au moment de la floraison : deux staminodes antérieurs, 
deux étamines latérales ; rien à la place de l'étamine postérieure. 

Si l'étamine postérieure du Gratiola s'était produite avant les étamines 
latérales, cette plante, anomale dans les Scrofularinées, par l'évolution de son 
androcée, reproduirait (quant à la naissance, non quant à l'évolution consé - 
cutive) l'ordre de développement indiqué par M. Payer pour le Zophosper- 
mum ; mais cette étamine naît précisément la dernière. 

Notons que dans le Manulea et le Capraria, genres voisins du Gratiola, 
les étamines paraissent à la fois, avec cette particularité que la postérieure 
disparaît bientôt, comme sur le Gratiola. 

Le Digitalis (D. grandiflora, D. lutea) s'éloigne à son tour de l'ordre de 
naissance le plus commun dans les Scrofularinées, mais pour se rapprocher de 
celui observé dans les Labiées, avec cette différence toutefois qu'il se produit 
cinq étamines et non quatre seulement. C'est, en effet, dans l'ordre antéro- 
postérieur, et en trois fois, que se forme l'androcée du Diyitalis, savoir : 
les deux étamines antérieures d’abord ; les deux étamines latérales ensuite ; 
enfin, l'étamine postérieure. Celle-ci, toujours attardée, disparaîtra quand le 
bouton sera long d'environ 4 millimètres, 

Est-il besoin de faire remarquer que l'ordre de naissance de l'androcée du 
Digitalis est parfaitement inverse de celui signalé dans le LopAospermum, 
le premier se produisant d'avant en arrière, tandis que chez le second il ap - 
paraitrait d'arrière en avant. 

Tous les faits qui viennent d'étre exposés montrent que l'ordre de produc- 
tion de l'androcée du Lophospermum, loin de pouvoir être considéré comme 
représentant l'état commun dans les Scrofnlarinées, ne saurait étre admis qu'au 
titre d'exception, et méme d'exception bien anomale. Je n'ai pu, faute de 
matériaux, répéter les observations faites sur le Lophospermum ; mais après 


SÉANCE DU 2S FÉVRIER 1873. ' A5 


tout ce qui précède, ce serait sans importance, en ce qui touche l'histoire 
générale de l'androcée des Scrofularinées. 

J'ai dit que la symétrie florale du Veronica était toute spéciale. En effet, 
la fleur établie sur le type quaternaire produit, comme l'a vu M. Payer, les 
quatre sépales en deux fois, dans l'ordre antéro-postérieur, les quatre pétales 
dans le méme ordre, mais en trois fois, et les deux étamines simultanément, 
devant les sépales postérieurs; jamais aucune trace d'étamines devant les sépales 
antérieurs. C'est là un type autour duquel, surtout par l'androcée, semble 
devoir se grouper un certain nombre de genres. Je n'ai pu en faire l'organo- 
génie, mais il m'a paru que, dans la fleur, les étamines, réduites aussi à deux, 
sont placées dans le W'u/fenia en verticilles aussi quaternaires comme dans le 
Veronica ; et que, dans le Pæderota et le Campylanthus, dont le type est 
quinaire, les étamines, réduites à deux comme chez le Veronica et le Wul- 
fenia, sont placées devant les sépales latéraux, savoir à la place qu'occupent 
les étamines fertiles du Gratiola. C'est ainsi que ce dernier genre, dont l'an- 
drocée formait une anomalie singuliére au milieu des vraies Scrofularinées, 
relierait celles-ci au groupe des Véronicées. 

Ferai-je remarquer, en terminant, que, dans les Scrofularinées dídynames, 
es grandes étamines sont toujours les premières à ouvrir leurs anthères, que 
la production de l'androcée ait été simultanée comme dans la plupart des 
genres cités, ou que celui-ci se soit formé en trois fois et dans l'ordre antéro- 
postérieur comme dans le Digitalis (et sans doute quelques autres genres 
non compris dans les présentes recherches et que de nouvelles observations 
pourront en rapprocher). Dans le premier cas, le plus commun, l'ordre de 
maturation est indépendant de l'ordre de naissance ; dans le second, il lui est 
parallèle. Étant admis comme vrai l'ordre de naissance (d'arrière en avant) 
du Zophospermum, plante dans la fleur de laquelle les anthères de la paire 
de grandes étamines sont les premieres à s'ouvrir, l'ordre de maturation ou 
de déhiscence serait inverse de l'ordre de naissance. 


M. Duchartre dit qu'il a constaté des faits analogues à ceux qu'a 
observés M. Chatin et qu'il les a publiés, il y a trente-cinq ou qua- 
rante ans, dans une thése tirée, il est vrai, à petit nombre et restée, 
ajoute-t-il, assez peu connue. 

M. Ch. Martins fait à la Société une communication Sur l'étude 
de la géographie botanique des Pyrénées orientales (1). 

M. Henri Vilmorin présente des tubercules de Pomme-de-terre. 
portant des germes presque filiformes. Sur l'invitation de M. le Pré- 


(1) M. Ch. Martins ne pouvant nous livrer son manuscrit que dans quelques semaines, 
nous sommes forcés d'ajourner la publication de sa communication et de la discussion 
à laquelle elle a donné lieu. (Note de la Commission du Bulletin.) 


ka - SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sident, M. Prillieux résume en ces termes la note qu'il a adressée 
au sujet de ces tubercules à la Société d'horticulture de France : 


SUR DES TUBERCULES DE POMME-DE-TERRE A GERMES FILIFORMES, 
pr M. Ed. PRILLIEUX. 


J'ai observé des pommes-de-terre à germes filiformes en grande abondance 
dans les environs de Mondoubleau, arrondissement de Vendóme (Loir-et- 
Cher). Elles se sont montrées en quantité au printemps de 1872, parmi les 
tubercules provenant de la récolte de 1871, Au lieu de produire des germes 
gros et forts, ces pomines-de-terre ne donnèrent naissance qu'à de petites 
pousses trés-gróles et très-déliées qui rampaient sans avoir la force de se 
redresser. Les tubercules paraissaient du reste sains et s'étaient bien gardés ; 
ils étaient moins féculents et moins bons au goût que de coutume, bien qu'ils 
fussent encore très-mangeables. Mis en terre, ils ne levèrent pas, pour la plu- 
part, et ne commencèrent méme pas à pousser, Le dommage causé dans les 
cultures par cette altération des tubercules-semences a été cette année très- 
considérable, et a causé de notables pertes aux cultivateurs. 

C'était la première fois que cette sorte de maladie se produisait aux environs 
de Mondoubleau, ou du moins qu'elle y prenait une assez grande proportion 
pour s'imposer à l'attention des paysans. 

Je l'ai suivie avec soin dans les champs, et depuis le moment du premier 
développement des plantes jusqu'à celui de l'arrachage en automne. Le résul- 
tat de mes observations a été publié dans le Journal de la Société centrale 
d'horticulture de France (2° série, t. VIL, 1873, pp. 48-55). 

Les pieds de Pomme-de-terre qui ont produit les tubercules à germes fili- 
formes en 1872 ont, à la récolte de 1871, donné beaucoup de tubercules 
mous au moment de la récolte et qui présentaient l'apparence de pommes-de- 
terre arrachées avant la maturité. 

J'ai pensé que les tubercules à germes filiformes et les tubercules mous 
pouvaient être dus à une méme cause agissant avec une plus ou moins grande 
intensité, et comme il est absolument impossible de distinguer directement 
à l'automne Jes tubercules qui doivent, au printemps suivant, donner des 
germes filiformes, j'ai cherché à découvrir quelle cause peut influer sur la 
production des pommes-de-terre molles. En suivant avec soin l'arrachage dans 
les champs, j'ai reconnu que les pieds qui portaient des tubercules mous pré- 
sentaient une altération considérable de la partie inférieure de la tige, dont 
les tissus étaient décomposés, surtout à la limite du bois et de l'écorce, de telle 
facon que celle-ci était toujours détachée et formait une peau déchirée entre 
les lambeaux de laquelle on voyait à nu le bois, Ges tiges avaient été rongées 
en terre. L'écorce avait été d'abord attaquée en certains points et détruite 


SÉANCE DU 1/4 Mans 1873. h7 


jusqu'au bois, puis la décomposition s'était propagée et avait gagné toute la 
tige, L'animal qui cause ces lésions m'a paru être un iule de couleur blan- 
chàtre et marqué sur les cótés d'une ligne de taches pourpres, qui a été déja 
observé par M. Guérin-Méneville et rapporté par lui au Zulus guttulatus de 
Fabricius (voy. Bull. Soc. agr. t. V, p. 335, et pl. III, fig. 10, 11, 12). J'ai 
trouvé fréquemment ces animaux, tant dans les tiges rongées que dans les 
tubercules à germes filiformes qui sont demeurés en terre depuis le printemps 
Sans pousser. : 

Il est naturel d'admettre que les lésions produites sur la portion souterraine 
des tiges a eu pour conséquence l'arrét du développement des tubercules qui 
demeurent mous au moment de la récolte, et ne donnent au réveil de la végé- 
tation que des germes gréles et trop faibles pour produire de nouveaux pieds. 


M. Vilmorin pense que si la production de tubercules à germes 
filiformes est désastreuse au point de vue de la récolte, on pourrait 
cependant en tirer un certain parti, si l'on parvenait à les obtenir 
à volonté, car ils se conservent plus longtemps que les tubercules 
à germes normaux. 


SÉANCE DU 14 MARS 1873. 
PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance 
du 28 février, dont la rédaction est adoptée. 

A l'occasion du procés-verbal, M. Cornu dit qu'il a étudié l'échan- 
tillon de bois de Pinus uncinata, présenté par M. Martins. La colo- 
ration noirátre du bois est due à un mycélium noir occupant les 
rayons médullaires et pénétrant méme dans les fibres. Les cellules 
ont pris une teinte brune sous l'influence du parasite, ce qui peut 
avoir fait croire à l'existence de résine dans l'intérieur des cellules. 
Ce mycélium semble appartenir à une Sphérie. 

M. Fée, en prenant place au bureau, adresse à la Société ses 
remerciments pour l'honneur qu'elle lui a fait de le nommer vice- 
président. 

M. le Président répond que la Société a été heureuse de conférer 
les fonctions de vice-président à l'un des doyens de la science, et 
rappelle entre autres les beaux travaux de M. Fée sur les Fougères, 


A8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. le Président annonce ensuite trois nouvelles présentations. 
M. Cornu, secrétaire, donne lecture de la communication sui- 
vante, adressée à la Société : 


SUR UNE DÉFORMATION DU ZOSTERA NANA Roth, DUE A LA PRÉSENCE D'UN CHAMPIGNON 
ENTOPHYTE, pr M. J. DUVAL-JOUVE. 


(Montpellier, 12 mars 1873.) 


Ainsi que je l'ai déjà fait connaitre à la Société (séance du 29 novembre 
1872), le 20 octobre dernier, après les vents et les pluies qui avaient régné du 
45 au 19, je trouvai en grande quantité, sur la plage de Palavas, une plante que 
je communiquai sous le nom très-douteux de Zostera nodosa Ucria (1). Cette 
récolte m'inspira le désir d'aller le lendemain explorer la plage nord de l'étang 
de Thau, où, l'année précédente, j'avais rencontré, apportées par les vents, 
des feuilles trés-longues et très-étroites que je n'avais pu déterminer. Je ne 
retrouvai pas ces feuilles ; mais je fus amplement dédommagé de cet insuccès 
et d'une journée d'octobre passée les pieds dans la vase et le dos sous une 
pluie continue. Je trouvai en effet une plante marine que, d'aprés sa structure 
et en l'absence de fleurs et de fruits, je suppose être le Zostera nana Roth, et 
qui, à l'extrémité de ses rhizomes, porte un certain nombre de rameaux alter- 
nes, contigus, élégamment disposés en éventail, terminés par des feuilles assez 
longues (0",10 à 0,40), renflées et comme bulbiformes à leur base. Ces ren- 
flements ouverts se montrent, ainsi que les courts entre-nœuds qui les suppor- 
tent, remplis d'une poussière brune (spores) analogue à celle que présentent 
les Graminées attaquées par un Ustilago. Les sujets non attaqués par lento- 
phyte ont des rhizomes simples ou peu rameux, avec des feuilles espacées et 
des entre-nœuds de 4 à 2 centimètres ; le rapprochement extrême des autres 
rameaux et leur disposition en éventail ne sont donc qu'une déformation due 
à la présence du Cryptogame. 

Mon ignorance en mycologie ne me permet pas de déterminer cet ento- 
phyte. J'iguore méme si, jusqu'à ce jour, on et a mentionné la présence sur 


(4) Nos savants confréres, MM. Duchartre et Eugéne Fournier, ont bien voulu me 
faire savoir que ma plante est le Cymodocea æquorea Koenig (Zostera mediterranea DC. ; 
Phucagrostis major Cavolini, Borret, etc.). — M. Ascherson, dans son Plantarum phan. 
marin. Italie conspectus (in Nuovo Giornale bot. ital. ll, p. 481, 1870), affirme, 
d'aprésla copie delafigure de Cupani (Pamph. Sicul. tab. 191), quele Cymodocea æquorea 
Koenig est le vrai Zostera nodosa Ucria, et, lui rendant en conséquence l'épithète prin- 
ceps, il le nomme « Cymodocea nodosa (Ucria) Aschers. » — Si cela est admis, j'étais 
tombé sur le vrai nom sans m'en douter. 

L'autorité de J. Gay porta MM, Grenier et Godron à exclure cette plante de leur Flore 
de France (1I, p. 326), bien que Poiret affirmát l'avoir récoltée vivante sur les côtes de 
Provence (Dict. encycl. VIE, p. 874), et De Candolle sur les plages voisines de Mont- 
pellier (Duby, Bot. gall. 1, p. 441); elle a été retrouvée à Cannes et à Antibes, par 


M. le docteur Thion, et, cet hiver, j'ai continué de la retrouver sur la plage de Palavas. 
aprés chaque coup de vent du sud-est un peu fort. i 


SÉANCE DU 1/ Mans 1873. A9 


une plante submergée, et dès lors si ma récolte et cette communication pré- 
sentent quelque intérét. 


M. le Président rappelle que M. Durieu de Maisonneuve a vu les 
feuilles du Posidonia Caulini attaquées par une Sphérie. 

M. Cornu ajoute que M. Tulasne a donné, dans les Annales des 
sciences naturelles, la deseription d'une Ustilaginée (Ustilago ma- 
rina) également observée par M. Durieu de Maisonneuve sur une 
plante marine, le Scirpus parvulus Rœm. et Schult. (1). 

M. Cosson présente à la Société un échantillon vivant d'une 
Euphorbe cactoide recueillie au Maroc, qu'il croit nouvelle, et qu'il 
propose de dédier à M. Beaumier, consul de France à Mogador, 
auquel il doit l'important envoi de cette curieuse plante. 

Il fait ensuite à la Société la communication suivante : 


NOTE SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU MAROC, par MI. E. COSSON. 


De toutes les contrées du bassin méditerranéen la moins connue et la moins 
accessible, si ce n'est pour quelques points du littoral, est sans contredit le 
Maroc. J'ai donc lieu de croire que l'exposé des principaux résultats des tra- 
vaux de statistique auxquels je me suis livré sur la flore de ce pays, encore 
d'une exploration si difficile en raison du fanatisme de ses habitants, pourra 
offrir quelque intérét. 

Pour établir le catalogue des plantes mentionnées jusqu'à ce jour au Maroc, 
j'ai dà d'abord faire le dépouillement de toutes les espéces énumérées dans 
la flore de Schousboe (2), dans les articles publiés par Cavanilles (3), dans le 
Prodromus de De Candolle, dans l'article de M. Lowe sur les environs de 
Mogador (4), de celles décrites comme nouvelles par MM. Boissier et Reuter (5). 
J'ai emprunté quelques indications confirmatives de données provenant 
d'autres sources au catalogue, malheureusement trés-imparfait, des plantes des 
environs de Tétuan, publié par M. Weyler (6). — Malgré toutes ces recherches, 
le catalogue des plantes du Maroc ne comprenait guère que cinq cents espèces. 


(4) Voyez la troisième partie du mémoire de M, Tulasne (Ann. des sc. nat. 5° série, 
1866, t. V, p. 133). 

(2) Schousboe, Jagliagleser over Kextriget à Marokko, 1800, publié dans les Actes 
de la Société royale des sciences de Copenhague. 

(3) Cavanilles, De las plantas del ciudadano Broussonet, publié dans les Anal. cienc. 
nat. IIT et IV, 1804. 

(4) R.-T. Lowe, À List of plants observed or collected at Mogador, publié dans le 
Journ. proceed. Linn. Soc. V, 1864. 

(5) Boissier et Reuter, Pugillus plantarum novarum, 1852. 

(6) Weyler y Lavina, Apunt. topograf. imper. Marroq. 1860. 


T XE (SÉANCES) 4 


50 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


J'ai pu étudier, dans l'herbier dela Faculté des sciences de Montpellier, dans 
celui du Muséum d'histoire naturelle, dans celui du British Museum et dans 
mes collections personnelles, les plantes recueilliesà Tanger, à Mogador et sur 
quelques autres points par Broussonuet et Durand, et à Tanger par Salzmaun 
et Goudot. — M. Schousboe fils a bien voulu me charger de la répartition dans 
les principaux herbiers des doubles recueillis par son pere pendant son long 
séjour au Maroc. — M. Boissier, le regrettable Reuter, M. J. Ball, M. le docteur 
Warion, m'ont libéralement communiqué les plantes recueillies par eux à 
Tanger et à Tétuan. — M. le docteur Lagrange a bien voulu, à ma demande, 
dans l'intéressant voyage fait par lui à Tanger, me récolter toutes les espéces 
qu'il a rencontrées dans un rayon de 24 kilomètres autour de cette ville. — 
M. Parlatore, avec une bienveillance à laquelle je me plais à rendre un juste 
hommage, a mis à ma disposition, pour en faire l'étude, les collections recueil- 
lies par mon regrettable ami Webb, à Tanger, à Tétuan et dans les montagnes 
assez élevées voisines de cette dernière ville (Djebel Beni-Osmar et Dersa), 
qu'il avait pu aborder et qui ont fourni les premiéres notions sur la flore de la 
région montagneuse du Maroc. — M. I. Blanche, agent consulaire de France, 
avait, pendant deux ans, formé un herbier des plantes des environs de Tanger, 
renfermant plus de six cents espèces; j'ai pu faire le recensement de cette col- 
lection qui avait pour mes études spéciales un intérét tout particulier. — M. Ba- 
lansa, le compagnon dévoué de deux de mes voyages en Algérie, le zélé explo- 
rateur de l'Asie Mineure et de la Nouvelle-Calédonie, a, en 1867, aprés avoir 
exploré les environs de Mogador, abordé, au mois de juin, les montagnes du 
grand Atlas au sud et au sud-ouest de la ville de Maroc (Dj. Keira, Orguis, 
Sidi-Fars), et il y a en quelques jours d'herborisations recueilli d'importants 
documents; il allait atteindre les sommités neigeuses, lorsque ses explorations 
ont été rendues impossibles par les dangers que lui a suscités un des chefs du 
pays. L'étude que j'ai faite, avecle concours de M. Balansa, de ses importantes 
récoltes a enrichi la flore du Maroc d'un grand nombre d'espéces qui n'y 
étaient pas encore signalées, et la science de plusieurs espéces nouvelles. — 
Je dois à mon ami M. le docteur Paul Marés d'intéressants documents sur 
la partie des Hauts-Plateaux marocains comprise entre la frontière de l'Algérie 
et la Sebkha Tigri. M. le docteur Warion m'a, avec l'amicale libéralité dont il 
m'a donné de si nombreuses preuves, communiqué toutes les espèces obser- 
vées par lui dans une expédition à Figuig. M. Seignette a bien voulu recueillir 
à mon intention la série des plantes qu'il a vues entre la Sebkha Tigri et l'Oued 
Chair. — Dans le voyage que j'ai fait, en 1856, avec MM. Kralik et P. Marès 
et dans lequel j'ai longé la frontiére du Maroc de Tlemcen à Ain-Sefissifa et 
Tyout, j'ai pu prendre une idée vraie de la flore des Hauts-Plateaux marocains 
qui se continuent avec ceux de la province d'Oran (1). 


(4) Voyez, pour l'historique des recherches botaniques au Maroc, la Notice sur les 


SÉANCE DU 14 MARS 1873. 54 


En réunissant tous les documents dont je viens de donner l'énumération, 
j'aipu enregistrer quinze cents espèces. Je n'ai toutefois! pas besoin de dire 
combien ce nombre, déjà considérable pour un pays si imparfaitement exploré, 
est loin du chiffre total de la végétation, qui doit dépasser celui de l'Algérie 
supérieur à trois mille; cette richesse de la flore du Maroc est d'autant 
plus probable, que les hautes sommités neigeuses, qui aux environs de la ville 
de Maroc dépassent 3500 métres, doivent offrir une flore alpine ou alpestre 
qui n'existé pas en Algérie, oü les plus grandes altitudes sont d'environ 
2300 mètres. 

Dès maintenant le nombre des espèces observées au Maroc pourrait être 
notablement augmenté si j'avais pu mettre à profit les riches matériaux recueil- 
lis par MM. J.-D. Hooker et J. Ball, qui, en 4871, plus heureux que M. Ba- 
lansa, malgré toutes les difficultés et les dangers du voyage, ont pu, grâce à 
leur énergie et à la haute protection du gouvernement anglais, aborder les 
hautes sommités de ce mystérieux Atlas dont l'accés semblait fermé aux natu- 
ralistes, et qui ont eu l'obligeante attention de me réserver des échantillons 
de toutes les plantes recueillies dans leur exploration si importante pour la 
science. 

Malgré cette lacune, les données sur lesquelles repose mon travail sont suffi- 
santes pour fournir des notions exactes sur les éléments constitutifs de la flore 
du Maroc, sur les caractères de cette flore et sur ses affinités, et ce sont ces 
données que je résumerai dans un tableau synoptique et dans les observations 
dont je le ferai suivre et qui en sont le complément, Les études que je pour- 
suis, depuis plus de vingt ans, sur la flore de l'Algérie etsur celle des contrées 
du bassin méditerranéen, de l'Orient et du Sahara qui ont avec les diverses 
régions naturelles de l'Algérie des affinités plus ou moins prononcées, m'ont 
mis à méme de donner au tableau synoptique ci-contre (p. 52) et aux conclu- 
sions qui en découlent la précision désirable. 


voyages et les explorations des botanistes en Algérie et dans les deux États voisins, 


Tunis et Maroc (E. Cosson et Durieu de Maisonneuve, Flore d'Algérie, Phanérogamie, I, 
Glumacées). 


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SÉANCE DU 14 Mans 1873. 53 


Dans ce tableau, les affinités géographiques des plantes du Maroc sont 
exprimées en tête des colonnes de la manière suivante : 


Eur. (Europe). Plantes se retrouvant dans une grande partie de l'Europe, que leur aire 
soit restreinte à l'Europe ou qu'elle s'étende dans d'autres parties du monde. 

Mán. (Région méditerranéenne). Plantes communes à la plupart des contrées du bassin 
méditerranéen. 

Mėn. occ. (Région méditerranéenne occidentale). Plantes appartenant à la partie occiden- 
tale du bassin méditerranéen. 

Esp. et PorT. (Espagne et Portugal). Plantes propres à la péninsule ibérique. 

Ir. (Italie). Plantes qui n'ont encore été observées qu'en Italie, en comprenant sous 
celte dénomination non-seulement l'Italie proprement dite, mais encore la Sicile, 
Malte, la Corse et la Sardaigne. 

Mtn. on. (Région méditerranéenne orientale). Plantes qui n'ont encore été observées que 
dans la partie orientale du bassin méditerranéen. 

On. (Orient). Plantes se trouvant en Asie, excepté celles qui doivent être rattachées au 
groupe suivant. 

On. Dés. (Région désertique de l'Orient). Plantes se trouvant dans les déserts de l'Égypte, 
de l’Arabie, de la Palestine, de la Perse méridionale ou de l'Inde. 

ALG. (Algérie). Plantes croissant en Algérie ou en Tunisie, 

ALG. et On. (Algérie et Orient). Plantes existant à la fois en Algérie ou en Tunisie et en 
Orient, sans avoir été observées sur des points intermédiaires. 

Esp. et OR. (Espagne et Orient). Plantes existant à la fois en Espagne et en Orient, sans 
avoir été observées sur des points intermédiaires. 

ALG. et EsP. (Algérie et Espagne). Plantes existant à la fois en Algérie et en Espagne. 

SPÉC. (Plantes spéciales). Plantes qui n'ont encore été observées qu'au Maroc. 


Le nombre total des espéces et des principales variétés observées au Maroc 
est de 1500. — Sur ce nombre, 1478 ont pu étre comprises dans le tableau, 
bien qu'il n'indique que les affinités géographiques du Maroc avec l'Europe, les 
diverses contrées du bassin méditerranéen et l'Orient. Vingt-deux seulement, 
en raison de l'aire de leur distribution, n'ont pu y être portées; sur ces 22, les 
13 suivantes sont propres aux Canaries ou à Madère, ou communes à l'Espagne, 
aux Canaries et aux Acores : 


Linaria heterophylla Spreng. 
Beta patellaris Moq. - Tand. 


Helianthemum Canariense Pers. 
— Broussonetii Dun, 


Cytisus albidus DC. 

Lotus dumetorum Webb. 
Asteriscus odorus DC. 
Picridium lingulatum Vent. 
Sonchus acidus Schousb. 


les 9 autres : 


Glinus lotoides L. 

Batatas littoralis Chois. 
Withania somnifera Dun. 
Achyranthes argentea Lmk. 
Leersia hexandra Sw. 


Chenolea lanata Moq.-Tand. 
Corema album Don. 

Scilla hemorrhoidalis Webb. 
Davallia Canariensis Sm. 


Panicum repens L. 

Aristida Ascensionis L. 
Pteris arguta Ait. 
Selaginella rupestrís Spring. 


ont une aire très-vaste et se rattachent à la végétation tropicale ou intertro- 
picale. — Il est à peine besoin de dire que, en raison des limites dans les- 
quelles le tableau a dû être circonscrit, il ne peut comprendre toutes les 
contrées où se rencontrent les espèces à dispersion très-large ou cosmopolites, 


54 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


les moins importantes du reste au point de vue de la géographie botanique. — 
Si l'on prend le chiffre 100 comme élément de comparaison, on a : Kur. 18,15; 
Méd. 35,80 ; Méd. occ. 13,86 ; Esp. et Port. 6; It. 0,06 ; Méd. or. 0,33 ; 
Or. 0,13; Alg. 6,66 ; Or. dés. 0,06 ; Alg. et Or. 5,80; Esp. et Or. 0,53; 
Alg. et Esp. 5,80; Spéc. 6,26 ; plantes non comprises dans le tableau, 1,53. 
— Les affinités du Maroc avec la végétation de l'Europe et celle du bassin 
méditerranéen, déjà démontrées par l'examen du tableau, sont rendues plus 
évidentes encore par les sommes suivantes en résumant quelques-unes des 
données : si l'on fait la somme des espèces appartenant aux diverses parties 
du bassin méditerranéen, on voit qu'elle s'éléve au chiffre de 928, et, en y 
ajoutant les 272 espèces de l'Europe, on arrive au total de 1200, tandis que 
les autres éléments de la végétation ne sont représentés que par 300. — Les 
étroites affinités du Maroc avec l'Algérie sont démontrées d'une manière évi- 
dente par le nombre des espèces algériennes qui s'y rencontrent (100), par 
celui des espéces communes à l'Algérie et à l'Orient (72), par celui des 
éspèces communes à l'Algérie et à l'Espagne (87), et par le nombre des 
espèces européennes et méditerranéennes qui forment les quatre cinquièmes 
de la végétation dans les deux pays. 

` Le nombre des espèces propres à la partie occidentale du bassin méditer- 
ranéen est de 208, chiffre considérable si on le compare à celui offert par 
la province de Constantine où, pour un nombre presque égal d'espéces, il 
n'est que de 124. Si l'on ajoute au chiffre de 208 celui des espèces propres 
à l'Espagne et au, Portugal (90), celui des espèces croissant en Espagne et 
en Algérie (87), et celui des espèces croissant en Espagne et en Orient (8), on 
arrive aü nombre considérable de 393 ; la même somme pour la province de 
Constantine ne serait que de 248. Je dois faire remarquer que le nombre des 
espèces occidentales est surtout considérable à Tanger, qui, par l'humidité 
relative de son climat, se rapproche beaucoup de la partie méridionale du 
Portugal et de la partie austro-occidentale de l'Espagne où est confiné dans 
une aire étroite un ensemble de plantes caractéristiques se retrouvant aux 
environs de Tanger et de Tétuan. — Le petit nombre des espéces de l'Italie (1) 
et de la partie orientale du bassin méditerranéen (5) qui ne se reirouvent pas 
en Algérie, est un fait important à noter. Sur les 1432 espèces que j'ai men- 
tionnées dans la province de Constantine, de Philippeville à Biskra (*), le 
nombre des espéces italiennes était de 37 et celui des espéces de la partie 
orientale du bassin méditerranéen de 25. — Le nombre des espèces orien- 
tales (2) et celui des espéces de l'Orient désertique (1), ainsi que celui des 
espèces communes à l'Algérie et à l'Orient (72), seraient certainement plus 
considérables si la région des Hauts-Plateaux du Maroc était moins imparfai- 


: (*) E. Cosson, Rapport sur un voyage botanique en Algérie, de Philippeville à Biskrá 
(Annales des sciences naturelles, 4° série, t. IV). 


SÉANCE DU 14 Mars 1873, 55 


tement explorée et si la région saharienne n'était encore absolument in- 
connue (*). 

Les limites dans lesquelles doit étre renfermé cet article ne me permettent 
pas d'énumérer l'ensemble des espèces portées au tableau, mais je crois devoir 
mentionner sous les mémes titres que dans ce tableau celles qui indiquent le 
plus nettement les véritables affinités de la flore du Maroc. 


Plantes communes au Maroc et à l'Algérie ou à la Tunisie. 


Ranunculus macrophyllus Desf. Valerianella stephanodon Coss. et DR. 
Ceratocapnos umbrosa DR. Fedia graciliflora Fisch. et Mey. 
Arabis pubescens Poir. Nolletia chrysocomoides Cass. 
Alyssum scutigerum DR. Pulicaria Mauritanica Coss. 

Savignya longistyla Boiss. et Reut. Anvillea radiata Coss. et DR. 
Moricandia teretifolia DC, Anthemis pedunculata Desf. 

Zilla macroptera Coss. Achillea spithamea Coss. et DR. 
Muricaria prostrata Desv. Pyrethrum macrocephalum Coss, et DR, 
Reboudia erucarioides Coss. — Gayanum Coss. et DR, 
Helianthemum hirtum Pers. var. Deserti. | Warionia Saharæ Benth. et Coss. 
Reseda villosa Coss. Atractylis cæspitosa Desf. 

Frankenia pallida Boiss. et Reut. Centaurea involucrata Desf. 

Linum Munbyanum Boiss. et Reut. — fragilis DR. 

Geranium Atlanticum Boiss, Carduncellus Atlanticus Coss, et DR. 
Pistacia Atlantica Desf. Catananche montana Coss, et DR. 
Rhus pentaphylla Desf. — arenaria Coss. et DR. 

Genista tricuspidata Desf. Spitzelia cupuligera DR. 

— juniperina Spach. — Saharæ Coss. et Kral. 
Sarothamnus arboreus Webb. Barkhausia macrophylla Spreng. 
Ononis longifolia Willd. Campanula filicaulis DR. 

— villosissima Desf. Convolvulus supinus Coss. et Kral. 
— alopecuroides L. var. trifoliolata. Nonnea phaneranthera Viv. 
Melilotus speciosa DR. Celsia betonicæfolia Desf. 
Glycyrrhiza fœtida Desf. Linaria fruticosa Desf. 

Astragalus Gombo Coss. et DR. — latifolia Desf. 

— Reboudii Coss. — fallax Coss. 

— lanigerus Desf. — Mauritanica Coss. 

Coronilla pentaphylla Desf, — virgata Desf. 

Ebenus pinnata Desf. Anarrhinum pedatum Desf, 

Sedum hispidum Desf, Antirrhinum ramosissimum Coss, et DR. 
Saxifraga globulifera Desf. Scrofularia lævigata Vahl. 

Carum Mauritanicum Boiss. et Reut. Thymus ciliatus Benth, 

Bupleurum exaltatum M. Bieb. var. oligactis | Salvia Algeriensis Desf, 

(B. oligactis Boiss.). Nepeta multibracteata Desf. 
Deverra scoparia Coss. et DR. Sideritis ochroleuca de Noé. 
Ferula sulcata Desf, Marrubium Deserti de Noé. 

— Tingitana L. =— Pseudalyssum de Noé. 
Elæoselinum meoides Koch. Betonica Algeriensis de Noé. 
Rubia levis Poir. Phlomis biloba Desf. 

Galium Bourgæanum Coss. Teucrium bracteatum Desf. 

— glomeratum Desf, Armeria Tingitana Boiss. et Reut. 


(*) Postérieurement à la rédaction de cette note, j'ai recu, par l'intermédiaire de 
M. Beaumier, consul de France à Mogador, une intéressante collection de plantes recueil- 
lies par un indigène à Akka, localité située à prés de 3 degrés au sud de Mogador, sur un 
des affluents de l'Oued-Drah, au sud de la grande chaine méridionale de l'Atlas, en 
pleine région saharienne, qui permettra de combler cette lacune si regrettable pour 


l'étude des véritables caractères de la flore du pays. 


56 


Bubania Feei de Girard. 

Anabasis aretioides Moq.-Tand. et Coss. 
Polycnemum Fontanesii DR. et Moq.-Tand, 
Thymelæa virgata Endl. 

— microphylla Coss. et DR. 

Euphorbia Guyoniana Boiss, et Reut. 


Plantes communes au Maroc, 


Nigella Hispanica L. var. intermedia. 
Fumaria Africana Lmk. 
Matthiola lunata DC. 

Alyssum Granatense Boiss. 
Lepidium subulatum L. 
Brassica torulosa DR. 

Sinapis hispida Schousb, 
Diplotaxis virgata DC. 
Helianthemum papillare Boiss. 
-— echioides Lmk, 

Frankenia thymifolia Desf. 
Silene obtusifolia Willd. 

— ambigua Cambess. 

— Gibraltarica Boiss. 

— rosulata Soy.-Willm. et Godr. 
Arenaria spathulata Desf. 

— emarginata Brot. 

Linum tenue Desf. 

Malva Hispanica L. 

Erodium guttatum Willd. 
Retama sphærocarpa Boiss. 
Cytisus Fontanesii Spach. 
Ononis pendula Desf. 
Cornicina hamosa Boiss. 
Astragalus tenuifolius Desf. 
— nummularioides Desf. 
Arthrolobium repandum DC. 
Ornithopus isthmocarpus Coss. 
Hippocrepis scabra DC, 
Hedysarum flexuosum Desf, 
Vicia erviformis Boiss. 
Lathyrus Tingitanus L. 
Pistorinia Salzmanni Boiss. 
Umbilicus hispidus DC. 
Saxifraga globulifera Desf. var. Granatensis. 
Eryngium ilicifolium Lmk. 
Bupleurum spinosum L. 

— fruticescens L. 

— Gibraltaricum Lmk. 
Asperula aristata L. f. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Callitris quadrivalvis Vent. 

Scilla lingulata Poir. 

Pancratium Saharæ Coss. 

Corbularia monophylla DR. 

Festuca cynosuroides Desf. 

Triticum hordeaceum Coss. et DR., etc. 


à l'Algérie et à l'Espagne. 


— hirsuta Desf. 

Anthemis tuberculata Boiss. 
Cladanthus Arabicus Cass. 
Pyrethrum arvense Salzm. 

— macrotum (Coleostephus macrotus DR). 
Senecio linifolius L. 

Calendula stellata Cav. var. hymenocalyx. 
Centaurea Tagana Brot. 

— eriophora L. 

— sulphurea Willd, 

Onopordon macracanthum Schousb. 
Bourgæa humilis Coss. 

Asterothrix Hispanica DC. 
Helminthia comosa Boiss. 
Andryala laxiflora Salzm. 
Campanula mollis L. 

Apteranthes Gussoniana Mik. 
Echium flavum Desf. 

— Pomponium Boiss. 

Nonnea micrantha Boiss. et Reut. 
Triguera ambrosiaca Cav. 
Withania frutescens Pauquy. 
Celsia laciniata Poir. 

Linaria lanigera Desf. 

— viscosa Dum.-Cours. 

— reticulata Desf, 

— marginata Desf. 

Scrofularia frutescens L. 
Orobanche fætida Poir, 

Salvia bicolor Desf. 

Zizyphora Hispanica L. 

Cleonia Lusitanica L. 

Marrubium supinum L. 

Stachys circinata U'Hérit. 
Teucrium resupinatum Desf. 
Osyris lanceolata Hochst. et Steud. 
Euphorbia medicaginea Boiss. 
Parietaria Mauritanica DR. 
Quercus Lusitanica Lmk. 

Avena longiglumis DR., etc. 


Plantes communes au Maroc et à l'Espagne ou au Portugal, mais n'ayant 
pas été observées en Algérie. 


Fumaria macrosepala Boiss. 
Iberis Gibraltarica L. 
Malcolmia lacera DC. 
Diplotaxis catholica DC, 


Helianthemum atriplicifolium Willd. 
— multiflorum Salzm. 

— ocimoides Pers. 

— Libanotis Willd, 


SÉANCE DU 1/4 Mans 1873. 


Reseda macrosperma Rchb. 
— lanceolata Lag. 
Drosophyllum Lusitanicum Link. 
Dianthus Lusitanicus Brot. 

— Cintranus Boiss. et Reut. 
Silene hirsuta Lag. 

— lasiostyla Boiss. 

Linum setaceum Brot. 

Malope trifida Cav. 

Hypericum undulatum Schousb. 
Erodium atomarium Delile. 
Retama monosperma Boiss, 
Genista Algarbiensis Brot, 

— Gibraltarica DC. 

— triacanthos Brot. 

— tridentata L. 
Sarothamnus Bæticus Boiss. 
Adenocarpus Hispanicus DC. 
Ononis Cintrana Brot, 

— filicaulis Salzm. 

— Tournefortii Coss. 

Lotus arenarius Brot. 
Hippocrepis Salzmanni Boiss. et Reut, 
Onobrychis eriophora Desv. 
Herniaria polygonoides Cav. 
Eryngium dilatatum Lmk. 

— aquifolium Cav. 

— tenue Lmk. 

Geocaryum capillifolium Coss, 
Pimpinella villosa Schousb, 
Bupleurum paniculatum Brot. 
— foliosum Salzm. 
Elæoselinum fætidum Boiss. 

. Magydaris panacina DC. 


Lonicera Periclymenum L. var. Hispanica. 


Galium concatenatum Coss. 
Senecio foliosus Salzm. 
Centaurea Clementei Boiss. 


— diluta Ait. 

— polyacantha Willd. 

— scorpinrifolia L. Duf. 
Serratula Bætica Boiss. 
Hedypnois arenaria DC. 
Scorzonera macrocephala DC. 
— Hispanica L. 

Barkhausia spathulata Spreng. 
Campanula decumhens DC. var. 
Erica australis L. 

— umbellata L. 

Echium angustifolium Lmk. 
Linaria Broussonetii Cav. 
Digitalis laciniata Lindl. 
Odontites aspera Boiss. 
Phelipæa tinctoria Walp, 
Lavandula pedunculata Cav. 
Origanum compactum Benth. 
Thymus serpylloides Bory. 

— Mastichina L. 

Satureia inodora Salzm, 
Sideritis grandiflora Salzm, 
Phlomis purpurea L. 

Thymelæa villosa Endl. 

— canescens Endl, 

Corema album Don. 

Quercus humilis Lmk. 

Scilla Ramburei Boiss. 

— pumila Brot, 

— Mauritanica Schousb. 
Ornithogalum unifolium Gawl. 
Crocus autumnalis Brot. 
Leucoium trichophyllum Schousb. 
Narcissus viridiflorus Schousb. 
Carregnoa humilis J. Gay. 
Sporobolus Gaditanus Boiss. et Reut. 
Agrostis nebulosa Boiss. et Reut, 


— Castellana Boiss. et Reut., etc. 


Plantes communes au Maroc, à l Algérie et à l'Orient. 


Ræmeria hybrida L. var. Orientalis. 
Matthiola livida DC. 

Notoceras Canariense R. Br. 

Farsetia Ægyptiaca Turr. 

Meniocus linifolius DC. 

Koniga Libyca R. Br. 

Morettia canescens Boiss, 

Diplotaxis pendula DC, 

Cleome Arabica L. 

Helianthemum Lippii Pers. 

Reseda Arabica Boiss, 

Silene setacea Viv. 

Erodium glaucophyllum Ait, 
Haplophyllum tuberculatum A. Juss. 
Rhus oxyacanthoides Dum.-Cours. 
Retama Rætam Webb. 

Medicago laciniata All. 


Trigonella polycerata L. 

Herniaria fruticosa L. 

Gymnocarpus decandrus Forsk. 
Paronychia nivea DC. var. macrosepala. 
Daucus pubescens Koch. 

Scabiosa arenaria Forsk. 

Asteriscus pygmæus Coss. et DR. 

— graveolens DC. 

Chlamydophora pubescens Coss. et DR. 
Lasiopogon muscoides DC, 

Ifloga spicata Sch. Bip. 

Senecio coronopifolius Desf. 

Echinops spinosus L. 

Amberboa Lippii DC. 

Carduncellus eriocephalus Boiss. 
Onopordon virens DC. 


— ambiguum Fresen, 


58 


Carduus Arabicus DC, 

Kælpinia linearis Pall, 

Sonchus spinosus DC, 

Heliotropium undulatum Vahl. 

Echium sericeum Vahl, 

— humile Desf, 

Echiochilon fruticosum Desf. 

Arnebia decumbens Coss. et Kral, var. ma- 
crocalyx. 

Echinospermum patulum Lehm, 

Serofularia Deserti Delile. 

Phelipæa lutea Desf. 

Statice pruinosa L. 

Plantago ovata Forsk. 

Traganum nudatum Delile, 

Caroxylon articulatum Moq. -Tand, 

Salsola tetrandra Forsk. 

Noæa spinosissima Moq.-Tand. 

Euphorbia cornuta Pers. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Andrachne telephioides L. 

Populus Euphratica Oliv. 

Ephedra alata Dene: 

Cedrus Libani Barrel. var. Atlantica. 
Erythrostictus punetatus Schlecht. 
Gagea reticulata Rœm. et Schult. 
Asphodelus pendulinus Coss. et DR. 
Cyperus conglomeratus Rottb. 

— pygmæus Rottb. 

Pennisetum ciliare Link. 

Andropogon annulatus Forsk, 

— laniger Desf. 

Gastridium nitens Coss, ét DR. 
Arthratherum obtusum Neës, 
Aristida Adscensionis L. var. pumila. 
Ammochloa subacaulis Bal. 

Trisetum pumilum Kuntli. 

Festuca Memphitiea Coss. 

Triticum Orientale M.-Bieb. 


Plantes spéciales au Maroc. 


Delphinium peregrinum L. var. macrope- 
talum. 

Cheiranthus semperflorens Schousb. 

Malcolmia Broussonetii DC, 

Hemicrambe fruticulosa Webb, 

Ceratocnemum rapistroides gen. et sp. nov. 

Helianthemum lasiocalycinum Boiss. et Reut. 

Reseda tricuspis sp. nov. 

— elata sp. nov. 

Polygala Balansæ sp. nov. 

— Webbiana sp. nov. 

Frankenia velutina DC. 

Silene Canariensis Spreng. 

Visearia Lagrangei sp. nov. 

Erodium Atlanticum sp. nov, 

Haplophyllum Broussonetianum sp. nov. 

Rhus oxyacantha Schousb. 

Ulex scaber Kunze var. éongestus. 

Nepa megalorites Webb. 

— Salzmanni Webb. 

Retama Webbii Spach. 

Genista Osmariensis sp. nov. 

— clavata Poir. 

— tridens Cav. 

Adenocarpus anagyrifolius sp, nov. 

Ononis Broussonetii DC, 

— Schousboei sp. nov. 

Lotus Tingitanus Boiss. 

Coronilla viminalis Salisb. 

Hedysarum membranateum sp, nov. 

Vicia Durandii Boiss. 

Lathyrus cærulescens Boiss. ét Reut. 

Acacia gummifera L. 

Epilobium tetragonum L. var. grandiflorum. 

Polycarpæa gnaphalodes Poir. 

Pistorinia breviflora sp. nóv. 


Sedum brevifolium DC. var. induratum. 
Bupleurum dumosum sp. nov. 

— foliosum Salzm. 

— canescens Schousb. 

OEnanthe callosa Salzm. 
Sclerosciadium humile Koch. 
Peucedanum Schousboei sp. nov. 
Daucus Salzmanni Coss, herb, 
Elæoselinum exinvolucratum sp. nov, 
Pterocephalus depressus sp. nov, 
Bellis cærulescens sp. nov. 
Phagnalon calycinum DC, 

Asteriscus imbricatus DC, 

Pyrethrum Webbianum Sch. Bip, in herb. 
Chrysanthemum carinatum Schousb, 
Kleinia pteroneura DC. 

Centaurea simplex Cav. 

Rhaponticum caulescens sp. nov. 
Warionia Saharæ Benth. et Coss. 
Carduus myriacanthus Salzm. 
Thrincia Tingitana Boiss. et Reut. 
— macrorhiza Boiss. et Reut. 

— Maroccana Pers. 

Scorzonera Tetuanensis Webb in herb. 
Andryala Mogadorensis sp. nov. 
Trachelium angustifolium Schousb. 
Argania Sideroxylon Ræm. et Sehult, 
Celsia ramosissima Benth. 

Linaria ventricosa sp. nov. 

— Tingitana Boiss. et Reut, 

— bipartita Willd, 

Scrofularia papillatis Boiss. et Reut. 
— Durañdli Boiss. et Reut. 

Odontites squarrósa Salzim. 

Thymus satureioides sp. tiov. 

— Broussonetii Boiss. 


SÉANCE DU 14 Mans 1873. 59 


Salvia interrupta Schousb. Armeria Tingitana Boiss. et Reut, 

— taraxacifolia sp. nov. Rumex Papilio sp. nov. 

— ochroleuca sp. nov. Euphorbia resinifera Berg. 

Sideritis villosa sp. nov. — Beaumierana Hook, f, et Coss. sp. nov. 
Stachys saxicola sp. nov, — rimarum sp. nov. 

— Durandiana sp. nov. Aristolochia Bætica L. var. Broussonetii, 
Teucrium collinum sp. nov. Allium subhirsutum L. var. subvillosum, 
— rupestre sp. nov. Asparagus fœniculaceus Lowe. 

— decipiens sp. nov. Iris Tingitana Boiss. et Reut, 

— bullatum sp. nov. Aurelia Broussonetii J. Gay. 

— Pyrenaicum L. var. Atlanticum, Juncus fasciculatus Schousb, 

Statice mucronata L. f. Cyperus turfosus Salzm, 


Plantes de l'Europe centrale ou occidentale croissant à Tanger. 


Ranunculus parviflorus L, Erica scoparia L. 

Radiola linoides Gmel, Pinguicula Lusitanica L, 
Hypericum Helodes L. Anagallis crassifolia Thore, 
Isnardia palustris L. — tenella L. 

Illecebrum verticillatum L, Microcala filiformis Link. 
Tillæa muscosa L. Cicendia pusilla Griseb: 
OEnanthe peucedanifolia Poll, Simethis bicolor Kunth. 

— apiifolia Brot. Agrostis setacea Curt. 

Adoxa Moschatellina L Gastridium lendigerum Gaud. 
Sambucus Ebulus L. Spartina stricta Roths 
Calluna vulgaris Salisb, Airopsis tenella Coss. et DR. 
Erica ciliaris L. Avena sulcata J; Gay, ete, ete. 


L'affinité qui existe entre la flore de la partie méridionale du Maroc et celle 
des Canaries est démontrée par la présence au Maroc des espèces canariennes, 
que nous avons mentionnées plus haut (voy. p. 53). Cette affinité est en 
outre indiquée d'une manière évidente par la présence, dans les deux pays, 
d'un certain nombre de genres et d'espéces analogues caractéristiques. C'est 
ainsi qu'au Maroc le Retama monosperma représente le R. rhodorrhizoides 
des Canaries, le Po/ycarpea gnaphalodes les Polycarpæa canariens, le 
Kleinia pteroneura le K. nertifolia des Canaries, le Sonchus acidus le 
groupe des Sonchus frutescents presque exclusivement propre aux Canaries, 
l'Heliotropium undulatum Y H. erosum des Canaries, etc. Les Euphorbia 
resinifera et Beaumierana tiennent dans le sud du Maroc la méme place 
que IZ. Canariensis aux iles Canaries, et par leurs touffes à aspect cactoide 
ils donnent de méme au paysage un caractère tout spécial. 

Les plantes suivantes sont communes à la flore du Maroc et à celle des 
Canaries (1) : 


Adonis microcarpa DC. var. dentata. Biscutella auriculata L. 
Matthiola parviflora R. Br. Sinapis hispida Schousb, 
Notoceras Canariense R., Br. Carrichtera Vellæ DC, 
Koniga Libyca R. Br. Succowia Balearica Medik, 


(4) Cette énumération ne comprend ni les plantes ubiquistes, ni celles qui, générale- 
ment répandues dans la région méditerranéenne, se trouvent en assez grand nombre 
également aux Canaries et au Maroc. 


60 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Silene tridentata Desf. 

— obtusifolia Willd. 
Arenaria. procumbens Vahl . 
Lavatera Cretica L. 
Erodium Chium Willd. 

— littoreum Lehm. 
Genista linifolia L. 

Ononis longifolia Willd. 

— pendula Desf. 

— serrata Forsk. 

Lotus arenarius Brot. 
Psoralea dentata DC. 

Vicia disperma DC. 
Lathyrus Tingitanus L. 
Poterium verrucosum Ehrenb. 
Herniaria fruticosa L. 
Gymnocarpus decandrus Forsk. 
Minuartia montana Læfl. 
Umbilicus horizontalis DC. 
— hispidus DC. 

Aizoon Hispanicum L. 
Krubera leptophylla Hoffm . 
Daucus parviflorus Desf, 
Artemisia Herba-alba Asso. 
Ifloga spicata Sch. Bip. 
Senecio coronopifolius Desf. 
Calendula suffruticosa Vahl. 
Amberboa Lippii DC. 
Picridium Tingitanum Desf. 
Microrrhynchus nudicaulis Less, 
Campanula dichotoma L. 
Periploca lævigata Ait. 


Withania frutescens Pauquy. 
Linaria spartea Link et Hoffms. 
Scrofularia arguta Ait. 
Verbena supina L. 
Lavandula dentata L. 
Stachys arenaria Vahl. 
Teucrium fruticans L, 

— spinosum L. 

Statice Thouini Viv. 

— pruinosa L. 

Plentago amplexicaulis Cav. 
— ovata Forsk. 

Atriplex parvifolia Lowe. 
Salsola longifolia Forsk. 
Achyranthes argentea Lmk, 
Rumex Tingitanus L, 

— vesicarius L. 

Emex spinosa Campd. 
Thesium humile Vahl. 
Euphorbia pterococca Bert. 
Ephedra fragilis Desf. 
Asparagus horridus L. 
Peristylus cordatus Lindl. 
Fimbristylis dichotoma Vahl. 
Cyperus lævigatus L. 
Phalaris cærulescens Desf. 
Panicum repens L. 
Pennisetum ciliare Link. 
Gastridium nitens Coss. et DR. 
Aristida Adscensionis L. 
Trisetum pumilum Kunth. 
Pteris arguta Ait. 


Lithospermum Webbii Coss. et DR. mss. Asplenium palmatum Lmk, etc. 


On doit conclure des faits que nous venons d'exposer que la végétation des 
Canaries ne constitue pas un type aussi à part que l'on pouvait le croire avant 
les explorations récentes; en effet, la flore des Canaries se relie assez à celle 
de la cóte atlantique du Maroc, pour qu'elle ne puisse étre considérée comme 
représentant, soitles vestiges de la végétation d'un continent actuellemeut réduit 
au groupe des iles Canaries, soit une flore appartenant à une autre époque géo- 
logique que celle du continent lui-méme. Il faut ajouter qu'il est probable que 
le nombre des espéces communes au continent et aux Canaries serait encore 
plus considérable si le pays au sud de Mogador et surtout d'Aguadir eüt été 
exploré par les botanistes. 


En résumé, la statistique botanique comparée du Maroc démontre les faits 
suivants : 


1° Le Maroc offre d'étroites affinités avec la flore de l'Europe et celle du 
bassin méditerranéen, particuliérement avec les contrées de la partie occiden- 
tale de ce bassin, et spécialement le midi du Portugal et le sud-ouest de 
l'Espagne. 


SÉANCE DU 14 MARS 1873. 61 


2° Ses affinités sont encore plus grandes avec l'Algérie, comme pouvait le 
faire pressentir la position géographique des deux pays. 

3° La rareté au Maroc des espèces propres à l'Italie et aux contrées de la 
partie orientale du bassin méditerranéen, contrastant avec l'abondance des 
espèces occidentales, portugaises ou espagnoles, est une preuve que, dans ce 
pays comme en Algérie, les affinités se produisent dans la région littorale 
méditerranéenne surtout selon la longitude avecles parties les plus rapprochées 
du continent ou des îles de l’Europe, fait qui paraît démontrer que la Médi- 
terranée n'a occupé toute l'étendue de son lit actuel que postérieurement à la 
distribution des étres telle qu'elle existe à notre époque. — Une preuve non 
moins évidente de la prédominance dans la région méditerranéenne littorale des 
affinités selon la longitude est le nombre des espèces portugaises et espagnoles 
(90) croissant au Maroc et qui n'ont pas été rencontrées en Algérie. 


h? La partie méridionale de la cóte atlantique du Maroc présente un cer- 
tain nombre d’espèces canariennes ou à type canarien. 


M. Sagot demande à M. Cosson si, sur la cóte occidentale du Maroc, 
il y a des montagnes d'une altitude suffisante pour représenter la 
végétation montagneuse des Canaries. Dans ces iles, au-dessus de 
300 à 400 métres, une faible différence d'altitude modifie notable- 
ment la végétation. Il est d'ailleurs à remarquer que, dans tout 
l'archipel, c'est la végétation méditerranéenne qui domine, et que 
les plantes réellement canariennes sont trés-souvent localisées et 
difficiles à trouver. 

M. Cosson répond qu'au sud de Mogador on rencontre des mon- 
lagnes dépassant 500 métres. 

M. Decaisne demande à M. Cosson si le Cédre existe dans la région 
occidentale du Maroc. 

M. Cosson répond qu'il a été trouvé par M. Webb dans le Rif et 
dans les montagnes au sud de Tétuan. Il signale, comme l'essence 
forestière caractéristique du Maroc, l’ Argania Sideroxylon. 

M. Fée confirme ce que M. Cosson a avancé sur la présence du 
caméléon dans l'Espagne méridionale. Il l'a vu dans les vignes aux 
environs de Tarifa. 

M. Duchartre demande à M. Cosson comment il s'explique la dis- 
tribution des espéces parallélement au méridien. 

M. Cosson dit que sur les Hauts-Plateaux et dans le Sahara, la 
distribution suit la latitude; mais que, pour la région littorale, les 
faits se présentent tels qu'ils seraient si la Méditerranée avait occupé 


e? SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


son lit actuel postérieurement à la distribution des végétaux de 
notre époque. Il est de plus à remarquer que cette immense surface 
d'évaporation agissant comme modérateur de la température, il y a 
moins de différence, aussi bien dans la végétation que dans la faune, 
entre les deux cótes de la Méditerranée qu'il n'y en aurait en terre 
ferme à distance égale. 


SÉANCE DU 28 MARS 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Tardieu, vice-secrétaire, donne lecture du procés-verbal de 
la séance du 14 mars, dont la rédaction est adoptée. 

M. le Président appelle l'attention de la Société sur l'intérét que 
présente l'appendice qui termine le Catalogue des graines du Javdin 
botanique de Berlin, publié en 1872, par M. Al. Braun et en parti- 
culier sur l'article relatif aux Amarantus caudatus et alopecurus, 
dont les noms sont souvent intervertis dans les jardins. 

Par suite des présentations faites dans la derniére séance, 
M. le Président proclame l'admission de : 


MM. Bargey (William), 4, rue de l'Hótel-de-Ville, à Genève, pré- 
senté par MM. Émile Burnat et de Schoenefeld. 
Ouivier (Ernest), de Moulins, présenté par MM. Bureau et 
Boisduval. 
Hanior, étudiant en médecine, 8, rue des Nonnains-d' Hyé- 
res, à Paris, présenté par MM. Bureau et Poisson. 


M. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. 
M. Chatin fait à la Société la communication suivante : 


UNE PROMENADE DE BOTANISTES A LA CHAPELLE-SUR-ERDRE, par BE. A. CHATIN. 


Me trouvant à Nantes dans la première quinzaine d'octobre dernier, je 
voulus utiliser mon séjour dans cette région de la Bretagne en me rendant à la 
Chapelle-sur-Erdre, dans le but de constater l'état de la trop fameuse maladie 
du Chátaignier, maladie dont j'avais commencé l'étude dés l'année précédente. 
Or, comme, suivant un mot vieux, mais toujours juste, de Henri IV, la caque 


SÉANCE DU 98 Mans 1873. 63 


sent toujours le hareng, le petit voyage de nosologie végétale que j'allais entre- 
prendre ne pouvait manquer d'étre plus ou moins une promenade botanique. 

Aussi mon départ de Nantes s'effectua-t-il, non pas uniquement avec 
M. Mouillerat qui, ayant exercé vingt-cinq ans la médecine à la Chapelle-sur- 
Erdre, devait étre dans la recherche des chátaigniers malades le plus sür 
comme le plus aimable des guides, mais aussi avec MM. James Lloyd, le modeste 
et si exact auteur dela Flore de l'Ouest ; Gaston Genevier, autrefois phar- 
macien à Mortagne, maintenant à Nantes, bien connu pour ses nombreuses et 
précises études sur les Æubus, (qu'il étend aujourd'hui aux Champignons, 
dont un grand nombre d'espéces sont vendues sous son inspection aux marchés 
de Nantes); et Bertin, professeur à l'École de médecine et de pharmacie de 
la méme ville. 

Un peu aprés le village dela Vrilliere, M. Lloyd nous fit remarquer, à droite 
de la route et la bordant, une prairie coupée de haies dans laquelle se montre 
en abondance, dés le mois de février, le Crocus vernus aux belles fleurs variant 
du violet au lilas. 

Du pont de la Verrière, aux approches duquel nous vimes, sur les talus de 
la route et au delà du pont sur une pente exposée au sud, les premiers châ- 
taigniers malades, nous apercevions les célébres marais à Sphagnum, en ce 
moment submergés, où croit le Malaxis paludosa, cette intéressante Orchidée 
qui vivait, il y a trente ans, à l'étang du Serisaye, prés Rambouillet, d’où elle 
a disparu, suivie de prés, hélas! par l'Ozycoccos palustris, qui se trouvait 
encore aux mêmes lieux en 1860. Cette association du Malaxis et de 
l'Oxycoccos se retrouve d'ailleurs dans la Loire-Inférieure, au marais de Naye 
et à celui de Logné, prés Sucé. Fait à noter, c'est que la flore de l'ouest, qui 
compte six à huit localités à Malaxis, ne présente nulle part le ZLiparis 
Loselii, Malaxidée presque commune sur divers points des environs de 
Paris. 

Du pont de la Verrière, nous fümes conduits par le docteur Mouillerat à la 
chátaigneraie de l’Évardière, où il nous avait annoncé l'existence du Zycopo- 
dium clavatum, plante rare dans la Loire-Inférieure, où elle ne compte qu'un 
trés-petit nombre de localités. Nous pümes, en effet, récolter de magnifiques 
exemplaires de cette espèce. Là aussi nous cueillimes, encore en bon état de 
floraison, le bel Erica ciliaris, qui n'est pas rare dans ces lieux où il passe 
pour indiquer les bons sols, ce qui n'est pas toujours vrai, si l'on en juge par 
les nombreuses et assez maigres landes dont il forme le tapis dans une 
grande partie de la basse Bretagne. 

Au pied de la châtaigneraie de l'Évardiére est un fond marécageux sur les 
bords duquel nous cueillimes les espèces suivantes, chères aux botanistes 
parisiens : Osmunda regalis, Blechnum Spicant, Chrysosplenium oppositi- 
folium et Chrys. alternifolium, Wahlenbergia hederacea. On sait trop que 
cette derniére espéce a disparu depuis quelques années de sa station si con- 


64 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


nue, dans une allée de la forêt de Rambouillet donnant sur la route de Bazoches 
ou de Montfort-l'Amaury, au delà des étangs de Saint-Hubert, ou mieux des 
étangs de Hollande(1). Là aussi vient, dans un préj frais, le petit Angelica 
simplex, et, au bord du marais, l’/snardia palustris, que mon herborisation 
trouvait en abondance, le 15 juin 1862, dans le marais de Giverny prés 
Vernon. Nous cherchàmes inutilement dans le marais de l'Évardière le 
Sibthorpia, qui croit sur les talus ombragés et frais de la vallée de la Verrière 
et est commun sur beaucoup d'autres points de la Bretagne, oü les paysans, 
qui le tiennent pour un spécifique certain dans les maladies du larynx, le pro- 
tégent avec un soin jaloux contre les botanistes indiscrets. Danus les ruisseaux 
abondait le Ranunculus hederaceus, plante commune de la région, mais très- 
rare dans la zone florale de Paris, où cependant chaque année nous la cueil- 
lons à Yvette, Auffargis, et surtout dans les fossés tourbeux qui coupent à 
Saint-Léger, sur la route des Planets, si connue des botanistes, la prairie de 
la ferme Larcher, prairie dont le nom nous rappelle à tous celui d'un compa- 
gnon d'herborisation des plus aimés. Chacun sait qu'on doit à notre savant 
collègue M. Larcher, outre la découverte de beaucoup de localités de plantes 
rares, la florule complète et si intéressante des espèces comprises dans l'en- 
ceinte de Paris, sur les berges, murs des quais, décombres, etc. 

A la Chapelle-sur-Erdre eut lieu, aprés avoir visité quelques chátaigneraies 
séculaires ravagées par une maladie terrible due, paraît-il, à la sécheresse du 
sol, sécheresse en rapport avec la diminution du régime des eaux pluviales de 
1858 à l'été 1872, le déjeuner toujours gai et trouvé bon de la petite cara- 
vane de botanistes. Je n'oublierai toutefois de ma vie un certain vin blanc 
nouveau, épais et opalin, fort goûté des gens du crû, mais dont la vue seule, 
tant il était nourrissant, suffit au déjeuner de notre savant et bon ami M. James 
Lloyd. 

De la Chapelle-sur-Erdre, nous descendimes pour retourner à Nantes dans 
la pittoresque vallée de l'Erdre, où j'étais venu, le 13 août 1861, avec la 
Société botanique de France. MM. Lloyd et Bourgault-Ducoudray dirigeaient 
alors l'excursion. C'était au lendemain de la mort de Henri de la Perraudière, 
frappé en Afrique au moment où il se disposait à venir à notre session de 
Nantes, et presque à la veille de la double perte du trés-regretté abbé de La- 
croix, président de la session, et du docteur Jamain, toujours si plein d'en- 
train et qui, ce jour-là, se distingua entre tous par son intrépidité à chercher, 
au milieu des Sphagnum flottants, le Molaxis paludosa que nous ne devions 


pas voir. Mais je laisse ces tristessouvenirs pour reprendre notre herborisation 
d'automne. 


(4) Je puis annoncer aux botanistes parisiens, pour les consoler de la disparition du 
Wahlenbergia de la forét de Rambouillet, qu'il est commun au bois de Saint-Pierre 
d'Yvette, ancienne annexe de cette forét, dans les parties fraiches de la route du Désert, 
où il a été introduit, en compagnie du Lis-Martagon et du Chrysosplenium alternifolium. 


SÉANCE DU 28 Mans 1873. 65 


Nous revimes, entre les pierres et sous le pont qui relie la Jonnelière au 
rocher qui porte les ruines de l’un des châteaux de Barbe-Bleuc, le Mentha 
Lloydit Bor. (M. pyramidalis), et sur le rocher méme, l’ Andriala sinuata, 
l'un et l'autre encore en floraison. 

Donnant un souvenir au Juncus tenuis, qui croit sur les coteaux de la rive 
gauche de l'Erdre, nous pümes voir en fructification le Peucedanum palustre, 
le Cicuta virosa, V Æropsis agrostidea, plantes ici communes et pleines 
d'intérét pour le botaniste parisien, qui va cueillir la premiere à Itteville, 
la seconde à Troésnes, prés la Ferté-Milon, la troisiéme à Fontainebleau. Là 
venait aussi toute une série des bonnes plantes de Saint-Léger : Lobelia urens, 
Myrica Gale, Eriophorum gracile, Drosera rotundifolia, Elatine hexan- 
dra, Juncus pygmæus, Wahlenbergia, Isnardia, qui forment aux portes de 
Paris une colonie, sorte d'avant-garde de la flore de l'ouest. 

Le jour baissait, Il fallut penser au retour. En passant devant l'auberge de 
la Jonnelière, où onze ans auparavant la Société botanique de France avait fait 
un déjeuner dont ]a meilleure partie fut la distribution de beaux échantillons 
du Verbascum thapsiformi-floccosum, apportés de la Vienne par le pauvre 
abbé de Lacroix, je cueillis, au pied du mur du quai, les Capsella rubella 
Reut. et gracilis Gren. que le bon abbé nous avait fait trouver à cette place 
méme. 

Ainsi finit cette journée non sans quelque intérét pour le floriste, dans 
laquelle, gráce à nos bons compagnons-pilotes, je constatai quelques nouveaux 
faits sur les causes de la prétendue maladie des châtaigniers, mais qui fut sur- 
tout remplie par les souvenirs d’un passé déjà loin de nous. 


M. le comte Jaubert donne lecture à la Société de la lettre sui- 
vante qu'il a adressée récemment à M. le Ministre des travaux 
publies : 


LETTRE DE M. le comte JAUBERT. 


Versailles, 8 mars 1873. 
Monsieur le Ministre, 


De concert avec M. Charpentier, jardinier en chef des parcs et jardins de 
Trianon, j'ai concu le projet d'un travail qui intéresse à la fois la botanique et 
le bon ordre de plusieurs des domaines de l'État : ce serait un inventaire rai- 
sonné des richesses végétales que possèdent les deux Trianons. Là ont été 
réunis, dés le siécle dernier, une foule d'arbres de diverses contrées, notam- 
ment de l'Amérique septentrionale, qui ont atteint aujourd'hui un magni- 
fique développement. L'exemple de Trianon a, plus que tout autre, contribué 
à répandre en France le goüt des jardins paysagers. C'est à Trianon qu'a été 
marquée l'une des grandes dates dans l'histoire de la botanique, la fondation 


- 


T 1X (SÉANCES) 5 


66 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de la Méthode naturelle, consacrée par le génie des Jussieu. Quelques spéci- 
mens de leur jardia classique existent encore, échappés aux transformations 
que l'emplacement a subies. 

Il s'agirait de cataloguer les végétaux remarquables des parcs et jardins, avec 
indication précise de l'emplacement qu'occupent les individus, alin d'en faci- 
liter aux amateurs instruits et au public la contemplation et l'étude. A cet 
effet, un plan exact des terrains et de tous les accidents de leur surface serait 
annexé au catalogue, à l'instar de ceux qui servent de guides dans les quar- 
tiers et rues des grandes villes. Ce plan serait relevé à peu de frais, d’après 
une échelle convenable, sur ceux de l'ancienne Liste civile : on aurait soiu de 
constater les changements, peu nombreux d'ailleurs, qui, depuis l'époque 
la plus récente de la rédaction, ont pu intervenir dans la disposition des 
lieux. 

La longue expérience et les connaissances spéciales de M, Charpentier four- 
niraient, pour le catalogue comme pour le plan qui en serait le complément, 
les plus précieux renseignements. Les relations d'étude existant depuis beau- 
coup d'années entre lui et moi me rendraient fort agréable nm collaboration 
au travail dont il s'agit. Je n'y serais point, je crois, inutile au point de vue de 
la botanique pure, des questions de nomenclature et de synonymie, de phy- 
siologie végétale, etc., auxquelles donnerait lieu la revue détaillée à laquelle 
M. Charpentier et moi devrions nous livrer. Vous le voyez, Monsieur le Minis- 
tre, notre entreprise aurait une tout autre portée qu'un simple étiauetage 
sur place, et d'ailleurs utile, des spécimens. 

La dépense matérielle d'impression du catalogue et de lithographie du plau 
serait modique, et le devis pourrait vous en étre soumis par M. l'architecte 
des palais de Versailles et de Trianon, que j'ai entretenu de l'objet de la pré- 
sente demande. 

Je vous serai, pour ma part, trés-reconnaissant, Monsieur le Ministre, si, 
mettant en œuvre la bonne volonté de M. Charpentier et la mienne, vous 
avez la bonté de donner des ordres conformes au vœu que j'ai pris la liberté 
de vous exprimer. 


Agréez, etc. Comte JAUBERT, 
député du Cher à l'Assemblée nationale. 


M. le comte Jaubert ajoute que tout lui fait espérer que M. le Mi- 
nistre des travaux publics ne tardera pas à lui donner satisfaction, 
et que bientôt, non-seulement les botanistes, mais tous les visiteurs 
de Trianon, pourront consulter avec fruit le psc des végétaux 
remarquables de ce parc si intéressant. 

Il entretient ensuite la Société de l'envoi qui lui a été fait par 
M"* la comtesse de Barral d’un herbier de plantes recueillies à Ita- 


SÉANCE DU 28 MARS 1873. 67 


tiaia par S. A. I. la comtesse d'Eu, fille de S. M. l'Empereur du 
Brésil. Il se réserve de communiquer prochainement à la Société 
les résultats de l'étude qu'il se propose de faire des plantes brési- 
liennes que renferme cet herbier. 


M. Ramond, trésorier, donne lecture du rapport suivant : 


NOTE SUR LA SITUATION FINANCIÈRE A LA FIN DE L'ANNÉE 41879, 
ET PROPOSITIONS POUR LE BUDGET DE 1874. 


fr, ..c. 
La Société avait en caisse, à la fin de l’année 1871..... hens ree) 199994, Le!) 
Elle a reçu pendant l’année 1872............ ees PETU R sert ,55,991..05 
Gestun total dé: nn. (Cre eh ees 4:52. 91,269 04 
Les dépohsés ont 006 16.5. eu c ss sr tite: ire vite 16,056 98 
ÉACOUANT des. FetelloE oi oo omn d. rire coss au ete etes cie ces . 18,232 -09 
ll y a eu, en outre, à porter à l'actif, pour conversions de valeurs 
(renouvellement de bons du Trésor, dépôt et retrait au Comptoir 
nd t i ndiaea 10,697 55 
l,au passif, une somme égale, ci,......,.... nr is c RUNE. DU. 
(Balance.) 
L'excédant des recettes est représenté par les valeurs ci-après : 
Rente de 580 francs sur l'État (2 titres n?* 114335, 
séríe 8*, et 140506, série 2*) : capital, d'aprés le prix 
Qaae Re ee de es sono oo 13,489 86 
Bon du Trésor, n° 29355 : capital.......... 2,000 » 
Dépôt au Comptoir d’escompte........,.., 2,631 » 
I TU hate OO DR NO A Oo 141 23 
Total (comme ci-dessus). . . . ..... e 18,232 09 
Les recettes et les dépenses se décomposent comme suit : 
RECETTES. 
Solde en caisse à la fin de 4874...............,..,.... Feeries. . 9,087 42 
346 cotisations annuelles, à 30 francs..,..... 10,380 OMI > 
2 soldes de cotisations annuelles........ és 31 i 
A cotisations à vie, à 300 francs.........,..,,..,.. “4,200 » 
15 diplômes, à 2 franes.........* sensé cessé ess 30 » 
Vente du Bulletin............. ARRETE ES € 0 09 879 » 
Remboursements pour excédants de pages. Rate nr o 35 75 14,351 95 
Subvention du Ministère de l’Agriculture.............. . 600 » 
Subvention du Ministère de l'instruction. publíque...... 500 » 
Rente sur PÉtgbeos ens 3 tali des ees, Cnt i 580 » 
Intérêts des bons du Trésor. ....... eer nr BR 45 nm 
Intéréts du dépót au Comptoir descompte A oK cpl 70 70 
Recettes accidentelles, ... ..... mo siot oun y edo elisa 50 


Both, Vise i69. ied V V HEY de RO ve 34,289 07 


68 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


DÉPENSES. 
Impression du Bulletin (258 fr. 20 pour 1869, 930 fr. 45 pour 


1870, 5635 fr. 35 pour 1871, et 2716 fr. :30 pour 1872). 9,540 
Revue bibliographique mur Iq Ac HE D np e 1,449 
Frais AE gravufées-. io. 025.22. 20... d: TERNOS 491 
Broghago. du Bullelin............:.sus-cve.ssevur 457 
Port du Bulleün-... 1200915 a ire usaian Ue o sis 707 
Circulaires et impressions diverses. .......... lere 336 
Loyep.:-..... 040. ne... es. 1,000 
Abonnement pour chauffage et éclairage............... 200 
menus frais et ports du. IFR... ---......... 469 
Bibliothèque, herbier et mobilier. .................... 43 
Débenies. exiraordinalro& s 1... eere eres 261 
Honoraires du conservateur de l'herbier................ 250 
Traitement de l'agent comptable................ eee 500 
GEN NONE DO PUB... 4er see 350 

Excédant des recettes (comme ci-dessus, page 67)........ 


» \ 46,056 98 


.... 48,232 09 


Quant aux conversions de valeurs, elles ont donné les résultats ci-aprés : 


Rente sur l'État. ..... Encaisse à la fin de 1871.............. 
Méme encaisse actuel (voy. page 67)..... 


Bons du Trésor....... Encaisse à la fin de 1871.............. 
Un nouveau bon, n? 29355 : capital...... 


Total... .... 1 1 lord 


sss 13,489 86 


Encaisse actuel (comme ci-dessus, page 67)... 2,000 » 


Comptoir d’escompte.. Encaisse à la fin de 1871.............. 


KEINE... Le rers dae vq. ce an 
Tolol. isisisi SRE Pu.rexul. 
Remboursements à déduire. ............ 


VréserviTre st rs os so 


A ajouter pour intéréls.......:......... 


Encaisse actuel (comme ci-dessus, page 67)... 2,651 _» 


CLASSEMENT PAR EXERCICES ET RÉSERVE. 


J'ai mis sous les yeux du Conseil un tableau qui présente le classement des 
recettes et des dépenses, d'aprés l'exercice auquel elles se rapportent. J'ai rap- 
pelé sur ce méme tableau les recettes et les dépenses de la Société depuis sa 


fondation. Le tout se résume comme suit : 


Recettes depuis la fondation de la Société. ....... .213,848 08 
Dépenses. ....... Qástetaétitae 4&a«cssaeessece: 100,060 99 


Excédant des recettes (comme ci-dessus, page67). 18,232 09 


Toutes les dépenses de 1869 et des exercices antérieurs sont soldées. 
Pour 1870 et 1871, nous aurons à payer les Tables et quelques frais acces- 


soires: au total, environ 


nn oosoooooooo o 


Pour 1872, nous devons les deux derniers numéros du Bulletin, les deux 


derniers “cahier de la Revue et la Table : au total, environ 


eie pistri 2,2002 


SÉANCE DU 28 MARS 1873. 69 


Il est dû à la Société 3750 francs, sur les cotisations de 1872, et nous avons, 
en outre, quelques cotisations à réclamer pour les exercices antérieurs. 
L'arriéré des recettes, sur lequel nous avons déjà recouvré 1552 francs, sera 
ainsi plus que suffisant pour couvrir l'arriéré des dépenses, et il restera à la 
Société comme fonds de réserve une somme équivalente à l'encaisse actuel. 
Les retardataires ont, du reste, été invités à se libérer sous un bref délai. 


Budget de 1874. 
J'ai maintenant à soumettre à la Société le projet de budget de 1874. 
Voici les prévisions pour les recettes. 


308 cotisations annuelles, à 30 francs... .. jramrrsesososssoessoeses DRA S 


[Le nombre des membres de la Société est de... ...... 383 
11 faut déduiré TS membres à vie... ee ses cocscoss 75 


Reste pour les cotisations annuelles, .... 308] 


COUETHORE A VIG 7 2, A 3UU ANCE.. ec heures see chess se 600 » 
[La moyenne annuelle est de cinq pour les neuf années 1864 à 1872.] 
HARDIOMES à-2 Ha Sn. 25, dr donne uA Dot + Sos tte ve 40 » 
Vente du Bulletin....... Hu. HIT. AUO ik. SEE. ER. 700 » 
[La moyenne des cinq années antéricures à 1872 dépasse 900 francs.] 
Remboursements pour exeédants de pages et frais de gravure..,...,.... 100 » 
Subvention du Ministère de l'agriculture.......... norte 600 ‘» 
Subvention du Ministère de l'instruction publique.. .................. 500 » 
Rente sur l’Étst.:..:,,.:.. E ÉTÉ CT SES queo CN PETITS 600 » 
Intérêts des bons du Trésor.......... LEEREN. DEVICE. SA 90 » 

[A 4 1/2 pour 100 sur un capital de 2000 francs.] 
Intérêts du dépôt au Comptoir d’escompte.....,.,.........,...,... 75 » 
[A 3 pour 100 sur 2500 francs, en moyenne.] 
Led jns s e Jogsoo2uDOodODODOOODE 12,919 D 


Quant aux dépenses, elles pourraient être évaluées comme suit : 


Impression du Bulletin........ UN et is 54400 3% 
Séances....... 22 feuilles, à 120 fr. 2,640 » 
Revue.,...... 15 feuilles, à 1440 fr. 1,650 » 
Session et Table 9 feuilles. ......, 1,410 » 


Bulletin x Pc A, 
Revue bibliographique et Table étaient «45, 4,190 BES 
Frais dé gravures o e 1. uve $ + 200 » 
et autre: 8 : 8,320 » 
NM Brochage du Bulletin..... I AP eri . 368 » 
Impressions. [46 feuilles, à 8 francs.] 
Port du Bulletin. <.. essas eitri SES à 552 » 


[46 feuilles, à 42 francs, y compris l'envoi 
de livraisons et de volumes séparés.] 


Circulaires et impressions diverses. ........ 350 » 

DEL lil 20 EN ts ste suce. 5,000. 

;, | Chauffage et éclairage soso ss. 200 » 
pies Port de lettres et menus frais........ SOC A00 » 1,950 » 

" f Bibliothèque, herbier et mobilier...... ses 150 » 

Dépenses extraordinaires. ,........ pes 200 » 


À reporler.......... 10,270.» 


70 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


* Repo? i295, 21. 10,270 » 

Conservateur de l’herbier............,,., 500 » 
Personne. C APBDE comptable... oce or rss 500 » 1,350 » 

OUrcon QU DUPOAU SL 5... ed 350 » 
FOLAF pout 165 dépenses... 0d 00er 11,620 » 

En résumé : 

La poeëtte éérait de... 55/6, ... 2.2: DRE Die uote LE MR AS 12,5415 » 
La dépenae de. ne ut. 11,620 » 
Et l'exercice se. solderait par un excédant de, :...,.........2........ 895 n» 


J'ai l'honneur de proposer à la Société : 

4° D'ordonner le renvoi de ce compte à la Commission de comptabilité, 
pour la vérification des pièces justificatives des recettes et des dépenses ; 

2° D'approuver le projet du budget ci-dessus pour 1875. 


Les propositions de M. le Trésorier sont adoptées. 


M. Lelong, fabricant, rue Aumaire, 13, à Paris, fait hommage 
à la Société d'un nouveau microtome dont il est l'inventeur et le 
constructeur. 

M. Max. Cornu fait connaitre à la Société les dispositions nou- 
velles adoptées par M. Lelong pour la construclion de ce micro- 
tome, etles avantages qu'il parait présenter. 

M. l'abbé Chaboisseau fait à la Société la communication sui- 
vante : 

NOTE SUR L'ORIGINE DU NOM DU WOODSIA ILVENSIS R. Brown, 
pr M. 'abbé CHABOISSEAU, 

J'ai eu l'occasion d'examiner, avec mon ami M. Eugene Fournier, les diffi- 
cultés soulevées à ce sujet, et à juste titre, par M. de Scheenefeld (1) : car 
enfin comment a-t-on pu donner le nom d'/vens/s à une espèce que l'on ne 
trouve pas à l'ile d'Elbe? 

Or, en remontant aux auteurs anciens, il est facile de s'apercevoir que 
toute la confusion part de G. Bauhin. 

Dans le Pinaz, page 359, sous la rubrique ZZZ Lonchitis folio Ceterach, 
G. Bauhin cite à titre égal deux figures de Dalechamp : Lonchitis aspera 
ilvensis, et Polypodium ilvense. 

En consultant avec attention le texte et les figures de Dalechamp, on voit 
clairement que si son Polypodium ilvense se rapporte au Ceterach Marantæ, 
il n’en est pas de méme du Zonchitis aspera ilvensis, qui paraît bien être un 
Woodsia. 


Voici, du reste, les propres expressions de Dalechamp (Hist, des plantes, 


(1) Voyez la note placée par M. le Secrétaire général au bas de la page 138 du 
tome XIX du Bulletin (séance du 8 mars 1872). 


SÉANCE DU 28 Mans 1873. 71 


liv. XI, p. 118, traduction francaise de Desmoulins, Lyon, 1653) : « Il croist 
» encore un autre Zonchitis aspre, en l'isle.de l'Elbe, laquelle a beaucoup de 
» racines et plusieurs feuilles de plus de demi-pied de long, rousses, brunes, 
» desquelles il sort d'autres petites feuilles semblables à celles du Ceterach, 
» vertes par dessus et rousses dessous, et couvertes d'une bourre poudreuse. » 
Or la figure de ce Lonchitis aspera ilvensis, entièrement différente de celle 
du Polypodium ilvense, se rapporte grossièrement à un Woodsia. 

Linné, dans son F/ora suecica (éd. de Leyde, 1745, p. 309, n° 850), 
identifie le Zonchitis aspera ilvensis de Dalechamp avec son propre Polypo- 
dium fronde duplicatopinnata. Plus tard, dans le Species (éd. 3°, Vienne, 
1764, p. 1528), il reprend cette même espèce sous le nom d’Acrostichum 
ilvense, mais en omettant de citer de nouveau le synonyme de Dalechamp. 

Il résulte de ces observations que le Woodsia ilvensis porte ce nom, préci- 
sément parce qu'il a d'abord été indiqué à l'ile d'Elbe. — Il semble qu'on ne 
l'y ait pas revu depuis Dalechamp. Je ne crois pas qu'il y soit indiqué par les 
auteurs italiens, et je ne le vois pas cité par M. Milde (Filices Europe et 
A tlantidis. .. , 18671). Mais il est permis de supposer sans invraisemblance qu'il 
ait pu s'y rencontrer, puisque d’après MM. Nyman (Sylloge) et Milde (l. c., 
p. 165) il croît en Crimée. C’est aux botanistes italiens de faire des recher- 
ches assidues dans cette île si curieuse, qui. mériterait assurément l'honneur 
d'une Flore spéciale, 


M. l'abbé Chaboisseau met ensuite sous les yeux des membres de 
la Société des échantillons vivants de Chara connivens, provenant 
d'une récolte faite en octobre dernier dans létang de Trappes 
(Seine-et-Oise), et des spécimens desséchés de cette plante prove- 
nant de Kænigsberg (coll. Al. Braun) et des landes de Gascogne 
(coll. Clavaud), ainsi qu'un échantillon de Tolypella (Nitella) intri- 
cata, plante rare, qu'il a recue de M. Émile Martin (de Romorantin). 


Il rappelle à la Société qu'il ne regarde pas la division des Characées en 
Chara et Nitella comme satisfaisante, attendu qu'il n'y a là que des sections 
et non des genres distincts. Le groupe Tolypella, avec ses rameaux extérieurs 
stériles, allongés et formant une sorte d'involucre, lui semble présenter des 
caracteres plus acceptables pour constituer un genre que ceux par lesquels on 
distingue les genres Chara et JVitella, alors surtout qu'il n'est. pas rare, dans 
une méme espèce de ces deux genres, de trouver des tiges à la fois monosiplio- 
nées, hétérosiphonées et polysiphonées. Il ajoute qu'entre les Chara et les 
Nitella il n'y a qu'une seule différence générique constante : coronule à cinq 
divisions bicellulées et caduques dans les Nitella, simples et persistantes dans 
les Chara. Or les dents de la coronule des Nitella se présentent dans leur 


72 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


état primordial unicellulées et ne se cloisonnent que plus tard, ainsi que l'a 
fort bien observé M. Decaisne (1). 


M. le Président confirme le résultat de l'observation dont vient 
de parler M. l'abbé Chaboisseau. 

A l'appui de l'opinion émise par M. l'abbé Chaboisseau sur le peu 
de valeur, comme caractère générique, des tiges de Characées mono- 
siphonées ou polysiphonées, M. Max. Cornu parle d'un Chara 
rapporté de la Nouvelle-Calédonie par M. Balansa, et dont la tige, 
d'abord monosiphonée à la base, présente ensuite des articles 
polysiphonés. 

M. Duchartre donne connaissance à la Société d'une lettre de 
M. Oudemans qui désire savoir si le Stratzotes aloides n'est réel- 
lement représenté en France que par des pieds appartenant au 
sexe mále, fait qu'il considére comme douteux, puisque MM. Grenier 
et Godron, dans leur F/ore de France, donnent la déscription des 
deux sexes. 

M. Brongniart pense que le fait de l'absence d'individus femelles 
du Stratiotes prouve que la plante n'est pas spontanée en France, 
et que probablement le sexe mále seul y a été introduit. La facilité 
avec laquelle le Stratiotes se multiplie par bourgeons explique 
d'ailleurs aisément sa reproduction et sa persistance sans le concours 
des deux sexes. 

M. Fée dit que le Stratiotes est trés-commun aux environs de 
Lille et qu'on n'y connaît que le sexe mâle. 

M. Paul Petit dit qu'il s'est très-abondamment développé dans le 
canal des Ardennes; et qu'on n'y trouve également que le sexe 
mále. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture de la communication suivante, 
adressée à la Société : 


DU CALICÉ DANS LES GENTIANÉES ET LES PORTULACÉES, par Mf. D. CLOS. 


(Toulouse, 20 mars 1873.) 


I. Comparaison des éléments foliaires et calicinaux chez les Gentianées. 


— Il est peu de familles où la métamorphose folio-florale offre plus d'intérêt 
que dans la famille des Gentianées. 


(1) Traité général de Botan. p. 671, 


SÉANCE DU 28 MARS 1873. 73 


Dans le groupe des Gentianées vraies, les feuilles sont supportées par une 
base étroite (pétiolées ?), ou sessiles et élargies à la base (CAlora sessiliflora), 
ou unies par le pétiole (Gentiana Cruciata), ou connées (CAlora perfoliata). 

Le calice, à son tour, est on ne peut plus variable, denté, fendu, partit (Cen- 
taurella, Frasera), quelquefois avec deux divisions bien plus longues que les 
autres (Gentiana frigida), ou à lobes révolutés (G. Fortunei). 

Chez le G. Pneumonanthe, la ressemblance des feuilles sous-florales avec 
les lanières du calice est frappante : et dans le G. holosteoides, où le tube cali- 
cinal est sub-nul, les sépales sont spatulés comme les feuilles; mais le G. lutea 
et les espèces voisines ont le calice oblitéré, spathiforme. 

L’ Eustoma exaltatum a les feuilles caulinaires obtuses ; elles deviennent 
aiguës en se rapprochant de la fleur, et celles de la paire supérieure sont api- 
culées, ménageant ainsi la transition aux sépales qui se montrent sub-libres et 
longuement aristés par l'effet du prolongement de la nervure médiane. 

Le nombre des divisions calicinales est des plus variables dans cette famille, 
réduit à quatre dans G. campestris (1), porté à huit-neuf chez CAlora per- 
foliata. Faut-il voir autant de sépales dans ces huit-neuf pièces ? Oui, si l'on 
se place au point de vue phytographique ; mais la morphologie semble réclamer 
pour elles une interprétation toute spéciale : que l'on examine la nervation 
d'une des feuilles de cette dernière espèce, et l'on verra partir de son point 
d'insertion cinq à sept nervures rayonnant dans tout le limbe. L'analogie ne 
parait-elle pas indiquer que le calice du CAlora est formé par les faisceaux 
fibro-vasculaires, devenus libres, de deux feuilles (2)? Cette tendance des ner- 
vures à devenir saillantes est des plus manifestes dans le fruit du Coutoubea, 
et l’ Eustoma montre leur tendance à s'ísoler (3). Les feuilles axillantes des 
Berberis, les vrilles de certains Lathyrus et Cucurbita, les bractées du Me- 


(1) Steinheil admettait que « le prétendu calice du Gentiana campestris est formé par 
un calice soudé à deux bractéoles, et qu'il ne reste plus chez cette plante que deux divi- 
sions calicinales qui sont antérieure et postérieure » (in Annales des sciences nat. 2° série, 
t. XII, p. 206). Je ne crois pas qu'un genre présente plus de variations et conséquemment 
plus d'intérét au point de vue de la nature morphologique du calice que le g. Gentiana : 
ce calice est ou spathacé et soit entier, soit fendu d'un côté, ou formé d'un tube que 
surmontent ici de très-petites dents, là des sépales au nombre de 2 à 5 égaux ou inégaux, 
aussi longs ou plus longs que le tube, lequel est quelquefois presque annihilé, tandis que 
d'autres fois il est renflé et ailé; dans certaines espèces les sépales semblent unis au 
moyen d'une membrane interposée, ou bien étant au nombre de 4 (comme dans l'espece 
citée plus haut), deux sont extérieurs et plus grands. Ajoutons que, d'aprés M. Grise- 
bach, certains hybrides du G. lutea avec les G. purpurea, Burseri, punctata, offrent 
un calice ou dimidié (G. rubra et G. purpurascens), ou entier (G. hybrida, ou bilobé 
(G. biloba), ou à 5 dents (G. Charpentierii). 1 i 

(2) Il est en histoire naturelle des cas où nous ne pouvons juger que par induction. 
L'anatomie, l'organogénie, n'ont encore permis d'établir aucune distinction tranchée entre 
les bractées et les sépales. 4 

(3) Les ealices carénés et ailés des Tachiadenus et Leianthus ne témoignent-ils pas 
de la méme tendance? Et peut-être aussi ce fait singulier que de l'aisselle de la paire 
supérieure de feuilles caulinaires partent souvent quatre ou cinq ‘pédoncules, alors que la 
théorie normale n'en réclame que trois. 


74 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


lampyrum cristatum et des Gossypium, les bractées et le calice du Moluc- 
cella spinosa, sont autant exemples de la propension des éléments fibro-vas- 
culaires à se dégager du parenchyme. 

On demandera peut-étre si cette formation du calice à l'aide de deux élé- 
ments foliaires est également applicable à la corolle et à l'androcée qui ont le 
méme type numérique : rien ne le démontre, rien n'autorise méme à le sup- 
poser. Mieux vaut admettre, jusqu'à plus ample information, que la symétrie de 
ces deux verticilles est déterminée par celle du calice. Les deux verticilles 
extrémes de la fleur, reproduisant le type cotylédonaire, seraient donc vir- 
tuellement réduits à deux parties, tandis que les verticilles intermédiaires en 
auraient huit. C'est pour le calice un mode de multplication tout spécial. 

La famille des Hypéricinées, par ses feuilles opposées, sessiles, le plus sou- 
vent entières et parfois trinerviées, par son inflorescence terminée et en cyme, 
par son type floral quelquefois quaternaire, par sa préfloraison tordue, offre 
des analogies frappantes avec les Gentianées. Or j'ai fait remarquer, dans un 
travail spécial sur les glandes des Hypericum, que les sépales de VH. monta- 
num deviennent trés-fortement nerviés, et que les glandes qui les bordent se 
trouvent à l'extrémité de ces nervures qui tendent à s'isoler (1). 

Les Schizopetalum, où tous les organes floraux, le calice excepté, tendent 
à se diviser, les Vigella et surtout le N. damascena, où l'on passe sans tran- 
sition des bractées laciniées à des sépales larges et entiers, offrent, à mon sens, 
le phénomène inverse de celui que montre le calice des Chlora. 

IL. Du prétendu calice des Portulacées. — À une époque peu éloignée, 
on professait, et quelques botanistes professent encore (2), qu'il n'y a pas de 
corolle sans calice. Et comme, chez les Portulacées, la corolle souvent colorée 
de teintes brillantes devait, par cela méme, étre reconnue pour telle, on 
n'hésitait pas à voir un calice dans les deux ou trois piéces vertes ou scarieuses 
situées en dehors de la corolle, malgré le défaut de relation de nombre et de 
symétrie entre elles et les pétales, 

Depuis lors, M. Alph. de Candolle a fait prévaloir l'opinion que dans quel- 
ques familles (Santalacées, Loranthacées, Olacinées), il y a corolle sans calice (3); 
n'en serait-il pas ainsi des Portulacées, et leur prétendu calice ne serait-il pas 
un involucre ? C'avait été d'abord l'opinion de Payer, ce botaniste ne l'avant 
abandonnée que parce qu'on admettait alors encore que l'existence d'une co- 
rolle implique celle d'un calice. « Les deux premiers (pétales) qui apparaissent, 
écrit Payer, sont alternes avec les sépales, et par conséquent latéraux; les 
trois autres sont superposés, deux au sépale antérieur et un au sépale posté- 


(4) Voy. Mém. de l' Acad. des sciences de Toulouse, 6* série, t. VI, p. 257-266. 

(2) « Calice. Nom donné chez les végétaux dicotylédonés au rang (verticille) le plus 
exlérieur des pièces (feuilles modifiées) dont se compose la fleur, » (Germain de Saint- 
Pierre, Nouveau Dictionnaire de botanique, 1870, p. 189.) 

(3) Note sur la famille des Santalacées, p. 8. 


SÉANCE DU 28 MARS 1873. 75 


rieur. La corolle des Portulacées peut donc étre considérée comme composée 
de deux paires de pétales, dont l'une alterne avec le calice et ne comprend que 
deux pétales, et dont l'autre est snperposée au calice et comprend trois pé- 
tales, parce que le pétale antérieur s'est dédoublé... C'est ce qui m'avait 
d'abord engagé à regarder cette corolle comme un calice et les deux sépales 
comme un involucre, Mais comme, en suivant toutes les phases de leur déve- 
loppement, j'ai constaté que... ces pétales se comportent comme la plupart des 
pétales. .. j'ai pensé qu'on devait les considérer comme des pétales. » (Traité 
d'Organogénie, pp. 325-326.) 

J'ajouterai : 1° que presque tous les genres de la famille des Portulacées 
ont deux pièces en dehors de la corolle, à l'exception du Talinopsis qui en a 
trois; 2° que Ruiz et Pavon attribuaient au genre Baitaria un calice à quatre 
pièces, tandis que MM. Bentham et Hooker lui assiguent deux sépales et deux 
bractées (Genera plant. Y, p. 158); 3° que le genre Grahamia offre, en dehors 
de ses deux prétendus sépales, de nombreuses bractées scarieuses imbriquées, 
et que telle pourrait bien étre la nature des six-huit prétendus sépales du 
Lewisia. 


M. Decaisne fait à la Société la communication suivante : 
NOTE SUR TROIS ESPÈCES D'HYDNORA, par MK, J. DECAISNE, 


Le fils d'un célébre chimiste dont le nom se rattache à l'histoire de la tein- 
ture, M. Persoz, a recu, au commencement de cette année, d'un négociant 
de Lisbonne, une grande caisse remplie de racines de la grosseur du poignet, 
cylindracées, couvertes de grosses verrues, de couleur noire à l'extérieur, 
rouge de sang et charnues à l'intérieur, dont on espérait extraire un principe 
tinctorial analogue à celui de la garance. Ces racines provenaient du Gabon. 
M. Persoz, avant d'en faire l'analyse chimique, voulut bien me les soumettre 
afin de connaitre la plante qui les avait produites, et c'est au milieu d'elles que 
je fus assez heureux poar découvrir un fruit que je reconnus facilement pour 
appartenir au genre //ydnora. 

L'étude de ce fruit m'a naturellement entraîné à celle des espèces du 
méme genre conservées dans les collections du Muséum, et c'est par suite de cet 
examen comparatif que je présente à la Société trois espèces inédites d’Ayd- 
hora, trés-distinctes des anciennes par leur organisation florale, et que leur 
nombre se trouve actuellement doublé. 

Deux de ces espèces m'ont paru devoir former un sous-genre fondé sur la 
nature des rhizomces, la largeur du tube du périanthe et sa division constante 
en quatre parties, Ces deux espèces présentent en outre un fait remarquable 
de distribution géographique ; mais qui n'est cependant pas sans exemple : 
ainsi l'une (H. abyssinica) se rencontre sur la côte orientale de l'Afrique, par 


76 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


le 45° degré de latitude de l'hémisphére Nord, tandis que l'autre (7. ango- 
lensis) a été découverte sur la côte occidentale, sous le méme paralièle dans 
l'hémisphère Sud. Il est toutefois probable que les voyageurs découvriront de 
nouveaux types d'Hydnorées lorsque leur attention sera appelée sur ces sin- 
guliers parasites, et qu'ils prendront les soins nécessaires pour assurer la con- 
servation de plantes aussi répugnantes par leur odeur que certains Champi- 
gnons du groupe des Phalloidés. 


Subgenus DORHYNA. 


(Perianthium, stamina stigmataque quadriloba.) 


HYDNORA (Dorhyna) ANGOLENSIS Dene. 


Rhizoma crassitudine carpi, simplex v. ramosum, tuberculis 
rotundatis undique obsitum, cylindraceum v. subcompressum, car- 
nosum, intus rubrum, celluloso-fibrosum. Perianthium.... Fructus 
turbinatus, sublignosus, extrorsum dense verrucosus, superne 
cavus, cavitate margine tetragono circumdata, unilocularis ; stig- 
mala 4, adpressa, ovata, rimosa, inter se continua; placentaria 
numerosa ex loculi apice pendula, fructus cavitatem infra attenua- 
tam fere implentia. Semina subsessilia, globosa, testa fusca, crusta- 
cea; albumen subcorneum ; embryo globosus, centralis, albus ut in 
Hydn. africana. 


Hab. ad oram angolensem (Herb. Mus. Par.) ad radices.... 


HYDNORA (Dorhyna) ABYSSINICA A. Br. mss. 


Rhizoma crassitudine pollicis, simplex v. ramosum, tuberculis 
undique inspersum, cylindraceum v. subangulatum, carnosum, intus 
celluloso-fibrosum. Perianthium late tubulosum, 4-lobum, lobis 
introflexis introrsum tertia inferiori parte margine cilioso-lamellosis, 
superiori parte lævissimis subcucullatis. Androcæum A-lobum, tubo 
medio insertum, lobis antherosis ovatis, obtusis, erectis, ima basi 
confluentibus, apice liberis. Stigma A-lobum, lobis adpressis rimosis. 
Ovarium subglobosum verrucosum, uniloculare; placentaria ex 
loculi apice pendula. 


Hydnora abyssinica Al. Br. in Schweinfurth Beitr. z. Fl. Abyss. Y, 
p. 217. — De Bary Abhandl. nat. Gesellsch. zu Halle, X, 1868. 

Hab. in Abyssinia ad Dehli-Dikeno alt. 1200 ad 1500 metr. in radicibus 
Zellue (Acacia glaucophylla) (W. Schimper, 1853, Herb, Mus. Par.). 


SÉANCE DU 2S8 Mans 1873. 77 


L'Hydnora abyssinica diffère de notre H. angolensis par un rhizome de 
moitié moins gros, parsemé de nombreux tubercules florifères, par un ovaire 
globuleux couronné par la base tubuleuse et irréguliérement déchirée du 
périanthe. 

Les deux Hydnora que je signale et pour lesquels j'établis un sous-genre, 
se distinguent des H. africana, triceps, æthiopica, par le nombre normal 
quaternaire des divisions du périanthe, des lobes anthéraux et des stigmates, 
ainsi que par la largeur du tube; mais d'une autre part comme les graines sont 
absolument semblables à celles des vrais Æydnora, je me suis contenté d'en 
faire un sous-genre sous l'anagramme Dorhyna. 

Quant al Z. americana R. Br., qui a servi à former le genre Prosopanche 
DBry, il s'éloigne des types africains par sa placentation pariétale qui semble 
ainsi relier les Hydnorées aux Cytinées proprement dites. 


Subgenus EUHYDNORA. 


(Perianthium, stamina stigmataque triloba). 
HYDNORA ÆTHIOPICA Dcne. 


Perianthium tubulosum, trifidum, lobis oblongis obtusiusculis 
introflexis ad marginem tantum squamis linearibus acutis obsitis, 
parte introflexa tenui levi v. obsolete papillosa, tubo 2 centim. 
longo, extrorsum verrucoso-tuberculato, introrsum transverse 
rugoso. Ovarium subhemisphæricum ad perianthii initium depres- 
sum, verrucosum. Fructus pugillaris, globoso-turbinatus tessellatus 
nec tuberculatus, apice cavus, cavitate annulo tenui circumdata. 


Hab. in Ethiopia (Sabatier, Voy. aux sources du Nil Blanc). 


Cette espèce diffère de l'Z/ydnora africana par un périanthe de moitié 
plus petit, à lobes bordés de squames aigués et à partie introfléchie parfaite- 
ment lisse ou à peine papilleuse, par son ovaire qui déborde de beaucoup le 
diamètre du tube floral qui semble naître ainsi au centre d'une sorte de tuber- 
cule, enfin par son fruit guilloché (tessellé), non verruqueux à sa surface, et 
présentant au sommet une dépression circulaire entourée d'un bourrelet formé 
par la cicatrice que laisse la chute du périanthe. — 


78 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SÉANCE DU 18 AVRIL 1873. 
PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


La réunion annuelle de MM. les délégués des Sociétés savantes 
et les vacances de Páques, ayant amené à Paris un certain nombre 
de membres de la Société botanique résidant dans les départements, 
plusieurs d'entre eux, notamment MM. Duval-Jouve, inspecteur 
d'Académie, Durieu de Maisonneuve, directeur du Jardin-des- 
plantes de Bordeaux, Doümet-Adanson, président de la Société 
d'histoire naturelle de l'Hérault, etc., etc., assistent à la séance. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance 
du 28 mars, dont la rédaction est adoptée. 

A l'occasion de la lettre de M. Oudemans sur le Stratiotes aloides 
dont il est question au procés-verbal (1), M. Duchartre fait part à la 
Société des renseignements qu'a bien voulu lui fournir M. Grenier, 
et desquels il résulte que le sexe mâle du Stratiotes aloides lui paraît 
être à peu prés le seul dont la présence ait été constatée en France ; 
M. Duchartre ajoute qu'une nouvelle lettre de M. Oudemans l'in- 
forme qu'en Hollande c'est le sexe femelle qui parait de beaucoup 
dominer, mais que le sexe måle n’y fait cependant pas entièrement 
défaut. 

Par suite de la présentation faite dans la derniére séance, 
M. le Président proclame l'admission de : 


Le révérend père BeLLYNCK, professeur au collége de la Paix, à 
Namur (Belgique), présenté par MM. Eug. Fournier et l'abbé 
Chaboisseau. | 

M. Eug. Fournier donne lecture de la notice suivante, que lui 

a adressée M. Morelet, président de l’Académie des sciences et 
belles-lettres de Dijon : 


NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR WELWITSCH, par BE. MORELET. 


(Dijon, mars 1873.) 


Le docteur Welwitsch, dont l'existence s'est terminée derniérement à 
Londres, n'était pas seulement un savant dans l'acception la plus large du 
mot, mais un homme d’infiniment d'esprit et d'une rare intelligence. Méde- 


(1) Voyez plus haut, page 72. 


SÉANCE DU 18 AVRIL 1873. 79 


cin, naturaliste, géographe, aimant les arts et parlant presque toutes les langues 
de l'Europe, il avait cultivé, à des degrés divers, toutes les branches des con- 
naissances humaines. Mais c'est comme botaniste, et surtout comme botaniste 
explorateur, que sa mémoire doit étre honorée par une mention spéciale 
dans ce recueil. 

Friedrich Welwitsch était originaire des environs de Klagenfurt, dans la 
Carinthie ; il prit ses grades à l'université de Vienne, mais il abandonna bientót 
la pratique médicale pour suivre le penchant qui l'entrainait vers les sciences 
naturelles. Une faute de jeunesse, qui n'était pas sans gravité sous un gouver- 
nement ombrageux, mais qui fut pardonnée largement plus tard, décida de 
sa destinée; elle le contraignit à s'exiler pour un temps, et ce temps dura toute 
son existence. Bien accueilli en Portugal, ou il gagna l'estime du duc de Pal- 
mella, alors premier ministre, il devint directeur du jardin botanique de Lis- 
bonne, et commença, par de sérieuses études tournées principalement vers 
la botanique et l'entomologie, à se préparer aux voyages de découvertes qui 
enflammaient déjà son imagination. Le Portugal et les iles Açores, qu'il avait 
visités, n'étaient pour lui qu'un préambule ; toutes ses aspirations tendaient 
vers les régions mystérieuses de l'Afrique : c'est là qu'il comptait s'immorta- 
liser par de grandes découvertes. 

En 1850, le gouvernement de la reine Dona Maria céda enfin à ses sollici- 
tations persévérantes ; un plan d'exploration de la Guinée portugaise, au 
double point de vue des sciences naturelles et des intéréts économiques du 
pays, fut agréé par le ministère et approuvé par les Cortés. Cependant ce ne 
fut qu'en 1853 que ce projet recut un commencement d'exécution, et que 
le docteur Welwitsch put enfin s'embarquer avec une liberté compléte 
d'action, 

On n'insistera pas, dans cette courte notice, sur les dangers, les souffrances, 
2s misères infinies qui marquèrent de distance en distance les étapes du 
voyageur ; sept années d'investigations et de travaux assidus dans les régions 
équatoriales de l'Afrique sont une épreuve à laquelle bien d'autres auraient 
succombé ; mais il y a des sentiments passionnés qui élèvent les forces de 
l'homme au niveau de son courage. En 1858, au bout de cinq années, 
Welwitsch écrivait à un ami : « Les paroles mystérieuses de l'oracle romain, 
Ibis redibis non morieris in bello, dont le sens heureux ou fatal dépend de la 
position d'une virgule. peuvent s'appliquer à mon propre sort. » Et quand il 
exprimait cette pensée mélancolique, ce n'était pas aux conditions si précaires 
de son existence qu'il songeait, mais au succès d'un voyage entrepris pour le 
seul amour de la science. 

Bien que l'étude du régne végétal füt l'objet essentiel des travaux du doc- 
teur Welwitsch, il n'eut garde de négliger la faune des lieux qu'il parcourait, 
et les collections nombreuses qu'il forma embrassent, sans parler de la géolo- 
gie, toutes les classes du règue organique. En 1861, il rentrait à Lisbo»e . oü 


S0 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


il était depuis longtemps oublié, aprés avoir visité les iles Madére, celles du 
Cap-Vert, la Sierra-Leone, les iles du Prince et de San-Thomé, et pénétré, dans 
les royaumes d'Angola et de Benguella, à plus de cent lieues du littoral. Dans 
le seul royaume d'Angola, il avait recueilli, préparé et classé 3227 espèces de 
végétaux, la plupart nouveaux pour la science, et 2152 dans celui de Ben- 
guella. Ce qui donne un total de 5379 plantes, ou de 4500 espéces, en retran- 
chant environ 910 plantes communes aux deux pays. Il faut y ajouter une 
quantité de graines et de sujets vivants, répartis, par ses soins, dans les jar- 
dins d'essai de Madère, des Açores et du Portugal. Il rapportait aussi des 
documents précieux sur les autres objets qui se rattachaient à sa mission ; mais 
sa santé était profondément altérée, et ce ne fut qu'au bout d'une année qu'il 
put reprendre ses travaux. 

Lisbonne n'offrant pas de ressources suffisantes pour l'étude approfondie et 
la publication d'une masse aussi considérable de matériaux scientifiques, le 
docteur Welwitsch obtint du gouvernement portugais toutes les facilités qu'il 
désirait afin de transporter ses collections en Angleterre, pays oü la flore équi- 
noxiale de l'Afrique avait été plus particulièrement étudiée et où les renseigne- 
ments abondaient. Là, il se mit en rapport avec plusieurs savants de l'Europe 
et leur distribua, selon leur spécialité, une partie de l'immense travail dont il 
avait réuni les éléments. Malheureusement, les résultats, faute d'entente avec 
le gouvernement portugais et probablement aussi faute d'argent, ont été 
publiés à part, au lieu de former un ensemble qui eût immortalisé son auteur. 
Toutefois son nom ne périra pas; sans parler des Orchidées gigantesques 
d'Angola et de tant d'autres merveilles, la découverte du Welwitschia mira- 
bilis, cette extraordinaire production végétale qui accidente les solitudes du 
Benguella, suffit pour le graver dans la mémoire de tous les botanistes. 

La constitution du docteur Welwitsch avait été profondément ébranlée par 
les fatigues et par les maladies ; il avait été atteint, en outre, dans la province 
de Huilla (Benguella), d'une fléche empoisonnée, dont la blessure ne s'était 
jamais cicatrisée ; il est mort à Londres, âgé de soixante-six ans, le 20 octobre 


dernier, laissant inachevée cette œuvre colossale à laquelle il avait dévoué 
sa vie (1). - 


M. Cosson dit que l'incendie d'une maison voisine de celle que 
Welwitsch, goutteux et malade, habitait et où se trouvaient ses 
collections, n'a pas peu contribué à déterminer les accidents mortels 


(4) Voyez, dans le Journal des sciences mathém. phys. et natur. de Lisbonne, n? XIV, 
1873, un article de 43 pages sur les voyages, les collections et les travaux de Wel- 
Witsch, par le docteur Gomés, L'auteur portugais rend une justice éclatante au mérite 
el au désintéressement du voyageur, de méme qu'aux inappréciables services qu'il a 
rendus à la science. — Voyez aussi l'article biographique consacré à Welwitsch dans The 
Journai of Botany, janvier 1873, 11 pages avec un portrait, 


SÉANCE DU 18 AVRIL 1873. 81 


qui ont enlevé à la science cet habile explorateur. Il ajoute qu'on 
peut espérer du reste que la publication des matériaux rassemblés 
par lui ne restera pas inachevée, car M. Oliver, le savant conserva- 
teur de l'herbier de Kew, doit comprendre toutes ses découvertes 
dans son important ouvrage sur l'Afrique tropicale. 

M. Brongniart annonce à la Société qu'il se réserve de lui com- 
muniquer l'ensemble d'un travail qu'il a préparé sur les Pal- 
miers de la Nouvelle-Calédonie, lorsqu'il aura pris connaissance 
d'un mémoire que publie en ce moment sur le méme sujet 
M. Vieillard, dans le Bulletin de la Société Linncenne de Normandie. 
Il a déjà pu constater une coincidence de résultats qui ne lui permet 
pas d'en entretenir la Société avant la publication définitive du 
travail de M. Vieillard. Mais il demande qu'on veuiile bien prendre 
note d'une étude, dont il compte parler prochainement à la Société, 
sur les Pandanées de la Nouvelle-Calédonie. A ce sujet, M. Bron- 
gniart donne sommairement un apercu des résultats de cette étude, 
en expliquant que le mode d'agrégation des fruits et le mode 
d'inflorescence des fleurs mâles lui paraissent fournir des caractères 
génériques de première valeur (4). 

M. Duval-Jouve fait à la Société la communication suivante : 


PARTICULARITÉS DES ZOSTERA MARINA L. et NANA Roth, 
pr M. J. DUVAL-JOUVE. 


Malgré l'abondance avec laquelle le Zostera marina L. semble répandu 
sur nos côtes de l'ouest, puisqu'on l'y emploie pour emballage, pour engrais 
et méme pour la confection d'objets de literie (2), je suis porté à croire que 


(4) Note de M. Brongniart. — Au moment où je reçois (18 juillet 1873) une épreuve 
de ce compte rendu de la séance du 18 avril dernier, je crois devoir ajouter quelques 
observations à cette communication. M. Vieillard, à Paris à cette époque, m'avait an- 
noncé, le matin méme de cette séance, qu'un travail monographique de lui sur les Pal- 
miers de la Nouvelle-Calédonie était imprimé dans le Bulletin de la Société Linnéenne 
de Normandie, et qu'aussitót aprés son retour à Caen, il m'en enverrait soitle tirage à 
part, soit au moins des épreuves. 

Par égard pour ce savant explorateur de la flore de la Nouvelle-Calédonie, et pour ne 
pas introduire dans la science une double nomenclature dont les droits d'antériorité 
auraient été discutables, je renonçai pour le moment à communiquer soit à la Société 
botanique, soit à l'Académie des sciences, un travail trés-étendu sur cette méme famille, 
travail qui m'avait occupé pendant une partie de l'hiver et qui comprenait la description 
de dix-huit espèces indigènes, réparties dans trois genres du groupe des Kentia, dont 
deux nouveaux. 

Depuis cette époque, trois mois se sont écoulés ; je n'ai recu aucune communication 
de M. Vieillard, et mes lettres sont restées sans réponse. 

(2) « On en forme des matelas et des oreillers assez doux, préférables à ceux de paille 
ou de foin. » (Poiret, Dict. encycl. t. VIII, p. 872.) — Voyez aussi le mémoire Sur les 


T. 2% (sÉANCES) 6 


82 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


rarement on voit cette plante sur place, compléte et en bon état de floraison. 
Les divergences des descriptions sont telles en effet, qu'on serait quelquefois 
exposé à penser qu'il s'agit d'espéces différentes, si l'on ne se disait que très- 
probablement ces descriptions ont été faites sur des spécimens desséchés, 
non cueillis et étudiés sur place, mais rejetés sur la plage par les flots et plus 
ou moins détériorés. Je me suis trouvé placé dans de meilleures conditions : 
le graud étang de Thau, les étangs salés de Frontignan, de Maguelonne, de 
Palavas, ne sont, gráce aux chemins de fer, qu'à quelques minutes de Mont- 
pellier ; les Zostera marina et nana y croissent en abondance, et j'ai pu 
pendant deux ans en suivre le développement et faire les observations que je 
consigne ci-après. 

Le rhizome du Zostera marina L. émet à chaque nœud deux groupes 
latéraux de radicelles ordinairement de six à huit chacun. En automne, l'axe 
principal de ce rhizome se termine, ainsi que les ramifications secondaires, 
par un faisceau de feuilles plus longues (de 07,50 à 4 mètre) et plus larges que 
ne le seront plus tard celles de la tige (1), du reste identiques. Leur sommet est 
arrondi et entier ; leur gaine, longue de 10 à 20 centimétres, est parfaitement 
entière et non fendue (2); à sa partie dorsale elle est constituée comme le 
limbe qui la continue et à la naissance duquel est un petit bourrelet rectiligne 
simulant une trés-courte ligule ; à la partie antérieure elle est membraneuse, 
d'une minceur extrême avec de trés-fines nervures, coupée carrément à lori- 
fice, en s'élevant un peu plus haut que le bourrelet dorsal et présentant deux 
petites échancrures latérales au lieu d'oreillettes saillantes. J'ai constamment 
vu deux squamules intravaginales, latérales, membraneuses, gréles, subulées, 
longues de 5 à 6 millimètres, d'abord vertes puis brunissant assez vite, telles 
que les a décrites M. Irmisch (Bot. Zeitung, 1857, p. 177). M. Bornet en 
signale quatre (Ann. sc. nat. 5° série, Botan. I, p. 23), ainsi que M. Ascherson 
(Plant. phan. Ital. Consp. p. 18). Je n'ai pu en trouver plus de deux, méme 
sur les grands individus de l'étang de Thau, ayant plus de 2 métres de 
hauteur. 

Dès la fin de l'automne les feuilles de l'extrémité se flétrissent; en méme 
temps les entre-nœuds s'allongent, et l'extrémité du rhizome, au lieu de conti- 
nuer à ramper et de s'enraciner, se développe en tige ascendante, simple à sa 
base, puis émettant, à partir du second ou du troisième nœud, des rameaux 


plantes marines du genre ZOSTÈRE, présenté le 27 avril 1835, à l'Académie des sciencés, 
par Pasteur d'Etreillis et Ad. Dammier, et le rapport de Bory de Saint-Vincent, dont la 
conclusion est que le Zostera fournit « le plus commode, le plus salubre et le moins dis- 
pendieux des moyens de couchage » (p. 23). 

(1) De quelle plante a voulu parler Poiret ea attribuant à son Z. marina des feuilles 
« longues de six ou huit lignes et plus » (Dict. encycl. t. VIII, p. 873)? et Willdenow 
des feuilles uninerviées (Sp. pl, t. 1V, p. 179)? 

(2) M. P. Ascherson dit du Z. marina : « Folia vaginantia, vaginis apertis » (Plant. 
phan. marin. Italig Consp. p. 184). J'ai toujours vu les gaines parfaitement entières, 
sauf celles des feuilles spathiformes, 


SÉANCE DU 48 AVRIL 1873, 83 


alternes distiques, qui plus tard, lors de la floraison, s'étaleront en éventail à 
la surface de l'eau. Dans notre contrée, la floraison commence dés les premiers 
jours de février et continue jusqu'au mois de mai; en juin on trouve partout des 
fruits mûrs. 

A la base de ces tiges, on remarque un ou deux entre-nœuds, longs de 5 à 
20 centimètres, à chaque nœud une feuille sans bourgeon ni rameau à son 
aisselle ; puis plus haut et presque à l'extrémité d'un entre-nœud, un rameau 
non à l'aisselle d'une feuille, ensuite une feuille sans rameau à son aisselle, de 
nouveau un rameau non axillaire ; et ainsi de suite, tant sur l'axe principal que 
sur les rameaux, on trouve cette alternance continue de feuilles non axillantes 
el de rameaux non axillaires. Ces derniers naissent sur l’entre-nœud, entre 
deux feuilles et plus rapprochés de la feuille qui leur est supérieure ; le pre- 
mier rameau est le plus souvent à 20 ou 25 centimètres de la feuille à lui infra- 
posée, et si rapproché de celle qui lui est supraposée, qu'il la touche presque 
ou n'en est distant que de quelques millimètres. A mesure que les rameaux 
naissent plus haut sur la tige, la région de l’entre-nœud qui les sépare de la 
feuille supérieure devient de plus en plus longue. 

Ce n'est pas tout, et si l'on examine la forme des divers entre-neeuds, on 
voit que sur les plus inférieurs la tige est simplement un peu comprimée, de 
facon à donner une coupe ovale; qu'elle l'est de méme entre chaque rameau 
et la feuille qui lui est inférieure, mais qu'entre tout rameau et la feuille qui 
nait au-dessus, elle est plate et méme fortement canaliculée du cóté oü a 
émergé le rameau. Cette disposition se constate non-seulement sur l'axe prin- 
cipal, mais sur tous les axes secondaires, de telle sorte qu'entre deux nœuds 
foliifères, chaque entre-nœud est comprimé jusqu'au point où naît un rameau, 
et plat-canaliculé depuis le rameau jusqu'à l'autre feuille. - 

En suivant avec attention le développement d'une tige, il est facile de se 
rendre compte de ces deux anomalies apparentes : la non-axillarité des. 
rameaux et l'alternance sur la tige de régions comprimées et de régions plates. 
A la fin de l'été, à l'époque où les feuilles de la future tige sont encore rap- 
prochées en faisceau avec des entre-nœuds presque nuls, tout parait normal, en 
ce sens que chaque bourgeon.d'un futur rameau est exactement à l'aisselle 
d'une feuille, Sur une tige plus développée, à la fin de novembre et en décembre, 
on voit que chaque bourgeon, en méme temps qu'il se développe en rameau, 
s'éloigne de sa position axillaire en demeurant soudé à l'entre-neud dont le 
développement est basilaire. 

Plus tard cette soudure est encore nettement reconnaissable à deux sillons 
presque latéraux qui existent au-dessous du point d'émersion du rameau ; et la 
région supérieure de l'entre-nceud demeure plate et canaliculée sur la face d’où 
s'est séparé le rameau, dont la position continue de correspondre, malgré 
l'éloignement, à l'aisselle de la feuille inférieure. A ce méme point d'émersion, 
l'entre-nceud est un peu plus étroit et il va en s'élargissant faiblement jusqu'à 


84 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


un nouveau nœud supportant une feuille exactement alterne à la feuille et au 
rameau infraposés. 

Chaque rameau, à quelque degré qu'il soit, est muni à sa base d'une pre- 
mière feuille (préfeuille) naissant entre lui et l'axe qui le porte, et réduite à 
une gaine et un limbe trés-court, dont la longueur varie entre 5 et 30 milli- 
métres. C'est sans doute cette préfeuille qui a fait illusion à Roth et l'a porté 
à dire: « Stipula solitaria, oblonga, obtusa, subherbacea, semiuncialis et 
» uncialis, folium basi cum spathæ pedunculo arcte vaginans, demum mar- 
» cescens et evanescens » (Enum. plant. Germ. Y, p. 8) (1). M. P. Ascherson 
a, ce me semble, mieux interprété le fait par ces mots : « Rami cujusvis 
» folium primum lamina destitutum » (0. c. p. 183). 

Enfin chaque feuille spathiforme naît à l'extrémité d'un entre-nœud plat, 
canaliculé, s'élargissant vers le haut et ainsi absolument identique à la portion 
supérieure des entre-nœuds qui s'étend du rameau à la feuille supraposée. Le 
spadice qu'elle enveloppe est donc terminal : « Flores in axis apicis complanati 
» (spadicis) superficie altera spicatim approximati », comme le dit M. Ascher- 
son, et ne naît point « de la face supérieure des feuilles fendues longitudinale- 
ment à leur base » (Fl. de Fr. III, p. 325). Le spadice n'a point de pédon- 
cule comme Roth l'avait cru : « Pedunculus e stipule vagina egrediens, 
» compresso-planus, inferne attenuatus, superne versus spadicem magis dila- 
» tatus » (Enum. plant. Germ. Y, p. 8). Ce prétendu pédoncule, fort bien 
décrit d'ailleurs, n'est point non plus, je le répète, la partie inférieure « de la 
» feuille étroite à son origine et s'élargissant insensiblement jusqu'au point 
» où naît le spadice » (F7. de Fr. III, p. 325) ; il est un entre-nœud sem- 
blable aux autres, et le spadice, sessile dans la feuille spathiforme, est la ter- 
minaison de l'axe. 

Tous ces rameaux, alternants et rigoureusement distiques, constituent un 
ensemble en vaste éventail long de 4 à 2 mètres et portant de vingt à soixante 
spadices. Coinme tous les entre-nœuds qui supportent les feuilles spathiformes 
et leur spadice sont trés-plats, il en résulte que, quelle que soit la direction 
suivant laquelle les tiges sont par le vent ou les vagues poussées et courbées 
sur l'eau, le spadice se place toujours à la surface avec son ouverture en haut; 
et comme à cette face supérieure il est trés-mince et transparent, les tiges fleu- 
ries se reconnaissent de loin à ce qu'elles forment sur l'eau de belles nappes 
d'un jaune doré. En disant que « le Zostera marina habite le fond des mers, 
» y fructifie sans s'élever à la surface des eaux et qu'on ne peut en rencontrer 
» les fleurs qu'autant que les vagues les rejettent sur le rivage » (Dict. encycl. 
VIII, pp. 872 et 873), Poiret a, par hypothèse, laissé échapper une inexacti- 
tude, au moins en ce qui concerne les plantes de nos étangs. De Candolle, 

(4) li m'a été également difficile de comprendre à quoi se rapporte la phrase suivante de 


Kunth : « Stipulie in vaginam connatæ ; vagina a folio distincta, membranacea, integra, 
» apicem versus aperta ibique plana et acutiuscula. » (Enum. plant, t. UI, p. 116.) 


SÉANCE DU 18 AvRIL 1873. 85 


acceptant comme exact le fait que « les Zostera sont implantés au fond des 
» mers par des racines qui les fixent et ne sont pas susceptibles d'un allonge- 
» ment suffisant pour atteindre la surface », essaye d'expliquer le phénomène 
de la fécondation en ajoutant : « Leur floraison s'exécute dans une duplicature 
» de la feuille, qui, bien que latéralement ouverte, conserve cependant une 
» certaine quantité d'air excrétée par la plante, de manière que les fleurs 
» mâles renfermées dans cette cavité avec les femelles peuvent les féconder 
» dans l'air, quoique au fond des eaux. » (Phys. vég. II, p. 526, et aussi 
Dict. encycl. VITI, p. 344.) C'est une autre hypothèse trés-ingénieuse, mais 
à laquelle la réalité ne répond ni sur le Z. marina, ni sur le Z. nana. Dans 
nos étangs la fécondation du premier s'accomplit plus ou moins à la surface ' 
de l'eau, celle du second entièrement sous l'eau, mais avec des circonstances 
communes qui, je crois, n'ont pas encore été signalées et que j'exposerai 
plus loin. 

De tout ce qui vient d’être dit du Z. marina, plusieurs traits, mais non 
tous, sont communs au Z. nana. Ainsi, sur cette derniére plante, les radi- 
celles naissent aussi par groupes latéraux, mais réduits à deux ou au plus à 
trois radicelles. Les feuilles qui en automne et en hiver se montrent à l'extré- 
mité des rhizomes sont beaucoup plus longues (07,30 à 07,60) que ne le 
seront celles des tiges fructifères (0",10 à 07,20) et ces tiges elles-mêmes 
(07,45 à 07,25), mais toutes ont le sommet rétus etun peu échancré, la gaine 
fendue à l'orifice, avec deux petites oreillettes saillantes et épaisses. J'y ai vu 
deux squamules intravaginales. Les tiges fructifères ne s'élevent pas de l'extré- 
mité du rhizome, mais du quatrième ou du cinquième nœud en arrière, Elles 
ne commencent guère à fleurir que vers la fin d'avril. Les rameaux de ces 
tiges sont peu nombreux ; comme ceux de l'autre espèce, ils émergent entre 
deux nœuds, mais presque contigus au nœud supérieur, ainsi que le fait le 
plus souvent le rameau inférieur des tiges du Z. marina. Leur préfeuille est 
d'ordinaire réduite à la gaine sans limbe; toutefois j'en ai vu avec un limbe 
long d'un centimètre. Le dernier entre-nœud, celui qui est infraposé à la 
feuille spathiforme, est absolument semblable, sauf les dimensions, à celui du 
Z . marina ; il n'est point filiforme comme le dit Roth (Enum. pl. Germ. I, 
p. 9), ni subitement élargi comme le décrit la Flore de France (VM, p. 326), 
mais il est plat, canaliculé à sa face (supérieure, et il s'élargit insensiblement 
sur toute sa longueur jusqu'a la naissance de la feuille spathiforme. Les tiges 
fructifères, longues de 4 à 2 décimètres, n'ont que deux ou trois rameaux et 
autant de spathes ; elles restent toujours et en entier profondément submer- 
gées, sans jamais étaler leurs spathes à la surface de l'eau. 

Sur nos deux espèces, le spadice, uniformément plat en dessous, porte à 
sa face supérieure une saillie médiane longitudinale et deux autres marginales. 
Les carpelles sont attachés obliquement et en alternance sur Ja saillie médiane, 
mais les étamines sont insérées dans la dépression entre cette saillie et celles 


86 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de la marge, et non comme avait dit Kunth : « Flores masculi et feminei 
» alternatim nervo medio spadicis inserti » (num. plant. IN, p. 117). 
L'anthére, libre vers sa base, est adhérente dans cette dépression vers son 
quart supérieur. Il y a deux étamines pour chaque carpelle et toutes deux 
sont situées du même côté, parallèlement, mais non à la méme hauteur et se 
touchant seulement sur le tiers ou le quart de leur longueur; le carpelle quiles 
surmonte se place obliquement, sa partie inférieure dirigée dans le méme 
sens que les étamines. Sur la saillie médiane du spadice court une petite créte 
verte qui s'infléchit en sens inverse au-dessus et au-dessous de chaque fleur, 
en en marquant en quelque sorte les limites et montrant ainsi que chaque 
fleur se compose d'un pistil et de deux étamines. Le tout est fort régulier sur 
toute la région moyenne du spadice, mais vers le bas les deux ou trois pre- 
mieres fleurs n'ont souvent qu'une étamine pour un pistil, et vers le haut les 
étamines disparaissent souvent et les pistils se montrent seuls à l'état abortif. 
Sur les plus grands échantillons du Z. marina de l'étang de Thau, on voit 
une grande bractée, large et longue de 5 à 7 millimètres, s'élever de la saillie 
marginale vis-à-vis d'un carpelle et se coucher en travers sur l'appareil. Ces 
bractées n'ont ces dimensions qu'aux trois ou quatre fleurs inférieures, et 
ensuite elles diminuent successivement de grandeur, de manière qu'aux fleurs 
supérieures elles ne sont plus représentées que par de faibles ondulations ; 
c'est en ce dernier état qu'elles se montrent seulement sur les sujets moins 
grands. Ce sont sans doute des spécimens où elles manquaient qu'a étudiés 
M. Ascherson, car ce botaniste fait du Z. marina une section distincte : 
a Sect. I. ALEGA. Bracteæ in spadicis margine nulle », et du Z. nana une 
autre section : « Sect. IL. ZOSTERELLA. Spadix margine bracteis uncinatim 
» supra flores recurvatis praeditus » (Plant. phan. Jtal. Consp. p. 183 et 
484). Nos Z. nana portent, mais non toujours, de petites bractées linéaires- 
lancéolées, souvent au nombre de une ou de deux et sur un seul cóté du " 
dice, souvent aussi sur les deux côtés. 

L'anthere, bien développée et non ouverte, est lancéolée, la face supérieure 
déprimée et rentrante sur la ligne médiane, ce qui est dà (ainsi que le fait voir 
une coupe transversale) à ce que les valves latérales adhérent à une cloison 
longitudinale peu large et qui divise l'anthére en deux loges. Un paquet de 
pollen confervoide est étendu de chaque cóté de cette cloison, Il nous semble 
donc que c'est à tort que l'anthére a été, par plusieurs auteurs, dite unilocu- 
lare (Kunth, Ænum. plant. WT, p. 416, etc.). M. Ascherson: s'exprime 
ainsi qu'il suit sur la constitution de l'anthére : « Flores ex anthera et car- 
» pello collateralibus constantes, Antheræ thecae duæ, omnino distinetæ, 1-3- 
» (plerumque 2-) loculares. » (O. c. p. 182 et 183.) Si j'ai bien compris ce 
texte, ce que j'ai appelé les deux anthères n'est pour M. Ascherson que les 
deux loges d'une anthère unique. Mais comme les deux anthères qui accom- 
:paguent chaque pistil ne sont point placées à la même hauteur sur le spadice, 


SÉANCE DU 18 AvniL 1873. 87 


et comme les fleurs inférieures ne se composent souvent que d'une anthère et 
d'un pistil, il me parait difficile d'admettre la manière de voir du savant bota- 
niste allemand. 

Quoi qu'il en soit, dans les fils polliniques bien entiers d'une anthére mûre, 
les granules de fovilla circulent activement, mais, à ce qu'il m'a constamment 
paru, plutôt par secousses intermittentes qu'avec continuité régulière. Schacht 
(Pflanzenz. pp. 134 et 339) et d'autres auteurs ont signalé cette circulation, 
que M. Bornet a également constatée sur les filaments polliniques du PAuca- 
grostis major (o. c. p. 28). 

Arrivons à la fécondation. Nous avons dit que le Z. marina se développe 
sous l'eau, mais qu'aux jours de l'anthése ses feuilles spathiques sont couchées 
à la surface de l'eau, la face dorsale en bas, tandis que le Z. nana demeure 
tout entier et tonjours submergé. Malgré cette différence, les choses se passent 
de la méme manière pour nos deux espèces et ainsi qu'il suit. Au moment de 
la fécondation, les deux stigmates et le style se relévent en se courbant forte- 
ment et font saillie au dehors par la fente de la feuillespathiforme , puis l'an- 
thère, qui n'adhère au spadice que par sa partie supérieure, se courbe, en 
relevant sa partie inférieure et libre, et en écartant les bords de la gaîne. En 
méme temps elle s'ouvre brusquement sur toute sa longueur, devient large- 
ment cymbiforme et coiffe ainsi les stigmates, non du pistil de la méme 
fleur, mais du pistil de la fleur située inférieurement et de l'autre cóté de la 
saillie médiane du spadice. Sur toute sa longueur persiste la cloison longitu- 
dinale qui sépare l’anthère en deux loges, et de chaque côté persistent aussi 
les masses de filaments polliniques, sans étre expulsés, sans changer de place 
et sans rien perdre de leur parallélisme primitif. Mais si l'on examine ce pollen 
après que l'anthere s'est ainsi relevée et ouverte, on voit qu'il diffère de ce 
qu'il était quand l’anthère était couchée et close, en ce que ses longs fils ne 
renferment plus ces nombreux granules de fovilla qui les remplissaient et y 
circulaient précédemment, et que cette fovilla est répandue au dehors. en 
petites masses d'aspect un peu gélatineux, lesquelles, aprés leur sortie des fils 
polliniques, se contournent et demeurent botuliformes, comme le fait une pâte 
molle poussée à travers un étroit orifice ; et qu'enfin une des extrémités des 
filaments polliniques est restée entière, tandis que l'autre est ouverte. 

S'ensuit-il que la fécondation ait lieu par l'action directe de la fovilla sur le 
stigmate et sans qu'un boyau pollinique se soit mis en contact avec les cellules 
du sac embryonnaire ? D’après tout ce que j'ai vu, je le crois. Mais je m'abs- 
tiens de rien affirmer de théorique, sur un fait qui serait si anomal, si com- 
plétement en dehors de ce qu'ont affirmé des observateurs éminents ; par 
exemple : M. Hofmeister (cité par M. Duchartre, £lém. bot. p. 603), disant 
avoir vu le boyau pollinique du Z. marina et constaté qu'il mettait environ 
douze heures pour arriver du stigmate à l'ovule ; M. Bornet, mentionnant 
sur le Phucagrostis major (dont le pollen est confervoide comme celui des 


88 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Zostera) le contact du boyau pollinique et du sac embryonnaire (o. c. p. 35), 
et figurant méme ce contact (o. c. pl. x, fig. 2). On pourrait bien faire 
remarquer combien sont difficiles à concevoir et à se réaliser : 1? la produc- : 
tion d'une hernie et d'un boyau pollinique sur des grains de pollen qui, dans 
Panthère encore close, sont déjà de trés-longs boyaux; qui de plus n'ont 
qu'une membrane au lieu de deux ; qui, formés dans un milieu liquide et se 
répandant dans ce méme milieu, n'ont point, par le contact d'un stigmate 
humide, un de leurs points provoqué plus particulièrement que les autres à se 
distendre en hernie; 2° la pénétration de ce boyau, ou plutôt de ce fil déjà 
botuliforme, dans le tissu conducteur jusqu'au sac embryonnaire, alors. que 
ces grains de pollen sont privés de l'exine ou membrane externe qui, restant 
en dehors du stigmate et comprimant l'intine et son contenu, favorise sücces- 
sivement la formation d'une hernie, puis d'un boyau et l'avancement de 
celui-ci par simple élongation dans le tissu conducteur. Mais ce ne seraient là 
que simples raisonnements d'objection, tombant devant le fait, si le fait existe. 
Ce que j'affirme, parce que je l'ai vu des centaines de fois sans aucune excep- 
tion, sur autant de pieds divers que j'ai pu le désirer, c'est que l’anthère, 
après s'étre ouverte, conserve ses deux masses de filaments polliniques ; que 
ces filaments se vident sur place où leurs fusées de fovilla se répandent sur les 
stigmates ; qu'on trouve constamment les stigmates couverts de fovilla et 
qu'on n'y trouve jamais un filament pollinique adhérent ; que j'ai ouvert et dis- 
séqué des centaines de stigmates et de styles, et que je n'ai jamais vu dans leurs 
tissus la moindre trace de boyaux polliniques. Je garantis ces faits, priant les 
plus capables de les contrôler, et m'engageant à leur fournir autant de Zostera 
vivants qu'ils en voudront depuis le mois de février jusqu'à celui de juin. 

Après s'être ouvertes et recourbées de plus en plus, les anthères finissent, au 
bout de: quelques jours, par se détacher tout à fait du spadice, sur lequel des 
lignes brunes marquent les points d'adhérence. On les voit flotter à la surface 
de l'eau oü l'on peut les ramasser par milliers, et, si on les examine en cet état, 
on voit que pas un de leurs longs fils polliniques n'a été dérangé de sa posi- 
tion primitive, bien que ces fils se soient tous vidés à peu prés complétement 
et qu'ils soient méme souvent recouverts par des masses de fovilla en décom- 
position. 

Aussitôt après la fécondation, l'extrémité des stigmates brunit ; une tache 
brune se montre aussi sur le style au-dessous de la division des stigmates ; 
puis, à ce même point, se détache toute la portion qui était hors de la spathe 
pendant la fécondation, et le reste du carpelle demeure couché dans la 
rainure longitudinale du spadice sous les bords de la spathe. Les carpelles deve- 
nus gros soulévent de nouveau les bords membraneux et flétris de la spathe, 
et leur ensemble forme à l'extrémité de chacun des nombreux rameaux du 
Z. marina comme un épi à deux rangs, assez gros pour que les pécheurs de 
nos étangs laient remarqué et appelé blad de mar, blé de mer, 


SÉANCE DU 18 AVRIL 1873. 89 


Le Z. nana fructifie plus modestement au fond des eaux et y reste inconnu 
sans nom particulier. Je ne suis pas méme bien sür que le nom que je donne 
à la plante de nos étangs soit celui qui lui appartient ; car elle offre des carac- 
teres si différents de ceux des descriptions que je me demande si c'est bien 
d'elle que Roth (Enum. plant. I, p. 9) et Reichenbach (F7. Germ. excurs. 
p. 137) ont pu dire qu'elle avait le spadice plus court, mais en même temps 
plus large que celui du Z. marina, et M. Ascherson que le spadice porte 
trois ou quatre fleurs (Plant. phan. marin. Ital. Consp. p. 184), quand la 
nótre en a au moins douze ? Mais ce n'est point ici le moment de débattre la 
question d'espéces ; je ne le ferais que si mes confrères pouvaient et voulaient 
bien me procurer, pour la comparaison, des individus bien frais et vivants du 
Z. nana de leurs contrées. 


M. Durieu de Maisonneuve dit que, sur nos cótes de l'ouest, il 
a récolté trois espéces de Zostera : le Z. marina, toujours stérile, 
à feuilles à cinq nervures; le Z. angustifolia, qui ne fructifie qu'en 
septembre et dont les feuilles ont trois nervures; et le Z. nana, 
à feuilles à une seule nervure, toujours trés-abondant en fructifi- 
cations. 

M. Duval-Jouve répond que l'étude des feuilles du Z. marina Va 
convaineu que le nombre de ses nervures s'éléve à mesure que la 
plante devient plus vigoureuse, et qu'il arrive jusqu'à neuf. 

M. Brongniart prie M. Duval-Jouve de vouloir bien donner 
de nouveaux détails sur les anthéres et les grains polliniques du 
Zostera marina. 

M. Duval-Jouve met sous les yeux de la Société un dessin que 
M. Duchartre a fait le jour méme de la séance, d'aprés des échan- 
tillons qu'on lui avait envoyés le matin méme de Palavas (Hérault), 
et le prie à son tour de vouloir bien entretenir la Société des résul- 
lats de ses observations. 

M. Duchartre dit qu'ila pu voir, sur un échantillon frais, une 
anthère parfaitement close s'ouvrir et s'étaler dans l'eau sur le porte- 
objet du microscope avec une rapidité surprenante. En outre, il a 
observé, dans un grain du pollen confervoide de cette plante, une 
circulation de granules s'opérant en deux sens inverses le long des 
deux parois opposées, fait déjà constaté par divers observateurs. 
Enfin il a pu se convaincre de la rapidité avec laquelle s'oblitérent 
les deux stigmates avant que l'ovule ait atteint ses dimensions 
définitives. 


90 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Roze demande à M. DuvalJouve s'il ne croit pas pouvoir 
expliquer le mode de fécondation du Z. marina, par l'encapuchon- 
nement d'un stigmate par l'anthére, qui de la sorte y porterait ses 
grains polliniques, et s'il se servait d'eau de mer pour ses observa- 
tions sur ses grains de pollen. 

M. Duval-Jouve répond qu'il s'est toujours servi d'eau de mer 
pour toutes les préparations microscopiques de Zostera, mais qu'il 
ne croit point que la déhiscence de l'anthére puisse donner une 
explication de la fécondation chez ces plantes. 

M, Roze fait remarquer que si le fait entrevu par M. Duval-Jouve 
était hors de doute, à savoir que la fovilla serait chez les Zostera 
projetée directement sur les papilles stigmatiques, il s'agirait d'un 
mode de fécondation non-seulement tout à fait nouveau, mais de 
plus complétement inexpliqué. 

M. Duval-Jouve dit qu'il se contente jusqu'à nouvel ordre de 
constater les faits sans chercher à les expliquer. 


M. Doümet-Adanson fait part à la Société de l'observation d'une 
anomalie assez singuliére qu'il a faite l'année derniére, sur les 
montagnes des Pyrénées-Orientales, dans un petit ravin qui monte 
au Cambredases, où il a pu voir, sur une étendue de terrain de prés 
d'un hectare, que toutes les fleurs supérieures ou terminales des 
Rhododendron ferrugineum présentaient une double corolle. ll 
ajoute qu'il a pu constater le méme fait dans d'autres localités, et 
que celte anomalie lui parait être due à la piqüre d'un insecte. 

M. Brongniart dit que le fait lui parait intéressant en lui-méme, 
parce que.les Rhododendrons et les Azalées ne doublent pas facile- 
ment. Il rappelle qu'une autre plante de la méme famille, l Erica 
Tetralirz, présente une anomalie à peu prés semblable; quelques 
individus de la forme anandra restent confinés sur un point très- 
restreint de la forét de Montmorency. 

M. Chatin signale un fait analogue, quant à la répétition de l'ano- 
malie, sur un grand nombre de pieds voisins de la méme plante. 
Dans une de ses herborisations aux environs de Saint-Germain en 
Laye, il a pu observer, dans des vignes, prés de quatre cents échan- 
tillons de Cichorium Intybus à tige fasciée. 


M. Eug. Fournier, au nom de la Commission de la session extra- 


ordinaire qui doit se tenir cette année en Belgique, propose à la 
Société la résolution suivante : 


SÉANCE DU 18 AvRIL 1873. 94 


La Société botanique de France tiendra cette année sa session extraordi- 
naire en Belgique, avec le concours de la Société royale de botanique de Bel- 
gique. Cette session s'ouvrira à Bruxelles, le 15 juillet prochain. 


La Société, consultée par M. le Président, adopte cette résolution. 
M. Duval-Jouve fait à la Société la communication suivante : 


SUR UNE FORME DE CELLULES ÉPIDERMIQUES QUI PARAISSENT PROPRES 
AUX CYPÉRACÉES, par ME. J. BUVAL-JOUVE. 


Depuis trés-longtemps déjà ou a décrit les diverses saillies que peut pré- 
senter la paroi externe des cellules épidermiques, tantôi soulevée en petites 
papilles ou en mamelons proéminents, tantôt étirée pour constituer un poil 
simple ou méme pour supporter un poil composé ou rameux. 

Depuis aussi longtemps, peut-être, on a constaté les différences de grandeur 
et de forme qu'offrent les cellules épidermiques d'une méme feuille, suivant 
qu'elles recouvrent du parenchyme ou qu'elles correspondent aux nervures, 
J'ai moi-même signalé (Agropyrum de l Hérault, p. 320, et surtout Arétes 
des Graminées, p. 56) les profondes différences de structure qui existent 
entre les cellules épidermiques des Graminées, selon qu'elles sont super- 
posées à des cellules à chlorophylle ou à des masses de tissu libériforme, 

* Mais jusqu'à présent, à ma connaissance du moins, on n'a signalé sur la 
paroi interne, ni saillie, ni différence de structure. Jl est vrai que les diverses 
modifications du tissu cellulaire sont si variées et si nombreuses, qu'une forme 
de plus ne semble guère mériter attention ; mais, si cette forme occupe con- 
stamment une place déterminée et qu'elle soit commune et propre à un groupe 
de plantes, comme les fibres à ponctuations aréolées le sont aux Conifères, 
elle acquiert alors assez d'importance pour avoir droit à une mention. 

En 1871, je comparais les stomates des Joncées et des Cypéracées (voyez 
Bull. Soc. bot. XVI, pp. 231 et suiv.), lorsque mon attention fut attirée 
par la forme singulière de quelques-unes des cellules épidermiques du Galilea 
mucronata L. (sub : Scheenus). E 

Les chaumes de cette Cypéracée ne présentent aucun de ces grands canaux 
aérifères que l'on voit dans la plupart des autres Cypéracées françaises ; ils 
sont au centre remplis de grandes cellules incolores à parois ponctuées et très- 
minces. Vers le tiers extérieur du rayon, les faisceaux fibro-vasculaires sont 
disposés en trois ou quatre cercles parallèles à la périphérie et chacun d'eux 
est enveloppé d'un cylindre de parenchyme vert. Entre chacun de ceux des 
“cercles moyens et l'épiderme, s'étend une bande longitudinale de tissu. libéri- 
forme, laquelle est immédiatement recouverte par quatre ou cinq cellules 
épidermiques. Or, parmi ces dernières, celles qui correspondent au milieu de 


99 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


la bande, au nombre de une ou de deux, sont un peu en retrait sur les autres, 
et de leur paroi interne s'élève vers l'extérieur un cône très-élégant qui quel- 
quefois s'avance presque jusqu'à toucher la paroi externe. Par des coupes 
longitudinales tangentielles et radiales, on constate que ces cellules à fond 
conique constituent une ou deux lignes, courant sur toute la longueur de 
chaque bande de prosenchyme ; que chaque cellule de ces lignes a son cône et 
quelquefois méme deux ; qu'à la base ce cóne n'est pas circulaire, mais un 
peu ovale, le plus grand diamètre suivant la longueur de la tige, et qu'autour 
de la base, la paroi interne, au lieu de rester mince comme celle des autres 
cellules, s'épaissit fortement et forme un bourrelet au-dessus duquel s'élève 
le cône. Ce renflement est plein comme le cône lui-même. 

En présence des réactifs, ce renflement et le cône se comportent comme 
les parois des autres cellules épidermiques. Par ébullition dans la potasse 
caustique, ils se gonflent extrêmement, ainsi que les autres parois, et presque 
jusqu’à remplir toute la cavité de la cellule. A la lumière polarisée il ne se 
produit ancun effet, ce qui semble indiquer que le cône et le bourrelet ne 
sont point composés de couches successives. La croix noire apparaît au con- 
traire très-vive sur les fibres libériformes auxquelles sont contiguës les cel- 
lules à fond conique. 

Les cellules à fond conique sont plus régulières que celles du reste de l'é- 
piderme recouvrant le tissu parenchymateux. J'ai vainement cherché à suivre 
le développement de ces cônes. Les cellules épidermiques très-jeunes et encore 
en voie de développement contiennent de trés-grands nucléus ; à ce moment, 
on ne trouve aucune trace de saillies coniques, mais on les voit aussitôt que 
les nucléus ont disparu. 

On voit les mémes cellules à saillie conique, occupant la méme place, à 
l'épiderme de la face inférieure des feuilles, dont l'histotaxie est absolument 
identique à celle des chaumes. 

Enfin, sur les rhizomes de la méme plante, on voit, sous l'épiderme, des 
bandes de tissu prosenchymateux, et les cellules épidermiques recouvrant ce 
tissu sont un peu moins élevées que les autres et quelques-unes portent aussi, 
sur leur paroi interne une saillie conique, semblable, quoiqu'un peu plus petite, 
à celle des chaumes et des feuilles. Notons, en passant, que l'histotaxie de ce 
rhizome est fort remarquable ; mais ce n'est pas ici le lieu de la décrire. 

L'Acorus Calamus, un grand nombre d’Iridées (/ris feetidissima Lx, etc.), 
de Typhacées, de Joncées et de Graminées présentent aussi des cellules épi- 
dermiques recouvrant immédiatement des bandes de tissu prosenchymateux ; 
mais, malgré des recherches souvent répétées, je n'ai pu y découvrir la moindre 
trace de ces saillies coniques ; tandis qu'une seule coupe transversale m'a suffi 
pour en constater la présence sur TOUTES les Cypéracées que j'ai pu étudier 
vivantes : 


SÉANCE DU 18 


Cladium Mariscus L. (sub : Schænus). 

Rhynchospora alba L, (sub : Scheenus). 
Fuirena pubescens Poir. (sub : Carex). 

Eriophorum latifolium Hoppe. 

— angustifolium Roth. 

Scirpus silvaticus L. 

— maritimus L. 

— Holoschænus L. 

— palustris L. 

— lacustris L. 

-— littoralis Schrad. 

— supinus L. 

— mucronatus L. 

— triqueter L. 

Schænus nigricans L, 

Galilea mucronata L. (sub : Schænus). 


Cyperus conglomeratus var. effusus Coss. 


— longus L. 

— olivaris Targ.-T. 
— serotinus Rottb. 
— fuscus L. 

— globosus All. 
— Papyrus L. 

— textilis Thunb. 
— alternifolius L. 
Carex vulpina L, 

— muricata L. 

— divulsa Good. 
— divisa Huds. 

— echinata Murr. 


AVRIL 1873. 93 


Carex remota L, 

— Linkii Schkr. 

— vulgaris Fries, 

glauca Scop. 

maxima Scop. 
hispida Willd. 

stricta Good. 
pallescens L, 

nitida Host. 
edipostyla J. Duv.-J. 
tomentosa L. 

præcox Jacq. 
Halleriana Asso, 
frigida All. 

punctata Gaud. 

flava L. 

OEderi Ehrh. 

Mairii Coss. et Germ. 
distans L, 

extensa Good, 
humilis Leyss. 
hordeistichos Vill. 
riparia Curt, (1). 
paludosa Good. 

hirta L. 

— filiformis L. 

Kyllingia monocephala L. 
Hypolytrum trinervium Kunth, 
Diplasia karatæfolia Rich. 


EEEFELELEEFRSEET EET EF EI 


Si des cellules à fond conique se montrent sur toutes ces espèces et inva- 
riablement dans la même position, c'est-à-dire au milieu des lignes des cel- 
lules épidermiques qui sont en contact immédiat avec les bandes de fibres 
libériformes, il s'en faut de beaucoup que le cône soit partout de méme gros- 
seur. Sur certaines espèces (Scirpus palustris, etc.), il est fort petit; sur 
d'autres (Cyperus conglomeratus!, Galilea mucronata!, Carex hordeisti- 
chos !, Scirpus littoralis, Carex hirta, etc.), il est relativement trés-gros. 
Sur le Carex œdipostyla, le bourrelet qui entoure la base de chaque cône, 
au lieu d'étre uni, est bordé vers l'extérieur d'un cercle assez régulier de petits 
mamelons. Sur le Carex tomentosa ces cellules propres paraissent d'autant 
plus en retrait que toutes les autres. cellules de l'épiderme des feuilles sont 
soulevées en grosses papilles creuses. 

Nous avons constaté que les cellules à fond couique ne se montrent que sur 
les lignes de l'épiderme qui recouvrent immédiatement du tissu libériforme. 
Ainsi, sur les Carex hordeistichos et hirta, ce tissu se montrant sous l'épi- 
derme de chaque face de la feuille, on trouve à chaque face des cellules de 
celte sorte. Mais, dans les trois dernières espèces de la liste ci-dessus, des cel- 
lules à chlorophylle et une couche de parenchyme incolore étant sous-jacentes 


(1) Cette espéce a des cellules à fond conique jusque sur ses utricules. 


94 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


à l'épiderme, et celui-ci n'étant en contact avec le prosenchyme que dans 
le voisinage de la nervure médiane des feuilles (Diplasia, Hypolytrum), ou 
contre les angles des chaumes (Æyllingia), c'est là seulement qu'on en 
trouve quelques-uns, trés-rares, avec des cónes peu développés, évasés et peu 
saillants. Les feuilles du Ky//ingia et les chaumes de l’ Hypolytrum, n'ayant 
aucune bande de prosenchyme sous-jacente et contiguë à l'épiderme, sont 
absolument dépourvus de cellules à fond conique. 

Les espèces citées ci-dessus, les seules que j'ai pu étudier, sont sans aucun 
doute trop peu nombreuses pour me permettre d'affirmer que ces cellules se 
reucontrent sur toutes les Cypéracées et qu'elles ne se rencontrent que dans 
ce groupe; mais leur présence constante en un méme point, sur toutes ces 
espèces, commande de signaler aux compétents cette particularité d'organi- 
sation. 

J'ai dit plus haut que l'histotaxie des feuilles du Galilea mucronata est 
identique à celle des chaumes; elle la reproduit en effet si exactement, qu'une 
feuille semble une moitié de chaume fendu en deux et dont l'extérieur consti- 
tuerait la face inférieure. La face supérieure des mêmes feuilles est constituée 
par des cellules épidermiques bulliformes (1), et la moitié de leur épaisseur par 
des assises de tissu láche, sans fibres et sans chlorophylle. L'épiderme de cette 
face ne montre donc aucune cellule à fond conique. Les feuilles des Cyperus 
serotinus, fuscus, etc., des Scirpus lacustris, littoralis, Holoschænus, etc., 
des Carex extensa et autres, n'ont aussi à la face supérieure que des cellules 
bulliformes et point de stomates (2). Ce sont les espèces dont les feuilles ont 
les faisceaux fibro-vasculaires petits et situés seulement vers la face inférieure. 
Les espèces qui, comme le Cladium Mariscus, les Carex hordeistichos et 
hirta, etc., ont les gros faisceaux fibro-vasculaires du milieu de l'épaisseur de 
la feuille reliés à chaque face par du tissu libériforme, portent, je le répète, à 
l'épiderme de chaque face, des cellules à fond conique superposées au tissu 
libériforme et des stomates au-dessus du parenchyme vert. Les grandes 
feuilles florales (/nvolucre de Linné et de quelques auteurs) du Galilea mu- 
cronata, des Scirpus littoralis, Holoscheenus, etc., ont leur face supérieure 
plane ou sillennée, avec un épiderme bulliforme et dépourvu de stomates. 

Les stomates manquent, en effet, régulièrement sur tout épiderme bulli- 
forme; toutefois j'en ai trouvé, mais trés-rarement, quelques-uns épars à la 
face supérieure des feuilles du Ga/7lea mucronata. Ils y sont mal développés ; 
et j'en ai méme vu dont le développement s'était arrêté à deux cellules; ce 
qui est une preuve de plus que l'appareil stomatique est normalement con- 
stitué par quatre cellules, dans cette famille, comme dans les Joncées et les 
Graminées. A ce que j'ai dit ailleurs (Aréfes des Gramnées, p. 53, pl. 1, 


(4) Sur ce terme, voyez Agropyrum de ? Hérault, p. 320 et pl. xvi, fig. 10-14 a. 
(2) Comparer à cette organisation celle des feuilles du Juncus compressus (Bull. Soc. 
bot. France, XVIII, p. 234 et pl. u, fig, 5). 


SÉANCE DU 9 MAI 1873, 95 


fig. 23 à 26; et Bull. Soc. bot. t. XVIII, pp. 235 et 236, pl. rt, fig. 7 
à 13), j'ajouterai que, indépendamment des coupes transversales, il est un 
moyen très-simple de constater que ces quatre cellules appartiennent au 
stomate. Si l’on enlève d'une feuille de Liliacée, d’fridée ou de Narcissée, une 
lame d'épiderme, on voit que les cellules épidermiques y sont en lignes exacte- 
ment parallèles. Chaque ligne, au point où se trouve un stomate, n’est inter- 
rompue que par deux cellules stomatiques ; ce qui montre que la cellule pri- 
mitive développée en stomate ne s'est dédoublée qu'une fois. Mais sur une 
semblable lame de Joncée, de Cypéracée ou de Graminée, en voit que la 
ligne de cellules où se trouve le stomate est interrompue par quatre cellules ; 
ce qui montre qu'il y a eu pour le développement complet du stomate deux 
dédoublements successifs, Et méme on peut remarquer que les cellules des 
deux lignes contigués à celle qui porte le stomate ont été, pendant leur déve- 
loppement, refoulées par celui des cellules stomatiques externes. Si ces deux 
cellules externes, au lieu d'appartenir au stomate, n'étaient que deux cellules 
réduites des lignes cellulaires contigués, elles seraient la continuation de ces 
lignes; tandis qu'au contraire elles sont surnuméraires, s'intercalent entre les 
deux cellules ostiolaires et ces lignes qu'elles refoulent de chaque cóté du sto- 
mate. Et encore on ne peut les considérer comme un dédoublement d'une 
des cellules des lignes contigués au stomate, puisqu'elles ne correspondent à 
aucune de ces cellules et sont en alternance avec elles, tandis qu'elles répon- 
dent exactement aux cellules ostiolaires et proviennent d'une méme multipli- 
cation, En traitant l'épiderme par la potasse caustique, les quatre cellules de 
l'appareil ostiolaire se séparent des autres, mais restent unies entre'elles, 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. GUSTAYE PLANGHON, VICE-PRÉSIDENT. 


M. Planchon, en prenant place au fauteuil, présente les excuses 
de M. Decaisne, président de la Société, empéché de se rendre à la 
séance. 

M. E. Roze, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la 
derniére séance, dont la rédaction est adoptée. 

M. le Président annonce une nouvelle présentation, 

Lecture est donnée de la communication suivante, adressée à la 
Société : 


96 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SUR LES ESPÈCES DE FRITILLAIRES DE FRANCE, 
A PROPOS DES ICONES ET D'UN MANUSCRIT INÉDIT DE PIERRE RICHER DE BELLEVAL, 
| par M. J.-E. PLANCHON. 


(Montpellier, avril 1873.) 


Dans une récente étude sur Richer de Belleval, fondateur du Jardin-des- 
plantes de Montpellier, j'ai fait l'histoire des cinq cents planches gravées qui 
représentent l’œuvre de ce botaniste. En partie publiées par Gilibert en 
1796, en partie restées inédites ou tout au moins inconnues au grand public, 
ces planches, au nombre de cinq cents, de valeur très-inégale au point de 
vue de l'exactitude et du mérite artistique, empruntent un nouvel intérét à la 
découverte d'un manuscrit descriptif qui ne leur sert pas de légende directe, 
mais qui, du moins, en est à beaucoup d'égards l'explication anticipée. Ce 
manuscrit autographe, longtemps perdu dans la bibliothèque de Gilibert, vient 
d'étre en partie retrouvé parmi les livres vendus à la mort de son fils (1). La 
seule moitié retrouvée (fol. 109-214, recto et verso) renferme des des- 
criptions, parfois un peu rudes de forme, péchant souvent par le défaut dans 
les termes, mais très-suffisantes néanmoins pour éclairer tels ou tels points 
botaniques que les /cones toutes seules laisseraient obscurs, et surtoutj pour 
rectifier les innombrables erreurs dont le bon Gilibert s'est rendu coupable, en 
traduisant, abrégeant et altérant d'une maniére arbitraire le texte qu'il avait 
sous les yeux. 

Reprendre en sous-ceuvre le commentaire de Gilibert, reproduire le texte 
entier de Belleval, serait un travail de longue haleine et dont l'intérêt rétro- 
spectif n'égalerait peut-étre pas la difficulté. J'ai préféré, comme spécimen 
d'une telle étude, procéder par voie de monographie, et reprendre, par 
exemple, dans les cones etle manuscrit de Belleval, tel genre de plantes dont 
ce vénérable auteur aurait mieux distingué les espèces que ne l'ont fait après 
lui tous les botanistes de l'école linnéenne. J'aurais pu, dans ce but, choisir 
les Taraxacum; mais j'aime mieux, cette fois, commencer par des plantes plus 
remarquables, dont le centre d'habitation en France est dans les Alpes dau- 
phinoises ou maritimes, c'est-à-dire sur le principal théátre des découvertes 
botaniques de Belleval. 

Sans s'exagérer la valeur de ces travaux d'érudition botanique, on peut en 
retirer du moins cette conviction que, en fait de connaissance des plantes 
de l'Europe méridionale, les auteurs vraiment originaux du xvi* et du 


(4) Connaissant, d'aprés le témoignage de Dorthes, l'existence de ce manuscrit , et 
soupconnant qu'il pourrait se trouver dans la bibliothéque de Gilibert, j'avais prié M. le 
professeur Lortet, de Lyon, de chercher à l'y découvrir. Cette recherche n'avait pas 
abouti, lorsque, tout récemment, la mort de Gilibert fils a fait passer entre les mains 
d'un libraire Je manuscrit en question, que-M. Adolphe Ricard, secrétaire de là Société 


archéologique et de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, a eu la chance 
d'acquérir. 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 97 


xvi siècle, étaient infiniment plus avancés que Linné et ceux de ses disciples 
qui, dansle midi, s'occuperent des mêmes plantes, La gloire de Linné n'en 
souffre pas dans son ensemble, puisqu'elle repose sur des titres supérieurs de 
généralisation, de vues philosophiques et de réformes dans la langue bota- 
nique ; mais, ces réserves faites en faveur d'une grande mémoire, au moins 
est-il juste de reporter aux vieux initiateurs de la botanique descriptive la part 
de mérite qui leur est due. 

Et ce n'est pas seulement dans les montagnes et les plaines de toute l'Europe 
que ces intrépides chercheurs avaient su découvrir des plantes spontanées; c'est 
aussi dans les jardins, qu'ils transportaient de partout, qu'ils recevaient de leurs 
nombreux correspondants, gentilshommes, médecius, apothicaires, jardiniers, 
savants ou amateurs, une masse étonnaute de plantes ornementales, ou médi- 
cinales, ou d'intérét simplement botanique. Qu'on relise à ce sujet Clusius, 
Lobel, les Bauhin, Parkinson, Morison, Tournefort, sans parler des Horti ou 
Florilegia da xvi siècle, et l'on sera frappé du nombre d'espéces et de variétés 
que possédaient alors l'Italie, la Hollande, l'Angleterre, l'Allemagne et la 
France, Les plantes bulbeuses en particulier y étaient richement représentées, 
et l'un peut dire que les espèces indigènes de cette catégorie sont bien mieux 
connues par les simples phrases du P/naz de Bauhin, appuyées de synonymes, 
que par les diagnoses écourtées, souvent inexactes, avec une synonymie par- 
fois fantaisiste, des ouvrages de Linné. 

Il est vrai que, pour interpréter ces vieux auteurs, il faut préalablement étu- 
dier les plantes dans la nature, dans les jardins, dans les herbiers, avec des 
ressources et des facilités de comparaison que Linné ne connut jamais. Pour 
ma part, sans me flatter d'avoir épuisé la matière dans un sujet très-limité, en 
regrettant de n'avoir pas eu sous la main les herbiers de Paris, de Londres et 
de Genève, je dois cependant des remerciments très-sincères à des correspon- 
dants aussi aimables que désintéressés et dévoués, MM. Thuret et Bornet, à 
Antibes; M. J. Traherne Moggridge, à Menton ; M. Émile Burnat, à Vevey; 
M. Gariod, à Bourgoin; M. Achintre, à Aix en Provence; le docteur Hookr 
et M. J.-G. Baker, à Kew;enfin mon frère M. Gustave Planchon et mon élève 
M. Henri Peltier, à Paris : tous se sont faits mes collaborateurs, en me 
fournissant ou des plantes, ou des observations, ou des documents qui m'ont 
permis de tracer les diagnoses, la synonymie et la distribution géographique 


[4 


des espèces françaises du genre Fritillaria dont suit l'énumération. 


1. Fritillaria Meleagris L. 


Foliis omnibus alternis (rarissime 2 infimis v. 2 supremis oppositis) linea- 
ribus canaliculatis intermediis saepe longe cuspidato-attenuatis (cuspide saepe 
uncato subcirroso), floribus 1-2 (rarissime 3) nutantibus, perianthii late 
campanulati foliolis e basi cuneata infracto-gibbosa erectis elliptico-oblongis 

T. ik (SÉANCES) 7 


98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


marginibus leviter inflexis apiceque subcucüllato-induplicatis saepius. purpu- 
rascentibus tessellatis raró albis concoloribus v. tessellato-variegatis, capsula 
erecta brevi turgida obtuse trisulca subtriloba in stipitem brevissimum abrupte 
contracta. 

HAB. — Dansles prés humides de l'Europe centrale, depuis la Suède et l'An- 
gleterre jusque dans la France méridionale, et depuis les bords de l'océan 
Atlantique jusque dans les provinces Danabiennes et le sud de la Russie (?). 

Suède (Linné herb. Thoüin ! Linné, dans l’ Hortus upsaliensis et surtout 
dans le Flora suecica, considérait la plante comme simplement naturalisée près 
d'Upsal). Ostrogothie, Gestrickland, fide J. Anderson. — Allemagne, çà et 
là, mais disséminée, comme du reste c'est l'habitude de l'espéce dans d'autres 
régions : Hambourg (Sonder in herb. Viguier!). Altona (Greenland in herb. 
Planch. !). Bohème (fide Koch). Hildesheim (fide Koch). Steinfurt et Sassen- 
berg, en Westfalie. Dans un pré, prés de Wachenheim, Palatinat (G. -F. 
Koch in Billot exsiccat. n° 1077 ! forma flore albo, concolore). — A quatre 
journées de Bude, en aval du Dauube (voyageurs cités par Clusius). — 
. Hollande (Prodr. fl. bat. p. 272, fide Alph. DC.). — Est et midi de l'Angle- 
terre (fide Hooker et Arnott); dans un pré de Kew (Planchon, mai 1847!). — 
Belgique, Val d'Aulne près Bruxelles (Crépin Manuel fl. Belg.) (1). — Cà 
et là, en France, surtout dans le centre, l'est et l'ouest ; nous ne citerons 
que quelques localités historiques ou intéressantes, renvoyant aux flores locales 
pour les détails : Abbeville, faubourg Saint-Gilles (B. de Brutelette in Puel 
et Maille, herb. des (1. loc. de Fr. n° 160 ! forma vulgaris et forma albiflora). 
Dordogne, prés de Riberac (Durieu de Maisonneuve, in Bill, exsicc. n° 63). 
Vendée, près de Fontenay-le-Comte (Letourneux, in Bill. exsicc. n° 1077 bis!) 
Deux-Sèvres, la Tranchée, canton de Niort (A. Guillon, in Puel et Maill. 
herb. (1. loc, n° 341 fl. et fr.). Loire-Infér., Thouaré (Lloyd, in herb. Thuret). 
Rochers de Passelourdin prés Poitiers (Pierre Naudin, apothicaire de 
Saumur au XviI* siècle, cité par Lobel). Angers (Boreau, in herb. Delile). 
Orléans (Noël Caperon, apothicaire au xvi* siècle, cité par Clusius). Environs 
de Blois, où les paysans de Mer (Mercienses), l'appelaient jadis cocous rouges 
(Reneaulme Specim. hist. pl.) Pour d'autres localités du centre, voir 
Boreau Æ/. du centre. Prairies près de Bordeaux (Brochou, in herb. 
Thuret ! forma vulgaris et forma albiflora). Tarn, localités nombreuses (d’après 
Martrin-Donos Fl. du Tarn, p. 661). Manque dans l'Hérault, le Gard, 
la Provence. Région du Jura : côté francais (voyez Grenier Fl. jurass.); côté 
suisse : le Locle (Mæder, in herb. Achintre, Reuter, in herb. Salzmann, G. 
Planchon, in herb. meo). Montagne de Goudeba près les Brenets, où l'on ap- 
pelle la plante Tulipe de Goudeba (Gaguebin, d’après Haller et id. in herb. 


Sur la dispersion de cette espèce (voyez Crépin Notes, fasc, v. p. 93, à moiincon- 
nues). 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 99 


Allioni, fide E. Burnat, in litteris). Saóne-et-Loire, Verdun-sur-Doubs (Febvre, 
in herb. Viguier !). Mâcon, prés du faubourg Saint-Laurent (Gilibert 
Demonstr.). Ain, Nantua (herb. Delile). Lyon (Timeroy, in herb. Thuret). 
Rhóne, Anse (A. Gacogne, in herb. Delile). Isére, Crémieu, Vienne 
(J. Fourreau, fide Verlot), Morestel (abbé Auvergne, fide Verlot). Savoie, 
Chantoigne (Huguenin, in herb. Thuret). Mont Viso! (Bally, in herb. Viguier 
[École de pharm. de Montpellier] août 1840, en fleur; détermination 
certaine). 

M. Parlatore (77. italiana) dit qu'il ne connait pas une seule localité ita- 
lienne de la plante. Quant à la localité espagnole du mont Serrat, citée par 
MM. Willkomm et Lange d’après M. Colmeiro, nous la regardons comme dou- 
teuse, n'ayant vu de là que le Fritillaria pyrenaica. Les localités danu- 
biennes et russes sont à vérifier, à cause de la confusion possible avec d'autres 
espèces, 

Lilium variegatum auct. quorumdam, fide Noëlis Caperonii a Clusio citat. 

Fritillaria Noël Caperon, in litteris ad C. Clusium, ante annum 1572. 

Fritillaria saturatior et F. dilutior Clus. Pannon, (ann. 1583) pp. 170 
et 173, cum icone. — Id. Hist. pl. rar. (ann, 1601) pp. 152-153, cum 
icone. 

Meleagris Dodon. Pempt. (ann. 1583) pp. 232-233, cum icone. 

Fritillaria sive Lilio- Narcissus purpureus variegatus, Meleagris flos 
Lobel Observ. (ann. 1576) p. 65, cum icone quoad fructus mala. — Id. Zcon. 
(ann. 1591) p. 136, cum icone e Clusio mutuata. 

Lilio- Narcissus variegatus atropurpureus zantonicus Lob. Icon. p. 136, 
cum icone e Clusio mutuata. 

Lilio-Narcissus purpuro-violoceus tessellatus niger, saturæve, dilute 
aut obsolete purpura pracocissimus pracoa et serolinus, eorumque varie- 
tates Lob. Advers. alt. pars, p. 494. 

Fritillaria zantonica serotina Lob. ibid. 

Fritillaria, Narcissus Caparonius etiam dicta J. Camerar, Hort. med. et 
philos. (aun, 1588) p. 62. 

Meleagris Renealm. Specim. hist. pl. (ann. 1611), pp. 147-148, icone 
ad p. 446 optima ! descriptione etiam eximia. 

Fritillaria vulgaris purpureo colore Swertius Frorileg. (ann. 1612) 
tab. vir. 

Fritillaria speciosa depicía seu Meleagris, Lilium variegatum vulgo, 
Besl. Hort. eystett. (ann. 1613) Vern. tert. ordo, fol, 7, tab. 1. 

. Fritillaria communis qug in Francia crescit Belleval mss. versus 
anun 1620. 

Fritillaria pracoa: purpurea variegata €. Bauh. Pin, (ann. 1623) p. 64, 
n° 4. — "l'ournef. /nstitut, I, p. 317. 

Fritillaria vulgaris Parkins. Gerard, fide Raii Hist. pl. p. 1106. 


100 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Meleagris sive Fritillaria dilutior et saturatior J. Bauhin Hist. pl. 
(ann. 1651) pp. 681-682, cum iconibus duabus, altera e Clusio mutuata. 

Fritillaria e foliorum alis florens L. Hort. cliff. (ann. 1737), p. 119. 

Fritillaria foliis omnibus alternis L. Hort. upsal. (ann. 1758). 

Fritillaria Meleagris L. Spec. pl. edit. 1 (ann. 1753), p. 304, cum 
verbis « foliis omnibus alternis ». — Id. edit. 2 (anu. 1762), p. 436, cum 
diagnosi « caule subunifloro, foliis omnibus alternis ». — Willd. Spec. IT, 
p. 91. — Gren. et Godr. Fl. de France, IN, p. 179. 

B. alba variegata L. Zort. upsal. (ann. 1748). — Id. Sp. pl. edit. 1 (ann. 
1753), p. 304. 

Fritillaria alba elegantissima ex phæo-purpureo tessulata Lob. Advers. 
pars alt. p. 495 (« Collecta haec in Albania a Somero Constantinopoli in 
patriam redeunte ; flos interne rubicundior est, unguibus albis præditus » 
Lob. An patria recte indicata ?). : 

Fritillaria alba variegata C. Bauh. Pínaz, p. 65, n° vi. — Tournef. 
Instit. p. 311. 

Fritillaria floribus albis notulis adspersa Lobel Advers. pars altera, 
p. 495. — J. Bauh. Hist. pl. II, p. 684. 

y. alba praecox L. Hort. upsal. et Sp. plant. ed. 1, p. 304. 

Fritillaria alba Besl. Hort. eyst. I, tert. ordo, fol. 8, tab. 111, icone im- 
perfecta. 

Fritillaria alba altera? Lobel Advers. app. p. 496, exclus. loco natali? 

Fritillaria alba Clus. Cur. post. (ann. 1011) p. 19. 

Fritillaria alba precoz C. Bauh. Pinaz, p. 6^, n» vir. 

Variat etamin hortis flore pleno, namque perianthii phyllis octonis, duodenis 
v. crebrioribus, de quibus varietatibus confer auctores veteres, Clusium, 
Bauhinum, Beslerum (Hort. eystett.), etc. 

Cette espèce, essentiellement sporadique, se retrouve cà et là, mais toujours 
à titre de plante rare, dans les plaines et les montagnes peu élevées de l'Europe 
centrale et occidentale. Sa limite nord est en Suéde ; sa limite sud en Gas- 
cogne et en Languedoc; son extension vers l'ouest est arrétée par l'océan 
Atlantique ; dans le sens de l'est, je ne connais pas bien ses limites, parce 
que sa présence en Turquie et dans la Russie méridionale, indiquée d’un mot 
par MM. Willkomm et Lange, a besoin d’être établie d'une manière précise 
et détaillée. 

La localité du mont Viso, que j'ai citée d'aprés un échantillon d'herbier, 
mérite aussi d'étre confirmée ; la détermination de cet exemplaire n'est pas 
douteuse, mais un doute peut surgir quant à son origine vraie, la Fritillaire 
habituellement trouvée au mont Viso étant le Fritillaria delphinensis. 

J'ai donné avec quelque détail la synonymie de l'espéce dans les vieux 
auteurs et j'ai méme extrait de leurs ouvrages la mention de quelques variétés 
remarquables, pour montrer avec quel soin et quel amour les péres de la 


SÉANCE DU 9 Mar 41873. 101 


botanique étudiaient les plantes spontanées et les cultivaient au point de vue 
de leurs variations. Il faut voir à cet égard surtout ce que Clusius dit des Fri- 
tillaires recues par lui de ses nombreux correspondants. 

Parmi ces variétés considérées comme distinctes, figure un Fritillaria sero- 
tina atropurpurea C. Bauh. Pin. p. 65, n° var, pour lequel Bauhin cite 
comme synonymes le Fritillaria saturatior Clus. Pann. , le Meleagris altera 
Dodoéns et le Fritillaria zantonica. serotina Lob. Advers. Comme il ne 
s'agit là que d'une nuance plus foncée dans la couleur et d'une floraison plus 
tardive, je n'ai pas cru devoir y insister d'une maniére spéciale, Les deux 
variétés à fond blanc énumérées ci-dessus sont aussi probablement reliées 
l'une à l'autre par des nuances intermédiaires. On les trouve cà et là dans la 
nature, celle à fleur toute blanche, par exemple, étant mélée au type pourpré 
dans le Palatinat, prés d'Abbeville et sans doute ailleurs (1). 

Richer de Belleval n'a pas donné de figure du Fritillaria Meleagris, mais 
il signale incidemment l'espéce comme Fritillaria communis quæ in Francia 
crescit, C'est une preuve qu'il avait su la distinguer de celles du Dauphiné et 
des Pyrénées. 

Dans la Flore française de De Candolle, où les Fritillaires sont trés-mal 
diagnostiquées, la plante désignée comme variété y lutea du Frit. Meleagris 
se rapporte peut-être à la variété jaune du Fritillaria delphinensis. 


2. Fritillaria pyrenaica (L.) Gawl. 


Foliis alternis, inferioribus 2 sepe suboppositis, late linearibus plurinerviis, 
floribus saepius solitariis (nunc geminis) ceruuis, perianthii cylindraceo-cam- 
panulati laciniis apice leviter revoluto-patentibus internis latioribus cuneato- 
obovatis omnibus in apiculum breve (rarissime obsoletum v. nullum) obtu- 
sum planum contractis colore sepius partim luride purpureo partim lutescente 
varie suffusis leviter vel obsolete tessellatis. 

HAB. — Pyrénées, Languedoc, Provence, Catalogne, Asturies. — Pyrénées 
(Sauvages, herb. avec le nom : « Fritillaria praecox pyrenaica » ! Lapeyrouse 
in herb. Thoüin, avec l'étiquette suivante : « Fritillaria Meleagris? est Fr. 
pyrenaica, ex herbario Linnæi et ex speciminibus Horti upsaliensis ». Boisperré, 
ann. 1810, in herb. Bouché-Doumencq, avec l'étiquette : « Fritillaria Meleagris, 
var. atropurpurea ». Penne de Lheyris, Bagnères-de-Bigorre (Cambessedes ! 
Philippe, in herb. Thuret) Gèdre (Bordére, in herb. Viguier, Thuret, 


(4) Sous le nom de Fritillaria precoz hort. et avec le synonyme F. alba Hort. 
eyst.). M. € Mueller, in Walpers Ann. bot. syst. VI, p. 105, décrit une Fritillaire du 
jardin botanique de Berlin, qui, par la glaucescence de ses feuilles et par certains carac- 
téres de ses fleurs, s'éloigne, daprès l'auteur, du Fritillaria Meleagris. Je ne crois pas 
même, d'après la description, que ce svit une des espèces connues dans l'Europe occi- 
dentale. Le synonyme alba (Hort. eyst.) semble se rapporter plutôt à la variété à fleurs 


blanches du Frit. Meleagris. 


102 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Achintre, etc.). Esquierry (Boileau, in herb. Viguier; Lezat, in herb. Delile : 
Zetterstedt, in herb. Planch.). Bareilles prés Arreau (Boutigny, in Billot 
exsicc. n° 660! cum synonymia optima). 

Bois de Gaix près Castres, Tarn (Doumenjou). La Mouline prés Cornus, 
Aveyron, avril et mai 1846 (Larambergue, in herb. Dunal. Je lai vu 
vivant et en fleur au méme endroit, le 21 avril 1866, près du moulin, le long 
du bois communal de Saint- Véran). Bois du Guilhomard, Aveyron, non loin 
de Cornus (Planchon, 21 mai 1866, la plupart des fleurs passées, dans les 
rocailes dolomitiques). Le Cros près le Caylar, sur le plateau du Larzac, 
altit. environ 750 mètr. (Planch. 1867). Saint-Pons, Hérault, (Melchior Barthez, 
22 avril 1864, in herb. Planch. : je l'ai recueilli vivant, au méme endroit, 
sur les indications de M. Barthez, en 1866). Méme région, à Saint-Michel 
d'Aleyron, au Puech Tudès, grand devois, abondant (Aubouy). Quelques pieds 
à Labeil, au haut de la vallée de Lauroux prés Lodéve, Hérault (Aubouy). 

Basses-Alpes (herb. Planch., sans localité précise, mais avec une étiquette 
de la méme main qui a nommé un exemplaire du Fritillaria delphinensis). 

Mont Serrat, Catalogne (Nap. Doümet-Adanson, d'aprés des pieds vivants 
fleuris dans son jardin en 1865). Asturies (Lag. et DR. fide Willk. et 
Lange). 

Fritillaria pyrenœa Clus. Hist. pl. (ann. 1601) t. II, appendix, 
pp. 256-257, cum descript. optima. — Gay in Gren. Observ. bot. (ann. 
1838) p. 23. 

Fritillaria pyrenaica L. Sp. edit. 4, p. 304 et edit. 2, p. 346 (exclus. 
verbo « multifloro » in diagnosi, ex observatione cl. Grenier). — Gren. et 
Godr. F/. de Fr. MI, p. 179. — Melchior Barthez in Ann. de la Soc. 
d'hort. et de bot. de l'Hérault (ann. 1865), pp. 25, 28 et 29. 

Fritillaria pyrenaica «. Gawler in Bot. Mag. tab. 664. 

Fritillaria nigra, pyrenæa Lobel Advers. (ann. 1605), p. 496. 

Fritillaria aquitanica Clusii et Boisotti serotina Lob. l. c. p. h95 (1). 

Fritillaria serotina floribus ex flavo virentibus €. Bauh. Pin. 64, n° 1x. 

Fritillaria aquitanica flore luteo virescente Swert. Floril. tab. 7. 

Fritillaria minor obsoleto colore inodora, Hort. eystett, Y ordo tert., 
fol. 9, tab. 11. 

Fritillaria flore minore C. Bauh. Pin. (ann. 1623) p. 64, n° xu (excl. 
synon. Hort. eystett. ?) cum varietatibus 4. 


(4) Clusius avait recu Ja plante qu'il appelle aquitanica, d'un de ses amis, Jean Boisot, 
qui disait l'avoir eue du pays d'Aquitaine. Mais comme le méme correspondant est cité 
quelque part (dans Clusius ou daus Lobel) comme ayant recueilli des plantes dans le 
Rouergue, il est probable qu'il aura eu cette plante de cette région, puisque M. de La- 
rambergue l'a trouvée dans l'Aveyron. Les localités que Clusius indique pour la plante 
(évidemment par oui-dire) dans les Cure posteriores, p. 11, par exemple le Poitou, la 
Bretagne, l’Aquitaine, se rapportent sans doute au Frilillaria Meleagris. 


hs let 


SÉANCE DU 9 Mai 1873. 103 


Meleagris sive Fritillaria pyrenæa flore minore J. Bauh. Hist. pl. I, 
p. 683, icon. 

Fritillare pyrengum flavum immaculatum Bellev. msc. fide Gilibert, 
qui stirpem perperam ad Frit. Meleagridem L. ducit. 

Fritillaria avaxôprn («ob foliola: repanda », zd est ob foliola perianthii 
apice patentia) P. Renealm. Specim. hist. pl. (ann. 1611), p. 149-150, 
icone in pagina 446 optima, formam stirpis perianthio magis quam solito 
patente insigne exhibente, qualem in stirpe culta interdum ipse vidi. 

Fritillaria ày0opaxposredovdhos, flore majore angustifolia Bellev. icon. 
inedit. n° 175 (Bibl. de l'Institut, fonds Delessert). 

Fritillaria Meleagris Gouan /llustrat. (ann. 1773) p. 25, non L. 

Fritillaria Meleagris Lapeyr. Abrég. Pyr. p. 183, exclus. synonym, 

Fritillaria nervosa Willd. Enum. hori. berol. 365. — Kunth Enum. IV, 
p. 251 (exclus. loco natali). — Koch /nd. sem. Hort. berol. (ann. 1855), ex 
Walp. Annal. VI, 104. 

Fritillaria nigra Ker in Bot. Mag. sub folio 4538 (ann. 18135). 
Fritillaria precoz pyrenaica Sauvages herb. 

Fritillaria aquitanica Clus. PL hist. I, p. 153, cum icone rudi et me- 
diocri, sed quoad character foliolorum perianthii apice reflexo-patulorum bona, 
Gren, Observ. bot. (ann. 1838) Doumenjou Æerbor. p. 106, icon, fide 
Martrin- Donos F}. du Tarn, p. 661. 

Fritillaria linophylla Doumenjou in diario le Castrais, 14 jun. 1846, 
p. 3.1 pp 

Fritillaria Meleagris Willk. et Lange Prodr. Fl. hispan. I, p. 220, 
pro- parte, nempe quoad stirpem in monte Serrato fide cl. Colmeiroi indi- 
catam. 

La synonymie que nous avons donnée de cette espéce en résume assez 
l'histoire pour nous dispenser de longs détails. Clusius l'avait recue d'abord 
de Bordeaux comme une plante d'Aquitaine et l'avait décrite sous le nom 
d'aquitanica ; plus tard, il l'eut des Pyrénées et la fit connaitre sous le nom 
de pyrenœa, La premiere origine est presque sûrement inexacte, la plante 
n'ayant jamais été trouvée en Gascogne, mais bien dans le bas Languedoc ou 
Occitanie ; quant à l'origine pyrénéenne de la seconde forme que Clusius eut 
sous les veux, elle est confirmée par toutes les recherches ultérieures. 

L'identité de la plante du Languedoc avec celle des Pyrénées ne laisse pas 
non plus le moindre doute : nous l'avons constatée sur le vif, aussi bien que 
dans les herbiers, et toutes les différences de coloration de la fleur déjà signa- 
lées dans le Pinar de Bauhin ne sont que des nuances qui ne constitueraient 
pas méme des. variétés tranchées. 

Le caractère saillant de cette espèce est déjà bien mis en lumière par les 
auteurs du XVI* et du xvi? siècle; je veux parler de ses pièces du périanthe, 
dont les sommets s'étalent ou se réfléchissent un peu en dehors : Oris 


104 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


reflexis, dit Clusius. Un autre trait caractéristique, bien vu par M. Grenier, 
c'est la petite pointe mousse qui termine chaque piéce du périanthe, mais 
surtout les trois pièces internes à base plus ou moins cunéiforme. Ce carac- 
tère se retrouve chez le Fritillaria messanensis, espèce un peu litigieuse qui 
pourrait bien n'étre pas autre chose qu'une forme du F. pyrenaica. 

Si nous adoptons, avec M. Grenier, ce nom de pyrenaica, c'est pour ne 
pas violerla convention qui veut que le plus souvent on ne remonte pas, pour 
la nomenclature binaire, au delà des ouvrages de Linné. Et pourtant ne 
serait-il pas cent fois plus juste de citer comme auteur de cette espèce Clu- 
sius, qui l'a connue et bien décrite le premier, au lieu de Linné, qui ne la vit 
probablement jamais, qui la désigna par une diagnose absolument fausse, 
dans laquelle il fit entrer les caractères d'une plante de la Russie méridionale, 
distinguée plus tard par Gawler sous le nom de Fritillaria racemosa (Bot. 
Mag. tab. 952 et tab. 1216) (1)? 

Nous n'aurions donc peut-étre pas hésité à reprendre, à l'exemple de notre 
vénérable ami, feu Jacques Gay, le nom de pyrenæa, si Clusius n'avait décrit 
la méme espéce sous ce nom lorsqu'elle venait des Pyrénées, et sous le nom 
d'aquitanica lorsqu'il la supposait venue d'Aquitaine. 

L'erreur de Clusius, assez excusable par la différence des époques auxquelles 
il avait cultivé les deux plantes, s'expliquant sans doute par l'existence de 
variétés dans l'espèce, diminue un peu la valeur du nom pyrenæa ; et, d'autre 
part, le nom aquitanica Clus., que M. Grenier avait d'abord rétabli comme 
plus ancien que pyrenca, a le défaut de s'appliquer à une plante non stricte- 
ment aquitanique. C'est par ces raisons que nous laissons au second plan les 
deux noms de Clusius, tout en reconnaissant que les botanistes du xv1* siècle, 
Clusius en tête, ont bien mieux connu les Fritillaires que Linné et les 
botanistes de son école, que Gouan par exemple, qui a confondu avec le Fri- 


(4) Comme preuve de l'espèce de fétichisme avec lequel certains disciples de Linné, 
d'ailleurs trés-distingués, consacraient les erreurs de leur maitre, je puis citer l'exemple 
suivant : 

Dans l'article n° 952 du Botanical Magazine, Gawler avait parfaitement montré 
comme quoi Linné, dans sa diagnose du Fritillaria pyrenaica, avait pris les caractéres 
de sa plante, non pas dans les descriptions et les figures que Clusius et Lobel avaient 
données du type pyrénéen, mais bien dans une plante de jardin, originaire de la Russie 
méridionale. Gawler avait nommé cette dernière Fritillaria racemosa, réservant le nom 
de pyrenaica L. (pro parte) à la plante des Pyrénées. 

Que fait pourtant Dryander, dans la 2° édition de P Hortus kewensis, p. 244? Il em- 
prunte à Willdenow la diagnose inexacte de Linné relative au Fritillaria pyrenaica: « F. 
foliis infimis oppositis, fluribus nonnullis foliis interjectis » ; il rejette, à tort, le synonyme 
de Clusius, le seul qui convienne à la plante pyrénéenne ; enfin, il regarde comme non 
avenues les distinctions trés-bien établies par Gawler, en réduisant le Frit. racemosa de 
cet auteur au rang de simple synonyme du pyrenaica. Voilà donc, dans un ouvrage clas- 
sique, les confusions de Linné consacrées de nouveau, malgré les élucidations que 
Gawler y avait apportées. Certes, en signalant de tels faits, je suis loin de vouloir jeter de 
l'ombre sur la gloire de Linné ; mais il n'en est pas moins vrai qu'une telle habitude de 
jurer in verba magistri a longtemps arrété les progrés de la botanique descriptive. 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 105 


tillaria Meleagris, le Fritillaria pyrenaica trouvé par lui sur le plateau du 
Larzac, aux confins des départements de l'Hérault, du Gard et de l'Aveyron. 

L'existence du Fritillaria pyrenaica dans le Languedoc fat d'abord con- 
statée dans la région de la montagne Noire, par feu M. Doumenjou, qui, regar- 
dant l'espéce comme nouvelle, la décrivit sous le nom de linophylla. Bientôt 
M. de Larambergue la découvrit près de Cornus (Aveyron). M. Melchior 
Barthez la retrouva près de Saint-Pons (Hérault), et nous-même, soupconnant 
que le Fritillaria Meleagris de Gouan n'était antre que le pyrenaica, mais 
ne sachant en quel lieu précis chercher la plante, d’après l'indication si vague 
de cet auteur (non infrequens eundo a pago campestre ad urbem Clermont 
de Lodève), nous avons fini par la retrouver tont près du Caylar (Hérault), où 
Gouan devait l'avoir vue, ainsi qu'au bois du Guilhomard (Aveyron), localité 
nouvelle, mais peu distante de la localité connue de Cornus. 

Quant aux localités des hautes Cévennes, que Gouan cite avec doute (savoir 
Saint-Guiral et l'Espérou), il faut les regarder comme plus que douteuses, 
personne n'ayant trouvé là, que je sache, une Fritillaire quelconque. 

Jusqu'à ce jour l'aire géographique du Fritillaria pyrenaica semblait con- 
finée dans la chaine entière des P vrénées et sur quelques points des départements 
du Tarn, de l'Avevron et de l'Hérault. Un échantillon que je trouve dans mon 
herbier avec l'étiquette « Fritillaria Meleagris, Basses-Alpes », sans localité 
précise, est certainement identique avec le type pyrénéo-occitanique, et comme 
cet échantillon est accompagné d'un autre qui, sous le nom de « Fritillaria 
Meleagris var. delphinensis, Basses-Alpes », représente une forme à fleurs 
blanches du Fritillaria delphinensis, je ne puis guère douter que la pre- 
mière plante ne vienne en effet de Provence. Le fait néanmoins mérite con- 
firmation. On peut aussi recommander aux botanistes d'Aix la recherche de 
la plante que Garidel cite au bois d'Esparron de Paillières (au-dessus de la 
grande allée du cháteau), et qu'il dit se retrouver au bois de devens de Vau- 
venargues ainsi qu'au mont Sainte-Victoire. MM. de Fontvert et Achintre 
Catal. des pl. d’ Aix, p. 431) rapportent cette plante de Sainte-Victoire au 
Fritillaria Meleagris ; mais Garidel, auteur en général excellent, čite comme 
appartenant à sa plante les synonymes de Clusius et des Bauhin qui sont ceux 
du Fritillaria pyrenaica ou aquitanica ; or, à moins que cette plante de 
Provence ne soit le Fr. involucrata, il ést plus probable qu'elle se rapporte 
au Fritillaria pyrenaica qu'au Fritillaria Meleagris. : 

Le Fritillaria pyrenaica Reichenb. Icon. fl. germ. X, p. 7, tab. 976, 
dessiné d’après un exemplaire des environs de Raguse en Dalmatie, $ éloigne 
du type par ses feuilles florales rapprochées trois ensemble. Elle concorde à 
cet égard avec un état assez fréquent du Fritillaria messanensis. 

Le Fritillaria messanensis lui-même n'est, du reste, trés- probablement 
qu'une forme du Fritillaria pyrenaica auquel l'avaient rapporté Gussone et 
Webb. Répandu cà et là en Espagne, en Portugal, en Algérie, en Sicile, en 


106 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Calabre et aux îles Ioniennes (Domenico Mazziari, in herb. Planch. sub 
nomine Fritillaria nigra M.-B. forma uniflora, et sub nomine Fr. plan- 
taginea Sibth. forma triflora), ce type se distingue en général du vrai Fri- 
tillaria pyrenaica par le rapprochement par deux ou par trois des feuilles les 
plus voisines de la fleur, qui deviennent de la sorte involucrantes, mais avec 
moins de constance et de régularité que chez les Fritillaria involucrata et 
montana, Quant aux autres caractéres, soit des feuilles, soit des fleurs, ils 
rappellent assez exactement le Fritillaria pyrenaica typique : l'identité 
semble étre parfaite entre la plante des Pyrénées et celle recueillie prés de 
Messine par M. Huet du Pavillou (exsiccat. n° 202, in herb. Thuret), sauf 
que l'un des deux exemplaires de Messine présente à peine l'apiculum obtus 
de l'extrémité des piéces florales. Quant à la plante d'Oran (Fritillaria Me- 
leagris Desf. non L., Fritillaria pyrenaica Munby Fl. alg., Fritillaria 
montana, vel sp. nov. Munby, Catal. alg. édit. 2, p. 32, Fritillaria messa- 
nensis Balansa exsicc. anu. 1852, n° 223, in herb. Thuret), elle a ses. pièces 
florales non tessellées et plus insensiblement rétrécies en pointe obtuse (late 
et breviter sensim obtuse contracta) que chez les formes ordinaires du py- 
renaica; mais le méme caractère se retrouve chez des exemplaires des 
Pyrénées (1). 

S'il est vrai, comme l'écrit M. Boissier (Voy. en Espagne, II, pp. 610-611), 
que la Fritillaire du sud de l'Espague appelée par lui messanensis ait le plus 
souvent toutes les feuilles alternes, le seul caractère qui nous permette de 
distinguer ce messanensis du pyrenaica ferait quelquefois défaut, et dés lors 
on est disposé à croire que les deux plantes ne sont que des nuances d'une 
seule espèce, nuances entre lesquelles il serait téméraire de vouloir tracer des 
limites sans une étude approfondie faite sur le vif. 

Le Fritillaria lusitanica Wickstr. ex Kunth Enum. 1V, p. 248 (non 
Clusius) n'est aussi trés-probablement qu'une forme du Fritillaria pyre- 
naica. J'en ai sous les yeux trois sommités fleuries, faisant partie de l'herbier 
d'Aug. Broussonet (Faculté des sciences de Montpellier) avec l'étiquette 
« Frit, Meleagris L. ex Vistabella, 1802 », probablement de la main de 
Brotero. 

Deux de ces exemplaires ont les deux feuilles supérieures alternes, l'autre 
les a opposées ; or, comme les fleurs sont identiques, il est prouvé par là que 
le caractère des feuilles florales est variable. Ces fleurs offrent, du reste, sur le 
sec, deux caractères de celles du Fr. pyrenaica, c'est-à-dire des pièces un peu 
révolutes par la pointe et contractées en un court acumen obtus. Leur couleur 
semble être à fond jaune sale, avec du pourpre terne sur les bords, sans tessel- 
lations marquées. Tout me porte à croire que ce n'est encore là qu'une forme 


(4) Je n'ai pas vu la plante indiquée par M. Munby (Catalogue, éd. 2, p. 32) sous le 
nom de Frit, messanensis Rafin., comme venant sur les hauts plateaux de la province 
d'Alger, à Boghar. 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 107 


du Fritillaria pyrenaica, opinion émise par Webb et dubitativement par 
M. Edmond Boissier. 

Le Fritillaria hispanica Boiss. et Reuter Diagn: sér, 2, n° 1v, p. 101, 
ne m'est connu que par l'exemplaire de Bourgeau, pl. d’Esp. exsicc. ann. 1854, 
n° 2278, nommé par J. Gay Fritill. messanensis Rafin. Il est tantôt uniflore 
avec des feuilles toutes alternes, tantót biflore avec deux feuilles rapprochées 
et sub-opposées à la base de la fleur inférieure: les pièces du périanthe ont la 
forme et l'apiculum caractéristique du Fritillaria pyrenaica, dont tout me 
fait penser que la plante est une simple nuance. 

Même observation pour la plante de la région alpine de la Sierra-Nevada 
(la Castiguela, prov. de Grenade), récoltée par M. Pedro del Campo (Bour- 
geau, n° 92, in herb. Thuret), et que M. Cosson a déterminée messanensis : 
je n'y vois que des nuances à peine saisissables sur le sec du type pyrenaica ; 
en tout cas ses feuilles supérieures, toutes alternes, la rapprochent plus de la 
plante des Pyrénées que de celle de Messine. 

Une plante qui, dès l'abord, paraît très-distincte comme espèce, c'est le 
Fritillaria stenophylla Boiss. et Reuter Diagn: pl. or. 2* série, 1V, 
p. 100, distribué par Welwitsch, iter lusitan. continuatio 1851 (herb. Thuret), 
sous le nom de Frit. Meleagris Brot. FL. lusit. (1). L'aspect jonciforme de 
ses tiges gréles et roides, ses feuilles étroites, ses fleurs relativement petites 
et dont les piéces externes sont manifestement gibbeuses, tout cet ensemble 
paraît séparer ce type des formes pyrénéennes du Fritillaria pyrenaica ; 
mais si l'on songe que les échantillons signalés proviennent de landes sablon- 
neuses d’une région chaude (7n transtaganis ericetis sabulosis prope Coina), 
on s'explique la gracilité relative et la maigreur de ses formes, et, comme 
on retrouve dans ces fleurs une partie des caractères du Frit. pyrenaica, on 
serait tenté de n'adopter le Fr. stenophylla qu'à titre de simple variété du 
type plus large dans lequel se fondraient les Fritillaria pyrenaica, aquitanica, 
messanensis, lusitanica et hispanica. 

Jl est probable que le Fritillaria stenophylla a pour synonymes anciens : 
le Fritillaria angustifolia lutea variegata parvo flore C. Bauh. Pin. p. 64, 
n° xii (Fr. lusitanica Clus. Cur. post. pp. 20-21) (2) et le Fritillaria 


(4) La diagnose de Brotero est tellement incompléte, « caule unifloro, foliis omnibus 
alternis » , qu'on ne peut reconnaître si sa plante est le lusitanica Wickstr. in Act, Acad. 
holm. 4821, II, p. 9, tab. 5 (à moi connue seulement par la citation de Kunth), ou si 
c'est le F. stenophylla Boiss. et Reut. MM. Boissier et Reuter regardent comme lusita- 
nica de Wickstr. une plante recueillie prés de Lisbonne, par C. Hochstetter, n? 253, et 
dans la Serra de Cintra par Welwitsch, plante probablement identique à celle que je 
vois dans l'herbier Broussonet, avec l'étiquette Meleagris, presque sürement de la main 
de Brotero, En tout cas, le Frit. lusitanica Clus. semble être, comme je le dirai plus 
loin, le F. stenophylla Boiss. et Reut. * 

(2) Clusius raconte comment la plante qu'il appelle Frit. lusilanica a été vendue à 
plusieurs amateurs de fleurs par un fleuriste francais, nommé Lequeit, qui disait l'avoir 
importée du Portugal L'assertion était probablement vraie, car les caractéres assignés 


108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


lutea juncifolia lusitanica, Parkins. ex Raio Hist. plant. p. 1147. Mais il 
faut étre trés-réservé dans ces citations des anciens auteurs, et voilà pourquoi 
nous laissons encore dans le.doute des formes pluriflores qui par leur inflo- 
rescence s'éloignent du type ordinaire pyrenaica, tout en s'en rapprochant par 
les caractères de la fleur. Tels sont : le Frit. umbellifera C. Bauhin Pin. 
(Fr. hispanica umbellifera Swert. Floril. tab. 7. Parkins. Parad. fide Raii 
Hist. pl. p. 4158), le Fritillaria polyanthos flavo viridis C. Bauhin Pin. 
p. 64, no HI (Fr. polyanthos lutea, Hort. eyst. I, tert. ord. folio 9, tab. III). 
Comme ces plantes n'ont été figurées que d'aprés des exemplaires de jardin, 
il est difficile de dire dans quelle mesure l'exubérance dansle nombre de leurs 
fleurs provient ou non de l'influence de la culture. 

Pour montrer, du reste, combien sont variables les caractères du Fritillaria 
pyrenaica, je n'ai qu'à transcrire en note la description que j'ai faite jadis, 
sur le frais, d'exemplaires rapportés des Pyrénées, de Saint-Pons, dans l'Hé- 
rault, et du mont Serrat, en Espagne (1). On verra que chez ces plantes la 
couleur des fleurs, leur odeur (nulle ou spermatique), leur grandeur, leur 
évasement plus ou moins grand, l'état révolute ou presque dressé de la pointe 
des pièces du périanthe, la forme même de ces pièces chez lesquelles l’api- 


par Clusius à la seule plante de ce lot qui eût fleuri (chez l’apothicaire Christian Porret, 
de Leyde) se rapportent parfaitement à la plante de Portugal décrite par MM. Boissier 
et Reuter sous le nom de F. stenophylla. Notons parmi ces caractères les suivants : 
« caulis,.,, valde gracilis, firmus tamen..., foliola (folia) sena aut septena........ ws 
brevia et admodum angusta. Flos reliquis Fritillariis minor, vix unciam longus, seu foliis 
constans quorum mucro non reflexus erat, foris quidem coloris purpurei obsoleti.... nullis 
maculis tessellatione dispositis apparentibus. » Ce dernier caractére de l'absence de tessel- 
lation, exact pour le F. stenophylla Boiss., le serait presque aussi pour la plante de l'her- 
bier d'Auguste Broussonet que j'ai nommée lusitanica Wickstroem, et dont les pièces 
florales, à pointe manifestement recourbée en dehors, sont largement bordées de pourpre 
sur un fond jaunátre, avec quelques mouchetures purpurines peu marquées. 

La non-récurvation des piéces du périanthe, signalée par Clusius chez son F. lusita- 
nica, pourrait sembler un caractére distinctif entre cette plante et les diverses formes du 
pyrenaica. Mais j'ai tout lieu de croire, par ce que m'ont montré des exemplaires vivants 
du F. pyrenaica du Languedoc, que la récurvation des piéces florales n'est pas un 
caractére constant et absolu de l'espéce. 

Néanmoins, si le F. stenophylla n'est pas une espèce propre, c'est, en tout cas, la 
forme du F. pyrenaica qui s'éloigne le plus du type, et ce n'est pas sur des exemplaires 
secs qu'on peut décider de sa valeur comme espéce ou variété. 

(4) 4° Fritillaria aquitanica Clus.— Grenier (certe forma F. pyrenaica L. !). Saint- 
Pons. Avril 1865. 

Plantes jeunes munies d'une seule feuille radicale, lancéolée, atténuée en pétiole. 

Plantes plus ágées (mais non fleuries) à tige simple munies de feuilles éparses, large- 
ment linéaires, sessiles, distribuées sur presque toute la longueur de la tige. 

Plantes en fleur hautes de 10 à 40 centimètres, à tige gréle, simple, terminée par une 
fleur nutante, plus ou moins dénudée à la base, sur une moins grande longueur relative 
que celle du Fritillaria pyrenaica. 

S Feuilles toutes alternes, étalées, dressées, largement linéaires, atténuées au sommet, 
aigués. 

Fleur courtement pédicellée, nutante, plus petite en général que celle du F. pyrenaica 
des Pyrénées, d'un rouge violacé (lie de vin), assez terne à l'extérieur, de la méme 


SÉANCE DU 9 Mari 4873. 109 


culum ou mucro (caractére presque constant) peut se trouver nul, que tout 
cela, sans parler des relations de longueur entre les parties indivise ou divisée 
du style, est sujet à des diversités telles que je n'ai pu méme limiter des 
variétés auxquelles répondaient la plante des Pyrénées, celle du Languedoc 
et celle d'Espagne. Ma conviction pourtant est que dans l'ensemble le Fritil- 
laria pyrenaica, largement défini, constitue une bonne espèce par rapport 
aux Fritillaria Meleagris, involucrata, montana et delphinensis, mais 


teinte, mais mélangée de jaune à l'intérieur, le jaune dominant vers le bord interne et 
l'extrémité des piéces florales. Mouchetures (tessellation) peu apparentes au dehors, plus 
marquées au dedans. 

Piéces florales rapprochées en cloche à peine évasée; leurs extrémités, trés-obtuses, ne 
se réfléchissant que d'une manière trés-restreinte, 

Piéces externes du périanthe largement oblongues, elliptiques, obtuses, apiculées. 

Les internes cunéiformes, sub-spatulées, à sommet arrondi, mucroné. 

Divisions du style s'étendant presque jusqu'à mi-longueur de l'organe, 

Nous n'avons pas remarqué chez celte plante l'odeur spermatique si marquée du Fri- 
tillaria pyrenaica. à 

Elle est également moins glauque, moins robuste que cette dernière. 

Les feuilles sont plus atténuées et plus aiguës. 

Dans un exemplaire cueilli en bouton et qu’on a fait fleurir dans l’eau (après en avoir 
séparé le bulbe), la fleur est restée jaunâtre, avec des nuances brunes peu prononcées. 

2° Fritillaria aquitanica (forma F. pyrenaicæ). 

Sur les trois exemplaires de cette plante envoyés en fleur par M. Melchior Barthez, 
vers le 40 avril 1866, il y en a deux à fleur très-épanouie, largement campanulée, avec 
des pièces très-révolutes et d'une teinte générale jaune verdâtre, nuancée de mouchetures 
en damier d’un violet pâle. 

La tige de l’un et l’autre de ces exemplaires est longuement dénudée à la base, sans 
écailles, les feuilles alternes (sauf les deux inférieures, qui dans un des exemplaires sont 
opposées), Ces feuilles, plus ou moins glauques, sont largement linéaires, un peu acumi- 
nées (surtout les supérieures). 

Les fleurs, solitaires et nutantes, ont le pédicelle continu à la tige et plus court que la 
feuille supérieure. 

L'odeur spermatique des fleurs est trés-prononcée. 

Dans le troisi&me exemplaire, à peu prés semblable aux deux autres pour la tige et les 
feuilles, la fleur, plus grande, plus longue, presque formée par connivence de ses piéces, 
est d'une teinte générale violet vineux, avec du jaune presque uni à la face interne de 
la partie supérieure des piéces florales. Celles-ci sont plus étroites, à peine revoluto-pa- 
tentes au sommet. Les mouchetures ne s'y dessinent nettement que sur la face interne : 
elles contrastent par leur teinte violacée avec la couleur blanchâtre du fond, 

Odeur de la fleur nulle ou à peu prés, ; 

Ovaire chez les deux formes (ou espèces?) cylindracé, style trifide, plus long que 
l'ovaire, à divisions stigmatiques plus courtes que la partie indivise. 

Éiamines plus courtes que le style. 

La dernière forme, celle à fleur cylindracée, non largement campanulée, répond assez 
exactement au Fritillaria àvðop.axpoorevdouhioç des Icones de Richer de Belleval. 

39 Fritillaria pyrenaica. 

Exemplaires bars du mont Serrat (Espagne) par M. N, Doümet-Adanson, et 
fleuris, dans son jardin, au printemps de 1865: — à ; m 

Tige feuillée dans toute sa longueur. Pas de feuilles radicales. Feuilles linéaires toutes 
alternes, étroites, plus longues que les entre-nœuds, les supérieures insensiblement atté - 
nuées, aiguës, toutes vertes avec une légère nuance glauque. 

Fleur terminale, solitaire, à pédoncule plus long qu'elie. i: 

Fleur penchée, à teinte générale jaunàtre, avec Ja nervure moyenne des pièces du 
périanthe verdátre, et des mouchetures brun doré clair, peu prononcées. ur 

Piéces du périanthe obovales, spatulées, c'est-à-dire insensiblement aiténuées à la 


110 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


qu'il embrasse à titre de formes encore mal définies les types messanensis, 
hispanica, lusitanica et peut-être stenophylla. 


3. Fritillaria involucrata All. 


Foliis linearibus per paria dissita sæpius oppositis nunc ternis v. partim 
alternis summis tribus ternatim congestis involucrantibus pedicello floris lon- 
gioribus, floribus solitariis v. geminis nutantibus campanulatis, perianthii 
laciniis obovato-oblongis apice rotundatis v. obsolete apiculatis pallide et 
luride virescenti- v. lutescenti -purpurascentibus obsolete vel manifeste tessel- 


latis, stylo trifido ovario longiore, capsula oblougo- v. obovoideo-turbinata 
basi attenuata. 


HAB. — Montagnesdela basse Provence etdes Alpes maritimes, du Lubéron, au 
col de Tende. Montagne de Lubéron, Vaucluse (Jacquemin, 1825, in herb. Bou- 


base, rapprochées en cloche, légérement étalées par les extrémités, qui sont sub-aigués et 
mucronées. 

Dans une des fleurs, les piéces extérieures du périanthe sont lancéolées-elliptiques ! 
dans une autre, elles sont assez manifestement spatulées. 

Filets des étamines un peu plus longs que l'ovaire, style profondément triparti, à 
divisions trois fois aussi longues que la partie indivise. 

4? Fritillaria pyrenaica. : 

Description d'un exemplaire recueilli en juillet 1864 , à Esquierry prés Bagnéres- 
de-Luchon, et qui a fleuri (en pot) dans le jardin de l'École de pharmacie de Montpellier, 
le 5 mai 1865. 

Plante haute d'environ 30 centimétres, toute d'un vert glauque, à tige simple terminée 
par une fleur penchée, 

Tige arrondie, embrassée à la base par trois écailles (appartenant au bulbe caché), dont 
on ne voit que les pointes obtuses, longuement dénudée au-dessous de l'insertion des 
‘premières feuilles, parfaitement arrondie (sans angles ni stries). 

Feuilles alternes (à l’exception des deux inférieures, qui sont à peu près opposées), ses- 
siles, largement linéaires, légèrement atténuées au sommet, à peine aiguës, épaisses, à 
nervures parallèles un peu saillantes sur la face inférieure, les plus longues dépassant 
à peine 9 centimètres. 

Fleur solitaire, terminale, nutante, à court pédicelle, en cloche parfaitement régu- 
liére, avec les extrémités des pièces florales élégamment révolutes, étalées. 

Teinte générale de la fleur violacée, terne et livide, avec nuances de jaune verdátre à 
l'extérieur : intérieur jaune pále avec des bigarrures, ces derniéres d'un pourpre brunátre 
dans les deux tiers inférieurs des piéces florales. 

Odeur de la fleur spermatique, rappelant celle de l'Épine-vinette, 

Piéces florales externes subellipsoides, à base gibbeuse (à cause de la présence de la 
glande nectarifére), subaigués, les internes plus larges, cunéiformes-obovales, à sommet 
un peu moins aigu que chez les précédentes, presque obtus méme, maís nullement tronqué. 

Étamines égales, n'atteignant pas la longueur de la partie indivise du style trifide. 

Fossettes nectariféres ovales-aigués, presque aussi larges que longues. 

Cette plante s’écarte un peu par ses caractères et de la Fritillaire du mont Serrat (de 
M. Doûmet) et de la Fritillaire de Saint-Pons (Frit. aquitanica). 

Elle differe de la premiére par sa tige longuement dénudée, par ses feuilles moins 
étroites, moius allongées et moins aigués, par sa teinte générale plus glauque, par sa 
fleur moins pàle, plus brunátre, à nervure médiane des piéces florales peu ou non discolore. 

Du Fritillaria de Ssint-Pons, elle diffère par ses écailles du bulbe extérieurement 
apparentes (caractère peut-être accidentel), par sa tige plus longuement dénudée, par 


ses feuilles inférieures opposées, par sa fleur en cloche plus grande, à pièces florales 
internes non tronquées-apiculées (caractère accidentel), 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 111 


chet-Doumencq [Fac. sc. Montpell.] ; sous le nom de Frit. pyrenaica). Mon- 
tagne de Blet, à la Verdière, herb. Achintre, sous le nom de F. pyrenaica). 
Sisteron, Basses-Alpes, montagne de la Baume, 17 mai 1866, en fleur 
(Gariod !). Digne (Honorat! in herb. Bouchet-Doumencq, Huguenin, in herb. 
Thuret). Ibid. montagne des Dourbes, 7 juill. 1872 en fruit (Gariod !). 
Castellane, Basses-Alpes, montagne de Vergons prés Castellane (Richer de 
Belleval, fide Gren. et Godr.). Mont Coucoux et Sainte-Victoire, Bouches- 
du-Rhône, fide Fontvert et Achintre. Catal. d'Air. Le mont Chier (mon- 
tagne du Cheiron?), à Bézaudun, Alpes-Marit., 27 avril 1870, en fl. (Conso- 
lat in herb. Achintre). Caussols, Alp. -Mar., 23 avril 1867, fl. (Huet, in herb. 
Thuret) Haute plaine de rochers entre Vence et Coursegoules, Alp.-Mar., 
1^ juin 1863, fruit. (herb. Thuret). Forét de Clans, rég. des sapins, 16 juin 
1866; rochers de la vallée de la Vésubie prés du pont du Suchet, rég. des 
oliviers, 19 avril 1867 (Alp.-Mar.) (herb. Canut, fide Burnat in litt.). Bois 
de Vérignon, Var, fide Gren. et Godr. Breglio, Tenda, il Rifredo et Ormea 
(Allioni, fide Parlatore). Mont Mulacier et Col di Tenda, fide Trah. Moggridge. 
Molinet, Alpes-Marit. (Risso). 

Frit. involucrata AM. Auct. fl. pedem. p. 34, fide auctor. — Koch Syn. 
fl. germ. ed. 4, p. 707, in annotat. ad F. montanam. Reichenb. Zeon. Fl. 
germ. X, n° et tab. 950. Gren. et Godr. FI. de Fr. III, p. 180. Trah. 
Moggridge Contrib. to Fl. of Mentone, pars 2*, tab. 36 ! 

Fritillaria areséguhkos xot xav)odíouAos, Bellev. Icon. in Gilib. Demonstr. 
partie des figures, IT, n° 253, icon quoad charact. optima, 

Fritillaria alpina flore purpureo Bellev. msc. fol. 172 (1). 

Fritillaria subviridis alpina Bellev. msc. fol. 172, pagina aversa (2). 


(4) Fritillaria alpina flore purpureo. In monte de Vergon (ce doit étre le hameau de 
Vergons, non loin de Castellane), mense junio, florent tres quatuorve Fritillariæ species. 

Prima communi aliquantulum similis quae in Francia crescit, caulis pede longus ferro 
ligula crassus infra rubens et quum e terra oritur ad medium usque non ita rubens sed 
aliquantulum purpureus, 3** aut 4°r foliorum geniculationes habens ab invicem unciis 
duabus distantes, bina aliquando terna cauli alligata, sed 3a tria habet folia angustissima, 
alia vero tantum duo paulo latiora carnosa, 4?* unciis longa. : 

Flos gratissimus est in quo duo notanda qu: nusquam fuerunt annotata, primo in 
quolibet folio (lisez : pièce de la fleur) ad principium externum apparet tuberositas quæ- 
dam qua provenit a concavo intus apparente et in eodem loco, concavum nigrum et 
humidum est, nam compressum aliquis liquor acri gustu et odorifer (ici un verbe oublié, 
ce qui rend le dernier membre de phrase incomplet et peu intelligible). 2° Folia (les 
pièces de la fleur) nullimodo esse acuta imo in extremo rotunda. 

Dum planta floret, radix nudata pelle crassa et molli ad medium usque apparet et tunc 
bulba candidissima cernitur. Bellev. : : pa 

Malgré certaines imperfections de style qui nous reportent bien loin de la latinité + 
Clusius, on peut saisir parfaitement dans cette description tous les caractères du Friiü- 
laria i "rata. 4 

La ied ticks des fossettes nectarifères de la fleur se distingue méme sur cer- 
tains spécimens d'herbier. La forme arrondie du sommet des pièces florales était notée par 
opposition à la forme aiguë des mêmes organes chez le Fritillaria Meleagris. 

2) Fritillaria subviridis alpina. fn dd 

Eas monte (de Vergon) eodemque cum superiori tempore (junio) floret herbea 


112 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Fritillare alpinum Bellev. msc. a Gilib. sub F. pyrenaica citatum (1). 
Fritillaria pyrenaica Gilib. l. c. I, p. 93, n° 252. — Risso Hist. nat. 
de l Europ. mérid. M, p. 463. 


ita dicta a flore herbeo, nullis etiam rubris maculis tincto, Alia sunt fondo (sic) viridi, 
cum quibusdam maculis purpureis et etiam floris folia, alia in quibus maculæ purpurea 
apparent, non in omnibus quidem foliis sed in tribus tûm (tantum) florem operientibus. 

Uitima caulem aliis longiorem et crassiorem habet, verum etiam florem, flores enim 
sunt, quorum campanula duabus unciis in diametro lata; omnes habent tuberositates et 
cavitates internas supra dictas. Bellev. l. c. 

Il résulte des termes de cet article qu'il est le complément de l'article qui le précède, 
et que les différences signalées entre les plantes du second article et celle du premier 
portent uniquement sur la couleur des fleurs et sur les dimensions des fleurs et de la 
plante entière. Il s’agit donc, évidemment, de formes du Fritillaria involucrala All. 

(4) Fritillare alpinum Bellev. manuser. fide Gilibert, |. c. pp. 93-94, n° 251. 

Gilibert parle une première fois d'un Fritillare alpmum Bellev., à propos de son Fri- 
tillaria Meleagris, sous lequel il confond diverses espèces. Une seconde fois, sous le 
n° 253, et à l’occasion de son prétendu Fritillaria pyrenaica (Friullaria involucrata 
AIL.), il cite encore un Frilillare alpinum Bellev. mss. Mais il brouille si bien les extraits 
de cette partie du manuscrit de Belleval, aujourd'hui perdue, qu'on ne sait exactement 
dans quels termes Belleval s'est exprimé. Dans la première citation, sous le n° 251, 
voici ce que dit Gilibert : « Dans la méme page du manuscrit, Belleval, sous le nom de 
Fritillare alpinum, propose les notes suivantes : Fleur plus longue (que quelle autre ?), 
ayant trois tubérosités à sa base qui répondent à des concavités en dedans, où il parait 
une tache (nectar) livide, couleur des feuilles (pétales) noirátre, tachetée d'écailles jaunes, 
jusqu'au milieu seulement ; on trouve d'autres variétés à tiges plus basses, à fleur gri- 
sàtre, brune, violette ; à tige double, à fleur panachée, variée par des couleurs différentes 
à la base et à la pointe. » La seconde citation, sous le n° 253, est en latin et probable- 
ment empruntée directement à Belleval, bien que Gilibert ne le dise pas expressément : 
« Hoc fritillare bipenne est, florem habens sex foliis constantem, quorum tria sublimia, 
alia tria aperientia (sic! pour operientia ?) partim sunt segmentata (je retranche avant 
partim, un point-virgule qui semble couper mal à propos la phrase et le sens), partim 
in speciem (probablement en espéce de damier ? car il ne peut pas étre question de dé- 
coupures, mais plutót de taches en compartiments ; en tout cas, Gilibert laisse aprés les 
mots in speciem un vide rempli par des points), purpurea, alia nullo modo sunt (segmen- 
tata ou tessellata?), sed herbida, cineracea ; inter hujus Fritillaris, herbidi hilaris 
colore, seu maculas nigras habentis, ad fundum unum scilicet cuilibet folio. (Le sens 
de cette dernière phrase est obscur, soit par la faute de la latinité souvent peu correcte 
de l'auteur original, soit par la présence défectueuse d'un point-virgule au lieu d'une 
simple virgule entre les mots cineracea et inter, soit enfin parce que Fritillare est pris 
là dans le sens de damier et non comme nom de plante). Caulis foliis decem angustis, 
canulatis (sic! pour canaliculatis?) ut plurimam tegitur; aliquando octo quorum duo 
prima sunt geniculata (pour opposita), subsequentia ab eodem puncto originem ducunt, 
polygonatum referentia; duo altiora æqualia sunt ; ultima vero tria florem amplexantur, 
pediculo unciæ longo annexum. » 

L'ensemble de cette description convient trés-bien au Fritillaria involucrata All.: 
d'abord les feuilles d'en bas opposées, celles d'en haut verticillées-ternées, les intermé- 
diaires tantót opposées, tantót ternées, ce qu'on rencontre assez fréquemment daus les 
échantillons de la plante. Pour s'expliquer les trois noms donnés par Belleval à la méme 
espéce, il faut songer que son manuscrit, bien que trés-net, n'était qu'un recueil de 
notes prises au moment méme de la récolte des plantes, en tout cas, comme au jour le 
jour ; que, avant d'employer génériquement le mot Fritillaria, l'auteur avait employé 
celui de Fritillare; que, pour ce qui concerne les deux noms employés au recto et au 
verso du méme feuillet 172, la chose s'explique en ce sens que, pour Belleval, la dis- 
tinction entre espèces et variétés n'existait pas, ce qui fait que dans l'article Fritillaria 


alpina. et purpureo, les mots {res quatuorve species signifient trois ou quatre formes 
ou variétés, 


SÉANCE DU 9 mai 1873. 113 


Cette espèce, parfaitement distincte, paraît être spéciale aux montagnes de 
la Provence et de l'ancien comté de Nice, Moins alpine que le Fritillaria 
delphinensis, elle doit atteindre vers Tende sa limite supérieure qui n'est pas 
encore précisée. Sa limite inférieure doit être vers Caussols dans les Alpes- 
Maritimes, vers Vérignon dans le Var, et sur le Lubéron dans Vaucluse. Cette 
dernière localité marque à peu près sa limite occidentale, comme Tende sa 
limite orientale. C'est donc un type d'une aire géographique très-restreinte 
et renfermée dans la région naturelle des Alpes de Provence et de Nice (1). 

Gilibert, qui publiait en 1796 une partie des /cones de Belleval, aurait pu 
reconnaitre , dans la plante décrite par Allioni en 1789, celle que Belleval avait 
figurée et décrite près de deux cents ans auparavant, Mais il la rapporta sans 
hésiter au Fr. pyrenaica L., détermination inexacte, qu'on retrouve souvent 
dans les herbiers, appliquée à la méme plante venue de localités provencales. 

La figure citée de Belleval, et ses trois descriptions de diverses variétés de 
l'espéce, ne laissent d'ailleurs aucun doute sur sa détermination. La montagne 
de Vergon, où Belleval découvrit sa plante, est assez près de Castellane (Basses- 
Alpes), localité citée pour la méme plante par MM. Grenier et Godron. 


h. Fritillaria montana Hoppe. 


Foliis caulinis linearibus infimis oppositis v. ternis raro alternis, supremis 
tribus binis vel ternis involucrantibus (raro alternis!) pedicello terminali 
brevioribus, intermediis sparsis, floris nutantis foliolis anguste elliptico- vel obo- 
vato-oblongis obtusis luride purpureo- et flavescenti-variegatis tessellatis , 
stylo trifido, capsula (immatura) oblonga basi abrupte in stipitem brevem 
contracta. 

HAB. — Collines de la basse Provence : Caussols, Alpes-Maritimes, non loin de 
Grasse (Perreymond et Hussenot, avril 1838, in herb. Gay, fide Moggridge). 
Ibid. (Goaty, 3 mai 1866, en fleur et fruits non mûrs, in herb. Thuret). Ibid. 
(Huet, 23 avril 1867, en fleur, in herb. Thuret). Ibid. 30 avril 1872, en fleur 
(Burnat!). — Près de Trieste (Istrie), sur le mont Spaccato et dans les prés 
de Lippizza, d'après M. Parlatore (F1. ital.), qui l'indique aussi en Dalmatie. 

Fritillaria montana Hoppe in Flora, 1832, p. 476; Koch Synops. 
fl. germ. ed. 4, p. 707 et ed. 2, p. 816; Kunth Enum. pl. IV, p. 259; 
Visiani Fl. dalmat. Y, p. 131 var. « fide Parlat. F7. ital. II, p. 410; 
Reichenb. Zcon. fl. germ. X, p. 7, tab. 978-979 ; J. Traherne Moggridge 
Contrib. to fl. of Mentone, tab. 66. 

Fritillaria caussolensis Goaty et Pons, in Ardoino Fl. Alp. Mar. p. 375. 

Fritillaria tenella? Reichenb. Lcon. fl. germ. n 977-979, monente 


.-B. Verlot (Catal. des 
u mont Viso, 


(SÉANCES) 8 


(4) D’après l'observation que nous croyons irés-juste de M. J 
pl. du Dauphiné), c'est par erreur que Mutel indique l'espéce a 


T. XX. 


114 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


cl. Burnat!: forma. gracilior et minor foliis omnibus alternis vel duobus 
supremis oppositis; ou Fr. tenella? M.-Biebst. 

Je ne connais ni la description originale, ni des échantillons authentiques 
de cette espèce; mais les caractères que lui assigne Koch dans le Synopsis 
fl: germ, ne laissent guère de doute que la plante des environs de Caussols près 
Grasse ne soit la même que la plante de Trieste. 

M. Parlatore, suivant en cela l'opinion de Reichenbach lui-même, rapporte 
au Fr. montana le Fritillaria tenella de cet auteur (Icon. fl. germ. X, 
tab. 977), qui n'est peut-être pas le Fr. tenella de Marsch.-Bieberstein et de 
Wickstræm. Mais il faut admettre alors que l’espèce peut avoir les feuilles 
toutes alternes, tandis que les échantillons de France ont les feuilles supé- 
rieures presque toujours géminées ou ternées (1), les autres pouvant étre 
toutes alternes, bien que le plus souvent les deux plus basses soient opposées. 

Le Fritillaria Orsiniana Parlatore, du Picenum et des Abruzzes, doit éga- 
lement être extrêmement voisin du Fr. montana. 

Récemment découvert en France, dans une localité restreinte, le Fr: 
montana ne figure ni dans les manuscrits, ni dans les Zcones de Belleval. Les 
pièces du périanthe non réfléchies au sommet, non apiculées (ou à peine), le 
distinguent aisément du Fr. pyrenaica ; les feuilles caulinaires presque toutes 
éparses et les pièces du périanthe plus étroites le séparent du Fr. involucrata. 


5. Fritillaria delphinensis Gren. 


Caule infra medium denudato, foliis omnibus alternis (infimis 2 interdum 
suboppositis) late vel anguste lanceolato-inearibus obtuse canaliculatis glau- 
cescentibus vel lzetiuscule viridibus, summis apice attenuatis, flore terminali 
solitario nutante, perianthii campanulati foliolis elliptico-oblongis basi trun- 
cato-gibbosis (ssepe angulo recto quasi refractis) apice rotundatis concavis 
plus minus conniventibus, stylo clavato fistuloso apice dentibus 3 stigmaticis 
brevibus (rarius longiusculis) terminato, capsula longe turbinata apice sub- 
truncata obtuse trigona basi sensim in stipitem brevem attenuata. 

a. genuina : foliis inferioribus sæpius latiusculis (8-10 millim. latis), floris 
ampli phyllis basi subtruncato-gibbosis sordide et subluride purpureis obscure 
tessellatis, stylo breviter tridentato: 

HAB. — Alpes du Dauphiné, de la Provence : montagne de Glaises prés Gap 
(Blanc, Verlot; Gariod in herb. Planch. 17 mai 1868, en fleur). Forêt du 
Devez de Rabou prés Gap (Gariod, in herb. Planch. 15 mai 1864, en fleur). 


(4) Je les vois pourtant parfaitement alternes sur trois exemplaires de la plante de 
Caussols qu'a bien voulu me communiquer M. Burnat: elles sont ternées chez un quas 
triéme exemplaire. Cela prouve qu'il ne faut pas regarder comme absolue la disposition 
des feuilles dans les espèces de ce genre ; mais il n'en est pas moins vrai que ce carac- 
tére, pris dans l'ensemble et combiné avec d'autres, sert à la distinction des espèces. 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 115 


Prairies de Fays, au mont Séuse prés Gap (Hautes-Alpes), à environ 
2000 mètres d'altitude (E. de Valon, fleurs le 23 juin 1858 ; B. Blanc, fruits 
fin août 1858, in Billot exsicc. n° 2914, in herb. Thuret). Bois-Mondet 
prés Gap (Verlot). Lusette prés Lus, la Groix haute, Drôme (abbé Boullu, fide 
Gren. et Verl.). Lautaret (Grenier). L'Arche (Grenier). Mont Viso (Grenier). 
Ibid. Col de la Traversette et col Agnel (abbé Faure, ex Verlot). Ibid. auprès 
des neiges, 22 juillet 1840, en fleur (F. Clément in herb. Viguier !). Allos, 
Basses-Alpes (Honorat, ann. 1809, in herb. Bouchet-Doumencq [Fac. des 
sc. de Montp. | sous le nom de Fr. Meleagris). Val di Comune et le Mandrie 
dans la vallée de Vestino di Giudicarie, Alpes du Tirol italien (Facchini, fide 
Parlatore). 

Il serait possible aussi que la plante se trouvât dans quelque coin des Alpes- 
Maritimes, car l'herbier Bouchet-Doumeneq en renferme deux exemplaires 
avec l'étiquette suivante : « Fritillaria Meleagris, Abbeville, Risso ». La 
localité d'Abbeville est évidemment fausse ; mais la plante pourrait bien venir 
de Risso, lequel indique au Baus-rous un Fritillaria Meleagris, qui ue doit 
pas étre.le type linnéen de ce nom. 

Fritillaria delphinensis Gren. in litter. et in herb. Mus. paris, ann. 1850; 
Gren. et Godr. Mém. Soc. d'émulat. du Doubs, mai 1854, et FL. de France, 
III, p. 480, saltem quoad typum floribus purpurascentibus. — Verlot Catal. 
pl. du Dauph. p. 316. 

Fritillaria Meleagris Vill. Dauph. IX, 249 (pro parte), nempe quoad 
stirpem alpinam et exclus. synonym. Linn. Hall. Bauh. et Lugdun. 

"ritillaria lurido colore Bellev. mss. fol. 15^, verso (1). 

Fritillaria àgeopaxpav0:5009oz, montana major flore rubro, Bellev. Icon, 
ined. (Bibl. de l'Institut, fonds Delessert) tab. 171? 

8. Burnati : caule rigidiore inferne longius denudato, foliis 5-6 (rarius 7) 
angustioribus superioribus magis dissitis omnibus erectis exsiccatione plus 
minus convoluto-canaliculatis, floris minoris phyllis oblongis basi magis oblique 
subtruncato-gibbosis apice barbulato minus late rotundatis saturate purpureis 
maculis dilutioribus tessellatis. 


(4) « Fritillaria lurido colore. p3 

» Ad Gaudinum initio junii in pratis floret haee species minime grata ob colorem. 

» Radix tuberosa alba et spoliatum florem ferens ab antiqua carne et pelle, et a figura 
videri est aliis Fritillaribus minor figura Dioscoride praxeos nec plana versus caulem ut 
alia. Ab hac radice unicus caulis oritur semipanno longus, calamo crassus, viridis, 
rubeis maculis distinctus ad colorem et formam Serpentariæ aut Hyacinthi orientalis 
accedens. " : T 

» Caulis inæqualiter foliis tegitur, angustis, 4^" aut 5° unciislongis, remotiora præser- 
tim a flore recta astantia et concava. In caulis extremo flos nitet 5° (sic!) foliis con- 
stans, quodlibet costam habens interiorem, et intus concavum sed non ita... ut in iis 
montis Dauze, flos aliis etiam brevior et rotundior et licet aliquantulum ad florem accedat, 
tamen color istius obscurior est et gracilior. Plurimi sunt similes eis montis Deverge 
(pour de Vergon ?). » (Belleval mss, fol. 194, verso de sa propre pagination, p. 310 de 
la pagination de Gilibert.) 


416 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


HAB. — Alpes maritimes. Ex Alpibus Tendæ (Ignace Molineri, a. XII, Allioni 
herb. sub nomine F. Meleagris, fide Burnat, in litteris). Pâturages au mont 
Piernaude près le col de Tende, 29 juin 1861 (Bourgeau exsicc. n° 346, 
in herb. Thuret). Sommités voisines du col de Tende, route de Margherita di 
Caramagna, 30 juin 1872, en fleur (Burnat in herb. Thuret!). Au fond 
du val del Pian del Creuzo (val Pesio); prés du col du Carbon, entre Pesio et 
Limone, mais peu abondant et mêlé au Frit. delphinensis y Moggridgei ; 
col de Tende, en fruit, 6 aoüt 1872. (Burnat, in litter. ). 

Un exemplaire formant le passage entre cette forme Zurnat? et le type 
delphinensis genuina, a été recueilli par M. E. Reverchon, au mont Séuse 
prés Gap, le 1° juin 1871, et m'a été communiqué par M. Achintre, d'Aix, 
sous le nom de Frit. delphinensis. Sa fleur a la grandeur et la forme de 
celles de la plante de M. Burnat, c'est-à-dire que ses gibbosités basilaires sont 
moins prononcées que dans le type; les tessellations y sont peu marquées ; 
les feuilles tiennent le milieu entre celles habituellement plus larges du type 
genuina et celles remarquablement éiroites, courtes, fortement canaliculées 
et érigées de la forme Zurnati. Comme l'exemplaire en question a dû croître 
au mont Séuse parmi beaucoup d'autres, je suis persuadé que des transitions 
nombreuses le rattachent au type ordinaire, dont il n'est qu'une nuance. 

Fritillaria Meleagris Allioni herb. pro parte, fide Burnat. 

Fritillaria delphinensis J. Gay, in Bourgeau exsiccat. — Ardoino 77. 
des Alp. Marit. (ex parte) fide Burnat. 

4. Moggridgei Boiss. et Reut. in litt. : foliis late lineari-lanceolatis, floris 
ampliusculi phyllis basi angulo fere recto truncato-gibbosis flavis plus minus 
purpureo-tessellatis interioribus obovatis omnibus concavis, stylo apice triden- 
tato vel interdum fere ad medium irregulariter trifido. 

Han. — Alpes maritimes. Dans les pâturages et souvent dans les fonds où la 
neige a séjourné longtemps (Burnat, in litter.). Ravins situés au-dessus de la 
bergerie de Breglio (Alpes de Breglio), près des neiges fondantes, le 23 juin 
1860 (Canut in herb. Thuret). C'est peut-étre de là que viennent les quatre 
exemplaires, sans indication de localité, que M. Burnat m'écrit avoir vus dans 
l'herbier d'Allioni, sous le nom de F, Meleagris. Col de Tende (Talbot, 
ann. 1823, in herb. J. Gay). (Bertero, fide Bertoloni Fl. ital. sub Fr. 
Meleagris B; Beltrandi ann, 1870, fide Burnat in litt.). Chartreuse de Pesio 
prés Coni, vallon de Marguarés, 22 juin 1862, en fleur, et vallon de Pari, prés . 
de la Chartreuse de Pesio, 2 juillet 1862, en fruit (herb. Thuret, sub nomine 
Fr. lutea Biebst.). Sommités du val de Pesio qui avoisinent la Chartreuse, 
prés de la cima Cars (6 juillet 1872), col du Carbon (29 juillet), extr. sup. 
du val Cravina, pr. des Gias del Colle (fl. juillet, fr. 14 aoüt 1872), enfin 
deux exemplaires en fleur le 44 juin 1872, au fond du val de Pesio, à une 
altitude de 600 à 700 mètres, évidemment entraînés des hauteurs par une 
avalanche (Burnat, in litt.). Mont Aution, Alpes de Nice (Canut in herb. 'Thuret, 


SÉANCE DU 9 Mart 1873. 117 


sub nomine F. lutea M. Biebst. — Moggridge père, fide Tr. Moggridge, 
26 avril 1867, en fleur). 

La plante doit se trouver également dans les Alpes du Dauphiné, puisque 
Richer de Belleval y indique une Fritillaire à fleurs jaunes dont la figure se 
rapporte à la plante des Alpes de Nice, et que M. Grenier lui-méme dit que son 
delphinensis varie à fleurs jaunes. Peut-être même est-elle dans les Alpes de 
Provence, puisque mon herbier renferme un exemplaire d'une Fritillaire 
étiquetée par une main à moi inconnue : « F. Meleagris var. delphinensis, 
Basses-Alpes », exemplaire qui répond exactement pour le port et la forme des 
fleurs au Fr. delphinensis y Moggridgei, mais dont les fleurs, sans mou- 
chetures, semblent avoir été blanchâtres plutôt que jaunes ; mais il est tel 
exemplaire du Fr. delphinensis y Moggridgei dont les fleurs sur le sec pa- 
raissent aussi avoir été presque blanches. 

Fritillaria delphinensis (dubitatim) J.-T. Moggr. Contr. to fl. of Mentone, 
pars 4 (ann. 1866), tab. xxv; vix Gren. (saltem non quoad prototypum flore 
atropurpureo). Ardoino /7. Alp. Marit. (ex parte), fide Burnat in litt. 

Fritillaria Moggridgei Boiss. et Reut. in litt. ad cl. Moggridge. 

Fritillaria Meleagris Allioni Fl. pedemont. p. 160 (pro parte), nempe 
quoad descript., quoad loc. nat. Tende et partim ex herb. fide Burnat, 
exclus. synon. Linn. Jacq. et Hall. et forsan synon. Scop. et Parkins. 

Frit. lutea (M. Biebst.) J. Gay herb. ad specim. ann. 1823, lectum, fide 
Moggridge. 

Fritillaria lutea Mars. (lege Marsch. a Biebst.) Risso Hist. natur. de 
l Europ. mér. (ann. 1826), II, p. 463, ex loc. natal. Breglio et Tende. — 
J.-T. Moggridge in Bull. Soc. bot. de Fr. (ann. 1870) t. XVII, pp. 231-232, 
an M.-Biebst. ? 

Fritillaria Meleagris var. 8. Bertol. FI. ital. (ann. 1839) t. IV, p. 75, 
exclus. synon. F. involucrata All. (ex descript. et ex loc. natal.). 

Fritillaria nhatvyukiasðopńkwos, lata habens folia flore luteo Bellev. 
Icon. n° 475, et Gilib. Demonstr. partie des figures, n° 251, sub nomine falso 
F. Meleagris L. et exclus. verbis ad stirpem pyrenaicam spectantibus. 

Fritillaria zowakmixasBounhvoz, communis alpica flore luteo Bellev. 
Icon. ined. (Bibl. de l'Institut, fonds Delessert), tab. 474. 

Synonyma auctor. veterum, Clusii, Lobelii, Parkinsonii, etc., huc non enu- 
merantur, quoniam inter formas luteifloras F. de/phinensis et Fritillariam 
luteam M. -Biebst. ambigunt. 

Inconnue aux botanistes classiques du xvi* et du xvn’ siècle, perdue 
dans les manuscrits et les dessins de Belleval, confondue avec le Fr. 
Meleagris par Allioni, Gilibert, Villars et Bertoloni, distinguée et bien dé- 
finie par M. Grenier en 1854, cette espèce des Alpes dauphinoises et pié- 
montaises est trés-nettement séparée par ses caractéres de toutes celles de 
l'Europe occidentale. Ses feuilles toutes alternes, un peu serrées sur la moitié 


118 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


supérieure de la tige ; sa fleur à pièces concaves, obtuses, rapprochées en une 
cloche à bord un peu fermé, fortement gibbeuses à la base et comme coudées 
à angle obtus ; son style renflé en massue et à divisions stigmatiques générale- 
ment peu profondes, voilà tout autant de traits qui la signalent comme une 
espèce autonome parmi toutes ses congénères de France et d'Italie. Mais, juste- 
ment, ces caractères d'eusemble qui persistent sur des diversités de détail se 
retrouvent chez des formes d'une plante du Caucase dont le type, à fleurs 
mouchetées de violet sur fond violacé verdâtre, est le Fr. latifolia Willd., 
tandis que sa variété à fleur jaune, plus ou moins lavée de violet, est le Fr. 
lutea Biebst. Les rapports entre notre plante dauphinoise et celle du Cau- 
case sont assez intimes pour qu'on soit tenté de les considérer toutes deux 
comme des formes d'une méme espéce; mais, en l'absence d'éléments de 
comparaison assez précis, nous croyons prudent de tenir à part et les descrip- 
tions et les habitat des unes et des autres, en attendant que la comparaison 
d'exemplaires frais permette d'établir avec quelque certitude leur identité ou 
leur diversité spécifique. 

Du reste, même dans les limites où nous enfermons pour le moment le Fri- 
tillaria delphinensis, il est facile de voir que c'est une espèce variable, les 
variations portant sur la taille, sur les dimensions et la forme des feuilles, sur 
les dimensions et la couleur des fleurs. 

Ce qu'on peut considérer comme le prototype de l'espèce, c'est la plante 
du mont Séuse, de Glaises, d'Allos, dont la grosse fleur, d'un pourpre terne 
avec des mouchetures peu marquées, est accompagnée de feuilles relativement 
assez longues pour dépasser son pédoncule et dont les inférieures au moins 
sont linéaires -lancéolées. 

Au premier abord la forme appelée Burnati semblerait constituer une bonne 
espèce. Sa tige plus grêle ; ses feuilles étroites, courtes, glauques, fortement 
roulées en dedans dans les exemplaires secs; sa fleur d'un violet vineux assez 
vif, avec des mouchetures plus claires ; la coudure bien moins accentuée de ses 
gibbosités nectarifères, tout cet ensemble lui donne un faux air d'espèce auto- 
nome que dément une étude plus attentive. Dés qu'on veut traduire en dia- 
gnose ces nuances de dimensions et de coloris, on en reconnait le vague et le 
peu de valeur comme caracteres, méme pour une simple variété. 

Méme résultat lorsqu'on essaie de définir comme espéce à part la forme à 
fleurs jaunes, que M. Moggridge a rapportée avec doute au F. delphinensis 
et que MM. Boissier et Reuter ont provisoirement appelée Frit. Moggridgei. 
Ici nous retrouvons les feuilles larges et longues du Frit. delphinensis à fleurs 
pourpres (1) ; mais les fleurs, légèrement bigarrées de lignes ou de mouche- 


(1) Les feuilles de la forme Moggridgei ont souvent jusqu'à 15 millimétres de largeur; 
elles sont plus ou moins molles, à peine glauques en dessus, d'un vert jaunâtre en dessous 
(sur le frais); très-rapprochées du sommet de la tige, elles dépassent généralement la 
fleur, (Note de M. Burnat.) 


SÉANCE DU 9 MA1 1873. 119 


tures purpurines, rappellent davantage par le fond jaune de leur coloris le Fri- 
tillaria lutea de Bieberstein. 

La forte coudure de ses gibbosités nectariféres, trés-accentuée et presque 
à angle droit dans les figures citées par M. Moggridge et par Belleval, l'est beau- 
coup moins dans la figure du Fr. lutea caucasique, publiée par Bieber- 


stein (1); mais ce caractere s'efface en grande partie sur les exemplaires 


d'herbier et se retrouve alors au méme degré sur le Frit, delphinensis 
à fleurs pourpres. 

Je n'ai pas vu d'échantillons de la plante du Tirol méridional que M. Par- 
latore (F7. if. II, 413), détermine F. delphinensis et pour laquelle il cite 
comme synonyme « Fr. Meleagris Ambrosi Fl. Tir. austr. Y, p. 530, 
non L. » (2). 

Quant à la plante de Carniole que Reichenbach (con. fl. germ. tab. A42, 
f. 975) a déterminée Fr. lutea Biebst. (Fr. collina Adam), elle ressemble 
dans son ensemble à la figure du Fr. lutea Biebst. Cent. pl. ross., sauf 
que sa fleur est plus grande, ses gibbosités nectarifères plus saillantes, et surtout 
son style non simplement tridenté, mais trifide. Elle répond également à un 
exemplaire de’ Fritillaria delphinensis de mon herbier, que j'ai signalé 
ci-dessus comme venant des Basses-Alpes; mais je ne puis, en l'absence 
d'exemplaires authentiques, juger si la plante se rattache de plus près au type 


(4) Marsch.-Biebst. Cent, pl. rar, Rossiæ merid. tab. XLI, dn 

(2). D'aprés une lettre que m'a écrite M. Burnat, en date du 15 juin 1873 (de Riva, 
Tirol), cette plante d'Ambrosi serait absolument identique à la forme du Fritillaria que 
nous avons nommée ci-dessus Burnati. M, Burnat et M. Leresche ont vu la plante 
encore fraiche récoltée par M. le curé P. Porta, sur les sommités du mont Tombea, où 
se trouvent les localités citées par MM. Ambrosi et Parlatore. M. Ambrosi, bibliothécaire de 
la ville de Trente, a dit à M, Burnat que la forme Burnali croit aussi aux environs immédiats 
de Trente, 

Le méme infatigable et obligeant correspondant, M. Émile Burnat, me transmet, à la 
date du 21 février 1873, l'extrait suivant d'un opuscule publié en 1829 (comme thése 
présentée à l'université de Berlin) ; l'auteur, Ave Lallemanf parlant des plantes récoltées 
dans ses voyages en Piémont, à Turin, Tende, Nice, dans le Dauphiné, parle ainsi de 
deux de nos Fritillaires : : PM 

« Fritillaria Meleagris L. Willd. Sp. Scop. DC., etc. — Var. alpina, foliis in summo 
tantum caule collocatis lanceolatis obsolete canaliculatis, secundis. Habitat in pratis alpinis 
montis Vesuli, prope Ponte-Chianale, initio junii florens. — Var. lulea, priecedenti similis, 
sed foliis latioribus sesquilongioribus quam petala, corolla majori, vitellina, rufo-reticulata 
et tessellata. Hujus varietatis jam Allionius (Fi. pedem, n° 1888, obs.) mentionem fecit, 
Foliorum et stigmatum forma atque corolle magnitudine inter Fr. Meleagridem L. atque 
latifoliam Willd. media est, Reperi in monte Tenda, supra Limone, exeunte mense 

6» 3 ; 
Di ^ plante donnée comme variété alpina est bien évidemment le Fr. delphinensis ge- 
nuina, la seconde est bien le Fr. delphinensis Moggridgei, et j'aurais inséré ces syno- 
nymes à leur vraie place, si je n'étais pas au moment de m'embarquer pour les États-Unis 
et forcé de corriger cette épreuve sans avoir sous les yeux la parlie oü se trouve le Fr. 
delphinensis. Je mentionne du reste cette circonstance de mon départ, afin de demander 
l'indulgence pour les incorrections qui auront pu se glisser daus mon travail, dont je n'ai 


pu lire les épreuves qu'en courant. 


120 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


du Caucase qu'au type du Dauphiné. En tout cas, c'est probablement la méme 
plante de Laibach (en Carniole), que M. Churchill, correspondant de M. Mog- 
gridge, dit avoir vue dans l’herbier de M. le baron de Rastern, sous le nom 
de Fr. lutea Biebst. Ajoutons que la presque identité de localité (Æyper- 
labaci, Ober-Laibach, d'après Scopoli; Ager labacensis , Laibach, d’après 
Reichenbach), fait supposer que le Frit. Meleagris Scopoli Fi. carn. I, 
p. 241, est probablement une forme du /u£ea Reichenb., bien que Scopoli 
attribue à sa plante des fleurs d'un rouge brun. Cette diversité dans la couleur, 
entre le pourpre, le violet, le jaune et le verdâtre, se rencontrerait ainsi à la 
fois chez le F. delphinensis, le F. lutea du Tirol et le F. latifolia du Gau- 
case, auquel Gawler a rattaché le vrai F. /u£ea Biebst, (1). 


(4) Depuis que ces lignes ont été écrites, des communications de M. Émile Burnat, 
que je n'ai pas le temps de consigner ici, permettraient d'affirmer que la plante de Lai- 
bach, variable pour la couleur des fleurs, se rapporterait au Fritillaria Meleagris véri- 
table. Mais j'espére bien que sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, M. Émile 
Burnat voudra bien compléter mon travail, en publiant lui-méme ses excellentes obser- 
yations sur les Fritillaires des Alpes, du Piémont, de Tende et du Tirol. En attendant, je 
publie, à titre de renseignement, la lettre ci-aprés de M. Émile Burnat : 


Nant-sur-Vevey, canton de Vaud (Suisse), 11 avril 1873. 
« Monsieur, 


» Depuis la lettre que j'ai eu l'honneur de vous adresser fin février dernier, j'ai cherché 
à éclaircir la question des;Fritillaires de Laibach. Une lettre de M. le chevalier de Pittoni, 
de Gratz (duquel je tenais mes ex. de Fr. lutea, étiquetés Laibach, baron de Ras- 
tern), m'a fourni le renseignement que voici; je traduis textuellement : — « Vous avez 
» raison en supposant que le Fr. lutea de Laibach, envoyé par moi, n'est que le Fr. 
» Meleagris à fleurs jaunes; le vrai Fr. lutea M.-B. ne m'est pas connu. » — J'ai éerit 
à M, le baron de Rastern, qui habite Laibach, et il a eu l'extréme obligeance de me ré- 
pondre par une lettre dont je vais donner la traduction, et de m'envoyer une caisse 
remplie de Fritillaires brunes et jaunes des marais des environs de Laibach; ces fleurs 
ont été un peu endommagées durant le transport, néanmoins j'ai pu comparer avec fruit 
ces diverses plantes, ce qui m'a vivement intéressé. Voici ce que me dit M. de Rastern : 
« Au sujet du Fr. lutea dont vous m'entretenez, je le trouve depuis plus de vingt ans 
» dans les marais (Morast) prés de Laibach, jele cultive et il reste constant par la culture ; 
» je ne puis vous renseigner gur ses rapports avec la plante du Caucase de Bieberstein, qui 
» m'est inconnue. Je vous envoie, des deux formes, une vingtaine d'exemplaires. Cette 
» Fritillaire jaune est si rare, que sur deux milles carrés de marais et sur des millions 
» d'exemplaires de Ia Fritillaire brune on ne trouverait pas cent échantillons de la jaune; 
» cette dernière croît isolée au milieu de la brune. » M. de Rastern ajoute qu'il n'ose 
se prononcer sur l'identité dela plante à fleurs jaunes et de celle à fleurs brunes, En ré- 
sumé sa lettre n'est pas trés-explicite. Il en résulte cependant ceci : c'est qu'aux envi- 
rons de Laibach il ne se trouve que deux Fritillaires, une brune, qui est, à n'en pas 
douter, le Fr. Meleagris, et une à fleurs jaunes, qui est bien celle figurée par Reichenbach 
Ic. fl. germ. et helv. Or cette dernière, d’après l'examen que j'ai fait des exemplaires frais 
de M. de Rastern, est, sauf la couleur du périanthe, identique à l'autre. Le Fr. lutea de 
Reichenbach n'est donc qu'une variété à peine du Fr. Meleagris. Je dis fleur jaune, 
mais elle est plutôt blanc jaunâtre, nullement tessellée, à stries ou nervures verdâtres. 
Les divisions du périanthe diffèrent peu de largeur entre elles, les intérieures sont ce- 
pendant un peu plus larges; elles sont pointues, non arrondies à l'extrémité ; sur presque 
toutes (mais pas sur toutes) j'ai trouvé le petit repli cuculliforme que vous m'avez signalé. 
Ces divisions du périanthe sont coudées fortement à la base, mais à angle obtus, tant les 
intérieures que les extérieures (non arrondies comme dans la variété Burnati de Tende, 
non coudées à angle droit comme dans la variété Moggridgei à fleurs jaunes). Les éta- 


SÉANCE DU 9 Mar 1873, 194 


Une Fritillaire à fleurs jaunes tachetées de pourpre était cultivée, dès la 
fin du xvr* siècle, dans quelques jardins de Hollande et bientôt après dans ceux 
d'Angleterre : Clusius, qui la signale le premier (Hist. pl. ann. 1601, p. 153), 
l'appelle Fritillaria flore luteo; Lobel (Advers. append. alt. p. 494) en 
donne une grossière figure sous le nom de F. lutea J. Someri. C'est le F., 
flava rubris maculis distincta de C. Bauhin (Pinaz, 6^), le Fritillaria lutea 
punctata de Parkinson (Parad. tab. A1, f. 7), probablement aussi le Melea- 
gris flos maximus italicus Hort. eyst. (Fritillaria lutea mazima italica 
Park. l. c. tab. 41, f. 8), enfin le Fritillaria lutea Mill. (Dict. pp. 342- 
343, de la traduct. franc. édit. de 1785). Gawler rapporte tous ces synonymes 
au Fritillaria latifolia Willd., auquel il rattache le F. lutea de Bieberstein 
et qu'il divise en trois variétés, major, minor et lutea (voyez Gawler Bot. 
Mag. tab. 1538), la forme dite /fa/ica par les vieux auteurs répondant à la 
variété major. 

Si cette dernière synonymie est exacte, la Fritillaire à fleurs jaunes des 
vieux auteurs serait originaire du Caucase, et le mot italica appliqué à l'une 
de ses formes proviendrait d'une erreur. Mais, comme le premier introduc- 
teur de cette plante, un amateur de fleurs de Middelbourg, nommé Jean 
Somer, était revenu de Constantinople en traversant l'Albanie, il se peut bien 
qu'il ait traversé aussi la Carniole ou le col de Tende, oüse trouvent les formes 
à fleurs jaunes du Fritillaria delphinensis, en sorte qu'on peut douter si la 
plante répond au F. latifolia du Caucase ouau Fritillaria delphinensis y Mog- 
gridgei de Laibach et du col de Tende. C'est un doute qui ne pourrait étre 
résolu que par l'étude d'herbiers où seraient des types authentiques de la 
Fritillaire jaune des vieux auteurs. La question est, du reste, d'intérét assez 
secondaire et rentre dans la question plus générale des rapports du Fritillaria 
delphinensis Gren, avec le Fritillaria latifolia Willd. (1). 


mines ont les anthéres de la longueur des filets, dépassant un peu le style trifide à trois 
divisions écartées. Je n'ai pas vu de fruits. Un exemplaire à fleurs blanc jaunâtre présen- 
tait des traces de tessellations brunes. La glande nectarifère est ovale-allongée, verte ; les 
feuilles sont fortement en gouttière, un peu glaucescentes. — Je tenais à vous donner 
encore ces quelques renseignements et désire qu'ils vous soient de quelque utilité. 


» Recevez, etc. 
; » ÉMILE BURNAT. » 


. (4) A la demande de mon ami le docteur J.-D. Hooker, M. J.-G. Baker, qui s'occupe 
en ce moment de Liliacées et notamment de Fritillaires, a bien voulu extraire pour moi 
de l'herbier de Kew : 1? un échantillon « du vrai F. lutea. M.-Biebst. répondant à la 
figure 1538 du Bot. Magazine» , cet échantillon provient de l'herbier Gay ; 2° un échan- 
tillon de F, latifolia Desjardins, s’accordant, d'après M. Baker, avec le Fritillaria lati- 
folia envoyé du Caucase à feu J. Gay, par Gamba, consul de France à Tiflis (c'est la 
forme à fleur pourpre terne répondant, ce me semble, au Frilillaria flore atro-rubente 
de Parkinson (Fritillaria latifolia, Bot. Mag. tab. 1207). M. Baker regarde ces deux 
plantes comme distinctes : pour moi, je ne puis que constater leur rapport étroit avec le 
Fritillaria délphinensis, mais sans oser me prononcer, d’après des brins desséchés, sur 
leur valeur comme espèces ou variétés. 


122 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


A la suite des espèces normales et bien définies qui viennent d’être énu- 
mérées, je place les formes suivantes connues par les seuls dessins ou par 
les descriptions imparfaites de Richer de Belleval, dessins dont un seul 
a été publié par Gilibert, et dont les originaux se trouvent à la Biblio- 
thèque de l'Institut (fonds Delessert), d’où mon frère m'en a communiqué 
les calques. 

FRITILLARIA ógeopoxpas06590;o;, montana major, flore rubro. Bellev. Icon. 
ined. (Bibl. de l'Institut, fonds Delessert), n° 171. 

La figure ainsi dénommée représente presque sûrement une forme du Fri- 
tillaria delphinensis Grenier. Réduite dans ses dimensions, la plante offre 
sur une tige simple huit feuilles alternes, largement linéaires, plus ou moins 
tordues, décroissant graduellement de longueur jusqu'au voisinage de la fleur. 
Gelle-ci, solitaire et penchée, sous forme de cloche presque aussi large que 
longue, à base élargie et déprimée, a des gibbosités moins saillantes et moins 
anguleuses que celles des formes ordinaires du Frit. delphinensis. A en juger 
par les extrémités des piéces du périanthe, telles que la figure les représente, 
il y aurait neuf de ces pièces, au lieu de six. C'est donc encore un exemple de 
fleurs doubles existant, dans ce genre, chez des espèces spontanées, et c'est 
probablement à ce Fritillaria montana major flore rubro que se rapporte, 
en partie du moins, ce que Belleval, dans le passage suivant deson manuscrit, 
dit de son Fritillaria rubra flore pleno : 

« Anno 1618 , 5° junii, descripsimus in monte de Vergon, Fritillariam 
rubeam, 20 flori habens folia (s/c/ lege habentem), aliæ vero species tüm 
(tantum) 6x, 

» Radix aliis aequalis est, caulis aliis longior et crassior 4^' tantum habens 
folia quae eum ambiant aliis paulo crassiora et fortiora (ce nombre quatre des 
feuilles caulinaires prouve que ce n'est pasla méme plante que Belleval a figu- 
rée sous le n° 1714). 


» Flos triplici foliorum (lege perianthii foliolorum) constat absque ulla tube- : 


rositate in parte externa, nec caule (sc !) in interna, in quo liquor glutinosus 
est cavitati colorem nigrum inserens (la derniere partie de la phrase est incom- 
préhensible, par suite de quelque incorrection de l'auteur, mais il est curieux 
que Belleval ait signalé l'absence des gibbosités répondant aux fossettes necta- 
rifères, car cette absence est probablement liée à l'état même de duplication 
de la fleur) Parte externa flos rubens, purpurescens, interna rubens sub- 
obscurus nec visui minimum gratus. » 

FRITILLARIA &vĝoheuxorkńeng, flore albo et pleno Bellev. Icon. ined. (Bibl. 
de l'Institut, fonds Delessert), n° 172. 

Trés-semblable pour l'ensemble à la précédente et représentant aussi trés- 
probablement une forme du Fritillaria delphinensis Gren., cette figure ne 
donne à la plante que quatre feuilles alternes, largement linéaires, un peu 
tordues, la plus haute encore assez éloignée de la fleur solitaire et nutante. 


| 25 VELA 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 193 


Cette fleur, largement campanulée, arrondie-tronquée à la base, est formée 
d'un très-grand nombre de pièces pétaloïdes (à peu près vingt). On voit néan- 
moins, figuré à part comme détail analytique, un ensemble de quatre étamines 
sous un pistil, probablement imparfait, puisqu'il est sans style avec trois dents 
stigmatiques. A côté on voit un fruit censé mûr ; mais il est peu probable 
que ce fruit soit le produit d'une fleur aussi double. Belleval l'aura pris sans 
doute à cóté, sur quelque exemplaire à fleur simple ou semi-double. 

On pourrait croire que Belleval fait allusion à la plante ici figurée, lorsqu'il 
dit : « Descripsimus in monte de Vergon, Fritillariam rubeam, 20 flori folia 
habens. » Mais le mot rubea ne s'appliquerait pas à la plante à fleurs blanches 
dont il est ici question. 

On sait, du reste, que les fleurs doubles ne sont pas rares dans le genre Fri- 
tillaria. Clusius, Sweert, Parkinson, J. Bauhin, les ont signalées, dés les 
premiers temps du xvrI* siècle, chez des variétés cultivées du F. Meleagris. 
Mais il est intéressant de les trouver chez les plantes spontanées figurées par 
Belleval. 

FRITILLARIA éyÜavtoypévos, flore aperto. Belleval. Icon. ined, (Bibl. de 
l'Institut, fonds Delessert), n° 176. : 

Fritillaria Meleagris L. flore aperto, Gilib. Demonstr. part. des fig. T, 
p. 93, n° 252, tab. 252. 

Fritillare alpinum, fundo intus et foris segmentato (expression mise là 
pour £essel/ato) Bellev. manuscr. fide Gilibert, I. c. 

Voici l'article que Gilibert consacre à cette plante : « Ce n'est encore qu'une 
variété (du Fritillaria Meleagris L.) à tiges garnies de feuilles qui entourent 
une fleur droite, trés-ouverte. L'auteur a fait graver à part une fleur à demi 
entr'ouverte, une feuille, un pétale panaché, une étamine, etc. Il parait qu'il 
avait en vue cette figure dans son manuscrit, lorsqu'il dit : elle n'a que deux 
feuilles sous la fleur : celle-ci est très-ouverte, le fond est vert en dehors, 
tacheté de rouge, le dedans est jaune. » 

La figure que Belleval a donnée de cette plante est du nombre de ses plus 
mauvaises, de celles qui, au point de vue artistique aussi bien qu'au point de 
vue botanique, sont au-dessous du médiocre. Ni l'attache des feuilles sur la 
tige, ni la forme et la structure du bulbe, ni les détails de la fleur, ne peuvent 
être exacts, On se demande méme comment Belleval a pu mettre de telles 
ébauches informes à cóté de planches aussi exactes que celle de ses deux autres 
Fritillaires reproduites par Gilibert, ou d'autres d'un fini aussi délicat que 
son Zryngium alpicoleiocalon (voyez Gilibert con. tabb. 203 et 204) et 
surtout que son Zofanarctioides (Berardia subacaulis Vill. — Gilib. Zcon. 
tab. 87). 

Quantà la plante qu'il aura eue en vue, on peut supposer, d'aprés les couleurs 
indiquées, qu'il s'agit d'une Fritillaire, mais alors d'une forme monstrueuse de 
quelque espèce du Dauphiné, à feuilles toutes alternes, telle que par exemple 


124 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


le Fritillaria delphinensis Grenier. Du reste, ce n'est pas tant la détermina- 
tion de l'espéce qui nous intéresse dans cette plante; c'est plutôt la direction 
dressée de sa fleur, état anormal qui lui donne un faux air de Colchicacée et 
que Belleval a reproduit comme il le faisait pour les monstruosités en général, en 
confondant dans sa nomenclature ces formes accidentelles avec les véritables 
espéces, dans le sens linnéen du mot. 

FRITILLARIA &v0éop0os, flore erecto. Bellev. Icones ined. (Bibl. de l'Institut, 
fonds Delessert, n° 170; p. 81 de la partie perdue du manuscrit.) 

Je ne connais cette plante que d'apres un calque que mon frère m'a transmis 
de la figure originale. Ses feuilles, au nombre de sept, semblent étre toutes 
alternes; elles sont dressées, ainsi que la fleur. Celle-ci, étroitement campa- 
nulée, a ses piéces du périanthe érigées et rapprochées sur les trois quarts de 
leur longueur, avec leur sommet étalé et obtus. D'aprés toutes les apparences, 
c'est tout simplement un état du Fritillaria pyrenaica avant que la fleur soit 
épanouie, 


DE QUELQUES ÉTYMOLOGIES, par BE, D. CLOS. 


(Toulouse, 12 avril 1873.) 

I. PAQUERETTES. — Deux opinions ont cours daus les dictionnaires fran- 
cais et dans les ouvrages de botanique à propos de ce nom : 

1° « On la nomme aussi Pâquerette, parce qu'elle fleurit au printemps vers 
Pàques » (de Théis Gloss. de Bot. p. 58). — « Cette plante inodore qui 
doit son nom francais au temps de sa floraison, etc. » (Mérat et de Lens Dict. 
de mat, méd. Y, p. 571). —« ... ainsi nommée en francais à cause de lappa- 
rition de ses fleurs vers les fêtes de Pâques » (Poiret Hist. physiol. des pl. 
d'Europe, t.V, p. 379, phrase reproduite textuellement dans le Dictionnaire de 
botanique de M. Hæfer, p. 99. —« Pâquerette qui fleurit à Pâques » (Desvaux 
Flore de l'Anjou, p. 225). — « Plante des prés qui fleurit aux environs de 
Pâques, d’où elle tire son nom » (Avril Diet. provençul-français, p.271).— 
M. Viaud-Grand-Marais écrivait tout récemment dans ce recueil : « la Páque- 
rette tire son nom de Pâques » (t. XIX, p. 90), et cette même étymologie se 
retrouve dans le Dictionnaire de Trévoux. 

2° Dès 1830, Amoreux écrivait que la Pàquerette ne tire pas son nom de 
Pâques, mais de pasquis, pasquier, qui dans notre vieux langage signifiait på- 
turage, si bien que Páquerette devrait se traduire par petite fleur des pâturages 
(Quest. et observ. particulièrement philologiques, p. 22). C'est l'opinion 
adoptée par Scheller, « cette fleur ne tire pas són nom de ce qu'elle fleurit à 
Pâques »( Dict. étym.), par M. Bescherelle (Dict. national), et aussi par le savant 
Littré, se fondant sur cette phrase des botanistes : Habitat in pascuis 
apricis, 

Remarquons d'abord que plusieurs des plus anciens botanistes ne la dési- 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 125 


gnent que sous les noms de Marguerite et Pasquette, tels : Carolus Stepha- 
nus (1), Fuchsius (2), Antoine Mizauld (3), Dalechamp (A). 

Vaillant écrit : « La Pasquette fleurit vers la fin de février » (Bot. paris. 
p. 20), et dés 1557 Ruellius appliquait ce nom à une tout autre plante (5). 

Elle ne figure que sous le nom de Marguerite dans le Théátre d'agriculture 
d'Olivier de Serres, édit. de 1675, p. 509, dans le Botanicum monspeliense 
de Maguol, p. 37, et dans le De stirpium historia de Ruellius (6). 

Le premier auteur de botanique qui, à ma connaissance, ait employé le 
mot Páquerette est Tournefort, dans ses Institutiones rei herbariæ, t. I, 
p. 490, où ce nom figure en tête du genre à côté de celui de Ze//is; on le 
retrouve dans les ouvrages descriptifs de Dalibard (Floræ paris. prodr. 
p. 264), de Sauvages (Methodus foliorum), de Gouan (Flora monspel.). 

Dans son Histoire des plantes des environs de Paris, 2° édit, t. I, p. 103, 
Tournefort écrit : « Cette plante se nomme communément Marguerite ou 
Pasquerette » ; et c'est encore sous ces deux noms qu'elle figure dans les 
Démonstrations élémentaires de botanique, t. TII, p. 62. 

J'ajouterai que la Páquerette est appelée Páguette en Normandie, Pasque- 
rette dans le Maine, mais qu'aucun de ses noms patois dans le midi ne se 
rapporte à ce type, dérivant tous, soit de Pimpanelo ou Pimparelo, soit de 
Margarido. 

Ne semble-t-il pas résulter de la discussion précédente que la Pâquerette 
doit conserver jusqu'à plus ample informé l'étymologie populaire, qui fait 
dériver ce nom de Pâques ? Les passages cités de Fuchsius d'une part, de 
Mizauld de l'autre, sont favorables à cette interprétation. 

IL. POURPIER. — Ce genre (et surtout le Pourpier commun) tire-t-il son 
nom, comme le veut de Théis, « de ses tiges de couleur de pourpre » (Gloss. 
bot. p. 381) ? Ou faut-il en trouver l'étymologie, avec Ménage et Besche- 


(4) « Consolida minor, Græcis symphitum minimum, des Marguerites, quibusdam etiam 
des pasquettes. » (De re hortensi libellus, 1536, p. 48.) noy 

(2) « Bellides nobis Margarite et Pasquete, quod ad Pascha fere flores hi incipiant » 
(De historia stirpium commentarii, 1446, p. 55), et Fuchs reproduit ces noms à la page 
suivante : « ... transeo ad Bellidem seu Bellium.... de quo priusquam medice aliquid 
proferam, monebo quod flores ejus a Gallis Margarite? vulgo nuncupantur, et a nostra- 
tibus Borboniis Pasquetæ, fortasse quod circa Pascha oriri incipiant, vel quod grato et 
vario colore, licet inodoro, oculos pascant » (Alexikepus, 1574, p. 52). : 

(3) « Avant de discourir de ses facultés, je veux donner cet avertissement, à savoir 
que les Français appellent ses fleurs Marguerites, et nos Bourbonnais Pasquettes, pour ce 
que (comme je crois) elles viennent environ Pasqne, ou bien pour ce que, par leur cou- 
leur plaisante et tant bigarrée, elles paissent les yeux encore qu elles n'aient point d'o- 
deur. » (La Maison champestre, 1607, p. 644.) es 

(4) « En francais Marguerites et Pasquettes » (Hist. yénér. des plantes, 1615 et 1653, 
t. I, p. 741.) 

i Il écrit du Cerinthe, p. 591 : « Ea videtur esse... quam rura nostra Pasquetam 
nominant quod apud examina pascat, cum in capitula extuberavit. » —— 

(6) « Bellis vel Bellius minor in pratís nascitur, unde Galli margaritam vocarunt. » 


(P. 984.) 


426 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


relle, dans Poullepied (pulli pes, pied de poule) ? Amoreux a écrit: « Il me 
paraît plus naturel de dériver ce nom du vieux mot poulpe qui signifie chair, 
parce que les feuilles de cette plante sont charnues, d'où pulpe des fruits » 
(Quest. et observ. philol.). Cependant la plante est appelée dans le patois de 
Tarn-et-Garonne Pepoulo, et dans celui du Tarn Erbo de cambo de poul, 
id est Pied-de-poule, Herbe de jambe de poule. M. Littré, qui admet l'étymo- 
logie donnée par Ménage, la trouve confirmée par le mot Piepou, que porte 
le: Pourpier en Anjou, et par l'orthographe admise par Ambroise Paré, qui 
écrit pourpied au Xv1* siècle. 

III. CIRSIUM ARVENSE. — M. Mary Lafon, recherchant les étymologies 
grecques dans les noms patois du midi, cite entre autres, en fait de noms de 
plantes, comme appartenant à l’ancien Rouergue, le mot Colcido, Chardon, 
dérivant d’après lui de x34», herbe de Colchide. 

Or, parmi les Chardons (en prenant cette désignation dans son sens géné- 
ral etle plus vaste), il en est un qui, vivace et répullulant sans cesse, infeste 
toutes nos cultures, à ce point que dans certaines contrées des pénalités ont été 
édictées contre ceux qui négligeraient de le détruire. Cette plante, néfaste entre 
toutes, a dû recevoir un nom dans la plupart des idiomes populaires, et en effet 
tous ses noms méridionaux se rapportent à un méme type, comme on peut en 
juger par les citations que j'extrais de ma Comparaison des noms patois et 
populaires des plantes, inédite: Caleidas (Catalogne), Calcida (Provence), 
Colcides(Pyrénées-Orientales), Caoussido (Tarn, Aude, Haute-Garonne, Tarn- 
et-Garonne), Cooussido (Aix), Coussida (Gard), Caussido (Bouches-du-Rhóne, 
Apt), Cousside (Arles), Caussida (Hérault et en roman), Caoussic (Gers), 
Caoussie (Gironde), Caoussiz (Tarn-et-Garonne), Caissit (Haute-Garonne), 
Tso-oucide (Corrèze), Chausside, la Chaussida (Auvergne), Tsouschiado, 
Tchouchido (Haute-Loire); et Honnorat, dans son Dictionnaire provençal, cite 
encore Chaussia, Caussiga. 

Cette remarquable uniformité de dénominations plaide-t-elle en faveur de 
l'opinion de M. Mary Lafon? Je ne sais, mais il convient de rappeler que le 
mot xohyexèy S'applique, chez les auteurs anciens, et en particulier chez Diosco- 
ride, au Colchique : « Autumni exitu florem ostendit in quibusdam pratis 
herba Colchicon dicta. » (Car. Stephani Prædium rust. p. 466.) 


DÉ QUELQUES REMARQUABLES DÉNOMINATIONS POPULAIRES DE PLANTES, 
pr M. E». CLOS, 


(Toulouse, 1f mai 1873.) 


I. MILLEPERTBIS PERFORÉ. — Cette plante porte chez quelques auteurs 
anciens une dénomination que l'on retrouve, à quelques modifications près, 
dans les patois du midi de la France et sur la signification de laquelle on est 


SÉANCE DU 9 MAI 1873. 127 


loin de s'accorder. C'est le mot 7rescalan (1), inscrit dans les Adversaria de 
Lobel et dans l’ Historia plantarum universalis de Jean Bauhin (2), dans le 
Botanicon monspeliense de Magnol (3) et méme sous le nom de Triscalamus 
dans le supplément de Petrus Apponus aux Opera de Mésué (A). 

D'autres botanistes emploient le mot Zrucheran qu'on peut lire dans les 
Plantarum effigies e Leonartho Fuchsio (1552, in-12, p. 42), dans l Ais- 
toire des plantes de Lonicer (Paris, 1584, in-12, p. 435), dans la Zraduc- 
tion des Commentaires de Mathiole sur Dioscoride par Du Pinet (1655, 
p. 357, in-folio). 

Enfin Astruc s'exprime ainsi à propos du Millepertuis : « On le trouve 
figuré dans l'Onosmaticum medicum et? philosophicum de Michel Toxites 
(en date de 1574), oà, entre beaucoup d'autres noms barbares qu'on donne 
au Millepertuis, on l'appelle Zustulan pour Trescalan. » 

Le mot Zrucheran n'est-il pas un moyen terme entre Trustulan et Tres- 
calan? 

Deux étymologies ont été proposées du mot Trescalan. L'abbé de Sauvages 
le fait dériver des mots «eic xx) (appeler trois fois), parce que, dit-il, avec cette 
plante on invoque trois fois en Languedoc le nom de saint Jean, le jour de 
la féte de ce saint; tandis que M. Honnorat se demande si ce nom ne ferait 
pas allusion aux prétendues perforations des feuilles et ne proviendrait pas de 
T'rascalar passer à travers (Dict. provençal). 

D'une autre part, Astruc, et après lui M. Mary Lafon (5), trouvent l'origine 
de 7rescalan dans le mot arabe Trastulan. Toutefois Dalechamp a écrit que les 
Arabes appellent le Millepertuis Æeiofricon et Reiofaricon (Hist. des plantes, 
t. II, p. 53), et je lis dans Avicenne : « Ipericon nominatur arabice Alharan, » 
(Liber canonis, edit. 1606, p. 248.) 

II. PERSIL (Petroselinum sativum Hoffm.). — Cette plante est appelée 
Tsoulbert dans le Tarn et une grande partie de la Haute-Garonne, Junbert 
à Saint-Béat, /houvert en Provence, Jaouber, Joôuber, Jimber dans l'Hé- 


(A) J'extrais les renseignements suivants de ma Comparaison des noms patois et 
populaires des plantes dans les diverses parties de la France et de l'Europe méridionale, 
ouvr. manuscrit : Hypericum perforatum L, : Herbo de trescalans (Haute-Garonne), 
Trescalan (Tarn, Hérault, Gard), Très-calan (Oise), Trescolan (Gard), Trascaiaa 
jaoüne (Hérault), Trigalan (Gironde), Trascam (Pyrénées-Orientales), Trotzream (Vaud), 
Herbo de trés-galans (Tarn-et-Garonne); et l'Hypericum quadrangulum L. est aussi 
appelé dans le Maine le Trescalan jaune. : 

(2) « Semen in pericarpiis ad vulneraria balsami nulli secundum multo chirurgorum 
peritissimorum monspeliensium experimento, ubi etiam oleum vernacule de Trescalan 
vocatum, quotannis paratur. » (P. 172 des Adversaria, phrase reproduite par Jean 
Bauhin. 

(3) Lis junio cum flore copiose deferunt mulierculæ, vulgo de Trescalan. » 
P, 135. 

(4) tn herba sancti Johannis, herba perforata, Scopa regia, Triscalamus, 
idem est. » (P. 238, aux synonymes.) 

(5) Tableau histor. et litiér, de la langue parlée dans le midi de la France, p, 71. 


428 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


rault, Jalbert à Saint-Pons (Hérault), Jaoubert dans l'Aveyron, Jaóuver dans 
le Gard et l'Hérault, Jouver dans le Gard, Juver à Arles. M. Honnorat n'hé- 
site pas à y voir un composé des mots jus vert, opinion confirmée, ce semble, 
par la dénomination de Verjus que porte la plante à Toulon et peut-étre 
encore par celle de Verdura qui lui est donnée à Nice. 

Il est aussi trés-digne de remarque de voir la Petite-Cigué (Æ thusa Cyna- 
pium L.) porter dans la plus grande partie de la France des noms qui rap- 
pellent ceux du Persil, deux plantes dont les écrits sur les propriétés écono- 
miques et médicinales des végétaux s'attachent à montrer les caractéres 
distinctifs, La Petite-Cigué est nommée : Zsoulvertino (Tarn), Jaoubertino 
(Aveyron), Jaouvertasso (Gard), Jalbertasso, Jaubertino, Jalbertino à Saint- 
Pons (Hérault), Persillade (Gironde), Persaille (centre de la France), Persil 
des fous (Eure). 

L'OEnanthe Phellandrium est encore appelé Juver bastard à Arles, et la 
Grande-Cigué (Conium maculatum L.) a des noms populaires qui se rapportent 
à trois types : Cigudo, Coujoulo, Joubertasso. Ce dernier, signifiant gros et 
faux Persil, se retrouve avec quelques légères variations dans les Pyrénées- 
Orientales, la Haute-Garonne, le Tarn etla Gironde. 

IH. CHIENDENT. — On sait que pour les anciens botanistes, y compris 
Tournefort, toutes les Graminées non cultivées constituaient le seul genre 
Gramen, et ce terme s'est conservé dans la langue francaise, car on lit au mot 
Gramen dans le Dictionnaire de M. Bescherelle:« Genre de plante dont la feuille 
ressemble à celle du Chiendent », et dansle Dictionnaire de M. Littré : « Plante 
qui constitue principalement le gazon » : deux définitions incomplètes, où le 
mot « plante » devrait étre au pluriel et suivi des mots « de la famille ou du 
groupe des Graminées ». 

Mais s'il est dans ce grand groupe des Graminées quelques espéces qui 
dominent par leur vigueur et leur tendance envahissante, ce sont assurément 
les deux Chiendents, le Chiendent des boutiques (Triticum repens L.), et le 
Chiendent pied-de-poule (Cynodon Dactylon L.) ; tous deux répandus par- 
tout avec une incroyable profusion, ils ont dû recevoir et ont recu en effet de 
nombreuses dénominations populaires ; seulement, dans le midi de la France 
et méme en Espagne et en Italie, ces noms, chose étrange! ne sont pour la 
plupart que des modifications du mot Gramen. 

Ainsi les deux Chiendents sont appelés Agram dans le Tarn, la Haute-Ga- 
ronne, les Pyrénées-Orientales (et le C. Dactylon daus le Gers, à Limoux, en 
Catalogne), Grame en Provence et dans le Gard (et le C. Dactylon, gros Grame 
à Apt), Grama en Espagne (et le Triticum repens spécialement en Aragon), 
Gramigna en Italie et en Sicile, Gramenas en Provence et dans l'Hérault. 
Enfin le Triticum repens est encore nommé Gramp (Tarn), Gram, Gramoun 
(Provence), Gramon (Vaud, Piémont), Gramo (Gers), Gramé (Apt, Arles, Tou- 
lou), Grama das boticas de França (Portugal), et le C. Dactylon, Grama das 


SÉANCE DU 9 mAr 1873. 129 


boticas (Portugal), Gram (Catalogne, Castille), Gramous (Nice), Gram (Aix), 
lou (iréme, lou Gro-mo (Haute-Loire). 

IV. SEIGLE, AVOINE, ORGE, BLÉ. — Les céréales se prêtent aux remarques 
suivantes : 

Le Seigle a une dénomination à peu près uniforme (Sigal, Sial) dans tout 
le midi, se retrouvant dans le basque (Cecalea, Cekelea, Cekela, Cikiroa) et 
dérivant probablement du celtique Secal, Segal, plutôt que du latin secare, 
faucher. Dans les langues germaniques, le nom du Seigle a une tout autre ori- 
gine : Rogg en flamand, Rye en anglais. En slave on l'appelle Rezi. 

L'Avoine est appelée à peu près uniformément Civado, Sivade dans toute la 
France méridionale depuis le Béarn jusqu'à Nice; mais déjà dans la Gironde 
ce nom est remplacé par Aoubés, et dans le canton de Vaud, dans l'Isère, la 
dénomination de l'Avoine rappelle les noms latin, français et italien de la 
plante; aux Açores elle s'appelle Aveia (1). N'est-il pas remarquable qu'en 
Espagne, aux Açores, au Chili (voy. Cl. Gay, Flora chilena, t. VIII, p. 407), et 
ala Paz (voy. Weddell, Voy. dans la Bolivie, p. 154), l'Orge s'appelle Cevada? 
Dans beaucoup de contrées l'Orge. remplace l'Avoine pour la nourriture des 
chevaux et des mulets, d’où peut-être l'analogie de dénomination de ces deux 
céréales. En Italie l'Orge s'appelle Orzo. 

M. Alph. de Candolle fait observer que le mot //é (Korn en allemand) est 
donné par certaines populations au Seigle, par d'autres au Froment ou méme 
à l'Orge, quand ces plantes sont leur culture principale ou exclusive (Géogr. 
bot. rais. p. 981). Or si, dans plusieurs départements du sud-ouest (Haute- 
Garonne, Aude, Tarn, Tarn-et-Garonne) et méme dans la Gironde, la Corrèze 
et jusque dans le canton de Vaud, le Blé est uniformément appelé Blad, en 
Béarn il porte le nom de Froumen, et c'est l'Orge qui est connue sous celui de 
Blat. Enfin dans l'Aveyron ce mot blad est considéré, pour ainsi dire, comme 
un terme générique, le Seigle s'y appelant Z/ad-ségol, et le Blé Blad- 
froumen. 

On peut se refuser à voir un Triticum dans un ZZgilops ; mais les faits 
d'hybridation, soit naturelle, soit artificielle, entre ces deux genres n'en témoi- 
gnent pas moins de leurs rapports réciproques. Ces rapports, depuis long- 
temps soupconnés, se retrouvent jusque dans les dénominations vulgaires ou 
patoises des Ægilops appelés Blé du diable dans une partie de la France 
méridionale (2). 

(4) Avena sativa L.: Civado (Tarn, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Gard, Apt, Aix, 
Corrèze, Lot), Cibado (Aveyron, Gironde, Limoux), Aoubes (Gironde), Cibade (Landes), 
Sibade : (Basses-Pyrénées), Civade (Gironde, Arles), Civada (Hérault, Nice), Siouado 
(Saint-Béat), Siouasa (Languedoc), Siouaso, Sibazado, Ciouazo (Gers), Civau (Pro- 
vence), Civaga (Barcelonnette), Chivado (Haute-Loire), Avena (Hérault, Espagne), 
Aveina (Isère), Avaina (Vaud), Avène (Aube), Aveine (Normandie), Vena (Italie), 
Avena (Portugal), Aveia (Açores). 

(2) Blat del diable (Pyrénées-Orientales), Blad daou diable (Hérault) ; l'/Eg. ovata : 
Bla dou diable à Arles, Bla daou diable à Aix. 

T. XX. (SÉANCES) 9 


130 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. le Président signale à l'attention de la Société, à propos de ces 
deux communications, le volume. que. vient tout récemment de 
publier M. Melchior Barthèz, intitulé : Glossaire botanique langue- 
docien, français-latin, de l'arrondissement de Saint-Pons (Hérault), 
et qui est précédé d'une étude du dialecte languedocien. 

M. Roze, secrétaire, communique fa note suivante : 


NOUVEAU GENRE DE MOUSSES PLEUROCARPES PROPRE A LA NOUVELLE-CALÉDONIE, 
pr M. le pasteur DUBY. 


(Genève, 15 février 18713.) 


BESCHERELLIA Duby, genus nov. ined. 


Capsule pedicellatæ erectæ, primo cylindrice demum ovoideo-cylindricæ, 
vagina persistente. Peristomium magnum simplex, dentibus 46 elongatis 
anguste pugioniformibus laxe trabeculatis ez uno latere in parte superiort 
acute dentatis ex altero viz exinde serratis. Calyptra angusta cylindrica dimi- 
diata levis. — Facies peculiaris, caules fasciculati elongati parce ramosi ramis 
ad unum latus vergentibus. — Genus cl. Æmilio Bescherelle; de bryologia 
mexicana et neo-caledonica optime merenti, dicatum. 


B. ELEGANTISSIMA Duby. 

Monoica assurgens rufo-fusca apice viridescens, caulibus 7-18 centim. longis 
fasciculatis a basi simplicibus senescentibus nudis junioribus foliosis parum 
ramosis ramis elongatis incurvis sericeo-sciuroideis approximatis ; foliis dense 
imbricatis inferioribus patulis superioribus adpressis humiditate patulis e basi 
amplexicauli ovato-rotunda subrotundave pellucida integerrima plus. minus 
abrupte sensimve coarctatis in aristam sensim angustatam angustissimam bas’ 
triplo quadruplove longiorem integerrimam aut versus apicem subsinuato-den- 
ticulatam, nervo basi aurantiaco demum pellucido apicem subattingente, cellulis 
limbi lati nervo vicinis elongatis angustis dissepimentis latis anastomosantibus 
versus marginem minoribus irregulariter rotundatis, marginalibus minutissimis 
elegantissime seriatim dispositis, secus aristam quadratis regularibus ; foliis peri- 
chætialibus conformibus sed cellulae elongato-angustæ, basilares aurantiacæ 
ovatæ ; setis paucis paraphysibus articulatis aurantiacis minutis filiformibus 
3-4 centim. longis strictis subflexuosis purpureis brevibus siccitate contortis ; 
capsula dilute rufescente primum anguste cylindracea demum subovoideo-tereti 
levi 3 circa millim. longa; peristomii dentibus dilute luteis infra orificium 
oriundis, in parte superiori acute et profunde serratis, operculo e basi conica 
longe subulato erecto inclinatove subdimidium capsula æquante; calyptra 
angustissima capsula longiore helveola. — E monte Mu Nova Caledoniæ rela- 
tam miserat amiciss. Lenormand. 


SÉANCE DU 9 MAI 1873, 131 


Explication des figures de la planche I de ce volume. 


Fig. 4. Bescherellia elegantissima Duby. Plante entière, de grandeur naturelle, 

Fig. 2 et 3. Feuilles caulinaires, gr. 50/1. — 3 b, 3 €, 8 d, 3 e, 3 f. Sections de la 
feuille 3, gr. 300/1. 

Fig. 4. Section transversale de la feuille 3, gr. 350/1. 

Fig. 5 et 6. Feuilles périchétiales, gr. 50/4. 

Fig. 7. Vaginule, gr. 50/1. 

Fig. 8. Capsuie avec l'opercule, gr. 50/4. 

Fig. 9. Coiffe, gr. 50/1. 

Fig. 10. Péristome, gr. 300/1, — c, Columelle. 


Lecture est donnée de la communication suivante : 


SUR UN NOUVEL HABITAT DES CLATHRUS CANCELLATUS Mich, et HIRUDINOSUS Tul, 
ET QUELQUES MOTS RELATIVEMENT A LA PREMIÈRE ESPÈCE DE CES CHAMPIGNONS, 
pr M, Casimir ROUMEGUËRE, 


(Toulouse, 5 mai 1873.) 


M. Ch. Naudin a rencontré, il y a quinze jours, à Collioure, le Clathrus 
cancellatus végétant au pied d'un Palmier (/ubæa) qu'on avait chaussé 
récemment avec du famier de cheval ; l'hiver dernier il avait constaté l'appa- 
rition dans les vignes de sa contrée d'un assez grand nombre d'exemplaire 
du curieux Clathrus hirudinosus. Ces deux Fongfnées, que mon savant cor- 
respondant a bien voulu me communiquer, n'avaient pas été signalées jusqu'a 
ce jour dans le département des Pyrénées-Orientales, qui a cependant été 
l'objet, pour les plantes cryptogames, des recherches assidues de C. Montagne 
et du docteur Companyo, recherches consignées en 1864 dans l Histoire na- 
turelle du Roussillon, de ce dernier botaniste. 

La présence du Clathrus} cancellatus à Collioure n'offre rien d'iusolite, 
On sait que ce Champignon est particulier à l'Europe australe, qu'il est fré- 
quent en Italie et qu'on l'a également trouvé en Afrique, En France, c'est 
depuis le xvi* siècle que le Clathrus a été signalé dans la Provence, et la plu- 
part des flores éditées jusqu'à l’année 1830 lui assignent les environs de 
Montpellier comme habitat exclusif. Cette espéce apparait à l'automne, aprés 
les premières pluies, dans les bois qui entourent Toulouse, assez indilférem - 
ment sur les talus secs et dans les lieux bas, couverts et humides. Un compa- 
guon de mes premières herborisations, M. J udicis de la Vassandie, conservateur 
des archives de l’ancien Parlement, récolta le Clathrus en 1844, dans un 
ravin du bois d'Auffrery, auprès du cadavre d'un chien en décomposition 
avancée. Cette circonstance, qui indique une fois de plus l'influence qu'exerce 
la dissolution des matières organiques sur le développement de certaines Fon- 
ginées, est revenue à ma pensée depuis que j'ai entendu le témoignage de l'Ita- 


132 . SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


lien Pollini (4). Le Clathre a été retrouvé dans les Landes, à Agen, à Bordeaux ; 
je l'ai reçu il y a peu de temps de Nantes, par les soins de M. Félix Renou ; 
il apparait encore sur le littoral de la Manche, quoique dans le nord-ouest il 
soit rare. Dans l'est de la France, ainsi qu'en Belgique, l'espéce est incon- 
pue. Pour la première fois, en 1866, le Clathrus cancellatus fut signalé à 
Paris, par M. Lavallée, et les circonstances singulières de son apparition, que le 
savant M. Brongniart a exposées dans une séance de la Société botanique 
(Bulletin, t. XIII, p. 44), aideront peut-être à expliquer la rencontre des 
deux espèces de Clathrus à Collioure, notamment du CI. Airudinosus, qui est 
en France infiniment plus rare que l'autre espèce. N'est-il pas permis de 
croire que les semences de ces Champignons ont été apportées chez M. Naudin 
avec des sables ou des terres des plantes d'Algérie qu'on y recoit quelquefois ? 
M. Naudin n'a pu m'indiquer si ses Champignons avaient un substratum par- 
ticulier, ni préciser s'ils se trouvaient au voisinage d'une plante caractéristique, 
comme l'a été à Paris l Arundo Donax apporté d'Hyères et offrant peu après 
sur sa souche le Clathrus. Cette vérification essentielle pourra être faite l'au- 
tomne prochain. 

Le Clathrus cancellatus atteint 6 à 12 centimétres de hauteur. Les cas de 
nanisme ne sont pas rares, ceux de géantisme le sont davantage. J'ai récolté 
au mois de septembre 1867, sur la lisière de la forêt de Bouconne près 
Toulouse, quelques Clathres qui mesuraient 4 centimètres de hauteur seule- 
ment dans leur complet développement. J'avais remarqué avant cette derniére 
époque que le Clathre acquérait un plus grand développement dans les lieux 
bas et humides. De Brondeau a fait connaitre en 1836 (Cryptogames de 
P Agenais, fasc. 111), sous le nom de C2. cancellatus var. luxurians, un type 
qui mesurait 26 centimétres en hauteur : il s'était développé dans les allées 
d'un jardin à Villeneuve et il était monstrueux à un autre titre, car il offrait 
quatre réseaux, c'est-à-dire quatre champignons distincts dans une seule 
bourse ou volva unique. Ce spécimen anormal ne s'est plus représenté, du 
moins dans nos environs. Notre honorable confrére M. le comte Albert de 
Franqueville voulut bien me signaler l'an dernier la découverte qu'il. venait 
de faire, dans son parc de Bizanos prés Pau, d'un Clathre autrement gigan- 
tesque. Son exemplaire mesurait 49 centimètres de hauteur et 47 centimètres 
en diamètre horizontal ! Ces dimensions doivent être fort rares. 

Micheli, en qualifiant notre Clathre de ruber, n'avait sans doute vu que des 
exemplaires à branches de couleur rouge, tout comme Clusius qui avait com- 
paré au corail l'espèce qu'il décrivit le premier sous le nom de Fungus coral- 
loeides cancellatus. Les auteurs qui parlèrent de ce Champignon après le 
botaniste de Florence indiquèrent tantôt une espèce, tantôt une variété à 


(4) Ce botaniste mentionne dans l’Elenco di botanica, t. 1I, p. 426, qu'il a trouvé le 
Clathrus cancellatus végétant sur un erâne humain, dans une tombe ! 


SÉANCE DU 9 MAI 1873, 133 


branches jaunes (Clathrus flavescens Pers.) que j'ai observée dans les Landes 
et à Agen et qui ne peut être séparée du type ou former une espèce distincte, 
On sait que le Clathre varie beaucoup dans sa coloration, depuis la teinte rouge 
de sang jusqu'à la couleur blanche, en passant par les teintes rose, orangée et 
jaune. J'ai trouvé la forme décolorée à Armissan prés Narbonne (Aude). 
M. Barla, qui a publié de belles figures coloriées de ce Champignon dans ses 
divers états d'évolution, a proposé la distinction d'un Clathrus nicæensis pour 
la forme nicoise qui présente habituellement des branches jaunes à l'extérieur 
et rouges à l'intérieur. Cette forme bicolore ne saurait étre plus légitime- 
ment distinguée comme espèce que l’ancienne forme jaune de Persoon aujour- 
d'hui négligée. Les variations de couleur dont il s'agit n'avaient pas dà échap- 
per à Linné, puisque l'auteur du Species plantarum supprima le qualificatif 
ruber donné à l'espèce typique par Micheli. Quant à l'espèce décrite par 
M. Tulasne et qui appartient aussi à la flore algérienne, elle ne saurait, 
comme quelques botanistes l'ont récemment avancé, étre rattachée comme 
variété au Clathrus cancellatus. Les caractères botaniques du Cl. hirudi- 
nosus sont bien tranchés et se montrent toujours, quelle que soit la station, 
sans modification aucune. 

Il vient de tomber sous ma main une lettre autographe inédite de Séguier 
à son ami Scopoli, où je retrouve en quelques lignes l'histoire du Clathrus. 
Je détache le passage suivant qui me semble peu ou point connu encore : 
Fabri de Peiresc (1) « rencontra en 1604 le Clathre encore inconnu dans 
» les environs de son habitation et l'adressa à Clusius qui le publia dans son 
» supplément des plantes exotiques en indiquant son origine. Mobilis vir de 
» Caluas Peirets (sic), dit-il, toparca, misit ad me fungum admirabilis 
» texture, Nascitur autem, ipso referente, Belgenteriensi agro, tum in silvis, 
» tum inter harundines.... La figure donnée par Clusius de ce Champi- 
» gnon « de composition admirable » fut nécessairement la première éditée. 
> Lorsque Micheli créa le genre Clathrus, il s'était probablement proposé 
» d'honorer la mémoire du premier découvreur du type connu alors, de 
» Peiresc, puisque le Champignon sec que j'ai vu dans sa collection avait été 
> inscrit de sa main sous le nom de Peireskia rubra, hommage qu'il ne per- 
» sista pas à rendre au savant provencal. Pourquoi? » Vingt-six ans avant la 
publication du Nova plantarum genera de Micheli, Plumier (1703) avait 
établi le genre Pereskia, pour une tribu d'Opontiacées de l'Amérique tropi- 
cale, et Micheli ne devait pas l'ignorer; cependant personne n'eüt songé 
à reprendre le botaniste de Florence, s'il eût publié, comme il paraissait être 
en voie de le faire, le Clathrus Pereskii. Cette dernière appellation semblait 


(4) Zélateur de la botanique auquel revient l'honneur de la naturalisation chez nous du 
Lilas de Perse et du Laurier-Rose, et qui possédait à Beaugencier (Var), au commencement 
du xvu siècle, un Jardin-des-Plantes réputé, aprés celui du Roi à Paris et celui de la Faculté 


de médecine de Montpellier, le plus riche de France, 


134 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


plus logique que celle de Clathrus cancellatus L., dans laquelle substantif et 
adjectif rappellent la mêmejlidée : grille en forme de grillage. Cependant 
il faut reconnaître que le nom linnéen a parfaitement sa raison d’être, puisqu'il 
fallait conserver le genre établi et ne pas omettre le mot le plus caracté- 
ristique de la phrase du premier descripteur, l'oubli ici de l'inventeur étant de 
mince importance. 

Plusieurs ouvrages de mycologie parlent des propriétés délétères du 
Clathre. Il semble tout d'abord oiseux d'avancer qu'il est dangereux de faire 
usage comme aliment d'une production repoussante, puisque l'odeur fétide 
qu'exhale le Champignon pendant sa déliquescence n'est certes pas de nature 
à tenter un dégustateur. J'ai le souvenir d'avoir éprouvé un trés-violent mal 
de tête après avoir respiré, durant une après-midi, le gaz qui s'échappait d'un 
Clathrus suspendu dans mon cabinet pour étre desséché. Néanmoins je 
déclare avoir goüté et ensuite mangé cru un Clathre à l'état jeune, alors qu'il 
était ferme, compacte et du volume d'un marron. Je trouvai qu'il avait un 
goüt de noisette assez agréable. J'ajoute que je n'éprouvai aucune incommo- 
dité aprés cet essai, que je n'ai pas eu l'occasion de renouveler. Ceci est une 
contradiction que je puis opposer au fait rapporté par Paulet, bien que 
l'expérience tentée sur moi-méme ne soit peut-étre pas identique à l'expé- 
rience ancienne, si toutefois, comme il faut le supposer, Paulet a voulu parler 
de l'ingestion dans l'estomac du Clathre à l'état mür. Je ne mets pas en doute 
que les qualités délétères de l'espéce existent réellement dans le Champignon 
en germe ; mais dans le Clathre, comme dans beaucoup d'espéces vénéneuses, 
et l'expérience que j'ai tentée fortifie mon opinion, le degré de nocuité doit 
étre d'autant plus faible que le Champignon est plus jeune. 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. E. Roze, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la der- 
nière séance, dont la rédaction est adoptée. 

Parmi les dons reçus par la Société, M. Delondre, vice-secré- 
taire, signale à l'attention des membres de la Société l'ouvrage 
transmis par M. le Ministre de l'instruction publique, au nom de 
S. M. l'Empereur du Brésilet qui est intitulé : Géographie botanique 
du Brésil, et le dernier numéro des Annales des sciences naturelles 
qui renferme le mémoire de M. Bornet Sur les EN des Lichens. 

Par suite de la présentation faite dans la derniére séance, 
M. le Président proclame l'admission de : 


SÉANCE DU 23 Mar 1873, 135 


M. BrrrigT, fondé de pouvoirs à la recette particulière de Gannat 
(Allier), présenté par MM. Pérard et Mer. 


M. Fée fait à la Société la communication suivante : 
NOTE SUR LA TAXONOMIE DES FOUGÈRES, par Mi. A. FÉE. 


Peu de temps après la publication de la Cryptogamie vasculaire du Brésil, 
dont nous allons trés-prochainement donner dans une deuxième partie le 
supplément et la révision, a paru le 49° fascicule du Flora brasiliensis, 
publié sous les auspices de Dom Pedro II, empereur constitutionnel de ce 
vaste pays, si dignement régi et véritable paradis terrestre des naturalistes. 
Ce travail, qui ne renferme que les Polypodiacées, est dà à M. Baker, colla- 
borateur de M. Hooker, dont il a, trop complaisamment peut-étre, adopté les 
idées systématiques. Quoique ce boteniste ait donné des preuves de son savoir 
et de ses études consciencieuses, il a été dominé évidemment par le désir.de 
Suivre pas à pas la route ouverte par son illustre maître dans la réduction des 
espèces. Ge projet, celui au reste de tous les botanistes descripteurs, est des 
plus sages, mais il faut y mettre de la mesure, autrement il en résulte des 
rapprochements forcés, des aliiances impossibles, des synonymies trop char- 
gées pour étre vraies, et un certain désordre, incompatible avec un bon travail. 
Peut-étre nous reprochera-t-on d'avoir péché dans un sens absolument con- 
traire et d'avoir pris pour espèces de simples formes? Il est en effet très-pro- 
bable que nous avons pu tomber dans ce défaut, mais nous croyons trés-fer- 
mement que les inconvénients qui ont pu en résulter pour nos mémoires ont 
été considérablement atténués par la publication des planches qui ont toujours 
accompagné notre texte. Ce sont là des pièces justificatives, mises sous les 
yeux des botanistes, qui peuvent ainsi facilement nous rectifier, s'il y a lieu. 
Quelle que soit la direction prise, que l'on suive Hooker ou Mettenius, Kunze 
ou Link, le travail est toujours sérieux et tend constamment au même but ; 
mais les yeux recoivent des mémes choses une impression différente ; l'impor- 
tance qui leur est accordée n'est pas la même, et il en résulte souvent des 
jugements contradictoires sur la validité des espèces. 

Il n'est pas de famille ou de classe naturelle qui traîne après elle un plus 
lourd fardeau de synonymies, et cependant il n'en est pas qui ait été autant 
travaillée. Nous croyons que les genres et les espèces seraient mieux fixés si 
les caractères tirés des organes reproducteurs étaient plus nombreux et plus 
tranchés et si les formes avaient moins de mobilité. Ces conditions défavo- 
rables d'étude, il faut pourtant les accepter en s'aidant de ce je ne sais quoi 
qui révèle une création distincte et qui acquiert une véritable importance s'il 
vient s'y joindre une modification organique que du reste le faciès semblait 
annoncer et qu'il n'est jamais bien difficile de trouver. 


136 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Sur les cent douze genres qui constituent la flore ptéridographique du Brésil 
et qui renferment environ huit cent soixante espèces, il n'en est guère dont 
on ne puisse justifier la conservation, à moins de consentir à faire des sous- 
genres de certains d'entre eux, ce qui ne serait à vraidire qu'une maniere de 
confirmer les différences qui les séparent. Voyons rapidement quels seraient 
ceux qui pourraient subir cette déchéance. Dans le groupe des Acrostichées 
les genres Acrostichum, Polybotrya, Rhipidopteris, Olfersia, Gymnopteris 
et Chrysodium semblent avoir tous une physionomie parfaitement distincte ; 
le Zomariopsis est un Acrostichum pinné, mais il présente dans l'ensemble 
de ses espèces des particularités curieuses, et si rares, qu’il s’en éloigne beau- 
coup; il en est de volubiles, d'épineuses et d'hétérophylles à un degré qui a 
valu à quelques-unes d'entre elles les noms spécifiques de ludens et de varia- 
bilis. Le Z. sorbifolia offre un exemple éclatant de cette prodigieuse mobi- 
lité de formes. Il tient tout à la fois des Lomariées par la dissimilitude des 
frondes stériles et des frondes fertiles, et des Acrostichées par la situation des 
sporanges. L'Anetium est un genre ambigu ayant le port des Antrophyum 
avec des sporanges superficiels et sporadiques. L'/7eferonevron pourrait 
sans trop d'inconvénient être réuni comme sous-genre au Gymnopteris. Les 
genres Lomaria et Blechnum, très-voisins par certaines espèces, diffèrent 
cependant notablement par certaines autres. Le genre Æewardia n'est séparé 
des Adiantum à sporothèces continus (Synechia) que par des nervilles ana- 
stomosées, Les Ptéridées se divisent très-naturellement en deux petits groupes, 
l’un à frondes une ou plusieurs fois pinnées, l’autre à frondes palmato-pé- 
diaires ; au premier appartient le Litobrochia, véritable Pteris à nervilles en 
anastomoses, au second le Pellæa à nervilles simples et le Doryopteris à ner- 
villes anastomosées, l’un et l’autre des plus polymorphes. Le genre Gymno- 
gramme, quoique très-voisin des Phegopteris, a des espèces dans lesquelles 
la disposition sériale des sporanges est des plus manifestes, caractère qui s'af- 
faiblit peu à peu et perd de sa valeur dans la série, c’est alors que le passage 
de l’un à l’autre genre se montre évident. Le genre Ceropteris n’est à vrai 
dire qu'un Gymnogramme à sécrétion céreuse ou résineuse, condition phy- 
siologique dont il n’est pas possible néanmoins de contester la valeur, M. le 
docteur Fournier, dans son beau travail sur les Fougères du Mexique, a décrit 
et figuré un Asplenium, YA. Ghiesbreghtii, dont les nervilles sont anasto- 
mosées. Ce serait là, d'apres le système de Presl, un genre distinct et nouveau. 
L'Antigramme n'est à vrai dire qu'un Scolopendrium à nervilles anastomo- 
sées, méme port, méme forme. Le Diplazium a une parenté trés-étroite avec 
le genre Asplenium, mais s'il est des espèces qui se rapprochent, il en est 
d'autres qui prennent une physionomie spéciale. Il est probable que les auteurs 
seront longtemps divisés sur la question de savoir s'il convient de les unir ou 
de les séparer. 


Ainsi nous ne voyons pas quels pourraient étre les genres du groupe de 


SÉANCE DU 23 Mar 1875. 137 


Polypodiées qu'il conviendrait de rejeter. Peut-étre méme devrait-on con- 
server le genre Lepicystis de J: Smith, pour y renfermer ces Goniophlebium 
écailleux, si singuliers d'aspect et si difficiles à classer, en raison de la ner- 
vation qui souvent échappe aux recherches les plus obstinées. Le genre Hete- 
ropteris, Ptéridée par le port et par la situation des sporothèces, Pol ypodiée 
par la manière dont ces sporothèces sont groupés, est trés-anormale et parti- 
zuliére au Brésil ; il en est peu de plus curieuses. Les Cyclodiées ont pour 
type le genre Polystichum à sporothèces tantôt nus et tantôt indusiés ; à côté 
de lui vient se placer l’Æemicardion, remarquable par la manière singulière 
dont les oreillettes des pinnules s'imbriquent sur le rachis. Les Aspidiées, si 
richement représentées par le genre Aspidium, type du groupe, sont voisines 
par le port des Phegopteris, et si l'indusium, qu'il n'est pas toujours facile de 
trouver, fait défaut, on est exposé à faire passer les espèces de l'un dans l'autre 
genre. Le Lepidonevron et le Nephrolepis, le Cardicchlæna et le Bathmium, 
que les auteurs ne sont pas tous disposés à adopter, sont cependant séparés 
parla forme de l'indusium, orbiculaire ou peltiforme, et par conséquent 
diversement attaché. Le Senoloma, tribu des Davalliées, confine avec le genre 
Lindsaya, quoique très-différent de port. Parmi les Alsophilées, I' Zemithelia 
et l'Hemistegia se rapprochent notablement, n'étant séparés que par un 
indusium légèrement modifié. Quoique cette revue soit donnée d'une manière 
restreinte, elle peut cependant suffire pour montrer l'inutilité d'une réforme 
générale. Malgré tout ce qu'on pourra faire plus tard dans cette voie, il est 
bien douteux qu'il se produise rien de définitif. 

Les familles dissidentes, Hyménophyllacées, Gleichéniacées, Schizéacées et 
autres familles à genres peu nombreux, échappent presque toutes à la con- 
troverse ; aussi n'en dirons-nous rien. 

Nous n'avons pu puiser daus l'ouvrage de M. Baker qu'avec une grande 
réserve, nous contentant presque toujours de relever des localités et d'in- 
diquer un trés-petit nombre d'espéces bien distinctes, destinées à compléter 
la flore ptéridographique à laquelle nous consacrons tous nos soins. M. Baker 
en a étendu le domaine jusqu'aux Guyanes, et, quoique sous le rapport de la 
géographie botanique, il ne puisse en être blàmé, nous n'avons pas voulu l'y 
suivre. Mais il nous a paru utile de décrire succinctement, d'aprés ce botaniste, 
les Fougeres du bord du rio Negro et del'Amazone, celles du Maragnon, de 
Para et de Saint-Paul, dont nous avions indiqué les richesses avec trop de 
parcimonie, nos matériaux provenant surtout des recherches persévérantes de 
M. le docteur Glaziou, dans la province de Rio-de-Janeiro, à la vérité de beaucoup 
la plus riche et la mieux étudiée, grâce à ce botaniste infatigable. C'est par là 
que M. Baker aura contribué à la fondation définitive d'une flore du Brésil, si 
tant est qu'on puisse jamais en réunir tous les éléments. 


Lecture est donnée de la communication suivante : 


138 SOCIÉTÉ. BOTANIQUE DE FRANCE. 


SUR DEUX GRAMINÉES DES ENVIRONS DE MONTPELLIER , 
pr M. J. DUVAL-JOUVE, 


(Montpellier, 24 mars 1873.) 


Dans la Flore de France, III, p. 595, sont mentionnées deux variétés de 
P Hordeum murinum L. : 

« e. genuinum (sic). Glume interne des épillets latéraux linéaire-subulée, 
» ciliée d'un seul côté et seulement à la base. 

» 8. major (sic). Glume interne des épillets latéraux linéaire-lancéolée, ciliée 
» des deux côtés; épi plus gros. H. leporinum Link, in Linnca, IX, p. 133; 
» H. pseudomurinum Tappeiner in Koch Syn. 2° édit. p. 955. » 

Comme on le voit, la seconde variété avait été élevée à la dignité d'espéce 
par Link en 1835, et par Tappeiner en 1845. Le premier l'établit tout parti - 
culiérement sur ce caractére, que les épillets latéraux ne sont pas neutres 
comme en Allemagne, mais le plus souvent mâles, « praesertim flosculis late- 
» ralibus non neutris ut in H. murino nostrati, sed plerumque masculis. » 
Le second la différencie seulement sur ce que la glume interne des mêmes 
épillets est ciliée des deux côtés, au lieu de l'être, comme PH. murinum, d'un 
seul côté. A ce caractère, M. Godron, pour établir sa variété 8 major, ajoute 
que la même glume est « linéaire-lancéolée » au lieu d’être « linéaire-subulée » 
comme sur la variété oœ genuinum. 

En Alsace d’abord, ensuite à Arles et à Montpellier, je me suis attaché à la 
vérification de ces caractères, pour essayer de reconnaître s'il. y a différence 
traricliée et permanente. A Strasbourg, si voisin de l'Allemagne, où VH. mu- 
rinum abonde sur les décombres et le long des murs, j'ai le plus souvent 
trouvé les épillets latéraux mâles, et non neutres comme le dit Link, avec 
glume interne linéaire-lancéolée et ciliée sur toute la longueur d'un côté, et 
non linéaire-subulée ni ciliée seulement à la base d'un seul cóté, Mais tout chan- 
geait aussitôt que je me rapprochais des Vosges : PH. murinum devenait 
rare, plus petit et le plus souvent à épillets latéraux plus petits que l'intermé- 
diaire (comme les figure Host, Gram. austr. I, tab. 32), neutres, avec 
glume interne subulée et à peine ciliée à la base. A Arles, mêmes faits : aux 
environs de la ville, je trouvais surtout la variété 8. major ; mais dans la 
Crau siliceuse je ne la trouvais guère qu'auprés des habitations et sur les débris 
calcaires; et encore était-elle mélangée (sur un même épi) de la forme 
a genuinum, la seule qui se rencontre, plus petite et assez rare, aux quartiers 
franchement siliceux. A Montpellier, mêmes faits : contre la ville la grande 
variété, plus souvent la petite sur les terres siliceuses de Gramont et de 
Pérols. Sur le cordon littoral, de Palavas à Cette, mélange des deux formes, 
avec tous les intermédiaires possibles; les caracteres de la grande forme se 
prononcant vers le milieu de l'épi, ceux de la petite se montrant vers le 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 139 


sommet et à la base, Et sur la grande forme, les épillets latéraux mâles sont 
souvent plus grands que l’épillet intermédiaire et fertile, comme les ont dits 
Fouché « flosculis lateralibus majusculis » (Zap. Morée, p. 4h) et M. Cosson 
(Flor. Alg. p. 196). 

Ainsi toutes mes observations ont abouti, d'une part, à constater que la 
variété «, dite genuinum ne présente pas avec constance les caractéres à elle 
assignés ; de l'autre, à conclure qu'il n'y a pas lieu d'établir deux variétés, 
à plus forte raison deux espèces, et qu'il suffit de mentionner la variabilité, en 
dimension et en vestimentum, de la glume interne des épillets latéraux, 
lesquels, réduits à leur plus simple expression au pied des Vosges, se mon- 
trent plus développés et avec des étamines dans la plaine d'Alsace, plus déve- 
loppés encore dans le midi de la France, l'Espagne, la Grèce, l'Algérie, etc. 

En accueillant dans son Synopsis VH. pseudomurinum, lè trés-perspi- 
cace Koch en avait dit: « Simillimum H. murino.... Num fortassis varietas 
» omnino memorabilis sit, observationes ulteriores docebunt » (3* édition, 
p. 718). Malgré ce que cette restriction avait d'encourageant, je n'aurais 
jamais osé communiquer des observations tendant à infirmer la valeur de 
l'espèce de Link ou de Tappeiner, attendu que le peu de sympathie que je 
ressens et que j'ai eu l'occasion de manifester à l'égard de la multiplication des 
espèces m'eüt rendu suspect à plus d'un, presque à moi-même. Et si aujour- 
d'hui je me permets d'exprimer une opinion, ce n'est qu'en l'appuyant sur les 
observations suivantes, que je peux mal interpréter, mais qui, faites par des 
auteurs graves en des lieux et des temps divers, ne l'ont évidemment pas été 
pour les besoins de ma cause. 

M. Andersson mentionne une autre variation : « Variat (8 arenaria Bab.) 
» parte inferiore culmi in arena demersa, rhizomatis repentis instar elongata 
» et radicante » (Gram. Scand. p. 9). M. P. Ascherson, mentionnant comme 
variété le pseudomurinum Tapp., ajoute : « Veellig ausgebildet bei uns noch 
» nicht beobachtet ; ich besitze ein Exemplar von Berlin, an dem die inneren 
» Huellbletter aussen einige Wimpern zeigen! » (Flor. Brandenb. p. 874.) 
M. : Dæll, qui ne fait de l'H. pseudomurinum Tapp. qu'une variété, en a 
constaté la présence aux bords des routes et sur les murs de Mannheim et de 
Schweizingen (F7. Bad. I, p. 118) ; ce qui confirme et méme dépasse mes 
observations à Strasbourg. 

M. Willkomm indique en Espagne les deux variétés de M. Godron, ainsi 
qu'il suit : « æ per totam Hispaniam commune; Bin Hisp. austr. passim » 
(Prodr. fl. hisp. Y, p. 103). 

Dans son excellente Flore de Lorraine, M. Godron nous dit de sa forme 
, genuinum, la seule qu'il mentionne : « Commun dans les terrains calcaires 
» et argilo-calcaires. Manque complétement dans toute la chaine des Vosges, 
» sur le grés, le granite et méme le muschelkalk. » (II, p. 450.) Et, dans sa 
Géographie botanique de la Lorraine, le méme auteur compte l H. murinum 


140 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


au nombre des plantes calcicoles. On comprend alors comment cette plante 
se montre trés-développée sur les décombres auprés des villes et appauvrie en 
toutes ses parties dans les terrains siliceux des Vosges et de la Crau (1). 

Enfin, dans l'Appendiz plant. nov. faisant suite à l'Zndex sem. in horto 
berol. anno 48714 collect., je trouve une note de M. P. Ascherson, si impor- 
tante, que je crois devoir la reproduire ici : 

« H. MURINUM L, var. chilensis Brongn. in Duperray (Voy. bot. p. 56). 

» H. murinum var. ex Lusitania Lk ! Hort. berol. II, p. 180 (1835). 

» H. leporinum Lk. in Linnæa, IX, p. 133, et XVII, p. 391. 

» H. pseudomurinum Tapp. 

» H. murinum B major Godr. (Fl. Fr. V, p. 595). 

» H. murinum 8 chilense A. Br. et Bouché! /nd. sem. H. berol, 4860, p. ^. 

» Forma Æ. murini speciei vulgivagæ in regione Mediterranea prævalens, 

» hinc commercio navali in Americam australem (vidimus quoque exempla 
» Sellowiana prope Montevideo lecta) transportata, a typo in Europa media 
» communi (H. murino æ genuino Godr. l. c.) spiculis longe majoribus, 
» glumæ valvis latioribus, spicularum  lateralium interiore sepe utrinque 
» (neque interiore latere tantum) ciliatis, arista spiculæ intermedia laterales 
» æquante vel eis breviore (qua in v. genuino Godr. paullo longior), satis 
» recedens, quae vero notae neque omnino constantes neque semper inter se 
» Consociatæ, ita ut forma nostra specifica dignitate minime distinguenda sit. 
» Spiculæ omnium maxima in exemplo a cl. Linkio prope Naupliam lecto ; 
» specimen Linkii lusitanicum glumam spicularum lateralium interiorem uno 
» latere ciliatam quale cl. Link (Linnæa, XVII, p. 391) descripsit, grecum 
» vero eamdem utrinque ciliatam exhibet. Simili ratione planta hortensis 
» nostra (eseminibus a cl. Philippi acceptis educata) glumam illam utrinque 
» Ciliatam præ se fert; cum planta lusitanica vero conveniunt exempla 
» chilensia a cl. Nees in herbario suo H. murinum B chilense inscripta, prope 
» Valparaiso a cl. Meyenio lecta. Contra exempla a cl. Bœckeler in insula 
» Nordernay et ægyptiaca a cl. Ehrenbergio prope Damiatam lecta glumam 
» spicularum lateralium interiorem utrinque ciliatam exhibent in spiculis var. 
» genuini magnitudinem haud excedentibus. Qua nota nititur Æ. pseudo- 
> murinum Tappeiner. » (Op. cit. pp. 3 et A.) 

Voilà donc une plante bien connue et dont nous pouvons suivre les varia- 
tions depuis le nord de l'Europe jusque dans l'Amérique du Sud. La forme 


(1) L'H. murinum manque également dans tout le canton de la Salvetat (Hérault), si 
ce n'est sur les décombres calcaires, Il pourrait bien se faire aussi que l'altitude, com- 
pensant la latitude, fût pour quelque chose dans l'appauvrissement et la disparition de 
cette plante ; car, d'une part, M. Fries ne la mentionne que dans le sud du Danemark 
(Summ. veg. Scand. p. 74), ce que confirme M. Andersson (Gram. Scand. p. 8); et, 
d'autre part, M. Thurmann dit: « H. murinum est peu ascendant dans le Jura» 
(Phytost. Jura, Il, p. 268). M. Grenier dit de méme : « Pénétré dans les vallées, san£ 
s'élever sur les coteaux » (Fl. chaine jurass. p. 935). 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 1414 


du nord fut décrite d'abord, ce qui lui jvalut l'honneur d’être qualifiée genui- 
num ; puis la constatation d'un léger développement donna lieu à la création 
d'une nouvelle espéce, quand il n'y avait qu'à compléter la description pre- 
nière en disant simplement : glume interne des épillets latéraux linéaire- 
subulée ou linéaire-lancéolée, plus ou moins ciliée d'un seul côté ou des 
deux cótés, « lineari-subulata vel lineari-lanceolata uno latere vel utrinque 
ciliata », comme l'a dit M. Cosson, Fl. Alg. 196. 


Le méme Appendiz contient une autre note, de M. A. Braun, sur le Pani- 
cum (Setaria) verticillatum L. Mais les détails en sont très-étendus, et, malgré 
tout ce qu'ils ont d'intéressant et d'instructif, je dois me borner à en extraire 
les traits principaux. 

Le Catalogue des graines récoltées au Jardin de Berlin en 1870 contenait, 
p. 4, un Panicum (Setaria) adhaerens A. Br. et Bouché. Aprés nouvelle étude, 
M. A. Braun dit aujourd'hui de cette plante : « Comparatis omnibus qua in 
» herbariis berolinensibus prostant formis ad stirpem Panici verticillati L. 
» pertinentibus, hanc quoque, solam hucusque ex Australia nobis notam; huic 
» speciei maxime polymorphæ subjungendam esse nobis persuasum est » 
(op. cit. p. 5) ; et ensuite, aprés avoir énoncé les caractéres communs à toutes 
les formes du P. verticillatum, cet éminent botaniste propose la classification 
suivante de ces mémes formes. 


À. Formæ legitimie, setis retrorsum aculeolatis. 


Subsp. 4. P. verticillatum L. (genuinum). — Per Europam. Ad montem Sinai. In Cher- 
sonneso taurico ; in America septentr., etc. 
a, brevisetum ; vulgatissimum. 
b. longisetum ; in Gallia, Sardinia, Hungaria. 
B. P. vert. robustum A. Br. Setaria nubica Link. 

Subsp. 2. P. Aparine Steud. Syn. pl. gram. p. 52 (emend.). Vagina foliorum omnino 
glabra. Subspecies maxime polymorpha, per orbem terrarum lale diffusa, forme 
varie distinguendæ sunt : 

a, setis longioribus (P. Aparine Steud. P. adglutinans Ehrenb.). In Ægypto, 

Arabia, Senegambia, ins. Canar., etc. 

b. setis paullo brevioribus. 
* forma sicula et indica. 
** forma arabica et borbonica. 
*** forma nubica. 
**** forma mossambicensis, 

*#*# forma brasiliensis et peruviana. 

B. P. Ap. respiciens Hochst. Steud. Syn. (emend.); P. Rottleri B. majus Nees, 
Afr. austr. Ill. p. 54 excl. plant. Ind. or. — In Abyssinia, Senegambia, 
ins. Canariensibus, etc, 

. P. Ap. adhærens A. Br. et Bouché, l. c. — Ex Australia. 

F P. Ap. porphyrochæton A. Br. (P. Rottleri ~ minus Nees, /, c.). — In eap. 
Bons Spei ; ad Neapolim, etc. i 

Subsp. 3. P. Rottleri (Setaria Rottleri) Spreng. Syst. I; p. 304. Kunth. En. l, p.153, 
P. verticillatum Roxb. Fl. Ind. or. — In India or.; in planitie Gangetica, etc. 

B. P. R. floribundum, Setaria floribunda W. Arn. — In Ind, or. ; Nepalia. 

4. P. R. Miquelii A. Br. P. respiciens Steud. Syn. p, 52, — In ins. Java, 


142 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


B. Formæ aberrantes, setis antrorsum, aut partim antrorsum 
partim retrorsum, aculeolatis. 


(Ce sont les formes précédentes avec modifications dans la direction des aspérités que 
présentent les soies.) 

Subsp. 4. P. verticillatum antrorsum. P. verticiliatum B ambiguum Guss.. Prodr. fl. 
sic. p. 80. — Setaria ambigua Guss. Fl. sic. syn. p. 114, — Godr. Fl. juv. 
ed. 2, p. 106. — F}. Fr. HW, p. 457. — Set. verlicillata b ambigua Parl. FI, ital. I, 
p. 410. — Set. decipiens C. Sehimp. in Reun. nat. cur. bonnensi, 1857. — In ditione 
floræ badensis ; in Sicilia, Gallia, etc. — Præter directionem aculeolorum antrorsum 
in setis et rhachide inflorescentiæ nullo modo a P. verticillato differt ; sed cultura 
teste Gussone persistit, quod anno præterlapso etiam in Horto berol. confirmatum 
est. 


Subsp. 2. a. P. Aparine mixtum, — Cahiræ. 

Subsp. 2. b. P. Aparine mixlum. — In provincia Gallabat. 

Subsp. 3. a. P. Rottleri antrorsum, — In Ind, or. ? 
Subsp, 3, b. P. Rotileri mixlum. — Ind. or. (op. cit. pp. 5 à 8). 


Ainsi, grâce à de nombreuses comparaisons sur des sujets de toute prove- 
nance, deux plantes de notre flore, Hordeum leporinum Link et Panicum 
ambiguum Guss., données d'abord comme espéces, parce qu'elles s'écartent 
en plus ou en moins de la description princeps et des échantillons à l'appui, 
ont été ensuite ramenées à des variétés, et enfin aujourd'hui réduites à n'étre 
plus que des variations de types éminemment flexibles. Puissent se multiplier 
de semblables travaux de réduction ! Ils contribueraient d'abord à nous débar- 
rasser de ces espéces qui sortent chaque jour des lacunes d'une diagnose 
antérieure, ensuite à nous affranchir de l'idée préconcue d’espèces créées de 
toutes pièces, de types absolus, arrêtés ab initio (1), indépendants les uns des 
autres, et peut-être méme à nous élever jusqu’à la compréhension et à la pro- 
clamation de ce principe que la vie organique est un fonds inépuisable de 
matière et de force, qui se modifie et se transforme, qui devient incessamment 
et est capable de tout devenir. 


M. Weddell fait à la Société la communication suivante : 


LES LICHENS DU MASSIF GRANITIQUE DE LIGUGÉ, AU POINT DE VUE DE LA THÉORIE 
MINÉRALOGIQUE (2), par MI. M.-A. WEDDELL. 


Bien que les avis soient encore partagés relativement au degré d'influence 
que la constitution chimique ou minéralogique du sol peut exercer sur les 
stations des végétaux, on parait assez généralement d'accord pour regarder 
celte influence comme démontrée dans un certain nombre de cas, tandis que, 
dans d'autres, elle serait à peu prés nulle, — Je ne suis pas le premier à 


(1) « Species tot sunt, quot diversas formas ab initio produxit Infinitum Ens. ; 
» Novas Species dari in végetabilibus negat generatio continuata, propagates. obser» 
» vationes quotidianæ, cotyledones. » (Linné, Phil. bot. 8 155.) 


(2) Un extrait de cet articlea paru dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences 
(séanee du 19 mai 1873). 


SÉANCE DU 23 Mar 1873, 143 


[4 


faire remarquer que l'étude comparative des stations des Lichens est de nature 
à jeter quelque lumière sur cette question; et il m'a semblé qu'il y aurait 
intérêt à rechercher, dans un site favorablement disposé par la nature pour ce 
genre d'observations, quel appui la théorie dite « minéralogique » pourrait en 
recevoir. On reconnaitra, je pense, que peu de localités peuvent rivaliser, sous 
ce rapport, avec celle de Ligugé, dans le Poitou. 

Les Lichens tiennent, dans nos classifications, une place fort naturelle entre 
les Champignons et les Algues ; leurs affinités avec l'une et l'autre de ces classes 
étant telles que certains genres, occupant les points extrémes de la série, ont 
été rangés, tantót parmi les uns, tantót parmi les autres. Les observations 
récentes, en nous initiant aux relations singuliéres qui semblent exister entre 
les Lichens et les Algues en particulier, donneront, il faut l'espérer, un attrait 
de plus à l'étude du premier de ces groupes, sans porter cependant aucune 
atteinte à son autonomie. 

On a souvent répété que les Lichens vivent exclusivement ou presque 
exclusivement aux dépens de l'atmosphère, mais il va de soi que l'eau pluviale 
qui les impregne périodiquement, et qui peut servir de véhicule aux prin- 
cipes les plus divers, soit organiques, soit minéraux, principes qu'une foule 
de circonstances accidentelles ont pu amener sur les lieux, contribue au moins 
pour une part égale à leur nutrition (1). Gela étant, il est facile de coin- 
prendre que, pour beaucoup de Lichens, le choix du support soit déterminé 
par d'autres causes que celles qui sont du domaine de la nutrition proprement 
dite, Or l'examen attentif que j'ai pu faire, depuis quelques années, d'un 
grand nombre de ces végétaux dans les conditions d'existence les plus variées ; 
celui, en particulier, que j'ai fait encore tout récemment, des espèces crois- 
sant sur le calcaire et le granite de Ligugé, m'ont conduit à attribuer la 
prédilection apparente ou réelle des Lichens saxicoles pour certaines stations 
à deux ordres de causes : les unes dépendant tout simplement du temps 
nécessaire au développement de la plarite, les autres liées plus ou moins inti- 
mement à la constitution chimique du substratum. Partant de là, j'ai pensé 
que l’on pourrait distribuer les Lichens saxicoles, au point de vue de leurs 
stations, en cinq catégories, comme ci-après : | 

4° Lichens à développement lent, .et exigeant, pour cette raison, une matrice 
capable de résister indéfiniment, pour ainsi dire, à l'action des agents atmos- 
phériques. — Ce sont les « Lichens silicicoles » (2), qui se rencontrent excep- 
tionnellement sur les roches calcaires d'une dureté suffisante, mais jamais sur 


i - difficil exemple, dans beaucoup de cas, d'expliquer, eu dehors du 
AM es ot tp tit si générale de la chaux dans le thalle des Lichens 
crustacés : de la chaux qui y a sans doute pénétré à l'état de carbonate soluble, et qui, 
sous forme d'oxalate, constitue, d'aprés plusieurs lichénographes modernes, et en parti- 
culier d’après le doeteur W. Nylander, un des caractères essentiels de cette classe de 


lantes. 
- (2). Sous la dénomination de roches siliceuses, les botanistes comprennent non-seulé- 


144 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


des substratums organiques. — Exemples : Lecanora gibbosa, Lecided geogra- 
phica, Lecidea contigua, etc. — On le comprend, la prédilection n'est due 
ici que trés-indirectement à la constitution chimique de la roche, puisque 
c'est son inaltérabilité qui en est la raison essentielle. Il est cependant bon de 
noter que, lorsque les Lichens de cette catégorie s'établissent sur les roches 
calcaires, méme les plus compactes, la légère altérabilité de celles-ci s'y tra- 
duit assez constamment par quelque modification dans l'aspect et la contexture 
du thalle qui s'y est accidentellement développé. 

2» Lichens à croissance lente ou plus ou moins rapide, demandant surtout 
à se fixer sur une surface neutre, c'est-à-dire qui ne peut exercer sur eux 
aucune influence chimique nuisible. — Ce sont également des Lichens silici- 
coles, mais que l'on ne trouve jamais sur les roches calcaires ; dont beaucoup 
s'établissent par contre assez volontiers sur un substratum organique, et en 
particulier sur les écorces. Je les désigne sous le nom de « Lichens silicicoles 
calcifuges ». — Exemples : Parmelia saxatilis, P. conspersa (1), Lecanora 
hematomma, Lecidea lucida, etc. — La répulsion que ces plantes montrent 
pour l'élément calcaire est manifestement due à une cause chimique; cette 
cause est cependant encore indirecte relativement à la prédilection du Lichen 
pour le support siliceux ou organique. 

3° Lichens dont les apothécies ont la singulière propriété de s'enfoncer dans 
la pierre qui leur sert de matrice, la surface de celle-ci se creusant sous leur 
influence, pour les recevoir. — Ce sont les « Lichens calcivores », dont on 
ne peut évidemment concevoir la présence que sur les roches où les fructifi- 
cations de la plante peuvent exercer une action dissolvante, ou dont la surface 
est assez molle pour céder sous leur pression. — Exemples : Zecidea exanthe- 
matica, Lecidea calcivora, Verrucaria immersa, V. sepulta, etc. — Ici, la 
cause de la prédilection est plus particulièrement liée à la constitution chimique 
du substratum que dans les cas précédents, sans en étre cependant absolument 
dépendante. Rien de plus curieux d'ailleurs que cet enchássement, on pourrait 
méme dire, dans quelques cas, cet enfouissement, des apothécies du Lichen, 
dont il ne reste parfois presque plus de vestiges à l'extérieur (2). Il y a des 
pierres, méme des rochers entiers, qui, avec une surface ainsi travaillée, 
finissent par ressembler à des madrépores. 


ment les roches siliceuses proprement dites, telles que le grès, le quartzite, ete., mais 
aussi les roches dites silicatées, comme le granite, le gneiss, l'orthose, divers schistes, 
les porphyres, ete. 

(4) J'avais aussi cité le Parmelia caperata comme exemple de cette catégorie de 
Lichens, mais je crois aujourd'hui me rappeler qu'il a été observé, bien que trés-excep- 
tionnellement, sur le calcaire jurassique. 

(2) Il est presque superflu de dire que les rochers sur lesquels s'établissent ces Lichens 
sont des calcaires carbonatés. On doit supposer, ainsi que M. Nylander l'a donné à enten- 
dre (Prodr. p. 11), que l'apothécie, pour y creuser sa logette, est douée de la propriété 
d'excréter une liqueur acide qui dissout peu à peu les molécules sous-jacentes du rocher, 
lesquelles sont ensuite entrainées par les eaux pluviales; mais il n’est pas rare de voir la 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 145 


4° Lichens ayant pour le calcaire une prédilection exclusive, et ne pouvant 
vivre sur aucun autre substratum, — Ce sont les « Lichens calcicoles » pro- 
prement dits. — Exemples : Lecanora candicans, Lecan. callopisma, Lecan. 
teicholyta, Lecidea lurida, etc. (1). — La raison chimique est ici tout à fait 
indéniable, et le nombre d'espèces dont la station lui est subordonnée dé- 
montre, on ne peut mieux, l'importance de son rôle parmi les plantes que 
nous avons en vue. 

5° Enfin, Lichens qui végètent presque indifféremment sur tous les genres de 
substratums, et qu'on peut, pour cette raison, nommer « Lichens omnicoles », — 
Exemples : Physcia parietina, Lecanora subfusca, Lecidea parasema, etc. 
Ces Lichens sont les analogues de la plupart de nos plantes phanérogames 
qui, ne demandant au sol où elles se fixent que des conditions chimiques et 
physiques qu'elles rencontrent à peu prés partout, s'établissent aussi indiffé- 
remment partout (2). 

J'ai déjà donné à entendre combien l'examen des Lichens de Ligugé m'avait 
fourni d'utiles données pour là comparaison que je voulais établir entre les 
stations des Lichens en général ; je vais maintenant aborder l'énumération des 
espèces qui croissent sur les roches granitiques de cette localité, en les consi- 
dérant surtout au point de vue de leur prédilection plus ou moins affirmée 
pour ce substratum siliceux (3). — — 

Le département dela Vienue est une région essentiellement calcaire ; il offre 
cependant, cà et là, quelques affleurements de roches primitives. Le massif de 
Ligugé, situé à peu de distance de Poitiers, est de ce nombre. C'est un amas 
de roches granitiques rougeâtres ou grisâtres, qui s'élève, comme un îlot, au 


partie dissoute de la pierre se reconstituer au pourtour de l’orifice de l'excavation, pour 
y former un bourrelet ou une sorte de cheminée; ou, pour parler plus clairement, de 
voir la chaux, chassée du fond de la logette à l'état de bicarbonate soluble, se déposer 
'de nouveau autour de son orifice à l'état de carbonate neutre. 

(4) On connaît un petit nombre de Lichens qui paraissent être propres aux roches dolo- 
mitiques ; mais le nombre de ces « Lichens magnésicoles », parmi lesquels on peut 
citer le Lecidea opaca Schær., est trés-restreint. En réalité, la plupart des espèces du 
calcaire magnésien se retrouvent sur le calcaire proprement dit. i 

(2) Disons en passant que les Lichens terricoles, dont la croissance est plus rapide et 
l'existence moins prolongée que celle des Lichens saxicoles, s'accommodent, pour eette 
raison, de conditions qui sont en rapport avec leur constitution. A d'autres égards, il m'a 
semblé qu'ils obéissaient aux mémes loís ; et que, si beaucoup d'entre eux se montrent 
à peu prés indifférents sur le choix du substratum, il y en a au moins autant qui sont 
aussi exclusifs à cet égard que leurs émules des roches calcaires et siliceuses. 

(3) Parmi les personnes qui m'ont le plus aidé dans celte exploration, je suis heureux 
de nommer deux des compagnons habituels de mes herborisations, MM. Constantin et Poi- 
rault, auxquels je m'empresse de témoigner ici toute ma gratitude. Je ne dois pas oublier 
non plus, puisqu'il s'agit de Ligugé, de citer aussi dans cette note le nom d'uu autre 
ami, M, J.-01, Richard, actuellement procureur de la république à Marennes, auquel la 
flore poitevine , et la lichénographie en particulier , est redevable d'une foule de 
bonnes découvertes. C'est sous ses aimables auspices que j'ai fait ma première visite à 
Ligugé, et ma première récolte de Lichens poitevins, celle qui m'a décidé à faire de celle 
classe de végétaux une étude spéciale. 

T. XX. (SÉANCES) .10 


146 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


milieu du calcaire jurassique qui l'enclave de tous cótés. Il peut avoir environ 
2 kilomètres de longueur, sur une largeur beaucoup moindre. Une petite 
riviere, le Clain, le divise en deux portions inégales, et contribue à embellir 
l'aspect du site, autant qu'à augmenter, en y diversifiant les expositions, le 
nombre des espéces lichéniques qui l'habitent. Le choix de ce massif m'était 
sans doute dicté par son étendue relativement peu considérable, ce qui me 
donnait l'espoir d'arriver sans trop de difficulté à enregistrer ses richesses ; 
mais il se recommandait surtout par sa situation au milieu des rochers cal- 
caires : cette proximité des deux substratums devant donner toute facilité 
à un échange mutuel d’espèces botaniques, pour peu que cet échange fût 
conforme aux lois de la nature. — La disposition des espéces à se localiser 
sur ces roches, dans de semblables conditions, ne devait-elle pas aussi étre 
bien plus concluante que si le granite et le calcaire se fussent trouvés séparés 
par une région neutre d'une certaine étendue ? 

Quelques arbres s'élévent au milieu des rochers du massif; mais mon but 
étant spécialement l'étude des Lichens saxicoles, je n'ai pas cherché à recueil- 
lir les espéces qu'ils pouvaient m'offrir, et je n'en ai tenu aucun compte dans 
mon énumération. Si je n'en ai pas agi de méme pour les Lichens muscicoles, 
c'est que leurs rapports plus intimes avec le rocher devait faire présumer qu'ils 
en subissaient plus particulièrement l'influence. A plus forte raison devait-il 
en étre ainsi des Lichens terricoles. 

Les abréviations employées sur ma liste, pour indiquer les diverses 
stations, sont en petit nombre. Les espèces uniquement silicicoles sont 
signalées comme dans l'exemple suivant : Uinbilicaria pustulata Ach. (Sil.!). 
Un Lichen silicicole, mais exceptionnellement calcicole, porte l'indication : 
(Sil.! Calc.) et vice versá; l'absence du point d'exclamation (Sil. Calc.) signi- 
fiant qu'il n'y a de préférence marquée ni pour l'un, ni pour l'autre des 
substratums (1). L'indication : ( Musc.!) signifie que l'espèce est surtout mus- 
cicole ; (Cort.!) qu'elle est corticole ou lignicole. Enfin, le Lichen habituelle- 
ment muscicole qui se présente à la fois sur les rochers calcaires et siliceux, 
est signalé comme suit : (Musc.! Sil. Calc.), etc. Quant aux Lichens terri- 
coles, ils portent l'indication de l'élément minéralogique du sol où ils crois- 
sent : ils sont silicicoles ou calcicoles. — L'énumération se termine par un 
relevé numérique des stations qui s'y trouvent enregistrées : montrant que, sur 
le total des espèces observées jusqu'à ce jour sur le granite de Ligugé, il y en 
a presque la moitié qui sont purement silicicoles ou bien silicicoles et musci- 
coles ou corticoles ; et l'autre moitié à la fois silicicoles et calcicoles (2). 


(4) On comprendra facilement que j'aie pu me tromper plus d'une fois dais ces indi- 
cations, faute de renseignements suffisants ; je ne les donne que comme approximatives. 

(2) I m'aurait été facile de mettre, en regard du catalogue de nos Lichens graniti- 
coles, celui des espèces qui croissent sur les calcaires voisins, mais j'ai pensé qu'il serait 
préférable de réserver cette partie de mon travail pour une publication ultérieure, qui 
comprendra la revue de tous les Lichens observés dans cette région de la France. 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 147 


LICHENS GRANITICOLES DE LIGUGÉ (1). 


Liehinei. 
SIROSIPHON 


— compactus Ktz., Nyl. Herb. Mus. Fenn. p. 76. (Sil.!). 
EPHEBE 
— pubescens Fr., Nyl. Syn. p. 90. (Sil.!). 


Collemei. 
COLLEMA 


—  chalazanum Ach., Nyl. Syn. p. 104. (Sil. Calc.). 

—  myriococcum Ach., Nyl. Z. c. (Musc.! Sil. Calc.). 

— flaccidum Ach., Nyl. /. c. p. 107. (Sil.! Musc. Cort.). 

—  pulposum Ach., Nyl. 7. c. p. 109. (Calc.! Sil. Musc.). 
LEPTOGIUM 

— lacerum (Ach.) Fr., Nyl. Syn. p. 122. (Musc.! Sil. Calc.). 

— — var. pulvinatum (Ach.) Nyl. l. c. (Musc.! Sil. Calc.). 

— — var. lophœum (Ach.) Nyl. l. c. (Musc.! Sil. Calc.). 

—  scotinum (Ach.) Fr., Nyl. l. c. p. 123. (Musc.! Sil. Calc.). 

— firmum Nyl. L. Sc. p. 3^. (Calc.! Sil.). 

—  albociliatum Desmaz., Nyl. l. c. p. 35. (Musc.! Sil.). 

— — var. hypoleucum (2). (Musc.! Sil.). 

— palmatum (Ach.), Nyl. Syn. p. 126. (Musc.! Sil.). 


Cladoniei. 
CLADONIA 


—  alcicornis Fik., Nyl. Syn. p. 190. (Sil. Calc.). 

—  pyxidata Fr., Nyl. /. c. p. 192. (Sil. Calc.). 

— fimbriata Hoffm., Nyl. Z. e. p. 194. (Sil. Calc. Cort.). 

— — var, radiata Fr., Nyl. l. c. (Sil. Calc. Cort.). 

— gracilis Hoffm., Nyl. Z. c. p. 196. (Sil. Calc.). 

— furcata Hoffm., Nyl. Z. c. p. 205. (Sil. Calc.). 

— — var. racemosa Fik., Nyl. 7. e. p. 206. (Sil. Calc.). 

— squamosa Hoffm., Nyl. 7. c. p. 209. (Sil. Calc.). 

—  rangiferina Hoffm., Nyl. Z. c. p. 211. (Sil. Calc.). 

—  uncialis Hoffm., Nyl. 7. c. p. 215 (Sil. Calc.). 

— cornucopioides Fr., Nyl. /. c. p. 220, — var. scaberrima (3). (Sil.!). 
— macilenta Hoffm., Nyl. l. c. p. 223. (Cort. Musc. Sil. Calc.). 


(4) Mes bien vifs remerciments à M. le docteur W. Nylander pour les bons secours 
que j'ai recus de lui durant la confection de cette liste! Chaque fois que j'ai eu quelque 
doute à éclaircir, je l'ai constamment trouvé prét à me tirer d'embarras. 

(2) Pagina inferior thalli rhizinis candidis plus minus obsita. 

(3) Podetia squamulis rigidis patentibus undique exasperata, 


148 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Stereocaulei. 
STEREOCAULON 
— nanum Ach., Nyl. Syn. p. 253. (Sil.! Musc.). 


Usneei. 
USNEA 
— barbata (L.) Fr., Nyl. Syn. p. 207, — var. villosa Ach. DU: 


p. 621. (Cort, Sil.). 


Ramalinei. 
RAMALINA 
—  pollinaria Ach., Nyl. Syn. p. 296. (Cort.! Sil. Calc.). 
ALECTORIA 
—  jubata Ach., Nyl. Syn. p. 280. (Cort.! Sil.). 


Cetrariei. 
CETRARIA 


— aculeata (Ehrh.) Fr., Nyl. Syn. p. 300. (Sil. Calc. Cort.). 


Peltigerei. 
PELTIGERA 


—  malacea Fr., Nyl. Syn. p. 323. (Musc.! Sil.). 

— canina Hoffm., Nyl. l. c. p. 324. (Musc.! Sil. Calc.). 
— rufescens Hoffm., Nyl. /. c. (Musc.! Sil. Calc.). 

—  horizontalis Hoffm., Nyl. Z. c. (Musc.! Sil. Calc.). 


Parmeliei, 
STICTINA 


— fuliginosa (Dicks.), Nyl. Syn. p. 347. (Musc.! Sil. Cort.). 
PARMELIA 
—  caperata (L.) Ach., Nyl. Syn. p. 376. (Sil.! Cort.! Calc.). 
— perlata (L.) Ach., Nyl. l. c. p. 379. (Cort.! Sil). 
— revoluta Flk.; P. lœvigata, var. revoluta Nyl. l c. p. 385. (Sil. 
Cort.). 
—  Borreri Turn., Nyl. l. c. p. 389. (Cort.! Sil.). 
saxatilis (L.) Ach., Nyl. Z. c. p. 388. (Sil.! Cort.). 
— — var, horrescens Tayl.; P. saxatilis, var. furfuracea Hepp, F1. E. 
n° 862, non Schær. (Sil.!). 
sulcata Tayl. ; P. saxatilis, var. sulcata Nyl. l. c. p. 389. (Cort.! Sil.). 
conspersa (Ehrh.) Ach., Nyl. 7. c. p. 391. (Sil.! Musc.). 
— var. isidiosa Nyl. l. c. (Sil.!). 
physodes (L.) Ach., Nyl. Z. c. p. 400. (Cort.! Musc. Sil.). 


I. ET 


SÉANCE DU 23 Mar 1873. 149 


— prolixa (Ach.) Nyl. Z. c. p. 396. (Sil.!). 
— — var. Delisei (Dub.) Nyl. in Flora, ann. 1872, p. 426 ; P. oliva- 
cea, var. Delisei Dub. (Sil.!). 

— fuliginosa (Fr.) Nyl. 4. c. p. 548,— var. atrata; P. olivacea var. fuli- 

ginosa Fr. in Dub. Bot. gall. p. 602. (Sil.!). 
PHYSCIA 

— parietina (L.) DN., Nyl. Syn. p. 410. (Cort, Calc. Sil.). 

— — Var. ectanea (Ach.), Nyl. l. c. (Calc. Sil). 

—  lychnea (Ach.) Nyl Z. Sc. p. 107; L.-parietina, var. lychnea Nyl. 
Syn. p. 511. (Sil.! Cort.). 

— obscura (Ehrh.) Fr., Nyl. Syn. p. 427. (Cort.! Sil. Calc.). 

— stellaris (L., Ach.) Fr., Nyl. /. c. p. 424, — var. tenella Nyl. 7, c. 
p. 426. (Cort.! Sil. Calc.). 

—  cesia (Hoffm.) Nyl. /. e. p. 426. (Sil. Calc.). 

—  àlbinea (Ach.) Nyl. in Flora, ann. 1872, p. 426. (Sil.!). 

— pulverulenta (Schreb.) Fr., Nyl. Syn. p. 419, — var. muscigena 
(Whinbg.) Nyl. /. c. (Musc.! Sil, Calc.). 


Gyrophorei. 
UMBILICARIA 
— pustulata Hoffm., Nyl. Z. Sc. p. 113. (Sil.!). 
— murina DC., Nyl. 7. c. p. 116 (Sil.!). 


Lecanorei. 
PANNARIA 
— microphylla Mass., Nyl. Z. Sc. p. 424. (Sil.! Musc.). 
— nigra (Huds.) Nyl. Z. c. p. 126, — var. triseptata Nyl. (1). (Sil. Cort.). 
— — var. ecspititia (2). (Calc. Sil.). 
AMPHILOMA 
— lanuginosum (Ach.) Fr., Nyl. Z. Sc. p. 129. (Sil.! Musc.). 
LECANORA 
— vitellina Ach., Nyl. Z. Sc. p. 141. (Sil. Calc. Cort.). 
— — var. corruscans Ach., Nyl. Z. c. (Sil. Cort.). 
aurantiaca (Lightf.) Nyl. Prodr. p. 76, — var. erythrella Nyl. l. c. 
(Sil. Calc. ). 
— ferruginea (Huds.) Nyl. Z. c. (Cort.! Sil.). 
— — var. festiva Ach., Nyl, L. Se. p. 143. (Sil.!). 
pyracea (Ach.) Nyl. Z. e, p. 145, — var. pyrithroma Ach. (Calc.! Sil.). 
* 


(1) Fere P. dolichotera Nyl. L. Sc. p. 127 ; sporæ in hacce majores. : 

(2) Teste Nylandro, ad P. nigram referenda. — Thallus olivaceus, fruticulosus, fru- 
liculis ramosis dense cæspitosis 2 millim. altis. Apothecia non visa, —Habitu (Leptogium 
quoddam menliente) a typo valde recedens. — Ad rupes umbrosas, socia Heppiæ Gue- 


pini, necnon ipso thallo hujusce sepe adnascens. 
b, 


150 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


—  castaneola (Duf.), Nyl. in litt., Parmelia castaneola Fr. L. Eur. 
p. 152. (Sil.!). 

—  discolorans Nyl. mscr.; Lecidea discolor Hepp, 77. Æ. n° 319. (Sil.!). 

—  confragosa (Ach.) Fr. Z. S. n° 283; Z. sophodes, var. confragosa Nyl., 
L. Sc. p. 149. (Sil.!). 

— atrocinerea (Dicks.), Nyl. Z. Par. n° 43. (Sil.!). 

— — var. nigrocærulescens (1). (Sil.!) 

— circinata Ach., Nyl. Z. Sc. p. 152 ; Placodium circinatum Nyl. Prodr. 
p. 72. (Calc.! Sil.). 

—  cæsiocinerea Nyl. in Flora, ann. 1872, p. 364. (Sil.!). 

—  —  subvar. elota Nyl. in litt. (Sil.!). 

— gibbosa (Ach.) Nyl. Z. Se. p. 454. (Sil.!). 

— parella (L.) Ach., Nyl. Z. c. p. 156. (Sil.! Calc. Cort.). 

— glaucoma (Hoffm.) Ach., Nyl. Z. c. p. 159. (Sil.!). 

—  subcarnea Ach. L. U. p. 365; L. glaucoma, var. subcarnea NM. l. c. 
(Sil. 1). 

— subfusca (L.) Ach., Nyl. Z. c. p. 159; — varr. argentata Ach. et 
campestris Schær. (Cort. Sil. Calc. ). 

— — var. expansa (Ach.), Nyl. l. c. p. 161. (Sil.!). 

—  atrynea (Ach.) Nyl. in Flora, ann. 4872. — L. subfusca, var. atrynea 
Nyl. L. Sc. p. 161, (Sil.! Cort.). I 

—  pseudistera Nyl. in Flora, l. c. p. 365. (Sil.!). 

— atra (Huds.) Ach., Nyl. Z. Sc. p. 170. (Sil. Calc. Cort.). 

—  umbrina (Ehrh.) Nyl. Z. e. p. 162. (Sil. Calc.). 

— saxicola (Poll.) Ach., Nyl. Z. Luxemb., p. 368.— Squamaria saxicola 
Nyl. Prodr. p. 70. (Sil.! Calc. Musc.). 

— — var. diffracta (Ach.), Nyl. Z. Sc. p. 133. (Sil.!). 

— — var. ecrustacea Nyl. in litt. (Sil. Calc.). 

—  galactina Ach. , Nyl. Z. Sc. p. 367,— var. dispersa Nyl. (Calc.! Sil.). 

—  orosthea Ach., Nyl. 7. c. p. 165. (Sil.!). 

— sulphurea Ach., Nyl. Z. c. (Sil.! Calc. Cort.). 

— hæmatomma Ach., Nyl. /. c. p. 172. (Sil.! Cort.). 

— fuscata (Schrad.) Nyl. 7. c. p. 75. (Sil.!). 

—  oligospora Nyl. Coll. Gall. merid. et Pyr. p. 162. (Sil.!). 

— — var, admissa Nyl. in litt.; L, admissa Nyl. in Flora, ann. 

1872, p. 429. (Sil. !). 
— simplex (Dav.), Nyl. Z. Se. p. 176. (Sil. Calc.). | 
—  strepsodina (Ach.), Nyl. Z. c. pr. p. (Sil. !). 


(1) Thallus sat crassus, quam in typo obscurior et leviter cærulescens, areolatus. Apo- 
thecia erumpentia actinostoma, evoluta fere immersa, disco atro plano v. convexo, mar- 
gine thallino integro denique valde attenuato. Sporæ 14-25 micromillim. longs. 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 151 


URCEOLARIA 
—  scruposa Ach., Nyl. Z. Sc. p. 176, (Sil.! Calc, Musc.). 
— actinostoma Pers. , Nyl, Prodr. p. 96, (Sil, ! Calc.). 


Heppiei. 
HEPPIA 
—  Guepini (Moug.) Nyl. in Flora, ann. 1873, p. 200; Endocarpon 
Guepini Moug., Nyl. Prodr. p. 175; Endocarpiscum Guepini 
Nyl. in Flora, l. c., — var. nigrolimbata Nyl, (Sil. Calc.) ` 


Pertusariei. 
PERTUSARIA 
— amara (Ach.) Nyl. in Flora, ann. 1873, p. 22, — var. saxorum (1). 
(Sil. Cort.). 
— dealbata (Ach.) Nyl. Z. Sc. p. 178,— var. corallina (Ach.) ; Jsidium 
corallinum Auct. pr. p. (Sil.!). 


Lecideei. 
LECIDEA 
—  cupularis Ach., Nyl. Z. Sc. p. 189. (Sil. Calc.). 
— lucida Ach., Nyl. Z. c, p. 195. (Sil.! Cort.). 
— coarctata (Ach.) Nyl. Prodr. p. 112. (Sil. Calc.). 
— — var. ornata (Sommerf.) Nyl. Z. c. (Sil.! Calc.). 
— uliginosa Ach., Nyl. Z. Sc. p. 198. (Sil. Calc. Musc.). 
—  parasema Ach., Nyl. Z. c. p. 216, — var. latypea Nyl. l. c. p. 217. 
(Sil. Calc.). 
enteroleuca Ach.; Z. parasema, var. enteroleuca Nyl. l. e. p. 217. 
(Sil. Calc. Cort.); i 
— — var. ecrustacea Nyl. l. e. (Sil.!). 
—  episema Nyl. Coll. Gall. mer. et Pyr. p. 12; Prodr. p. 125. (Calc. 
Sil.) (2). 
— insularis Nyl. Z. Par. n° 58; L. intumescens Nyl, Prodr. p. 127. 
(Sil.!). 
— contigua Fr., Nyl. Z. Sc. p. 224. (Sil.! Calc.). 
— — var. platycarpa (Ach.) Nyl. l. c. (Sil.! Calc.). 
— — var. confluens (Ach.) Nyl. l. c. p. 225. (Sil.! Calc.). 
—  fuscoatra Ach., Nyl. l. c. p. 229. (Sil.!). 
— — var. grisella Fik., Nyl. l. e. p. 230. (Sil.! Calc. ). 
chalybeia Borr., Nyl Prodr. p. 138 ; L. lenticularis Nyl. L. Sc. 
p 242..(Sik).- + - + : 
— neglecta Nyl. Z. c. p. 244. (Sil.! Musc. ). 


(4) Soredia K (superposito Ca Cl) non aut vix erythrinose tincta, 
(2) Parasitica super thallum Lecanoræ gibbosæ. 


152 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


—  atroalbella Nyl. Enum. gén. Lich. p. 12^; L. atroalba var. atro- 
albella Nyl. Prodr. p. 129. (Sil.!). 

— — var, lactea (Mass.); L. lactea Hepp, FL E., n° 751. (Sil.!). 

—  disciformis Fr., Nyl. Z. Sc. p. 236, — var. leptócline Nyl. (Sil.!). 

— — var. halonia (Ach.) L. U. p. 163. (Sil.!). 

—  myriocarpa (DC.) Nyl. 7. c. p. 237. (Cort.! Sil.). 

— saxatilis (Schær.) Nyl. Z. c. (1). (Sil. Galc.). 

— badia Flot., Nyl. /. c. p. 238. (Sil.!). 

—  alboatra (Hoffm.) Nyl. Z. c. p. 235, — var. athroa Ach., Nyl. l. c. 
(Sil. Calc. Cort.). | 

— petræa Flot., Nyl. 7. c. p. 233. (Sil.!). 

`~ — — var excentrica Ach., Nyl. l. c. (Sil.! Calc.). 

—  Montagnei Flot., Nyl. Prodr. p. 129. (Sil.!). 

— geographica (L.) Schær., Nyl. 7. c. p. 248. (Sil.! Calc.). 

— — var. ocellata (2). (Sil.). 

—  — var, atrovirens Schær., Nyl. /. c. (Sil.!). 

— — var. viridiatra Fik., Nyl. l. c. (Sil.!). 

— parasitica Flk., Nyl. Prodr. p. 144 (3). (Sil. Calc. Cort.). 


Pyrenocarpei. 
NORMANDINA 


—  pulchella Borr. Z.B., suppl. 2602; N. Jungermanniæ (Del.) 


Nyl. Prodr. p.173 (^). (Musc.! Sil. Cort.). 
ENDOCARPON 


— fluviatile DG., Nyl. Z. Sc. p. 268. (Sil.!). 
—  hepaticum (Ach.) Nyl. Z c. (Calc.! Sil.). 
VERRUCARIA è 
— pallida (Ach.) Nyl. Z. Sc. p.268. (Sil.!). 
— nigrescens Pers., Nyl. Z. c. p. 271. (Calc.! Sil. ). 
— — var. dispersa; V. acrotella Ach. (Sil.!). 
—  a&thiobola Whinb,, Nyl. Z. c. p. 272. (Sil.!). 
— — var. hydrela Ach., Nyl. l. c. (Sil.!). 
— polysticta Borr.; Leight. Z. F7. p.422 ; V. fuscella Nyl. olim. (Sil. Calc.). 


RELEVÉ NUMÉRIQUE DES STATIONS. 
4° Lichens particuliers aux roches siliceuses. . , . . . . + . . . h9 
2° Lichens croissant à la fois sur les roches siliceuses et sur des 
supporis GEPARD E Lou oco es Ne siuiac 0 
— Lichens silicicoles caleifuges, . . . s sp esk x... 78 


(1) Apothecia thallum alienum sterilem albicantem insidentia. 


(2) A typo differt apotheciis in medio areolarum (contiguarum) nec has inter sitis. 
(3) Ad Lecanoram parellam. 


(4) Super Frullaniam dilatatam rupes umbrosas vestientem. 


SÉANCE DU 23 MAI 4873. 153 


3* Lichens stationnant indifféremment sur les roches siliceuses ou 
calcaires, ou montrant une préférence marquée, mais non 


absolue, pour l'un ou l'autre de ces substratums. . . . .. 37 
4° Lichens se développant indifféremment sur des substratums 
siliceux ou calcaires, et sur des supports organiques. . . . 31 


— Lichens silicicoles, mais exceptionnellement calci- 
coles, et vice versà, ou indifférents s.o... x: 5: 168 


Total ; AU ViUPTA 446 


M. Fée dit qu'il ne faut pas oublier que les Lichens ne se déve- 
loppent en réalité que pendant quelques mois de l'année, et que 
leur vie est en quelque sorte suspendue pendant l'été ; il ajoute que 
les Lichens ont une force de pénétration moins limitée qu'on ne le 
croit, et qu'un certain nombre d'espéces laissent des traces méme 
sur les roches les plus dures. 

M. Weddell croit que cette force de pénétration est subordonnée 
à la composition chimique des roches. Il rappelle que M. Nylander 
attribue la corrosion du calcaire par les apothécies de certains 
Lichens à l'action de l'acide carbonique sécrété par ces organes. 

M. le Président cite des effets semblables produits par certaines 
Algues, notamment l Euactis calcivora sur le calcaire jurassique. 

M. Chatin émet l'opinion que les Lichens contenant du nitre, il 
pourrait y avoir, à certains moments, production d'acide nitrique 
libre, dont l'action expliquerait les effets signalés. 

M. Weddell fait remarquer que certaines espéces seules ont cette 
propriété de s'ineruster dans la roche sur laquelle elles se dévelop- 
pent; l'effet produit ne dépendrait donc pas d'une cause générale. 
Il croit plutôt à l'action de l'acide carbonique et il en voit une 
preuve dans la reconstitution de la pierre qui s'opère dans les bour- 
relets entourant l'ouverture des logettes de certaines Verrucaires ; 
le nitrate de chaux, beaucoup plus soluble, serait nécessairement 
entraîné. 

M. Fée signale quelques espèces, comme les Gyrophora ou Umbi- 
licaria, qui lui paraissent avoir la propriété de se fixer réellement 
dans la roche. ; 

M. Weddell dit que ce sont là des Lichens silicicoles ; et il ne 
croit pas qu'ils effectuent en réalité la dissolution du substratum. 
Ils ne pénétreraient, selon lui, que dans les fissures du rocher. 


154 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Chatin rappelle que la silice peut se dissoudre lentement en 
présence de l'ammoniaque produite par l'acide nitrique des eaux 
pluviales et les matiéres organiques. 

M. Roze demande à M. Weddell, s'il ne pense pas que les travaux 
de MM. Schwendener, Famintzin et surtout ceux de M. Ed. Bornet, 
sur le parasitisme des Lichens, n'auront pas pour effet de modifier 
quelques-unes de ses opinions. 

M. Weddell répond qu'il ne croit pas que dans l'état des choses 
l'hypothése de M. Schwendener puisse étre considérée comme un 
fait parfaitement établi et prouvé. 

M. le Président dit au contraire que, dans son opinion, le nou- 
veau mémoire de M. Bornet fait entrer la question dans une voie 
toute nouvelle, et que le parasitisme des Lichens lui parait un fait 
parfaitement démontré, : 

M. Weddell objecte qu'il n'a pas encore pu prendre connaissance 
de ce mémoire qui vient de paraitre, mais quela question lui semble 
si problématique, qu'il est bien difficile qu'elle puisse avoir de sitôt 
une solution qui soit généralement acceptée. Il pense que, méme en 
admettant la réalité du parasitisme dans les premiers temps de la 
vie du Lichen, il devient de toute impossibilité d'y croire dés que 
l'Algue, sous forme de gonidies, se trouve enfermée dans le sein 
méme du Lichen. Comment en effet comprendre que l'Algue, 
obligée à partir de ce moment de se nourrir elle-même aux dépens 
de son nourrisson, puisse lui servir en méme temps de nourrice ? 

M. Roze fait remarquer que l'importance des résultats. publiés 
par M. Dornet est double, en ce sens que, si les gonidies des Lichens 
ne sont pas autre chose que les Algues sur lesquelles ou avec 
lesquelles ils vivent en parasites, il n'y a plus d'alliance possible 
entre les Algues et les Lichens, comme on le croyait naguére, et il 
devient de toute nécessité de rattacher les Lichens aux — 
gnons. 

M. Weddell ne croit pas qu'on puisse détruire si aisément faute: 
nomie des Lichens. 

M. le Président répond. qu'il ne s'agit pas de détruire compléie- 
ment l'autonomie des Lichens; mais que la lecture du mémoire de 
M. Bornet ne peut laisser aucun doute sur leur parasitisme, et qu'il 
en résulte évidemment que les Lichens ne doivent plus être consi- 
dérés comme pouvant constituer une classe spéciale, mais comme 


SÉANCE DU 23 MAI 1873, 155 


représentant un groupe particulier des Champignons thécasporés 
privé, comme ces derniers, de matiére verte proprement dite. 


M. Decaisne fait à la Société la communication suivante : 


CARACTÈRÉS ET DESCRIPTIONS DE TROIS GENRES NOUVEAUX DE PLANTES RECUEILLIES 
EN CHINE PAR M, L'ABBÉ A, DAVID, par Ml. J. DECAISNE, 


I. Corylaceze. 


OSTRYOPSIS gen. nov. 


Frutex monoicus, ramosissimus, facie Coryli nanæ. 

Masc. Amenta e gemmis anni preteriti enata, lateralia subsessilia, 
oblongo-cylindracea, e squamis bractealibus cochleatis fuscis im- 
bricatis inferne in pedicellum attenuatis formata; stamina A, 
squamae pedicello inserta; filamenta plus minusve alte bifida; an- 
theræ dorso medio insertæ, uniloculares, longitrorsum dehiscentes, 
apice pilosæ, loculis subcoriaceis, late apertis; pollen glohosum, 
triporosum. 

Fem. Amenta terminalia in ramulis annotinis pauciflora. Squamae 
bracteales herbaceæ, acuminatæ, bifloræ, caducæ. Flores singuli 
involucello herbaceo plus minusve regulariter trilobo facie ven- 
trali fisso; involucro proprio brevissimo tenerrimo ætate cupulari 
submembranaceo, basin ovarii cingente. Ovarium brevissimum, ca- 
lyce obsolete 5-denticulato coronatum. Stylus subnullus ; stigmata 
bina crassa, elongata, intense purpurea, papillosa. 

NucuLE minim: involucello coriaceo herbaceo acuminato lobu- 
lato fisso inclusæ, involucro accreto basi arcte adnato apice in tubum 
submembranaceum obscure bilobulatum vestitæ. Pericarpium ver- 
lice calyce deciduo annulalo cicatrisatum, sublignosum. Semen 
abortu solitarium placentario filiformi ovulo abortivo stipato pen- 
dulum, testa fusca, nervosa ut in Corylo, Quercu Amygdaloque. 


OsTRYOPSIS DAVIDIANA + 


O. ramulis annotinis pubescenti-tomentosis, foliis cordatis subacuminatis 
irregulariter v. duplicato dentatis subtus praesertim ad nervorum axillis pubes- 
centi-villosis ; amentis masculis cylindraceis fuscis, nuculis involucro coriaceo 
acuminato longitrorsum fisso pubescente vestitis, involucelloque submembra- 
naceo tubuloso arcte adnato inclusis. 


156 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


HABIT. — In collibus Mongolie orientalis, prov. Géhol (cl. A. David, 
n° 4694). Floret aprili. (v. s. et viv. cult. H. Par.) 


DESCR. — Frutex semimetralis ramosissimus, ramis alternis, cortice cine- 
reo vestitis, glaberrimis, ramulis annotinis brevibus, teretiusculis, molliter 
pubescenti-tomentosis. Folia 3-4 centim. longa, 2-3 lata, alterna, rotun- 
dato- v. ovato-cordata, subacuminata, irregulariter v. duplicato-dentata, æqui- 
latera, supra glabriuscula, subtus puberula, juniora glandulis inspersa, nervis 
primariis obliquis, ad axillas pulvinatis ut in Corylo; petioli breves, tomentosi, 
stipulis binis, ovatis, submembranaceis, citissime deciduis, stipati. Amenta 
mascula e gemmis axillaribus anni preteriti enata, cylindracea, fusca, 1 centim. 
longa, subsessilia, sæpius reflexa; squama cochleatæ, subacuminatæ, fusco- 
castaneæ, glaberrimæ v. margine ciliolatze. Stamina subsessilia, antherarum 
loculis apice ciliolatis. Amenta feminea terminalia, parva ; bractea herbacea, 
ovata, biflora; involucellum proprium irregulariter lobatum herbaceum ; invo- 
lucrum ovario basi adnatum, membranaceum, apice bilobulatum ; ovarium 
calyce obsoleto coronatum, ciliolatum ; stigmata bina, respectu floris majuscula, 
lineari-oblonga, carnosula, papillosa, intense purpurea, divaricata. Nuculæ ad 
ramulorum annotinorum apicem 6-8-congesta. /nvolucellum cent. 1 lon- 
gum, herbaceum, coriaceum, attenuatum, hinc fissum, apice 2-denticulatum, 
inferne incrassatum, nervosum, extrorsum pubescenti-villosum, introrsum 
velutino-tomentosum, bracteis persistentibus saepius stipatum. Znvolucrum 
lævissimum, dimidia inferiori parte fructu arcte adnatum, plumbeum, obscure 
venosum, dimidia superiori parte vero tubulosa, nervosa, albida, subpapyracea, 
apice obsolete bidenticulata, ciliolata, nuculam superans. Pericarpium conicum, 
obtusum, vertice calyce deciduo cicatricula annulata notatum, stigmatibusque 
haud raro persistentibus stipatum, crustaceo-lignosum. Semen ex placentario 
filiformi apice pendulum ; testa fusca, venosa. Embryo cotyledonibus plano- 
convexis, albidis. 


Le genre Ostryopsis se distingue des autres Corylacées par la nature des 
organes qui constituent ses chatons femelles ; ceux-ci se composent : 4° d'une 
bractée commune à deux fleurs; 2 d'un involucelle herbacé, coriace, lobé, 
fendu sur la face ventrale; 3° d’un involucre tubuleux, membraneux, bidenté au 
sommet, analogue à l'enveloppe herbacée des Noisetiers; 4° d'une cupule 
receptaculaire (calyce) adhérant au fruit ; enfin du péricarpe lui-même. Ces 
mêmes parties se rencontrent chez les Noisetiers ; mais chez ces derniers l'in- 
volucelle herbacé, lobé, charnu et accrescent, représente l'involucre mem- 
braneux de l'Ostryopsis qui diffère du Dzstegocarpus Sieb. et Zucc., en ce 
que lés deux bractées qui forment l'involucelle sont soudées en une foliole 
unique accrescente lobée au lieu d'étre libres. Notre nouveau genre appar- 
tient donc aux Corylacées plutót qu'aux Carpinées, ce que confirme encore 
la vernation ainsi que la nervation des feuilles. 


SÉANCE DU 23 MAI 1873, 157 


II. Nyssaceze. 
CAMPTOTHECA gen. nov. 


Flores in diversis capitulis monoici, sessiles, bracteolis obtusis 
carnosulis stipati. 

Masculi : calyx cupularis, obsolete 5-dentatus. Petala 5, æstiva- 
tione valvata, apice subcucullata. Stamina 10, biseriata, inæqualia, 
exteriora majora dentibus calycinis anteposita ; filamenta filiformia, 
papillosa; antheræ filamento centrali connectivoque conico appensæ, 
biloculares, loculis inflexis, valvula introrsa dehiscentibus. Pollen 
trigonum (ut in Onagrariis). Discus epigynus cupularis, carnosus, 
undulatus, styli rudimento brevissimo medio instructus. Ovarium 
(hypanthium) compressum, sterile. 

Hermaphroditi : calyx, petala, stamina diseusque ut in masculis. 
Stylus bifidus, brevis v. quandoque elongatus, ramis acutis, superne 
longitrorsum stigmatosis. Ovarium (hypanthium) compressum, 
breve. Fructus in capitula agregati, samaroidei, oblongi, inæqui- 
lateri, vertice disco epigyno depresso truncati, mesocarpio suberoso, 
endocarpio tenui, uniloculares, monospermi. Semina appensa, 
linearia, testa tenuissima, albumine carnoso. Embryo linearis, co- 
tyledonibus tenuissimis, radicula cylindracea supera. — Arbor 
foliis deciduis, nervosis; floribus capitatis, capitulis in paniculam 
dispositis pedunculatis terminalibus; floribus parvis; fructibus 
samaroideis in capitulum congestis. 


CAMPTOTHECA ACUMINATA + 


C. foliis ovatis basi obtusa, apice acuminatis, reticulato-venosis glabris, 
floribus capitatis in paniculam terminalem dispositis albidis, pedunculis ci- 
nereo-velutinis. 


HanIT.— Thibet orientale, prov. Moupin, in valle Zy-chan dicta. Flor. julio. 


DESCR. — Arbor coma ampla, prima fronte Cephalanthum referens, ra- 
mulis teretibus, glabris, cortice levi lenticellis insperso, cinerascente vestitis. 
Folia alterna, 7-15 centim. longa, 4-8 lata, elliptico-oblonga v. late ovata, 
apice acuminata, basi obtusa, petiolata, integerrima, tenuia, glabra, supra 
obscure viridia, penninervia, nervis secundariis arcuatis ad limbi marginem 
evanidis, subtus pallidiora, tenuissime reticulato-venosa, venis ad axillas 
velutino-pulvinatis; petioli graciles, supra obsolete canaliculati, 2-3 centim., 


158 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


longi. /nflorescentia terminalis, ramosa, ramis incano-velutinis, floribus 
capitatis, capitulis globosis magnitudine cerasi, capitulum terminale herma- 
phroditum, alia mascula ; flores parvi, albidi, sessiles, bracteolis crassiusculis 
brevissimis stipati. Calyx cupularis, obsolete 5-dentatus, ciliolatus. Petala 5, 
æstivatione valvata, extrorsum tenuissime incano-velutina, introrsum glabra, 
apice subcucullata. Stamina 10, epigyna, ante anthesin biseriata, calycinis 
dentibus opposita sublongiora, filamenta ad disci epigyni basin inserta, elongata, 
filiformia, gracillima, tenuissime papillosa. Antheræ lilamento centrali connec- 
tivo conico carnosulo appensæ, biloculares, loculis inflexis, valvula introrsa 
dehiscentibus. Pollen trigonum exacte ut in Onagrarieis. Discus epigynus 
cupularis, carnosus, undulatus, in floribus masculis medio depressus, styli 
rudimento perpusillo instructus. Ovarium (hypanthium) oblongum, compres- 
sum, obtusum, glaberrimum, in floribus hermaphroditis parum brevius sed 
crassius, uniloculare ; ovulis geminis, appensis, anatropis. Stylus alte bifidus e 
disci epigyni medio enatus, ramis attenuatis, superne stigmatosis. Fructus in 
capitulum congesti, samaroidei, oblongi, inæquilateri, obtusi, 2 centim. longi, 
5-7 millim. lati, glabri, fusci, disco epigyno coronati, sessiles; mesocarpium 
suberosum, vesiculis resinosis hinc inde inspersum ; endocarpium submem- 
branaceum. Semen aborta solitarium, lineari-oblongum, testa tenui; albumen 
copiosum, celluloso-carnosum, albidum. £'mbryo linearis fere longitudine al- 
buminis, radicula cylindracea supera, cotyledonibus tenuissimis acutiusculis 
interdum incumbentibus (ut in Isatide) sed tunc verisimiliter abnormalibus, 


Le genre Camptotheca diffère de l' Agathisanthes Bl. par ses fleurs compo- 
sées d'un calyce cupuliforme à cinq lobes peu apparents, d'une corolle à cinq 
pétales à préfloraison valvaire, par ses fruits samaroides, enfin par la forme 
singulière des anthères, qui n'ont, que je sache, rien de semblable dans le règne 
végétal. Je ne connais en effet aucune autre plante chez laquelle les étamines 
présentent un long filet papilleux, terminé par un connectif conique soutenant 
quatre loges anthérales à peu près libres, pendantes, infléchies du côté interne 
et munies d'une sorte de valvule pollinifère, 

MM. Bentham et Hooker (1) réunissent l’Agafhisanthes aux Nyssa et ceux- 
ci aux Cornées, dans lesquelles ils comprennent les genres Alangium, Marlet, 
Curtisia, Corokia, Cornus, Mastizia, Aucuba, Garrya, Griselina, Kali- 
phora, Nyssa et Toricellia. Sur ces douze genres, j'en trouve cinq à fleurs 
diplostémones en opposition avec les caractères des vraies Cornées : tels sont 
l'Agathisanthes ; les Alangium et Marlea, qui formaient la petite famille des 
Alangiées; le Garrya, dont l'inflorescence, la forme des étamines, la structure 
du fruit et des graines ne me semblent avoir aucune ressemblance avec celles 
des Cornées, et que je rapprocherais plus volontiers des Hamamélidées. Le 


(4) Genera, vol. 1, p. 952. 


SÉANCE DU 23 MAI 1873. 159 


Toricellia de son côté, par son fruit à quatre loges, ses gros stigmates papilleux 
ainsi que par ses graines à raphé externe, me parait avoir plus d'analogie avec 
les Haloragées qu'avec les Cornées. Enfin, à l'exemple de R. Brown et de 
M. Brongniart, je classerais les Nyssacées dans le voisinage des Onagrariées en 
me basant sur la structure du pollen, qui, chez les Agathisanthes, le Campto- 
theca, etc., est absolument identique avec celui des Œnothera. 

Je ne connais pas le Kal/phora ; mais certains caractères, signalés par 
M. Hooker, m'engageraient à l'éloigner des Cornées, dans lesquelles il le classe. 

En résumé, comme je ne vois aucun avantage à fondre dans un groupe 
jusqu'ici naturel des genres anormaux, je réduirais aux Cornus, Benthamia, 
Mastixia, Aucuba, Corokia et Curtisia la famille des Cornées, prés desquelles 
je classerais néanmoins les Garryacées et les Alangiées, liées par certains 
caractéres aux Hamamélidées, etc. 


IH. Diapensieze. 
BERNEUXIA gen. nov. (1). 


Calyx pentaphyllus. Corolla 5-partita, lobis obovatis, obtusis, inte- 
gerrimis. Stamina 5 fertilia cum sterilibus squamulosis spathulatis 
barbatis corollæ lobis antepositis alternantia, ima corollæ basi in 
annulum coalita; antheræ biloculares, connectivo dilatato discret, 
biloculares, loculis coriaceis, longitrorsum dehiscentibus, arcuato- 
subreniformibus. Stylus cylindraceus, stigmate parvo discoideo. 
Discus 0. Ovarium globoso-depressum 3-loculare, loculis multiovu- 
latis. Fructus....... 


BERNEUXIA THIBETICA + 


B. glaberrima, foliis obovato-spathulatis integerrimis subtus opacis, iu 
petiolum longum attenuatis ; floribus capitato-racemosis albis. 
HABIT, — Thibet orientale, prov. Moupin. In saxosis muscosis v. ad arborum 


basin vetustorum. Floret aprili-maio. 


Descr. — Herba perennis, rhizomate repente, lignoso, radicibus-fibrillosis, 
Folia subrosulata, obovato-spathulata, in petiolum longum superne canalicu- 
latum attenuata, supra intense viridia, glaberrima, reticulato-venosa, venis 
impressis, subtus pallidiora, opaca, fere avenia, nervo medio secundariisque 
prominulis dessiccatione fuscescentibus notata ; petioli squamis ovatis tenuibus 
ima basi stipati. /nflorescentia pedunculata, folia subæquans, racemoso-capi- 
tata; pedicelli bracteolati, bracteolis lineari-lanceolatis, submembranaceis, 


(4) A la mémoire de Mgr Siméon-François Berneux, évéque de Thapse, missionnaite 
apostolique, massacré en Corée, le 8 mars 1866. 


160 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Flores monopetali, albi. Calyx 5-phyllus, foliolis æstivatione quincuncialibus, 
oblongis, obtusis, æqualibus, glaberrimis, herbaceis, longitrorsum venosis. 
Corolla calycem parum superans, alte 5-loba, lobis obtusis, glaberrimis. Sta- 
mina 5 fertilia, foliolis calycinis opposita, cum ligulis spathulatis barbatis 
corolle lobis antepositis brevioribusque alternantia; filamenta crassiuscula, 
cylindracea, ima basi ciliolata, corolla parum breviora; antheræ connectivo 
dilatato discrete, ante anthesin arcuato-subreniformes, biloculares, loculis 
longitrorsum dehiscentibus, subcoriaceis. Discus 0. Stylus cylindraceus corol- 
lam subæquans, glaber; stigmate parvo, subdiscoideo. Ovarium globoso- 
depressum, glabrum, respectu floris parvum, 3-loculare, loculis multiovulatis, 
ovulis anatropis placentario crasso rotundato affixis. Fructus.... 

Le genre Berneuxia vient se placer naturellement dans la tribu des Gala- 
cinées (1), représentée par des herbes vivaces à feuilles coriaces longuement 
pétiolées, et à fleurs munies de 5 étamines fertiles avec lesquelles alternent 


cinq écailles opposées aux lobes corollins ; enfin par des anthères mutiques à 
déhiscence longitudinale. 


SÉANCE DU 43 JUIN 1873. 


PRÉSIDENCE DE M, G. PLANCHON, VICE-PRÉSIDENT, 


En prenant place au fauteuil, M. G. Planchon présente à la 
Société les excuses de M. Decaisne, président, et de M. Fée, vice- 
président, empéchés de se rendre à la séance. 

M. Roze, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance 
du 23 mai, dont la rédaction est adoptée. 

M. Max. Cornu fait hommage à la Société, au nom de M. le docteur 
Joannés Chatin, des deux théses que ce dernier a récemment soute- 
nues à la Faculté de médecine et à l'École supérieure de pharmacie 
de Paris. M. Cornu fait connaitre ce qui intéresse plus particuliére- 
ment la Société dans ces thèses, dont la première est une Étude 
anatomique comparative des Valérianées, et la seconde un Ezposé 


de recherches sur les effets toxiques du Tanguin malgache ou du 
fruit du Tanghinia veneniflua. 


M. le Président annonce une nouvelle présentation. 


M. Max. Cornu met sous les yeux de la Société des feuilles d'AZ- 
thæa rosea, couvertes d'une Puccinie, qui proviennent des cultures 
du Muséum et qui lui ont été adressées par M. Decaisne. 


(1) Asa Gray, Botanical Contrib.: Reconstruction of Ihe order Diapensiaceæ (1870). 


SÉANCE DU 13 Jurn 1873. 161 


Il fait remarquer à la Société que cette Puccinie est l'une des 
rares espéces dont la germination n'exige pas un long temps de 
repos, comme les P. Dianthi, Glechomæ, etc. Il ajoute qu'il a re- 
trouvé en grande abondance cette Puccinie (que M. Tulasne ne parait 
pas avoir signalée) sur la plupart des espèces de Malva et d' A/thza 
cultivées au Muséum, mais qu'il n'en a pas vu l'Uredo. Il l'avait 
déjà recueillie, au mois d'avril dernier, à Montpellier, sur les indi- 
cations de M. J.-E. Planchon, notre savant confrére. Il signale en- 
suite à la Société une nouvelle plante nourricière du Puccinia 
Sonchi, le Sonchus maritimus, sur lequel il l'a récolté le 14 avril, 
à Palavas (Hérault). 

Lecture est donnée d'une lettre de M. le docteur Candéze, secré- 
taire de la Société royale des sciences de Liége, qui invite, au nom 
de cette Société, les membres de la Société botanique de France 
à tenir une séance à Liége, pendant le cours de la session extraor- 
dinaire. 

Cette lettre est renvoyée à la Commission de la session. 

. Lecture est donnée de la lettre suivante : 


LETTRE DE M. DUCHARYRE. 


A M. le Président de la Société botanique de France. 


Meudon, 13 juin 1873, 
Monsieur le Président, 

Comme je n'ai pu assister à la dernière séance de la Société botanique de 
France et que je me vois eacore dans l'impossibilité de me rendre à celle de ce 
soir, je prends le parti de vous adresser par écrit la petite communication 
suivante que j'aurais désiré pouvoir faire de vive voix. 

Dans la séance du 48 avril dernier, M. Duval-Jouve a communiqué à la 
Société botanique de France ses intéressantes observations sur le Zostera 
marina, et particulièrement sur; la manière d’après laquelle il avait cru voir 
que s'opérait la fécondation dans cette plante marine (1) .Si je me rappelle bien 
sa description de ce phénomène, le pollen confervoide de la Zostère n'émet- 
trait point de tube pollinique ; chacun des longs tubes gréles qui constituent 
l'analogue des grains de pollen se romprait à son extrémité voisine des stig- 
mates du pistil qui se trouve un peu plus bas; la fovilla sortirait par Fouver- 
ture ainsi produite et arriverait directement sur le stigmate pour déterminer 
la fécondation de l’ovule, sans que notre savant collègue ait pu voir ni méme 


(1) Voyez plus haut, pp. 87-89. 


* X15 (SÉANCES) 11 


162 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


présumer comment s'effectuerait, dans ce cas, l'acte intime de cette fécon- 
dation. 

Une conversation ayant eu lieu ensuite au sujet de la marche tout à fait 
insolite que M. Duval-Jouve venait d'attribuer à la fécondation chez la Zos- 
tere, j'y ai pris part en disant notamment que, depuis plusieurs années, 
l'existence d'un tube pollinique avait été signalée chez cette espèce comme 
chez toutes les autres Phanérogames ; seulement mes souvenirs étaient trop 
vagues à cet égard pour que j'aie pu donner alors des indications plus pré- 
cises. Ce sont ces indications que je prends la liberté de vous adresser aujour- 
d'hui, dans l'espoir que vous voudrez bien les communiquer à la Société bota- 
nique de France. 

A la date de plus de vingt ans déjà, le Zostera marina a été l’objet de deux 
mémoires d'un grand intérêt, dont les auteurs sont M. Joh. Grænland et 
M. Hofmeister. 

Le mémoire de M. Joh. Grænland (Beitrag zur Kenntniss der Zostera 
marina; Bot. Zeit. du 7 mars 1851) laisse entièrement de côté l'acte de la 
fécondation daus cette plante marine; cependant on y lit le passage suivant : 
« Je n'ai pu observer comment le tube pollinique arrive au micropyle et au 
mamelon nucellaire; une fois seulement j'ai réussi à isoler un fragment du 
tube pollinique avec un globule embryonaire qui venait d'étre produit » 
(loc. cit. col. 189). En outre, ce mémoire ayant été écrit sous l'influence de 
la théorie de Schleiden sur la formation première de l'embryon par l'extré- 
mité du tube pollinique, on y lit encore : « Le tube pollinique se renfle beau- 
coup, aprés son entrée dans le sac embryonaire, comme chez d'autres 
Naïadées et Potamées. » — Ces deux passages semblent établir que M. Græn- 
land a vu le tube pollinique chez la Zostére marine, et qu'il l'a méme isolé, 
sur une certaine longueur, dans l'une de ses préparations. 

Le mémoire de M. Hofmeister est trés-précis relativement à la marche de la 
fécondation dans la plante marine dont il est question (Zur Entwickelungs- 
geschichte der Zostera; Bot. Zeit. 1852, n% 7 et 8, pl. 111). Je vous demande 
la permission, Monsieur le Président, d'en traduire ici quelques passages. 

« L'ovule est maintenant prét pour la fécondation. Pendant qu'il se dévelop- 
pait, l'orifice de l'ovaire rudimentaire s'est prolongé en style; une multiplica- 
tion de cellules s'opérant plus énergiquement sur deux points de sa circon- 
férence a donné naissance à deux stigmates filiformes," plus tard divergents. 
Aa temps de la floraison, les styles, se recourbant à angle obtus, ressortent 
par la fente de la gaine qui renferme l'inflorescence. En méme temps les 
anthères s'ouvrent; la déhiscence de chaque demi-anthére se fait par une 
fente qui s'étend au-dessus de la cloison qui sépare les deux loges. Les cel- 
lules-pollen filiformes arrivent immédiatement aux bras stigmatiques qui 
pénètrent dans les demi-anthères ouvertes. Souvent on les voit, soit isolément, 
soit plusieurs à la fois, se contourner en spirale autour de ces derniers. 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 163 


» Une extrémité de la cellule-pollen pénètre dans le canal stylaire qui 
s'ouvre au sommet des deux bras stigmatiques. Je n'ai pas réussi à isoler le 
tube pollinique, sans le rompre, depuis le stigmate jusqu'au micropyle. Il 
n'est pas douteux que la cellule-pollen, qui est déjà elle-méme en forme de 
tube, ne se change en tube pollinique par la continuation de la croissance en 
longueur de l'un de ses bouts. Sept heures aprés que l’anthère s'est ouverte, 
le tube pollinique se montre déjà dans la cavité de l'ovaire; il croît en longueur, 
en s'appliquant contre le cóté externe de l'ovule pendant, jusqu'à ce qu'il 
atteigne le micropyle dans lequel il s'introduit en se recourbant brusquement. 
La cavité ovarienne, maintenant fort agrandie, gráce à l'extension qu'ont prise 
les parois de l'ovaire, est remplie d'une gelée limpide, mais assez ferme, dans 
laquelle on peut distinguer quelquefois des cellules tuméfiées.. .., qui peuvent 
n'étre que des cellules conductrices isolées... Le tube pollinique a le méme 
diamètre que la cellule-pollen. Sa portion qui se trouve en dehors du micro- 
pyle meurt très-promptement ; celle qui est en dedans du micropyle reste 
assez longtemps reconnaissable; elle va se terminer au sommet du sac em- 
bryonaire ; on ne la voit que trés-rarement s'étendre quelque peu entre cette 
partie supérieure du sac et la secondine. 

» Après l'arrivée de l'extrémité du tube pollinique au revêtement externe 
du sac embryonaire formé par la membrane du nucelle, l'une des vésicules 
embryonaires grossit et son nucléus disparait. Les autres vésicules embryo- 
naires se racornissent et meurent, etc. » 

Vous le voyez, Monsieur le Président, la description dont je viens de 
reproduire les principaux passages, ainsi que les figures qui l'accompagnent, 
ne permettent guère de douter que la fécondation n'ait lieu, chez les Zostères, 
de la méme maniere que chez toutes les autres Phanérogames, gráce à un 
tube pollinique dont l'extrémité vient s'appliquer contre la partie supérieure 
du sac embryonaire. Seulement, dans cette plante marine, le tube est le pro- 
longement direct du grain de pollen confervoide, qui est réduit à une seule 
membrane ou à l'intine. Je suis donc porté à croire que les particularités 
signalées par notre savant collégue M. Duval-Jouve, dont nous connaissons 
tous l'exactitude et l'habileté comme observateur, tiennent à des cas anor- 
maux ou accidentels, dans lesquels la marche naturelle des faits aura été for- 
tement altérée. 

P. DUCHARTRE. 


Agréez, etc. 
A la suite de cette lecture, M. Prillieux donne connaissance à la 
Société, de la part de M. Duchartre, de l'extrait suivant d'une lettre 
qui lui était tout récemment adressée sur le méme sujet, par 


M. Duval-Jouve : 


164 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


LETTRE DE M. J. DUVAL-JOUVE A M. DUCHARTRE, 
Montpellier, 10 juin 1873. 


icd Sur vos précieux renseignements, j'ai repris toutes mes observations, 
et il m'a été impossible de voir, ni sur le Zostera marina, ni sur le Zostera 
nana, autre chose que ce que j'avais vu, savoir : 

4° Les filaments polliniques se vidant sur place, par une de leurs extré- 
mités ; 

2 Absence complète de ces mêmes filaments fixés sur le stigmate et pé- 
nétrant dans le stigmate: 

Le Z. marina n'a plus d'étamines depuis quinze jours; le Z. nana en a 
encore, et jusqu’à aujourd’hui je suis allé chaque semaine aux ètangs pour 
recommencer mes études : ces deux plantes sont ici en abondance extrême, et 
j'en ai eu plus que je ne pouvais en désirer ; mais je n'ai rien pu voir de plus. 
A Dieu ne plaise que je me permette de faire entendre que les affirmations de 
M. Hofmeister sont purement théoriques; je n'affirme que ce que j'ai vu, 
sans émettre un doute sur ce que je n'ai pas vu. 


M. Mer fait à la Société la communication suivante : 


LA GLYCOGENÈSE DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL, par M. Émile MER. 


État de la question. 


Les travaux exécutés depuis dix ans en Allemagne, principalement par 
M. Julius Sachs, ont établi les faits suivants : 

1° L'amidon se forme, dans les grains de chlorophylle des feuilles, sous 
l'influence de la lumière. De là, il émigre à l'état de glycose, par les tissus 
conducteurs, dans les tissus de réserve, où il reprend, soit de nouveau la forme 
d'amidon, soit celle de matière grasse, d'inuline, de sucre de canne, etc. Ces 
matériaux accumulés se convertissent de nouveau en glycose, à l'aide de cer- 
taines conditions favorables, et, par leur transformation en cellulose, servent 
au développement des jeunes organes. L'équivalence de fonction des diverses 
matières hydrocarbonées est donc ainsi démontrée. 

2° Les grains d'amidon disparaissent plus ou moins rapidement à l'obscu- 
rité. Cette disparition entraine celle des grains de chlorophylle. Si l'altération 
de ceux-ci n'a pas dépassé une certaine limite, ils peuvent de nouveau former 
de l'amidon, sous l'influence de la lumiere. 

3° Les feuilles d'une plante germant à la lumière diffuse peuvent former de 
la chlorophylle, mais celie-ci ne tarde pas à disparaître ; de sorte que ce degré 
de lumière, suffisant pour donner naissance à la matière verte, est incapable 
de la conserver. 


SÉANCE DU 13 JuIN 1873. 165 


D'autre part, MM. Isidore Pierre et Dehérain ont démontré que les prin- 
cipes organiques et minéraux ont toujours une tendance à quitter les organes 
âgés pour se porter vers les plus jeunes. 

Tous ces faits tendent à éclairer le probléme, si confus jusque dans ces 
derniers temps, de la nutrition des végétaux, sur lequel lesremarquables travaux 
de M. Claude Bernard, relativement à la glycogenése animale, ont jeté un 
nouveau jour. 

Plusieurs points de cette importante question restaient cependant encore 
à élucider. On avait reconnu l'émigration de l'amidon contenu dans les feuilles, 
mais on ne savait si la chlorophylle émigre également ou si elle se décom- 
pose sur place; on n'avait méme pas recherché, je crois, si la disparition de 
ce corps s'effectue dans un ordre déterminé. Il y avait lieu aussi d'examiner si la 
matière amylacée est un produit général et constant de la chlorophylle, ou si 
elle n'est pas dans certains cas reinplacée par une autre substance. Il restait 
enfin à déterminer entre quelles limites de température et de lumière se forme 
l'amidon, et si, pour une méme feuille, on le retrouve à toutes les périodes deson 
existence. On avait bien reconnu que, quand des plantes sont transportées de 
la lumière à l'obscurité, ce sont les feuilles les plus âgées qui se décolorent et se 
flétrissent les premières, mais on n'en avait pas recherché la cause ; on n'avait 
pas davantage étudié les lois qui président à l'apparition de la chlorophylle, 
suivant l'àge des organes, dans les végétaux transportés de l'obscurité à la 
lumière. : 

C'est pour répondre à une partie de ces desiderata, que j'ai entrepris le pré- 
sent travail. 

PREMIERE PARTIE. 


Si l'on examine, avant qu'elles soient complétement desséchées, les feuilles 
qui, par une cause quelconque, se décolorent pendant l'été ou celles qui à l'au- 
tomne sont sur le point de tomber, on constate que généralement les parties 
environnant les nervures principales sont encore vertes, alors que le reste du 
 parenchyme a entiérement perdu cette teinte. Dans la plupart des feuilles 
simples, cette décoloration se produit du sommet à la base. D'un autre cóté, 
les jeunes feuilles en voie de croissance, verdissent d'abord autour de leurs 
nervures et cett eleinte s'étend successivement au reste du tissu. Ces apparences 
ne peuvent s'expliquer que de deux manières : ou bien les grains de chloro- 
phylle émigrent de cellule à cellule, ou bien certaines parties se colorent et 
se décolorent avant d'autres. Quoique la première hypothèse ne soit guère 
admissible, j'ai eu recours à l'expérience pour l'écarter absolument : 

4° J'ai collé des bandes de papier noir sur chaque face de la nervure 
médiane d'une feuille de Haricot, et sur diverses parties du parenchyme d'autres 
feuilles. Si la chlorophylle pouvait émigrer, la nervure médiane et les autres 
surfaces recouvertes devaient rester vertes ? Il n'en fut rien. Au bout de quinze 


166 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


jours, les bandes de papier ayant été enlevées, toutes les places qu'elles recou- 
vraient avaient pâli, sans cependant être entièrement décolo rées (1). 

2» J'entourai d'une étoffe noire des tiges de Jasmin et de Giroflée, et je 
constatai, aprés un mois, que les parties soustraites à la lumière étaient moins 
vertes. La décoloration des tiges est cependant bien moins sensible que celle 
des feuilles placées dans les mémes conditions. 

3° Après le transfert d'une plante de l'obscurité à la lumière, on constate 
que les feuilles verdissent en premier lieu. Si la chlorophylle, qui n'apparait 
qu'ensuite dans la tige, provient de ces organes, cette tige doit rester jaune, 
quand l'on intercepte l'influence de la lumière sur ses feuilles. Or j'ai re- 
connu que dans ce cas elle verdit, tandis que les feuilles restent étiolées. 

h° Des feuilles complétement développées d'un pied de Giroflée bien por- 
tant furent entourées d'une étoffe noire. Au bout de quinze jours, en été, elles 
étaient complétement décolorées et fanées. 

L'hypothèse du transport des grains de chlorophylle doit donc être aban- 
donnée. La chlorophylle se détruit sur place : seulement, cette destruction ne 
se produit pas en méme temps pour tous iles organes d'un végétal et sur toute 
étendue d'un méme organe. Quelles sont les causes de ces différences? A 


quelles lois est soumise l'apparition de la chlorophylle ainsi que sa dispa- 
rition ? 


J'espérai arriver à faire avancer la question, en étudiant avec soin la marche 
de la décoloration à l obscurité et de la coloration à la lumiére. 
Quatre séries d'expériences furent entreprises dans ce but. 
Dans la premiere série, des plantes furent transportées de la lumiere directe 
à l'obscurité, afin d'observer la marche de la dégradation de la chlorophylle. 
Dans la deuxième série, j'étudiai la dégradation de la chlorophylle sur des 
végétaux élevés à la lumiere diffuse. 


Dans la troisième série, j'observai la marche de la végétation sur des plantes 
élevées entierement à l'obscurité. 

Enfin, dans la quatrième série, j'ai examiné l'ordre, suivant lequel la chloro- 
phylle apparait dans des végétaux transportés de l'obscurité à la lumiére. 


17° Série d'expériences : Végétaux transportés à l'obscurité aprés avoir 
vécu à la lumière. — Trois Haricots A, B, C, sont mis à l'obscurité le 
L septembre 1872. 

Le Haricot À comprend trois entre-nœuds, terminés : le premier par deux 
feuilles simples a, 5, le deuxième par une feuille composée c, le troisième par 


(1 ) J'explique plus loin pourquoi la décoloration de feuilles on fragments de feuilles, qui 
continuent à être alimentées, se produit trés-lentement, malgré leur séjour à l'obscurité. 


Dans le cas dont il est question, toute la partie médiane de la feuille tirait sa nourriture 
de la portion du limbe qui n'était pas soustraite à la lumière. 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 167 


un bourgeon, — Les Haricots B et € comprennent deux entre-neuds, termi- 
nés, le premier par deux feuilles simples, et le deuxième par un bourgeon. 

Le 9 septembre, on ne trouve plus d'amidon que dans quelques stomates. 

14 septembre. — Le pied A n'a subi aucun changement dans sa taille. 
Les feuilles a, b, sont décolorées par places, molles et chiffonnées. Il n'en est 
pas de méme de la feuille c, qui a seulement un peu pâli.— Pied B. Le bour- 
geon terminal s'est développé et a formé une petite feuille verte, Les deux 
autres feuilles commencent à se flétrir. — Pied C. Les feuilles sont pana- 
chées de nuages pâles. Le bourgeon terminal s’est développé en un rameau 
grêle, blanc, surmonté de deux feuilles légèrement vertes. Sur toutes ces 
feuilles ramollies et en partie décolorées, on remarque de petits cercles trans- 
parents qui, en s'étendant, forment ensuite des taches irrégulières. La chloro- 
phylle, en se résorbant ainsi sur certains points , occasionne dans le tissu les 
tiraillements dont il vient d'étre question. 

16 septembre. — Pied A. On ne constate aucun allongement. La feuille 
c n'est pas encore fanée, tandis’ que les feuilles a, b, sont chiffonnées et amin- 
cies sur certaines places. — Pied B. Les deux feuilles sont molles, chiffonnées 
et parsemées de nombreuses taches claires. — Pied C. Le jeune rameau pro- 
venant du bourgeon terminal s'est développé et posséde encore une teinte vert 
pâle. Les deux feuilles anciennes sont panachées de jaune, mais on remarque 
que le tissu sur le bord des nervures est resté vert. 

18 septembre. — Pied A. Toutes les feuilles sont fanées et couvertes de 
taches transparentes. Les entre-nœuds supérieurs sont flétris ; les entre- 
nœuds inférieurs sont encore turgescents et d'un vert clair. Il en est de 
méme des stipules qui se trouvent à la base des feuilles. — Pied B. L'état 
est le même que celui du pied A. — Pied C. Les feuilles sont jaunes, sauf de 
chaque cóté des nervures. Le petit rameau formé par le bourgeon terminal, 
ainsi que les deux petites feuilles qu'il porte, est encore turgescent. — Fin 


de l'expérience. 


.. Un Haricot, dont les feuilles contenaient beaucoup d'amidon, fut mis à 
l'obscurité le 15 septembre, à six heures du soir. Le 18, à onze heures du 
matin, on ne retrouvait plus d'amidon que dans quelques stomates. 

J'ai constaté que des Pois et de jeunes Orges, après avoir été exposés pen- 
dant toute une journée à un soleil très-ardent qui avait rempli d'amidon le 
tissu de leurs feuilles, n'en contenaient presque plus à minuit et plus du tout 
le lendemain matin, Les feuilles d'un Begonia, au contraire, en renfermaient 


encore aprés la nuit. 
De l'examen de ces faits on peut tirer les conséquences suivantes : 


1» Les feuilles les plus âgées d'un végétal qu'on transporte à l'obscurité se 
décolorent et se fanent avant celles qui sont plus jeunes, Il en est de méme 


168 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


pour les diverses parties d'une méme feuille. Enfin, la chlorophylle disparaît 
en dernier lieu du parenchyme entourant les nervures. 

2° Les entre-nœuds se décolorent trés-lentement. Il peut méme arriver que, 
quand la plante dépérit aprés avoir épuisé tous ses matériaux nutritifs, les 
entre-nœuds soient encore verts. Quand les feuilles inférieures se sont des- 
séchées, les feuilles supérieures se fanent, puis les entre-nœuds supérieurs, 
et enfin les entre-nœuds inférieurs. La marche du dépérissement a donc lieu, 
pour les entre-nœuds, de haut en bas. 

3° Les stipules insérées sur les entre-nœuds, à la base des feuilles, se déco- 
lorent très-lentement. 

he Les bourgeons récemment formés gardent jusqu'au dernier moment 
leur turgescence. Si ces bourgeons étaient déjà visibles avant le transport de 
la plante à l'obscurité, les rameaux auxquels ils donneront naissance conser- 
veront une teinte vert pâle provenant de ce que, par l'agrandissement des 
cellules, les grains de chlorophylle se sont espacés. Mais ces grains s'altérent 
moins vite que ceux déposés dans des organes plus âgés. 

5° L'amidon disparaît trés-rapidement à l'obscurité. On en voit encore des 
grains dans les stomates et autour des nervures des feuilles, alors qu'il a émi- 
gré du parenchyme. 


2* Série d'expériences : Résumé d'observations faites sur la végétation 
à la lumière diffuse. — Les végétaux qui germent sous l'influence d'une lu- 
mière dont on diminue successivement l'intensité forment des entre-nœuds 
de plus eu plus développés ; en revanche, leurs feuilles présentent des limbes 
de dimensions toujours plus réduites. Ces organes ne pouvant, la plupart du 
temps, créer ni glycose ni amidon, les plantes dépérissent dés qu'elles ont 
épuisé la provision de matières nutritives dont elles pouvaient disposer. Ce 
dépérissement n'atteint les diverses parties du végétal que graduellement et dans 
un ordre déterminé. Ainsi les feuilles acquièrent rapidement leur teinte défi- . 
nitive, dont l'intensité varie avec celle de la lumière. Mais cette coloration 
ne tarde pas à pâlir, de sorte que, à la dernière période de l'existence de la 
plante, les feuilles supérieures sont encore vertes et contiennent de l'amidon 
dans leurs stomates, tandis que les inférieures sont jaunes et desséchées. Les 
entre-nœuds conservent trés-longtemps leur turgescence, les plus jeunes se 
flétrissant avant les plus âgés. L'extrémité des pétioles se fane avant leur base 
et les stipules ne dépérissent que trés-lentement. 

Il est à remarquer que des végétaux de méme espéce, germant à une lu- 
mière insuffisante pour créer des matières hydrocarbonées, toutes conditions 
semblables d'ailleurs, atteignent des dimensions presque égales et vivent à 
peu prés le méme temps : en un mot, leur croissance s'effectue avec. la plus 
grande uniformité, parce que la provision de matériaux nutritifs dont ils dis- 
posent est sensiblement la méme. Le 15 octobre, j'ai fait germer au fond d'une 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 169 


chambre trois Pois qui, à un ou deux jours près, ont vécu deux mois, aprés 
avoir formé quatre entre-nœuds et autant de feuilles. Ils avaient atteint des di- 
mensions presque identiques : 0,44 — 0,46 — 0,47. Si la croissance avait 
eu lieu pendant l'été, ils n'auraient guère vécu que trois semaines, à la condi- 
tion toutefois que la lumière diffuse eût été trop faible pour former de l'ami- 
don. L'exemple suivant prouve que la production de ce corps dépend parfois 
d'une faible différence dans l'intensité lumineuse. Pendant toute une journée 
du mois de juillet, oà le soleil avait constamment été caché par des nuages, 
j'exposai des Pois et des Orges en même temps sur un balcon et, à quel- 
ques pas de là, au milieu d'une chambre dont la fenétre restait ouverte. A la 
tombée de la nuit, les feuilles des plantes placées sur le balcon contenaient 
seules de l'amidon. 


3* Série d'expériences : Végétation à l'obscurité. — Les végétaux élevés 
à l'obscurité présentent à peu prés les mémes apparences que ceux qui ont crü 
à la lumière diffuse. Toutefois les feuilles âgées se fanent moins rapidement, 
parce qu'elles sont le siége d'une évaporation trés-lente. Les entre-nœuds y 
deviennent plus longs; les limbes des feuilles et les vrilles des Pois y acquièrent 
des dimensions encore plus réduites : particularité qui, jointe à beaucoup 
d'autres, témoigne en faveur de la nature foliacée de ces derniers organes. 
Trois Pois ayant vécu à l'obscurité du 1% novembre au 12 janvier avaient 
atteint une longueur moyenne de 0,78, au lieu de celle de 0,45, acquise à la 
lumiere diffuse par ceux de la seconde série d'expériences ; mais, comme eux, 
ils avaient formé quatre entre-nœuds et quatre feuilles. Ayant fait germer 
des Pois pendant l'été, dans une obscürité complète, j'ai constaté qu'ils avaient 
atteint à peu prés les mémes dimensions, mais qu'ils avaient formé cinq 
entre-nœuds et qu'ils n'avaient vécu que trois semaines à un mois. On voit 
donc que, malgré la différence dans l'activité de la végétation, le rapport, entre 
la quantité de substance qui forme les tissus et celle qui est brûlée, reste à peu 
près le méme pendant l'hiver que pendant l'été. Seulement, dans cette der- 
niére saison, la graine est épuisée dans un temps bien plus court. 


Les trois premieres séries d'expériences précédentes permettent de tirer 
les conclusions suivantes : 

Une feuille qui a atteint son développement ne peut continuer à vivre qu'à 
la condition de former de l'amidon ou de la glycose, car les matières nu- 
tritives ne lui arrivent d'ailleurs (graines, bulbes ou autres feuilles) que 
quand elle est encore en voie de croissance.. Par suite, en soumettant cette 
feuille à une lumiere dont l'intensité est trop faible pour produire suffisamment 
de matériaux nutritifs, elle doit infailliblement périr, et d'autant plus vite que 
la température est plus élevée. L'amidon et la glycose disparaissent d'abord. 
Le grain de. chlorophylle se dégrade ensuite. Si la plante contient encore des 


170 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


substances nourricières, elles sont uniquement destinées à entretenir la végéta- 
tion des jeunes organes. L'expérience démontreen effet que, quand des feuilles 
élevées soit à la lumière diffuse, soit à l'obscurité, ont atteint le développement 
qu'elles ne sauraient dépasser dans ces milieux, la glycose cesse de leur arriver 
et les stomates perdent leur amidon. Quand donc on transporte à l'obscurité ou à 
la lumière diffuse une feuille ayant vécu jusqu'alors à la lumière directe et ayant 
dépassé le développement qu'elle aurait atteint dans ces milieux, sans cepen- 
dant étre parvenu à celui qu'elle aurait acquis à la lumiére directe, si elle y 
avait été maintenue, on comprend que son accroissement soit arrété et que, 
les matériaux nutritifs cessant de lui arriver, elle consomme ceux qu'elle a 
formés et ne tarde pas à se flétrir. Cela explique aussi que de jeunes bourgeons 
peuvent végéter à l'aisselle de feuilles fanées. 

On a vu que, si les feuilles basses se desséchaient avant les feuilles supé- 
rieures, les entre-nceuds suivaient une marche inverse. 

Il est facile d'en donner la raison: la solution glycosique, pour arriver 
aux entre-nœuds supérieurs vers lesquels elle est sans cesse attirée, doit par- 
courir les entre-nœuds inférieurs qu'elle alimente ainsi constamment. Mais, 
quand cette solution est épuisée, chaque partie du végétal ne peut plus 
vivre qu'aux dépens de ses propres tissus. Or les entre-nœuds supérieurs, 
étant plus jeunes et plus minces que les inférieurs, sont plus promptement 
vidés. Le bourgeon terminal, au contraire, dans lequel s'est concentré le reste 
des substances nutritives, survit et se développe méme encore un peu quand 
toute la plante est déjà flétrie. 

Les pétioles doivent également se dessécher avant la tige, car aprés que 
les limbes se sont fanés, ils ne sont plus parcourus par la solution glycosique. 
On comprend aussi que leur fanaison s'effectue de haut en bas, la partie in- 
férieure, en contact avec la tige, recevant encore par imbibition quelque peu 
de la solution sucrée qui traverse cette derniere. 

C'est pour la méme raison que les stipules conservent trés-longtemps leur 
turgescence el leur coloration. 

Enfin il est naturel que le parenchyme entourant les nervures des feuilles 
se maintienne plus longtemps vert que le reste du limbe, puisque c'est la 
voie suivie par les matiéres nutritives, soit qu'elles arrivent au limbe, soit 
qu'elles en partent. Si cette apparence est moins nette sur une feuille 
transportée de la lumière à l'obscurité que sur une feuille se fanant lentement 
à l'extérieur, c’est parce que, dans le premier cas, les grains de chlorophylle 
perdent tous en méme temps la faculté de créer des matières hydrocarbonées, 
tandis que, dans le second, ils ne perdent que peu à peu ce pouvoir et que 
la solution sucrée traverse plus longtemps les tissus conducteurs alimentés 
par elle. 

Quand on soustrait à l'action de la lumière des feuilles d'une assez grande 
surface, on constate que la décoloration se produit toujours du sommet à la 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 17 


base, dans le cas où leur développement est basipète (plantes bulbeuses) ; 
qu'au contraire elle s'effectue de la base au sommet, si ce développement est 
basifuge. Des faits semblables se passent à l'automne. Les feuilles d'Iris main- 
tenues pendant l'hiver en pleine terre ont toutes leur sommet jauni. 

Les feuilles de Begonia conservées dans les appartements à une chaleur 
insuffisante se fanent par les bords. Cela tient à ce que toutes ces feuilles, ne 
pouvant créer que de trop faibles quantités de matières hydrocarbonées, 
vivent principalement aux dépens de celles qui leur parviennent des bulbes ou 
des rhizomes. Or ces matières, venant elles-mêmes en quantité insuffisante 
pour alimenter la totalité du limbe, il arrive que les parties les plus éloignées 
du pétiole sont moins nourries que celles qui en sont plus proches. 

Les feuilles àgées d'un méme rameau jaunissent et tombent à l'automne 
avant les feuilles plus jeunes : celles qui appartiennent aux pousses du prin- 
temps sont déjà fanées alors que celles des pousses d'aoüt sont encore vertes. 

Des effets analogues se produisent par la dessiccation. Qu'on cesse d'arroser 
une plante, et l'on ne tardera pas à voir les feuilles inférieures jaunir les 
premières, en commençant par la portion du limbe la plus âgée. Il en est 
de méme des entre-nœuds : ceux qui sont inférieurs se flétrissent avant les 
autres, 

Le motif en est bien simple. On sait, par les expériences de M. Dehé- 
rain, que les jeunes feuilles ont un pouvoir d'évaporation bien supérieur à 
celui des feuilles plus âgées. Après que les racines auront soustrait à la terre 
toute l'eau qu'elles sont susceptibles de lui prendre, les entre-neeuds supé- 
rieurs l'enléveront à leur tour aux entre-nœuds inférieurs, qui ne tarderont pas 
alors à se dessécher. Cela est tellement vrai, que si l’on a supprimé aupara- 
vant le bourgeon terminal, les entre-nœuds supérieurs se dessèchent les pre- 
miers : n'attirant plus l'eau qui se trouvait dans les autres, étant d'ailleurs plus 
minces et d'un tissu moins consistant, ils doivent évidemment se flétrir plus 
facilement. 

J'ai obtenu des résultats semblables en inondant la terre dans laquelle plon- 
geaient les racines de diverses plantes. Les feuilles les plus âgées jaunissent 
bientôt et dépérissent. Cet effet est probablement dû à ce que les racines 
pourrissent et deviennent incapables d'absorber : elles se trouvent alors dans 
le méme cas que si elles étaient privées d'eau. 

Tous ces phénomènes de coloration et de décoloration s'expliquent par des 
faits de nutrition. Les tissus verts se décolorent et se flétrissent dès qu'ils ne sont 
plus alimentés. Aussi les feuilles grasses, contenant de grandes provisions 
de sucs nutritifs, perdent-elles difficilement leur teinte. J'ai conservé vertes, 
pendant tout un hiver, des boutures d'Aloés, faites au mois d'octobre et qui 
n'avaient pas encore émis de nouvelles racines. L'extrémité des feuilles était 
fanée, mais le reste du limbe s'était maintenu turgescent et renfermait une 
grande quantité de glycose. Quant aux feuilles dont les grains de chlorophylle 


472 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


possèdent de l'amidon, la disparition de ce corps, qui résulte d'un ralentisse- 
ment dans l'acte nutritif, n'entraine pas toujours la désagrégation de ces grains, 
et par suite la mort de la cellule (1). Il est impossible d'admettre que 
l'obscurité exerce sur le grain de chlorophylle une influence funeste ; on ne 
l'explique pas d'ailleurs en émettant cette hypothèse. Bien des faits le prou- 
vent : les grains de chlorophylle de plusieurs plantes (Fougères) ne disparaissant 
que trés-lentement à l'obscurité, il faudrait supposer des propriétés diverses 
dans les grains de chlorophylle. De plus, la matière verte des jeunes feuilles 
résiste bien plus longtemps que celle des feuilles âgées : après avoir maintenu 
pendant deux mois à l'obscurité des feuilles de Jacinthe munies de leurs bulbes 
et en voie de développement, j'ai constaté que leur extrémité restait verte 
pendant que leur base s'accroissant était blanche. 

Des feuilles de Jacinthe appartenant à des pieds qui avaient fleuri, dont les 
matériaux nutritifs étaient par conséquent à peu près épuisés, jaunissaient très- 
rapidement dans les mêmes conditions. Si l'on reconnaissait à l'obscurité ane 
influence fâcheuse sur la matière verte, on devrait supposer qu'un même 
végétal possède des grains de chlorophylle de diverses natures : les uns très- 
altérables à l'obscurité (les plus âgés), d'autres moins altérables (les plus 
jeunes). Or ce sont en général les grains d’un certain âge qui offrent la plus 
grande résistance aux causes ordinaires de destruction, le froid, la chaleur. - 

Une certaine portion de tige de Giroflée, entourée d'une étoffe noire, était 
à peine décolorée au bout d'un mois. 

J'ai déjà dit que les parties basses des tiges de Haricot, les nervures et les 
jeunes bourgeons conservaient très-longtemps leur teinte verte à l'obscurité. 

Partout où la nutrition est suffisante, le grain de chlorophylle est donc 
préservé. 

Est-ce à. dire que, méme dans ce cas, il soit immuable et ne se régénère 
pas, contrairement à ce que l'on admet pour toutes les particules des corps 
organisés qui se détruisent et se renouvellent sans cesse? Nullement ; mais il 
est hors de doute que certaines substances sont brülées plus rapidement que 
d'autres, et, dans les deux règnes, les matières hydrocarbonées sont de ce 
nombre. Les expériences précédentes prouvent seulement que, si les tissus 


(4) J'ai, en effet, trouvé beaucoup d'amidon, au mois de juillet, dans les feuilles de 
certaines plantes qui restent vertes pendant l'hiver (Buxus sempervirens, Hedera Heliz, 
Poa annua, Trifolium pratense, Taraxacum Dens-leonis, Achillea Millefolium, Taxus 
baccata, Thuia occidentalis). Pendant les mois de décembre et de janvier, je me suis as- 
suré que ces feuilles contiennent de la glycose, mais pas de matière amylacée. La dispa- 
rition de cette dernière n'a donc pas causé la désagrégation des grains de chlorophylle. 
Le dépérissement à l'automne des feuilles caduques doit ainsi étre attribué à leur ira- 
puissance pour former des matiéres hydrocarbonées, dans les conditions de température 
et de lumière qui leur sont départies, impuissance que ne partagent pas les feuilles 
persistantes, On voit de plus par là que, s'il y a formation de glycose et d'amidon quand 


les rayons solaires sont assez intenses, il y a seulement formation de glycose quand 
cette intensité a diminué. 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 173 


ont à leur disposition des produits amylacés et sucrés, les grains de chloro- 
phylle ne sont atteints que très-lentement (1). 

Une observation, due à M. Risse, met d'ailleurs en évidence la destruction 
incessante de la chlorophylle. Des plantes vigoureuses ayant été placées dans 
des solutions complétement privées de fer, on vit bientót des lignes d'un blanc 
jaunâtre apparaitre sur quelques-unes de ces feuilles. Quinze jours aprés, 
toutes étaient panachées. Ce fait ne peut s'expliquer que si les grains de chloro- 
phylle se sont décomposés et n'ont pu se reconstituer, faute de fer. 

En résumé, si la chlorophylle met plus de temps à disparaître d'un jeune 
organe que d'un organe plus âgé, cela tient à ce que le premier est traversé 
constamment par un courant de matières nutritives et que sa respiration 
S'effectue en partie à leurs dépens, tandis que, faute d'aliments suffisants, 
celle de l'organe âgé s'opere principalement au détriment de tous les maté- 
riaux qu'ii conuent : amidon, protoplasma, chlorophylle, etc. La désagré- 
gation du grain de chlorophylle est peut-être facilitée par celle de l'amidon, 
quand il en renferme ; mais la cause première réside toujours dans une insuf- 
fisance de nutrition. 

Ce phénomène est tout à fait du méme ordre que celui qui se passe dans 
les animaux privés de nourriture. Ils respirent aux dépens de leur substance, 
ce qui amène leur amaigrissement. 

Longtemps on a cru que cette consommation des tissus avait lieu seulement 
pendant l'abstinence, et que, dans l'état normal, les animaux entretenaient 
uniquement leur combustion aux dépens des aliments appelés, par ce motif, 
respiratoires. On est revenu de ces idées trop absolues, et maintenant on admet 
que, même l'état normal, la respiration s'effectue en partie au détriment des 


tissus. 


J'ai cherché à exposer uniquement les causes qui amènent la disparition 
prématurée du grain de chlorophylle; celles qui produisent la décoloration 
d'une feuille, parce qu’elle a atteint un certain âge, restent absolument incon- 
nues. On ignore pourquoi les feuilles de certaines Conifères se décolorent et 
meurent au bout de trois ou quatre ans, alors que celles des Araucaria peuvent 
vivre plus de dix ans. Quant aux feuilles des autres arbres des pays tempérés, 
il est évident que leur décoloration et leur chute à l'automne sont causées 
par les circonstances extériéures, diminution de chaleur et de lumière, 
comme le manque d'eau, pendant l'été, précipite souvent leur mort. 

Ceux de nos végétaux habitant des climats méridionaux, et surtout des climats 

. marins où n'existent pas de périodes de sécheresse qui en arrétant la 
végétation remplissent le róle de nos hivers, ne perdent pas toutes leurs 


(1) Les expériences de M. Boussingault sur la germination ont démontré que la com- 
bustion des jeunes plantes s'opére presque uniquement aux dépens des substances ter- 


naires. Les matières azotées restent à peu près intactes. 


175 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


feuilles à la fois, à une méme époque. A Madère, les feuilles de la Vigne tom- 
bent successivement : elles meurent, pour ainsi dire, de leur mort naturelle, 


he Série d'expériences: Végétaux transportés de l'obscurité à la lumiere. — 
Les pieds A et B, après avoir germé à l'obscurité, ont été soumis le 4 septembre 
1872 à la lumière directe. 


Pied A (Haricot). Pied B (Pois). 


5 septembre. — Pied A. Les folioles ccc sont déjà d'un vert pâle, Les feuilles 
dd sont encore complétement jaunes. Les entre-nœuds sont blancs. Les 
cotylédons aa, quoique fanés, restent adhérents à la tige.— Pied B. Les feuilles 
00, ainsi que les stipules nn, commencent à verdir, les autres sont toujours 
jaunes. Les entre-nœuds sont blancs. 

6 septembre. — Pied A. Le bourgeon terminal s’est développé et a formé 
une petite feuille verte. Les folioles cc sont d'un vert trés-foncé. Les feuilles 
dd ne verdissent pas encore, sauf à leur extrémité, de laquelle il avait été détaché, 
quinze jours auparavant, un petit fragment, pour y découvrir l'amidon ; on : 
remarque un liséré vert sur les bords des échancrures. Le dernier entre- 
nœud est verdâtre, depuis son sommet jusqu'au milieu de sa largeur. Le 
pétiole des folioles ccc est vert dans toute sa partie supérieure; cette teinte va 
diminuant d'intensité depuis l'extrémité. En recherchant l'amidon dans les 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 175 


feuilles dd, on en trouve seulement dans les stomates. — Pied B. Le bourgeon 
terminal p a formé deux stipules et une feuille composée de quatre folioles et 
d'une vrille. Toutes sont d'un vert foncé. Les stipules nn sont moins vertes que 
les folioles oo, lesquelles le sont moins à leur tour que les folioles formées par 
le développement du bourgeon p. Les stipules // sont plus vertes que les 
folioles mm, mais moins que les stipules nz. Les stipules i sont moins vertes 
que les folioles Xk, lesquelles sont moins vertes à leur tour que les folioles mm. 
De méme, les stipules gg sont moins vertes que les folioles ^4. Les stipules ÍF 
sont jaunes. Les deux entre-nœuds supérieurs sont d'un vert décroissant d'in- 
tensité depuis l'extrémité; les autres sont encore blancs. 

9 septembre, — Pied A. Un des cotylédons est tombé, l'autre est encore 
adhérent, mais complétement fané. Les feuilles dd verdissent principalement de 
chaque côté des nervures principales. On remarque en outre une teinte ver- 
dâtre, répandue sur toute leur surface, mais variant d'intensité par places. Cette 
teinte est plus intense sur le bord des échancrures dont il a été parlé plus 
haut. Les pétioles de ces feuilles verdissent à leur partie supérieure. A l'ais- 
selle de ces mêmes feuilles apparaissent deux bourgeons bien plus foncés que 
les entre-nœuds qui les avoisinent. Ces derniers sont d'un vert clair depuis 
le sommet jusqu’en aa; ceux situés plus bas sont encore blancs. En recher- 
chant l'amidon dans les feuilles, on n'en trouve que dans les stomates. — 
Pied B. L’entre-nœud terminal s’est allongé. On ne remarque plus de diffé- 
rence entre l'intensité de la teinte des feuilles qu'il porte, et celle des stipules 
nn, et des folioles oo. Les stipules //, les folioles mm, sont plus pâles que les 
folioles supérieures. Il en est de méme des feuilles situées plus bas. Les stipules 
i. sont. plus pâles que les folioles 44. Il en est de méme des stipules gg par 
rapport aux folioles AA. Enfin, les stipules ff sont encore jaunes, Les entre- 
nœuds sont d'un vert décroissant depuis le sommet jusqu'en /f. Ceux situés 
au-dessous sont toujours blancs. 

A4. septembre. — Pied A. La coloration des feuilles dd est irrégulière- 
ment panachée, plus foncée sur certains points que sur d'autres ; mais deux 
bandes plus vertes accompagnent les nervures, surtout les nervures principales. 
Les bourgeons qui se sont développés à l'aisselle de ces feuilles ont leurs 
petits rameaux bien plus verts que les parties d’entre-nœuds et de pétioles 
voisins. Ces pétioles sont maintenant recouverts d'une teinte vert pâle uni- 
forme. Les entre-nœuds, légèrement verts depuis le sommet jusqu'au 
point d'insertion des feuilles dd, sont moins colorés depuis là jusqu'au point 
d'insertion des cotylédons, enfin ils sont encore plus pâles sur le reste de la 
tige, — Pied B. Les stipules gg, ú et les folioles AA, kk sont d'un vert moins 
foncé que les stipules et les folioles supérieures. Les stipules ff sont légére- 
ment verdâtres. Quant aux entre-nœuds, leur couleur n'a pas varié. 

18 septembre. — Pied A. Les feuilles dd sont d'un vert clair uniforme, la 
teinte des rameaux qui sont nés à leur aisselle est plus foncée. Les entre-nœuds 


176 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sont revétus d'un vert pâle, uniforme, sauf dans la partie hypocotylée, encore 
plus pâle. — Pied B. La teinte des feuilles inférieures est un peu plus foncée, 
Les stipules ff sont d'un vert clair. La couleur des entre-nœuds n'a toujours 
pas varié. — Fin de l'expérience. 


De ces observations on peut tirer les remarques suivantes : 

Quand on transporte à la lumiére un végétal ayant commencé à croitre à . 
l'obscurité, les organes les plus jeunes verdissent en premier lieu. Une feuille 
en voie de développement peut acquérir une teinte verte trés-sensible en 
quelques heures, tandis qu'il faut souvent plusieurs jours à la chloropbylle, 
pour se manifester dans des feuilles complétement formées. Les entre-nœuds 
âgés prennent seulement une teinte fort pâle. 

La facilité avec laquelle verdissent les organes en voie de croissance est très- 
remarquable. Un jeune bourgeon de Haricot, recouvert d'une étofle noire dont 
la trame ne soit pas très-serrée, ne tarde pas à fournir des feuilles vertes. 
Les bourgeons qui naissent à l'aisselle des écailles d'un bulbe de Jacinthe se 
colorent, avant méme d'avoir écarté leurs enveloppes. De jeunes feuilles, 
se développant à une lumière diffuse peu intense, obtiennent trés-rapidement 
leur maximum de coloration. Les feuilles de certaines Conifères deviennent 
vertes en germant, méme à l'obscurité. 

Tous ces faits démontrent que le protoplasma des jeunes cellules possède, 
pour former la chlorophylle, une activité qui est loin de se retrouver dans le 
protoplasma des cellules plus àgées. C'est évidemment la cause par laquelle 
les feuilles, après avoir atteint leur développement, se décolorent si rapidement 
à la lumiere diffuse. Leur protoplasma, perdant de son activité, est incapable 
de former des grains de chlorophylle à une lumière peu intense, ainsi qu'il le 
faisait étant plus jeune. Mais pourquoi a-t-il perdu son activité, si ce n'est parce 
qu'il est l'objet d'une nutrition beaucoup moins abondante? On se retrouve donc 
toujours en présence de l'acte nutritif, quand on recherche la cause directe de 
ces phénomènes, Cela est si vrai que, dans une feuille entièrement développée 
et transportée de l'obscurité à la lumiere, ce sont les tissus environnant les 
nervures, les bords des déchirures, toutes les parties en un mot où affluent en 
plus grande abondance les liquides nourriciers, qui se colorent en premier 
lieu (1). Puisque la matière amylacée est due à la chlorophylle, il lui faut un 
certain temps pour se produire ; si le végétal a épuisé auparavant ses matières 
nutritives, il commence à verdir, mais se flétrit bientôt. 

IL n'en est pas de méme quand il est déjà vert : au bout de quarante-huit 

(4) L'observation montre que le transport de matières nutritives s'effectue par 
les faisceaux et le parenchyme entourant leur gaine. Dans leur masse, on apercoit 
très-souvent de nombreux cristaux rectangulaires, alignés en file et qu'une goutte d'acide 
fait disparaitre. Ces cristaux proviennent évidemment de la concentration des solutions 


salines charriées par les vaisseaux. Enfin, c'est dans le tissu environnant qu'on remarque de 
l'amidon, alors qu'il n'y en a pas encore ou qu'il n'y en a plus dans le reste du limbe. 


SÉANCE DU 48 Juin 1873. 177 


lieures d'obscurité, dés Pois et des Orges ne contenaieht plus trace d'amidon, 
une certaine décoloration commencait méme à se manifester sur plusieurs 
points; je les exposai à un soleil très:vif. A la fin de la journée, le tissu de leurs 
feuilles était rempli d'amidon; probablement méme ce corps y avait déjà fait 
son apparition aprés quelques heures. 


De l'emploi des réactifs propres à déceler la présence de l'amidon et de la glycose 
dans les tissus, 


Quand on veut découvrir les grains d'amidon dans les tiges, pétioles, graines, 
bulbes, etc. , l'usage de l'iode suffit. Il n'en est pas de méme pour ceux ren- 
fermés dans les feuilles. La matière colorante du grain de chlorophylle et sa 
partie azotée enlévent beaucoup de netteté à la réaction de l'iode sur l'amidon. 
Aussi faut-il au préalable dissoudre ces deux principes, accompagnés en outre 
d'une substance grasse. Je me sers, dans ce but, du procédé indiqué par 
M. Sachs, en le modifiant légèrement. 

Sur la feuille à examiner, je découpe des sections transversales trés-minces 
et je les plonge dans l'alcool jusqu'à la décoloration complete; cet effet se pro- 
duit plus ou moins rapidement, suivant le degré d'épaisseur des sections, l'espéce 
sur laquelle on opere et l'àge de la feuille. M. Sachs ne pratique les sections 
qu'aprés le traitement par l'alcool, mais alors il faut plus de temps à la matière 
verte pour se dissoudre. A la suite d'un court lavage à l'eau des sections décolo- 
rées, je les fais macérer plusieurs heures dans une solution sirupeuse de potasse, 
étendue de son volume d'eau, afin d'enlever la partie albuminoide des grains de 
chlorophylle. Aprés un nouveau lavage à l'eau, puis à l'acide acétique (1), les 
préparations sont placées sous le microscope, avec addition d'une goutte de 
solution iodée. Je me sers d'une solution aqueuse d'iode, au lieu de la solution 
d'iode dans la glycérine, recommandée par M. Sachs et dont l'emploi n'est 
pas commode. 

Ce procédé réclame quelques précautions que je vais indiquer. 

La solution d'iode produit une coloration jaune chamois sur la cellulose qui 
entre dans la constitution des éléments anatomiques; mais, quand cette cellu- 
lose a été exposée pendant un temps assez prolongé à l’action de la potasse, 
elle subit parfois un commencement de désagrégation et se colore par l'iode 
en bleu violacé : ce qui pourrait faire croire à la présence de l'amidon. Voilà 
pourquoi il est indispensable que le traitement par la potasse dure seulement 
quelques heures; il doit étre suffisant pour dissoudre les matières azotées du 
grain de chlorophylle, insuffisant pour désagréger la cellulose. Quelques essais 


(4) L'acide acétique, dissolvant les petits granules et cristaux salins, rend la prépara- 
tion bien plus nette. Il serait méme bon de traiter ensuite par l'éther, afin d'enlever les 
glebules graisseux parfois considérables (Cycas, Hordeum sativum). Les grains d'amidon 
restent alors seuls et sont souvent discernables sans l'emploi de l'iode. 

T. XX. (SÉANCES) 12 


178 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sont donc nécessaires. En tout cas, on doit ne jamais conclure à la présence 
de l'amidon par la teinte plus ou moins bleuâtre que l'iode communique à 
un tissu soumis auparavant à l'action de la potasse. 

Pour acquérir toute certitude à cet égard, il faut distinguer les granules 
amylacés , bien plus petits dans les feuilles que dans les tissus de réserve. 
D'un autre cóté, l'emploi prolongé de la potasse a pour résultat de désagréger 
partiellement les grains d'amidon, de les gonfler et de leur faire perdre leur 
forme et leur position caractéristiques. 

Une autre précaution à prendre est de se servir d'une solution assez faible 
d'iode; aprés le traitement par la potasse, une solution d'iode presque incolore 
suffit souvent à bleuir les grains d'amidon et n'a aucun effet sur la cellulose 
méme désagrégée, tandis qu'une solution plus forte colore cette derniére. 

Dans quelques tissus la cellulose se désagrége par la potasse plus facilement 
que dans d'autres. Ilen est ainsi de certains épidermes et de la gaine des 
faisceaux. Si l'on détache un lambeau d'épiderme d'une feuille de Chou ou 
de Laitue et qu'on le fasse bouillir quelques instants dans une solution 
concentrée de potasse, il se colore en bleu par l'iode : l'épiderme recouvrant 
les nervures est méme plus altérable que celui du parenchyme. Les 
épidermes très-épais, comme celui des Cycas, ne se désagrégent pas par la 
potasse. Il en est de méme de la moelle de Sureau; cependant, après plusieurs 
jours de macération dans la solution alcaline, l'iode lui communique une 
couleur verdâtre due à la combinaison des couleurs jaune et bleue, indice 
d'une faible altération. ; 

Une solution d'iode trop concentrée donne à la préparation une teinte si in- 
tense qu'il devient impossible d'y rien distinguer; elle n'est pas perdue pour 
cela : il suffit de la tremper un instant dans le bain alcalin qui enlève l'iode, 
de la laver ensuite et de la soumettre à une solution iodée plus faible. 

La gaine des faisceaux se colore aussi trés-faiblement en bleu avec le trai- 
tement par la potasse, et l'on peut d'autant plus facilement étre induit en 
erreur, qu'on rencontre le plus souvent la matière amylacée dans les environs 
de ce tissu. Aussi, je le répète, bien que l'amidon, sous l'influence prolongée 
de la potasse, et aprés l'action de l'iode, ne se montre plus que sous la forme 
de nuages bleus, comme la cellulose soumise au méme traitement offre parfois 
un aspect analogue, ne doit-on conclure à la présence de l'amidon qu'à la vue 
des grains, 

Je ne connais pas de procédé microchimique pour déceler la glycose dans 
le tissu des feuilles, Ces organes contiennent presque toujours du tannin, qui a 
la propriété de réduire le réactif de Barreswil; et, comme il est indispensable 
de s'en débarrasser avant de rechercher le sucre, il faut employer une quantité 
relativement assez grande de matière foliacée. 

On opère alors de la manière suivante : 

On broie les feuilles dans un mortier, on les jette sur un filtre et on lave 


SÉANCE DU 43 JUIN 1873. 179 


à plusieurs reprises. On chauffe à l'ébullition le liquide recueilli qui contient 
tout le sucre des feuilles. L'albumine se coagule et entraine avec elle la chloro- 
phylle. On filtre de nouveau, on traite ensuite par le sous-acétate de plomb 
qui précipite le tannin, et l'on enlève l'exc?s de sel de plomb par du carbonate 
de soude. Les sels de soude restent dans la liqueur, mais ils ne génent nulle- 
ment la recherche du sucre. Alors seulement on doit se servir du réactif de 
Barreswil. 

Quand, au lieu d’une simple recherche, il s’agit de faire un dosage de la 
glvcose, on pèse les feuilles employées et l'on se sert d'un réactif titré et de la 
burette de Mohr. En outre, il y a une précaution indispensable à prendre 
pour ne pas s'exposer à une erreur très-appréciable : suivant l'habitude, 
on fait tomber goutte à goutte de la burette la liqueur sucrée dans un ballon 
contenant le réactif cuivrique maintenu constamment à l'ébullition, ou s'ar- 
rête après avoir obtenu une décoloration complète. Or, après le refroidisse- 
ment, une teinte bleue très-faible apparait, probablement parce qu'une 
partie de l'oxydule de cuivre précipité s'oxyde et passe à l'état de sel. Alors 
si, au lieu de chauffer d'une maniere continue, on laisse le liquide se refroidir 
dans le courant de l'opération, on est exposé à introduire plus de liqueur sucrée 
qu'il n'est nécessaire, et le dosage indique une quantité de glycose trop faible. 


(La suite à la prochaine séance.) 


M. Prillieux demande à M. Mer de vouloir bien faire connaitre 
quelle est son opinion sur la formation de l'amidon. 


M. Mer répond que le point important qu'il a cherché à constater 
était qu'il y avait d'abord formation de glycose avant l'apparition 
de l'amidon. Il ajoute que, sur ce sujet, ses propres recherches ont 
été confirmatives des résultats obtenus par M. Dehérain, et que du 
reste c'est à tort que l'on croirait trouver de l'amidon dans la 
chlorophylle de toutes les plantes. Ainsi les feuilles de Graminées, 
de Buis, de Lierre, de Coniféres, ne renferment pas d'amidon du- 
rant l'hiver. M. Mer n'en a méme pas trouvé au mois de juillet dans 
des feuilles de Cycas et de Latania exposées à un soleil ardent. Il 
a de plus remarqué que des plantes, maintenues à une lumière dif- 
fuse assez intense, pouvaient vivre et se développer pendant plu- 
sieurs mois, sans que jamais on püt constater de l'amidon dans 
leurs feuilles : on n'y trouvait que de la glycose. 


M. Prillieux dit que la présence de la glycose, dans des feuilles 
déjà développées ou en voie de développement, ne lui semble pas 


t 


prouver qu'elle soit antérieure à l'amidon. Pour résoudre ce pro- 


180 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


bléme, il eroit qu'il serait nécessaire d'étudier ces formations tout 
d'abord sur des Algues unicellulaires. 

M. Mer fait connaitre que, d'aprés ses recherches, il a constaté 
qu'en général au printemps il y avait formation d'une grande 
quantité de glycose dans les jeunes feuilles; ce n'est que plus tard, 
au début de l'été, qu'on y rencontre généralement de l'amidon. 
Parfois méme, un peu avant la formation de ce corps, on trouve 
dans les feuilles des Graminées du sucre de canne. 

A propos de l'expérience faite par M. Mer, dans laquelle les 
bourgeons restaient fermes et turgescents dans l'aisselle des feuilles 
et à l'extrémité des rameaux qui s'étaient fanés par suite de leur 
transport dans l'obscurité, M. Prillieux rappelle les résultats d'une 
expérience qu'il a faite et qui lui semble assez curieuse. Si l'on 
suspend par son milieu, sous une cloche humide, un jeune rameau 
déjà à peu prés fané, le sommet de ce rameau acquiert peu à peu 
de la fermeté, se recourbe, se redresse au bout de quelque temps, 
tandis que la base reste immobile et dans le même état. 


M. Roze dit qu'il croit pouvoir donner une explication de ce 
phénoméne, en tenant compte de la propriété si remarquable du 
protoplasma des jeunes tissus, d'absorber l'humidité. Cette pro- 
priété serait assez grande, dans l'expérience de M. Prillieux, pour 
lui permettre dé concentrer en lui toute l'humidité des tissus basi- 
laires. Revenant à l'opinion exprimée par M. Mer, M. Roze lui 
demande quel lui paraît être l'agent de formation de la glycose qui 
précéderait l'amidon. 


M. Mer répond que la glycose est le résultat de la décomposition 
de l'acide carbonique par la chlorophylle. On en a une preuve dans 
le fait suivant. Si l'on fait végéter à l'obscurité une plante jusqu'à 
cé qu'elle ait à peu prés épuisé ses matériaux nutritifs, on constate 
que, à ce moment, elle ne renferme presque plus de glycose; mais 
si on la transporte à la lumiére, la matiére verte se développe et 
le sucre apparait. D'ailleurs toutes les conditions de chaleur et de 
lumiére indispensables ou favorables à la décomposition de l'acide 


zarbonique par les feuilles, sont aussi celles qui sont indispensables 
ou favorables à la formation de la glycose. 


M. Roze émet l'opinion que l'agent de formation de la glycose 


serait peut-être plutôt le protoplasma. Il résume, à l'appui de cette 
opinion, des observations qu'il a faites, sur la genèse des jeunes 


SÉANCE DU 13 JUIN 1873. 181 


cellules: des feuilles du Funaria hygrometrica : Ye protoplasma, 
d'abord presque incolore, qui remplit complétement la jeune cel- 
lule, se creuse çà et là de vacuoles qui se remplissent d'un liquide 
contenant de rares petits granules; puis ce protoplasma jaunit peu 
à peu; une teinte d'un jaune. verdátre lui succéde dans. certaines 
parties, et presque immédiatement les grains de chlorophylle se 
forment. Or l'amidon apparait trés-rapidement dans ces grains. Si 
done, pour expliquer l'opinion de M. Mer, le liquide des vacuoles 
était véritablement de la glycose, le protoplasma seul aurait pu le 
former. 

M. Mer répond que l'expérience dont il vient de parler prouve 
que la glycose se forme aprés la chlorophylle, laquelle n'est du reste 
que du protoplasma coloré. Si ce corps était produit par du 
protoplasma incolore, la lumière ne serait pas indispensable à sa 
création, et une plante pourrait produire de la glycose à l'obscurité 
et continuer à y vivre méme aprés l'épuisément de sa graine : ce 
qui n'a pas lieu. 

M. de Seynes fait remarquer qu'il serait utile, pour s'assurer que 
la chlorophylle n'est pas indispensable à la formation de la glycose, 
de faire des expériences sur des plantes privées de chlorophylle, 
d'autant que l’on sait que les Champignons contiennent eux-mêmes 
de la glycose. 

M. Mer dit que les Champignons doivent être écartés de la ques- 
lion, puisque les détritus du sol desquels ils tirent leur nourriture 
contiennent souvent de la glycose. D'ailleurs leur organisation est 
tellement différente de celle des autres végétaux, que, méme sans 
absorber directement de la glycose, ils pourraient en former dans 
leurs tissus aux dépens des matiéres organiques dans lesquelles ils 
vivent. Mais, pour bien mettre en évidence la création de glycose 
par la chlorophylle, il faut opérer sur des végétaux qui ne puissent 
plus les puiser ni dans leurs graines, ni dans leurs tissus : condition 
réalisée par l'expérience précitée. 

Lecture est donnée d'une communication adressée à la Société 
par M. le comte Jaubert, et intitulée : Introduction à l'inventaire 


des cultures de Trianon (1). 


à la demande de l'auteur, et avec l'autorisation de la Com- 


icati 
(4) Cette communication, (1873), pp. 49 


mission du Bulletin, a été insérée dans la Revue bibliographique, t. XX 
à 56. 


482 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Prillieux fait àla Société la communication suivante : 


SUR LA COLORATION ET LE VERDISSEMENT DU NEOTTIA NIDUS-AVIS, 
pr M. Éd. PRILLEEUX. 


Il y a trés-peu de végétaux phanérogames qui soient entièrement dépourvus 
de chlorophylle, et presque tous ceux qui sont ainsi constitués puisent les 
matériaux nécessaires à leur nutrition dans des plantes munies de feuilles 
vertes, sur lesquelles ils sont parasites. Le Neottia Nidus-avis est une plante de 
la famille des Orchidées qui fait à la régle générale une trés-singuliére excep- 
tion. Elle est uniformément colorée dans toutes ses parties, tiges, feuilles et 
fleurs, en brun clair, d'une nuance analogue à celle des feuilles mortes ; on 
n'y voit pas trace de couleur verte, et quand, à l'aide du microscope, on exa- 
mine le contenu des cellules, on n'y découvre pas de chlorophylle; cependant 
cette plante n'est pas parasite, et c'est en vain que divers observateurs ont 
cherché à constater l'adhérence de ses racines avec celles d'autres plantes. 

M. Wiesner a fait, dans ces derniers temps, une découverte fort inattendue, 
qui a paru jeter un jour tout nouveau sur. ce sujet. Plongeant dans l'alcool 
des échantillons vivants de /Veottia Nidus-avis qu'il voulait conserver, il les vit 
se colorer en vert, puis la couleur verte se dissoudre dans l'alcool. De ce fait 
fort curieux, il a conclu que l'exception que le Neottia semble faire à la loi 
générale n'est qu'apparente, et que la plante brune contient en réalité de 
la chlorophylle qui, bien que masquée, n'en joue pas moins le méme róle que 
la chlorophylle apparente des feuilles vertes. 

J'ai cru utile de soumettre la question à un nouvel examen et de chercher 
à trancher par des expériences directes la question de savoir si le Neottia Nidus- 
avis réduit, comme les plantes vertes, l'acide carbonique sous l'influence de la 
lumière. En outre, j'ai été naturellement conduit à examiner en détail la struc- 
ture et le mode de formation de la matière colorante brune que contient la 
plante vivante, et cette étude m'a fait connaitre quelques faits nouveaux. 

Quand on examine au microscope une des pièces de la fleur du Neottia 
Nidus-avis, on voit que la coloration brune de ces organes est due à de nom- 
breux corpuscules bruns, trés-petits et généralement trés-allongés, qui sont 
répandus sans ordre manifeste dans les cellules, ou y sont groupés autour du 
nucleus dont ils couvrent presque entièrement la surface. Ces corps allongés 
n'ont guère plus de 10 à 15 millièmes de millimètre dans leur plus grande 
longueur. On en trouve de semblables dans les autres parties de la plante qui 
toutes sont de méme colorées en brun. 

Quand on les observe avec un grossissement suffisant, on reconnait qu'ils 
ont une forme cristalline, que ce sont de petites paillettes le plus souvent 
triangulaires, ayant des angles plus ou moins aigus et souvent accolés deux 
à deux de facon à présenter un angle rentrant, ou bien à former une paillette 


SÉANCE DU 13 Jurn 1873. 183 


quadrangulaire allongée ou une sorte d'aiguille, quand la largeur en est très- 
petite par rapport à la longueur. Ces corps cristallins sont de nature protéique; 
ils sont analogues aux cristalloides qui ont été maintes fois observés et décrits 
dans les graines. Ces cristaux protéiques offrent dans leur forme cristalline 
cette particularité que leurs angles sont variables ; ces corps sont capables de 
se gonfler plus ou moins selon la composition du liquide où ils sont plongés, et 
par suite leurs angles se montrent tantót plus, tantót moins aigus, et leurs faces 
plus ou moins réguliérement planes. Ces cristalloides perdent leur forme cris- 
talline aussitôt que la cellule qui les contient est altérée et que le liquide qui 
les baigne perd sa composition normale. Si l'on examine une cellule qui pendant 
la préparation a été ouverte et où l'eau pénètre, on voit à la place des cristal- 
loides de petites masses à peu prés rondes et finement granuleuses : l'eau 
extérieure a pénétré dans le cristalloide, l'a gonflé et a en partie changé sa 
structure intime. Beaucoup de corps ont la propriété, en agissant énergique- 
ment sur les cellules, non-seulement de déformer ainsi les cristalloides, mais 
d'altérer d'une facon très-remarquable la constitution de la substance dont ils 
sont composés, et de les colorer en vert. C'est à cette modification des cristaux 
proiéiques bruns qu'est due l'apparition de la couleur verte observée par 
M. Wiesner, sur les plantes plongées dans l'alcool ; mais M. Wiesner a attribué 
à tort aux seuls dissolvants de la chlorophylle, tels que l'éther, l'alcool, la 
benzine, etc., la propriété de faire apparaitre la couleur verte dans le Neottia 
Nidus-avis ; les acides, tels que l'acide chlorhydrique, l'acide sulfurique, les 
alcalis, comme la potasse, la possèdent également; qui plus est, ce ne sont 
pas seulement des corps dont les propriétés chimiques sont ainsi fort diverses 
qui agissent de cette facon : la chaleur a un effet identique sur les cristal- 
loides, elle les déforme et les colore en vert instantanément. Quand on plonge 
une tige de Neottia Nidus-avis dans l'eau bouillante, on le voit verdir immé- 
diatement. 

Ces divers agents produisent deux effets qui ne sont pas toujours absolument 
simultanés : d'une part, le gonflement des cristaux protéiques et leur transforma- 
tion en petites masses globuleuses, de l'autre la coloration en vert. En traitant 
par l'alcool des cristalloides à formes bien arrétées et pris sur des fleurs un 
peu avancées, j'ai vu plusieurs fois la coloration en vert des cristaux précéder 
leur déformation ; au contraire, si sur une préparation on ajoute un peu de 
potasse, on voit les cristalloides se gonfler les uns aprés les autres et devenir 
globuleux sans cesser d'étre bruns, à mesure que l'action de la liqueur alcaline 
s'étend ; ce n’est qu'au bout d'un certain temps que la coloration en vert se 
manifeste. De méme, tandis que l'action de la chaleur déforme les cristal- 
loides et les verdit à l'instant méme, l'action de la gelée les déforme sans faire 
apparaître immédiatement la couleur verte. 

Quand l'agent qui produit la coloration en vert est un dissolvant de la chlo- 
rophylle, ou lorsque la plante verdie par une autre cause, par la chaleur par 


/ 


184 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


exemple, est plongée dans un dissolvant de la chlorophylle, on voit la liqueur 
se colorer en vert, et l'on peut aisément constater les propriétés optiques si 
caractéristiques de la chlorophylle. Non-seulement j'y ai fait apparaitre trés- 
nettement une lumière de fluorescence d'un beau rouge, en projetant sur la 
surface de la solution un pinceau de lumière solaire concentrée à l'aide d'une 
loupe, mais j'ai pu y observer à l'aide du spectroscope les principales bandes 
d'absorption du spectre de chlorophylle (bandes I, 11 et 1v) à la place et avec 
l'intensité qu'elles présentaient dans une solution de chlorophylle extraite de 
feuilles d'Épinard, que j'observais parallèlement. Il n'y a donc pas à douter 
que c'est bien à de la chlorophylle qu'est due la coloration en vert du Neottia 
Nidus-avis. 

Quand on examine la fleur à divers âges depuis le bouton, on peut suivre le 
mode de formation des cristalloïdes bruns. Dans le jeune bouton, les cellules 
ne contiennent que de l'amidon en grains le plus souvent agglomérés ; dans 
un bouton plus gros, vers le moment de l'épanouissement, on voit les grains 
simples ou composés de fécule couverts d'un revétement d'un brun clair; puis, 
cette matière brunâtre augmente d'épaisseur en certains points, se faconne 
en angles saillants, et l'on voit se former ainsi le cristalloide autour d'un noyau 
de fécule. A mesure que l'épaisseur de la matière brunâtre augmente et 
qu'elle prend la forme de cristal, l'amidon contenu dans son intérieur dimi- 
nue progressivement, et dans les cristalloides que contiennent les fleurs un 
peu avancées, on n'en trouve, le plus souvent, plus de trace. 

Ainsi la matière protéique qui forme le cristalloide parait produite aux 
dépens des grains de fécule qu'elle enveloppe et qui diminuent à mesure 
qu'elle augmente ; les petits grains d'amidon que l'on rencontre dans les cris- 
talloides bien formés ne sont en aucune facon analogues à ceux qui se pro- 
duisent à l'intérieur des grains de chlorophvlle sous l'action de la lumière. Les 
riches dépóts d'amidon précédent l'apparition des cristalloides et s'épuisent 
pendant leur formation. — Ces faits paraissent peu favorables à la supposition 
que ces corps contiennent de la chlorophylle, puisque la fécule qu'on y observe 
ne s’y produit pas comme dans les grains de chlorophylle sous l'influence de. 
la lumiére. En outre, il parait difficile d'admettre, sans preuve certaine, qu'une 
substance qui exerce dans les phénomènes vitaux un rôle aussi actif, aussi 
important que la chlorophylle, se présente sous forme cristalline ; cela est peu 
d'accord avec ce qu'on sait jusqu'ici des cristaux protéiques que l'on observe 
dans les graines où ils forment des réserves de matière assimilable. 

Toutefois la coloration en vert de la substance qui forme les cristalloides et 
l'apparition de la chlorophylle sont un fait absolument certain ; le seul point 
douteux est de savoir si la chlorophylle préexiste dans le cristalloide coloré en 
brun que contient la plante vivante, 

Dans les Algues qui ne sont pas vertes, dans les Floridées, par exemple, qui 
sont colorées en rouge, il est naturel d'admettre que la chlorophylle, dont la 


SÉANCE DU 18 Jurn 1873. 185 


présence ne peut se manifester qu’à la mort de la plante, existe en réalité 
dans les granules rouges que l’on observe, et qu'elle est seulement masquée 
par un pigment rouge, car on constate dans la plante vivante l’action physio- 
logique de la chlorophylle, et l'on voit l'Algue ronge réduire sous l'influence 
de la lumière solaire l'acide carbonique, et dégager de l'oxvgéne aussi bien 
qu'une Algue verte. 

J'ai pensé que l'expérience directe permettrait de reconnaitre de méme 
la présence de la chlorophylle dans le Neottia Nidus-avis, si elle existe réelle- 
ment daus le végétal vivant. 

Pour cela, j'ai mis des pieds en fleur sous des éprouvettes dans de l'eau 
chargée d'acide carbonique et je les ai laissés exposés au jour, au soleil quand 
il se montrait, de huit heures du matin à cinq heures du soir. Les plantes ne 
paraissaient pas souffrir ; des boutons s'épanouissaient dans l'eau, et à la fin de 
l'expérience la fleur exhalait encore son odeur ordinaire. J'ai répété cette 
expérience plus de dix fois cette année, au Muséum, dans le laboratoire de 
M. Decaisne, d'abord, il est vrai, par un temps presque constamment couvert, 
mais à trois reprises sous un ciel sans nuage, toujours avec le méme 
insuccès ; jamais il ne m'a été possible de constater le plus faible dégagement 
d'oxygène. 

Les conclusions qu'il paraît naturel de tirer de cette expérience sont que 
la chlorophylle n'existe pas dans le Neottia Nidus-avis vivant ; que, lorsque 
le cristalloide s'altére et verdit, c'est parce que sa substance se transforme en 
chlorophylle, et non qu'une matière étrangère mêlée à la chlorophylle se détruit 
et Jaisse apparaître cette dernière. Toutefois il ne me parait pas possible de 
regarder une pareille expérience comme absolument décisive, en ce qui touche 
le point intéressant qui nous occupe. Il ne faut pas oublier, en effet, que dans 
un végétal vert vivant, deux phénomènes inverses se produisent. D'une part, 
la matière verte réduit l'acide carbonique, sous l'action de la lumière, et 
dégage de l'oxygene ; d'autre part, la respiration proprement dite, qui est in- 
dispensable aux végétaux aussi bien qu'aux animaux, consomme de l'oxygène. 
Si dans notre plante la chlorophylle existe réellement, mais en faible propor- 
tion, il n'est pas impossible qu'elle produise véritablement de l'oxygéne, bien 
qu'elle n'en dégage pas, et que cet oxygène soit employé à mesure qu'il se 
forme pour subvenir aux besoins de la respiration de la plante. 

Quoi qu'il en soit, méme en admettant que la chlorophylle existe dans le 
Neottia Nidus-avis vivant et qu'elle y soit masquée seulement par une autre 
substance, on n'en est pas moins forcé de reconnaitre qu'elle ne joue pas un 
róle important dans la vie de la plante, et qu'il est absolument impossible de 
lui attribuer la formation des éléments de tous les tissus et de ce riche dépót 
d'amidon que contiennent les jeunes cellules, au moment du développement 
de la hampe florale. Nous devons donc admettre que ces plantes trouvent, dans 
les débris végétaux au milieu desquels elles poussent, des substances tout 


186 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

organisées qu'elles peuvent s'assimiler, et qu'ainsi elles vivent aux dépens 
d’autres végétaux, non pas vivants, il est vrai, comme font les parasites, mais 
morts, à la façon des Champignons que l’on nomme Saprophytes. 


À propos des expériences de M. Prillieux, tendantes à prouver que 
les cristalloides bruns du Neottia Nidus-avis, qui, traités par la po- 
tasse ou l'alcool, se contractent en masses irréguliérement sphéri- 
ques, verdissent et présentent toutes les propriétés optiques de la 
chlorophylle, ne paraissent pas néanmoins à l'action de la lumiére 
solaire décomposer l'acide carbonique ou dégager de l'oxygéne, 
M. Mer fait remarquer que certains vorlicelliens ou stentors, qui 
contiennent des grains de chlorophylle, offrent des phénoménes 
tout aussi contradictoires, en ce que tantót ils dégagent sous cloche 
de l'oxygéne, et tantót n'en dégagent pas. 

M. Prillieux dit qu'il croit que la chlorophylle, si elle existe dans 
les cristalloides, y est du moins en trop faible quantilé pour jouer 
dans la vie de la plante un róle important. 

M. Roze demande à M. Prillieux si les cristalloides bruns des 
cellules du Neottia Nidus-avis qu'il a vus se former autour ou aux 
dépens des grains d'amidon contenus dans ces cellules, ne lui 
paraîtraient pas devoir être de composition aleurique. ll lui de- 
mande aussi s'ils en ont l'apparence granuleuse. 

M. Prillieux dit qu'il considére ces cristalloides comme étant de 
nature protéique; ils lui ont paru presque transparents et ne lui 
ont pas offert de granulations perceptibles. - 


M. Roze, secrétaire, annonce que M. de Schænefeld, malgré son 
éloignement de Paris, vient de faire, en vue de la prochaine session 
extraordinaire, toutes les démarches nécessaires auprès des Compa- 
gnies francaises de chemins de fer, et qu'il a obtenu, comme les 
années précédentes, la réduction de 50 pour 100, en faveur des 
membres de la Société, sur les six grands réseaux francais. Il ajoute 
que M. de Schenefeld reviendra à Paris dés les premiers jours de 
juillet, dans le but essentiel de donner personnellement à MM. les 
Chefs d'exploitation (comme ille fait chaque année) les indications 
indispensables pour faciliter à ses confréres leurs voyages d'aller 
et de retour à prix réduit. 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873, 187 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la der- 
niére séance, dont la rédaction est adoptée. 

A propos du Puccinia Malvacearum, que M. Cornu a fait con- 
naître dans la dernière séance, M. Roze annonce à la Société que 
cet entophyte a été trouvé le 22 juin dernier, sur le Malwa silvestris, 
dans une excursion qu'il a faite avec MM. Paul Petit et Larcher. 

Par suite de la fixation au 15 juillet de l'ouverture de la session 
extraordinaire, la Société décide la suppression de la séance, à 
Paris, du 25 juillet prochain. 

M. Eug. Fournier donne lecture à la Société de documents nou- 
veaux relatifs à la session extraordinaire, et lui annonce que, gráce 
à l'intervention de M. Du Mortier, une réduction de 50 pour 100 
est accordée aussi aux membres de la Société, sur le tarif des che- 
mins de fer belges. 

M. le Président proclame membre de la Société, par suite de la 
présentation faite dans la derniére séance : 


M. Micueur (Marc), au Crest-Jussy, prés Genève (Suisse), pré- 
senté par MM. Bureau et Max. Cornu. 


M. le Président annonce en outre trois nouvelles présentations. 
Lecture est donnée de la communication suivante, adressée à la 
Société : 


DISCUSSION DE QUELQUES POINTS DE GLOSSOLOGIE BOTANIQUE (suite) (4), 
; pr ME. D. CLOS. 


REPANDUS et SINUATUS. Je constate dans les auteurs la plus grande diver- 
gence, quant à la définition et à l'application de ces deux épithètes, ainsi qu'à 
la traduction francaise du premier (2). 

Linné écrit : repandum (folium) cujus margo angulis eisque interjectis 
sinubus circuli segmento inscriptis terminatur ; s’nuatum a lateribus sinubus 


dilatatis. 


(1) Voyez le Bulletin, t. XVIII (Séances), p. 96. e 
(2) De Candolle, dans sa Théorie élémentaire, conservant au mot repandus sa signi- 
fication latine recourbé, l'applique d'une part à l'aspect de la surface des organes, de 


l'autre à leur direction. 


188 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Willdenow (Grundriss der Kræuterkunde) admet des définitions analogues, 
et, à l'exemple de Linné, il rapporte chacun de ces termes à deux divisions 
différentes : la première relative au bord (Rand), la seconde au pourtour 
(Umfang). 

M. Asa Gray n'établit qu'une légère différence entre ces deux termes (rst 
Lessons in Botany, p. 62), tandis que la plupart des auteurs appliquent le mot 
sinué à l'appendice dont les bords offrent des découpures arrondies ou émous- 
sées, séparées par .des sinus de méme nature et ne s'étendant pas au delà du 
milieu de la moitié de l'organe. 

Willdenow cite comme exemple de folium repandum le Sida hederæfolia, 
Bischoff l’ A;uga reptans ; et le premier de ces auteurs, comme folium sinua- 
tum, le Quercus Robur, auquel on donne parfois des feuilles lobées. 

M. Germain de Saint-Pierre,dans son Nouveau Dictionnaire de botanique, 
écrit : « Repandus, dont les bords sont ondulés ou sinués, p. 1158 », et « Sinué, 
dont les bords décrivent des sinuosités », p. 1217; d’où je conclus que les mots 
folium repandum, folium sinuatum, sont synonymes aux yeux de ce botaniste. 
Et cependant Linné, Willdenow et les autres phytographes les ont, à bon droit, 
tenus pour distincts. La difficulté de traduire le terme repandum en français, 
me paraît donner la clé de cette confusion. En effet, De Candolle, Poiret (in 
Flore française et Encyclop. méthodique) et Mutel traduisent par « sinué » le 
mot repandum de l Erysimum repandum, du Sisymbrium repandum, mais 
à tort ; Bulliard et L.-C. Richard, dans leur Dictionnaire de botanique, wa- 
duisent repandus par godronné, folia repanda par feuilles godronnées, et ce 
terme est inscrit avec cette signification dans le Dictionnaire francais de 
M. Bescherelle et dans celui de M. Littré ; mais il fait défaut dans la partie 
franco-latine du Dictionnaire déjà cité de Bulliard et Richard, où il est rem- 
placé par le mot SINUOLÉ. Mieux vaudrait sans doute traduire repandum 
soit par répande, soit par godronné ; mais ces expressions n'ont guére de 
chance pour entrer en faveur, et cependant nombreuses sont les espèces 
qualifiées de repandæ : elles appartiennent aux genres Hypnum, Populus, 
Verbascum, Solanum, Hydrocotyle, Senecio, Diplotaxis, Quercus, etc. On 
a méme désigné deux espéces de Chénes, l'une sousle nom de repanda 
H.B.K., l'autre sous celui de sinuata Walt. Les Allemands ont deux mots 
(ausgeschweift et randschweifig), pour traduire repandus, et nous n'en 
aurions pas un seul? Je propose, faute de mieux, d'adopter le diminutif 
sinuolé déja inscrit, comme on l'a vu, dans le Dictionnaire de botanique de 
Bulliard et L.-C. Richard. | 


M. Max. Cornu fait à la Société la communication suivante : 


SÉANCE DU 27 juin 1973. 489 


NOTE SUR UNÉ NOUVELLE ÉSPÈCE D'ENTOMOPHTHORA (1) (E. PLANCHONIANA), 
par ME. Maxime CORNU.: 


Au mois d'octobre de l'année dernière, M. J.-E. Planchon, de Montpellier, 
notre savant confrére, me signala un Champignon qu'il avait remarqué sur le 
puceron de la Vesce. Il l'avait étiqueté Muscardine; il en avait momenta- 
nément égaré les échantillons qu'il conservait, je ne pus donc l'examiner. 

Au mois d'avril dernier, je rencontrai aux environs de Montpellier, sur un 
Sureau bordant la route, une quantité considérable de pucerons : quelques- 
uns de ces insectes, au lieu d’être noirs et pulvérulents comme les insectes 
sains, se présentaient avec un aspect rouge brique tout spécial; ils étaient 
immobiles et leur abdomen était assez fortement gonflé. Ils étaient du reste 
fort rares. 

Ils furent examinés au microscope : l'abdomen, une fois entr'ouvert, lais- 
sait échapper un liquide blanchâtre formé d'une quantité considérable de 
corpuscules blancs. Ils présentaient la plus grande analogie avec ceux que 
laisse échapper l'abdomen ouvert des mouches attaquées par I Zntomophthora 
Musce : j'eusl'idée de placer dans l'air humide les pucerons gonflés et turgides ; 
au bout de trois heures je vis sortir, en des points divers, des tubes hyalins qui, 
quelques heures aprés, donnérent naissance à une sphérule mucronée remplie 
d'un plasma réfringent et au centre de laquelle apparaissait une spore en forme 
de toupie d'Allemagne. 

Dans l'air humide, les sporanges furent lancés au loin et le puceron fut 
entouré d'une aréole blanchâtre comme celle qu'on aperçoit à l'automne 
autour des mouches tuées par l Zntomophthora Muscæ, et qui sont collées sur 
les vitres de nos appartements. 

Le parasite de la mouche et celui du puceron offrent de grandes analogies, 
mais il serait téméraire de les réunir; je propose donc d'ériger ce dernier 
provisoirement au rang d'espèce sous le nom d' E. Planchontana. 

M. Brefeld a publié un mémoire spécial sur PÆ. Muscæ ; je regrette de 
n'avoir pu encore me le procurer. 

Quoique je fusse occupé d'études tout autres, j'ai pu cependant observer 
plusieurs faits intéressants relatifs à la germination : 

1* Les sporanges peuvent, dans l'air humide, donner lieu à un sporange se- 
condaire tout pareil à eux, et qui demeure souvent cóte à cóte avec le premier; 
le second peut en émettre un autre, et ainsi de suite, comme cela se voit 
notamment chez les Peronospora infestans. 

2° Quelquelois ces sporanges de deuxième formation sont projetés au loin, 
comme ceux dont ils proviennent ; on le prouve aisément en disposant, à quel- 


(4) Le nom d'Empusa donné par M. Cohn n'a pu subsister, car ce nom à été donné il y a 
près d'un siècle à un genre d’iusectes voisins des mantes, 


190 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


ques centimétres au-dessus du niveau de la lame qui porte l'aréole , une 
lamelle de verre mince; il se forme à la surface une seconde aréole qui 
reproduit toutes les particularités de la premiére. 

Comme pour les filaments primitifs, la distance de projection est de 
4 à 2 $ centimètres. 

3° Dans le liquide extrait du corps du puceron, la spore ntérieure germe 
en émettant uu filament diversement allongé et cloisonné : tantót la mem- 
brane du sporange subsiste, tantôt au contraire il n'en reste plus trace. 

4° Dans des circonstances spéciales d'humidité, là membrane du sporange 
reste adhérente à la paroi de la spore, et l'ensemble prend alors une forme 
ovoide. Sous cette forme la spore (à double enveloppe par conséquent) peut 
germer comme la spore entourée d'un sporange sphérique, c'est-à-dire qu'elle 
peut émettre une spore secondaire pareillement entourée par la membrane 
étroitement appliquée du sporange, projetée plus ou moins loin ou restant cóte 
à côte avec la première ; elle peut encore émettre un filament diversement 
cloisonné. 

Enfin ce filament peut se terminer lui-méme par une spore secondaireovoide. 

Le fait le plus curieux que j'aie remarqué est le suivant. Un individu qui 
avait succombé sous l'action du parasite fut examiné; il était rempli de ces 
corpuscules mycéliaux dont nous avons parlé plus haut, et qu'on retrouvait 
jusque dans les pattes et les antennes. Cependant des jeunes nombreux, à tous 
les états, contenus dans les profondeurs viscérales, étaient entièrement sains! 
Cela semble prouver que le parasite ne perfore pas les membranes de l'ani- 
mal et qu'il ne pénètre ou ne sort qu'à là suite d'une perforation mécanique 
préalable. —— 

Lorsque les filaments sortent hors du corps de l'insecte, les téguments sont 
soulevés et déchirés irréguliérement en des points variables, et ils ne peuvent 
se frayer un passage par résorption de l'enveloppe. 

M. Girard a recueilli à Champigny, au mois d'avril dernier, de nombreuses 
chenilles du Chelonia Hebea, papillon trés-rare à Paris, et qui est une 
espèce méridionale. En les élevant, il vit ces chenilles mourir successivement. 
Il m'en fit remettre plusieurs exemplaires eù me priant de les examiner. J'ai 
pu reconnaitre sur deux qu'elles étaient mortes sous l'action d'un Champignon 
qui rentre encore dans le genre EntomopAthora. Les chenilles, contournées 
de façons diverses, étaient durcies et solidifiées ; le parasite s'était fait jour 
principalement entre les anneaux. 

Je ne sais si cette espéce entre dans l'une ou l'autre des espéces précé- 
dentes; mais il me parait difficile de décider la question sur le sec. 
` J'ai pu observer l'année dernière une production vraisemblablement ana- 
logue sur une tenthrède que j'avais récoltée sur le puy de Dôme, parmi de 
nombreuses touffes d' Alchimilla alpina. L'échantillon fut malheureusement 
perdu et je n'ai pu en faire un examen approfondi. 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 191 


À l'appui de sa communication, M. Max. Cornu met sous les yeux 
de la Société des dessins coloriés représentant les divers états du 
puceron et du parasite qu'il vient de décrire. Il montre aussi des 
échantillons du puceron et du Chelonia tués par un Entomo- 
Phthora. 

M. E. Cosson donne lecture à la Société de la communication 
suivante : 


NOTE SUR L'ORIGINE DU CROCUS SATIVUS L. (SAFRAN OFFICINAL), 
pr M. P. CHAPPELLIER, 


(Paris, 45 mai 1873.) 


On n'a trouvé nulle part, jusqu'à présent, le Crocus sativus L. à l'état 
spontané. Quelle peut être son origine? Est-ce une espèce naturelle éteinte 
dans son habitat primitif, et conservée par la culture ? J'ai peine à le croire. 

Les autres espèces de ce genre, C. vernus L., versicolor Ker, odorus 
Biv., speciosus M.-Bieb., et bien d'autres, se trouvent en trés-grande abon- 
dance à l'état spontané dans leur lieu d'origine. Comment admettre qu'une 
seule des nombreuses espèces du genre Crocus, et l'espéce la plus remar- 
quable, ait totalement disparu de son habitat primitif ? 

Je ne saurais imaginer aucune raison plausible qui puisse expliquer la dis- 
parition totale d'une seule espèce si répandue de ce genre, en présence de la 
persistance, de la rusticité, de la facile reproduction à l'état spontané et à une 
quantité innombrable d'individus de toutes les autres espèces du même genre. 

Le C. sativus ne serait-il pas plutót le produit d'un croisement entre deux 
des espèces de Crocus actuellement existantes ? 

Cette hypothèse me semble plus probable, et voici les raisons sur lesquelles 
je m'appuie. 

Le C. sativus est, on peut dire, stéréle; il ne donne pas de graines, malgré 
la parfaite conformation de ses organes reproducteurs, 

J'ai fait à ce sujet, depuis trente ans, des essais de toute sorte: récolte 
laissée intacte sur des champs entiers sans en cueillir une seule fleur ; culture 
sous chássis froid, en orangerie, en serre tempérée et en serre chaude; plan- 
tation à diverses altitudes, dans les Alpes, les Pyrénées et en Auvergne ; essais 
de floraison vernale, par le maintien des bulbes, pendant l'automne et l'hiver, 
dans une glacière; mise en œuvre des divers procédés de fécondation arti- 
ficielle : rien ne m'a réussi, je n'ai jamais obtenu un seul fruit. 

. Je dois dire cependant que j'ai pu. m'en procurer quelques graines. Au 
moyen de l'offre de primes pécuniaires asseź élevées pour la recherche de 
la graine dans les safranières, j'éveillai l'attention des cultivateurs; et, en 1853, 
on m'apporta quelques graines recueillies en plein champ. 

Les bulbes provenant de ces graines fleurirent au bout de six à huit ans, 


193 SociÉTÉ BOTANIQUE DE PRANTE. 


mais, à mon grand regret, ils ne produisirent aucune variété. Cette reproduc- 
tion identique du type par le semis doit-elle être attribuée à la tus-grande 
fixité qu'a dà acquérir le C. sativus, par suite de sa reproduction incessante 
au moyen de ses bulbes durant bien des siècles ? 

Depuis 1853, malgré le maintien de l'offre de primes pécuniaires, on ne 
m'a plus apporté de graines. 

De ce qui précède, je crois être autorisé à affirmer que le sativus est, on 
peut dire, stérile. Mais s'il ne peut être fécondé par son propre pollen, il n'en 
est plus de même lorsqu'on s'adresse au pollen d'une espèce ou variété voisine. 

De nombreuses tentatives faites d'abord avec diverses espéces à fleur autom- 
nales, C. speciosus M.-Bieb., nudiflorus Sm., serotinus Park., Schimperi 
J. Gay, etc., ne m'ont donné aucun résultat. J'espérais mieux des C. odorus 
Biv. et longiflorus: Rafin., dont le stigmàte est, comme celui du C. sativus, 
franchement trilide, tronqué, colorant et odorant : méme insuccés. Enfin, 
dans ces dernières années, j'ai pleinement réussi avec une espèce que M. de 
Heldreich m'a envoyée d’Athènes et que je proposerais de nommer Crocus 
graecus. 

Le C. græcus féconde très-facilement le C. sativus, si l’on dépose son pol- 
len sur le stigmate de cette dernière plante. Quatre-vingts pieds de C. sativus, 
fécondés de cette façon en octobre dernier, ont donné environ cent trente 
capsules en voie de maturation ; chaque capsule peut contenir de cinq à dix 
graines parfaitement conformées. 

De cette stérilité par lui-même et de cette faculté d’imprégnation par le 
pollen du C.: græcus, y aurait-il témérité à conclure que le C. sativus serait 
un hybride du C. græcus et d'une autre espèce automnale à stigmate tronqué 
et odorant ? 

Quelle pourrait être cette dernière espèce ? 

En parcourant l'herbier de M. le docteur Cosson, j'y ai remarqué de très- 
beaux échantillons d'un Crocus collecté en 1865, dans la Cataonie, par 
M. Haussknecht, et qui se rapprochent tellement du C. sativus, qu'au 
premier abord on serait tenté de les prendre pour des individus cultivés du 
C. sativus lui-même; mais un examen plus attentif et le soin scrupuleux 
apporté par M. Haussknecht à ses collections ne laissent aucun doute sur 
l'origine de ce Crocus : c'est bien une plante spontanée, que M. Boissier à 
nommée Crocus Haussknechtii. 

Ce Crocus, ou quelque autre espèce voisine, encore inobservée, pourrait 
bien être, ainsi que le C. græcus, le père du C. sativus. 

Il serait trés-intéressant, tant au point de vue botanique qu'à celui de la 
culture pratique du Safran, de posséder vivant le Crocus Haussknechtii, et si 
quelque membre de la Société botanique pouvait me venir en aide pour l'ob- 


tention de quelques individus vivants de ce Crocus, je lui en serais personnel- 
lement trés-reconnaissant. 


SÉANCE DU 27 Juin 1873. 193 


J'ai parlé de la fixité du C. sativus ; en effet, quoiqu'il soit cultivé depuis 
bien des siècles, sous des climats bien différents, et dans des contrées fort 
éloignées l'une de l'autre, on n'en connait partout qu'une seule et méme 
forme sans aucune variation. Ayant appris de M. Eugène Simon, consul à 
Ningpô, que le C. sativus était cultivé très en grand en Chine, j'ai obtenu 
de la Société d'acclimatation et du Ministère des affaires étrangères l'introduc- 
tion en France, par l'intermédiaire de M. Si- 
mon, et la distribution aux cultivateurs du 
Gâtinais, d'une notable quantité du C. sativus 
chinois. 

Ce C. sativus parait peut-étre un peu plus 
florifère que le nôtre, ce qui tiendrait vraisem- 
blablement à sa récente introduction ; mais, 
en tout cas, c'est identiquement la méme 
forme que la nôtre. Tousles C. sativus connus, 
francais, espagnols, allemands, chinois, au- 
raient donc la méme origine, origine incon- 
testablement bien ancienne, et cependant le 
type n'aurait pas subi la moindre altération, 
la plus petite modification. 

En résumé, on ne connait qu'une seule 
forme de C. sativus, sans aucune variété, et 
on ne le trouve nulle part à l'état spontané; 
il est, on peut dire, stérile par lui-même, le 
pollen du C. græcus le fécondant toutefois 
facilement. 

Le contraire a lieu pour toutes les autres 
espèces de Crocus : C. vernus, odorus, græ- 
cus, speciosus, versicolor, etc.; on en connait 
de nombreuses variétés, on les trouve à l'état 
spontané et ils grainent facilement. 

Je serais donc tenté d'adopter l'hypothèse : 
suivante, posée au commencement de cette Capsule (avec deux graines isolées) 

, i s , du Crocus sativus, fécondée par 
note. Le C. sativus serait le résultat d'un j pollen du C. grzcus. 
croisement fortuit entre deux espéces actuelle- 
ment existantes de Crocus à floraison automnale, et à stigmate trifide tronqué, 
colorant et odorant : d'une part le C. græcus, et peut-être le C. Zaussknechtit. 

Il y a bien des siècles, quelques milliers d'années peut-étre, un insecte 
aurait opéré cette heureuse hybridation, et la graine ainsi hybridée aurait 
produit le type originaire du C. sativus. 

La fleur de ce C. sativus, plus belle, plus grande que celle du C. græcus 
et contenant un stigmate plus développé, aurait attiré l'attention de quelque 


vis (SÉANCES) 13 


194 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 
pâtre grec ou arménien habitué à recueillir, pour la confection de la pourpre 
ou les usages domestiques, les stigmates du C. græcus spontané ; il aurait 
arraché l'oignon portant cette fleur, l'aurait replanté à cóté de sa cabane, et 
multiplié. 

La culture s'en serait ensuite répandue en Orient. Puis l'invasion tartare 
aurait porté le Safran en Chine, et de leur cóté, les croisés l'auraient importé 
en Europe. 


M. Henry Vilmorin demande à M. Cosson s'il ne croit pas que le 
trop grand développement du pistil, dans le Safran cultivé, fasse 
obstacle à la fécondation. 

M. Cosson répond que, d’après les résultats obtenus dans les 
expériences, ce n'est pas le développement excessif du pistil qui 
entrave la fécondation, mais que c'est plutót la stérilité probable 
du pollen; car le pollen du Crocus græcus féconde parfaitement 
l'ovule et détermine le développement du fruit du Crocus sativus. 
Il ajoute que du reste, et par suite de cette méme expérience, le 
Crocus graecus lui paraît être le type sauvage du Safran cultivé. 

M. le Président dit que l'hybridité du Safran dont parle M. Chap- 
pellier lui semble trés-hypothétique. Il cite plusieurs exemples de 
plantes cultivées qui, multipliées d'autre façon que par leurs graines, 
tendent à devenir stériles, notamment l'Échalote et le Dielytra 
spectabilis. M ajoute que certaines plantes livrées à elles-mêmes 
sont également frappées de stérilité, telles que le Lysimachia Num- 
mularia, qui est constamment stérile. Au sujet de l'ancienneté de 
la culture du Safran, il rappelle que cette culture était déjà pra- 
tiquée par les Égyptiens. 

M. Vilmorin dit que l’histoire du Petunia fait connaitre un résul- 
tat tout opposé obtenu par la culture, car lors de son introduction 
en Europe on le multipliait à grand'peine dans les serres, au moyen 
de boutures ; mais une seule capsule bien développée ayant produit 
de bonnes graines, les nouveaux pieds sortis de ces graines se sont 
montrés féconds, et l'on a ainsi réussi à multiplier ét la plante elle- 
méme et ses propres graines. 

M. Cosson met sous les yeux de la Société un trés-volumineux 
échantillon d'ZEthalium septicum qui s'est développé dans de la 
tannée humide, située prés d'un réservoir, et qui est venu s'étaler 
et fructifier sur une rame de papier placée non loin de là. 

M. Mer fait à la Société la communication suivante : 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 195 


LA GLYCOGENÈSE DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL (suite), par MI. Émile MER (1). 


DEUXIÈME PARTIE. 


I 


Variations de la présence de l'amidon dans les feuilles sous l'influence 
des circonstances extérieures. 


L'amidon se forme dans la chlorophylle des feuilles sous l'influence de la 
lumière. En général, le grain d'amidon a besoin, pour se constituer, d'une 
lumière plus intense que le grain de chlorophylle. Ce besoin varie, du reste, 
selon les plantes. J'ai faità ce sujet les expériences suivantes : 

1? Au mois de septembre dernier, ayant élevé des Pois et des Haricots 
sur.une terrasse ne recevant que de la lumière diffuse, je n'ai trouvé d'ami- 
don que dans les stomates de leurs feuilles. 

2° Le 18 septembre, j'ai cueilli des feuilles de Charme : d'abord en plein mas- 
sif, puis sur une lisière exposée au soleil. La chlorophylle des premières a mis 
moins de temps à se dissoudre dans l'alcool que celle des secondes, et seule- 
ment quelques-uns de leurs stomates renfermaient de l'amidon, tandis que 
le parenchyme des feuilles situées au soleil était rempli de grains amylacés. 
On comprend dés lors pourquoi bien des plantes, et les branches basses des 
arbres, meurent sous un couvert trop épais. 

3° Au mois de novembre, les feuilles d'un Begonia maintenu dans une 
chambre ne contenaient d'amidon que dans leurs stomates ; il avait méme 
totalement disparu de ces organes au mois de janvier et les feuilles dépéris- 
saient : il n'y restait plus que des traces de glycose. 

4° Végétant dans les mêmes conditions, un Zatania renfermait au mois 
de novembre, dans les stomates de ses feuilles, de l'amidon qui avait dis- 
paru en février; mais les feuilles contenaient encore de la glycose et se 
maintenaient vertes, sauf à leur extrémité, sans que le végétal manifestàt du 
reste aucune croissance. 

5* Au mois d'octobre, des feuilles rougies de Sumac, de Vigne-vierge n'avaient 
plus d'amidon que dans leurs stomates et autour de quelques nervures. 

6? Des feuilles jaunissantes de Peuplier, dont les nervures inférieures étaient 
encore entourées de chlorophylle, renfermaient, le 18 septembre, de l'amidon 
daus leurs stomates et autour de ces nervures. Sur des feuilles de Peuplier 
tombées et complétement jaunies, quelques rares stomates en . possédaient 


seuls. 
7 Des feuilles de Polypodium vulgare contenaient encore le 48 septembre 


une assez grande quantité d'amidon. 


(4) Voyez plus haut, pp. 164 et suiv. 


196 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


8° Des feuilles de Pin, Cèdre, Cyprés, Thuya, Camellia, Buis, Lierre, Poa 
annua, examinées depuis décembre jusqu'en mars, ne renfermaient pas d'ami- 
don, mais seulement de la glycose. Au mois d'août, j'y ai rencontré ces deux 
substances en grande abondance. 

Des feuilles de Brassica oleracea, Mahonia, Pelargonium, examinées en 
décembre avaient encore des grains amylacés dans leurs stomates. 

9° Dans des feuilles complétement développées d'Iris, de Jacinthe, Narcisse, 
Tulipe, Ornithogale, les stomates seuls contenaient de l'amidon. 

10° J'ai trouvé en décembre et janvier beaucoup d'amidon dans les feuilles 
de Lycopodes, Sélaginelles et différentes Fougères élevés en chambre, et dans 
celles du Fusain du Japon végétant en pleine terre. 

J'en ai rencontré, quoique également en moindre quantité, dans les feuilles 
du Zarbula muralis. Aussi ces diverses plantes peuvent-elles croitre en hiver. 

44° Je n'ai pas trouvé d'amidon, même dans les stomates, sur des feuilles 
de rosiers cueillies le 22 décembre dans un jardin, tandis qu'à la même époque 
des feuilles de Petunia en renfermaient beaucoup. 

J'ai dit plus haut que la chlorophylle des feuilles caduques disparait en 
dernier lieu du parenchyme entourant les nervures, et que, sur un méme 
rameau, les feuilles les plus jeunes jaunissent après les feuilles plus âgées. 
Il était intéressant de s'assurer si la même marche a lieu dans la disparition de 
l'amidon. J'ai dans ce but fait les observations qui suivent : 

4° Sur un pied de Haricot élevé en pot pendant l'été et qui avait produit de 
nombreuses fleurs, j'ai enlevé, à la fin de novembre, des feuilles à deux niveaux 
différents : les plus basses étaient d'un vert encore assez foncé, mais com- 
mencaient à jaunir et à se faner par leur extrémité. Elles ne contenaient de 
lamidon que dans quelques parties du parenchyme, dans un assez grand 
nombre de stomates et autour de quelques nervures. Les feuilles moins ágées 
situées plus haut étaient entièrement vertes et renfermaient de nombreux 
grains d'amidon. 

2* Une feuille d'Orme cueillie le 22 octobre présentait autour de ses ner- 
vures une teinte plus foncée que daus le reste du limbe. Les parties les plus 
vertes contenaient des grains d'amidon assez nombreux, mais les parties déco - 
lorées n'en avaient plus. 

3° Sur un rameau de Charme pris au mois d'octobre et portant à sa: partie 
supérieure des feuilles vertes et à sa base des feuilles jaunies, j'ai trouvé encore 
un peu d'amidon dans le parenchyme en PR dis premières, mais il men 
restait plus dans les autres. 

Résumé et conclusion. — Parmi les végétaux à feuilles persistantes, il y en 
a quelques-uns qui pendant l'hiver renferment à la fois dans ces organes de la 
glycose et de l'amidon (Fusain du Japon, Mousses), mais la plupart ne contiennent 
que de la glycose (Lierre, Mahonia, Buis, Coniferes). 

Il en est de même des plantes dont les feuilles périraient pendant. cette saison 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 197 


à l'air extérieur, mais qui subsistent et méme se développent dans les apparte- 
ments ou dans les serres. Les unes renferment de la glycose et de l'amidon (Fou- 
géres, Sélaginelles), mais en général elles ne. contiennent que de la glycose 
(Latania, Cycas, Begonia). 

Pareillement on trouve seulement de la glycose dans les plantes annuelles, 
comme certaines Graminées qui peuvent passer l'hiver au dehors. Celles qui 
périssent généralement au début de l'automne peuvent prolonger leur exis- 
tence quand l'arriére-saison est favorable. On rencontre alors dans leur 
feuilles des grains amylacés (Petunia). 

Quant aux végétaux que l'on parvient à faire germer pendant l'hiver, avec 
le concours de la chaleur artificielle, on n'y rencontre plus d'amidon dés que 
celui des graines ou bulbes est épuisé. A partir de ce morent, leur croissance 
est trés-ralentie, mais leur existence peut se maintenir grâce à la petite quantité 
de glycose qu'ils forment encore. Ainsi j'ai conservé des Pois pendant tout un 
hiver, en leur procurant la chaleur et la lumiere nécessaires, sans avoir pu y ren- 
contrer aucune trace d'amidon depuis le moment où leurs cotylédons s'étaient 
épuisés. La glycose méme y était très-rare, Les feuilles sc flétrissaient dés 
qu'elles avaient atteint leur développement, mais les extrémités des tiges con- 
tinuaient à grandir, très-lentement il est vrai. Les ayant transportés à l'obscu- 
rité, je ne tardai pas à voir leur croissance s’arrêter, pour reprendre de 
nouveau à la lumière. 

Cet exemple montre que, si la majeure partie de la glycose contenue dans les 
végétaux pendant les hivers de nos climats provient des tissus de réserve, les 
feuilles cependant en créent encore une certaine quantité, lorsqu'elles sont 
placées dans de bonnes conditions de lumière et de chaleur. M. Boussingault, 
à du reste démontré que la décomposition de l'acide carbonique par les 
feuilles s'effectue méme à de basses températures. 

Les organes foliacés peuvent donc renfermer de l'amidon ou en être 
dépourvus, suivant l'époque de l'année, Il em est méme qui n'en possèdent 
jamais (4). Mais toute feuille en bon état de végétation forme de la glycose, 

. C'est une condition indispensable à son existence, une fois qu'elle a atteint son 
complet développement. 

Puisque la présence de la glycose dans les feuilles est générale, comment doit- 
on concevoir sa formation et son róle? M. Sachs pense que cette substance pro- 
vient de l'amidon qui serait le produit immédiat de l'assimilation opérée par 
la feuille. M. Boussingault et, aprés lui, M. Dehérain ont supposé au contraire 
que la glycose dérive directement des produits de la décomposition de l'acide 
carbonique et de l'eau.: Cette dernière hypothèse me semble la plus fondée ; 
la glycogenése est un fait universel, tandis que Ja présence de l'amidon dans 


(4) Je n'en ai jamais trouvé, à l'exception toutefois des stomales, dans les feuilles de 
Latania et de Cycas, même après les journées chaudes et lumineuses de juillet. 


198 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


ces organes, bien que très-répandue, ne doit être attribuée qu’au concours 
de certaines circonstances. 

Ainsi une lumière et une chaleur assez intenses sont généralement néces- 
saires. De plus, amidon se rencontre rarement dans les feuilles en voie de dé- 
veloppement. J'en ai cherché en vain au mois d'avril, dans celles de Lilas, Mar- 
ronniers, Tilleuls, Laitues, Violettes, tandis que la glycose y était au contraire 
trés-abondante. 

A mon avis, on doit considérer l'amidon des feuilles comme déposé par la 
glycose, quand cette substance s'y forme ou s'y transporte en plus grande 
quantité qu'elle n'est consommée, que cette consommation d'ailleurs soit due 
à la combustion de la matière sucrée ou à sa transformation en cellulose. C'est 
alors dans les stomates que le dépót des grains amylacés se fait en premier lieu, 
puis dans le parenchyme en palissade, qui en contient généralement plus que 
celui de la face inférieure. Les stomates de feuilles à peine sorties du bourgeon 
renferment souvent de l'amidon, parce que la glycose arrive en abondance et 
qu'elles en emploient moins qu'elles ne le feront dans la suite. J'ai trouvé au mois 
d'avril de l'amidon dans les stomates de feuilles de Pois élevés en pots sur une 
fenêtre, tandis qu'il n'y en avait pas dans les feuilles de Pois maintenus en plein 
soleil, et dont la croissance, par suite, avait été plus rapide. Mais quand le 
limbe est entierement développé, la consommation de glycose étant moindre, 
l'excès de cette substance se change en amidon qui s'accumule provisoirement 
dans cet organe, d'oü il émigre ensuite vers les tissus de réserve, en subis- 
sant de nouveau la transformation glycosique, forme sous laquelle circulent 
les matiéres hydrocarbonées. 

Pourquoi, d'ailleurs, les feuilles de certains végétaux ne renferment-eiles 
jamais d'amidon? Est-ce parce que la glycose est consommée à mesure 
qu'elle se produit, ou bien: parce que, à peine formé, ce corps émigre vers 
les tissus de réserve, ou bien parce que les tissus de ces feuilles n'ont pas la 


propriété d'opérer la fixation de glycose à l'état d'amidon? Je ne suis pas fixé 
à cet égard. 


Hi 


Des tissus conducteurs et des tissus de réserve. 


Les principes hydrocarbonés créés par les feuilles ne sont pas uniquement 
destinés à leur entretien; ils émigrent pour servir à la nutrition de tout le 
végétal. Les tissus par lesquels s'effectue cette migration sont appelés conduc- 
teurs, et l'on désigne sous le nom de tissus de réserve ceux dans lesquels ils 
s'accumulent ; ils sont formés par la moelle et les rayons médullaires. Les 
tissus conducteurs des matières ternaires sont en général constitués par une 


zone de parenchyme qui entoure immédiatement les faisceaux fibro-vascu- 
laires. 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 199 


Ces tissus servent aussi à transporter vers les feuilles en voie d'évolution 
les substances hydrocarbonées provenant des graines, bulbes, tubercules, etc. 
On doit donc s'attendre à voir les tissus conducteurs constamment remplis de 
glycose ou d'amidon dans la période de développement et de grande activité 
des feuilles, et méme un certain temps après que ces dernières ont cessé leurs 
fonctions. C'est ce que l'expérience confirme : 

1° Ainsi, dans le milieu de décembre, j'ai trouvé de l'amidon dans les tissus 
conducteurs de la tige du Buis, mais le 24 janvier il n'y en avait plus que 
dans la moelle et les rayons médullaires. 

2° J'en ai constaté la présence en toutes saisons dans les tissus conducteurs 
du Fusain du Japon, dont les feuilles contiennent de l'amidon méme pendant 
l'hiver. 

3° Il y avait aussi de l'amidon pendant l'hiver dans les rayons médullaires 
et un peu dans la moelle de l'A/zes Pinsapo. 

Cette substance s'est rencontrée à la méme époque dans les rayons médul- 
laires de jeunes rameaux de Marronnier et de Lilas. Mais la moelle en était 
dépourvue. 


HI 


De la répartition de l'amidon dans les organes qui végètent aux dépens 
de graines, bulbes, rhizomes, etc, 


Jusqu'à présent je n'ai considéré les végétaux qu'à partir du moment où les 
feuilles peuvent assimiler, c'est-à-dire où, sous l'influence de la lumière, elles 
peuvent former des principes hydrocarbonés et pourvoir par elles-mêmes à 
leur nutrition et à celle du végétal tout entier. Mais, avant cette époque, il 
S'écoule pour la plante une phase pendant laquelle elle doit emprunter ses 
matériaux aux tissus de réserve ou aux graines, tubercules, bulbes, etc. Les 
expériences suivantes faites en janvier et février ont eu pour but de découvrir 
la répartition des matières hydrocarbonées chez les organes qui végètent à leurs 
dépens : 

1» Pommes de terre ayant germé à l'obscurité et offrant des tiges longues 
de 0,10 à 07,35. — La base des tiges contenait de nombreux et gros grains 
d'amidon ; mais, à mesure que ceux-ci s'en éloignaient, ils devenaient de plus 
en plus rares et plus petits. Ils finissaient par disparaitre presque complétement, 
pour reparaître en grande quantité près du bourgeon terminal. A l'exception 
des faisceaux fibro-vasculaires et du sclérenchyme, l'amidon était réparti éga- 
Jement dans les différents tissus de la tige. Les stomates de l'épiderme n'en 
renfermaient pas. ; 1 

2° Pois ayant germé à l'obscurité. — De très-courtes radicules de Pois conr 
tenaient dans leur moelle et leur zone cambiforme de nombreux grains d ami- 
don, La tigelle n'avait pas encore paru. Dans d'autres Pois un peu plus avancés, 


200 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


la radicule et la tigelle, sauf dans la partie centrale, en renfermaient aussi beau- 
coup. Des Pois ayant atteint à l'obscurité des longueurs variant entre 07,25 
et 0,40 ne laissaient voir, dans toute l'étendue de leur tige, que quelques 
grains d'amidon très-petits. Les grains devenaient plus gros et plus abondants 
prés du bourgeon terminal. Ils étaient principalement concentrés à la partie 
externe du faisceau central et des faisceaux latéraux. Dans les pétioles on 
remarquait quelques granules épars dans le parenchyme axile, mais on les 
apercevait surtout agglomérés à l'extérieur des faisceaux périphériques. Les 
vrilles en contenaient aussi, mais en moindre quantité. De la glycose était 
répandue dans toutes les parties des tiges. Quant aux feuilles, elles ne renfer- 
maient que peu de sucre, et pas d'amidon, méme dans leurs stomates : ce 
qui se concoit, car elles étaient en pleine croissance et la glycose était 
immédiatement convertie en cellulose. Les racines ne contenaient de l'amidon 
que dans les pilorrhizes. Des Pois ayant cru à la lumière diffuse présentaient 
les mémes résultats. ! 

3° Je n'ai trouvé pendant l'hiver ni glycose, ni amidon dans les pétioles et 
limbes de feuilles d'un Begonia argenté, maintenu à une lumiere et à une 
chaleur probablement insuffisantes. Aussi ces organes dépérissaient-ils. Mais 
en examinant de très-jeunes pétioles en voie de lente croissance, j'ai aperçu 
des grains d'amidon dans le parenchyme situé à l'extérieur des faisceaux fibro- 
vasculaires. 

4^ Betteraves ayant germé à l'obscurité, — Pas trace d'amidon dans les 
feuilles, mais beaucoup de glycose. 

5° Jacinthes végétant à la lumière diffuse. — Beaucoup de glycose dans les 
racines, de l'amidon dans la coiffe radiculaire seulement. En examinant. des 
feuilles qui n'étaient pas encore sorties du bulbe, j'ai rencontré de l'amidon 
non-seulement autour des nervures, mais encore dans d'autres parties du 
parenchyme. Sur des feuilles plus âgées, il se trouvait concentré exclusivement 
autour des nervures et dans les stomates. Enfin des feuilles complétement 
développées contenaient une quantité considérable de glycose, mais ne renfer- 
maient plus d'amidon que dans leurs stomates. — Des Narcisses, des Ornitho- 
gales out donné des résultats analogues. —De jeunes feuilles de Tulipe, encore 
incluses dans le bulbe étaient remplies de grains amylacés : mais déjà sur l'une 
d'elles qui faisait saillie de 0",2, on n'en apercevait plus que dans les stomates 
et les cellules environnant les nervures. L'axe d'une inflorescence de Jacinthe 
qui n'était pas encore sortie du bulbe contenait une grande quantité d'amidon, 
principalement autour des faisceaux fibro-vasculaires. Une coupe faite à travers, 
les enveloppes florales et les parois des anthères en a également laissé voir 
beaucoup. J'ai méme remarqué sur ces enveloppes florales des stomates qui 
en renfermaient également, L'axe d'une inflorescence un peu plus âgée, en 
présentait déjà beaucoup moins, les enveloppes florales n'en renfermaient plus, 
mais les anthères en contenaient encore. - 


SÉANCE DU 27 JUIN 41873, 201 


6» Fougères ayant végété à la lumière diffuse. — J'ai examiné de jeunes 
frondes de Fougère dont les sommets encore enroulés étaient dépourvus 
d'amidon. Le bas des pétioles renfermait des grains amylacés volumineux, sauf 
dans le faisceau vasculaire et dans le sclérenchyme. Plus haut, les grains 
étaient déjà moins gros et moins abondants; ils se concentraient autour du 
faisceau en croissant, et surtout dans les environs de ses deux cornes. A l'extró- 
mité enfin du pétiole, ils avaient presque entierement disparu, et on ne les 
retrouvait que daus les nervures médianes et secondaires encore fort peu 
développées. Dans la partie basse des pétioles, les grains amylacés étaient 
dépourvus de chlorophylle; dans la partie moyenne, ils étaient généralement 
recouverts de cette matiére colorante; enfin, dans la partie supérieure, on re- 
marquait beaucoup de grains de chlorophylle sans amidon. La couche de 
matière verte était si mince que l'iode pouvait déceler les grains amylacés sans 
aucun traitement préalable. Quelle était leur origine? Ils ne pouvaient pro- 
venir du limbe des feuilles, puisque ce limbe à peine apparent n'en créait pas 
encore. Ils ne pouvaient pas davantage avoir été formés dans les grains de chlo - 
rophylle, car on les aurait rencontrés en plus grande abondance dans la couche 
verte de la périphérie qu'autour du faisceau central : or cette couche en était 
presque entièrement dépourvue, D'ailleurs, en examinant une fronde moins 
développée, ou pouvait voir que l'extrémité de son pétiole contenait non-seu- 
lement bien plus d'amidon que l'extrémité d'un pétiole plus âgé, mais 
encore qu'il en renfermait davantage à la méme hauteur. L'amidon provenait 
donc, dans les deux cas, du rhizome et des frondes plus vieilles capables déjà 
d'en créer elles-mêmes. Il devenait moins abondant dans les tissus en pleine 
croissance, et se concentrait principalement dans les environs du rhizome oü 
le développement des tissus était terminé et dans les nervures du limbe oà 
ce développement n'avait pas encore acquis son maximum d'intensité. Quant 
à la chlorophylle, je suis porté à croire qu'elle avait recouvert ultérieu- 
rement les grains d'amidon, fait quise présente dans les tabercules de Pomme 
de terre exposés à la lumière. 

Toutes les parties de ces frondes contenaient beaucoup de glycose. 

Résumé et conclusion. -— On vient de voir que l'amidon disparaît géné- 
ralement des tissus en pleine croissance et qu'on le trouve surtout dans le voi- 
sinage des organes encore au début de leur développement (base de bourgeons, 
coilfes radiculaires) et dans les parties des tiges les plus âgées et par suite 
les plus rapprochées généralement des sources de matière amylacée (graines, 
bulbes, tubercules, rhizomes). Ces faits peuvent, ce me semble, être expliqués 
dela manière suivante. La glycose, étant consommée en faible quantité dans 
les tissus très-jeunes, s’y dépose à l'état d'amidon. Dans les tissus en plein 
accroissement, la plus grande partie du sucre qui y arrive est consommée sur 
place et les grains amylacés y deviennent très-rares et trés-petits. Dans les 
tissus dont le développement est accompli, la glycose se trouve de nouveau en 


202 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


excès, et de l'amidon s'y dépose quand la source d’où elle provient est trés- 
abondante. C'est ce qui a lieu dans la germination de la Pomme de terre et 
dans la végétation des Fougères : les rhizomes de ces dernières étant gorgés 
d'amidon et les frondes âgées en formant sans cesse et en envoyant aux frondes 
plus jeunes. | 

La masse de matiére amylacée contenue dans les cotylédons de Pois est, 
paraît-il, trop faible pour qu'il s'en dépose à la base des tiges. Elle est attirée 
presque complétement dans le bourgeon terminal. 

Mais la solution sucrée se répartit-elle uniformément dans le végétal, et le 
dépôt d'amidon sur certains points ne doit-il être attribué qu'à une moindre 
consommation de glycose ? On ne saurait l'admettre, car on voit constamment 
les matières hydrocarbonées se porter vers les jeunes tissus et abandonner 
ceux qui sont plus âgés, quand ces derniers ne se trouvent pas sur le trajet 
de la solution sucrée. Lorsqu'une plante dépérit faute d'aliments, ce sont les 
parties le plus récemment créées qui meurent en dernier lieu. Les jeunes organes 
exercent donc une attraction constante sur les solutions nutritives. M. Dehérain 
explique ce fait par la plus grande évaporation dont les tissus en voie de 
formation sont le théâtre. Si l'on supprime le bourgeon terminal d'un Pois, 
avant l'épuisement des cotylédons, on ne tarde pas à voir surgir de l'aisselle 
des premières feuilles des bourgeons qui se développeront, tandis que les 
feuilles qui les avoisinent vont dépérir. 

On ne saurait ici invoquer l'évaporation des jeunes organes puisqu'ils 
n'étaient pas encore formés, mais on doit attribuer ce résultat au faible pouvoir 
d'évaporation de toute feuille qui cesse de s'accroitre. Les matiéres nutri- 


tives, ne s'y portant plus qu'en petite quantité, s'accumulent dans la tige et 
forment de nouveaux rameaux. 


IV 


Du róle des stomates dans la nutrition, 


Il a souvent été question, dans le cours de ce travail, de la présence presque 
constante de l'amidon dans les stomates des feuilles. Ce fait semble indiquer 
que ces organes sont, comme les coifles radiculaires et le parenchyme entou- 
rant les faisceaux fibro-vasculaires, des réservoirs de la matière amylacée, et 
qu'à ce titre ils jouent un róle des plus importants dans la nutrition végétale. 

Ainsi les feuilles de plantes germant à l'obscurité ne contiennent d'amidon 
que dans leurs stomates, J'en ai trouvé aussi dans les mêmes organes sur de 
jeunes tiges de Haricot étiolées, 

Quand les feuilles jaunissent et perdent leur amidon, c'est des stomates 
que ce corps émigre en dernier lieu. Les plantes bulbeuses parvenues à un 
certain développement ne contiennent plus d'amidon, méme autour de leurs 
nervures, mais en présentent longtemps encore dans ces organes, J'ai trouvé; 


SÉANCE DU 27 jUIN 1873. 203 


jusqu'au mois de janvier, des grains amylacés dans les stomates de feuilles 
dont le parenchyme n’en offrait plus trace (Brassica, Begonia) ou méme n'en 
renferme jamais (Zatan:a). De sorte que, lorsqu'on remarque de l'amidon dans 
les stomates d'une feuille, on ne peut préjuger si le parenchyme en contient ; 
mais, quand les stomates n'en renferment pas, on peut être presque certain 
qu'il en est de méme du parenchyme. 

Dans les feuilles à végétation vigoureuse, les cellules des stomates sont telle- 
ment remplies d'amidon, que l'on n'en peut distinguer les granules : chaque 
cellule apparait par l'iode sous la forme d'une masse bleu foncé; mais, quand 
cette substance se retire, elle le fait dans un ordre déterminé. D'abord les 
grains du milieu s'isolent les uns des autres et deviennent discernables, par 
suite de la disparition d'un certain nombre d'entre eux ; ceux qui les avoisi- 
nent ne tardent pas également à émigrer. Le stomate parait alors traversé par 
une croix blanche formée d'un cóté par son ostiole, et de l'autre par le vide 
qui vient de se former. Les granules les plus rapprochés des extrémités de 
chaque cellule disparaissent ensuite. Enfin, on ne voit plus que quatre graius 
occupant les quatre cornes des stomates. 

L'apparition de l'amidon dans les stomates se fait dans un ordre à peu pres 
inverse de celui qui préside à sa disparition. 

C'est dans les stomates et le parenchyme environnant les nervures que l'a- 
midon se dépose en preinier lieu, quand le soleil vient frapper une feuille, 
aprés un séjour plus ou moins long à l'obscurité. L'expérience suivante le dé- 
montre : 

Le 25 août, à huit heures du soir, après une chaude et lumineuse journée, 
des feuilles de Pois et d'Orge étaient remplies d'amidon qui avait presque 
entièrement disparu du parenchyme à minuit. Le lendemain matin, on n'en 
trouvait plus que dans quelques stomates et seulement en petite quantité. 
A huit heures, ces plantes furent exposées à une lumière diffuse assez vive. A 
onze heures, aucune augmentation dans le nombre des grains n’était constatée. 
On les transporta alors au soleil. Deux heures après, l'amidon apparaissait dans 
quelques parties du parenchyme, mais se montrait en bien plus grande abon- 
dance autour des nervures et dans les stomates. Les pétioles en étaient encore 
dépourvus. A trois heures et demie, on les apercevait dans leur parenchyme 
vert. Quant aux limbes, ils en étaient gorgés. 

On sait que les stomates des feuilles de quelques Fougères (des Aneëmia 
et plusieurs Pteris par cxemple)se forment d'une manière toute spéciale dans 
l'intérieur de certaines cellules de l'épiderme, lesquelles peuvent étre regardées 
comme faisant anatomiquement partie des stomates. Cette considération est 
confirmée par la similitude des róles physiologiques, car elles contiennent des 
grains de chlorophylle. J'ai constaté sur un Pteris que, pendant la disparition 
de l'amidon du parenchyme (dans le cas, par exemple, d'an fragment de 
feuille malade ou détaché incomplétement de la nervure médiane), il en restait 


204 ‘ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


des másses épaisses non-seulement dans les stomates, mais aussi dans les cel- 
lules épidermiques de bordure; on voyait, en outre, des grains épars autour 
de ces dernieres. Quand le tissu se trouvait dans un état de dégradation plus 
avancé , ces grains disséminés avaient disparu, mais on en trouvait encore 
dans l'intérieur des cellules de bordure, les stomates en étant toujours remplis. 
Enfin, lorsqu'ils commençaient à quitter méme les stomates, ils avaient 
complétement disparu des cellules qui les entouraient. J'ignore, du reste, 
si les stomates du Pteris, sur lequel ces observations ont été faites, se déve- 
leppent comme celles des Anezm?a. 

Il est difficile actuellement de se rendre compte du rôle que semblent 
jouer les stomates, relativement à la migration de l'amidon. Cette substance 
vient-elle s'y accumuler à mesure qu'elle abandonne les celiules voisines, ou 
bien la chlorophylle des stomates conserve-t-elle la propriété de créer de la 
matière amylacée plus longtemps que celle du parenchyme ? 


V 


Disparition de l'amidon et dela glycose des tissus abandonnés à une dessiccation lente. 


Les matières amylacées et sucrées disparaissent assez rapidement des frag- 
ments de végétaux (feuilles ou tiges) détachés de leur pied et maintenus daus 
un état d'humidité suffisant. 

Voici quelques expériences que j'ai faites à ce sujet : 

1° De jeunes feuilles et inflorescences de Jacinthe, des feuilles de Fusain 
du Japon, qui contenaient de l'amidon avant d'étre cueillies et abandonnées 
à la lumière diffuse, n'en renfermaient plus au bout de huit jours. Leur des- 

siccation n'était pas absolument complète, Au bout du méme temps, j'en ai 
trouvé encore dans les stomates de feuilles de Fougeres. 

2° Des branches de Conifères, contenant de l'amidon dans la moelle et les 
rayons médullaires, ont été abandonnées à la dessiccation spontanée. Aprés 
quinze à vingt jours, la moelle n'en avait presque plus, alors que les rayons 
médullaires en possédaient encore en assez grande quantité. 

3^ Des sections transversales de pétiole de Fougéres, remplies d'amidon, 
furent maintenues dans de l'eau pendant dix jours. ^u bout de ce temps, il 
n'y avait plus d'amidon qu'autour des faisceaux vasculaires. 

^^ Des feuilles de Lycopode et de Sélaginelle, maintenues humides, avaient 
en grande partie perdu leur amidon au bout de huit jours et totalement au 
bout de quinze. 

La glycose finit aussi par disparaitre, mais toujours apres l'amidon. Dans 
des feuilles jaunies et presque desséchées de Narcisse, j'ai trouvé encore de la 
glycose. Il est vrai que les feuilles des plantes bulbeuses en contiennent énor- 
mément, 


SÉANCE DU 27 juin 1873. 205 


J'ai cherché en vain de l'amidon dans les feuilles des plantes conservées 
en herbier : Malva Alcea, Origanum vulgare, Silene inflata, Lamium 
album, etc. Ces plantes avaient été recueillies au mois de septembre, elles 
portaient des fleurs, et leurs feuilles devaient renfermer lors de leur récolte 
beaucoup d'amidon qui avait donc disparu pendant la dessiccation. 

Il était à supposer qu'on devait retrouver de l'amidon dans des feuilles 
soumises, aussitót cueillies, à une dessiccation rapide. 

C'est ce qu'a démontré l'expérience suivante : 

Des feuilles de Fusain du Japon et de Fougères furent exposées pendant un 
jour à la chaleur d'un foyer. Quand la dessiccation fat à peu prés complète, on 
les abandonna pendant huit jours, en ayant soin de les préserver de l’ humidité. 
Au bout de ce temps, elles contenaient à peu près autant d'amidon qu'au début 
de l'expérience. 

On voit avec quelle rapidité l'amidon disparait de tous les organes, mais 
principalement des feuilles. Cela tient à ce que des tissus, méme détachés, con- 
tinuent à vivre pendant un temps plus ou moins long, s'ils sont préservés de 
la dessiccation. Ils brülent alors toute la matière amylacée qu'ils contenaient ; 
et comme celte matière amylacée se transforme en glycose pour être consom- 
mée, on concoit que l'on doive trouver ce sucre méme aprés que toute trace 
d'amidon a disparu. Aussi, quand on veut rechercher l'amidon dans une 
feuille, faut-il y procéder aussitót aprés qu'elle a été détachée ou la plonger 
immédiatement dans un liquide qui arréte toute végétation et toute décompo- 
sition post mortem, tel que l'alcool, l'éther, l'acide phénique, etc. 


VI 


Des rapports de la glycegenése végétale avec la glycogenése animale. 


D'après tout ce qui précède, on voit que la glycogenèse joue un rôle essen- 
tiel dans la. nutrition végétale. Il est intéressant de rechercher quels sont les 
rapports de cette fonction avec la fonction analogue chez les animaux. Dans 
les deux règnes, nous trouvons comme liquide nutritif, circulant à travers les 
éléments anatomiques, et destiné soit à leur combustion respiratoire, soit à 
leur régénération, la glycose qui peut se déposer dans certains tissus à l'état 
de granules amylacés. Dans les deux règnes, il y a un organe spécial chargé 
de l'élaboration de la matière glycogène : le foie et la feuille. A côté de cette 
matière glycogene et inclus dans les mêmes cellules, il y a des ferments qui 
la transforment en glycose. C'est sous cette forme qu'elle est entraînée dans 
l'organisme. La diminution de la glycose ou de la matière glycogène est tou- 
jours un signe infaillible de dépérissement, signe qui précede souvent tous 
les autres. On en a une preuve dans le fait suivant : J'élevais cet hiver deux 
pieds de Pteris placés dans les mêmes conditions; rien dans leur aspect 


206 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


extérieur n'indiquait une différence dans leur constitution. Ua jour je consta- 
tai que les frondes de l'un d'eux étaient un peu moins riches en amidon que 
celles de l'autre. Cette différence s'accentua les jours suivants ; elles ne tardé- 
rent pas à jaunir et à se dessécher ; en même temps les jeunes frondes ne se 
développaient qu'imparfaitement. L'autre pied continuait à étre vigoureux. 
Par la diminution de l'amidon, j'avais ainsi été averti du dépérissement pro- 
chain de cette Fougère. 

Quand les animaux meurent rapidement, le foie contient beaucoup de ma- 
tiére glycogène. M. Claude Bernard en a trouvé dans le foie des suppliciés, 
mais il n'en rencontrait plus dans le foie d'hommes morts de maladie. Une 
feuille tuée brusquement renferme de l'amidon, et n'en renferme plus si elle 
meurt lentement. Le sang d'un animal malade ne contient plus que des traces 
de glycose, et si l'on ne trouve pas de matière glycogène dans son foie, c'est 
parce qu'elle ne se produit plus qu'en trés-petite quantité, par suite de la di- 
minution de l'activité vitale, et que cette petite quantité se convertit immé- 
diatement en sucre. De méme des plantes en mauvais état de végétation ne 
possèdent que très-peu de glycose et souvent pas d'amidon. Enfin, chez les 
animaux et les plantes prés de mourir, le sucre disparait presque toujours, et 
l'on peut dire, surtout pour ces dernières, que la mort ne survient que parce 
que l'organisme ne contient plus de sucre. Les végétaux vivaces possèdent des 
tissus où l'amidon reste accumulé pendant la saison du repos, pour contri- 
buer ensuite au développement des jeunes rameaux. 1l n'y a pas chez les ani- 
maux une semblable période de stagnation (1). Cette différence ne doit tenir 
qu'à l'influence de la température. Dans les climats où la végétation ne s'arréte 
jamais, les tissus de réserve ne renferment probablement que fort peu de ma- 
tière amylacée, cette dernière étant toujours en circulation comme chez les 
animaux. 

Dans les deux règnes, la matière amylacée s'accumule dans les organes des- 
tinés à la première nutrition. D'un côté ce sont les graines, les tubercules, 
les bulbes. De l'autre, ce sont les cotylédons placentaires (rongeurs), la surface 
interne de l'amnios (ruminants), les parois dela membrane vitelline (oiseaux). 

Les tissus végétaux détachés de l'organisme perdent peu à peu leur amidon 
et leur glycose. Dans les tissus animaux, cette disparition est bien plus rapide. 
Dans les deux cas, elle se fait plus promptement en été qu'en hiver. Au bout 
de quelques heures, quand il fait chaud, le sang a perdu toute sa glycose; aussi, 
quand on se propose d'y rechercher ce corps, doit-on le faire tout de suite ou 
conserver, aussitót aprés l'extraction, le sang dans l'acide phénique. Pendant 
la germination, l'amidon se montre dans les tiges, dans les pétioles, dans les 


(4) H faut en excepter les animaux hibernants, mais leur activité respiratoire est bien 
plus grande, pendant l'hiver, que celle des végétaux, car c'est précisément pendant 


ce temps de repos que la matiére glycogéne accumulée dans certains de leurs tissus est 
consommée. à 


L 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 207 


nervures, avant d'apparaitre dans le parenchyme méme de la feuille qui doit 
plus tard étre le principal lieu de formation de cette substance. De méme, dans 
le développement du fœtus, la matière glycogéne apparait dans les poumons, 
les muscles, etc., avant de se montrer dans le foie. 

Quand on fait passer un courant d'eau par la veine porte, il sort par la veine 
sus-hépatique, aprés avoir traversé le réseau des capillaires du foie, et il em- 
porte ainsi toute la matière sucrée de cet organe. C'est ce qu'on nomme le 
lavage du foie. Si l'on abandonne ensuite ce foie dépouillé de son sucre à une 
douce chaleur, la matière glycogène qui est restée dans les cellules hépatiques 
refait de la glycose qu'on retrouve dans les tissus de cet organe au bout de quel- 
ques heures. J'ai voulu répéter cette expérience sur une feuille. Seulement une 
difficulté se présente tout d'abord : on ne peut arriver à débarrasser complé- - 
tement le parenchyme de la feuille de la glycose qu'il contient. Si on la 
laisse dans l’eau pendant un jour, par exemple, on constate qu'au bout de ce 
temps, elle renferme beaucoup plus de glycose qu'une autre feuille découpée 
préalablement en minces sections et maintenue dans l'eau pendant le méme 
temps. La seconde feuille a donc abandonné à l'eau une bien plus grande 
quantité de sucre que la première. En faisant des sections très-fines, on peut 
enlever au tissu la plus grande quantité de son sucre, mais jusqu'à présent je 
n'ai pu arriver à l'en dépouiller complétement, ainsi qu'on le fait pour le foie. 
Si l'on prolongeait trop longtemps cette macération, on enléverait non-seule- 
ment toute la glycose, mais encore l'amidon, qui auraitle temps de se convertir 
alors entierement en sucre. Or il faut enlever l'un sans l’autre. L'expérience 
ne peut donc avoir toute la netteté que présente le lavage du foie. Cependant, 
si, aprés avoir retiré de l'eau ces sections de feuilles, on les maintient humides 
pendant quelques jours, on constate que la quantité de glycose qu'elles con- 
tiennent a augmenté aux dépens de l'amidon. 

On voit donc quels rapports intimes existent entre les glycogenèses animale 
et végétale. L'étude de cette question est, sous certaius rapports, plus avancée 
dans le règne végétal. Ainsi on sait que le grain d'amidon se forme dans le 
grain de chlorophylle sous l'influence de la lumière, on connait de même son 
mode de disparition. On ignore, au contraire, comment se développe la ma- 
tiére glycogène du foie. 1l est même fort difficile d'en distinguer les granules, 
surtout dans les animaux supérieurs. On sait, indirectement il est vrai, mais 
d'une manière presque certaine, que l'amidon et la glycose ont deux rôles 
dans le règne végétal : 4° ils servent à la respiration ; 2° ils se transforment en 
cellulose et concourent à la formation des tissus. On n'est pas encore aussi 
avancé sur le rôle du sucre dans les animaux. Il sert évidemment à la pro- 
duction de la chaleur animale, mais se fixe-t-il dans les tissus, et quelle trans- 


formation y subit-il? C'est ce qu'on ignore, 


Note additionnelle (octobre 1873). — J'ai fait récemment une série d'ob- 


208 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


servations qui jettent, je crois, quelque nouveau jour sur la migration de 
l'amidon des feuilles. Ces observations ont porté sur un Begonia à feuilles 
argentées dont les cellules volumineuses renferment des grains de chlorophylle 
et d'amidon relativement gros : ce qui facilite ce genre de recherches. 

Je crois utile auparavant de décrire brièvement l'anatomie de la feuille de 
ce Begonia. Sur une coupe transversale, on remarque un épiderme à cellules 
prismatiques, bombées vers l'extérieur et renfermant de l'air : c'est ce qui 
produit les taches d'un gris métallique. Dans les places non argentées ou dans 
les feuilles âgées dont l'éclat a diminué, ces voussures superficielles ont en 
grande partie disparu. Au-dessous, se trouve une rangée de cellules en palis- 
sade longues et coniques, dont la base repose sur l'épiderme; puis une 
deuxième rangée de cellules ressemblant aux premières, mais moins pointues ; 
enfin quatre ou cinq autres rangs de cellules plus ou moins polyédriques for- 
mant la face inférieure de la feuille, que limite un épiderme remarquable par 
des stomates portés sur des proéminences composées de quelques cellules 
plus petites. 

Si l'on examine une feuille à végétation vigoureuse de ce Begonia, il est très- 
difficile d'apercevoir les grains d'amidon dans ceux de chlorophylle, à cause 
de leur petitesse. On les met cependant en évidence, au moyen de l'iode, 
aprés leur avoir fait subir le traitement habituel, par l'alcool et la potasse. On 
constate alors qu'ils sont répandus dans toute l'épaisseur de la feuille, mais 
qu'ils sont bien plus nombreux dans le parenchyme en palissade, les cellules 
de ce dernier étant plus serrées et les grains de chlorophylle s'y trouvant en 
plus grande abondance. 

Si l'on observe ensuite, sur une feuille dépérissante, un fragment ne con- 
tenant pas de nervures, on remarque tout d'abord que les grains chloro- 
phylliens de la rangée supérieure du parenchyme en palissade sont amoncelés 
au fond des cellules coniques. Le reste de ces cellules en étant dépourvu, on 
croit avoir sous les yeux un épiderme à deux rangs. Dans le parenchyme 
inférieur, les grains de chlorophylle, moins entassés, peuvent étre plus faci- 
lement étudiés. En se servant d'un fort grossissement (800 diamètres), on 
remarque que la plupart de ces grains paraissent un peu décolorés ; mais cet 
aspect est dû à la présence, dans chacun d'eux, d'un gros granule d'amidon 
presque sphérique qui en occupe soit le centre, soit toute autre partie. Presque 
toujours il est unique. Quelquefois cependant, il y en a deux ou trois. En 
employant le traitement par l'alcool, la potasse et l'iode, on constate : 
4° que la chlorophylle des cellules coniques ne contient plus d'amidon ; 2? que 
les granules amylacés du parenchymo inférieur sont bien plus gros que ceux 
d'une feuille de bonne végétation. On les distingue du reste facilement des 
gouttelettes huileuses éparses dans ce tissu et provenant de l'altération de cer- 
tains grains de chlorophylle, à la forme parfaitement sphérique et à la colora- 
tion orangée de ces dernieres, 


SÉANCE DU 27 JUIN 1573. 209 


Enfin, sur un fragment de feuille découpé dans les environs d'une nervure, 
on voit les grains de chlorophylle devenir de plus en plus transpareuts, à 
mesure qu'on les observe plus près de la nervure. Cet aspect tient à ce que 
le granule d'amidon que chacun d'eux renferme augmente de plus en plus de 
volume. Plusieurs de ces granules sont en partie dénudés de matière verte. 
Les plus gros sont méme complétement dépourvus de toute enveloppe colo- 
rante ou azotée (ce qu'on recounait par l'iode) ; les uns sont à moitié sortis de 
leur tégument vert; à côté d'autres, on aperçoit un amas verdâtre informe : 
c'est la couche de chlorophylle dont ils se sont dégagés. Dans le tissu de la 
nervure, ils sont tous nus et encore plus volumineux. 

On n'en rencontre presque pas dans la partie inférieure de cette nervure, 
surtout si eile a des dimensions quelque peu fortes; enfin ils sont accumulés 
principalement daus les larges cellules qui entourent les faisceaux, Quant 
au parenchyme en palissade, il est rempli de grains d'amidon, aussi bien de 
chaque côté qu'au-dessus de la nervure (dans ce Begonia, il n'est pas inter- 
rompu par les nervures comme cela a lieu dans beaucoup de feuilles). 

Si l'on examine le pétiole, on voit de nombreux et volumineux graius 
d'amidon rassemblés autour des faisceaux excentriques ; mais principalement 
autour de la zone de faisceaux qui enveloppe le parenchyme central. 

Je propose l'explication suivante des faits qui précèdent : 

On sait que l'amidon abandonne les feuilles avant la chlorophvlle. Cela est 
vrai pour toutes les parties du limbe éloignées des nervures. Mais il n'en 
est pas de méme des régions qui avoisinent ces dernieres. La solution amy- 
lacée (1) quitte le parenchyme supérieur (et l'entassement de la chlorophylle 
au fond des cellules coniques de Begonia semble en être une preuve), pour 
augmenter les dimensions des grains d'amidon du parenchyme inférieur, 
dimensions qui cependant ne dépassent pas une certaine limite ; car, de méme 
qu'il y a un courant descendant de la face supérieure, la solution amidonnée 
se rend, par un courant latéral, de la face inférieure vers les nervures. Voilà 
pourquoi les grains situés prés de ces derniéres sont encore plus gros; ce 
qui rend de plus en plus mince leur enveloppe, qu'ils finissent par percer. 

Quant aux stomates, ils ne sont pas situés sur le passage de ce courant, dont 
ils sont séparés par toute l'épaisseur de l'épiderme. Aussi leurs granules amy- 
lacés sont-ils plus petits que ceux du parenchyme inférieur. S'ils subsistent 
plus longtemps, cela ne peut probablement provenir que de deux causes : 
ils n'émigrent qu'en dernier lieu, ou bien les cellules stomatiques, par suite 
de leur situation superficielle, conservent trés-longtemps la faculté de créer 


de l'amidon. 
Des nervures, la liqueur amylacée se dirige vers le pétiole par une succes- 


(4) Je me sers de ce terme pour ne pas préjuger la nature de cetle solution qui 
cependant est probablement de la glycose. Toujours est-il que les grains d'amidon doi- 
vent se dissoudre pour passer d'une cellule à l'autre, 


Ti XX. (SÉANCES) 1! 


910 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sion de dissolutions et de solidifications d'une cellule à la suivante. Au sommet 
du pétiole, point où toutes les nervures des feuilles de Begonia convergent, 
ily a un maximum d'accumulation d'amidon, ce qui explique pourquoi, 
quand on plante ces feuilles comme boutures, des bourgeons se développent 
précisément en cet endroit. Enfin la liqueur amylacée chemine dans le pétiole, 
comme elle a cheminé dans les nervures, pour se rendre dans la tige. 


M. le Président demande à M. Mer ce que contient la premiére 
cellule de l'embryon. : 

M. Mer répond qu'il a constatéla présence de l'amidon dans toutes 
les cellules de l'embryon, dés que la germination a commencé. 

M. le Président lui demande également si, dans son opinion, la 
présence de la glycose précéde ou suit celle de l'amidon. 

M. Mer dit qu'il croit que la glycose précéde l'amidon. 

M. Henry Vilmorin met sous les yeux de la Société une tige florifére 
d'un beau Lilium- dont l'espéce n'est pas encore déterminée, et qui 
lui a été adressé de Californie. Il espére que. M. Duchartre voudra 
bien l'aider dans sa détermination spécifique. 

Lecture est donnée de la communication suivante, adressée à la 
Société : 


THÉORIE DE L'ANAPHYTOSE OU DE LA SEGMENTATION DANS LES VÉGÉTAUX (1), 
pr BE. Francois LECLERC. 


(Seurre, Côte-d'Or, 4 juin 4873.) 


M. Schultz-Schultzenstein a donné en deux mots la théorie de la formation 
de la feuille: il a dit, en se résumant (2), que la feuille n'est point un élément 
morphologique simple, mais une formation composée par articulation et rami- 
fication des parties vraiment élémentaires ; qu'elle est formée, dés l'origine, de 
la méme manière que la tige, par anaphytose, et qu'elle doit être expliquée : 
ainsi, de même que toutes les autres phases de la plante, fleurs et fruits. La 
grande énigme de la botanique, ajoute-t-il, qui est d'expliquer d'abord la 
feuille elle-même (ce que n'a pas fait Gœthe), se trouve résolue par la théorie 
de l'anaphytose. | 

D’après cette théorie, les fleurs et leurs parties, telles que les étamines et 
le pistil, ne se forment jamais par une métamorphose de feuilles, mais par une 


(1) Voyez nos mémoires ; Théorie de l'anaphytose, in-8°, Besançon, 1869 ; G«ethe t 
le livre de la Métamorphose des plantes, in-8°, Besancon, 1870. 

(2) De la différence qui existe entre la théorie de l'anaphytose des plantes et la théorie 
de la métamorphose (Actes du Congrès international de bolanique, tenu à Paris en 
août 1867, pp. 100 et suiv.). 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 211 


nouvelle anaphytose à elles propre, c'est-à-dire par un nouveau système d'ar- 
ticulation et de ramification qui produit un développement graduel propre, 
avec de nouvelles fonctions. Chaque feuille ne croit que selon la forme qu'elle 
avait d’après le plan primitif, elle ne se métamorphose jamais en une autre 
partie. Ce qu'on appelle métamorphose ne présente que des degrés de l'ana- 
phytose. La métamorphose rétrograde de Gæthe n’est pas autre chose qu'une 
.prolification anaphytosique des étamines consécutive à l'avortement des an- 
théres, et non pas une métamorphose de l'anthère méme, Enfin l'anaphytose 
montre que la répétition et la ramification des articles se trouvent non-seule- 
ment dans la tige, mais aussi dans les feuilles. 

L'auteur établit trois systèmes de ramification : le système archicladique 
(croissance pyramidale); le système hypocladique (croissance sarmenteuse et 
par la bifurcation}; et le système fermocladique (croissance en ombelle ou 
en éventail) (1). On voit que la ramification n'a lieu que par segmentation 
ou articulation, et par épigenèse. 

Auguste de Saint-Hilaire reconnaît deux états dans la plante en végétation ; 
celui que font apparaître les altérations graduelles des organes appendiculaires, 
et que l'on a désignées sous le nom de métamorphose. Ici cette dénomination 
ne doit, selon lui, étre prise que dans le sens métaphorique; puis il dit que 
par le mot métamorphose on entend, dans le langage ordinaire, la transfor- 
mation d'un corps en un autre corps entièrement différent. Il n'en est pas 
ainsi d'une feuille qui, une fois développée, n'éprouve aucun changement 
notable, mais celles qui doivent venir au-dessus d'elle représentent ses formes 
avec des modifications successives : telles sont, d’après ce botaniste, les bases de 
la doctrine de la métamorphose (2). 

Les Lecons de botanique d'Aug. de Saint-Hilaire reposent sur deux théories, 
celle de la métamorphose des plantes conçue par G«ethe, et celle de l'auteur 
sur l'épuisement de la plante durant l'acte de la végétation. Nous cherchons, 
dans le présent mémoire, à nous expliquer la signification des expressions 
épuisement, défaut de vigueur, appliquées à l'inflorescence par ce célèbre 
professeur, et dont il a fait, à notre sens, un emploi systématique. Il nous a 
semblé que rien dans les phénomènes de la végétation n'autorisait une pareille 
proposition. En effet, toute végétation a pour fin d'aboutir à la fructification, 
et ce fait n'annonce pas, à proprement parler, l'épuisement, la mort du végé- 
tal, puisque les plantes vivaces et les arbres survivent à ce travail. Or l'inflo- 
rescence et la floraison ne présentent autre chose qu'une période très-naturelle, 
la surabondance des parties dans la production florale n'étant d'ailleurs qu'une 
anomalie, de méme que l'absence de floraison. Mais, d'aprés Aug. de Saint- 
Hilaire, le végétal, à mesure qu'il croit et se développe, se rapproche néan- 


(4) De la différence qui existe, pp. 116-117. ; 
(2) Leçons de botanique et de morphologie, pp. 35-36. 


912 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


moins, par cause d'épuisement, de l’état où il était à sa naissance, qui était un 
état de faiblesse naturelle, c'est-à-dire que les verticilles de feuilles se raccour- 
cissent successivement le long de la tige, de manière à être toujours plus rappro- 
chés jusqu'à la hauteur où la plante doit fleurir; parvenue à cette période, 
elle émet la fleur, résumé de la plante, et qui met un terme à la végétation 
épuisée (1). 

L'auteur dit que le calice n'est qu'un verticille de feuilles altérées par 
l'épuisement (2); que les spathes des Aroidées, des Liliacées, des Palmiers ne 
sont qu'une feuille engainante dans un état d'altération (3); il constate néan- 
moins que, dans les Arum, les Pothos, les Palmiers, on en voit de fort 
grandes ; il remarque dans le Gentiana acaulis, plante formée presque entière- 
ment par la fleur, des symptômes d'affaiblissement (4). Toutefois, en passant 
en revue la floraison des Malvacées, il reconnait que dans les Zibiscus, qui 
sont des arbrisseaux trés-vigoureux et à grandes fleurs, il est impossible de 
ne pas regarder le calice extérieur comme un développement de plus (5) ; il 
fait aussi la remarque que, oü la nature a établi des rapports, elle a aussi 
laissé des différences ; que, par exemple, la végétation des bois vierges, excitée 
par l'humidité et ]a chaleur, ne permet pas aux arbres de développer des fleurs 
(du moins que fort rarement), mais leur fait produire des rameaux et des 
feuilles, tandis que des années de sécheresse auraient permis aux végétaux 
d'émettre des fleurs comme dans nos pays tempérés (6) ; puis il modifie ses 
assertions un peu absolues à l'égard de l'appauvrissement de la végétation 
florale, par cette réflexion, que fort souvent les métamorphoses des organes 
ne se font point d'une manière graduée et dans une progression mathéma- 
tique; que s'il n'en était pas ainsi, nos campagnes seraient souvent privées 
de leur plus bel ornement, la variété, et que l'Auteur de la nature n’a pas 
seulement établi une harmonie parfaite entre les parties d'un méme étre, que 
chaque étre est en rapport avec ceux qui l'entourent, et n'est qu'une portion in- 
commensurable où tout est en accord, en harmonie (7). Cette opinion de l’épui- 
sement et de l'altération dans la végétation florale, qui se répète sous la plume 
d'Auguste de Saint-Hilaire, lui était inspirée par le contraste de la végétation 
luxuriante des tropiques comparée à la végétation lente et de peu de durée de 
notre latitude ; c'est le fait des causes ambiantes et non un phénomène d'épui- 
sement, car nous disposons des moyens d'imiter cette végétation exubérante 
des pays chauds, en faisant produire aux arbres et aux plantes des rameaux, 


(4) L. c. pp. 30-31. 

(2) L. c. p. 209. 

(3) L. c. ibid. 

(4) Le périanthe des Aroidées et des Iridées est une gaîne sans chlorophylle à sa partie 
supérieure évasée, et c'est en cela qu'il differe de la feuille verte, outre qu'il est caduc. 

(9) L.c. p. 334. 

(6) L. c. p. 373. 

(7) L. c. p. 334. 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 213 


des fleurs et des fruits en abondance ; seulement le tempérament de nos végé- 
taux d'Europe ne permet pas de leur appliquer ce régime sans épuiser les 
sujets par suite de la vigueur qu'on leur imprime, les phénomènes que fait 
naître l'horticulture dans le développement floral démontrant également qu'ils 
sont dus à l'exubérance de la végétation, comme cela a lieu sous les tropiques. 
Mais dans la théorie qu'il a conçue, Aug. de Saint-Hilaire ne s'occupe que du 
prétendu épuisement qu'éprouve le système axile pour parvenir à produire la 
fleur ; or les plantes et les arbres qui vivent sous une température moyenne 
ne donnent des fleurs que dans la mesure de leur constitution. Il en est 
autrement pour les arbres de nos vergers et pour les végétaux de culture qui 
fleurissent abondamment, mais au détriment de la croissance. Un Poirier, un 
Pommier, un Cerisier, s'élevent dans les bois plus haut qu'ils ne le font dans 
nos vergers, parce qu'on ne les force pas à donner plus de fleurs que ne le com- 
porte leur nature; tandis que, dans les jardins, les arbres tenus en quenouilles 
ou taillés autrement donnent beaucoup de fleurs et beaucoup de fruits; ici 
l'épuisement n'est pas dans le sens de la floraison seulement : il a lieu pour le 
sujet tout entier, dont cette végétation trop active épuise la vie physiologique. 
Aug. de Saint-Hilaire, en se servant du mot épuisement, veut faire comprendre 
qu'une plante dans l'état de nature, qui a produit des rameaux et des feuilles, 
manque de séve ou de vigueur pour produire des fleurs ; mais force est ici 
d'invoquer une explication métaphysique, de dire que, pour la plante comme 
pour l'arbre, il v a une destination qui veut que, dans les conditions de sa 
constitution, elle parcourre les phases de sa végétation de facon à aboutir à la 
fructification, qui est le résultat final. Si l'épuisement était le fait général dans 
l'apparition de la floraison, les arbres de nos pays méridionaux, qui portent con- 
tinuellement des fleurs et des fruits, devraient s'épuiser rapidement. Un arbre, 
dans nos cultures, pourra, par sa grande végétation axile, empécher la florai- 
son, parce que la vigueur végétative réside essentiellement dans la tige et les 
rameaux : il y a dès lors exubérance dans le sujet aux dépens de la floraison, 
qui n'est qu'un phénomène consécutif. D'ailleurs, on concevra que la forma- 
tion des pièces d’une fleur exige, sauf le calice, moins de substances assimi- 
lables que les feuilles et les pédoncules qui les précèdent. Voilà pour les arbres 
en général ; mais si l'on vient à examiner le phénomène dans les Rosacées, les 
Cucurbitacées, on y constate un cas exceptionnel, nous voulons dire une 
anomalie de végétation, une irruption de l'axe dans les organes floraux : nous 
avons pour exemple la fleur du Poirier, la Rose prolifère, etc. Certes, lorsque 
la végétation axile l'emporte par un excés de vigueur, les plantes ou arbres ne 
donnent que trés-peu de fleurs, ou méme n’en donnent pas du tout ; mais 
„aussitôt, que. cette activité devient normale, tout se passe dans l'ordre, et le 
végétal donne des fleurs, puis des fruits : c'est la marche régulière et naturelle. 
On distinguerait aisément trois périodes dans la végétation annuelle : la 
première, celle où le sujet, abondamment pourvu de chlorophylle, pousse avec 


214 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


plus ou moins de vigueur des rameaux et des feuilles ; la seconde, où la végé- 
tation, ralentie par la formation de la fleur et surtout par l'absence de la 
chlorophylle dans cette partie, donne lieu à la fécondation ; et la troisiéme, 
celle où le système axile, reprenant son cours, fournit au réceptacle, pour 
l'accomplissement de la fructification, la séve et la matière verte nécessaires à 
la nutrition du fruit. Nous nous proposons de donner suite à ce raisonnement, 
Dureste, l'excés de vigueur dans un sujet, lequel entrave la floraison, né prouve 
aucunement qu'il y ait altération, puisque l'absence de fleurs est causée par la 
trop forte végétation axile. Cependant De Candolle et Aug. de Saint- Hilaire 
citent des cas qui prouvent qu'un rameau qui va donner des fleurs n'est pas 
épuisé, puisque sa végétation propre se poursuit assez fréquemment au travers 
de la fleur dans le Poirier, la Rose, et habituellement dans la Fritillaire impé- 
riale, où les fleurs pendantes s'abritent sous un panache de feuilles. D'autre 
part, la culture ne fait-elle pas apparaitre une surabondance de fleurs dans 
la Giroflée, dans la Quarantaine, sans que la plante soit épuisée dès la première 
saison, puisqu'elle fleurit de nouveau l'année suivante ? C'est la floraison hâtive 
qui devance la foliation dans l'Abricotier, l'Arbre de Judée (Ceres), la Glycine 
( Wisteria sinensis), le Tussilage, et méme dans les genres Cornus, Daphne, 
Salix, etc. Or doit-on qualifier d'alanguissement cette précocité florale ? 

Il nous paraît donc y avoir ici motif à signaler, dans l'acte de la floraison 
normale, non pas un épuisement, une perturbation, mais un ralentissement 
momentané causé par l'absence de l'élément de nutrition par excellence, la 
chlorophylle, d'abord, dont sont pourvues toutes les autres parties de la plante. 
Nous verrons plus loin la nature se servir de ce ralentissement durant l'aeté 
tout entier de la végétation. On peut remarquer, au sujet du Rosier connu 
sous le nom de Rose verte, que la fleur de cet arbuste passée à la chloranthie, 
végète, étant greffée, avec beaucoup plus de vigueur. Dans ce fait, l'envahisse- 
ment de la chlorophylle est causé par l'exubérance de l'axe qui a fait irruption 
dans l'appareil floral, et devient permanent dans le sujet maintenu pat la cul- 
ture. Toutefois on peut observer, dans la nature inculte, des végétaux portant 
des fleurs vertes, tels que le Daphne Laureola, quelques Chénopodiées, ‘etc. 
L'apparition de la chlorophylle dans les fruits de certaines Légumineuses, les 
fruits succulents, est une transmission du pédoncule au réceptacle, à moins 
que les plantes oü cela a lieu n'aient pour organe floral un réceptacle anomal, 
comme dans les Pomacées, les Cucurbitacées, les Rosiers, où le pédoncule, 
c'est-à-dire l'axe, fonctionne concurremment avec le’ réceptacle: "Lorsqu'il 
arrive, dans plusieurs Rosiers cultivés, que l'expansion de leurs rameaux ést 
retardée par une cause quelconque, ces arbustes donnent une grande quantité 
de boutons et de fleurs (les Bengales Noisette et Bougainville) ; et tel est l'effet 
du procédé d’horticalture par lequel, en réduisant les arbres au moyen de la 
taille, on leur fait émettre une quantité prodigieuse de bourgeons floraux, à 
l'exclusion des bourgeons foliacés. On ne peut non plus qualifier d'épuisement, 


SÉANGE DU 27 JUIN 1873. 245 


de végétation languissante ou altérée (comme Aug. de Saint-Hilaire), celle qui 
apporte aux fruits les matériaux de nutrition dont ils ont besoin pour arriver 
à la maturité ; elle doit fournir aux fruits charnus principalement, ainsi qu'aux 
baies succulentes, aux siliques des Crucifères et des Légumineuses, une abon- 
dance de séve et de matière verte qui peu à peu s'emmagasinent dans leurs 
péricarpes, et préparent ainsi leur maturation pour le temps où ils auront été 
séparés des sujets qui les ont vus naître. On voit là le système axile reparaitre 
avec la force de végétation, d'oà l'on ne saurait conclure que la vie de la plante 
ou de l'arbre est épuisée ; l'appauvrissement, l'épuisement, ne sont donc pas un 
caractère inhérentà la végétation. Nous pourrions citer certaines plantes don- 
nant de grandes fleurs et en méme temps de gros fruits, telles que le Datura 
Stramonium, la Jusquiame (Hyoscyamus niger) ; cette dernière plante, basse 
et annuelle, outre qu'elle porte de grandes fleurs, nourrit des régimes de cap- 
sules trés-épaisses renfermant une infinité de graines. Le Tabac, plante cul- 
tivée et plus robuste, fructifie cependant beaucoup moins ; à quoi tient donc la 
différence entre deux plantes de méme famille, si ce n'est au tempérament 
de chacune d'elles, loin que pour la dernière ce soit l'effet de l'épuisement ? 
Si nous portons notre attention sur les végétaux à organisation inférieure, 
nous ne trouvons pas qu'il y ait lieu davantage à leur appliquer la théorie du 
défaut de vigueur. Voyons d'abord les Conifères (arbres et arbustes) : ces végé- 
taux produisent beaucoup de fleurs et nourrissent, la plupart, des cônes très- 
volumineux, Les Graminées annuelles ou vivaces ne semblent pas souffrir de 
l'épuisement, puisque toutes, en général, émettent beaucoup de fleurs. Il est évi- 
dent que lorsqu'une Graminée annuelle périt, c'est tout en méme temps parce 
que la vie est épuisée, et que sa constitution ne lui permettait pas de vivre 
plus d'une année. Parmi ces dernières plantes, les Panicées développent 
des panicules spiciformes trés-chargées de graines; les chatons cylindriques 
des Typhacées offrent une quantité innombrable de fleurs mâles et femelles ; 
les Lycopodiacées, quoique ne fleurissant pas d'une maniere apparente, n'en 
fructifient pas moins, en donnant, dans certaines espèces, une abondance de 
spores polliniformes. Ainsi on pent dire, d’après les faits, que lorsqu'il y a. 
ralentissement dans le système axile, cela donne lieu à la floraison, ce qui ne 
démontre pas qu'il y ait épuisement. A l'état de nature, toute la plante a son 
heure pour fleurir; qu'une plante éprouve du retard dans sa végétation par 
un obstacle quelconque, il lui arrivera, lorsqu'elle la reprendra, de pousser 
à peine une tige et quelques rameaux, pour donner au plus tôt des fleurs, et 
parvenir à son terme presque aussitôt que celle qui a mené la vie normale. 
Lorsqu'on retranche les bourgeons à fleur d'un Chardon (Onopordon Acah- 
thium, Cirsium eriophorum), il semble qu'on lui communique une ardeur 
nouvelle pour la floraison ; la plante, loin de paraître fatiguée ou épuisée, 
émet de nouveaux boutons, développe de nouveaux capitules, et aura vécu 
antant que les autres individus de son espèce, Au contraire, si à l'égard du 


216 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Solanum. tuberosum, on retranche les fleurs que porte le pied, la plante se 
flétrit promptement au profit des tubercules, vrais parasites qui tirent leur 
nourriture de la tige souterraine et du collet ; ce fait peut être donné comme 
un cas direct d'épuisement. Toutefois, quant à cette méme plante de la Pomme- 
de-terre, il en va autrement lorsqu'on a affaire à un individu venu de graine 
et végétant sans culture ; celui-ci vivra plus longtemps que la plante cultivée 
quand on aura replanté ses tubercules de premiére année, et la nouvelle 
plante ne mourra qu'après avoir entièrement máüri ses baies, pour lesquelles 
sa végétation profitera plus qu'aux tubercules. 

Pour faire un emploi logique du mot épuisement, on pourrait dire, avec 
De Candolle, ce qui suit : « Il arrive quelquefois que parmi les bourgeons 
» d'une pousse, quelques-uns, mieux placés que les autres, se développent les 
» premiers, attirent toute la séve, et les autres bourgeons, affamés, pour ainsi 
» dire, par ces voisins voraces, avortent par épuisement (1). » C'est de la 
méme facon que les gourmands de la Vigne font avorter le fruit en absorbant 
la séve. Ici, du reste, le système axile fournit toujours sa séve au fruit qui 
profite, comme il l'a fait à la (leur, puisque ce fruit ne mûrit que lorsque le 
bois lui-même mûrit ou cesse de recevoir de la séve. 

Cependant Aug. de Saint-Hilaire reconnait sans difficulté que, dansles plantes 
pourvues d'une organisation élevée, telles que les Renónculacées, les Magno- 
liers, il existe beaucoup d'énergie dans la floraison, à tel point qu'il se produit, 
au lieu de parties simples et symétriques, une multiplication d'organes (2). 
C'est ainsi que, dans les Mvrtacées proprement dites et les Renonculacées, on 
observe un nombre indéfini d'étamines. Le dédoublement est en outre, aux 
yeux d'Aug. de Saint-Hilaire, un signe de vigueur ; mais on peut remarquer, 
d'un autre côté, la lenteur de végétation dans quelques espèces cultivées : 
l'Oranger par exemple, qui, pendant qu'il fleurit, ne pousse ni rameaux, ni 
feuilles, du moins dans nos contrées ; tandis que, comme preuve d'activité 
végétative, nous pouvons donner l' Hibiscus syriacus (la Ketmie des jardiniers), 
arbrisseau malvacé si vivace, qu'abandonné dans un sol sans culture, il y 
grandit par les rameaux et les feuilles, tout en développant des (leurs en abon- 
dance. Il est vrai que, dans ce sujet, la végétation de l'axe est. activée. par la 
présence d'un premier calice qui supporte et embrasse en. plusieurs points le 
calice floral. Sous un autre rapport, il peut arriver qu'un arbre fruitier malade 
produise beaucoup de fleurs : dans ce cas particulier, ce n'est pas la floraison 
qui épuise le sujet, mais sa débilité méme qui permet àla floraison d'avoir lieu, 
par le fait du ralentissement de la séve ; c'est là, croyons-nous, l'interprétation 
Ja plus simple du fait; 

(1) Théorie élément, de la botanique, 3° édition, p. 91. Ce grand botaniste ' sai 
aussi, comme Aug. de Saint-Hilaire, partager cette opinion de l'épuisement; il considère le 


rameau comme épuisé par la nourriture abondante qu’exigent les organes floraux (voyez 
Organographie, t. 1). 


(2) Lecons élément. de botanique, p. 608. 


SÉANCE DU 27 JUIN 1873. 917 


Nous lisons dans l'ouvrage de Gæthe (1) l'observation suivante : « On a 
» remarqué que l'apport trop abondant des sacs alimentaires retardait la flo- 
» raison, tandis qu'une nourriture modérée, avare mêmie, la favorisait ». Voilà 
toute l'histoire da prétendu épuisement de la plante, sauf quelques cas fournis 
par des espèces exotiques (le Bougainvillea) qu'il faut nourrir. En résumé, et 
comme nous nous efforcons de le démontrer pour d'autres circonstances de la 
végétation, le phénomène de la floraison dans les arbres et les plantes est l'effet 
d'une stase plus ou moins prononcée dans l'appareil axile, et l’on ne peut 
trouver l'épuisement positif que parmi les espèces cultivées. L'affaiblissemen 
dans l'acte végétatif, au fur et à mesure de la floraison, est une idée de Wolff 
adoptée par Aug. de Saint-Hilaire. Quant à l'appauvrissement d’une plante au 
bénéfice du fruit ou de la graine, ce ne peut étre de l'épuisement à propre- 
ment parler : c'est plutót une suite de la végétation de l'axe pour la maturation 
du fruit, laquelle a toujours lieu dans les circonstances normales. La végé- 
tation axile qui se poursuit au travers d'une fleur est, comme nous l'avons fait 
voir, un argument contre le prétendu épuisement que manifesterait l'époque 
de la floraison, et pourtant, s'il y avait langueur dans le mouvement de la 
plante, ce fait d'exubérance ne se produirait pas. Les cas. d'avortement ne 
peuvent pas davantage étre rapportés à l'alanguissement, non plus que les 
pélories, ni la plupart des transformations que l'on attribue à la métamor- 
phose et aux monstruosités et qui sont l'expression du contraire. 

Déjà, dans notre notice ayant trait à la théorie de l’anaphytose (2), nous 
avions fait remarquer la concordance des opinions de Goethe et d'Aug. de Saint- 
Hilaire concernant la doctrine de l'épuisement de la plante dans la formation de 
Ja fleur. Aujourd'hui, en insistant sur les motifs que nous venons d'exposer de 
nouveau contre la valeur scientifique des opinions de ces savants sur la matière, 
nous poursuivons dans l'ordre d'idées qui nous a suggéré cette critique. 
Ce sera encore la question de savoir ce que peut étre la signification de cette 
doctrine. Nous ne doutons nullement qu'Aug. de Saint-Hilaire, avec l'expé- 
rience dont il faisait preuve, n'ait eu des raisons bien fondées sur quelques-uns 
des caractères du phénomène qu'il qualifie d'épuisement et de défaut de vigueur 
dans la végétation habituelle de la plante. Or nous croyons devoir faire ressortir 
ici le fond de la conception de ce célébre morphologiste. 

Nous avons, plus haut, fait pressentir que, pour la floraison, un ralentisse - 
ment, quelque momentané qu'il soit, dans le cours de la séve, est nécessaire. 
Aug. de Saint-Hilaire, à propos de la végétation du rameau, a dit aussi, en sou- 
tenant la thèse de l'épuisement, que le rameau étant arrivé à son apogée par 
la force d'expansion, bientôt cette force cbmmence à diminuer, et le rameau 
revient par épuisement à peu près au point où il était d'abord par faiblesse (3). 


(4) La Métamorphose des plantes, avec atlas, édition de Ch. Martins, p. 219. 
(2) Mémoires de la Société d'ému!ation du Jura, année 1870, 
(3) Leçons de morphologie, pp. 224-225. 


918 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Si nous voulons interpréter cette proposition dans toute sa rigueur, no s 
dirons à notre tour que le travail de la segmentation de la plante (qui fait 
l'objet de cette dissertation) peut fort bien, et méme nécessairement, comme 
pour l'acte de la floraison, causer du retard dans la croissance du rameau, 
surtout s'il est peu feuillé; mais sans aucun doute cette croissance aura. pour 
effet, dans les cas ordinaires, de donner lieu à une multiplication plus ou 
moins nombreuse de segments ou anaphytes. Or cela se fait généralement 
pour la production de la feuille d'abord, puisque c'est elle qui indiquele point 
segmenté. Ces mêmes points s'offrent en plus grand nombre dans un rameau 
foliacé, par suite de cette sorte de temps d'arrét que nous concevons comme 
étant l'une des causes de l'anaphytose. Selon nous, il faut, pour que la seg- 
mentation se forme, qu'il survienne un ralentissement dans le cours et le 
mouvement de la séve : c'est le moment de l'apparition d'un ou de plusieurs 
bourgeons ; il y a là intermittence dans la. marche de la séve, le vis insita 
éprouve une stase qui permet au liquide qui en est l'agent de déposer du 
parenchyme qui précisément donne lieu à la formation des bourgeons. On 
peut de prime abord le supposer, puisqu'une augmentation de température 
donne lieu à l'allengement plus rapide des mérithalles; du reste, il est naturel, et 
sans que cesoit une preuve de faiblesse, que les derniers segments d'un rameau 
soient plus courts que ceux qui les précédent, puisque ceux-ci s'allongent 
continuellement à la faveur du mouvement végétatif ; ce ralentissement semble 
ainsi plus fréquent au fur età mesure de la formation des segments supérieurs, 
lesquels sont nécessairement plus jeunes et partant plus courts. Un rameau 
attire d'autant plus de séve qu'il acquiert plus de diamètre. D'un autre côté, 
lorsque l'humidité et la température activent la végétation, on voit des arbres 
et des plantes lancer des jets ou anaphytes tout d'une venue et très-allongés, 
la séve n'ayant pas éprouvé de temps d'arrét pour développer plusieurs seg- 
ments, et l'on peut citer bon nombre d'exemples de ce fait (1) parmi les 
Synanthérées. On observe, dans les rameaux de beaucoup de végétaux, qu'à 
mesure de la chute des feuilles et du grossissement de ces rameaux, les points 
segmentaires s'effacent à l'extérieur, ainsi qu'il arrive pour les rameaux des 
Coniféres ; certains arbrisseaux, tels que le Sureau, offrent les segments de 
leurs rameaux très-distincts ; le point segmentaire où s'opere la soudure des 
deux segments contigus ne donne lieu qu'à; un léger étranglement opéré par 
des fibres libériennes, mais n'interrompant pas le cylindre central de paren- 
chyme médullaire pour certains végétaux. L'obscurité exclut la formation des 
mérithalles : ainsi une pomme-de-terre, dans l'obscurité d'une cave, lance des 


"T 


(4) Leontodon hirtus, Hyoseris fœtida, Hieracium cymosum, Hypochæris radicata; 
Doronicum Pardalianches, Dans d'autres genres, le Scabiosa Columbaria, le Betonica 
purpurea, Fritillaria imperialis, Agapanthus umbellatus, Yindépendanee de la tige 
dans ces plantes par rapport à la feuille nous semble évidente, cette tige partant du 
collet de la racine. Wages i 


SÉANCE DU 27 jvuIN 1873. 219 


pousses incolores et sans feuilles : dans l' Hypochæris radicata, la nourriture 
que reçoit des feuilles radicales bien développées le jet qui part du collet, 
détermine l'accroissement rapide de ce jet sans que le plus souvent il y appa- 
raisse des feuilles ou des bifurcations, ni par conséquent des segments. Dans 
une plante à racines tracantes, le mérithalle ou segment formé entre deux 
tiges énracinées ne s'allonge plus, il n’a plus l'indépendance dont jouit le 
mérithalle du Fraisier cultivé qui s'étend librement sur le sol. Tandis que le 
Stellaria uliginosa, V Utricularia vulgaris, Ye Nymphea alba, Ye Triticum 
repens, le Thlaspi campestre, le Scirpus palustris, etc., pratiquent leur 
segmentation sous terre, la première portion de la tige de l’ Erodium cicu- 
tarium se forme également entre deux terres, mais dans cette portion cette 
tige est succulente et les segments sont rapprochés au point de simuler un 
rhizome. Aug. de Saint-Hilaire veut que l'extréme raccourcissement des entre- 
ncuds ait pour cause le défaut d'énergie vitale dans la portion supérieure 
du rameau; il pense aussi que la méme cause donne lieu à la production 
du pédoncule qui doit porter une fleur (1). Nous croirons au contraire que, 
dans ce dernier cas, c'est l'énergie végétative qui développe le pédoncule. 
La recrudescence du mouvement de la séve au mois d'aoüt démontre que 
ce liquide s'est ralenti dans son ascension pour donner lieu à la floraison, et 
parfois à la fructification. Or ce retour de séve est favorable à ce dernier 
travail : on sait d'ailleurs l'utiliser pour la greffe et pour la taille. L'arboricul- 
teur a vu, en pratiquant la greffe, que les incurvations ou les coudes sont 
propres à retarder la marche de la séve et à mettre les arbres à fruit, puis par 
la taille donner lieu à une floraison plus abondante. La nature, dans son pro- 
cédé (la segmentation), a trouvé avant l'homme le moyen de disposer d'abord 
de l'action de la séve pour un résultat général, en en modérant le cours. Aug. 
de Saint-Hilaire concevait comme un fait d'affaiblissement ce que nous considé- 
rons comme un fait de ralentissement; il y voyait un effet irrégulier soit d’alté- 
ration des organes, soit de métamorphose, tandis que, constaté dans la seg- 
mentation, ce ralentissement s'opere dans une mesure mathématique, par une 
action de tous les instants combinée pour la marche comme pour la stase (2). 
C'est sous ce point de vue qu'il faut étudier ce que l’on pourrait appeler, pour 
rentrer un instant dans les idées de Gæthe, les métamorphoses incessantes 
de la plante. De son côté, M. Schultz s’en est tenu à constater le fait de Par- 


(4) Leçons de botanique, pp. 104-105 et 132-133. — : 
(2) Nous pouvons offrir un exemple vulgaire de cette incessante segmentation dans la 


Renouée (Polygonum aviculare). La variété dressée de cette plante, lorsqu'elle se met 
à fleurir, pousse en méme temps au collet, ainsi que le long dela tige-mére et des ra- 
meaux, de nouveaux bourgeons qui, à peine convertis en tigelles de la longueur de 2 mil- 
limétres, donnent immédiatement des fleurs, et ces fleurs se multiplient tout 1 été. Du 
reste l'allongement des mérithalles a lieu de bas en haut par une suite nécessaire de la 
végétation; mais dés le commencement de la saison, cette végétation s'effectue avec une 
lenteur remarquable. 


220 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


ticulation et de la ramification, sans en déduire la cause. Pour Aug. de Saint- 
Hilaire, son idée d'affaiblissement s'est fixée sur un phénomène réel, mais il 
l'a faussement interprété. Enfin l'articulation et la ramification que réalise la 
segmentation par anaphytose sont, selon nous, des produits de l’épigenèse. Nous 
nous faisons un devoir, dans cette occurrence, de nous appuyer, ainsi que 
nous l'avons déjà fait (4), de l'opinion de M. Charles Royer sur la nature de 
la fleur. 

MM. Schultz-Schultzenstein et Trécul condamnent avec raison l'emploi des 
mots axe et appendice. La notion d’axe, selon le botaniste allemand, est aussi 
peu déterminée que celle d'appendice, et n'est tout au plus qu'une abstraction 
mécanique (2). A propos de ces mêmes expressions, M. Trécul dit que si l'on 
supprime celle d'appendice, et si l'on consent à regarder les feuilles, les 
sépales, les étamines et les carpelles comme de simples ramifications de la tige, 

n'y a plus aucune difficulté à se figurer des étamines naissant sur des pé- 
tales, une corolle naissant sur un calice, un bourgeon naissant sur une feuille, 
tout en conservant aux organes les noms que leur ont donnés les créateurs de 
la science. Ce savant conclut que les branches d'une tige, les feuilles et les 
diverses parties de la fleur, ne sont que des formes particulières de la rami- 
fication, destinées à remplir des fonctions différentes (3). Nous ferons remarquer 
qu'en ce point les idées de M. Trécul se rapprochent de celles qui ont donné 
lieu à la doctrine positive de l'articulation et de la ramification. 


SÉANCE DU 14 JUILLET 1373. 


PRÉSIDENCE DE M. CORDIER, ANCIEN PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ, 


En prenant place au fauteuil, M. le docteur Gordier présente les 
excuses de M. Decaisne, président de la Société, empéché de se 
rendre. à la séance. | 

M. de Schenefeld, secrétaire général, rentré à Paris aprés une 
absence de huit mois, exprime à ses confrères la satisfaction qu'il 
éprouve de se retrouver au milieu d'eux, et adresse à MM. les 
membres du secrétariat ses vifs remerciments pour le dévouement 
et l'obligeance avec lesquels ils ont bien voulu, durant ce laps de 
temps, le remplacer dans la plupart de ses fonctions. 


' (4) Dans notre mémoire : Gœthe et ie livre de la Mélamorphose des plantes, Besan- 
con, 1870. 


(2) Actes du Congrès de botanique, 1867, p. 404. 


(3) Observations sur la nature des différentes parties de la fleur [ Bulletin, t. XIX, année 
1872 (Revue bibl.), p. 166]. 


SÉANCE DU 14 JUILLET 1873. 221 


M. Roze, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance 
du 27 juin, dont la rédaction est adoptée. | 

À propos de la stérilité du Lysimachia Nummwularia, dont il 
avait été question au procès-verbal, M. l'abbé Chaboisseau dit qu'il 
ne croit pas que cette plante soit en réalité constamment stérile, 
attendu qu'il a été publié quelques observations sur la maturation 
de ses fruits. 

Par suite des présentations faites dans la derniére séance i 
M. le Président proclame l'admission de : 


MM. GorN (Auguste), libraire-éditeur, rue des Écoles, 62, à 
Paris, présenté par MM. Decaisne et Duchartre. 
FAURE, aide de botanique à la Faculté de médecine de Mont- 
pellier, présenté par MM. Ch. Martins et Eug. Fournier. 
Pour (Henri de), commissaire des Messageries maritimes, 
rue de la République, 37, à Marseille, présenté par 
MM. Decaisne et de Schænefeld. 


M. le docteur Nyman fait hommage à la Société, de la part de 
M. Peterson, d’une lithographie que cet artiste a exécutée, d’après 
le portrait à l'huile, de grandeur naturelle, de Linné, qui se trouve 
dans la salle de l'Académie des sciences de Stockholm. 

M. le Président prie M. Nyman de vouloir bien transmettre 
à M. Peterson les. remerciments qu'il lui adresse au nom de la 
Société botanique de France. 

M. de Scheenefeld émet le vœu que ce beau portrait soit encadré 
avec soin et placé dans la bibliothéque de la Société. 

Lecture est donnée du rapport de la Commission nommée pour 
rendre compte de l'ouvrage de M. Duvillers, intitulé : Créations de 


parcs et de jardins (À) : 


RAPPORT DE M. Henry VILMORIN. 
(Paris, 1er juillet 1873.) 


M. Duvillers, architecte et constructeur de jardins, vient de terminer un 
grand ouvrage, fort intéressant pour les amateurs et les jardiniers, comme 
pour les horticulteurs et les botanistes. C'est la description d'une cinquantaine 
de jardins ou parcs dessinés et créés par lui dans les différentes régions de la 

(4j La Commission chargée de présenter à la Société un rapport sur l'important 


ouvrage de M. Duvillers et nommée dans la séance du 14 juin 1872, se composait de 
MM, Chatin, Eug. Fournier et H. Vilmorin [voyez le Bulletin, t. XIX (Séances), p. 222]. 


922 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


France, et méme à Tiflis en Géorgie. La plupart de ces créations sont de pur 
agrément; quelques-unes accompagnent une exploitation rurale, et deux entre 
autres sont spécialement destinées à servir à l'enseignement de la botanique. 
Il est inutile de faire ressortir la valeur technique et horticole d'uu pareil 
travail qui, coudensant l'expérience d'une longue carrière, présente l'exemple 
et l'application des règles de la construction à côté du précepte, et montre 
comment une main intelligente sait tirer parti des éléments divers que lui 
fournit la nature, et les fait contribuer à la perfection de son œuvre. 

Nous devons laisser à d'autres juges, plus compétents, le soin d'apprécier 
l'ouvrage de M. Duvillers, au point de vue de l'art du constructeur et du dessi- 
nateur; nous nous bornerons à quelques réflexions sur la portion horticole 
ou botanique du travail, c'est-à-dire sur le choix des végétaux employés et sur 
le parti qui en a été tiré pour produire les différents effets qu'a en vue le dessi- 
nateur de jardins dans toute création de son art. 

Qu'il nous soit permis, à ce propos, de signaler comme fâcheuse la tendance 
qui existe chez un grand nombre de dessinateurs de jardins, à couler pour 
ainsi dire toutes leurs créations dans le méme moule, non pas tant au point de 
vue du dessin et de l'étendue qui varient nécessairement avec le terrain à 
planter, que par l'emploi systématique des mêmes plantes et la recherche des 
mêmes effets. Des corbeilles unicolores semées de place en place ; comme 
fond, des massifs de verdure sombre, des arbres toujours verts, le plus souvent 
isolés sur des gazons, voilà ce qu'on rencontre le plus souvent dans les jardins 
de création récente, du nord au midi de la France, le long de toutes les 
lignes de chemin de fer, et quelles que soient les conditions de climat, d'expo- 
sition, de nature du terrain. Des effets aussi peu variés peuvent s'obtenir avec 
un nombre trés-réduit d'arbres et de plantes: aussi voit-on une centaine 
d'espéces, d'une multiplication facile, s'expédiant par milliers, suffire à peu 
prés à peupler tout ce qui se crée annuellement de jardins de ce genre. 

Nous devons rendre à M. Duvillers la justice de dire qu'il a évité, dans une 
grande mesure, la fâcheuse tendance dont nous parlons. Sans doute il Jui a fallu 
tenir compte des ressources que présente le commerce horticole et employer 
de préférence les espèces qui se trouvent en grand nombre, mais il a su aussi 
sortir de la route commune et tirer parti des ressources qu'offraient dans les 
arbres indigènes ou étrangers les diversités de port et de dimension, de légè- 
reté ou de lourdeur dans le maintien, de forme et de couleur dans le feuillage. 

Il y a, dans plusieurs de ses parcs, des efforts très-louables, et nous l'espérons 
couronnés de succès, pour tirer, des contrastes ainsi obtenus, tous les effets 
qu'on en peut attendre. 

C'est là un premier point dont nous devons savoir gré à M. Duvillers. Un 
autre mérite, c'est d'avoir varié, avec les conditions de sol et de climat comune 
avec la nature de la création, le choix des végétaux employés et de ceux surtout 
qui donnent à l’œuvre son caractère particulier. C'est ainsi que l'auteur a su 


SÉANCE DU 11 JUILLET 1873. 223 


faire usage, dans ses jardins de Marseille, de Nice, et méme de Montélimar, 
de plantes qu'il n’a pas employées dans le sud-ouest, où sans doute elles 
auraient ógalement bien vécu, mais auraient paru nioins à leur place. 

A côté de ces éloges mérités, M. Duvillers nous permettra de lui faire une 
observation. Les noms de plantes et d'arbres dont il se sert sous leur forme 
scientifique ne sont pas toujours corrects. Il vaudrait mieux appeler les végétaux 
cultivés par leurs noms vulgaires que d'employer les appellations bâtardes et 
souvent erronées qui ont trop fréquemment cours dans l'horticulture. 

En somme, l'ouvrage de M. Duvillers est un document important, signalant 
les progrès que l'art de dessiner les jardins a faits de notre temps, ét qui à côté 
de son incontestable mérite d'exécution, présente un véritable intérét pour 
tous les amateurs d'horticulture. 


Lecture est donnée de la note suivante, communiquée par 
M. Maurice Tardieu: 


La Société des amis des sciences naturelles de Rouen a fait une excursion 
le 8 juin dernier à Vernon (Eure). 

M. le docteur Emmanuel Blanche, qui présidait la réunion, a recueilli sur 
le coteau de Sainte-Catherine le Sedum dasyphyllum. C'est une localité nou- 
velle pour la flore des environs de Paris. 


Lecture est donnée de la communication suivante, adressée à la 
Société : 


DE L'ORTHOGRAPHE DE QUELQUES DÉNOMINATIONS DE PLANTES, par BE. D. CLOS. 


(Toulouse, juin 1813.) 


I. Faut-il écrire Quercus Tauzin avec Persoon (Enchir. 571), ou O. Toza 
avec Bosc et de Candolle, ou Q. Tauza avec Desfontaines et Saint-Amans, ou 
Q. Tozza avec MM. Grenier et Godron, Gillet et Magne? 

Bosc écrit: «le Chêne Z'auzin ou Toza » (Nouv. Cours d'agric.) ; De Can- 
dolle : « il est connu sous les noms de Zauzin, Zauza... » ou encore : « la 
var. 4 qu'on désigne sous les noms de Chéne... fauzin » (Flore franç.). Se- 
condat, qui l'a distingué l'un des premiers, l'appelle Zauzin, et cette méme 
dénomination vulgaire est appliquée à ce Chêne par Thore, dans sa Flore des 
Landes, oà il figure sous le nom de Quercus nigra. 

Je lis dans les Nouveaux Mémoires, de Palassou, pour servir d lhis- 
toire naturelle des Pyrénées (4823), p. 125 : « On trouvait en outre en Béarn 
des bois de Zauzins. M. Le Bret... rapporte dans ses manuscrits qu'il existait 
des Chênes /auzins dans les bois de Castelnau », et Palassou cite encore un 
passage des fors et coutumes du Béarn, portant : « Qui escorchera quasso o 

touzin, pagara au senhor deü bosq sieys soos morlàas.... » ] 


292A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Enfin je reléve dans mon dictionnaire manuscrit des noms patois et popu- 
laires des plantes : 7aouzin (Saint-Béat, Landes), Tauzin, Tauza (Landes, 
Pyrénées), Zaouzin (Gers), Tausin, Tauzu(Béarn), Taouzy (Basses-Pyrénées), 
Tauzi (Hautes-Pyrénées). Je conclus qu'il faudra écrire Quercus Tauzin et 
par droit de priorité et parce que c'est de toutes les variantes la plus connue. 

II. Quelle orthographe préférer de Pensée ou de pansée pour Viola de la 
section Melanzum? Amoreux s'est prononcé en faveur de la seconde, la faisant 
dériver de paousée à cause de la ressemblance de la fleur de ces plantes avec 
les couleurs du paon (Quest. et observ. philol. p. 22). Je cherche en vain 
dans les phytographes du xvi* siècle quelque argument à l'appui de cette éty- 
mologie. Mizauld écrit Pensée, et on lit : 1? dans Olivier de Serres et dans 
Lobel : « menues pensées »; 2° dans J. Bauhin : de la Pensée ; 3° dans Ruellius: 
« Violæ inodorz genus esse putaverim, quam vulgus Gallicum penseam vocat » 
(De stirp. hist. p. 595); 4° dans Dodoéns : « Galli flores Pensées nuncupant, 
qua etiam appellatione Barbantis ac vicinis Belgis innotuere » (Pempt. p. 155): 
En wallon pe?nsaze. « M est probable, dit M. Littré, que le nom de cette fleur 
a été déterminé par quelque rapport aujourd'hui inconnu avec pensée », opé- 
ration de l'esprit. « Le peuple n'était-il pas poéte..., s'écrie à son tour M. Le 
Héricher, quand il a appelé Pensée cette Violette au regard doux et profond, 
étalée et penchée, comme épanouie en dedans, et contemplant en elle-même 
la nature qui s'y réfléchit avec toutes ses riches couleurs? » (Z'ssa? s. Flore 
popul. de Normandie, p. 42.) 

Jean Ray écrivit en anglais Pansies (Hist. plant. 3052). 

A défaut de documents plus précis, il convient, ce semble, de conserver 
l'orthographe adoptée. IL serait intéressant de consulter, à propos de cette 


question, l'orthographe de la plante dans les poésies du moyen áge, si tant est 
qu'elle y soit mentionnée. 


M. de Seynes communique à la Société de nouvelles observations 
qu'il a faites sur la végétation des mycéliums à la surface ou dans 
l'intérieur des liquides. Il a reconnu l'accumulation de la cellulose, 
bleuissant par l'iode, dans les cellules sphériques du mycélium d'un 
Penicillium glaucum Lk, ayant végété longtemps à la surface d'un 
liquide trés-chargé de gomme arabique. 

Relativementà la formation de la cellulose dansles vésicules mycé- 
liques, dont M. de Seynes attribue l'origine au sucre ou à la gomme 
contenus dans le liquide où se trouve immergé le Penicillium, 
M. Roze fait remarquer que ce fait expliquerait tout au moins les 
effets identiques que présente la nutrition de certains Champignons 
entophytes. Il cite à ce sujet les conceptacles'des Péronosporées, qui 
donnent toutes les réactions de la cellulose et dont le développe- 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 955 


ment pourrait s'effectuer aux dépens des liquides sucrés élaborés 
par la plante-mére. | 

M. de Seynes dit qu'il partage cette opinion, et que les Lichens 
pourraient également fournir des rapprochements identiques. 

M. le Président déclare close la session ordinaire de 1872-1873. 
Il invite MM. les membres à se rendre à la session. extraordinaire 
qui s'ouvrira à Bruxelles le 15 de ce mois. La Société se réunira 
de nouveau à Paris le 14 novembre. 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


En prenant place au fauteuil, M. le Président déclare ouverte la 
session ordinaire de 1873-74. 

M. Roze, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance 
du 11 juillet, dont la rédaction est adoptée. 

M. le Président annonce trois nouvelles présentations. 

Lecture est donnée de lettres de MM. Henri de Poli (de Marseille), 
Élie Marchal (de Bruxelles) et Victor Treille (de Roanne), qui 
remercient la Société de les avoir admis au nombre de ses 
membres. 

A la suite des dons faits à la Société, M. Fée lui fait hommage de 
l'important ouvrage qu'il vient de publier sous le titre de : Crypto- 
games vasculaires du Brésil (Fougéres, Lycopodiacées, Hydroptéri- 
dées, Équisétacées), 2° partie, Supplément et révision, matériaux 
pour une flore générale de ce pays ; in- quarto, avec de nombreuses 
planches. : 

M. le Président remercie M. Fée, et offre à la Société, au nom de 
M. G. Thuret, un exemplaire de son mémoire Sur la conservation 
des graines dans l'eau de mer. 

M. le Secrétaire général présente à la Société, de la part de 
M. Weddell, son nouveau mémoire Sur les Lichens observés au 
jardin de Blossac à Poitiers (1). | 

M. le Président fait part à la Société des très-regrettables pertes 


(4) Ce travail est une seconde édition de la notice que M. Weddell a présentée à Ja 
Société en 1869 et qui a été publiée dans le Bulletin, t, XVI (Séances), pp. 194 et suiv, 


TX. (SÉANCES) 15 


226 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


qu'elle a faites dans la personne de deux de ses membres les plus 
dévoués, tous deux ses anciens présidents : M. Antoine Lasègue, 
décédé à Châtillon (Seine), le 6 août; et M. Antoine-Frangois 
Passy, décédé à Paris, le 8 octobre dernier. Il adresse à la Société 
l'allocution suivante : 


Messieurs, 


Parmi les confréres que la mort nous a enlevés, nul ne rappellera des idées 
plus douces, une vie plus simple et plus laborieuse, des souvenirs plus chers 
à la Société botanique de France que M. A. Lasègue, dont la longue carrière 
s'est terminée à Châtillon près Paris, le 6 août, à l’âge de quatre-vingt-un ans. 
Il semble d'abord que la mort d'un vieillard soit un événement naturel 
et prévu, et que cette pensée doive diminuer l'amertume des regrets qui 
l'accompagnent. Cependant était-ce là l'impression que nous éprouvions 
autour d'une tombe oü allait descendre le confrére aimable que nous avons 
connu? était-ce le sentiment qu'exprimaient les principaux habitants de la 
commune dont M. Lasègue était depuis longtemps l'un des officiers muni- 
cipaux? Non; l'homme ne s'habituera jamais à la douloureuse nécessité de 
se séparer éternellement de ceux qu'il estime et qu'il aime. Quelque tard que 
vienne le jour supréme, il nous parait toujours se lever avant l'heure, et 
quelque prévue que soit la fin d'un confrère, elle n'en demeure pas moins 
cruelle. 


Né à Paris, le 12 juillet 1793, d'une famille modeste, Antoine Laségue 
se forma seul; à peine entré au Prytanée de Compiègne, et bien que fils de 
veuve, il n'en fut pas moins incorporé dans l'armée et envoyé en Allemagne à la 
fin des dernières et terribles années de l'Empire. M. Lasègue assista à plusieurs 
actions, et paya ainsi à l’âge de vingt ans sa dette à la patrie. Rentré en France 
et libéré en 1815, il ne tarda pas à étre attaché, en qualité de secrétaire, à la 
maison particulière de Madame, duchesse d'Angouléme, où il employa ses loi- 
sirs à l'étude des langues pour lesquelles il avait une aptitude particulière, et 
dont il devait plus tard utiliser les connaissances dans ses fonctions de biblio- 
thécaire. La révolution de 1830, en le privant de son emploi, lui procura cepen- 
dant une position plus en harmonie avec ses goüts : M. Benjamin Delessert 
l'adjoignit en qualité de bibliothécaire à A. Guillemin, conservateur spécial 
de ses herbiers. — 

Le cabinet botanique de M. B. Delessert était loin d'avoir vers cette époque, 
Messieurs, l'importance que nous lui avons connue ; il occupait deux pièces 
dans son hôtel de la rue du Coq-Héron; ses collections de plantes, peu con- 
sultées, se composaient des herbiers de Ventenat, de Thunberg, de quelques 
paquets de plantes recueillies par Palisot de Beauvois, etc.; la bibliothèque, 


SÉANCE DU AÅ NOVEMBRE 1873. 297 


pour ainsi dire en germe, ne dépassait pas en étendue nos collections parti- 
culières. Ach. Richard en était le conservateur, Mais cet état de choses allait 
bientôt changer, lorsque M. B. Delessert vint habiter, rue Montmartre, le 
magnifique hôtel d'Uzès, aujourd'hui démoli. Persuadé que les sciences 
naturelles ne peuvent exister sans appui, et que la botanique en particulier 
réclame à la fois des collections et des livres, M. B. Delessert résolut d'entre- 
prendre seul ce que les nations les plus éclairées n'ont fait souvent qu'avec 
peine : il créa, cn peu d'années, son musée et son incomparable bibliothèque. 

Le gouvernement de la Restauration reprenait alors les anciennes tradi- 
tions, en ordonnant coup sur coup, pour la gloire de sa marine, des voyages 
de circumnavigation. Les corvettes l Uranie, l'Artémise, la Chevrette, la 
Thétis, la Coquille, après de brillants travaux hydrographiques, rentraient 
dans nos ports chargées d'immenses coilections d'objets d'histoire naturelle s 
Perrottet revenait des Moluques; Poiteau parcourait la Guyane en qualité de 
botaniste du Roi; Bélanger se rendait à Pondichéry en traversant la Perse; 
D'Urville venait d'explorer les côtes de la mer Noire ; on organisait la Com- 
mission de Morée, et Jacquemont préparait son vovage dans l'Himalaya. 
M. Delessert aidait puissamment par sa fortune ce mouvement extraordinaire 
en faveur de la botaniqué. Au moment où Bertero lui adressait du Chili ses 
admirables collections, il se rendait acquéreur des grands herbiers de Sieber, 
d'Ecklon, de Drège et de Patrin. Cette généreuse initiative trouva sa récom- 
pense, lorsqu'en 1829 l'honorable Compagnie des Indes lui offrit l'une des 
plus nombreuses collections de plantes recueillies dans l'empire Birman et le 
Népaul par Wallich, attaché à la célébre mission de John Crawford. Tout 
affluait chez M. Delessert, et c'est au milieu de ses galeries qu'il a offert pen- 
dant prés d'un quart de siècle, à tous les botanistes du monde, « une hospita- 
lité magnifitque et simple », à laquelle il se faisait un devoir d'associer ses deux 
conservateurs Guillemin et Lasègue. 

Notre confrére a voulu laisser, pour l'histoire de la botanique francaise, un 
témoignage de cette libérale institution, en publiant un ouvrage intitulé : 
Musée botanique de M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de 
plantes et la bibliothèque qui le composent, avec cette heureuse épigraphe 
empruntée à l'éloge de sir Joseph Banks par Cuvier : « L'accueil du maitre, 
» une bibliotheque riche, des collections que l'on aurait vainement cherchées, 
» méme dans les établissements publics, y attiraient les amis de l'étude, » 
M. Laségue a retracé avec fidélité dans ce livre l'image du développement de 
notre science dans la premiere moitié du siecle. Il possédait pour l'accom- 
plissement des fonctions dont il était chargé, les qualités essentielles : l'amour 
de l'ordre et la passion des livres ; aussi ne négligeait-il aucune occasion d'en- 
richir le précieux dépôt dont il resta chargé jusqu'à la mort de M. François 
Delessert, entre les mains pieuses duquel avaient passé, en 1847, les collec- 
tions scientifiques de son frére Benjamin. 


298 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Les associations ou établissements publics ont sur les individus ce privilége 
qu'ils résistent aux coups de la mort et qu'ils continuent leurs œuvres malgré 
la perte des hommes qui les dirigent. Nous partagions les espérances de 
M. Laségue; nous comptions voir à jamais la France en possession des 
immenses richesses réunies par les Delessert, et si nécessaires à nos travaux ; 
mais on en décida tout autrement : l'herbier passa à Geneve et la bibliothè- 
que, arrétée désormais dans son accroissement, fut offerte à l'Institut. 
M. Laségue, dont la vie se trouvait pour ainsi dire liée à la conservation du 
musée Delessert, se trouva ainsi brusquement sans emploi ; mais il supporta 
ce coup avec la résignation d'un sage. i 

- M. Alph. de Candolle lui avait consacré un genre de plantes de-la famille 
des Apocynées. Notre Société, aprés l'avoir élu Président en 4869, voulut en 
outre témoigner à notre confrére sa gratitude pour les longs services qu'il 
avait rendus ; elle lui offrit, dans une séance intime tenue le 18 décembre (1) 
et par les mains de l'illustre doyen de la section de botanique de l'Institut, 
M. Brongniart, une coupe d'argent ciselée sur laquelle l'artiste. sut rappeler 
avec autant de délicatesse que de talent les titres de M. Lasègue à notre 
reconnaissance. 

A partir de cette époque, notre confrére s'adonma tout entier à la littéra- 
ture; sa bonté constante, son amabilité tranquille, alliée cependant à une rare 
fierté de caractère, lui permirent de traverser la vie sans éprouver d'autre 
chagrin que celui que venait de lui causer la dispersion des trésors dont il 
avait eu si longtemps la garde. 

Marié très-jeune, jamais union ne fut plus douce, et la Providence lui 
accorda le bonheur, presque sans exemple, de s'éteindre près d'une com- 
pagne à laquelle il fat uni pendant environ soixante ans, et dans les bras d'un 


fiis qui perpétue avec éclat, dans l'enseignement de la médecine, le nom 
vénéré de notre confrère. 


M. de Schenefeld demande la parole et s'exprime en ces termes : 
Messieurs, 


Depuis notre dernière réunion, la mort a cruellement frappé dans nos 
rangs. A la perte si regretiable de l'excellent M. Lasègue, dont notre honorable 
Président vient de vous entretenir, nous devons ajouter celle, non moins dou- 
loureuse pour nous, de M. Antoine Passy, membre de l'Académie des sciences, 
décédé à Paris le 8 octobre. 

Notre ami M. le docteur Cosson, chargé par l'Académie de rédiger une notice 
sur la vie et les travaux de son confrère, va vous exposer le résumé des re- 
cherches biographiques auxquelles il a dû se livrer. Je vous demande seule- 
ment la permission, Messieurs, de vous rappeler en quelques mots le titre 


(1) Voyez le Bulletin, t. XVI (Revue), p. 236. 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 229 


principal de M. Passy à notre reconnaissance et à nos profonds regrets. Ce 
titre, ne l'oublions jamais, c'est celui de fondateur de la Société botanique 
de France. 

Sans lui, sans son heureuse initiative, sans sa prodigieuse activité, sans l'in- 
dépendance et l'influence que lui donnait sa haute position sociale, jamais 
peut-étre les botanistes francais ne seraient parvenus à se grouper entre eux, 
à s'adjoindre un grand nombre d'éminents confrères étrangers, et à former 
ainsi un faisceau désormais, nous l'espérons, indissoluble, et dont les résul- 
tats sont si heureux pour la science et pour chacun de nous. 

Au commencement de l’année 185^, M. Antoine Passy venait de prendre 
une part trés-active à la fondation de la Société zoologique d'acclimatation. Le 
succés de cette entreprise lui suggéra l'idée, de concert avec notre ami bien 
regretté M. Louis Graves, de fonder une association de botanistes, sur le mo- 
dèle de la Société géologique, à l'établissement de laquelle il avait aussi puis- 
samment contribué vingt-quatre ans auparavant. 

M. Passy, par des lettres signées de lui et de M. Graves, invita à se réunir 
chez lui un certain nombre de botanistes, savants ou amateurs, dont le con- 
cours lai paraissait le plus désirable et avec lesquels il était personnellement 
en relation. Quant à moi, Messieurs, je n'avais pas encore alors l'honneur de 
le connaitre ; et, si je fus au nombre des invités, je dus cette faveur à l'affec- 
tion dont voulait bien m'honorer M. Graves, et aussi à l'influence de 
M. Cosson, dont l'amitié se préoccupait de la profonde affliction dans laquelle 
à cette époque un deuil de famille bien douloureux m'avait plongé, et qui 
voulait m'en distraire en créant à mon besoin d'activité une utile et honorable 
occupation. 

Le dimanche 12 mars 185^, quinze personnes se réunirent dans l'élégant 
petit hôtel de M. Passy, rue Pigalle. Permettez-moi de vous rappeler leurs 
noms. C'étaient (par ordre alphabétique) : MM. de Bouis, Ad. Brongniart, 
E. Cosson, Decaisne, Duchartre, Germain de Saint-Pierre, L. Graves, le 
comte Jaubert, Alph. Maille, Moquin-Tandon, le vicomte de Noé, A. Passy, 
le docteur Puel, Robin et W. de Schænefeld. 

A la prière de M. Passy, notre illustre maître M. Ad. Brongniart voulut 
bien présider la réunion. Ea fondation de la Société botanique y fut arrétée en 
principe, et son organisation fut modelée, sauf quelques points de détail, sur 
celle dela Société géologique, organisation dont le succès de cette Société avait 
depuis longtemps montré les avantages. 

Une Commission de trois membres fut chargée de prendre toutes les me- 
sures préparatoires, de rédiger et d'envoyer une circulaire pour obtenir des 
adhésions, d'apporter aux statuts de la Société géologique les modifications 
nécessaires, et enfin de convoquer les adhérents le plus tôt possible afin de pro- 
céder à la constitution de la société nouvelle. 

Cette Commission, qui fut en quelque sorte le premier noyau du Bureau de 


230 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


la Société, se composait, en première ligne, des deux hommes éminents qui 
avaient pris l'initiative de la réunion. Le troisième membre, beaucoup plus 
jeune que les denx autres, obscur et alors bien peu expérimenté, est celui qui 
a l'honneur de vous parler en ce moment. Il se considéra bien moins, dans cette 
circonstance, comme le collégue de MM. Passy et Graves, que comme leur 
auxiliaire et comme leur serviteur dévoué dans l’œuvre utile qu'ils avaient 
résolu d'accomplir, trop heureux de faire sous de pareils maitres l'appren- 
tissage de son futur métier de secrétaire ! Suivant l'ordre de la nature, il a 
survécu à ses aînés; mais depuis lors vingt années se sont écoulées (grande 
mortalis ævi spatium!), et il a blanchi à son tour sous le harnais dont votre 
confiance a bien voulu le charger. 

A partir du 12 mars, tous les deux jours, j'allais vers quatre heures prendre 
M. Graves (alors directeur général de l'administration des forêts) au ministère 
des finances. Nous nous rendions ensemble chez M. Passy, et je travaillais 
sous leur direction ou je recevais leurs instructions pour la tâche du lendemain. 

C'est ainsi que je fus personnellement témoin de tout le dévouement avec 
lequel M. Passy s'est consacré à la réalisation de son projet ; c'est ainsi que je 
pus bien vite apprécier l'aménité de son caractère, les lumières de son esprit, 
la rectitude de son jugement, la variété et l'étendue de ses connaissances ; c'est 
ainsi que j'ai acquis, peut-être plus que tout autre, le droit et le devoir de rendre 
devant vous, Messieurs, hommage à sa mémoire et de vous rappeler les services 
qu'il a rendus à notre science bien-aimée par son initiative et son zèle éclairé, 

C'est lui qui a rédigé le premier projet de la circulaire que nous avons 
envoyée dans toute la France et à l'étranger. C'est lui qui a réuni à grand’- 
peiue les noms de la plupart des botanistes ou amateurs de botanique. C'est lui 
qui a fait de nombreuses démarches personnelles, de vive voix ou par écrit, 
pour provoquer des adhésions. C'est lui qui a modifié et approprié à notre 
association le réglement de la Société géologique. C'est lui qui a obtenu de la 
préfecture de police l'autorisation indispensable pour nos réunions. C'est lui 
enfin qui a avancé la somme nécessaire pour couvrir les premiers frais d'im- 
pression et d'une nombreuse correspondance. 

Au bout de six semaines de labeur assidu, nos efforts furent couronnés de 
succès, et nous eümes la satisfaction de pouvoir convoquer un nombre suffi- 
sant d'adhérents, qui se réunirent, sous la présidence de M. Brongniart, dans 
une salle de la rue Taranne, le 23 avril 1854, date officielle de la fondation de 
la Société. Le màme jour le Bureau définitif fut constitué, 

Heureux de voir le fauteuil présidentiel dignement occupé par l'illustre 
et savant doyen de la section de botanique de l'Institut, dés ce jour M. Passy 
se iit modestement à l'écart, et ne nous permit pas méme de le porter sur la 
liste des vice-présidents. Ce ne fut que l’année suivante que nosfsuffrages 
unanimes lui conférèrent ce titre, et ce ne fut qu'en 1856 qu'il fut appelé enfin 
aux fonctions de président, 


SÉANCE DU 1^4 NOVEMBRE 1873. 231 


A partir de ce jour aussi, M. Brongniart, et bientôt après M. Decaisne, se 
consacrèrent avec un admirable dévouement à la consolidation de notre 
Société. Certes jamais aucun de nous ne devra oublier les importants services 
qu'ils ont rendus à l’œuvre commune et qu'ils ne cessent de lui rendre en 
toute occasion ; mais, je ne saurais trop le répéter, et nos savants et honorés 
maîtres sont sans doute les premiers à le reconnaître, c'est M. Antoine Passy 
qui a pris l'initiative de la fondation de la Société botanique de France. 

En 1856, M. Passy, en qualité de président, a inauguré notre première 
session départementale à Clermont-Ferrand, et deux ans après il accomplit 
inopinément le méme devoir à Strasbourg, pour suppléer M. le comte Jaubert 
(qui lui aussi a tant de titres à la gratitude de la Société), empéché à son 
grand regret par une grave indisposition de prendre part à la session. 

Depuis lors M. Passy n'a pas cessé de siéger dans notre Conseil d'admi- 
nistration, et le précieux concours de ses lumières et de son expérience ne 
nous a jamais fait défaut. 

Je m'arréte, Messieurs, impatient de céder la parole à l'ami qui doit vous 
retracer la carrière politique, administrative et scientifique de l'homme supé- 
rieur que nous avons perdu. 

Puissent le souvenir et l'exemple d'Antoine Passy nous encourager tous à 
redoubler de zéle et d'efforts pour maintenir et accroitre de plus en plus la 
prospérité de l'association dont il a été le fondateur! 


M. Cosson communique à la Société les notes biographiques 
qu'il a réunies pour le travail dont il a été chargé par l'Académie 
des sciences, afin de rendre hommage, au nom du premier corps 
scientifique de France, à la mémoire de M. Antoine Passy (1). 

La Société s'associe unanimement à la vive expression des 
regrets qu'elle vient d'entendre, et témoigne à plusieurs reprises 
de ses sentiments par des marques de sa douloureuse sympathie. 

Lecture est donnée de la lettre et de la note suivantes, adressées 
à la Société : - ; 

LETTRE DE M. Pabbé DUPUY. 


A Monsieur le Président du Comité consultatif de la Société botanique 
de France. 
Auch, 7 octobre 1873. 


Monsieur et cher collègue, 
Étant à Saint-Béat (Haute-Garonne) il y a quinze jours, j'ai trouvé, sur les 
rochers calcaires qui avoisinent la Carriére romaine, une production qui m'a 


(4) Le travail de M. Cosson n'étant pas prét,| nous devons en ajourner la publication, 
(Nole de la Commission du Bulletin, 28 décembre 1873.) 


232 SOCIÉTÉ. BOTANIQUE DE FRANCE. 


paru être un Lichen de la: famille des Usnéacées, que je n'avais jamais remarqué 
dans les Pyrénées, où j'herborise depuis plus de quarante ans. Le rocher sur 
lequel j'ai trouvé ce Lichen est à l'exposition du midi. Je ne l'ai observé que 
sur un espace circonscrit (8 à 10. métres de long), et je l'ai vainement 
cherché sur les rochers circonvoisins ; c'est certainement une plante connue 
des lichénographes. Je vous serais très-reconnaissant de vouloir bien, après 
l'avoir soumise au Comité consultatif des plantes de France et d'Algérie (1), 
prier un de MM. les secrétaires de me faire connaitre ce que le Comité pense 
de ce Lichen. — La plante était rare, il m'a fallu du temps pour en prendre 
à peu prés le double de la quantité que je vous envoie. 


NOTE DE M. Louis GERLAUBEAS SUR QUELQUES PLANTES TROUVÉES EN FLEUR 
AU MOIS DE JANVIER DERNIER. 


(Limogne, Lot, 19 septembre 1873.) 


Voici, pour joindre aux observations consignées dans les procès-verbaux des 
17 et 31 janvier 1873 (voyez plus haut, p. 16 et 18-19), la liste de quelques 
plantes que j'ai rencontrées en pleine floraison, au mois de janvier, dans les 
environs de Limogne : 

A janvier. — Stellaria media Vill., Scabiosa Columbaria L., Draba verna 
L., Arthrolobium scorpioides DC., Helleborus fœtidus L., Bellis perennis 
L., Calamintha Acinos Clairv., Arenaria leptoclados. 

42 janvier. — Veronica polita Fr., Cornus mas L., Senecio vulgaris L., 
Linaria minor Desf., Potentilla verna L., Galanthus nivalis L., Euphor- 
bia Helioscopia L. 

26 janvier. — Tussilago Farfara L., Hutchinsia petræa. R. Br., Vinca 
minor L, 

29 janvier. — Veronica hederifolia L. 

A cette dernière date, des froids intenses sont survenus, et ont interrompu 
le développement précoce de certaines espèces, en mettant pour les autres 
un terme à la prolongation de leur floraison automnale. 


M. Vesque, attaché au laboratoire de culture de l'École des hautes 
études, fait à la Société la communication suivante : 


/ NOTE SUR LES APPAREILS LATICIFÈRES DE L'HARTIGHSEA SPECTABILIS À. Joss. 
par 9E. Julien VESQUE. 


Une des questions dont les auteurs qui ont étudié les laticifères se sont 
occupés avec prédilection est l'origine de ces canaux. Depuis le mémoire 
anonyme de 1846, dans lequel l'auteur prend les laticifères pour des. méats 


(4) Les échantillons envoyés par M. l'abbé Dupuy ont été soumis à l'examen de M. le 
D" Nylander, dont on trouvera la réponse au compte rendu de la séance du 28. novembre. 


SÉANCE DU 1/4 NOVEMBRE 1873. 233 


intercellulaires, presque tous: les auteurs, tels que Schacht, MM. Vogel, 
Hanstein, Dippel, Karsten. et Trécul, se sont élevés contre cette opinion et 
croient que les laticifères proviennent de la fusion de cellules, Ce qu'il y a de 
certain, c'est que, dans le plus grand nombre des cas, il est impossible d'obser- 
ver directement la résorption de cloisons transversales. 

Dans les plantes dont les laticifères se trouvent au milieu du tissu fonda- 
mental (écorce primaire, moelle, grands rayons médullaires), on peut les 
poursuivre généralement jusque dans les parties les plus jeunes du végétal, et 
méme jusque dans l'embryon, sans qu'il soit possible le plus souvent de 
découvrir une cloison transversale. Tout le groupe de vaisseaux laticifères 
entourés de cellules particulières sécrétrices, comme ceux des Ombellifères, 
des Clusiacées, n'ont pas de membrane propre, et ne sont autre chose que des 
méats intercellulaires (1); ces appareils appartiennent plutôt aux glandes rési- 
nifères qu'aux vaisseaux laticifères proprement dits, et doivent en être séparés 
avec soin. Enfin, chez les plantes où il existe de véritables laticiféres (non pas 
des fibres libériennes remplies de latex) dans le liber mou comme dans les 
Morées, et où, par conséquent, les laticifères sont un produit de l'activité du 
cambium, on n'a jamais observé de cloison transversale; cependant, dans ces 
plantes, ils se trouvent. dans les mémes conditions d'observation que dans 
Carica Papaya, et l'observateur devrait avoir devant lui tous les degrés: de 
développement. 

Le meilleur argument, pour l'opinion que tout le monde admet aujourd'hui, 
est le développement des laticifères dans le Carica Papaya, étudié d'abord par 
Schacht et confirmé depuis par plusieurs auteurs; là les laticifères sont dus 
àla fusion de cellules ; on y peut poursuivre pas à pas toutes les phases de 
la résorption des cloisons. ' 

En présence d'un si petit nombre d'observations directes concernant la for- 
mation des laticifères, j'ai pensé que tous les faits bien établis, ayant quelque 
rapport avec ces organes, seraient accueillis avec satisfaction, et c'est pour 
cette raison que j'ose entretenir aujourd'hui la Société des petits appareils que 
j'ai rencontrés en étudiant la structure de l'écorce de l/fartighsea spectabilis 
Juss. , une Méliacée. 

Dans l'écorce primaire, et surtout à sa limite interne, il y a des cellules qui 
paraissent plus grandes que leurs voisines et renferment d'assez gros globules 
iucolores, très-réfringents, qui ressemblent assez à des grains d'amidon, mais 
quel'eau d'iode colore en jaune : ces globules sont complétement solubles 
dans l'éther. 

La coupe longitudinale montre que ces cellules sont environ trois fois plus 
hautes que les cellules voisines ; leurs parois sont uniformément épaissies ; 
elles sont superposées en files simples légèrement ondulées, et elles se moulent 


(4) Trécul, in Ann. sc, nat. 5° série, t. V. 


234 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DË FRANCE. 


sur les cellules voisines d'une manière tout à fait caractéristique. L'ensemble 
de ces cellules ressemble complétement à un vaisseau laticifère dont les cloi- 
sons transversales, au lieu de se résorber, auraient persisté et se seraient 
développées à légal des parois longitudinales. Ces cellules sont subdivisées 
par d’autres cloisons, d’une ténuité extrême, qui se présentent, sur la coupe 
transversale, sous la forme d’arcs s'appuyant par leurs extrémités sur les 
parois de la cellule ou sur un autre arc déjà formé, et, sur la coupe longitu- 
dinale, sous la forme de courbes irrégulières, souvent bizarres. Ces cloisons 
deviennent donc des surfaces gauches de forme trés-variable. Je ne peux me 
faire, en ce moment, aucune idée ni sur la nature de ces cloisons, ni sur leur 
formation, qui est évidemment postérieure à celle des parois plus épaissies de 
la cellule. 

Dans le liber mou, il y a des cellules qui contiennent la même substance en 
globules beaucoup plus petits, Ce sont des fibres libériennes non épaissies, 
laticiferes, comme on les rencontre dans beaucoup de plantes ; cette. circon- 
stance me paraît être d'une certaine importance, parce qu'elle permet de rap- 
procher les files de cellules laticifères de l'écorce primaire des vrais vaisseaux 
laticiferes, surtout dans une plante appartenant à une famille à laquelle les 
véritables laticifères font défaut. 

Il y aurait donc là un exemple de laticiféres normalement arrétés dans leur 
développement et un nouvel arguinent pour l'opinion généralement admise 
sur la formation des laticifères (1). 

Les études auxquelles je me suis livré jusqu'ici me conduisent à séparer 
les différents appareils laticiféres en plusieurs groupes qui se distinguent 
par leurs cáractéres anatomiques, par leur origine et par. la place qu'ils 
occupent. , 

Je laisse complétement en dehors de la question les vaisseaux ponctués, 
rayés, réticulés, spiraux, qui contiennent souvent du latex, comme l'a 
montré M. Trécul. Ce sont évidemment des réservoirs d'emprunt, qui n'ont 
subi aucun changement. Viennent ensuite les fibres libériennes laticifères, 
qu'on ne compte déjà plus parmi les laticifères proprement dits. Les glandes 
des Clusiacées et des Ombellifères appartiennent au type des glandes résini- 
feres composées d'un méat intercellulaire entouré de cellules sécréteuses. 
Tous ces appareils ne sont pas de véritables laticifères. 

Parmi les laticifères proprement dits, je distingue les laticifères de Carica 


(4) Je dois faire observer que je ne considére la question qu'au point de vue morpho- 
logique et que je fais abstraction de la nature du contenu des cellules, qui pourrait être 
de la résine (ce qui est peu probable) ou de l'huile, ou une huile essentielle, aussi bien 
qu'un des produits qui constituent le latex. Ce dernier est trop peu étudié chimiquement 
pour qu'il soit possible de le faire entrer en ligne de compte. 

: D'ailleurs, MM. Hanstein et Trécul n'ont pas hésité à placer les glandes des Ombelli- 
ps et des Clusiacées parmi les laticifères, bien qu'elles sécrétent un produit évidemment 
résineux. 


SÉANCE DU 1A NOVEMBRE 1873, 235 


Papaya qui se trouvent dans le bois, qui sont de formation secondaire et ré- 
sultent de la fusion de cellules ; les laticifères du liber des Morées, qui sont de 
formation secondaire et dont on ne connaît pas l'origine; enfin les laticifères 
qui se trouvent dans le parenchyme fondamental, qui sont de formation pri- 
maire et dont l'origine n'est pas très-bien établie non plus. 


M. Duchartre fait remarquer : 


Qu'il serait fort utile, avant tout, de bien s'entendre sur ce que l'on nomme 
des Zaticifères, car on réunit sous ce nom commun des organes divers : ainsi 
de simples méats, des cellules ramifiées: et prodigieusement allongées, des 
files de cellules à cloisons détruites, etc. Il ajoute qu’en somme leur histoire 
est assez imparfaitement connue. ll croit devoir citer, à propos de la com- 
munication de M. Vesque, la description qu'en donne M. David (dans ses 
études spéciales sur les Euphorbiacées, Morées, Apocynées et Asclépiadées), 
lequel considère les laticifères comme des réservoirs à sucs propres, constitués 
par une seule cellule, qui est douée de la propriété de s'allonger d'une facon 
continue et de se ramifier de méme en divers seus. 


M. Vesque déclare qu'il lui serait difficile d'adopter cette défini- 
tion, en se basant sur ses propres recherches, notamment sur les 
cellules cambiales du Broussonetia. 

M. Duchartre rappelle à la Société qu'il l'avait entretenue, dans 
une précédente séance, d'une lettre de M. Oudemans, relative au 
Stratiotes aloides, et des renseignements qui lui avaient été déjà 
fournis sur ce sujet (1). Il donne ensuite lecture de la lettre sui- 
vante qu'il a recue de M. Grenier, et qui explique la description 
de la plante du sexe femelle donnée dans la F/ore de France : 


LETTRE DE M. Ch. GRENIER. 


Besangon, 19 octobre 1873. 
Cher collègue, 

Je rentre de la campagne, où j'étais allé chercher un peu de santé et de 
force, et je profite du peu que je rapporte pour aller droit à l'herbier ouvrir 
le carton du Stratotes et vous adresser ma réponse à votre lettre du 5 avril 
dernier, relativement à la présence, en France, des deux sexes de cette plante. 

Voici. Je ne possède cette plante que de deux provenances françaises : 
Strasbourg, où il n'y a que le sexe mâle, et Lille. Je possède trois exemplaires 
de Lille, qui m'ont été donnés par mon ami bien regretté, René Lenormand. 
De ces trois exemplaires, deux sont munis de hampes terminées par des fleurs 


(4) Voyez plus haut, pp. 70 et 78, 


236 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


máles bien préparées, et probablement récoltées par Lenormand. Le troisiéme 
exemplaire porte d'un côté une hampe munie d'une fleur mâle, et sur un 
autre point une hampe MUNIE D'UNE FLEUR FEMELLE, dout l'ovaire a acquis 
presque le volume qu'il atteint à la maturité. Get exemplaire est donc monoique, 
et non dioique, ainsi que cela a lieu ordinairement. Vous voyez pourquoi, 
dans la Flore de France, j'ai décrit les deux sexes comme français, sans sou- 
lever de discussion, et sans songer à l'anomalie que j'avais sous les yeux, et 
que j'ai traitée comme représentant pur du sexe féminin ; mais il serait facile 
de voir si, dans l'herbier Lenormand, on ne trouverait pas en quantité des 
exemplaires femelles, récoltés par Lenormand à Lille, ce qui trancherait la 
question. Un moyen plus positif serait de faire faire des recherches par les 
botanistes de Lille, et de voir directement ce qui existe. C'est peut-étre ce que 
vous avez fait faire cet été. Mais il me semble que, puisque les pieds mâles 
peuvent de temps en temps produire des fleurs femelles, on doit trouver cà et 
là des petites colonies de plantes femelles, autour des pieds sur lesquels ce phé- 
nomene a pu se produire ; à moins que les graines, provenant de ces femelles 
de hasard, influencées par l'action organique masculine de la plante-mère, ne 
produisent que des pieds mâles, ce qui n'est pas impossible. 

Voilà, trés-cher collègue, tout ce que je puis vous dite sur ce sujet. Je 
désire que cela vous soit de quelque utilité, et que dans ce cas ena ne vous 
arrive pas trop tard. 

Veuillez agréer, etc. CH. GRENIER. 


M. Duchartre fait également remarquer qu'une note d'un auteur 
anonyme, publiée dans le Bulletin de la Société botanique de Bel- 
gique (1), constate la présence du sexe femelle du Stratiotes aloides 
en Belgique, à Merxem (environs d'Anvers). 

M. de Scheenefeld dit qu'à sa connaissance les pieds mâles et 
femelles de ce Stratiotes se rencontrent assez fréquemment mêlés 
les uns aux autres dans la plupart des cours d'eau peu rapides du 
nord de l'Allemagne, oü ils obstruent quelquefois les arches latérales 
des ponts, sous lesquelles le courant est presque nul. 

M. le Président appelle l'attention de la Société sur une note 
publiée récemment par M. Al. Braun (2) et relative à un nouveau 
type de Lilas, que ce savant nomme Syringa correlata el considére 
comme un hybride du S. vulgaris e du S. persica. 


À ce sujet, M. Decaisne fait ressortir en quelques mots les différences que 


(4) Tome XII, n? 1 (1873), p. 120; La plante a été trouvée par M. le capitaine Lenars, 
en 1865, 
(2) Sitzungsberichte der Gesellschaft naturforschender Freunde zu Berlin, 1873. 


SÉANCE DU 1h NOVEMBRE 1873. 237 


présentent ces deux Lilas dans leur végétation et leur floraison, et particulière- 
ment celle qui résulte de ce que, dans le S. vulgaris, par suite de l'avorte- 
ment du bourgeon terminal, le prolongement des rameaux s'opere toujours par 
le développement des deux bourgeons collatéraux, tandis que, dans le Lilas de 
Perse et le Lilas-Varin (S. rotomagensts), le bourgeon terminal se développe 
constamment. Puis il fait remarquer qu'il en est du Lilas de Perse comme 
de plusieurs autres plantes d'ornement cultivées, par exemple du Lis blanc, 
c'est-à-dire qu'il est encore complétement inconnu à l'état sauvage. Ainsi, il 
tient de M. de Bunge (voyez notre Bulletin, t. VII, p. 27), que ce botaniste 
n'a jamais pu l'observer en Perse qu'à l’état cultivé, et de M. Boissier qu'il ne 
possède aucun échantillon de Lilas de Perse sauvage. Quant à Cornuti, qui le 
premier nous a fait connaître cet arbuste, il n'a figuré que la variété horticole 
à feuilles laciniées. M. Decaisne croit donc devoir s'associer au désir exprimé 
par M. Al. Braun, et demande qu'on s'occupe de cette plante, si répandue dans 
tous nos jardins, et dont l'origine est inconnue. 


M. Duchartre dit qu'il s’associe pour sa part au désir exprimé 
par M. le Président, mais que, parmi nos végétaux de grande 
culture, il en est un dont l'histoire serait au moins aussi impor- 
tante à connaitre que celle du Lilas. C'est de la Vigne qu'il veut 
parler. Car d’où vient la Vigne, ajoute-t-il, doit-on se ranger à 
l'opinion de M. Regel qui cherche à établir que le Vitis vinifera 
est le produit de l'hybridation du Vitis Labrusca e du Vitis vul- 
pina ? 
= M. le Président déclare que, loin de partager cette dernière opi- 
nion, il la considére comme insoutenable. 

M. Duchartre répond qu'il ne veut pas préjuger la question. Il tient 
seulement à faire remarquer que, s'il est un point bien établi jus- 
qu'à présent, c'est que l'on rencontre encore assez souvent la Vigne 
devenue sauvage, mais qu'on ne l'a pas encore observée à l'état 
spontané. : : 

M. Cosson dit : 


Qu'en Algérie il a pu en effet constater qu'il n'était pas rare de voir çà et 
là des pieds de Vignes sauvages grimper dans les arbres, mais qu'on pourrait 
en attribuer l'origine aux pieds de Vigne importés jadis dans cette contrée. 
Il ajoute que le Syringa persica n'est pas la seule plante qui, malgré sa qua - 
lification, ne soit pas originaire de la Perse, car le Persica vulgaris est aussi 
dans Je même cas. Il croit devoir citer encore, comme des plantes dont l'his- 
toire est peu connue quant à leur spontanéité, le Tabac et le Mais, et dit que 
Ja cause de notre ignorance sur ce point ne lui semble pouvoir s'expliquer que 


238 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


par l'opinion qu'il résume en ces termes : l'homme, qui a coexisté dans les 
temps les plus reculés avec certains grands mammifères de la période tertiaire, 
susceptibles de domesticité, comme le cheval par exemple, que l’on ne connaît 
plus aujourd'hui à l'état sauvage, a pu sauver de l'époque antérieure, avec ces 
animaux, les plantes dont il avait reconnu l'utilité. 


M. le Président fait remarquer qu'il existe une différence fonda- 
mentale entre des plantes d'une utilité réelle pour l'homme, qui a 
pu les cultiver depuis les temps les plus reculés, et celles de pur 
agrément, comme le Lilas, etc. 

M. Roze demande la permission d'appeler un instant l'atten- 
tion de la Société sur un échantillon vivant d'A/fhea rosea cou- 


vert du Puccinia Malvacearum Mont., que vient de lui remettre 
M. le Président. 


Il rappelle d'abord en quelques mots les détails déjà publiés dans le Bul- 
letin (1) sur cet entophyte, et y ajoute ceux contenus dans un mémoire 
de M. Durieu de Maisonneuve, inséré dans les Actes de la Société Linnéenne 
de Bordeaux et qui vient d’être adressé à la Société (2). Il fait ressortir tout 
l'intérét que présente l'histoire de cette Puccinie, si, comme tend à l'établir 
M. Durieu de Maisonneuve, elle fait cette année son apparition en France 
pour la première fois, venant en droite ligne du Chili, où Bertero l'a décou- 
verte sur l Althæa officinalis. Il fait remarquer que la vitalité de cet ento- 
phyte est véritablement extraordinaire, puisque M. Decaisne a pu l'observer au 
Muséum depuis le mois de juin jusqu'au mois de novembre, ce parasite vivant 
de la sorte aussi longtemps que la plante-mére, dont il couvre de ses pustules 
fructifères la tige aussi bien que les feuilles. M. Roze termine en priant les 
mycologues qui auront des détails nouveaux à fournir sur ce Champignon de 
vouloir bien les faire parvenir à la Société, pour servir à compléter autant que 
possible l'histoire de son apparition et de sa propagation. 


M. Duchartre dit que, dansle mémoire cité de M. Durieu de 
Maisonneuve sur cette Puccinie, ila remarqué que l'auteur signalait 
un fait assez curieux : c'est que les limaces dévoraient d'ordinaire, 
sur le Malva silvestris, les pustules de la Puccinie de préférence 
aux autres parties de la feuille. 

M. Roze déclare que ce fait n'est pas rare non plus pour d'autres 
entophytes. Il l'a observé notamment sur plusieurs plantes infestées 
soit de Cystopus candidus ou cubicus, soit de Peronospora. 


(1) Voyez plus haut, pp. 160, 461 et 187. 


(2) Apparition subite et invasion rapide d'une Puccinie exotique dans le département 
de la Gironde, 1. c. t. XXIX, 2° livr. 1873. 


SÉANCE DU 1/4 NOVEMBRE 1873, 239 


M. Cosson présente de nouvelles espéces de l'empire du Maroc 
et fait à la Société la communication suivante : 


SPECIES NOVAE MAROCCANÆ, auctore Ij. COSSON, 
(Series prima.) 


CERATOCNEMUM Coss. et Bal. gen. nov. 


Sepala erecto-patula, lateralia haud saccata. Petala longe unguiculata, limbo 
integro. Stamina tetradynama, filamentis liberis subfliformibus inferne. com- 
planatis edentulis. Glandulæ hypogynz quatuor, duæ ad staminum longiorum 
paria, duæ ad stamina lateralia. Siliqua abbreviata, indeAiscens, coriaceo- 
indurata mesocarpio suberoso, biarticulata ; articulo inferiore pedicello vix 
latiore, tereti-subcompresso, uniloculari, monospermo, valvis distinctis sed 
cohærentibus in appendicem terminalem triangulari-lanceolatam articulo 
superiori cquilongam et in anfractu dorsali articuli superioris receptam 
productis ; articulo superiore vix secedente, subrhombeo apice truncato stylo 
cuspidato, a latere compresso, nervo præminente suturam valvarum articuli 
inferioris continuante donato, utrinque dorso ad receptionem processus valvaris 
excavato, untloculari, monospermo, evalvi. Stylus siliqua longior, lanceolato- 
linearis, tetragonus. Stigma depressum, integrum. Semina oblonga, funiculo 
brevissimo, semen articuli inferioris pendulum, superioris erectum. Cotyle- 
dones recta, obovato-suborbiculatæ, retusæ, canaliculato-complicatæ, radi- 
culam amplexantes. 

Planta annua, erecta, ramosa, pilis simplicibus hirta. Folia oblonga, grosse 
sinuata dentatave, superiora angustiora sæpe subintegra. Racemi ebracteati, 
virgati, demum elongati, pedicellis filiformibus demum subclavato-incrassatis. 
Flores lutei. Siliquæ parvulæ, erecto-adpressæ, 


Ceratocnemum, novum genus ex ordine Cruciferarum, juxta Rapistrum 
collocandum, sed distinctum valvis articuli inferioris siliquæ in appendicem 
articulo superiori æquilongam productis, non abrupte truncatis, articulo supe- 
riore subrhombeo compresso utrinque uninervio, non ovoideo vel subgloboso 
pluricostato. — Nomen generis ob formam insignem articuli inferioris siliqua 
e verbis graecis x£pag (cornu) et xvouéz (ocrea) conflatum. 


C. RAPISTROIDES Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 

Planta annua. Caulis erectus, a parte inferiore vel a basi ramosus, teres, 
pilis albis rigidulis deflexis hirtus. Folia hinc inde presertim in nervis et ad 
margines hirta, oblonga, in petiolum brevem angustata, grosse sinuato-sub- 
pinnatifida dentatave, superiora angustiora dentata vel subintegra. Racemi 
ebracteati, primum subconferti, demum elongati virgati laxiusculi. Pedicelli 
calyce subbreviores, suberecti, demum incrassato-subclavati, hirti. Sepala 


2^0 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


hirta. Petala lutea, calyce subtriplo longiora, limbo obovato integro venis satu- 
ratioribus picto, in unguem exsertum attenuata. Stamina longiora calycem 
longe excedentia. Siliqua pilis patentibus hirtæ, 8-10 millim. longæ, erectæ, 
adpressæ. Semina stramineo-fuscescentia, sub lente tenuissime punctulata. — 
Maio 1867 floriferum et jam fructiferum lectum. 

In declivitate australi montis Orguis supra /mintenout, ad austro-occidentem 
urbis Maroc, circiter ad 1400 metr. detexit cl. Balansa. 


POLYGALA WEBBIANA Coss. 


Planta perennis, ut videtur a basi ramosa, ramis diffusis, teretiusculis, 
inferne denudatis pulvinis foliorum delapsorum tuberculatis, superne dense 
foliosis, pilis areuato-ascendentibus dense pubescentibus. Folia eodem modo 
ac rami sed parcius pubescentia, oblonga, plana, in petiolum contracta, acu- 
tiuscula vel inferiora obtusa kaud mucronata. Flores majusculi, in. axillis 
foliorum superiorum ¿n racemos brevissimos cymiformes 2-3-floros vel scpts- 
sime abortu unifloros dispositi, bracteolis 3 membranaceis obovatis amplis 
deciduis ad basim pedicelli involucrum efformantibus suffulti. Sepala omnia 
citius decidua, glabrescentia, 3 exteriora albida membranacea vix herbacea 
quorum superius majus fornicatum subsaccatum et duo inferiora planiuscula 
ovata, 2 interiora petaloidea alba vel pallide purpurascentia corollam subæ- 
quantia obovata obtusa inferne angustata. Petala 3, inter se et cum vagina sta- 
minali ad tertiam partem superiorem in tubum superne fissum coalita, duorum 
lateralium limbo inæquilatero concavo-subcarinato pallide purpurascente apice 
obtuso, inferioris limbo æquilatero concavo-carinato genitalia amplectente apice 
truncato in carina procul ab apice crista purpurascente in lobos nonnullos 
oblongos latiusculos haud incrassatos divisa donato superne pallide lutescente. 
Ovarium superne basi glandula stipatum. Capsula (immatura tantum visa) 
membranaceo-carnulosa, a latere compressa, obovata; apice marginata. 

Iu monte Zeni-Osmar prope Tetuan ab amicissimo et semper defleto Ph.-B. 
Webb inventa et eodem loco a cll. J.-D. Hooker et J. Ball lecta ; in rupibus 
juxta urbem Tetuan (J.-D. Hooker et J. Ball). 

P. Webbiana, toribus magnis, in racemos axillares 1-3-floros dispositis, 
sepalis deciduis, superiore fornicato subsaccato, crista carinali petali inferioris 
parce et grosse lobata, ad sectionem Chamæbuxus pertinet, — A P. Mun- 
byana Boiss. et Reut. (Diagn. Or. ser. 2, v, 50) differt ramis teretiusculis, 
non acute angulatis, dense pubescentibus, non.glabrescentibus, foliis: haud 
mucronatis, petalis lateralibus haud truncato-obtusis. — A P. Chamæbuxo 
L., cui valde affinis, distincta indumento ramorum densiore, foliis. minus 
coriaceis haud mucronatis, petalis lateralibus haud truncato- obtusis, lobis 
crise tenuibus planiusculis, non incrassatis subcorculatis. 


POLYGALA BALANSÆ Coss. in Bal. pl. Mar. (1867). 
Frutex erectus, multicaulis, dumosus, divaricatim ramosus, ramis rigidis 


SÉANCE DU 1/4 NOVEMBRE 1873. 941 


spinescentibus, pulvinis foliorum delapsorum tuberculatus, sub lente punctato- 
puberulus. Folia parva, oblongo-linearia, concava, cito decidua. Racemi 
breves, 3-h-flori, sepius abortu 1-2-flori. Sepala omnia citius decidua, 
glabrescentia, 3 exteriora subherbacea margine purpurea quorum superius 
fornicatum subsaccatum et duo inferiora planiuscula ovata, 2 interiora peta- 
loidea purpurea corollam subæquantia ovata inferne angustata superne margine 
involuto apiculata. Petala 3, inter se et cum vagina staminali ad quartam partem 
superiorem in tubum superne fissum coalita, duorum lateralium limbo inzequila- 
tero concavo-subcarinato pallide purpureo, inferioris limbo latiore æquilatero 
concavo-carinato genitalia amplectente apice emarginato ¿n carina infra apicem 
crista indivisa irregulariter plicata donato superne luteo. Ovarium superne 
basi glandula stipatum. Capsula membranaceo-carnulosa, a latere compressa, 
suborbiculata, apice viz retusa, anguste marginata, venis concentricis parce 
ramosis donata. Semen nigrescens, pilosum, caruncula triloba lobis lateralibus 
seminis quartam partem inferiorem attingentibus. — Florifera et fructifera 
Maio et Junio 1867 lecta. 

Ad austro-occidentem urbis Maroc, in montibus Orguis et Sidi-Fars, cir- 
citer ad 1700 metr. invenit cl. Balansa. 


P. Balansæ habitu peculiari insignis, floribus magnis in racemos paucifloros 
dispositis, sepalis deciduis, superiore fornicato-subsaccato, carina petali infe- 
rioris crista haud fimbriata donata, ad sectionem Chamæbuzxus pertinet, et a 
speciebus hujus sectionis habitu et ramis spinosis distinctissima. 


RESEDA TRICUSPIS Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 

Planta annua, interdum induratione perennans. Caulis erectus, simplex vet 
ramis 2-3 donatus, rarius a basi ramosus, subteres striato-subangulatus, glaber 
nitidulus. Folia glabra, pinnatisecta, laciniis 3-5-jugis, lanceolatis linearibusve, 
in rachim decurrentibus, margine scabris planis vel subundulatis. Racemi 
densiflori, demum elongati et caulis longitudinem subdimidiam obtinentes, 
capsulis inferioribus remotiusculis superioribus approximatis. Bracteze anguste 
lineares, pedicellos subæquantes vel superantes. Calyx 5-sepalus, sepalis lan- 
ceolato-linearibus, persistentibus, haud accrescentibus. Petala alba, in genere 
magna, calyce subtriente longiora, ungue ovato vel oblongo margine ciliato 
a limbo viz distincto, lamina fere ad medium tripartita lobo medio lineari 
integro lobis lateralibus latioribus in. petalis superioribus sepius emarginatis 
bifidisve. Disci hypogyni lamina latissime obovata transversim latior, margine 
superiore subtriloba, dorso papillato-villosa. Stamina 9, filamentis glabris, 
basi in cupulam connatis. Capsula breviter pedicellata, erecta, obovoëdea, tri- 
gona, ore contracto breviter £ridentata, papillis brevibus conspersa, placentis 
integris. Semina fusco-nigrescentia, minutissime et crebre. tuberculato- 
aspera. — Aprili- Maio 1867 florifera et fructifera lecta. 

In cultis et incultis prope Mazagan (Balansa) ; ad urbem Maroc (Schousboe). 

Ba xx (SÉANCES) 16 


242 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


R. tricuspis habitu, forma petalorum et capsule ac notis plerisque 2. un- 
date (L.; Müll. Arg. in DC. Prodr. XVI, 11, 558. — R. Gayana Boiss, 
Voy. Esp. t. 21) affinis, sed ab illa specie omnibusque caeteris sectionis Leuco- 
resedæ capsulis constanter apice tridentatis non quadridentatis differt. 


RESEDA ELATA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867); Müll. Arg. in 
DC. Prodr. XVI, it, 578. 


Planta biennis vel induratione perennans. Caules elati, indurato-frutescentes, 
ramosi, brevissime puberuli, ramis elongatis virgatis cortice olivaceo-viridi 
striis albidis. Folia sub lente brevissime puberula, in petiolum attenuata, 
plana, indivisa lineari-lanceolata elongata acutiuscula, vel rarius trisecta 
segmentis foliis indivisis conformibus. Racemi densiflori, bracteis apice subco- 
mosi, demum elongati capsulis inferioribus remotiusculis superioribus approxi- 
matis. Zracteæ lanceolato-lineares longe acuminata, late albido- marginata, 
glabræ, lores sub anthesi longe excedentes, post anthesim cito deciduæ. Calyx 
6-sepalus, sepalis oblongo-lanceolatis acutiusculis, late albo-marginatis, gla- 
bris vel dorso brevissime puberulis, c/£o deciduis. Petala calyce subduplo 
longiora, omnium ungue albo suborbiculato villoso, lamina pallide lutea, 
superiorum trisecta lobo medio lineari-spathulato lobis lateralibus subduplo 
brevioribus i» lacinias inæquales lineares 6-9-sectis, lateralium trisecta lobo 
medio oblongo inferne angustato lobis lateralibus indivisis, inferiorum lobo 
medio conformi lobis lateralibus saepius obsoletis. Disci hypogyni lamina majus- 
cula ovata acutiuscula ascendente marginibus recurvis extus concava, utrinque 
villosa. Stamina circiter 40, filamentis inæqualibus, glabris, sub anthera 
haud dilatatis, mox deciduis. Ovarium oblongo-cylindricum, papilloso-subve- 
lutinum, apice profunde 3-dentatum dentibus glabris, placentis integris. Ovula 
inordinatim in placentis 3-serialia, in placenta quaque circiter 18-20. Capsula 
longiuscule pedicellata, suberecta, longa, trigono-subcylindrica, apice tri- 
dentata, infra dentes viz angustata, brevissime puberula, placentis integris. 
Semina minuta (immatura tantum nota), fuberculis minutissimis undique 
obsita. — Florifera et jam fructifera Maio 1367 lecta. 

In montibus ad austro-occidentem urbis Maroc, prope Keira, circiter ad 
900 metr. detexit cl. Balansa. 


R. elata ad sectionem Zesedastrum pertinet, ibique sepalis et filamentis 
mox deciduis, staminibus circiter 40, seminibus tuberculatis, juxta R. villosam 
(Coss. in Bull. Soc. bot. VI, 392; Müll Arg. in DC. Prodr. XVI, Il, 
578 sphalmate R. tomentosa) collocanda. A R. villosa differt caule foliisque 
puberulis, non longe pubescenti-villosis, sepalis citius deciduis, petalorum 
superiorum lobis lateralibus haud cristæformibus, capsulis cylindraceo-trigo- 
nis, non obiongis, infra dentes vix angustatis. Hujus speciei benevole speci- 
mina cl. Müller Arg. sub nomine admisso communicavimus et prioritatem 
exinde a nobis probe revendicandam censemus. 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 243 


Dianthus Schousboei (Coss. in Reliq. Marocc. ex herb. Schousb. n. 10. — 
D. glaucus Schousb. herb. non L. — D. Hornemanni Salzm. pl. Tingit. non 
3er.), prope Tanger a Schousboe et Salzmann lectus, recentius et accuratius 
examinatus referendus ad D. Cintranum (Boiss. et Reut. Pug. 20 [1852]; 
Willk. Ze. et Descr. 1, 48, t. 40. — D: Lusitanus Hochst. pl. Lus. exsicc. 
n. 267. — D. Lusitanicus Welwitsch pl. Lus. exsicc. un. it. n. 223 non 
Brot. — D. Gaditanus Boiss. Diagn. Or. ser. 2, 1, 67 [1853).) in Lusitania 
ad Olisiponem (Hochstetter) et Serra de Cintra (Welwitsch), necnon in His- 
pania ad Gades (Fauché sec. Boiss.) crescentem. 


VISCARIA LAGRANGEI Coss. — Agrostemma parviflora Schousb. ! herb. — 
Lychnis Lagranget Coss. in herb. olim. 


Planta perennis, rhizomate obliquo, gracili, tortuoso, superne petiolorum 
2marcidorum basibus tuberculato, Caulis subsolitarius, erectus vel basi ascen- 
dens, superne dichotome ramosus, teres, nodis incrassatis, internodiis haud 
viscosis, inferioribus foliis brevioribus sparse pilosis pilis articulatis deflexis, 
superioribus foliis multo longioribus glabris. Folia radicalia rosulata, oblonga 
vel oblongo-lanceolata, in petiolum attenuata, hinc inde et ad marginem spar- 
sissime et breviter puberula; caulina sessilia basi connata, glabra, inferiora lan- 
ceolata, superiora linearia. Cymæ 3-5-lore, oppositae, longe pedunculatæ, 
paniculam paucifloram vel plurifloram laxam efformantes, flore medio cyma- 
rum inferiorum longe pedicellato. Calyx albido-membranaceus, æqualiter 
10-nervius, nervis praminentibus viridibus lavibus, 5 dorsalibus, 5 commis- 
suralibus, apice 5-dentatus dentibus e basi triangulari lanceolatis, primum 
tubulosus medio paulo latior nervis approximatis, demum capsula accreta 
ovato-campanulatus basi contractus nervis distantibus. Petala longe ungui- 
culata, ungue calycem subæquante late lineari, limbo roseo patente dentibus 
calycis subduplo vel. subtriplo longiore obovato truncato-subretuso, squama 
albida ad faucem libera acuté bifida aucta. Ovarium glabrum, ovatum, stipi- 
tatum stipite ovario subæquilongo, basi 5-loculare, multiovulatum, Styli 5, 
dentibus calycis oppositi. Capsula calycem excedens, ovato-oblonga, poly- 
sperma, ima basi 5-locularis, apice dentibus 5 integris dehiscens. Semina 
(immatura tantum nota) parva, reniformi-subtrigona, nigrescentia, minute 
rugoso-tuberculata, dorso lato subcanaliculata. — April.-Jun. 
` Frequens in pratis locisque udosis ad Tanger (Schousboe, 1802), ad pro- 
montorium Sparte/ ; inter Tanger et Tetuan (Lagrange, 1867). 
^ Hanc plantam in genere distinctissimam caule haud viscoso, inflorescentia 
laxa, flore centrali cymarum longe pedicellato, capsula stipite multo longiore, 
grato leetoque animo amicissimo doctori Lagrange qui nobis primus com 
municavit dicatam voluimus. 


ERODIUM ATLANTICUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 
Planta perennis, caudice crasso sepius pluricipite, cæspitosa, e spe ci mi 


24h | SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


nibus pluribus suppetentibus acaulis, pedunculos radicales plures emittens. 
Folia omnia radicalia rosulata, mollia, dense pubescenti-subtomentosa, ambitu 
ovata vel ovato-oblonga, basi cordata, longe petiolata, lobata vel lobulata 
lobis obtusis inæqualiter crenulato-dentatis. Stipulae late ovatze. Pedunculi 
radicales foliis vix vel subdimidio longiores, pubescentes pilis longis paten- 
tibus permixtis pilis brevissimis glandulosis, 4-7-flori, pedicellis elongatis. 
Involucri bracteolæ membranacea, ovato-suborbiculatæ, pubescenti-villosæ, 
pedicellis multoties breviores. Flores majusculi. Sepala longe pilosa, oblonga, 
abrupte mucronata mucrone subulato (sepalorum mucronibus alabastra coro- 
nantibus), exteriora æqualiter 5-nervia. Petala pallide purpurascentia venis 
picta, calyce subduplo longiora, ungue intus barbato, subinæqualia, superiora 
late obovata latiora, inferiora paulo longiora obovato-subcuneiforiia. Stami- 
num fertilium filamenta in parte inferiore membranaceo-dilatata, edentula, 
superne subulata, sterilium subdimidio breviora membranacea lanceolata 
inferne dorso pubescentia. Fructus rostrum 25-30 millim. longum, carpellis 
oblongis inferne attenuatis, pilis patulis hispidis, processu rostrali interne setis 
rigidulis sensim decrescentibus et superne evauidis donato, foveolis apicalibus 
latis suborbiculatis, sub foveola plica destitutis. — Floriferum et fructiferum 
Maio 1867 lectum. 

Ad austro-occidentem urbis Maroc, in monte Orguis, supra [mintenout, ad 
1000 metr. (Balansa). 


E. Atlanticum juxta Æ. Boissieri Coss. in herb. (E. asplenioides Boiss. 
Voy. Esp. 123 non Willd., Boiss. exsicc. Hisp., Bourgeau pl. Esp. n. 1100, 
Pedro del Campo ed. Bourgeau [1852] n. 20, excl. syn. Geranium asplenioides 
Desf. Atl. TI, 109, t. 168) quod sepalis mucronatis quoque gaudet collocan- 
dum, sed distinctum foliis mollibus lobatis lobulatisve, non trisectis, pubescentia 
pedunculorum longiore, fructus rostro subdimidio breviore, carpellis mino- 
ribus. — Habitu Z. montanum Coss. et DR. (in Bull. Soc. bot. III, 737) 
refert, sed differt foliis omnibus radicalibus minus profuude lobatis, sepalis 
abrupte mucronatis, non muticis, petalis subinæqualibus. | 


HAPLOPHYLLUM BROESSONNETIANUM Coss. 


Radix simplex vel parce ramosa, descendens, indurato-perennans. Caules 
subsolitarii vel plures, erecti, simplices vel superne parce ramosi, inferne gla- 
brescentes, superne vix pubescentes et sparsim verruculoso-glandulosi. Folia 
subcoriacea, conferta, glabriuscula, omnia indivisa, oblongo-obovata, inferne 
attenuata, obtusa, viridia subtus pallidiora, punctato-glandulosa. /nflores- 
centia pluriflora cymoso-corymbiformis, laxiuscula ramis patulis. Calyx deci- 
duus, minutus, 5-partitus, lobis ovatis obtusiusculis, dorso et praesertim ad 
marginem pubescentibus. Petala (ex alabastro deprompta) flava, ovato-subor- 
biculata, glandulis minimis sparsis punctulata, obsolete trinervia. Filamenta 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 245 


libera, in alabastro ultra medium complanato-liguliformia. Ovarium in disco 
brevissimo annulari supra partem connatam carpidiorum expanso insidens, 
e carpellis tot quot sepala efformatum, glabrum, haud verrucosum, vix glan- 
duloso-punctatum, carpellis h-ovulatis. Stylus filiformis, carpellorum partem 
liberam longe excedens. Capsula campanulato-subglobosa, levis, carpellis 
superne liberis, ¿n parte libera divergentibus, acuminato-rostratis rostro 
brevi arcuato-patente, introrsum dehiscentibus. Semina (immatura tantum 
nota) compressa, reniformia, reticulato-rugosa. — Maio 1867 jam fructiferum 
lectum. 

In regno Maroccano australi, ad Mogador (Broussonnet in herb. Bouchet); 
ad austro-occidentem urbis Maroc, ad Keira (Balansa). 

H. Broussonnetianum carpellis 4-ovulatis, dehiscentibus, rostro eglanduloso 
terminalis, foliis indivisis, filamentis liberis juxta Æ. pumilum Boiss. (Diagn. 
Or. ser. 4, 1, 61, et FL. Or. I, 928) collocandum, sed ab illo et caeteris speciebus 
affinibus distinctissimum carpellis divergentibus acuminato-rostratis rostro 


patente. 


GENISTA (Teline) OsMARENSIS Coss. 

Frutex: ut videtur elatus, ramosus, ramis striatis énermibus, vetulis cortice 
rimoso cinerascente, novellis patentibus vel subdeflexis cortice virescente 
sericeo-pubescente, foliorum pulvinis demum modice incrassatis. Folia in 
genere ampla, petiolata, 3-foliolata, alterna, foliolis praesertim pagina infe- 
riore sericeo-pubescentibus, obovatis, breviter petiolulatis, obtusis, muticis vel 
brevissime mucronulatis, terminali majore. S/ipule minute, lineares, mar- 
cescenti-persistentes. Flores magni, apice ramulorum 6-8, in racemos sub- 
corymbosos patentes dispositi, bracteis minutissimis ovatis obtusis, pedicellati 
pedicellis sub calyce bibracteolatis bracteolis minutissimis ovatis obtusis. 
Calyx cum pedicellis bracteolisque dense sericeo-pubescens, amplus, cam- 
panulatus, bélabiatus, labiis tubo subtriplo longioribus, superiore inferius 
subæquante bipartito lobis ovato-oblongis acuminatis, inferiore apice tri- 
dentato dentibus ovato-lanceolatis acuminatis. Corolla flava, calyce subdimidio 
vel subtriente longior, vexillo porrecto, amplo ovato-suborbiculato, apice 
emarginato, dorso pubescenti-sericeo, alas subzequante vel paulo superante, 
alis carina paulo longioribus, isti subæquilatis, cultriformi-oblongis, obtusis, 
glabris, carina cultriformi-oblonga, obtusa, dense sericeo-villosa. Ovarium 
calyce brevius, sericeo-villosum, lineari-lanceolatum, G-ovulotum, in stylum 
elongatum apice arcuato-ascendens sensim attenuatum. Stigma minutum, 


capitellatum. Legumen ignotum. 
In monte Beni-Osmar prope Zetuanab amicissimo et semper defleto Ph.-B. 


Webb anno 1827 detecta. 


G. Osmarensis calyce in labia profunde fisso ad Argyrolobium accedit, sed 
potius ad Genistæ subgenus Felinem (Webb Phyt. Can. V, 5^; Spach in 


256 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Ann. sc. nat, sér. 3, III, 150. — Cytisus sect. Teline Benth. et Hook. f. 
Gen. I, 484) habitu notisque pluribus referenda videtur. — Habitu et calycis 
fabrica affinis G. heterochroæ (Cytisus heterochrous Webb in Bourg. pl. Esp. 
1852, n. 1719 c.) in Hispaniæ regno Valentino prope Moxente (Bourgeau) 
et in Arragonia australi (Willkomm) lectæ, sed eximie distincta foliolis majo- 
ribus obovatis, floribus in racemos pedunculatos dispositis, bracteolis minutis- 
simis calyci subcontiguis, non linearibus a calyce remotis, calycibus amplio- 
ribus densius pubescentibus, dentibus labii calycini inferioris latioribus 
brevioribusque, carina dense sericeo-villosa, non glabra, ovario sericeo-villoso, 
non glabro, etc. 


ADENOCARPUS ANAGYRIFOLIUS Coss, et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Frutex elatus, ramosus, dumosus, glaber, ramis divergentibus vix striato- 
angulatis cortice pallide virente. Folia Anagyrim fœtidam referentia, in genere 
ampla, longe. petiolata, trifoliolata, glabra, foliolis nitidulis oblongis vix 
complicatis, mucronulatis, nervo medio subtus præminente. Stipulæ citis- 
sime deciduæ, in speciminibus suppetentibus evanida. Zacemi caulem et 
ramos terminantes, laxiusculi, demum elongati, rachi puberulo-sericea 
demum glabra, pedicellis erecto-patulis calyce paulo longioribus 5zbracteo- 
latis bracteolis citissime deciduis. Calyx puberulo-sericeus, eglandulosus, 
campanulato-obconicus bilabiatus, /abio superiore bipartito lobis ovato-trian- 
gularibus, inferiore apice tridentato dentibus brevibus lanceolato-linearibus 
subaequalibus vel medio paulo longiore. Corolla lutea, vexillo ascendente 
obovato-suborbiculato extus pubescenti-sericeo, alis carinaque subæquilongis 
glabris. Ovarium lineare, glandulis subpedicellatis obsitum. Stylus filiformi- 
subulatus basi crassior, supra basim abrupte arcuato-refractus. Stigma minu- 
tum, terminale, capitellato-depressum. Legumen 3-4 centim. longum, pedicello 
multoties longius , lineari-oblongum, plano-compressum, subtorulosum, glan- 
dulis fuscescentibus subpedicellatis obsitum.—Florifer et fructifer 2 Junii 1867 
lectus. 

In montibus ad meridiem urbis Maroc, in glareosis alvei Oued Ghaghata 
ubi copiosus (Balansa). 

Ab A. divaricati L'Hérit. (Boiss. F7. Or. IL, 34) varietatibus differt ramis 
vix striato-angulatis glabris, foliis in genere amplis Anagyrim fœtidam referen- 


tibus foliolis glabris nitidulis, racemis longioribus, dentibus labii calycini 
inferioris brevioribus. 


HEDYSARUM MEMBRANACEUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta plus minus pube adpressa sericea, perennis inferne fruticosa, 1 vel 
1 1/2 metr. alta, ramosa, laxe dumosa, ramis erectis sæpius confertis indurato- 
rigidis striato-angulatis. Folja petiolata, imparipinnata, 4-7-juga, foliolis minu- 
tis, supra glabrescentibus infra pube adpressa subsericeis, oblongis, petiolulatis, 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 247 


margine arefactione sæpius subinvolutis, obtusis mucronulatis vel sabretusis. 
Stipulæ membranaceo-scariosæ, fusca, cito evanidæ, inter se basi et cum 
petiolo adnatæ. Racemi axillares, 3-4-flori, laxi, folio sæpius breviores, 
floribus circiter 15 millim. longis, primum erectis dein patulis, pedicellis 
calycis tubo brevioribus sub calyce minute bibracteolatis bracteolis linearibus 
fuscis. Calyx pube adpressa subsericeus, tubo campanulato, dentibus e basi 
triangulari linearibus ¿ubo subtriplo brevioribus, superioribus distantibus. 
Corolla glabra, pallide Zilacino-purpurascens, marcescens sed fructu maturo 
decidua, vexillo oblongo-obovato carina vix breviore, alis oblongis -carina 
triente brevioribus, carina latere inferiore sensim arcuata. Stamen vexillare 
liberum, cetera in vaginam membranaceam superne fissam coalita in quarta 
parte superiore libera filiformia. Legumen 2-4 centim. longum, adpresse et 
minutissime puberulum, sfipitatum stipite calyce longiore, bi-triarticulatum 
sæpe abortu ad articulum unicum redactum, inter articulos angustius, arti- 
culis 9-12 millim. latis p/ano-compressis, disco oblongo reticulatim nervoso 
aculeis destituto, ad semen tantum convexiusculo, margine membranaceo 
latitudinem dimidiam disci excedente. Semina subreniformia, estrophiolata. 
— Floriferum et fructiferum Maio 1867 lectum. 

Ad austro-occidentem urbis Maroc, juxta pagum Keira, ad 750 m., in 
alluviis amnis necnon inter segetes (Balansa). 

H. membranaceum inter omnes species generis insigne stipularum fabrica, 
racemis brevibus laxifloris, dentibus calycis brevibus, carina sensim arcuata, 
leguminibus complanatis latissime membranaceo-marginatis. 


PISTORINIA BREVIFLORA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 

Planta annua, pumila, erecta, superne ramosa, ramis iterum ramosis 
corymbum generalem efformantibus, tota glanduloso-viscida. Folia alterna, 
sessilia, oblonga, tereti-complanata, sensim in bracteas pedicello contiguo 
æquilongas brevioresve abeuntia. Flores parvuli, apice ramorum et caulis 
cymoso-corymbosi, erecti, longe pedicellati. Sepala 5, erecto-patula, lanceolata 
superne sensim attenuata, tubi corollini longitudinem dimidiam subæquantia 
vel superantia. Corolla extus glanduloso-viscida, gamopetala, hypocrateri- 
formis, purpurascens, éubo pallidiore tereti-subeampanulato, lobis vinoso- 
purpureis oblongis ćuba tertia parte brevioribus nervo medio valido donatis 
apice in cuspidem subulatam desinentibus. Stamina 10, tubo corollae per totam 
longitudinem adnata, ad faucem libera, exserta. Squamulæ hypogynæ 5, te- 
nuiter membranaceæ, carpellorum longitudinem subtertiam æquantes, lineares, 
apice emarginatæ. Carpella libera, membranacea, corollae tubo subæquilonga, 
oblongo-linearia, polysperma, abrupte dorso in stylum longum filiformetn 
abeuntia, — Maio 1867 florifera et fructifera lecta. 

In arenosis prope Mogador (Balansa). 

Inter Pistoriniam et Umbilicum quasi media, nempe coroll tubus tubu- 


2A8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


loso-campanulatus, non tubulosus teres ut in Pistorinia, neque campanulatus 
ut in Umbilico. — Inter Pistorinias, cum quibus habitu congruit, longitu- 
dine sepalorum et brevitate tubi corollini insignis, 


SEDUM SURCULOSUM Coss. 


Planta perennis, pusilla, inflorescentia excepta glaberrima. Caudez brevis, 
crassiusculus, superne basi foliorum delapsorum squamatus, in radicem des- 
cendentem parce ramosam abiens, foliorum radicalium rosula sterili termi- 
natus, in axillis foliorum mediorum rosulæ surculos plurimos et in axillis 
foliorum infimorum (in speciminibus suppetentibus evanidorum) caules flori- 
geros. emittens. Caules tenues, ascendenti-diffusi, parce foliati foliis alternis 
superioribus suboppositis, simplices superne pedunculos emittentes. Surcul? 
carnosi, teretes, purpureo-punctati, inferne nudi, superne gerentes folia plura 
patentia. primum approximato-subverticillata verticillis contiguis foliis in 
verticillo quoque subternis. Folia alterna, apice surculorum. subverticillata, 
succulenta crassa, plana, cellulis prominulis subcrystallina, ovata vel ovato- 
suborbiculata, integerrima, in rosula radicali longe in- petiolum. attenuata, 
in caulibus et surculis brevius attenuata vel contracta. Flores 6-1-rarius 
5-meri, 3-5 laxe subcorymbosi, pedunculis capillaribus floribus multoties 
longioribus erectis sparse pubescenti-glandulosis. Calyx. glaber, corolla sub- 
triplo. brevior, sepalis oblongis obtusiusculis. Petala alba vel purpuras- 
centia venis fuscescentibus interruptis picta, ovato-oblonga acuta vel mucro- 
nata. Stamina petalis numero dupla. Squamulæ hypogynæ carnose, ample 
late cuneato-obovatæ, transversim latiores, superne afro-purpurec. Carpella 
libera, ovato-oblonga, obtusa abrupte mucronata mucrone carpello subquin- 
tuplo breviore, 4-5-ovulata, abortu 2-3-sperma. Semina oblonga, longitrorsum 
striata. — Floriferum et fructiferum Augusto 1873 lectum. 

In fissuris rupium montium ad urbem Maroc, iu monte Ouensa, ubi Cysto- 
pteridis fragilis socium, a mulione Ibrahim auspice cl. Beaumier lectum. 

Planta in genere Sedum insignis rosula foliorum radicalium terminali, sur- 
culis axillaribus apice tantum foliatis, foliis ovatis vel ovato-suborbiculatis in 
petiolum attenuatis vel contractis, floribus paucis (3-5) 6-7-rarius 5-meris, 
pedunculis capillaribus - floribus multoties longioribus, squamulis hypogynis 
amplis transversim latioribus atro-purpureis, carpellis 2-3-spermis. — Habitu 
et numero partium floralium et squamulis hypogynis amplis accedens ad genus 
Monanthes Haw. (Petrophyes Webb), sed distinctum squamulis hypogynis 
crassis carnosis non complanato-subpetaloideis. 


SEDUM, BREVIFOLIUM DC. var. induratum Coss. in Schousb. Reliq. Marocc. 
n. 51. — S. nudum Schousb. herb. non Ait. 


Rhizoma elongatum, crassum, sublignosum, ramosum ramis subtortuosis 
apice caules breves floriferos et ramos steriles nonnul/ ^« emittentibus, Rami 


SÉANCE DU 1/4 NOVEMBRE 1873. 9249 


steriles dense foliati. Caules graciles, glabri, apice cymoso-ramosi. Folia 
sessilia, brevia, ovato-subglobosa, obtusissima, pinguia, glabra, glauca, alia 
virenti-albida, alia rufescentia, inferiora approximata subopposita, superiora 
alterna, in ramis sterilibus dense congesta quinquefariam imbricata. Cymæ 
terminales bifidæ, laxæ, glabræ. Flores parvi, pedicellati, pedicellis filiformi- 
bus flore demum longioribus. Sepala glauca punctis rubris conspersa, ovato- 
oblonga, obtusa, vix incrassato-pinguia, corolla subtriplo breviora. Petala alba 
nervo medie extus rubro, ovato-oblonga, obtusa. Stamina 10. — Junio 1802 
Soriferum lectum. : 

In saxosis montis Djebel Kebir et ad promontorium Spartel ubi cæspites 
^mplos efformat (Schousboe). 


Hæc varietas, cæteris notis omnino cum S. brevifolio DC. congruens, primo 
intuitu differt rhizomate elongato multo crassiore. 


BUPLEURUM DUMOSUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Frutex circiter 4 metr. altus, erectus, divaricatim ramosus, dumosus, caule 
ramisque vetustis lignosis cortice cinereo-fuscescente vel nigrescente, ramis 
florigeris annotinis frutescentibus striatis glabris. Folia parvula, alterna, ple- 
raque in ramis axillaribus abbreviatis fasciculata, glaucescentia, coriacea, 
perennantia, anguste oblonga, 3-nervia, nervis parallelis prominulis, venulis 
transversalibus obsoletis, margine levigata vel scabriuscula, etiam inferne 
haud albo-marginata , sessilia, apice abrupte mucronata mucrone recurvo. 
Umbelle laxe paniculatæ, 3-h-radiate, radiis subæqualibus gracilibus sub- 
erectis. /nvolucr? 3-4-phylli foliolis sabæqualibus lanceolato-linearibus, radiis 
umbellæ multoties brevioribus. Involucella 3-5-phylla, pedicellos longe exce- 
dentia, foliolis linearibus acuminatis. Pedicelli brevissimi fructu multoties 
breviores. Fructus oblongus, nitidulus, jugis vix præminentibus, valleculis 
levibus. — Fructiferum Maio 1867 lectum. 

In montibus ad austro-occidentem urbis Maroc, in parte superiore montis 
Ait-Ougourt prope Keira, ad 1100 metr. (Balansa). i 

Juxta B. fruticescens L. collocandum sed distinctissimum caule fere toto 
lignoso, foliis oblongis, non linearibus, plerisque in axillis fasciculatis, umbel- 
lulis 2-5-floris, non plurifloris. 

Peucedanum? Schousboei (Coss. in Reliq. Marocc. ex. herb. Schousboe 
n. 61. — Ferule sp. Schousb. herb.), in collo aprico prope Tanger a Schous- 
boe lectum, e speciminibus suppetentibus accuratius examinatis, referendum 
ad P. Munbyi (Boiss. Diagn. Or. ser. 2, 11, 89; Balansa pl. Alg. exsicc. 
n. 598 sub. P. salsum; Munby pl. Alg. exsicc. n. 270 sub Palimbia salsa 
qua plane diversa) in provincia Oranensi et Algeriensi hinc inde observatum. 


ELÆOSELINUM ? EXINVOLUCRATUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 
Planta perennis, caudice crassiusculo frutescente descendente superne 


250 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


fibrillis petiolorum emarcidorum vestigiis dense vestito, caulem unicum 
emittente: Caulis ut tota planta glaber, glaucescens, gracilis, striatus, superne 
ramosus, paucifolius, Folia glauca, pleraque radicalia, ambitu triangularia, 
petiolata petiolo inferne in vaginam margine membranaceam dilatato, (ripin- 
natisecta partitionibus petiolulatis, /obis crassiusculis. brevibus ovatis infe- 
rioribus saltem pinnatilobis lobulis abbreviatis obtusis, caulina inferiora 
pauca subconformia petiolo in vaginam amplam dilatato, superiora sepe ad 
vaginam ovatam redacta. Umbelle longe pedunculatæ, 5-6-radiatæ radiis 
subaequalibus gracilibus teretibus lævibus, omnes fertiles in umbellula quaque 
permixtis floribus sterilibus pluribus. Znvolucrum nullum. Involucella oligo- 
phylla, foliolis linearibus inaequalibus citissime deciduis. Umbellulæ 7-9- 
floræ, pedicellis subzequalibus, demum flore longioribus, Calyx breviter 5-den- 
tatus, dentibus latiusculis. Petala lutea, integra, ovata in lacinulam linearem 
introflexam | acuminata. Stylopodia crassa, depressa. Styli post anthesim 
divergentes, latitudini stylopodiorum subæquilongi. Ovarium leve, glabrum, 
campanulato-obconicum, jugis haud distinctis, Fructus ignotus.— Floriferum 
Maio 1867 lectum. 

In montibus ad austro-occidentem urbis Maroc, juxta Keira, ad 1000 metr. 
(Balansa). 

Hanc plantam, fructu ignoto, ad genus Zlæoselinum cum dubio retulimus, 
quod habitu, forma et colore petalorum refert. Conferenda videtur cum Z'igo- 
selino Lagascæ Boiss. (Voy. Esp. — Thapsia tenui folia Lag.), planta hispa- 
nica, a qua differt caudice superne fibrillis dense vestito, foliis glaucis lobulis 
obtusis crassioribus, umbellis minoribus 5-6-radiatis, non multiradiatis, invo- 
lucro nullo, non polyphyllo, involucellis oligophyllis citissime deciduis, non 
polyphyllis persistentibus, stylis brevioribus. 


PTEROCEPHALUS DaPRESSUS Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar, (1867). 


Planta perennis, subacaulis, cæspitosa, humo adpressa, pulvinos latos den- 
sosque efformans, molliter breviterque villosa. Caudex crassus, lignosus, tor - 
tuosus, superne in caudiculos permultos ramosos divisus, Folia omnia apicé 
caudiculorum in rosulas congesta, petiolata petiolo lato, pinnatisecta, li-5-juga, 
segmentis inferioribus linearibus vel lineari-spathulatis integris, cæteris 
obovato-cuneatis superne lobulatis lobulo exteriore profundiore lobulis obtusis, 
segmento superiore sepius tripartito. Capitula e centro rosularum foliorum 
enata, brevissime pedunculata. Involucrum uniseriale, foliolis circiter 12, 
extus molliter breviterque villosis, lanceolatis acutis, floribus subdimidio bre- 
vioribus. Receptaculum alveolatum, hirtulum. Corolle extus sericeæ, tubo 
violaceo, limbo inæqualiter 4-fido intus lutescente, exteriores laciniis oblongis 
obtusis paulo radiantibus, interiores laciniis lanceolatis. Stamina A, corollam 
longe excedentia. Stylus exsertus, stigmate oblongo subbilabiato. Involucellum 
(immaturum tantum notum) dense villosum, foveolis obsoletis pilis occultatis, 


SÉANCE DU 1/4 NOVEMBRE 1873. 251 


cylindraceo-turbinatum, corona brevi annulæformi. Calyæ coronam involu- 
celli vix excedens, setis 45-18, involucello subquadruplo longioribus, dense 
plumosis, atro-violaceis. — Florifer 2 Junii 1867 lectus. 

Ad meridiem urbis Maroc, in parte superiore montis Sidi-Fars, ad 2000 m. 
(Balansa). 

Juxta P. perennem Vaill. (DC. Prodr. IV, 653. — P. Parnassi Spreng. ; 
Heldr. herb. Grac. norm. n. 374) collocandus a quo abunde differt. 


RHAPONTICUM CAULESCENS Coss, et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). — Serratula 
caulescens Coss. herb. 


Planta perennis, forma foliorum Rhaponticum 'acaule exacte referens. 
Caudex crassus in radicem fusiformem abiens, superne basi petiolorum emar- 
cidorum squamzformium stipatus. Caules 4 vel 3-4, folia plus minus supe- 
rantes. vel brevissimi, simplices erecti, teretes striati, pube arachnoidea 
detersibili donati demum glabriusculi, folia 4-2 gerentes. Folia supra pubes- 
centi-floccosa, subtus cano-tomentosa ; radicalia sepius plurima, petiolata, 
pinnatisecta segmentis ambitu oblongo- vel ovato-cuneatis inciso-pznnati fidis, 
in rachim alato-foliaceam hinc inde dentatam decurrentibus ; caulina 1-2, 
inferius segmentis sæpe integris, superius ad petiolum squamæformem redac- 
tum. Capitula magna, apice caulium solitaria, foliis floralibus haud involucrata. 
Involucrum ovato-campanulatum, foliolis pluriseriatis arcte | imbricatis, 
chartaceis dorso superne subherbaceo striatis, apice in appendicem scariosam 
ovatam vel oblongo-lanceolatam irregulariter laceram tenuissime ciliatam 
dilatatis, inferioribus multo minoribus lanceolatis dorso pubescenti-floccosis, 
mediis oblongo-lanceolatis, interioribus. lanceolato-linearibus. Receptaculum 
piliferum pilis achaeniis longioribus. Flosculi omnes hermaphroditi, equales, 
pallide purpurascentes ?, tubo longissimo, limbo ultra medium 5-fido laciniis 
angustis linearibus. Filamenta papillosa, Anthere basi sagittatæ, auriculis 
contiguis connatis, caudis integris vel vix laceris, appendice terminali oblonga 
obtusa. Styli rami erecti connati imo apice obtusiusculo tantum liberi. 
A chienia glabra, areola insertionis obliqua, oblonga, compressa, obsolete 
pluristriata, superne paululum contracta margine prominulo brevissimo annu- 
læformi denticulato coronata. Pappi aibi, tubum flosculorum superantis sete 
pluriseriatæ, valide scabra fere barbellatæ, sensim longiores, exteriores 
multo breviores, interiores longiores p MA — Maio 1867 floriferum et 
fere fructiferum lectum. 

In ditionis Haha monte Djebel-Hadid a mulione Ibrahim auspice cl. Beau- 
mier lectum; ad austro-occidentem urbis Maroc, in monte Orguis supra 
Imintenout a cl. Balansa inventum. 

R. caulescens, habitu cum R. acauli DC. (Prodr. VI, 665. — Cinara 
acaulis Desf. Atl. II, 249, t. 223) congruens, abunde differt caule ssepius 
folia excedente, capitulis minoribus, foliolis involucri in appendicem scariosam 


252 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


angustiorem dilatatis, pappo albo setis valide scabris fere barbellatis, non ru- 
fescente setis scabris. — Inter genera Rhaponticum, Serratula et Centaurea 
valde affinia ambigit, sed potius ad Rhapontici sectionem Cestrinus ut a De Can- 
dolle in Prodromo delineatur referendum, nempe a Serratula differt appen- 
dice scariosa foliolorum involucri, staminum filamentis papillosis, a Centaurea 
flosculis omnibus aequalibus hermaphroditis et pappi setis interioribus cæteris 
conformibus. 


ANDRYALA MOGADORENSIS Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis, tota indumento molli cinereo-canescente demum rufescente 
tomentosa, caudice brevissimo sublignoso in radicem descendentem abeunte 
-caules 1-2 vel plures emittente. Caules erecti vel a basi arcuata ascendentes, 
indürati, superne ramosi, ramis patentibus. Folia integra vel obsolete subsi- 
nuata obtusa, infima obovato-oblonga in petiolum brevem attenuata, caulina 
approximata oblonga vel obovato-oblonga sessilia bas? [ata semi-amplexicaulia. 
Capitula apice ramorum laxiuscule cymoso-corymbosa, breviter pedunculata, 
cymis corymbum generalem efformantibus. /nvolucrum lana densa sordide 
alba demum rufescente lanato-gossypinum pilis longioribus | rigidioribus 
apice glanduligeris nigricantibus permixtis, foliolis linearibus acutis, Ligula 
aurantiacze, involucrum superantes. Achænia fusco-purpurea, oblongo- cylin- 
dracea inferne attenuata, sub-10-striato-costata, costis concoloribus. — 
25 April. 1867 florifera et fructifera lecta. 

In maritimis insule Mogador detexit cl. Balansa. 

Caudice perenni, caulibus induratis, nonnullisque aliis notis ad A. Ragu- 
sinam L. collocanda, sed abunde distincta foliis omnibus obtusis integris vel 
obsolete subsinuatis, caulinis basi lata semi-amplexicaulibus, pedunculis brevi- 
bus, involucri foliolis praeter lanam pilis longioribus glanduliferis donatis, 
achæniis duplo brevioribus oblongo-cylindraceis costis concoloribus, non 
lineari-cylindraceis costis albidis. 


LINARIA VENTRICOSA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Perennis, elata, glaberrima, glaucescens. Caules validi, sepius 4 metr. 
elati, erecti, paniculato-ramosi. Folia approximata, alterna, sessilia, lanceolata 
utrinque attenuata, zn(egerrüma, rigidula, pennimervia nervis: primariis 
3 prominulis e basi folii emergentibus secundariis subobsoletis. Racemi termi- 
nales multiflori densiusculi demum elongati. Pedicelli floriferi erecto-patentes, 
bractea et calyce breviores, fructiferi erecti. Laciniæ calycinæ corolla multo 
breviores, capsulam snbæquantes, lanceolata aeutiuseule. Corolla magna 
(fere ut in L. vulgari), cum calcare circiter 2 centim. longa, pallide lutea 
venis croceo-fuscis notata, tubo late campanulato-subventricoso, | calcare 
recto tenui corolla subdimidio breviore, palato præminente subbilobo dense 
villoso villis intense luteis. Capsula didymo-subglobosa, loculis subæqualibus, 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1873. 253 


utroque poro terminali 3-4-valvato dehiscente, Semina parva, nigra, trigona, 
curvata, immarginata, irregulariter striata stris in tuberculos decompositis. 
— Florifera et jam fructifera Maio 1867 lecta. (Descriptio juxta specimina 
sicca et viva culta). 

In sylva e Callitri quadrivalvi composita, ad orientem urbis Mogador cl. 
Balansa detexit. 

L. ventricosa ad sectionem Linariastrum Chav. (Benth. in DC. Prodr. X, 
271) 8 2 Speciosæ (Benth. loc. cit., 274) pertinens, juxta Z. genistifoliam 
Mill. collocanda a qua eximie differt laciniis calycinis minus acntis, corolla 
multo majore tubo ventricoso, calcare corolla subdimidio breviore, etc. 


THYMUS SATUREIOIDES Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Suffrutex 1-5 decim. altus, ramosissimus, dumosus, erectus vel diffusus, 
ramis vetulis tortuosis flexuosisve cortice rugoso rimoso cinereo-fuscescente, 
novellis breviter denseque pubescentibus. Folia pleraque in ramulos axillares 
fasciculata fasciculis ramorum vetulorum folio matrice orbatis, 4-9 millim. 
longa, oblonga obtusa inferne attenuata, crassiuscula, marginibus haud revo- 
lutis, nervis obsoletis, ad basim utrinque pilis paucis rigidis ciliata, crebre 
glanduloso-punctata; óractealia herbacea, lanceolata. acuta, calycibus sub- 
æquilonga, pubescentia, ciliata, plana. Verticillastri 6-10-flori, apice ramorum 
in spicas breves subcapitatas approximati. Calyx in pedicello cernuus, extus 
pube brevissima obtectus; intus ad faucein dense barbatus, subzequakiter bita- 
biatus, labii superioris ad tertiam partem tridentati dentibus ovato-lanceolatis 
lanceolatisve acutis, labii inferioris lineari-subulatis ciliatis. Corolla purpurea, 
tubo incluso. Stamina exserta, recta, distantia, didynama inferioribus longio- 
ribus. — Florifer Maio 1867 lectus. 

In montibus ad austro-occidentem urbis Maroc, prope Kezra, circiter ad 
1000 metr. detexit cl. Balansa. 

T. satureioides, foliorum fabrica in genere insignis, habitu Satureiam 
refert, et inde nomen, sed ad Zhymum pertinet calyce bilabiato fauce dense 
villoso, staminibus distantibus, non ascendentibus. 


SALVIA TARAXACIFOLIA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis, caudice lignoso tortuoso. Caules 5-25 centim. longi, 
erecti vel ascendentes, herbaceo-indurati, villosi pilis patentibus latis immixtis 
pilis brevioribus tenuioribusque glanduliferis. Æolia radicalia plura rosulata, 
humo haud adpressa, pubescentia arachnoidea supra subcanescentia, infra 
cano-tomentosa, petiolata, pinnatipartita vel pinnatisecta, lobis 3-h-jugis 
ovatis oblongisve grosse dentatis rarius subintegris terminali majore; caulina 
pauca 2-4, subconformia, sæpe nulla ; foralia persistentia, sessilia, ovata in 
cuspidem spinescentem acuminata, calyces subequantia vel breviora, dorso 
Janeta, margine ciliata. Racemi simplices, verticillastris h-7-floris sepius 


204 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


caulem a tertia parte inferiore obtinentibus, inferioribus remotis, superioribus 

ubapproximatis, Calyx arachnoideo-lanatus pilis longioribus immixtis, tubu- 
oso-campanulatus, coriaceus venulis anastomosantibus reticulato-venosus, 
labio superiore truncato 3-dentato inter dentes plano-subconcavo dente medio | 
breviore, inferiore bifido, dentibus omnibus patulis cuspide subulata spines- 
cente terminatis, tubo intus sed presertim ad faucem dense barbato. Corolla 
pallide purpurascens?, 2-3 centim. longa, calyce subtriplo longior, £ubo amplo 
intus ad tertiam partem inferiorem annulo pilorum donato, labio. superiore 
vix arcuato galeato compressiusculo extus pubescente, labii- inferioris supe- 
riori subæquilongi lobis lateralibus. late .ovato-rotundatis medio obovato- 
rotundato emarginato patente subconcavo. Connectiva inter se libera, elon- 
gata, paulo infra medium artieulata articulo utroque lobum antheræ 
gerente, articuli superioris lobo oblongo-lineari adnato, articuli inferioris 
crassioris lobo breviore oblongo. Stylus apice bifidus lobis subulatis inferiore 
paulo longiore. Nucule fusce, nitidæ, obovato-subglobosz. — Vix florifera 
Junio 1867, fructifera Julio 1873 lecta. 

In montibus ad meridiem urbis Maroc, prope Mulai-Jbrahim, ad 1000 metr. 
el. Balansa anno 1867 detexit; altero loco ignoto eorumdem montium mulio 
Ibrahim auspice cl. Beaumier anno 1873 legit. 

S. taraxacifolia calyce campanulato dentibus acutis patentibus matura- 
tione haud mutatis, corollae tubo amplo exserto intus piloso-annulato, labio 
superiore vix arcuato, labii inferioris lobis lateralibus patentibus medio late 
emarginato ad sectionem Æusphace (Benth. in DC. Prodr. XII, 263) accedit, 
sed forsan melius ob conuectivorum fabricam ad sectionem Æeterosphace 
(Benth. in DC. Prodr. XII, 350) referenda. 


SALVIA OCHROLEUCA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis, caudice lignoso tortuoso. Caules circiter 20 centim, longi, 
erecti, herbaceo-subindurati, villosi pilis patentibus immixtis brevioribus 
glanduliferis. Folia bullato-rugosissima, utrinque sed infra densius pubescenti- 
velutina ; radicalia plura rosulata, humo haud adpressa, abrupte. petiolata, 
ambitu ovato-oblonga oblongave, plus minus inciso-pinnatifida lobis ovatis 
oblongisve obtusissimis inciso-crenatis ; caulina 2-4, sessilia, subconformia ; 
floralia sessilia, ovata acuminata, calycibus: paulo longiora vel breviora, 
villosa. Racemi simplices, verticiliastris A- 7-floris, saepius caulem a tertia parte 
inferiore obtinentibus, inferioribus remotiusculis superioribus approximatis. 
Calyx subsessilis, hirsuto-villosus pilis longis glanduliferis, campanulatus 
tubo brevi, labiis subæquilongis distantibus, superiore oblongo summo apice 
3-dentato dentibus. ovato-acuminatis subaequalibus conniventibus, inferiore 
bifido laciniis lanceolatis in cuspidem subspinescentem attenuatis, tubo intus 
villoso. Corolla ochroleuca, 10-15 millim. longa, calyce subduplo longior, 
tubo infra faucem gibboso- ventricoso intus annulo piloso destituto, labio 


SÉANCE DU 1^4 NOVEMBRE 1873. 255 


superiore arcuato galeato compresso apice rotundato emarginato extas pubes- 
cente, labii inferioris superiori subæquilongi Zobis lateralibus oblongis 
suberectis medio patente concavo rotundato subemarginato. Connectiva inter 
se extremitate articulorum inferiorum. connata, multo infra medium arti- 
culata, articulo superiore elongato lobo antheræ versatili: oblongo donato, 
articulo inferiore crasso ad callum sterilem redacto, Stylus apice bifidus, 
lobis subulatis inferiore multo longiore. — Florifera Maio 1867 lecta. 

In montibus ad austro-occidentem urbis Maroc, prope Keira, ad 1000 metr. 
cl. Balansa detexit. 

S. ochroleuca calycis labio superiore summo apice tridentato dentibus 
conniventibus, corolle tubo sub fauce gibboso-ventricoso intus exannulato, 
labio superiore arcuato galeato compresso, labii inferioris lobis lateralibus 
oblongis suberectis medio patente rotundato concavo subemarginato, connec- 
tivis multo infra medium articulatis inter se extremitate articuli inferioris 
sterilis ad callum redacti connatis ad sectionem P/ethiosphace (Benth. in DC. 
Prodr. XII, 288) pertinet et juxta S. Ausí7?acam L. colore corollae collocanda, 
sed habitu, foliis multo angustioribus haud humo adpressis et forma dentium 
calycinorum eximie distincta. 


SIDERITIS VILLOSA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis caudice et parte inferiore caulium induratis, pilis paten- 
fibus molliter villosa. Caules plures, diffusi, 10-15 centim. longi, tetragoni 
angulis præminentibus obtusis, simplices vel inferne ramosi. Folia crenata, 
crenis etium in superioribus muticis, inferiora petiolata ovata vel ovato- 
oblonga basi cordata, /Toralia subconformia minora in petiolum brevem atte- 
nuata calycibus longiora. Verticillastri 3-6-flori, remotiusculi vel superiores 
in spicam foliatam subapprozimati. Calyx breviter pedicellatus, demum 
patenti-subreflexus, patule hispidus, campanulatus, tenuiter 10-nervius, den- 
tibus omnibus subæquilatis, ovato-triangularibus apice mucronatis, supe- 
riore longiore, tubi longitudine dimidia brevioribus, demum suberectis. 
Corolla 8-9 millim. longa, albida, sparse pilosa, tubo cylindrico, subrecto, 
calycem paulo excedente, intus piloso-annulato, labio. superiore. subascen - 
dente planiusculo integro, labio: inferiore subæquilongo patente trilobo lobo 
medio latiore obovato integro. Stamina 4, tubo inclusa, superiora brevia 
antherarum lobis divaricatis, inferiora multo longiora antheris minutis cassis. 
Stylus inclusus, apice bifidus, lobo superiore tereti-truncato, inferiore dilatato 
basi superiorem amplectente. Nuculæ fuscescentes albido-variegatæ, obovatæ, 
apice rotundatæ, glabræ, punctato-tuberculatæ. — Florifera et. fructifera 
2 Junii 1867 lecta. 

Ad meridiem urbis Maroc, in monte Sidi- Fars (Balansa). 

Ad sectionem Hesiodia (Benih. in DC. Prodr. XIE, 445) pertinens et 
juxta S. montanam L. collocanda, sed ab illa et cæteris speciebus sectionis 
caudice perenni distincta, 


9256 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Sip&RITIS BALANSÆ Coss. 


Planta annua, pilis patentibus molliter villosa, a pası ramosa. Caules 12-15 
centim. longi, tetragoni angulis praeminentibus obtusis, laterales diffusi vel 
ascendentes, centralis erectus, simplices vel ramis paucis donati. Folia crenata 
crenis muticis vel in foliis superioribus crenu terminali brevissime cuspidata, 
inferiora breviter petiolata ovata basi cuneata, floralia subconformia minora 
subsessilia calycibus sublongiora. Verticillastri h-6-flori, inferiores sepius 
remoti, superiores in spicam foliatam subapproximati. Calyx breviter 
pedicellatus, demum  patenti-subdeflexus, patule hispidus, campanulatus, 
tenuiter 10-nervius, dentibus omnibus subæquilatis subæquilongisque, ovato- 
lanceolatis apice in cuspidem longam subulatam attenuatis, tubi longitudine 
dimidia paulo longioribus, demum suberectis. Corolla 6-7 millim. longa, 
albida, sparse pilosa, tubo cylindrico, subrecto, calycis tubum excedente, 
dentes subzequante, intus obsolete piloso-annulato, labio superiore subascen- 
dente planiusculo integro, labio inferiore longiore patente trilobo lobo medio 
latiore obovato integro. Stamina 4, ad tertiam partem inferiorem tubi corollini 
inserta, tubo inclusa, superiora breviora antherarum lobis divaricatis, inferiora 
longiora antheris minutis cassis. Stylus inclusus, apice bifidus, lobo superiore 
tereti truncato, inferiore dilatato basi superiorem amplectente. Nucula fusca, 
obovatæ apice rotundata, glabræ, sub lente punctato-tuberculatæ.— Florifera 
et fructifera 2 Maii 1867 lecta. 

In ditione Haha, ad austro-orientem urbis Mogador, ad 750 metr. a cl. 
Balansa inventa. 

Ad sectionem Hesiodia (Benth. in DC. Prodr. XII, AA5) referenda et 
cum S. villosa juxta S. montanam L. collocanda, sed ab illa et a S. remota 
D'Urvill. habitu, calyce tenuiter non valide nervoso, dentibus vix rigidis demum 
suberectis, non rigidis demum patentibus valde diversa. — Habitu et indu- 


mento S. lanatam L. refert, sed dentibus calycinis subæquilongis et corollae 
colore distincta. 


STACHYS DURANDIANA Coss, Sp. nov. 


Perennis?, tota pilis patulis aliis brevioribus glandulosis aliis elongatis 
dense hirsuta obscure virens. Caulis erectus, tetragonus angulis præminentibus 
obtusis, superne ramosus. Folia caulina petiolata, 3-h 4 centim. longa, ovata 
vel ovato-triangularia, basi subcordata, dentata, dentibus obtusiasculis vel 
acutiusculis, facie utraque hirsuta; floralia sessilia vel subsessilia, ovato- 
acuminata apice brevissime et molliter subspinescentia, dentata vel suprema 
ovato-oblonga integra, calycibus longiora. Verticillastri numerosi, subsez- 
flori, inferiores tantum remotiusculi, ceteri in. spicam foliatam approxi- 
mati. Bracteol omnino obsolete, Calyx dense et patule hispidus, campanu- 
lato-tubulosus demum campanulatus, tenuiter 10-nervius, ore equali, dentibus 
«qualibus triangularibus lanceolatisve, apice breviter spinulosis, tubi longi- 
tudine dimidia sepius paulo brevioribus. Corolla 42-45 millim. longa, 


SÉANCE DU'1A NOVEMBRE 1873. 257 


purpurea (sec. Durand), extus breviter hirta, tubo cylindrico subincurvo ad 
faucem haud ampliato calyce breviore ad tertiam. partem inferiorem intus 
oblique annulato-piloso, labío superiore subhorizontali subfornicato integro 
vel subretuso, labio inferiore multo longiore patente trilobo lobo medio 
maximo retuso. Stamina inferiora longiora demum ad latera faucis dejecta, 
antherarum lobis demum divaricatis. Nuculæ nigrescentes, obovatæ, apice 
rotundata, glabræ, leves. — Descriptio juxta specimina tria herbarii Durand 
nunc Bouchet. $ 

Juxta Meguinez ab abbate Philippo Durand inventa. 

S. Durandiana caule, foliis calycibusque hirsutis, verticillastris plerisque 
6-floris, bracteis obsoletis, calyce haud bilabiato dentibus apice spinescentibus, 
corolle parpureæ tubo incluso et intus piloso-annulato pertinet ad sectionem 
Stachyotypus (Dumort. ; Benth. in DC. Prodr. XH, 468). In speciminibus 
incompletis suppetentibus radix deficit. Si planta radice perenni gaudet, villo- 
sitate, caulibus robustis superne ramosis, folíis. caulinis ovato-triangularibus 
vel ovato-oblongis, corolla majuscula, ad gregem Ælatæ (Benth. loc. cit., 
568) referenda et juxta S. silvaticam L. collocanda. Si contra radicem an- 
nuam praebet referenda ad gregem Agrestes (Benth. loc. cit., 477) et juxta 
S. marrubiifoliam Viv. collocanda, a qua ut a S. silvatica notis supra 
indicatis eximie differt. 


STACHYS SAXICOLA Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Perennis, tota densissime et mollissime niveo-lanata. Caudex lignosus, 
tortuosus, caules plures emittens. Caules diffuso-procumbentes, obtuse tetra- 
goni, lana copiosa obtecti, simplices vel superne ramosi. Folia caulina longe 
petiolata, ovato-suborbiculata basi late cordata, crenata, crassiuscula,utrinque 
niveo-tomentosa ; floralia subconformia, multo minora, sensim decrescentia, 
suprema calycibus breviora, Verticillastri plures, subsexflori, in spicam 
brevem densam approzimati. Bracteolæ omnino obsoletæ. Calyx dense 
niveo-lanatus, campanulatus, tenuiter 10-nervius, ore equali, dentibus æqua- 
libus, ovatis apice abrupte in cuspidem brevem spinescentem acuminatis, tubi 
longitudine dimidia brevioribus. Coro//a (e fragmentis tantum nota) extus 
sparse et breviter hirta, ¿ubo cylindrico, subrecto, ad faucem vix ampliato, 
calycem subæquante, ad mediam longitudinem intus transversim annulato- 
piloso, labio superiore subhorizontali subfornicato integro, labio inferiore 
multo longiore patente trilobo lobo medio maximo retuso. Stamina inferiora 
longiora, demum ad latera faucis dejecta, antherarum lobis demum divaricatis. 
Nuculæ nigrescentes, obovato-trigonz, apice rotundatæ, glabræ, irregulariter 
reticulato-rugosæ. — Jam deflorata 2 Junii 1867 lecta. 

In montibus ad meridiem urbis Maroc juxta Moulai-Jbrahim, ad 1200 
metr. (Balansa), in fissuris rupium cum Euphorbia rimarum crescens. 

Ad sectionem Sfachyotypus (Dumort.; Benth. in DC. Prodr. XII, 468) 

T. XX. (séances) 17 : 


258 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


pertinens et in subsectione Ruderales juxta S. candidam (Bory et Chaub. 
Exp. Mor. 167, t. 19; Benth. in DC. Prodr, XII, 475) in Gracia cres- 
centem collocanda, sed eximie distincta dentibus calycinis ovatis apice abrupte 
in cuspidem brevem subspinescentem acuminatis, non lanceolatis in cuspidem 
sensim attenuatis. 


TEUCRIUM COLLINUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis, inferne frutescens, a basi ramosa, caudice lignoso in 
radicem fusiformem abeunte, a basi ramosa, tota velutino-villosa. . Caules 
diffuso-ascendentes, vix tetragoni, subsimplices sepius ramulos nonnullos 
axillares abbreviatos emittentes, pilis patentibus mollibus longe villosi. Folia 
subapproximata, ovata basi cuneata in petiolum. attenuata, crenata, nervis 
supra impressis infra præminentibus subbullata, supra villosa, subtus canes- 
centi-subtomentosa, floralia subconformia in verticillos h-6-folios dispo- 
sita superiora oblonga calyces subæquantia. Verticillastri plures, distincti, 
subapyroximati, h-6-flori, superiores in spicam simplicem teretem foliatam 
conferti. Calyx breviter pedicellatus, late campanulatus tubo inferne valde 
gibbo, ore barbato, bilabiatus, dentibus labii superioris multo latioribus 
supremo transversim latiore subtruncato abrupte breviterque cuspidato late- 
ralibus ovatis apice rotundatis, labii inferioris dentibus lanceolatis in subulam 
brevem sensim attenuatis. Corolla purpurascens ?, extus villosa, torsione tubi 
resupinata, labii superioris lobis cum labio inferiore in labium unicum 
5-lobum utrinque. lobis 2 ovató-rotundatis et lobo terminali suborbiculato 
multo majore concavo donatum confluentibus. Genitalia arcuata, longe exserta. 
Nuculæ fusca, glabra, grosse reticulato-rugosæ.— Floriferum et vix fruc- 
üferum Maio 1867 lectum. 

In montibus humilibus : Djebel-Hadid prope Mogador (Balansa); ad 
austro-occidentem urbis Maroc, prope Keira (Balansa). 

T. collinum habitu, foliis floralibus verticillatis, calycis fabrica juxta T. 
bracteatum Desf., ad sectionem Stachyobotrys a cl. Bentham (in DC. Prodr. 
XII, 581) refertum, collocandum, sed ab illo cæterisque speciebus sectionis 
differt foliis floralibus caulinis subconformibus, notisque plurimis in descrip- 
tione indicatis. Inflorescentia sectiones Scordium (Benth. in DC. Prod. XII, 
585) et Chamædrys (Benth. loc. cit., 587) refert, et forsan cum 7. brac- 
teato sectionem novam generis constituit. 


TEUCRIUM DECIPIENS Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (4867). 


Planta annua, sepius pusilla, villosa. Caulis erectus, tetragonus, a basi 
_ divaricato-ramosus, pilis patentibus villosus. Folie præsertim superiora approxi- 

mata, oblonga in petiolum attenuata, facie utraque viridia, præsertim infra 
villosa nervis vix prominulis, inferiora superne grosse paucidentata, floralia 
superiora subconformia angustiora integra flores excedentia. Verticillastri 


SÉANCE DU ÅA NOVEMBRE 1873. 299 


plurimi, distincti, bzflori, secundi, superiores in spicam foliatam foliis flora- 
libus superioribus comosam approximati. Ca/yz pedicellatus, in. pedicello 
nutanti-subdeflexus, campanulato-tubulosus tubo inferne gibbo, ore barbato, 
obsolete bilabiatus, dentibus subconformibus lanceolatis brevissime aristatis, 
supremo patenti-ascendente, caeteris erectis. Corolla purpurascens, extus 
. villosa, tubo haud torto non resupinata nempe labio inferiore deorsum spec- 
tante, labii superioris lobis cum labio inferiore in labium unicum 5-lobum 
utrinque lobis duobus et lobo terminali donatum confluentibus, lobis late- 
ralibus superioribus triangulari-lanceolatis, inferioribus oblongis, terminali 
obovato-cuneato multo majore. Genitalia arcuata, longe exserta. Nucula 
fusco-nigrescentes, glabræ, reticulatæ, — Maio 1867 floriferum et fructiferum 
lectum. 

In monte Djebel-Hadid prope Mogador (Balansa). 

T. decipiens in sectione Scordium (Benth. in DC. Prodr. XII, 586) juxta 
T. resupinatum Desf. collocandum, sed eximie distinctum caulibus sepius 
pusillis, verticillastris superioribus magis approximatis, dentibus calycinis 
brevissime, non longe aristatis, corolla non resupinata. 


TEUCRIUM RUPESTRE Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Suffrutex caudice lignoso incrassato, multicaulis. Caules diffusi, subtetra- 
goni, inferne et sepius superne ramosi, presertim in parte superiore pilis 
patentibus mollibus pubescentes vel demum glabrescentes. Folia caulina 
subdistantia, ovata vel ovato-subtriangularia obtusa basi truncata vel sub- 
cordata breviter petiolata, crenata, nervis supra impressis infra praeminentibus 
bullata, supra glabrescentia infra villoso-subtomentella, flora/ia infima sub- 
conformia, cætera oblonga integra calyces subæquantia. Verticillastri plures, 
2-flori, in spicas apice caulis et ramorum conferti. Calyx pedicellatus, in 
pedicello nutans, campanulatus tubo inferne subgibbo, ore non barbato, bila- 
biatus, dentibus labii superioris latioribus ovatis supremo breviter acuminato 
lateralibus brevioribus obtusis, labii inferioris lanceolatis apice vir mu- 
cronatis. Corolla lutescens, extus pubescens, tübo haud torto non resupinata, 
labii superioris lobis cum labio inferiore in labium unicum 5-/obum nempe 
utrinque lobis duobus superioribus lanceolatis elongatis inferioribus oblongis 
et lobo terminali majore suborbiculato basi contracto concavo donatum con- 
fluentibus. Genitalia arcuata, longe exserta. Nuculæ (immature tantum nota) 
glabrae, rugosæ. — Maio 1867 floriferum lectum. 

In fissuris rupium abruptarum prope Aera, ad austro-occidentem urbis 
Maroc (Balansa). 

Caulibus suffruticosis, verticillastris bifloris, calycis dentibus superioribus 
paulo latioribus, corollae lobis in labium unicum confluentibus ad sectionem 
Chamædrys (Benth. in DC. Prodr. XII, 587) pertinere videtur, sed verticil- 
lastris in spicas terminales confertis, dentibusque calycinis superioribus præ- 


260 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sertim supremo latioribus ad sectionem Séachyobotrys (Benth. in DC. Prodr. 
XII, 581) vergit. f 


TEUCRIUM BULLATUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Suffrutex caudice lignoso incrassato, multicaulis. Caules diffusi vel ascen- 
dentes, vix tetragoni, inferne et saepe superne ramosi pilis patentibus dense . 
cinereo-villosi. Folia sessilia, caulina approximata, oblongo-lanceolata obtusa, 
a basi crenata, nervis supra impressis infra præminentibus bullata, margini- 
bus revoluta, utrinque cinereo-villosa, floralia lineari-lanceolata integra caly- 
cibus paulo longiora spicas apice comantia. Verticillastri in spicas oblongas 
teretes apice caulis et ramorum dense congesti. Calyx subsessilis, erectus, 
tubuloso-cumpanulatus, ore non barbato, vix bilabiatus, dentibus subæqui- 
longis apice subulatis, labii superioris vix latioribus ovato-lanceolatis, 
labii inferioris lanceolatis. Corolla ochroleuca, extus pubescens, tubo haud 
torto non resupinata, labii superioris lobis amplis oblongis divergentibus 
subhorizontalibus genitalia excedentibus, labii inferioris trilobi lobis latera- 
libus oblongo - lanceolatis margine inflexo plica superne ad basim lobulo auctis, 
lobo terminali majore suborbiculato basi contracto concavo. Genitalia arcuata, 
lobis labii superioris breviora. Nuculæ nigræ, glabra, rugose. — Floriferum 
et vix fructiferum Maio 1867 lectum. 

Ia monte Ait -Qugourt juxta Keira, ad austro-occidentem urbis Maroc, ad 
1300 metr. (Balansa). 

Caulibus suffrutescentibus, verticillastris in spicas oblongas teretes dense 
congestis, calyce tubuloso-campanulato, dentibus calycinis subæquilongis supe- 
rioribus vix latioribus, nuculis rugosis ad sectionem Polium (Benth. in DC. 
Prodr. XM, 590) juxta 7. cinereum Boiss. collocandum, sed abunde differt 
foliis sessilibus, dentibus calycinis longis, etc. — Affinius 7. compacto (Cle- 
ment. in Lag. Nov. gen. et sp. 17; Benth. in DC. Prodr. XII, 586) a sectione 
Scordium (Benth. loc. cit., 585) removendo et quoque ad sectionem Polium 
referendo, sed eximie distinctum foliis sessilibus a basi crenatis, non petiolatis 
inferne cuneatis integris, dentibus calycinis longioribus, etc. 


RUMEX PAPILIO Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis, pluricaulis, glaberrima, caudice brevissimo verticali in 
radicem fusiformem sublignosam abeunte.Caules erecti, ascendentes vel diffusi, 
superne ramosi, ramis divergentibus. Folia omnia petiolata, inferiora ovato- 
oblonga sæpe in parte inferiore latere altero angulo præminente donata, media 
ovato-triangularia acuta basi hastata auriculis divergentibus vel divaricatis, 
superiora linearia, ocreis ovato-oblongis margine integris. Flores polygamo- 
monoici, in racemos paucos laxos aphyllos paniculam generalem efformantes 
dispositi, fasciculati, fasciculis 2-5-floris remotis, pedicellis tenuiter filiformibus 
arcuato-deflexis. Calycis lacini; exteriores oblongo-lineares primum erectae 


SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 18723, 261 


dein reflexæ; valoæ accrescentes, demum diaphano-membranaceæ, tenuiter 
venosæ venis vix prominulis, margine denticulate, ambitu orbiculato-sub- 
rhombeæ, supra medium utrinque profunde incisæ et inde quadrilobæ lobis 
inferioribus ovato-suborbiculatis superioribus minoribus oblongis divergentibus, 
in disco pilis paucis papilliformibus donatz, basi callo destitutæ vel una alte- 
raque callo obsoleto prædita. — Florifer et fructifer 3 Junii 1867 lectus. 

In faucibus amnis GAaghaia, ad meridiem urbis Maroc (Balansa). 

R. Papilio, e forma valvarum papilionem referentium denominatus, in sec- 
tione Acetosa (Meissn. in DC. Prodr. XIV, 64) juxta R. seutatim L. collo- 
candus, sed ab illo et ceteris speciebus affinibus valvis quadrilobis eximie dis- 
tinctus. 


EUPHORBIA RIMARUM Coss. et Bal. in Bal. pl. Mar. (1867). 


Planta perennis, pumila, pallide virens, caudice verticali in radicem fusi- 
formem abeunte. Caules numerosi, tenues, inferne suffruticosi superne 
herbacei, basi ramosi, superne simplices vel parce ramosi, diffusi vel ascen - 
dentes, puberuli vel glabri. Folia minuta, oblongo-obovata vel suborbicalata, 
integra, apice obtusa vel subretusa mucronata, glabra ve! puberula, breviter 
petiolata, patula, floralia subconformia latiora interdum basi truncata. Um- 
belle sepius triradiatæ radiis longiusculis simplicibus vel bifidis. /nvolueri 
turbinati lobi ovati emarginati denticulato-ciliati, glandulæ transverse oblongæ 
truncatæ cornute cornibus tenuibus glandulæ latitudini subæquilongis paral- 
lelis. Capsula oblonga, trisulcata, coccis Ivibus dorso subcarinatis non alatis, 
stylis ima basi tantum coalitis. Semina oblongo-obovata subtrigona, nigres- 
centia, undique et crebre tuberculato-glebulosa tuberculis primum albidis, 
caruncula brevi obconico-subglobosa. — Maio 1867 florifera et fructifera 
lecta. 

In fissuris rupium regionis montanæ : ad austro-orientem urbis Mogador, 
in ditione Haha, ad 750 metr. (Balansa) ; ad meridiem urbis Maroc, juxta 
Moulai-Ibrahim, ad 1200 metr. (Balansa). 

Foliis caulinis sparsis, inflorescentia umbellata, involucri glandulis truncatis 
bicornutis, bracteolis inter flores masculos hirsutis, semine carunculato ad 
sectionem Æsulæ (Boiss. in DC. Prodr. XV, n, 138) referenda. Habitu 
notisque pluribus juxta E. herniariæfoliam (Willd.; Boiss. loc. cit., 155) in 
Graecia, Syria et Asia Minore crescentem collocanda, sed coccis dorso non 
bialatis seminibusque crebre tuberculato-glebulosis distinctissima. 


262 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DUCHARTRE, ANCIEN PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ. 


M. Duchartre, en prenant place au fauteuil, présente les excuses 
de M. Decaisne, empéché de se rendre à la séance, et exprime les 
regrets, vivement partagés par la Société, d'une subite indisposition 
de M. Fée, vice-président, qui ne lui permet pas de remplacer ce 
soir M. Decaisne dans ses fonctions présidentielles. Il ajoute que 
tout fait heureusement espérer que cette indisposition n'aura pas 
de suites fâcheuses. 

M. Roze, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance 
du 14 novembre, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite des présentations faites dans la derniére séance, 
M. le Président proclame l'admission de : 


MM. GLaziou (A.), directeur des Jardins impériaux de ga 
Janeiro, présenté par MM. Fée et Decaisne ; 
LAFFITTE (l'abbé Charles), au grand séminaire de Tarbes, 
présenté par MM. l'abbé Miégeville et Bordère ; 
LLENas (Alejandro), médecin à Santiago (République domi- 
_nicaine), présenté par MM. Viaud-Grand-Marais et Ge- 
nevier. 


M. le Secrétaire général donne lecture de la lettre suivante : 


|LETTRE DE M. Ph. PARLATORE. 
A M. le Président de la Société botanique de France. 


Florence, 22 novembre 1873. 
Monsieur le Président, 

J'ai l'honneur de vous informer qu'un Congrès international de botanique 
aura lieu à Florence, du 11 au 25 mai prochain, en méme temps qu'une 
Exposition internationale d'horticulture, et de vous prier au nom de la Société 
royale Toscane d'horticulture qui s'est mise à la téte de ces deux entreprises, 
et dont j'ai l'honneur d'étre le Président, de vouloir les faire connaitre aux 
membres de la Société dont vous étes le digne Président et de les prier de 
vouloir venir en cette occasion à Florence, pour que nous puissions avoir 
l'honneur de voir votre illustre Société représentée au Congrès (1). 


(4) Voyez le Bulletin, t, XX (Revue), p. 103. 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1873. 263 


Je vous envoie les programmes de l'Exposition et du Congrés, pour que 
vous puissiez en avoir connaissance. 

Je me ferai un devoir de vous faire connaitre plus tard les facilités qu'on 
aura obtenues des directions des chemins de fer et des bateaux à vapeur, ainsi 
que tout ce qui concernera soit l'Exposition, soit le Congrès. 


Veuillez agréer, etc., 
Le Président, 


PH. PARLATORE. 


M. de Schœnefeld dit qu'il a reçu, au sujet du congrès de Flo- 
rence, une autre lettre de M. Parlatore, qui lui annonce que le 
buste de notre regretté confrére Ph.-Barker Webb doit étre inau- 
guré, à l'occasion de cette solennité, dans le Musée royal d'histoire 
naturelle. Il ajoute qu'il est heureux d'apprendre que cet hommage 
sera rendu à Webb en reconnaissance du don qu'il a bien voulu 
faire au Musée de Florence, en lui léguant sa belle bibliothèque et 
son riche herbier. 

M. le Secrétaire général annonce ensuite qu'il a soumis à l'obli- 
geant examen de M. le docteur Nylander les productions cryptoga- 
miques adressées à la Société par M. l'abbé Dupuy (voyez plus haut, 
pp. 231-232) et qu'il a recu de l'éminent lichénographe la réponse 
suivante : 

LETTRE DE M. WW. NYLANDER. 


A. M. le Secrétaire général de la Société botanique de France. 


Paris, 16 novenibre 1873. 
Monsieur, 
Le sachet dont vous voulez bien me soumettre le contenu renferme deux 
choses, savoir : 
1° Des squames noirâtres lobées ou en [otnie de rosettes. C'est l'Ompha- 


laria pulvinata (Schær.). 

2 Des filaments noirs souvent attachés à l'Omphalaria. Ce n'est pas un 
Usnea comme le pense M. l'abbé Dupuy, mais une curieuse Nostochinée, 
que je crois constituer un nouveau genre auquel je donne le nom de : 


NEMATONOSTOC. 


Voici la définition de l'espéce, que j'appellerai NEMATONOSTOC RHIZOMOR- 
PHOIDES : 

Thallus obscure olivaceo-virescens (desiccatione Les filamentosus, 
subteres (crassit. 0,4-0,2 millim.) aut compressus (latit. usque 0,5 millim.), e 
filamentis tenuibus longis (longit, circiter 6-10 centim.) simplicibus vel subsim - 


264 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


plicibus pendulis constans ; intus hormogonimiis (gonimiis moniliformibus) cor- 
ticalibus subrectis et distinctius vaginatis, interioribus implexis minus distincte 
vaginatis et gonimiis singulis majoribus (meiogonimiis) hinc inde interpositis (1). 

Thallus in humido statu flaccissimus, in sicco rigescens; in lamina tenui 
visus extus dilute olivaceo-fuscescens, interius fere omnino hyalinus. Vagina 
syngonimicæ (crassit. circiter 0,007 millim.) biformes, nam subcorücales longi- 
tudinaliter dispositæ et tenuiter articulatæ (quoque articulo gonimium singulum 
continente) ; vagin interiores flexuosæ simplices sæpeque parum conspicua. 

Differt. |Vematonostoc a genere Hormosiphone Kuetz. thalli forma longe 
definiteque filamentosa et syngonimiis biformibus ; est typus eodem superior, 
cur illud non sicut subgenus Z/ormosiphonis recipere licet. Etiam evolutio 
thallina, jam e prima prole, magis implicata. Physiologico enim respectu obser- 
vatur, hoc /Vematonostoc (tamquam vulgo solet in thallis analogis) propagari 
gemmulis seu globulis minutis isidiomorphis. Sunt hæ gemmulz primo cel- 
lulæ globulosæ agonimica simplices (diam. fere 0,008 millim.), qua deinde 
crescentes oblongæ evadunt et septo dividuntur ; postea eædem septo cruciato 
accedente quadriloculares conspiciuntur sensimque pluri-cellulosæ. At simul 
in his gemmulis jam juvenilibus gignuntur gonimia, primo unicum gonimium 
in quovis loculo, serius bina (2) et plura, ita ut syngonimia oriantur monili- 
formia, atque jam mature textura cellulosa interior disparet. Sic primitus go- 
nimia intra cellulas et post formationem cellularum involventium nascuntur (3). 


Agréez, etc. W. NYLANDER. 


Il est successivement donné lecture des communications sui- 
vantes adressées à la Société : 


GLOSSOLOGIE DU FRUIT (4), par MI. D. CLOS. 
(Sorèze, 19 novembre 1873.) 


« La classification des fruits est arrivée à un 
degré de confusion que n'a encore atteint 
aucune des parties de la science, » 

AUG. DE SAINT-HILAIRE. 


Dans l'exposé des familles que j'ai fait cette année à la Faculté des sciences 


LN 


de Toulouse, j'ai été frappé de la divergence des auteurs sur l'interprétation 


(4) Meiogonimia in Algologia dicuntur « cellulæ perdurantes » vel « heterocystæ », 
qui termini segre conservandi sunt; hic enim de granulis gonimis agitur neque de veris 
cellulis (gonidiis). Ceteroquin animadvertatur, pro gonimiis meniliformibus vaginatis dici 
posse : syngonimia cylindrica hormogonimica. 

(2) Gonimium primo ortum sensim duplo prolongatur et tum constrictione in dua 
secedit ; similiter cetera multiplicantur. Talis est origo et evolutio gonimiorum. 

(3) Le Nematonostoc et l'Omphalaria ont été recueillis par M. l'abbé Dupuy, en sep- 
tembre 1873, sur les rochers calcaires avoisinant la Carriére romaine, près Saint-Béat 
(Haute-Garonne). Voyez plus haut, à la séance du 14 novembre, page 231. 

(4) Pour faire suite aux notes intitulées : Discussion de quelques points de glossologie 
botanique, et insérées dans ce Bulletin, t, IV, p. 738 ; t. VI, pp. 187 et 211 ; t. VIII, 
p. 615; t. IX, pp. 355 et 652 ; t. XII, p. 348; t. XVIII, p. 96; t, XX, p. 187. 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 18723. 265 


des termes usités en carpologie. Mais je l'ai été plus encore dans un travail 
spécial sur le péricarpe envisagé au point de vue de la classification (1). Il n'y 
a sürement pas d'organe en Phanérogamie au sujet duquel la nomenclature 
offre plus de confusion. C'est surtout à propos de certains termes recus dans 
la science et reproduits dans tous les ouvrages didactiques ou descriptifs que 
le désaccord est grand; et cependant on a justement condamné à l'oubli une 
foule de dénominations de fruits créées au commencement de ce siecle, soit 
par Desvaux, soit par Mirbel, soit par d'autres ; je ne m'en occuperai pas ici, et 
je me garderai d'en proposer de nouvelles. En recherchant dans cette note les 
définitions de ces termes les plus rationnels, en désignant ceux d'entre eux 
qui me paraissent devoir étre adoptés ou exclus, j'ai surtout en vue d'appeler 
sur ce point l'attention des botanistes et de provoquer une discussion à la 
suite de laquelle la glossologie des fruits soit moins livrée à l'arbitraire. J'ai 
l'intime conviction que beaucoup de phytographes, au moment de décrire les 
Cupuliféres, se sont demandé quel nom ils assigneraient aux fruits de ces 
arbres ; que la méme hésitation s'est produite à l'occasion des fruits des Géra- 
niacées, des Ombelliféres, des Malvacées, des Chénopodiées et d'un assez grand 
nombre d'autres plantes. De là l'opportunité de soumettre la glossologie du fruit 
à une nouvelle révision. Je traiterai successivement des fruits secs et des fruits 
charnus. 

CAPSULE. — Encore en 1802, L.-C. Richard et Bulliard définissent la capsule 
un fruit sec à plusieurs graines ou à une seule adhérente au péricarpe déhis- 
cent ou indéhiscent (Dictionn. de bot. p. 20); et c'est seulement six ans 
après que L. -C. Richard dit à propos des mots akène et caryopse : « Les termes 
nouveaux que je propose (2) peuvent étre utilement employés à la courte 
expression des caractéres fructuaires des ordres naturels », et il donne un 
akène aux Alismacées, aux Potamophiles et aux Cypéracées, une caryopse aux 
Graminées et aux Typhinées (Analyse du fruit, pp. 9 et 10). 

La première définition était contraire à celle de Linné(3), énoncant : « Cap- 
sula: pericarpium câvum, determinate dehiscens » (Philos. bot.), et encore : 
« Capsula membranacea valvis dehiscens, varie in variis » (Syst. veget.). Et 
c'est ainsi que l'entendait Lamarck en 1794, écrivant que les panneaux de la 
capsule s'ouvrent comme autant de valves ou de battants pour laisser une 
issue libre aux semences (Flore française}. 


(1) Des caractères du péricarpe et de sa déhiscence pour la classification naturelle 
(in Mém. Acad. des sc. de Toulouse, 7° sér. t. V, pp. 1 à 64). 

(2) Le mot achena avait été créé quatre ans auparavant, en 1788, par J. de Necker, 
dans son Corollarium ad Philos, botanicam Linnœæi spectans, imprimé en 1790. On y 
lit, page 8 : « ACBENA, capsula, cujus involucrum simplex, natura coriacea, minime dehis- 
cens, in quo semina fertilia includuntur. » 

(3) « Les anciens botanistes, dit M. Du Mortier, donnaient le nom de capsule à chacune 
des loges d'un fruit pluriloculaire..... Knaut parsitétre le premier qui ait désigné les 
fruits secs sous le nom spécifique de capsule, et Linné restreignit ce nom à tout fruit 
déhiscent qui n'est ni légume, ni conceptacle, ni silique. » (Essai carpographique, p. 38.) 


266 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Plusieurs auteurs modernes ont considéré à bon droit la déhiscence comme un 
caractère essentiel de la capsule, tels : De Candolle, Desvaux, Auguste de Saint- 
Hilaire, A. Richard, MM. Le Maout et Decaisne, etc., tandis que M. Germain 
de Saint-Pierre comprend dans sa définition de la capsule ces mots : « Fruit... 
déhiscent ou indéhiscent » (Nouv. Dict. de bot. p. 244). Hl existe sans doute 
des fruits secs polyspermes et indéhiscents (chez le Pavot dit aveugle, par 
exemple), mais ils sont peu nombreux, comme exceptionnels, et ne réclament 
pas une dénomination spéciale. C'est à tort, ce mesemble, qu'Endlicher décrit 
ainsi le fruit du genre Se//iera de la famille des Goodéniacées : « Capsul: 
bilocularis, carnosa indehiscens » (Genera plant. n° 3042). J'admettrai à la 
rigueur l'expression si souvent employée de capsula baccata, mais à la condi- 
tion que ce fruit s'ouvrira. L’ Anarrhinum a une capsule, bien qu'on la décrive 
ainsi : « Capsula tarde dehiscens. » 

COQUES, MÉRICARPES DIACHAINES, POLACHAINES. — a. Faut-il adopter un 
nom spécial pour les fruits assez nombreux, et notamment dans la famille des 
Euphorbiacées, qui se séparent en coques ? Z'latérie Rich., crépitacle Desv. , 
regnate Mirb., ont été tour à tour proposés ; mais ils ne sont pas entrés dans 
la pratique, et je crois qu'on peut y suppléer par les expressions : Fruits à 
coques (1). Malheureusement les botanistes modernes donnent au mot coques 
des acceptions différentes : les uns y voient des carpelles plus ou moins arrondis, 
au moins d'un côté, adhérant d'abord par leur face interne à l'axe dont ils se dé- 
tachent parfois avec élasticité (Bischoff) ; les autres (MM. Spach, Phanérogames, 
Le Maout et Decaisne, 7raité général de bot.) appellent coques les parties qui 
s'isolent du fruit des Géraniacées et des Ombelliféres; tandis qu' Adrien de Jus- 
sieu dit que la coque, comme le légume, s'ouvre par les deux sutures, mais que 
la première diffère du second en ce qu'elle ne contient qu'une ou deux graines 
et que l’endocarpe est ligneux ou crustacé (Elém. d'hist. nat. botanique). 

Linné ne signale pas expressément les coques dans les:fruits qu'il admet, 
mais ne les y comprend-il pas implicitement lorsqu'il désigne les Euphor- 
biacées sous le nom de Zricoecæ, dénomination qu'il: emprunte, il est 
vrai, à Morison (1680) ? Gærtner, que l'on considère en général: comme le 
créateur du fruit appelé coque, l'entendait d'une tout autre manière et désignait 
par ce mot l'ensemble du fruit, suivi en cela par De Candolle (Flore française). 
Le botaniste allemand a écrit : « Coccum pericarpium compositum ex concep- 
taculis siccis elasticis s. cocculis partialibus duobus aut pluribus.... Hic nempe 
ita se habet, ut cocculi partiales primum ab axi fructus secedant, et singulus 
eorum ad suturam suam internam, magno cum impetu, in duas valvulas, basi 


(1) Les fruits à coques doivent-ils figurer dans les capsules ? Mirbel s'y refusait, les 
plaçant dans son troisième ordre (fruits diérésiliens), le deuxième ordre comprenant les 
fruits capsulaires : mais l'auteur ajoute : « Vous voyez que les fruits diérésiliens sont à 
peine distincts des capsules à valves rentrantes dont les cloisons se dédoublent. » (Elim. 
de physiol. vég., p 337). i , 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1873. 267 


plerumque cohzrentes, rumpatur » (Dé fructib. et semin. p. 43); etl’auteur 
cite comme exemples, indépendamment des Euphorbes, les genres Diosma, 
Philyca, Fraxinella. Mais plusieurs phytographes sont revenus à linter- 
prétation de Linné, du moins pour les exemples signalés, appelant coque, non 
pas l'ensemble du fruit, mais chacun de ses éléments, les cocculi de Gærtner. 

b. Quel nom donner au fruit des Ombellifères ? La plupart des botanistes 
repoussent crémocarpe (Mirbel), admis par M. Alph. de Candolle. Le mot 
capsule, adopté par MM. Le Maout et Decaisne, ne semble pas convenir, car il 
entraine l'idée de graines se séparant normalement du péricarpes je l'appellerais 
volontiers, à l'exemple de Richard, diachaine, désignant, avec plusieurs phy- 
tographes modernes (MM. de Candolle, Grenier et Godron, Duchartre), chacun 
des deux éléments sous le nom de méricarpe (De Candolle), mot préférable à 
celui de carpelle employé par MM. Cosson et Germain, car après la séparation 
de l'axe des deux moitiés du fruit, chacune d'elles n'est pas un carpelle entier. 
Aug. de Saint-Hilaire appliquait en outre ce mot de méricarpe aux éléments 
carpiques des Labiées et des Borraginées, qui sont des nucules pour Bischoff, 
pour Unger et Endlicher, pour MM. Le Maout et Decaisne, des tétrachaines 
pour Ach. Richard. Mais on s'accorde aujourd'hui à reconnaitre à ces corps 
une origine toute spéciale, et dés 1858 je proposais, pour relier la nomen- 
clature à la théorie, de les appeler hémicarpelles (voyez ce Bulletin, t. IV, 
pP- 741). Au contraire, on verra des méricarpes dans les parties devenues 
libres du. fruit des Malvacées, appartenant aux tribus des Malopées et des 
Malvées, et avant la désagrégation de leurs éléments, ces fruits sont des pola- 
chaines (Rich.), et non des capsules. De méme, la plupart des Rubiacées étoi- 
lées ont un diachaine qui, à la maturité, se sépare en deux achaines. 

c. De quel nom faut-il désigner le fruit des Géraniacées? Peu de familles 
offrent plus de divergence à cet égard. C'est pour les uus un fruit capsulaire 
(Kirschleger), dont chaque élément porte le nom de carpelle ; pour d'autres 
(MM. Bentham et J.-D. Hooker), une capsule à lobes monospermes ; pour 
M. Spach, un déérésile à cinq coques distinctes ; pour Desvaux, un sférigmé 
à coques (différant du polachaine par une columelle plus ou moins saillante 
au-dessus des camérules). 

Certains botanistes, ne sachant comment qualifier l'ensemble, se bornent 
à désigner les cinq éléments, qui sont des carpelles (carpella) pour MM. Bois- 
sier et pour Grenier et Godron, des capsules (capsu/æ) pour Cavanilles et pour 
Adrien de Jussieu, des coques pour Gartner (coceuli), pour Ach. Richard, 
et aussi pour Webb, qui écrit cocca 5. 

La totalité du fruit des Géraniacées me parait répondre en tous points à la 
définition de la capsule, et c'est le nom que je propose de lui donner ; et quant 
à ses éléments, s'ils ont ce double caractère des coques de se séparer sponta- 
nément (mais à moitié seulement) de l'axe, et de ne renférmer ordinairement 
qu'une graine, ils en diffèrent en ce qu'ils ne se partagent pas en deux moitiés, 
et peuvent convenablement être appelés méricarpes. 


268 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


d. Je ne crois pas non plus qu'il faille étendre le nom de coques aux éléments 
du fruit des Tropéolées, bien qu'on lise dans la description du genre 770- 
paolum dans le Prodromus de De Candolle : « Fructus tricoccus, coccis fun- 
gosis »; cette dernière épithète et le défaut de bipartibilité des trois carpelles 
n'autorisent pas cette dénomination. Gzertner et Linné ont écrit dans la carac- 
téristique du genre précité : « Baceæ tres fungosæ »; mais le nom de baie 
appliqué à ces éléments carpiques ne convient pas davantage. Mieux vaut 
dire peut-être : fruit à trois méricarpes fongueux. 

UTRICULE, NUCULE, NOIX. — « Utriculus est capsula unilocularis, mono- 
sperma, szepe tenuissima et subdiaphana, constanter vero evalvis et figura sua ad 
ovatam aut subglobosam accedens. » Telle était la définition de ce fruit que don- 
nait en 4788 Gartner, le créateur de ce mot que l'on trouve aujourd'hui em- 
ployé par la plupart des. phytographes, mais seulement dans des cas ambigus et 
comme pour éviter l'application d'un terme plus précis. Gærtner distinguait 
quatre sortes d'utricules : 4° celles qui s'enlévent par une légère friction des 
doigts (Chenopodium, Atriplex, Beta); 2° celles dont les graines ont un 
funicule ombilical manifeste (Adonis, Thalictrum, Atragene) ; 3° celles dont 
la graine est séparée du péricarpe par un vide notable (E leusine, Achyranthes, 
Queria, Illecebrum, Polycnemum) ; h° celles dont la radicule de l'embryon 
regarde le style (Callitriche, Zannichellia, Zostera). Depuis lors, l'utricule 
a été pour Mirbel « tout drupe très-petit dont la pannexterne forme autour 
du noyau un sac membraneux » (Élém. de physiol. végét. 342) ; pour Des- 
vaux, un fruit à péricarpe membraneux peu apparent et à testa plus ou moins 
crustacé, et cet auteur y comprend le fruit des Amarantacées, déhiscent quel- 
quefois par circoncission; pour De Candolle qui cite ce même exemple, un 
fruit supérieur à péricarpe peu apparent, mais dont la graine adhère par un 
cordon ombilical distinct. 

Le mot wtricule appliqué au fruit avait sa raison d’être, tant que la science 
n'en avait pas d'autre pour désigner les fruits secs, monospermes, indéhis- 
cents. Mais lorsque en 1808, L.-C. Richard eut proposé dans son Analyse du 
fruit les mots akène (4) et caryopse (2), et que ceux-ci, mieux définis, ou du 


(1) Faut-il écrire akène ou achaine ? Il ne saurait rester le moindre doute; car si 
L.-C. Richard a suivile premier mode, le créateur de ce mot, Necker, et aprés lui De 
Candolle, Adr. de Jussieu, et Ja plupart des botanistes modernes (à l'exception d'Aug. de 
Saint-Hilaire), ont adopté Je second. Necker a eu le soin d'en fixer l'étymologie, écri- 
vant : « Achena, ob alphabetica littera prima que vocabulo cheno additur, «ivo, hisco, 
dehisco, originem trahit » (loc. cit. p. 30). Le genre Achania Swartz, synonyme du genre 
Malvaviscus, reconnait la méme origine. 

Dans une savante notice sur le méme objet, insérée dans ce Bulletin (t. XVIL, session 
d'Autun, p. LXXI), M. Duval-Jouve met aussi en évidence la nécessité du remplacement 
de la lettre k par ch. Notre confrère va plus loin, et scrutant les étymologies rationnelles 
dérivées de la langue grecque, il voudrait qu'on écrivit achanium en latin, achane en 
francais ; on lui concédera peut-être le premier de ces mots, mais le second entrera-t-il 
jamais dans la pratique ? N'a-t-il pas d'ailleurs la forme d'un adjectif? 

(2) On trouve le mot caryopse donné comme masculin par Desvaux, De Candolle, 
M. Duchartre, M. Bescherelle, et aussi par M, Littré (qui, en outre, dans son savant Dic- 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1873. 269 


moins pouvant étre appliqués avec plus de précision, eurent conquis l'adhésion 
des botanistes, le mot utricule devenait presque inutile, et il conviendrait de 
l'exclure du glossaire carpologique. On a dit que c'est un achaine à péricarpe 
membraneux, mais que de cas où il est impossible de décider si ce fruit est 
membraneux ou crustacé. 

Ajoutons, comme dernier motif d'exclusion, que le mot u£ricule a deux 
ou trois autres significations, généralement admises en botanique (1), d’où 
cette juste remarque de M. Duchartre : « Les botanistes se sont toujours fort 
peu entendus, quant à l'application de ce nom, et dans le style descriptif on 
n'en fait à peu prés pas usage » (Elém. de bot. p. 658). 

Toutefois il serait bon d'avoir un mot pour désigner ces fruits si nombreux, 
secs, monospermes, indéhiscents, ressemblant à l'achaine ou à la caryopse, 
mais qu'on ne peut rapporter avec certitude ni à l'un ni à l'autre. L'expression 
amphisperme (amphispermium), proposée par Link (Elem. Philos. bot. éd. 2, 
t. II, p. 262), n'a pas été goütée. Mais voici deux mots, noig (nux) et nucule 
(nucula), qu'au point de vue purement théorique on devrait proscrire, car ils 
ont été tour à tour appliqués aux fruits les plus divers (2) ; mais on les 
retrouve dans les traités de phytograpbie les plus modernes, et ayant pris 
droit de domicile, ils ne se laisseraient pas facilement expulser ; d'ailleurs, par 
quoi les remplacer? Il s'agit donc d'en bien déterminer la signification. Nous 
n'appliquerons le mot nucule, ni (comme le voulait De Candolle) à la noisette 
(Théor. élém. p. 382), ni (comme l'a fait récemment son fils, (in Prodr. 
regn. veget. t. XVI) au fruit des Cupulifères (Castanopsis, Castanea, 
Fagus, etc.), mais bien à tous ces petits fruits, qu'en dehors des hémicar- 
pelles des Labiées et des Borraginées, on n'ose appeler ni caryopses, ni 
achaines (3), tels que ceux des genres Thesium, Stellera. 


tionnaire de la langue française, omet dans la définition du terme le caractère essentiel 
de la caryopse, la soudure du péricarpe à la graine) ; mais il convient de l'admettre avec 
le genre féminin, car le créateur de ce mot, L.-C. Richard, a écrit dans son Analyse du 
fruit, p. 10, à propos des Typhinées : « caryopse drupacée », et plus tard dans son Mé- 
moire sur les embryons endorhizes : CETTE caryopse, le fruit est UNE caryopse, LA caryopse 
(voyez Annal. du Muséum, t. XVII, pp. 235, 241, 244, 246). C'est également ainsi que 
l'a entendu l’Académie (voyez son Dictionnaire, supplément). Est-ce pour fixer définiti- 
vement le genre de ce terme, dont notre confrère voit sans doute l'étymologie dans les mots 
grecs x&gucv, noix, oy, figure, que M. Godron adopte caryops (Grenier et Godron, Fl. de Fr. 
t. IH, pp. 433 et suiv.)? J'avoue ne pas comprendre la nécessité de cette modification. 

L.-C. Richard n'a pas donné, que je sache, l'étymologie de ce mot ; mais il écrit tou- 
jours caryopse, qu'il fait dériver trés-probablement dex#pucv, noix, Qu, aspect. C'est donc 
à bon droit que M. Littré dit au mot cariopse : « fausse orthographe, pour caryopse », 
et à tort que M. Bescherelle, écrivant cariopse, rattache ce mot à xxpn, tête, üus, aspect. 

(4) Utricule des Carex, utricule des Utriculaires, utricule du tissu cellulaire ou utri- 
culaire, etc. E i : 

(2) La noix, dit Aug. de Saint-Hilaire, a été tour à tour un noyau, une partie du 
fruit, un fruit simple et monosperme adhérant ou non à la graine, un fruit composé 
uniloculaire monosperme, un fruit composé pluriloculaire polysperme adhérant ou non 


Leçons de bot.). ; : 
3) Nees d'Esenbeck (Genera plantarum) qualifie le fruit des Rumex de nucula seu 


270 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Le mot noix sera réservé pour les fruits indéhiscents à péricarpe osseux ou 
plus ou moins coriace, plariloculaires à l'état jeune, et réduits par avortement 
à une seule loge avec une graine unique. On voit désigner ainsi les fruits 
du Hêtre, du Coudrier, du Chátaignier par Kirschleger et par M. Spach, les 
fruits du Hétre et du Châtaignier par Koch, du Noisetier par M. J. Sachs. 
On peut y comprendre : 4° avec Lindley, le fruit du Chêne, que d'autres 
(M. Spach, Kirschleger) distinguent sous le nom de gland ; 2° avec De Gan- 
dolle (Prodr.), Koch, Kirschleger, celui du Tilleul, que M. Spach, à l'exemple 
de Desvaux, appelle carcérule ; mais Mirbel détourna ce dernier. mot de 
sa première signification en l'appliquant aux fruits des Salsola, Polygo- 
num, etc. , et eut aussi le tort de faire ce mot du genre féminin, Desvaux, qui 
l'avait créé, ayant écrit le carcérule (carcerulus) ; 3° le fruit du Noyer. 

BAIE, DRUPE, NUCULAINE. — Dans la définition de la baie donnée par 
M. Germain de Saint-Pierre, je lis : « Fruit,... contenant plusieurs graines. » 
La baie est généralement polysperme; mais la monospermie n’est pas incom- 
patible avec la baie (1). On objectera peut-étre que cette concession rend plus 
difficile la distinction de la drupe et dela baie. Mirbel a écrit en effet : « Il y 
a des fruits pulpeux, tels que la muscade, qui font la transition entre la baie 
et le drupe» (Zlém. de bot. p. 345); sans nier qu'il puisse exister quelques 
rares cas douteux, la muscade ne me parait pas étre du nombre, son noyau 
la classant-sans hésitation parmi les drupes. ipi 

M. Baillon a fait remarquer que le fruit des Viburnum, décrit comme baie, 
est une drupe. Quelques auteurs ont cru devoir associer ces deux mots pour 
caractériser certains fruits. Spenner dit de celui du genre Vitez : « Drupa bac- 
cata monopyrena, putamine 4-loculari. » Nees d'Esenbeck, après avoir donné 
une baie au genre Zmpetrum, se hâte d'ajouter : « Fructus iste rectius forsan 
pro drupa habendus, pyrenas plures osseas monospermas continens » (Genera 
plant.). Ce dernier caractère est en contradiction avec les définitions tracées 
par le législateur de la botanique, soit de la drupe, soit de la baie, définitions 
auxquelles il convient de se conformer, si l'on veut éviter une confusion: qui 
n'a que trop envahi la science : l'un et l'autre fruit sont aux yeux. de Linné 
charnus, évalves, contenant, la drupe un noyau, la baie des semences nues (2) ; 


caryopsis, celui des Polygonum de caryopsis seu nucula, et donne pour fruit un utricu- 
lus aux genres Blitum, Polycnemum, Herniaria, Paronychia, lilecebrum, Scleranthus, 
Atriplex, Camphorosma, Salsola, etc. 

`- (4) En effet Linné écrit expressément dans sa définition de la baie : Mono-di-tri-tetra- 
penta-polysperma. : 

(2) « Drupa pericarpium farctum, evalve, continens nucem, estque sueca vel suceu- 
lenta » (Linné). Le grand réformateur avait également écrit : « Auxi botanicem plu- 
rimis terminis ; e. gr... legumen, drupa » (Philos. bot.). Mais l'érudit Adanson se hâte 
d'objecter : « Le mot legumen a été employé de tout temps, celui de drupa se trouve dans 
le Lexicon de Kyber, etc., in-8°, Strasbourg, 1553 » (Fam. des Plantes, t. 1). Toutefois, 
méme à la fin du xvni? siècle, les phytographes n'osent pas encore traduire drupa par le. 
mot français équivalent, tels Villars, 1785 (Flore du Dauph.), Lamarck, 1794 (Flore 
franc.), Latourrette, 1796 (Démonstr, de bot, t. 1). En 1800, ce terme figure dans le 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1373. 271 


le noyau (putamen) est toujours solitaire dans le fruit, l’osselet (pyrena) n'y 
est jamais seul; ordinairement uniloculaires, les osselets sont disposés en 
cercle. | 

Peu de familles sont plus intéressantes que celle des Verbénacées, au point de 
vue des passages qu'offrent les fruits charnus. M. Bocquillon écrit de ce groupe 
naturel : « Bien que le nom de drupe puisse s'appliquer aux fruits des Verbé- 
nacées, le tissu du mésocarpe est si raréfié dans quelques-uns que leurs noyaux 
peuvent se séparer à la maturité » (Monogr. des Verbén.). Mais, contrairement 
à ce botaniste, je ne saurais y voir des drupes à deux noyaux (Citharexylon, 
Volkameria, Chloanthes, Pityrodia, Quoya, Holmskioldia, Baillonia), ou à 
quatre (C lerodendron, Amasonia, Cyclonema, Monochilus, Oxera). 

Il convient, je crois, de réserver le mot drupe aux fruits des Amygdalées 
(Drupacées Rich.), ou à ceux d'une structure identique, c'est-à-dire prove- 
nant d'un ovaire supere, ayant un péricarpe pulpeux avec un seul noyau. La 
nèfle n'est donc pas, comme on l'a dit, une drupe à osselets. On pourra l'ap- 
peler, comme ọn va le voir, soit un pyridion ou pomum à osselets, soit un 
nuculaine, 

Si l'on définit le nuculaine un fruit charnu à plusieurs osselets, cette déno- 
mination devra réunir les fruits supères (des Rhamnées et des genres de Ver- 
bénacées ci-dessus cités) et les fruits infères des genres Sambucus, Hedera, etc. 
Elle pourra s'étendre encore, si l'on veut, aux fruits des Pomacées à noyaux 
(Mespilus, Cratægus, Cotoneaster, etc.), bien que le créateur du mot nucu- 
laine, L.-C. Richard,. n'ait pas voulu y comprendre les fruits ombiliqués (1). 

En écrivant nuculanium, cet auteur ne semble-t-il pas indiquer que la 
traduction francaise de ce mot doit étre du genre masculin, et qu'il ne faut pas 
imiter De Candolle et quelques autres botanistes qui écrivent Za nuculaine. Je 
ne partage pas l'opinion de Bischoff, qui déclare ce terme aperui: Ein ueber- 
fluessiger Ausdruck (Lehrbuch der Bot. p. 432). E 

Le mot nuculaine implique avant tout l'existence de plusieurs osselets, 
et c'est pourquoi, contrairement à Ach. Richard, je ne l'appliquerai pas 
au fruit du Cornouiller. Les fruits analogues à celui du genre Cornus ne sont 
pas assez nombreux pour mériter la création d'un nouveau nom. Faut-il, à 


Voyage dans l'empire de Flore, p. 130 ; en 1802, dans le Dictionnaire de botanique 
de Bulliard et L.-C. Richard, mais écrit droupe ; en 1804, dans le Traité de botanique 
de Gouan ; aprés quoi, il est généralement admis ; seulement il est tantót accompagné de 
l'article féminin (dans les ouvrages de Gouan, de De Candolle, d'Ach. Richard, et dans 
le Dictionnaire de l Académie, supplément), tantôt de l’article masculin (Désvaux, Mirbel, 
Morphologie d'Aug. de Saint-Hilaire, Dictionnaire français de Bescherelle, Dictionnaire 
de la langue française de Littré). « Quelques auteurs, dit M. Littré, font drupe du fémi- 
nin » ; et comme c'est le genre qu'ont adopté pour ce mot les premiers auteurs qui l'ont 
fait passer dans la langue francaise et que le mot correspondant en latin est féminin, 
il me paraît qu'on doit dire LA drupe. 

(4) C'est donc à tort que M. Germain de Saint-Pierre considère la nèfle comme le type 


du nuculaine (loc. cit., pp. 955 et 1115). 


972 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


l'exemple de Linné et d'Adrien de Jussieu, étendre à ces cas la dénomination 
de drupe, mais avec la double restriction d'infere et à noyau pluriloculaire ? 
C'est détourner le mot drupe de sa signification ordinaire, et puisqu'il né- 
cessite alors l'adjonction d'une périphrase, mieux vaut rattacher celle-ci au 
mot fruit. 

Bien que la plupart des espèces de Cratægus aient pour fruit un nucu- 
laine, ou pyridion à noyaux, MM. Bentham et D. Hooker écrivent de ce genre: 
« Drupa. .., putamine osseo 1-5-loculari (rarius 5-pyrena, pyrenis osseis vix libe- 
ris » (loc. cit.). Comme M. Baillon, j'ai constaté dans les fruits des espèces 
cultivées de ce genre l'existence presque constante de plusieurs osselets. Les 
fruits où il n'y a qu'un noyau bi-pluriloculaire se rapprochent du fruit du 
Cornouiller. 

POMME (1). — On a admis, pour désigner le fruit des Aurantiacées, le mot 
hespéridie de Desvaux, et non celui d'orange, de De Candolle, « parce qu'il 
faudrait alors nommer un citron, un limon, une orange, ce qui impliquerait 
une contradiction » (Desvaux). La méme raison doit faire exclure le mot fran- 
çais pomme pour le fruit des Pomacées. Je ne vois guère que Seringe (in 
De Candolle, Prodromus, t. II) et Endlicher (Genera plantarum) qui aient 
adopté le mot pomme dans la description des Pomacées. D'autres, MM. Bentham 
et J.-D. Hooker d'une part, M. Boissier del'autre, disent : Fructus pomaceus ; 
il en est qui rejettent dans ce cas toute dénomination particuliére, s'en tenant 
au mot fruit (MM. Grenier et Godron) ; enfin M. Spach a fait usage de pyri- 
dion proposé par Mirbel d’après ce motif: « L'usage veut que le mot pomme 
s'applique exclusivement au fruit du Pommier. » 

Je ne sache pas que l'expression mélonide Rich. (de v5o», pomme), préfé- 
rable peut-étre à pyridion, ait jamais été usitée en phytographie. On peut en 
dire autant du mot pommette, que proposait Lamarck dans sa Flore française 
(4794) et qu'il étendait aux genres Cucumis, Cucurbita. 

Mais, tandis que la plupart des auteurs appliquent la méme dénomination au 
fruit de toutes les Pomacées, les deux savants anglais cités plus haut donnent : 
1° à certains genres de cette famille (Crategus, Chamcæmeles), pour fruit : 
« Drupa putamine 2-5-loculari », et à d'autres (Cotoneaster, Osteomeles) : 
« Drupa 2-5-pyrena, pyrenis osseis », pour le premier ; « Drupa 5-pyrena » pour 
le second ; 2° aux genres Photinia et Raphiolepis une baie. M. J. Koch assigne 
une baie (bacca) aux genres Aronia et Sorbus, et de son côté M. Boissier décrit 
ainsi l Amelanchier : « Fructus baccatus calyce coronatus. » Enfin M. Baillon 
voit des drupes aussi bien dans le Pommier et le Poirier que dans les Cratæ- 
gus, les Mespilus, les Cotoneaster, les Photinia, V Eriobotrya, des baies dans 


à (4) Sous ce nom de pomum, dit M. K. Koch, les Latins désignent tout fruit proprement 
dit, qui est mangeable ; la signification particulière de ce mot pour fruit à pepins se 


forma beaucoup plus tard vers la fin du moyen âge, et est maintenant devenue générale. 
(Dendrologie, erst. Theil, p. 127.) ; 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 15793. 273 


es Cognassiers et les Zaphiolepis (Hist. des plantes, t. I, pp. 404, 407, 408 
410, 412). N'est-ce pas détourner le sens de la drupe et de la baie que de 
l'appliquer aux fruits des Pomacées (1), alors surtout que les ouvrages les plus 
récents sont en flagrant désaccord à cet égard ? D'une part en effet, MM. Ben- 
tham et D. Hooker donnent au genre Photinia une baie, tandis que M. Baillon, 
comparant ce genre à l’ Eriobotrya, écrit p. 411, « les Photinia, qui ont des 
drupes moins volumineuses.... » J'ai proposé plus haut d'appeler nuculaine le 
fruit des Pomacées à osselets ; on pourrait réserver les noms latins de pyridium, 
de pomum, et le nom francais de pyridion pour le fruit des Pommiers, des 
Poiriers, des Cognassiers, et l'on désignerait le fruit également à pepins des 
genres Sorbus, Raphiolepis, Aronia, dont la chair devient pulpeuse en müris- 
sant, sous le nom de pomum baccatum, pyridium baccatum, pyridion-baie, 
pyridion à osselets, pyridium 2-3-pyrenum seu pomum 2-3- pyrenum 
seraient synonymes de nuculaine, nuculantum. 

Le seul genre Sfranvæsia paraît faire une notable exception, dans la famille 
des Pomacées, quant au fruit. Endlicher n'hésite pas à lui donner une capsule : 
« Capsula intra calycis tubum ossea, fragilis, 5-locularis, loculicide 5-valvis », 
tandis que MM. Bentham et D. Hooker écriventà ce sujet : « Drupa endocarpio 
osseo, 5-loculari, loculicide 5-valvi. » M. Baillon lui accorde aussi une drupe. 
Il y a lieu, selon moi, d'adopter encore ici, dans les descriptions latines, soit 
pyridium, soit pomum, qui remplacera dans la phrase des deux auteurs anglais 
drupa. 

BALAUSTE. — Ne devrait-on pas abandonner cette expression tour à tour 
appliquée à la fleur et au fruit du Grenadier? On lit dans Pline au livre xit, 
chap. 34 : « Flos balaustium vocatur et medicinis idoneus », et encore au 
livre xxi : « In hoc ipso cytino flosculi sunt antequam scilicet malum ipsum 
prodeat, erumpentes, quos balaustium vocari diximus. » « La corolle était con- 
nue sous le nom de balauste », écrit M. Fée dans ses notes sur ce XXIII’ livre 
de Pline. — Xu xvi° siècle, Ambroise Paré disait : « Balustre qui est la fleur 
de la grenade » (11, 1); la balauste a la méme signification pour Dioscoride. 

« Ses fleurs sont désignées sous celui (le nom) de balaustes (Palaustia), 
dans les anciens ouvrages de matière médicale » (Mérat et de Lens Dict. de 
mat. méd.); « on les employait autrefois (les fleurs), sousle nom de balaustes » 
- (Guibourt, Drogues simples). Enfin le récent Dictionnaire des termes tech- 
niques, de Souviron, porte : « Balaustes, fleurs avortées ou stériles du Gre- 
nadier. » Mais Ach. Richard, Moquin-Tandon, Desvaux, appellent balauste 
le fruit du Grenadier : « Les balaustes, dit Moquin, sont des fruits aqueux 
recouverts par le calice et couronnés par ses lobes. » 


(4) ll est vrai que ce savant, après avoir écrit du Cognassier, p. 407 : «le fruit est pat 
suite une baie », emploie, quelques pages plus loin (p. 475), dans la caractéristique latine 
de ce genre, ces mots : « Fructus ponraceus, » 


T iL ; (SÉANCES) 18 


27h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Enfin ouvrez le Dictionnaire de la langue française de M. Littré, et vous 

y lirez au mot Balauste : « En pharmacie, fleur desséchée du Grenadier ; en 
“botanique, tout fruit charnu pluriloculaire, polysperme, qui provient d'un 
-ovaire infère et est couronné par les dents du calice, comme celui du Grena- 
dier. » Cette dernière définition s'applique évidemment aussi bien au fruit des 
Pomacées, au fruit de la plupart des Myrtacées et des Mélastomacées qu'à celui 
du Grenadier. N'y a-t-il pas là des raisons plus que suffisantes pour exclure le 
mot balauste de la nomenclature botanique, opinion déjà exprimée par Ach. 
Richard, qui dit la balauste non distincte du carcérule, et par Bischoff, qui 
déclare ce mot superflu (Zn ueberfluessiger Ausdruck)? 

Il y a plus : je ne trouve pas dans les ouvrages généraux de phytographie un 
seul cas de l'emploi de ce mot ; le fruit du Grenadier est appelé par A.-L. de 
Jussieu pomum, par M. Spach pyridion, par Endlicher, par MM. Le Maout et 
Decaisne, Bentham et D. Hooker, baie. Mais, bien que les deux auteurs anglais 
aient soin d'ajouter les caractères particuliers à cette baie (entre autres : Cor- 
tice crasse coriaceo, loculis irregulariter superpositis, septis membranaceis), 
et que la définition donnée par Linné de la baie ne soit pas en contradiction 
avec ces caractères (1), le mot baie, comme on l'entend aujourd'hui, repré - 
sente un fruit mou et pulpeux; aussi convient-il, je crois, à l'exemple de De 
Candolle (Prodr. t. HT, p. 3), de n'appliquer au fruit du Grenadier, qui est 
comme isolé parmi les fruits et propre au seul genre Punica, aucune dénomi- 
nation spéciale, et de préférer le mot fructus à celui de bacca, puisque cette 
baie est toute différente des autres. 


Je n'ai pas cru devoir parler des autres fruits admis par la généralité des 
botanistes faisant autorité dans la science. On sait que Linné ne distingua que 
sept sortes de fruits ; ce nombre fut élevé à dix par Sprengel, à vingt et un 
par Mirbel, à vingt-cinq par Ach. Richard, à trente-six par M. Du Mortier, 
à trente-neuf par De Candolle, à quarante-six par Desvaux. 

On peut, ce me semble, se borner à admettre les suivantes : achaine, ca- 
ryopse, hémicarpelle, samare (2), follicule, légume ou gousse, silique et silicule, 
pyxide, capsule, fruit à coques, fruit à méricarpes, diachaine, nucule, noix, 
nuculaine, hespéridie, péponide, pyridion, drupe, baie, cóne, galbule, sycone, 
syncarpe. SEN 

Je renvoie aux ouvrages didactiques récents, et notamment, aux Éléments 
de botanique de M. Duchartre, pour la définition de ceux de ces termes qui 
n'ont pas été, dans les pages précédentes, l’objet d'observations spéciales, 

Je résumerai, comme suit, les résultats de la discussion relative aux quel- 


(1) « Bacca pericarpium farctum, evalve non dehiscens, semina nuda nidulantia 
continens, » ; 

(2). On dit diachaine, polachaine ; pourquoi ne pas adopter aussi Lifollicule proposé 
par Mirbel pour le fruit de la plupart des Asclépiadées et des Apocynées, et bi-trisamare 
pour le fruit des Érables ? 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1873. 275 


ques fruits mentionnés dans ce travail : 1° La capsule est toujours polysperme 
et déhiscente. 2^ Bien que les coques puissent étre considérées comme des 
éléments de la capsule, mieux vaut appliquer à leur ensemble, avant leur dis- 
jonction, le nom de fruit à coques. 3° Les prétendus méricarpes, nucules et 
achaines des Labiées et des Borraginées sont des hémicarpelles. 4° Les Ombel- 
lifères ont pour fruit un diachaine à deux méricarpes, les Malvées un pola- 
chaine à nombreux méricarpes, les Géraniacées une capsuleà cinq méricarpes, 
les Tropéolées un fruit à méricarpes fongueux. 5? La création des mots achaine 
et caryopse a fait perdre au mot ufricule une partie de son extension en car- 
pologie, en méme temps qu'il a pris quelques autres significations ; il semble 
convenable de le rejeter, et d'employer le mot nucule (nucula) pour les petits 
fruits secs monospermes, indéhiscents, qu'on ne peut rapporter avec certitude 
àl'achaine ni à la caryopse : on n'appliquera donc pas le nom de nucule, 
mais bien celui de »ozz (nux), à la noisette, aux fruits des Cupulifères, du 
Tilleul, du Noyer. 6° Le mot drupe ne doit pas être détourné de sa significa- 
tion primitive : fruit charnu, supere, à un seul noyau. 7° Sous la dénomination 
de nuculaine, on comprendra les fruits charnus supéres et, par extension, lės 
fruits infères renfermant plusieurs osselets (pyrenæ). Il importe donc de bien 
distinguer d'une part la nucule et la noëx (fruits entiers, ordinairement secs), 
et de l'autre le noyau (putamen), toujours unique et appartenant à la drupe ou 
au pyridion, et les osselets (pyrenæ) : ces derniers sont souvent désignés sous 
le nom de nucule ; il appartient aux phytographes de décider s'il ne vaut pas 
mieux donner au mot nucule l'acception plus haut indiquée. 8° Le fruit des 
Pomacées, qualifié parfois de drupe, de baie, doit être appelé pyridion (pyri- 
dium, pomum), quand il renfermera des pepins ; pyridion-baie (pyridium 
baccatum, pomum baccatum), si la chair devient pulpeuse; nuculaine ou 
pyridion à osselets, pomum 2-3-h-5-pyrenum, s'il renferme des osselets. 
9» Le mot balauste doit être exclu comme ayant été employé dans deux sens 
différents. i 


NOTICE BUR LE DOCTEUR DUCHASSAING, par M. Paul SAGOT. 
(Cluny, 12 novembre 1873.) 


J'ai la douleur d'annoncer à la Société botanique de France la mort du 
docteur Duchassaing, mon ami de jeunesse, bien connu des botanistes par 
ses herborisations à la Guadeloupe et à Panama, et des zoologistes par ses 
recherches sur les polypiers et les spongiaires. 

Autant qu'il m'est possible de le faire en l'absence de notes précises et en 
invoquant mes seuls souvenirs, j'essaierai de retracer ses travaux botaniques. 

Placide DUCHASSAING DE FONTBRESSIN, né à la Guadeloupe vers 1819, 
appartenait à une famille de planteurs, qui vivait sur une grande propriété 
administrée avec une.intelligente activité et avec cet amour profond de l'agri- 


276 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


culture qui distinguait les grandes familles créoles. Il avait été envoyé jeune en 
France, et y avait fait ses études, d'abord au collége Louis le Grand, oü lui et 
son frere ont été mes condisciples, puis à l'École de médecine de Paris, oü 
il m'avait devancé de quelques aunées. Pendant ses études médicales, il s'était 
occupé d'histoire naturelle, particulièrement de zoologie. Il fut recu licencié 
és sciences naturelles en méme temps que docteur en médecine. 

Il retourna alors à la Guadeloupe et s'y livra à l'exercice. de la médecine, 
dont.il accepta avec courage les austères obligations. C'était l'époque où les 
propriétaires vivaient avec leur famille sur de nombreuses habitations dis- 
persées dans la campagne, où des abonnements médicaux assuraient des soins 
aussi bien aux ouvriers noirs qu'aux propriétaires et aux régisseurs. Il eut à 
parcourir en tous sens la localité du Moule, où il résidait, et ilacquit une con- 
naissance approfondie du pays et de sa végétation. Sa résidence l'éloignait 
toutefois de la montague, cet objectif justement préféré des herborisations à la 
Guadeloupe. i 

Le docteur Duchassaing s'appliqua à trouver les noms des plantes qu'il 
récoltait, travail fort difficile en l'absence d'un livre élémentaire commode qui 
résumát toute la végétation du pays, et en l'absence d'herbiers qu'il püt con- 
sulter. Il arriva néanmoins à trouver le nom de la plupart des espéces, et il 
fit plusieurs envois de plantes sèches en Europe. Des notes intéressantes y 
accompagnaient les étiquettes. 

Cependant le contre-coup de la révolution de 1848 s'était fait ressentir aux 
colonies, Le vieil édifice de la société coloniale avait été brisé. La proclama- 
tion de la liberté avait bouleversé l'agriculture. Duchassaing lutta quelque 
temps contre les difficultés du nouvel état de choses; puis, persuadé que 
l'exercice de la médecine ne pouvait plus être rémunérateur dans le pays, et 
que l'avenir ne pouvait en peu d'années reconstituer sur de nouvelles bases 
une société coloniale prospère, il sé décida à s'expatrier. 

Je n'ai pour m'indiquer le cours de son voyage que de vagues et lointains 
souvenirs. Jesais que, dans sa navigation vers le continent, il toucha plusieurs 
iles, notamment Newis et Saint-Eustache. Il. débarqua à Sainte-Marthe, où le 
choléra venait d'éclater. Il y soigna avec dévouement les malades, mérita de 
justes éloges et une proposition à la décoration qui n'eut pas de suite effective. 
Quelques plantes furent recueillies par lui à Sainte-Marthe, et ont été, je sup- 
pose, envoyées en Allemagne. 

Après la fin de l'épidémie, n'entrevoyant pas dans le pays un avenir suf- 
lisant pour son activité, le docteur Duchassaing se rendit à Panama, où il se 
fixa et passa plusieurs années. Panama était encore une colonie tout espagnole; 
mais la Californie avait commencé l'exploitation de ses minés d'or, et un 
transit important commençait à s'établir dans l'isthme. Il éleva une maison de 
santé et donna particulièrement ses soins aux voyageurs et aux capitaines de 
navires, Il herborisa activement autour de la ville. Là il ne pouvait arriver à 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 18723. 277 


la détermination précise des espèces qu'il récoltait, la flore du pays présentant 
un mélange de plantes qui croissent aux Antilles avec des espèces du continent, 
et offrant un assez grand nombre de nouveautés. La trés-majeure partie de 
ses récoltes fut adressée en Allemagne à Walpers ; quelques envois furent, 
je crois, perdus. Les herborisations étaient loin d’être faciles. La rareté et le 
mauvais état des chemins, les marais, les forêts, les insectes et notamment des 
acarides microscopiques qui s’attachent à la peau et causent de vives déman- 
geaisons, l'insalubrité du climat, étaient autant d'obstacles ou de graves incom- 
modités. La végétation, en forte partie arborescente, est d'une lente et difficile 
exploration. A cóté de plantes herbacées et d'arbustes qui rappellent les 
Antilles et la cóte d'Amérique, les arbres et les arbrisseaux offrent au botaniste 
des genres de la Guyane, représentés par des espéces différentes. Duchassaing 
put récolter diverses espèces de Coutarea, de Posoqueria, de Manettia, d' Inga, 
d'Omphalobium, de Xylopia. Y observa la Vanilla en palo, Orchidée ter- 
restre non grimpante, dont la gousse a l'odeur de la vanille, 

Après avoir eu dans l'exercice de la médecine un succès réel, le docteur 
Duchassaing fut chassé de Panama par des tracasseries administratives, fruit 
de sourdes jalousies locales. On reprocha à sa maison de santé de pouvoir deve- 
nir une source d'épidémies, reproche qu'il envisagea avec roison comme un 
prétexte. Il revint à la Guadeloupe et y passa quelque temps dans sa famille, 
profitant de sa liberté pour faire plusieurs excursions dans la montagne, dont 
il recueillit avec joie les Fougères, les Mélastomes, et les autres plantes 
propres.'La plus grande partie de ses réçoltes fut adressée à Walpers. 

Ne jugeant pas possible à la Guadeloupe l'exercice fructueux de la méde- 

. cine, il résolut de s'expatrier une seconde fois. Il porta ses vues sur Saint- 
Thomas, petite ile danoise du nord de l'archipel des Antilles, qui doit à sa 
situation et à son port franc une grande importance d'entrepót et une activité 
commerciale considérable. Pour y exercer la médecine, il fallait un diplôme 
danois. Il eut le courage de venir le chercher en Europe et de subir de nou- 
veaux examens. Je le vis à cette époque en France. 

Le docteur Duchassaing a exercé la médecine à Saint-Thomas pendant 
quinze ans environ. L'ile de Saint-Thomas, petite et aride, lui offrait un 
contraste pénible avec la riche végétation dela Guadeloupe et de Panama. Il 
porta ses travaux sur l'étude des polypiers et des spongiaires, et trouva en 
Italie un collaborateur savant et zélé, M. Michelotti. De cette collaboration est 
sortie une publication importante. 

Rentré en France en 1867, le docteur Duchassaing se fixa, avec sa femige 
et ses enfants, dans le Périgord. Il y jouit bien peu d'années d'un repos acheté 
par tant de travaux, de dangers et de fatigues. Il a été enlevé à l'affection des 
siens le 16 septembre 1873. Une mort prématurée, consolée par les secours 
de la religion, a mis fin à cette vie de travail et de vertus domestiques. 

Je laisse à d'autres le soin d'apprécier sa carriere médicale et ses travaux de 


978 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


zoologie. Le caractère de ses études botaniques a été la persévérance, au milieu 
de difficultés sans nombre, et la connaissance intime des caractères de végéta- 
tion des espéces, deleur station naturelle, de leurs usages et de leurs noms 
créoles. Géné dans la liberté de ses excursions par les sévéres obligations 
d'une résidence fixe, tenu dans l'impossibilité de visiter les herbiers et les 
bibliothèques de l’Europe, privé du concours d'un correspondant qui lui retour- 
nàt rapidement les déterminations, privé du plaisir de conserver prés de lui 
ses récoltes et d'accumuler dans un herbier ses observations, il n'a pu ni 
écrire d'ouvrage, ni laisser une collection compléte et unique qui réunit toutes 
ses observations. 

Ses travaux ont pourtant -été très-fructueux pour la science, et il peut 
réclamer une part légitime dans les progrès considérables que la flore des 
Antilles et de l'Isthme a faits dans ces dernières années. La très-majeure partie 
des récoltes botaniques de Duchassaing avait été adressée à Walpers qui, dans 
ses Annales, en publia quelques espèces nouvelles (1). Après la mort déplorable 
de Walpers, les collections botaniques qu'il avait réunies furent dispersées et 
vendues à divers botanistes. M. Grisebach acquit les collections de Duchas- 
saing, les parcourut avec grand intérét, s'attacha à les étudier et à en achever 
les déterminations. De cette étude sortit une publication, courte mais très- 
intéressante, sur la flore des iles Caraibes ou petites Antilles. Elle contient une 
énumération des espéces déterminées avec une grande exactitude, des obser- 
vations sur les espèces critiques, et des considérations générales sur la géogra- 
phie botanique des Antilles. A 

Bientót aprés, sur l'invitation du Witten anglais, M. Grisebach 
entreprit, sur de riches herbiers, l'étude de la flore des Antilles anglaises, 
et écrivit le Fora of West Indies, da important et d’un grand intérêt 
scientifique. 

Je me plais à me compter moi-méme parmi les botanistes qui ont dà aux 
herborisations de Duchassaing leurs premiers progrès dans la connaissance des 
plantes d'Amérique. C'est l'étude de ses collections qui m'a permis, dés mon 
arrivée à la Guyane, de reconnaitre un bon nombre d'espéces et d'arriver 
facilement à la détermination des genres, avantage considérable qui m'a per- 
mis, à mon retour en France, d'achever rapidement les déterminations et de 
distribuer des collections pourvues de noms botaniques exacts. 

Qu'il me soit permis en terminant de jeter un coup d'œil rapide sur l’his- 
toire de l'exploration botanique des Antilles. 

Les premiers botanistes qui ont abordé ces iles y trouvaient des formes 
végétales si nouvelles, si inconnues à cette époque, qu'ils devaient recourir à la 
gravure pour en donner une idée. Le P. Plumier prend, parmi les explorer 


(1) Walpers a dédié le tome II de ses Annales à Duchassaing, et donné son nom à un 


nouveau genre de Ja famille des Légumineuses ( Duchassaingía Walp. in Linnæa, XXIII, 
7^1), voisin des Erythrina. 


SÉANCE DU: 25. NOVEMBRE 1873. 279 


teurs de cette période, le premier rang ; ses magnifiques ouvrages sont encore 
l'ornement des bibliothèques, 

L'agriculture n'avait alors défriché que des espaces restreints, et la côte 
portait encore sur beaucoup de points sa végétation primitive, La montagne 
était d’un accès difficile ; la navigation était lente. 

Plus tard, des botanistes imbus des études organographiques de Linné 
analysérent plus rigoureusement les fleurs et donnèrent des noms conformes 
aux régles dela nomenclature botanique. A cette période appartiennent Jacquin 
qui explora la Martinique, et Swartz qui travailla sur des collections rapportées 
des Antilles. A cette époque, la flore du continent américain était trés-peu 
connue, mais la végétation des petites Antilles était déjà presque toute explorée, 

Les publications, illustrées de figures coloriées, de Descourtilz et de Tussac 
propagérent la connaissance des espèces les plus remarquables et de celles qui 
avaient une utilité. Ces publications datent de l'époque de la'prospérité agri- 
cole des colonies. 

Aujourd'hui la navigation à vapeur a abrégé les voyages, et une herborisa- 
tion aux Antilles, à la condition de s'assurer au départ qu'il ne règne pas 
d'épidémie, est une excursion coüteuse, mais charmante et presque sans 
danger. Le paysage, en abordant ces îles, est loin toutefois de retracer le riant 
tableau qui a dû ravir les yeux de Plumier et de Jacquin. La culture de la 
Canne a envahi toutes les terres de la cóte, et les foréts qui l'ont jadis ombragée 
ont été détruites. La montagne cependant ‘a mieux conservé son aspect pri- 
mitif. Des chemins en permettent l'accès, et l'on n'est plus exposé à y ren- 
contrer des troupes de nègres marrons. 

Il n'y a plus guère à trouver dans les Antilles françaises de nouveautés bota- 
niques, mais on peut y récolter de belles et nombreuses espéces d'une détermi- 
nation facile et süre. Ces types certains sont d'un grand secours pour l'étude 
des flores du continent, à laquelle ils fournissent des éléments de comparaison 
précieux. On peut encore y recueillir de trés-intéressants documents de géogra- 
phie botanique. Le livre de M. Grisebach, Flora of West Indies, en donne déjà 
beaucoup. On voit, dans les culturés, des plantes rudérales d'une large diffu- 
sion; et sur le bord de la mer, des espèces maritimes qui s'étendent au loin 
sur la cóte de l'Amérique. Dans les foréts, on retrouve encore quelques espéces 
de la Guyane. Duchassaing y avait recueilli le Pithecolobium trapezifolium, 
l'Inga ingoïdes, etc. De plus étroites analogies relient cette flore à celle de 
l'Isthme et du Guatemala. 

Certaines familles, comme les Graminées, Cypéracées, Aroidées, Fougères, 
Lycopodiacées , ont des aires de diffusion plus vastes; d'autres, comme les 
Mélastomées, Myrtées, Légumineuses, Palmiers, en ont de plus restreintes. 
La flore des Antilles est encore intéressante par l'étude des légères diffé- 
rences de race locale qu'v offrent diverses espèces du continent qui s'étendent 
dans ces iles : j'ai pu le constater pour quelques espèces de la Guyane. 


280 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


La facilité actuelle du voyage, la beauté du pays, l'assurance d'en rapporter 
de riches récoltes et des documents d'un véritable intérêt, sont autant de 
motifs qui pourront exciter le zèle de nouveaux explorateurs. Le récentet 
fructueux voyage à la Guadeloupe de M. Husnot est un exemple du profit 
que la science peut tirer de ces lointaines et brillantes, excursions. 


DE L'IRRITABILITÉ DES ÉTAMINES, DISTINCTION DANS CES ORGANES DE DEUX ORDRES 
DE MOUVEMENTS, par MI. E. HECKEL. 


( Montpellier, octobre 1873.) 


.Les mouvements chez les végétaux supérieurs ont pendant de longues 
années fixé l'attention des observateurs, et le sujet justifie cette opiniâtreté par 
le caractere surprenant de ces manifestations vitales ; aujourd'hui il puise un 
nouvel intérét dans l'appoint que ces phénoménes étranges fournissent comme 
arguments à opposer à la théorie de la dualité vitale dans les deux règnes. 

Jusqu'ici les études sur la sensibilité et la motilité végétales ont eu pour 
résultat de faire naitre chez leurs auteurs deux appréciations parfaitement op- 
posées. Les uns admettent, à l'exemple des physiologistes allemands, une inter- 
prétation unique de ces phénomènes, et confondent dans une méme essence 
les mouvements spontanés et les mouvements provoqués, ceux-ci n'étant à 
leurs yeux que l’exagération de ceux-là et reconnaissant une même cause. Les 
autres distinguent absolument ces deux ordres de phénomènes comme n'obéis- 
sant pas aux mêmes conditions physiologiques. M. P. Bert, parmi les physio- 
logistes français, s’est appliqué, dans ses belles études sur la Sensitive (Journal 
de physiologie de Robin, 1867 et 1872), à différencier ces deux sortes de 
mouvements et à en étudier le déterminisme : dans ses conclusions il admet 
la division en spontanés et provoqués, et en justifie la séparation par l'action 
différente des agents anesthésiques sur les uns et sur les autres. Il m'a semblé 
que, pour bien établir cette distinction essentielle, le choix du Mimosa pudica, 
qui offre ces deux ordres de mouvements combinés et simultaués, pouvait avoir 
quelques inconvénients en venant compliquer l'action expérimentale ou en 
troubler les conséquences. Je m'occupais de recommencer ces expériences dans 
des conditions plus favorables quand, dans le cours de quelques recherches 
sur l'irritabilité des étamines des Berbéridées, je m'apercus que les filets 
staminaux des Mahonia ne sont doués d'aucun autre mouvement que celui qui 
résulte de l'irritation directe. En effet, en dehors de toute excitation, ces organes 
n'obéissent à aucun mouvement (ni diurne, ni nocturne) comme cela se voit 
€hez quelques plantes. En agissant sur ces filets, on peut donc affirmer n'avoir 
mis en cause que le mouvement provoqué. Dans ces conditions, j'ai placé la 
plante dans une atmosphére de vapeurs de chloroforme capable de déterminer 
l'anesthésie, et les étamines sont devenues promptement insensibles à toute 
irritation de quelque nature qu'elle fût. Pour établir une contre-épreuve 


SÉANCE DU 28 NOVEMBRE 1873. 981 


sérieuse, je devais rechercher une plante m'offrant, daus les mémes organes 
(étamines), des mouvements spontanés bien établis et bien indépendants de 
toute action irritante : je la trouvai dans le Ruta graveolens. Les mouvements 
automatiques bien connus dont ses organes mâles sont doués rentrent dans la 
seconde classe, car s'ils sont variables avec certaines conditions cosmiques, du 
moins ne peuvent-ils être en aucun cas provoqués ni même accentués par l'exci- 
tation directe ou indirecte et ne sont-ils pas sous la dépendauce de la sensi- 
bilité. Un plant de Rue placé en observation rigoureuse, dansles mémes con- 
ditions que ci-dessus, sous une cloche au milieu des vapeurs chloroformiques, 
n'a rien changé à sa manière d’être : les étamines ont continué à être animées - 
comme en plein air du méme mouvement, lequel n'a cessé que lorsque la 
nutrition de la plante a été altérée par un séjour trop prolongé dans une atmo- 
sphère artificielle. De ces faits bien constatés on peut conclure : 1? Que les 
mouvements provoqués ont un déterminisme spécial qui mérite d'étre étudié 
et qu'ils peuvent dès aujourd'hui être classés parmi les phénomènes d'iert- 
TABILITÉ FONCTIONNELLE. 2 Que les mouvements spontanés; se rattachent 
à la vie générale de la plante et doivent être rangés parmi les phénomènes 
d'IRRITABILITÉ NUTRITIVE. — De nouvelles expériences viendront bientót 
confirmer cette maniere de voir, en précisant le siége de la fonction et en met- 
tant plus en évidence son absolue indépendance, 


M. de Schonefeld dépose sur le bureau, de la part de M. C. Rou- 
meguére, quelques feuilles de Rose-trémiére chargées du Puccinia 
Malvacearum Mont. dont il a déjà été question dans les précédentes 
séances de la Société (1). 


Cette Puccinie, en méme temps qu'elle était observée à Blanquefort (Gi- 
ronde) sur le Malva silvestris et envoyée à M. Durieu de Maisonneuve, 
était récoltée à Toulouse par M. C. Roumeguére, qui l'a distribuée à ses cor- 
respondants sous le nom provisoire de Puccinia Alceæ Roum. in herb. L'aire 
de végétation de cette Cryptogame a dû être fort étendue cette année, puisque 
M. Roumeguère l'a recueillie, en quelques jours du mois d’août dernier, à 
Toulouse, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), à Bagnéres-de-Bigorre et Lourdes 
(Hautes-Pyrénées), à Peyrehorade (Landes), non point sur un Malva, mais 
toujours (non loin des habitations) sur la Rose-trémière (Alceu rosea L., Althæa 
rosea Cav.), qui dans le midi de la France est presque subspontanée. 


M. Roze fait remarquer que les récoltes du Puccinia Malvacea- 
rum dont parle M. Roumeguére n'ont été faites que dans le courant 
de cette année, comme toutes celles dont il a été déjà question soit 


(4) Voyez plus haut, pp. 160, 464, 187.et 228. 


282 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


dans le Bulletin, soit dans le Mémoire de M. Durieu de Maison- 
neuve; mais qu'il y a lieu de faire connaître à la Société que ce 
parasite avait déjà été trouvé en France, une annóe auparavant. 
En effet, dans les belles aquarelles que M.le D' Richon, de Saint- 
Amand (Marne), consacre à la reproduction de tous les Champignons 
recueillis dans sa localité, et qu'il a mises dernièrement sous les 
yeux de plusieurs membres de la Société, figure notamment ce 
Puccinia Malvacearum, dessiné en 1872, comme parasite du Malva 
silvestris. 

À propos de l'extension que prennent les parasites, M. Cosson 
parle des ravages qu'aurait occasionnés récemment à Sidi-bel-Abbés 
le Cuscuta hassiaca, et dit qu'il a observé celte année, dans le 
Loiret, un cas tératologique intéressant sur le Cuscuta Epithymum 
var. Trifolii, dont toutes les fleurs se trouvaient réduites seulement 
à des étamines. 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. E. Roze, secrétaire, donne lecture du. procés-verbal de la 
séance du 28 novemba. dont la rédaction est adoptée. 

M. le Président fait part à la Société de là perte regrettable qu 'elle 
vient de faire en la personne de M. Claude Gay, membre de l'Aca- 
démie des sciences, qui est décédé à Deffends (Var), le 29 novembre 
dernier, aprés une très-courle maladie, et résume ainsi les titres 
pmi ind de ce savant distingué : 


. M. Gay est i à Draguignan, le 48 mars 1800, Ce fut en suivant les cours 
du Muséum en 1818, qu'il prit goüt à l'étude des sciences naturelles et que, 
sur les conseils de Desfontaines et d'A.-L. de Jussieu, il se décida à aller 
explorer Je Chili. En arrivant, en 1828, dans cette belle contrée, notre con- 
frère comprit aussitôt qu'il était nécessaire de joindre à ses recherches 
botaniques, objet spécial de ses études, des observations de météorologie et . 
de physique générale. Afin de réaliser ce projet, il revint en Europe pour faire 
exécuter par nos. plus habiles artistes les instruments de précision dont il 
avait besoin, et repartit de nouveau en 1835, muni de précieuses instructions 
fournies par Arago et Humboldt. — . 


Pendant un séjour de plus de vingt ans, consacré à parcourir tout le Chili, 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 283 


M. Gay ne négligea aucune branche des sciences naturelles, et sut faire 
marcher de front la météorologie, la physique générale et l'histoire politique du 
pays. Revenu en France avec d'immenses matériaux, il commença la rédac- 
tion du vaste ouvrage que nous connaissons sous le nom d'Historia fisica 
y politica de Chile, et pour la publication duquel la législature chilienne 
vota à l'unanimité les fonds nécessaires. M. Gay y consacra une trentaine 
d'années environ. 

La Botanique comprend huit volumes (avec un atlas), auxquels collaborerent 
MM. Clos, Ém. Desvaux, Naudin, Jules Remy et Montagne (pour la Crypto- 
gamie). Outre ce grand travail, M. Gay a publié dans le journal chilien 
l'Araucano plusieurs mémoires concernant l'origine de la Pomme-de-terre, 
l'influence du déboisement sur la constitution du climat dans les provinces 
du nord du Chili, etc., etc. 

M. Gay, en quittant le Chili en 1842, obtint de la République toutes les 
récompenses qui pouvaient étre décernées à un étranger et recut le titre de 
citoyen chilien. L'Académie des sciences, de son côté, l'appela dans son sein 
en 1856, en remplacement de M. de Mirbel. 


M. de Schœnefeld présente les excuses de MM. E. Cosson, 
Duchartre et Delondre, empéchés de se rendre à la séance, et donne 
des nouvelles récentes de la santé de M. Fée, qui se trouve encore 
retenu chez lui par les suites de son indisposition. 

M. le Président annonce une nouvelle présentation, et proclame 
membres à vie MM. Louis de Martin et Glaziou, membres de la 
Société, qui ont rempli les conditions exigées par l’article 14 des 
statuts pour l'obtention de ce titre. 

M. le Secrétaire général donne lecture de la lettre autographe 
suivante, gracieusement adressée par S. M. l'Empereur du Brésil 
à M. le comte Jaubert : 


« Rio, 9 septembre 1873. 
» Monsieur le comte, 


» Je vous prie d'offrir de ma part à notre Société de Botanique 
.» un des deux exemplaires de l'ouvrage que je vous envoie, en gar- 
» dant l'autre pour vous, comme un témoignage du bon souvenir 
» que je conserverai toujours de mon séjour à Paris, et de l'accueil 
» que j'ai recu à la*Société de Botanique et chez vous. 

» Les études statistiques sont bien peu avancées dans mon pays, 
» et le livre envoyé ne peut donner qu'une idée imparfaite de l'état 
» du Brésil. Cependant je puis vous assurer du moins que c'est une 
» œuvre de la plus parfaite bonne foi. 


284 i SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


» En profitant d'une occasion si opportune de vous exprimer ma 
» reconnaissance pour la maniére dont vous avez approuvé le goüt 
» de ma Fille pour la botanique, j'espére que vous me donnerez tou- 
» jours des nouvelles des travaux de notre Société, ainsi que de 
» tout ce qui vous occupera en fait de science et de philologie. ` 

» Je vous prie de croire à la sincérité des sentiments de votre 


» affectionné, : 
» D. PEDRO D'ALCANTARA. » 


M. le comte Jaubert étant retenu à Versailles par ses devoirs 
de député à l'Assemblée nationale, M. de Schænefeld dépose sur le 
bureau le volume envoyé par l'Empereur à la Société, et sur la pre- 
miére page duquel Sa Majesté Impériale a daigné écrire ces mots 
de sa propre main : À /a Société botanique de Paris; Rio, 12. sep- 
tembre 1873. Signé : D. Pedro d'Alcantara. Sur linvitation de 
M. le Président, il donne lecture de l'avant-propos et de deux cha- 
pitres de cet intéressant ouvrage, et la Société décide que ces 
extraits seront publiés dans le Bulletin. 


L'EMPIRE DU BRÉSIL A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE EN 1873. 
Avant-propos. 


La connaissance exacte des régions américaines est devenue une question 
de la plus haute importance pour les États de l'Europe, où surabonde une 
population active et intelligente. 

Il est certain que la fertilité du sol brésilien et la richesse de ses trésors 
naturels offrent un vaste champ au développement de toutes les branches de 
l'industrie humaine, ! 

C'est afin de constater ce fait et de diriger l'immigration vers l'empire du 
Brésil, que nous profitons de l'heureuse opportunité que présente l'Exposition 
universelle de Vienne, pour revoir, corriger et augmenter la notice que nous 
avons publiée en 1867, à l'occasion de l’ Exposition universelle de Paris. 

Les travaux de cette sorte ne peuvent atteindre à une perfection désirable 
qu'après de longs et pénibles essais ; mais, si l'on encourage le zèle des auxi- 
liaires officiels et les excellentes dispositions des collaborateurs particuliers qui, - 
encore une fois, nous ont prété leur puissant concours, il faut espérer que des 
ouvrages plus complets pourront étre présentés aux futures Expositions uni- 
verselles. 

Notre but principal est de prouver d’une manière irréfutable que ce travail 
n'est point l'œuvre d'un faux patriotisme qui, par l'exagération des avantages 
d'une contrée, táche d'en dissimuler les défauts. ; 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 285 


Pour faire réellement connaitre le Brésil et éclairer les immigrauts, nous 
n'avons eu qu'un guide : la vérité, 


Régne végétal. 


La végétation est des plus admirables au Brésil. Dans les plaines, sur les 
montagnes et les chaines les plus élevées, sur les sables mémes de la cóte, au 
milieu des rochers escarpés, presque partout enfin, elle se montre vigoureuse 
et dans un printemps pour ainsi dire perpétuel. 

La flore brésilienne est peut-être la plus riche du globe, par l'abondance et 
la variété d'espèces très-importantes, dont plus de dix:sept mille sont déjà 
cónnues, 

Pour la construction navale et civile, on trouve dans les forêts du Brésil les 
bois les plus estimés ; et, pour la menuiserie et l'ébénisterie, les plus beaux et 
les plus précieux que connaisse l'industrie humaine. 

Parmi les premiers on remarque : le Péroba (Aspidosperma Peroba), le 
Tapinhoan (Silvia navalis), le Cabiuna ou Jacaranda-noir (Dalbergia 
nigra), le Bois-Brésil (Cæsalpinia echinata), le Bacuri (Platonia insignis), 
le Sucupira (Bowdichia major), Aroeira (Astronium), le Pao-d'arco ou Ipé 
(Tecoma speciosa), le Pequia jaune (Aspidosperma sessiliflorum), le Massa- 
randuba (Mimusops elata), le Bois-de-fer (Cæsalpinia ferrea), le Cédrel (Ce- 
drela brasiliensis), le Loureiro (Cordia frondosa), l'Itauba (Acrodiclidium 
Jtauba), le Sapucaia (Lecythis Pisonis), le Barauna (Me/anoxylon Barauna), 
les Paracaubas (Andira sp. div.), le Grapia-punha (Apuleia polygamea), le 
Pequia-marfim (Aspidosperma eburneum), le Guarabu (Pe/togyne Guarabu), 
PAngelim-amargoso et l'Angelim-pedra (Machærium Andira), plusieurs 
sortes de Cannelles (Nectandra et Cordia), le Mirindiba (Terminalia Mirin- 
diba), le Gruçahy-de-azeite (Moldenhauera), VIpé-tabaco (Tecoma) et beau- 
coup d'autres. : 

Pour la menuiserie et l'ébénisterie, se recommandent : l'Oleo (Myrocarpus 
frondosus), le Muirapinima (Centrolobium paraense), le Cajarana (Cæsal- 
pinia monosperma), le Pao-cruz (Légumineuse ?),"le Vinhatico (Æchyro- 
spermum [?] Balthasari), le Pao-setim (Aspidosperma), le Jacaranda 
violet (Machærium firmum), le Goncalo-Alves (Astronium fraxinifolium), 
le Sebastiao-d' Arruda (PAysocalymma floribundum), le Pao-marfim (Aspido- 
sperma eburneum), le Muira-piranga (Cæsalpinia) et d'autres arbres tellement 
nombreux qu'il est, pour ainsi dire, impossible de les énumérer. 

On tire un excellent parti, pour la teinturerie, des végétaux suivants : Bois- 
Brésil (Cæsalpinia echinata), Tatagiba (Maclura affinis), et Mangue-ver- 
melho (Rhizophora Mangle), sans parler de beaucoup d'autres, tels que 
l'Indigo (Indigofera), le Rocou (Bixa Orellana). 

En outre, croissent spontanément dans les foréts et en grande abondance : 
le Grumarim (gen. ignotum) qui remplace parfaitement le Buis pour la gra- 


286 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


vure sur bois, les Seringueras (Szphonia elastica), dont on extrait le caout- 
chouc, qu'on obtient également du Mangabeira (Hancornia speciosa) et 
d'autres plantes; les Myristica qui produisent du suif végétal ; le Cacaoyer 
(Theobroma Cacao), et beaucoup d'autres d’une très-grande utilité pour les 
usages de la vie et qui sont l'objet d'un vaste et important commerce. 

On compte une grande variété de plantes aromatiques, parmi lesquellesl a 
Vanille ( Vanilla aromatica), le Cumaru (Dipteryx), le Guyumari (Ocotea), 
dont les graines servent à aromatiser le chocolat, la Noix muscade du Brésil 
(Cryptocarya), le Picurim (Nectandra) et le Poivre de l'indigène (Xylopia). 

Parmi les nombreux arbres sauvages riches en tannin, on distingue le 
Barbatimao (Stryphnodendron) qui contient 80 pour 100 de cette substance, le 
Mangle (Rhizophora) qui produit cinq fois plus de tannin que le Chêne euro- 
péen (Quercus), le Jurema: (Acacia) et l'Aroeira (Schinus). 

Entre les plantes alimentaires les plus abondantes au Brésil, on remarque 
le Maniac (Jatropha Manihot) dont nous parlons plus loin, le Pinhao (Arau- 
caria) qui produit des fruits savoureux, le Jacatupé (Pachyrrhizos) et plu- 
sieurs espéces de Dioscorées. 

Au nombre des plantes dont les écorces, fruits ou graines sont employées 
en médecine, nous citerons : la Salsepareille (Smilax sp.), l'Ipécacuanha 
(Cephaélis [pecacuanha), la Caferana (Zachia guianensis), V'Urari ou Gurari 
(Strychnos), le Guarana (Paullinia sorbilis), le Mururé (Bichetea [?] offi- 
cénalis), le Jalap (/pom«a), la Caroba (Jacaranda procera) et les diverses 
plantes qui, à cause de leurs qualités fébrifuges, sont vulgairenient connues 
sous le nom de Quinquina, et appartiennent aux genres £'xostemma, Couta- 
rea, Hortia, et encore, en quelques endroits, un Strychnos, le Pao-pereira 
(Geissospermum Vellosii), V'Abuta (Cocculus platyphyllus) , le Capillaire 
(Adiantum sp. ), la Cainca (Chiococca anguifuga), le Tamaquaré (Laurinée), et 
beaucoup d'autres ; les baumes les plus précieux ; une grande variété de plantes 
résineuses, oléagineuses et laiteuses, telles que : le Jatahy (Hymenæa sp.), les 
Angicos ( Pithecolobium gummiferum et Acacia Angico), l' Andiroba (Carapa 
guianensis), le Copahu -( Copaifera sp.), l'Oiticica (Moquilea) et d'autres qui 
abondent, tantót dans une province, tantót dans une autre. 

On trouve également dans les forêts vierges, dans les capoeiras (taillis), 
dans les plaines et sur les cótes, quantité d'arbres et de plantes qui croissent 
. Spontanément et produisent des fruits délicieux et extrêmement variés. 

Parmi les arbres les plus utiles du Brésil, le Garnauba (Copernicia ceri- 
fera) mérite une mention spéciale, Ce Palmier pousse spontanément et. se 
développe en abondance dans les provinces de Ceara, Rio-Grande do Norte et 
dans quelques autres voisines. On ne rencontre peut-être dans aucune contrée 
un arbre qui serve à des usages aussi nombreux, nì aussi variés. Il résiste aux 
sécheresses les plus for tes et les plus prolongées, et reste toujours vert, 

. Ses racines produisent les mêmes effets médicinaux que la Salsepareille. 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 287 


Son tronc fournit une fibre forte et légère qui acquiert le plus beau lustre, 
et l'on peut en faire des poteaux, des solives et d’autres matériaux de con- 
struction civile, de même que d'excellents pieux pour haies. 

Le cœur de cet arbre est un aliment apprécié et très-nourrissant. On en 
extrait aussi du vin, du vinaigre, une substance saccharine et une grande 
quantité de fécule semblable au sagou, dont elle possède le goût et les pro- 
priétés, et qui, durant les longues sécheresses, a souvent servi d'aliment aux 
habitants des provinces que nous avons citées plus haut. 

Le bois du tronc sert à faire des instruments de musique, des tubes et des 
pompes. La substance tendre et fibreuse des tiges et des feuilles remplace par- 
faitement le'liége. 

La pulpe du fruit est agréable au goût, et l'amande, assez oléagineuse et 
émulsive, est quelquefois employée, torréfiée et pulvérisée, en guise de café, 
par les habitants de l'intérieur du pays. 

Le tronc fournit encore une sorte de farine asez semblable à la maizena, et 
unliquide blanchâtre analogue à celui que contient le fruit connu sous le nom 
de coco-de- Bahía. : 

La paille séche sert à faire des nattes, des chapeaux, des pauiers et des 
balais ; et l'on en exporte déjà une assez grande quantité pour l'Europe, où 
elle est employée à la fabrication de chapeaux fins, et sous cette forme 
retourne, en partie, au Brésil. L'exportation et la consommation faite par 
l'industrie nationale sont évaluées à environ 2,820,000 francs. 

Enfin ses feuilles produisent une cire qui sert à la fabrication de bougies dont 
on fait une grande consommation dans les provinces du nord, principalement 
‘au Ceara, où elle constitue déjà une branche de commerce assez importante. 
L'exportation annuelle de cette cire est évaluée à plus de 880,000 kilogr.; 
la consommation dans le pays dépasse 734,000 kilogr., et la valeur de la 
production annuelle est d'au moins 4,220,000 francs (1). 


Muséüms d'histoire naturelle, 


Le Mustum NATIONAL, dont la création date de 1817, dans la ville de Rio- 
de-Janeiro, est destiné aux sciences qui se rapportent à l’histoire naturelle. 
On peut le considérer comme le premier de l'Amérique du Sud. 

„Ilse compose de quatre sections : 4° celle de zoologie, anatomie et physio- 
logie comparées ; 2° de botanique, agriculture et arts mécaniques ; 3° de géo- 
logie, minéralogie et sciences physiques; 4° de numismatique, archéologie, 
arts libéraux, usages et coutumes des races humaines, 


1) Parmi les noms de genres cités dans cet article, nous n'ayons pu vérifier coux 
de Bichetea; craignant quelque erreur typographique, nous les 
[1]. (Note de la Commission du Bulletin.) 


( 
d' Echyrospermum et 
avons fait suivre d'un point de doute 


285 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Chaque section est subordonnée à un directeur qui peut étre aidé d'un ou 
plusieurs adjoints, d'un surnuméraire et d'un nombre illimité d'aspirants. Le 
directeur général est désigné par le gouvernement parmi les quatre direc- 
teurs, Les directeurs et les adjoints forment le Conseil administratif, qui est 
chargé de la haute inspection de l'établissement. 

Le Muséum compte, en outre, des membres correspondants parmi les cor- 
porations scientifiques nationales et étrangères. Il emploie actuellement deux 
naturalistes-voyageurs comme collecteurs dans les provinces de l'Empire. 

Le Muséum National a principalement pour but de collectionner et d'étudier 
toutes les productions naturelles du pays et de faire des cours publics sur les 
sciences dont il s'occupe, afin de répandre parmi le peuple des connaissances 
théoriques et pratiques à la portée de la généralité des auditeurs. 

L'édifice est ouvert le dimanche au public ; mais on obtient facilement la 
permission de le visiter tout autre jour, excepté le jeudi. Le nombre des visi- 
teurs le dimanche est, terme moyen, de mille. 

Les collections les plus remarquables de cet établissement sont : celles de - 
géologie et de minéralogie, distribuées en trois vastes salons, et formées en 
grande partie de celles qui ont appartenu au fameux Werner, et de beaucoup 
de'minéraux recueilis par Sellow, pendant quelque temps au service du 
Muséum ; celle de zoologie, dont les parties les plus riches sont. celles qui con- 
cernent l'ornithologie et l'ethnographie relative aux indigenes brésiliens. 

L'édifice est vaste et se compose d'un grand nombre de salles, mais l'aug- 
mentation récente de ses collections et les améliorations qu'il a subies dans 
ces dernieres années, font qu'il commence à étre insuffisant. 

Le Muséum correspond actuellement avec toute l'Europe, et échange volon- 
tiers les spécimens qu'il possède en double contre des objets d'histoire natu- 
relle qu'on lui envoie de l'extérieur. teni 

On a l'intention de créer, dans les provinces, des muséums sous la dépen- 
dance de celui dela capitale de l'Empire, pour établir entre eux des rapports 
mutuels et afin qu'ils puissent S'enrichir réciproquement, en augmentant leurs 
collections. 

MUSEUM PARAENSE. — Il consiste en un cabinet d'histoire naturelle créé, 
il y a prés de trois ans, dans la ville de Belem (province du Para), et organisé 
à l'instar du Muséum National, avec quelques légères modifications. 

Il est subventionné par la caisse provinciale, et Me déjà quelques 

collections assez curieuses, 

On y remarque surtout la collection d'objets ces EAR provenant eu 
grande partie de l'ile de Marajo et des montagnes à l'ouest de la province. 

Une collection ornithologique qui s'y trouve comprend de nombreux oiseaux 
d'une grande valeur, provenant de l'Amazone. 

Dans la ville de Santarem, de la méme province, on organise un Muséum 
créé par la Société ethnographique de Santarem. 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873, 289 


MUSEUM MINEIRO. — I commence à peine: il n’est créé que depuis 
environ deux ans, dans la ville d'Ouro-Preto. 

Ce Cabinet d'histoire naturelle a pourtant réuni en si peu de temps une col- 
lection géologico-minéralogique très-remar quable pour ses richesses scienti- 
fiques. 

MUSEUM CEARENSE. — Il a été créé et soutenu par un Brésilien qui, après 
y avoir consacré plusieurs années de travail, l'a généreusement offert à la pro- 
vince du Ceara, il y a deux ans. | 

Il contient de nombreuses collections de produits de la province, parmi 
lesquels on remarque plusieurs centaines de spécimens minéralogiques, un 
grand nombre d'animaux empaillés ou conservés dans l'alcool, une petite col- 
lection d'anatomie comparée, des monstruosités zoologiques, des fruits, des 
fibres végétales et d'autres objets curieux. 

Outre ces Cabinets, tous de date récente, mais qui tendent à se développer 
d'une manière satisfaisante, il en existe d'autres, annexés à des établissements 
d'instruction publique de l'empire. 

Tels sont : le Cabinet d'histoire naturelle de l'École centrale de Rio-de- 
Janeiro; les petits Cabinets des Écoles de médecine de Rio-de-Janeiro et de 
Bahia, celui du Lycée de la capitale de cette province, celui du Gymnase de 
Pernambuco ; et enfin un petit Muséum de produits naturels et d'archéologie 
fondé, il y a peu de temps, dans la province d’Alagôas, sous les auspices de 
l'Institut archéologique Alagoano, et aujourd'hui subventionné par l'assemblée 
provinciale. 


M. le Secrétaire général est chargé par M. le Président de prier 
M. le comte Jaubert de vouloir bien être, auprès de l'Empereur 
du Brésil, l'interprète des sentiments de profonde et respectueuse 
gratitude dont la Société botanique de France est pénétrée envers 
Sa Majesté Impériale. 

M. de Schenefeld donne lecture de la lettre suivante qu'il vient 
de recevoir de M. Duval-Jouve : 


LETTRE DE M, J. DUVAL-JOUVE. 


Montpellier, 8 décembre 1873, 
Mon cher ami, 


Je vous prie de faire connaitre à la Société que, le 10 septembre dernier, 
j'ai rencontré en abondancele Scirpus Michelianus L. sur la rive gauche du 
Rhône, en anfont et en aval de la Tour Saint-Louis. Tl était peu avancé, et 
croissait en compagnie du Scirpus pungens Vahl (1), que j'y avais déjà récolté 


(1) Par droit de priorité, ce nom doit rester définitivement à cette plante. Koch a 
T. XX. (SÉANCES) 19 


290 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


. en 1865 (Bull. Soc. bot. de Fr. t. XI, p. 259), et qui, cette anitée comme 
alors, s'y trouvait en grande quantité. 

Le S. Michelianus n'a pas encore, à ce que je crois, été signalé dans notre 
région méditerranéenne. Cependant il semblerait qu'il croit aux environs de 
Montpellier, si l'on s'en rapportait à la Flore de France, car aprés le nom 
linnéen on lit: « Gouan LIL p. 3 », et, à cette page, Gouan indique le 
S. Michelianus comme: « Primo vere frequens circa Perauls (sic) in syl- 
» vula ad stagnum. » Le soupcon d'une erreur surgit de cette indication, car 
le S. Michelianus est une plante non du premier printemps, mais dela fin de 
l'été et méme de l'automne ; ce n'est pas non plus une plante des garrigues 
(sylvulæ), mais une plante des iles et des bords des rivières. Ce premier 
soupcon est confirmé par les détails de la diagnose propre que Gouan ajoute 
à l'indication de la localité : « Culmus ssepius rubescens, nudus aut unico 
» folio ad basin. Capitulum #uéescit. Involucrum duobus tribusve foliolis 
» quorum majus capitulo duplo triplove longius est. Flores 4-4 (l. c.). » Le 
S. Michelianus a plus de deux cents fleurs à l’anthèle, il ne rougit point, il 
a de nombreuses feuilles dont les bractéales sont relativement longues. Si l'on 
veut recourir aux figures citées par Gouan, on trouve, non plus celle de Tilli, 
qui appuyait la diagnose linnéenne, mais celle de Scheuchzer Agrost. tab. IX, 
fig. 11, qui paraît être un petit C yperus exotique, puis celle de J. Bauhin 
Hist- AT, p.523, qui représente trés-exactement le Juncus capitatus Weig. 
Tl est alors démontré, par l'époque de la floraison, par la diagnose, par les 
figures à l'appui, que la plante de Gouan n'a rien de commun avec le S. Mi- 
chelianus. 

Mais quelle est-elle en réalité? La figure de Bauhin nous y conduira. Les ///us- 
trationes et Observationes botanicæ de Gouan sont de 1773; or, vingt-trois 
ans plus tard, en lan 1v de la République, cet auteur publia ses /7erborisations 
aux environs de Montpellier ét y décrivit, p. 25, son Juncus triandrus, nou- 
veau pour lui, mais déjà décrit par Weigel depuis 1772. Or, si l'on se reporte 
à la description de cette plante (Herb. p. 25), on trouve la méme localité 
« à Pérols (s2c) dans le petit bois », les mêmes caractères « Gulmo nudo », etc. , 
le tout appuyé de la méme figure de Bauhin avec la remarque « très-bien ! » 
Mais aucune mention n'est faite de l'identité de ce Juncus et du Scirpus pré- 
cité; seulement, dans la liste des plantes que peuvent fournir les herborisa- 
tions à Pérols, p. 138 et suiv., Gouan ne mentionne plus son S. Michelianus, 


établi la synonymie suivante : « Scimus Roruit Hoppe, in Sturm, Deutschl. Fl. (1814) ; 
Sc. tenuifolius DC, Fl, fr. Vl, p. 30 (1815) ; S. pungens Vahl, Enum. I, p. 255 
(1827) » (Syn. ed. 3, p. 644). La date (1827) assignée à l Enumeratio de Vahl est 
erronée; le premier volume de cet ouvrage parut en 1804 et le second en 1806. Dans 
$on Thesaurus, Pritzel, aprés avoir cité ces dates, ajoute : « Est editio minoris pretii, 
» Gœttingæ, quæ, preter annos 1824 et 1825 in titulis, minime differt, » Ce sont proba- 
blement ces dernières dates qui ont occasionné la méprise de l’auteur du Synopsis, sur 
l'autorité duquel cette synonymie a été adoptée par les floristes francais. 


SÉANCE DU 42 DÉCEMBRE 1873. 291 


mais il indique, p. 140, son Juncus triandrus « au petit bois à droite de Pé- 
rols ». Le doute cesse alors, et l'on voit clairement que le S. Michelianus de 
Gouan, cité dans la #lore de France, n'est autre chose que le J: triandrus 
Gouan, soit J. capitatus Weig. Il faut donc maintenant à la synonymie de ce 
Juncus ajouter : Scirpus Michelianus Gouan JUL p. 3. 

Le Spa capillata L. croit en abondance dans la haute Crau (territoire 
d'Arles), sur les amas de pierres qu'on retire des champs et qu'on appelle 
camelles en patois. M. Derbés dans son Catalogue des plantes des Bouches- 
du-Rhône, et M. Godron dans la Flore de France, désignent le mois de juillet 
comme l'époque ‘de floraison de cette Graminée. Dans la Crau, où j'ai 
bien souvent herborisé, je ne l'ai jamais vue en fleur avant les premiers 
jours de septembre, et cette année je l'ai trouvée en pleine floraison le 26 no- 
vembre. Comme tous les pieds, qui y sont par milliers, étaient fleuris et ne 
présentaient aucun chaume desséché; indiquant qu'une première floraison 
aurait eu lieu plus tót, j'ai pensé que la végétation de cette plante avait été 
arrêtée parla grande sécheresse du dernier été et n'avait repris qu'après les 
pluies du mois d'octobre. En tout cas, la floraison en Crau est plus tardive que 
celle indiquée par nos flores. 

Veuillez agréer, etc. EON DUVAL-JOUVE. 


Lecture est donnée des communications suivantes adressées à la 
Société : 


SUR L'ORIGINE DU QUINQUINA-COLOMBIE MOU (angl: SOFT COLUMBIAN BARK) . 
DU COMMERCE, par M. John Eliot HOW ARD. 


(Tottenham prés Londres, novembre 1873.) 
CINCHONA LANCIFOLIA, Var. OBLONGA. 


C. arborea ; foliis majusculis, oblongis vel elliptico- aut obovato- 
oblongis, rarius lanceolatis, subabrupte acuminatis, basi attenuatis 
aculisque, utrinque.  glaberrimis, escrobiculatis, siccitate rigidis ; 
panicula laxa, foliosa, vix multiflora ; dentibus calycinis triangulari- 
lanceolatis, acutis, tubo brevioribus ; tandi oblongo-lanceolata 
ceeterumque ut in di A 


Ayant eu occasion d'examiner, de concert avec M. le docteur Weddell, 
des spécimens d'une variété inédite du Cinchona lancifolia de la Colombie, 
j'ai profité de l'assistance de cet ami pour en tracer la diagnose présentée 
ci-dessus; et j'ai appliqué à la variété dont il s'agit l'épithète distinctive 
de oblonga. 

Les échantillons soumis à notre examen ont été pris sur le méme arbre, et 


292 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


comprennent tous les matériaux nécessaires à l'étude des feuilles, des fleurs, 
des fruits et de l'écorce. Je les dois à l'obligeance de D. Climaco Vargas 
qui est lui-méme propriétaire de terrains forestiers étendus dans la province 
colombienne de Cundinamarca (1), et qui s'occupe de l'importation de quin- 
quinas, sur une grande échelle, en France et en Angleterre. Je tiens de lui 
que l'arbre dont on a tiré les spécimens mis à ma disposition est bien préci- 
sément celui qui fournit la sorte de « quinquina mou » (c'est ainsi qu'on 
l'appelle) importée sous une marque commerciale qui m'est très-familière. 
Son nom lui vient de la nature quelque peu spongieuse de son épiderme, 
aussi bien que de l'état de morcellement où il se présente dans les surons. Il 
offre, à ce point de vue, un contraste frappant avec le canuto si régulier du 
C. lancifolia type, ou anaranjada de Mutis. 

La marque à laquelle j'ai fait allusion plus haut n'accompagne pas la plus 
belle qualité de « quinquina mou ». Selon D. Cl. Vargas, celle-ci serait 
relativement rare, ce que j'ai d'ailleurs appris d'autres sources encore. 

L'examen chimique de l'écorce de moi échantillon a montré que la cin- 
chonidine et la quinine s'y rencontraient en proportions presque égales ; résul- 
tat qui prouve suffisamment l'infériorité relative de la sorte dont nous nous 
occupons, le prix tout particulier que l'on attache au « quinquina mou » pro- 
venant de ce que les belles sortes ne contiennent guere que de la quinine. Je 
n'ai pu découvrir jusqu'ici aucun caractère botanique propre aux échantil- 
lons de cette qualité supérieure, et, dans l'écorce elle-méme, il n'y a peut-étre 

de bien saisissable pour l'œil peu exercé que celui qui résulte de la plus 
grande facilité avec laquelle elle se fracture. Je dois ajouter que ce nom de 
« quinquina mou » n'est en quelque sorte correct que superficiellement ; il 
m'a semblé, en effet, que les fibres corticales, ou libériennes, présentent un 
caractère tout opposé. J'ai examiné au microscope celles de l'échantillon que 
je décris, et les ai trouvées distribuées en séries radiées, cinq ou six de ces 
fibres se touchant parfois dans une méme rangée. Elles présentent, en un mot, 
à peu de chose prés, les caractères bien connus du quinquina-/ancifolia, 
leur disposition s'écartant davantage du type vers la région externe de l'écorce. 
Sous ce rapport aussi bien que sous celui des feuilles, je ne puis m'empécher 
de croire qu'il y a, dans l'aspect du Quinquina, une tendance à se rapprocher 
de quelques échantillons cueillis par le docteur Hasskarl, dans le district 
d'Uchubamba, au Pérou, et qui m'ont été donnés par ce voyageur. J'ai rap- 
porté ceux-ci, avec plus ou moins de certitude, au C. /anceolata de Pavon ; 
rapprochement qui a été approuvé, au moins quant à l'un des échantillons, par 
M. Triana. Je ne veux pas dire toutefois qu'il paraisse y avoir identité entre 
la plante que je décris et le C. lanceolata; mais ce dernier, tel qu'il est 


(4) La forêt où ont été cueillis mes échantillons porte le nom de Doa, et se trouve dans 
le district de Pandy. 


Meum. 


h 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 293 


représenté par Pavon, offre, dans son feuillage, un manque de rigidité qui 
contraste assez fortement avec l'apparence plus ferme présentée par les feuilles 
du C. lancifolia normal de Mutis, autant du moins qu'il m'est permis d'en 
juger par les spécimens en ma possession : l'un donné par Mutis à Bonpland ; 
l'autre provenant du docteur Karsten, et bien représenté dans la planche du 
Supplemento de Pavon et dans celle donnée par le botaniste allemand. 

Ainsi que nous le laissons entendre dans notre diagnose, les feuilles 
offrent.dans leur forme des divergences trés-prononcées, et ce n'est que chez 
un certain nombre d'entre elles, en particulier au voisinage de l'inflorescence, 
qu'il y a une réminiscence de la forme caractéristique que ces organes revé- 
tent dans le C. lancifolia type. Je n'ai pas remarqué de différences bien sen- 
sibles dans la fleur ou le fruit; mais, comme j'espère avoir réussi à faire lever 
quelques jeunes plants, de graines contenues dans les capsules, j'aurai peut- 
étre l'occasion d'observer la plante vivante, et je ne doute pas qu'elle ne 
présente une physionomie bien différente de celle du vrai lancifolia, au sujet 
duquel les échantillons desséchés ne peuvent nous donher qu'une idée assez 
vague. | 

La grande variété de formes qu’affectent les feuilles, sur un seul et méme 
individu, constitue un trait remarquable de quelques espèces de Cinchona ; 
fait constaté tout d'abord par les botanistes espagnols, ensuite par Humboldt 
et Bonpland, et enfin par les cultivateurs de l'Inde et par moi-méme, pour 
ce qui concerne les diverses formes que j'ai pu élever en serre. 

Les renseignements complémentaires suivants m'ont été communiqués par 
M. Robert Cross, auquel le gouvernement anglais avait confié la mission de 
recueillir des graines de Cinchona dans le district de Loja : tâche dont il s'est 
acquitté avec autant d'habileté que de succès. Sa lettre écrite des environs de 
Popayan, en date du mois de septembre 1873, porte ce qui suit : 

« L'origine de cette écorce si estimée et qui a atteint des prix si élevés sur 
le marché de France nous est aujourd'hui connue. On la recueille sur le 
versant est de la Cordillére orientale, au. voisinage des sources des rios 
Pescado, Iscanse et Coqueta, entre le 4° et le 2° degré de lat. N. Autrefois 
on faisait passer l'écorce par les crétes de la Cordillére, afin de la transporter 
à Neyva, dans la partie supérieure de la vallée de la Magdalena. Mais, par 
suite des mélanges qu'elle subissait, et d'autres causes d'erreur encore, son 
véritable lieu de provenance resta inconnu à la plupart de ceux qui s'oc- 
cupent de ce commerce, jusqu'à ce qu'on eût enfin ouvert des sentiers 
à l'est d'Almaguer et dela Cruz, conduisant au versant ouest de la Cor- 
dillére. 

- » Ce Quinquina constitue, sans contredit, une espèce très-distincte, et il 
est doué des qualités les plus précieuses. Autant qu'on puisse en juger par 
les échantillons et par oui-dire, l'arbre aurait une croissance rapide, et son 
écorce serait épaisse, méme sur des individus de taille moyenne. Elle est 


294 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


d'ailleurs molle, se réduit en poussière dans la main, et ne perd que la moitié 
de son poids par la dessiccation. 

» L'arbre est plus petit, dit-on, que le pitayo et le lancifolia, et fournirait 
moins d'écorce que ces espèces. Sa taille est néanmoins considérable, puisqu'il 
s'élève au-dessus de tous les autres arbres de la forêt, et se laisserait aper- 
cevoir, au dire des collecteurs, comme un drapeau (bandera), à une grande 
distance. 

» Le mode de croissance et l'organisation des couches internes de l'écorce 
et de l'épiderme me portent à croire que ce quinquina surpasse, lorsqu'il est 
recueilli avec les soins convenables, toutes les autres sortes de la Cordillére. 
Il en a été fait mention, je le sais, depuis longtemps déjà, par M. Howard 
et par d'autres ; mais le district précis qu'il habite était resté inconnu jusqu'à 
ce jour, aussi bien à Karsten qu'à tous ceux qui ont exploré, depuis, la 
région cinchonifère de la Nouvelle-Grenade. Les difficultés que présente le 
transit par la Cordillére sont si grandes, que l'écorce est vendue aux marchands 
de Popayan au taux d'un shilliag (1 fr. 25 c.) la livre. Elle est ensuite mêlée 

à d'autres sortes, et mise en surons, ‘pour être expédiée en Europe, sous le 
nom de quinquina-Colombie mou. » 

Je ferai remarquer, en terminant, que notre approvisionnement de quin- 
quina mou ne paraît pas exposé à se ralentir, s'il est vrai, ainsi que le croit 
D. Cl. Vargas, que la méthode perfectionnée de récolter l'écorce, qu'il m'a 
décrite, continue d’être suivie avec attention. Grâce à elle, les nouvelles 
pousses émises par les souches restées en terre seraient prétes à étre exploitées 
de nouveau, après un laps de dix années, 


Explication des figures de la planche IE de ce volume. 


Fic, Portion de la partie supérieure d'un rameau florifère, de grandeur naturelle. 
Fig Feuille et stipules prises vers la partie moyenne du méme rameau. 
Fic, Fleur avant son épanouissement, légèrement grossie. 


T 
2. 
3. 
Fic. 4. Fleur épanouie, ouverte d'un côté pour montrer T pistil et les étämines, 
Fic. 5. Capsule de grandeur naturelle. 
6. 
7 
8 


Fi6. La méme aprés sa déhiscence. 
Fic. 7. Graines de grandeur naturelle, 
Fic. 8, Les mêmes, grossies. 


LETTRE DE Mi. V. REBOUD A M. DE SCHŒNEFELD. 


Constantine, 3 décembre 1873, 
Mon cher collègue, 

Votre lettre et le paquet. d'épreuves sont. parvenus à Constantine pendant 
que je me trouvais en mission archéologique sur les frontières de la Tunisie. 
Je ne suis rentré que le 26 novembre, rapportant un assez grand nombre de 
dessins et d'inscriptions libyques inédites. Je me suis empressé de faire les 
corrections demandées et de vous renvoyer les épreuves; j'espére que ce retard 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 295 


n'entravera point la publication du compte rendu de la session de Prades. 
Montlouis. 

Je vous suis trés-reconnaissant d'avdit bien voulu m'apprendre que notre 
confrère et ami. M. ]e docteur Cosson a pu trouver assez de temps pour achever 
la détermination des nombreuses plantes que nous avons recueillies, M. Issartel, 
le docteur Milon et moi, pendant les années 1871, 1872 et 1873, dans le 
Tell, sur les hauts plateaux et dans la région saharienue de la province de 
Constantine. 

Permettez-moi de vous donner quelques détails sur mes herhorisations et sur 
celles de mes deux collaborateurs. 

Attaché à la colonne expéditionnaire qui, pendant onze mois, a opéré sous 
les ordres de M. le général de Lacroix, commandant la province de Constan- 
tine, j'ai pu traverser tout le pays compris entre les ruines de Ziama, situées 
wës de Djigelli et de Bougie, et l'oasis d'Ouargla. Hasard singulier ! la colonne 
a stationné dans tous les cantons que je désirais visiter, le Babor entre autres ; 
chargé de tracer l'itinéraire, je n'aurais pas fait mieux, 

Pendant notre long séjour. sous les murs d'Ouargla, il m'a été possible d'en 
revoir les environs et de visiter, à l'ouest du village de Ba Mendil, une partie 
de la lisière orientale de là grande Hamada, 

Un peu plus tard, dans le Souf, j'ai réuni un grand nombre. des plantes de 
cette région sablonneuse par l'interinédiaire des indigènes attachés à la colonne, 
qui, chaque jour, conduisaient leurs chameaux dans les champs de Drine 
(Arthratherum .pungens), situés au milieu de hautes dunes à 5 ou 6 kilo- 
mètres de distance de la ville d'El-Oued, 

En nous rendant de cette oasis à Biskra par Tougourt et l'Oued-R'ir, j'ai 
été assez heureux pour trouver dans des stations nouvelles une partie des - 
belles plantes découvertes par MM. Cosson, P. Marés, de la Perraudiére et 
 Kralik pendant leur voyage dans le Sahara algérien. 

Au lieu d'aller directement de Biskra à Gonstantine par la route ordinaire, 

nous ayons fait un immense coude à l'est par le Zab oriental, la vallée de 
l'oued El-Arab, Khenchela et les vastes plaines qui lipite au nord, les mon- 
tagnes de l’ Aurès, 
- J'ai mis à profit les quinze jours que nous avons passés à Khenga-Sidi- 
Naji, Chebla et Krérane, villages de l'oued El-Arab, pour réunir à peu près 
toutes les espèces qui croissent dans cette vallée de l'Aurés oriental, vallée qui 
n'avait été visitée que par des géologues, MM. Coquand et Tissot, 

La veille de notre départ de Chebla, M. le général de Galliffet m'a invité à 
me joindre à quelques officiers qui l'accompagnaient dans une promenade au 
ksar Djelail. Ce village, habité par une population aux cheveux blonds qui parle 
le zenatia (1), est.situé sur le versant oriental du Djebel Chechar, entrel'Oued 


+ (4) On y fait un fréquent usage du trépan, méme dans les maladies les plus légères. 
ê 


296 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


El-Arab et la vallée des Beni-Braber (Berbéres), dont les cinq villages ne figu- 
rent pas plus sur nos:cartes que le cours de l'Oued Bedjer qui en arrose les 
jardins. 

Le ksar Djelail est trés-pittoresquement situé : il domine de vastes escarpe- 
ments dont les parois verticales étaient ornées cà et là de touffes d'un E'upAor- 
bia que je n'avais point encore observé. En aval du village, s'étendent des 
jardins ombragés par de beaux arbres fruitiers ; les rares champs de Blé et 
d'Orge, semés sur le flanc de collines arides, sont loin de suffire aux besoins 
des habitants, dont les cultures se trouvent dans la plaine, à l'est de Khenga. 

Les plantes recueillies pendant cette excursion peuvent donner une idée 
suffisante de la végétation de la chaine du Djebel Chechar. 

A Khenchela, malgré les fatigues d'une longue expédition, je n'ai pu résis- 
ter au désir de faire l'ascension du dôme verdoyant qui s'éléve à peu de dis- 
tance et à l'ouest du village. On y trouve, au moins dans la partie supérieure, 
un bon nombre de plantes propres à l'Aurés. J'y ai vu pour la première fois 
le Fraxinus dimorpha (mai 1872). 


Au mois de juin dernier (1873), j'ai repris la série de mes herborisa- 
tions. 

Les pics sauvages et dénudés du Djebel Afgan et du Bou- Thaleb m'avaient 
produit une trop vive impression lorsque je les vis en 1857, des hauteurs 
de Bou-Saada, dans un lointain vaporeux, pour que le désir de les visiter de la 
base au sommet ne passát pas chez moi à l'état d'idée fixe. 

Déjà en octobre 1874, pendant l'insurrection, j'avais pu suivre nos braves 
Turcos jusqu'au sommet de l'Afgan; mais ce n'était pas l'heure des études 
botaniques, il fallait attendre encore. 

Enfin, pendant les premiers jours de juin, au moment où M. le conseiller 
A. Letourneux quittait les forêts de Cèdres des Madids, j'abordais le Bou-Thaleb, 
ayant pour compagnon de route M. le capitaine Olivier, du 3* spahis, un des 
officiers les plus distingués de l'armée d'Afrique. Pendant quelques jours, nous 
avons erré au milieu des bois et des prairies en fleurs, fouillé dans tous les 
sens le Djebel Afgan et le Teniet Sor (grand col du Bou-Thaleb) où j'ai eu la 
satisfaction de découvrir à l'entrée d'une grotte humide un gracieux Pyre- 
thrum que M. Cosson considère comme nouveau. Nous avons également visité 
la mine de plomb dans le canton de Soubéla et le pittoresque village d’En-Noel 
où l'on fabrique ces belles nattes d'Alfa (Macrochloa tenacissima) que l'on 
porte sur les marchés des grandes villes. H 

Nous avons recueilli environ 380 espéces, dont la plus remarquable est 
sans contredit le Salvia Aucheri, qui est extrêmement abondant dans tout 
le nord du Bou-Thaleb. C'est en vain que nous avons cherché le Salvia 
hispanica, dont M. A. Letourneux rapporta un fragment, du col d'Afgan, il y 
dix ans, 


En allant du Bou-Thaleb au Djebel Madid, à l'ouest d'Ain-Adoula, nous 


et, 


SÉANCE DU 42 DÉCEMBRE 1873. : 297 


faisons l'ascension du Djebel, Nechar dont les crétes supérieures nous offrent 
une belle série de plantes nouvelles pour nous. Je ne vous citerai qu'un 
Astragalus à fleurs bleues qui reparait plus loin sur les mamelons bordant 
la rive droite de l'Oued Redir. 

Au delà des Rilassa, commence le Djebel Madid ; aprés une heure d'ascen- 
sion, nous voyons s'étendre devant nous de vastes pâturages alpestres. Le 
soleil allait disparaître quand nous avons franchi le col de Lagdar et gagné les 
forêts de Cèdres. Non loin du col et près de la fontaine, l'énorme tronc de 
Cèdre prés duquel M. A. Letourneux venait de passer quelques nuits, brülait 
encore, à demi consumé. 

Nous descendons à la háte le revers septentrional du Djebel Madid, cueillant 
cà et là quelques plantes en fleurs ou en fruits : Daphne Laureola, Doroni- 
cum scorpioides, Erinacea pungens, dont j'ai fait une centurie pour la 
Société d'échange de Grenoble, Saponaria glutinosa, Buxus sempervirens 
qui atteint des proportions considérables, un beau Genista, et enfin quelques 
échantillons d'un rare Teucrium (T. compactum) qui croit également dans 
la partie supérieure de l'Oued El-Arab, sur les bords de l'Oued Melagou. 

Le soir nous demandions aux marabouts de Rabta une galette et du lait, 
avant de nous rendre à Bordj-bou-Arreridj. 

M. Issartel, vétérinaire au 3° chasseurs d'Afrique, a eu la bonne fortune 
d’être attaché à toutes les colonnes légères qui ont fait des reconnaissances 
sur des points à peu prés inconnus de la région saharienne. Je lui suis extré- 
mement reconnaissant de n'avoir point négligé les intéréts de la flore algérienne. 
Il a bien voulu me confier le résultat de ses herborisations, au sud d'Ouar- 
gla, entre cette oasis et le petit lac d'Ain Taiba (1872), qu'a très-bien décrit 
M. Ismaél Bouderba dans la relation de son voyage à Rhat. — Pendant l'ex- 
pédition d'El-Goléa, malgré la saison avancée et les difficultés de la route, 
M. Issartel a formé, à mon intention, un herbier saharien de 110 espèces : 
il renferme de beaux échantillons de Zourneuzia variifolia, de Bubania Feet, 
un Salvia laineux que M. Letourneux pense être le S. Jaminiana, etc. — 
Avant de regagner Constantine, notre obligeant ami a suivi M. le générál de 
Galliffet qui se rendait d’El-Oued à Négrine en longeant la frontière du Bled-el- 
Djerid. Cette région nouvelle n'a point été visitée sans fruit ; l'oasis de Négrine, 
dont la flore nous était totalement inconnue, lui a fourni plusieurs Astragalus 
intéressants etle Panicum turgidum, qui, d'aprés M. Cosson, est une plante 
nouvelle pour l'Algérie. M. Issartel connaissait de vue cette Graminée qui 
croit en abondance sur la rive gauche de l'Oued El-Arab en aval de Khenga 
Sidi-Naji. Pendant notre séjour sous les murs de cette belle oasis, ou plutót 
sur l'aride plateau qui la domine, les indigénes en ont apporté une quan- 
tité assez considérable pour que nous ayons pu la donner en litière à nos 
chevaux. 

M, le docteur Milon, médecin distingué et mon collaborateur au 3° régiment 


| 998 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de Tirailleurs, a également fait partie de la colonne expéditionnaire d'El-Goléa, 
oü il était chef d'ambulance; ses fonctions ne l'ont point empéché de réunir 
d'importants matériaux concernant la géologie, l'hydrologie et la météoro- 
logie dela région qu'il a traversée. Ses fossiles seront utilisés par M. Bour- 
guignat dans un travail prochain; la partie du rapport de M. Milon con- 
cernant les eaux d'Hassi el-Hadjar, de Bergaoui, de Zirara et d'El-Goléa, a 
été analysée dans un des derniers numéros du Journal officiel. M. le docteur 
Milon n'a pas oublié la botanique. Cédant à mes pressantes sollicitations, ila 
recueilli chaque jour, pendant les longues et mortelles journées de marche 
à travers les mille ravins de la Hamada, quelques échantillons des principales 
espéces qui se trouvaient sous ses pas. Son herbier renferme une centaine 
d'espéces ; tous les échantillons sont accompagnés d'une étiquette indiquant 
le nom de la station et le jour de la récolte. Cette collection est moins riche 
que celle de M. Issartel et ne renferme aucune espèce nouvelle, à moins que 
parmi les bulbes divers que j'ai fait.parvenir à M. Naudin, à Collioure, il ne 
se trouve quelque type nouveau. 

Je ne puis citer les noms de tous les officiers qui, comme M. e comman- 

dant Robert d'Orléans (1), du 3° régiment de chasseurs d'Afrique, ont témoigné 
de leur dévouement à la science en voulant bien me rapporter quelques fleurs 
cueillies dans leurs plus lointaines reconnaissances ; la liste en serait longue, et 
je me contente de leur offrir l'expression de ma vive gratitude. 
. Je n'ai pas manqué, toutes les fois que la chose a été possible, de faire par- 
venir à M. le docteur Cosson l'itinéraire suivi par chaque colonne expédi- 
tionnaire ; celui d'Ouargla à El-Goléa (aller et retour) ainsi que celui d'El- 
Oued à Négrine, en passant par Bir Guettaria, sont dus à M. Parisot, capitaine 
d'état-major, qui vient d'achever sa grande carte du Sud, dont nous attendons 
la publication avec la plus vive impatience, 

Les botanistes algériens, et en particulier ceux de Constantine, espèrent que 
les travaux de M. le docteur Cosson sur la flore du Maroc ne l'empécheront pas 
de publier dans le Bulletin de la Société la liste des principales espèces prove- 
nant des localités nouvelles les plus importantes, comme le Bou-Thaleb, l'Oued 
El-Arab, Négrine, Hassi-el-Hadjar, Hassi-Bergaoui, El-Goléa, etc., de décrire 
les espèces nouvelles, et de nous faire connaître les progrès que la géographie 
botanique doit aux herborisations de MM. Milon et Issartel, herborisations en- 
treprises dans la région située entre Ouargla et El-Goléa, pendant l'expédition 
commandée par M. le général de Galliffet, en 1873. 

;cAgréez, ete: co -o V. REBOUD. 


M. de Schenefeld exprime le regret que M Cosson (retenu par 
un impérieux et douloureux devoir de famille) n’ait pu être présent 


(4) S. A. R; le duc de Chartres, 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 299 


à la lecture de la lettre de M. le docteur Reboud, car plus que tout 
autre il eüt été à méme de faire ressortir devant la Société le vif 
intérét qu'elle présente. 

M. H. Vilmorin fait à la Société la communication suivante : 


SUR L'ORIGINE DU LILAS-VARIN (SYRINGA ROTOMAGENSIS hort.), 
par WE. Henry VILMORIN. 


Les observations présentées par M. Decaisne à la séance du 14 novembre 
sar le mode de végétation du Lilas de Perse et du Lilas commun (1), sont 
venues donner un nouvel intérêt à la question assez obscure de l'origine du 
Lilas-Varin (Syringa dubia Pers. ou S. rotomagensis). On sait que pour cer- 
tains auteurs cette plante constitue une espèce distincte, tandis que d'autres la 
regardent comme un hybride du Lilas commun et du Lilas de Perse. 

En cherchant quelle était sur ce sujet l'opinion des plus anciens auteurs qui 
ont parlé du Lilas-Varin, voici la note trés-explicite que j'ai trouvée dans 
l'édition de 1804 du Zon jardinier, publié à cette époque par M. Mordant 
de Launay. 

« LILAS-VARIN (Syringa rotomagensis). — Celui-ci me semble le plus 
agréable de tous. Son volume moyen entre celui du. Lilas.commun et celui du 
Lilas de Perse; ses feuilles de méme forme, mais plus petites que celles du 
Lilas ordinaire ; ses rameaux gréles et souples comme ceux du Lilas de Perse; 
terminés aussi par des thyrses de méme forme, mais considérablement plus 
allongés, mieux fournis de fleurs, aussi de méme forme, mais plus grosses et 
plus colorées ; toutes ces circonstances m'avaient induit à regarder ce Lilas 
comme une espéce hybride qui serait le résultat des graines du Lilas de Perse, 
fécondées par les poussiéres du Lilas ordinaire. Enfin, comme je n'avais 
jamais vu le Lilas-Varin produire de graines, je me confirmais dans mon opi- 
nion; une seule circonstance la contrariait, c'est que les fleurs du Lilas de 
Perse, étant plus tardives, ne pouvaient guère être atteintes par les pous- 
siéres fécondantes du Lilas ordinaire, toujours plus précoce. Dans ce doute je 
me suis adressé à M. Varin, directeur du Jardin botanique de Rouen, et auquel 
nous devons cette charmante variété. Il a bien voulu dissiper mon incertitude 
en m'écrivant que depuis 1777 il semait chaque année des graines de Lilas 
de Perse à feuilles découpées, et que ces graines lui avaient constamment 
donné le Lilas-Varin ; d’où il conclut que le Lilas à feuilles découpées n'est 
qu'une variété dégénérée. Mais la variété dégénérée donne toujours des graines 
fécondes, tandis que, de l'aveu de M. Varin, son Lilas ne lui en a jamais donné 
qu'une seule fois, et une seulement, qu'il a semée avec soin et qui n'a point 
levé. »: 


(4) Voyez plus haut, pp. — 6-237. 


300 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Cette note paraitrait de nature à lever tousles doutes qui planent sur l'ori- 
gine du Lilas-Varin : il est à remarquer cependant que précisément à la 
méme époque (1804), dans la nouvelle édition du Traité des arbres et des 
arbustes de Duhamel, publiée par Loiseleur-Deslongchamps, il est dit que 
certains auteurs regardent le Lilas-Varin comme une espéce originaire de la 
Chine, et le nom de Syringa chinensis (Willdenow) en est indiqué comme 
synonyme. 


3 . . . . . . E 
Loudon, dans son Arboretum et Fruticetum britannicum, laisse indécise 


la question d'origine, et dit seulement que le Lilas-Varin a été introduit en 
4795 dans les jardins d'Angleterre. 

` . Le S. rotomagensis n'ayant été jusqu'ici trouvé -nulle part à l'état spon- 

tané, il serait intéressant de répéter l'expérience de Varin, et de voir si cette 

belle plante se retrouvera dans les semis de graines du Lilas de Perse, dont 

ses caractères de végétation la rapprochent complétement. 


M. le Président fait ressortir le vif intérét qu'il y aurait à pour- 
suivre expérimentalement ces recherches, et en particulier à suivre 
les résultats du semis des graines de Lilas de Perse à feuilles laci- 
niées décrit et figuré par Cornuti en 1635. 

M. Decaisne met ensuite sous les yeux des membres de la Société 


divers échantillons de types génériques d’Iridées et fait la commu- 
nication suivante : 


ÉTUDES SUR LES IRIDÉES, par M. J, DECAISNE. 


Premiére partie. 


La limite naturelle des genres, et la répartition des espèces dans chacun 
d'eux, a toujours été une œuvre difficile. Il en coûte beaucoup moins en effet 
de former un large cadre dans lequel on. fait entrer la nature incomplétement 
observée, que de chercher à saisir les caractères vrais et profonds qu'elle a 
imprimés aux choses. Ces réflexions me sont souvent venues à l'esprit en pré- 
sence des difficultés que j'ai rencontrées dans la classification de certaines 
espèces, et tout récemment encore au sujet d'une Iridée dont je vais donner la 
description, 

L'intervention de l'organographie dans la caractéristique des genres est 
récente ; ignorée dans l'enfance des sciences oü les choses sont vues en bloc et 
seulement sur l'apparence extérieure, elle commence seulement à se montrer 
lorsque les objets particuliers commencent eux-mêmes à être mieux connus et 
qu'ils augmentent en nombre : d'essais en essais l'analyse se perfectionne davan- 
tage, et nous dévoile de plus en plus les divisions établies par la nature 
elle-méme. Ainsi Clusius, guidé par un tact exquis des rapports naturels des 


a — 


gor. d 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 301 


plantes, range tous les Iris connus à son époque en cinq catégories basées 
sur les caracteres de végétation. Un siècle plus tard, Tournefort ajoute à ces 
caractères ceux tirés des organes floraux, et crée les genres Xiphion, Sisy- 
rinchium, Hermodactylus et Iris proprement dit, qu'il subdivise en Cha- 
mairis et en Angustifolia. Malheureusement plus tard encore, Linné, fidèle 
à son principe de réduction des genres, et uniquement préoccupé de la forme 
générale du périanthe, négligeant les caractères tirés de la végétation, réunit 
sous une méme appellation tous les groupes distingués par ses prédécesseurs 
en transportant, plus malheureusement encore, le nom de Sisyrinchium à des 
plantes américaines complétement différentes de nos espèces européennes, et 
pour lesquelles Tournefort avait créé le genre Zermudiana. Toutefois de nou- 
veaux cadres génériques ne tardèrent pas à se constituer. Ker en 1810, 
Salisbury en 1820, plus récemment encore M. Parlatore, ont indiqué avec 
précision les espéces qu'ils devaient recevoir; de sorte que le travail auquel 
je compte me livrer consistera à reprendre avec soin l'étude des plantes 
qu'ils ont négligées et à m'assurer si les espèces qu'on a successivement intro- 
duites dans les genres établis par mes devanciers l'ont été aprés un examen 
suffisant. Mais cette étude, comme celle des Orchidées et des Amomées, pré- 
sente de véritables difficultés; car il est absolument indispensable de la faire 
sur le vif à cause de la fugacité et de la délicatesse des fleurs, qui s'opposent 
à leur bonne conservation en herbier. Je répéterai donc volontiers ce qu'En- 
dlicher a dit en parlant des genres : « ..... difficillime circumscribenda, 
denuo sub incudem revocanda sunt. » 

Quoi qu'il en soit, les plantes dont je vais m'occuper appartiennent à la 
section des Iridées chez lesquelles les étamines sont libres, opposées à des 
styles terminés par des lamelles pétaloides alternes avec les loges de l'ovaire, 
au lieu deleur étre opposées, comme cela s'observe chez la plupart des genres 
américains. Ce premier groupe comprend les /ris proprement dits : F Her- 
modactylus, le Xiphion, le Thelysia, le Diaphne, le Morea, Y Evansia, etc. 
Si les fleurs de chacun de ces genres nous rappellent à première vue le périanthe 
des /ris, nous voyons qu'ils en diffèrent cependant par leurs racines, la forme 
et l'insertion des feuilles, l'inflorescence, la structure des graines, et qu'il 
n'est plus permis deles réunir sous une méme appellation, ainsi qu'on le 
fait encore depuis Linné. 

Mes études porteront de préférence sur les espéces cultivées au Muséum. 


EVANSIA Salisb. (1). 


Herbæ chinenses v. sibiricæ ; rhizomate subterraneo, cespitoso v. 
stolonifero ; foliis ensiformibus, planis, perennantibus ; caule flori- 
(1) J'ai préféré conserver les désignations génériques données par Salisbury, quoiqu'il 


ne les ait accompagnées d'aucune description, plutót que d'en créer de nouvelles qui 
auraient augmenté une synonymie déjà trop étendue. 


302 ‘SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


fero ramoso, folioso; floribus sertulosis, bracteatis, pedicellatis, 
pedicellis articulatis. 

Perianthium infundibuliforme v. tubo brevissimo rotatum, sex- 
partitum, laciniis liberis patulis, exterioribus sessilibus, interiori- 
bus unguiculatis, anthesi peracta in spiram contortis. Stamina 
3 libera. Stylus brevissimus, in lacinulas petaloideas bifidas acu- 
minatas v. fimbriatas divisus. G/andule septales 0. Ovarium 3-locu- 
lare, loculis multiovulatis ; ovulis anatropis adscendentibus. Capsula 
cylindracea, pergamacea, obsolete 6-nervia, apice loculicide tri- 
valvis. Semena testa suberosa, lævi, opaca, ad chalazam compresso- 
appendiculata; albumen carnosum. Embryo subuncinatus. - 


1. EVANSIA FIMBRIATA T. 


E. stolonifera, foliis ensiformibus planis reflexis læte viridibus, 
floribus diutinis suaveolentibus albo-cæruleis, styli laciniis eleganter 
fimbriatis. 

Han. — China. Cult. in hort. Par. 


Iris fimbriata Vent. Jard. Cels n° 9 [4800]; DC. in Red. Lil. HI, t. 152; 
Hort. Kew. Y, p. 120 [1810]. 
Morza fimbriata Lois. Herb. amat. VI. 


Iris (Crossiris) fimbriata Spach, Suit. Duff. XIII, p. 71. 
Iris chinensis Bof. reg. 313. 


Evansia chinensis Salisb. Trans. hort. soc. Y, p. 303 [1810]. 
J'ai conservé à cette plante le nom spécifique imposé par Venténat, de pré- 


férence à celui proposé par Salisbury, afin d'éviter toute lon avec un 
autre /ris chinensis (Pardanthus chinensis). 


2. EVANSIA DICHOTOMA S 


E. cespitosa, foliis ensiformibus planis erectis glaucescentibus, 
floribus diutinis dilute cæruleis, styli laciniis alte bifidis acuminatis. 
Has. — Sibiria, Dahuria. Cult. in hort. Par. 


Iris dichotoma Pall. Voy. IV, append. p. 685 [1793], tab. A, fig. 2, édit. 
franc.; Thbg. Dissert. Frid. XIII ; Sweét Fl. gard. tab. 96; Willd. 
Sp. 1, p. 230 ; H. Kew. 1, p. 120. 
Pardanthus dichotomus Ledb. FZ. ross. IV, p. 106. 


3. EYANSIA VESPERTINA NOV, Sp. 


E. cespitosa, foliis ensiformibus planis erectiusculis glaucescen- 


— Gy 


_ 


E 
DLL pe 


SÉANCE DU 12 DÉGEMBRE 1873. 303 


tibus, floribus vespertinis, perianthii foliolis exterioribus oblongo- 
lanceolatis apice refractis sordidis lineolis transversis ornatis, 
interioribus spathulatis subemarginatis purpureo-punctulatis, styli 
laciniis acuminatis integris. 

Has. — In saxosis prov. Gehol Mongolige orientalis (cl. abb. A. 
David herb. n° 2165). Cult. in hort. Par. 


Planta viridi-glauca, metralis. Rhizoma cespitosum, durum, fuscum, radi- 
culas plu: imas fibrillosasque albidas emitiens. Folia plurima epsiformia, plana, 
acuta, disticha, sæpe leviter obliqua, erecta, rigidula, subtilissime striatula, 
longiora 0,40, 07,03 lata, basi mutuo arcte amplexantia, glaucescentia. Cautis 
floriferus bàsi subteres, denudatus, pallidus, superne ramosus, ramis flexuoso- 
divaricatis, cylindraceis, inferioribus bracteis foliaceis superioribus vero mem- 
branaceis stipatis. Ælores fasciculati 7-11, inodori, vespertini, pedicellati, 
pedicellis gracilibus, erecüs, cylindraceis, cum ovario articulatis, 1-2 centim. 
longis, floribus lapsis diutissime persistentibus. Perianthium tubo brevissimo 
rotatum, 6-partitum, laciniis exterioribus patulis, lanceolatis, apice obtuso 
refractis, venis transversis olivaceis simplicibus v. furcatis ad marginem evanidis 
eleganter notatis, lineolisque foveolatis vernicosis medio inspersis ; interioribus 
erectis obovato-emarginatis, glaberrimis, unguiculatis, ungue sulcato mellifluo, 
omnibus peracta fecundatione spiraliter contortis. Stamina 3, filamentis 
liberis, subulatis, albidis ; antheræ oblongae, erectæ, apiculatæ, flavae, stigmati 
antepositæ. Sfylus brevissimus in laminas 3 petaloideas apice bifidas laciniis 
attenuatis expansus ; stigma transversum membranaceum, Ovarium cylindra- 
ceum, obsolete trigonum, triloculare, loculis multiovulatis, ovulis adscen- 
dentibus anatropis. Capsula oblongo-cylindracea, 2 1 cent. longa, loculicide 
trivalvis, valvis pergamaceis nervis 6 venulisque obscure reticulatis. Semina 
ovata, fusco-olivacea, lævia ad chalazam complanata, adscendentia. 


THELYSIA Salisb. 


Herbæ regionis mediterraneæ v. orientis incole, bulbosæ, bulbis 
tunicatis fuscis ; foliis sæpius 3/8, rectis v. arcuatis, lineari-lanceo- 
latis planis v. canaliculatis nervosis, glaucescentibus ; pedunculis 
fructiferis brevissimis, primo hypogæis, axillaribus. 

.. Perianthium tubo longo v. longissimo gracili angulato, sexpar- 
titum, laciniis exterioribus oblongis spathulatis v. panduratis planis 
v. undulatis obtusis medio cristalis ; interioribus multo minoribus 
lanceolatis reflexis v. patulis. Stamina 3 libera. Stylus cum perian- 
thii tubo coalitus, superne in laminas petaloideas bifidas divisus. 
Glandule septales 0. Ovarium subterraneum v. epigæum axillare, 


304 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


3-loculare loculis superne vacuis, multiovulatis, ovulis adscenden- 
tibus. Capsula oblonga, tenuis, subepigæa, trilocularis, loculicide 
trivalvis. Semina subglobosa v. ovoidea, testa rugosa, fusca, opaca, 
ad chalazam prominente. 


Hujus generis species sunt : 
1. THELYSIA PERSICA Parl. 


Thelysia persica Parl. FI. ital. III, p. 317. 

Iris persica L. Sp. 59 ; Willd. Sp. I, p. 235; Hort. Kew. I, p. 121 [1810]; 
Red. Lil. IV, p. 189 ; Lois. Herb. amat. I, ^8. 

Xiphion Persicum, præcox, flor. variegato. Tourn. Znst. p. 363. 

Iris caucasica Auch. Herb. n? 2131. 

Iris persica Haussk. Zæsice. 
Cappadocia (Auch.) ; in graminosis circa Alepum ; in collib. circa Murgab 

Pers. austr. (Haussknecht), in Mesopotamia (Olivier). 


Hap. — Persia, Syria. Cult. in hort. Par. 


2. THELYSIA ALATA Parl. 
Thelysia alata Parl. l. c. 
Thelysia grandiflora Salisb. Trans. hort. Soc. Y, p. 303. 
Iris alata Poir. Voy. Barbar. IL, p. 86 ; Lamk, Encycl. III, p. 302. 
Iris microptera Vahl, Enum. II, p. 142. 
Iris bulbosa latifolia 1* Clus. Hist. p. 240; Dodon. Pempt. p. 212. 
Xiphion latifolium acaulon odoratum fl. cæruleo Tourn. /nst. p. 363. 


Hag. — Italia, Bætica, Mauritania. Cult. in hort. Par. 


3. THELYSIA CAUCASICA Parl. 


Thelysia caucasica Parl. 7. c. 
Iris caucasica Stev. Decad. pl. iber.; M. B. FI. Taur. cauc. I, p. 33; 
Sweet, Fl. gard. series 4°, vol. III, n° 255. 


Hab. — Armenia, Georgia, Syria. 
h. THELYSIA FUMOSA t. 


Th. caulescens foliosa, foliis erectis v. arcuatis, lineari-lanceo- 
latis attenuatis canaliculatis latiusculis ; floribus axillaribus bracteis 
membranaceis stipatis, pallide cæruleis ; perianthii foliolis exterio- 
ribus oblongis, integris, interioribus linearibus patulis. — Herba 
interdum 25-30 cent. alt. 


Iris fumosa Boiss. exsicc, Haussknecht. 


-— 


SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1873. 30 


Syria (Aucher, n° 2137); Djebel Muhasjan circa Alepum alt. 1300, et 
in deserto Wiran Scher (Hausskuecht, n° 907). 


Han. — Syria. 


L'herbier du Muséum renferme encore deux ou trois espèces de 7/e/ysia 


recueillies par M. Haussknecht, mais en exemplaires trop imparfaits pour 
étre décrits. 


À propos du Puccinia Malvacearum Mont. dont il a été question 
dans les séances précédentes (1), M. Gaston Genevier fait connaitre 
à la Société qu'il a observé, cette année, ce parasite dans plusieurs 
localités aux environs de Nantes, et qu'il en a recueilli d'assez nom- 
breux échantillons, à partir du mois de mai, sur Y A/thza rosea, le 
Lavatera arborea et le Malva silvestris. 

M. Genevier donne ensuite quelques détails sur le développe- 
ment de lZ//ysanthes et du Lindernia, qui croissent ensemble et 
abondamment prés de Nantes, et sur le Peplis Borzi. 

M. de Schenefeld rappelle que, en 1868, lors de la constatation 
de la présence de l'//ysanthes à Trentemoult prés Nantes (2), 
M. Lloyd avait exprimé la crainte que le Lindernia, dont les stations 
ne sont pas nombreuses en France, ne disparüt de cette localité. Il dit 
qu'il est bien aise d'apprendre, par la communication de M. Genevier, 
que la plante francaise continue à y prospérer, malgré la rédoutable 
invasion de la plante américaine. 

M. Chatin fait part à la Société de quelques observations sur l'em- 
ploi du goudron de bois ou médicinal et du goudron de houille ou 
coaltar pour la conservation des arbres aprés l'élagage. Il croit, 
d'aprés quelques-unes de ses expériences, que le goudron de bois 
est préférable au coaltar. 

M. le Président dit qu'il ne partage pas cet avis, parce que le 
goudron de bois s'écaille et se détache peu à peu, tandis que 
le coaltar s'infiltre dans le bois, qui en est imprégné, y persiste, 
et donne toujours d'excellents résultats. 


(1) Voyez plus haut, pp. 160, 161, 187, 238 et 281. 
(2) Voyez le Bulletin, t. XV (Séances), pp. 155 et suiv. 


T 2 (SÉANCES) 20 


306 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 


M. Roze, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance 
du 12 décembre, dont la rédaction est adoptée. 

Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. le 
Président proclame l'admission de : 


M. Bonner (Édmond), interne à l'hópital général de Dijon, 
présenté par MM. Hariot et Bureau. 


M. Victor RAuLIN, professeur à la Faculté des sciences de Bor- 
deaux, et M. Francisque Lacroix, pharmacien à Mâcon, anciens 
membres de la Société, sont admis sur leur demande à en faire 
de nouveau partie. 

M. le Président annonce en outre cinq nouvelles présentations. 

M. de Seynes fait hommage à la Société, de la part de la Société 
botanique de Lyon, d'un exemplaire. du premier fascicule de ses 
Annales. 


Gette Société, dit M. de Seynes, a été fondée en mai 1872, par un petit 
groupe d'hommes désireux de s'entr'aider dans la connaissance des plantes. 
Aujourd'hui la Société botanique de Lyon compte prés de cent cinquante 
membres ; plusieurs d'entre eux ont pris une part active aux travaux de l'As- 
sociation francaise pour l'avancement des sciences dans sa dernière session à 
Lyon, et c'est par là que j'ai été mis à méme d'apprécier les débuts de cette 
intéressante Société. — Je signale en particulier les observations de M. Roux 
sur les carpelles de l’ Erodium ciconium, celles de M. Magnin qui se voue à 
la cryptogamie et a le projet de publier des exsiccata de Champignons, dont 
quelques types ont été présentés à l'Association francaise. Les divers états d'un 
méme Champignon, rangés jusqu'ici dans des genres différents, seront disposés 
sur une méme feuille, — Un autre membre dela Société de Lyon, M. Merget, 
a entrepris une série de recherches sur le róle des stomates dans les phéno- 
mènes d'échanges gazeux entre la plante et l'atmosphère. C'est au moyen 
des vapeurs mercurielles que M. Merget cherche à montrer le rôle des sto- 
mates comme voie d'entrée des gaz. Je suis chargé de présenter plusieurs 
planches offertes à la Société botanique de France par M. Merget, et qui ont 
été obtenues par un des procédés servant à constater le passage des gaz à 
travers les stomates. Une feuille de papier blanc est enduite d'une. dissolution 
d'azotate d'argent ammoniacale ; sur ce papier M. Merget place une feuille 


viii SG he c 


o 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 307 


présentant des stomates sur deux faces, il pose au-dessus une lame de cuivre 
amalgamée, séparée de la feuille seulement par quelques doubles de papier 
brouillard ; une pression légére suffit pour rendre égale l'adhérence de ces 
différents corps superposés : le papier au nitrate d'argent noircit partout où il 
recoit le contact des vapeurs mercurielles que laisse émaner la lame de cuivre 
amalgamée. Après un temps assez court, la feuille béstomatée se trouve repro- 
duite en blanc, avec un pointillé noir, sur un fond noir ; ce pointillé est la trace 
des stomates qui ont permis le passage des vapeurs mercurielles. Si la feuille 
du végétal choisi pour l'expérience ne présente de stomates que sur l'une de 
ses surfaces, si elle est monostomatée, les vapeurs mercurielles, malgré leur 
grand pouvoir diffusif, ne traversent pas l'épiderme de la face privée de sto- 
mates, et l'empreinte de la feuille reste tout entière blanche sur un fond noir. 


M. Duchartre croit devoir faire remarquer que la conclusion que 
M. Merget tire de ses expériences lui parait hasardée, attendu que 
le résultat inévitable de l'acüon des vapeurs mercurielles sur. les 
feuilles ainsi mises en expérience, est de les tuer pour ainsi dire 
instantanément; et que par suite l'expérimentateur n'a plus affaire 
qu'à des feuilles inertes. ll s'ensuit qu'il sera difficile d'admettre 
qu'on puisse en tirer aucune preuve de la faculté d'absorber ou 
d'exhaler les gaz, dont seraient doués les stomates. 

Lecture est donnée de la communication suivante, adressée à la 
Société : 


MATÉRIAUX POUR UNE FLORE LICHÉNOLOGIQUE DU BRÉSIL, par M. A. FÉE, 
L — GENRES LECANORA ET LECIDEA. 


Le genre Lichen de Linné, composé dans le Species plantarum d'un très- 
petit nombre d'espèces, est devenu, comme on sait, le type d'une famille 
élevée à la condition de classe, à la suite de travaux nombreux dont les prin- 
cipaux sont dus à plusieurs botanistes suédois, notamment à Acharius, anteur 
d'une Lichénographie universelle et d'un Prodrome, ouvrages regardés 
comme classiques pendant près d'un quart de siècle et à peine modifiés par 
les successeurs de cet habile botaniste, jusqu'à ce que l'emploi du microscope 
eût démontré le parti qu'il était possible de tirer, comme élément de classifi- 
cation, des organes de reproduction : thèques et sporidies. 

Nous avons été le précurseur de cette sorte de révolution complétée parle 
botaniste italien Massalongo, de Padoue, mort trés-jeune, et qui a peut-être 
payé de la vie l'ardeur qu'il a déployée, avec une santé débile, dans l'étude de 
ces petites plantes, menacées aujourd’hui jusque dans leur existence à titre 
de famille distincte. Cette réforme a été si radicale qu'elle a permis à Massa- 


308 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


longo de créer environ quarante genres nouveaux et à M. Kærber au delà de 
vingt, auxquels il faut ajouter un nombre à peu prés pareil de genres créés par 
MM. Agardh, de Flotow, de Krempelhuber, Montagne, De Notaris, Trevisan, 
Tulasne et quelques autres, sans parler de M. Nylander, beaucoup plus réservé 
que ces botanistes novateurs, et que nous ne l'avons été nous-méme ; ce serait 
donc une centaine de genres dont cette famille. aurait été dotée. Ce morcelle- 
ment est si considérable que, dans le Systema. Lichenum | Germanie. de 
M. Korber, les seuls genres Lecanora et Lecidea démembrés ont sonent 
soixante-treize genres : évidemment c'est beaucoup trop. 

Lorsqu'en 1823, nous avons publié une Méthode lichénographique, lap- 
plication du microscope à l'étude des Lichens n'avait pas encore eu lieu. 
Notre seul guide était Acharius et notre seul moyen d'amplification la loupe. 
Rien n'était plus rare que les types authentiques provenant de cet auteur ou 
de Swartz. A peine nous en était-il tombé une dizaine entre les mains, encore 
étaient-ils dans un état des plus tristes. Nous avions cru faire assez en consta- 
tant par des coupes verticales et horizontales la structure du thalle et la com- 
position de l'apothéce; mais dès 1850 l'étude des organes reproducteurs des 
Lichens, théques et sporidies, nous avait préoccupé, et dans une deuxième partie 
de l Essai sur les Cryptogames des écorces exotiques officinales, publiée à 
Strasbourg de 1836 à 1837, il nous fut facile de démontrer l'importance de 
ces caractères comme moyen taxonomique. 

Les nombreuses diagnoses données dans ce dernier ouvrage sont des plus 
exactes, mais ou a pu, avec quelque raison, nous reprocher parfois d’être 
descendu plus qu'il ne fallait dans l'organisation des thèques, et d'avoir pris 
pour des spores de simples molécules appartenant au thalle et à la couche 
gonimique. 

La grande importance que nous avions attribuée aux thèques était dans 
l'air, et d'autres botanistes que nous en eussent fait la base de leurs travaux. 
L'Italie a une très-grande part dans la réforme opérée, ainsi qu'en témoignent 
les écrits de MM. De Notaris, Garovaglio, et surtout ceux de M. Massalongo, 
qui le premier généralisa l'emploi des thèques comme base de classification, 
invoquant à la manière d'Acharius la structure du thalle dans la nature de 
ses diverses couches, et celle des apothéces, d'autant plus compliquée que ces 
petites plantes semblent davantage réduites dans leurs dimensions; puis se 
préoccupant des paraphyses et des tromodoblastes qui ne paraissent n'étre autre 
chose que des gonidies, non-seulement il fit intervenir la forme des thèques, 
mais encore la dimension des sporidies. Ces moyens d'arriver à une trés- 
grande précision dans la détermination des espèces, qui pouvaient paraître en 
quelques points surabondants, n'ont pas suffi à certains lichénographes, qui ont 
invoqué la mesure au micromètre des paraphyses et des spermaties, puis enfin 
l'action de certains réactifs sur le thalle, dont les couches profondes changent 
de couleur, suivant la nature de leurs composants. 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 309 


A Dieu ne plaise que nous veuillions blâmer les botanistes consciencieux qui 
cherchent à garantir par tous les moyens possibles l'individualité du type spéci- 
fique, mais convenons que de pareilles diagnoses sont des plus difficiles, et 
réclament, pour étre convenablement faites, un temps considérable, sans pou- 
voir toujours donner la certitude d'avoir rencontré juste. Serait-ce aller trop 
loin de dire que souvent l'espèce, méme la meilleure, n'est bien connue que 
du botaniste qui l'a créée? Sans doute il est important de donner une grande 
précision à la détermination des espéces, mais il faudrait y arriver par des 
moyens faciles, autant du moins qu'on le peut faire, n'oubliant pas le vifa 
brevis, de maniere à régler l'emploi du temps sur l'importance du travail. 
C'est à cela que nous nous sommes appliqué dans cette courte monographie 
des Lecidea et Lecanora du Brésil, sans toutefois nous dispenser de recourir 
à l'emploi du microscope. 

On pourra voir que nous avons réduit nos recherches aux seules sporidies, 
sans nous préoccuper de leur mesure, non plus que tle celle des paraphyses et 
des spermaties ; sans nier dans certains cas la valeur taxonomique des réactifs, 
soutenue pàr M. Nylander, dont si souvent l'autorité fait loi, nous ne nous en 
sommes pas servi. 

Nous ne faisons des sporidies qu'un caractère de sous-genre, croyant encore 
à la possibilité de rester dans le systéme d'Acharius, sinon toujours, du moins 
dans le plus grand nombre des cas. Quoique l'on regarde à bon droit les 
théques et les sporidies comme les analogues du fruit et de la graine, quant à 
leur fonction physiologique, il ne faut pas s'attendre à trouver dans ces corps 
reproducteurs cette variété de forme et de structure, qui donne aux fruits 
et aux graines une si grande valeur taxonomique. 

Les thèques, en raison de leur disposition rayonnante dans l hymenium, 
sont presque universellement claviformes et ne différent que par leur ampli- 
tude, ainsi que par le nombre des sporidies qu'elles renferment et qui s'y 
constituent. On ne doit voir en chacune d'elles qu'une cellule qui se dilate 
autant qu'il le faut pour recevoir leur contenu endogénique. La forme des 
sporidies est plus variée et se montre ;parfois assez compliquée, de manière 
à pouvoir faire regarder les unes comme unicellulaires et les autres comme 
pluricellulaires. La plus fréquente est la forme ovoide, tout à la fois sporidie 
et spore, puis viennent, dans l'ordre de:la fréquence, les sporidies bicellulaires 
formées par la réunion de deux cellules unies par un diaphragme qui leur 
donne une apparence biloculaire. Elles varient de dimension, mais sont, au 
moins dans l'áge adulte, colorées en bistre. C'est aux sporidies bisporiennes 
qu'appartient la forme en tonnelet ; elles sont ovoïdes, renflées au centre et 
présentent à leurs deux extrémités, ou les atteignant presque, deux sphérules 
de petite dimension et très-caractéristiques. Près de là viennent se placer les 
sporidies obtuses aux deux bouts, l'un beaucoup plus gros que l'autre, portant 
vers la moitié inférieure un double ou triple diaphragme, ou plutôt deux ou 


^ 


310 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


trois spores qui le simulent, imitant ainsi un poupon emmaillotté. Celles-ci sont 
des plus rares dans les Lécanorées et les Lécidinées, tandis qu'elles sont carac- 
téristiques dans le genre Arthonia. A ces sporidies bisporiennes succèdent des 
sporidies quadri-, octo-, ou méme multispores; elles prennent alors la forme 
allongée et parfois se rétrécissent au point de paraitre aciculaires, prodigieu- 
sement amincies à leurs deux extrémités. Les corps arrondis qu'elles renfer- 
ment et auxquels il n'est pas possible-de refuser le nom de spores, restent en- 
gagés dans les enveloppes sporidiennes, comme s'ils faisaient corps avec elles. 

Il existe aussi des sporidies polyspores, souvent de très-grande dimension, 
renfermant des myriades de spores atomistiques, n'affectant aucune disposition 
particulière. Elles ressemblent à une sorte de sac également obtus aux deux 
bouts et de méme largeur dans toute leur étendue. On les trouve dans des 
apothéces souvent fort petits, et l'on peut établir comme règle que la grandeur 
des thèques n'est point en rapport avec la grosseur, ni avec la forme ou la 
composition organique tes kymenium (nucléus ou lame proligere) Une 
remarque curieuse, que nous avons déjà faite ailleurs, consiste dans le rap- 
port qui existe entre la couleur de l'apothéce et la forme des sporidies : ainsi 
la couleur vitelline indique constamment la présence des sporidies en tonnelet, 
la couleur orangée, pourpre ou rouge de sang, celle des sporidies aciculaires. 
Nous avons annoncé (Essa? Crypt. écorc. exot. offic. 2° partie, p. 8) que 
nous avions trouvé des sporidies dans le thalle des C'ollema azureum et mar- 
ginellum ; quoique rien n'infirme ce fait, nous voudrions pour plus de cer- 
titude qu'il se reproduisit encore sous nos yeux. 

Tous les groupes établis dans la famille ou classe des Lichens peuvent four- 
nir la plupart des formes connues de sporidies, ce qui leur ôte une grande 
partie de leur importance taxonomique ; toutefois leur détermination, sinon 
pour les genres, du moins pour les espéces, appartient désormais à l'étude des 
Lichens comme un moyen précieux de diagnose, mais dans une mesure 
limitée, ainsi que nous l'allons démontrer en coordonnant les espèces brési- 
liennes des genres Zecidea et Lecanora d' Acharius. 

Ces deux genres marchent parallèlement, avec un thaile de méme nature, 
humifus, crustacé, fibrilleux, parfois maculiforme, avec ou sans limites, et des 
apotheces scutelliformes ou bombés, avec ou sans marge, noirs, bruns, jau- 
nâtres, roussâtres, rouges, plus rarement pourpres. On trouve ces Lichens sur 
les écorces, les rochers, Ja terre humide et méme sur les feuilles. Ils offrent les 
mémes formes de sporidies avec une prédominance numérique différente, la 
forme ovoide pour les Lecanora, la forme biloculaire bistre pour les Zecidea. 

Rien ne prouve mieux combien sont légers les caractères génériques sur 
lesquels sont basés les genres, qu'en appréciant ceux qui paraissent suffire pour 
nos deux genres. Les Lecanora ne différent d'un grand nombre de Parmelia 
que par le thalle, ici foliacé et là crustacé ; du reste, méme organisation de 
l'apothéce et même forme des sporidies ; il n'en est pas autrement des Zecidea 


P 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 18723. 311 


pour leur parfaite analogie avec les Circinaria et les Pannaria. Les thalles 
foliacés se lient par des transitions insensibles aux crustacés, ceux-ci aux 
pulvérulents et ceux-là aux maculiformes. Il y a toujours quelque chose d'ar- 
tificiel dans nos classifications, nous approchous seulement de la nature sans 
pouvoir nous flatter de l'atteindre complétement ; nos travaux sont surtout des 
moyens d'étude. s 

Les Lecanora et les Lecidea sont séparés par un caractère de facile constata- 
tion; il est tiré de la marge de l’apothèce, formée par le thalle dans le premier 
de ces genres, nulle ou constituée par l'apotliéce lui-méme dans le second, 
quand elle existe ; mais il est des circonstances qui laissent du doute dans le juge- 
ment à porter, tant ces deux genres sont voisins, et cependant ils ont permis, 
étant démembrés, de créer au delà de soixante genres, lesquels heureusement 
n'ont pas été adoptés par M. Nylander, qui reste toujours dans une sage 
mesure ; nous sommes encore plus réservé que cet habile lichénographe. 

Voici, en ce qui concerne les sporidies, comment elles se distribuent dans 
nos deux genres d’après leur forme. 


LECANORA. LECIDEA. 

1. Sporidies ovoides. ........... 18 11 
2 —  J.entonnelet......... 5 3 
3. —  puppiformes ........ 0 1 
A. wa e ONOS e TTA Z- ; 4 
6; -=> aciculaires..... A 5: 5 
6 —. bicellulaires........ 1 13 
7 —  sacciformes:.::.... x 5 

34 39 


LECANORA Ach. 
: ORDRE DES ESPÈCES, 
1. Sporidies ovoides incolores, unicellulées. 
(EULECANORA.) 
A. Disque des scutelles nu. 
«, Noir ou noirátre, 
* Corticoles, 

+ 1. nigerrima, n° 6261 (1). — Thalle lisse, grisâtre, légèrement fen- 
dillé ; scutelles assez grandes, à marge très-entière ; étant humectées, elles 
deviennent d'un noir trés-intense. 

| ** Rupicoles. 


2. atra Ach. Syn. meth. Lich. p. 156 — n^ 5495-5496. — Ne semble 
pas différer de l'espèce européenne. — Elle vit sur les silex. 
(1) Les eroix T indiquent les espéces ou variétés présentées comme nouvelles. — Les 


numéros qui suivent le nom de l'espéce ou de la variété sont ceux donnés par M. Glaziou 
dans ses envois successifs, 


312 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


+ 3. atroviridis, n° 3487. — Thalle blanc cendré, granuleux; scu- 
telles assez grandes; disque de couleur vert noirátre, entouré de granules 
blanchâtres. — Sur le granit. — Espèce voisine de la précédente; elle en 
diffère, entre autres caractères, par une marge élégamment crénelée. 

t h. spissa, n? 3290. — Thalle épais, formé de granulations blanchâtres, 
rondes et ovoides, sans limites apparentes; scutelles petites (jeunes), peu 
puvertes, peu nombreuses, à marge épaisse. — Sur les silex. 


B. Scutelles à disque rufescent ou fouve. 
* Corticoles. 


5. subfasea Ach. Syn. meth, Lich. p. 157. 

+ Var. festiva, n° 1951. — Thalle blanchâtre, granuleux, chargé d'une 
quantité considérable de scutelles à marge entière, à disque rufescent ; elles 
se pressent sans se nuire dans leur développement. — Formes diverses sur le 
granit. 

+ 6. tuscescens, n? 5476. — Thalle trés-finement granuleux; marge 
des scutelles blanchâtre, finement crénelée; sporidies ovoïdes, unicellulées. — 
Sur les écorces minces. — Bien voisin du Z. subfusca Ach. 

+ 7. lobata, n? 6260. — Thalle grisâtre, lisse, sans limites apparentes ; 
scutelles roussâtres, trés-grandes, parfois agglomérées, à marge ondulée.— Se 
rapproche beaucoup de la variété cateilea (groupée) du L. subfusca Achar. 


** Rupicoles, 


$ 8. depressa, n° 3286, 3293. — Thalle d'un blanc grisâtre, illimité, 
comme ramuleux sur les bords ; scutelles envahissantes, se nuisant dans leur 


développement, déprimées, à disque rufescent, entouré d'une marge presque 
toujours entière. 


y. Scutelles à disque carnéolé. 4 


+ 9. coralloidea, n° 1947. — Thalle grisâtre, assez épais, effas, composé 
de ramuscules à sommet arrondi; scutelles carnéolées, planes ou arrondies, 
marginées (à marge verdâtre) ou immarginées, toujours distinctes quoique 
nombreuses ; sporidies elliptiques. — Sur les écorces. — Autant hien 
que Lecanora. 

+ 10. intermedia, n° 5043. — Thalle formé de ramuscules grisâtres ; 
scutelles planes ou bombées, marginées ou immarginées, de moitié plus petites 
que dans l'espéce précédente, avec des sporidies également plus petites; 
thèques claviformes, étroites. — Sur les écorces. 


$. Scutelles à disque couleur de cinabre. 


+ 11. eyaneseens, n° 3429. — Thalle d'aspect bleuâtre, assez régulière- 


ment fendillé en aréoles ; scutelles petites ; disque de couleur orangée. — Sur 
les vieilles écorces. 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 313 


1 12. miniata, n” 3218-5219, 5092, 5549-5550. — Thalle rougeâtre 
(par oxydation ?), lisse, fibrilleux, sans limites apparentes; scutelles éparses, 
de grandeur moyenne, passant au brun dans la vieillesse; marge épaisse, 
entière, fortement colorée en jaune orangé. —*Sur l'écorce des grands arbres 
— (cfr Lecidea erythroplaca F.). 


t. Scutelles à disque céracé. 


+ 13. leptaspis, n° 5198. — Thalle brun-verdátre, comme! fibrilleux ; 
scutelles assez grandes, très-minces, à marge très-étroite, ondulée, légèrement 
teintée de rose. — Croit sur la terre aride (/eptaspis, scutelles minces). 

+ 14. suliarescens, n° 3850. — Thalle mince, sans limites apparentes, 
de couleur légèrement soufrée; scutelles planes, régulières, marginées de 
planc et semi-immergées. — Sur les rochers. 

15. : leprosa Fée, Crypt. écorc. exot. off. p. 118, tab. 25, f. 6.— N° 1921. 
— Thalle parfois orbiculaire, ordinairement effus, exceptionnellement limité 
de noir et finement granuleux; scutelles petites, nombreuses, trés-rapprochées, 
a marge entiére et à disque plan. — Sur les écorces lisses. 

B. Disque pruineux. 
* Corticoles. 

+ 16. parelioides, no 2771. — Thaile granuleux, effas, d'un blanc un 
peu verdâtre ; scutelles grandes, planes on concaves, avec un rebord épais 
blanchátre entourant un disque teinté de rose. Les sporidies, qui sont ovoides, 


incolores et unicellulées, ont des dimensions supérieures à celles des espèces 
de ce groupe. — Elle vit sur l'écorce des grands arbres. 


** Rupicoles. 


+ 17. elandestina, n° 5116. — Thalle très-blanc, très-épais, granuleux, 
effus; scutelles entourées complétement par le thalle dans la jeunesse et 
alors difformes et tuberculeuses, puis à disque brunâtre, pruineux, entouré d'une 
marge épaisse semblable en apparence au L. parella Ach. Syn. Lich. p. 169, 
avec des sporidies beaucoup plus petites. — Sur les rochers. 

+ 48. albescens, n? 3486. — Thalle mince, blanc, trés-finement aréolé, 
sans limites apparentes ; scutelles assez grandes, marginées, parfois flexueuses, 
carnéolées ; sporidies comme dans l’espèce précédente. 


2, Sporidies bicellulées, en tonnelet. 


(Disque toujours vitellin.) 


* Corticoles. 


+ 19. rufa, n° 5412. — Thalle cendré-blanchâtre, mou, fibrilleux, effus; 
scutelles vitellines, nombreuses, concolores, à marge entière, en forme de 
petites coupes, rarement planes. — Sur l'écorce des grands arbres. — Se 
rapproche des Z. salicèna et aurantiaca. 


314 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


20. salicina Ach. Syn. meth. Lich. p. 175 — n°s 1920, 1923. — Thalle 
brunátre, tuberculeux, effus ; scutelles vitellines, nombreuses, bordées de 
blanc, à marge entiere, souvent flexueuse. — Sur les grosses écorces. 


** Rupicoles. 


21. elegans Ach. /. c. p. 182 — n° 3292, — Thalle épais, jaune orangé, 
plissé, imbriqué ; scutelles concolores, planes ou concaves, pouvant envahir 
entièrement le thalle, comme il arrive dans notre spécimen. 

+ 22. microcarpa, n™ 3285 et 3503. — 'Thalle formé de particules squa- 
miformes, brunátres et irrégulières ; scutelles extrêmement abondantes, de 
couleur plutôt rouge que vitelline ; il semble qu'elle est parasite sur le Leca- 
nora atra Ach. (la diagnose est particulièrement faite sur le n° 3285, qui est 
le plus complet). 

+ 23. subaurantiaca, n? 3501.— Thalle formé de particules blanchâtres, 
mal unies entre elles; scutelles de couleur orangée, planes ou bombées, 
étroitement marginées ou sans marge. — Sur les granits au bord dela mer 
(port du Zecidea ferruginea Scher.).: ; 


3. Sporidies plus ou moins étroites, quadri- ou pluricellulées. 
* Étroitement linéaires, 4-8-spores. 


+ 2h. suaveolens, n? 1952. — Thalle blanc-jaunátre, entouré d'une belle 
bordure de couleur noire formant une croüte figurée en rameaux nombreux et 
rayonnants ; scutelles brunâtres, diversement plissées, disque légèrement glau- 
que, marge épaisse et blanchátre. — Elie exhale, surtout étant mouillée, une 
douce odeur de violettes. 

+ 25. eamptotheca, n°° 5518-5519. — Thalle trés-mince, maculiforme, 
blanchátre, parfaitement lisse, étroitement limité de noir: scutelles régu- 
lières, orbiculaires, épaisses, à marge blanchâtre ; disque brunâtre, se fonçant 
en couleur avec l’âge. — Sur les écorces. — Port o L. sent Ach., 
avec des sporidies absolument différentes. 


** Aciculaires, 6-8-spores. 


+ 26. gelatinosa, n° 2205. — Thalle blanchâtre, effus, fibrilleux; scu- 
telles à marge entière, cinabarines, orangées, passant au brun, gélatineuses, 
humectées un peu transparentes, — Sur les branches d'arbres en décom- 
position. 

+ 27. aurata, n° 5552. — Thalle formé de granules blanchátres, déter- 
minant une couche épaisse ; scutelles nombreuses d'une belle couleur orangée, 
marginées de blanc ; disque flexueux. Parfois les granulations se prolongent en 
courts ramuscules ; sporidies ténues et semblables à des spermaties. — Sur 
les écorces. 


+ 28. membranacea, n° 1912, — Thalle otim er 


:—— 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 315 


lisse, grisâtre ; scutelles éparses, orangées, déprimées, planes ; disque marginé 
de blanc, manquant assez souvent. — Sur les branches d'arbres. 

29. panicea Ach. Syn. meth. Lich. p. 17h — n° 4325. — Thalle mince, 
effus, médiocrement granuleux ; scutelles régulières, marginées de blanc, 
marge finement crénelée; disque d'un beau rouge pourpre. — Sur les écorces. 

+ 30. sinapisperma, n? 3428. — Thalle blanc, effus, granuloso -ramu- 
leux ; scutelles nombreuses ayant les dimensions, la forme et la couleur de la 
graine de moutarde, les unes sont bombées et sans marge, les autres planes 
avec une marge assez épaisse et entière. — Sur les écorces. 


h. Sporidies bicellulées, incolores. 


+ 31. albidula, n° 5003. — Thalle lisse, étroitement limité de noir, 
trés-mince et blanchátre ; scutelles rufescentes, bordées de blanc, marge légè- 
rement ondulée. — Sur les écorces saines. — La forme des théques fait 
exception dans le genre. 


5. Sporidies sacciformes, farcies d'une innombrable quantité de très-petites 
spores ataxiques. 


+ 32. eroeata, n° 2204. — Thalle blanchâtre, formé de petites plaques 
membraneuses médiocrement adhérentes ; scutelles de couleur safranée très- 
vive; elles sont cupuliformes, à marge concolore épaisse et entière, le disque 
étant de nuance moins vive. 

+ Var. B. tabacina, n° 1913. — Thalle membraneux, granuleux, adhérent ; 
scutelles couleur de tabac d'Espagne, plus grandes que dans lé type. 

+ 33. mana, n° 3479. — Thalle maculiforme, circonscrit ; scutelles fort 
petites, régulières, à marge entière, non crénelée ; disque brunâtre. — Sur 
la lame supérieure d'une feuille d'Amomée. — La thèque est occupée par des 
sporidies elliptiques tétraspores. 

+ 34. foliicola, n° 3480. — Thalle maculiforme, de couleur cendrée ; 
scutelles rufescentes, légèrement bombées avec ou sans marge, Thèques assez 
grandes, avec des sporidies ataxiques de médiocre grosseur, — Sur une feuille 
de Dicotylédone arborescente. 


LECIDEA Ach. 


ORDRE DES ESPÈCES. 


1. Sporidies ovoides, incolores, unicellulées. 
æ. Scutelles noires. 
++ 4. subimmersa, n° 3294. — Thalle lisse, épais, tartareux, blanc- 
jaunâtre, effus ; scutelles noires, orbiculaires, nombreuses, mais distinctes, 
immergées, prenant, en soulevant le thalle qui leur forme une fausse marge, . 
un aspect de Lecanora. — Roches siliceuses, 


316 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


"F2. areolatà, n° 3295. — Thalle fendillé en aréoles, extrêmement pe- 
tites; toutes ponctuées ; il est bleuâtre et effus ; scutelles petites, nombreuses, 
distinctes, concaves. — Sur le silex. 

+ 3. squamulosa, n? 3302, 3493, 3847. — Thalle blanchâtre, limité 
de noir, prenant, par la présence d'un nombre extrémement considérable de 
trés-petites scutelles à demi-immergées, un aspect tiqueté. — Sur les rochers. 

+ 4. punetata F. non Eschw. — n^ 3507, 5119.— Thalle grisâtre, divisé 
en aréoles portant chacune plusieurs points noirs, trés-petits; scutelles à demi 
plongées dans ce thalle qui est effus et tartareux. — Sur le gneiss. 

+ 5. ochracea, n? 5118. — Thalle épais, effus, ochracé, aréolé, devant 
peut-étre sa couleur à un état oxydé ; scutelles superficielles, bombées, tran- 
chant agréablement par leur couleur d'un noir intense avec la couleur d'un 
beau jaune du thalle. — Sur les rochers. 

+ 6. farrea, n° 7123. — 'Thalle formé de particules be farineuses, 
à surface pulvérulente très-blanche ; scutelles planes, avec un rebord marginal. 
— Sur les rochers. 

+ 7. eongregata, n° 712^. — Thalle ochracé (par oxydation?), composé 
de particules squamiformes à surface inégale; scutelles à surface inégale et 
comme bossuées, formant des groupes et alors trés-rapprochées. — Sur les 
rochers. — Sporidies à parois trés-minces ; pellucides, trés- allongées, laissant 
voir à l'intérieur 4 spores ovoïdes distantes les unes des autres. 


B. Scutelles brunâtres, passant au noir en vieillissant. 


t 8. gelatinosa, n* 1944, 1982, 3430, 5410, 6257-6258. — Thalle 
épais, de couleur cendrée, formé de courtes fibres dressées, constituant dans 
leur ensemble une sorte de feutre ; scutelles plus ou moins rapprochées, par- 
lois confluentes et lobées. — Cette espèce est curieuse : le thalle, qui varie de 
couleur et d'épaisseur, est gélatineux, il passe au cinabre par poem 
(ex. n% 1976 et 6250). 

9. parvifolia Pers, — n? 1965. — Thalle grisâtre, entièrement formé 
de très-petites expansions foliacées en manière de Parmelia main. — Elle 
ne fructifie que très-rarement ; sporidies unicellulées en ellipse allongée 
(Nylander). 

+ 10. heterocarpa, no 3489, 5120. — Thalle blanchâtre assez épais, 
effus, fendillé en aréoles rarement ponctuées ; scutelles déprimées, à demi- 
immergées, trés-rapprochées, souvent confuses et de toutes dimensions. — 
Sur les rochers.— Les sporidies sont presque rondes avec un globule au centre. 
` M. erythroplaea, n° 1945, 1976, 5044, 5551, 6256. — Thalle assez 
épais, fendillé ; couche corticale grisâtre ; hypothalle de couleur rouge assez 
intense, limité de rouge et ressemblant alors à un Æypochnus ; scutelles de 


grandeur inégale, marginées, passant du rouge cinabre au brun, — Sur les 
écorces, 


——————" 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 317 


2. Sporidies en tonnelet. 


+ 12. punetieulosa, n° 3298. — Thalle blanc, effus, assez mince, très- 
finement tiqueté de noir ; scutelles noires, épaisses, bombées. — Sur les silex. 

T 19. aterrima, n° 3490. — Thalle effus, grisâtre, épais, aréolé ; scu- 
telles immergées à la manière des Urceolaria, trés-noires, difformes, rondes, 
ovales, allongées, irrégulières. — Sur les rochers. 

+ 14. peragrata, n° 3848. — Thalle tartareux, d'un blanc un peu 
jaunâtre, finement aréolé, parcouru par des lignes noirâtres étroites ; scutelles 
noires, éparses, bombées. — Sur le gneiss. 


3. Sporidies puppiformes (4). 
+ 15. expansa, n? 3230. — Thalle très-étendu, mince, très-blanc et 


d'aspect farineux ; scutelles noires, bombées, éparses, parfois ponctiformes, 
légèrement déprimées, à surface rugueuse. — Sur les écorces. 


h. Sporidies linéaires, octonées. 
(Spores très-distinctes, isolées.) 


+ 16. immersa, n? 5073, 5468, 6262. — Thalle [maculiforme, rufescent ; 
scutelles planes, immergées, orbiculaires ; disque immarginé ou entouré 
d'une marge très-étroite formée par l'apothece même. — Sur les jeunes 
branches. — Les sporidies sont étroites, quatre fois environ plus longues 


que larges. i 
5. Sporidies aciculaires, 


(Disque des scutelles rouge ou ferrugineux très-exceptionnellement brun.) 


y 17. fasca, n° 2206.-— Thalle blanc cendré, d'aspect granuleux, formé 
de courts ramuscules; scutelles d'un brun rougeâtre passant au noir dans 
la vieillesse, marginées ou immarginées, planes ou bombées. — Sur les 
écorces. ° 

18. einereo-i Fée, Essai Crypt. écorce. off. part. 1tt, tab. 27, f. 6 — 
n°: 2202, 2270. — Thalle mince, trés-adhérent, parfois limité de noir, granu- 
leux et blanchátre ; scutelles de belle couleur carmin, assez grandes, planes, 
à peine parfois concaves, disposées en cercle (cireinatim). — Sur les écorces. 

+ 19. hsæmatites, n 2769, 5064. — Thalle membraneux sur les bords, 
blanchátre, plissé et granuleux ; scutelles ferrugineuses, très-rapprochées, 
confuses, planes, immarginées. — Sur les écorces. — Sporidies mastoïdes , 
étroites, allongées. 

1 20. sanguinea, n° 5524. — Thalle maculiforme, blanc, pouvant 
passer à la couleur ferrugineuse et reproduisant alors la teinte adoucie des 


(1) En forme de poupée : ovoïdes, légèrement arquées, trés-obtuses, un peu amincjes 
par l'une des extrémités, avec deux ou trois cloisons au centre. 


318 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


scutelles; celles-ci sont petites et scutelliformes. — Sur les écorces. — Spo- 
ridies inconnues, aciculaires par analogie de couleur des scutelles ? 

+ 21. deformis, n° 6323. — Thalle composé de petites lames blanches et 
imbriquées; scutelles de couleur rose, déprimées, régulièrement arrondies, 
assez grandes ; surface (disque) diversement impressionnée, marquée d'en- 
foncements et de boursouflures ; sporidies pluricellulaires, trés-étroites, mais 
non précisément aciculaires. — Sur des roches dont la surface se délite. 


6. Sporidies bicellulées, bistres. 
(EULECIDEA.) 


«. Disque noir. 
* Corticoles. 


+ 22. robusta, n° 1943, 3478. — Thalle d'un blanc un peu verdâtre, 
lisse, membraneux, pouvant se détacher par plaques ; scutelles lenticulaires, 
bombées, très-noires, parfois ombiliquées au centre et marginées. — Sur les 
grosses écorces. 

+ 23. seutiformis, n^ 2772, 3466. — Thalle grisâtre, granuleux, limité 
de noir, chargé de scutelles trés-noires, bombées ou planes, à disque lisse, 
marginé.— Sur les écorces. — Le nom spécifique n'indique point une particu- 
larité qui lui soit propre. 

t 24. urceolata, n° 2775. — Thalle maculiforme, blanc, très-lisse; scu- 
telles petites, urcéolées, toujours distinctes gione rapprochées; elles sont 
émergées. — Sur les écorces lisses. 

T 25. maerozona, n° 323^. — Thalle grisâtre assez épais, ramusculeux, 
entouré d'une trés-large bordure noire; prytelles brunes, bombées, assez 
petites. — Sur les grosses écorces. 

+ 26. irregularis, n° 3459. — Thalle maculiforme, blanchâtre, lisse, 
sans limites apparentes ; scutelles brunâtres, comme pliées en deux, affectant 
alors la forme d'une demi-lune ou d'une grosse virgule; elles naissent sur une 
base filamenteuse. — Envahit les jeunes branches d'arbres. 
ai 27. myriadea, n° 5051. — Thalle blanchâtre, occupant sur les écorces 
de larges espaces, très légèrement granuleux, prenant sous l’eau une couleur 
noirâtre très-marquée et alors exhalant une douce odeur de violettes ; scutelles 
petites, creusées en coupes, très-nombreuses et cependant toujours distinctes. 
— Sur les écorces lisses. 

+ 28. eyanescens, n° 6236. — Thalle bleuâtre, limité de noir et très- 
finement granuleux ; scutelles assez grandes, éparses, cupuliformes, à marge 
très-marquée, disque bleuâtre. — Sur les écorces. 


** Rupicoles. 


1 29. tigridia, n^ 3302, 3504. — Thalle efus, grisâtre, composé de 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 319 


petites particules squamiformes, mêlées à des scutelles noires, discoides, apla- 
ties, de tout âge, qui lui donnent un aspect spécial bigarré. — Sur le granit. 

+ 90. theioplaea, n? 3506. — Thalle trés-adhérent, très-lisse, de couleur 
de soufre, couvert d'une très-grande quantité de scutelles noires, planes et 
immarginées qui y sont à demi-plongées. — Sur le granit. 

T 91. eserulescens, n° 3849 a. — Thalle bleuâtre, aréolé, à aréoles for- 
tement accusées, limité de noir; scutelles orbiculaires, planes, à demi-immer- 
gées, éparses. — Sur le gneiss. 

T 92. picina, n° 3849 b. — Thalle gris cendré, effus, formé de granula- 
tions, à sommet arrondi; scutelles noires, planes, arrondies, immarginées, 
trés-nombreuses, mais toujours distinctes; sporidies trés-petites. — Sur les 
écorces. 

B. Disque brunátre, 

+ 33. fübrillosa, n° 5004. — Thalle grisâtre, entièrement formé de fi- 
brilles rameuses ; scutelles de grosseur inégale, souvent lenticulaires, rufes- - 
centes, éparses; sporidies trés-grosses, ayant l'apparence de deux sphérules 
diaphragmatées. — Sur les écorces. 

T 9^. dichroma, n° 5520. — Thalle cà et là filamenteux, blanchátre, 
effus; scutelles, suivant l’âge les unes brunes et les autres carnées, toujours 
marginées et à marge épaisse. — Sür les écorces. — Dans notre spécimen 
les sporidies tout incolores. 


7. Sporidies sacciformes. 
(Spores en trés-grand nombre et ataxiques, disque de couleur diverse.) 


t 95. tabacina, n° 5542. — Thalle de couleur cendrée, fibrilleux, . 
illimité ; sporidies planes ou légèrement creusées, marginées, éparses, couleur 
tabac d'Espagne. — Sur les écorces. 

+ 36. Iætissima, n° 3426. — Thalle blanchâtre, granuleux, avec une 
bordure noire, ondulée, assez large; scutelles d'une belle couleur vitelline, 
nombreuses, patelliformes, marginées, de grandeur très-inégale. — Sur les 
écorces lisses. 

+ 37. distans, n° 3464. — Thalle maculiforme, trés-étendu, lisse, jau- 
nâtre ; scutelles éparses, planes ou légèrement bombées, immarginées, jaunes 
on brunes, superficielles. — Sur les écorces lisses. 

+ 38. socialis, n° 6321. — Thalle lacté, lisse, effus; scutelles jaunátres, 
déprimées, rapprochées en séries longitudinales, conniventes; disque à surface 
inégale, immarginé. — Sur les jeunes écorces. 

T 39. tunuians, n° 5039, — Thalle effus, blanc-jaunátre, très-légèrement 
granuleux ; scutelles émergentes jaunâtres, ayant la forme d’une demi-lune ou 
semi-discoides. — Sur la lame supérieure du Drynaria Raddiana F. 


M. Roze présente à la Société des plasmodiums vivants d’un 


320 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Myxomycète, le Badhamia capsulifera Berk., ainsi que des sclérotes 
et des sporanges de la méme espéce, et fait à la Sociétéla commu- 
nication suivante : 


DES MYXOMYCÈTES ET DE LEUR PLACE DANS LE SYSTÈME, par M. E. ROZE. 


Je demande la permission à la Société de lui soumettre quelques réflexions 
à propos d'un mémoire récemment publié par M. Rostafinski (1) et des résul- 
tats de plusieurs expériences que j'ai faites sur le plasmodium d'un Myxo- 
mycete, le Badhamia capsulifera Berk. 

M. Rostafinski, dans ce mémoire qui est un véritable Genera méthodique 
des Myxomycètes, discute les opinions des auteurs qui ont publié dans ces 
derniers temps leurs opinions sur la place que ces êtres doivent occuper dans 
le système : il se rallie à la première opinion de M. de Bary (2), dont il est 
du resté l'un des élèves les plus distingués, pour les considérer comme devant 
` former une classe à part sous le nom de Mycétozoaires, c'est-à-dire une classe 
constituée par des étres qui se trouvent avoir, suivant lui, autant d'affinité avec 
les Champignons qu'avec les animaux. Il admet méme que leur place, d’après 
les observations publiées par M. Cienkowski(3), est prés des Monades, dans 
le règne des Protistes de M. Hæckel. 

L'affinité des Myxomycètes (je crois que ce nom doit être préféré à celui 
de Mycétozoaires) avec les Champignons est trop généralement admise pour 
qu'elle puisse donner lieu à discussion. Tout ce que l'on pourrait dire, à propos 
de la question qui est en litige, c'est qu'on oublie véritablement un peu trop 
cette affinité, qui est trés-réelle, pour ne plus voir que celle que ces êtres pa- 
raissent avoir avec les animaux, et qui me semble plus contestable. 

D'un autre côté, loin de partager les idées de M. Hæckel sur la nécessité 
d'admettre un règne intermédiaire entre le règne animal et le règne végétal 
(ce qu'il appelle règne des Protistes ou organismes neutres), je pense qu'en 
raison des affinités naturelles des êtres, il se trouvera conduit forcément à 
diviser lui-même ce nouveau règne en protozoaires et en protophytes, ce qui 
en sera évidemment la négation, puisqu'il lui sera de toute impossibilité d'établir 
une ligne de démarcation absolue entre son règne des Protistes et les deux 
autres règnes. 

Toutefois, je ne veux point dire non plus qu'il soit facile, à notre époque, 
d'indiquer avec certitude quels sont les étres qu'il convient de rattacher au 
règne animal, quels sont ceux qui doivent faire réellement partie du règne 
végétal. Mais nous avons une idée très-nette de la possibilité de cette classi- 
fication, et le temps nous fournira sans nul doute les données nécessaires 


(4) Versuch eines Systems der Mycelozoen von D" J.-T. Rostafinski. Strasbourg, 1873, 
(2) Die Mycetozoen von D" A, de Bary, 2° édition. Leipzig, 1864. 
(3) Das Plasmodium (Pringsheim' s Jahrb, 1863, p. 400). 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 321 


pour établir sur des bases certaines le groupement des êtres dont la place nous 
semble aujourd’hui problématique. 

L'une de ces bases, à mon avis, sera la connaissance parfaite que nous pour- 
rons avoir des propriétés du plasma animal et du plasma végétal (1). En effet, 
l'étude comparative de ces deux plasmas nous en révélera tôt ou tard les dif- 
férences essentielles et caractéristiques, de telle sorte que, lorsque nous serons 
embarrassés de savoir dans lequel des deux règnes doit être classé tout un 
groupe d'êtres, c'est par la constatation même des propriétés de leur plasma 
que le problème sera résolu, 

Je n’ai pas la prétention ici de traiter à fond cette question qui exige évi- 
demment des recherches toutes spéciales; je ne tiens qu'à établir cette pro- 
position, qui peut sans doute encore paraitre contestable, mais qui me semble 
au fond trés-acceptable dans l'état actuel de la science : qu'il y a deux plasmas 
distincts dans la nature, le plasma animal et le plasma végétal. Or, pour en 
revenir à notre sujet, et là est certainement le point en litige, si leur mode 
de fructification place les Myxomycétes prés des Champignons, leur plasma 
(zoospores et plasmodiums) doit-il les rapprocher des Amibiens et des Rhi- 
zopodes ? 

Voici les raisons qui m'ont paru propres à les rattacher complétement au 
regne végétal : 

4° Le plasma des Myxomycétes parcourt deux états assez différents : la 
zoospore et ses phases diverses de développement jusqu'au plasmodium ; 
le plasmodium jusqu'à la. fructification. Le premier état peut étre considéré 
comme le plasma d'une jeune cellule en voie de formation ou méme de divi- 
sion; le second état, caractéristique d'une pleine activité végétative, c'est la 
cellule avec toutes ses fonctions : absorption, imbibition, élaboration, nutri- 
tion, jusqu'à l'arrét momentané de la vitalité (sclérotium (2) ou fructification). 
Or, si ce plasma, à son premier état, présente quelques rapports avec celui des 
Amibes, des Monadiens, des Rhizopodes, il n'en présentera aucun dès qu'il 
arrivera à son second état de développement. Car, à ce moment, une des pro- 
priétés spéciales au plasma végétal, l'imbibition, le différenciera nettement du 


(4) Notre savant confrére M. Cauvet qui, dans sa thése pour le doctorat en méde- 
cine (1871), parle de la ressemblance absolue qui existe entre le protoplasma des vé- 
gétaux et'celui des animaux, regarde comme démontré que, à la limite des deux 
règnes, il n'existe pas de différence absolue entre l'animal et la plante. Il est évident que 
c’est de la trés-grande ressemblance des deux plasmas que naît la difficulté de les dis- 
tinguer ; mais la délimitation des étres qu'ils constituent s'effectuant déjà à priori d'aprés 
leur organisation propre, il n'est pas trop hardi de croire que ces deux plasmas ne nous 
paraissent identiques que parce que nous ne les connaissons pas d'une maniére appro- 
fondie. 

(2) Je dois avouer que je n'emploie ici ce terme de sclérotium qu'à défaut d'autre 
plus caractéristique de cet état de repos (Ruhezustand), ou état celluleux (Zellenzustand), 
ainsi désignés par MM. de Bary et Cienkowski. Je crois en effet que la formation cellu- 
laire ainsi nommée sclérotium dans les Myxomycètes, n'est ni dans son origine, ni dans 
sa raison d'étre, comparable aux sclérotiums des Basidiosporées ou Ascosporées. 


T. XX. (SÉANCES) 21 


322 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


plasma animal, les courants granuleux n'étant caractérisés dans ce dernier que 
par des déplacements de la masse, tandis qu'ils se montrent, dans le plasma 
végétal, soit tout à fait indépendants de ces déplacements, soit établis en 
dehors de leur action directe. 

2° Les mouvements amiboïdes, si remarquables chez les zoospores des 
Myxomycétes, se retrouvent aussi, quoique beaucoup moins accentués, chez 
d'autres zoospores. Quant à la présence de vacuoles, dites contractiles, obser- 
vées sur le plasma de ces mémes zoospores et de leurs plasmodiums, on peut 
dire qu'on n'y remarque aucune contractilité réelle, car ces vacuoles persistent 
assez longtemps, et, lorsqu'elles disparaissent, c'est une vacuole de seconde 
formation qui les remplace quand ce phénomène se produit, Le plasma des 
jeunes cellules végétales présente également ce méme phénomène, et l'on sait 
que ces vacuoles, premier indice de la vacuité des cellules végétales, consti- 
tuent justement un des caracteres différentiels de ces cellules avec les cellules 
animales. 

3? Les expansions filiformes que l'on observe sur les bords des plasmodiums, 
et que l'on a comparées aux prolongements ciliaires des Amibiens ou des 
Rhizopodes, doivent, ce me semble, plutót étre rapprochés des filaments ou 
cordons plasmiques qui s'observent dans les cellules végétales en pleine 
activité élaboratrice. 

4° Le plasma animal sécréte chez les Infusoires des enveloppes, soit inor- 
ganiques (Arcelles, Difflugies, Foraminifères, etc.), soit azotées, et alors véri- 
tablement contractiles. Le plasma des Myxomycètes sécrète des enveloppes 
hydrocarbonées (sclérotiums-sporanges-spores) Il n'y aurait d'exception, 
d’après M. Cienkowski, que pour les microcystes, ou formations transitoires 
constituant l'état de repos des zoospores. Encore doit-on tenir compte de ce 
fait que ces microcystes ne constituent pas en réalité des kystes proprement 
dits comme les sclérotiums, car leur membrane enveloppante est insoluble, 
ni comme ceux des infusoires dont les kystes sont éminemment contractiles. 

5° Enfin les formations cellulaires des sclérotiums des Myxomycètes, ce qui 
constitue leur état de repos ou plutót de protection contre les milieux ambiants 
et les écarts brusques de la température, n'ont leur équivalent chez aucun 
animal, dont le plasma peut avoir la faculté de s'enkyster, mais non de se 
subdiviser en cellules transitoires, douées d'une propriété de résorption toute 
spéciale. 

Ces considérations, jointes à celles de l'habitat végétatif des Myxomycètes (car 
si leurs zoospores, comme celles des Algues et d'un certain nombre de Cham- 
piguons, ont besoin, pour se développer et se mouvoir, d'un milieu aquatique, 
les plasmodiums n'exigent pour effectuer leur développement qu'un milieu nu- 
tritif généralement ligneux, mais simplement humide), et de leur organisation 
finale en conceptacles sporophores mycétoides, me font croire que leur place 
dans le système n'est pas plus dans le règne animal que dans un règne intere 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1875. $23 


médiaire entre le règne animal et le règne végétal. Il y aurait, en effet, plus 
de raisons valables, à mon sens, pour classer les Mousses parmi les Conferves, 
et les Fougères parmi les Hépatiques, étant donnée pour base une classification 
germinative, que pour assimiler d'aprés le méme point de vue les Myxomycétes 
aux animaux. | 

Ceci établi, et je reconnais sans peine que la discussion sur ce sujet est loin 
d'étre épuisée, je dirai quelques mots des constatations que j'ai eu le plaisir 
de faire sur les plasmodiums du Badhamia capsulifera Berk. (1) (Sphæro- 
carpus capsulifer Bull.). 

Dans quelques essais de culture que j'avais tenté de faire des plasmodiums 
de ce Badhamia, qui, en automne et au printemps, se rencontrent dans nos 
bois, assez peu communément, sur les branches mortes récemment tombées 
des Chênes, sous la forme de veinules jaunâtres, anastomosées et souvent 
mésentériformes, ayant quelquefois de 0",03 à 07,06 de longueur environ, 
j'avais remarqué que lorsque je réunissais deux ou trois de ces plasmodiums 
dans une méme soucoupe, il arrivait parfois que leurs masses plasmiques 
s'étant réunies, la masse totale se transformait bientôt tout entière en concep- 
tacles sporophores. 

Je fus conduit par cette observation à tenter de vérifier le fait expérimenta- 
lement. Une récolte assez fructueuse me permit le mois dernier de mettre ce 
projet à exécution. Ces plasmodiums, à l'état de mucus plasmique, ne pouvant 
se détacher des portions d'écorces qu'ils recouvraient, je séparai ces portions 
d'écorces en trois, quatre ou cinq fragments ; puis j'associai ensemble, par . 
deux, par trois, par quatre, ces fragments recouverts des fractions, étrangères 
les unes aux autres, des différents plasmodiums ainsi divisés. Je réunis jusqu'à 
douze de ces portions appartenant à huit plasmodiums recueillis sur diverses 
branches de Chéne. J'obtins trois fructifications successives de cette derniere 
expérience, les autres me donnerent des résultats à peu prés identiques. Je 
reconnus en somme que la fusion des plasmodiums avait été générale, mais 
qu'elle n'avait lieu que lorsque ces plasmodiums se trouvaient à un méme 
degré de développement : ainsi, que l'anastomose s'effectuait d'ordinaire entre 
les filaments phlébomorphiques de plasmodiums différents, mais qu'elle ne se 
faisait plus entre ces filaments et les réseaux mésentériformes. Enfin, il est bon 
de noter encore que des fractions de plasmodium, maintenues à l'écart, conti- 
nuaient néarimoins à se développer et fructifiaient aussi bien que lorsque ce 
plasmodium était demeuré intact. ; 

Un autre fait que je constalai également, c'est que ces plasmodiums (ou 


(4) Il paraît exister réellement si peu de différences spécifiques entre les Badhamia 
utricularis et capsulifera, espéces eréées d'aprés les anciens auteurs, qu'on est vérita- 
blement tenté de les réunir en une seule espèce ou de ne savoir à laquelle des deux 
se rapportent divers échantillons pour ainsi dire similaires. M. Rostafinski rendra un 
véritable service à la science en facilitant l'étude d'un groupe aussi intéressant que celui 
des Myxomycétes. 


324 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


leurs fractions), maintenus sous l’eau à des températures froides (de zéro 
à + 8° environ), se trouvaient pour ainsi dire arrêtés dans leur développe- 
ment ultérieur, et que dans le plus grand nombre des cas toute la masse du 
plasmodium se concentrait, puis se transformait rapidement en un sclérotium 
grumeleux, jaunátre comme lui, et composé uniquement de petites cellules 
sphériques, parfaitement indépendantes les unes des autres, et remplies du 
méme plasma granuleux que le plasmodium. 

On savait déjà que les plasmodiums naissants d'une méme espèce avaient la 
propriété de se souder pour constituer un plasmodium total. On voit que les 
plasmodiums beaucoup plus développés jouissent également de cette. méme 
propriété, et que des fractions de plasmodium continuent non-seulement à 
vivre isolées, mais qu'elles se soudent au besoin pour constituer un nouveau 
plasmodium dont le développement se poursuit jusqu'à la période finale qui est 
la fructification. 

Ges résultats obtenus, je crus pouvoir essayer de faire plus encore. Pour 
cela, je coupai avec un petit scalpel trois minimes portions de filaments 
phlébomorphiques sur trois plasmodiums différents, afin de les transporter sur 
un porte-objet et les rapprocher dans une goutte d'eau. La tentative ne put 
réussir qu'à la condition de segmenter forcément chacune des trois portions, 
par suite du peu de consistance du plasma, ce qui finalement me contraignit 
de porter dix fragments dans cette goutte d'eau, opération qui me laissait peu 
d'espoir de les voir se réunir et se fusionner. Le lendemain, je fus surpris, en 
. les examinant au microscope, de pouvoir constater que cette fusion commen- 
çait à s'effectuer : je rapprochai ensemble deux ou trois fragments trop éloi- 
gnés, et le surlendemain je m'apercus que toutes les fractions ne constituaient 
plus qu'une masse unique, allongée en un cordon d'environ 07,002 de lon- 
gueur, parcourue dans son milieu par un courant granuleux assez rapide, 
très-net à voir sous un grossissement d'environ 100. diamètres (1). Les jours 
suivants, la préparation étant maintenue sous une cloche humide, et la goutte 
d'eau primaire étant soigneusement renouvelée par d'autres gouttes d'eau pro- 
venant d'une macération d'écorce de Chêne qui pouvait en quelque sorte 
contenir quelques éléments nutritifs, ce petit plasmodium se présenta à moi 
sous les formes les plus diverses : masses amorphes traversées par des cou- 
rants variés, filaments simples plus ou moins contournés, réseaux entrecoupés 
de minces filets et de grosses vacuoles, etc. Quoi qu'il en soit, la température 
du mois de décembre à laquelle était soumise ma préparation, dans une 


(4) La réussite de cette expérience ne laisse pas que de surprendre, car elle emporte 
nécessairement avec elle la négation de l'individu, au point de vue de l'existence. On 
pourrait se demander aussi où se trouve localisée dans ce plasma sa force organisatrice, 
la partie, comme le tout, jouant le même rôle et étant douée des mêmes propriétés. 
C'est qu'on a affaire en cela à une réunion de molécules non groupées par fonction, ce 


groupement n'étant lui-même que le dernier terme de l'étre, et la caractéristique de son 
développement. 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873, 325 


chambre sans feu, ne s'élevant pas depuis zéro au delà d'environ + 5 ou 
7 degrés, je fus trés-étonné de la pouvoir conserver pour ainsi dire dans le 
méme état pendant prés de trois semaines. C'eüt été le cas de tenter quelques 
autres expériences sur d'autres plasmodiums, mais il me fut impossible d'en 
recueillir de nouveaux en raison des effets de la température hivernale qui 
ne parait pas convenir au développement de ce Badhamia, 

Néanmoins j'ai pu faire quelques observations sur le petit plasmodium qui 
vivait ainsi sur ce porte-objet. Je puis dire que je n'ai jamais distingué dans l’in- 
térieur de ce plasma d'autres corps étrangers que des spores provenant de cette 
méme espéce, et qu'il m'était facile de suivre ces spores au milieu des courants 
granuleux, entrainées qu'elles étaient d'abord avec la méme rapidité que les 
granules par la force de ces courants, puis rejetées dans la portion inerte de 
la masse plasmique, enfin abandonnées surle porte-objet par suite des mouve- 
ments mêmes du plasmodium. Il me serait impossible de voir là la moindre 
apparence d'absorption nutritive, et je serais porté à croire que la nutrition 
de ces plasmodiums s'effectue plutót par la partie hyaline, extérieure du 
plasma, que par le milieu de la masse à la facon d'une digestion animale. Enfin 
ce petit plasmodium se transforma en une agglomération de cellules scléro- 
tiques qui, soumises à une température de + 15 à 20 degrés, à la suite d'une 
dissolution commune, reconstituèrent le plasmodium primitif. 

La facilité que présente, pour l'étude en hiver, ce singulier plasmodium 
pourra sans doute étre mise à profit par d'autres observateurs. C'est aussi ce 
qui m'a excité à communiquer, peut-étre un peu hátivement, ces premiers 
résultats à la Société. 

Je terminerai par quelques réflexions sur la place qu'il me semblerait con- 
venable d'assigner dans le système à ces êtres si singuliers. 

Il ressortait de mes considérations précédentes que les Myxomycètes ne 
devaient pas sortir du règne végétal. Mais à quelle classe les rattacher? Car il 
ne faut pas oublier qu'ils naissent d'une spore sous une forme amiboïde, 
capable de se dédoubler (premier indice de propagation); qu'ils vivent jusqu'à 
leur dernière transformation (leur fructification maltiplicatrice) à l'état d'un 
plasma nu, dépourvu d'enveloppe; que leurs conceptacles fructifères ne pré- 
sentent que des parois cellulosiques d'une seule pièce et non de structure 
cellulaire; enfin qu'ils n'existent à l'état de cellules que sous la forme de spores 
ou de masses sclérotiques. Ces caractéres leur sont tellement particuliers 
qu'il est difficile de leur trouver une place toute faite dans les classifications. 

D'un autre côté, si l’on veut bien considérer comme une question à peu près 
tranchée aujourd'hui, ou en voie de l'étre, la réunion nécessaire des Lichens 
et des Champignons, il s'ensuivra nécessairement que le règne végétal pré- 
sentera par cela méme deux grands groupes distincts : d'un côté, les Myxo- 
mycétes et les Champignons ; de l'autre, les Algues, tout le reste des Crypto- 
games et les Phanérogames, Le premier groupe se différenciera de l'autre en 


326 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


ce que les êtres qui le composent ne vivent ‘pas par eux-mêmes, qu'ils s'ap- 
proprient des éléments nutritifs pour ainsi dire tout préparés. Les étres du 
second groupe, au contraire, auront par eux-mémes une vie propre, car, au 
moyen de la lumière, ils pourront se fabriquer des éléments nutritifs aux 
dépens de l'acide carbonique et de l'eau contenus dans les milieux qui les 
entourent. 

Il me semble donc que l'on pourrait caractériser comme suit ces deux 
groupes, distinguant dans le premier de ces groupes les étres à plasma nu de 
ceux dont le plasma végétatif est abrité sous une membrane cellulaire : 


Végétaux ne vivant pas par eux-mêmes | Végétaux vivant par eux-mêmes sous 


sous l'influence de la lumière (Aphoto- | l'influence de la lumière (Photobiophytes) : 
biophytes) : 


u— t dese ne 
Fonctions vitales s'effectuant : 
par un plasma nu par un plasma . Algues, etc. 

(gymnoplasmiques). cellulaire 

-— ` ( angioplasmiques ). 

Myxomycètes. — 

Mycétes 

ou Champignons pro- 


prement dits. 


Je rappellerai en terminant que Dutrochet avait déjà dit : « L'histoire phy- 
siologique des Champignons est un des points les plus obscurs de la physio- 
logie végétale : presque tout est problématique chez ces plantes, si différentes 
des végétaux verts par leurs formes, et qui n'ont point besoin comme eux de 


l'influence de la lumière pour vivre et se développer. » (Ann. nov. Mus. par. 
t. III (1834), p. 59.) 


M. Duchartre demande si M. Roze a essayé de nourrir quelques- 
uns de ces plasmodiums avec diverses solutions ammoniacales pour 
en étudier les résultats. 

M. Roze répond qu'il n'a pas encore fait d'expériences de cette 
nature, mais qu'il croit que les Myxomycétes, tirant leurs éléments 
nutritifs du contenu ou des parois mêmes des cellules des bois 
pourris où ils habitent, doivent plutôt avoir besoin, pour effectuer 
leur nutrition, de substances cellulosiques ou de principes hydro- 
carbonés, 

M. Duchartre fait remarquer qu'en tout cas les résultats de l'expé- 
rience seraient intéressants à constater. Il ajoute qu'il désirerait 
encore savoir si M. Roze comprend dans sa classification les para- 
sites phanérogames. | 

M. Roze dit qu'il ne pense pas que ces parasites puissent se 
développer complétement sans l'influence de la lumière. 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 327 
M. Chatin fait à la Société la communication suivante : 


ORGANOGÉNIE COMPARÉE DE L'ANDROCÉE DANS SES RAPPORTS AVEC LES AFFINITÉS 
NATURELLES (Classes des Ericoides, Légumineuses, Térébinthinées, Renonculinées, "m 
Papavérinées), par MI. Ad. CHIA'TIN. 


Les affinités naturelles des plantes sont l'un des points que j'ai eu pour 
objet d'éclairer, en me livrant depuis de longues années aux études organogé- 
niques dont je me propose de soumettre à la Société les résultats généraux. 

I. La classe des Éricoides se compose des Éricacées et des Épacridées, 
familles dont tous les botanistes admettent les grandes affinités. Cependant 
M. Payer indique les deux verticilles staminaux de l'Z/ca comme se produi- 
sant dans l'ordre centripète ; les étamines opposées aux sépales étant, selon 
lui, placées sur un cercle plus extérieur que celui qui passerait par les éta- ` 
mines oppositipétales. Or, le contraire ayant lieu pour l'ÆZpacris, dont les 

' étamines premières nées forment le verticille le plus intérieur, quoique aussi 
opposé aux lobes du calice, il s'ensuivrait que les Éricacées et les Épacridées 
n'appartiendraient pas au méme type floral, et seraient, à tort, réunies dans 
la méme classe. Dans cette hypothèse, les Éricacées seraient aux Épacridées 
ce que sont, d'aprés mes observations publiées depuis plus de quinze ans, les 
Limnanthées aux Géraniacées ; mais il n'en est rien : le Kalmia, le Rhodo- 
dendron, le Vaccinium, V Erica lui-méme]observé par M. Payer, ayant bien 
en réalité, comme l'£Zpacris, le verticille interne des étamines placé, non 
devant les pétales, mais devant les sépales. La différence essentielle, quant à 
l'androcée, entre Erica et l'Epacris, consiste en ce que dans celui-ci les 
étamines oppositipétales et dernières nées passent à l'état de staminodes, 
comme le verticille correspondant dans l'Zrodium. C'est d'ailleurs ce même 
verticille qu'atteint, dans l' Azalea, un avortement complet ; du reste M. Payer, 
qui attribue à l'Epacris cinq étamines senlement, savoir l'androcée de 
l Azalea, a très-bien vu et figuré dans cette plante le verticille oppositipétale, 
d'abord semblable en tout au verticille correspondant des Éricacées à deux 
rangs d'étamines fertiles, 

Étant d'ailleurs donné ce fait, très-général, que l'avortement, méme con- 
génital, du verticille d'étamines dernier né chez des plantes voisines n'implique 
aucunement un changement de type et est méme toujours à prévoir, il en 
résulte que les Épacridées et les Éricacées doivent rester rapprochées les unes 
des autres. 

II. Des botanistes distingués rapprochent les Térébinthinées des Légumi- 
neuses; d'autresles tiennent pour voisines des Rutacées; c'est méme dans 
une classe commune qu'Endlicher et M. Ad. Brongniart réunissent celles-ci. 
L'organogénie appuie à un haut degré ce dernier rapprochement, auquel elle 
ajoute un caractere important. í 


. 


328. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


C'est un fait général, d’après mes observations, que, dans toutes les Légu- 
mineuses, la formation de l'androcée est centripete, Si l'espéce est diplosté- 
mone, ce qui est le cas ordinaire, on constate que le verticille opposé aux 
sépales apparait le premier, et, fait assez rare dans les plantes dicotylédones, 
est trés-certainement plus extérieur que le verticille opposé aux pétales, Or 


‘cet ordre de position de l'androcée diplostémone, général dans les Monoco- 


tylédones, est assez exceptionnel chez les Dicotylédones pour donner aux 
groupes qui le présentent un caractère très-spécial. J'ai autrefois indiqué ce 
type floral dans les Limnanthées et montré des lors que ce petit groupe natu- 
rel, d'abord réuni aux Géraniacées par R. Brown, doit en étre définitivement 
séparé. 

Parfois assez difficile à voir dans quelques Légumineuses pour avoir échappé 
à M. Payer, la symétrie vraie de l'androcée de ces plantes peut être très-net- 
tement observée dans les Cassia, Cercis, Chorizema, Coronilla, Lathyrus 
et Pisum ; elle se maintient assez longtemps dans la préfloraison, pour s'effacer 
plus ou moins complétement ou méme s’intervertir en apparence aux ap- 
proches de l’anthèse. 

C'est encore dans l'ordre centripéte que se produisent les étamines dans 
Jes Acacia polystémones, dont l'androcée est d'ailleurs comparable, par le 
grand nombre de ses éléments et son évolution, à celui des Rosinées, classe 
voisine, 

III. Tout autre est le cas des Térébenthinées, Ici, en effet, la formation de 
l'androcéé est toujours et trés-nettement centrifuge ; qu'on suive la produc- 
tion de cet appareil dans l' Azlantus ou le Connarus, dans l Anacardium ou 
le Balsamodendron, et. l'on constatera que toujours le verticille opposé aux 
sépales, celui-là méme qui se trouve le plus extérieur dans les Légumineuses, 
est, au contraire, placé ici sur un cercle inscrit à l'intérieur de celui qui porte 
les étamines opposées aux pétales. C'est bien toujours, dans les Térébenthi- 
nées, comme chez les Légumineuses, comme dans les Géraniacées et les Lim- 
nanthées, le verticille oppositisépale qui nait le premier; mais chez les Téré- 
benthinées, comme chez les Géraniacées vraies, ce verticille est intérieur : 
donc l'évolution y est centrifuge, et non centripète comme dans les Légumi- 
neuses et les Limnanthées. 

On avait été trompé sur l'ordre de position par cette circonstance que, dans 
les deux types, ce sont les étamines opposées aux parties du calice qui ial 
raissent les premieres. 

Mais, si le type symétrique de l'androcée écarte les Térébinthacées des 
Légumineuses, il cimente l'union déja opérée par d'éminents botanistes, 
d'aprés les caractéres morphologiques, entre ces plantes et le groupe impor- 
tant des Rutacées ; d'autre part, l'évolution centripéte, commune aux Légu- 


mineuses polystémones et aux Rosacées, est une analogie de plus entre ces 
groupes naturels. 


s 


SÉANCE DU 96 pÉcEMBRE 1873. 320 


IV. Les Dilléniacées forment un groupe de plantes , dialypétales à type 
polystémone, toujours rapproché, quoique à des degrés variables, des Renon- 
culacées, des Magnoliacées et des Anonacées. Or ilest digne de remarque 
qu'entre toutes ces familles polystémones, les Dilléniacées présentent seules 
l'évolution centrifuge dans leur androcée, dont, par suite, les étamines pre- 
mières nées sont dans le voisinage du pistil, les dernières étamines produites 
occupant, au contraire, la portion du réceptacle la plus voisine de la corolle. 

Les Dilléniacées présentent en outre ce caractère, que leurs étamines, au 
lieu de se produire d'abord sur toute la circonférence du réceptacle, commen- 
cent leur évolution sur des points donnés, et ici alternipétales, pour de là 
s'irradier, en se multipliant, vers la portion inférieure du torus. 

Si ces deux caractères, naissance centrifuge en méme temps que procédant 
de points d'abord isolés et définis, distinguent nettement les Dilléniacées des 
familles polystémones, auxquelles elles tiennent d'ailleurs (aux Renonculacées 
surtout) par des caractéres importants, ils établissent, au contraire, un point 
de contact entre elles et d'autres familles de plantes dialypétales, avec lesquelles 
on trouverait d'ailleurs aisément quelques autres rapports, savoir, les Clusia- 
cées, Hvpéricinées, Ternstreemiacées, Tiliacées, etc., grande association que 
relient, outre d'importantes analogies morphologiques, l'évolution centri- 
fuge des étamines, et leur naissance procédant de points en nombre défini. 

V. Si, par leur androcée à évolution centrifuge et procédant de points 
isolés, les Dilléniacées font tache au milieu des Magnolinées et des Renon- 
culinées, il n'en est plus ainsi des Berbérinées, qui toutes, Berbéridées, Lar- 
dizabalées et Ménispermées, d'ailleurs. intimement unies par leurs sépales et 
pétales bisériés, ne le sont pas moins, entre elles d'abord, avec les Renoncu- 
lacées ensuite, par la symétrie et l’évolution de l'androcée. 

Chez les Berbérinées, en effet, les étamines, le plus souvent sur deux, 
parfois sur trois rangs, naissent toujours dans l'ordre centripète, savoir : le 
verticille opposé aux pétales externes d'abord, puis le reste successivement 
et alternativement. Or cette évolution centripète de l'androcée, absolument 
de méme ordre que dans les Limnanthées et les Légumineuses, est, ai-je 
dit, assez rare daus les Dicotylédones pour bien caractériser les groupes qui 
la présentent. 

Mais, en méme temps que l'évolution centripéte de l'androcée ajoute aux 
rapports intimes des Berbéridées, des Lardizabalées et des Ménispermées entre 
elles, elle rattache ces plantes à la classe des Renonculinées. La différence, de 
méme ordre qu'entre les Légumineuses diplostémones et les polystémones, 
est que dans celles-là les étamines sont en nombre défini, tandis que chez 
celles-ci elles sont multiples. 

VI. L'ordre centripète de formation de l'androcée des Berbérinées confirme 
toutes les analogies admises entre cette classe de plantes et celle des Papavé- 
rinées. C'est, en effet, à l’évolution centripète que se rattachent aussi ces 


330 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


dernières, qui, par Jeurs espèces à étamines en nombre défini, tiennent aux 
Berbérinées, tandis qu'elles touchent aux Renonculacées par le Papaver 
polystémone., 

Les Berbérinées et les Papavérinées se rattachent aux Crucifères par un 
point, la position alternipétale des étamines du verticille extérieur; elles s'en 
écartent par l'ordre de naissance de celles-ci, ordre qui est centrifuge. dans 
les Crucifères. 


Lecture est donnée de la communication suivante, qui avait été 
adressée à la Société par M. Balansa, avant son départ pour le Pa- 
raguay : 


CATALOGUE DES GRAMINÉES DU LAZISTAN, PRÉCÉDÉ DE QUELQUES CONSIDÉRATIONS 
SUR LA VÉGÉTATION DE CETTE CONTRÉE, pr M. B. BALANSA. 


(Toulouse, 19 novembre 1873.) 


Introduction. 


J'ai l'honneur de soumettre à la Société le Catalogue des Graminées du 
Lazistan. Je me permettrai de le faire précéder de quelques considérations 
sur la végétation de cette contrée. 

Dans le courant du printemps de 1866, je m'embarquais à Marseille pour 
aller explorer cette province de l'empire ottoman. En peu de jours, les 
vapeurs des Messageries impériales me transportaient à Trébizonde ; et, aprés 
un trés-court séjour dans cette ville, je gagnais, sur une felouque turque, 
la petite ville maritime de Rhizè, futur centre de mes excursions botaniques. 

Le Lazistan est situé sur la cóte orientale de la mer Noire, entre Trébizonde 
et Bathoun. Il est constitué par une haute chaine de montagnes éruptives, 
paralléles au littoral. Des maisons isolées, des fermes, de nombreux villages 
situés généralement prés de la mer ou à l'embouchure de quelques cours 
d'eau, abritent une population nombreuse, hospitalière, tolérante et relati- - 
vement instruite. Nulle part en Turquie on ne trouve (le Bosphore excepté) 
une côte aussi vivante et animée. Industrieux, ces peuples ont -cherché dans 
la navigation des ressources que leur refusaient leurs montagnes ingrates, et je 
ne doute pas, pour peu que le gouvernement turc tourne ses regards de ce côté, 
que le Lazistan ne devienne plus tard une pépinière d'excellents matelots. 

Si, par le génie de sa population, le Lazistan est si différent des autres 
provinces de l'empire, sa végétation ne forme pas un contraste moins grand. 
Le climat de cette contrée donnera peut-être l'explication de ce phénomène. 

Les montagnes du Lazistan forment: sans discontinuité, de Trébizonde à 
l'embouchure du Tchourouk-sou, une haute choine dont les pies principaux 
atteignent 3300 mètres d'altitude. Les vents dominants du N.-O., arrêtés, 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 331 


après avoir traversé la mer Noire, par cette puissante barrière, voient leur 
. vapeur d'eau se précipiter en pluies abondantes ; aussi la partie maritime du 
Lazistan est-elle un des pays les plus pluvieux et les plus humides qui existent; 
les vents secs et souvent glacés de l’ Arménie n’arrivent en outre qu'avec peine 
jusqu'à la côte ; grâce à ces heureuses influences, le climat de cette partie de 
la mer Noire est d’une douceur qui contraste avec celui de la partie occiden- 
tale de ce grand lac intérieur, 

Les observations barométriques et thermométriques que j'ai faites à Rhize, 
en mai, juin, juillet, septembre et octobre 1866, n'embrassent pas un temps 
assez long pour qu'on puisse en tirer des conclusions au sujet de son climat. 
Cependant elles permettent d'avancer, et en cela mes observations sont corro- 
borées par le dire des habitants, que le climat de cette partie du Lazistan 
est encore plus uniforme, plus pluvieux, plus humide, que celui de Trébi- 
zonde. L'humidité relative de l'atmosphère y est très-considérable. Il n'y a 
point de saison de pluies, et par l'uniformité de sa température cette contrée 
réunit les qualités d'un climat maritime à un plus haut degré que bien des 
régions littorales de l'Europe situées sous la méme latitude. 

La partie supérieure des montagnes, quant aux écarts quotidiens de tempé- 
rature, diffère sensiblement du littoral, Le climat semble y être plus extrême. 
Pendant un séjour de deux mois à Djimil, au centre de ces montagnes, à 
2172 mètres d'altitude, j'ai eu souvent, du 10 juillet au 23 août et d'une 
journée à l'autre, des écarts de 8 degrés, la moyenne quotidienne, dans ce laps 
de temps, étant de 15 degrós. Au milieu méme de l'été, il neige sur les cimes 
de la chaine, ainsi que j'ai pu le constater dans la nuit du 27 au 28 juillet ; 
cependant les neiges éternelles ne paraissent pas descendre au-dessous de 
3200 métres. 

La quantité d'eau qui tombe semble être en raison inverse de l'altitude de la 
station, bien que, de 500 métres jusqu'à leur sommet, ces montagnes soient 
presque constamment plongées dans les nuages. 

Jetons maintenant un coup d'œil sur la végétation de ce pays, afin de voir 
la corrélation qui peut exister entre elle et les conditions météorologiques de 
la contrée, Rhizè se trouvant sous 41°2’ de latitude, c'est-à-dire presque sous 
le méme parallèle que Constantinople, Naples, Bonifacio, Barcelone et Porto, 

Si l'on en excepte les parties cultivées du littoral et quelques rares vallées 

- cachées dans les replis dela chaîne centrale, tout le versant maritime du. La- 
zistan, jusqu'à l'altitude de 2100 mètres, n'est qu'une immense forêt. Les 
arbres à feuilles caduques sont en grande majorité, Ce n'est que dans la région 
forestière la plus élevée que l'on trouve des bois d’Abies Nordmanniana et 
orientalis. Afin de mieux faire connaitre les caractéres de cette végétation 
arborescente, voici la liste complète des arbres et des arbustes que j'ai 
rencontrés, en donnant pour chaque espèce l'altitude à laquelle elle a été 
observée : 


$32 


Berberis vulgaris L. — Littoral. 

Cistus salvifolius L. — Littoral. 

Tilia intermedia L. — Littoral. 

Acer campestre L. — Littoral. 

— Pseudoplatanus L. — Littoral. 

— letum C. A. Mey. (1). — 700 m. d'alt. 

Evonymus europæus L. — 1800 mètres. 

Staphylea pinnata L. — Littoral. 

Ilex Aquifolium L. — 300 métres. 

Paliurus aculeatus L. — Littoral. 

Rhamnus Frangula L. — Littoral. 

— spathulæfolius F. et M.— 2000 mètres. 

— pumilus L. var. — 2000 métres. 

Prunus domestica L. — 1900 mètres, . 

Cerasus Padus DC. — 2300 mètres. 

— avium L. — Littoral, 

Rubus idæus L. — 1800 mètres. 

Rosa canina L. — 2000 mètres. 

Mespilus germanica L. — Littoral. 

Cratægus Pyracantha Pers. — Littoral. 

Cotoneaster vulgaris Lindl. — 2300 m. 

Pirus communis L. — 1700 mètres. 

Sorbus aucuparia L. — 700 mètres. 

— graca Lodd. — 2000 mètres. 

— Aria Crantz. — 2200 mètres. 

Ribes Biebersleinii Berland. — 1800 m. 

— alpinum L. — 1900 mètres. 

Cornus mas L. — Littoral. 

— sanguinea L. — Littoral, 

Sambucus nigra L. — Littoral. 

Viburnum Opulus L. — Littoral. 

— Lantana L. — 1900 mètres. 

Lonicera Xylosteum L. — Littoral. 

— orientalis Lamk, — 1900 mètres. 

Arbutus Unedo L. — Littoral. 

Calluna vulgaris Salisb. — Littoral. 

Erica arborea L. — Littoral. 

Rhododendron ponticum L. — De 5 à 
. 4600 mètres. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


Rhododendron caucasicum Pall.—2500 m. 

Azalea pontica L. — De 5 à 800 mètres. 

Vaccinium Myrtillus L. — 2000 mètres. 

— Arciostaphylos L. — 300 mètres. 

— uliginosum L. — 2100 mètres. 

Diospyros Lotus L. — Littoral. 

Vitex Agnus-castus L. — Littoral. 

Phillyrea Vilmoriniana Boiss. et Bal. — 
700 métres. 

Ligustrum vulgare L. — Littoral. 

Fraxinus oxyphylla M. Bieb. — Littoral. 

Laurus nobilis L. — Littoral. 

Empetrum nigrum L. — 2300 métres. 

Hippophaé rhamnoides L. — Littoral. 

Ficus Carica L. — Littoral. 

Buxus sempervirens L. — 500 métres. 

Celtis australis L. — Littoral. 

Ulmus...... — 1700 mètres. 

Juglans regia L. — Littoral. 

Pterocarya fraæinifolia Spach. — Littoral. 

Fagus silvatica L. — 200 métres. 

Quercus Robur L. — Littoral. 

— pontica Koch. — 1300 mètres. 

Corylus Avellana L. — 1700 mètres. 

— tubulosa Willd. — Littoral. 

Carpinus duinensis Scop. — Littoral. 

— Betulus L. — Littoral. 

Salix viminalis L, — 2100 mètres, 

— pentandra L. — 1900 mètres. 

— caprea L. — 1900 mètres. 

— hastata L. — 2200 mètres. 

Betula alba L. — 2150 métres. 

Alnus glutinosa Willd. — Littoral. 

Pinus silvestris L. — 400 métres. 

Abies orientalis L. — 1200 mètres. 

— Nordmanniana Stev. — 1800 mètres. 

Juniperus excelsa M. Bieb. — 2200 m. 

— pygmæa C. Koch. — 2700 mètres. 


Nous n'avons mentionné dans cette liste que les espèces spontanées. Quel- 


ques-unes d'entre elles, propres à la région méditerranéenne (Arbutus Unedo, 
Ficus Carica, Vitex Agnus-castus, Erica arborea, Paliurus aculeatus), 
n'ont été rencontrées qu'au sud-ouest de Rhizè, dans une localité (Of) chaude 
et abritée. Le Phillyrea Vilmoriniana n'a été vu qu'en aval du village de 
Khabakhor, vers 700 m. d'altitude. 

L'Oranger, le Citronnier, ainsi que la plupart des arbres fruitiers de l'Eu-- 
rope centrale, sont cultivés dans les jardins de Rhizè. On y rencontre aussi 
parfois l'Olivier, mais ses produits, à cause sans doute de l'extréme humidité 
de la contrée, sont incertains, quoique dans ces mémes parages, à Platana, à 
l'ouest de Trébizonde, il croisse admirablement. Le Platane, souvent cultivé, 
est étranger au pays. 


(4) Les espèces dont les noms sont en italique ne croissent pas spontanément en France. 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 333 


La végétation arborescente a pour extrême limite 2172 mètres. Quelques 
arbrisseaux cependant s'élévent beaucoup plus haut. Le Cerasus Padus, le. 
Cotoneaster vulgaris, le Rhododendron caucasicum, le Juniperus pygmæa, 
dépassent cette limite. Le Juniperus pygmœæa et le Rhododendron caucasicum 
(qui, par l'abondance, l'ampleur et la blancheur de ses fleurs, est le plus bel 
ornement de ces montagnes) peuvent s'élever jusqu'à 2700 mètres. J'ai rencon- 
tré pour la première fois cette dernière espèce à 1836 mètres, là où leZhodo- 
dendron ponticum, qui ne m'avait pas quitté depuis le littoral, disparaissait. 

En jetant les yeux sur le catalogue ci-dessus, on voit que, sur soixante-quinze 
espèces d'arbres ou d'arbustes croissant spontanément dans le Lazistan, cin- 
quante-cinq se retrouvent en France. La distance existant entre ce pays et 
Rhizè faisait d'autant moins entrevoir ce résultat, qu'en France, à des latitudes 
et à des altitudes presque égales, mais sous des climats, il est vrai, différents, 
on trouve des écarts bien plus grands. Toulouse et Narbonne, par exemple, 
sont dans ce cas. 

Toutes les familles de la région inférieure du Lazistan offrent presque les 
mêmes rapprochements. En parcourant les bois des environs de Rhizè, on 
trouve, abritées sous des foréts séculaires, un grand nombre de nos vulgarités 
françaises. Pour ne citer qu'un seul exemple, notre fraise des bois y est peut- 
être plus abondante et plus savoureuse que partout ailleurs. 

En général, plus on s'éléve dans les montagnes, moins la flore a un carac- 
tére européen. Dans les environs de Rhizè, près des trois quarts des espèces 
appartiennent à l'Europe centrale. Dans les régions sous-alpine et alpine on en 
trouve à peine le quart. 

En étudiant la végétation de la zone inférieure du versant maritime du 
Lazistan, on ne peut s'empécher de constater les rapports intimes existant entre 
le climat et la végétation de cette contrée. Nulle part peut-étre cette corréla- 
tion n'est plus apparente. Quoique contigué à des pays dont la flore est tout 
orientale, la plupart des espéces que ce pays renferme lui sont communes 
avec l'Europe centrale et occidentale, et ces espéces sont, malgré les dis- 
tances, si identiques avec celles de ces contrées, queles variations qu'elles ont 
pu éprouver ne sont pas accessibles à nos moyens d'observation. 

Ne pouvant — ce travail serait trop long — donner l'énumération complète 
de la flore du Lazistan, qu'on me permette de parler au moins d'une famille 
qui y joue un rôle important. Sur cent deux Graminées (j'en donne plus bas 
le Catalogue), soixante-quinze appartiennent à la flore francaise; dans ce 
nombre cinq seulement (Imperata cylindrica, Corynephorus articulatus, 
Aira capillaris, Briza maxima, Lolium strictum) appartiennent à son 
bassin méditerranéen. Sur les vingt-sept étrangères à notre flore, quatre 
croissent dans l'Europe centrale ou boréale (Avena planiculmis, Poa flexuosa, 
Glyceria remota, Festuca drymeia); quatre sont répandues sur des points 
du globe très-éloignés les uns des autres (Oplismenus undulatifolius, 


334 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Hemarthria fasciculata, Alectoridia Quartiniana, Eleusine indica); dix 
.sont spéciales à la flore orientale (Alopecurus textilis, A. Aucheri, Cala- 
magrostis olympica, Trisetum danaénse, Bromus confertus, Br. Dantho- 
nie, Br. anatolicus, Nephelochloa persica, Secale montanum, Brachypo- 
dium longearistatum); et neuf enfin sont spéciales au Lazistan ou au Caucase 
(Alopecurus ponticus, Al. laguroides, Agrostis lazica, Catabrosa Ba- 
lansæ; C. pontica, Poa controversa, P. montana, Bromus variegatus, 
Festuca djimilensis). 

Dans mon Catalogue, j'ai décrit le caryopse d'un grand nombre d'espéces. 
Le spile (macule hilaire) a attiré surtout mon attention. Décrit pour la pre- 
miére fois par Claude Richard, son étude est d'une grande importance, soit 
pour distinguer des espèces voisines (Poa hybrida et P. sudetica), soit pour 
délimiter certains genres, Les Poa et les vrais Festuca ne peuvent être dis- 
tingués que par lui, le caractère tiré du caryopse libre ou soudé aux glu- 
melles étant fantastique, certains Poa (Poa annua, P. bulbosa, etc.) ayant 
en effet le caryopse semi-adhérent, tandis que les Festuca pilosa, varia, 
djimilensis, etc, , l'ont tout à fait libre. 


(La suite à la séance du 23 janvier 1874.) 


M. Roze présente à la Société des échantillons de Puccinia Mal- 
vacearum Mont. sur des feuilles de diverses Malvacées, qui lui ont 
été adressés par M. G. Genevier, à l'appui de ce qu'il avait dit de 
la présence de ce parasite aux environs de Nantes, dans la derniére 
séance (voyez plus haut, page 305). 

M. Roze donne ensuite lecture de la communication suivante, 
adressée à la Société : 


OBSERVATIONS SUR UN CHAMPIGNON DE L'ORDRE DES ASCOMYCÈTES , 
pr M. Gaston GENEVIER. 


(Nantes, 24 décembre 1873.) 


CAMPYLOSTYLUS DIPYRENUS G. Genev. (Ordre des Ascomycètes, 
famille des Discomycètes ?). 


Asques linéaires-claviformes, aigus à la base, obtus et presque en massue 
au sommet, renfermant ordinairement quatre spores ovales, obtuses, munies 
à chaque extrémité d’un noyau transparent, bien détaché. Rarement cinq ou 
six spores ou moins de quatre. Asques entremélés de paraphyses filiformes, 
courbes ou uncinées au sommet, les égalant ou les dépassant peu. Nombreuses 
spores libres, probablement par suite de la déhiscence ou de la rupture des 
asques. Mycélium et thalle non observés. 

Groissait sur deux petits polypes rendus le 3 novembre 1873 par un enfant 
de trois ans, atteint de méningite, 


SÉANCE DU 26 DÉCEMBRE 1873. 335 


Ces deux polypes furent rencontrés dans une urine trés-riche en urate de 
soude, qu'un docteur-médecin de Nantes nous avait chargé d'analyser. ll; 
étaient gros comme des graines de Vicia sativa, trés-déformés, et ne présen- 
taient aucune odeur fétide. Plusieurs préparations en furent faites avec soine.. 


examinées au microscope Nachet, lentille n° 3, oculaire n° 2, donnant un 
grossissement de 350 diamètres. On y rencontrait abondamment des asques (A) 
(voyez la figure ci-jointe), la plupart tétraspores, des paraphyses (B) en ha- 
mecon au sommet, et des spores libres (C). 

Ce Champignon, à végétation relativement élevée, nous parut intéres- 
sant, et dans’ aucun des ouvrages que nous pouvions consulter, nous ne ren- 
contrámes de description s'y adaptant, ce qui nous décida à lui donner, au 
moins provisoirement, le nom de Campylostylus dipyrenus, rappelant comme 
nom générique les paraphyses en hamecon, et comme nom spécifique les 
spores à deux noyaux. Nous sommes, du reste, tout disposé à abandonner ce 
nom s'il nous est démontré que cette plante a déjà été rencontrée ou nommée 
par d'autres botanistes. Malheureusement nous n'avons pu découvrir le mycé- 
lium, malgré une recherche attentive de plusieurs heures. 

En disséquant un des polypes, une goutte de liquide dont il était imprégné 
sauta sur une imperceptible coupure que nous avions au médius droit, et en 
peu de jours il s'y développa une plaie gangréneuse trés-grave, qui nous forca 
de garder le lit pendant dix-huit jours et se termina par la déformation du 
doigt blessé, qui actuellement encore (au bout de cinquante-quatre jours) est 
loin d'étre guéri. Ces accidents sont-ils dus au Champignon ou aux Bactéries 
‘du polype ? Cette dernière hypothèse est probable. 

L'observation de ce Champignon nous ayant paru intéressante, nous avons 
pris la liberté de la communiquer à la Société botanique de France. 


Le secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, 
Wa: DE SCHOENÉFELD 


Bullet. dela Soc.Bot.de France. — 


Tome XX PL1. 


BESCHERELLIA ELEGANTISSIMA , Duby. 


Zome XX. A. 2. 


Bull de La Soc Bot. de France. 


lth. 


Ch. Cusen 


Zmp. y que Paris. 


WH FA, del. 


CGnchona lancitolia, var: oblonga, (Howard). 


Bull. de la Soc bot. de Fr. 


1 
Echelle 320.000 


Rayon 10 Kilom. 
Altitude moy. 54o™ 
Temp.moy. 8? 

t + s». Houte survie par 
cé $ Pp la Sociéte Botanique 
m de France 


~a N 
Hodbomont 


Explication des couleurs 
Terrain silurien Terrain tourbeux T. devonien inf” T.houiller inf! T. devonien sup? Phyllades Etage pénéen Lambeau crétacé. — T.houiller 
CO CS MEER CE GREGG E mw SSSR 


Tom APIS 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 


(JANVIER-MARS 1873.) 


N. B. — On peut se procurer les ouvrages analysés dans cette Revue chez M, F, Savy, libraire dela 
Société botanique de France, rue Hautefeuille, 94, à Paris. 


Kigen(liehe Umbildung des Pollens, Ein Beitrag zur Kenn- 
tniss des Zellenlebens (Développement spécial du pollen ; addition à nos 
connaissances sur la vie végétale); par M. Tomaschek (Bulletin de la 
Société impériale des naturalistes de Moscou, 1871, pp. 1-8, avec une 
planche). 


Dans ce mémoire, l'auteur rapporte les observations qu'il a faites en culti- 
vant les grains de pollen sur dela mousse humide, d'une manière qui rappelle 
les expériences de M. Van Tieghem. Mais ce ne sont pas les phénoménes de 
la fécondation que M. Tomaschek a pris à cœur d'approfondir. Il s'est attaché 
à décrire les végétations fongiques qui ont pris naissance sur les grains ainsi 
cultivés. Il a étudié aussi les ramifications des tubes polliniques. Dans cer- 
tains des cas figurés dans la planche de son mémoire, il nous parait difficile de 
distinguer les ramifications des tubes eux-mémes de celles de certains Cham- 
pignons qui se développent à la surface du grain pollinique. 


Ueber die Enfstchung der Flechie Coffemea glaucescens 
Hoffm. durch Aussaat der Sporen derselben auf Nostoc lichenoides (Nais- 
sance d’un Lichen, le Collema glaucescens Hoffm., par le semis de ses 
spores sur le Nostoc lichenoides) ; par M. Max Reess (Monatsberichte der 
K. preussischen Akademie der Wissenschaften zu Berlin, sept.-oct. 
1871, pp. 523-533, avec une planche). 


M. de Bary, dans son Morphologie und Physiologie der Pilze, p. 291, 
entrant dans les idées introduites dans la science par M. Schwendener (1), et 
insistant sur l'analogie que les Z'phebe et autres Lichens gélatineux présentent 
par leurs gonidies avec les Nostocacées et les Chroococcacées, et par leurs 


(1) Sur les idées que professe M. de Bary à cet égard, on consultera avec intérêt une 
note publiée par lui dans le Botanische Zeitung, 1870, col. 58-60. Dans cette note, 
M. de Bary regarde comme une présomption à déduire des faits établis par M. Schwen- 
dener que les Lichens peuvent étre le produit de la réunion d'Ascomycétes parasites avec 
tertaines Algues, que cela est méme très-vraisemblable; mais il nie que l'on ait démon- 
cré que cela soit réellement. 


T. M (REVUE) 4 


2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


filaments intérieurs avec les Champignons ascomycètes, déclare que de deux 
choses l'une : ou les Lichens en question sont l'état parfait de végétaux dont 
les Nostocacées et les Chroococcacées représentent l'état imparfait laissé jus- 
qu'ici parmi les Algues ; ou bien les Nostocs et les autres Algues sont en effet 
des Algues typiques, qui prennent la forme de Co//ema et d’ Ephebe, parce que 
des Champignons ascomycètes parasites pénètrent dans l'intérieur de leurs co- 
lonies et appliquent leur mycélium contre les cellules gonidiales. C'est à cette 
deuxième opinion que s'attache M. Reess, la regardant comme indubitable 
dans l'état actuel de la science. Son mémoire est consacré à la démonstration 
de la théorie de M. Schwendener pour un cas particulier. Les spores du 
Collema glaucescens, semées sur le Nostoc lichenoides, ou germant dans la 
nature sur une de ses plaques, développent un mycélium qui pénètre assez 
promptement dans l'intérieur de l'enveloppe gélatineuse du Nostoc, s'y ramifie, 
puis constitue un thalle semblable à celui du Co//ema; les filaments extérieurs 
de ce mycélium sont identiques aux poils radiculaires du Lichen. D'un autre 
côté ces poils radiculaires, s'ils arrivent au contact d'une autre colonie de 
Nostoc, s'y insinuent et y développent bientôt un autre Collema. ` 

On objectera sans doute qu'il n'y a point là de Champignon connu d'une 
manière indépendante. Mais M. Max Reess considère le Collema glaucescens 
comme un Champiguon parasite qui forme par son introduction dans les colo- 
nies d'un JVostoc un Lichen gélatineux. 

Le mémoire de M. Reess a fourni le sujet de remarquables critiques à 
M. W. Archer dans le Grevillea, numéro d'aoüt 1872, ainsi qu'à M. J. Mül- 
ler arg. dans le Flora, 1872, p. 91. Nous croyons devoir reproduire in ex- 
tenso celles de M. Müller, qui conclut ainsi : 

4° Que le Collema est un être dimorphe, ayant un état complet dans lequel 
il est muni de filaments (Æyphen) et fructifié, et un autre état secondaire, 
connu déjà sous le nom de Nostoc, sous lequel il ne porte ni filaments ni 
apothécies, 

2» Que l'état secondaire (ou état de Nostoc) du Collema peut, par suite de la 
pénétration de la partie mycélienne appartenant à l'état complet et produite 
par la spore, ou seulement des poils radicaux dans le Nostoc, c'est-à-dire par 
une sorte de jonction des filaments et des gonidies, parvenir à l'état complet 
du méme végétal. 

3° Que le Collema se multiplie généralement par des sorédies en individus 
complets portant des filaments et des apothécies. 

he Que la multiplication des individus complets est aussi possible par la 
germination des spores, mais d'une manière trés-détournée, puisqu'elles de- 
vraient rencontrer la forme secondaire produite par les gonidies pour la péné- 
trer par les filaments mycéliaux avant de constituer l'état parfait, capable de 
porter des apothécies. 

5° Que la simple germination des spores, sans coopération de l'état secon» 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. à 


daire (Nostoc), reste sans former de thalle, et que, d'un autre côté, la simple 
germination des gonidies, privée du concours de celle des spores, ue fournit 
pas d'apothécies, bien qu'elle reproduise le Nostoc (1). 

M. Kærber a fait connaitre aussi son appréciation des résultats obtenus par 
M. Reess à la section botanique de la Société silésienne pour la culture natio- 
nale. D'après le résumé qui s'en trouve dans le Botanische Zeitung, 1872, 
col. 215-216, M. Kærber maintient que les Lichens sont des plantes parfai- 
tement autonomes. 

De son côté, M. Cohn, ainsi qu'il appert du méme résumé, regarde l'opi- 
nion de M. Schwendener comme insoutenable à l'égard des Lichens hétéro- 
mères; il fait remarquer qu'on ne connaît aucune Algue d’où puissent pro- 
venir les Usnea, les Cladonia, etc. Pour les Collémacés, au contraire, il ne 
nie point la possibilité de faits de parasitisme, et il en cite d'autres, observés 
par lui, notamment sur des Pa/mella et des Glæocapsa traversés par des 
filaments de mycélium. 


Au congrès des naturalistes russes, qui s'est tenu à Kiew, du 20 août au 
1*' septembre 1871, la question de la nature des Lichens a été agitée plu- 
sieurs fois. x 

M. Petrowsky, de Jaroslaw, a mis en doute les résultats obtenus il y a quelques 
années par MM. Famintzin et Baranetzky (2), eta pensé que les zoospores obte- 
nues par ceux-ci dans leurs expériences sur les gonidies extraites du thalle 
des Lichens étaient simplement duesà des Algues unicellulaires qui s'étaient 
introduites accidentellement dans le champ des observations. M. Famintzin a 
répondu qu'il avait vu directement des zoospores naître dans des gonidies 
encore entrelacées par la partie rameuse (Aypha) du thalle des Lichens. 

M. Woronin a ajouté à cette discussion l'exposition de ses propres recher- 
ches, qui confirment celles de MM. Famintzin et Baranetzky, et s'est montré 
enclin à partager l'opinion de M. Schwendener. Cet observateur est parvenu 
à obtenir, des zoospores sorties des gonidies du Parmelia pulverulenta, 
des organes munis d'un nucléus et susceptibles de partition, complétement 
identiques avec les gonidies de ce méme Lichen (3). 


(4) Le professeur Unger avait déjà fait remarquer, en 1832, que les cellules qui ter- 
minent les filaments des Nostoc peuvent se détacher de la superficie de l'Algue, pour 
devenir, comme des gonidies, le centre d'un nouvel individu. M. N. Peuicino a vu un 
exemple nouveau de ce fait sur le Nostoc globulare dans les monts Lattari (Osservazioni 
sopra un Nostoc, in Bolletini del? Associazione dei Naturalisti e dei medici per la 
mutua instruzione, déc, 1870, pp. 137-143). Dans ce Nostoc, M. Pedicino a trouvé 
simultanément des fils nus et des fils invaginés, et d'autres à moitié nus et à moitié in- 
vaginés, ce qui le porte à révoquer en doute la valeur du genre Hormósiphon, fondé 
principalement sur l'existence d'une gaine autour de ses filaments, 

(2) Voyez le Bulletin, t. xv, Revue, p. 106. 

(3) Le travail de M. Woronin est publié dans les Ann, sc, nat., 5° série, t. xvi, 
pp. 317-325. 


A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


On a minute Wosfoc with spores (Sur wn petit Nostoc munt 
de spores) ; par M. W. Archer (Grevillea, juillet 1872, n° 1). 


Le N. paludosum Kütz. ? objet de cette notice, présente de vraies spores 
analogues à celles que l'on remarque dans le Sphærozyga, mais avec cette 
différence que ces spores sont toujours placées entre deux hétérocystes, dont 
elles dépassent de deux fois au moins le diamètre. Nous n'avons pas besoir 
d'insister sur l'importance acquise par cette observation en présence des obser- 
vations faites sur les Collémacés. 


Ueber gonidienartige Bildungen im ciner dicotylischen 
Pflanze (Formations gonidiales chez une plante dicotylédone) ; par 
M. J. Reinke (Góttinger gelehrte Anzeigen, 1871, n° 25). 


Ce mémoire à été communiqué par son auteur à la Société dés sciences 
naturelles de Geettingue, daus'sa séance du 2 décembre 1871. M. Reinke y 
étudie des Algues parasites de la classe des, Nostocacées qu'il a observées 
dans la tige du Gunnera scabra et de quatre autres espèces de ce genre. Ces 
Algues, dont la détermination spécifique est restée douteuse (Scytonema ? 
Anabaina ?), forment des pelotons filamenteux, qui vivent d'abord libres dans 
le suc visqueux que sécrétent les glandes placées sur la face dorsale des 
jeunes feuilles du bourgeon des Gunnera. Plus tard ces glandes elles-mêmes 
se résolvent en mucilage, ainsi que des cellules de la tige placées au-dessous 
d'elles; alors les filaments des Nostocacées pénètrent par les trous ainsi 
formés dans l'épaisseur du parenchyme. Dans ce cas, ce sont les Algues qui 
envahissent le tissu au lieu d'étre envahies comme dans la constitution du 
thalle des Lichens (1). 


Zum  parasitisehen Lebensweise des Nostoc liche- 
noides (Sur le mode de végétation parasite du N. lichenoides) ; par 
M. Ed. de Janczewski (Botanische Zeitung, n° 5, 2 février 18725 Ann. 
sc. nat., 5° série, t. XVI, pp. 306-316, avec une planche). 


Il s'agit dans ce travail d'un autre fait de parasitisme, Le Nostoc lichenoides 
a été observé par l'auteur croissant à l'intérieur du tissu de quelques Hépa- 
tiques de genres assez divers. Jadis Hedwig et. Schmidel avaient pris ces for- 
nations pour les organes mâles des Hépatiques. M. Milde fut le premier qui 
les reconnut pour des agglomérations analogües à des colonies de Nostoc. 
M. de Janczewski les a étudiées dans leur mode de formation. D'après lui, un 
filament de Nostoc s'introduit par un des stomates situés à la partie infé- 
rieure du thalle des Hépatiques, et ensuite se faufile dans les méats intercel - 


. (4) M. Reinke est depuis revenu sur ces faiis dans un second mémoire intitulé: Ueber 
die anatomischen Verhälinisse einiger Arten von Gunnera (Sur les caractères anatomi- 
ques de quelques espèces de Gunnera), publié dans le méme recueil en 1872. 


n oi 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 5 


lulaires, où il arrive à se nourrir aux dépens du parenchyme voisin, car l'ori- 
fice d'entrée du parasite se ferme par la turgescence des cellules marginales 
du stomate, et la colonie formée à l'intérieur du tissu n'en peut plus sortir que 
par la destruction du thalle. 


Weber parasitisehe Algen; par M. Ferdinand Cohn (Beiträge zur 
Biologie der Pflanzen, publiés par M. F. Cohn, 2* partie, Breslau, 1872, 
pp. 87-108, avec une planche). 

Après quelques généralités sur la constitution des parasites et une exposition 
historique, M. Cohn entre dans le récit de ses propres recherches, En 1865, 
sur les bords de l'ile d'Héligoland, il a observé des parasites verts dans l'iuté- 
rieur du tissu d'une Floridée, le Polyides lumbricalis, parasites observés par 
Mettenius (Beitráge zur Botanik, Heft 1, p. 39) et par M. Thuret, qui les a 
rapportés au Cladophora lanosa. 

L'auteur pense avec raison que les théories nouvelles professées sur Ja 
nature des Lichens donnent une importance plus grande aux recherches sur 
le parasitisme des Algues. En étudiant de prés cette question, il regarde 
comme établi aujourd'hui que les gonidies ne font pas partie intégrante du 
thalle des Lichens, mais sont considérées comme des Algues indépendantes 
et susceptibles de germination ; que ce thalle est constitué par un Champi- 
gnon vivant en communauté (Lebengemeinschaft), avec des Algues auxquelles 
il emprunte les combinaisons organisées nécessaires à son existence; que par 
conséquent c'est plutót le Champignon qui y vit en parasite sur les Algues. 

Daus les faits décrits par M. Cohn, se trouve d'abord le parasitisme d'une 
Algue entophyte observée par lui dans le parenchyme du Zemna  trisulca, 
dont il décrit à cette occasion la structure. Cette Algue constitue pour lui un 
nouveau genre, le CAhlorochytrium Lemnæ, dont M. Cohn discute longue- 
ment l'affinité avec les Synchytrium et autres parasites (1). Il a aussi observé, 
sur l’épiderme du Lemna trisulca, d'autres parasites, appartenant aux genres 
Anabaina, Leptothriz et Mastigothriz, qui pénètrent dans les cellules du 
Chlorochytrium, et offrent l'exemple de ce qu'on pourrait nommer un para- 
sitisme du deuxième degré. Ici ce n'est plus du parasitisme d'un Champiguon 
sur une Algue qu'il est question, mais bien du parasitisme d'une Algue sur 
une autre Algue. Parmi ces entophytes secondaires se trouve encore le Rha- 


phidium fasciculare. 
Animadversio dc theoria gonidiorum algologiea. Scrip- 
sit W. Nylander (Flora, 1870, pp. 52-53). 
Aprés avoir fait ressortir l'étrangeté du róle que joueraient les Algues para- 
sites enfermées dans le thalle des Lichens, si la théorie du professeur de 


` 


(1) On se rappelle que des parasites ont déjà été signalés dans les Lemnacées (voy. 
le Bulletin, t. XVI, p. 7). 


6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Bàle était exacte, M. Nylander demande pourquoi les gonidies et les goni- 
mies des Lichens ne pourraient pas étre analogues ou méme semblables à des 
gonidies d'Algues, comme la chlorophylle ressemble à de la chlorophylle chez 
les Phanérogames les plus divers. Il ajoute que l'on voit des thalles de Lichens 
simuler des thalles d'Algues (les Cænogonium analogues à des Conferves, les 
Verrucaria halophiles analogues à des Melobesia), et que cependant ces 
Lichens demeurent des Lichens et ces Algues des Algues : « Nullis commen- 
» tariis etiam amplissimis, quibus tirones facile excellunt, hæcce res impe- 
» diuntur », dit l'auteur. 

M. Nylander pense que la théorie qui considère les gonidies comme des 
Algues ne repose sur aucun fondement solide. Loin de là, on pourrait, dit-il, 
regarder les Algues qui ont le facies de gonidies non comme des Algues infé- 
rieures, mais au moins en partie comme des gonidies de Lichens errantes et 
végétant d'une maniere anomale par suite d'un avortement du thalle ; ce se- 
raient des états imparfaits et stériles de Lichens véritables (1). 


Die Flechien als Parasiten der Algem (Les Lichens sont-ils 


parasites des Algues?) ; par M. A. de Krempelhuber (Flora, 1871, 
n° 4, 2 et 3). 


Ce mémoire est extrait du troisième volume de l'Histoire de la lichéno- 
logie de M. de Krempelhuber, dont nous avons successivement annoncé à nos 
lecteurs les deux premiers volumes aprés leur apparition. M. de Krempelhuber 
ne s'y montre point partisan des théories nouvelles. Après avoir retracé lhis- 
torique de la question, exposée pour la premiére fois en 1867, dans un 
mémoire de M. Schwendener, M. de Krempelhuber fait remarquer qu'il 
importerait de suivre d'une manière complète et comparative la germination 
des spores des Lichens, des gonidies de ceux-ci et des Algues unicellulaires, 
ainsi que le développement des colonies de gonidies que M. Schwendener 
regarde comme des Algues. Il ajoute que quand méme (ce qui lui parait très- 
invraisemblable) ces recherches démontreraient l'exactitude de la théorie de 
M. Schwendener, il resterait encore à examiner si l'on est fondé à réunir dans 
une méme classe les Lichens et les Champignons, ce qui serait contraire à la 
méthode naturelle (2). Il discute ensuite les raisons données en résumé par 
M. Schwendener à l'appui de sa théorie, et déclare que pour un juge impar- 
tial connaissant bien les Lichens, il ne résulte pas de ces raisons la conviction 
que les gonidies ne puissent pas, aprés leur séparation du tissu des Lichens, 
végéter d'une manière indépendante, et être prises ainsi d'une manière 


(4) C'est l'opinion que M. Bornet avait partagée autrefois dans ses Recherches sur la 
structure de l'Ephebe pubescens Fr. (Ann. sc. nat. 3, XYII, 156), 
(2) I est à remarquer que cette réunion a été opérée par Payer dans sa Botanique 


eryptogamique, longtemps avant que M. Schwendener eût fait connaître la théorie ac- 
tuellement si discutée, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 7 


erronée pour des Algues unicellulaires. M. Tulasne, comme MM. Sperr- 
schneider et Gibelli, a vu les glomérules de gonidies apparaitre sur la première 
origine du thalle produit par la germination de la spore du Lichen, et, pour 
détruire l'importance de ces faits, il ne suffit pas de supposer, comme l'a fait 
M. Schwendener, que les cellules vertes observées dans les expériences de 
M. Tulasne ont pu venir de l'extérieur. L'analogie admise entre les Lichens 
et les Pyrénomycètes ne peut avoir de valeur, pour les premiers, qu'à l'égard 
d'un petit nombre d'espèces placées au bas de la série et situées sur la limite 
un peu indécise desdeux classes. En outre les recherches de M. Schwendener, 
fondées seulement sur deux cas, sont trop incomplètes pour qu'on puisse en 
conclure que les filaments observés par lui comme pénétrant dans les colonies 
de Nostoc et de Glæocapsa appartiennent à des Champignons et non à des 
Lichens, dont ils constitueraient seulement une prolification (1). M. de Krem- 
pelhuber ajoute encore d'autres observations. Il énumère en terminant un 
certain nombre de caractères propres aux Lichens, qui empêche qu'on ne les 
réunisse avec les Champignons dans une méme classe. 


Lichenographia scandinavica, sive Dispositio Lichenum in Da- 
nia, Suecia, Norvegia, Fennia, Lapponia rossica hactenus collectorum ; 
scripsit Th.-M. Fries. Pars prima, in-4° de 324 pages. Upsaliæ, 1871, 
chez Berling. 


Cet ouvrage, ainsi que nous l'apprend l'auteur dans sa préface, est le fruit 
de vingt années d'études. Les limites de sa flore sont à peu prés les mémes 
que celles qui ont été admises dans le Summa vegetabilium Scandinaviæ de 
M. Elias Fries. Seulement les iles Fáróe n’y sont pas comprises, tandis que 
l'auteur y a admis plusieurs parties de la Russie attenantes à la Finlande, ce 
qui lui a fourni un territoire plus arrondi. 

M. Th. Fries commence par exposer quelle régle il a suivie dans la concep- 
tion de l’espèce. Pour les genres, il cherche une voie moyenne entre les pro- 
cédés de M. Nylander et ceux de M. Massalongo, et s'écarte plus d'une fois 
de celle qu'il a suivie lui-même dans ses précédents travaux. Pour la désigna- 
tion de l'auteur, il cite, comme le font aujourd'hui un certain nombre de 
botanistes, celui qui a le premier connu l'espéce, Linné dans le cas que nous 
choisissons pour exemple, de la manière suivante : Lecanora calcarea (L.) 
Somerf. M. Fries emploie soigneusement, pour distinguer les espèces, les 
caracteres de réaction chimique, mais sans leur attribuer une valeur trés- 
considérable, disant, après MM. Tuckermann et Lindsay, que ces caractères ne 
sont pas toujours d'une constance parfaite. Les caractères de la famille et des 
genres sont donnés avec une grande précision. 

M. Fries n'a pas manqué d'aborder les questions soulevées par M. Schwen- 


(4) Ces observations s'appliquent évidemment aussi au mémoire de M. Reess dont 
nous rendons compte à la page 1. 


8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


dener, L'auteur suédois fait remarquer que si la théorie du professeur de 
Bâle était vraie, le parasite (Champignon) naîtrait avant l’Algue dont il doit se 
nourrir, et que la plante nourricière prendrait naissance dans le tissu. méme 
de son parasite, puisque les vésicules (Æyphen) préexistent aux gonidies dans le 
tissu des Lichens. Ensuite il demande, ce qui est le point capital de la question, 
de quelle manière naissent les gonidies renfermées dans le thalle des Lichens. 
M. Schwendener soutient qu'aucun observateur ne l'a encore vu. M. Fries 
affirme, d'aprés ses propres recherches, que les extrémités des ramifications 
courtes du thalle se dilatent à leur sommet, deviennent peu à peu globuleuses, 
se remplissent alors de chlorophylle, et constituent en définitive une gonidie, 
qui se sépare suivant différents modes du filament qui l'a produite (1). 

Dans la classification générale des Lichens, M. Th. Fries nous donne un 
système tout nouveau. Il établit six classes, Archélichenes, Sclerolichenes, 
Phycolichenes, Glæolichenes, Nematolichenes et Byssolichenes ; ces classes 
sont fondées sur le contenu, le mode de séparation et la disposition des goni- 
dies (2). La première partie de l'ouvrage renferme le commencement des 
Archilichenes, qui se divisent en Discocarpés, Coniocarpés et Pyrénocar- 
pés, avec les familles des Usnéacés, Cladoniacés, Parméliacés, Umbilica- 
riés et Lécanorés. Les descriptions sont tracées avec tout le soin qu'on doit 
attendre de M. Fries, et, ce qui est d'une grande importance pour les liché- 
nographes, sont accompagnées de commentaires sur tous les échantillons 
européeus originaux contenus dans l'herbier d'Acharius (3). 


Erórternngen zur Gomidienfrage (Zclaircissements sur [a 


question des gonidies) ; par M. P. Schwendener (Flora, 1872, n% 11, 12, 
15 et 15, avec une planche). 


M. Schwendener s'est proposé de répondre, dans ces quatre articles, aux 
auteurs qui, dans ces derniers temps, s'étaient occupés de sa théorie sur la 
constitution des Lichens. Il reconnait d'abord que les travaux de M. Reess, 
dans ce qu'ils ont d'essentiel, confirment sa maniere de voir sur Ja nature des 
gonidies. Cependant il se plaint que ses recherches aient été présentées par cet 
auteur sous un jour défavorable et discute contre lui un certain nombre de 
points de détail. Dans ses deux articles suivants, il répond aux observations 
critiques de M. de Krempelhuber ; et en terminant il se flatte d'avoir établi 
sue la nature d'Algue des gonidies est solidement établie dans une série de 


(4) M. J. Müller Arg. a fait antérieurement des observations analogues dés 1862, 
dans son ouvrage intitulé Principes de classification des Lichens et Énumération des Li- 
chens des environs de Genève. Il a figuré les différentes phases de la production des 
gonidies à l'extrémité des filaments du thalle. 


(2) Voyez sur cette classification les observations présentées par M. J. Müller Arg. 
dans le Flora, 1872, p. 105. 

(3) Nous devons signaler, en méme temps que l'ouvrage de M, Fries, le Genera 
Lichenum de M. Edward Tuckerman (in-8 de xv et 181 p., Amherst, 1872). Ce petit 
volume est particuliérement consacré aux Lichens de J'Amérique du Nord, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 9 


cas, très-vraisemblable dans d’autres, et ne manque de vraisemblance dans 
aucun. Dans le dernier de ces articles, il exprime la satisfaction qu'il a éprou- 
vée de voir un lichénographe aussi autorisé que M. Th. Fries prendre (dans 
l'ouvrage que nous venons d'analyser) les caractères des gonidies pour 
fondement de la division des Lichens en grandes divisions, puis il apprécie 
chacune des divisions proposées par l'auteur suédois, d'aprés la partie parue 
jusqu'à présent de son travail. 


Recherches sur les gonidies des Lichens ; par M. Éd, Bor- 
net (Ann. sc. nat., 5° série, t. XVII, pp. 45-110, avec 11 planches). 


Dans cet important mémoire, M. Bornet vient apporter l'autorité d'un 
algologue à la théorie de M. Schwendener, à laquelle ses observations le 
forcent de se ranger. Il a vu avec raison que le nœud de la question en litige 
était dans le rapport de l'hypha des Lichens avec les gonidies, rapport d'ail- 
leurs trés-difficile à constater au microscope, et dont l'étude exige à la fois des 
grossissements trés-puissants et un excellent éclairage. Il s'est convaincu que 
ce rapport est celui d'un parasite avec les corps aux dépens desquels il se 
nourrit. Si l'on prend pour exemple les Lichens dont l'Algue est constituée 
parle Trentepohlia umbrina (1), par exemple l Opegrapha varia Pers., qui 
végèle comme cette Algue sur l'écorce des arbres, et souvent à côté d'elle, on 
observe facilement sur les confins des deux végétations différentes des points 
où elles se mêlent et qui sont très-favorables à l'observation. On voit alors 
l'hypha du Lichen entrer en relation d'une manière très-nette avec les fila- 
ments de l'Algue. Il se fixe à cette Algue sur un point quelconque, indiffé- 
remment sur la partie la plus jeune ou la plus àgée, et se met en contact 
avec les cellules individuelles de la facon la plus irrégulière. Souvent l'hypha 
ne touche qu'une portion du filament, ou méme une cellule unique. Plus fré- 
quemment encore il s'applique sur ce filament en suivant toutes les sinuosités 
de son contour, De distance en distance sortent des ramules latéraux qui 
entourent comme d'une sorte de bras une portion plus ou moins grande de la 
cellule qu'ils touchent. La végétation de l'hypha, comme stimulée par ce 
contact, prend une activité nouvelle. Partout où l'hypha touche le Trente- 
pohlia, il se gonfle, se bosselle, ses cellules deviennent plus courtes et pro- 
duisent de nombreux ramules. Ceux-ci se couchent fréquemment dans le 
sillon qui sépare les articles du Trentepohlia. Il en résulte une sorte d'étran- 
glement qui amène la dissociation des filaments du Trentepohlia en filaments 
plus ou moins courts. Dans cet état, l'Algue est transformée en gonidies com - 
plétement pareilles à celles du thalle adulte et fructifié de l Opegrapha. 


(1) Le genre Trentepohlia, comme l'établit M. Bornet, est le même que le Chroole- 
pus Ag., sur lequel M. Goby, de Saint-Pétersbourg, a communiqué un mémoire au con- 
grès de Kiel, le 24 août 4871. M. Goby a observé le verdissement du Chroolepus 
umbrinus sous l'influence d'une atmosphère humide, Il a décrit une espèce nouvelle du 
genre, le Chroolepus circinatus. 


10 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Dans d'autres cas, si l'Algue choisie par le Lichen est unicellulaire, comme 
un Protococcus, celui-ci n'éprouve presque aucun changement en passant à 
l'état de gonidie. Dans la partie qui la touche, le filament de l'hypha présente 
une sorte de dilatation ou d'épatement et parait souvent gonflé de protoplasma. 
De divers points de cette méme partie sortent de petits ramules qui contour- 
nent la cellule verte et s'étalent à sa surface. 

L'étude de ces deux cas ne renferme que des Algues à chlorophylle, dont 
l'étude est plus facile. Chez les genres qui renferment de la phycochrome 
(Scytonema, Stigonema, Nostoc, Glæocapsa), les frondes sont envahies par 
l'hypha de deux manières différentes. Ou bien l'hypha les enveloppe comme 
dans les plantes précédentes ; ou bien il pénétre dans la fronde et se développe 
à l'intérieur de la gaine ou de la gelée qui protége les cellules de l'Algue. Les 
recherches de M. Bornet ont porté sur soixante genres appartenant à presque 
toutes les tribus qui composent la classe des Lichens; elles lui paraissent assez 
étendues pour qu'il en tire les conclusions suivantes : 

1° Toute gonidie de Lichen peut être ramenée à une espèce d'Algue. 

2° Les rapports de l'hypha avec les gonidies sont de telle nature qu'ils 
excluent toute possibilité qu'un des organes soit produit par l'autre, et la 
théorie du parasitisme peut seule en donner une explication satisfaisante. 

D'ailleurs, à chaque espèce ou genre de Lichen, il s'en faut bien qu'il cor- 
responde une espèce d’Algue différente. Les gonidies d'une très-grande variété 
de Lichens sont au contraire fournies par un assez petit nombre d'Algues. La 
répartition irréguliére des types d'Algues dans les diverses tribus des Lichens 
ne montre pas non plus qu'il y ait une corrélation marquée entre la nature 
des gonidies et les autres caractéres des Lichens. Dans certains groupes, 
cependant, les gonidies offrent une assez grande uniformité. C'est ainsi que les 
Caliciés paraissent vivre exclusivement aux dépens des Protococcus ; que les 
Graphidés empruntent ordinairement leurs gonidies aux Trentepohlia. Plu- 
sieurs Lichens, dans quelques circonstances, envahissent accessoirement des 
Algues d’une autre espèce que celle à laquelle appartiennent leurs gonidies 
normales. 

Les Algues enfermées dans le thalle des Lichens continuent à se développer 
à l'abri de la couche demi-transparente et hygrométrique du système cortical. 
Leurs cellules se multiplient par division ou bourgeonnement, et se logent 
dans les vides que présente le tissu du thalle. De là l'irrégularité singulière de 
la couche gonidiale. . 

Enfin la théorie du parasitisme explique l'origine des gonidies mortes 
qu'on trouve dans toutes les parties des Lichens ; de plus elle óte toute étran- 
geté à la coincidence dans le méme thalle de gonidies dissemblables, renfer- 
mant, les unes de la chlorophylle, et les autres de la phycochrome. On com- 
prend encore ainsi l'extrême ressemblance, ou plutôt l'identité qui existe entre 
les gonidies de Lichens trés-divers, et la différence profonde que présentent les 


eem 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 11 


gonidies de Lichens dont le thalle et la fructification sont identiques, surtout si 
l'on tient compte de ce fait important, signalé par l'auteur, que les organes 
reproducteurs naitraient exclusivement de l'hypha. Le mémoire de M. Bornet 
se termine par la description de deux Lichens nouveaux, Zichenosphæria Le- 
normandi et Arnoldia minutula. 


Memoir on (he spermogones and pycnides of crusta- 
ceous Lichens; par M. W. Lauder-Lindsay (Transactions of the 
Linnean Society, vol. XXVII, 2° partie, pp. 189-318, avec 15 planches 
lithographiées). Londres, 1872. 


Quand, en 1859, l'auteur présenta à la Société royale d'Édimbourg son 
mémoire sur les spermogonies et les pycnides des Lichens filamenteux, fruti- 
culeux et foliacés (1), il s'éteit promis de compléter cette étude par un mé- 
moire relatif aux espèces à thalle crustacé. Il a tenu cette promesse ; et il a 
dés lors accompli une étude générale de ce qu'on a appelé, en les comparant 
aux apothécies, les organes secondaires de reproduction des Lichens. 

Il s'est attaché, dans le mémoire que nous analysons, à faire connaitre les 
principaux types offerts par les spermogonies et les pycnides des différents 
genres de Lichens crustacés, soit de cent vingt-huit espèces. Le principal objet 
de ses recherches est l'étude anatomique minutieuse et détaillée ; il n'a pas fait 
d'investigations spéciales sur la physiologie des organes de la reproduction chez 
les Lichens, mais les résultats qu'il a obtenus, quant à l'anatomie de ces or- 
ganes, intéressent nécessairement aussi leur physiologie. Le plus important de 
ces résultats concerne ce que l'auteur nomme polymorphisme ou pluralité des 
organes secondaires de la reproduction. Il s'agit de la faculté extrême de 
variation qu'ila constatée chez ces organes, et qui s'exerce dans la méme 
espèce et dans le méme individu. Ii a en général observé des collections de 
Lichens classiques publiées par des personnes qui font autorité en lichéno- 
graphie, et il ne doute pas que les botanistes qui étudieront les mêmes plantes 
que lui sur d'autres exemplaires des mémes collections n'arrivent à des résul- 
tats tout différents, quant à la forme des spermogonies et des pycnides, et 
méme quant à leur structure interne (2). Le polymorphisme comprend les 
variations de forme, de grandeur, de couleur, de situation, de nombre et de 
distribution. Par le terme de pluralité, l'auteur entend la présence de plus 
d'une forme distincte de spermogonie ou de pycnide sur le méme individu. 
Enfin il a observé la substitution des spermogonies aux pycnides. 

L'auteur insiste, en parlant de ces variations, sur ce que fréquemment les 
spermogonies et les pycnides des Lichens ressemblent à celles des Champi- 


(4) Transactions of the Royal Edinburgh Society, vol. xxi, p. 280. 
(2) Voyez un mémoire du. méme auteur sur le polymorphisme de la fructification dans 
les Lichens, dans le Quarterly Journal, janvier 1868. 


12 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


gnons. Ses recherches lui ont permis de rendre plus intime et plus évidente la 
relation étroite des Lichens et des Champignons. 

Quant au fonctionnement des organes reproducteurs, l'auteur déclare que 
dans tout le cours de ses recherches il n'a rien, vu qui prouvât ou tendit à 
prouver que les sporidies ou les stylospores subissent de la part des spermaties 
une influence fécondante. La morphologie tendrait au contraire à montrer que, 
quelle que soit la relation qui existe entre les apothécies d'une part, et les 
spermogonies avec leurs spermaties d'autre part, la méme existerait entre les 
apothécies et les pyenides avec leurs stylospores. D'ailleurs le présent mémoire 
renferme toutes les données nécessaires pour prouver l'impossibilité de tracer 
entre les spermogonies et les pycnides des Lichens une ligne de démar- 
cation scientifique. 


Novitiæ Lichenze arctieæ ; descripsit J.-M. Norman (Ü/fversigt af 
Kongl. Vetenskaps-Akademiens Förhandlingar, 1870, n* 7, pp. 803-806). 


Les nouveautés décrites dans ce mémoire sont les suivantes : Biatora 
(Lecidea) pullata Norm., B. (Lecidea) rabdogena Norm., Biatorina nubila 
Norm., Léimboria (Urceolaria) figulina Norm:, L. cucularis Norm., Stau- 
rothele pseudomyces Norm. et Cocciscia Hammeri Norm. 

A ce mémoire descriptif et aux suivants, il faudrait, si l'espace nous le 
permettait, joindre ici les notes publiées par le rév. J.-M. Crombie dans 
le Journal of Botany, relatives à la révision des Lichens de l’herbier de 
Sowerby (1). Comme la plupart de ces Lichens sont ceux qui ont servi aux 
dessins de l'English Botany, il résulte des observations de l'auteur des ren- 
seignements précieux sur Ja détermination exacte des Lichens publiés dans 
cet ouvrage (2). 


Addenda nova ad Lichenographiam europaam. Conti- 

nuatio tertia-decima ; scripsit W. Nylander (Flora, 1870, n° 3). 

Lecanora mniaroeiza, supra Muscos in Finlandia et Lapponia (Silén et Norr- 
lin); Z.coracodes, in Finlandia (Silén); Z. kypophæa, prope Braemar, in Scotia 
(Crombie) ; Lecidea subuliginosa, in Finlandia boreali supra terram (Silén) ; 
L. persistens, in Lapponia (Norrlin); Z. i{ludens, in Finlandia boreali (Silén) ; 
L. leucophæoïdes, in Finlandia boreali (Silén); Z. ?terludens, Braemar, 
Scolia (Crombie) ; Z. symphorella, ad saxa arenaria in Scotia (Crombie); 
L. eupetræa, ad saxa in Suecia (Nyl.), in Finlandia (Silén), et in Lapponia 
(Norrlin); Z. mniaroeoides, supra Muscos et Lichenes destructos in Lapponia 


(1) Les Lichens originaires d'Angleterre, décrits comme nouveaux dans ces notes par 
M. Nylander et recueillis par M. Crombie, ont été de la part de ce dernier naturaliste 
l'objet de descriptions plus étendues dans The Journal of the Linnean Society, vol. XI, 
n? 56, pp. 481-490. 

(2) Citons encore la description d’une espèce nouvelle, le Ramalina carpatica Keerb. 
Lich. sel, germ. exs. n. 302, publiée dans le voyage aux Garpathes de MM. Fritze et 
lise (Verh, der zool.-bot. Geséllschaft, 4870, p. 500). 


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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 13 


(Norrlin); Z. phloeoica, in fissuris corticis Betulæ in Finlandia (P.-A. Kar- 
sten); Z'helocarpon conoidellum, in insula sinus fennici Hogland (Brenner) ; 
Verrucaria umbrinula, ad saxa in Lapponia (Norrlin); V. bernaicensis Mal- 
branche, ad muros argillaceos prope Bernay in Gallia; V. rAyparella, supra 
thallum Zecidec Hookeri in Lapponia (Norrlin). 


Addenda nova ad Lichenographiam europæam; conti- 
nuatio quarta-decima ; scripsit W. Nylander (Flora, 1872, pp. 353-365). 


Obryzum doligoteron, in Scotia (Crombie), in lobis thalli Co//ematis 
parasiticum ; Cladonia pityrodes, in Norvegia (Zetterstedt) ; Lecanora, di- 
phyodes, ad Bessines, Haute-Vienne (Ripart); L. gangaleoides, in Gallia 
(Mandon n° 55); Z. pseudistera, ad saxa granitica, Ligugé prope Poitiers 
(Weddell); Z. intermutans, ad granitica prope Brest (Crouan); Lecidea 
stigatoides, supra kaolinum ad Bessines (Ripart) ; Z. paraclitica, ad lignum 
Pini in Finlandia (Kullhem); Z. intermissa, ad corticem Alni in Suecia 
(Blomberg); Z. delincta, supra saxa lacustria in Finlandia (Norrlin et Sim- 
ming) ; Z. diasema, ad corticem prope Helsingfors (Norrlin) ; L. asema, ad 
saxa arenaria in Jersey (Larbalestier); Z. énconcinna, ad Bessines (Ripart) ; 
L. subsilacea, supra saxa calcareo-alpina in. summo Port de Bénasque (Ny- 
lander legit 1853); Z. subdeclinata, ad saxa calcareo-alpina in montibus 
supra Zaréges ; L. promiscua Nyl. ibid. ; Z..promiscens Nyl. ibid. ; L. 
sympecta, supra saxa granitica, Stockholm ; L. homotropa, L. subumbonata, 
ambo ad saxa calcarea alpina in montibus supra Zaréges; L. cyanothalama, 
supra lapillos in Faeroe (Rostrup) ; Z. cyaniza, ad saxa granitica in Finlandia 
prope Nyslott (Carlenius); Z. proludens, ad saxa micaceo-schistosa in Tirolia 
(Arnold); Z. mesotropoides, ad saxa calcarea in Scotia (Crombie); Z. spi- 
lotica, ad saxa schistosa supra Baréges ; L. subfurva, in Scotia (Crombie) ; 
L. confusula, L. deparcula, L. atrobadia, ibid. (Crombie); Verrucaria 
glaucodes, prope Poitiers (Weddell); V. divergens, in Finlandia (Norrlin), 
in Pyrenæis inferioribus, £'aux-Bonnes (Weddell); V. interjungens, in insula 
Bornholm (Grænland) ; V. subcærulescens, in insula Hogland (Brenner) ; 
V. submicans, in Anglia (Crombie); V. analeptella, in Hibernia (Carroll, 
Anzi Lich. min. n° 395); V. buxicola, in Gallia, ad corticem Buxi, V. 
ilicicola, ad corticem Ilicis prope Æifferschweil (Hegetschweiler); V. spilobola 
Nyl. -in Scotia (Crombie); V. immergens, in Gallia prope Chenay (Deux- 
Sèvres, Richard), prope Oran (Balansa) ; Endococcus triphractus, supra 
thallum ZLecideæ umbonatulæ in Hogland (Brenner); Mycoporum consocians, 
supra thallum et apothecia Lecideæ vernalis in Lapponia (Fellmann). 


Addenda nova ad Lichenographiam europæam; conti- 
nuatio quinta-decima ; scripsit W. Nylander (Flora, 1873, n° 2). 


Pyrenopsis plecobola, ad saxa dioritica prope Onegam (Norrlin) ; Pannaria 
furfurascens, in Finlandia orientali (Norrlin); Lecanora subcircinata, ad 


14 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


saxa in Gallia et Italia; Z. cyrtellina, ad corticem Sorbi Aucupariæ prope 
Petrosavodsk juxta Onegam (Norrlin) ; Z. lividella, supra Polyporum ignia- 
rium in Finlandia boreali, Kunsamo (Silén) ; Z. prepostera, ad saxa basal- 
tica in Jersey (Larbalestier) ; Z. con?opta, in Scotia (Crombie); Z. pseudo- 
petræa, ad saxa gneissacea prope La. Mothe Saint-Héray in Gallia occidentali 
(J. Richard) ; Lecidea leucophæopsis, ad rupes moutis Zen Lawers in Scotia 
(Crombie); Z. austerula Nyl., ad saxa calcarea in Finlandia orientali (Norr- 
lin); Z. dobra, ad corticem Abietis in Finlandia media (Norrlin) ; L. meso- 
tropiza, ad saxa schistosa prope Abredoniam in Scotia (Crombie); £. phyl- 
lizina, ad saxa in regione onegensi (Norrlin) ; Z. prϾnubila, ad saxa in 
Finlandia orientali (Norrlin); Z. subnigra, ad saxa in regione onegensi ad 
Tindie (Norrlin); Z. platycarpiza, in Finlandia orientali (Norrlin) ; Arthonia 
chroolepida, ad ramulos abietinos emortuos prope Onegam (Norrlin). 


Recognitio monographiea Ramalinarum ; scripsit W. Ny- 
lander (extrait du Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie, 
2° série, t. 1V); tirage à part en brochure in-8° de 82 pages. Caen, impr. 
Leblanc-Hardel, 1870. 

Quelques lignes de préface servent à l'auteur à exposer les caractéres chi- 
miques du tissu des Ramalina, caractères assez variables, et à insister sur des 
différences caractérisées en outre par la forme et par les dimensions des spores 
et des spermaties, auxquelles il accorde maintenant une valeur spécifique. 
Il suit en général daus ce travail le Synopsis methodica Lichenum et le Pro- 
dromus Lichenographiæ Scandinavie. 

Le genre Ramalina comprend dans ce travail soixante-cinq espèces dont 
une, le R. farinacea, est répandue dans toutes les parties du monde. Un 
tableau géographique placé par l'auteur à la fin de son mémoire indique la 
distribution de chaque espèce et fait ressortir des conclusions intéressantes. 
Chacune est décrite longuement par l'auteur, qui, au moyen de divisions mul- 
tipliées, et de notes relatives aux affinités de chaque type, donne à tout liché- 
nographe expert le moyen de déterminer sûrement les espèces de Ramalina. 
Les genres Æamalea, Dufourea et Heterina sont étudiés par l'auteur à la suite 
du genre Ramalina, bien que l'auteur ne soit pas certain qu'ils appartiennent 
à la tribu des Ramalinæ. 

Les types étudiés par M. Nylander se trouvent dans l'herbier du Muséum 
de Paris, dans l'herbier Lenormand ou dans le sien propre. 


Lichenologisthe Fragmente ; par M. F. Arnold (Flora, 1870, 
pp. 121-124). 


Secoliga indigens, sur la dolomie dans le Tirol, etc. ; Gyalecta albocre- 
nata, ibid.; Bilimbia subtrachona, ibid.; Lecidea atronivea, ibid. ; L. tran- 
sitoria, sur les blocs calcaires dans le Tirol. 


Nous nous contentons de citer ces nouveautés, l'espace nous manquant 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 45 


pour indiquer les nombreux détails de synonymie consignés par M. Arnold 
dans les Fragmente qu'il publie si fréquemment dans le //ora. 


Flechten aas Krain und Küstenland, gesammelt von J. Glo- 
wacki, mikroscopisch geprüft und bestimmt von F. Arnold (Lichens de la 
Carniole, etc.), recueillis par M. J. Glowacki, examinés au microscope et 
déterminés par M. F. Arnold (Verhandlungen der K. K. zool.-bot. Gesell- 
schaft in Wien, 1870, pp. 431-466). 

Ces Lichens ont été recueillis au nombre de deux cent vingt-huit, dans la 
Croatie et dans l'Istrie, sur des plateaux dont plusieurs s'élèvent au-dessus de 
3000 pieds. L'orographie et les caracteres de ces localités sont d'abord décrits 
avec soin. Vient ensuite l'énumération des récoltes, dans laquelle nous avons 
à signaler le Lecothecium pluriseptatum Arn. n, sp., le Biatora carniolica 
Arn. n. sp., et le Z'helidium dactyloideum Arn. 


Lichenologische Ausflüge in Tirol (Excursions lichénologiques 
dans le Tirol) ; par M. F. Arnold (ibid., pp. 527-546, pp. 1103-1148). 
La cinquiéme excursion racontée par M. Arnold n'a pas été moins fruc- 

tueuse que les précédentes; il y a recueilli quelques nouveautés qui ont été 

signalées par lui dans le Flora. 

La sixième donne à l'auteur occasion de signaler encore quelques espèces 
inédites : Zecidea botryosa Heppe, Thelidium rivale Arn., Polyblastia 
amota Arn., Bilimbia subtrachona Arn., Sagedia cognata Arn., Polyblastia 
evanescens Arn., Sagedia morbosa Arn., S. subarticulata Arn., Polyblastia 
dissidens Arn., Sporodictyon clandestinum Arn. Un certain nombre de ces 
Lichens sont figurés par l'auteur. 


Lecidea Hellbomii, n. sp. ; par M. Lahm (Flora, 1870, pp. 177-178). 
Cette espèce a été recueillie en Suède sur les pierres granitiques prés de 
Vredstorp et se distingue par quelques caractères du Z. botryocarpa Nyl. 


Neue Flechten (Lichens nouveaux) ; par M. J. Müller (Flora, 1870, 

pp. 160-168). 

Diploicia epigæa Mass. var. major, sur le Grand Muveran, au-dessus 
de Bex ; Lecanora (Ochrolechia) megalocarpa Müll. Arg., sur l'écorce du 
Larix, même localité ; Biatora (Lecidea) annularis Müll. Arg., ibid.; Bia- 
tora (Lecidea) Muverani Müll. Arg. ; Biatora (Lecidea) deplanatula Müll. 
Arg., sur les blocs erratiques au pied du Saléve; Patellaria (Scoliciospo- 
rum) atroviridis Müll. Arg., sur les pierres à Veyrier au pied du Salève ; 
Sagedia (Thelidium) Schleicheri Müll. Arg. 


Fiechten von der Tournette und der Pie Romand; par 
M. J. Müller (Flora, 1870, pp. 257-262). 
Dans cette énumération de Lichens recueillis par trois membres du club 


416 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


alpin Suisse, sur la Tournette ou sur le pic Romand, il se trouve quelques 
nouveautés, variétés ou espèces. Les espèces nouvelles sont les suivantes : 
Biatora (Lecidella) polycarpoides Müll. Arg., Patellaria (Catillaria) tristis 
Müll. Arg. Nous regrettons vivement que le défaut de place nous empêche de 
transcrire les caractères de ces espèces comme de beaucoup d'autres que nous 
citons dans ces pages. 


Ueber Dufourea? madreporiformis Ach.; par M. J. Mül- 
ler (Flora, 1870, pp. 321-325). 


Acharius a établi (Lichenologia universalis, p. 524) le genre Dufourea, 
pour cinq espèces dont M. Nylander n'a conservé dans le méme genre que le 
Dufourea madreporiformis (Cetraria nivalis 6. madreporiformis Scherer 
Enum. crit., p. 44); M. J. Müller place cette espèce dans le genre Cetraria, 
sous le nom de C. madreporiformis. Le nom le plus ancien de ce Lichen est 
Cladonia Papillaria DC. Syn. pl. flor. gall. p. TA, n° 911. 


Lichenum specics et varietates movse, auctore J. Müller Arg. 

(Flora, 1871, n° 16). 

Aprés quelques rectifications de synonymie, M. Müller fait connaitre les 
nouveautés suivantes : Lecidea Baderi, du Saléve; L. modesta, des environs 
de Bex, Patellaria faucigena, des gorges de Bouvernier; P. laminularis 
Müll. Arg., du Saléve; Opegrapha subparallela Müll. Arg., sur les troncs 
de Pins du Saléve; et quelques variétés nouvelles. 


Lichenum species et varietates novæ; auctore J. Müller 
Arg. (Flora, 1872, n° 30, 31, 32 et 34). 


Lecanora salevensis, ad lapides calcareos pascuorum; Z. subnivea, in 
frigidis montis Dent de Morcles (Cas. de Candolle); Pertusaria degradata, 
in monte Saleva in lapidibus calcareis; Callopisma genevense, ad lapides in 
ripa amnis Arve prope Genevam; C. suave, in saxis dolomiticis montis juras- 
sici Zteculet. 

Rinodina nigrella, ibidem ; R. subgranulata, ad saxa calcarea Salevæ mi- 
noris ; Lecidea dodecamera, ad corticem Pini pectinatæ in monte Saleva ; 
L. prasinella, in Vallesia inferiore; Z. subacervata, iu saxis dolomiticis 
montis Reculet ; L. Reuteri, ad parietes in monte Reculet; L. fallacissima 
in monte Zieculet; Patellaria Aspiciliæ, in Vallesia inferiore. 

Patellaria anisospora, in saxis dolomiticis montis Zieculet ; P. riparia, ad 
ripam Arva prope Genevam ; Zuellia subocellata, in Saleva minore ; B. in- 
terjecta, in Salevula ; B. rimulicola, in monte Saleva ; B. vagans, ibidem; 
Arthonia stenospora, in trunco Betulæ albe prope Genevam ; Z'ndocarpon 
Loscosi, in prov. Aragonia (Loscos) ; Sagedia impressa, ad pedem montis 
Salevæ ad saxa; S. perexigua, ibidem; S. subconfluens, ad ramos ultimos 
Pini Cembre in alpibus valesiacis ; Psorotichia Flotowiana, ad saxa passim 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 17 


inundata prope Zurich et prope Genevam ; Ps. cleistocarpa, ad saxa subinde 
inundata in Vallesia inferiore. — Ce troisiéme articlese termine par la descrip- 
tion d'un Champignon, le Sphærella dealbans, parasite sur le thalle de l Zn- 
docarpon Loscosi. 

Lecidea siderolithica, ad saxa siderolithica in summo monte Saleva ; 
L. subtrallissata, ibidem ; Patellaria heterodaxa, ibid.; Rhizocarpon chloro- 
phœum, ad pedem Salevæ ; Sagedia minutissima, in truncis Frazím excel- 
storis in Saleva; S. Ariæ, ad ramos juniores Sorbi Aric, ibidem. 

Nous n'avons pu, faute d'espace, citer les variétés nouvelles observées par 
M. Müller. 


Flechten aus Amboina (Lichens d'Amboine) ; par M. de Krem- 
pelhuber (Verhandlungen der K.-K. zool.-bot. Gesellschaft in Wien, 
1871, pp. 861-872, avec trois planches). 


Ces Lichens, recueillis par feu M. le docteur Doleschall, médecin autrichien 
au service des Pays-Bas, dans les Indes hollandaises, ont été remis d'abord à 
Massalongo, qui les décrivit et les fit figurer, mais que la mort empécha de les 
publier. Cette collection passa ensuite à M. De Notaris, puis à M. le baron 
de Hohenbühel- Heufler qui en fit don au Musée botanique de Vienne, où M. de 
Krempelhuber l’a étudiée. Il se trouve dans cette collection plusieurs espèces 
nouvelles décrites par Massalongo : Pyrenula copromya Mass., Anthra- 
cothecium Doleschalli Mass., Opegrapha apomelena Mass., O. F'agorum 
Mass. , O. leptochroma Mass., Graphis chlorotica Mass. , Coniangium aleteum 
Mass., Nœvia mazosia Mass., Arthrothelium picilum Mass., A. oasis Mass., 
Chiodecton levigatum Fée, Ch. paradoxum Kremp., Micromma coccorum 
Mass. 


Enumeratio Cryptogamarum ILfalie Venetæ; auctore Lu- 
dovico Libero barone de Hohenbühel-Heutler ( Verhandlungen der K.-K. 
zool. -bot. Gesellschaft in Wien, 1871, pp. 225-371). 


Ce grand mémoire se compose d'une introduction, de l'indication des 
sources consultées par l'auteur, de l'énumération des plantes, de deux appen- 
dices, d'additions et corrections, et d'un index alphabétique des genres. 

Les Cryptogames vasculaires sont traités d'aprés la méthode suivie par 
M. Milde dans ses Filices Europae. La localité italienne du Cheilanthes 
Szovitsii Fisch. et Mey. est donnée comme trés-douteuse, L'auteur rejette 
l Hymenophyllum tunbridgense indiqué par M. Saccardo (1). Les Mousses sont 


(4) L'année précédente, M. de Hohenbühel-Heufler avait déjà publié, sur l'exclusion 
de cette plante, indiquée à tort, selon lui, dans la région de l'Adriatique, un mémoire 
spécial dans le méme recueil, 1870, pp. 571-988. Dans ce mémoire, il ne craint pas de 
rattacher à PH. tunbridgense L., VH. antarcticum Presl, VH. flabellatum La Bill., et 
même I' H. minimum Rich. 


T. XX. (REVUF) 2 


18 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


classées d’après le Synopsis de M .Schimper: les Hépatiques, d'après le Synopsis 
de MM. Gottsche, Lindenberg et Nees; les Lichens, d’après le Parerga liche- 
nologica de M. Kærber ; les Champignons, d’après les Symbolæ mycologicæ 
de M. Fuckel; les Characées, d'aprés le Conspectus systematicus Characearum 
europæarum de M. Braun, qui accompagne le troisième fascicule de l'herbier 
de Characées publié par MM. A. Braun, Rabenhorst et Stizenberger en 1867; 
enfin les Algues, d'aprés M. Rabenhorst pour les Algues d'eau douce, pour les 
Algues marines d’après le Species (non terminé) de M. J.-G. Agardh, et pour 
la partie où cet ouvrage manque, d'apres le Species Algarum de M. Kützing. 

Le premier appendice énumère par ordre de date les auteurs qui se sont 
occupés du sujet étudié par l'auteur, à partir de Calceolarius (1566) et les 
plantes qu'ils ont fait connaitre. 

Le second appendice est un tableau de distribution géographique; ce mé- 
moire fait connaitre en Vénétie 537 genres et 1750 espèces de Cryptogames. 


Sur les végétations eryptogamiques des préparations 
pharmaceutiques ; par M. Périer (Union pharmaceutique, février 
1872, pp. 39-41). 

Le Conferva Sacchari a été observé par M. Périer à la surface de quelques 
sirops moisis. En voici d'aprés lui les caractéres : 

Utriculæ tubuliformes, cylindricæ, paululum articulate, simplices aut 
parum ramosa, intus septatæ, stratæ, in thallum collecte et sicut irradientes 
sed libere, articulo extremo obtuso, rare setiformi ; nascentes hyalinæ, adultae 
flavæ, endochromate intra articulos effuso, thecas extus corrugatas inflatas, 
moniliformes et irregulares aut discretas et inferne plicatas formantes. Sporæ 
teretes, numerosæ, hyalinæ. 


Reise der oesterreichisehen Fregatte Wovara um die 
Erde, in den Jahren 1857,1858,1859. Botanischer Theil. 1. Sporenpflanzen 
(Voyage autour du monde de la frégate autrichienne Novara dans les 
années 1857, 1858, 1859. Partie botanique 4. Cryptogames). In-h» de 
261 pages, avec 37 planches lithographiées. Vienne, 1870. 


Les Algues, traitées dans cette publication par M. Grunow, occupent 104 
pages et 12 planches, et présentent un très-grand nombre d'espèces, parmi 
lesquelles soixante-quatre formes de Diatomées (1), et en outre une Conjuguée 


(4) Les Diatomées recueillies pendant le voyage de la Novara ont été aussi étudiées 
par M. Ehrenberg, dans la partie géologique consacrée à la description de ce voyage. 
M. Ehrenberg en a étudié trente-six espéces, dont onze sont nouvelles pour la science, 
mais seulement citées nominativement par lui. Jl est fort possible que plusieurs de ces 
noms fassent double emploi avee quelques-uns de ceux qui ont été admis par M. Grunow. 

Les Diatomées de la mer du Sud ont été encore l'objet d'un travail récent exécuté 
avec des matériaux rapportés par les voyageurs du Musée Godeffroy, par M. Witt, et 
publié sous le titre suivant : Untersuchungen ueber Diatomaceen-Gemische : ein Bei- 
trag zur Flora der Südsee, in-4 de 7 pages, avec une planche (extrait du Journal des 
Museums Godeffroy, 1'* partie, Hambourg, chez F. Friedrichsen, 1873). 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 19 


(Leda capensis), quatre Confervacées, 2 E'ctocarpus, 2 Sargassum et 16 Flo- 
ridées; le Batrachospermum dimorphum Kütz. est décrit avec des tétraspores 
qui semblent complétement analogues à celles que M. Crouan a figurées 
comme appartenant au Cruoria adhærens. Signalons dans ce travail un grand 
nombre de remarques de taxonomie et de synonymie. 

Les Lichens, étudiés par M. de Krempelhuber, occupent les pages 10 7-129 
et 7 planches. L'auteur a figuré : Collema byrsinum Ach., Graphis angustata 
Eschw. , Squamaria albida Kremp., Parmelia Jelinekii Kremp., P. redu- 
cens Nyl., P. megaleia Nyl., Sticla levigata Kremp., S. fragillima Bab., 
Usnea Vrieseana Mont. et V. d. B., Sticta Menziesii Hook. f., Ramalina 
complanata Ach., Chlorea canariensis Nyl., Stereocaulon nesœum Nyl. et 
Cladonia retipora Fl. 

Les Champignons, les Hépatiques et les Mousses ont été monographiés par 
M. H.-W. Reichardt. Ce travail occupe 73 pages et 17 planches. Signalons 
le Lycogala leiosporum Reichdt. n. sp., de Sidney ; parmi les Gastéromy- 
cétes, le Polysaccum leptothecum Reichdt., le Lasiosphæra Fenzlii, et quel- 
ques Hyménomycètes nouveaux. 

Les Muscinées figurées sont les suivantes : Anthoceros gracilis Reichdt, 
Marchantia hexaptera Reichdt, de Tahiti, Symphysogyna subsimplex Mitt. , 
Lejeunia paritiicola Reichdt, Thysananthus Frauenfeldii Weichdt, Masti- 
gobryum Hochstetteri Reichdt, Plagiochila nicobarensis Reichdt, P. Fenzlir 
Reichdt, Campylopus eximius Reichdt, Ceratodon convolutus Reichdt, 
Bryum chilense Reichdt, B. laxum Reichdt, Orthorhynchiwn elegans Reichdt, 
Phyllogonium fulgens Brid., Hypnum Novaræ Reichdt, H. Faulense 
Reichdt, Mniodendron brevisetum Reichdt, Hypopterygium debile Reichdt 
et Hookeria corcovadensis Reichdt. 

Les Cryptogames vasculaires forment une classe unique, qui réunit les 
ordres suivants : Zymenophyllacee, Polypodiaceæ, Cyatheaceæ Endl., 
Parkeriaceæ Hook. et Grev., Loxsomaceæ Presl, Gleicheniaceæ R. Br., 
Schizæaceæ Mart., Osmundaceæ Mart. , Marattiaceæ Kaulf., Ophioglossaceæ 
R. Br. Zquisetaceg L.-C. Rich., Lycopodiaceæ DC. et Ahizocarpeæ 
Batsch. 

Les Équisétacées et les Ophioglossacées sont traitées par M. Milde (1), les 
autres ordres par M. Mettenius. 

L'énumération des espèces est accompaguée d'indications synonymiques et 
géographiques qui rendront ce travail nécessaire à consulter pour tout bota- 
niste descripteur qui s'occupera des Fougeres et des familles voisines, quelle 


(4) M. Milde a publié encore dans les Verhandlungen der zool,-bot. Gesellschaft in 
Wien, 1870, p. 1002, une note additionnelle à sa monographie des Botrychium. Dans 
cette note, il qualifie d'ínouie la méthode avec laquelle M. Baker a traité ce genre dans 
le Synopsis Filicum : d’après lui, cet auteur n'aurait introduit dans l'étude des Botry- 
chium qu'une déplorable confusion (heillose Verwirrung). 


20 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


que soit la flore exotique qu'il étudie. Elle est tracée suivant la méthode de 
Mettenius, qui réunissait fréquemment des espéces regardées comme dis- 
tinctes par d'autres cryptogamistes (témoin les synonymes qu'il a réunis dans 
cette publication au 7. Endlicherianum Presl), et qui refusait d'admettre un 
grand nombre de genres. Il en a cependant établi ici un nouveau, Micropo- 
dium, pour le Scolopendrium Durvillæi Bory et le S. longifolium Presl, 
et méme il s'est départi en quelques points de ses errements précédents, 
notamment en admettant les genres Lomaria, Prosaptia, Drymoglossum, etc. 
Aucune espece nouvelle n'est signalée dans ce mémoire. 

Nos confrères auront intérêt à savoir que chacune de ces quatre parties 
peut étre acquise isolément par la voie de la librairie, suivant un usage qui se 
généralise, aujourd'hui que l'immensité du champ d'étude force les naturalistes 
à se spécialiser chaque jour davantage. 

La partie phanérogamique du voyage de la Novara n'a pas encore paru. 
Elle a été confiée à M. Reichardt, qui a déjà détaché de ce travail une florule 
de l'ile Saint-Paul, publiée par lui dans les Verhandlungen der zool.-bot . Ge- 
sellschaft in Wien, 1871, pp. 1-36 (1). 


Filices Græffeanæ. Beitrag zur Kenntniss der Farnflora der Viti-, 
Samoa-, Tonga- und Ellice's Inseln; par M. Chr. Luerssen (Mittheilun- 
gen aus dem Gesammtgebiete der Botanik de MM. Schenk et Luerssen, 
Are et 2° partie, pp. 57-312, avec 9 planches. Leipzig, 1871). 


La collection de Fougères qui a été l'objet de ce grand mémoire fait partie 
du Musée de MM. J.-C. Godeffroy et fils, à Hambourg. Elle a été recueillie en 
1862 par M. le docteur Greffe, envoyé par ces deux Mécènes de la science 
pour enrichir nos connaissances sur la flore et la faune de la Polynésie (2). 
M. Luerssen a joint à l'étude des Fougères rapportées par M. Græffe celle des 
plantes de méme origine recueillies par Milne, Mac Gillivray, Howe, Hind, 
Barclay et Seemann, et il a empruntéaux travaux de Mettenius etde M. Kuhn 
les citations bibliographiques et géographiques nécessaires pour compléter son 
travail. Il a cherché à construire ainsi une flore des Fougères de la Polynésie, 
et à indiquer les relations géographiques des Fougères de cette région. Ainsi, 
il a constaté la présence de deux espèces spéciales aux Viti, de neuf aux 
Samoa ; il a reconnu que les quatre archipels de Viti, des Tonga, des Samoa 
et d'Ellice ont quatre espèces de Fougères communes avec l'Europe, soixante- 
treize avec l'Afrique et quarante-huit avec l'Amérique. Bien entendu, ces con- 
clusions sont subordonnées à la mänière dont M. Luerssen conçoit l'espèce, 
et nous sommes obligés de reconnaître qu'il la conçoit d'une manière très- 


(4) Voyez le Bulletin, t. xvn, Revue, p. 64. 
(2) Les voyages de M. Græffe ont été l'objet de notices spéciales publiées dans le 
Compte rendu du congrés des naturalistes suisses à Zurich en 1868 et dans les Peter- 
mann's Geographische Miltheilungen pour 1869. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 91 


large, puisque sous le nom d'Aerostichum conforme Sw., il ne réunit pas 
moins de vingt-cinq espèces regardées comme distinctes par un grand nombre 
de ptéridographes ; que le CArysodium aureum Mett. comprend pour lui cinq 
espèces de ce genre regardées comme distinctes par M. Fée dans sa mono- 
graphie des Acrostichées ; puisqu'il réduit à neuf toutes les espéces connues 
du genre Vittaria; que le Pteris biaurita L. renferme pour lui le Pteris 
pungens Willd., que Presl en distinguait méme génériquement. Nous disons 
cela, bien entendu, sans émettre une critique, mais seulement pour constater 
la méthode de M. Luerssen. Dans la conception des genres, il a d'ailleurs 
suivi étroitement Mettenius. 

M. Luerssen a décrit dans ce long mémoire un petit nombre d’espèces 
nouvelles, le Davallia Græffei, qu'il reconnait plus loin n'étre que le D. 
leptocarpa Mett., et le Dennstædtia (Deparia) Godeffroyi Lssn, fort belle 
espèce de Dicksoniée à fronde réticulée qui se rapproche du Deparia Moorei, 
et qui en différe parce que ses sores ne sont pas complétement distincts du 
tissu de la fronde. 

Les Filices Græffeanæ comprennent les Équisétacées et les Lycopodiacées. 
Ce mémoire se termine par un index alphabétique des espèces qui y sont 
signalées. 


Ein Beitrag zur Farnflora der Palaos- oder Pelcw-In- 
seln (Recherches sur les Fougères des îles Palaos ou Pelew); par 
M. Chr. Luerssen (extrait du Journal des Museums Gode[froy, 4** partie, 
pp. 52-58); tirage à part en brochure in-A*, Prix : 4 fr. 25 c. 

Cette collection a été recueillie par le capitaine A. Tetens, de Hambourg, et 
appartient, comme les précédentes, au Musée Godeffroy à Hambourg. Les îles 
Pelew, d'où elle provient, font partie du groupe occidental des Carolines. 
Elle contient quarante-deux espèces seulement, etentre autres le Trichomanes 
peltatum Baker, connu seulement jusqu'ici dans les archipels des Viti, des 
Samoa et à la Nouvelle-Calédonie. 

Ce mémoire est daté, à la dernière page, de Leipzig, avril 1872. 


Ueber die Farnflora des Cooks- oder Hervey-Iuseln; par 

M. Chr. Luerssen (ibid., pp. 59-62). . 

Ces iles sont situées entre les iles Samoa et les iles de la Société. Les Fou- 
gères examinées par M. Luerssen dans cet archipel ont été recueillies par 
M. André Garrett, Elles ne sont qu'au nombre de vingt-cinq. Aucune espèce 
nouvelle n'est signalée par M. Luerssen dans ce mémoire, nou plus que dans 
le précédent. 


Flora vitiensis; part x. In-A^, pp. 35-453 et XXXIII pages, avec dix 
planches chromolithographiées. Londres, chez L. Reeve et C'*, 1873. — 
Prix : $1 fr. 25 c. 


livraison, qui, aprés de longues années d'interruption et aprés 


22 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


la mort de M. Seemann, clôture le Flora vitiensis qu'il avait commencé, se 
compose d'un petit nombre de familles. Deux pages terminent la famille des 
Graminées. 

Les Lycopodiacées et les Fougeres, traitées par M. W. Carruthers, l'ont été 
sur un plan bien concu, auquel les précédents rédacteurs du méme ouvrage ne 
nous avaient pas habitués et qui est des plus utiles aux intéréts de la science. 
En téte de chaque genre on trouve citées les espéces appartenant à la Poly- 
nésie tropicale qui n'ont pas encore été trouvées aux Viti, ce qui rendra de 
grands services aux monographes qui s'occupent de la méme région, quand 
méme cette énumération, bornée aux matériaux que renferme non pas l'her- 
bier de Kew, mais seulement celui du British Museum, ne serait pas com- 
pléte. Les descriptions sont données pour chaque espéce et la synonymie 
retracée avec un grand luxe de détail La géographie de chaque espéce est 
indiquée. 

Les Fougéres (dont M. John Smith avait déjà tracé une liste dans le tome 1x 
du Bonplandia), sont traitées avec une méthode qui n'est point celle de Kew, 
et qui se rapproche davantage du Tentamen de Presl et surtout de l'Zndez 
de M. Moore. Quelques espèces nouvelles sont établies par M. Carruthers : 
Alsophila vitiensis, Lindsaya Harveyi (Seem. 76^ part., Harvey, Mac 
Gill. 4), Z. Seemann? (Seem. 76^ part, Mac Gill. 1), Trichomanes alternans 
(Seem. 784) (1), T. Harveyi, T. Seemanni (Seem. 782), Hypolepis elegans 
(Mac Gill, 108), Lomaria Milnei, Asplenium Seemanni (Seem. 760, 828), 
Diplazium vitiense, Lastrea Harveyi (2) (Nephrodium patens auct.), L. 
Barclayi, L, Prenticei, Lomariopsis Brackenridgei (Stenochlæna variabilis 
Brack. non Fée), Z. Seemanni (Seem. 712, L. cuspidata J. Sm. non Fée) (3). 
L'auteur a trouvé pour son travail un grand secours dans l'herbier de Forster, 
qui est conservé au British Museum, et qui lui a permis d'établir certaines 
rectifications de synonymie, ainsi que dans un manuscrit important de So- 
lander, intitulé Primitiæ Floræ insularum Pacificarum. 

M. W. Mitten a fait de la famille des Mousses une monographie très-soignée 
et trés-détaillée, dans laquelle il a établi des espèces nouvelles même pour des 


(4) M. Mettenius avait déterminé sous le nom de Trichomanes Endlicherianum Presl 
le n° 784 de Seemann, dans l'herbier du Muséum de Paris; mais vu la manière très-large 
dont il concevait l'espéce, cela ne prouve rien contre l'opinion de M, Carruthers. 

nS N y a déjà un Aspidium Harveyi Mett. in Linn. XXXVI, 115. Est-ce la même 
plante 

(3) I y a ici une observation bibliographique importante à faire. Bien que la x* partie 
du Flora vitiensis porte la date de 1873, et qu'elle ait paru au commencement de cette 
année, les feuilles de la monographie des Fougères portent à côté de la signature, d'a- 
bord la date du 30 octobre 1869, et ensuite celle du 1*" juin 1871. Il est donc évident 
que le manuscrit a environ quatre ans de date. Cela explique pourquoi M. Carruthers n'a 
pu tenir compte du mémoire de M. Kuhn sur les Fougéres des Nouvelles-Hébrides, com- 
muniqué à la Société zoologico-botanique de Vienne le 7 juillet 4869, non plus que des 
travaux de M. Luerssen que nous signalons dans ces pages. Il résultera de ce fait quelque 
complication dans la synonymie de certaines espéces. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 23 


pays situés en dehors de l'archipel des iles Viti. Il va jusqu'à étudier, à l'aide 
d'une disposition typographique qui les distingue, les tribus et les genres de 
Mousses qui ne sont pas représentés dans la flore de ces iles. Il en résulte que 
le travail de M. Mitten est réellement une flore des Mousses de la Polynésie. 
Les Hépatiques sont étudiées par le méme auteur suivant le méme plan. Il a 
décrit dans cette famille quelques genres nouveaux, dont nous croyons devoir 
reproduire la diagnose. 

CONOSCYPHUS. — Caulis procumbens ascendensve, ramosus. Folia sursum 
secunda, integra paucidentatave. Amphigastria magna. Perianthium proprium . 
nullum, e foliis involucralibus in conum convolutis apice dentibus paucis 
inflexis formatum. 

HERPOCLADIUM.— Caulis vage prolifero-ramosus, flagellis elongatis descen 
dentibus ventralibus. Folia amphigastriaque conformia, verticaliter inserta, 
integra aut apice bifida. Perianthium versus apicem caulis elongatum. Flores 
masculi in caule primario, antheridia in axillis foliorum caulinarium disposita, 

MASTIGOPELMA. — Caulis superne simplex, inferne ramos stoloniformes et 
innovationes emittens. Folia amphigastriaque integra. Fructus basilaris, 

NoTOSCYPHUS. — Caulis procumbens prostratusve, ex apice fertilis. Folia 
integra, planiuscula. Amphigastria parva. Perianthium nullum. 

Les espéces nouvelles sont en trop grande quantité dans le travail de 
M. Mitten, pour que nous puissions penser méme à les énumérer. 

M. Crombie s'est occupé des Lichens, peu nombreux dans les collections 
de M. Seemann. Ce naturaliste, ainsi que nous en informe M. Worthington 
G. Smith, n'avait également rapporté de ses herborisations aux iles Viti 
qu'un petit nombre de Champignons, déjà soumis par lui à l'examen de 
M. Berkeley. ; 

Les Équisétacées, qui terminent le Flora vitiensis, se réduisent à une seule 
espèce, Hippocheæte debilis Seem. (Equisetum debile Roxb.). 

Ces diverses familles sont suivies d'additions et corrections oü nous devons 
signaler le nouveau genre 7rimenia Seem. (Ternstrémiacées), dédié à M. Henry 
Trimen, du British Museum, et le 7/acombauia Seem. (Humiriacées) dédié 
au roi de Viti Tha Kombau. Voici les caractères de ces genres : 

TRIMENIA. — Flores polygami. Sepala 5, inæqualia, imbricata, a bracteolis 
ad petala subgradatim aucta. Petala 5, valde imbricata. Stamina 10, 2-se- 
riata; filamenta brevissima ; antherz lineares, erect, basifixæ, connectivo 
inappendiculato, longitudinaliter dehiscentes. Ovarium..... — Arbor glabra ; 
foliis oppositis, ovato-lanceolatis, acuminatis, serratis, basi in petiolum atte- 
nuatis, coriaceis, glabris, penninerviis; floribus brunneis, minutis, in pani- 
culas axillares dispositis. — 7. weinmanniæfolia (Seem. 198). 

THACCMBAUIA. — Sepala 5, imbricata. Petala... Stamina basi in tubum 
brevem connata... Discus annularis| in squamis 5 clavatis compositus. Ova- 
rium 5-loculare, apice 5-lobum ; ovula in loculis 2 superposita. Drupa.... 


PI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Arbuscula glabra, ramis teretibus; foliis exstipulatis alternis, brevipetiolatis, 
ovato-oblongis, acuminatis, grosse dentatis v. integerrimis, coriaceis, nitidis ; 
floribus axillaribus, cymosis, minutis. 

Un index alphabétique fait suite à ces additions ; il est suivi lui-méme de 
la préface de ce livre, qui comprend un résumé historique, et une introduc- 
tion rédigée par M. Seemann. Cette introduction est un mémoire de géogra- 
phie botanique fondé sur les riches matériaux recueillis aux Viti par. M. See- 
mann, et dans lequel il a étudié le caractere particulier de la (lore de ces iles, 
donnant la liste des espèces et des genres qui leur sont spéciaux. Dans ce 
mémoire, M. Seemann s'est préoccupé surtout de rechercher l'origine de la 
végétation herbacée des Viti, qui se compose de soixante-quatre espéces, et, 
ce qui ne laisse pas de nous surprendre un peu, il reconnait que la grande 
masse de ces espéces, soit quarante-huit, leur est commune avec le conti- 
nent américain. Mais ce fait n'est considéré par lui que comme un fait de natu- 
ralisation récente, prouvant que le sol de l'archipel des Viti s'est trouvé une 
terre vierge par rapport aux plantes de l'Amérique, et par conséquent prédis- 
posé à étre envahi par elles. Il en est de méme des plages de la Nouvelle-Hol- 
lande et de celles de l'Amérique du Nord, par rapport à nos plantes les plus 
vulgaires de l'Europe, qui s'y naturalisent aisément ; et si la réciproque n'est 
pas vraie, c'est, d’après M. Seemann, parce que l'Europe n'est pas une terre 
vierge pour la végétation de l'Australie, non plus que pour celle des États- 
Unis, puisqu'à l'époque éocène notre flore avait un caractère australien et à 
l'époque du lignite un caractère nord-américain (1). 

Aprés ce résumé du caractere de la végétation des iles Viti, M. Seemann 
a donné un résumé de la classification suivie par lui dans cet ouvrage, qui 
se réfère à celle de De Candolle, 

Le volume que nous avons sous les veux est terminé par un article nécrolo- 
gique consacré à la mémoire de M, Seemann, et accompagné de son portrait. 

Les planches de cette livraison représentent les espèces suivantes : 

Dendrobium Mohlianum Rchb. f., D. Tokai Rchb. f., Pleiosmilax 
vitiensis Seem. , Dracæna sepiaria Seem., Astelia montana Seem., Aneilema. 
vitiensis Seem.; un certain nombre de détails de brvologie, Trimenia wein- 
manniæfolia Seem. et Thacombauia vitiensis Seem. 


Beitrage zur Entwickelungsgeschichte der Farnspo- 
rangien (Recherches sur le développement du sporange des Fougeres); 
par M. Chr. Luerssen (extrait des Mittheilungen aus dem Gesammtgebiete 
der Botanik de MM. Schenk et Luerssen, t. 1, 3° partie); tirage à part en 
brochure in-8° de 52 pages, avec trois planches. 


Ce mémoire a été soutenu comme épreuve inaugurale devant la Faculté de 


(4) Cette théorie ne tient pas compte de l'extension qu'ont prise en Europe des plante . 
américaines telles que Erigeron canadense, Y Elodea, \’Ilysanthes, etc. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 2b 


philosophie de Leipzig par M. Luerssen. Tl s'y est occupé principalement des 
Marattiacées. Il résulte de ses recherches que les Marattiacées se distinguent 
de tous les autres Cryptogames vasculaires dont les sporanges sont primitive- 
ment des organes trichomateux (piliformes), indépendamment de la structure 
connue de leur sporange, par ce fait que ce n'est pas chez elles une cellule 
épidermique isolée, mais un groupe de cellules épidermiques qui forment 
l'origine du sporange par leur accroissement longitudinal. Les sporanges 
des Marattiacées, par la formation des spores dans des logettes rappelant le 
développement du pollen, passent décidément aux phyllosporanges. Ceux-ci 
se présentent chez les Ophioglossacées, chez lesquelles les spores se déve- 
loppent dans les logettes de la fronde fertile, entourées de nombreuses 
couches du tissu parenchymateux de la feuille, que recouvre souvent chez les 
Ophioglossum un épiderme muni des stomates habituels, Si nous comparons, 
dit l'auteur, la partie fertile de la (ronde des Ophioglossées à la feuille stami- 
nale des Phanérogames, il est impossible de méconnaitre que le sporange est 
analogue à la loge de l’anthère, et que les Ophioglossacées relient une série des 
végétaux Cryptogames avec les végétaux Phanérogames. Il en résulte la classi- 
fication suivante : 

I. ISOSPORE E. 

A. TRICHOSPORANGLE : — Filices : Hymenophyllaceæ, Gleicheniaceæ, 
Schizæaceæ, Osmundaceæ, Cyatheaceæ, Polypodiaceæ ; Equisetacee ; ` 
Marattiaceæ ; Lycopodiaceæ. 

B. PHYLLOSPORANGLE : — Ophioglossaceæ. 

II. HETEROSPORE E. 
A. TRICHOSPORANGIDÆ : Marsileacec ; Salviniaceæ ; Isoëtaceæ. 
B. CAULOSPORANGIEZÆ : Selaginelleæ (1). 


Ueber Asplenum (2) adullerinum Milde; par M. R. Sade- 
beck (Verhandlungen des botanischen Vereins für die Provinz Bran- 
denburg, 1871, pp. 78-97); tirage à part en brochure in-8°, avec une 


planche. 


Cet Asplenium, signalé pour la première fois par M. de Heufler ( Verhandl. 
der zool.-bot. Gesellschaft in Wien, t. Vt, p. 260) comme une forme sin- 
gulière de l'A. viride Huds., a été nommé A. adulterinum par Milde (Ueber 


die höheren Sporenpflanzen Deutschlands [1865], p. ^0) : ce savant le regar- 


(4) Nous émpruntons quelques traits de cette classification au dernier travail de 
M. Luerssen, Die Farne der Samoa-In$eln, publié dans le méme recueil, tome 1, 
pp. 345-415. 

(2) On sait que telle est l'orthographe suivie actuellement en Allemagne, du grec 
&cznvov. Les Grecs ont dit aussi oz2zwt» pour désigner une Fougère. Il est assez 
curieux que le terme grec se rapporte plutót à l'Asplenium Ceterach L., qui n'est plus 
méme une Aspléniée, M. Fée étant revenu sur les observations antérieures qui lui avaient 
fait attribuer un indusium à cette Fougére. 


26 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


dait, suivant une opinion exprimée dubitativement par M. de Heufler, comme 
un hybride de PA. viride et de l'A. Trichomanes. Il s'est exprimé de même 
dans ses /'ilices Europe et Atlantidis, p. 66. IL est revenu ensuite sur ce 
sujet dans le Botanische Zeitung, 1868, col. 88^, et est arrivé à penser que 
l'A. adulterinum est une forme de l'A. viride propre à la serpentine. 

M. Sadebeck, lui, croit que cette espèce est parfaitement autonome. Après 
avoir indiqué les caractères qui la distinguent del' A. viride et de PA. Tricho- 
manes, il en trace la diagnose suivante : 

Rhizoma oblique ascendens seu repens cæspitosum paleis nigricantibus 
plerumque pseudonervosis vestitum ; folia 1-7" longa, membranacea, rigi- 
dula, lineari-lanceolata, pinnatisecta. Petiolus et rhachis omnino exalata, uno 
sulco instructa; rhachis superne viridis inferne cum petiolo castanea. Seg- 
menta viridi-petiolata e basi integerrima inferne cuneata, superne truncata 
vel utrinque cuneata, ovato-rotundata vel subrotunda crenata, subtus sparse 
pilosa, decidua ; laminae segmentorum rectis fere angulis adversus rhachim 
directæ et inter se parallele. Nervi secundarii furcati obliqui. Sori costæ ple- 
rumque approximati oblongi, indusium integerrimum. Fasciculus vasorum 
petioli intus quadricruris, fasciculus vasorum rhachis intus superior et 
summa pars tricruris, una pars quadricruris. 


- Énumération des plantes indigènes de Pile de Tahiti, 
recueillies et classées par M. J. Nadeaud, ancien chirurgien de la marine. 
In-8° de 80 pages. Paris, F. Savy, 1873. — Prix : 3 fr. 50 c. 


M. Nadeaud a séjourné pendant trois ans et demi à Tahiti, de février 1856 
à août 1859. Il expose le résultat de ses recherches personnelles. Il commence 
par exposer des faits géologiques. Taïti et les iles voisines, dit-il, s'élèvent 
sensiblement de nos jours au-dessus du niveau de l'Océan. Au promontoire 
d'Atiue, on peut voir des bancs entiers de corail noircis par le temps et isolés 
au-dessus des terres environnantes. Au point de vue de sa flore, Taiti offre 
donc à considérer deux sortes de terrains :la plage formée de madrépores 
recouverts souvent par les terres que les pluies ont amenées, et en second lieu 
un sol volcanique constitué par des basaltes cristallisés, des brèches volcani- 
ques, des scories, des tufsà divers états de décomposition, enfin par des argiles 
ferrugineuses calcinées en plusieurs localités. La plage est caractérisée par une 
végétation que l'auteur appelle madréporique, et qu'on rencontre en effet sur 
toutes les iles basses de l'océan Pacifique. Ce sont, d'une part les. espéces du 
littoral facilement transportées par les courants (1), qui peuplent à la première 
période de leur développement végétal toutes ces petites iles qui surgissent 
sous nos yeux autour des grandes terres océaniennes ; d'autre part les espèces 


(4) On comparera avec intérét ces considérations avec celles que M, Balansa a pré- 
sentées à la Société à la fin de l'année 1872 sur la distribution des végétaux à la Nou- 
velle-Calédonie. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 27 


importées qui ont complétement changé la physionomie de l’ensemble sur les 
points où elles se sont établies. La portion volcanique du sol tahitien, avec ses 
hautes montagnes, ses vallées abruptes, ses crêtes tranchantes et ses pitons 
élevés, renferme au contraire les représentants de l’ancienne flore. Sur les 
sommets élevés, l'auteur a rencontré ces types caractéristiques, qui relient la 
flore tahitienne à celle des groupes les plus éloignés de l'Océanie. C'est ainsi, 
dit-il, que les îles Sandwich, les Viti, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calé- 
donie, l'ile Norfolk et la petite île Élisabeth elle-même se partagent, avec Tahiti, 
Jes espèces de certains genres presque exclusivement océaniens. 

Lorsqu'on s'élève de la plage vers les sommets intérieurs, on est frappé de 
la régularité qui semble présider à la distribution des espéces végétales. Les 
zones paraissent nettement délimitées : celle du Spondias dulcis, celle des 
Fougères arborescentes, celle du Musa Fe? ; mais cet ordre de superposition 
est bien souvent modifié par des causes locales. La température de l'intérieur 
étant de beaucoup au-dessous de celle du climat marin des plages, les espéces 
dont la limite inférieure est à 1000 m., au voisinage de la mer, serencontrent à 
600 m., et plus bas, dans le centre de l'ile, occupé par de hautes montagnes 
où s'accumulent les nuages. On y remarque des rosées d'une abondance 
extrême, qui favorisent le développement prodigieux de la végétation. Enfin le 
sud-est de l'ile est exposé à un vent impétueux qui améne souvent la pluie 
dans la saison séche, alors que Papéiti et ses environs jouissent d'une série 
de beaux temps. Cette circonstance fait que certains végétaux de l'intérieur, 
qui ne se voient qu'à une grande élévation prés Papéiti, descendent sur quel- 
ques points pour ainsi dire au bord de la mer, où ils trouvent une humidité 
constante nécessaire à leur développement. 

Le chiffre des espèces reconnues par M. Nadeaud comme indigènes s'éléve 
à cinqcent huit, non compris les Cryptogames cellulaires proprement dites (1). 
Les Fougères sont au nombre de cent vingt-sept. Un certain nombre d’espèces 
nouvelles sont établies par l'auteur dans les genres Gottschea, Symphyogyna, 
Plagiochasma, Marchantia, Anthoceros, Macromitrium, Fabronia, Tri- 
chomanes, Davallia, Polypodium, Ophioglossum, Dioscorea, Bolbophyl- 
lum, Arundina, Calanthe, Habenaria, Peperomia, Sponia, Fitchia (2), 
Psychotria, Guettarda, Ophiorrhiza (h esp. nouv.), Randia, Phyllostegia, 
Cyrtandra (5 esp. nouv.), Myrsine (5 esp. nouv.), Cyathodes, Panaz, 
Reynoldsia, Viscum, Byttneria, Entelea, Phyllanthus, Melicope, Evodia, 
Erythrina. 


(4) L'auteur range les Hópatiques et les Mousses parmi les plantes cellulaires. 

(2) Le Fitchia nutans Hook. f. est attribué dans le Journal of Botany, 1845, p. 640, 
à l’île Elisabeth. M. A. de Candolle a répété cette assertion (Géogr. bot., 1331). D'aprés 
M. Seemann (Fl. Vit., 109); ce serait plutôt à Tahiti que cette espèce aurait été recueillie 
par Cuming. M. Nadeaud indique le F. nutans et le F.tahitensis n. sp. D'après 
M. J.-E. Planchon, ce serait dans la tribu des Hélianthées, et non loin des Bidens, que 
devraient se placer les Fitchia. 


98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Reliquiæ Libertianæ ; par M. E. Marchal (Bulletin de la Société 
royale de botanique de Belgique, t. xt, 1872, pp. 3-15). 


La collection cryptogamique recueillie par M!* Libert, de Malmédy, fait 
partie des collections de l'herbier national de Belgique, oà M. Marchal, aide- 
naturaliste au Jardin botanique de Bruxelles, a été chargé de la mettre en 
ordre. En déterminant ou revisant une partie des Mousses, il a été émerveillé 
à la vue du grand nombre et dela rareté des espèces. Ainsi il a trouvé dans 
les Mousses quarante-cinq espéces signalées dans ces derniers temps comme 
nouvelles pour la flore de Belgique, que M''* Libert avait déjà découvertes il y 
a peut-étre plus de trente ans, et huit espéces ou variétés encore nouvelles 
maintenant. Parmi celles-ci, dit M. Marchal, il en est qui, comme le Sp/a- 
chnum spharicum, YOligotrichum hercynicum, le Schistotega osmundacea, 
sont trés-curieuses en ce qu'elles montrent jusqu'a l'évidence le caractère 
subalpin de la végétation de cette intéressante région. 


Énumération des Glumacées récoltées aux Antilles 
françaises; par MM. T. Husnot et A. Coutance (extrait du Bulletin 
de la Société Linnéenne de Normandie, 2* série, t. V); tirage à part en 
brochure in-8° de 35 pages. Caen, impr. Le Blanc-Hardel, 1871. 


Ce travail fait suite aux notices déjà publiées par M. Husnot ou par ses colla- 
borateurs sur les plantes rapportées par lui des Antilles francaises et du Véné- 
zuéla. M. Coutance, pharmacien de la marine, qui a herborisé pendant quatre 
ans à la Martinique, y a recueilli cinquante-sept Glumacées (qu'il a dessinées 
et peintes d'une manière remarquable); M. Husnot cent quinze ; les deux 
collections réunies forment un total de cent dix-huit espéces. M. Grisebach, 
dans ses Systematische Untersuchungen ueber die Vegetation der Karaiben, 
insbesondere der Insel Guadeloupe, en a indiqué encore dix-neuf qui ne 
figurent pas dans les collections de M. Husnot. On arriverait ainsi au chiffre 
de 137, probablement inférieur à la réalité. Il faut remarquer que les Glu- 
macées sont peu nombreuses dans les forêts et les montagnes, tandis qu'elles 
sont abondantes au bord des chemins et dans les savanes de la région infé- 
rieure. Les déterminations de M. Husnot ont été faites à l'aide de l'herbier 
Lenormand à Caen et de l'herbier de Candolle à Genève. On remarque parmi 
les espèces énumérées par lui le Paspalum Lenormandi Husnot, qui diffère 
du Paspalum pusillum Vent. par ses tiges trés-longuement rampantes, 
longues de 4 à 6 décimétres, ses feuilles beaucoup plus larges, ses épillets 
moins arrondis, etc. ; et P. antillense Husnot, facile à distinguer du P. pli- 
catulum Mich. et des espéces voisines par les longs cils qui bordent ses feuilles 
vers leur base sur une longueur de 3 à 5 centimètres. 

Cette étude est terminée par le tableau du nombre des espèces de chaque 
tribu à différentes altitudes. D'une manière générale, le nombre des espèces 
y diminue notablement à mesure qu'on s'élève. 


——— 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 29 


Mémoire sur le genre Goarcinia (Clusiacées) et sur l'origine et 
les propriétés de la gomme-gutte ; par M. J.-L. de Lanéssan. Br. in-8° de 
112 pages, avec une planche. 


M. de Lanéssan a divisé cette thèse en trois parties. Dans la première, il 
étudie les espèces du genre Garcinia. M a repris avec une analyse scrupu- 
leuse l'analyse de toutes les espèces qu'il a trouvées dans l’herbier du Muséum 
de Paris, aidée de quelques échantillons que lui ont envoyés MM. Hanbury et 
Carruthers. Il fait rentrer dans le genre Garcinia le Discostigma Hassk. non 
Planch. et Tr. et le genre Zebradendron Grah. (1). Il n'a point suivi dans son 
essai de classification des Garcinia la méthode employée par MM. Planchon et 
Triana dans leur Mémoire sur la famille des Guttifères, œuvre qui n'est en 
général, dit-il, qu'un travail de critique, et de critique bien imparfaite. Il 
divise le genre Garcinia en quatre sous-genres, caractérisés par la déhiscence 
des anthères : le premier a les anthéres à deux loges s'ouvrant par des fentes 
longitudinales ; le deuxième, Discostigma sect. Eudiscostigma Pl. et Tr., a 
des anthéres à deux loges s'ouvrant par le sommet à l'aide de deux pores ; le 
troisième a des anthères à quatre logettes ; il ne renferme que le G. Kydiana 
Planchon ; le quatrième a des anthères à trois ou quatre loges s'ouvrant par 
des fentes longitudinales; le cinquième (Zebradendron Graham), des anthéres 
à une seule loge s'ouvrant par une fente transversale, à l'aide d'un couvercle. 

Il énumère ainsi seize espèces de Garcinia (2) qu'il décrit avec grand soin, 
en examinant dans de grands détails les synonymes de chacune d'elles. Il 
rejette plusieurs espèces établies par Choisy ou d'autres auteurs, et conser- 
vées par M. Planchon, comme trop incertaines pour prendre place dans son 
mémoire. 

Dans la deuxième partie de sa thèse, M. de Lanéssan traite de l'origine de 
la gomme-gutte, Les botanistes qui avaient habité Ceylan : Hermann, Bur- 
maun, Koenig, se sont accordés à considérer la gomme-gutte comme le pro- 
duit de cet arbre à fruit cérasiforme, signalé, pour la premiere fois, par les 
fréres de Bry, dans leur traduction de Linschott, et connu, depuis eux, sous le 
nom de Carcapuli de Linschott. Koenig envoya de Ceylan à Banks des notes 
et des échantillons malheureusement mélangés avec lesquels Murray établit 
son Stalagmitis cambogioides. L'opinion et l'espéce de Murray furent généra- 
lément admises jusqu'au jour où Graliam démontra qu'il avait confondu des 
débris de Xanthochymus ovalifolius Roxb. et d'Hebradendron cambogioides. 
M. de Lanéssan rapporte la gomme-gutte au Garcinia Morella Desrousseaux 
(Mangostana Morella Gærtn.), avec M. Thwaites (Enumeratio plantarum 


(1) Cette manière de voir est celle qu'ont adoptée MM. Bentham et J. Hooker dans 
leur Genera plantarum, que l'auteur n'a pas cité. Méme les botanistes anglais réunis- 
sent encore au genre Garcinia le Terpnophyllum Thw., que M, de Lanéssan en sépare. 

(2) MM. Bentham et Hooker en admettent trente-six, en y comprenant des types 
africains dont M, de Lanéssan n'a pas parlé. 


30 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Zeylaniæ, 1864, p. 49); il y rapporte aussi les types suivants : Garcinia 
elliptica Wall., G. lateriflora Bl., G. Gaudichaudii Pl. et Tr., G. acumi- 
nata Vl. et Tr. et G. pictoria Roxb. 

Il résulte de cette longue discussion que la gomme-gutte n'est point fournie 
par le Garcinia Cambogia Desr. (Cambogia Gutta L., Mangostana Cambogia 
Gærtn., Carcapuli Acosta non de Bry, à fruit gros comme une orange), 
ainsi que l'ont cru plusieurs auteurs, notamment Moquin-Tandon (Éléments 
d'hist. nat. médicale, p. 335, f. 100, et l'auteur du livre suivant). La gomme- 
gutte de Siam est également produite par le G. Morella. 

Dans son dernier chapitre, l'auteur étudie les laticifères du G. Morella, 
d’après un échantillon conservé dans l'alcool; puis il passe en revue le côté 
médical de la question, sans avoir fait d'ailleurs d'expériences nouvelles sur 
les propriétés de la gomme-gutte, médicament peut-étre digne, dit-il, de 
sortir de l'oubli dans lequel il est depuis longtemps plongé. - 


Traité pratique et rationnel de Botanique médicale, 
comprenant l'organisation et les classifications des végétaux, les caractéres 
des familles, la description, les propriétés et l'emploi des plantes médicinales 
indigènes et exotiques, suivi d'un Mémorial thérapeutique; par M. Paul 
Hacquart, avec une préface de M. Louis Jourdan. Rouen, D. Brière et 
fils, 1872. Paris, chez J.-B. Baillière et Fils. — Prix : 6 fr. 


Ce livre porte pour épigraphe : « Le meilleur médecin est celui qui apprend 
aux malades à se guérir eux-mêmes », et, dans sa préface, M. Louis Jourdan 
présente ce livre comme spécialement destiné aux gens du monde. Il est di- 
visé en trois parties. La première traite d'une manière sommaire de l'organi- 
sation des végétaux, la deuxième des classifications; la troisième partie est 
intitulée : Caractères des familles, description, propriétés et emploi des plantes 
médicinales. L'auteur a suivi la classification Candollienne. Le mémorial thé- 
rapeutique permettra (aux geus du monde, sans doute) de reconnaitre, la 
maladie une fois déterminée, de quel médicament ils devront faire usage contre 
elle. Par exemple ils apprendront que dans le cas d'accouchement. laborieux 
on emploie le Seigle ergoté. De pareilles pratiques pourraient étre fort dan- 
gereuses, si l'usage s'en généralisait. 


Mémorial du naturaliste e£ du cultivateur; par MM. Éd, 
Morren et André De Vos. In-8° de 146 pages. Liége, 1872. 


Les auteurs ont condensé le plus briévement possible tout ce qu'ils ont pu 
apprendre d'éphémérides intéressantes pour le naturaliste, le cultivateur, lé 
botaniste et l'amateur de jardins, dans cette publication honorée d'une mé- 
daille de vermeil par la Société de la Fédération, sur le rapport de M. de 
Canuart d'Hamale. Ils citent les températures quotidiennes d’après les obser- 
vations de M. Ernest Quételet, et ils ont profité du calendrier de Flore, publié 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 947 


par M. Adolphe Quételet. Ils ont rapproché dans leur livre les observations 
scientifiques consignées dans les publications de l'Académie et de l'observa- 
toire belges, des vieux dictons populaires qui concernent les mêmes phéno- 
ménes, Ils ont aussi rattaché aux phénomènes naturels du règne végétal cer- 
taines opérations agricoles ou horticoles qu'il convient de pratiquer vers la 
méme époque. Les auteurs n'ont présenté leur œuvre que comme un essai 
qu'ils éspèrent améliorer; ils profiteront certainement, pour une prochaine 
édition, des reproches qui leur ont été faits sur certains doubles emplois et 
sur des défauts de concordance qui prennent évidemment leur source dans 
des erreurs de copie ou de typographie. 


Classification de 100 Caoutchoues et Gutta-perchas, suivie de 
notes sur les sucs de Balata et de Macaranduba ; par M. Bernardin. In-8° 
de 20 pages. Gand, impr. C. Annoot-Braeckmann, 1872. 


Nous avons signalé plus haut, (t. xix, Revue) p. 189, deux publications de 
botanique appliquée témoignant de l'excellent esprit de vulgarisation qui inspire 
le conservateur attaché au remarquable musée de la maison de Melle-lez- 
Gand (1). Celle que nous signalons aujourd'hui se présente comme le cadre 
d'une des lecons faites par M. Bernardin à cet établissement commercial-indus- 
triel, où il est chargé du cours de marchandises. Après avoir énuméré les 
matières élastiques fournies par les végétaux, et avoir donné des détails sur 
quelques-unes d'entre elles, notamment sur l'/sonandra gutta Hook. et le 
Siphonia Cahuchu Rich. , il fait connaitre des faits nouveaux sur la Balata. 

La balata est le suc concret du Mimusops Balata Gaertn. (Achras Balata 
Aubl.?) (2), arbre qui abonde dans les trois Guyaues. Il s'obtient par inci- 
sion. Le poids spécifique de la balata propre, solide et séche, a été trouvé 
de 1,042 ; elle brûle facilement en donnant une odeur de fromage pourri, 
odeur qui existe déjà dans le produit brut ; elle est soluble à chaud dans le 
chloroforme, l'huile de houille et le sulfure de carbone; par le refroidisse- 
ment, elle se dépose à l'état granuleux. A 120^ F., elle devient plastique comme 
la gutta-percha. Il parait que la balata, tout en n'étant pas aussi cassante 
que la gutta-percha, résiste moins aux pressions, ce qui la rend moins propre 
à la fabrication des cábles électriques ; cependant, pour divers cas spéciaux, 
pour les sondes, par exemple, rien ne peut rivaliser avec ce produit, et on 
peut le considérer comme un excellent auxiliaire du caoutchouc et de la 
gutta-percha. 

(4) t1 faudrait y joindre la Classification des huiles végétales, publiée en anglais et en 
francais, en 1870, par le méme auteur. 

(2) Cet arbre est indiqué par Aublet (p. 308) comme de l'ile de France; il cite Rheede, 
Hort. mal., t. 1v, tab. 25, p. 53. Cependant le mot Balata est hien l'expression usitée 
à la Guyane, comme nous le certifie M. le docteur Sagot. Aublet a dû confondre le 
Baiata de la Guyane avec quelque Sapvtacée analogue de l'ile Bourbon. M. Sagot ajoute 


que l'on a appliqué par extension, à la Guyane, le mot de Balata à d'autres Sapotacées de 
ce pays, où ces plantes sont en général assez mal connues. 


32 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Pour la résine de Macaranduba, arbre colossal du Para, l'auteur reproduit 
quelques documents empruntés aux rapports sur l'exposition de 1867. 


Contributions to the flora of Mentone and to a winter flora 
of the Riviera, including the coast from Marseilles to Genoa ; par M. J. 
Traherne Moggridge. Londres, chez L. Reeve et C's, 1871. 


Voici les espèces figurées dans cette quatrième livraison d'un ouvrage sur 
lequel nous avons déjà appelé à juste titre l'attention de nos lecteurs : 
Helianthemum Tuberaria Mill., Fumana viscida Spach, F. lœvipes Spach, 
Viola arborescens L., Polygala nicæensis Risso, Potentilla subacaulis L. 
var. albicans Moggr., Peucedanum venetum Koch (Prades, Bezaudun pr. 
Grasse, Nice, Menton), Campanula isophylla Moretti, Convolvulus sepium 
L., C. sylvaticus Waldst. et Kit. (C. sylvestris Willd., C. lucanus Ten., de 
Menton, peut-être une variété du précédent); C. undulatus Cav. (C. evolvuloides 
Desf.), C. pentapetalodes L.; Omphalodes verna Mœnch, Ballota spinosa 
Lk (B. frutescens Wood), Androsece Chaixii G.G., des Alpes-Maritimes ; 
Daphne Gnidium L. , Thymelæa hirsuta Endl. , Aristolochia pallida Willd., 
Nectaroscordum siculum Lindl., Aphyllanthes monspeliensis L., Narcissus 
chrysanthus DC., N. Bertolonii Parl., Romulea Columnæ Seb. et M., R. 
ramiflora Ten., R. Bulbocodium Seb. et M., R. ligustica Parl., Serapias 
neglecta DNtrs, S. longipetala Poll., S. lingua, S. occultata J. Gay 
(S. parviflora Parl.), Orchis papilionacea L , Cyperus melanorrhizus Del. 
(C. aureus Ten., C. Tenorii Presl.). 


Ueber Blüthenentwickelung bei den Compositen (Sur 
le développement de la fleur chez les Composées); par M. Franz Buchenau 
(Botanische Zeitung, 4872, n° 18, 19 et 20, avec une planche). 


M. Buchenau est revenu, aprés avoir étudié et passé en revue tout ce qui a 
été écrit depuis vingt ans sur le pappus des Composées, de sa première opi- 
nion, en vertu de laquelle il refusait un calice à ces plantes. Des études de 
morphologie comparée répétées sur les Ombellifères, les Valérianées, les 
Dipsacées, les Calycérées et les Composées l'ont conduit, de méme que l'exa- 
men de divers cas tératologiques, à cette conclusion, que toutes ces familles ont 
à l'origine un calice à cinq éléments dont la situation, comme en général chez 
les Dicotylédones, offre une foliole postérieure, deux latérales et deux anté- 
rieures. Il a observé dans ces diverses familles toutes les transitions possibles 
entre la présence d'un calice normal et sa suppression absolue. Il est vrai que 
le pappus ne fait son apparition chez les Composées qu'aprés les verticilles 
floraux plus intérieurs, tout au rebours du développement du calice chez les 
autres familles ; mais M. Buchenau reconnait qu'en s'appuyant sur ce fait il a 
exagéré la valeur de l'organogénie, car daus bien des cas des organes qui exis- 
tent à l'origine n'apparaissent pasa l'extérieur. Est-il donc si déraisonnable de 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 33 


soutenir que chez les Composées ou chez ce groupe de plantes d’où elles sont 
dérivées dans les âges antéhistoriques, le calice parfaitement développé à l'ori- 
gine s'étiole peu à peu, peut-être à cause de la compression réciproque que 
subissent les fleurs ? La situation des autres verticilles floraux révélerait dans 
ces cas d'avortement l'existence antérieure de folioles calicinales, quand méme 
la morphologie comparée n'indiquerait pas tous les passages entre l'existence 
d'un calice complétement développé et son absence complète. 

Le pappus occupe, quand il apparait tardivemeut, la place du calice. Mais 
M. Buchenau pense que, d'aprés les recherches les plus récentes, c'est une 
vaine tentative que de chercher à ramener les divisions de l'aigrette à cinq 
folioles calicinales primitives. Ce sont des organes accessoires d'un calice 
avorté, et non des organes de méme importance que les éléments appendicu- 
lares de la fleur. Dans. des cas anomaux, qui ne sont pas rares, on voit le 
pappus s'insérer sur cinq (ou plus) folioles vertes pourvues de faisceaux vascu- 
laires qui se développent en proportion inverse de ce pappus. 

Le double calice des Dipsacées est, selon M. Buchenau, analogue à un calice 
dans sa partie externe ou inférieure, à un pappus dans sa moitié interne ou 
supérieure, Le pappus des Valérianées doit étre considéré comme un calice 
développé d'une maniére particuliere, bien qu'on cherche vainement à en 
ramener ]es parties isolées à cinq folioles calicinales, 

M. Buchenau entre encore dans la discussion d'un grand nombre de points 
de détail dans lesquels nous ne pouvons le suivre. Il contrôle notamment les 
observations de M. Kóhne, dont le travail lui parait du reste porter la marque 
d'une grande maturité de jugement. 

Il figure le développement des espèces suivantes : Zagascea mollis Cav., 
ÆRhagadiolus stellatus Willd., Siegesbeckia orientalis L., Fedia uncinata 
M. Bieb., Valerianella alliariæfolia ? et Acicarpha tribuloides Juss. 


Bægerct hos Kurvhlomsterne. Et histologisk forsog at hævde 
udviklingens enhed i planteriget (Ze calice des Composées, essai histolo- 
gique sur l'unité de développement dans le règne végétal) ; par M. Samsoe 
Lund (Botanisk Tidsskrift, 1872, pp. 1-120, avec quelques gravures sur 
bois intercalées dans le texte). 


L'auteur étudie d'abord le calice du Cirsium arvense, puis celui dela classe 
des Composées ; ensuite il fait des observations sur la croissance de la 
feuille des Phanérogames en général. Son travail est un exposé du développe- 
ment relatif des tissus qui entrent dans la composition du calice, suivant la 
méthode allemande, avec l'emploi absolu des néologismes qui sont entrés dans 
l'enseignement de la botanique en Allemagne depuis les travaux de M. Sanio 
et de M. Nägeli. M. Lund a méme innové encore en renchérissant sur cette 
terminologie. Ainsi, il appelle pycnome un méristème primitif, sécrété (7) sur 
le point vital (punctum vegetationis), à l'état de tissu solide, et pérzpycnome 

Bh XL É (Bevue) 3 


sh SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


(ou pour abréger périnome), un méristème primitif, sécrété (?) sur le point 
vital à l'état de tissu engainant ou creux dans son intérieur. Ce « point vital » 
peut étre aussi une ligne, suivant que le centre de développement des nou- 
veaux tissus, dans la plante que l'on considére, est un point ou bien une 
ligne. L'importance de ces formations parait telle à l’auteur qu'il regarde 
comme individu végétal toute partie de la plante développée par un point ou 
sur une ligne vitale, et par conséquent toute tige, toute racine, tout lobe 
foliaire, tout poil (trichome), etc. 

Ces dénominations sont préférées par l'auteur à celles qu'a instituées 
M. Hanstein, sous les formes de dermatogène, périblème et plérome. M. Lund 
soutient que les définitions de l'auteur allemand manquent de précision, et 
que d'ailleurs elles ont le tort grave de supposer, entre le développement des 
Phanérogames et celui des Cryptogames, une limite qui n'est point tranchée 
à l'origine, et qui s'accuse seulement par les progrès de l'organisation des 
tissus. Cependant, autant qu'on peut se reconnaitre dans cette terminologie 
nouvelle, il nous semble que le plérome de M. Hanstein est à peu de chose 
près le pycnome de M. Lund, et que le périblème et le dermatogène (ou 
couche externe du péribléme , qui supporte les trichomes ou appendices 
pileux) sont tous deux des péripycnomes pour l'auteur danois. D'ailleurs, au 
point de vue de l'unité de développement (histologique) que l'auteur a constaté 
entre les deux embranchements du régne végétal, et qui lui parait le résultat 
ultime et général de ses recherches, il ne fait que confirmer les opinions de 
MM. Nägeli et Hofmeister. 

L'aigrette des Composées est regardée par M. Lund comme un calice avec 
la majorité des anciens morphologistes ; il a cependant sur ce point des 
opinions particuliéres. Fondé sur l'examen organogénique et sur des cas téra- 
tologiques oà il a vu les rayons de l'aigrette remplacés chacun par une lamelle 
foliacée, il croit que les sépales sont multipliés chez les Composées comme 
les carpelles chez les Renonculacées, et que chaque rayon de leur aigrette re- 
présente une foliole calicinale. 

Il faut, pour étre juste, rapprocher les études de l'auteur de celles qui 
avaient été faites antérieurement, sur le développement de l'aigrette, par 
MM. Buchenau (1), Weber (2), Kóhne (3) et Hofmeister (4). 


(1) Abhandlungen der Senckenbergischen Gesellschaft zu Frankfurt a. M., 1854, 
t. 1, p. 106. (Voyezle Bulletin, t. 1**, p. 131.) 

(2) Verhandlungen des naturhistorischen Vereins der preussischen Reinlande und 
Westphalens, 1860, t. xvit, p. 333. 

(3) Voyez le Bulletin, t. xvi, Revue, p. 109. 

(4) Handbuch der physiologischen Botanik, 4868, t. 1, p. 468. — M. Hofmeister a 
regardé le calice des Composées, des Valérianées et des Dipsacées comme un verticille 
: xn foliacées, et parait même disposé à considérer chaque poil isolé comme une 
euille, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 39 


The Botany of the Speke and Grant Expedition, an Enu- 
meration of the plants collected during the journey of the late captain J.-H. 
Speke and Captain (now lieut.-col.) J.-A. Grant from Zanzibar to Egypt. 
The determinations and descriptions by professor Oliver and others con- 
nected with the herbarium Royal, Gardens, Kew; with an introductory 
Preface, Alphabetical List of native Names, and notes by colonel Grant 
(Transactions of the Linnean Society, vol. XXIX, pp. 1-69, avec une carte 
géographique et 35 planches lithographiées). Londres, 1872. 


Les résultats considérables acquis à la géographie par l'expédition des 
voyageurs anglais Speke et Grant sont trop connus pour qu'il nous soit néces- 
saire de les rappeler ici. On sait que partis de l'ile de Zanzibar, ils ont remonté 
le cours impétueux du Kingani et traversé depuis le 9* degré de latitude aus- 
trale les déserts ou les foréts de l'Afrique méridionale jusqu'à l'équateur, c'est- 
à-dire jusqu'à Mtesa's, situé sur la rive septentrionale du lac Victoria Nyanza, 
d'où sort, par le détroit Napoléon, le Nil Blanc ou la branche mère de ce 
fleuve, que les voyageurs ont suivi jusqu'au Caire. Nous ne retracerons pas 
leurs fatigues et leurs dangers. Nous insisterons seulement sur ce fait, que les 
hauts plateaux de l'Afrique orientale sont loin, d’après la carte jointe à cette 
publication, et donnant les altitudes, d'atteindre l'élévation que leur ont assi- 
gnée quelques naturalistes (1). 4000 pieds (anglais) seraient l'altitude la plus 
considérable observée par le capitaine Grant, sur le terrain plat, bien entendu, 
et sans tenir compte de la hauteur des montagnes, dont la plus élevée, le 
Kilima Njaro, a 18700 pieds de hauteur. Cette élévation moyenne faible 
explique la diffusion large des espèces de l'Afrique tropicale, qui des plaines du 
Sénégal et du Sennaar pénètrent jusqu'au sud du Victoria Nyanza, de méme 
que les espèces des montagnes de l'Abyssinie se retrouvent sur les mon- 
tagnes de l'Unyamwezi. Ajoutons que des espéces recueillies par Welwitsch 
dans le royaume d'Angola se sont aussi montrées dans les récoltes faites par 
le colonel Grant. Ce peu de mots suffira à nos lecteurs pour qu'ils con- 
çoivent l'extrême importance que présentent au point de vue géographique 
les travaux que MM. Oliver, Masters et Baker ont faits sur ces récoltes. Il y a 
peu d'espèces nouvelles, il est vrai, dans Zhe Botany of the Speke and Grant 
Expedition, mais parce que la plupart avaient déjà été signalées, d’après 
l'herbier de M. Grant lui-même, dans le Flora of tropical Africa, qui se 
publie à Londres sous la direction de M. Oliver. 

Les planches annexées à ce mémoire représentent les espèces suivantes : 
Clematis chrysocarpa Welw. (qui se retrouve sur les deux côtés du vaste 
continent africain); Ranunculus pinnatus Poir. (R. striatus Hochst. in Rich. 


(4) Voyez un mémoire de M, Virlet d'Aoust, ies Origines du Nil, publié dans Les 
P 
Mondes du 28 novembre et du 5 décembre 1872. 


36 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Fl. Abyss., espèce qui parvient jusque dans l'Afrique méridionale); Sene- 
biera nilotica DC.; Cleome hirta Oliv.; Cleome monophylla L.; Boscia sali- 
cifolia Oliv.; Cochlospermum niloticum Oliv. ; Polygala persicariæfolia DC. 
var.; P. acicularis Oliv., Pavonia hirsuta G. et P. (P. insignis Fenzl); 
P. Schimperiana Hochst.; Hibiscus Grantii Mast.; H. articulatus Hochst. ; 
H. gossypinus Thunb. var.; Dombeya reticolata Mast.; Melhania ferrugi- 
nea A. Rich.; Grewia mollis Juss.: Harrisonia abyssinica Oliv., qui se 
retrouve à Zanzibar; Ochna macrocalyx Oliv.; Trichilia emetica Vahl, dont 
la zone est extrêmement étendue dans l'intérieur de l'Afrique tropicale ; 
Elæodendron æthiopicum Oliv.; Vitis cornifolia Baker; Vitis Grantii Baker; 
Sorindeia madagascariensis DC.; Odina fruticosa Hochst.; Crotalaria ni- 
gricans Baker; C. Grantii Baker; Tephrosia Vogelii Hook. f., qui appartient 

la flore du Niger et à celle du Zambese; 7. æquilata Baker; T. polysperma 
Baker; 7. rigida Baker; 7. reptans Baker; 7. eriosemoides Oliv.; Smithia 
capitulifera Welw., d'Angola ; Eriosema flemingioides Baker; Cassia falei- 
nella Oliv.; Albizzia brachycalya Oliv. 


Onthe Hippocratenceæ of South America; par M. John 
Miers (Transactions of the Linnean Society, vol. xxvii, pp. 319-432, 
avec 17 planches lithographiées, 1872). 


Aprés avoir fait l'histoire de cette famille, que MM. Bentham et Hooker ré- 
duisent aux deux genres Hippocratea et Salacia, M. Miers passe en revue les 
caractères généraux de cette famille. Il établit qu'elle ne peut rester confondue 
avec les Célastrinées notamment, à cause de la forme de son fruit et de son 
mode de développement. Il donne ensuite le conspectus des genres américains 
de cette famille, qui s'élévent dans son mémoire au nombre de dix-sept, dont 
onze lui appartiennent, et un nouveau, Cuervea, est signé de M. Triana. L'au- 
teur a mis à contribution dans ce mémoire toutes les flores de l'Amérique 
méridionale à partir de celle du Mexique. Un grand nombre d'espéces nouvelles 
ont été établies par lui, et plusieurs d'entre elles sont représentées dans les 
planches. | 


Bominique Villar, étude biographique ; par M. Aristide Albert (extrait 
du journal /e Dauphiné); tirage à part en brochure in-8° de 32 pages. 
Grenoble, impr. Prudhomme. 


La vie et la correspondance du célèbre auteur de l'Histoire des plantes 
du Dauphiné ont été déjà l'objet de nombreuses publications biographiques 
ou bibliographiques, parmi lesquelles il faut citer celles de MM. Albin Gras, 
H. Gariel, J.-B. Verlot, Timbal-Lagrave, Auguste Gras, le discours de 
M. Cosson à la session de Grenoble, etc. (1). M. Albert a trouvé encore à 
glaner aprés ces publications. 


(4) Notre Bulletin a méme reproduit en partie une lettre fort curieuse de Villars, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 87 


Il commence par transcrire l'acte de naissance de Villar (1); puis retrace 
les commencements de sa vie, laborieuse et pénible, sa liaison heureuse avec 
l'abbé Chaix, ses herborisations, les encouragements qu'il recut de M. de 
Marcheval; sa participation à l'exploration scientifique du Dauphiné, son 
voyage à Paris; ses /rois publications sur la flore du Dauphiné, le Prospectus, 
le Flora delphinalis (2) et l'Histoire des plantes du Dauphiné, et quelques 
autres publications moins importantes (3) ; puis les déceptions éprouvées par 
Villar à l'apogée de sa carrière, la suppression des fonctions qu'il remplissait 
à Grenoble, et qui l'obligent, à cinquante-huit ans, d'émigrer à Strasbourg, 
où il meurt en 1814, doyen de la faculté des sciences. 


Étude anatomique, organozénique ct physiologique sur 
les Algues d'ean douce de la famille des Lémanéa- 
eées ; par M. S. Sirodot (Ann. sc. nat., 5* série, t. XVI, pp. 1-95, avec 
8 planches). 


Nous avons déjà rendu compte (t. xviir, Revue, p. 90), à l'occasion d'une 
note de M. Sirodot insérée dans les Comptes rendus, du fait le plus important 
découvert par lui dans les Zemanea de Bory, la fécondation de ce curieux 
genre de Conferves, ignorée jusqu'aux travaux de l'honorable doyen de la 
Faculté des sciences de Rennes. Ces travaux paraissent daus les Annales in 
extenso avec le concours d'excellentes planches dessinées par l'auteur, qui 
résume de la manière les résultats de ses persévérantes études. 

Les Algues d'eau douce classées dans la famille des Lémanéacées se rencon- 
trent, soit sur le lit rocailleux des ruisseaux et des rivières à pente rapide, soit 
aux chutes naturelles ou artificielles, résultant de barrages ou d'écluses, prin- 


cipalement au-dessous des vannes de moulin. 
Ces Algues vivaces sont représentées, dans l'intervalle de deux périodes de 
végétation, par un système radicant constitué, soit par des filaments rameux 


dont M. Aristide Albert cite plusieurs passages dans sa brochure (voyez le Bulletin, 
tz xt, p. 152). 

(4) Le «i de Villar, dit l'auteur en terminant dans une note, doit être écrit sans s : 
nous ne savons pourquoi il fut imprimé avec l'addition de cette lettre dans le titre de son 
grand ouvrage : l Histoire des plantes du Dauphiné; mais l'acte de naissance de Villar, 
Pacte de célébration de son mariage, l'acte de naissance de son fils, la signature apposée 
au bas de très-nombreux documents ou lettres, le Flora delphinalis, portent Villar et 
non Villars. — Faudrait-il à ce compte modifier l'orthographe du Villarsia nymphoides, 
de l'Erigeron Villarsii, etc. ? Voyez d'ailleurs une Note de la Commission du Bulletin, 
t. vit, p. 548. 

(2) Cet ouvrage, édité par Gilibert en 1785, est encore attribué à cet auteur dans 
le dernier catalogue de la librairie Friedländer. Cf. Pritzel, Thesaurus, ed. 1, n. 3633 et 
10747. Le Flora delphinalis se trouve imprimé à la suite du Chloris lugdunensis de 
Latourrette. 

(3) Le catalogue complet des œuvres de Villars, publié dans le Bulletin de la Société de 
l'Isère, t. 111, pp. 174 et suiv., par M. H. Gariel, ne comprend pas moins de cinquante- 


cinq numéros. 


38 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


à cellules courtes, ovoïdes, cylindriques ou polyédriques suivant leur état d’ag- 
glomération, soit par des mamelons proembryoniformes. 

Le thalle naît par bourgeonnement à la surface libre du système radicant. 
Il se compose de filaments capillaires constitués par une série unique de cel- 
lules cylindriques, dressés, rameux, dont la longueur n’atteint qu'exception- 
nellement 7 à 8 millimètres. Dans la grande généralité des espèces, ces fila- 
ments, d’abord peu nombreux, se multiplient par un nouveau bourgeonnement 
sur des radicelles émises par la partie basilaire des filaments caulinaires primi- 
tifs, et finalement se présentent sous la forme de petites toufles cespiteuses. 
Chez la plupart des espèces, le thalle s'éteint après avoir produit des rameaux 
fructifères qui deviennent indépendants, se fixent et se nourrissent par un 
système spécial de filaments radicellaires issu de leur base ; d’où il résulte qu'à 
chaque période de végétation, l'espéce est représentée par deux individus, l'un 
végétatif, l'autre fructifère. 

Les organes de la fécondation, mâles et femelles, anthéridies et trichogynes, 
apparaissent sur un rameau transformé en une longue production filiforme ou 
sétacée, simple ou rameuse, extérieurement divisée en segments identiques (1) 
soit par des verticilles d'éminences mamillaires plus ou moins accusées, soit 
par des renflements régulièrement espacés ; creusée intérieurement d'une 
cavité, dont le centre est occupé par un axe articulé nu ou enveloppé de fila- 
ments qui le contournent en spirale. Chacune des cellules de cet axe corres- 
pond avec un segment externe et produit une ramification cruciforme dont les 
prolongements s'étendent parallèlement aux parois internes pour constituer des 
tubes latéraux ou placentaires. 

Les anthéridies, courtement cylindriques, se développent extérieurement sur 
un tissu basilaire spécial situé, soit au lieu et place des éminences verticillées 
(papilles des auteurs), soit au sommet des renflements, avec une disposition 
annulaire régulière ou irrégulière, continue ou interrompue. 

Le trichogyne, longue cellule cylindrique, transparente, hyaline, simple ou 
rameuse, termine un ramuscule (rameau gynécogène) court, qui, prenant 
naissance sur le côté externe des tubes latéraux ou placentaires, pénètre dans 
l'épaisseur de la paroi et fait saillie au dehors par son extrémité libre. 

Aprés la fécondation, le trichogyne s'atrophie et la cellule (ou les cellules) 
basilaire émet, par bourgeonnement, un faisceau de filaments articulés, moni- 
liformes, rameux à l'origine, inclus séparément dans une gaine transparente, 
anhiste, primitivement muqueuse. A la maturité, chacun de ces articles 
devient une spore. La germination des spores, dans les conditions normales, 
produit un. proembryon mamelonné ou diffus, d'où s'élève ensuite le thalle. 


(4) Cette disposition en segments identiques de l'appareil reproducteur rappelle ce qui 


existe chez certains animaux articulés, notamment chez les Hirudinés, ou animaux à 
3oonilés de Moquin-Tandon. 


REVUE: BIBLIOGRAPHIQUE, 39 


Toutes les espèces réunies jusqu'à présent sous le nom de Zemanea Bory 
sont partagées par M. Sirodot en deux types génériques, différents par leurs 
caractères extérieurs comme par ceux de leur structure interne. Il conserve 
le genre Lemanea pour les espèces dont la fructification affecte la forme toru- 
leuse, et établit pour les espèces à filaments fructifères cylindriques ou sétacés, 
avec des verticilles d'éminences mamillaires, le genre Sacheria, dédié à 
M. Sacher, préparateur à la Faculté des sciences de Rennes. 


Description des plantes fossiles des calcaires marneux 
de Ronzon (Haute-Loire) ; par M. A.-F. Marion (Ann. sc. nat., 5° sé- 
rie, t. XIV, pp. 316-364, avec 2 planches). 


La localité explorée par M. Marion appartient aux dépóts tertiaires lacustres 
des environs du Puy en Velay; les calcaires marneux qu'il a étudiés se trou- 
vent superposés à des couches gypseuses dont la faune paléothérienne rappelle 
celle du gypse de Paris. 

Ges calcaires marneux sont de l'époque miocéne et de l'étage tongrien, et 
correspondent aux gvpses de Gargas, dont la flore fossile a été étudiée par 
M. de Saporta, et considérée parlui comme une suite directe de celle des 
gypses d'Aix. La végétation étudiée par M. Marion ne comprend que seize 
espèces. Le caractère tropical de cette florule n'est pas particulier à l'époque 
tongrienne. Le Celtis latior de Ronzon rappelle une plante asiatique ; le 
Pistacia oligocæna ne peut guère être distingué du Lentisque de notre lit- 
toral méditerranéen. Le facies de la plupart des plantes de Ronzon est du 
reste franchement africain ou asiatique. Toutefois le genre Podostachys, que 
M. de Saporta classait auparavant parmi les Panicum, semble se rattacher aux 
Centrolépidées de l'Australie. 


Études sur la végétation du sud-est de la France à 
Fépoque tertiaire; par M. le comte Gaston de Saporta (Ann. sc. 
nat., 5* série, t. XV, pp. 277-351). 


Ce mémoire renferme un supplément à la flore des gypses d'Aix, dont 
M. de Saporta a entrepris la révision, à cause des documents nouveaux réunis 
entre ses mains au moyen d'explorations répétées. Ces acquisitions ont sensi- 
blement modifié la physionomie de l'ensemble. La flore d'Aix devient par 
elles une des plus riches et des mieux connues que nous possédions de l'é- 
poque tertiaire. Malgré quelques retranchements, elle contient aujourd'hui un 
nombre total de deux cent trente et une espèces. Ces espèces se rapportent 
à un ensemble de lits superposés dans lesquels la végétation a conservé sen- 
siblement le même caractère et possédé les mêmes espèces dominantes et 
caractéristiques, dans le temps qui correspond à l'épaisseur de 30 à 40 
mètres. 

Après avoir examiné les affinités des divers types de la flore des gypses 


AO SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


d'Aix et la distribution géographique de leurs représentants actuels, M. de 
Saporta reconnait de sérieux motifs pour admettre que vers la fin de l'éocéne 
il existait sur les pourtours du large golfe nummulitique italien et subalpin 
une région végétale des mieux caractérisées. De ce point, la mer nummuli- 
tique, sauf une île allongée correspondant à l'Italie centrale, s'étendait sans 
obstacle vers la Libye et l'Égypte, qu'elle recouvrait en grande partie, entrant 
ainsi en communication directe avec l'océan Indien; et la première terre 
qu'elle rencontrait dans cette direction était l'Abyssinie, qui, réunie aux masses 
cristallines du haut Soudan, formait certainement alors une région continen- 
tale à laquelle les grés de Nubie, récemment émergés, servaient de ceinture. 
Il en résultait une Méditerranée du double plus large que la nôtre, dont le 
climat, sensiblement égal sur ses deux rives à cette époque de l'histoire de la 
terre, facilitait la présence sur la rive septentrionale des types abyssiniens ou 
sud-africains que l'on remarque dans la flore des gypses d'Aix, notamment 
des genres Musa, Podocarpus, Widdringtonia, ce dernier actuellement con- 
finé dans un étroit espace comprenant le Cap, la terre de Natal et l'ile de 
Madagascar, dont la côte sud-ouest était baignée par ia mer nummulitique. Il 
faudrait citer encore avec ces plantes de nombreux Myrica, des Araliacées, 
des Bombacées, des Myrsine et des Andromeda, des Gélastrinées, des Rham- 
nées, des Pittosporum, et enfin des Acacia et Mimosa. 

Ce que nous venons de dire dela région africaine s'applique également à la 
partie boréale de l'Hindoustan que la même mer nummulitique baignait cer- 
tainement de ses flots, puisque les dépôts de cette mer peuvent être suivis sur 
une immense étendue, de la Syrie et de Bagdad au golfe Persique et jusqu'au 
delà de l'embouchure de l'Indus, dans la vallée de Cachemyr et dans le Bengale 
oriental. Les éléments végétaux que l'Indea retenus et qui lui étaient sans 
doute communs avec la France méridionale sont plus particulièrement les 
genres Clethropsis, Microptelea, Cinnamomum, Nerium, | Ailantus, des 
formes de Diospyros, de Bombacées et de Sterculiacées, des Magnolia, enfin 
le type des £ngelhardtia, représenté dans toute l'Europe ancienne par un 
type extrêmement voisin, celui des Palæocarya. Il est à remarquer que beau- 
coup de ces types existent également au Japon et à la Chine, et que les affi- 
nités de la flore d'Aix ne s'arrétent pas non plus à l'Inde, mais s'adressent 
encore plus loin, aux iles de la Sonde et méme aux Philippines, aussi bien qu'à 
la Chine et au Japon. 

Les phénomènes phytologiques, dit en concluant M. le comte de Saporta, 
concordent trop exactement avec les faits géologiques pour ne pas répondre 
à quelque loi générale qu'il est possible d'entrevoir, sinon de formuler rigou- 
reusement. Les affinités de l'ancienne végétation des gypses avec un certain 
nombre de flores régionales actuelles se trouvent en rapport parfait avec la dis- 
position de ces mémes régions le long des plages de l'ancienne mer nummu- 
litique, immense Méditerranée allant du Maroc jusqu'au Japon, à Bornéo et 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. A1 


aux Philippines, de la haute Égypte au pied des Alpes, et entièrement com- 
prise dans la zone tropicale du monde éocéne, qui s’avançait au delà du 
50° parallèle. C'est là ce qui prouve que les genres actuels n'ont pas été 
l'objet de créations indépendantes sur les divers points du globe où on les 
observe maintenant. Si l'on admet que tous ces types remontent vraiment 
jusqu'à l’âge éocène, il devient parfaitement concevable que les uns aient été 
décimés par le fait des révolutions terrestres subséquentes, tandis que les 
autres ont dû survivre, là où l'abaissement du sol ou de la température ne 
s'est pas fait sentir. 

M. de Saporta développe encore beaucoup de considérations intéressantes, 
notamment sur le parallélisme des végétations contemporaines de pays éloignés; 
plusieurs de ces considérations ont été présentées presque dans les mémes 
termes et dans le mémoire précédent par M. Marion, qui a partagé ses travaux. 


Recherches morphologiques sur lAscobolus furfwu- . 
raceus Pers.; par M. Édouard de Glinka Janczewski (Ann. sc. nat., 
5° série, t. XV, pp. 199-244, avec une planche). 


Ce travail a été exécuté dans le laboratoire de M. de Bary. Le mémoire 
se divise en trois parties. Dans la première, l’auteur traite de la structure 
d'une cupule complétement développée, dont les spores sont mûres ; dans la 
deuxième, il passe à l'étude du développement ; enfin dans la troisième il pré- 
sente quelques considérations qui résultent de ses observations. 

Ce mémoire traite d’un fait à ajouter à l’histoire de la sexualité des 
Champignons. M. Woronin (Beiträge zur Morphologie und Physiologie der 
Pilze, 2° part.) avait déjà découvert, dans ses recherches sur l'Ascobolus pul- 
cherrimus, quele premier indice dela cupule de ce Discomycéte est un corps 
vermiforme, le scolécite de M. Tulasne, naissant des filaments mycéliens. 
M. Woronin n'avait pas réussi à retrouver le scolécite dans des cupules par- 
venues à leur développement complet, après l'entrecroisement d'hyphes 
rameux au milieu desquels cet organe primordial semble disparaitre. M. Tu- 
lasne (Ann. sc. nat. 5° sér., t. VI, p. 215) était bien parvenu à constater la 
présence du scolécite chez l'Ascobolus furfuraceus, en le faisant sortir par la 
pression des jeunes cupules. Ce scolécite, d’après M. Janczewski, conserve 
toujours ses dimensions, et ce n'est qu'une des cellules dont il est constitué 
qui est le siége d'un développement spécial. Les autres cellules perdent 
leur protoplasma et restent étrangères à tout développement. Mais la troisième 
ou quelquefois la quatrième du bout antérieur gagne en volume et produit 
des hyphes qui se cloisonnent et se ramifient. Ce sont ces hyphes qui engen- 
drent les thèques. L'auteur les nomme donc kyphes ascogènes, et cellule asco- 
gène la cellule unique qui se développe dans le scolécite. Le scolécite peut se 
trouver toujours méme dans une cupule parfaitement adulte. Il suffit, pour 


A2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


cela, d'en couper des tranches longitudinales successives el de les rendre 
transparentes avec la glrcérine. 

Le scolécite a été trouvé chez les Ascobolus pulcherrimus, furfuraceus, 
saccharinus et pilosus. 


Nouvelles notes sur les Fungi (remellini ct leurs al- 
liés; par MM. Tulasne (Proceedings of the Linnean Society, t. XII, 
pp. 31-42; Ann. sc. nat., 5* série, t. XV, pp. 215-255). 


Ces notes ont été publiées d'abord en anglais au commencement de l'année 
1871 ; depuis, des dessins et des documents que les auteurs croyaient perdus 
ayant été retrouvés, ils ont pu donner de leurs observations une édition plus 
complète daus les Annales. Ces observations concernent les types suivants : 
Dacryomitra pusilla, n. g., petit Champignon observé à Chaville sur le bois 
vermoulu du Châtaignier ; Guepinia helvelloides Fr. ; Tremella neglecta 
Tul.; Corticium incrustans Pers, et C. cæsium Pers. (Champignons attri- 
bués plus récemment au genre Thelephora, mais possédant la structure hy- 
méniale des Trémelles et pour lesquels MM. Tulasne proposent le nouveau 
genre Sebacina) ; Hypochnus purpureus Tul.; Tremella Cerasi Schum.; 
Dacryomyces deliguéscèns Duby, etc. 

Les Tremellinés contiennent, on le voit, des bhridiomporéé d'apparence fort 
diverses et rattachés par les auteurs à des groupes assez éloignés les uns des 
autres. Leurs spores ont d’ailleurs la double faculté de produire en germant 
soit de simples filaments, soit des spores secondaires ou sporidies, qui sont ou 
solitaires et comme l’image à peine amoindrie des spores-mères, ou beaucoup 
plus exiguës, d’une forme spéciale et très-nombreuses, ainsi que celles obser- 
vées depuis chez divers Ascomycètes, tels que les Peziza, Bulgaria, Dothi- 
dea, etc. Les Trémellinés étant pourvus abondamment de corps reproduc- 
teurs, les auteurs ne peuvent admettre avec M. Fackel, que ces Champignons 
soient rangés parmi les Fungi imperfecti. De ce qu'un Ascomycéte, le Coryne 
sarcoides, affecte sous l'une de ses formes l'apparence d'une Trémelle, et de 
ce que dans cet état parfait ila été pris pour une vraie Trémelle, il ne suit pas 
nécessairement que tous les Trémellinés doivent étre associés à celte produc- 
tion si longtemps ambiguë. 


Observations anaíomiques sur le cotylédon des Grami- 
nées ; par M. Van Tieghem (Ann. sc. nat., 5* série, t. XV, pp. 236-273, 
avec 2 planches). 


M. Van Tieghem, dans un résumé historique, montre d'abord combien 
sont grandes les divergences qui ont séparé les auteurs dans l'exposition de la 
nature et de la valeur des parties de l'embryon chez les Graminées, divergences 
qu'il classe sous quatre chefs principaux. Pour pouvoir trancher la question, 
il a eu recours non plus à l'examen des formes extérieures de ces organes, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. A3 


mais à celui de leur structure interne. Ila reconnu que le cotylédon des Gra- 
minées présente dans toutes les plantes de la famille les mémes caracteres 
fondamentaux et la méme relation essentielle avec la tige. Il est toujours 
formé : 4° d'un limbe hypogé plus ou moins engainant et uninervié (écusson, 
hypoblaste), qui détache souvent la partie opposée de sa gaine sous forme 
d'une petite languette ou collerette libre et exclusivement cellulaire (lobule, 
épiblaste) ; 2° d'une double stipule unie bord à bord en avant et en arrière en 
une gaine blanche épigée qui protége la gemmule (piléole), 

Mais, sous le rapport de son insertion, le cotylédon des Graminées présente 
trois modifications anatomiques. Tantôt le nœud cotylédonaire est très-court, 
et la gaine s'insére immédiatement au-dessus de l'écusson (Triticum, Stipa, 
Secale, Hordeum, Ægilops, etc.). Tantôt le nœud cotylédonaire s'allonge 
par suite d'un accroissement intercalaire, et alors de deux choses l'une : ou 
bien cet accroissement intercalaire porte sur la région inférieure de la con- 
nexion anatomique, et la gaîne est séparée de l'écusson (Lolium, Bromus, 
Agrostis, Alopecurus, Phalaris, Oryza, etc.) ; ou bien l'accroissement 
intercalaire porte sur une région de la connexion située plus haut; alors la 
gaine est encore séparée, sans méme conserver de lien vasculaire avec l'écusson. 

L'opinion formulée par M. Van Tieghem se rapproche beaucoup de la 
manière dont Gartner a concu la structure complexe du cotylédon des Gra- 
minées. 

Dans la suite de son mémoire, M. Van Tieghem compare la feuille cotylé- 
donaire des Graminées avec les autres feuilles de ces plantes : puis il s'occupe 
de l'orientation de l'embryon sur la plante-mère, enfin du cotylédon des 
Cypéracées et de quelques autres Monocotylédones. Il existe entre l'écusson 
et la piléole des Cyperus un lien vasculaire qui fait de ces deux parties super- 
posées une seule et méme feuille, le cotylédon de la plante. 


Premier supplément à l'essai monographique sur les 
Ftubus du bassin de la Loire, suivi de la clef analytique; par M. G. 
Genevier (extrait des Mémoires de la Société académique de Maine-et- 
Loire, t. XXVII); tirage à part en brochure in-8», de 96 pages. 


Les études constantes que M. Genevier n'a cessé de faire sur le genre Rubus 
lui permettent de présenter aux botanistes quelques espèces nouvelles qu'il 
n'avait point encore observées, ou sur lesquelles il n'était pas définitivement 
fixé à l'époque où parut sa monographie. Des herborisations dans le centre de 
la France et aux environs de Nautes lui ont fait découvrir aussi des localités 
nouvelles d'espèces déjà signalées. 

M. Genevier examine les classifications du genre Rubus proposées par 
Weihe et Nees, par Arrhenius, par M. l'abbé Chaboisseau, M. Th.-J. Müller 
(qui a décrit plus de 240 espèces de Rubus), par M. le D" Mercier (à la suite 
du Catalogue des plantes des environs de Genève de M. Reuter), et par 


A^ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Du Mortier (qui parait à l'auteur avoir décrit des groupes plutót que des 
espéces). 

Le supplément de M. Genevier contient 33 espèces, dont 17 nouvelles. 
L'exposition de leurs caractéres est suivie de l'analyse dichotomique des 
espèces, d'un addenda et de l'énumération des localités nouvelles. 

Ce mémoire a obtenu une médaille d'or de la Société académique de Maine- 
et-Loire. 


Ueber Keimung, Blüthen-und Fruchthilduug bei der 
Gattung Medicago (De la germination, du développement des fleurs 
et des fruits dans le genre Medicago); par M. Ignatz Urban. Thése pour le 
doctorat en philosophie. In-8° de 35 pages. Berlin, imp. Wilhelm Hecht. 


L'auteur nous apprend dans une courte introduction que cette thése est le 
préambule d'une monographie du genre Medicago qu'il a commencée sous les 
auspices de M. Ascherson. Il examine successivement l'inflorescence, les bour- 
geons latéraux qui se développent à la base de cette inflorescence, le dévelop- 
pement des fleurs, la présence constante de cristaux d'oxalate de chaux dans 
es bractées des Medicago, le développement de la feuille carpellaire et des 
ovules, la fécondation, la formation de l'embryon et de l'endosperme (dont il 
a trouvé encore des traces dans les graines mûres), l'enroulement des gousses 
en spirale dextrorse (avec quelques exceptions), la formation des épiues, la 
germination et le passage à l'état vivace. En terminant, l'auteur formule les 
trois propositions suivantes : 

1° Les espèces linnéennes Medicago falcata et M. sativa ne doivent être 
considérées que comme les formes extrêmes d'une méme espèce. 

2° On ne peut décider la nature d'un organe comme caulome, phyllome 
ou trichome en s'en tenant exclusivement aux caractères de développement de 
cet organe. 

3° Les résultats des études fondées sur le développement floral de quelques 
espèces ne peuvent être considérés comme suffisamment concluants pour 
le reste de la famille. 


A Monograph of Ebenaceæ ; par M. W.-P. Hiern. Un volume 
in-h° de 374 pages, avec 11 planches lithographiées (extrait des Transactions 
of the Cambridge philosophical Society, vol. x11, part. 1). Cambridge, 
imp. C.-J. Clay, 1873. 


Ce mémoire a été déposé le 11 mars 1872 devant la Société philosophique 
de Cambridge. L'auteur y débute par un exposé historique de cette famille, 
qui n'avait été l'objet d'aucun travail d'ensemble depuis la publication faite 
dans le Prodromus en 1844 par M. Alph. de Candolle. Ce dernier auteur en 
avait signalé 160 espèces ; M. Hiern en décrit environ 250, qu'il répartit 
entre cinq genres. L'auteur a visité pour faire sa monographie tous les grands 


REVUE BIDLIOGRAPHIQUE. 49 


herbiers d'Europe, et cite les collections les plus nouvelles. C'est ainsi qu'il 
est arrivé à réunir 170 espéces de Dibspirot. Il termine par une revue des 
Ébénacées fossiles. 

L'auteur a reconnu que les Ébénacées ont des affinités étroites avec les 
Ilicinées, les Sapotées, les Ternstrémiacées, les Anonacées, les Styracées et 
les Olacinées. 

Ses genres sont tous suivis de tableaux dichotomiques qui permettent d'ar- 
river au nom de l'espéce. Au commencement se trouvent des listes qui per- 
mettent de déterminer facilement les Ébénacées qui se trouvent dans les 
collections publiées par les divers voyageurs. 


` 


NOUVELLES. 


(Août 1873.) 


— Dans des fragments de tourbes provenant des tourbières du littoral belge, 
M. Gravet a reconnu l'existence des espèces suivantes: Hypnum giganteum 
Sch., Campothecium nitens Sch. et Sphagnum cymbifolium Ehrh. Ces trois 
espèces végètent encore de nos jours en Belgique. On sait que les tourbières 
du littoral belge, recouvertes par les dépóts assez puissants de l'argile bleue 
d'Ostende, remontent à une assez haute antiquité, à l'époque où le Pinus sil- 
vestris existait encore à l'état indigene en Belgique. M. l'ingénieur Cornet 
a découvert, dans les terrains quaternaires de la Louvière (Hainaut), une 
Mousse formant plusieurs minces couches recouvertes par 5 à 6 métres 
de limon de l’âge du Mammouth (Elephas primigenius). A cette Mousse se 
trouvaient associées des Coquilles appartenant aux genres Cyclas, Lymnea et 
Planorbis. M. Gravet a reconnu dans cette Mousse l’ Hypnum Sendtneri Sch. , 
espèce qui vit encore aujourd'hui en Belgique dans les marais du terrain juras- 
sique, et qui se rencontre sporadiquement dans la région ardennaise. 


— M. Calmet, libraire à Toulouse, rue Lafayette, 25, vient de publier au 
prix de 25 francs le fac-simile d'un moussier de Schwægrichen, conservé 
dans le cabinet de M. C. Roumeguère. 

Ce moussier portatif du continuateur des œuvres d'Hedwig, fut composé à 
Paris en 1812 par Schwægrichen, à son retour des Alpes, et adressé à Saint- 
Amans qui s'occupait, de concert avec Chaubard, à réunir les matériaux d'une 
Flore compléte de l'Agenais. Le recueil du bryologue Allemand, en types 
naturels, accompagné du dessin à la plume des feuilles, capsules, coiffes, 
péristomes, etc., fortement grossis, eut quatre originaux, ainsi que le témoi- 
gne la correspondance inédite de son auteur. Mérat, Schleicher, Nestler et 
de Saint-Amans en furent les dépositaires. Ce travail dut favoriser beaucoup 
le goût de l'étude des Mousses. Persoon, qui avait associé à ses recherches 
autour de Paris le savant bryologue de Leipsick, momentanément amené 


A46 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


en France par les événements de l'époque, recommandait vivement à ses amis 
Leman, Thiébaut et Mérat, le « Guide de l'amateur de Mousses ». Ce re- 
cueil conserve encore aujourd'hui un intérét évident, et sa place est marquée 
dans le portefeuille de l'herborisation qu'il éclairera, comme aussi à titre de 
souvenir bryologique dans la bibliothèque de tout botaniste. L'éditeur a con- 
servé la forme et la disposition du recueil original; les modifications qu'il a fait 
subir au fac-simile sont : 4° la substitution de la nomenclature du Synopsis de 
M. Schimper à la nomenclature de Schwzgrichen; 2° l'addition des genres et 
des espéces décrits depuis la rédaction du travail de l'auteur allemand : c'est 
donc un ensemble de 321 espèces en nature, avec les organes extérieurs de 
végétation, de reproduction fortement amplifiés, qu'il offre aux amateurs de 
bryologie. Ces 321 espèces de Mousses sont distribuées selon l'Aabitat nor- 
mal, à la suite de la correspondance autographe de Schwægrichen à Saint- 
Amans, qui précède ce recueil, 


— La librairie F. Savy, 24, rue Hautefeuille, vient de publier, en deux 
volumes in-8°, une nouvelle édition de la Philosophie zoologique de Lamarck. 
Cette édition se recommande par une introduction due à la plume exercée de 
M. le professeur Ch. Martins, et qui se divise en deux parties. La première est 
consacrée à la biographie de Lamarck (Jean-Baptiste-Pierre-Antoine de Monet, 
onzième enfant de Pierre de Monet, seigneur de Bazentin en Picardie). La 
vie de Lamarck, élève des Jésuites d'Amiens, officier à l'armée de Soubise en 
1760, commis de banquier à Paris, entrant à l'Académie des sciences pour. 
avoir publié les trois volumes de la première Flore française, menin du fils 
de Buffon, collaborateur à l'Encyclopédie comme botaniste, improvisé pro- 
fesseur de zoologie à la fondation du Muséum, est trop connue pour que nous 
la retracions ici. 

. Dans la deuxième partie de son introduction, M. Martins répond aux 
ro sur Darwin et ses précurseurs francais, publiées par M. de Qua- 
fages dans la Revue des Deux Mondes du 43 décembre 1868. H s'efforce. de 
corroborer les fondements de la théorie Darwinienne. Cet exposé sera lu avec 
intérét par tous ceux qui suivent les discussions pendantes entre les deux 
écoles rivales de la création et de l'évolution. 


— MM. de Vicq et de Brutelette viennent de faire paraître une nouvelle 
édition de leur Supplément au Catalogue raisonné des plantes vasculaires 
du département de la Somme. Les graves événements qui sont survenus ayant 
retardé la publication du volume actuellement sous presse des Mémoires de la 
Société d'émulation d' Abbeville, dans lequel entre ce Supplément, ils ont 
profité de ce retard pour ajouter à leur travail les découvertes qui ont. été 
faites dans la flore de la Somme, depuis 1870, date de la publication de la 
premiere édition de leur Supplément, Parmi ces découvertes, plusieurs sont 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. A7 


dues à M. l'abbé Cagé, vicaire à Quend, et à M. Gonse, pharmacien à 
Amiens. 


— Le British Museum a acquis dernièrement l'herbier de Mousses laissé 
par Wilson, l'auteur du Zryologia britannica, 


— M. le professeur Paul Richter, Johannisgasse, 6, à Leipsick, met en vente 
des préparations de Desmidiées, entièrement pures, dit-il, de tout mélange, 
au nombre de 60 numéros et au prix de 5 thalers (18 fr. 75 c.). 


— On annonce la mort de M. W.-S. Sullivant, botaniste américain connu 
pour ses travaux de bryologie, décédé le 30 avril dernier à Colombus, dans 
l'Ohio (États-Unis). M. Sullivant était né en 1803 à Franklinton, dans le 
voisinage de cette ville. Son herbier et sa bibliothèque sont entrés dans 
les collections de M. Asa Gray, à l'université Harvard. 


— Le quarante-sixième congrès des médecins et naturalistes allemands 
aura lieu le mois prochain à Wiesbaden, du 18 au 24 septembre. 


— L'Association britannique pour l'avancement des sciences se réunira cette 
année à Bradíort sous la présidence de M. Joule. La session s'ouvrira le 
1*' septembre et durera comme d'ordinaire une séance environ. Tous les 
savants de tous pays sont invités à y prendre part. 


— On nous annonce la perte douloureuse que la science vient de faire dans 
la personne de M. le D" Torrey, l'un des vétérans de la botanique américaine, 
qui a collaboré à plusieurs travaux importants avec M. Asa Gray. 


— La rareté des chiffons a conduit tout récemment l'industrie du papier à 
faire diverses tentatives pour substituer de nouvelles matières textiles à celles 
qui ont servi jusqu'à présent à la fabrication du papier. Les tiges de houblon 
ont été utilisées dans ce but et des résultats déjà satisfaisants paraissent avoir 
été obtenus. Des échantillons de nouveaux papiers ont été présentés au neu- 
vième congrès des fabricants de papiers qui s'est réuni à Paris en mai der- 
nier (//nstitut, 25 juin 1873). 


— Notre [honorable confrére M. Posada Arengo vient d'étre nommé pro- 
fesseur de botanique à Medellin (États-Unis de Colombie). 

— ll sera ouvert le 19 novembre 1873 un concours pour quatre places 
d'agrégé prés l'École supérieure de pharmacie de Paris, dont deux places dans 
la section des sciences naturelles. — S'adresser pour renseignements plus 
complets au secrétariat de l'École. 


— La librairie de MM. Lowell Reeve et Cie, 5, Henrietta street, Covent- 
Garden, Londres, est en mesure de fournir aux botanistes des planches dépa- 


AS SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


reillées du Zotanical Magazine et du Floral Magazine, au prix de 6 deniers 
chaque (0 fr. 125), ou un shilling (1 fr. 25), selon la grandeur de la planche. 
On trouvera à la méme librairie des planches appartenant aux grands ouvrages 
de MM. Hooker sur les Fougeres, et de MM. Harvey et Gray sur les Algues, 
ainsi que de grandes planches de Champignons. 


— La derniére livraison des Proceedings de la Société royale d'horticul- 
ture de Londres contient un catalogue, rédigé par M. Baker, de toutes les 
espèces et variétés connues du genre Lilium, avec l'indication de leurs syno- 
nymes et la citation des figures publiées. 


— On peut se procurer, par l'intermédiaire de M. le D* Rabenhorst, de 
Dresde, un fascicule de Lichens recueillis en Chine, dans le voisinage de 
Saigon, de Hongkong, de Whampoa et de Shang-hai, par son fils M. Rudolf 
Rabenhorst, et déterminés par M. de Krempelhuber. Ces espèces sont au nom- 
bre de 32 environ; il s’y trouve plusieurs nouveautés. Le prix est de 5 thalers 
(18 fr. 75). 


ERRATUM. — Nous avons analysé l'année dernière (t. xix, Revue, D, 
p. 200) un travail sur le genre Cyclamen publié dans la Belgique horticole 
(où il était signé seulement des initiales A. D.), en l’attribuant à M. A. De Vos, 
l'un des collaborateurs de ce recueil. M. De Vos nous a fait savoir dernière- 
ment qu'il n'était en aucune facon l'auteur de ce travail. Renseignements 
pris auprés de M. Éd. Morren, directeur de cette publication, nous avons 
appris que les initiales A. D., résultant d'une erreur typographique, doivent 
être lues J. D., ce mémoire étant de M. J. Decaisne, et ayant été publié par 
vii dans la Revue horticole, &* série, 1855, t. 1v, p. 21. 


Le rédacteur de la Revue, gérant provisoire du Bulletin, 
D* EUGÈNE FOURNIER, 


Paris, — Imprimerio de E, MARTINET, rue Mignon, 2, 


INTRODUCTION 


A 


L'INVENTAIRE DES CULTURES: 
DE TRIANON 


* 


C'est à la botanique qu'a été consacré, sous les auspices d'un ministre 
éclairé (1), cet opuscule qui intéresse aussi le bon ordre des domaines de 
l'État. Mais les souvenirs historiques dont le siècle dernier et celui-ci ont 
empreint Trianon sont tellement mélés à ses titres scientifiques que les uns 
sont inséparables des autres. Une sèche énumération de ses richesses végétales 
ne suffirait pas à la majorité des visiteurs, qu'ils soient de simples amateurs 
ou des savants. 

Le grand Trianon, œuvre de Louis XIV, représente par ses jardins à la 
francaise comme un raccourci du parc de Versailles, et par son architecture, 
presque de plain-pied avec les jardins, non-seulement une heureuse imitation 
des grandes villas italiennes, mais aussi une sorte d'émancipation du grand 
roi en dehors des splendeurs un peu monotones du palais sur lequel les 
regards de toute l'Europe étaient fixés. Louis XV y recherchait le méme 
avantage. Le malheureux Louis XVI, en 1788, y recut en grande pompe les 
ambassadeurs de Tippou-Saheb, l'allié de la France dans l'Inde; ce fut la 
dernière fête de la royauté traditionnelle. Dans les journées néfastes des 5 et 
6 octobre, qui suivirent de si prés le pur enthousiasme des premiers mois 
de 1789, les gardes du corps, abandonnés sans ordres, se repliérent de Trianon 
sur Rambouillet, présage sinistre de la voie douloureuse que suivit en 1830 
le roi Charles X, entouré de sa garde fidéle et, il est juste d'ajouter, du respect 
des Commissaires du gouvernement provisoire. Le roi Louis-Philippe devait 
la suivre à son tour en 1848 pour échapper aux hordes de Paris. Onze ans 
auparavant, il s'était rendu de Trianon à l'église Notre-Dame de Versailles, 


pour le 7e Deum en reconnaissance du triomphe de nos armes à Constantine. 


(4) M. de Fourtou, député à l'Assemblée nationale, ministre des travaux publies (déci- 
sion du 10 avril 1873). — Voyez dans le Bulletin, t. XX (Séances), p. 65, la lettre que 
nous avons adressée à M, de Fourtou au sujet de notre projet de publication. 


T XX. (REVUE) A 


50 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Napoléon I° réunissait souvent au grand Trianon ses ministres el son 
Conseil d'État, et plus d'une importante mesure de son gouvernement est datée 
de cette résidence. L'héritier de son nom affectionnait aussi ce séjour, et son 
épouse s'y est honorée par le culte pieux qu'elle y rendait à la mémoire, plus 
spécialement attachée au petit Trianon, de la reine Marie-Antoinette. En 1867, 
l'impératrice Eugénie y présidait à une exposition, réunie par ses soins, des 
meubles avant appartenu à l'auguste victime des fureurs révolutionnaires. C'est 
au grand Trianon que se conservent encore aujourd'hui les voitures d'apparat 
du mariage de Napoléon I‘ et du sacre de Charles X. 

A cóté de ces dynasties déchues s'en place une autre dont la renommée est 
sans mélange et que l'histoire ne doit pas dédaigner, celle des jardiniers 
Richard, créateurs des parcs du petit Trianon, de ce pavillon élégant, bâti vers 
1753, sous Louis XV, par l'architecte Gabriel, comme une nouvelle étape de 
la royauté vers l'élézance des bourgeois opulents. Claude Richard (1) avait 
débuté, avec un grand succès dans son art, à Saint-Germain en Laye, grâce 
à la libérale protection d'un noble anglais de la cour réfugiée du roi d'Angle- 
terre Jacques II, hóte de Louis XIV. Claude Richard, doué d'une rare intel- 
ligence, fut appelé à Versailles par Louis XV, d’après le conseil du botaniste 
Lemonnier, de l'Académie des sciences, pour y dirigerles travaux de jardinage 
du petit Trianon. Il avait fiérement fait ses conditions en stipulant qu'il ne 
reléverait absolument que des ordres personnels du roi, dont il ne tarda 
point à obtenir toute la confiance par ses talents et son intégrité. Louis XV 
avait dés sa jeunesse montré beaucoup de goüt pour la botanique : plüt à 
Dieu, et pour l'honneur du tróne, qu'il n'eüt jamais connu d'autres distrac- 
tions ! Sous ses yeux, les travaux de Claude Richard marchèrent rapidement : 
à côté de plusieurs serres bien installées, luxe encore très-rare en France, et 
destinées aux plantes exotiques apportées par les voyageurs, se forma une école 
de pleine terre qui marqua l'un des plus grands progrès de la botanique. 
L'emplacement s'en reconnait encore en ce moment entre une orangerie ct 
l'habitation actuelle du jardinier en chef, M. Charpentier. C'est là que Bernard 


de Jussieu fonda cette œuvre de génie des Familles naturelles, perfectionnéc 


(4) Fils d'un ancien garde en chef de la ménagerie du parc de Versailles, sous le 
règne de Louis XIV, est désigné par erreur sous le prénom d'Antoine dans l'éloge aca- 
démique consacré par Cuvier à Louis-Claude-Marie Richard, dont il sera fait mention 


ci-aprés. 


CULTURES DE TRIANON. 51 


depuis par son neveu, Antoine-Laurent de Jussieu, dans son livre immortel, 
le Genera plantarum, publié à la date, mémorable à tous égards, de 1789. Le 
jardin de Trianon reçut les témoignages d'admiration de Linné, ami des 
Jussieu, et qui se plaisait à proclamer Richard le plus habile jardinier de 
l'Europe. Cependant, à la suite du jardin botanique proprement dit, le parc 
du petit Trianon, dessiné à l'anglaise par Claude Richard, avait été peuplé de 
nombreuses essences forestiéres les plus remarquables des pays étrangers dont 
le climat est semblable ou analogue au nótre; de là elles se répandaient dans 
une grande partie dela France. C'est ainsi que, selon les expressions d'un his 
torien local (1), Trianon « devint le point de départ d'un mouvement horticole 
» qui a été en progressant jusqu'à nos jours ». 

A Claude Richard succéda, en 1784, Antoine, son fils, depuis longtemps 
associé à ses travaux et comme lui pouvant se glorifier de l'amitié de Linné (2). 
Dès 1760, Antoine avait été chargé de visiter les provinces méridionales de 
la France, la chaine des Pyrénées, le Portugal, l’ Espagne, les iles Baléares. 
A l'occasion de ses découvertes, Linné lui adressa d'Upsal, 16 février 1770, 
de chaleureuses félicitations. Antoine Richard parcourut ensuite le nord de 
l'Afrique, une grande partie de l'Asie Mineure, oü soixante-dix ans plus tard 
il nous a été donné de suivre, à son exemple, les traces de Tournefort. De 
retour de cette mission, il en accomplit une autre en Angleterre pour y étudier 
les procédés de culture où déjà ce pays excellait, la Hollande renommée par 
les siens, l'Allemagne et la Suisse. 

Ainsi préparé par les lecons de son pére et ses propres travaux, Antoine 
Richard était éminemment apte à réaliser les vues de Marie-Antoinette pour la 
transformation du petit Trianon. Dauphine, elle y avait souvent accompagné 
le roi; devenue reine, elle obtint de Louis XVI d'en faire sa maison de 
plaisance. Le dessin du parc fut confié à l'habile architecte Mique (3); l'exé- 
cution revenait de droit à Antoine Richard. Ce fut sans doute pour lui un vif 


(4) Feu M. Le Roi, bibliothécaire de la ville de Versailles, dans son Histoire de Ver- 
sailles, de ses Rues, Places et Avenues depuis l'origine de cette ville jusqu'à nos jours. 

(2) Correspondance inédite de Linné avec Claude et Antoine Richard, par À. Landrin. 
Les originaux, recueillis par l'abbé Caron, sont conservés dans les archives de la Société 
d'agriculture de Seine-et-Oise, 

(3) Mique, alors premier architecte du Roi, amené de Lorraine par la reine Marie 
Leczinska et que cette princesse avait chargé de construire le couvent des Ursulines de 
l'avenue de Saint-Cloud, aujourd'hui le lycée de Versailles. 


52 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


regret de bouleverser ce que son père et lui-même avaient si laborieusement 
créé. A ce moment, le fameux jardin botanique disparut en majeure partie ; 
on en remarquait encore quelques vestiges vers 1840, alors que nous allions 
avec Adrien de Jussieu, le dernier de cette illustre famille de savants, visiter, 
comme en pèlerinage, le berceau des Familles naturelles. Aujourd'hui il n'existe 
plus de l'ancienne collection classique qu'un petit nombre d'arbres épars, tels 
que le Quercus pyramidalis, le Quercus Flex qui a failli périr dans le rigou- 
reux hiver de 1870-1871, et, adossé à un mur, le Quercus occidentalis (1), 
rapporté de Gibraltar par Antoine Richard. Cette partie du parc, convertie en 
une petite prairie bordée de massifs de choix, a été pendant plus de deux ans 
la promenade favorite de M. Thiers : le président de la République venait y 
respirer, faisant trêve aux soucis de son gouvernement, et se reposer dans la 
conversation discrète et instructive de M. Charpentier, comme le faisait 
Louis XV dans celle de Claude Richard. 

« Antoine Richard », dit M. Le Roi, « qui avait tant vu, tant observé, et dont 
» le goût s'était formé sur les plus beaux modèles présentés par la nature, sut 
» employer avec beaucoup d'art les richesses que renfermait le jardin bota- 
» nique, et, tout en faisant ces plantations si agréables, ces groupements 
» d'arbres si harmonieux, conserver les magnifiques spécimens qui font 
» encore actuellement l'ornement de ce beau jardin. . . . . . . 
» Mique y ajouta les prairies dont Louis XV avait défriché lui-même une 
» portion avec une charrue construite par son ordre, que l'on conserva dans 
» le palais de Trianon pendant tout le règne de Louis XVI. » Dans cette por- 
tion du parc, le paysage s'anima d'agréables mouvements de terrain, et fut 
creusé le lac à l'extrémité duquel s'assit (avec ses petits jardins, la vacherie, la 
laiterie) « le hameau composé de sept ou huit maisons toutes variées de forme, 
» de grandeur, de construction, d'ameublement. C'est là que la malheureuse 
» reine, ne révant alors que fétes et plaisirs, venait, entourée de ses dames, 
» chacune costumée en paysanne suivant le rôle qu'elle devait remplir, passer 
» des journées entières loin de l'étiquette et du tumulte de la cour, et 
» donner des fêtes charmantes » qui servirent de prétexte à tant d'odieuses 
calomnies. 


Pendant la Terreur, Trianon n'échappa qu'à grand'peine, et grâce aux 


(4) Voyez notre /nventaire, 


CULTURES DE TRIANON. 53 


intelligentes réclamations et à l'énergie d'Antoine Richard, à une destruction 
totale : la vente en avait été décidée. Le représentant Delacroix était commis- 
saire de la Convention à Versailles. Antoine Richard lui démontra dans un 
mémoire le peu de profit que l'on tirerait de cette vente et la perte irrépa- 
rable qui résulterait pour la nation de la destruction de tant de beaux types 
végétaux. Trianon fut sauvé, mais pour étre livré peu de temps aprés à des 
entrepreneurs de bals publics (1). Ce méme Delacroix, passant un jour sur la 
terrasse du chàteau de Versailles, s'était écrié : « Il faut que la charrue passe 
» ici. » Ce fut encore Antoine Richard, réfugié alors, avec les plus trans- 
portables de ses plantes de Trianon, dansle Potager du Roi (2) planté sous 
Louis XIV par La Quintinic, qui contribua puissamment par ses démarches, 
par ses méinoires adressés à la Convention, à sauver non-seulement le Potager, 
majs aussi le parc méme de Versailles, converti, dans ses portions le plus en 
vue, en jardin de rapport. j 
Quelques années après, Antoine Richard fut privé de sa place de directeur 
du Potager, et, en 4807, mourut dans le dénûment, exemple déplorable de 
l'ingratitude qui souvent méconnait les services les plus méritoires. Sa famille 
se releva avec éclat dans la personne de son neveu Louis-Claude- Marie (3), le 
voyageur dans la Guyane, l'auteur de l’ Analyse du fruit, l'ami de Desfontaines 
chez qui nous l'avons connu dans nos débuts au Jardin des plantes du Mu- 
séum, et dans celle de son petit neveu Achille, professeur à la Faculté 
de médecine de Paris, successeur de Louis-Claude-Marie à l'Académie des 
sciences, dans la section de botanique. Avec le concours d'Achille Richard, 
d'Adrien de Jussieu, de M. Adolphe Brongniart, l'éminent professeur, au- 
jourd'hui doyen de la section de botanique, de Jacques Gay, de notre ami 


(4) « Vers 1797 », dit encore M, Le Roi, «un limonadier de Versailles eut l'idée de louer 
» le petit Trianon pour en faire un jardin public. Il y établit un restaurant, y donna des 
» fêtes avec illuminations, feux d'artifice. Ce fut dans ce jardin que Garnerin fit ses pre- 
» mières ascensions aérostatiques. En 1798, un autre entrepreneur loua aussi le jardin 
» de l'Ermitage de M™° de Pompadour, et chercha à rivaliser avec celui du petit Trianon. 
» La première année, la nouveauté le fit rechercher, et le public, qui n'avait pour ainsi 
» dire que ces seuls plaisirs, s'y porta en foule ; mais les charmes du petit Trianon ne 
» tardèrent pas à l'emporter, et l'entrepreneur fut obligé de le fermer la deuxième 
» année. » 

(2) Rue du Potager, n° 4. 

(3) L'un des dix enfants de Claude, second du prénom, directeur du Jardin du Roi 
d'Auteuil, annexe de Trianon. 


5h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Victor Jacquemont si prématurément ravi aux sciences après ses mémorables 
explorations dans l'Inde, etc., se forma, en 1820, une Société d'histoire na- 
turelle qui fut le noyau de la Société botanique de France, digne héritière 
de tant de travaux qui ont si bien mérité de la science et du pays. 

Trianon, avons-nous dit, avait fait école de botanique en France et à 
l'étranger. Dans l'intérieur méme de la ville de Versailles, sur le chemin de 
Trianon (1), M. de Brancas avait, en 1754, par les soins de Demarne, habile 
jardinier, créé un vaste parc, embelli vers la fin du siècle dernier par un 
amateur distingué, le marquis de Cubières : c'est là que, dans notre enfance, 
on admirait dans toute la magnificence de sa floraison l'un des trois Tulipiers 
dont les graines avaient été introduites en France par l'amiral de la Galis- 
sonnière. Des deux autres, le premier avait été élevé à Trianon par Claude 
Richard et y périt frappé par la foudre; le second ne survécut point à la 
destruction du parc de Choisy-le-Roi. Les jardins et les serres de la Malmaison, 
formés par l'impératrice Joséphine et célébres par les ceuvres de Ventenat, du 
peintre de fleurs Redouté et de Mirbel, furent une des provenances de Trianon. 

Les vastes pépinières annexées aux deux Trianons ont été réorganisées sous 
lerégne de Charles X et sous l'administration du baron Mounier, alors intendant 
des bâtiments de la Couronne : ellesoccupent une superficie de 28 hectares ct 
sont divisées en trois parties (2). M. Massey (collaborateur de Mirbel et du Dic- 
tionnaire des sciences naturelles), qui en était alors directeur, y a cultivé des 
collections trés-nombreuses d'arbres et d'arbrisseaux dans le but de les propa- 
ger. Il en fit en méme temps non-seulement un jardin d'études toujours visité 
avec intérét, mais une école de jardiniers qui répandaient ensuite au loin les 
meilleurs systèmes d'arboriculture. Les pépinières ont passé depuis sous l'habile 
conduite de M, Briot. 


Il nous reste à exposer la méthode que, d'accord avec M. Charpentier et 
M. Briot (3), nous avons suivie dans notre travail. 


(4) Eutrée, rue de Maurepas, n» 31, propriété de M. Esbach. 

(2) La premiére, dite de Trianon, comprenant plusieurs enclos de murs, est limi- 
trophe de l’ancien jardin de Bernard de Jussieu; — la deuxième, de Chevreloup, 
et la troisième, de l’Ermitage, la plus vaste, avoisinent la porte Saint-Antoine. — 
Voyez sur Ermitage la page 5, note 17e, 

(3) Ces deux vieux serviteurs de l'État, verts encore comme leurs plantes, avaient été, 
aprés nos désastres de 1870-1871, menacés d'une mise à la retraite ; ils furent maintenus 


CULTURES DE TRIANON. 55 


Le cadre de cet Znventaire (arbres, arbrisseaux et principales plantes vivaces 
des cultures) exclut nécessairement : 1? la flore spontanée (1); 2° l'immense 
série de la cryptogamie, à l'exception de quelques Fougères de pleine terre ; 
3° presque toutes les Monocotylédones, la plupart exotiques, qui ne sont d'ail- 
leurs pas représentées dans l'intérieur fort restreint des serres actuelles de 
Trianon. Dans cet embranchement ne figurent qu'un petit nombre de végétaux, 
soit ligneux, soit à bulbes ou rhizomes, cultivés à l'airlibreou auxquels suffit 
un léger abri pendant l'hiver. Dans ces dernieres conditions de culture, la 
masse de l’/nventaire reste composée des Dicotylédones ligneuses ou vivaces. 

Nos végétaux sont rangés, en ce qui concerne les genres, dans l'ordre des 
familles naturelles du Genera plantarum d'Endlicher et de ses quatre supplé- 
ments (1836-1847), et pour les especes, soit dans celui du Prodromus regni 
vegetabilis de De: Candolle (1824-1869), pour les Dicotylédones, soit dans 
l Enumeratio plantarum de Kunth (1833-1850), pour les Monocotvlédones. 
Ces classificatious sont celles de notre herbier du domaine de Givry; nous les 
avons maintenues ici d'abord à cause de leur mérite usuel et aussi pour la 
facilité de nos recherches personnelles aux divers points de vue de la bota- 
nique pure, des questions de nomenclature, de physiologie végétale et d'his- 
toire scientifique auxquelles MM. Charpentier et Briot ont bien voulu nous 
associer. Les noms de genres et d'espèces sont toujours accompagnés du 
nom abrévié de leurs fondateurs : une table spéciale donne ces noms in 
extenso. Nous avons eu la précaution, chaque fois qu'elle nous a paru 
utile, de placer les noms français usuels à côté des noms latins ; une autre 
table facilite la recherche des uns et des autres dans nos tableaux. Quant 
aux détails de synonymie proprement dite, cette partie souvent com- 
pliquée des ouvrages descriptifs, nous les avons vérifiés, mais nous nous 


dans leurs fonctions par l'influence de M" Thiers et de l'honorable baron de Larcy, alors 
ministre des travaux publics, Cette judicieuse application de la responsabilité ministérielle 
n'a pas été contestée par la Commission du budget. 

(4) Nous ne pouvons cependant passer sous silence la Perce-neige (Galanthus ni- 
valis), abondante au grand Trianon (parc et bois bordant le grand canal), l'une de ses 
localités de prédilection aux environs de Paris : les habitants de Versailles vont y cueillir 
en abondance ses charmantes fleurs blanches dès le mois de février. 

En fait d’espèces naturalisées à Trianon et acquises à la flore parisienne, voyez à 
notre Inventaire le Mentha Requieni (vivace), avec l'observation relative au Veronica 


peregrina (annuel). 


56 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sommes gardés d'en surcharger nos tableaux, laissant, aux lecteurs qui au- 
ront intérêt à les contrôler, le soin de les rechercher dans le Prodromus 
et Enumeratio. 

Tous nos articles ont été comparés d’abord avec les catalogues de MM. Char- 
pentier et Briot, puis examinés sur place en présence des spécimens et pour- 
vus des indications que chacun d'eux pouvait comporter. La dimension en 
hauteur des arbres les plus remarquables a été notée au moyen d'un pro- 
cédé dendrométrique (1). Les espèces mentionnées dans l /Znventaire pourront 
étre facilement trouvées sur le terrain à l'aide de nos renvois, savoir : pour 
le parc anglais du petit Trianon, à notre plan divisé en abscisses et ordonnées ; 
— pour les autres parties des parcs et les pépinières, aux divers enclos ; — 
le tout sans préjudice des étiquettes apposées aux principaux spécimens ainsi 
qu'aux collections, et dont M. le Ministre des travaux publics a ordonné le 
renouvellement (2). 


Comte JAUBERT, 
Député du Cher à l'Assemblée nationale. 
Versailles, juin 1873. 


(4) Voyez l'ouvrage de M. Nanquette,directeur de l’École forestière de Nancy, intitulé : 
Eœxploitation, débit et estimation des bois, 1859, pages 84 et suiv., avec figures. 


(2) L’INVENTAIRE DES CULTURES DE TRIANON, œuvre collective de MM. le comte Jaubert.. 


Charpentier et Briot, sera prochainement publié. M. le comte Jaubert a donné lecture à 
la Société botanique de France, dans sa séance du 13 juin 1873, de l'Iniroduction ci- 
dessus, dont il est l'auteur, et qui, contenant l'exposé du plan de l'ouvrage, peut étre 
considérée, en partie du moins, comme article de bibliographie ; c'est par ce motif que la 
Commission du Bulletin en a autorisé l'annexion au présent cahier de Revue bibliogra- 
phique. (Note du Secrétaire général.) 


PARIS. — IMPRIMER IE DE E. MARTINET, RUE MIGNON, 9 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 


(AVRIL-JUIN 1873.) 


N, B. — On peut se procurer les ouvrages analysés dans cette Revue chez M. F. Savy, libraire 
dela Société botanique de France, rue Hautefeuille, 24, à Paris, 


Diagnoses plantarum novarum. Japoniæ et Mandshu- 
ric. Scripsit C.-J. Maximowicz. — Decas xIv (Mél. biol. tirés du Bull. 
de l Acad. imp. des sciences de Saint-Pétersbourg, t. 1x, p. 33-76). 


Le D" Rohrbach a signalé dans un des derniers volumes du Zinnæa 29 es- 
pèces de Silénées appartenant à la flore sinico-japonaise. M. Maximowicz en 
décrit une nouvelle, Lychnis stellarioides (Eulychnis), de l'ile de Nippon, 
singulière espèce qui réunit aux caractères du Z. Flos Cuculi L. le port du 
Stellaria Holostea L. 

L'auteur énumère ensuite les Alsinées (sensu Benth. et Hook.), au nombre 
de 43, qui ont été observées jusqu'ici dans l'extrême Asie. Elles sont répar- 
ties dans les genres suivants : Sagina L., 1 esp. — Alsine Wahlb., 2 esp. — 
Ammodenia Gmel. (Æonkeneja Ehrh.), 1 esp. — Arenaria L., A esp. — 
Moœhringia L., 2 esp., dont 1 nouvelle : M. platysperma, de l'ile d'Yédo, 
qui se distingue surtout du M. trinervia Clairv., par ses graines trés-com- 
primées, marginées luisantes, munies de petites stries rayonnantes. — Kras- 
cheninikowia 'Turcz. reform. L'auteur maintient ce genre tel qu'il l'a 
entendu dans le Primitiæ Flore amurensis, p. 58, c'est-à-dire qu'il n'est 
plus établi seulement sur le caractére unique et peu constant des graines glo- 
chidiées, ainsi que l'avait pensé Turczaninow, mais encore et principalement 
sur la présence de fleurs amphigées dont le nombre des parties constituantes 
diffère de celui des fleurs épigées. Ainsi compris, ce genre renferme 4 espèces : 
K. rupestris Turcz., de la Sibérie et du Japon; K. heterantha, sp. nov., du 
Japon, caractérisé par ses pétales entiers, ses styles au nombre de 2, ses 
graines lisses, etc.; X. silvatica Max. , de la Mandchourie, et X. heterophylla 
Miq., dela Corée et du Japon. Les fleurs amphigées n'ayant point été obser- 
vées jusqu'ici chez le St. bulbosa, il n'y a pas lieu de le réunir aux Krasche- 
ninikowia, comme l'ont pensé MM. Bentham et Hooker. — Stellaria L., 
21 esp., dont 2 nouvelles : St. diandra, des montagnes de Hakone, très- 
remarquable par ses rejets rampants et par la structure anomale de ses fleurs 
formées de 5 sépales, de 2 pétales très-petits, avec 2 étamines, l’une alter- 

T XL (REVUE) 5 


58 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


nant avec les pétales, l'autre située vis-à-vis d'eux ; St. tomentosa, de Kiou- 
siou, voisin du S4. saxatilis Hamilt., mais qui en parait suffisamment dis- 
tinct par ses pédoncules tous axillaires et l'absence constante de pétales. Le 
St. japonica Miq., est une espéce imparfaitement connue. — Cerastium L., 
5 esp. — Malachium Fries, 1 esp. — Spergularia Pers., 1 esp. — Sper- 
gula L., 4 esp. — Sp. arvensis L., observé assez fréquemment aux environs 
d'Yokoska par le D" Savatier, mais probablement d'introduction toute récente. 

L'auteur termine par la récapitulation et la distribution géographique de 

toutes les Caryophyllées de l'Asie orientale. Les Silénées atteignant le chiffre 
de 31 et les Alsinées celui de 42 (abstraction faite du Spergula arvensis), aux- 
quelles il convient de joindre 3 Polycarpées de la Chine australe, le nombre 
total des Caryophyllées est donc de 76 espéces. Sur ce nombre, 27 sont pro- 
pres à la région qui nous occupe, 13 sont plus ou moins répandues dans toute 
la Sibérie, 1 se rencontre dans l'Himalaya, 4 ont émigré dans l'Amérique 
boréale et 31 ont une large dispersion. 
- Le Japon et la Mandchourie possèdent jusqu'ici un nombre égal de Caryo- 
phyllées, soit 41 espèces. Mais tandis que la Mandchourie n'offre que 2 espé- 
ces endémiques, le Japon n'en a pas moins de 14. Une observation importante, 
c'est que les Caryophyllées japonaises n'ont presque aucune affinité avec 
celles de l'Amérique du Nord, contrairement à ce que l'on voit dans d'autres 
familles. 

M. Maximowicz étudie ensuite plusieurs genres de Légumineuses apparte- 
nant à l’extrême Asie : Smithia L., 1 esp., Sm. japonica, sp. nov., de l'ile 
de Kiousiou.—ZLathyrus L. (sensu Benth. et Hook.), 8 esp., dont 1 nouvelle: 
L. subrotundus, de la Mandchourie, à stipules trés-caduques et à 4 à 8 fo- 
lioles presque rondes. — Apos L., 1 esp.: A. Fortunei, sp. nov., de la Chine 
boréale et du Japon, espèce bien caractérisée par ses grappes làches égalant la 
feuille, par ses dents calicinales très-courtes, sa corolle d'un jaune verdâtre, 
avec les ailes rosées. — Platyosprion (Sophoræ subgenus), dont le légume 
est indéhiscent, membraneux, plane, étroitement ailé sur la marge : S. platy- 
carpa, sp. nov., du Japon. — Bauhinia L. Les espèces sinico-japonaises 
de ce genre sont au nombre de 6, appartenant aux sections Pauletia, Phanera 
et Lasiobema. Une seule est nouvelle : B. japonica (Lasiobema), de Nippon 
et de Kiousiou : c'est le Bauhinia sp. Miq. Prol. 243. 

Cette décade renferme encore des notes très-importantes sur les Vicia, les 
Phaséolées et le genre Maackia Rupr. et Maxim. , qui doit être réuni au Cla- 


drastis Raf., comme l'a pensé M. Bentham. 
A. FRANCHET, 


Recherches sur la Flore Aëno; par M. H. de Charencey (Actes 
de la Société philologique, t. 1, pp. 1-36). 


Ce mémoire, qui devait d'abord paraître dans le Bulletin de la Société 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 59 


hávraise d'études diverses, est le second travail d'ensemble que nous possé- 
dions relativement à la synonymie des noms de plantes employés chez les 
Ainos, peuples qui habitent les iles Kouriles, dans le voisinage et sous la domi- 
nation du Japon. Le premier travail de ce genre est un catalogue publié à la 
suite des voyages de Martin G. Vries, et inséré dans le tome 11 des Œuvres 
de l'Institut royal pour la connaissance des langues, etc. , de l Inde néerlan- 
daise. Les plantes v sont classées par familles et par genres. Le catalogue de 
M. de Charencey est au contraire classé par ordre alphabétique des noms 
latius, en regard desquels il donne les noms ainos et japonais de ces plantes, 
et qui, de son propre aveu, sont loin d'étre tous certains dans leur ortho- 
graphe ou leur signification. Ce catalogue contient 263 articles numérotés. 
Vient ensuite une table des noms ainos et une table des noms japonais ; pour 
chacun de ces noms, l'auteur renvoie aux articles du précédent catalogue. 


Fumariaecas de España y Portugal: par M. M. Colmeiro 
(Anales de la Sociedad española de Historia natural, t. 1, 4"° livraison, 
pp. 32-47). 


Ce travail est un fragment de la flore d'Espagne inédite que prépare depuis 
longtemps M. Colmeiro. Les Fumariacées énumérées y sont au nombre de 
vingt-sept. Aucune espèce n'y est décrite, mais la synonymie, les localités et 
les noms vulgaires de chacune ont été soigneusement relevés par l'auteur. 


Prodromus Flore novo-granatensis; par MM. Triana et J.-E. 
Planchon (Ann. sc. nat. 5* série, t. XIV, pp. 286-325 5 t. xv, pp. 352-382). 


Les dernières parties parues du Prodromus Flore? novo-granatensis, qui 
sont plus spécialement l’œuvre de M. Triana, comprennent les familles des 
Térébinthacées, Rutacées et Simaroubées, Coriariées, Sabiacées, Connaracées, 
Staphyléacées, Célastrinées, Hippocratéacées, Ilicinées et Rhamnées. 

Les auteurs sont revenus, pour le groupe des Térébinthacées, à des limites 
plus larges que celles dans lesquelles les autorités les plus récentes, appuyées 
sur l'exemple de Kunth, avaient cru devoir les renfermer. Pour eux, les Ana- 
cardiées et les Burséracées des auteurs, séparées uniquement par les loges 
uniovulées ou biovulées, se touchent d'ailleurs par trop de points pour pouvoir 
former deux familles différentes. Quant aux Spondiacées, le fait d'avoir à leur 
fruit plusieurs loges au lieu d'une seule ne saurait les isoler nettement comme 
famille des vraies Anacardiacées; les Pistacia ont par exception deux ou trois 
carpelles dans le même fruit, et chez le Tapirira d'Aublet, qui touche presque 
de tout point aux Spondias, le fruit, en apparence unicarpellaire, comporte 
théoriquement quatre ou cinq carpelles, manifestés par autant de rudiments 
du style. Les Spondiacées sont donc réunies aux Térébinthacées par MM. Triana 
et Planchon ; les Burséracées sont conservées par eux seulement comme sous- 
famille. 


60 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Les Amyris sont joints aux Rutacées, qui comprennent cinq tribus: les 
Cuspariées Benth. et Hook. , les Pilocarpées Bartl., les Zanthoxylées Juss., les 
Amyridées et les Aurantiacées, Si méme les auteurs n'ont pas fondu complé- 
tement les Amyris avec les Aurantiacées, c'est plus en considérant la distri- 
bution géographique et les produits de ces deux familles que leurs caractéres. 
Cependant il n'est rien moins que certain que l'exsudation de résines aro- 
matiques soit propre au genre Amyris. 

Les familles suivantes sont pourla plupart faiblement représentées dans la 
Nouvelle- Grenade. En les étudiant, M. Triana s'est trouvé en présence de 
plusieurs erreurs de nomenclature, commises par Turczaninow et par M. Gri- 
sebach, qu'il a dû redresser. L'Zeterocladus caracasanus Turcz., n'est que 
le Coriaria thymifolia ABK., ie Chenche de l Équateur, dont le suc forme 
une encre excellente. Le genre indiqué d'abord par M. Triana, dans ses notes, 
sous le nom de Cuervea (2) et publié sous ce nom par M. Miers, est mainte- 
nant nommé Romualdea par M. Triana, qui l'a dédié à M. l'abbé Romualdo 
Cuervo, de Bogota. La famille des Hippocratéacées a été d'ailleurs traitée par 
lui avec des détails particuliers qui rendront son travail nécessaire à consulter 
toutes les fois qu'on s'occupera de cette famille (1). 

La géographie botanique a été soigneusement considérée par M. Triana. Il 
a fait ressortir ce fait curieux, que les Célastrinées néo-grenadines, quoique 
peu abondantes, se partagent toute la grande zone de végétation des Andes. 


Genera plamtarum ad exemplaria imprimis in herbariis Kewensibus 
servata definita, auctoribus G. Bentham et J.-D. Hooker. Voluminis secundi 
pars I. In-8° de 554 pages. Londini, 1873. — Prix : 30 fr. 


Ce nouveau volume du Genera plantarum renferme six familles, les Capri- 
foliacées, les Rubiacées, les Valérianées, les Dipsacées, les Calycérées et les 
Composées, 

Les Caprifoliacées ont été traitées par M. Hooker. On y remarque deux 
genres nouveaux, Microsplenium (M. Coulteri, du Mexique, Gal. n* 7204) 
et Pentapyxis, établi pour deux Lonicera de l'Himalaya à feuilles stipulées. 

Les Rubiacées ont fourni au méme auteur le sujet d'une monographie impor- 
tante et des plus difficiles. M. Hooker a classé les Rubiacées d'aprés le nombre 
des ovules de chaque loge, la nature du fruit, de l'inflorescence, et la situation 
de la radicule et des ovules, basilaires ou attachés à la cloison, dressés ou ana- 
tropes. Sur ces données, M. Hooker établit dans la famille des Rubiacées vingt- 
cinq tribus, savoir : Naucléées, Cinchonées, Henriqueziées, Condaminiées, 
Rondelétiées, Hédyotidées, Mussendées, Haméliées, Catesbéées, Gardéniées, 


(f) On nous saura gré de citer, à l'occasion des recherches botaniques de M. Triana, 
les travaux. géographiques de M. Ponce de Léon y Maria Paz, qui vient de publier une 
belle carte géographique des États-Unis de Colombie. 

(2) Voyez plus haut, page 36. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 61 


Cruckshankiées, Rétiniphyllées, Guettardées, Knoxiées, Chiococcées, Alber- 
tiées, Vanguériées, Ixorées, Morindées, Coussaréées, Psychotriées, Pédériées, 
Anthospermées, Spermacocées et Galiées. Les vingt-cinq tribus renferment 
ensemble 337 genres, parmi lesquels quelques genres nouveaux: 7eino- 
solen, des Andes de la Bolivie; Polysolenia (Morinda Wall. Cat. n° 8524); . 
Trisciadia (Webera truncata Wall.) ; Pauridiantha, de Fernando-Po ; 
Aulacodiscus, de Malacca; Temnopteryx, Petaloncha, de l'Afrique tropi- 
cale occidentale; Phyllacantha (Catesbæa phyllacantha Griseb. Cat. cub. 
122); Basanacantha, dont les espèces étaient rangées auparavant dans les 
genres Randia ou Mussenda; Byrsophyllum (Coffea? elliptica Thw. et 
Gardenia tetrandra Bedd.), Dictyandra Welw. , du Gabon et d'Angola ; Ma- 
crosphyra (Randia longistyla DC.) Coptosperma, du bassin du Zambèse, 
se retrouvant à Madagascar et aux Seychelles ; Anomanthodia (Cupia auri- 
culata DC.); Amaralia Welw. (Randia Donia Benth. et Gardenia bignoniæ- 
flora Welw. antea); Zamatavia ; Morindopsis (Morinda Wall. cat. 8433 
part. et 8434; Diplocrater (Randia reticulata et R. coriacea Benth.) ; 
Asemnantha (Chiapas, Linden, n° 1264 bis) ; Placocarpa, d'Orizaba (Bot- 
teri); Polysphæria Hook., de Zanzibar et des Comores; Æhabdostigma, de 
Quiloa ; Nematostylis, Leiochilus, de Madagascar ; Appunia (Coffea tenui- 
flora Benth.) ; /mantina, dela Nouvelle-Calédonie; Triainolepis, de l'Afri- 
que orientale; 7richostachys, du Gabon; Mesoptera, de Malacca ; Hymeno- 
cnemis, de Madagascar; Didymæa, du Mexique; et un certain nombre de 
genres récemment établis par M. Hooker, mais déjà publiés par lui dans les 
Icones plantarum. 

Les trois familles suivantes ne prétent dans ce résumé à aucune indication 
spéciale. 

Les Composées ont été étudiées par M. Bentham, qui distingue d'emblée 
dans cette grande famille treize tribus, considérées apparemment par lui comme 
d'égale valeur, sous les noms suivants : Vernoniacées, Eupatoriacées, Asté- 
roidées, Inuloidées, Hélianthoidées, Helénioidées, Anthémidées, Sénécioni- 
dées, Calendulées, Arctotidées, Cynaroidées, Mutisiacées et Cichoriacées. 
Voici les genres nouveaux décrits par M. Bentham : Zamprachænium (Deca- 
neurum microcephalum Dalz.); Stenachænium (Pluchea macrocephala 
DC.); Jostephane, du Mexique (Echinacea heterophylla Don, Ghiesbr. 
n° 101); Otopappus, des Chontales; Salmeopsis, du Brésil (Claussen) ; Hyme- 
nostephium, de l'Amérique tropicale ; Thymopsis (Tetranthus thymoides 
Griseb.); Schizotrichia, du Pérou ; Chionopappus, du même pays; Ery- 
throcephalum et Phyllactinia, de l'Afrique tropicale, ces trois derniers de la 
tribu des Mutisiacées. 

Les additions nous présentent encore deux genres nouveaux : Cyclophyl- 
lum Hook. f. (Rubiacées), de la Nouvelle-Calédonie (Depl. no 389); et Gymno- 
pentzia Benth. (Composées), de l'Afrique méridionale. 


62 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Flore analytique et descriptive des Wousses du mord- 
ouest (environs de Paris, Normandie, Bretagne, Anjou, Maine), accom- 
paguée d'une Description des organes dela végétation et dela reproduction 
des Mousses, avec échantillons intercalés dans le texte et deux planches 
lithographiées; par M. T. Husnot. Paris, F, Savy, 1873. 


Cet ouvrage, dédié à la mémoire d'Alphonse de Brébisson, commence par 
l'hommage rendu aux correspondants de M. Husnot, qui ont été, dit-il, ses 
collaborateurs, et notamment à M. Ém. Bescherelle; suit une étude organo- 
graphique des Mousses, dont le lecteur novice sera aidé par l'examen de quel- 
ques échantillons collés en marge du texte. Vient ensuite une clef analytique 
des genres; puis la description des espèces, dont la détermination est facilitée 
par une clef analytique donnée pour chaque genre. M. Husnot n’a pas cru 
devoir admettre, dans une flore locale et élémentaire, tous les genres créés par 
M. Schimper, mais il a indiqué, dans la synonvmie, tous les noms génériques 
nouveaux, que chacun sera libre d'adopter. Afin de guider les commencants 
dans leurs herborisations, il a mentionné toutes les localités qu'il connaissait 
des espéces rares, en finissant par les environs de Paris, dont il concoit l'éten- 
due comme MM. Cosson et Germain. Le genre Sphagnum est compris dans 
l'ouvrage de M. Husnot. 


Sur unc espèce nouvelle de €yperes ; par M. O. Debeaux 
(Recueil des Mémoires de médecine et de pharmacie militaires, mai- 
juin 1873). 


D’après une lettre que M. Debeaux nous a dernièrement adressée, et d’après 
l'avis de M. Daval-Jouve, le C, Bubani Deb. n'est autre que le C. globulus MI. 
var. cymosus Willk. et Lange Prodr. Fl. hisp. 137 (C. Eragrostis Clem. in 
herb. Bont. non Vahl; C. vidus Bub. in herb. Timbal. La variété cymosus 
du Cyperus globulus n'a été signalée encore en France, dit M. Debeaux, qu'à 
Amélie-les-Bains, sur les rives du Tech, et à Perpignan, sur les sables de la Tet. 
Elle est abondante en Catalogne, à Gérone (Bubani, Willkomm), à Murcie, sur 
les rives de la Segura (Bourgeau), etc. 


Glossaire botanique languedocien, francais, latin, de l'arrondissement 
de Saint-Pons (Hérault), précédé d'une Étude du dialecte languedocien ; 
par M. Melchior Barthès. — In-8° de 267 pages. Montpellier, imprimerie 
centrale du Midi, 1875. — Prix : 5 fr. 


L'ouvrage de M. Barthés, comme l'annonce son titre, se divise en deux 
parties. Nous regrettons de ne pouvoir insister sur la première, fruit de 
recherches originales, qui traite des principes de la phonétique languedo- 
cienne, et qu'il faut étudier pour comprendre les nombreuses applications de 
ces principes, faites daus la seconde partie à l'étymologie des noms patois ou 
latins des plantes. Dans son exposé philologique, M. Barthès se montre con- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 65 


vaincu de la parenté étroite du basque et du celtique, point que certains lin- 
guistes, M. d'Abbadie en téte, lui contesteraient bien vivement, et se montre 
disposé à regarder la langue des Gaulois nos ancêtres comme la première 
origine de la plupart des noms patois, méme de ceux dont les racines se trou- 
vent dans la langue des Romains, qui avaient pu les emprunter aux Celtes. La 
langue celtique serait pour lui la mère du latin et méme du grec, opinion assez 
générale en effet au commencement de ce siècle, et dont le glossaire bota- 
nique de Théis offre de nombreuses preuves, 

La seconde partie du livre de M. Barthés est un vocabulaire qui comprend 
le nom ou les noms patois d'une plante, ses noms francais, ses noms botani- 
ques ou latins (génériques ou spécifiques), le nom de la famille à laquelle elle 
appartient, ses propriétés, ses usages, quand il y a lieu, ses produits et ses 
principes immédiats, enfin l'origine du mot patois. La partie étymologique 
offre un grand intérét, méme pour ceux qui pourraient, dans quelques cas, 
ne pas partager l'opinion de l'auteur. 

Nous ne pouvons résister au plaisir d'en citer quelques exemples : 

Amadou est expliqué par ad manum dulce (1). — Aucèl pico-l'abelho, nom 
patois de l Ophrys apifera, signifie oiseau qui becquéte l'abeille, le gynostéme 
figurant le bec d'un oiseau et le labelle une abeille. — Bèrgne, qui désigne 
l'Aulne ou Vergne, est expliqué par arbor verna (2), — Catarri, du celto- 
breton catarr, fluxion sur les yeux, en grec xærägpous, qui désigne l’ Heli- 
chrysum Stechas, conviendrait bien mieux à la Cataire, Nepeta cataria L., 
qui fut jadis employée comme pectorale. — Muguet (3).est le latin moschatus, 
musqué. — Piboul, peuplier, vient du celtique pibol, peuplier (4). — Tar- 
bero, qui désigne le Ranunculus Flammula et le Drosera rotundifolia, tous 
deux caustiques, viendrait du grec tag6xhéos. — Tùco (Cucurbita lagenaria), 
et Z'uquié, Courge sauvage (Bryonia dioica), témoignent combien l'opinion 
du vulgaire a eu conscience des affinités naturelles en créant certains mots 
patois. 

Le livre de M. Barthes se termine par un tableau synoptique des mots fran- 
çais, patois et botaniques, contenus dans le Glossaire, et par une bluette en 
vers patois, qui a trait à la botanique par le fond (5). 


(4) Voyez l'article de M. Aug, Scheler dans son Dictionnaire d'étymologie française, 
2° édition, Paris, Maisonneuve, 1873. 1 

(2) Le celtique gwern signifie marais ; coed gwern, arbre de marais ou Aulne, 

(3) En vieux francais musguet. Ceci explique le sens de galantin, muscadin, 

(4) En sanscrit, pupóla, au parfait, signifie j'ai grandi. Comp. le latin Populus. 

(5) A l’occasion de ce livre, et dans l'intérét des philologues qui préparent actuelle- 
ment des travaux sur l'étymologie des noms des plantes, il nous sera permis de citer ici 
non-seulement le Nomenclateur botanique languedocien de Ch. de Belleval, mais encore 
le Dictionnaire des noms de plantes contenus dans les poésies des troubadours, rédigé 
par A.-P. de Candolle avec l'aide du savant Raynouard, et conservé inédit dans la 
bibliothéque de M, Alph. de Candolle, 


64 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Biographia c apreciação dos trabalhos do botanico 
brasilieiro Frei Leandro do Sacramento ; par M. J. de 
Saldanha da Gama. In-4° de 56 pages. Rio-de-Janeiro, typ. Pinheiro et 
Cie, 1870. 

Leandro do Sacramento, fils légitime de Jorge Ferreira da Silva et de The- 
resa de Jesus, naquit en la ville de Recife, dans la province de Pernambuco. 
Il alla faire ses études en Portugal, et, aprés sa rentrée dans son pays, devint 
professeur de botanique à l'Académie médico-chirurgicale de Rio. On lui doit 
la création du Funifera utilis (Bosca stupacea Vell., Lagetta funifera Mar- 
tius, /Veesia daphnoides Meissner, Daphne brasiliensis Raddi et D. There- 
minii Lhotzky); de l'Augusta chrysantha (Stiftia chrysantha Mikan, 
Plazia brasiliensis Spreng.); du Sanhilaria, genre réuni depuis au précédent; 
du Spixia (Euphorbiacées, réuni dupuis au genre Pera); du Gymnarræa, 
maintenant une section du genre Acfinostemon Mart.; du ZLangsdorffia, 
synonyme du Pohlana Nees et Mart. (Rutacées) ; du ZLathræophila, syno- 
nyme de l’Æelosis Rich. (Balanophorées) ; du Raddisia, qui rentre dans le 
genre Salacia (Hippocratéacées). M. de Saldanha consacre un chapitre spécial 
aux travaux de Leandro sur la culture du Thé, et un autre aux relations ami- 
cales que le botaniste brésilien entretint avec Aug. de Saint-Hilaire. 


Cartas sobre bofauica; par M. J. de Saldanha da Gama. In-4° de 
43 pages. Rio-de-Janeiro, typ. de l'Institut artistique impérial, 1870. 


Ce que M. de Saldanha nomme Cartas sobre botanica pourrait s'entendre 
par tableaux de botanique. Le premier de ces tableaux, au nombre de douze, 
traite des Sarracenia, Nepenthes, des Pontederia, des Utriculaires, des Marc- 
gravia ; le deuxième, des relations des Loranthacées, des Olacinées et des 
Santalacées, des caractéres anatomiques des Magnoliacées et des Dillénia- 
cées, etc.; le troisième, de l'existence d'un double micropyle chez les Magno- 
liacées, de leur arille, de leur pollen; de l'enbryon ruminé des Anonacées, 
de quelques points de l'étude des Malvoidées; le quatrième, du genre £chyro- 
spermum et des Conifères; le cinquième, du curare, de ses caractères bota- 
niques et de ses propriétés toxiques ; le sixième et le septième, des plantes 
médicinales de la région des Amazones; le huitième et les suivants, des Palmiers 
d'Amérique et d'Afrique, de ceux que l'auteur a observés à l'Exposition uni- 
verselle en 1867, des Palmiers fossiles d'Amérique, etc. 


C€onfiguracao e estudo botanico dos vegetaes seculares da Pro- 
vincia de Rio de Janeiro e de outros pontos do Brasil ; par M. de Saldanha 
da Gama. 2* partie, in-8° de 65 pages, 3° partie, in-8° de 138 pages, avec 
20 planches. Rio-de-Janeiro, typ. Laemmert, 1872. 


Voici les noms des plantes successivement étudiées, au point de vue à la 
fois botanique et industriel, par M, de Saldanha : 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 65 


2* partie: Cordia excelsa DC., Rhopala brasiliensis Kunth, Bowdichia 
virgilioides Mart., Ferreirea spectabilis Allem., Andira Aubletii Sald. 
( Vouacapoua americana . Aubl.), Platypodium elegans Vog., Dalhergia 
nigra Fr., Couratari legalis Sald., Cedrela brasiliensis Mart., Chrysoba- 
lanus Jcaco K., Maclura affinis Miq., Actinostemon lanceolatum Sald. 

3° partie : Pinckneia rubescens Allem. et Sald., P. viridiflora Allem. et 
Sald., Araucaria brasiliana R., Alstromium fraxinifolium Sald., Sympho- 
nia globulifera L., Mimusops Balata Gærtn., Cæsalpinia ferrea Mart., 
Apuleia ferrea Sald., Bursera leptophlæos Sald., Aspidosperma Gomesia- 
num DC., Brosimum discolor Sc., Machærium Allemani Benth., M. fir- 
mum Benth., M. leucopterum Vog., Hymenæa Courbaril L., Peltogyne dis- 
color Vog., Apuleia precoz Mart., Cæsalpinia echinata Lam., Moldenhauera 
floribunda Schar. 

Plusieurs de ces plantes sont figurées dans les planches qui terminent la 
troisième partie. 


Konnen aus Bastar(en Arten werden ? (Est-il possible que 
des espèces se forment par hybridation ?) ; par M. A. Kerner (Oesterrei- 
chische botanische Zeitschrift, t. XX1, 1871, n° 2) ; tirage à part en bro- 
chure in-8° de 10 pages. Vienne, impr. C. Ueberreuter, 1871. 


M. Kerner a reconnu que dans le plus grand nombre des cas les hybrides 
ne sont pas absolument stériles. Chez eux, ce sont tantót les premieres (leurs 
d'une inflorescence, tantót les fleurs moyennes et tantót les dernieres qui 
portent des graines capables de germer. La fécondation intrinsèque finit ordi- 
nairement par anéantir, de génération en génération, la postérité de l'hvbride. 
Mais il en est qui dans ces cas reprennent à la seconde ou à la troisième géné- 
ration une fécondité inattendue. La fécondation de l'hvbride par le pollen 
d'un de ses parents réussit plus facilement, et produit un type plus rapproché 
que l'hybride du parent pris pour fécondateur. On n'observe pas d'ailleurs 
le retour au type de la postérité de l'hybride: les cas prétendus de retour 
tiennent à des variétés ou à la fécondation de l'hybride par le pollen d'un des 
parents. 


Die Schafgarben-Bastarte der Alpem (Le hybrides alpins 
d Achillea); par M. A. Kerner (extrait de l'Oesterreichisch2 botanisch? 
Zeitschrift, 1873, n? 3) ; tirage à part en brochure in-8° de 7 pages. 


Les hybrides étudiés par M. Kerner daus cette notice sont les suivants : 

4. Achillea. Thomasiana Hall. fil. ex Murith Guide du botaniste en Va- 
lais, p. 49, non DC. nec Koch (A. atrata + macrophylla). — 2. A. hel- 
vetica Willd. (A. macrophylla + moschata). — 3. A. vallesiaca Suter FT. 
helv. 11, 199 (A. macrophylla + nana). — L. A. Dumasiana Vatke in 
Oesterr. botan, Zeit. xxu, 374 (A. Clavenæ + macrophylla). — 5. A. 


66 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


montana Scheich. (A. Thomasiana DC. et Koch non Hall. f., A. atrata 
+ Clavenæ). — 6. A. impunctata Hoppe var. (A. atrata + moschata). — 
7. A. Laggeri Schultz-Bip. (A. atrata + nana). — 8. A. hybridu Gaud 
var, Fl. helv. v, 370 (A. moschata + nana). — 9. A. Morisiana Rchb. f. 
Icon. xv1, p. 66, tab. 428, f. 1 (A. Herbarota + moschata). 


Weber Fris Cengiatti Ambrosi; par M. A. Kerner (Oesterrei- 
chische botanische Zeitschrift, 1871, n° 9). 


L'/ris pumila signalé par Facchini sur le Cengio alto, montagne calcaire 
située dansle Tirol méridional aux environs de Roveredo, est devenu pour M. Am- 
brosi, dans ses Recherches sur la flore du Tirol méridional (t. 1, p. 653, en 
note), l'Zris Cengialti: « caule tereti, bifloro, foliis ensiformibus caule brevio- 
ribus, spathis membranaceo-scariosis, perigonii tubo longioribus, laciniis exte- 
rioribus oblongo-obovatis, apice rotundato-subemarginatis, interioribus subæ- 
qualibus, antheris filamentis brevioribus. » Plus loin, dans ses additions au 
premier volume, Ambrosi a regardé cet 7r/s comme identique avec l'7ris ita- 
lica Parl. M. Kerner, qui a cultivé au jardin botanique d'Inspruck U'/ris du 
Cengio alto, établit que c'est une espèce parfaitement autonome. 


Observations sur la formation de la gomme dans les 
arbres à noyau; par M. Paul Sorauer (Die landwirthschaftlichen 
Versuchs -Stationen, xv, 1872, n° 6, pp. 454 et suiv.). 


Nous empruntons à l'analyse qui a été faite de ce travail par M. Duchartre, 
dans le Journal de la Société d'horticulture, 1872, p. 741, l'indication des 
faits principaux observés par M. Sorauer. Ce savant a confirmé les résultats 
obtenus auparavant par M. Wigand et par M. Frank. On sait que c'est la 
paroi secondaire des vaisseaux qui, chez les Amygdalées, passe d'une maniére 
anomale ou pathologique à l'état de gomme ; et que le changement en gomme 
ou gommose des vaisseaux peut s'étendre jusqu'aux racines, un phénomène 
semblable s'effectuant aussi dans les cellules ligneuses allongées et dans les 
cellules de la moelle. 

La production du parenchyme spécialement destiné à la transformation en 
gomme s'étend souvent si loin, qu'elle peut envahir tout le corps ligneux d'une 
zone annuelle, dans une portion de la circonférence de la tige. Elle a lieu éga- 
lement dans l'écorce, et en réalité c'est l'écorce, avec le liber, qui donne la 
plus grande partie de la gomme qu'on voit se faire jour au dehors. La liqué- 
faction du tissu ligneux normal commence par la substance intercellulaire ; 
elle atteint ensuite la membrane primaire, et enfin les membranes secondaires 
de chaque cellule ; elle marche donc, pour chaque cellule considérée en par- 
ticulier, de dehors en dedans. 

M. Wigand a été d'avis que l'écoulement de la gomme n'exerce pas d'in- 
fluence décidément désavantageuse sur la vie des arbres, contrairement à tous 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 67 


les observateurs qui l'avaient précédé. M. Frank regarde l'écoulement de 
gomme comme le symptóme d'une maladie qui nuit aux arbres non-seulement 
en leur faisant perdre quantité de leurs éléments essentiels, parois cellulaires 
et amidon, mais encore en absorbant des sucs qui avaient d'autres destina- 
tions. Tous les faits, dit cet auteur, attestent avec une vraisemblance voisine 
de la certitude que, dans cette altération, non-seulement il s'opére une 
transformation des membranes cellulaires en gomme, mais encore en méme 
temps une assimilation de nouvelle gomme puisée dans le suc nourricier. 
M. Sorauer partage cette maniere de voir. 

L'écoulement de gomme est, dit-il, le symptóme d'une maladie dont la 
cause prochaine -consiste dans une accumulation locale de matière plastique 
s’opérant pendant que l'activité des foyers normaux de nouvelles productions 
n'est pas excitée à un degré proportionnel; le défaut d'harmonie peut être 
déterminé par une suppression de bourgeons, par des blessures et mutilations 
graves, par la situation des arbres dans une terre forte et froide, enfin par les 
maladies des racines. L'écoulement gommeux est produit parce que la mem- 
brane secondaire des vaisseaux se transforme en gomme; que, de plus, dès la 
formation d'un corps ligneux normal, il naît dans celui-ci, tout comme 
entre les éléments normaux de l'écorce, un tissu cellulaire (parenchyme) anor- 
mal qui bientót subit le changement en gomme. C'est principalement le pro- 
duit du ramollissement de ce tissu joint à celui du liber de l'écorce qui 
constitue la gomme qu'on voit s'écouler au dehors. La production de ces tissus 
anormaux soumis spécialement à la transformation gommeuse, jointe à la liqué- 
faction des éléments normaux du bois et de l'écorce, détermine dans le végétal 
un affaiblissement qui peut méme entraîner la mort. 

L'arbre ainsi atteint semble s'efforcer de se guérir en produisant du bois en 
plus grande abondance que de coutume, du côté opposé à la partie malade. 
Cet effort est tel, dans certains cas, que, lorsque le cvlindre ligneux primitif 
est mort en grande partie, l'arbre peut former, à la place malade, un nouveau 
cylindre ligneux annulaire, dont les bords, s’avançant en manière de forts 
bourrelets, tendent à recouvrir la portion morte. Le tout peut rester caché, 
pendant plusieurs années, sous l'écorce primitive, qui, au-dessus des points 
malades, se dessèche en une membrane rigide. Cette membrane est composée 
du périderme mort, du parenchyme cortical et du liber partiellement affecté 
d'altération gommeuse, et elle se trouve isolée du corps ligneux malade par 
les bords des bourrelets de cicatrisation dont il vient d’être parlé. 11 se forme 
ainsi une cavité très-propre à servir de retraite à des insectes, à des Champi- 
gnons, et dans laquelle continue à s'opérer la production de gomme. 

Par suite de l'énergie avec laquelle il se produit de nouveau bois du cóté 
du tronc qui est opposé au point altéré, l'écorce se fend souvent longitudina- 
lement. C'est là une indication qui justifie le moyen de traitement dont on 
fait ordinairement usage contre celte maladie, et qui consiste en ce qu'on 


68 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


procure à l'arbre de nouveaux foyers de création de tissus en pratiquant des 
entailles longitudinales qui arrivent jusqu'au corps ligneux de l'arbre. 


Observations sur Papparition spontanée et le semis 
répété du Sfemonitis oblonga Fries; par M. Casimir Roume- 
guère (Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles de Cher- 
bourg, 1872, t. XVII). 


Les spores du Sfemonitis ne paraissent pas avoir besoin pour germer d'une 
période de repos ; elles doivent être müres au moment où elles s'échappent du 
capillitium, et le laps de temps de dix et de onze jours qu'elles ont pris pour 
se développer peut s'entendre comme d'une germination à l'état frais, par op- 
position à d'autres spores de Champignons qui continuent de mûrir aprés s'étre 
isolées et qui ont besoin de plusieurs mois pour germer. La germination et le 
développement des Sfemonitis sont indépendants de la lumière. 


Structure des végétaux hétérogènes; par M. Th. Lestibou- 
dois (Comptes rendus, t. LXXV, séance du 2 décembre 1872, pp. 1451- 
1460 ; t. LXXVI, séance du 27 janvier 1873). 


M. Lestiboudois, dans ce mémoire qui fait suite à des mémoires anté- 
rieurs (1), s'occupe de la famille des Bignoniacées, en citant les travaux de 
M. Bureau; des Rubiacées, en analysant le Caznca des pharmacies; des Ménis- 
permées, dont la tige présente la structure de celle des Gnétacées ; des Lardi- 
Zabalées, qui contiennent des productions extralibériennes tout à fait analogues 
à celles de ces dernières; puis des Malpighiacées, parmi lesquelles il étudiele Za- 
nisteria nigrescens. Inférieurement, quand la tige du Zanisteria n'a encore que 
des prolongements corticaux divisant le bois, elle ressemble à la tige de certaines 
Bignoniacées ; mais plus haut, lorsqu'elle a des faisceaux ligneux entourés 
d'une écorce propre fortement unie à l'écorce centrale, elle est semblable à 
la tige des Sapindacées. Enfin, quand les faisceaux deviennent tout à fait sépa- 
rés, la tige semble divisée en segments comme celle de la Gentiane ou celle 
de certaines Bignoniacées ; mais les segments de la Gentiane n'ont pas d'é- 
corce sur leurs faces intérieures; ils y pénètrent jusqu'au centre et emportent 
une portion de la moelle, de sorte qu'il n'y a pas de tige centrale; enfin ils 
sont parfaitement unis dans la partie supérieure de la tige. Dans plusieurs 
Bignoniacées, l'écorce pénètre entre les segments jusqu'à la moelle. Si les 
segments se séparent, ils seront donc entourés d'écorce, mais il ne restera 
pas de tige centrale munie de son étui médullaire. On ne peut donc com- 
parer le Zanisteria qu'avec les genres qui, comme l’Amphilophium, ont des 
prolongements corticaux qui n'arrivent pas jusqu'au centre ; et pour expliquer 
sa conformation, on doit penser que dans son parenchyme extérieur il se 
forme des faisceaux ligneux entourés d'une écorce circulaire, étroitement 


(4) Voyez .e Bulletin, t. xix, Revue, p. 168. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 69 


appliquée d'abord sur les couches corticales de la tige principale, et s'en sépa- 
rant supérieurement, tandis qu'inférieurement les écorces qui séparent la 
tige centrale des faisceaux extralibériens se désagrégent ou se détruisent, et 
permettent aux faisceaux ligneux de se souder au bois de la tige principale. . 

M. Lestiboudois s'occupe ensuite des Sapindacées, qui offrent tantôt des 
productions extralibériennes à accroissement circulaire, mêlées à des produc- 
tions qui n'ont qu'un accroissement extérieur, et tantót ont seulement ces 
dernieres. 

Sous le titre de Cyclospermées, M. Lestiboudois reconnait le groupement 
des familles suivantes : Chénopodées, Phytolaccées, Amarantacées, Nyctaginées, 
Carsophyllées, Paronychiées, Mésembrianthémées, Crassulacées. Parmi ces 
familles, il en est, dit-il, qui ont réellement la structure des hétérogènes : telles 
sont les Amarantacées, les Chénopodées, les Phytolaccées et les Nyctaginées. 
Méme chez le Dianthus Carthusianorum, dont les tiges n'ont rien, au com- 
mencement de leur existence, qui puisse les faire assimiler à celles des hété- 
rogènes, la souche, après trois ans de végétation, quelquefois plus tardivement 
encore, offre des productions extralibériennes. 

Dans son second article, M. Lestiboudois a étudié les Portulacées, les Mé- 
sembrianthémées et les Crassulacées, qui ne lui ont offert aucune espèce 
ayant la véritable structure des hétérogènes. Les Calycanthées lui ont pré- 
senté un exemple de production extralibérienne méme dans un vieux tronc de 
Calycanthus floridus. Les Légumineuses renferment plusieurs espèces à 
accroissement hétérogène ; M. Lestiboudois s'occupe surtout des Bauhinia 
et du Glycine sinensis. Il termine son mémoire par le résumé suivant : 

Il résulte des faits précédemment exposés que les hétérogènes se rencon- 
trent dans toutes les grandes divisions des Dicotylédones; ils ont pour attributs 
essentiel de former des faisceaux composés d'un systéme cortical et d'un 
système ligneux, en dehors de l'interstice d'accroissement des faisceaux 
préexistants, le plus souvent en dehors du premier cercle des fibres corticales 
de ces faisceaux. Par cette formation ils ont de l'analogie avec les Monocoty- 
lédones ; ils en différent parce que les faisceaux s'accroissent encore apres la 
formation des faisceaux extralibériens, pendant un temps variable, de sorte 
que leur forme primitive est modifiée. 

Les faisceaux extralibériens apparaissent tantót immédiatement aprés la 
formation des faisceaux qui les précèdent, tantôt tardivement; leur accroisse- 
ment est tantôt égal, tantôt inégal : ils sont quelquefois complétement entourés 
d’une écorce propre, et ont un accroissement circulaire; ils peuvent même 
se séparer de la tige principale, de manière à former des rameaux distincts, 
le plus souvent privés de centre médullaire apparent. D'autres fois ils n'ont 
d'écorce propre que du côté extérieur, et ne s'accroissent que sur une ligne 
qui tend à s'unir à la ligne d'accroissement des faisceaux voisins, et à former 
ainsi des cercles ligneux complets ou incomplets, réguliers ou irréguliers, 


70 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


séparés par des zones d'écorce. Quand ils sont réguliers, la tige, à un moment 
donné, présente au centre des formations qui, parvenues au terme de leur 
développement, sont d'égale largeur, et à la périphérie des formations de plus 
en plus petites, parce que leur accroissement dure d'autant moins qu'elles 
sont plus extérieures; ceux qui touchent à la limite du parenchyme ne sont 
que des points de tissu transparent en état d'organisation. 


Sur quelques liames anomales ; par M. Lestiboudois (Comptes 
rendus, t. LXXVI, séance du 24 mars 1873, pp. 754-757). 


M. Lestiboudois ajoute ici, à son mémoire du 2 décembre 1872, quelques 
observations qui lui sont suggérées par l'étude de M. Netto sur la structure 
anomale des lianes (1). Ce sont seulement les deux derniéres des trois classes 
de lianes de M. Netto qui contiennent des lianes réellement hétérogènes. 
Dans la première sont placées celles dont les faisceaux extérieurs sont formés 
en méme temps que la tige principale, si ce n'est avant. Dans la seconde sont 
comprises les lianes dont les faisceaux extérieurs sont produits lorsque le bois 
de la tige centrale est déjà fort développé. 


Mélanges de tératologie végétale ; par M. A. Godrón (extrait 
des Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles de Cher- 
bourg, t. XV1) ; tirage à part en brochure in-8° de 47 pages. 


M. Godron traite d'abord, dans ces notes, de l'organisation des carpelles 
dans le fruit des Pavots. A propos des monstruosités qu'il a observées, il rap- 
porte et compare les opinions contradictoires qui ont été émises sur l'attribu- 
tion des placentas de ce fruit. M. Godron regarde comme plus probable, 
comme plus conforme à l'analogie, que les placentas des Pavots sont situés 
entre les bords des feuilles carpellaires. Il fortifie cette opinion par des preuves 
empruntées aux monstruosités observées par lui. Il s'appuie aussi sur ce que 
dans la famille voisine des Crucifères les placentas sont insérés aussi de chaque 
cóté, entre les feuilles carpellaires. D'ailleurs, en se restreignant à la famille 
des Papavéracées, on y voit chez les genres Argemone, Meconopsis, etc., le 
mode de déhiscence dévoiler l'organisation carpellaire. 

M. Godron s'occupe ensuite des fascies, dont il a recueilli quarante-trois 
exemples depuis une vingtaine d'années qu'il les recherche avec soin. Il 
classe et décrit cesfascies. Il en indique ensuite les caractères généraux et les 
compare aux cladodes, qui sont aussi des axes déprimés. Ses observations con- 
firment, ce qu'avait déjà dit Moquin-Tandon, la fréquence plus grande des 
fascies dans les plantes dicotylédones et herbacées. Ces monstruosités dénotent 
un excès de vie qui se manifeste surtout aux bords et au sommet des organes. 

La troisième note de M, Godron a trait à l'existence anomale d'un fruit 


(4) Voyez le Bulletin, t. xit, Séances, p. 106, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 71 


bicarpellaire dans la famille des Légumineuses. Un fruit de Haricot a offert deux 
pistils soudés par leur bord placentarien, de telle sorte que si au lieu de deux 
carpelles il y en avait cinq, le fruit aurait cinq loges et une placentation axile. 

Viennent ensuite la description d'une monstruosité observée sur la (leur 
de plusieurs Potentilles (virescence) ; des observations sur les fleurs doubles 
des Petunia, dont certains ovaires anomaux offrent des anthéres à la place 
d'ovules; une note sur la dissociation des carpelles dans un Saponaria offici- 
nalis à fleurs doubles ; enfin une dernière note sur des feuilles à nervure 
médiane bifurquée accidentellement. 


De la théorie earpellaire d’après des Papavéracées ; par 
M. Trécul (Comptes rendus, t. LXXVI, séances des 20 et 27 janvier 1873, 
pp. 139-145, 181-189). 


M. Trécul rappelle d'abord les divergences qui existent parmi les botanistes 
sur la manière d'interpréter les placentas des Pavots. Ensuite il explique la 
constitution de la paroi ovarienne de ces plantes. La charpente du pistil des 
Papaver peut, dit-il, inspirer la pensée de rapprocher sa structure de celle 
de la tige, que l'ovaire prolonge, mais les caractères anatomiques de son stig- 
mate et de son tissu subvalvaire en font un organe d’une constitution aussi 
particulière qu'est spéciale la fonction qu'il remplit. l 

M. Trécul termine sa première note par quelques remarques sur l'organo- 
génie du pistil des Pavots. Si l'on étudie l'insertion du faisceau que chaque ovule 
recoit, on reconnait, dit-il, que tous ces faisceaux des ovules partent des cótés 
des mailles d'un réseau irrégulier, paralléle aux faces du placenta, et produit 
par les branches extrêmes des faisceaux émanés des cordons pistillaires. On n'a 
donc aucune raison pour soutenir que les ovules soient produits par les dents 
ou par les lobes des feuilles carpellaires, soit que l'on considére toutes ces 
feuilles comme fertiles, soit que l'on regarde les seuls cordons pistillaires comme 
les feuilles ovulifères. 

Dans sa seconde communication, M. Trécul étudie le pistil dans les genres 
Glaucium et E'schscholtzia. Pour faire d'un rameau de Glaucium un fruit, 
il suffit, dit-il, d'admettre la répartition du systéme vasculaire de l'axe en quatre 
segments opposés deux à deux. Deux de ces segments se portent un peu en 
dedans et constituent les placentas ; les deux autres, élargis par la multipli- 
cation de leurs faisceaux, s’appliquent par le côté sur le dos des précédents 
et constituent les valves. Ces quatre groupes de faisceaux restent unis au 
sommet et forment le style court et le stigmate. 

Dans l' Zschscholtzia, le fruit n'a rien de la feuille. Il a au contraire une 
grande ressemblance, par la forme, par la distribution et parla consistance de 
ses faisceaux, avec la forme, la distribution et la consistance des faisceaux des 
mérithalles les plus âgés de la tige. 

La constitution des fruits du Glaucium fulvum et de l'Eschscholtzia 


72 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


montre donc, comme celle des Papaver, et sous une autre forme, que le 
pistil de ces plantes n'est pas le résultat d'une modification des feuilles, mais 
plutót de la tige. 


De la théorie carpellaire d’après des Benonculacées ; 
par M. A. Trécul (Comptes rendus, t. LXXVI, séance du 31 mars 1873, 
pp. 795-801). 


D'aprés M. Trécul, toujours opposé aux principes soutenus par M. Van Tie- 
ghem (1), il n'est pas vrai de dire que dans un appendice, les faisceaux soient 
toujours symétriques par rapport à un plan, tandis que dans un axe les fais- 
ceaux seraient toujours orientés normalement et disposés symétriquement 
en cercle autour d'une moelle continue. Il n'est vraisemblablement pas de 
rameau normal, dit-il, qui remplisse ces trois conditions à son insertion ; tous 
recoivent leurs faisceaux à la maniere de beaucoup de feuilles axillantes. Les 
rameaux ont à leur base les caracteres que l’on veut attribuer aux appendices, 
et quelques-uns conservent dans toute leur longueur la symétrie relative à un 
plan passant par l'axe de la tige mère et par la nervure médiane de la tige 
axillante. 

Le carpelle de l’ Zranthis, si semblable à une feuille, n'est point formé par 
une feuille, puisque ses nervures transversales, loin d'affecter la disposition des 
nervures des feuilles, présentent au contraire un arrangement inverse ; simples 
à leur insertion sur les faisceaux placentaires, elles se ramifient de manière 
que les extrémités de leurs branches arrivent au voisinage ou au contact du 
faisceau dorsal, où elles prennent une direction ascendante. Une disposition 
anatomique analogue s'observe dans les fruits des Helleborus orientalis, odorus 
et /œtidus ; cette constitution se retrouve aussi dans des espèces appartenant 
à d'autres genres de la méme famille. Dans le De/phinium Staphisagria, il 
paît aussi des nervures secondaires du faisceau dorsal, mais ces nervures sont 
plus faibles que celles qui naissent des faisceaux placentaires. Les Nigella 
damascena, arvensis, hispanica et le Garidella Nigellastrum offrent dans 
leurs carpelles une couche fibreuse superposée au système vasculaire, couche 
qui dénote, dès l’époque ovarienne, une organisation étrangère à celle des 
feuilles. : 

Ces faits conduiraient à prétendre que chaque carpelle des Renonculacées 
est formé par la modification de trois feuilles assemblées par les bords. Cepen- 
dant, en considérant tous les faits observés sur cette famille par l'auteur, 
ar de faits relatifs à l'insertion des rameaux de la grappe des Cruci- 
fètes, celle de beaucoup de feuilles, ainsi que celle des sépales, des pétales, 
des étamines et des carpelles des Renonculacées, il parait à M. Trécul plus 
natürel de penser que tous ces organes sont des formes naturelles de la rami- 


(4) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 166. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 73 


fication de la tige, destinées à remplir des fonctions différentes, et que, par 
conséquent, ilest plus philosophique de tout rapporter à la tige que de tout 
attribuer à la feuille, qui n'est qu'une des formes de la ramification, plus 
particulièrement appropriée à l'exercice de la respiration comme le fruit est 
lui-méme affecté à la production des graines. 


Effet d'une décortication partielle sur des Marron- 


miers d'EInde; par M. du Breuil (Comptes rendus, t. LXXVI, séance 
du 10 mars 1873, pp. 651-654). 


M. du Breuil a observé, dans le parc du château de Compiègne, des Mar- 
ronniers en pleine végétation bien que leur tronc, mangé jadis par des lapins, 
füt privé d'écorce depuis vingt-quatre ans. La surface ligneuse mise à nu 
par l'enlévement de l'écorce était en état de décomposition. A la partie supé- 
rieure de la décortication se trouvait un bourrelet circulaire assez volumi- 
neux; àsa partie inférieure, un autre moins considérable. Les vingt-trois 
couches développées au-dessus de la partie décortiquée étaient plus minces 
que les couches plus anciennes. Des injections au pyrolignite de fer ont con- 
vaincu M. du Breuil que la séve avait suivi, dans son mouvement d'ascension, 
les couches ligneuses les plus centrales, celles qui jusqu'ici avaient été consi- 
dérées comme ne servant plus, dansles tiges d'un certain âge, à la circulation 
active des fluides. 

Les tissus ligneux formés au-dessus de la partie décortiquée contenaient 
moitié moins de matières minérales que ceux qui s'étaient développés avant la 
décortication. L'auteur pense que les éléments nécessaires à leur existence et 
à leur accroissement leur ont été fournis, soit par l'atmosphére, soit au moyen 
de l'endosmose, par les tissus ligneux formés avant la décortication. 


Recherches sur le rôle des matières organiques du 


sol; par M. L. Grandeau. In-8° de 37 pages. Nancy, typogr. Sordoillet, 
1872. 


M. Grandeau a examiné dans des analyses comparatives la terre noire de 
Russie, le sol de Serres (commune des environs de Lunéville), un terrain 
tourbeux des environs de Nancy, un sol de grés vosgien d'Alsace, le terreau 
de jardinier, le fumier de ferme et le purin. Il s'est appliqué à extraire de 
chacun de ces milieux là matière noire soluble dans les alcalis, qui est comme 
le principe essentiel de l’humus et de la fécondité du sol. Cette substance se 
trouve, dans les sols, combinée intimement avec la chaux ou la magnésie ; 
peur la rendre soluble dans l'ammoniaque, il faut préalablement détruire à 
l’aide d’un acide la combinaison dans laquelle elle est engagée. La combinaison 
ammoniacale se présente sous forme de dissolution noire, et ne donne de pré- 
cipité avec aucun des réactifs de l'acide phosphorique, de la chaux, du fer, de 
la magnésie ou de la silice. Il faut évaporer et calciner cette solution pour y 

T. XX. (REVUE) 6 


7h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


constater la présence d'éléments minéraux. A la faveur de la combinaison 
organique dans laquelle ils y sont engagés, les oxydes de fer et de manganèse, 
la silice, l'acide phosphorique, la chaux et la magnésie ont perdu leurs pro- 
priétés ordinaires, sont devenus solubles dans l'ammoniaque, et demeurent tels 
en présence des réactifs qui, d'habitude, en précipitent jusqu'à la dernière 
trace. —. Le carbonate d'ammoniaque, jeté par filtration sur une terre quel- 
conque, a la double propriété de fixer d'une part, par son acide, la chaux 
combinée avec la matière noire, et d'autre part de dissoudre la matière noire 
restante par son ammoniaque. L'acide carbonique, l'animoniaque et l'eau, 
éléments constants des sols fumés et de l’atmosphère, ont donc là propriété 
de mettre à la disposition des racines des végétaux, sous une forme toujours 
soluble, les principes minéraux qui sont les véritables éléments des plantes, 
tels que l'acide phosphorique, la silice, la chaux, la magnésie, et qui ne pour- 
raient pénétrer dans leur intérieur sans cette combinaison chimique si singu- 
lière que réalise la nature, mais en proportion différente suivant les. sols. 
Ainsila matiére noire est dans la proportion de 4,20 pour 100 dans la terre 
noire de Russie, et de 4,29 dans le terreau de jardinier, à peine plus riche, 
tandis qu'il n'en existe que 0,11 dans le sol de grès vosgien, et 0,94 dans le 
sol de Serres. La fertilité d'un sol est en raison directe de la proportion de 
cette matiére noire, que la cultare aura pour résultat de dégager (1). 

D’après M. Grandeau, qui suit la théorie de M. Liebig, les substances orga+ 
niques joueraient le róle d'intermédiaire entre le sol et les plantes, en servant 
de véhicule. L'importance de l'humus, si bien mise en lumière par de Saus- 
sure, se trouve ainsi justifiée. M. Grandeau admet en outre que les racines 
des végétaux détruisent à leur tour le composé soluble, pour s'emparer des 
substances inorganiques et laisser dans-le sol la matière combustible. 

L'auteur se sépare de M. Ville en admettant l'importance extrême des 
matières organiques. Il faut que le sol renferme les deux principes, l'un orga- 
nique et l'autre minéral, pour que la nutrition des végétaux soit assurée. 


Sur Finícrvention de azote atmosphérique dans la 


végétation; par M. P.-P. Dehérain (Comptes rendus, t. LXXVI, séance 
du 9 juin 1873). 


Dans un mémoire précédent, M. Dehérain avait annoncé qu'il avait réussi 


(1) Parmi les sels ammoniacaux qui. peuvent aider singulièrement au développement 
de la végétation, se trouve l'alun ammoniacal ou sulfate double de potasse et d'ammo- 
niaque. L'action du sulfate d'ammoniaque se comprend fort bien d'aprés les expériences 
et.la théorie de M. Grandeau. L'acide sulfurique doit agir comme l'acide carbonique pour 
séparer la chaux combinée avec la matière noire, En outre il a pour avantage de former, au 
lieu d'un sel inerte comme lecarbonate de chaux, du plátre, éminemment favorable aux 
progrés de la végétation. D'ailleurs, si l'on prend la question au point de vue général, 
l'influence de l'ammoniaque et des sels ammoniacaux sur la végétation a été remarquée 
depuis longtemps. L'influence dissolvante de l'ammoniaque a été signalée en-fassant par 
M. five Blanchet, à la réunion tenue par la Société helvétique des sciences naturelles 
en $ 


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REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 75 


à fixer l’azote atmosphérique sur les matières noires qui se forment pendant 
la décomposition des hydrates de carbone. Ses nouvelles expériences lui per- 
mettent de démontrer que cette fixation se produit à la température ordinaire, 
et qu'elle est due à la formation de l'ammoniaque. Cette fixation est favorisée 
par la rareté de l'oxygène, condition qui se trouve réalisée par la composition 
de l'air renfermé dans le sol. 


Sur la répartition de la potasse et de la soude dans 
les végétaux ; par M. Eug. Péligot (Comptes rendus, t. LXXVI, séance 
du 5 mai 1873, pp. 1113-1120). 


Dans ses communications antérieures, M. Péligot avait montré que, con- 
trairement aux déductions qu'on peut tirer de l'analyse des cendres fovrnies 
par un grand nombre de plantes cultivées, ces plantes, riches en potasse, 
sont exemptes de soude. L'absence de cet alcali ne pouvait étre attribuée à 
l'absence des sels de soude, notamment du sel marin, dans le sol et dans les 
engrais ; car, à cóté de ces plantes, il s'en développe d'autres qui renferment 
de la soude en notable quantité, 

Dans ses nouvelles expériences, M. Péligot a reconnu qu'une plante qu'on 
arrose pendant quarante-cinq jours avec des dissolutions de sel marin ou 
d'azotate de soude emprunte au terrain dans lequel elle se développe les sels 
de potasse qu'elle y rencontre ; elle y laisse les sels de soude qu'on a mis à sa 
disposition. Le chlore du sel marin est cependant absorbé, car il se rencontre 
dans les cendres beaucoup de chlorure de potassium. M. Péligot pense qu'en 
présente du sulfate de chaux, il se fait dans le sol du sulfate de soude, que la 
plante délaisse, et du chlorure de calcium, qu'elle absorbe. 


Sur le Cyathea insignis ; par-M. J.-G. Baker (Gardeners' Chro- 
nicle, 1873, n? 23). 


M. Baker donne pour cette plante la synonymie suivante : 

Cyathea insignis Eat. Fil. Wright. et Fendl.; Moore Ind. Fil. 270 ; 
Hook. et Bak. Syn. Fil. 17. — Cibotium princeps hort. Lind. — Cyathea 
princeps J. Smith Ferns British and foreign, p. 291. — C. Bourgæi Fourn. 
Mex. 1, 135. 

Cuba (Wright n° 1064); Jamaica (Wilson n° 716); Cordova (Bourg. 
n? 2200); Guatemala, Coban et Vera Paz (Salvin et Godman). 

Cette espèce est décrite sur le vivant par M. Baker. Le stipe atteindrait 
20 pieds d'apres M. Wilson. 

Dans le numéro suivant du Gardeners’ Chronicle (n° 25), M. Baker donne 
le nom d'Adiantum Moorei à VA. amabile Moore Gardn. Chron. 1868, 

p. 1090 non Liebm. L'A. Moore! est du Pérou. 


76 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


Die Sechutzmittel des Pollens gegen die Nachtheile vorzeitiger Dis- 
location und gegen die Nachtheile vorzeitiger Befeuchtung (Comment le 
pollen est protégé contre les inconvénients d'un déplacement ou d'une 
humectation prématurés) ; par M. A. Kerner (extrait des Berichte der 
naturwissenschaftlich-medicinischen Vereines zu Innsbruck, 1872) ; tirage 
à part en brochure in-8? de 71 pages. 


Comme la vitalité du pollen est détruite s'il est exposé prématurément à la 
pluie ou à la rosée, il existe, et M. Kerner signale dans la nature différents 
moyens qui protégent le pollen contre leur nuisible influence depuis le moment 
où il s'échappe de l'anthere et se trouve emporté par les insectes, moyens qui 
n'existent pas en général chez les plantes dont le pollen est directement poussé 
par le vent sur le stigmate. Chez celles qui ont le pollen cohérent, et qui sont 
fécondées par les insectes, lorsque quelques anthères sont placées de maniere 
à subir les influences extérieures, ces anthéres sont généralement stériles, 
rudimentaires ou avortées. M. Kerner pense que les plantes à pollen cohé- 
rent, qui exigent pour étre fécondées l'intervention des insectes, sont plus 
récentes sur le globe que les plantes à pollen pulvérulent, qui n'ont besoin 
que du souffle du vent pour que ce pollen parvienne au stigmate. 


Eine biologische Eigenthumlickeit einiger Arten von 
Cuscuta (Une particularité biologique de quelques espèces de Cuscuta); 
par M. H. de Mohl ( Botanische Zeitung, 1870, col. 153-155). 


M. de Mohl s'est occupé dans ce mémoire du Cuscuta strobilacea, espèce 
décrite par Liebmann en 1844 (Forhandlingar ved de Skandinaviska Natur- 
forkeres, tome V, Christiania, 1847, p. 194). Ce Cuscuta était parasite 
sur un Triumfetta, aux environs de Mirador. Il fleurit sans avoir une tige. 
Les tiges velues d'un Triumfetta buissonnant sont couvertes au mois de 
février de petits amas de corps mamelonnés, situés sur des dilatations mala- 
dives de l'écorce. Ces dilatations sont causées par la présence de suçoirs que 
portent les bourgeons floriferes du Cuscuta, et dont la tige-mère à cette 
époque a presque complétement disparu, n'étant plus représentée que par 
quelques rares tronçons qui tombent en poussière au voisinage des glomérules 
de fleurs. | 


Ueber den Einfluss des Wachsthumsmediums auf die 
Gestalt der Pflanzen (De l'influence du milieu sur la conforma- 
tion des plantes); par M. E. Askenasy (Botanische Zeitung, 1870, n°° 43, 
14 et 15, avec deux planches). 


L'auteur a étudié la manière de vivre du Ranunculus aquatilis L., et les 
modifications que cette espèce subit selon le milieu où elle vit. Il termine son * 
mémoire par des conclusions où il montre l'importance que la théorie de la 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 77 


transmutation des formes attache à ces modifications. 11 se préoccupe de 
rechercher quel a dû être le type original des Ranunculus de la section Ba- 
trachium, terrestre ou aquatique. On pourrait soutenir que ce type est offert 
par le Ranunculus hederaceus, ou bien par les feuilles nageantes du Z. aqua- 
tilis, et qu'alors les feuilles émergées de celui-ci sont l'effet d’une modification 
utile à la vie de l'espéce, qui aurait atteint son summum dans le À. hederaceus. 
Il ne faut pas non plus, selon l'auteur, exclure la possibilité d'une hybridation 
entre des formes diverses. Il se flatte d'avoir prouvé que les formes principales 
de Zatrachium sont dans quelques cas identiques avec leurs premiers états 
de développement, et que la divergence se produit, à partir de cette phase 
identique, selon l'influence des conditions extérieures où se trouve la plante. 
De méme les fleurs unisexuées des Phanérogames partent d'une phase iden- 
tique et hermaphrodite, quel que soit le sexe qu'elles revétent dans le cours 
de leur évolution. 

Parmi les observations de détail recueillies par l'auteur, nous ferons remar- 
quer qu'il a constaté des stomates sur la forme aquatique du Ranunculus 
aquatilis, au sommet. des laciniures de ces feuilles et entre les poils qui s'y 
trouvent. C'est, dit-il, un des plus beaux exemples du développement d'organes 
rudimentaires et sans utilité que présente le règne végétal. Il serait compa- 
rable aux mamelles rudimentaires de l'homme. La région qui porte ces sto- 
mates périt avant le développement complet de la feuille. 


Ueber die Entwicklung der Blüthentheile von Pota- 
mogeton (Sur le développement des parties florales des Potamo- 
geton) ; par M. F. Hegelmaier (Botanische Zeitung, 1870, n°s 48, 19 et 
20, avec une planche). 


L'auteur a principalement étudié le Potamogeton crispus et le- P. densus. 
Son mémoire est principalement un mémoire d'anatomie en méme temps que 
d'organogénie. Il s'est particulièrement occupé de.la manière dont se com- 
portent les éléments anatomiques en passant de la tige dans le fruit. Le 
défaut d'espace nous empéche d'en reproduire les détails. Il conclut en disant 
que parmi les Potamogeton d'Allemagne les plus rapprochés du P. densus, 
qui sont généralement reconnus pour s'écarter de leurs congénères, le P. cris- 
pus devra tenir une place séparée sur l'arbre généalogique de l'ensemble, 
non-seulement par la nature de son inflorescence, mais aussi pour la confor- 
mation extérieure de ses carpelles, ainsi que pour leur structure interne. 


Opuscules de botanique (1862-1875) ; par M. B. Du Mortier. Un 
volume in-8° de 457 pages. Bruxelles, G. Mayolez, 1873. 


M. Du Mortier a réuni dans ce volume les discours et les mémoires pro- 


noncés ou lus par lui devant la Société royale de botanique de Belgique qu'il 
préside depuis sa fondation, c’est-à-dire depuis le mois de juillet 1862, pen- 


78 SOCTÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


dant une période de douze années. Ces travaux sont de deux ordres, les uns 
relatifs à l'histoire de la botanique en Belgique et de la classification générale 
des plantes (1). La plupart de ces travaux ont été analysés dans cette Revue. 
Le dernier, intitulé : Ezamen critique des Élatinées (2), portant la date 
d'avril 1873, n'a pu l'étre encore. M. Du Mortier y revendique d'abord avec 
raison ses droits de priorité ; la famille des Élatinées a été établie par lui en 
1827, dans son Prodrome de la flore belge (3), p. 111. Il fait ensuite ressortir, 
avec preuves à l'appui, l'incroyable balourdise avec laquelle Buxbaum donna 
le nom d' Zydropiper à un Elatine, en ajoutant dans la synonymie Gramini- 
folia palustris repens vasculis granorum Piperis æmulis Ray Meth. plant., 
lequel est le Pilularia globulifera. Voilà ce qu'on trouve en fouillant les 
vieux auteurs. Et là-dessus a été établi l'Z/atine Hydropiper de Linné, aux 
dépens duquel ont été fondées depuis dix-huit espèces. M. Du Mortier, après 
avoir fait l'examen critique de ces espèces, décrit une espèce nouvelle, qui 
faisait l'objet essentiel de cette notice, et qu'il nomme Æ. Hardyana ; elle avait 
été trouvée en Belgique par M. A. Hardy, auteur d'une monographie des 
Élatinées (4). Il termine par un conspectus renfermant les douze espèces 
européennes du genre. 

M. Du Mortier a fait précéder son livre de quelques mots de préface qui ont 
leur importance. Il y rappelle que c'est dans le troisième des mémoires qui 
font partie des Opuscules de botanique : quese trouve exposé pourla premiere 
fois le système de Césalpin, qu'aucun auteur n'avait compris, tous ayant faus- 
sement pris sa division en seize livres pour sa classification ; que se trouve 
réfatée pour la premiere fois une erreur d'A.-P. de Candolle, qui représente 
Heister comme un auteur original ayant pu servir de guide aux méditations 
de Bernard de Jussieu (5) ; et que se trouve enfin publié pour la première 
fois le système des familles de Bernard de Jussieu, grâce à une communica- 
tion obligeamment faite à M. Du Mortier par l'un de ses illustres neveux (6). 

Une partie du volume de M. Du Mortier se compose de monographies des 
genres les plus difficiles de la flore d'Europe : Salix, Rosa, Rubus, Batra- 
chium (1), Pulmonaria, Scrofularia, Polygala, Myosotis, Elatine, etc. Il a 


(4) Voyez le Bulletin, t. xi, Revue, p. 226. 

(2) Communiqué à la Société royale de botanique de Belgique, dans sa séance du 
1er décembre 1872. 

(3) M. Du Mortier vient de terminer le manuscrit de la seconde édition de cet ouvrage. 

(4) Voyezle Bulletin, t. xix, Revue, p. 191. 

(5) Moquin-Tandon, qui n'aimait guére les Jussieu, a suivi sur ce point De Candolle en 
glorifiant l'arrangement du jardin de Helmstadt (Botanique médicale, p pp. 13 et 14). 
D'après lui, c’est Heister qui aurait reconnu le premier lé principe de la subordination 
des caractères. 

(6) Gérard, disciple de Bernard, avait publié la série des familles du jardin de Trianon 
dans sa Flore de Provence en 1764. 

(7) Le genre Batrachium vient d’être l’objet d’une étude particulière de la part de 
M. Oudemans dans le Nederlandsch Kruidkundig Archief, 2° série, t. 1°, pp. 156 et 
suiv. (1872), : 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 79 


donc sa place marquée dans la bibliothèque de tout botaniste qui s'occupe de 
la classification des végétaux et de la flore européenne. 


Hypogomphia, eine neue Labiatengattung aus Taschkend (Nouveau 
genre de Labiées de Taschkend) ; par M. Al. de Bunge (Bulletin de l Aca- 
démie impériale de Saint-Pétersbourg, t. Xvi, pp. 28-30). 


L'Zypogomphia turkestana présente les caractères génériques suivants : 
«Calyx campanulatus herbaceus obsolete decemnervius: -+ Gorollæ bilabiatæ 
tubus sursum curvatus, galea angusta arcuata obsolete biloba subconcava, 
labium inferius trilobum, tubus intus piloso-annulatus, Staminum duo postica 
tantum fertilia ; duo antica breviora clavata ananthera. Antherarum loculi: op- 
positi filamento supra insertionem gibbo (ut in Nepeteis) transversim affixi. 
Nuculæ tenuissima granulatæ rotundato-obtusae.» 

M. de Bunge pense que ce genre doit être rangé dans la tribu des Népétées, 
où il se distingue par l'avortement de ses étamines antérieures. 


Die Pilze der Kahmhaut (Les Champignons de la fleur de vin); 
par M. L. Cienkowski (Bulletin de l'Académie impériale de Saint- Péters- 
bourg, juillet 1872, t. xvi, pp. 513-531, avec deux planches). 


M. Reess, dont nous avons analysé les travaux il y a quelque temps (4), 
a considéré le Mycoderme, qu'il nonime Saccharomyces Mycoderma, comme 
extrêmement restreint dans ses phases, et jouissant d'une grande homogé- 
néité. M. Cienkowski regarde au contraire comme plus étendu le cercle des 
phases de cette Mucédinée, et s'efforce de démontrer que ces phases sont 
influencées par les variations des circonstances extérieures. Il laisse à l'avenir 
lesoin de décider s'il v a quelque conuexion organique entre le Mycoderma 
vint et le Saccharomyces Cerevisiæ. Mais il regarde comme établis les liens 
génériques du Mycoderma et du Chalara, et comme très-probables ceux du 
Chalara et de l Oidium lactis. 


Zur Kennémiss der Chlorophylifarbstoffe und ihre Verwand- 
ten. Spectralanalytische Untersuchungen (Recherches sur les substances 
colorantes de la chlorophylle et les matières analogues ; recherches d'ana- 
lyse spectrale) ; par M. G. Kraus. In-8° de 131 pages, avec cinq gravures 
sur bois et trois planches lithographiées. 


Nous avons déjà parlé avec quelque détail (2) des études que M. Kraus a 
consacrées àla chlorophylle, ce qui nous dispensera d'insister m sur 
cette publication qui les résume. 

Dans son premier chapitre, l'auteur donne la description des appareils de 
physique dont il s'est servi pour examiner le spectre de la chiorophylle. 


(1) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 56. 
(2) Voyez le Bulletin, t. xvm, Revue, pp. 102 et 106. 


80 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Kraus soutient que le spectre de la chlorophylle vivant dans la plante est 
identique avec celui que donne la méme matière dissoute, sauf cette différence 
que toutes les raies d'absorption glissent, dans le spectre des feuilles, vers 
l'extrémité rouge du spectre, phénoméne qui est en rapport avec la densité 
des grains de chlorophylle. Le troisiéme chapitre de M. Kraus traite de la 
décomposition de cette substance. Après avoir d'abord établi que les premières 
recherches de MM. Fremy, Filhol et d'autres chimistes n'ont pas eu pour 
résultat de dissocier la chlorophylle, il donne une nouvelle méthode (consis- 
tant à ajouter du benzo! à la solution alcoolique), laquelle détermine une 
séparation entre deux matières colorantes préexistantes, l'une d'un vert bleu, 
la cyanophylle, et l'autre jaune, la xanthophylle: c'est une méthode purement 
dialytique. Ce résultat concorde parfaitement avec les phénomènes de l'analyse 
spectrale, parce que le spectre de la chlorophylle est un spectre composé, con- 
tenant les deux spectres élémentaires de chacune de ces matiéres colorantes, 
dans lequel les bandes I à IV appartiennent à la cyanophslle, la bande V à la 


xanthophylle, la bande VI et la bande finale d'absorption aux deux matières 
colorantes. 


Vorläufige Notiz über die Trennung der Chlorophyll- 
farbstoffe (Notice préalable sur lo séparation des substances colo- 
rantes de la chlorophylle) ; par M. Max Konrad (Flora, 1872, n° 25). 


M. Konrad a employé la méme méthode que M. Kraus regarde comme 
purement dialytique. Il n'a obtenu le méme résultat que si l'alcool était trés- 
aqueux. Quand l'alcool a à peu prés la méme densité que le benzol, il se 
produit au milieu de la solution jaune une couche de benzol d'une belle cou- 
leur verte, et si l'on ajoute assez d'alcool, les deux substances primitivement 
séparées se mélent et reconstituent la chlorophylle. Tout cela prouve que 
M. Kraus a employé un alcool trés-aqueux, c'est-à-dire que les feuilles, aprés 
avoir été soumises à l'ébullition, ont été traitées immédiatement par l'alcool, 
sans avoir été desséchées. Cela rend douteux pour M. Konrad qu'il s'agisse 
ici simplement d'une dialyse. Il croit beaucoup plus vraisemblable que leau 
produit une décomposition chimique, présomption corroborée par ce fait que 
les solutions de chlorophylle se comportent d'une manière différente dans 
l'eau et dans l'alcool absolu, lorsqu'on fait évaporer la solution. 


Becherehes sur les raies de la ehlorophylie; par M. J. 
Chautard (Comptes rendus, 1872, t. Lxxv, séance du 30 décembre 1872, 
pp. 1836-1839). 


M. Chautard admet que les raies du spectre donné par la lumiere, trans- 
mises à travers une solution de chlorophylle, peuvent varier, pour une méme 
plante, selon son âge, selon le climat, la température, la saison, l'exposition, 
le sol, et enfin selon la nature du dissolvant employé. L'épaisseur de la 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 81 


tranche liquide traversée par le faisceau lumineux inflne aussi beaucoup, 
d'aprés l'expérience, sur la nature du spectre obtenu, ainsi que les degrés de 
concentration de cette solution liquide. Un demi-millième de chlorophylle 
suffit pour laisser apercevoir la raie noire du rouge. — 

Toutes les expériences de M. Chautard ont été réalisées et multipliées à 
l'aide de solutions de chlorophylle empruntées aux plantes les plus diverses : 
Mercuriale, Lierre, Graminées, Épinard, Belladone, Digitale, Mousses, feuilles 
de Conifères, souches de Fougères, bourgeons de Lilas, etc. 

Le mélange d’une teinture de chlorophylle à une solution organique de cou- 
leur différente ne met nullement obstacle à l'apparition de la raie noire spéci- 
fique de la chlorophylle. Si l'on acidule une solution alcoolique de chloro- 
phylle avec un acide organique ou à l'aide de quelques gouttes d'acide chlor- 
hydrique, on produit immédiatement de nouvelles raies. On obtient le même 
résultat en s'adressant à une teinture préparée avec les feuilles d'une plante 
exposée pendant quelque temps à l'action des vapeurs acides. 

Des expériences nombreuses ont été réalisées sur les feuilles sèches de 
plantes d'un emploi continuel en médecine (Belladone, Jusquiame, Aconit, 
Digitale, etc.), et l'on a pu s'assurer que les bandes spectrales sont compléte- 
ment différentes de celles que présentent les alcoolatures des mémes végétaux, 
dans lesquelles la chlorophylle n'a pas subi d'altérations. Les teintures de 
feuilles fraîches se modifient promptement à la lumière solaire, plus lente- 
ment à la lumière diffuse, et finissent par fournir les raies de la chlorophvlle 
altérée par des acides ou celles des feuilles desséchées à l'air. En comparant 
un certain nombre de teintures pharmaceutiques, l'auteur a pu reconnaitre 
d'une manière trés-nette l'état de ces préparations et jusqu'à un certain point 
la date de leur fabrication, les raies de l'orangé et du vert se modifiant sensi- 
blement avec l'état de vétusté du médicament. Une alcoolature faite avec des 
feuilles fraîches se distinguera facilement de la teinture préparée au moyen de 
feuilles séches, par la comparaison des raies produites dans les deux cas. 

En outre, un simple examen spectroscopique permettra dorénavant de con- 
stater les altérations éprouvées par les végétaux poussant dans le voisinage des 
émanations acides des grandes usines de produits chimiques, et de préciser pour 
ainsi dire le cercle d'action de ces dernières (1). 


Examen spectroscopique de la ehlorophylle dans les 
résidus de la digestion: par M. J. Chautard (Comptes rendus, 
t. LXXVI, séance du 13 janvier 1873). 


L'auteur s'est assuré que la chlorophylle retrouvée dans les résidus de la 
(4) Dans des observations présentées au sujet de ce travail (Comptes rendus, séance 


du 13 janvier 1873), M. Millardet a rappelé les travaux des observateurs allemands rela- 
tifs à la spectroscopie de la chlorophylle. D'après lui, M. Kraus aurait déterminé avec la 


82 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


digestion n'avait souffert pendant cet acte physiologique d'autre altération que 
celle que le temps ou les acides lui font subir naturellement. 

Dans le spectre d'une solution alcoolique des matières fécales, la région 
verte est souvent traversée par une bande noire qui dépend du spectre de la 
bile ; l'iatensité et la largeur de cette derniére bande varient beaucoup sui- 
vant certaines circonstances physiologiques ou pathologiques faciles à prévoir, 

M. Chautard a également reconnu quelques raies de la chlorophylle dans la 
teinture alcoolique de cantharides, à cause des feuilles dont se nourrissent 
ces animaux. 


Classification des bandes d'absorption de la chloro- 
phyile; raies accidentelles; par M. J. Chautard (Comptes rendus, 
t. LXXVI, séance du 19 mai 1873, pp. 1273-1275). . 


M..Chautard divise en trois catégories les diverses bandes d'absorption du 
spectre de la chlorophylle. La première contient la bande la plus caractéris- 
tique et la plus constante, celle du rouge moyen, comprise entre les raies B et 
G de Frauenhofer, et que l'auteur appelle bande spécifique. Dans une seconde 
catégorie, il range toutes les autres bandes d'absorption, quel qu'en soit le 
nombre, signalées dans le spectre de solutions chlorophyllées, récentes ou 
anciennes, neutres, acides ou alcalines, qu'il désigne sous le nom de bandes 
surnuméraires. Enfin une troisième et nouvelle catégorie comprendra des 
bandes qu'il nomme accidentelles, n'ayant pas le caractère de permanence 
des premières, et se produisant dans des conditions spéciales. Il résume les 
particularités les plus essentielles de ses observations en prenant pour type la 
solution alcoolique de feuilles jeunes et fraiches d'Ortie. 

La matière colorante qui accompagne la chlorophylle dans certaines plantes, 
les Betteraves rouges par exemple, peut masquer quelques-unes des raies 
surnuméraires de la chlorophylle, mais la bande spécifique du rouge appa- 
rait toujours, ainsi que la bande accidentelle, malgré la présence de la matiére 
colorante rouge. 

Les feuilles d'Oseille acides offrent une raie accidentelle vers la naissance du 
rouge, qui se fonce de plus en plus à mesure que la raie spécifique s’affaiblit, 

Plusieurs autres plantes, notamment le Chou rouge et le Millepertuis, peu- 
vent offrir des bandes accidentelles ou permanentes d'une nature particulière. 


Ueber die Wirkung stärken Lichtes, etc. (De l'action d'une 
lumière intense sur la substance colorante des grains de chlorophylle des 
Conifères) ; par M. Batalin (Bot. Zeit., 4872, col. 393-394). 


Cette communication a été faite au congrès des naturalistes russes à Kiew, 
plus grande précision l'analogie qui existe entre les phénomènes d’absorption que pré- 


sentent les solutions altérées dont il vient d'être question et ceux que manifestent des 
solutions aleooliques de préparation ancienne. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 83 


en 1871. Quand on expose les feuilles d'un Conifère à une lumière intense, la 
substance verte disparait sans modification du protoplasma et sans disparition 
de l'amidon. Aprés un plus long séjour dans ces conditions, la plante produit 
de nouvelles parties qui demeurent toujours jaunes ; au microscope; ces parties 
contiennent des corps arrondis incolores, mais point d'amidon. Aprés avoir 
été tenues à l'ombre pendant une semaine, ces parties jaunes verdissent com- 
plétement et ces corpuscules incolores sont devenus verts au microscope. On 
peut observer plusieurs fois ces changements de coloration sur les mémes 
feuilles dans le cours d'un méme été. Il n'est pas question ici de l'échauffe- 
ment causé par les rayons directs du soleil, car le phénomène se produit aussi 
“bien sous leur influence immédiate que quand ils ont traversé des vases de 
verre à faces parallèles remplis d'eau sur laquelle s'exerce et se perd leur action 
calorifique. 


Bijdrage tot de Kennis van het ontstann der zooze- 
naamde terpcenharsen in de planten (Recherches sur Vori- 
gine de la térébenthine dans les plantes) ; par M. A.-P.-N. Franchimont 
(Nederlandsch | Kruidkundig Archief, t. 1, pp. 115-122, avec une 
planche). — ' 


Ce mémoire, daté de Leyde, 1871, a été couronné par l'Académie hollan- 
daise des sciences. L'auteur a étudié principalement le Pinus Laricio, et il 
résume de là maniere suivante les résultats de ses observations. 

4. Les canaux résineux ne doivent pas leur origine à une liquéfaction de 
cellules, et ils ne s'agrandissent pas. — 2. La résine proprement dite ne se 
trouve que dans les lacunes aériferes, les cellules ligneuses ou les canaux rési- 
neux. — 3. La résine de l'écorce n'est pas identique avec celle du bois et des 
feuilles. — 4. Quand on fait attention à la distribution des glycosides, de 
l'acide tannique, de la résine et d'autres subtances, on arrive facilement à 
conclure qu'il y a transformation d'un glycoside en acide tannique aprés sépa- 
ration des éléments de l'acide oxalique, et que cet acide tanpique, sous l'in- 
fluence d'une substance protéique contenue dans les cellules épidermiques, 
produit une matière qui peut, par l'action de l'air, former de la résine et de 
l'essence de térébenthine ; cette matière est nommée. par l'auteur rétinogène. 

Comme termes de comparaison, l'auteur a étudié encore les plantes sui- 
vantes : Pinus silvestris, P. Pumilio, P. canariensis, P. Cembra (chez 
lequel il n'a rien trouvé de pareil à ce qui est décrit par Unger dans son Ana- 
tomie et Physiologie des plantes, p. 205); Abies sibirica, A. pectinata; 
Larix europea; Cedrus libanotica ; Araucaria Cunninghami, A. imbri- 
cata (dont les canaux renferment, outre la résine, encore une substánce inso- 
luble dans l'alcool aussi bien que dansl'eau); Dammara australis, D. Brownii 
et d'autres Coniferes ; Cycas revoluta (qui renferme de la résine dans les 
vaisseaux du pétiole, et dans les canaux une espèce de mucilage); Pistacia 


8^ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Terebinthus; Rhus toxicodendron, Rh. vernicifera; Hedera Helix ; plusieurs 
Ombellifères ; le Laurus Camphora, qui ne renferme pas de vaisseaux, mais 
de grandes cellules remplies de camphre. 

Ces recherches comparatives ont appris à l'auteur : — 1° Que les canaux 
réguliers dont il a eu l'occasion d'observer l'origine ont été toujours formés 
par l'écartement réciproque des cellules et non par leur ramollissement, ce 
qui prouve qu'il est impossible que la résine provienne d'une désorganisation 
des parois cellulaires, — 2° Que lors d'un développement plus avancé des 
canaux chez quelques plantes, il semble qu'on voie disparaitre des cellules par 
liquéfaction, mais qu'alors on rencontre dans les canaux une substance inso- 
luble dans l'alcool et dans l'éther aussi bien que dans l'eau, et qui ne peut 
être de la résine : c'est un mucilage végétal. — 3° Que toujours l'acide tan- 
nique, ou du moins une substance qui en présente les réactions, existe 
dans les plantes qui sécrètent de la résine, et que ces deux substances, résine 
et acide tannique, se trouvent dans une relation étroite. — 4° Que la résine 
se trouve presque toujours dans les lacunes aérifères ou dans des vaisseaux, 
d'où il résulte que trés-vraisemblablement cette substance est produite par 
l'action de l'air. , 

Ges résultats ont confirmé l'auteur dans l'opinion que la résine, tout au 
moins la résine de térébenthine, doit son origine non à la désorganisation de 
la cellulose ou à la transformation de l'amidon, mais à l'action de l'air sur une 
substance qui appartient, comme l'acide tannique, à la classe des glycosides. 


Ueber die Bestaubungsverhaltnisse bei dem Grami- 
meen (Des phénomènes de la fécondation chez les Graminées) ; par 
M. Hildebrand (Monatsbericht der Küniglich preussischen Akademie der 
Wissenschaften zu Berlin, septembre et octobre 1872, pp. 737-764). 


L'auteur, aprés quelques considérations d'histoire, examine successivement 
les Graminées dioiques, les Graminées monoiques, les Graminées polygames, 
les Graminées protogyniques, celles dont le stigmate et les anthéres se déve- 
loppent en méme temps, etc. L'auteur a remarqué ce fait important que chez 
les Graminées il ne faut pas, relativement au mode de fécondation, conclure 
d'une espèce à l'autre, dans le méme genre. Ainsi les genres Hordeum, Avena 
et Triticum présentent des modes de fécondation fort divers suivant leurs 
espèces. Il y a plus: certaines espèces méme peuvent varier dans leur mode 
de fécondation suivant les circonstances climatériques, et ces variations peu- 
vent affecter non-seulement les individus, mais méme divers épillets d'un 
méme individu, dans lequel alors la fécondation s'opère de diverses façons. 
L'auteur ne peut méme garantir que les faits qu'il a observés sur certaines 
espèces se présenteront toujours de méme, dans d'autres observations, sur 
les mêmes espèces. Ces remarques retirent un peu d'importance, ce nous 
semble, aux observations faites dans ces derniers temps avec tant de persévé- 


| 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 85 


rance et de pénétration sur les fleurs protérandres ou protérogynes, sur la 
dichogamie et autres modalités de la fécondation croisée. 


Ueber das Vorkommen von Lithium im Pflanzenreiche 
(Du lithium dans le règne végétal) ; par M. W.-O. Focke (Abhandlungen 
hersgg. vom naturwissenschaftliche Vereine zu Bremen, t. 11, 2° partie, 
pp. 270-275, 1872). 


Le lithium se trouve de préférence dans les feuilles, plus rarement dans les 
tiges comme dans les feuilles des plantes. Il existe dans un grand nombre de 
végétaux, mais l'auteur n'en cite que les exemples les plus frappants. Il n'en 
donne pas les proportions. Il l'a reconnu par l'analyse spectrale; le lithium 
rougit la flamme comme le calcium. La proportion des alcalis divers contenus 
dans une méme espèce varie beaucoup selon la provenance des échantillons 
qu'on analyse; cela.est vrai notamment pour le lithium et pour le sodium. 
Les espéces chez lesquelles M. Focke a reconnu ordinairement une propor- 
tion importante de lithium appartiennent aux genres Thalictrum, Carduus, 
Cirsium et Salvia; on trouve aussi parmi elles deux espèces de Samolus et 
le Lathyrus tuberosus L. Ce n'est pas la composition chimique du sol oü 
croissaient ces plantes qui a pu expliquer à l'auteur la présence de la lithine 
dans leur tissu, mais l'organisation particuliére de la plante. Beaucoup d'es- 
péces croissant sur le méme sol que des végétaux renfermant de la lithine, 
examinées par lui à ce point de vue, n'en renfermaient pas un atome, notam- 
ment un Convolvulus qui enlacait des Salvia et des Thalictrum lithinés, 

Cette question avait déjà été examinée par M. Nobbe, qui avait reconnu (1) 
que le lithium est un élément en général peu utile aux végétaux. 


Deutschlands Flora, oder Abbildung der wildwachsenden Pflanzen 
in der mitteleuropáischen Flora (Flore d'Allemagne, ou Iconographie des 
plantes croissant spontanément dans la flore de l'Europe moyenne); ' 
neuvième édition, complétement refondue, par M. Ernest Hallier, 4™ livrai- 
son. Leipzig, chez W. Bænsch, 1873. 


La première livraison, que nous avons sous les yeux, renferme : 1° Un abrégé 
de morphologie végétale, puis un exposé taxonomique suivi d'un tableau qui 
doit conduire à la détermination des familles, Ensuite commencent l'énuméra- 
tion et la description des plantes de l'Europe moyenne, suivant un plan parti- 
culier à l'auteur. Il débute en elfet par les Gymnospermes, que suivent les 
Loranthacées, les Lemnacées, les Aroidées, les Monocotylédoues aquatiques, 
les Liliacées, etc. 

Cet ouvrage doit étre complet en cent livraisons et renfermer cinq cents 
planches gravées sur cuivre et coloriées. Le prix est d'un marc la livraison. 


(1) Landwirthschaftliche Versuchsiationem, xit, p. 321. 


$6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Sul /^rofomyces violaccus Cesati, e sulle lenticelle; par M. G. Gi- 
belli (extrait du journal Le Stazioni sperimentali agrarie italiane, 1872); 
tirage à part en brochure in-8? de quatre pages. 


On trouve dans le Compte rendu de la sixième réunion des savants ita- 
liens, p. 511, une note où M. le professeur de Cesati a étudié des Müriers morts 
couverts de petites taches qu'il a attribuées à un Cryptogame nommé per lui 
Protomyces violaceus. D'après M. Gibelli, ce Protomyces n'est point un Cham- 
pignon, mais un état hypertrophié des lenticelles qui se forment sur la partie 
subéreuse des racines et du tronc du Mûrier. Les lenticelles, dit l'auteur, se 
produisent de diverses manières, et entre autres par la rupture d'une couche 
de cellules, rupture qui aurait lieu au travers de leurs parois consécutives, et 
qui serait accompagnée de l'issue de leur contenu solidifié. Probablement la 
maladie nommée male del falchetto, dont sont morts les Mûriers en ques- 
tion, n'est pas causée par ces taches violacées, qu'on rencontre chez beaucoup 
d'autres végétaux dont la nutrition n'est point affectée. 


Osservazioni sulla vegetazione dell Uredo Huborum 
DC, e Phragmidium incrassatum Link, in rapporto alla dottrina della 
metamorfosi vegetale (extrait des Aféi dell” Accademia Pontaniana, vol. x); 
tirage à part en brochure in-4° de neuf pages, avec une planche. 


M. Licopoli a observé un Rubus fruticosus où d’abord l’ Uredo etle Phrag- 


midium, objets de son mémoire, se trouvaient réunis dans le même conidium. - 


Le Phragmidium naissait des sorédies de l’Uredo avant que celles-ci fructi- 
fiassent. L' redo ne présente pas de mycélium bien déterminé ; ses basides 
en constituent presque entièrement toute la végétation, Le Phragmidium se 
présente sous une autre forme, et sans analogie avec les éléments de l’ redo. 
M. Licopoli n'admet entre l Uredo et le Phragmidium qu'une. relation de 
cohabitation. 


Sulla struttura del fausto della Wäisfaria chinensis DC. 
e del Cissus acida L. ; par M. G. Licopoli. In-4° de 17 pages, avec une 
planche. Naples; 1872. . 


Les tiges irrégulières du Wistaria chinensis sont dans les premiers temps 
régulières, deviennent irrégulières en perdant leur rotondité, et présentent des 
soulèvements de l'écorce qui, avec le progrès du temps, augmentent en nombre 
et s'anastomosent entre eux; ils sont de nature ligneuse, et n’ont point de 
nombre ni de disposition constante. On distingue dans le corps ligneux une 
moelle, un étui médullaire, une zone ligneuse et des rayons médullaires. 

L'auteur croit que cette plante devrait être rapportée au groupe des tiges 
anomales dans le genre de celles des Sapindacées, bien qu'elle appartienne aux 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 87 


Légumineuses,. parce qu'elle ressemble au Serjania Dombeyana et au Paul- 
linia pinnata. Cependant il ne s'accorde pas avec M. Nügeli sur l'explication 
des cordons saillants. Les faisceaux ligneux périphéri iques du Wästaria ayant 
leur origine dans l'écorce, et principalement là où les rayons corticaux sont en 
plus grand nombre et pleins d'humeur nutritive, peuvent à l’âge adulte de la 
plante devenir des centres de nouvelles formations; mais ils appartiennent 
plutót à l'écorce qu'au corps ligneux. 

Dans le Cissus acida, l’auteur, qui en a suivi attentivement le développement 
ligneux, a pu constater que la structure anatomique. se rapproche beaucoup 
de célle des plantes monocotylédones, et qu'abstraction faite dela présence de 
. Vétui médullaire, les faisceaux ligneux et l'écorce mince ont toute l'apparence 
de ceux d'un stipe, ll incline, en terminant, à considérer ce Cissus comme 
offrant une structure intermédiaire entre celle des végétaux monocotylés et 
celle des dicótylés. 


Phycearum indicarum Pugillus; auctore G. Zanardini (extrait 
des Memorie del Reale Istituto Veneto, vol. xvit); tirage à part en bro- 
chure in-4° de 42 pages, avec 12 planches lithographiées. 


Dans ce travail sont passées en revue quatre-vingt-une espéces d'Algues 
contenues dans quarante-cinq genres, toutes recueillies par M. Beccari pen- 
dant ses voyages de 1865 à 1867 à Bornéo, à Singapore et à Geylan: Les 
espèces décrites pour la premiere fois dans ce travail appartiennent aux genres 
Dictyota, Asperococcus, Bostrychia, - Laurentia, Delesseria, Catenella, 
Batrachospermum, Thorea, Campsopogon, Symphyosiphon, Tolipothrix, 
Calothriz, Hormosiphon, Lyngbya et Palmoglæa. — Les genres nouveaux 
sont les suivants : Acroceptis (Cryptonémées) ; Zachytrichia et Trichocladia 
(Rivulariées) et Polythrix (Leptotrichées). 

Dans ces plantes est un curieux Delesseria d'eau douce, que M. Beccari 
a récemment retrouvé à la Nouvelle-Guinée. 


Notice sur quelques racines, tubercules et fruits employés comme 
aliments par les indigènes du nord de Queensland (Australie); ; par M. A. 
Thozet (Revue horticole, 4872). 


Les végétaux alimentaires dont il s’agit ont été divisés en trois catégories : 
ceux qui se consomment sans préparation; ceux qui n'ont besoin que de la 
cuisson ; enfin ceux qui, étant. vénéneux, demandent quelques préparations, 
telles que macération, broyage et dessiccation. 

1** Catégorie ; Hibiscus heterophyllus Vent. , Sterculia trichosiphon Benth., 
tous deux à racines comestibles. — Sterculia rupestris Benth., dont le tronc 
imite par sa forme une bouteille à limonade, et dont le bois mou contient une 
substance mucilagineuse et rafraichissante ; on creuse dans son tronc des trous 
que les eaux pluviales remplissent et agrandissent en formant de petites 


85 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


citernes naturelles. — Vitis opaca F. Müll., dont les tubercules nombreux 
et un peu âcres, pesant de 1 à 10 livres, se mangent pendant les chaleurs 
comme le Melon d'eau. — Dioscorea punctata R.Br., dont les jeunes racines, 
à leurs extrémités blanches, sont comestibles. — Z/eleocharis sphacelata R. 
Br., dont les petits bulbes, croissant au nombre de 6 à 12 par pied, sont 
également comestibles. — Nymphæa gigantea Hook., ou Lis bleu des eaux, 
dont le pédoncule floral est mangeable, quand avant l'épanouissement de sa 
fleur on l'a dépouillé de sa partie fibreuse. — Zivistona australis Mart., 
dont les feuilles non encore développées sont comestibles dans leur partie 
blanche. — Melodorum Leichhardtii Benth. et Müll., plusieurs Capparis, 
dont les fruits sont mangeables. — Grewia polygona Roxb., dont les 
graines, bouillies dans l'eau, forment un breuvage acidulé excellent. — 
Spondias pleiogyna F. Müll., dont la drupe acidule est agréable au goüt. — 
Rhamnus vitiensis Benth., Zizyphus Jujuba Lam., Rubus rosæfolius Sm., 
Terminalia oblongata F. Müll., Barringtonia Careya F. Müll., Eugenia 
myrtifolia Sm., dont on mange également les fruits. — Cucumis jucunda 

. Müll., dont on ne mange que la pulpe, l'enveloppe étant trop amère. — 
Sarcocephalus cordatus F. Müll., Timonius Rhumphii DC., Maba gemi- 
nata R. Br., Achras Pohlmaniana F. Müll., Carissa ovata R. Br., Myopo- 
rum diffusum R. Br., Exocarpus latifolius R. Br., dont les fruits aussi, 
quoique souvent un peu amers, sont comestibles pour de malheureux voya- 
geurs. — Ficus aspera R. Br., dont les feuilles sèches et réduites en poudre 
sont employées par les indigènes pour guérir leurs blessures. — F. vesca F. 
Müll. — Pipturus propinquus Wedd., dont le bois, mou à l'état sec, sert aux 
indigènes à allumer leurs feux par frottement. — Musa Banksii F, Müll., 
Pandanus pedunculatus R. Br., etc. 

2° Catégorie : Phaseolus Mungo L. — Acacia! Bidwilli Benth., qui 
fournit une gomme semblable à la gomme arabique.— Dendrobium ninm 
latum R. Br., dont les pseudobulbes sont mangeables. — Avicennia tomen- 
tosa, dont les fruits convenablement cuits dans le sable sont mangés par les 
indigènes. 

3° Catégorie : Caladium macrorrhizon Vent., Typhonium Brownii Schott., 
à rhizomes farineux comestibles après broyage et dessiccation. — Entada scan- 
dens Benth. , Cycas media R.Br. , Encephalartos Miquelii, E. Denisonii, dont 
les fruits sont comestibles après broyage et macération. Sur trois personnes qui 
se contentèrent de faire seulement rôtir les graines de l'Z. Denisonii, deux 
moururent. empoisonnées ; la troisième, qui n'en avait mangé que trois ou 
quatre graines, put échapper à la mort aprés avoir cruellement souffert. 


Catalogue des graines du Jardin des plantes de la ville de Bordeaux 
pour 1872 ; par M. Durieu de Maisonneuve. 


Parmi les plantes adventices constatées par M. Franchet, se trouvait l' Avena 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 89 


Ludoviciana DR. var. Franchetiana : Glumis albidis laevibus, non. scabris 
fulvis; gluma inferiori dorso glabra, non a basi ad medium callo excepto vil- 
losissima. — L'Ageratum Lasseauxii Carr. devient le Conoclinium Las- 
seauzit DR. — Le Saponaria officinalis L., qui n'est pas indiqué par 
M. Boissier dans son Flora orientalis, a été envoyé de ce pays par M. Balansa 
à M. Durieu, ou du moins une variété floribunda DR. de cette espèce. — 
Signalons encore le Medicago constricta DR. (M. tuberculata Willd. var. 
prýispina Boiss. in Bourg. Plantes de Rhodes, 1870). 


Vorlaufige Mittheilung über das Auftreten von Chis- 
rophylie in einigen für chlorophyllfrei gehaltenen Pflanzen (Communi- 
cation préalable sur l'apparition de la chlorophylle chez quelques plantes 
qui passent pour en manquer); par M. J. Wiesner (Botanische Zeitung, 
1871, col, 619). 


Si on laisse un pied de Neottia Nidus avis dans l'éther, l'alcool ou la ben- 
zine, il se cclore aussitôt en vert. Avec le temps, la matière colorante verte se 
dissout dans le liquide, où elle se comporte comme de la chlorophylle, méme 
par les propriétés optiques qu'elle communique à la solution. Le siége de cette 
chlorophvile, chez le JVeottia, est dans les corps fusiformes colorés en brun 
brillant qui recouvrent presque toujours le noyau cellulaire (1). 

L'auteur a reconnu des faits analogues chez plusieurs Orobanches, 


Sur la coloration et le verdissement dm Neottia Nidus 
avis; par M. Éd. Prillieux (Comptes rendus, t. LXXVI, séance du 23 
juin 1873, pp. 1530-1533). 


D’après M. Prillieux, les « corps fusiformes » signalés par M. Wiesner ont 
la forme de paillettes cristallines, le plus souvent triangulaires et souvent acco- 
lés deux à deux ; ils sont de nature protéique, analogues aux cristalloides qui 
ont été maintes fois observés dans les graines. Ils offrent, dans leur forme cris- 
talline, cette particularité que leurs angles sont variables, Ces cristalloïdes 
perdent leur forme aussitôt que la cellule qui les contient est altérée, et que 
le liquide qui les baigne perd sa composition normale. Si l'on examine sur une 
préparation une cellule qui a été ouverte et où l'eau pénètre, on voit, à la 
place des cristalloides, de petites masses à peu prés rondes et finement granu- 
leuses ; l'eau a pénétré dans les cristalloides, les a gonflés et a en partie changé 
leur structure intime. Beaucoup de corps, dit M. Prillieux, ont la propriété, 
en agissant énergiquement sur les cellules, non-seulement de déformer ainsi 
les cristalloïdes, mais d'altérer d’une facon très-remarquable la substance 
dont ils sont composés et de les colorer en vert. C'est à cette modification des 


(1) M. Trécul a observé des grains d'aleurone colorés en brun, en vert et en d'autres 
teintes. (Ann. sc. nat., 1858.) k 
T. 1h (REVUE) 7 


90 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


cristaux bruns, de nature protéique, qu'est due l'apparition de la couleur 
verte que M. Wiesner a observée sur les plantes plongées dans l'alcool ; mais 
“les acides et les alcalis produisent cette modification aussi bien que les dissol- 
vants ordinaires de la chlorophylle. La chaleur déforme aussi les cristalloides 
et les colore en vert instantanément. Le JVeottia Nidus avis plongé dans l'eau 
bouillante verdit instantanément. 

Cette coloration est bien due à de la cblyrosiaile] mais M. Prillieux ne 
croit pas que la chlorophylle persiste dans les cristalloides bruns. Jamais il 
n’a pu constater, en plaçant des pieds fleuris de ce Neottia sous des éprou- 
vettes chargées d'acide carbonique, le moindre dégagement d'oxygene. 

Dans tous-les cas, quand méme la matière verte existerait réellement dans 
le Neottia Nidus avis, on n'en serait pas moins forcé de reconnaitre qu'elle 
n'y joue pas un róle bien important. Il est impossible de lui attribuer la for- 
mation des éléments de tous les tissus et de ce riche dépót d'amidon que con- 
tiennent les jeunes cellules au moment du développement de la hampe florale. 

1l faut donc admettre que ces sipguliers végétaux trouvent dans les débris des 
plantes au milieu desquelles ils croissent des substances tout organisées qu'ils 
sont capables de s'assimiler, et qu'ainsi leur mode de vie est tout à fait ana- 
logueà celui des Champignons qui ont recu la dénomination de Saprophytes. 


Note sur lorgame reproducteur du Psilotum tfrique- 
trum ; par M. J.-J. Kickx (extrait du Bulletin de l'Académie royale 
de Belgique, 2° série, t. Xx1x, n° 4, 1870). 


L'auteur a étudié particulièrement le sporange du Psilotum. Il n’en: a pas pu 
observer la première origine ; par analogie il a pu croire que cet organe naît 
d’une cellule épidermique d’une jeune feuille ; il s’est convaincu du moins de 
sa naissance épiphylle. Après une partition cellulaire active, le sporange se 
développe en un corps à trois parties, tandis que sa base se concentre en se 
séparant du sommet. Pendant cela, les trois logettes intérieures se caracté- 
risent; chacune d'elles contient des cellules-mères entourées d'une enveloppe 
de chlorophylle comprenant deux ou trois couches dans son épaisseur ; ce sont 
les parois de ces cellules-mères qui, en s'appliquantles unes contre les autres, 
forment les cloisons des logettes ; extérieurement l'ensemble est entouré d'un 
épiderme à grandes cellules dont les parois extérieures sont plus fortes. Chaque 
cellule-mère se partage par des cloisons en croix en quatre cellules-spores, 
situées dans un plan, qui, en se développant, deviennent bientôt réniformes, 
présentant leur face concave du côté du centre de la cellule-mère. La mem- 
brane dela spore se sépare en exospore et en endospore ; du côté concave est 
un pore longitudinal. L'ouverture du sporange est due à une fente longitudi- 
nale qui apparait dans sa paroi au-dessus du milieu de chaque logette, et qui 
và du sommet jusqu'à la moitié de la hauteur du sporange. Jamais l'auteur, 
malgré des essais réitérés, n'a pu voir germer les spores du Psilotum. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 91 


Ucher die Entwickelung der Sporen bci den Gefæss- 
kryptogamen (Sur le développement des spores chez les végétaux 
cryptogames) ; par M. Russow (Bof. Zeit., 1871, n° 43). 


Ce mémoire a été lu par l’auteur au congrès des naturalistes allemands 
à Rostock, en 1871. 

"L'auteur n'a jamais été assez heureux pour observer la partition du nucléus 
au moment de la naissance des cellules-filles. Il est fort remarquable que les 
lamelles de bátonnets (Sfäbchenplatten) (1), propres à tous les Cryptogames, 
qui se forment aux dépens du nucléus de la cellule-mère un peu avant la 
partition de celle-ci, se dissolvent dans le chloroiodure de zinc de méme que 
dans la solution de carmin, sans se colorer. Les nucléus secondaires produi- 
sent aussi des « lamelles de bátonnets » secondaires. Quant à la manière dont 
se comportent les cellules-méres spéciales, les Fougères et les Rhizocarpées se 
correspondent, en tant que cette paroi absorbe beaucoup d'eau et peut pro- 
duire une couche gélatineuse. Chez les Lycopodiacées, la pellicule de la cel- 
lule- mére spéciale se dilate sous l'action de la potasse et du chlorure de zinc 
iodé, tandis que chez les Fougères, dans ce cas, la membrane se fronce. L'au- 
teur entre ensuite dans quelques détails sur les Marsiliacées (2). 


Vergleichende Untersuchungen betreffend die Histiologie (His- 
tiographie und Histiogenie) der vegetativen und sporenbildenden Organe und 
die Entwickelung der Sporen der Leitbündel-Kryptogamen, mit Berucksich- 
tigung der Histiologie der Phanerogamen, ausgehend von der Betrachtung 
der Marsiliaceen (Recherches comparées concernant l'histologie (histogra- 
phie et histogénie) des organes végétatifs et reproducteurs et le déve- 
loppement des spores des Cryptogames vasculaires, avec un coup d'œil 
sur l'histologie des Phanérogames, procédant de l'examen des Marsi- 
liacées); par M. Edmond Russow, professeur de botanique à l'université 
de Dorpat (Mémoires de l'Académie impériale des sciences de Saint- 
Pétersbourg, 1* série, t. xix, n° 1) ; in-4° de 207 pages, aveconze planches 
lithographiées et en partie coloriées. Saint-Pétersbourg, 1872. 


Ce mémoire considérable contient trois parties. Dans la premiére, l'auteur 
traite de l'anatomie des Rhizocarpées ; daus la deuxième, de celle des Fou- 
gères, des Ophioglossacées, des Lycopodiacées (parmi lesquelles il comprend 
les Selaginella et les Isoëtes), et des Équisétacées. Dans la troisiéme, il com- 


(4) L'auteur nomme ainsi des agglomérations de granulations allongées ou simple- 
ment arrondies qui se rencontrent généralement dans les spores des Cryplogames, et qui 


sont plus nettes chez les Ophioglossum et les Equisetum. iR 
(2) Nous eroyons devoir sigaaler à nos lecteurs la dissertation inaugurale encore assez 


récenie de M. Russow, intitulée Histologie et organogénie du sporocarpe dés Marsilia, 
thése que nous ne connaissons encore que de nom. 


92 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


pare les organes vasculaires des Cryptogames à ceux des Phanérogames. Nous 
reproduirons quelques-unes des conclusions de l'auteur. 

Depuis la publication des recherches de M. Hofmeister, on a reconnu une 
parenté étroite, au point de vue.de la propagation, entre les Lycopodiacées et 
les Gymnospermes. Relativement à la formation des tissus, M. Sachs a dans 
ces derniers temps démontré quelques analogies entre les Cryptogames vas- 
culaires et les Phanérogames ; cette affinité, au point de vue histologique, est 
encore plus étendue et plus intime. L'unité qui préside au mode de forma- 
tion des tissus, aussi bien dans la composition de ceux-ci que dans le dévelop- 
pement des faisceaux vasculaires, apparait entre-ces classes d'une manière 
plus précise ; et notamment les faisceaux des Ophioglossum, des Equisetum 
et des /soétes correspondent à ceux du plus grand nombre des Phanérogames, 
quant à la situation du Xylem et du Phloëm (1); de plus, les faisceaux con- 
ducteurs de la tige chez les Ophioglossacées offrent le prototype des faisceaux 
conducteurs non fermés des Dicotylédones et des Gymnospermes ; ceux des 
Équisétacées ressemblent étonnamment à ceux de beaucoup de Monocotylé- 
dones, et ceux des /soëtes à ceux des Cycadées. 

Relativement à la croissance apicale, il existe entre les faisceaux conducteurs 
des Cryptogames et ceux des Phanérogames une différence plus grande que ne 
l'a dit M. Sachs ; cependant la croissance des organes axiles qui a lieu par le 
moyen de plusieurs cellules apicales chez les Lycopodium, chez plusieurs 
Selaginella et sur les racines des Marattiacées et des Ophioglossacées, se rap- 
proche considérablement de celle des organes axiles (radicaux)de certaines 
Phanérogames, que n'entoure point un dermatogene fermé. 

Des analogies ont été entrevues, on le sait, dans le développement des spores 
d'une part et des grains de pollen d'une autre part. M. Russow les étend ; car, 
d’après lui, les sporanges des Lycopodiacées, des Équisétacées et des Ophio- 
glossacées ne doivent pas leur origine à des poils, comme les sporanges des 
Fougères et des Rhizocarpées, mais à des laciniures foliacées modifiées ou à 
des mamelons nés sur des feuilles, 

En outre, les recherches de l'auteur le forcent à modifier l'idée que l'on 
concevait des rapports réciproques des Cryptogames. Ainsi l'auteur réunit les 
Selaginella aux Lycopodium, et s'inscrit contre l'idée que ces rapports doivent 
étre dominés par l'existence des spores de deux sortes ou d'une seule. Ce n'est 
pas, dit-il, la diversité des spores qu'il faut considérer, mais celle des spo- 
ranges, qui lui fait séparer les Cryptogames vasculaires en deux groupes, com- 
prenant, l'un les Rhizocarpées avec les Fougères, dont il sépare les Marattia- 
cées (2) et les Ophioglossacées, l'autre ces deux dernières familles, les Équi- 


(4) Les anatomistes allemands excellent, on le sait, à introduire dans la science des 
noms nouveaux. Le æy'emtheal est simplement pour M. Russow la partie ligneuse du 
faisceau conducteur, qu'entoure le phloëmtheil ou partie libérienne de ce faisceau. - 

(2) M. Russow a fait sur les Marattia une observation intéressante, Il a trouvé dans 


REVUE PIBLIOGRAPHIQUE. 93 


sétacées et les Lycopodiacées. MM. Pringsheim et Hanstein ont déjà établi la 
grande analogie qui existe, quant aux premières phases du développement, 
entre les Polypodiacées et les Rhizocarpées. Cette analogie s'étend au dévelop- 
pement des tissus, à l'origine et au développement des sporanges, ainsi qu'aux 
divers états par lesquels passent les spores, et à leur germination. Seulement 
il faut reconnaitre que les Rhizocarpées, par rapport aux Fougères, possèdent, 
comme les Selaginella relativement aux Lycopodium, un plus haut degré de 
développement dans leurs organes sexuels. 

Le premier groupe, Fougères et Rhizocarpées, est nommé Filicinées par 
l'auteur (1). 

Le second renferme des groupes qui ont pour caractère commun que leur 
sporange procède toujours à l'origine de plusieurs cellules, tant épidermi- 
ques qu'intérieures,. et „que les cellules-mères de leurs spores ne procèdent 
pas des partitions successives d'une cellule centrale unique, ce qui rend leur 
nombre, généralement trés-considérable, toujours indéterminé. Ce sporange 
naît de la feuille chez les Lycopodium et de l'axe chez les Selaginella. Il 
consiste en une laciniure de la feuille métamorphosée chez les Botrychium, 
en une cavité creusée dans la feuille chez les Ophioglossum, etc. 

Si l'on compare ces groupes entre eux par les caractères de leur tissu, on 
trouve que les faisceaux conducteurs offrent une grande analogie chez les 
Ophioglossacées, les Équisétacées et les Isoëtacées, car ces faisceaux sont 
simples. Les faisceaux des Marattiacées ressemblent complétement à ceux des 
Fougères (Cyathéacées). 

On ne rencontre jamais chez les Filicinées, ni les vaisseaux cribriformes 
à plaques calleuses des Équisétacées et des Ophioglossacées, ni les trachéides 
à ponctuations aréolées des Z'quisetum et des Lycopodium, ni celles à fibres 
annulaires ou réticulées des Ophioglossacées ; enfin, on n'y trouve jamais non 
plus de collenchyme, tandis que cet élément se rencontre dans le tissu fondamen- 
tal des Équisétacées, des Marattiacées et peut-être aussi des Ophioglossacées. 

Les Lycopodiacées présentent un phénomène remarquable : des racines 
feuillées et des tiges sans feuilles. En effet les rhizoïdes des Psilotum sont des 
tiges sans apparence de feuilles, et les tiges feuillées des Lycopodium sont, 
par leur constitution anatomique, des racines auxquelles il ne manque que la 
pilorrhize, remplacée chez eux par les feuilles qui entourent le cóne terminal 


de végétation. 


le parenchyme du M. cicutæfolia et de quelques autres espèces du méme genre un nou- 
vel élément du tissu végétal, des sphérules spéciales qui rappellent les globules cristal- 
lins d'inuline, mais qui ne sont pas solubles dans l'alcool, l'éther ni le ghloroforme. Ces 
globules sont stratifiés comme les grains d'amidon. H y a vraisemblablement là un hydrate 
de carbone en combinaison avec une grande quantité de chaux, 

.4) Le nom de Filicinées a déjà été pris par d'autres auteurs dans un sens différent, 
M. Bommer l'a appliqué à la classe des Fougères, avec l'étendue que cette classe a reçue 


chez la plupart des auteurs. 


9A SOCIÉTÉ BOTANIQUĘ DE FRANCE. 


A la fin de son mémoire, l'auteur exprime sous forme de tableaux, d'une 
maniére saisissante, ces différences et ces rapports. Il donne ainsi l'arbre 
généalogique des Cryptogames vasculaires. 


Die Entwickelung des Keimes der Gattung Selagi- 
nella (Développement de l'embryon des Selaginella); par M. W. 
Pfeffer (extrait des Botanische Abhandlungen publiées par M. Hanstein) ; 
tirage à part en brochure in-8°. Bonn. Ad. Marcus, 1871. 


Brotero et Salisbury paraissent étre les premiers observateurs qui aient vu 
germer les macrospores des Selaginella, et Spring le premier savant qui ait 
établi la différence sexuelle des microspores et des macrospores. M. Hof- 
meister étudia le prothallium et les archégones, et M. Millardet, l'un des 
derniers botanistes qui s'en soient occupés, a complétement décrit la germi- 
nation des microspores et la formation des anthérozoides. Pour bien observer 
ces microspores, il convient de les traiter par l'acide chromique, qui agit sur 
l'exospore et le rend transparent. Le principal intérét qui ressorte du travail 
de M. Pfeffer est la confirmation de la découverte du prothallium mâle, faite 
par M. Millardet. Il n'en demeure qu'une seule cellule à l'état stérile ; les 
autres cellules forment des anthérozoides, des corps allongés, épaissis à une 
extrémité, et armés de.deux cils à l'autre extrémité. Ce prothallium mâle 
rudimentaire augmente, selon l'auteur, la ressemblance entre les microspores 
des Selaginella et les grains polliniques des Cupressinées. 

M. Pfeffer décrit d'ailleurs la germination des macrospores, la formation du 
prothallium femelle et des archégones, insistant sur la division de la cellule 
archégoniale et sur les états successifs de l'embryon. Une cellule forme le 
suspenseur ; l'autre se divise pour constituer l'embryon. Quand celui-cf 
atteint une certaine grandeur, il est situé, d’après M. Pfeffer, en travers de la 
spore et non comme M. .Hofmeister l'a figuré. Cet embryon est un peu 
courbé, avec une gibbosité à l'opposé du suspenseur. On y voit deux cotylé- 
dons avec des ligules. Il est analogue à celui des Marsilia. 

Le mémoire de M. Pfeifer est accompagné de six belles planches. 


Ueber Schleimgänge einiger Lycopodiem (Sur les canaux 
muqueux de quelques Lycopodium) ; par M, Hegelmaier (Bot. Zeit., 1872, 
col. 749-750). 


Cette communication a été faite au congrès des naturalistes allemands 
à Leipsick, en septembre 1872. Il y est question de la structure et du déve- 
loppement de canaux muqueux qui se rencontrent dans les feuilles de quel- 
ques Lycopodium, particulièrement du L. inundatum. Ces canaux ne sont 
pas entourés, comme les canaux à gomme de divers végétaux, par une couche 
de cellules différentes de celles du tissu environnant, mais ils montrent, adhé- 
rents à leurs parois, un grand nombre d'utricules allongés, faisant librement 


po OS 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 95 


saillie dans leur cavité, d'abord riches en protoplasma, plus tard vides. L'auteur. 
a vu des phénomènes analogues sur le tégument des Cycadées. 


Zur Morphologie der Gattung Lycopodiwm ; par M. Hegel- 
maier (Botanische Zeitung, 1872, n% Ah, 45, h6, 47 et 48, avec trois 
planches). - 


Ces cinq articles contiennent un grand nombre de détails relatifs à la struc-. 
ture des Zycopodium ; l'auteur a malheureusement négligé d'en. donner un, 
résumé. Il traite successivement de l'anatomie de la tige, de la disposition des 
cordons vasculaires, de leur texture histologique, de leur. développement, du 
tissu cortical, du mode de croissance apicale, du développement des feuilles, 
des stomates, du mode de ramification de la tige, des. sporanges (que l'auteur 
a vus naître de la feuille), des bourgeons hivernaux et des réservoirs à mucilage. 


Ueber Brutkmospen bei Zycopodiun piri dnt d M. He- 
gelmaier (Bot. Zeit., 1872, col. 736-737). 


D'aprés M. Cramer, les propagules se développent. dans. l'aisselle dioe. 
feuille, avec laquelle ils croissent soudés dans une: certaine étendue, ce qui 
coincide avec l'avortement du. bourgeon foliacé superposé à cette feuille, L'au- 
teur n'a pas pu dans ses recherches se convaincre de l'exactitude de cette 
assertion. Les propagules, selon lui, se développent sans feuille axillante préexis- 
tante, au point où devrait se: produire une feuille, et sans que leur mamelon 
initial se distingue d'un mamelon foliaire. Les deux premières feuilles qui 
apparaissent à la base de l'axe d'un propagule sont situées latéralement, et 
glissent en dedans par l'effet d’un développement prépondérant en largeur 
du propagule. Après elles viennent les deux premières feuilles médianes, et 
la première des deux est l'extérieure, celle que M. Cramer a désignée comme 
la feuille axillante. Il n'y a aucune raison de supposer un avortement. 


Ueber den Entwickelung der Sporangien von Selagi - 
nella (Sur le développement des sporanges des Selaginella); par M. Schenk 
(Bot. Zeit., 1872, col. 750). 


Les données de M. Hofmeister sur l'interprétation morphologique de ces 
sporanges, qu'il considère comme un produit axillaire prenant naissance dans 
l'aisselle de la feuille qui les sous-tend, sont directement opposées à l'opinion 
de M. Sachs, selon lequel le sporange serait né des feuilles, Lorsque le tname- 
lon foliaire a atteint une grosseur assez grande, on voit se dessiner au-dessüs 
de lui un léger renflement provenant de l'axe, renflement qui s'accroit peu à 
peu et se transforme en sporange. Tandis que M. Sachs réunit les Selaginella 
aux Lycopodium, l'auteur ramène au contraire les premiers dans le voisi- 
nage immédiat des Rhizocarpées. 


96 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Sur la germination des Lycopodium ; par M. Leitgeb (Bot. 
Zeit. , 1872, col. 751). 


M. Leitgeb se flatte d'avoir observé des milliers de germinations de Zycopo- 
dium inundatum, et d'en avoir suivi le développement jusqu'à la formation 
d'un prothalle de treize cellules. Les prothalles obtenus pendant l'hiver 
étaient encore au mois de mai sans modification. Méme à l'air libre on trouve 
souvent des prothalles desséchés, à cóté de prothalles frais. Aussi l'auteur 
confirme-t-il l'hypothése déjà émise par M. Spring, selon lequel nous n'aurions 
plus là sous les yeux que des orgaues incapables d'un développement ultérieur, 
le sexe opposé n'existant plus à la surface de la terre. L'auteur a reconnu 
une grande analogie entre la structure des cellules de ces prothalles et celle 
des jeunes anthéridies des Mousses. M. de Bary n'a pu obtenir non plus aucun 
développement des spores du L. Se/ago. 


Ueber dem Vorkeim von Lycopodium (Sur le proembryon 
des Lycopodium); par M. J. Fankhauser (Bot. Zeit., 1873, col. 1-5). 


M. Fankhauser aura la gloire d'avoir éclairci le premier le probléme posé 
depuis longtemps à la science par le genre Lycopodium, dont la reproduction 
était jusqu'à lui inexplicable. I] a observé à la base de jeunes tiges du Zyco- 
podium annotinum une petite masse tuberculeuse enterrée dans le sol qui 
n'était autre chose que le proembryon. Ce proembryon est incliné sur le sol 
de maniere que son cóté inférieur est en méme temps son cóté postérieur. En 
pratiquant des coupes longitudinales et transversales à travers les lobes et les 
sillons de la face antérieure du proembryon, M. Fankhauser a eu bientót 
constaté l'existence des anthéridies du genre Lycopodium, remplies d'un 
grand nombre de cellules-méres des anthérozoides ; il a pu voir ceux-ci dans 
deux cas. Ces anthéridies se présentaient comme des sacs fermés au-dessous 
de la paroi. L'auteur n'a pas encore pu trouver d'archégones, mais il croit 
avec raison que la situation de ces organes est indiquée par la situation de la 
tige émergeant du tubercule. Il conclut de ses observations que le prothal - 
lium des Zycopodium est souterrain et dépourvu de chlorophylle, et que ce 
prothalliam porte des archégones aussi bien que des anthéridies, ce qui explique 
pourquoi les Lycopodium n'ont qu'une seule sorte de spores. Tous ces carac- 
tères appartiennent aux Ophioglossées, dont le développement, d’après M. Hof- 
meister, ressemble beaucoup à celui des Lycopodium. La série des Crypto- 
games isosporées doit donc, dit l'auteur, commencer par les Fougères et les 
Ophioglossées, puis continuer par les Lycopodiées pour se terminer aux Équi- 
sétacées. La structure anatomique éloigne les Sélaginelles des Lycopodes aussi 
bien que l'existence chez elles de deux sortes de spores. 

Quant à la germination des spores de Lycopodium, le développement en 


dépend sans doute, dit l'auteur, de conditions très-particulières qui ne sost 
pas encore connues de lui. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 97 


Einige Bemerkungen über Lycopodiaeeen (Quelques re- 
marques sur les Lycopodiacées) ; par M. Ed. Strasburger (Bot. Zeit., 
1873, n° 6, 7 et 8). 


Nos lecteurs se rappeilent les travaux du professeur d'Iéna sur les Coni- 
féres (1) (à própos desquels il s'était déjà occupé des Lycopodium) et sur les 
Azolla (2) (dont le sporange, en apparence axillaire, appartient en réalité à la 
feuille par son origine). Aprés la publication des recherches anatomiques de 
M. Hegelmaier, et non sans avoir eu connaissauce de celles de M. Russow, 
M. Strasburger a jugé nécessaire de revenir sur le déyeloppement des Lyco- 
podiacées, principalement de leurs tiges et de leurs bulbilles. Habituellement, 
dit-il, les Lycopodium ont perdu leur cellule apicale et se rapprochent, par la 
manière dont se comportent leurs extrémités, tant à la tige qu'à la racine, des 
Archispermes (3) plus que des autres Cryptogames. Les Selaginella au con- 
traire ont généralement leur cellule apicale. Les Lycopodium doivent donc 
avoir perdu la leur après s'étre séparés des Selaginella (^), et se trouvent par 
conséquent, à l'égard des autres Lycopodiacées, daus le méme rapport que les 
Araucariées avec le reste des Conifères. 

M. Strasburger adopte daus ce travail une division des Cryptogames vascu - 
laires qui diffère peu de celle de M. Russow. 

De méme que ce dernier naturaliste, il accorde plus d'importance à des 
caracteres histologiques ou organogéniques qu'à l'existence d'une seule sorte 
ou de deux sortes de spores. 


Ueber den Einfluss der Keimung auf den Fettgehalt der Samen 
(De l'influence de la germination sur le contenu graisseux des graines); 
par M. Vogel (Sitzungsberichte der mathematisch-physikalischen Classe 
der K. b. Akademie der Wissenschaften zu München, 1871, 2° livraison, 
pp. 206-209). 


L'auteur s'est assuré d'abord par un traitement chimique, c'est-à-dire en 
employant l'éther, de combien de matière grasse étaient chargées les graines 
de diverses plantes (Cresson, Orge, Blé, Seigle; Avoine) avant la germination, 
et combien les mémes graines en conservaient aprés cet acte physiologique. Il 
en a toujours trouvé un peu moins dans le second cas. ll est vrai que tous les 
matériaux des graines subissent en général par la germination une diminution 
analogue. Aussi M. Vogel est-il conduit à penser que le contenu graisseux des 


(1) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 230. 

(2) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 177. f 

(3) M. Strasburger nomme ainsi les Gymnospermes, qui ne peuvent, d’après ses obser- 
vations, porter ce dernier nom, DE 

(4) Cette phrase serait inintelligible si l'on ne songeait à la doctrine darwinienne, 
qui a généralement cours en Allemagne, et dont M. Strasburger est un parlisan très- 


hardi. 


98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


semences n'est pas une partie essentielle aux semences, et ne doit pas avoir une. 


grande influence sur [a puissance de la germination. On a pu, dit-il, débar- 
rasser une graine de son huile en grande partie, sans que pour cela sa puis- 
sance germinative ait subi un dommage essentiel. Il a vu germer des graines 
traitées pendant plusieurs semaines par l'éther, du moins des graines de 
Cresson, car l'Orge lui a donné des résultats assez différents (1). 


Beitrag zur Keimung der Kresse (Recherches sur la germina- 
tion du Cresson) ; par M. A. Famintzin (Bulletin de l'Académie impériale 
de Saint-Pétersbourg, t. xviri, pp. 5-10). 


Dans un précédent mémoire relatif à l'action de la lumiere sur la croissance 
du Cresson en germination (2f, M. Famintzin avait fait connaître des recher- 
ches comparatives sur la croissance de la racine et de l'axe sous-cotylédonaire. 
Il en résultait que la racine avait un mode de croissance directement opposé 
à celui dela partie hypocotylédonaire de l'axe, puisque chez les plantes qui 
avaient germé dans l'obscurité, cette racine avait atteint une bien plus grande 
longneur que chez les plantes qui avaient germé à la lumiere, Ces rapports, envi- 
sagés d'une maniere générale et d'aprés un grand nombre de cas, sont méme 
si nets, que les longueurs de la radicule et de la partie hypocotylédonaire 
additionnées peuvent être considérées comme offrant une somme ‘constante, 
que les plantes observées aient crû au soleil ou dans l'obscurité. 

. M. Famintzin a voulu contrôler ces résultats par des observations nouvelles. 
Il n'en a pas fait moins de douze cents, à des périodes différentes de l'évolu- 
tion, jour par jour. La loi déduite par lui de ses précédentes expériences 
s'est maintenue d'une manière générale, en ce sens que l'influence exercée 
en sens contraire par la lumière ou par l'obscurité sur le développement 
relatif de la radicule et de la tigelle s'est vérifiée. 


Observations sur les espèces les plus remarquables 
contenues dans la 48° livraison du Flora danica; 
par M. J. Lange (Oversigt over der K. danske Videnskabernes Selskabs 
Forhandlinger, 1871, n° 2, pp. 19-26). 


Le Calamagrostis Langsdor ffii Trin. a été trouvé en deux endroits du Dane- 
mark ; il v faut joindre comme synonyme, d’après M. Hartman, le C. rubicunda 
Blytt de Christiania. — Le Schenodorus Benekeni Lge est le Bromus asper 
Beneken in Botan. Zeit. 1845, p. 7^5. Chez cette plante, la petite squame 
qui supporte les divisions de l'inflorescence a les bords lisses et se rétrécit 
insensiblement de la ligne médiane aux bords; au contraire, chez le Zromus 
aspèr Murr. (B. serotinus Beneken), cette squame a les bords garnis de longs 


(1) On sait que d’après M, Gris l'aleurone, si répandue dans les graines, renferme une 
matière grasse, et que cependant elle est insoluble dans l'éther. 
(2) Mémoires de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg, sér. vu, t. vm, 1865. 


REVUE BIBLIOGRAPHTQUE. 99 


poils et se rétrécit brusquement aux extrémités en descendant un pen le long 
de la tige. Il faudrait probablement ajouter au B. asper Beneken le synonyme 
de B. montanus Pollich? Wibel. Gmelin (1). — Le Myosotis repens Don, qui 
figure dans le Flora danica (tab. 2828), provient des iles Færoë. Cette espèce 
avait été trouvée auparavant dans la Grande-Bretagne, la France occidentale et 
la Galice. — Le Rubus macrothyrsus Lge (tab. 2832) est une espèce nouvelle 
voisine du À. vestitus. — Le R. Jansenii Lge, n. sp., se distingue du R. ser- 
pens G.G. par des épines moins nombreuses, plus faibles et presque droites, 
` par des feuilles souvent digitées (pas toujours ternées) et par des sépales ap- 
primés (non étalés) ; du A. cœæsius par des fruits noirs (non bleuâtres), etc. — 
L'Anemone apennina L. var. pallida Lge est une trouvaille des plus intéres- 
santes, car l'espèce appartient à l'Europe méridionale. — L’ Hypericum. tetra- 
ptero- quadrangulum Rchb. (tab. 2837) pourrait bien être identique à I' Z7. in- 
termedium Bellynck, de Belgique. — Le Cinclidium subrotundum Lindb., 
n. sp., semble étre répandu dans toute la zone arctique. 


A Contribution to the history of the fresh water Algæ 
of North» America (Recherches sur les Algues d'eau douce de 
l'Amérique du Nord); par M. Horatio C. Wood. In-4° de 239 pages. 
Washington, 1873. 


La partie systématique de cet ouvrage consiste en une description de toutes 
les Algues d'eau douce appartenant à l'Amérique du Nord et connues de 
l'auteur (à l'exclusion des Diatomées). Gette partie est accompagnée de 21 plan- 
ches: chromolithographiées. Un supplément contient six espèces décrites dans 
le Nereis boreali-americana de feu le professeur Harvey, que M. Woods n'a 
pas connues, et qu'il a été embarrassé pour placer à leur rang systématique. 
Dans la préface se trouve une liste des Algues d'eau douce recueillies par 
M. Olney à Rhode-Island et déterminées il y a longtemps par Harvey ; cette 
liste a été réimprimée des A /gæ Rhodiaceæ de M. Olney. Le volume se termine 
par un index bibliographique assez étendu, relatif aux mémoires publiés sur 
les Algues d'eau douce. 


Eine neue Filago; par M. Jos. L. Holuby (Oesterreichische bota- 

mische: Zeitschrift, 4871, n° 4). 

Le Filago mixta, considéré par l'auteur comme un hybride du F. cane- 
scens Jord. et du F. arvensis L., présente les caractères suivants : « Radice 
fusiformi ; caule erecto vel ascendente, furcato-dichotomico, dense albo-lanato 
sicut.tota planta, ramis sæpius horizontaliter divergentibus ; foliis lanceolatis ; 
capitulis in cyma alari, laterali vel terminali aggregatis; squamis involucri 
maturitatem versus stellato-divergentibus, apice membranaceis, albis, pappo 


(4) Ces deux espèces ont été récoltées toutes deux aux environs de Rochefort, par 
ceux de nos confrères qui ont pris part à la session de Belgique, 


100 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


uniseriali. » — Cette plante a été trouvée en Bohême dans plusieurs localités, 
toujours en société avec les deux espèces précitées. 


Erigeron Huelsenii, n. sp. ; auctore Watke (ibid., 1871, n° 12). 


L'auteur regarde comme un hybride del' E. acre et del E. canadense cette 
espèce qui présente les caractères suivants : + Caule stricto superne ramoso 
iavolucrisque hispido ; foliis linearibus acutis margine ciliatis, omnibus subin- 
tegerrimis ; paniculæ laxæ ramis elongatis oligocephalis, capitulis inæqualibus, 
involucri squamis laxis, exterioribus subreflexis fere omnibus margine scariosis 
hirsutis, ligulis discum superantibus pulchre lilacinis. » — Cetteplante pro- 
vient de la province de Posen. 


Phytographische Beitrage ( Recherches phytographiques); par 
M. Lad. Celakovsky (Oesterreichische botanische Zeitschrift, 1811, no- 
vembre et décembre). ; 


Ces deux articles sont relatifs, le premier au Potentilla heptaphylla Miller, 
le deuxième à l’ Hieracium setigerum Tausch. 

Il s'agit dans le premier article de considérer particulièrement le P. Bou- 
quoiana Knaf, qui, s'il n'est pas une espèce autonome, est du moins une 
variété intéressante du P. heptaphylla, et de le comparer avec le P. Nestle- 
riana Tratt. (P. intermedia Nestl. non L.) 

Dans le deuxième article, M. Celakovsky compare l H. setigerum Tausch à 
UH. echioides Lumn. (1), dont il diffère selon lui, bien qu'il lui ait été réuni 
comme une variété par Koch. Il compare aussi la méme espéce avec d'autres 
formes appartenant à la section Pilosella. 


Phytographische Fragmente; par M. Schur (Oesterreichische 
botanische Zeitschrift, n 2 et 5). 


Le Gymnadenia gracillima Schur, n. sp., est intermédiaire entre le G. 
Conopea et le G. odoratissima ; il a plusieurs points de rapports avec le 
G. transsilvanica Schur. C'est la seule espéce nouvelle décrite dans ces 
Fragments. 


Beiträge zur Kenntniss der schweizerischen Brom- 


beeren (Recherches sur les Rubus de la Suisse) ; par M. A. Gremli 
(tbid., n** 5 et 6). 


M. Gremli avait déjà publié, dans ses Beitrüge zur Flora der Schweiz 
(Aaran, chez J.-J. Christen, 1870), un Préambule à une monographie des 


(4) L'H. echioides a été-invoqué par M. Neilreich (Nachtr. zu Maly's Enum..p.. 137) 
comme concourant à la formation d'un hybride, P H. pilosella-echioides Neilr., qui, d’après 
M. Petter (Verh. der K. K. 200l.-bot. Geselisch. in Wien). serait H. cinereum. Tausch 
in Flora, 1819, u, p. 463. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 101 


Ronces de la Suisse, dont le présent travail est la continuation. Dans une in- 
troduction, il donne d'abord. quelques détails sur les espèces de Rubus obser- 
vées par lui à l'état vivant. Ensuite il établit le classement des espéces, qu'il 
divise en seize groupes, aiusi réparties. 

1. HERBACEI : À, saxatilis L. — 2. Int : R. (deus L. — 3. TOMEN- 
TOSI : R. tomentosus Borkh. — 4. CORYLIFOLH : R. cœsius L. — 5. R. 
firmulus, n. sp., R. brevicaulis, n. sp., R. lamprophyllus, n. sp., R. pra- 
sinus Grml., R. chlorophyllus, n. sp., R. Villarsianus Focke, R. nodiflorus, 
n. sp. — ô. BR. leptopetalus Grml., R. polyacanthus, n. sp., R. attenuatus, 
n. sp., R. brachypetalus, n. sp., R. scabrifolius, n. sp., R. brachyandrus 
Grml., R. tardiflorus Focke, R. brevipes, n. sp., R. paucistamineus, n. sp., 
R. saltuum Focke, R. tenuiglandulosus, n. sp., R. pulchellus, n. sp., R. 
umbraticolus. n. sp., R. tristis, ‘n. sp., R. celtidifolius Focke, R. brevi- 
florus; n. sp., A. Bellardi W. et N., R. Weiheanus Focke, R. mitis, 
n. sp., À. glomeriflorus, n. sp., R. sordidus, n. sp. — 7. R. brevis Grml., 
R. suavifolius Grml. — 8. R. inclinabilis, n. sp., R. acutiflorus, n. sp.; 
R. dimorphus, n. sp., R. gracilicaulis, n. sp., R. rariflorus, n. sp., R: cur- 
vistylus, n. sp., R. longicaulis, n. sp., R. fraternus Grml., R. stricticau- 
lis, n. sp., R. coloratus, n. sp., R. pilocephalus, n. sp., R. remotus, n. sp., ` 
R. inamænus, n. sp.— 9. R. densiflorus Grml., R. helveticus Grml., R; mon- 
ticola, n. sp.—40. À. spinulifolius, n. sp., R. cannabinus, n. sp., R. rigi- 
datus, n. sp. — 11. R. albicomus Grml. , R. angulosus, n. sp. — 12. R. in- 
dotatus, n. sp., R. racemigerus, n. sp., R. rudis W. et N. (A. rudiformis 
Genevier), R. radula W. et N. — 13. R. foliosus W. et N., R. insericatus 
Müll., R. vestitus W. et N., R. conspicuus Merc. — 4h. R. piletostachys 
Grml. — 15. R. macrophyllus W. et N., R. bifrons Vest. non G. G., 
R. discolor W. et N., R. argenteus W. et N., R. candicans Weihe. — 
16. R. fruticosus L. En tout, soixante-dix, 

Une clef dichotomique très-détaillée permet de parvenir aisément au nom 
de chaque espèce. 

La troisième partie de ce mémoire est la revue des hybrides, qui sont au 
nombre de trente-huit. La quatrième est une addition relative à des espèces 
que l'auteur ne connaît que d’après des exemplaires desséchés. 

On remarquera sans doute combien peu d'espéces de Rubus déjà connues 
l'auteur cite en Suisse ; puisque sur soixante-dix, il ne s'en trouve dans son 
mémoire pas moins de quarante-sept établies par lui. 


Beitr ge zur Kenntniss der Kanuneculaceen-Formen 
der Flora tridentina (Recherches sur les Renonculacées de la 
florede Trente); par M. Val de Lievre (ibid., 1871, n° 6, 8 et 12, 1872, 
n” 2, 5, 7 et 9). 


Voici les noms des plantes étudiées par l'auteur dans cette suite de notes : 


102 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Clematis recta L., C. Vitalba L. ; Atragene alpina Liy Thalictrum aquilegi- 
folium L., Th. fetidum L., Th. vulgatum Schultz (Th. vulgare Kit.), et 
plusieurs autres formes du méme genre; parmi lesquelles un certain nombre 
de nouveautés décrites par l'auteur. 


Ueber die Blattstellung einiger Alsodeien (Sur la position 
des feuilles de quelques Alsodeia) ; par M.-A.-W. Eichler (Flora, 1870, 
n° 26, avec une planche). 


Chez quelqnes espèces d’ A/sodeia appartenant à l'Amérique tropicale, par 
exemple chez l'A. racemosa Mart., l'A. flavescens Spreng., PA. guianensis 
Aubl., on trouve une particularité curieuse, c'est qu'on y rencontre toujours 
deux feuilles sur le méme nœud, tandis que chez les autres espèces les feuilles 
alternent sur deux rangs ou sont disposées en spirale. Les botanistes qui ont 
écrit sur les A/sodeia se sont bortiés à considérer comme opposées ces feuilles 
d'insertion anomale. M. Eichler a suivi le développement de ces feuilles et de 
leurs stipules. Il s'est convaincu qu'il ne faut pas voir dans leur tige un axe 
unique portant de nœud en nœud deux feuilles à l'aisselle desquelles naitrait 
une iuflorescence; mais bien un sympode. Des deux feuilles présentes à chaque 
` nœud, l'une est la feuille axillante de l'inflorescence, l'autre a été emportée du 
nœud précédent pendant l'élongation du bourgeon qu'elle sous-tendait. C'est un 
phénomène contraire à celui qui existe chez les Solanum, où c'est au con- 


traire l'inflorescence qui s'éléve soudée avec le mérithalle d'un degré supérieur 
à celui qui l'a produite. 


Kwurzia crenacanthoides, cine neue Alge (une nouvelle Alque) ; 
par M. le D" de Martens (Flora, 1870, n° 27). 


Ce nouveau genre est dédié à M. Sulpice Kurz, originaire de Baviére, qui, 
des fonctions de directeur du Jardin botanique de Buitenzorg à Java, a passé, 
il y a peu de temps, à celles de conservateur de l'herbier du Jardin bota- 
nique de Calcutta, et qui a envoyé à Munich, avec beaucoup d'autres Algues 
en partie nouvelles, le nouveau genre Kurzia, dont voici les caracteres. 

« Fila articulata longitudinaliter in tubulum ramosum spinosum confervoi- 
deum, cellulas conformes includentem connata; spermatia globosa, minuta, 
fusca in superficie sparsa. » 


NOUVELLES. 


— Le 29 mars dernier est décédé à Padoue l'abbé Francesco Zantedeschi, 
né en 1794, dont les botanistes ont connu plusieurs travaux, notamment ses 


recherches relatives à l'influence des rayons colorés sur la végétation des 
plantes, ; 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 103 


— On annonce la mort de M. W. Jameson, professeur de chimie et de bota- 
nique à l'université. de Quito, décédé dans cette ville le 29 juin dernier. 
M. Jameson avait répandu dans tous les grands herbiers d'Europe les végé- 
taux de l'Amérique équatoriale, auxquels il avait consacré le Synopsis plan- 
tarum e quatoriensium, publié en 1865. 


— Par décision ministérielle en date du 1° avril 1873, notre confrère 
M. Jules Poisson, préparateur au Muséum d'histoire naturelle, a été nommé 
aide-naturaliste au méme établissement, en remplacement de M. Arthur Gris, 
que nous avons eu le malheur de perdre en août 1873. 


— Par décret en date du 44 octobre 1873, notre confrère M. l'abbé Dupuy, 
directeur du petit séminaire d'Auch, secrétaire de la Société d'agriculture du 
Gers, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur. 


'— Un Congrès international de botanique, organisé par la Société royale 
toscane d'horüculture, sera tenu à Florence au mois de mai 1874, et pour la 
durée de trois jours, en méme temps qu'une Exposition internationale d'hor- 
ticulture, qui restera ouverte du 11 au 25 mai. Le programme des questions 
soumises au Congrès et celui. des prix proposés pour l'exposition d'horticulture 
se distribuent dès à présent par les soins de deux commissions, dont le Président 
commun est M. le professeur Parlatore. M. le professeur Adolphe Targioni- 
Tozzetti est secrétaire de la commission préparatoire du congrès. 


— Les Allemands qui habitent le Japon y ont fondé, le 22 mars dernier, 
une Société allemande d'histoire naturelle pour l'étude de l'Asie orientale. 


— M. Thomas Pichler se trouve depuis plusieurs mois en Orient, et se 
propose de mettre en vente à son retour les collections botaniques qu'il aura 
rapportées de son voyage. 
= — Nous lisons dans la Belgique horticole que M. le haron Ferd. de Müller 
abandonne la direction du Jardin botanique de Melbourne, sur lequel il avait 
jeté le plus vif éclat. Cette détermination, ajoute M. Morren, est d'autant plus 
à déplorer, qu'elle semble avoir été prise parce que le gouvernement de Vic- 
toria n'apprécie pas à leur juste valeur les services éminents du jardin bota- 
nique. Presque partout, dit l'honorable professeur de Liége, les botanistes ont 
à lutter pour que leurs jardins ne soient pas considérés comme des squares. 


— M. Willkomm, professeur à l'université de Dorpat, vient d’être nommé 
professeur de botanique et directeur du Jardin des plantes à l'université de 
Prague, en remplacement de M. À. Kerner, qui a abandonné ce poste pour 
retourner à Inspruck. 


— M. Gabriel Strobl est de retour après un voyage botanique impor- 
tant exécuté en Sicile, pendant lequel il a recueilli environ 400 espèces, 


104 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


— M. Elihn Hall, d'Athénes (Illinois, États-Unis), offre en vente six paquets 
de Phanérogames du Texas, contenant environ 830 espéces chacun. Le prix 
est de 8 dollars (cours d'Amérique) par cent espèces. 


— S. M. le Shah de Perse, pendant son voyage en Europe, a conféré le 
grade de commandeur de l'ordre du Soleil et du Lion de Perse à M. le profes- 
seur Haussknecht, de Weimar, bien connu des botanistes pour ses voyages 
en Orient, et particülièrement dans le royaume de Perse, dont la flore doit beau- 
coup à ses investigations. 


— L'herbier de notre confrère feu M. Delaunay, divisé en collections par 
les soins de MM. Kralik et Billon, sera prochainement mis en vente. Cet 
herbier, riche des propres récoltes de M. Delaunay, renferme tous les exsic- 
cata publiés dans ces trente dernières années ; sa conservation est parfaite. 


— Une nouvelle plante textile a été récemment importée des monts Alie- 
ghanys en Allemagne, par un voyageur bien connu, M. B. Rcezl. Cette plante 
est vivace et capable de supporter les hivers du centre de l'Allemagne. C'est, 
nous dit le Gardeners’ Chronicle, le Laportea canadensis. La méme expé- 
rience avait été tentée il y a une cinquantaine d'années par M. Whitlow, qui 
introduisit la plante en Angleterre et en Irlande, à ce que rapporte M. Asa 
Gray dans le numéro de juin dernier de The American Journal. 


— Notre honorable confrére M. Bras, ancien maire de Villefranche (Avey- 
ron) a récemment terminé le manuscrit d'une flore du département de 
l'Aveyron, dont l'impression se prépare aux frais du département, d’après une 
décision prise par le conseil général de l'Aveyron. Le rapport, extrémement 
flatteur pour M. Bras, sur lequel cette décision a été prise, se trouve dans le 
Journal de Villefranche du 15 septembre derniet. 


— Le Flora brasiliensis continue de paraître avec la même activité. Le 
fascicule 60, publié en décembre 1872, contient trois petites familles étudiées 
par M. Engler, de Munich, savoir : les Olacinées, avec 8 planches, dont une 
consacrée au nouveau genre Zefrastylidium; les Icacinacées, avec quatre 
` planches, dont une pour le Aummeria Mart. (Discophora Miers); et les Zygo- 
phyllées, avec une planche figurant le Xa//stræmia maxima (Ehrenbergia 
tribuloides Mart. et Zucc.). — Le fascicule 61, publié en février 1873, est 
plus cousidérable. Il ne renferme que deux tribus (Phyllanthées et Croto- 
nées) de la grande famille des Euphorbiacées, dont la monographie est due 
à M. J. Müller, avec 42 planches. Les espèces brésiliennes de Phyllanthus 
y sont au nombre de 71, et celles de Croton au nombre de 275. 


Le rédacteur de la Revue, gérant provisoire du Bulletin. 
D" EUGÈNE FOURNIER, 


PARIS, = IMPRIMÉRIE DE E. MARTINET; RUE MIGNON, 2 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 


(JUILLET-OCTOBRE 1873.) 


N. B. — On peut se procurer les ouvrages analysés dans cette Revue chez M. F. Savy, libraire 


vela Société botanique de France, rue Hautefeuille, 24, à Paris. 


Synopsis generis Lespedezee Michx, auctore C.-J. Maximowicz. 
— Festo semiseculari horti Imperialis Botanici Petropolitani, die 22 martii 
1875 celebrato, præsentata. In-8°, 62 pages. 


L'auteur fait d'abord l'histoire du genre Lespedeza, dont la première espèce, 
originaire du Maryland et devenue aujourd'hui le Z. reticulata Pers. , fut con- 
nue de Plukenet dés l'année 1700. A la fin du siécle, le nombre des espéces, 
réparties dans différents genres, s'élevait à dix. Ce fut en 1805 seulement que 
L.-C. Richard établit son genre Lespedeza, pour cinq plantes de l'Amérique du 
Nord, laissant de côté les espèces du Japon et de la Sibérie, dont il ne semble 
pas avoir connu l'existence. 

. A partir de 1825, leur nombre s'accrut rapidement, grâce aux travaux de 
Bunge, de Cambessèdes, de Bentham et de Miquel. Toutefois il ne semble pas 
que les flores locales et les grands traités généraux de botanique aient eu la 
notion bien nette du genre et de la délimitation des espèces, si nous en jugeons 
par le nombre de celles qu'ils proposent et qui s'éléve à soixante-trois. 
M. Maximowicz réduit le chiffre à trente-deux. 

Plusieurs tentatives de démembrement furent faites dans ce genre, notam- 
ment par Bunge, qui proposa de séparer, sous le nom de Campylotropis, 
l'espèce alors unique dont la carène était infléchie, acuminée. Tout en recon- 
naissant cette coupe comme trés-naturelle, M. Maximowicz, suivant en cela 
l'opinion de M. Bentham, ne considère le Campylotropis que comme un 
sous-genre des Zespedeza et en propose deux autres : l'un, pour lequel il 
réserve le nom de Zespedeza, est caractérisé par des fleurs pétalées à carène 
droite, obtuse ou tronquée ; l'autre, qu'il nomme Microlespedeza, est remar- 
quable par le grand nombre de ses fleurs apétales et la rareté de ses fleurs 
pétalées. Le sous-genre Lespedeza comprend lui-même deux sections, selon 
que les espèces qui le composent sont {oué à fait dépourvues de fleurs apé- 
tales (Macro-Lespedeza), ou bien qu'elles en offrent quelques-unes dans leur 
inflorescence ( u- Lespedeza). 


LXX (REVUE) 8 


106 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


La distribution géographique du genre est très-large et peut être ainsi 
établie : Himalaya, 9 esp. (7 endémiques) ; Chine, 14 esp. (7 endémiques) ; 
Mandchourie et Sibérie, 5 esp., dont aucune ne leur est propre; Japon, 7 esp. 
(2 endémiques); Australie, 2 esp. (1 endémique); Maurice, 4 esp., endé- 
mique; Java, 3 esp., toutes endémiques; Amérique, 6 esp., toutes endémi- 
ques. Le Z. juncea est le plus généralement répandu, puisqu'il se retrouve 
dans toutes les régions ci-dessus mentionnées, excepté en Amérique. 

En ce qui concerne les affinités naturelles de ce genre, l'auteur se range 
volontiers à l'opinion de M. Bentham, qui le place entre les Desmodium et les 
Hedysarum. 

Tous les organes des Zespedeza sont plus ou moins variables, d’où il résulte 
une grande difficulté pour en caractériser nettement les espèces. Toutefois la 
grandeur et la coloration des corolles, la nervation du calice, ses rapports avec 
les pétales, sa forme ainsi. que celle des feuilles, fournissent d'assez bonnes 
notes spécifiques, dont le descripteur pourra user, surtout quand il sera à 
méme d'en contróler la valeur par l'examen de spécimens nombreux. 

Aprés une minutieuse description du genre, l'auteur en arrive aux especes. 
Chaque sous-genre, établi comme nous l'avons dit plus haut, a sa clef dicho- 
tomique des espèces qui le composent, et chaque espèce est elle-même assez 
longuement décrite. Des observations fort intéressantes concernant leur 
découverte, leur histoire, les collections où l'on pourra les rencontrer, com- 
plétent les descriptions de la plupart d'entre elles. 

M. Maximowicz décrit seulement deux espèces nouvelles, ou du moins qui 
jusqu'ici n'étaient connues que de nom. Ce sont : Z. elliptica Benth. in cat. 
Griffith n° 1745 (nomen tantum), du Bengale oriental. Cette plante diffère 
des autres espèces de la section Macro-Lespedeza par son calice seulement 
deux fois plus court que la corolle et dont les sépales lancéolés sont longuement 
acuminés. L'autre espèce, originaire de l'Himalaya occidental, est le Z. Ge- 
rardiana Grah. in Wall. Cat. 5744 (nomen tantum). Elle appartient à la sec- 
tion Lespedezaria Torr., et Gray des Zu-Lespedeza Max., et s'éloigne du 
L. variegata Cambess. , surtout par ses légumes, qui sont brièvement acu- 
minés. 

Le mémoire de M. Maximowicz est écrit tout entier en latin. Il est presque 
superflu de dire qu'il offre à un haut degré toutes les qualités qui distinguent 
les travaux de l'éminent botaniste russe, une connaissance profonde du sujet 
jointe à une grande clarté d'exposition. A. FRANCHET. 


Novi plantarum species; auctore A. Kerner, Decades III. 


Decas I*. — Phyteuma confusum, distingué du Ph. hemisphæricum L. pat 
les feuilles de l'involucre presque obtuses, les fleurs plus grandes et les feuilles 
radicales longuement lancéolées ou cunéiformes, munies de deux incisures 
latérales, — Galium margaritaceum, distingué du G. baldense Spr. par ses 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 107 


feuilles radicales obovales et sa coloration en jaune, non en noir sur le sec. — 
Pedicularis elongata, distingué du P. tuberosa par ses feuilles à poils mous 
sur leur face extérieure, ciliées sur les bords, et ses dents calicinales glabres, 
du double plus étroites. — P. Huteri, hybride des P. recutitaet P. tuberosa. 
— Sempervivum angustifolium, distingué du S. fimbriatum par le défaut 
de poils ciliiformes fimbriés, ses feuilles radicales linéaires, ses filaments sta- 
minaux glanduleux et son ovaire en forme d'œuf coupé par la moitié, — 
S. rupicola, distingué du S. montanum L. par ses feuilles plus larges, tran- 
chantes, supérieurement presque lisses, longuement ciliées, ses rosettes plus 
grosses, et ses fleurs d'un brun rouge sale. — Saxifraga altissima, distingué 
du S. Hostii Tausch par sa racine haute et forte, ses feuilles plus larges, 
dentées en scie, à dents plus écartées, ses bractées plus courtes et plus larges. 
— Cardamine Keckii, hybride du C. amara et du C. silvatica, — Rh. 
carniolica, distingué du Rh. alpina par les feuilles longuement lancéolées 
à 15-20 nervures penniformes, les fascicules floraux très-denses, les fleurs 
mâles plus grandes et les bractées des fleurs femelles linéaires. — Anthyllis 
Jacquini, distiugué de l' A. montana par ses bractées involucrales plus longues, 
le calice et la corolle plus petits, les dents calicinales de méme longueur, et les 
feuilles supérieures d'un rose carné blafard veiné de pourpre. 

Toutes ces plantes appartiennent à ]a flore de l'Autriche. 

La deuxième décade contient les descriptions d’espèces nouvelles rapportées 
des montagnes de l'Himalaya par M. Jaeschke. Ces espèces sont les suivantes : 
Primula Jaeschkeana, Swertia lahulensis, Ophelia Wilfordii, Pleurogyne 
spathulata, Paracaryum heliocarpum, Cynoglossum microcarpum, Oro- 
banche Hansii, Inula obtusifolia, Bupleurum imaicolum et Aconitum 
oliganthemum. 

La troisième décade contient la diagnose latine de dix espèces de Rubus dont 
l’auteur discute ensuite les caractères en allemand, en les comparant aux 
espèces qui en sont voisines. Ces espèces sont les suivantes : Rubus præcox 
(2. fastigiatus Krasan, Verhandl. der zool.-bot. Gesellsch. in Wien, t. XV, 
p. 330 non Weihe et Nees); R. Gorizianus (R. fastigiatus + amænus sec. 
Krasan, A. præcox + rusticanus sec. Kerner); R. persicinus; R. centro- 
notus; R. baldensis ; R. megathamnus ; R. australis, ad silvarum oras, si- 
cut ad latera montium calcareorum in Dalmatia, Carnia, Venetia, Tirolia et 
Gallia australi; A. dasyclados ; R. reticulatus et R. Ebneri (R. dumetorum 
+ hirtus?) (1). 

Les décades de M. Kerner ont été publiées dans les Berichte desnaturwis- 
senschaftlich-medicinischen Vereins in Innsbrück, en 1871. Nous avons vu 
la troisiéme en brochure isolée ; Inspruck, impr. Wagner, 1371. 

(4) Les Rubus de la Hollande ont fourni récemment le sujet d'une étude particulière 


à M. A.-J. de Bruijn, dans le Nederlandsch Kruidkundig Archief, 2° série, t. Ier, 
pp. 484 et suiv. (1872). 


108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Nouvelle classificatión des Algues d'eau douce du genre 
Batrachospermum ; développement, génération alternante ; par 
M. Sirodot (Comptes rendus, t. LXXVI, séances des 12 mai et 2 juin 1873, 
pp. 1216-1220, 1335 et suiv.). 


Les Batrachospermum se reproduisent, comme on sait, par des spores 
issues du concours d'organes sexuels, découvertes par M. le comte de Solms- 
Laubach (Bot. Zeit. , 4867). C'est sur la forme et la position de l'organe femelle 
(trichogyne) et sur la disposition des organes mâles (anthéridies) que repose 
essentiellement la nouvelle délimitation des espèces du genre proposée par 
M. Sirodot. Ces espéces avaient été réduites à deux par M. Rabenhorst. 
M. Sirodot caractérise quatre sections. La première (Moniliformia) a pour type 
le B. moniliforme : le trichogyne y est claviforme, ou, si dans cet état il n'est 
pas fécondé, devient lagéniforme. La deuxième section (Twrfosa) a pour 
type le B. vagum Roth : le trichogyne y a très-régulièrement la forme d'un 
tronc de cône, dont la base serait remplacée par une demi-sphére. Dans la 
troisième (/Zelminthosa) sont comprises les formes réunies par Bory de Saint- 
Vincent sous le nom de B. Aelminthosum. Ici le trichogyne n'est séparé de la 
portion basilaire de l'organe femelle que par un étroit resserrement ; sa forme 
est ovoide, avec le gros bout inférieur. Enfin la quatrième section ( Virescen- 
tia) se compose de Batrachospermum de petite dimension, de couleur verte, 
chez lesquels le trichogyne cylindrique est séparé de la partie inférieure de 
l'organe femelle par un assez long étranglement, qui fui donne une disposition 
pédicellée. Les espèces des deux dernières sections ont été rapportées comme 
variations au B. montiliforme. 

Ces quatre sections renferment ensemble une quinzaine d’espèces. 

Dans sa deuxième communication, M. Sirodot annonce qu'il a constaté, chez 
les Batrachospermum, les mêmes faits de génération alternante que chez les 
Lemanea; de plus la première forme (Chantransia) se reproduit pendant 
plusieurs générations successives, avant l'apparition des individus sexués, par 
des corpuscules reproducteurs unicellulaires, auxquels conviendrait la déno- 
mination de sporules ou de propagules. De la germination des spores sexuées 
d'un Batrachospermum résulte un Chantransia ; et celui-ci, après s'être mul- 
tiplié par sporules, produit] le Batrachospermum, sous forme d'un ramus- 
cule hétéromorphe, par les filaments articulés corticaux jouant le rôle de 
radicelles. 

Dans la première section (Moniliformia), les espèces sont vivaces, et le 
jeune individu, ramuscule hétéromorphe d'un Chantransia, est à peine fixé 
par les filaments corticaux, que la végétation des extrémités radicellaires se 
modifie pour constituer un nouveau système végétatif radicant, d’où s'éleve- 
ront de nouveaux éléments caulinaires. 

Dans la deuxième section (Turfosa), la conservation de l'espèce est assurée 


REVUE DIBLIOGRAPIIIQUE. 109 


par un double procédé : en premier lieu, par l'extension presque indéfinie 
d'une mince pellicule constituant le système radicant ; en second lieu, par des 
corpuscules unicellulaires, comparables de tout point à ceux qui multiplient 
les Chantransia. 

Dans la troisième section (Ze/minthosa), toutes les espèces sont annuelles ; 
la végétation des Chantransia y débute en automne, dans les ruisseaux qui 
coulent sur les grés siluriens et qui ont traversé des terrains tourbeux. C'est 
pendant l'hiver que les premiers rudiments du Batrachospermum seront 
étudiés à un grossissement de 200 à 300 diamètres. 

Dans la quatrième section (V?rescent?a), le ramuscule hétéromorphe occupe 
fréquemment les sommités de la ramification du Chantransia ; V observation 
est plus facile. 

L'auteur ne croit pas que toutes les espèces comprises dans le genre Chan- 
transia doivent être regardées comme la première forme d'un Zatracho- 
spermum. Il a observé des organes sexuels, anthéridies et trichogynes, chez le 
Chantransia investiens Kutz., parasite à Vire sur les Batrachospermum, et 
qui constitue un groupe fort éloigné des espèces non sexuées, forme première 
des Batrachospermum. 


Kritische Zusammenstellung der in Oestcrreich-Un- 
garn bisher beobachteten Arten, Formen und Bastarde der Gattung 
Hieracium (Comparaison critique des espèces, des formes et des hybrides 
du genre Hieracium observés jusqu'ici dans ÜlAutriche- Hongrie) ; par 
M. Aug. Neilreich (Sitzungsberichte der K.K. Akademie der Wissen- 
schaften zu Wien, mai 1871); tirage à part en brochure in-8». 


Ce mémoire renferme d'abord quelques données sur la place du genre Hie- 
racium et sur ses rapports avec le genre Crepis, qui en diffère par les achaines 
atténués au sommet. M. Neilreich a suivi M. Fries dans la division du genre; 
il a refusé d'admettre le genre Pilosella des frères Schultz, et de séparer 
les groupes Aurella et Pulmonarea de la section Archihieracium Fries, à 
cause des relations nombreuses qui réunissent diverses formes de ces deux 
sections. 

Dans l'énumération spécifique, M. Neilreich n'accorde de numéros qu'aux 
espèces reconnues par lui comme primordiales; il place entre elles, et sans 
numéros, les formes et les hybrides qui en dérivent. Nous ne pouvons à notre 
grand regret, et malgré l'intérét que cette revue présenterait pour quelques- 
uns de nos lecteurs, suivre M. Neilreich dans la discussion critique des carac- 
tères de chaque espèce. Mais nous devons leur signaler l'étude critique inté- 
ressante que M. R. v. Uechtritz a tracée du mémoire posthume de M. Neil- 
reich, dans le Botanische Zeitung, 1872, n** 10, 44 et 12, Cette étude 
emprunte une valeur particulière à ce fait que M. d'Uechtritz a eu communi- 
cation des types originaux de Kitaibel, conservés dans l'herbier du. Muséum 


110 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de Pesth, ce qui lui permet quelques rectifications fort utiles pour l'histoire du 
genre Hieracium (1). 


Ein weiteres neues Hieracium aus den Sudeten (Un 
nouvel Hieracium des monts Sudétes) ; par M. v. Uechtritz (Oesterreichische 
botanische Zeitschrift, 1812, n° 2). 


Hieracium riphœum ( Accipitrinum, e sectione Prenanthoidis) : — Aphyl- 
lopodum, læte virens. Caulis mediocriter foliosus, pilosiusculus, simplex v. 
apice depauperato-corymbosus. Folia remotiuscula, ciliata, remote denticulata, 
subtus obsolete reticulato-venosa ; basilaria sub anthesin emarcida petiolata, 
caulina oblongo-lanceolata v. ovato-lanceolata, summa sensim decrescentia, 
ovata, acuminata, e basi rotundata vel ipsa truncata semi-amplexicaulia 
(nunquam cordato-amplexicaulia !). Involucra basi truncata, nigricantia, ut 
pedunculi stricti erecti leviter cano-floccosa, pilis glanduliferis sparsis immix- 
tis, squamis latioribus, obtusis, extimis paucis laxis, intimis magis glabratis 
viridioribusque. Ligula parce ciliatæ, intense aurez. Stylus fuligineus. Achæ- 
nia immatura rufa, matura badio-atra vel aterrima (nec pallida). 

Cet Hieracium a été trouvé dans la région subalpine des Sudétes. Son nom 
spécifique est pris des monts Riphæi, ou montagnes des Géants. 


Hieracium pallidifolium, n. sp. ; auctore Jos, Knaf (Oesterrei- 
chische botanische Zeitschrift, 1872, n° 3). 


Phyllopodum, fere totum eglandulosum, Caulis robustus, rigidus, sesqui- 
pedalis, superne fractiflexus, pleiophyllus (6-4-phyllus), apice subcorymbosus, 
a medio ex foliorum axillis ramosus (ramis erecto-patulis, subfoliosis, 1-3-ce- 
phalis), in axillis foliorum inferiorum fovens unum vel plura folia minora, 
scaber, pilis subtilissime denticulatis sparse obsitus. Folia subcoriacea, rigida, 
pilis margine ciliata, ad petiolum hirsuta, subtus subglauco-pallescentia, ad 
nervum medium subhirsuta, ceterum ut supra pilis hirtis adpressis scabrius- 
cula ; basalia pauca (2-4) et caulina infima late oblongo-lanceolata, acuta vel 
obtusiuscula, longe petiolata, a parte integerrima deorsum repando- aut 
sinuato-dentata, dentibus baseos majoribus antrorsum versis ; caulina media 
oblonga in petiolum brevem, latum et integerrimum attenuata, grosse et parce 
sinuato-dentata; suprema breviter petiolata, basi integerrima late ovata, infe- 
rioribusque basi latiora, medio paucidentata, apice subito acuminata, utrinque 
subglabra. Capitula florentia speciosa, ovato-subglobosa, Pedunculi dense 
fusco-floccosi et, ut involucra sparse subfusco-floccosa, pilis longioribus hirtis, 
basi atris, apice subcanis, eglandulosis, paucis instructi, paucissimis brevio- 


(1) Le botaniste qui voudrait se tenir au courant des nombreuses acquisitions? faites 
par la science dans la connaissance des formes d'Hieracium devra consulter encore un 
mémoire de M. Kindberg, intitulé : Forsük til en synoptisk framstallning af Skandi- 
navier Hieracier (Essai d'une disposition synoptique des Hieracium de la Scandinavie) 
et publié dans le Botaniska Notiser en 4871, pp. 41-52. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 111 


ribus glanduliferis immixtis. Squamæ involucri regulariter multiseriatæ, ad- 
presse, obscure virides, nigricantes, exteriores concolores, acutiusculæ, inte- 
riores elongato-acuminate, margine pallida. Ligulorum concolorum dentes 
pilis brevissimis paucis obsiti. Pappus albidus inæqualis, Stylus in sicco 
obscare viridi-fuligineus. Achænia fusco-atra, 

Sur la montagne Kleine Schneegrube, dans les Sudètes, 9 août, Cette 
espèce paraît se rapprocher de l’ H. personatum Fries. Elle a été figurée par 
M. Celakovsky, daus la deuxiéme partie de son Prodromus der Flora von 
Böhmen (1). 


Hieracium Aschersonianum, n. sp.; auctore R. von Uechtritz 

(ibid. , n° 3). 

Ser. 2 Pulmonarea Fr. Symb., sect. V. Italica. — Yn systemate inseren- 
dum post H. pilosissimum Frivaldzsky (H. olympicum Boiss.), cui haud dissi- 
mile, sed facile distinguendum caule epiloso, foliis basilaribus glabratis, rigidis 
(haud membranaceis), angustioribus, pedunculis longioribus, involucris mino- 
ribus, unicoloribus obscure virentibus, glabratis epilosis, ligulis minus pro- 
funde dentatis. 

Recueilli dans les forêts de la Bosnie (2). 


Hieracium Porphyritæ ; auctore F.-W. Schultz (ibid., n° 40). 
Species nova ex affinitate H, vulgati. — Phyllopodum, pallide v. sordide 
viride, Caule stricto paucifolio (foliis 3-5) pubescente setosoque setis longis 
patentibus vel refractis, simplici s. arrecto-ramoso, apice subpaniculato ; 
foliis lanceolatis, rarius oblongis, acutis, basi medioque grosse sinuato-den- 
tatis, utrinque longe pilosis vel setosis, infimis breviter petiolatis, in petiolum 
attenuatis, ceteris sessilibus in bracteas decrescentibus, ramorum pedunculo- 
rumque foliis bracteiformibus minutis linearibus v. subulatis, ramis peduncu- 
lisque pube stellata alba dense pubescentibus, 'apicem versus etiam setoso- 
glanduliferis; setis glandulisque atris, pedunculis elongatis, involucris ovatis, 
pubescentibus et albo-setosis, basi parce glanduliferis, glandulis atris ; ligulis 
subglabris s. rarius pilo uno alterove vestitis, stylo aureo, achæniis atris. 
Habitat in præruptis lapidosis sylvaticis et rupibus Porphyrit ad fluvium 

Nahe Borussiæ rhenanæ. 

Hieracium Wimmeri, n. sp., auctore R. v. Uechtritz (75d. , n°9). 
Cette espèce sera suffisamment caractérisée par la synonymie suivante : 
(4) Le nom d'Hieracium pallidifolium ayant été déjà donné par M. Jordan à un 

Hieracium du groupe vulgatum (Bor. Fl. du centre de la France, 3° éd., n, 407), il 


convient de reprendre pour la plante de Silésie le nom d'H. chlorocephalum Wimm., 
resté manuscrit et plus ancien (v. Uechritz in Oest. bot. Zeitschrift, 1872, n° 10). 


(2) Il y a probablement lieu de rapprocher cette espèce de l'H. Schulizianum Panc. et 
ww 
Vis. Plante serbicæ rariores, decas, HE, tab. 18 (Hpallescens Panc, Verz. non W. et K.). 


112 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


H. anglicum Wimmer Fl. v. Schles. ed. 3, p. 308 non Fr.; H. oreades 
Wimmer olim non Fr. nec Heuff. ; H. pallescens Fr. Epicr. p. 9^ ex parte, 
quoad locum silesiacum non W. et K. 

Differt ab Z. pallescente W. et K. colore non glauco, caule superne glabro 
tenuiore, squamis involucralibus extimis patulis nec arcte adpressis, ligulis 
apice manifeste ciliatis nec glabris. 


Ein neues Hieracium der schlesischen Mochgebirge 
(Un Hieracium nouveau des hauts plateaux de Silésie) ; par M. R. v. 
Uechtritz (Oesterreichische botanische Zeitschrift, 1871, n° 11). 


Ce nouvel Hieracium, H. Engleri, a pour synonymes : H. albinum Uechtr. 
in Verh. des bot. Vereins für die Provinz Brandenburg, 1868, p. 160 non 
Fries; H. dovrense Engler Jahresb. der schles. Gesellsch. für vaterl. Kul- 
tur, 1869, pp. 36-38, et Verh. des bot. Vereins für die Prov. Brandenb., 
1870, pp. 60-63 non Fries. 


Diagnosen der in Galizien und in der Bukowina bis- 
her beobachteten Hieracien (Diagnoses des Hieracium connus 


jusqu'aujourd' hui en Gallicie et dans la Bukovine) ; par M. A. Rehmann 
(ibid. , 1873, n° 3 et suivants). 


Le premier mémoire de M. Rehmann est consacré aux principes qui doivent 
guider le botaniste dans l'étude si difficile du genre Hieracium. Il en résume 
les données suivantes : 

1. Les types constants dans l’espace et dans le temps, bien caractérisés et 
offrant des passages nuls ou très-rares à d’autres types, seront décrits comme 
espèces. — 2. Les types constants aussi, mais faiblement marqués et reliés à 
une autre espèce par des transitions, seront décrits comme des sous-espèces. 
— 3. Les formes constantes caractérisées seulement par un port particulier ou 
par un petit nombre de caractères seront décrites comme variétés. — Toutes 
formes s'écartant de la diagnose typique par un caractère important quel- 
conque sera décrite comme un /usus. — Les formes nées de la fécondation 
croisée de deux espèces seront décrites comme hybrides. — Suivent quelques 
aphorismes sur les hybrides et la manière de les dénommer. 

Le deuxième mémoire est consacré seulement à la description des Hiera- 
cium de la section Pélosetla. Voici les espèces énumérées par l'auteur. 

1. H. PILOSELLA L. (H. Hoppeanum Uechtr. Oesterr. bot. Zeit. vit, p. 343 
non Schult.) — Rchb. Comp. t. 107. Fl. dan. t. 1110. Engl. bot. 4093. 
Dett. Por. x, t. 673. 

2. H. FLAGELLARE Willd. (H. dubium var. « Monnier, H. stoloniflorum 
Wimmer non W. et K.; H. Pilosella-collinum et H. collinum-Pilosella 
Schultz Arch. 1855, p. 7 ; H. Pilosella-pratense Neilr. Hier. p. 25: H. Pi- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 113 


losella macrocephalum Näg.). — Dietr. Bor. xi, t. 790. Schultz-Bip. in 
Cichoriaceotheca Suppl. II, n° 128. 

3. H. FLAGELLARE 2 CERNUUM Fries. Symb. p. 10 (H. stoloniflorum 
Uechtr., Ilse, Fritze, Knapp non Fries). — Lindeberg Hier. exsicc. fasc. 1. 

h. H. STOLONIFLORUM W. et K. Plant. rar. 111, 153, tab. 273 (H. ver- 
sicolor Fries in Vetensk. Akad. Fürhandl., 1865, p. 149 ; H. aurantiacum- 
Pilosella Heer FT. der Schweiz, 181) (1). 

5. H. COLLINUM Besser Prim. fl. Gal. n° 4937 non Gochnat (H. dubium 
var. B. Monnier). — F. Schultz Aerb. norm. n° 896 et 700. 

6. H. EXCLUSUM, n. sp. — Ab. Æ. Pilosella-pratensi, cui affine videtur, 
capitulis paucis sed majoribus, basi truncatis et precipue foliis lanceolatis 
acutis glabris et lævigatis diversum. 

7. H. PIENIAKENSE, n. sp. — H. collino affine, et H. collino-præalto 
habitu simillimum, sed indumento setoso primo visu distinguendum, differt 
rhizomate descendente, brevi non repente, pedunculis strictis, elongatis, in- 
volucro cylindrico, ligulis subvittatis. 

8. H. OXYPHYLLUM, n. sp. — Ab H. pienakensi, cui habitu simile, differt 
defectu indumenti floccosi, colore læte viridi totius plantae, capitulis globosis, 
involucris nigricantibus, squamis exterioribus ovatis obtusis, ligulis conco- 
loribus. 

L'auteur donne encore des détails sur un grand nombre d'autres espèces (2). 


Le troisième article traite de la section GZomerata. L'auteur y classe 
les types suivants : 

a. Rhizoma ascendens. 

9. H. AURICULA L. (H. dubium Willd.). 

10. H. SUECICUM Fries Symb. 16. 

11. H. BRACHYPBYLLUM Sz. Sz. in Flora 1862, p. 425 (H. floribundum 
Fries Epicr. p. 22; H. Auricula-collinum et H. collinum-Auricula F. 
Schultz Arch. 1855, p. 9). — Rchb. F7. germ. exs. n° 2525. 

12. H. PRATENSE Tausch in Flora 1828, 4 Ergänz. p. 56 (H. collinum 
Gochnat Diss. p. 17, t. 1; H. cymosum C. collinum Monnier Essa? p. 25; 
H. Auricula Besser Prim. n° 942; H. Besserianum Spreng. Syst. ed. 2, 
p. 639; H. rufisetum Besser et H. Kobrinense Gorski ex Fries Epicr. 
p. 23). 

13. H. INTERMEDIUM, n. Sp. — Medium inter 77. pratense et H. auran- 
tiacum, ab illo corymbi forma et ligularum stylique colore, ab hoc capitulis 


(4) L’Æ. sioloniflorum W. K, a été spécialement étudié par M. R. von Uechtritz, dans 
l'Oesterreichische botanische Zeitschrift, octobre 1873. 

(2) On trouvera encore d'autres détails sur la synonymie des Hieracium de la Hongrie 
et de la Transylvanie dans un mémoire de M. A. Kerner, inséré dans le méme receuil 
en novembre 1872, 


114 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


minoribus ligularumque colore diversum, habitu constantissimum haud hybri- 
dum. 
15. H. AURANTIACUM L. Sp. ed. 2, p. 1126. 


b. Rhizoma descendens. 


15. H. GLOMERATUM Fról. in DC, Prodr. vit, 205. 

16. H. CYMOSUM 1 PUBESCENS Lindb. ex Fries Ẹpicr. p. 35 (H. IVestleri 
Vill. Préc. p. 62, t. 4; H. cymigerum, H. Nestleri, H. poliotrichum Rchb. 
Comp. tab. 12h, 125, f. 4 et 2; H. poliotrichum Schultz et Winter kerb. 
norm, 90, n. 90 bis). 

17. H. CYMOSUM 2 POLIOTRICHUM Wimm. ScAles., ed. 3, p. 302 (H. 
setigerum Fr. Epicr. p. 38; Pilosella Rothiana Schultz-Bip. Cichor. 
Suppl. n* 112). 

18. H. ROXOLANICUM, n. sp. — In graminosis apertis caule aphyllo refert 
habitu 77. pratense, a quo preter ligularum colorem et indumenti fabricam 
differt rhizomate descendente præmorso; in umbrosis caule folioso simillimum 
H. cymoso 1, a quo caule, foliis et involucris setosis, anthela corymbosa, squa- 
mis nigricantibus facile discernendum. 

19. H. PIUEALTUM Vill. Préc. p. 62, tab. 2, f. 4 (H. florentinum mult, 
Auct. non All. ; H. glaucescens Besser Prim. n° 941; H. stoloniferum 
Besser Volhyn. p. 75; H. fallax Willd. H. berol. 822; H. cymosum D. 
glaucescens et A. fallax Monnier Essai p. 25 et 26; H. collinum Dietr. 
Bor. xt, tab. 735, 738 non Gochnat; H. obscurum Rchb.; H. Bauhini 
Schultes). — Rchb. Comp. tab. 120, 122, 123, 127. 

20. H. ECHIOIDES Lumn. 77. Pos. 72. Waldst. et Kit. Pl. rar. tab. 85. 

21. H. ALPICOLA Scheich. pl. exsicc. n° 6 (H. glanduliferum Hauskn. 
Oest. bot. Zeitschr. 1864 non Hoppe). 


Le quatrième article traite des espèces du groupe Arehéhiereaciwm Fr. 


22. H. ALPINUM L. — £'ngl.Bot. tab. 1116. Dietr. Bor. vit, 566. Rchb. 
Comp. tab. 445, f. 42. 

Var. Halleri Vill. Delph. 111, 104, tab. 26 (Z7. nigrescens Fr. Epicr. 
p. 44 part.; H. alpinum-murorum Neilr. Hier. p. 40). — Rchb. Comp. 
tab. 146, f. 1 et 2; Sturm. Ze. x, 39. 

23. H. DEBILE, n. sp. — H. alpino affine differt defectu rosulæ radi- 
calis, caule folioso, foliis integerrimis, acutis, caulinis conformibus, pedunculis 
elongatis, capitulis minoribus et squamis involucris conformibus adpressis. 

2^. H. NIGRESCENS Willd. (H. alpinum var. nigrescens Koch. Syn. ed. 3, 
392; H. alpinum var. atratum Griseb. Comm. p. 29; H. alpino-murorum 
Neilr. Zool.-bot. Ver. 4851, p.124. F. Schultz Arch. 1855, p. 18). — Rchb. 
Comp. tab. 148, 1,2, 3. Willd. Hort. berol. tab. 10. 

25. H. viLLOSUM L. (H. floccosum Schur). 

26. H. viLLOSUM L. DENTATUM Hoppe ap. Sturm Hier. 39 (H. murorum 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 115 


Ilse et Fritze Zool.-bot. Ver. 1870, p. 27. Schultz Arch. 1855, p. 15). — 
Rchb. Comp. tab. 201. Sturm /. c. 37. 

27. H. BUPLEUROIDES Gmel. Bad. 111, p. 437, tab. 2 (H. saxatile folia- 
tum Neilr. Hier. p. 31 non Jacq.). 

28. H. GLABERRIMUM Spr. Syst. 111, 643 (H. Tatræ Griseb. Comm. 73; 
H. glaucum Wahlenbg. Carp. n° 792 non All.). — Rchb. Comp. tab. 211. 


Le cinquième article traite des espèces du groupe Pemonarea 
Fr. Symb. 86. 
1 Vulgata Fr. Epicr. p. 89. 


a. Glauco-viridia vel cæsia (involucris eglandulosis). 


29. H. BIFIDUM Kit, in Hornem. Hort. hafn. 1, 761 (H. Retzii Griseb. 
Comm. p. 58 non Fries; H. incisum Koch Syn.; H. glauco-murorum F. 
Schultz Arch. 1855, p. 17. Rehm. Zool.-bot. Ver. 1858, p. 493) (1). 

30. H. DoLLINERI Sz.-Bip. (H. graveolens Doll. in Maly Enum. p. 151 
non Fróhl.; H. canescens Schleich. ; H. levigatum Griseb. non Willd. ; 
H. glauco-vulgatum F. Schultz Arch. 1855, p. 17). 

31. H. PLUMBEUM Fr. Symb. p. 111, et herb. norm. XII, p. 21. 

32. H. TRACHSELIANUM Christener in Mitth. der Berner naturf, Ges. 1860 
(H. plumbeo-villosum Ilse et Fritze Zool.-bot. Ver. 1870, p. 493 ; H, oxyo- 
don Fr. Epicr. p. 90?). — Christ. Hier. der Schweiz, tab. 1 et 2. 

33. H. CÆSIUM Fr. Symb. 112 (H. subcæsium Uechtr. Bot. Zeit. 1872, 
p. 182). — Schultz herb. normale, n° 901 ; Fries herb. normale, f. xu (2). 

35. H. CALCIGENUM, n. sp. — Habitus H. vulgati Fr., sed colore glau- 
cescente et glabritie totius planta, foliis firmis lanceolatis, versus basim den- 
tatis, caule superne angulato et precipue pedunculis et involucris dense cano- 
floccosis, eglandulosis, quam optime diversum. 


b. Viridia (involucris glanduloso-pilosis) . 


35. H. ATRATUM Fr. Symb. 105 (H. alpinum var. nigrescens Koch 
Synops. ed, 3, p. 392 ; H. nigrescens Wimm. FI. v. Schlesien, ed. 5, p. 310; 
H. alpino-vulgatum F. Schultz Arch. 1855, p. 19). — Sz.-Rip. Cichoria- 
ceotheca Suppl. 11, n° 141. 

36. H. LEPTOCEPHALUM Schloss. et Vukot. 7/7. Croat. 897 (H. transsil- 
vanicum Heulf. Oesterr. bot. Zeit. 1858, p. 27; H. pleiophyllum Schur 
part.; H. eriophyllum, H. eriocaule, H. arcticum et H. oblongifolium 
Schur!; Crepis Fussii Kovats). 


(4) Il faudrait joindre à cette synonymie H. Planchonianum Timbal et Loret ia Bull. 
Soc. bot. Fr. v, 507, d'aprés une lettre de M. Fries à M. Loret. 

(2) D’après M, Th. Sælan, auteur d'études consciencieuses sur le genre Hieracium, 
mais que nous ne croyons pas encore avoir été publiées, il faudrait joindre ici en syno- 
nyme H. Jaubertianum Timbal et Loret, l. c. 


116 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


- 37. H. MURORUM L. (H. pellucidum Whlbg. FI. suec. ti, 19h; fT. plum- 
beum Rchb. Comp. tab. 158 non Fr. ; H. incisum Rchb. Comp. tab. 160 
non Hoppe; H. graniticum Sz.-Bip. Cichor.! Schultz et Winter herb. norm., 
n°92 ; H. cordifolium Kit. ; H. spherophyllum Vukot.!). — Sturm x, 139. 
Rchb. Comp. tab. 158, f. 1, 2; 159, f. 4, 2; tab. 163, f. 2; tab. 166, f. 1. 
Schultz FZ. gall. et germ. exsicc. n° 476 et Herb. n° 99. 

38. H. suBCESIUM Fr. Æpicr. 92 (H. incisum Koch Synops. ed. 3, 
p. 396). 

39. H. FASTIGIATUM Fr. Symb. 119 (H. umbrosum Jord. Cat. Dijon, 
1848, p. 24). 

h0. H. VULGATUM Fr. Nov. ed. 2, 258. (H. silvaticum Monnier, H. La- 
chenal, H. angustifolium Gmel. Bad. 111, 322, 323; H. maculatum Sm. 
Engl. Bot. tab. 2121; H. rohacense Kit. Add. 118). — Rchb. Comp. 
tab. 165, f. 1. 

hA. H. WiMMERI Uechtr. (voy. plus haut, p. 111). 

h2. H. RAMOSUM W. K. Pl, rar. tab. 216. Fries herb. norm. x1, n° 10, 


2. Alpestria Fr. E picr. p. 102. 


43. H. JURANUM Fr. Symb. 129 non Ilse (H. jurassicum Griseb. Comm. 
32; Rchb. Comp. tab. 154, f. 1; H. elatum G. G. FT. de Fr. 11, 380 non Fr.). 

Ah. H. CARPATICUM Bess. Prim. fl. Gal. n° 948 non Griseb. nec Rchb. 
(H. juranum Ilse, Fretze, Knapp). 


Mieracium Jankeæ, n. sp.; auctore R.v. Uechtritz (ibid., août 1873). 


Cette espèce appartient aux Pulmonarea, de la section des Andryaloidea 
orientalia. Elle a pour synonyme H. marmoreum Janka exsice. 1870, Neil. 
Nachtr. zur Fl. Ung. p. h2, Kritische Zusamm. p. 55 non Vis. et Panč. — 
Huic speciei quam maxime affine H. divaricatum Fr., quod tamen abunde 
differt pedunculis divaricatis, involucris subglobosis, squamis acuminatis 
demum squarrosis, ligulis glabris, achæniis fusco-atris, 


Monographie des Pilosella et des Hieracium du Dau- 
phiné, suivie de l'analyse de quelques autres plantes; par M. Casimir 
Arvet-Touvet. Brochure in-8? de 54 pages. Grenoble, 1873. 


Après avoir fait le procès à l’école de M. Jordan, per laquelle il regrette de 
s'étre laissé trop facilement séduire dans ses premiers travaux, l’auteur expose 
les raisons qui militent en faveur de l'adoption du genre Pilosella et de l'ad- 
mission d'hybrides dans ce genre et dans le genre Hieracium. Ensuite 
M. Arvet-Touvet entre dans la description des espèces. Il s'est donné pour 
mission de monographier tous les Hieracium déjà connus du Dauphiné, ce 
qu'il a fait parfois en réunissant des types regardés comme distincts par 
d'autres auteurs, tels que E. Fries, MM. Grenier et Godron, etc.; il décrit 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 117 


encore quelques types nouveaux, Hieracium Pamphili (lanato-scorzoneræ - 
folium), H. Sauzei, H. dasytrichum (villoso-glanduliferum), H. ustula- 
tum (glandulifero-viride), H. leucochloum, H. araneosum, H. jaceoides, 
H. isatifolium, H. bifrons, etc. 

Ce mémoire se termine par une série de diagnoses d'espéces nouvelles qui 
sont les suivantes : Dianthus Faurei, Oxytropis amethystina, Bupleurum 
brassica folium, Cirsium variegatum, C. acanthifolium, C. bifrons, Pin- 
guicula variegata et Pedicularis Verloti. 


Alphabetische Uebersieht der speciellen Literatur des Genus Hie- 
racium L. (Revue alphabétique. de la bibliographie spéciale au genre 
Hieracium); par M. Auton Bernard, de Munich (Flora, 1*' septembre 1872). 


Cette revue, nécessaire à consulter pour tout botaniste qui s'occupera du 
genre Hieracium, est disposée par ordre alphabétique d'auteurs. Elle débute 
par l'indication des planches publiées dans le Flora germanica de MM. Rei- 
chenbach, dans le Deutschlands Flora de Sturm et dans l' English. Botany. 

L'auteur a mentionné les flores où le genre Hieracium a été l'objet d'études 
particulières. Cette revue est malheureusement bien incomplète. Nous n'y 
trouvons, par exemple, aucun renseignement sur les Zzeracium publiés dans 
notre Bulletin par M. Serres, par MM. Loret et Timbal-Lagrave (1), par 
M. Callay ; la flore de Mutel, le Voyage aux Grisons de Villars et son Pro- 
spectus, les travaux de M. Jordan, la Flore du centre de M. Boreau (éd. 3), la 
Flore du Jura de M. Godet, la Flore de la chaîne jurassique de M. Gre- 
nier, etc., non signalés par l'auteur, renferment encore des documents de la 
plus grande importance pour l'étude du genre Hieracium. Il faut y ajouter 
le Catalogue des plantes vasculaires du Dauphiné de M. Verlot, paru dans 
les premiers mois de 1872. 


Review of the genus Æydrolesa, with descriptions of three new 
species ; par M. Alfred W. Bennett (The Journal of the Linnean Society, 
1870, vol. xi, n° 53, pp. 266-279, avec une planche). 

Les Hydrolea étudiés par M. Bennett sont au nombre de treize, parmi 
lesquels trois espèces nouvelles : H. paludosa, du Brésil, H. elegans (A. spi- 
nosa var. glabra Mart.), H. graminifolia et H. macrosepala, de l'Afrique 
occidentale, Le mémoire se termine par une liste des espèces exclues et des 


synonymes. 


On a Species of Zpomæa affording Tampico Jalap (Sur une espèce 
d'Ipomea qui produit le Jalap de Tampico); par M. D. Hanbury (The 
Journal of the Linnean Society, 1870, vol. xt, n° 53, pp. 279-281). 


Le véritable Jalap, Convolvulus Purga Wenderoth, Zzogonium Purga 


(4) Voyez notamment le Bulletin, t. xviti, Séances, pp. 48 el suiv. 


118 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Choisy, parait devoir être appelé Zpomæa Purga Hayne. Quant à celui de 
Tampico, il vient de l'État de Guanajuato, où il croit le long dela Sierra Gorda, 
dans le voisinage de San Luis de la Paz, où les muletiers le nomment Purga 
de Sierra Gorda. Cette plante, que M. Hanbury a pu se procurer par lobli- 
geance de M. Hugo Finck, vice-consul de Prusseà Cordova, est la méme que 
Galeotti a distribuée sous le ne 1369, d'Oajaca. L'/pomwa simulans Hanb. 
présente les caractéres suivants : Radice tuberosa, caule volubili herbaceo 
glabro, foliis ovatis, acuminatis, cordatis v. sagittatis, indivisis, pedunculis 
unifloris solitariis, sepalis parvis. Elle ressemble beaucoup à PZ. Purga (1). 


A Revision of the flora of Iceland (Révision de la flore d'Is- 
lande); par M. Charles Cardale Babington (The Journal of the Linnean 
Society, vol. xt, 1870, n° 53, pp. 282-348). 


Ce mémoire, qui ne comprend pas les Gryptogames cellulaires, énumère 
^67 espèces faisant partie de la flore d'Islande. Sur ces 467, il ne s'en trouve 
que 62 qui n'appartiennent pas à la flore de la Grande-Bretagne; presque 
toutes, sur cette catégorie, se trouvent en Scandinavie; trois sont décidément 
arctiques : Gentiana detonsa, Pleurogyne rotata, Epilobium latifolium. 
M. Babington a joint à ce travail des notes sur différentes espèces, et une cri- 
tique des travaux publiés avant lui sur la flore d'Islande. 


Notes om the styles of Australian Protenceæ; par M. G. 


Bentham (The Journal of the Linnean Society, 1871, vol. x, n° 65, 
pp. 58-64). 


On peut dire, d'une manière générale, que les antheres des Protéacées for- 
ment dans le bouton un cylindre fermé autour de la portion papilleuse du 
style, qui a probablement quelque influence sur elles; car immédiatement 
avant l'ouverture de la fleur, on trouve les anthères ouvertes et les grains pol- 
liniques répandus sur le style, tandis que le stigmate réel, quelle que soit sa 
position par rapport au cylindre anthéral, est encore sec et incapable d'absor- 
ber les tubes polliniques. Quand la fleur est tout à fait prés de s'étaler, la force 
qui surmonte la cohésion des segments périgoniaux à préfloraison valvaire et 
des anthères, détermine généralement la dissémination du pollen ; aprés quoi 
le stigmate mûrit son stigmate et se prépare à recevoir le pollen qui peut pro- 
venir des fleurs voisines. 

M. Bentham, après cet exposé général, qui montre l'importance de la fécon- 
dation croisée dans cette famille, entre dans l'examen de quelques cas spéciaux 
offerts par certains genres, notamment par les Grevillea et les Hakea, les seuls 
qu'il ait pu observer vivants. Dans plusieurs cas, les modifications offertes par 
les styles sont en rapport avec Ja classification naturelle, par exemple dans les 


(1) Nous avons déjà signalé PZ. simulans dans la Revue, t. xvii, p. 35. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 119 


trois sections du genre Persoonia. Certains genres, comme le Conospermum, 
le Synaphea, le Stirlingia, ont les anthères plus ou moins imparfaites, les plus 
parfaites en forme de coupe hémisphérique ouverte sur la face plane, qui s'ac- 
cole contre la face analogue d'une autre anthére; quand la fleur, en s'ouvrant, 
détruit cet ensemble, le pollen s'échappe sans pouvoir tomber sur le stigmate 
de la méme fleur, qui ne se trouve pas sur son passage. 


Allustrite deutsche Flora. Eine Beschreibung der in Deutschland 
und der Schweiz einheimischen Blüthenpflanzen und Gefässkryptogamen 
(Flore allemande illustrée. Description des Phanérogames et des Crypto- 
games vasculaires indigènes en Allemagne et en Suisse); par M. Herm. 
Wagner. Grand in-8° de LXVIII et 939 pages; avec 1250 gravures sur bois. 
Stuttgart, 1871, chez J. Hoffmann. 


Cet ouvrage, qui n'avait paru jusqu'alors qu'en livraisons, a été terminé 
parla publication de la dix-huitième livraison. Il pourra former un manuel 
fort utile aux commencants. Il renferme des gravures environ pour un tiers 
des espéces qui y sont décrites, ce qui aide singuliérement à leur détermina- 
tion. Ces gravures sont empruntées pour la plupart à l'7//ustrated Handbook 
of the British Flora. Les descriptions embrassent toutes les espéces croissant 
à l'état sauvage en Allemagne et en Suisse, avec leurs variétés principales, et 
comprennent l'indication de leurs caracteres principaux, de leur synonymie, de 
leurs localités, de l'époque de floraison, de l'emploi, etc. Comme introduction 
à l’ouyrage se trouve un petit traité de botanique générale, et une revue 
des familles de la flore allemande d'aprés le systéme naturel. 


Der Einfluss der Winde auf die Verbreitung der Sa- 
men in Hochgebirge (L'influence du vent sur la diffusion des 
graines en pays montagneux) ; par M. A. Kerner (extrait du Zeitschrift 
des deutschen Alpenveretnes) ; tirage à part en brochure in-8° de 172 pages. 
Munich, 1871. 


M. Kerner conclut de la manière suivante : Il n'y a que de petites pous- 
sières qui puissent être transportées par des courants d'air à des distances 
éloignées de leur point de départ. Les fruits et les graines munis d'appareils 
particuliers, comme ceux des Composées, peuvent étre enlevés sous les rayons 
du soleil, mais aprés le coucher de l'astre, ils retombent à peu de distance du 
point d’où ils étaient partis. L'existence d'ailes ou de replis membraneux favo- 
rise évidemment le transport horizontal des fruits qui les portent, mais seule- 
ment à de faibles distances ; d'un autre cóté, les fruits et les graines dépourvus 
de tels appendices sont à peine influencés par les courants d'air, à moins qu'ils 
ne soient très-petits ou très-légers. On voit que M. Kerner est porté à refuser 
aux vents une grande influence dans la dispersion des végétaux. 


120 SOCIÈTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Franz von Mygind, der Freund Jaequim's. Ein Beitrag zur 
Geschichte der Botanik (Franz de Mygind, l'ami de Jacquin ; addition 
à l'histoire de la botanique); par M. L. de Hohenbühel-Heufler (extrait des 
Verhandlungen der zool.-bot. Gesellschaft in Wien, t. xx, 1870, pp. 879- 
924) ; tirage à part en brochure in-8° de 40 pages. Vienne, chez Gerold 
et fils. 


L'intéressant mémoire de M. de Hohenbühel-Heufler se divise en chapitres 
comme il suit : 1^ Mygind dans la littérature botanique ; 2° son extraction, sa 
jeunesse et ses voyages; 3° sa vie publique ; 4° Mygind chez lui; 5* Mygind 
dans quelques lettres ; 6° Mygind dans la correspondance d'Hohenwart ; 
7° Mygind dans la correspondance de Wulfen; 8° son testament et sa mort; 
9° courte biographie de Mygind. — 

Né en Jutland à Broust, en 1710, le parrain du genre Myginda (4) fit ses 
études à l'université de Copenhague, de 1729 à 1734 ; fut nommé en 1736 
adjoint de chimie dans la classe des sciences physiques à l'Académie impériale 
de Saint-Pétersbourg. C'est de 1741 que date la première indication relative 
à son séjour à Vienne, où il devint, en 1756, conseiller d'État, directeur du 
commerce, et épousa Élisabeth Smith, d'Eisenfels. Il prit une part très-active 
aux découvertes botaniques faites dans la flore d'Autriche, surtout dans celle 
de l'Istrie, et entra en correspondance avec la plupart des botanistes de son 
époque et de son pays. Il mourut à Vienne, aprés avoir légué son herbier à l'uni- 
versité de Hongrie. 


Altdeutsche mythische Pflanzennamen (Noms mythiques 
donnés aux plantes en vieux allemand) ; par M. Fr. -W. Lorinser (Oester- 
reichische Botanische Zeitschrift, 4871, n° 8). 


C'est à Wodan (2) ou Odin, le dieu des Scandinaves et des anciens peuples 
de la Germanie, qu'ont été dédiés par le langage populaire : un Znula (Od inskopf 
ou téte d'Odin); le Sempervivum tectorum (Wodansbart ou Godesbart, barbe 
de Wodan); l'Héliotrope (Wodanskraut ou Godeskraut, herbe de Wodan ou 
herbe de Dieu); le Vaccinium Oxycoccos ( Wuotansbeere ou baies de Wodan). 

C'est à Frigga, l'épouse d'Odin, qu'ont été consacrés par leurs noms : le Rosa 
canina (Friggadorn ou épine de Frigga) ; un Gymnadenia (Friggagras ou 


(4) Jacquin dit positivement dans son Selectarum stirpium americanarum historia, 
1763, p. 24, qu'il dédie le genre Myginda à son ami Mygind, « rei herbariæ peritissi- 
mus », L'espèce est le M. uragoga, de Carthagène. Plus tard, dans la petite édition 
in-8^ du grand ouvrage, imprimée à Manheim cum approbatione auctoris en 1788, on 
lit (p. 31) : Myginda (Uragoga) L. Syst. 142. C'est probablement ce qui aura conduit 
M. Hooker à attribuer le genre à Linné (Gen. n? 178) dans le Genera plantarum, vol. 1; 
pars 1, p. 366. 

(2) H est à remarquer en passant que le dieu des peuvlades anciennes de l'Amérique 
centrale et du Mexique avait nom Votan, auquel est dédié le genre Votania, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 191 


herbe de Frigga); le Drosera (Friggathau, rosée de Frigga).— C'est à Thor, 
le dieu du tonnerre, que plusieurs plantes doivent leur nom vulgaire, telles 
que l'Aconitum (Thorshut ou chapeau de Thor); le Viscum (Donarbesen, 
balai de Thor ou Donar); l' Zryngium (Donardistel, chardon de Thor); le 
Corydalis (Donnerflug, volée du tonnerre) (4) ; V Eupatorium cannabinum 
(Donarkraut ou herbe du tonnerre); le Glechoma (Donnerrebe ou sarment 
du tonnerre); le Datura Stramonium (boule du tonnerre) ; etc. 

Balder, le fils chéri d'Odin, a fourni le nom populaire de l’Anthemis 
Cotula (Balder's Augenbraue où sourcils de Balder); Baldrian, la plante 
dédiée à Balder, a été transformé plus tard en Valeriana. — Freya, la déesse 
de l'amour, a inspiré le nom de la Fougère (Freijashoar ou cheveux de 
Freya); celui des Orchis (Freijasthräne, ou larmes de Freya, désolée de 
l'absence de son mari). — Tyr, le dieu des batailles, a valu encore à l'Aconit le 
nom de Tyrshelm ou casque de Tyr. — A la malicieuse et vindicative déesse 
Loki avait été dédiée l'Ivraie, nommée Lok?'s Hafer ou Avoine de Loki. — 
Au démon géant Forniot avait été consacré l Orchis maculata, à tubercules 
palmés, nommé 7'orniot's Hand ou main de Forniot. — Troll, qui désigne 
dans l'ancienne mythologie scandinave un géant ou un enchanteur, a inspiré 
les noms de diverses Renonculacées, entre autres le 7ro//ius europæus. 
Nombreuses sont encore les plantes qui rappellent les souvenirs d'autres 
personnages démoniaques de la mythologie germanique, tels que les Eben, 
Elfen, Alben, Bitze, Hexen, Gauche, Treiden, etc. Une particularité intéres- 
sante est que les végétaux dédiés aux Alben (fantômes), tels que l A/pkraut (2) 
ou Eupatorium cannabinum, pourraient paraître renfermer le nom d'une 
montagne ou d'une alpe. 


Observationes phytographieæ ; auctore Rud. Scheffer (Flora, 
1870, n° 16). 


Ce travail, reproduit dans le FZora, et daté en réalité de novembre 1869, 
renferme des notes sur la flore des iles de la Sonde et surtout de Java, oü 
M. Scheffer dirige le jardin de Buitenzorg. Il traite des familles des Anona- 
cées, Tiliacées, Diptérocarpées, Ternstræmiacées, Guttifères, Mélastomacées, 
Légumineuses, Loranthacées, Cupulifères, Myrsinées et Taccacées. Les prin- 
cipales nouveautés sont, dans les Anonacées, le Goniothalamus Slingerland- 
tianus, le nouveau genre Marsypopetalum, voisin de l’ Zeteropetalum Benth., 
et deux espèces de Melodorum ; dans les Tiliacées, I £læocarpus moluccanus 
Schiff.; dans les Diptérocarpées, quatre Dipterocarpus, un Vatica et un 
Shorea; dans les Guttiferes, le Garcinia (Discostigma) brevirostris; dans 
les Mélastomacées, un Marumia et un Memecylon ; dans les Loranthacées, 

(1) Allusion à la caducité des fleurs. qui étaient censées s'envoler comme une volée 


d'oiseaux au bruit du tonnerre. 
(2) Le b se change en p à causé de la gutturale dure qui commence le mot Kraut. 


T à À (REVUE) 9 


122 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


l'Androphthoé ignea; dans les Cupulifères, quatre espèces de Quercus et 
un Castaneopsis ; enfin, dans les Myrsinées, un Embeliu et trois Ardisia. 


Weber einige neue oder unvolkommen bekannte in- 
dische Pflanzen (Sur quelques plantes de l'Inde nouvelles ou incom- 
plétement connues); par M. Sulpiz Kurz (Journal of the Asiatic Society 
of Bengal, vol. xxxix, part 2, 1870, pp. 61-91, avec 3 planches). 


Ce mémoire s'étend des Renonculacées aux Fougères. 

Voici l'indication des nouveautés qu'il renferme : Pachygone dasycarpa, 
Capparis roydsiæfolia, C. flavicans, Alsodeia longiracemosa, une étude 
du genre Synapteia de Griffith, le genre nouveau Parashorea (Diptérocar- 
pées), Decachistia parviflora, Helicteres plebeja, Brownlownia argentata, 
Ozalis (Biophytum) gracilenta, Luvunga calophylla, une étude comparative 
de plusieurs genres de Méliacées (Dysozylon, Didymochiton et Schizochiton), 
Ilex dophnophylloides, Semecarpus acuminatus; Ammannia dentelloides, 
Lonicera (Leicesteria) gracilis, Lobelia dopatrioides, Acanthus longibrac- 
teatus, Phlogacanthus insignis, Justicia flaccida, Gymnandra spectabilis, 
G. globosa, Linostoma siamense, Globa arracanensis. 


Notes on some Plants from northern China (Notes sur 
quelques plantes de la Chine septentrionale); par M. Henry-F. Hance 
(The Journal of the Linnean Society, 1872, vol. xir, n° 66, pp. 74-94). 


Les plus importantes des notes concernent les espèces suivantes : Clematis 
tubulosa 'Turcz.? ; Nasturtium globosum Turcz.? ; Linum davuricum 
Schult. ; Peganum nigellastrum Bge (que l'auteur est disposé à placer dans 
la famille des Rutacées plutôt que dans celle des Zygophyllacées) ; Pistacia 
chinensis Bge; Oxytropis subfalcata, n. sp., O. psammocharis, n. sp. ; 
Lespedeza floribunda Bge ; Cassia nictitans L., Potentilla amurensis Maxim. 
(qui s'étend du territoire de l'Amur jusque dans la province de Canton); Agri- 
monia viscidula Bge, Cotyledon fimbriatus Hance, Sedum drymarioides 
Hance (qui croit à Canton aussi bien qu'à Pékin); Selinum Monnieri L. (China 
meridionali, Amur et Ussuri, Davuria, prov. Cantoniensi) ; Diervilla florida 
Sieb. et Zucc.; Ligustrum japonicum Thunb. var.; Fraxinus Bungeana 
DC.?; Diospyros Lotus L.; Erythræa pulchella Fr., qui s'étend jusque 
dans l'extrême Orient; Cuscuta chinensis L., Orobanche ombrochares, n. 
SpP-, O. pycnostachya, n. sp.; Elsholtzia Stauntoni Benth.; Salvia pogono- 
calyz, n. sp.; Girardinia cuspidata Wedd.; Pinus Bungeana Zucc.; Poly- 
gonatum chinense Kunth; Carex siderosticta, n. sp., C. Fabri, n. sp.; 
Chrysopogon pictus ; Gymnogramme vestita Hook. (China septentrionali, 
Himalaya occidentali), Cheilanthes Kuhnii Milde; Athyrium nipponicum 
Hance (Japon, Mandchourie, Pékin, Chine méridionale); Asplenium varians 
Wall, (A. Wilfordii Mett. in Linn. xxxvi, 94); Aspidium Dryopteris Hance. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 123 


Ce dernier nom fait voir que M. Hance n'adopte pas le genre Phegopteris, 
dont il range toutes les espèces dans le genre Aspidium, l'absence de l'indu- 
sium n'étant pas, dit-il, un caractère assez constant dans ce groupe pour qu'il 
puisse lui reconnaitre une valeur générique. 


Note on the genus Z2zgrsanthwus Guill. and its floral conforma- 
tion; par M. Maxwell T. Masters (extrait du Journal of the Linnean 


Society, Botany, 1871, vol. xiu, n° 65, pp. 15-20); tirage à part en 
brochure in-8°. 


Guillemin a fondé son genre Byrsanthus (Del. Ic. sel. 111, 30, tab. 52) sur 
un exemplaire qu'il considérait comme identique avec une plante recueillie 
par Chr. Smith au Congo, signalée par R. Brown. M. Masters conteste cette 
identité ; et il fait de l'espéce primitive le B. epigynus Mast. La seconde 
espèce, le Zyrsenthus Brown Guili., n'est pas celle de R. Brown. A cette 
occasion M. Masters décrit la curieuse structure florale de ce genre. L'an- 
drocée présente une double rangée de dix éléments chacune. Chaque verticille 
staminal comprend alternativement des staminodes (ou des glandes) et des 
étamines fertiles. Les premiers sont superposés aux sépales, les secondes aux 
pétales. En outre les étamines fertiles du verticille externe sont multipliées et 
chacune d'elles est remplacée par une paire d'organes; de sorte que chaque 
pétale a devant lui trois étamines fertiles. M. Masters compare cette structure 
à celle de plusieurs genres voisins qui ont été fondus dans le genre Homalium 
par MM. Bentham et Hooker. 


De quelques principes d'organographie végétale ; par 
M. D. Clos (extrait des Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions 
et belles-lettres de Toulouse, 7° série, t. 1v, pp. 173-192). 


M. Clos a repris dans cette étude un sujet déjà abordé par lui dans diffé- 
rents travaux, la morphologie de la feuille et de la stipule. Il met en évidence 
la distinction d'une partie non encore distinguée dans la feuille; il s'applique 
à suivre la modification qu'éprouve celle-ci au voisinage de la fleur chez les 
plantes à feuilles peltées ; enfin à appuyer de nouveaux arguments la nature 
stipulaire de ce qu'on nomme calicule chez les Malvacées. 

La partie nouvelle sur laquelle M. Clos appelle l'attention est le prélimbe (1). 
Cet organe se présente, avec une netteté particulière, dans diverses espèces 
de Melampyrum, où il forme des dents ciliées ou des bractées à crête; dans 
le Rhinanthus minor, dans plusieurs Labiées, où il constitue les larges mem- 
branes qui entourent les faux verticilles des fleurs; enfin, chez un grand nombre 
d'Euphorbes, où les feuilles florales en cœur, dues au prélimbe, n'ont aucune 
ressemblance avec les feuilles linéaires de la tige. 

M. Clos se propose de rechercher ultérieurement si l'admission de ce nou- 


(4) Voyez les Comptes rendus, séance du 13 mai 1872. 


124 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


vel élément ne pourrait pas servir à expliquer la nature de certaines parties de 
la fleur pour lesquelles Ja théorie de la métamorphose s'est montrée jusqu’à ce 
jour impuissante. 

Si l'on compare les diverses inflorescences de plantes à feuilles peltées ou 
digitées, on y reconnait plusieurs dispositions. 

Tantót l'inflorescence est axillaire, les pédoncules se trouvant à l'aisselle des 
feuilles caulinaires non modifiées (Nelumbo, Nymphæa, Cabomba, Hydro- 
peltis, Potentilla reptans et Tormentilla, plusieurs espèces d’ Oxalis). 

Tantôt l'inflorescence a l'apparence terminale, étant soit uniflore sans la 
moindre modification de la feuille (Podophyllum, Sanguinaria), soit com- 
posée et dépourvue de bractées (Akebia, Carica, Cussonia, Sterculia). 

Tantót la feuille perd au voisinage de la fleur son caractere de feuille peltée 
ou digitée (Umbilicus). 

Tantôt la plante a des stipules qui font office de bractées (Bégoniacées, 
Ricin, Légumineuses, Rubus). 

Les mêmes considérations sont applicables à des groupes de plantes, fa- 
milles ou genres, qui, sans avoir les feuilles peltées, les ont palminerves, soit 
chez tous les représentants, soit chez la plupart (Cucurbitacées, Géraniacées, 
Malvacées, Passiflorées, Gunnéracées, Humulus, Cannabis, Hydrocotyle). 

Dès 1854 (1), M. Clos démontrait la nature stipulaire de l'enveloppe exté- 
rieure au calice des Malvacées; il approfondit dans la troisieme partie plu- 
sieurs des points de cette thèse, qui tend à faire reconnaitre chez certaines 
fleurs l'existence d'un cinquième verticille, le verticille stipulaire. 


Théorie de l'anaphytose : Le Rhizome — la Souche ; par M. Fran- 
çois Leclerc (extrait des Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, 
séance du 15 novembre 1869); tirage à part en brochure in-8° de 
18 pages. 


Après de nombreuses observations sur différents passages des Leçons d'Aug. 
de Saint-Hilaire, sur la théorie de l'anaphytose telle que l’a exposée M. Schultz- 
Schultzenstein dans les Acfes du congrès international de botanique en 1867, 
et de laquelle l'auteur se rapproche, il croit pouvoir, des faits qu'il a exposés 
sur les fonctions du rhizome et de la souche, déduire théoriquement que : 

Les souches et les rhizomes déterminés ou sympodes que présentent un 
certain nombre de plantes exogènes rappellent l'époque où il n'existait pas de 
classes de végétaux pourvus de fonctions spéciales, période oü la création 
végétale participait de l'état embryonnaire, où les formes inférieures se ren- 
contraient parmi celles dues à un développement plus récent; car les pre- 
miers animaux et les premiéres plantes qui se sont manifestés sont des types 
de connexion réunissant les caractéres de plusieurs grandes familles aujour- 


(4) Voyez le Bulletin, t. 1, pp, 298 et suiv. 


REVUE PIBLIOGRAPIILQUE. 195 


d'hui distinctes et séparées par de grands intervalles ; or, ces racines souter- 
raines étant devenues par suite l'attribut de classes moins élevées dans la 
série, leur présence semble étre en quelque sorte accidentelle dans des plantes 
à la vie desquelles elles ne paraissent pas essentielles, puisque ces mêmes 
plantes sont en outre pourvues de racines normales, soit pivotantes, soit fibril- 
laires. On voit, bien qu'un assez grand nombre de plantes exogénes soit 
pourvu de rhizomes, que c'est le propre des Endogènes, dans l'état actuel, 
d’être munis de souches ou de rhizomes; car, ainsi que l'avait déjà pensé 
Aug. de Saint-Hilaire, le stipe du Palmier n'est autre chose qu'un rhizome 
aérien. Les espèces que j'ai énumérées parmi les Exogènes, et qui ont retenu 
un rhizome ou une souche souterraine, participeraient davantage de la nature 
des Endogènes, en se rapprochant de leur infériorité d'organisation, 


Gothe et le livre de la métamorphose des plantes ; par 
M. François Leclerc (extrait des Mémoires de la Société d'émulation du 
Doubs, séance du 9 juillet 1870) ; tirage à part en brochure in-8° de 
28 pages. 


Le présent mémoire est une critique de la conception abstraite de Goethe. 
Aprés avoir montré ce qu'elle a, suivant lui, d'exagéré dans les termes et les 
résultats, M. Leclerc revient à ce principe général et modéré : qu'il n’y a 
rien d'absolu. Si la doctrine de la métamorphose des plantes a fait son chemin, 
il croit qu'elle a aussi fait son temps. Elle doit étre remplacée par celle de 
l'anaphytose sur laquelle l'auteur insistait dans le travail précédent. Quoique 
M. Schultz-Schultzenstein n'ait rien dit de la théorie de l'épigenése, il est évi- 
dent que sa conception repose sur ce phénomène normal. La théorie à l'ordre 
du jour dans la science, c'est la théorie de la cellule formant, par juxtaposi- 
tion avec ses congéneres, un corps complexe, et constituant un foyer vital. 
L'auteur ne croit pas que pour obtenir les phénomènes de la végétation, pas 
plus que les mille nuances de la pensée, il faille recourir au jeu immédiat de la 
cellule soit chez les plantes, soit dans le cerveau, Cet état primitif d'orgauisa- 
tion des cellules ne constituerait pas un organe; ce ne serait qu'une prépa- 
ration à un ou plusieurs éléments d'organes. Il lui paraît plus logique de pro- 
céder par les éléments d'organe, puis par les organismes, plutót que par les 
cellules primordiales de ces organismes. Ainsi, dans la plante, les segments 
anatomiques ou les anaphytes sont autant d'éléments d'organes comparables, 
jusqu'à un certain point, à la zoonite, et qui, mis en rapport réciproque, for- 
ment un organisme ; car, pour qu'une fonction s'accomplisse, il faut un organe 
constitué, permanent, à fonction spéciale avec modes divers, l'état cellulaire 
n'exprimant que des capacités fonctionnelles générales dans des organismes 
inférieurs et trés-simples. Les fonctions du végétal ne peuvent avoir lieu que 
lorsqu'il s'est formé du tissu cellulaire, du tissu vasculaire et du tissu fibreux. 

Il est à remarquer au fond (continue M. Leclerc) que la théorie de la méta- 


126 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


morphose semble favorable à la doctrine darwinienne, le transformisme, 
à la différence cependant que celui de Goethe est journalier, tandis que celui 
de Darwin exige de longues périodes de temps. Mais si l'idée fondamentale 
de Goethe, poursuivie de l'âpre critique de Mirbel, est une métaphore, on ne 
peut guère lui accorder un mérite scientifique, sinon pour les classes infé- 
rieures, où son œuvre d'incessantes perturbations ne permet pas de croire 
qu'elle puisse conduire à une sélection déterminée ni à quelque manifestation 
intégrale de la loi desymétrie. 


Etude sur les Cuseutes observées dans les environs 
d'Abbeville ; par M. Éloy de Vicq. Brochure in-8° de 18 pages. Ab- 
beville, impr. Briez, C. Paillart et Retaux, 1873. 


Le Cuscuta Trifolii Bab., qui attaque aussi la Luzerne, ne doit avoir été 
introduit dans notre pays qu'avec ces deux plantes, c'est-à-dire dans la seconde 
moitié du siècle dernier. Il a été vraisemblablement importé parmi nous, dit 
M. de Vicq, avec des graines fourragères reçues de l'Allemagne et de l’Alsace. 
C'est surtout aprés la premiére coupe des prairies artificielles, vers les mois 
d'aoüt et de septembre, qu'il acquiert son plus grand développement. Il faut, 
pour l'arréter, faucher et brûler les parties attaquées. Sa propagation dans les 
environs d'Abbeville a fait depuis quelques années de notables progrès. Il 
serait urgent, avant d'employer les semences de Trèfle, de les soumettre à un 
triage assez perfectionné pour en séparer la plupart des graines du parasite, 
qui sont beaucoup plus petites. Celles-ci sont recouvertes d'ailleurs d'un mu- 
cilage qui doit en faciliter la dissémination. 

M. de Vicq signale aussi aux environs d'Abbeville le Cuscuta Epilinum 
Weihe et le C. Viciæ Schnizl. T joint la description de ces trois espèces, 


sous forme didactique, à celles des Cuscuta Epithymum Murr. et C. major 
C. Bauh. 


Index seminum in horto botanico herolinensi anno 1872 
collectorum. 


Les notes consignées, suivant l'usage, sous forme d’Appendix, à la fin de 
cet /ndez, et signées de M. Al. Braun et de ses collaborateurs, concernent les 
espèces suivantes : 

Amarantus caudatus L., A. alopecurus Hochst. (on trouvera là une étude 
intéressante de plantes souvent mal nommées dans les jardins botaniques); Atri- 
plex laciniata L. (A. arenaria Woods, A. crassifolia G. G. non C.-A. Mey. 
nec Fries, A. maritima Hallier in Bot. Zeit. 1863, Beil. p. 40); Hieracium 
Garckeanum Asch. (que dans l'/ndez de 1869 M. Ascherson avait donné pour 
un hybride des Z. præaltum et H. tridentatum, appartenant à des sections 


(1) M. Lebel a trouvé aux environs de Valognes le C. Trifolii sur la Vesce, sur le 
Cirsium arvense, sur le P. anserina et sur d'autres plantes, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 197 


fort différentes du genre, et que MM. Él. Fries et von Uechtritz s'accordent à re- 
garder comme une forme monstrueuse de l H. tridentatum); Medicago hispida 
(Gaertn. em.) Urban (avec un trés-grand nombre de synonymes, parmi lesquels 
le M. apiculata etle M. denticulata); Acacia genistifolia Lk; Eucalyptus 
perfoliata Desf.; Viburnum delicatulum Vatke Bot. Zeit. 4872, n° 40 ; Eu- 
patorium micranthum Less.; Berberis dealbata Lindl.; Trixis Ehrenbergit 
Kze; Scutellaria Costaricana Wendl, f., qu'on a confondu avec le S, Moci- 
niana Benth.; Hydrangea Warscewiczi Vatke; Salvia microphylla Kunth; 
Cyperus Braunii Vatke. 


Synopsis der Lychnidem ; par M. P. Rohrbach (Linnca, 1870, 
nouv. série, t. 11, pp. 170-270). 


Ce mémoire de cent pages, dont l'importance fera vivement sentir aux bota- 
nistes la perte prématurée de son auteur, renferme un conspectus monographi- 
que d'une partie de la famille des Caryophyllées. M. Al. Braun avait dés 1843 
(Flora, p. 363) divisé la section des Silénées en Dianthées et Lychnidées, 
M. Rohrbach a tracé, dans un tableau dichotomique, les caractères des dix 
genres de Lychnidées, qui sont les suivants : Drypis, Uebelinia, Agro- 
stemma, Lychnis, Petrocoptis, Heliosperma, Melandryum, Silene, Viscaria 
et Cucubalus. Il indique la distribution géographique et la synonymie de 
chaque espèce, et décrit toujours les nouveautés, c'est-à-dire les espèces sui- 
vantes.: Melandryum Falconeri Rohrb., du Tibet (Falc. n° 235), M. Man- 
donii Rohrb. , des Andes de la Bolivie (Mand. n° 987), M. cucubaloides Fenzl, 
du Chili (Phil. n° 56, 1115, Lechler n° 2970), Silene Khasiana Rohrb. Une 
clef dichotomique conduit dans chaque genre à la détermination des espèces. 
En outre l'auteur a décrit toutes les espèces du genre Lychnis ainsi que celles 
du genre Melandryum, qu'il porte à cinquante-six espèces. Les Silene ayant 
été déjà monographiés par l’auteur, il s'est borné à en signaler une espèce 
nouvelle et à annoter sa monographie antérieure, principalement quant aux 
Silene de la flore méditerranéenne. 


Beitrüge zur Systematik der Caryophyllinen (Zecherches 
sur la classification des Caryophyllées); par M. P. Rohrbach (ZLinnæa, 
nouv. série, t. II, pp. 651 et suiv. ; t. 111, pp. 183-512). 


Le premier des mémoires renfermés sous ce titre général concerne le genre 
Pycnophyllum Rémy. L'auteur en a étudié la disposition phyllotaxique, le 
dimorphisme floral, l’histoire, la synonymie (car il y rapporte le Stichophyl- 
lum de M. Philippi, le Xeria de Presl) ; il en décrit ensuite quatre espèces, 
ajoutant aux deux que M. Rémy avait fait connaitre la plante de M. Philippi 
et le Pycnophyllum Lechlerianum Rchb. (Selaginella rupestris Mett. ! in 
Lechler Pl. peruv. n° 1742 non Spring). 

Le deuxième des mémoires que nous analysons est intitulé : Si/enaceæ 


128 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sinensi-japonicæ. Tl s'y trouve nombre de localités nouvelles, des discussions 
critiques, quelques espèces nouvellement établies: Lychnis Miqueliana Rohrb. 
(Z. Sieboldi Maxim. non Van Houtte), Silene gracillima Rohrb. (S. Saxifraga 
Thunb. non L.), S. Maximowicziana, de Yédo, S. Olge (Melandryum 
Olge Maxim. ), S. japonica Rohrb. 

Le troisième de ces mémoires (t. 111, 2° livraison) traite des Caryophyllées 
américaines. En préparant l'étude des Caryophvllées pour le Ælorabrasiliensis, 
M. Rohrbach a eu sous les yeux des matériaux si riches en Caryophyllées du 
Mexique et de l'Amérique du Sud, qu'il a voulu consigner dans le Linnæal e 
résultat des études faites nécessaicement par lui sur une aussi large base. 1l s'est 
attaché notamment aux récoltes de Mandon, de Liebmann et de M. Schaffner. 
Il y joint l'étude des Portulacées. D'ailleurs M. Rohrbach réunit en une seule 
famille, sous le titre d'Alsinacées, les Paronychiées, les Scléranthées et les 
Alsinées. Les espèces nouvelles contenues dans ce mémoire sont les suivantes : 
Paronychia Hartwegiana Rohrb. (Hartweg 829, Équateur), P. Mando- 
niana Rohrb. (d'Orb. 1480, Mandon 99^, Lechler 1760), Spergularia an- 
dina Wohrb. (d'Orb.4499, Mandon 947, Lechler 1772), Arenaria pycnophylla 
Rohrb. (d'Orb. 441), A. andina Rohrb. (Mandon 954), A. Peyritschii Rohrb. 
(Schaffner 297, Heller 369), A. Peppigiana Rohrb. (Pepp. 1402 a), 
A. soratensis Rohrb. (Mandon 959), A. Jamesoniana Rohrb. (Jameson 140), 
A. Liebmanniana Rohrb. (Liebm. 77), Stellaria micrantha Spruce (Spr. 
6023, Fendl. 47, Mor. 1903), S. Wagneriana Rohrb., Cerastium soratense 
Rohrb. (Mandon 978). M. Garcke joint à ce dernier mémoire la description 
de l'Arenaria Rohrbachiana Garcke, n. sp., du Mexique. 


Die Cyperaceen des Koeniglichen Herbariums zu Ber- 


lim ; par M. Otto Bœckeler (Linnæa, nouv, série, t. 11, pp. 271-512, 
691-768; t. III, p. À et suiv.). 


M. Beckeler a continué dans le Zinnæa l'étude monographique de la fa- 
mille des Cypéracées dont nous avons déjà parlé (t. xvr, Revue, p. 169). 
Après avoir passé en revue le genre Cyperus, qui atteint le chiffre de 337 
espèces, il décrit celles des genres Anosporum Nees, Dulichium Rich. et 
Comostomum Nees, qui termine le groupe des Cypérées. Celui des Scirpées 
comprend les genres Æeleocharis R. Br. avec 76 espèces, Scirpus L. avec 
134, Ascolepis Nees, Fimbristylis Vahl emend. avec 53 espèces, Abil- 
gaardia Vahl, Ficinia Schrad. avec 40 espèces, Hemichlæna Schrad. , Acro- 
lepis Schrad., Eriophorum L. et Fuirena Roth. Vient ensuite la tribu des 
Hypolytrées de Nees, qui comprend les genres suivants : Lipocarpha R: Br., 
Platylepis Kunth, qui est à la fois brésilien et africain, Hypolytrum Rich. 
avec. 20 espèces, Diplasia Rich., Mapania Aubl., Pandanophyllum Hassk. , 
Chrysithriz L. part., Lepironia Rich. et Chorizandra R. Br. 

M. Beckeler s'est occupé spécialement des Cypéracées de l'Inde dans le 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 129 


Flora, 1870, n° 5; on lui doit encore une notice sur les Scirpus Michelia- 
nus L. et S. hamulosus Stev., qu'il considére comme des formes anomales, le 
premier du Cyperus pygmeus Rottb., et le second du C. aristatus Rottb. 
(Flora, 4871, p. 158). ; 

Le méme auteur a encore publié dans le Flora (1873, n° 6) la description 
de deux nouveaux genres de Cypéracées, Sphæropus et Lasiolepis. Ces 
genres appartiennent tous deux à la tribu des Sclériéóes, Le genre Sphæ- 
ropus ne contient qu'une espèce, S. pygmæus, de la Nouvelle-Hollande 
(Fr. Schultz pl. Austral. n. 260); le genre ZLasiolepis comprend plusieurs 
espèces : Z. brevifolia, de l'Inde orientale (Wight n. 2892 part.), Z. pilosa, 
de la Guyane francaise (de Jelsky in herb. Musei Warsoviani) et le Z. aqua- 
tica du méme pays. — Le Sphæropus est très-voisin du Diplacrum. Le 
Lasiolepis se distingue de tous les autres genres de la tribu par son inflores- 
cence (pedunculi numerosi in apice culmi fasciculato-conferti). Les deux genres 
nouveaux sont dioiques, tandis que jusqu'ici toutes les Sclériées connues étaient 
monoiques. 


Symbolæ ad floram Brasiliæ centralis cognoscendam, edit Eug. 
Warming, particula quinta. CYPERACEÆ. Exposuit Otto Beeckeler (extrait du 
Videnskabelige Meddelelser fra den naturhistoriske Forening i Kjoben- 
havn pour 1869); tirage à part en brochure in-8° de 35 pages. 


On sait que ces notes ont pour objet l'étude des collections recueillies au 
Brésil par MM. Lund et Warming. On y joint maintenant celle des beaux 
envois de M. Glaziou. Il se trouve encore dans ce fascicule quelques espèces 
nouvelles : Cyperus Glaziovianus, C. Warmingit, Heleocharis leucocarpa, 
H. chrysocarpa, Scirpus Warmingü, S. sphærocephalus, S. rufescens, 
S. subquadriflorus, S. spherolepis, Rhynchospora Warmingii, Rh. auri- 
culata, Rh. crassipes, Rh. Lundii, Rh. testacea, Scleria lagoensis, S. War- 
mingiana, S. acanthocarpa, Carex seticularis et C. polysticha. 


Be Muscorum Ceylanensium collectione ; scripsit Carolus 
Müller Hal. (Linnæa, nouv. série, t. 11, pp. 1-40). 


M. Nietner, qui habite Ceylan depuis plusieurs années, a envoyé à l'auteur 
une collection considérable de Mousses qui lui a fourni l'occasion de former un 
conspectus des Mousses jusqu'a présent recueillies dans cette ile, en profitant 
des matériaux:recueillis antérieurement par MM. Gardner, Thwaites, Maxwell 
et M"° Walker, et déjà consignés dans le mémoire de M. Mitten, intitulé 
Musci Indie orientalis et inséré dans le Journal of the Linnean Society. Les 
Mousses de Ceylan offrent, dit l'auteur, un caractère tropical trés- marqué. 
Leurs relations géographiques sont avec les Mousses du Khasia et des Nil- 
gherries, puis avec celles du Népaul et du Sikkim, et enfin avec celles de 
Java. 60 espéces environ sont jusqu'a présent spéciales à l'ile de Ceylan. 


130 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Müller énumère d'abord les 412 espèces à lui envoyées par M. Nietner, 
puis il décrit les nouveautés, assez nombreuses, qui appartiennent aux genres 
suivants: Hypnum (Tamariscella, Cuspidaria, Plumularia, Aptychus, 
Rigodium), Fabronia, Daltonia, Rhegmatodon, Neckera, Pilotrichum, 
Hypopterygium, Orthorrhynchum, Fissidens, Mnium, Dicranum, Cathari- 
nea, Bryum, Macromitrium et Zygodon. Le genre nouveau C'hionostomum 
a été établi par M. Müller pour le Neckera rostrata Griff. (Stereodon ros- 
tratus Mitt. ). 


Species Muscorum novas ex herbario Melbourneano 
Australiæ exposuit E. Hampe (Zinnæa, nouvelle série, t. II, 
pp. 513-526). 


Les espèces nouvelles décrites dans ces notes appartiennent aux genres 
suivants : Fucamptodon, Holomitrium, Dicranum, Rhodobryum, Bryum, 
Neckera, Fabronia, Dendrohypnum, Platyhypnum, Helicophyllum et 
Rhacopilum. 


On Dasylirion and Beaucarnea ; pr M. J.-G. Baker (The 
Journal of Botany, octobre 1872, pp. 296-299, 323-329). 


M. Baker continue toujours dans divers recueils les études de longue 
haleine qu'il a entreprises sur les Monocotylédones. Les espéces des deux 
genres monographiés par Jui dans ce mémoire sont les suivantes : 

1. DASYLIRION graminifolium Zucc. (D. texanum Schiede) : Lindheimer 
948, 559; Wr. 69h; Berl. 3218; Fendl. 70, 212, 419, 549. 

2. D. acrotrichum Zucc. (Roulinia Ad. Br., D. gracile Zucc., Bona- 
partea gracilis hort.). — Du Mexique. 

3. D. serratifolium Zucc. (D. glaucophyllum Wook. Bot. Mag. tab. 
5041).— Du Mexique. 

h. D. laxiflorum Bak. n. sp. — Du Mexique : Andrieux 68. 

5. BEAUCARNEA longifolia Bak. (Dasylirion auct., Roulinia Karwins- 
kyana Ad. Br.). — Du Mexique. 

6. B.recurvata Lem. — Du Mexique. 

7. B. stricta Lem. — Du Mexique. 

8. B. Bigelowii Bak. (Dasylirion Torrey). — De la Sonora et de la Cali- 
fornie. 

9. B. erumpens Bak. (Dasylirion Torrey). — Nouveau Mexique et Texas. 

10. B. Hookeri (Dasylirion Hartwegianum Hook. Bot. Mag. tab. 5099). 
— De Real del Monte au Mexique. 

11. B. Hartwegiana Bak. (Dasylirion Zucc., D. junceum Zucc. et Kunth, 
Cordyline longifolia. Benth., Roulinia longifolia Ad. Br., Beaucarnea 
gracilis Lem.) : Hartweg ^06; Lindheimer 550, 712; Wr. 692. 

12. B. Lindheimeiriana Bak. (Dasylirion Sch., D. tenuifolium Tor- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 134 


rey) : Lindh. 215, 297, 551, 552; Wr. 695. — Nouveau-Mexique et Sonora. 

13. B. parviflora Bak. (Cordyline HBK., Dasylirion Humboldtii Kunth, 
Roulinia Humboldtiana Ad. Br.). 

D’après le texte de M. Baker, il est permis de penser que, selon lui, le genre 
Hechtia appartiendrait aux Broméliacées. Il place le genre Beaucarnea parmi 
les Liliacées capsulaires. Ce genre a, dit-il, le périanthe des Nolina ou des 
Bulbinella ; les fleurs polygames rappellent celles des Asparagus et des Chryso- 
bactron ; le port arborescent rappelle les Yucca et les Aloë ; la capsule large- 
ment renflée-membraneuse fait penser à celle du Massonia, à laquelle cepen- 
dant il manque les trois ailes, tandis que l'articulation des pédicelles indique 
une affinité avec les Anthéricées. Une fois Ja situation du genre Beaucarnea 
admise, on ne peut guére faire autrement, dit M. Baker, que de regarder le 
Dasylirion comme une Liliacée anomale par son ovaire uniloculaire. 


A Review of the known species of Crocus ; par M. J.-G. 
Baker (Gardeners’ Chronicle, 1873, n°° ^, 6, 9, 13, 16, 18. 


M. Baker a déjà, on se le rappelle, étudié plusieurs genres de Monocoty- 
lédones, notamment les Narcissus et les Lilium. Il étudie dans ce mémoire 
l'histoire des Crocus, leur végétation, et enfin leurs types spécifiques. Il divise 
le genre en deux sections, les Crocus du printemps et ceux d'automne. Cha- 
cune des deux est partagée par lui en trois groupes paralléles auxquels il a 
donné des noms identiques : Æolostigma, Odontostigma, |Schizostigma. 
Voici les espèces étudiées par M. Baker avec la synonymie qu'il leur a imposée. 

4. C. chrysanthus Herbert Journ. hort. Soc. 11, 285 (C. croceus Koch in 
Linn. xix, 7; C. sulphureus Griseb. Fl. Rumel. 11, 313 non Ker). 

2. C. mosiacus Ker Bot. Mag. tab. 652 (C. luteus Lam. Enc. v1, 385; 
C. vernus Curt. Bot. Mag. tab. 45 ; C. floribundus Haw. in Hort. Trans. 
I, 133; C. lageniflorus var. luteus Herbert l. c.). 

3. C. garganicus Herb. l. c. (C. Thirkeanus Koch Linn. xxt, 633). 

h. C. susianus Ker Bot. Mag. tab. 652. (C. revolutus Haw. Hort. Trans. 
1, 136 ; C. reticulatus Bieb. ; C. Rœgnerianus Koch in Linn. xxt, 634). 

5. C. biflorus Mill. Gard. Dict, ed. 7, n° h (C. circumscissus Haw. Trans. 
hort. Soc. 1, 131). 

6. C. versicolor Gawl. Bot. Mag. tab. 1110 (C. fragrans Haw. Trans. 
hort. Soc. 1, 136). 

7. C. suaveolens Bert. Fl. ital. 1, 208. 

8. C. minimus DC. Fl. fr. ut, 253 (C. insularis Gay Bull, Fer. xv, 
221; C. corsicus Vanucci ; C. nanus DC. Syn. Gall. 168). 

9. C. banaticus Heuffel Flora 1835, p. 255 (C. Heuffelii Keernicke in 
Flora, 1826, p. 476; C. Heuffelianus Herbert Journ. hort. Soc. n, 273). 

40. C. vernus All. Ped. 1, 85. 

41. C. Sieberi Gay Bull. Féruss. 1831, p. 220 (C. nivalis Bory et Chaub. 


132 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Exp. Morée, p. 21, . 2, f. 1; C. Sieberianus Herb. Bot. Mag. tab. 3866; 
C. sublimis Herbert Bot. Reg., 1845, Misc. p. 8; C. Sibthorpianus Herb. 
Bot. Reg. A8h5, Misc. p. 28; C. atticus Orphan.). 

42. C. carpetanus Boiss. et Reut. Diagn. Pl. nov. Hisp. 2h. 

43. C. reticulatus Bieb. (C. variegatus Hoppe et Hornsch. in Sturm Ze. 
germ. tab. 54; C. micranthus Boiss. Diagn. ser. 2, vol. 1v, p. 95). 

A4. C. Olivieri J. Gay. l. c. (C. Aucheri Boiss. Diagn. xiu, p. 16). 

45. C. Suterianus Herb. Bot. Reg., 1855, Misc. p. 5 (C. chrysanthus 
Herb. Bot. Reg. 4847, tab. h, f. 1). 

16. C. aleppicus Baker (Haussknecht). 

47. C. aerius Herb. Journ. hort. Soc. 11, 288 (C. Sibthorpianus var. 
stauricus Herb. Bot. Reg. 1845, Misc. p. 5). 

18. C. Imperati Ten. Fl. neap. 11, h44 (C. Imperatontus Herb. Journ. 
hort. Soc. 11, 260). 

19. C. vitellinus Wahlenb. Isis, xx1, p. 106 (S. syriacus Boiss. et Gaill. 
in Boiss. Diagn. ser. Yt, vol. 4, p. 9h). 

20. C. syriacus Herb. Journ. hort. Soc. 1t, 282. 

91. C. Fleischeri J. Gay Bull. Féruss. 4831, p. 219 (C. Fleischerianus 
Herb. Journ. hort. Soc. 11, 278; C. smyrniensis Poech Enum. pl. ins. 
Cypri; C. candidus Boiss. Diagn. n° 43, p. 16; C. minimus var. major 
Presl Bot. Bemerk. 116). 

22. C. hyemalis Boiss. et Blanche Diagn. ser. 11, n° 4, 93. 

Le mémoire de M. Baker renferme en outre l'indication de beaucoup de 
variétés qui ont chacune leur synonymie spéciale. 


Untersuchungen über die Periodicität des Blutens der 
krautartigen Pflanzen und deren Ursachen (Recherches sur la périodicité 
de l'écoulement de séve chez les plantes herbacées et sur ses causes) ; pat 
M. J. Baranetzky (extrait des Abhandlungen der naturforschenden Gesell- 
schaft zu Halle, t. xu, 4"° livr.); tirage à part en brochure in-4° de 63 
pages, avec 6 planches. Halle, 1873. Paris, libr. Franck. — Prix : 8 fr. 


C'est M. Hofmeister (1) qui a reconnu le premier la généralité de l'écoule- 
ment de la séve chez les végétaux ligneux, et qui a trouvé que cet écoulement 
se répète suivant certaines lois, dont il n'est pas cependant arrivé à reconnaitre 
les causcs. Il a reconnu que cet écoulement est indépendant des oscillations de 
température et en général de causes extérieures à la plante. 

Depuis, M. Unger s'est occupé d'un autre phénoméne, la transpiration 
végétale, qu'il a regardé également comme périodique, ce qui est faux, d’après 
l'auteur. En méme temps on a cru trouver dans l'allongement des entre-nœuds 
une formation dont les phases présenteraient une périodicité indépendante 


(4) Flora, 1868. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 133 


aussi des agents extérieurs, mais M. Sachs a dû conclure (1) de ses recherches 
que cet allongement dépend exclusivement de la température et de la lumiere. 
Il ne reste donc d'autre phénomène « périodique et indépendant » que l'écou- 
lement de la séve. : 

Les expériences de l'auteur ont été faites à l'aide des ressources offertes par 
le laboratoire de M. Sachs. Il expose d'abord l'historique de la question, puis 
les méthodes qu'il a employées, enfin ses expériences et leurs résultats. 

Ces résultats sont contraires à l'idée que l'écoulement de la séve soit indé- 
pendant des circonstances extérieures. La périodicité de cet écoulement ne 
s'observe point chez les plantes élevées dans l'obscurité ; elle revét chez les 
plantes qui se développent le caractére diurne, mais elle se déplace naturelle- 
ment, si l'on varie les temps pendant lesquels la plante est éclairée, relativement 
à l'éclairage, et se montre ainsi parfaitement soumise à des conditions exté- 
rieures à la plante. S'il était possible, dit l'auteur, desoumettre une plante à 
un éclairage toujours constant et continu, il est probable qu'elle ne produirait 
aucun phénomène périodique, de méme que les plantes maintenues dans l'obs- 
curité. On peut donc, continue M.- Baranetzky, dire avec la plus grande pro- 
babilité que les plantes des régions polaires, qui passent une partie de l’année 
sous l'influence continue de la lumière (bien que d'une intensité quelque peu 
variable) n'offriraient à l'observateur que de faibles amplitudes dans les oscil- 
lations périodiques de leurs excrétions. 

Il suit de là que le mode de l'écoulement séveux, de sa périodicité, et la 
forme des courbes d'exhalation ne sont aucunement constants pour une espèce 
végétale donnée, mais qu'ils dépendent au contraire de la latitude, des con- 
ditions d'éclairage auxquelles la plante est soumise. L'auteur admet que ces 
conditions, ayant agi d'une manière constante pendant la jeunesse de la plante, 
impriment sur son organisation un cachet durable, et que la plante ágée, une 
fois soustraite à l'influence de ces conditions, en ressent encore l'effet, 
quoique d'une manière plus faible. 

L'auteur s'est encore occupé du mécanisme de l'excrétion végétale et de 
l'ascension de la séve, dont on attribue généralement la cause à la force endos- 
motique qui se développe dans les racines. D’après cette théorie, la tige ne 
remplirait aucune fonction propre; elle ne serait qu'un conducteur ; et les 
longs tronçons d'axe devraient montrer à leur sommet les mazima et les mi- 
aima d'excrétion plus tardivement que les tiges coupées un peu au-dessus du 
sol. Mais l'expérience a prononcé tout autrement. L'auteur reconnait d'ailleurs 
l'insuffisance de l'essai qu'il a tenté. Un autre fait semble lui prouver l'activité 
du rôle joué par la tige dans l'ascension de la séve. Il a fait des observations 
au jardin botanique de Leipsick sur l'écoulement de la séve des Érables (2), 


(4) Voyez plus haut, p. 227. 
(2) Voyez l'analyse d'un mémoire important de M. Schroeder (Revue, t. XVII, p, 226). 


134 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


et il en a coupé des troncons de tige, dont la surface inférieure avait. été pré- 
servée contre l'évaporation, et l'extrémité supérieure décortiquée. Ces rarneaux, 
séparés de la racine, ont commencé à pleurer huit jours aprés le commence- 
ment de l'expérience, et ont continué de le faire pendant trois semaines, pen- 
dant un faible temps chaque jour. 


Platylome bellum, n. sp.; par M. Tb. Moore (Gardeners’ Chronicle, 

1873, n° 7). 

Cette espèce est originaire de Californie. Elle a quelque affinité avec le P/a- 
tyloma mucronatum et le P. ornithopus, mais elle diffère de la première par 
les frondes beaucoup plus étroites, les pinnules plus rapprochées, et de la 
seconde par les frondes étroites et moins composées. Mais son affinité la plus 
étroite la rapproche du P. brachypterum ; elle est cependant plus grêle, avec 
les pinnules plus nombreuses et plus étroites. 


Bes régions botaniques de l'Hérault, avec une appréciatior. 
préliminaire des causes qui nous privent, depuis un siécle, d'une flore de 
Montpellier ; par M. Henri Loret (extrait de la Æevue des sciences natu- 
relles) ; tirage à part en brochure in-8? de 22 pages. 


Ce mémoire est daté de Montpellier, 27 janvier 1873. Aprés avoir exposé 
comment il a été amené, il y a bientót dix ans, à concevoir le plan d'uue (lore 
de l'Hérault, M. Loret expose les caractères orographiques de ce beau dépar- 
tement, qu'il divise en trois régions botaniques trés-naturelles. Ce sont : 
4° la région littorale, qui se subdivise en deux sections : A. cordon littoral ; 
B. étangs marins, vases et terrains salés ; 2? région de l'Olivier (plaine, gar- 
rigues et basses collines) ; 3° région montagneuse. M. Loret donne la liste des 
plantes spéciales appartenant à chacune de ces régions et de ces sous-régions. 

En additionnant ces listes, il arrive au total de 993 espèces, ce qui fait à 
peu près, selon l'auteur, la moitié des espèces dont se compose la flore de l'Hé- 
rault, qui ne doit pas dépasser 2000 espéces. 

M. Loret compare successivement la flore de l'Hérault, quant au nombre 
de ses espèces, à celle d'autres régions de la France, la Normandie, les envi- 
rons de Paris, le Gard, le Tarn et les Alpes maritimes. 


Die Farne der Samoa-Inseln. Ein Verzeichniss der bis jetzt von 
der Schiffer-Inseln bekannten Gefásscryptogamen, nebst allgemeinen Bemer- 
kungen über die Systematik dieser Pflanzen-Gruppe (Les Fougères des îles 
Samoa, énumération des C ryptogames vasculaires connus jusqu'ici dans 
les iles des Navigateurs, avec quelques remarques générales sur la classifi- 
cation de ce groupe de végétaux); par M. Chr. Luerssen (Mittheilungen 
aus dem Gesammtgebiete der Botanik, t. 1, pp. 355-415). 

Après avoir terminé les Filices Græffeanæ (1), qui comprenaient l'énumé- 
(4) Voyez plus haut, page 20. 


REVUE DIBLIOGRAPHIQUE. 135 


ration des Fougeres des Samoa, M. Luerssen a regu des documents nou- 
veaux et fort importants sur les Fougères des Samoa, rapportés par M. Græffe 
au retour de ses voyages. Ces matériaux ont imis l'auteur en état de tracer un 
supplément important à son premier mémoire. La flore des Samoa, qui com- 
prenait 142 Cryptogames vasculaires, en comprend maintenant 151, avec des 
additions importantes de localités. M. Luerssen a profité de l’occasion pour 
faire de nouvelles remarques sur plusieurs Fougères critiques de la Polynésie, 
notamment sur plusieurs des espéces décrites par M. Brackenridge. Il a en 
outre édité de nouveau ses idées sur la classification des Cryptogames vascu - 
laires, idées que nous avons déjà fait connaitre à nos lecteurs (1), et qu'il a 
en partie empruntées à M. J. Sachs (Zehrb. der Bot., 2° édit., p. 324). Rela- 
tivement à la classification des Filzces proprement dites, il croit que le genre 
Loxsoma, dont la structure a été diversement appréciée, a un anneau oblique 
incomplet, et forme la transition des Hyménophyllées aux ordres suivants. 
Dans un appendice terminal, il présente quelques observations sur les opinions 
émises par M. Russow, dans le mémoire dont nous venons de rendre compte 
page 91. 


Sur les Palmiers de la Nouvelle-Calédonie ; par M. Ad. 
Bronguiart (Comptes rendus, séance du 6 octobre 1873). 


M. Brongniart a fait une étude générale des Palmiers de la Nouvelle-Calé- 
donie, en utilisant les matériaux récemment apportés par M. Balansa. Ces maté- 
riaux portent à dix-huit le nombre des Palmiers indigènes de la Nouvelle-Calé- 
donie, sans y comprendre le Cocotier, qui parait y avoir été introduit et qui est 
surtout répandu sur les côtes de cette ile et cultivé par les Kanaks. Ces dix-huit 
Palmiers sont rangés par M. Brongniart en trois groupes distincts, dont l'un 
rentre dans le genre Ken£?a, tel qu'il a été défini par Blume; il contient trois 
espèces. Les deux autres groupes, qui appartiennent comme les Æentia aux 
Arécinées dont les graines ont un albumen corné non ruminé, s'en distinguent 
cependant, soit par leurs fleurs mâles, soit par quelques points de l'organisation 
de leur fruit. L'auteur sépare d'abord, sous le nom de Kenttopsis, trois espèces 
dont les fleurs mâles renferment des étamines nombreuses (de 20 à 50) réunies 
au centre de la fleur, sans qu'on puisse y reconnaitre de disposition symé- 
trique; leur fruit, souvent assez volumineux, est droit et régulier comme 
celui des vrais Kentia. Les douze autres espèces forment le troisième groupe 
auquel l'auteur donne le nom de Cyphokentía, à cause du développement 
de la loge fertile du fruit qui forme une sorte de bosse latérale, déterminant 
la position latérale et quelquefois presque basilaire des stigmates persistants ; 
toutes ces espèces, à l'exception d'une seule, ont six étamines, comme les 
Kentia ; celle qui fait exception en présente douze, disposées régulièrement 
sur un seul rang. 


(4) Voyez plus haut, page 25. 


136 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Brongniart fait fremarquer que ce qui doit frapper au point de vue 
géographique, c'est de voir ce nombre considérable d'espéces appartenir 
exclusivement à un groupe spécial, celui des Kentiées, et aucun des autres 
genres si répandus dans les iles de la Malaisie et de l'Océanie ne se présenter 
ici : nouvel exemple de la nature souvent si particulière de la flore néo-calé- 
donienne. 


Note sur l'eau distillée de Laurier-eerise; par M. Léger 
(Répertoire de pharmacie, nouvelle série, t. I**, n° 10, 25 mai 1873). 


Quand on distille les feuilles de Laurier-cerise avec de l'eau, on ne fait 
que séparer des produits élaborés pendant la végétation. Des opinions diffé- 
rentes avaient été soutenues sur les quantités relatives d'acide prussique four- 
nies par le Laurier-cerise à différentes époques de l'année. M. Léger a 
distillé chaque mois un méme poids de Laurier-cerise (1 kil.) avec quantité 
suffisante d'eau, pour obtenir 1550 grammes de produit, comme l'indique le 
Codex. Ces divers hydrolats ont été titrés immédiatement au point de vue de 
la quantité d'acide prussique qu'ils renfermaient. La richesse en acide croit 
de janvier à la fin de mars. A la fin d'avril, le chiffre de l'acide est tombé de 
100 à 76 dans les feuilles, mais les jeunes bourgeons ont donné un hydrolat 
titrant 100 milligrammes. L'auteur admet que les feuilles anciennes auraient 
cédé une partie deleur acide aux nouvelles. En mai, le titre de l'acide baisse 
encore dans les feuilles anciennes et monte au contraire dans les jeunes 
feuilles à demi-développées. La progression totale croit encore en juillet, et 
décroit ensuite de juilletà décembre. Toutes ces expériences, qui n'intéres- 
sent pas seulement le botaniste, montrent une fois de plus combien l'eau de 
de Laurier-cerise est une préparation dangereuse, puisque son action varie 
selon les époques de l'année et selon les feuilles avec lesquelles elle a été pré- 
parée. 1l est vrai que le Codex exige le titre unique de 50 milligrammes d'a- 
cide. Mais l'eau distillée de Laurier-cerise ne contient pas seulement de 
l'acide prussique ; elle renferme aussi en proportions trés-variables une huile 
volatile dont le Codex ne tient pas compte, et qui est cependant une substance 
vénéneuse d'une grande énergie; il serait indispensable d'en connaitre la 
proportion. D'ailleurs l'hydrolat titré perd presque toujours peu à peu une 
partie de son acide ; mais il en renferme toujours au moins 0,050 pour 100. 


Étude botanique sur la Kabylic du Jurjura , avec cata- 


logue ; par M. A. Letourneux. In-8° de 90 pages. Paris, Impr. nationale, 
1871. 


Ce mémoire est extrait del'ouvrage : Za Kabylie, publié par MM. A. Hano- 
teau et A. Letourneux. Ce dernier auteur y indique d'abord les explorations 
faites dans la Kabylie du Jurjura par les botanistes, à partir de Desfontaines, et 
dont la première qui ait été faite avec le caractère sérieux des explorations 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 137 


scientifiques, est due à MM. Cosson et H. de la Perraudiére, qui y a trouvé 
son tombeau quelques années plus tard (1). M. Letourneux, magistrat à Bone 
d'abord, aujourd'hui à Alger, a enrichi lui-méme la flore de la Kabylie d'un 
assez grand nombre de découvertes. 

Cette contrée, plus étendue et plus peuplée que la plupart de nos départe- 
ments, baignée par la mer, traversée par une chaine de montagnes trés- 
élevée à laquelle viennent s'arc-bouter de nombreux contre-forts, arrosée 
par trois fleuves torrentueux, l'Isser, le Sebaou et l'Oued-Sahel, pré- 
sente quatre régions différentes d'aspect et de végétation, indépendamment 
de la zone maritime. Ces régions sont : 1? les plaines; 2? les contreforts ; 
3° les forêts de Chénes; 4° le Jurjura. M. Letourneux indique successi- 
vement les caracteres de la végétation de ces diverses zones, et il fait res- 
sortir les plantes qui sont spéciales en Kabylie, celles qui trouvent dans 
ce pays leur seule localité algérienne, celles qui sont communes à la Kabylie 
et à d'autres points de notre colonie. La flore du Jurjura consacre d'une 
manière éclatante la grande loi de la compensation de la latitude par l'alti- 
tude. Ainsi les espèces qui, dans le nord ou le centre de la France, sont des 
plantes de plaine, ne descendent guére, en Kabylie, au-dessous de 800 ou 
de 1000 mètres. Quelques-unes méme exigent une altitude plus grande : 
Carex flava, Trifolium ochroleucum, Chelidonium majus, Sedum acre et 
Primula grandiflora. Les végétaux des collines du centre de la France occu- 
pent un étage supérieur, et se mélent avec les espéces des montagnes du 
midi. Les végétaux d'Italie exigent une moindre différence ; il en est de méme 
des plantes de l'Asie Mineure, de la Grèce et de l'Espagne. Il est à remarquer 
que cette loi ne se vérifie pas toujours pour l'Algérie elle-méme : un grand 
nombre des espèces de la zone moyenne du Jurjura et quelques-unes de la 
zone supérieure reparaissent sur les hauts plateaux à une altitude bien moins 
considérable sous une latitude plus méridionale. Somme toute, le caractere de 
la flore, dans la Kabylie du Jurjura, est complétement méditerranéen. Le 
centre hispanique et le centre alpin y sont représentés largement, ainsi qu'on 
devait s'y attendre ; le centre caucasique y fait surtout sentir son influence par 
la présence du Quercus castaneifolia, qui donne aux grandes forêts leur 
cachet spécial. Ce bel arbre est, avec le Cèdre, qui s'étend du Maroc au Liban, 
le trait d'union entre l'Afrique et l'Asie. 

Le catalogue des plantes phanérogames de la Kabylie jurjurienne, qui suit 
ces considérations géographiques, a été dressé avec le concours de M. Cosson ; 
toutes ces plantes ont été scrupuleusement déterminées par lui, à l'exception 
d'espéces peu nombreuses indiquées par M. Letourneux. Une seconde partie, 
intitulée Cryptogamie, renferme des indications encore incomplétes, de l'aveu 
de l'auteur, sur les Muscinées de la Kabylie. 


(4) Voyez dans le Bulletin, t. vin, p. 991, la notice de M, Cosson sur la vie et les 
voyages de Henri de la Perraudière, 
T- XX, (REVUE) 40 


138 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Apereu phytostatique sur le département de la Haute- 

“ Saône, suivi d'un Catalogue des plantes vasculaires et des Mousses ; par 
M. F. Renauld, avec la collaboration de feu D. Laloy pour le catalogue des 
Phanérogames. In-8? de 398 pages. Paris, F. Savy, 1873. 


L'auteur présente d'abord des considérations générales sur la végétation du 
département de la Haute-Saóne, formé, comme on sait, de deux zones géolo- 
giques bien distinctes, l'une vosgienne, l'autre jurassique, entre lesquelles 
une baude de terrains triasiques, très-étroite à l'Est, qui s'élargit en Lorraine. 
Cette zone triasique sera appelée sous-vosgienne. M. Renauld expose avec de 
grands détails les caractéres de végétation de ces différentes zones et de leurs 
subdivisions. Vient ensuite un tableau comparatif des régions botaniques et 
culturales, puis le Catalogue des plantes signalées jusqu'à ce jour dans le 
département et pour lequel nos confréres MM. Vendrely, Paillotet l'abbé Bou- 
` lay ont fourni de nombreuses indications. L'altitude des localités est soigneu- 
sement indiquée, ainsi que la station géologique. Le catalogue, qui comprend 

es Phanérogames et les Cryptogames vasculaires, est suivi d'un catalogue 
étendu et spécial de Muscinées (1). Un appendice est relatif aux espèces cal- 
caréophiles disséminées sur les terrains vosgiens et à divers autres détails, 

Le livre se termine enfin par une étude relative à l'influence des propriétés 
physiques du sol sur la distribution des plantes, dans laquelle l'auteur a résumé 
les théories de M. Thurmann, en les appliquant spécialement à la végétation et 
aux terrains de la Haute-Saóne. 


Plantæ movze quas æstate anni 1872 per Hercegovinam et Montenegro 
collexit et descripsit J. Pantocsek ( Oesterreichische botanische Zeitschrift, 
septembre 1873). 


12. Tulipa Grisebachiana Pant. , a T. silvestri discernenda presertim flore 
minore citrino nunquam virescente, et perigonii foliolis omnibus basi et apice 
barbatis. — 13. Chrysanthemum larvatum Griseb., ab Anthemide carpa- 
fica W. propter characterem genericum distincta. — 14. Hieracium gymno- 
cephalum Griseb., ab affine H. taygeteo Boiss. foliis et conformi involucro 
pedicellisque calvis distinctum. — 15. Viburnum maculatum Pant. , ab aflini 
V. Lantana et ejus var. V. discolor Huter valde distincta foliis supra nigro- 
maculatis subtus niveo-holosericeis..... — 18. Scutellaria pauciflora Pant. , 
a S. galericulata L. sat distincta caule minori floribusque solitariis. — 
19. Pantocsekia illyrica Griseb. (nov. gen. Gonvolvulacearum, nisi monstruosi- 
tate deformatum. — 20. Scrofularia Pantocsekii Griseb., caule obtusangulo, 


(4) M. Boulay a bien voulu vérifier la détermination de celles de ces Mousses qui 
n'avaient pas été soumises à l'examen de M. Schimper. Les types de ces Cryptogames 


vont d'ailleurs être publiés par fascicules de cinquante espèces dans le Flora Sequaniæ 
exsiccata de MM. Vendrely et Paillot. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 439 


foliis duplicato-inciso-dentatis.— 21. Bunium tenuisectum Griseb., a B. mon- 
tano Koch diversum segmentis extimis foliorum angustioribus, brevioribus et 
involucro majori 5-6 phyllo. — 22. B. arcuatum Griseb., a B. alpino Griseb. 
diversum radiis umbellæ longioribus demum divaricatis et fructu duplo bre- 
viore. — 23. Arabis crepidipoda Griseb., proxima A. Pseudoturritis Boiss. , 
sed radice perenni et pedicellis calyce duplo longioribus discrepans. — 24. 
Thlaspi cuneifolium Griseb., proximum 7. bulboso Sprun., habitus 7°. mon- 
tani et T. ochroleuci, quod sub anthesin valde simile calyce alboviridi (qui in 
T. cuneifolio rubrocinctus) et petalis paulo latioribus recedit. 


Check-list of the Ferns of North-America north of 
Mexico; par M. John Robinson. Salem (Massachusetts), avril 1873. 


Cette liste a été publiée sous deux formats, d'abord sur une feuille mince 
susceptible d'étre mise à la poste, pour faciliter l'indication des desiderata 
entre botanistes ; ensuite en in-8° ordinaire, avec l'indication des noms 
anglais, et sans impression aucune sur le verso, ce qui permet de couper les 
noms spécifiques imprimés, afin de s'en servir comme étiquette. Les espèces 
admises sont au nombre de 126. Il faut y ajouter l'Aspidium unitum Mett., 
constaté récemment dans la Floride d’après M. Eaton, qui regarde comme pro- 
bable que l'on trouvera encore quelques espèces de Fougères des Antilles dans 
la Floride, du Mexique dans l'Arizona, et quelques espèces nouvelles dans la 
Californie et le long des Cordillères. 


Traité de botanique conforme à l'état présent de la science; par 
M. J. Sachs. Traduit sur la 3* édition allemande et annoté par M. Ph. Van 
Tieghem. Un volume in-8? de 1120 pages, avec 500 gravures dans le texte. 
Paris, F. Savy. — Prix : 20 fr. 


Ce livre paraîtra en sept fascicules de dix feuilles environ chacun. Trois 
fascicules seulement ont paru ; mais cela suffit parfaitement pour juger de l'im- 
portance de cette publication. Le traité de botanique de M. Sachs, maintenu 
au courant de la science par trois éditions successives dont la dernière est 
toute récente (1), fait justement autorité en Allemagne, surtout pour certaines 
questions d'histologie et de physiologie qui sont particulièrement, depuis quel- 
ques années, étudiées à Wurzbourg, à Heidelberg et à Munich. En le tradui- 
sant, M. Van Tieghem y a ajouté quelques notes bibliographiques utiles, et il 
a résumé aussi, dans des observations placées en bas de page, ses récentes 
recherches d'anatomie végétale, publiées depuis quelques années daus les 
Annales des sciences naturelles. Il a pu méme intercaler dans ce résumé des 
gravures qui en facilitent l'intelligence et qui en augmentent l'intérét. Nous 


(4) Si récente que l'aleurone y est décrite d'aprés les observations de M. Pfeffer, qui 
ont paru depuis dans les Annales de M. Pringsheim en 1872. 


140 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 
avertirons nos lecteurs de l'achèvement de cette publication, qu'ils tiendront 
sans doute à placer dans leur bibliothèque. 


Histoire des plantes: par M. H. Baillon. T. 1v, in-8° de 520 pages, 
avec 515 figures dessinées par Faguet. Paris, Hachette et Cie, 1873. — 
Prix : 25 fr. : 

Nous en sommes resté, dans l'analyse de l Histoire des plantes (4), à la 
famille des Urticées, et à ses rapports avec les Nyctaginées, qui commencent 
le quatrième volume. Celles-ci ont le gynécée unicarpellé commeles Urticées, et 
se séparent par là des Polvgonées, des Chénopodiacées, des Plumbaginées et des 
Cannabinées. D'autre part, l'ovule des Nyctaginées est réfléchi et non ortho- 
trope, ce qui les distingue des familles étudiées à la fin du volume précédent. 
Quant à leurs rapports avec les Phytolaccacées qui les suivent, les Nyctaginées 
ont le gynécée unicarpellé des Rivina. Les Phytolaccacées ont également 
un albumen farineux, enveloppé par l'embryon (2); et elles ne se distinguent 
que par l'organisation de leur périanthe, lequel n'a pas une portion inférieure 
persistante, épaissie, durcie pour former autour du fruit une sorte de péri- 
carpe supplémentaire, en forme de sac presque complétement clos au sommet. 
Ce caractere ne manque jamais dans les Nyctaginacées, non plus que l'organi- 
sation susdite du gynécée et la direction constante de l'ovule unique. 

Les Phytolaccacées sont partagées par l'auteur en six séries, celle des 
Phytolacca, celle des Barbeuia, celle des Agdestis, celle des Rivina, celle 
des Zheligonum et celle des Gyrostemon. Cette famille varie, dans l'organi- 
sation de son ovaire, qui est infere dans l'Agdestis Moc. et Sessé, et de son 
androcée, qui peut être indéfini; mais toujours elle a le gynécée unicarpellé 
et la placentation presque basilaire. On l'a comparée, par l'intermédiaire 
du Limeum et des Giseckia, aux Portulacées, Molluginées et Mésembrian- 
thémées, qui s'en distinguent aussi par leur gynécée pluricarpellé et par leur 
mode de placentation. 

A l'autre extrémité de la famille, dit M. Baillon, les Phytolacca et les Gy- 
rostemon, avec leur gynécée qui représente un verticille de nombreux car- 
pelles, relient intimement les Phytolaccacées aux Malvacées. Il reconnait bien 
que celles-ci se distinguent par l'organisation deleur périanthe souvent double, 
de leur androcée, de leur fruit, de leur graine et de leur embryon. Cependant 
il fait suivre immédiatement la monographie des Phytolaccacées de celle des 
Malvacées, dans laquelle il réunit plusieurs séries. 

Ces séries ou tribus sont au nombre de douze : Sterculiées, Hélictérées, 
Dombeyées, Chiranthodendrées, Hermanniées, Buettnériées, Lasiopétalées, 
Malvées, Malopées, Urénées, Hibiscées et Bombacées. Ces diverses tribus 
renferment ensemble 88 genres. 


(1) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 192. 
(2) C'est là, on le sait, le caractère qui porte à réunir ces plantes aux Chénopodiacées, 
Paronychiées, Caryophyllées, etc., pour former la classe des Cyclospermées. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 141 


Les Tiliacées, qui suivent, renferment les séries suivantes : Brownlowiées, 
Tiliées, Prockiées et Eléocarpées. Toutes ont des caractères communs dont les 
principaux servent à distinguer (quoique un peu artificiellement) les Tiliacées 
des familles les plus voisines ; c'est-à-dire des Malvacées, des Diptérocarpées, 
des Chlénacées, des Bixacées et des Ternstroemiacées. Il est trop absolu, sans 
doute, mais il est fréquemment exact de dire que les Tiliacées différent des 
Malvacées : par leurs étamines le plus souvent libres ou à peine monadelphes 
ou polyadelphes à la base, et par leurs ovules descendants à raphé ventral. Il 
est vrai, dans les mémes limites à peu prés, queles Bixacées et les Samydées, 
trés-analogues aux Tiliacées, s'en séparent par leur placentation pariétale. La 
préfloraison du calice suffit aussi presque toujours à distinguer les Tiliacées 
des Diptérocarpacées, où elle est imbriquée ordinairement, et des Chlénacées, 
qui sont caractérisées par cette sorte de disque en forme d'enceinte circulaire, 
en dedans de laquelle s’insèrent les étamines, et par l'involucre dont leurs 
fleurs sont entourées. Les Ternstræmiacées, à peine séparables des Tiliacées, 
ont également un calice à préfloraison imbriquée. 

Les Diptérocarpées sont trés-voisines des Tiliacées et des Ternstreemiacées, 
à part deux types exceptionnels affines eux-mémes, l'Ancistrocladus Wall., 
qui se rapproche à la fois des Hugoniées, des Symplocées, des Gyrocarpées et 
des Combrétacées ; et le Zophira, qui rappelle à certains égards les Clusiacées 
et les Hypéricacées à ovaire uniloculaire. . 

La petite famille des Chlénacées a fourni à M. Baillon l'occasion (1) d'en 
décrire un genre nouveau qui n'est encore connu que par son fruit, et une 
espece fort différente des autres par son port et son feuillage, qui rappellent 
beaucoup ceux de plusieurs Malvacées, notamment des Hermanniées. Ceci ne 
fait que confirmer ce qu'on savait des étroites affinités des Chlénacées et des 
Malvacées à anthéres biloculaires. Seulement, les étamines des Chlénacées ne 
sont pas monadelphes de la méme facon que celles d'un grand nombre de 
Malvacées. Leurs filets ne sont pas unis entre eux par leur base en une sorte 
de tube, mais ils s'insérent sur la surface intérieure et près de la base d'un 
disque circulaire. Les Tiliacées ont aussi beaucoup d'analogies avec les Chlé- 
nacées; mais ces dernières ont le calice imbriqué, comme les Ternstreemiacées 
et les Diptérocarpacées, qui en sont aussi trés-voisines. Les Chlénacées se 
distinguent de toutes par le type trimère de leur calice ; par leurs stipules, 
leur disque et les caractères de leurs graines. 

Les Ternstreemiacées comprennent dans la monographie de M. Baillon les 
sept tribus ou séries suivantes : Théées, Ternstreemiées, Sauraujées, Bonné- 
tiées, Pellicériées, Marcgraviées et Caryocaryées. Dans les Ternstræmiacées, 
on voit d’un genre à l'autre la corolle gamopétale ou polvpétale, les étamines 
en nombre défini ou indéfini, hypogynes ou périgvnes, le fruit sec ou charnu, 


(4) Adansonia, x, 177 et 234. 


4^2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


les graines avec ou sans albumen, les feuilles alternes ou opposées, avec ou 
sans stipules. Pour tous les auteurs, ces plantes sont extrémement rapprochées 
des Tiliacées ; elles s'en distinguent surtout par la préfloraison du calice, qui, 
toujours imbriquée dans les Ternstræmiacées, est ordinairement valvaire dans 
les Tiliacées. Les Diptérocarpées et les Chlénacées sont aussi trés- intimement 
liées aux Ternstreemiacées. Les Ternstreemiacées à feuilles opposées sont aussi 
trés-difficiles à séparer par des caractères absolus des Hypéricacées et des Clu- 
siacées ; et elles présentent aussi des affinités incontestables, quoique plus éloi- 
gnées, avec certaines Sapotacées et Éricacées. Par les Actinidia, extrêmement 
analogues aux Saurauja, elles tiennent aux Dilléniacées de la série des Dil- 
léniées ; et il y a quelques Ochnacées de la série des Luxemburgiées qui, 
rangées quelquefois parmi les Ternstreemiacées, se confondent avec elles par 
leur port, leur feuillage, leur inflorescence, et ne sauraient en étre distin- 
guées, si l'on n'avait recours à l'observation de leurs stipules assez développées, 
de leur ovaire plus ou moins oblique, et des caractéres présentés par l'inser- 
tion du style, l’organisation!des anthères et la direction des ovules. 

Les Bixacées, dont M. Baillon a considérablement élargi le cercle, compren- 
nent dans l Histoire des plantes les séries suivantes : Flacourtiées, Samydées, 
Lacistémées, Calanticées, Homaliées, Pangiées, Papayées, Turnérées et Go- 
chlostémées. Les caractéres communs à ce large ensemble de groupes sont 
peu nombreux ; on ne peut citer comme constants, ou à peu prés, que la con- 
sistance ligneuse des tiges, la placentation pariétale, le nombre non défini des 
ovules et la présence d'un albumen charnu. Par là les Bixacées se rapprochent 
singulièrement des Tiliacées et des Ternstræmiacées, dont les loges ovariennes 
sont loin d’être constamment complètes ; et comme la préfloraison de leur 
calice est variable, on peut dire qu'elles représentent à la fois la forme à pla- 
centation pariétale des Tiliacées, quand leur calice est valvaire, et des Terns- 
trœmiacées, quand il est imbriqué. En méme temps les séries à ovaire libre 
ont des points de contact nombreux avec les Cistacées, trés-voisines des 
Cochlospermées et des Turnérées. Les Violacées à fleurs régulières ne se dis- 
tinguent des Bixacées à fleurs oligames que par l'insertion des étamines dans 
les types périgynes, ou par la disposition des pièces de l'androcée dans les 
types à insertion hypogynique. Quelques Capparidacées, analogues aux 
Bixacées, s'en séparent nettement par leurs graines dépourvues d'albumen. 
Enfin les Cochlospermées et les Turnérées semblent étre des formes à placen- 
tation pariétale des? Wormia et des Acrotrema ; et, par l'union de leurs car- 
pelles, étre à ces derniers ce que les Cistacées sont aux Hibbertiées, les Mono- 
dorées aux Anonacées, les Papavéracées aux Renonculacées, les Nymphéées 
aux Nélumbées et Cabombées, et les Berberidopsis aux autres Berbéri- 
dacées. 

Les Cistacées suivent les Bixacées. Il y a de grandes affinités, dit M. Bail- 
lon, entre les Cistacées et les Dilléniacées, bien que leur mode d'insertion et 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 143 


l'insertion des ovules soient fort différents dans chacun de ces deux groupes. 
Les Cistacées ont été placées par la plupart des auteurs au voisinage des Cap- 
paridées, des Résédacées et des Bixacées. On ne peut les distinguer absolu- 
ment par la présence d'un albumen de toutes les Capparidacées, puisque 
certaines de celles-ci en sont également pourvues. Mais dans les Cistacées cet 
albumen est farineux ou presque cartilagineux. L'orthotropie des graines et la 
courbure bien plus prononcée de l'embryon a servi d'ailleurs à distinguer les 
Cistes des Bixacées. Les Violacées, trés-voisines des Cistacées, ont ou des fleurs 
irrégulières, ou, dans le cas de régularité de la corolle, un nombre défini 
d'étamines et des ovules ou des graines d'un tout autre caractère. Les Canel- 
lées poly pétales ont presque l'organisation des Cistacées, quant au périanthe et 
à la placentation ; mais leurs étamines monadelphes, leur fruit charnu et leurs 
graines anatropes sont totalement différents. Il y a encore des ressemblances 
analogues entre les Luxemburgiées et les Cistacées, mais les premiéres ont un 
feuillage caractéristique, un gynécée excentrique et aussi des ovules anatropes. 
On pourrait dire, en somme, que les Cistacées, forme syncarpée des Dillénia- 
cées (?), sont intermédiaires d'autre part aux Bixacées et aux Violacées. Les 
Turnérées, que l'auteur a incluses dans les Bixacées, sont aussi trés-analogues 
aux Cistacées par leur corolle, leur mode de placentation, leur fruit capsulaire ; 
elles s'en distinguent surtout par e nombre défini de leurs étamines et sou- 
vent aussi, mais non constamment, par le mode d'insertion de ces dernières. 

Les Violacées sont partagées par M. Baillon en trois séries : Paypayrolées, 
Violées et Sauvagésiées. Par cette dernière série, les Violacées se rattachent 
intimement aux Ochnacées dela série des Luxemburgiées. Les Cistacées dif- 
ferent des Violacées régulières par la forme de leur embryon et par la direction 
fréquente de la radicule par rapport au micropyle. 

Les Ochnacées comprennent trois séries : Ouratéées, Euthémidées et Luxem- 
burgiées. Les traits principaux d'organisation des Ochnacées leur donnent la 
plus grande analogie avec les Rutacées, dont on pourrait à la rigueur les con- 
sidérer comme une simple tribu. Certaines Hypéricacées ont des analogies ap- 
parentes avec les Ochnacées; mais leurs feuilles sont opposées et odorantes. 
Peut-être les Dilléniacées, quant à leurs genres qui ont des pétales jaunes, 
imbriqués, des carpelles indépendants et des fruits charnus, sont-elles plus 
étroitement liées qu'on ne le dit aux Ochnacées. Le C'rossosoma semble aussi 
se rapprocher beaucoup des Ochnacées à carpelles indépendants et de certaines 
Simarubées, Mais dans les cas où ces grandes analogies se présentent, les Dil- 
léniacées ont des feuilles différentes de celles des Ochnacées, des graines 
arillées, et un petit embryon situé versle sommet d'un abondant albumen 
charnu. Les Ternstræmiacées et les Sauvagésiées ne se séparent des Ochna- 
cées que par des caractères peu considérables. On peut admettre jusqu'à un 
certain point que les Ochnées représentent une forme régulière, à carpelles 
indépendants, des Violacées arborescentes. Les Cistacées ligneuses, si voisines 


144 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


des Violacées, affectent aussi pour la méme raison quelques affinités avec les 
Ochnacées. 

Les Rutacées terminent le volume que nous analysons. M. Baillon en a 
considérablement élargi le cadre. Il y renferme en effet les séries suivantes : 
Rutées, Cuspariées, Diosmées, Boroniées, Zanthoxvlées, Amyridées, Auran- 
tiées, Balanitées, Quassiées, Cnéorées, Zygophyllées, Nitrariées, Coriariées et 
Surianées. Dans ce groupement considérable, qui comprend cent vingt genres, 
tantôt il y a des stipules, tantôt il n'y en a pas; les feuilles sont tantôt amères, 
tantôt glanduleuses-pellucides ; les fleurs soit hermaphrodites, soit diclines ; 
la forme du réceptacle varie ainsi que l'iasertion, le nombre des parties du 
périanthe, leur préfloraison, le nombre des étamines, les filets staminaux sont 
libres ou réunis, les carpelles unis ou indépendants, les ovules plus ou moins 
anatropes, l'albumen est présent ou nul, l'embryon rectiligne ou courbe. 

Les affinités d'un tel groupe doivent étre multiples. Par les Zygophyllées, il 
est d'abord trés-voisin des Géraniacées. Les Biebersteiniées, que l'on rap- 
proche actuellement des Géraniacées, sont, d'autre part, extrêmement voisines 
des Surianées ; en méme temps, par les Suriana, les Rutacées sont fort rap- 
prochées des Ochnacées, qui sont à peine séparables des Quassiées et des 
Zanthoxylées. Il faut aller chercher bien plus loin encore un allié des Quassiées 
dans le genre Crossosoma, qui est une Renonculacée anomale, mais qui a 
le périanthe, les carpelles libres, l'amertume d'une Quassiée, dont on ne le 
différencie que par ses étamines eu nombre indéfini et par ses graines arillées ; 
et dans le genre Rigiostachys, qui se rapproche à la fois des Ochnacées, des 
Connaracées, des Surianées et des Rosacées, auxquelles il est peut-être préfé- 
rable de l'associer. La séparation des Rutacées et des Burséracées est tout à 
fait artificielle et de pure convention. Si les dernières n'avaient pas un suc 
résineux, balsamique, on ne saurait comment les distinguer. On a dit d'autre 
part que les Bursérées different des Toddaliées par leur embryon dépourvu 
d'albumen ; mais dans le seul genre Zrvingia, il y a une espèce à graine albu- 
minée et une autre à graine sans périsperme. Beaucoup de Rutacées de la série 
des Quassiées n'ont ni poils ni écailles aux étamines ; et dans le genre Limo- 
nia, de la série des Aurantiées, il se trouve des plantes dont le stvle est arti- 
culé à sa base, et d'autres (Glycosmis), où il ne l'est pas. 

Dans cette analyse, longue et courte à la fois, nous avons cru devoir insister 
particulièrement sur le classement, qui porte spécialement la marque de Pau- 
teur, et reproduire les considérations qu'il lui a suggérées. Nous nous borne- 


rons, pour le reste, à ajouter que la méthode suivie par M. Baillon reste exac- 
tement la méme. 


Piccionario de botanica brasileira, ou Compendio dos vege- 
taes do Brasil, tanto indigenas como acclimados, revista por una com- 
missao da Sociedade Vellosiana, e approvada pela Faculdade de medicina da 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 145 


Corte, etc, ; ouvrage coordonné et rédigé en grande partie sur les manus- 
crits du docteur Arrida Camara; par M. Joaquin de Almeida Pinto. Un 
volume grand in-8° de 433 pages, avec 16 planches. Rio de Janeiro, typ. 
Perseveranca, 1873. 


On trouvera dans ce dictionnaire, dont l'auteur, M. Almeida Pinto, est phar- 
macien, recu à l'École supérieure de pharmacie de Paris, une énumération par 
ordre alphabétique des végétaux connusau Brésil, désignés par leur nom por- 
tugais vulgaire, et sur lesquels l'auteur donne les documents que le lecteur 
attend de lui. Ces documents, selon que le sujet le demande, sont empruntés 
à la botanique pure, à la matière médicale, à l'industrie, à l'histoire, etc. 


Manuale della coltivazione del Wandorlo in Sicilia (Ma- 
nuel de la culture de l’Amandier en Sicile) ; par M. Giuseppe Bianca. 
Un vol. in-8° de 444 pages. Palerme, typ. Lorsneider, 1872. 


Cet ouvrage, qui a été récompensé au concours d'une médaille d'argent à 
l'exposition agricole deSyracuseen1871, renferme une introduction historique, 
où l'auteur discute la question de l'origine de l'Amandier, qu'il croit indi- 
gène en Sicile, une description botanique, puis la partie vraiment originale de 
l’œuvre, qui consiste dans la monographie des 559 (!) variétés de. Amygdalus 
communis cultivées en Sicile. Vient ensuite la partie agricole, dans laquelle 
l'étude des parasites et des maladies de l'Amandier compte pour beaucoup ; la 
partie industrielle, ou une étude sur le commerce et la valeur vénale des 
Amandes. Un appendice renferme la description de variétés observées plus 
récemment par l'auteur, ce qui en porte le nombre total à 752. 


Cryptogames vasculaires du Brésil, 2° partie; supplément et 
révision ; par M. A.-L.-A. Fée, avec le concours éclairé de M. F.-M. Gla- 
ziou. Un volume in-4° de 115 pages, avec 29 planches lithographiées. 
Paris, J.-B. Baillière et fils, V. Masson et fils, Berger-Levault et C^, — 
Prix : 30 fr. 

Cet important mémoire, qui clót la série des nombreux et beaux travaux 
publiés par M. Fée sur la famille des Fougéres, commence par une introduc- 
tion où l'auteur apprécie le 49° fascicule du Flora brasiliensis, publié par 
M. Baker sur les Fougères du Brésil (1). 

M. «Fée y passe en revue tous les genres de Fougères signalés antérieu- 
rement par lui en Brésil, en décrit un certain nombre d’espèces nouvelles, 
et soumet plusieurs des autres à des remarques critiques, ainsi que beaucoup 
de celles qui ont été admises par M. Baker. Une table qui termine le volume 
se réfère au corps de l'ouvrage ainsi qu'au supplément. Les espèces figurées 
par M. Fée sont les suivantes : Acrostichum Macahense, A. Beaurepairt, 


. (4) Cette introduction, lue par M. Fée à la Société avant la publication de ce mémoire, 
a paru récemment dans les Comptes rendus de nos séances. 


146 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


A. producens, A. ovatum, A. craspedariæforme, A. omphalodes, A. insigne, 
A. erinaceum, À. rigidum, A. gracile, A. acutum, A. obliquatum, A. 
stramineum, A. elegans, Rhipidopteris peltata Schott var. stenophylla, 
Didymoglossum sociale, Acrostichum viscidum, A. Liaisianum Glaz., 
A. angustum Fée, Lindsaya ovoidea, L. dentata, Pellæa crenulans, P. ita- 
tiaiensis, Doryopteris angularis, Cheilanthes glandulifera, Doryopteris 
rediviva, D. patula, Litobrochia dissimilis, Cheilanthes aquilinaris, Ch. 
stolonifera, Nevrogramme scandens, Athyrium incisum, Asplenium incisu- 
ratum, À. Trichomanes L. var. brasiliensis, Grammitis Wittigiana Fée et 
Glaziou, Polypodium longipes, Grammitis muscosa, Drynaria iteophylla, 
Grammitis uninervata, Polypodium angustissimum, P. typicum, P. sub- 
dicarpon, P. villosum, P. acrodontium, P. pilosum, Craspedaria cam- 
ptocarpa, Phegopteris camptocaula, Polystichum quadrangulare, P. Ro- 
chaleanum, Phanerophlebia aurita, Aspidium platyrhachis, A. erio- 
sorus, A. tijucense, Alsophila decipiens, A. guimaraensis, Lophosoria 
cæsia, Hymenophyllum delicatissimum, Mertensia longipes, Lycopodium 
flexile B., L. flaccidum, L. assurgens, L. erythrocaulon, L. Eichleri Glaz., 
S. trichiatum Bory, Selaginella tenuissima, S. bella, S. canescens et S. 
geminata (1). 


A Catalogue of the Ferns indigenous to Ceylan, according to 
the nomenclature of the Synopsis Filicum of Hooker and Baker ; with 
notes; par G. W. In-4° de 13 pages. Londres, chez Edw. Newman, 1873. 


On trouvera dans cette publication, faite à Londres avec l'assistance de 
M. Baker, une liste complète des genres de Fougères (où ceux que ne possède 
pas la flore de Ceylan sont imprimés en italique), puis, sur quatre colonnes, 
une suite de tableaux indiquant, relativement à chaque espèce de Fougère 
connue à Ceylan, sous quel nom elle a été désignée : 4° dans le Synopsis Fi- 
licum de MM. Hooker et Baker; 2° dans le Species Filicum d'Hooker; 
3° dans l Enumeratio plantarum Zeylaniæ de M. Thwaites; la quatrième 
renferme des observations sur la rareté ou l'habitat de l'espèce. Viennent 
ensuite des notes critiques sur plusieurs espèces, sur leur synonymie, etc.; des 
addenda à l'Znumeratio, fournis par M. Thwaites lui-même; la liste des 
espéces particuliéres à Ceylan, et une addition qui concorde avec les observa- 
tions nouvelles faites par M. Baker dans la préparation d'une nouvelle édition 
de son Synopsis. 


Animadversiones de plantis vivis nonnullis horti botanici impe- 
rialis Petropolitani ; auctore E. Regel. Brochure in-8° de 22 pages. 


Voici les types étudiés sur le vivant par M. Regel : Amorphophallus Mulleri 


(f)] Les espéces qui n'ont pas de nom d'auteur dans cette énumération doivent porter 
celui de M. Fée. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 147 


Blume, Rumphia 1, p. 143, espèce qui manque au Prodromus Aroidearum 
de Schott; — Aster scorzonerifolius Rgl, n. sp., de la Sierra Nevada de 
Californie, voisine de l'A. Kingii Wats. (Report of the geological Explora- 
tion of the fortieth parallel, vol. v, Bot., p. 141, tab. xv1); — Callirrhoe 
spicata Rgl, n. sp., du méme pays ; — Berberis Maximowiczi Rgl., n. 
sp., voisin du B. Thunbergi DC. ; — Campanula Roezli Regel, n. sp., que 
M. Roezl a envoyée sans doute de la Californie avec deux des espéces précé- 
dentes; — le genre Cotoneaster, dont l'auteur trace le synopsis et décrit 
plusieurs espèces. — Cyperus Boucheanus Rgl ; — Endera conophalloidea 
Rgl. (Conophallus Blumei hort. bogor.) (4) ; — Helenium Hoopesi hort. ;— 
Iris reticulata Bieb. ; — Korolkowia, genre nouveau de Liliacées, intermé- 
diaire entre les genres Zinopetalum et Fritillaria (F. Sewersowi Rgl 
antea; — Lilium davuricum Gawl., L. Thunbergianum R. et S., L. Maxi- 
mowiczi Rgl et L. pseudo-tigrinum Carr. ; — Pogogyne Douglasi Benth.; 
— Spathiphyllum Ortgiesi Rgl in Gartenfl. 1870, p. 39; — enfin le 
Pentstemon Roezli Rgl, n. sp., voisin du P. pubescens Sol., du P. graci- 
lentum Asa Gray et du P. letum Asa Gray. . 


Flora italiana ; par M. Ph. Parlatore, vol. v, 4"° partie, In-8° de 320 
pages. Florence, 1873. 


Cette nouvelle partie du Flora italiana comprend les Malvacées et les 
Géraniacées. M. Parlatore donne à ces familles une extension trés-grande, car 
il comprend dans la premiére les Tiliacées, les Bombacées et les Sterculiacées, 
et dans la seconde les Zmpatiens, les Oxalis et les Linum. 

Nous remarquons parmi les Malvacées le Pentagonocarpus Micheli (Koste- 
letzkya Presl), dans lequel P Hibiscus pentacarpos L. devient le Pentago- 
nocarpus Zannichellii Parl, ( Pavonia veneta Spreng.). 


Cours élémentaire dc Botanique; par M. l'abbé A. Bellynck. 


Première partie. Un volume in-8° de 304 pages. Namur, impr. Douxfils, 
1871-72. 


M. Bellynck divise la botanique en plusieurs parties : botanique physiolo- 
gique, systématique, topographique et appliquée. Il partage ensuite la bota- 
. nique physiologique en six parties : morphologie, anatomie, tératologie, phy- 
siologie, organogénie et nosologie. Cette premiere partie comprend la botanique 
physiologique. Elle est rédigée sur un plan clair et simple qui la fera certai- 
nement aimer des commencants. Un grand nombre de gravures sur bois, 
intercalées dans le texte, en facilitent l'intelligence. La partie morphologique, 
sur laquelle la science est depuis plus longtemps fixée, forme un résumé qui 
pourrait servir de memento pour un enseignement élémentaire. La partie ana- 


(1) Voyez le Gartenflora, 4872, p. 227, tab. 732. 


448 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


tomique, traitée plus succinctement, prouve cependant par maint détail que 
l'auteur s'est tenu au courant des travaux récents. Dans la partie tératologique, 
M. Bellynck a tenu compte de la classification taxinomique de M. Clos, des 
travaux de M. Fermond, et a cité brièvement des exemples de la plupart des 
déformations. Dans la partie physiologique, il a suivi généralement le traité de 
M. J. Sachs, qui résume les études modernes les plus importantes. On trouvera 
à la page 170 une appréciation intéressante de la théorie de M. Hofmeister sur 
la direction des parties végétales et sur l'intluence de la pesanteur. De la 
diversité qu'offrent les résultats des expériences et les faits constatés par obser- 
vation naissent une foule de questions auxquelles on ne pourra répondre sans 
supposer une autre force qui sera toujours un mystére et qui est la force 
vitale, force primordiale au service de laquelle sont mises les forces physiques 
et chimiques. Le Cours élémentaire renferme sur les parasites un chapitre 
que l'on chercherait en vain, croyons-nous, dans les traités de botanique. 
L'étude de la structure moléculaire des parties organiques, que l'on trouve 
ensuite, supplée à quelques lacunes de la partie anatomique. Celle du c/éma- 
tisme (1) des végétaux fournit à M. Bellynck l'occasion d'insister sur les diver- 
gences que l'on constate parmi les auteurs sur le sens de la spire d'une plante 
grimpante. Il voudrait qu'abandonnant des expressions conventionnelles et 
trop sujettes à l'erreur, on appliquát à l'enroulement des plantes les épithétes 
de progressif et de rétrograde, en prenant pour terme de comparaison la 
marche des heures sur le cadran. La reproduction chez les Cryptogames et le 
polymorphisme des Champignons forment dans le Cours élémentaire un cha- 
pitre fort important ; on voit en le lisant qu'au fur et à mesure de son œuvre, 
l'auteur s'est peu à peu élevé au-dessus d'un livre élémentaire. 

La germination est décrite pər M. Bellynck, dans le premier chapitre de 
son organogénie. Il traite ensuite de la formation des différents organes, 
notamment des feuilles, qu'il suit dans toute leur vie jusqu'à leur chute. Pour 
son chapitre d'anthogénie, il a mis à contribution non-seulement le Traité 
d'organogén?e comparée de Payer, mais le mémoire couronné de M. Van 
Tieghem. 1l croit qu'on peut avancer plus d'un argument en faveur de 
M. Trécul, pour qui la feuille et les différentes parties de la fleur ne sont que 
de simples ramifications de la tige. Vient ensuite l'organogénie du fruit, le 
développement de ses cloisons, sa maturation ; l'auteur termine par l'exposé . 
de la théorie phytogénique de M. Fermond. 


Revision of the genera and species of Scilleæ and 
Chiorogaleæ ; par M. J.-G. Baker (Journal of the Linnean Society, 
Botany, t. xii, pp. 209-292). 


On voit que M. Baker continue la série de ses études sur les Monocotylé- 


(1) XX3iua., sarment ; faculté de grimper comme un sarment. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 149 


dones bulbeuses. Le présent mémoire peut être en effet considéré comme la 
continuation de celui que le méme auteur avait déjà publié sur les Liliacées 
capsulaires à périanthe gamophylle (1). 

1l commence dans celui-ci par traiter de la classification des Liliacées en géné- 
ral. Il répartit les Liliacées capsulaires en deux séries parallèles selon que leur 
périanthe est gamophylle ou polyphylle, et il divise chacune de ces deux séries 
d’après les caractères de la racine et de l'inflorescence. Il en résulte pour lui 
le groupemeut suivant en tribus : dans les Liliacées à périanthe gamophylle, 
les Hyacinthées et les Mussoniées, les Odontostémonées, les Millées, les Hémé- 
rocallidées, les Agapanthées etles Aloinées ; dans les Liliacées à périanthe poly- 
phylle, les Scillées et les Tulipées, les Chlorogalées, les Alliées, les Anthéri- 
cées et Ériospermées, les Aphyllanthées et les Yuccoïdées. La deuxième série 
est de beaucoup la plus nombreuse. 

Après cet exposé, l’auteur passe en revue les caractères offerts par les divers 
organes des plantes qu'il étudie, et les sources d’après lesquelles il a rédigé 
son mémoire. Parmi celles-ci se trouvent les explorations faites dans l'intérieur 
du district du Cap, qui ont amené la découverte d'un grand nombre d'espèces 
nouvelles du genre Scilla, section Ledebouria, dont plusieurs ont été figurées 
dans le Refugium botanicum (2). Sur 201 espèces qui sont décrites dans ce 
mémoire, 198 appartiennent aux Scillées et trois aux Chlorogalées. Le genre 
Scilla comprend 72 espèces, dont 32 au Cap; l'Ornithogalum 73, dont 
39 à la méme région. 

Ces considérations sont suivies de la monographie proprement dite, écrite 
tout entière en latin, et accompagnée d'un tableau synoptique des genres et 
d'une clef dichotomique des espèces. 

Nous remarquons que dans cette monographie l'auteur auglais a poussé 
beaucoup moins loin la réduction des espèces qu'il ne l'a fait dans d'autres 
travaux et qu'on ne le fait généralement à Kew, notamment dans son étude 
des Ornithogalum du bassin méditerranéen. 


Note botaniche di vario argomento; par M. Vincenzo Cesati 
(Atti della R. Accademia delle scienze fisiche e matematiche di Napoli, 
10 août 1872); tirage à part en brochure in-4? de 18 pages avec deux 


planches. 


Ces Notes comprennent : 4° l'étude da Brocchia dichotoma Mauri (Sim- 
mondsia californica Nuttall ; 2° la monographie de quelques Pyrénomycètes 


(4) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 118 ; voyez aussi le mémoire de M. Baker sur les 
Yucca, mentionné t. xvin, p. 233. On doit encore à M. Baker une monographie du 
genre Xiphion, publiée par lui en 1871, dans le tome 1x du Journal of Botany de See- 
mann. 

(2) Nous regrettons vivement de ne pouvoir parler avec quelque détail de ce bel 
ouvrage, dont le premier volume seulement a été envoyé à notre Société. 


150 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


du genre Rosellinia; 3° une étude critique de la synonymie des Amarantus 
albus et À. gracizans. 

Le Brocchia dichotoma Mauri a été publié par Tenore dans le Catalogo 
dell’ Orto R. di Napoli en 1845, p. 80. Le Simmondsia avait été publié par 
Nuttall, un an auparavant, dansle London Journal of Botany, p. 500, tab. 16. 
M. Müller Arg., dans le tome xv du Prodromus, a classé parmi les Euphor- 
biacées le Simmondsia californica Nutt. (Buzus chinensis Link Enum. 
pl. hort. berol. 11, 386), que MM. Decaisne et le Maout ont, en le figurant, 
rapporté aux Garryacées (Traité général, etc., p. 255). 

M. de Cesati fait ressortir ces divergences, donne de la plante une descrip- 
tion originale d’après les exemplaires cultivés au jardin botanique de Naples, 
et déclare que pour lui le Brocchia ne peut rentrer ni dans les Euphorbiacées, 
ni dans les Garryacées ; il le rapproche des Loranthacées (1). 

Le genre Rosellinia, établi par M. De Notaris (Atti della vi* Riunione 
degli scienzati italiani in Milano, 4844, tab. 1, f. 5), dont M. Bonorden a 
séparé l'ancien Sphæria aquila, type du genre Rosellinia, sans le nom de 
Byssitheca (Abhandlungen aus dem Gebiete der Mycologie, 486^), et dont 
M. Fuckel a augmenté (Symbole mycologicæ, 1869, pp. 148-150), non sans 
quelques confusions, les types spécifiques, fournit à M. de Cesati l'occasion de 
décrire quelques espèces : Rosellinia Beccariana et R. mitens, de Bornéo, 
R. Marcucciana, R. thelena et R. pyxidella. Il indique ensuite les sept 
espèces du genre constatées en Italie. 

Voici, d’après l'auteur, la synonymie exacte de l'Amarantus albus : 

A. ALBUS L. Syst. non Willd, Hist. Amar. p. 3, tab. 1, f. 2. — A. græ- 
cizans L. Sp. non herb. ; Willd. Hist. Amar. p. 8, tab. 1v, f. 7, optima! 


Sulla scoperta della Baffarrea phalloides Pers. per la 


flora napoletana ; par M. V. Cesati (extrait du Rendiconto della R. Acca- 
demia delle scienze fisiche e matematiche, sept. 1872, fasc. 9). 


A l'occasion de la découverte intéressante faite dans les environs de Naples 
d'un Champignon connu seulement jusqu'ici en Angleterre, M. Cesati donne 
des détails sur la structure du Battarrea phalloides et sur la distribution 
géographique des espéces du genre, ainsi que sur celle de quelques Gastéro- 
mycètes voisins. Il se livre ensuite à des considérations intéressantes sur les 
faits de naturalisation, et rappelle l'introduction de plantes d'Orient que l'armée 
turque a amenées aux portes de Vienne, comme celles de plantes du midi de 
la France, que l'armée francaise a introduites en Lombardie dans la campagne 
de 1869; les disséminations produites par les animaux, etc. Il s'en faut que 
des localités intermédiaires découvertes par les modernes diminuent le nombre 
des espèces disjointes connues des anciens. La théorie Darwinienne, dit-il, 


(4) Voyez la planche de M. Torrey (Mexican Boundary Survey, p. 202, tab. 19). 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 15í 


pourrait expliquer ces faits, si l'on admettait que les espèces disjointes et rares 
se fussent formées localement, en dérivant sur place de quelque type ancien à 
aire plus vaste. 


Di alcuni effetti della caduta di cenere sulle piante 
nell’ ultima eruzione vesuviana, osservati in Napoli ; par M. G.-A. Pasquale 
(extrait du Rendiconto della ft. Accademia delle scienze fisiche e mate- 
matiche, fasc. 5, mai 1872) ; tirage à part en brochure in-4° de 7 pages. 


M. Pasquale, qui a observé les effets de la derniére éruption du Vésuve au 
jardin botanique de Naples et dans les environs de cette ville, trace deux listes, 
l'une des plantes qui ont peu ou point souffert de cet événement, l’autre des 
plantes plus ou moins endommagées par la chute des cendres chaudes. Il 
insiste ensuite sur quelques phénomènes de coloration. Les pétales rouges ou 
roses ont passé sur quelques points au bleu, phénoméne probablement dà à 
l'alcalinité des cendres. Celles-ci, dans d'autres cas, en s'appliquant à la sur- 
face des organes sexuels, ont empéché mécaniquement la fécondation. 

Somme toute, c'est la végétation nouvelle qui a le plus souffert par les 
cendres : l'effet produit a été, soit le desséchement, soit une gangrène par 
brülure. 


Deuxième note sur les plantes adventices importées aux 
environs d'Orléans par les fourrages de la guerre ; par M. Nouel (extrait des 
Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts 
d'Orléans, t. Xv, 1873); tirage à part en brochure in-8° de 8 pages. 


Nous avons signalé l'an dernier (t. XIX, Revue, p. ^1) la première notice 
de M. Nouel dont celle-ci est la continuation. Il a constaté trente-quatre natu- 
ralisations de plus, et donne une liste plus complète que celle de l'an dernier. 
La moitié des espèces naturalisées par suite de la guerre aux environs d'Or- 
léans avait disparu au bout d'un an; et parmi les espéces survivantes en 
1872, plus de la moitié avaient notablement perdu de la vigueur de la pre- 
mière année ; souvent leur présence n'a pu être constatée que par la rencontre 
de quelques pieds chétifs qui semblaient faire un adieu définitif à la (lore 
d'Orléans. Somme toute, M. Nouel ne reconnait que cinq espèces dont la 
végétation se soit montrée assez développée en 1872, pour manifester une 
tendance à l'acclimatation ; ce sont les suivantes : Alyssum incanum, Tri- 
folium resupinatum, Rapistrum rugosum, Melilotus sulcata et Vulpia 
ligustica. 


Mykologische Mittheilungen (Communications de mycologie); 
par M. Julius Klein (Verhandlungen der K. K. zool.-bot. Gesellschaft 
ih Wien, 4810, pp. 547-570). 


M. Klein étudie dans cette suite de notes: 4° les formes de Pilobolus ; 


152 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


2» quelques Champignons observés accidentellement dans des cultures de Pilo- 
bolus ; 3° le Botrytis cinerea Pers. ; 4° l'Ascobolus elegans Klein, n. sp. La 
première, la plus longue, renferme des détails anatomiques et descriptifs dont 
les mycologues seront forcés de prendre connaissance. L'auteur y établit une 
classification des Mucorinés et du genre Pilobolus, dans lequel il ne recon- 
naît que deux espèces, le P. crystallinus et le P. microsporus Klein. 


Zur Kenntnisse der Pilobolus (Recherches sur les Pilobolus); 
par M. J. Klein (Pringsheim's Jahrbücher, t. vii, 3° livraison, pp. 305- 
381, avec 8 planches). 


L'auteur a rassemblé toutes ses observations sur le développement, la 
morphologie et le polymorphisme des Pelobolus, dans ce mémoire dont le 
précédent travail n'était qu'un extrait destiné à prendre date. M. Klein décrit 
successivement, dans le chapitre consacré au développement des Pilobolus, le 
mycélium, l'origine du pédoncule sporangifére, ce pédoncule et le sporange 
lui-méme, la projection du sporange, des réactions chimiques, le contenu des 
cellules du Pilobolus (et notamment les cristalloïdes), et enfin des phénomènes 
exceptionnels. Il a particulièrement suivi les phases successives que présente 
l'appareil reproducteur dans ses premières formations. Il n'a rien observé qui 
ressemble à une fécondation préalable. Un des rameaux du mycélium se rem- 
plit peu à peu d'une matière plastique qui lui communique une coloration de 
plus en plus foncée, se dilate, surtout à son sommet, et prend une forme 
Obovale; la matière nutritive s'y rassemble surtout un peu au-dessus de sa 
partie médiane, où se forme bientôt une cloison ; c'est la cellule supérieure 
à cette cloison qui s'allongera pour constituer le pédicule du sporauge. Tantót 
cet allongement est moins manifeste, et le pédicule ressemble à un bourgeon 
né sur la partie supérieure de cette cellule d'origine (Anlage). Ce pédicule 
peut se ramifier. L'auteur décrit avec soin les courants de protoplasma qui 
ont lieu dans l'intérieur de ce pédicule, par suite de l'absorption de l'eau. Le 
sporange se forme à sa partie supérieure et s'isole ensuite par formation d'une 
cloison. Le développement du pédicule amène ensuite son ren(lement vers le 
milieu et force la cloison terminale à se voüter vers l'intérieur du sporange, 
toujours par suite de l'absorption de l'eau. Cette voussure serait l'origine de 
la columelle spéciale aux Mucorinés. 

M. Klein a encore étudié le mécanisme de la rupture du sporauge; il 
discute les opinions émises sur la cause prochaine de ce phénomène par 
M. Cohn (1), par M. Coemans (2), par M. de Bary (3), par M. Hofmeister (4) 


(4) Schriften der naturforschenden Berliner Geselischaft, t. v. 

(2) Monographie du genre Pilobolus, dans les Mémoires des savants étrangers cou 
Ens par l'Académie de Bruxelles, t. xxx; et Bulletin de l'Académie de Bruxelles, 

(3). Morphologie und Physiologie der Pilze, p. 146. 

(4) Pflanzenzelle, p. 290. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 153 


et par M. J. Sachs (1). Il n'accepte pas l'opinion de M. Cohn, reproduite par 
MM. Hofmeister et Sachs, d’après laquelle la rupture serait occasionnée par 
l'augmentation de la pression qui soulève la cloison inférieure et la projette 
dans l'intérieur du sporauge. M. Klein pense au contraire que tant que les 
membranes du pédicule sont dilatables, elles se dilatent de dedans en dehors 
sous l'influence de l'augmentation de pression interne produite par l'absorption 
d'eau; mais que c'est précisément quand cette extensibilité cesse, que la 
rupture des membranes a lieu au niveau de l'insertion de la columelle, et avec 
elle la projection du sporange. 

L'auteur entre encore sur divers points de morphologie et d'histologie dans 
de grands détails où nous regrettons que l'espace nous empêche de le suivre, 
et qui lui donnent l'occasion de critiquer fréquemment le mémoire de 
M. Coemans. Il traite ensuite du polymorphisme du Pilobolus. Les spores 
cultivées dans l'eau se modifient, grossissent et ne germent pas de la méme 
facon que sur du crottin de cheval; leurs produits ont une coloration diffé- 
rente. Des spores ainsi modifiées, semées sur du crottin, ont produit une 
deuxième forme de Pilobolus. L'auteur distingue les spores de première et 
de deuxième génération. Dans une de ses expériences, M. Klein a obtenu, 
du semis des spores elliptiques normales de la forme spontanée du Pilobolus, 
le P. ædipus Mont., qu'il ne regarde en conséquence que comme une forme 
du P. crystallinus, dont il étend la diagnose. Il décrit une autre espèce, le 
P. microsporus, observé par lui spontané et dans les mêmes conditions que 
le P. erystallinus. 

Les phénoménes de polymorphisme vont plus loin. M. Klein s'est assuré 
que les spores de Pilobolus germant dans le liquide du sporange produisent 
un Mucor. La forme de Mucor est donc commune à tous les Mucorinés. 
Il est cependant d'avis de conserver le genre Pilobolus à cause des phénomènes 
de projection du sporange ; et il serait d'avis de donner aux anciens Mucor le 
nom de-Syzygites, qui rappelle leurs propriétés caractéristiques. M. Klein n'a 
pas trouvé de zvgospores chez les Pélobolus ; il pense cependant que cette 
sorte d'organes conservateurs de l'espèce doit être générale dans les Mucori- 
nés, et il rappelle les grandes cellules hivernales observées par M. Woronin, 
qu'il a trouvées également, et que M. de Bary a regardées avec doute comme 
étant les zygospores de ces petits Champignons. 


Ueber die Krystalloïde einiger Florideen (Sur les cris- 
talloides de quelques Floridées); par M. Julius Klein (Flora, 1871, 
no 11). 

Depuis que les cristalloides, ces éléments singuliers qui participent des 
formes minérales et des réactions de la substance organisée, ont été découverts 


(4) Physiologie, p. 503; trad, franç., p. 528. 
T. XX (REVUE) 11 


45h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


par M. Hartig (1), étudiés par M, Nägeli (2) et analysés par M. Maschke, ils 
ont été reconnus par M. Radikofer (3) dans les nucléus cellulaires des tissus 
du Lathræa squamaria, par M. Cohn (A) dans les tubercules de la Pomme 
de terre, par plusieurs observateurs dans les graines oléagineuses, notamment 
dans les granules d'aleurone. M. Cramer (5) est le premier observateur qui les 
ait observés parmi les Cryptogames. Il a nommé rhodospermine le cristal- 
loide dilatable et coloré en rouge qui abonde dans la séve cellulaire de diverses 
Floridées (Bornetia secundiflora, Callithamnion caudatum, C. seminu- 
dum) (6). Il y en avait aussi bien dans les cellules végétatives que dans les 
spores. Bientót aprés il découvrit dans la tige vivante du méme Bornetia de 
semblables cristalloides octaédriques incolores ; ces corpuscules condeusent 
plus tard en eux la matière colorante rouge émanée des grains de pigment. 
Depuis cette époque, M. Cramer a fait sur ce sujet de nouvelles recherches 
qu'il a communiquées à M. Klein. M. Cohn lui-même a aussi observé les cris- 
talloides du Bornetia (7). Dans le précédent travail mycologique, M. Klein 
lui-même a figuré, dans le pédoncule sporangifère des Pilobolus, des cristal- 
loides octaédriques constants, formés de deux éléments de solubilité différente, 
comme M. Nägeli l'avait déjà observé pour les cristalloides de la noix de Para 
(Bertholletia excelsa). M. Klein a examiné, pour y rechercher les cristalloïdes, 
un assez grand nombre d'Algues marines; il n'en a constaté l'existence que 
chez les quatre espèces suivantes : Griffithsia barbata Ag., G. neapolitana 
Nüg. inlitt., Gongoceras pellucidum Kütz. et Callithamnion seminudum Ag. 
M. Klein donne des détails intéressants sur les propriétés de ces corpuscules 
dans chacune des espèces où il les a observés. 


Ueber eigenthiüimliche Sphærokrystalle in der Epi- 
dermis von Cocculus Taurifolius (Sur des cristaux sphé- 
riques particuliers qui se présentent dans l'épiderme du C. laurifolius) ; 
par M. G. Kraus (Pringsheim's Jahrbücher, t. vin, 3° partie, 1872, 
pp. 421-428). 


Ces cristaux se trouvent dans le parenchyme de la feuille, dans l'épiderme 
de la tige et dans celui des bractées. Ils ressemblent beaucoup à des cristaux 
d'inuline; mais par leurs propriétés chimiques, ils se comportent tout différem- 
ment, Ce sont évidemment des corps organisés, et ce ne peut être de l'inu- 


(4) Botanische Zeitung, 1856, p. 262. 

(2) Sitzungsb. der K. bayer. Akademie der Wissensch., 4867, p. 233. 

(3) Ueber die Krysialle proteinartiger Kürper pftanzlichen und thierischen Ursprung. 
Leipzig, 1869. 

(4) 37 Jahresbericht der Schlesischen Gesellschaft für vaterl. Cultur, 4858. 

(5) Viertel Jahrschrift der naturforschenden Gesellschaft in Zurich, t. vir, 1862. 

(6) M. Cramer fait de cette dernière Algue un genre particulier sous le nom de Mo 
rothamnium, 

(7) Archiv für mikroscopische Anatomie, t. 111, p, 24. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 199 


line, On pourrait les comparer avec certains corps cristallins figurés dans 
l'Atlas de chimie physiologique de M. Funke, tab. 4, et dans le Traité de 
chimie anatomique et physiologique de MM. Robin et Verdeil, tab. 42. On 
doit évidemment les ranger parmi les cristalloides. 

Une addition importante qui suit ce mémoire concerne les cristalloides 
observés par l'auteur dans l'épiderme du Polypodium irioides Lam., qui se 
rapprochent beaucoup, suivant lui, de ceux de la noix de Para. 


Muscorum species novias; auctore J. Juratzka (Verhandlungen 
der K. K. zool.-bot. Gesellschoft in Wien, 1870. pp. 167-168). 


Les deux espèces nouvelles décrites dans ces notes sont le Webera Brei- 
tleri Jur., des Alpes de la Styrie, voisin du W. Ludwigii, et le Jungerman- 
nia Reichardti Gottsche, qui a quelque ressemblance avec le J. Doniana. 


Mykologische Beobachiungen aus Nord-Ungarn im 
Hierbste 1869 (Observations mycologiques faites dans le nord de la 
Hongrie pendant l'automne de 1869) ; par M. S. Schulzer v. Müggenburg 
(ibid. pp. 169-210). 


Ce travail se présente comme une florule, accompagné d'indications 
orographiques et climatériques. L'auteur y énumère en ordre didactique les 
Champignons observés par lui, avec des notes critiques sur certaines espèces, 
et la description de quelques nouveautés, qui sont les suivantes : //ygropho- 
rus Ipolyü, H. Hazslinskyi, Cortinarius Szászi, C. Déaki, C. Szabói et 
d'autres Agaricinés. 


Beitrag zur Moosflora des Oriemtes, etc. (Recherches sur les 
Mousses de l'Orient, de l'Asie Mineure, de la Perse occidentale et du 
Caucase) ; par MM. J. Juratzka et J. Milde (ibid. pp. 589-602). 


Ce travail est encore une florule où nous rencontrons des espèces nouvelles 
dans lés genres suivants : Fissidens, Trichostomum, Barbula, Encalypta, 
Entosthodon, Bryum, Atrichum, Leucodon, Brachythecium et Rhyn- 
chostegium. ; 


Mykologisehe Beiträge (cherches mycologiques); par M. S. Schul- 
zer v. Müggenburg (/^id. pp. 635-658, avec 1 planche). 


L'auteur s'occupe d'abord de Champignons trouvés sur des fragments de 
bois de Charme. Il décrit le Sporidesmium carpineum n. sp., le Macro- 
sporium clavatum var. atrum, le Chetosphiería pezize formis, n. sp. — 
Dans une deuxième note, il établit l'identité générique des Champignons dési- 
gnés sous les noms de Podosporium Bon., Diplodia Fr., Hendersonia Berk. 
et Camarosporium Schulzer. — Dans une troisième note, il étudie des 
Champignons recueillis sur des Vignes sauvages, et décrit les espèces nou- 


156 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


velles suivantes : Myrothecium Vitis, Gibhera Vitis, Leptosphæria Vitis, 
Sphærella Vitis, Cucurbitaria Vitis, Bertia Vitis, Ceratostoma Vitis, 
Phoma Vitis, Pyrenotrichum Vitis, Cheilaria Vitis, Discosia Vitis, Cyti- 
spora Vitis, Septoria Vitis, Fusoma Vitis et Polynema Vitis. — Dans une 
quatrième note, il décrit des Champignons observés sur des rameaux de 
Mûrier; ce sont les suivants : Pleospora Mori, Camarosporium Mori, 
Nœmaspora Mori, Myxosporium Mori, Psilospora Mori, Helminthosporium 
Mori, Tuhbercularia Mori et Fusoma Mori. — La cinquième et dernière 
note traite de Cryptogames trouvés sur des rameaux de Figuiers ; les nou- 
veautés y sont les suivantes : Valsaria ficophila, Splanchnonema ficophilum, 
Diplosia ficophila, Phoma ficophilum, Discella ficophila, Myxosporium 
ficophilum, Gliostroma ficophilum et Seimatosporum ficophilum. 


Beitrage zur Kenntniss der Pilze (Recherches sur les Champi- 
gnons ; Descriptions de Champignons nouveaux et peu connus); par 
M. G. von Niess) (extrait des Verhandlungen des naturforschenden Ve- 
reines in Brünn, t. X, 1870); tirage à parten brochure in-8° de 67 pages, 
avec 5 planches lithographiées, Brünn, 1872. Paris, lihr. Franck. — 
Prix: 5 fr. 35 c. 


L'auteur a décrit dans ce mémoire les types suivants : Ustilago neglecta, 
U. Fussii, U. marginalis (Uredo auct.), U. heterospora ; Puccinia Car- 
damines, P. Doronici, P. Hausmanni ; Uromyces Behenis, U. Bras- 
sicæ, U. Dianthi, U. Solidaginis; Cronartium Balsaminæ et Protomyces 
punctiformis, espèces qui doivent toutes porter le nom de M. de Niessl. Suit une 
description des seize espèces des genres Sphærella, Leptosphæria et Pleo- 
spora, avec des remarques sur les différences qui séparent ces genres entre 
eux ; une partie des espèces décrites sont nouvelles, puis le genre Rosellinia 
(dans le sens de Nitschke et Fuckel) avec quatre espèces ; le genre Sordaria, 
avec sept espèces, et l'indication des caractères qui le séparent du groupe ou 
genre Hypocopra Fuckel ; les genres Botryosphæria, Cucurbitarie, Cry- 
ptospora, Diaporthe, Anthostoma, avec plusieurs espèces. L'auteur décrit un 
nouveau genre, Kalmusia (K. E bul), voisin des genres Diaportha et Thy- 
ridium, et enfin le Cenangium Ericæ Fr., le Schmitzomia nivea DNtrs et 
le Podophacidium terrestre Niessl, espèce distribuée sans nom spécifique 
dans les Fungi europei de M. Rabenhorst. 


Einige Bemerkungen zu Niessls Beiträgen zur Kenn- 
tniss der Pilze (Quelques observations sur les recherches de 
M. de Niessl); par M. Georg Winter (Bot. Zeit., 1872, col. 833-836). 


M. Winter, qui a étudié d'une manière spéciale le groupe des Sordariées, 
se livre dans cette note à une critique d'une partie du mémoire de M. d? Niessl, 
celle qui concerne ce groupe de Champigaons. Il entre dans de menus détails 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 157 


de synonymie et de description où nous ne pouvons le suivre, mais que nous 
devions signaler aux mycologues. 


Einige vorlaufige Mittheilungen über die Gattung Sor- 
daria (Quelques remarques préliminaires sur le genre Sordaria) ; par 
M. Georg Winter (Bot. Zeit., 1873, n°° 29, 30 et 31). 


Dans ce travail, M. Winter résume le mémoire dont nous parlons dans 
l’article suivant. Il s’explique d’abord sur la manière dont il conçoit le genre 
Sordaria, en critiquant le point de vue auquel se sont placés les ‘créateurs 
du genre, MM. Cesati et De Notaris, puis M. Auerswald et M. Fuckel. Cela 
lui donne l'occasion de traiter de la caractéristique et de la valeur des 
genres voisins Coprolepa, Hypocopra, Malinvernia, Cercophora, qu'il 
réunit avec l’ancien genre Sordaria en conservant pour l’ensemble ce dernier 
nom. Il passe ensuite à l'étude des types spécifiques. Le premier groupe du ` 
sous-genre Coprolepa renferme trois espèces : Sordaria merdaria, S. equo- 
rum et S. fimeti. Le second, Hypocopra, renferme les espèces dépourvues de 
stroma, et qui ne présentent autour de leurs spores qu'une enveloppe gélati- 
neuse sans aucun appendice. Ce sont les S. macrospora Auersw., S. Ra- 
benhorstti Niessl, S. fimicola Ces. et DNtrs, S. papyricola Wint., n. sp., 
S. humana Auersw., S. fermenti Auersw., S. discospora Auersw., qui rap- 
pelle plusieurs espèces de Rosellinia, S. maxima Niessl et S, bombardioides 
Auersw.— Le troisième groupe, £'usordaria, comprend les espèces suivantes : 
S. fimiseda Ces. ct DNtrs, C. coprophila Ces. et DNtrs, S. lignicola Fuckel, 
S. decipiens Wint., S. pleiospora Wint., S. setosa Wint., S. curvicolla 
Wint., S. anserina Wint., S. minuta Fuck, et S. curvula de Bary. 


Dic deutsehen  Sordarien; par M. Georg Winter (extrait des 
Abhandlungen der naturforschenden Gesellschaft zu Halle, t. xti, 
4"° livraison) ; tirage à part en brochure in-4° de 40 pages, avec 5 planches. 
Halle, 1873. Paris, libr. Franck. — Prix : 6 fr. 75 c. 


Cette monographie comprend quelques pages consacrées à l’histoire du 
genre Sordaria, puis l'étude du stroma, du périthécium et de la couche utri- 
culaire de ces Pyrénomycètes.. Vient ensuite l'étude des vingt-deux espèces 
du genre, que M. Winter réduit en n'y comprenant qu'une partie de celles 
que MM. Cesati, De Notaris et Auerswald y avaient rapportées. Le mémoire se 
termine par l'énumération des synonymes et l'esplication des planches. 


Ueber die Keimung von Pflanzensamen im Eis (Dela 
germination dans la glace) ; par M. Uloth (Flora, 1871, pp. 185-188). 


L'auteur a reconnu, accidentellement d'abord, et ensuite s'est assuré par 
une observation précise que les graines de Triticum vulgare et celles de l' Acer 


` 


158 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


platanoides peuvent. germer à une température égale où méme inférieure à 
zéro. L'humidité suffit, dit-il, pour que leur germination ait lieu à cette tem- 
pérature aussi facilement qu'à des températures supérieures. Ce qu'ii y a de 
plus remarquable encore que la germination, c'est la pénétration des racines 
dans la glace ; car cela prouve une pression assez importante et un développe- 
ment de chaieur dont la physique indique fort nettement la valeur en calories. 
Cette quantité de chaleur dégagée, qui fait fondre la place aux points de con- 
tact et de pénétration, est évideminent produite par les actions chimiques qui 
s'exercent dans la graine au moment de la germination. Les graines d'Acer 
qui avaient germé, retirées de la glace où leur développement ultérieur était 
impossible faute des matériaux de la nutrition, et replantées dans la terre, ont 
poussé vigoureusement. 


Be Commelynaecis quibusdam movis, auctore C, Hasskarl 
(Flora, 1871, n° 17). 


Les plantes décrites dans ce mémoire sont les suivantes : PAyrrheima 
Loddigesii Hassk. , de Rio-de-Janeiro ( Tradescantia hirsutissima P ohln. 5217 
et 5490, Gaud. in herb. Franqueville) ; — Belosynapsis kewensis Hassk., 
cultivé à Kew, et dont la patrie est incertaine ; — Mandonia boliviana Hassk. 
(Mandon n» 1259) ; — Cartonema spicatum R. Br., de la Nouvelle-Hollande, 
et C. parviflorum Hassk., du méme pays. 


Weber einige neuc und unvolkommen bekannte in- 
disehe Pflanzen (Sur quelques plantes nouvelles et incomplétement 
connues de l'Inde) ; par M. Sulpiz Kurz (Flora, 1871, n** 19, 20 et 21). 


Ces notes concernent quelques plantes appartenant aux familles des Myrta- 
cées, des Cucurbitacées, des Ficoidées, des Cornées, Loranthacées, Sym- 
plocées, Myrsinées, Ébénacées, Acanthacées et voisines. Les plantes les. plus 
importantes décrites par l'auteur appartiennent aux genres A//omorpha, So- 
nerila, Ammannia, Sonneratia, Trichosanthes, Begonia, Marlea, Styrax, 
Loranthus, Viscum, Symplocos, Mesa, Embelia, Ardisia. Dans le troisième 
article, l'anteur étudie d'une manière spéciale les Sapotacées de l'Inde, puis 
les Symplocos; et dans le quatrième, des Acanthacées, des Verbénacées 
(Spluenodesma), un genre nouveau de Scrofulariées, Ophiorrhiziphyllon, 
qui se place entre les genres Pterostigma et Stemodia; le Spathodea ignea 
(Bignoniacées), l'Aneilema spectabile (Commélynées), le Selaginella semi- 
cordata X. Scott et le Lemna tenera. 


Die Rosen der Sehweiz mit Berücksichtigung der umliegenden 
Gebiete Mittel- und Süd-Europas (Les Roses de la Suisse, avec un coup 
d'œil sur la région environnante de l Europe moyenne et méridionale) ; 
par M. H. Christ. In-8°, 1873. 


Apres une courte introduction, M. Christ expose successivement les travaux 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 159 


antérieurs consacrés au genre Xosa et la diffusion géographique de ses espèces. 
Il analyse et critique les divers systèmes adoptés avant lui pour élucider ce 
genre difficile ; enfin il expose sa propre méthode, et décrit soigneusement les 
espèces et les formes qu'il a recueillies lui-même ou qu'il a reçues de ses 
nombreux correspondants suisses ou étrangers : l'ouvrage se termine par une 
clef analytique qui facilite les recherches. 


Les Orchidées de la Belgique et du grand-duché de Luxembourg, 
par M. A. Thielens (extrait du Bulletin de la Société royale de botanique 
de Belgique, séance du 4 mai 1873, t. xit, pp. 26-103); tirage à part en 
brochure in-8° de 87 pages. Gand, impr. Annoot-Braeckmann, 1873. 


M. Thielens commence par une description de la famille. Il classe ensuite, 
d'aprés Lindley, les Orchidées dela Belgique, donne un tableau dichotomique 
pour arriver à la connaissance des genres, et décrit les tribus, les genres et 
les especes. Son mémoire est un fragment d'une flore. Il contient les genres 
Cypripedilon, Goodyera, Serapias, Limodorum, Listera et Epipogon, bien 
que le Listera cordata et les espèces des autres genres indiquées jadis en Bel- 
gique n'y aient pas été constatées depuis longtemps. 

Ce mémoire se termine par un index bibliographique et une table des 
espèces citées. 


Sur une espèce spéciale de tubes existant dans le tronc 
du Sureau et pris jusqu'ici pour un Champignon (Rhizomorpha paral- 
lela Roberge); par M. €C.-A.-J.-A. Oudemans (extrait des Archives néer- 
landaises, t. VII, 1872); tirage à part en brochure in-8° de 21 pages, avec 
une planche. 


L'élément histologique étudié dans ce mémoire porte dans l'exsiccata Des- 
"aziéres le nom de /t'hizomorpha Sambuci Chevalier (17^ série, n° 1304 ; 
2° éd., n° 701) et celui de R. parallela Roberge (2° série, n° 155). M. Ro- 
berge ayant trouvé cette production sous l'épiderme du Polygonum Persica- 
ra, sur de vieilles hampes du Plantago lanceolata, etc., en avait changé le 
nom. M. Oudemans a d'abord constaté que ce prétendu Cryptogame existe, 
à l'état normal, à la surface de la moelle dans toutes les tiges de Sureau. 
Le tissu dont il se compose ne pourrait trouver place que sous la rubrique 
de tubes séveux (Saftschlaüche de M. J. Sachs), qui comprend également 
les vaisseaux laticiferes et les vaisseaux utriculeux. On reconnaît facilement en 
effet que les tubes dont ce tissu est composé possedent une paroi propre. 
Leur calibre est primitivement rempli d'un liquide aqueux, mais plus tard il 
ne renferme plus que de l'air, de méme que les cellules médullaires au milieu 
desquelles les tubes sont plongés. C'est quand la séparation a eu lieu, par les 
progrès du développement, entre la moelle et l'écorce, que les tubes devien- 
nent visibles. Ils se composent d'abord de cellules un peu plus longues que 


160 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


larges, superposées en séries verticales, et qui reposent l'une sur Pautre par 
des faces planes. Plus tard les cloisons sont résorbées. Ilest probable que la 
production de ces tubes n'est pas bornée au méristème primitif des bour- 
geons, mais qu'elle doit se continuer plus tard à la surface de la moelle. 

M. Oudemans a encore examiné les caractères chimiques de la matière con- 
tenue dans ces tubes. Les alcalis caustiques, l'acide acétique, les acides miné- 
raux, le bichromate de potasse, les sels de cuivre, le réactif de Millon et 
Piode colorent cette matière en brun, ordinairement avec une nuance de 
rouge ; le sulfate ferreux, le chlorure ferrique et le chloroiodure de zinc la 
colorent en bleu. Elle contient donc du tannin. D'autre part elle n'est pas 
soluble dans l'eau. M. Oudemans regarde cette matière comme une espèce de 
cellulose, et pense qu'il faut peut-être la décrire comme une tunique interne 
de la paroi des tubes en question. 


Les propagules du Sphacelaria cirrosa; par M. Ed. de 
Janczewski (extrait des Mémoires de la Société des sciences naturelles de 
Cherbourg, t. Xvi1, 1872); tirage à part en brochure in-8° (avec le mémoire 
du méme auteur sur les Porphyra) (1). 


Outre les zoosporanges bien connus dans les Sphacélariées, M. Pringsheim 
a considéré comme étant les anthéridies de ces plantes un parasite interne, 
c'est-à-dire un Chytridium (ce qui rappelle les observations de M. Cornu). 
M. de Janczewski décrit les propagules qui n'étaient que très-imparfaite- 
ment connus. Les échantillons de Sphacelaria cirrosa produisant des propa- 
gules sont faciles à reconnaitre par leur consistance plus rigide et leur couleur 
plus intense. Ils ne renferment guère que des individus à propagules. Ces pro- 
pagules naissent toujours sur les ramuscules latéraux et sont implantés (2) pour 
la plupart sur le côté qui regarde le sommet de l'axe principal. Leur première 
ébauche est une excroissance latérale, émanant d'une cellule périphérique du 
ramuscule, qui se sépare ensuite de cette cellule par une cloison, puis s'al- 
longe et se divise de nouveau en deux cellules, dont l'inférieure reste sta- 
tionnaire jusqu'à la maturité du propagule et doit étre considérée comme 
son stérigme, tandis que la cellule supérieure prend la fonction d'une spha- 
cile; elle croit par son extrémité et engendre à sa base trois ou quatre cellules 
successives à l'aide de cloisons transversales. La cellule terminale ou basilaire 
de cet ensemble devient le siége d'un développement tout particulier. Son 
extrémité engendre une petite excroissauce terminale, à la base de laquelle 
apparait bientót une cloison transversale. Cette nouvelle petite cellule donnera 
naissance au poil terminal (3). Ce poil hvalin, composé de dix à quinze cellules, 


(4) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 140. 


(2) L'auteur fait le mot propagule du féminin. Nous croyons devoir suivre le Diction- 
naire de M. Littré. 


(3) Ce poil ne serait-il pas un trichogyne ou un organe analogue? 


REVUE DIBLIOGRAPHIQUE. 161 


est tout à fait semblable à ceux qui garnissent la fronde elle-méme. Quant à la 
cellule terminale ou basilaire elle-même, elle se divise par trois cloisons succes- 
sives, obliques à l'axe, paralléles aux bases des protubérances, implantées 
sur les bases latérales et s'entrecroisant à la base du poil. Ces dernières sont 
bientót munies d'une excroissance latérale qui représente l'un des trois rayons 
futurs du propagule. 

Le stérigme ayant produit un propagule ne s'atrophie point et peut en 
produire un deuxième, dont le développement s'effectue exactement de la 
méme manière. Les monstruosités des propagules sont assez fréquentes. 

Le propagule, une fois détaché de son stérigme, est en état de germer. 
L'auteur a suivi cette germination sur le Dasya coccinea, les Ectocarpus, 
les Callithamnion, le Delesseria Hypoglossum et le Dictyota dichotoma. La 
forme du propagule est telle que celui-ci, tombant sur quelque Algue, doit la 
toucher par l'extrémité de ses rayons. Alors la cellule terminale (du rayon ou 
du pédicelle) donne naissance à quelques crampons qui adhèrent fortement au 
tissu de l'Algue. Les crampons représentent en quelque sorte des prothalles dont 
les cellules sont propres à donner naissance aux jeunes frondes. Une de leurs 
cellules périphériques ou scutules pousse une excroissance letérale qui se cloi- 
sonne, se transforme en sphacele et produit une jeune fronde. Une scutule 
peut engendrer ainsi une, deux ou méme trois jeunes plantules; elle pousse 
en outre quelquefois, surtout sur les Algues filamenteuses (Ectocarpus), un 
rhizoide qui rampe sur les filaments et émet de jeunes frondes de distance en 
distance. 


Descriptions of some new or little-known Species of 
Oaks from north-west America (Descriptions de quelques espèces 
nouvelles ou peu connues de Chênes du nord-ouest de l'Amérique) ; 
par M. Robert Brown de Campster (extrait des Annals and Magazine 
of natural History, avril 1871); tirage à part en brochure in-8° de 
8 pages. i 
Ces Chênes nouveaux sont les suivants, encore imparfaitement connus, 

puisque les fleurs et la durée de la maturation ne sont pas toujours indiquées 

par l'auteur : Quercus Sadleriana, voisin du Q. Griffithii Hook. et Thoms. 
de l'Himalaya, type nouveau pour l'Amérique, de l'Orégon ; O. (Ærstediana, 

qui se rapproche du Q. Garryana Dougl in Hook. Flor. bor.-amer. I, 

159; Q. echinoides, voisin du Q. densiflora Hook. et Arn.; Q. Jacobi, que 

l'auteur ne fait qu'indiquer. Toutes ces espèces, ainsi que le Q. oblongifolia, 

ont été trouvées dans l'Orégon par M. R. Brown. 


Compendio della flora ilaliana, livr. 11et 12. 


Cette publication, que les efforts réunis de MM. les professeurs de Cesati, 
Passerini et Gibelli maintiennent à sa hauteur première, a abordé les familles 


162 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


des Morées, Ficées, Platanées, Balanophorées, Cératophyllées, Haloragées 
(dans lesquelles se placent les genres Hippuris, Myriophyllum et Callitriche); 
Euphorbiacées, Buxacées, Empétrées, Aristolochiées, Rafflésiacées, Santalacées, 
Éléagnées et Thymélées. La famille des Euphorbiacées comprend le genre 
Acalypha, dont une espéce, A. virginica L., est naturalisée autour de quel- 
ques jardins botaniques en Italie. Le genre £uphorbia, l'un des genres impor- 
tants de la flore italienne, renferme environ soixante-cinq espéces, parmi 
lesquelles Euphorbia Preslii Guss., dont la distribution géographique est 
des plus étendues; Zuphorbia insularis Boiss. (E. hyberna de l'Auvergne, 
du midi de la France et des auteurs italiens); Æ, Canuti Parl., E. Lagasce 
Spreng., Æ. sulcata De Lens, Æ. aleppica L., E. biglandulosa Desf., 
E. Sarati Ard. 


Recherches sur la nervation dc la graine; par M. G. Le- 
monnier (Ann. sc. nat. 5° série, t. XVI, pp. 233-305, avec 4 planches). 


Nous avons signalé déjà (t. xix, Revue, p. 49) les recherches spéciales 
faites par M. Van Tieghem sur les divers modes de nervation de l'ovule et de 
la graine, reproduites dans les Annales avant le mémoire de M. Lemonnier. 
Ce dernier observateur, élève de M. Van Tieghem, a accompli ses recherches 
sous les yeux de ce savant dans le laboratoire de l'École normale. 

Le mémoire de M. Lemonnier est divisé en trois chapitres. Dans le premier, 
intitulé : Histologie des enveloppes de la graine, il ajoute quelques détails 
aux faits signalés par M. Van Tieghem. Il y insiste sur l'importance de con- 
stater la présence des trachées dans les faisceaux libéro-vasculaires de la graine, 
afin d'éviter une confusion parfois facile entre ces vraies nervures et les 
simples bourrelets cellulaires que peut présenter la graine à sa surface, par 
exemple celle du Lunaria annua. Dans le second chapitre, il examine un 
certain nombre de types de nervation en cherchant à les classer de la manière 
la plus naturelle. Il admet les quatre catégories classiques : graines ana- 
tropes, amphitropes, orthotropes et campylotropes, et s'occupe principalement . 
des premières, dans lesquelles il distingue les graines à raphé vrai, les graines 
à pseudo-raphé et les graines saus raphé. M. Lemonnier admet en effet que 
le raphé manque complétement sans qu'on puisse mettre en doute la parfaite 
anatropie de la graine, par exemple dans le Corylus, le Symphytum, le Cyno- 
glossum, le Tropæolum. Quand ce raphé existe, il peut être libre de liaisons 
vasculaires avec le reste de l'enveloppe, sauf par un point, la chalaze; il est 
comparable au pétiole d'une feuille : c'est un raphé vrai. Ex. : Ternstræ- 
miacées, Rosacées, Sterculiacées, Renonculacées, Cupulifères, Sapotées, 
Euphorbiacées, Moringées. — Dans un second cas, le raphé fait corps avec le 
reste du spermoderme par ses connexions vasculaires ; aussi l'auteur ne lui 
attribue plus que la valeur d'une nervure médiane par rapportà l'ensemble 
de la foliole : c'est un pseudoraphé. Ex. : Cocos, Laurinées, Cucurbitacées, 


REVUE PIBLIOGRAPHIQUE. 163 


Nandhirobées, Ombelliferes, Labiées, Staphyléacées. Les Légumineuses, où les 
graines anatropes et les graines amphitropes sont à peu près également repré- 
sentées, montrent dans chacun de ces groupes des graines se rattachant aux 
types les plus différents. Sur chacune de ces familles, et sur plusieurs de leurs 
genres, l'auteur entre dans des détails circonstanciés oü nous regrettons de ne 
pouvoir le suivre. 

Le troisième chapitre de ce mémoire est consacré à une discussion appro- 
fondie de l'interprétation morphologique de l'ovule. M. Lemonnier apprécie 
d'abord les contestations qui se sont élevées entre M. Van Tieghem et M. Tré- 
cul ; comme on le pense bien, il ne conclut pas en faveur de ce dernier, et 
pense que la véritable question n'est pas où l'a portée le membre de l'Institut. 
Selon M. Lemonnier, l'organogénie s'était proposé de fixer par un critérium 
précis la définition des organes, mais sans succés ; on a demandé en vain au 
mode de développement longitudinal une distinction plus sûre ; la zone géné- 
ratrice indiquée par M. Cave n'existe pas, etil n'y a point lieu de tenir compte 
de ce caractère pour déterminer la signification d'un organe (1). Au contraire, 
la méthode anatomique pratiquée par M. Yan Tieghem, toujours claire et 
précise, a introduit un grand nombre de faits parfaitement positifs dans la 
science. Pour ce qui est de l'ovule, M. Engelmanu a été le précurseur de 
Schleiden, qui a fait de l'ovule un bourgeon, théorie longtemps adoptée. C'est 
à M. Brongniart qu'est due la première idée de regarder les membranes de 
l'ovule comme une dépendance de la feuille carpellaire; cette doctrine ne 
reparait qu'au bout de vingt ans (2), dans un travail de M. Cramer (3). M. Van 
Tieghem a démontré la nature essentiellement foliaire de placentas cités pen- 
dant longtemps comme types des placentas axiles (4). Si donc le placenta est 
foliaire, l'ovule ne peut évidemment représenter qu'un lobe dela feuille carpel- 
laire et non point une feuille autonome. MM. Brongniart et Cramer n'y out vu 
une feuille entiere que parce qu'ils considéraient le placenta comme un pro- 
longement de l'axe. 

M. Lemonnier conclut de la maniere suivante : 1? L'ovule est toujours 
constitué par un lobe de la feuille carpellaire, replié autour d'un mamelon 
cellulaire inséré sur la ligne médiane du lobe. — 2° L'insertion du pucelle 
se fait, dans les Angiospermes, sur la face supérieure ou trachéenne du lobe 

_séminal, et, dans les Gymnospermes, sur la face inférieure ou libérienne. — 
3° L'embryon, libre de toute connexion par continuité de tissus avec la plante 


(4) Sur les travaux de M. Cave, voyezle Bulletin, Revue, t, xvii, p. 67,100 ; t, xvi, 
p. 55 et Séances, t. xvii, p. 271. M. Van Tieghem avait déjà fortement baitu en brèche 
les idées de M. Cave (Ann. se. nat. 5, Xir, pp. 329 et suiv.). 

(2) Le professeur Kirschleger s'était aussi occupé de ce sujet dans un travail qui est 
resté assez peu connu. 

(3) Voyez le Bulletin, t. xut, Revue, p. 198. 

(4) Voyez le Bulletin, t. xix, Revue, p. 17. M. Faivre avait au contraire considéré le 
pistil du Primula sinensis comme étant de nature axile (t. xvn, Revue, p. 90). 


164 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


mère, a cependant avec les parties les plus voisines de celle-ci des relations de 
position bien déterminées. Son extrémité radiculaire est toujours tournée vers 
le micropyle, et son plan principal est en général perpendiculaire ou parallèle 
à celui du lobe séminal, — 4° La primine, caractérisée par la présence des 
faisceaux vasculaires, est en général la seule membrane qui persiste jusqu'à 
la maturité de la graine ; la secondine, privée de ces mémes faisceaux, sauf 
de rares exceptions (Euphorbiacées), n'est qu'un dédoublement de la primine, 
et son existence est le plus souvent transitoire. 

Ces conclusions, si elles étaient adoptées, compléteraient, dit l'auteur, la 
théorie des métamorphoses telle que Goethe l'avait produite. 


Nachiragliche Mittheilungen über die Ga(tuugen Mar- 
silia und Pilulariæ (Recherches additionnelles sur les genres 
Marsilia e£ Pilularia); par M. Al. Braun (extrait des Wonatsherichte der 
K. Akad. der Wissenschaften zu Berlin, aoüt 1872) ; tirageà part en bro- 
chure in-8°, Berlin, 1872. 


D'autres travaux de M. Al. Braun sur les Marsiliacées ont été publiés par 
le méme auteur dans les Monatsberichte, en octobre 1863 et en aoüt 1870. 
Les espéces que ses recherches persévérantes sont parvenues à rassembler au 
jardin botanique de Berlin v étaient, à l'époque de ce mémoire, au nombre 
de dix-neuf, que M. Braun commence par énumérer. Il a suivi avec soin leur 
développement, l'évolution de leurs feuilles, qui passent chez les Marsilia de 
la forme ovale-linéaire à la forme cruciale que l'on connait ; il en figure plu- 
sieurs exemples. Il s'occupe ensuite de l'organogénie des sporocarpes de ces 
plantes qu'il regarde comme une formation dépendante des feuilles. Il apprécie 
sur ce point le récent mémoire de M. Russow. 

M. Al. Braun s'occupe ensuite des Marsilia fossiles. Il nomme Marsilia 
Marioni un fruit fossile signalé par M. Marion dans son mémoire sur les fos- 
siles de Ronzon (Ann. sc. nat., t. XIV, p. 558, tab. 23, f. 28 et 29) (1), et 
nommé par lui Æonzocarpon hians. M. Marion l'avait attribué avec doute 
aux Loganiacées ou aux Légumineuses. Les Marsiliacées fossiles indiquées 
dans des couches plus anciennes, telles que le Jeanpaulia et le Marsilidivm, 
sont douteuses pour M. Braun. 

Dans la suite de son mémoire, M. Braun donne des observations: sur les 
caractères et sur lo synonymie des Marsiliacées étudiées par lui dans ses pré- 
cédents mémoires, notamment sur le Marsilia quadrifoliata L., sur le 
M. vestita Hook. ef Grev. et sur le M. americana Al. Br. La fin de ce travail 
est une suite de tableaux nommés Clavis emendata Marsiliarum et Pilula- 
riarum. Les Marsilia y montent à 51 et les Pilularia à 5. 


(1) Une note sur ce sujet a été publiée par M. Al, Braun dans le Botanische Zeitung, 
1872, col, 653. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 165 


On Sehizobasis, a new genus of Liliacez from Cape colony; par 
M. J. Baker (The Journal of Botany, avril 1873, p. 105). 


Cette curieuse petite plante vient augmenter la tribu des Chlorogalées, qui 
ne comprenait jusqu'à présent que trois genres, Elle se rapproche surtout du 
Chlorogalum de la Californie. 


New hyimenomycetous Fungi from Stoves; par M. Wor- 
thington G. Smith (The Journal of Botany, mars 1873, pp. 65-67, avec 
une planche). 


Les types nouveaux décrits dans cette note par M. Smith sont les suivants : 
Agaricus gardinioides, voisin de l'A. mitis P.; VA. (Naucoria) echino- 
sporus (Pleurotus), voisin de PA. Cucumis P. et de PA. furfuraceus P.; le 
Marasimus subulatus P., voisin du M. rotula Fr. et du M. androsaceus Fr. ; 
le M. aratus, voisin du M. fusco-purpureus Fr.; le Radulum Cyatheæ, voi- 
sin du À. quercinum Fr.; le Clavaria cervina, voisin du C. crispula Fr. et 
le Pistillaria purpurea. 


Lactarius minionws, n. sp. ; par M. Worthington G. Smith (74e 
Journal of Botany, juillet 1873, p. 205). 


Cette plante est de dimensions extrémement réduites, si bien que M. Smith 
a hésité quelque temps à la décrire comme nouvelle, craignant qu'on ne dût 
reconnaître plutôt en elle une variété très-petite de quelque autre Lactaire, 
et en particulier du Zactarius pallidus Fr. 


Dao Agarici novi angliei; auctore E. Fries (44id., avril 1873, 
p. 204). 
Agaricus Worthingtoni (A. albo-cyaneus Saunders et Worth. G. Sm. 
Myc. ill. tab. 29, f. 1-5 non Desmaz.). — A. Saundersii (A. majalis 
Saund. et W.-G. Sm. Myc. ill. tab. 46 non Fries) (1). 


A new genus of Ferns of the tribe Asplenicæ from the 
Salomon islands; par M. J.-G. Baker (The Journal of Botany, août 1873, 
p.235) ^ j 
Le Diplora se rapproche quelque peu des Scolopendrium. Il appartiendrait 

aux Eremobrya de M. Smith et par là se sépare de la grande majorité des 

Asplenium. Il présente des frondes entières portant des nervures parallèles, 

de chaque cóté desquelles est un sore allongé que recouvre un indusium qui 

se recourbe sur le sore pour atteindre la nervure et se rompt prés de celle-ci 
pour s'ouvrir. Si la fronde, qui est entiére, devenait pinnée, on aurait sous les 
yeux un Blechnum quant à la disposition de l'indusium. L'Asplentum vittæ- 


(4) Voyez le Grevillea de février 1873, pp. 127 et 128, 


169 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


forme Cav. ressemble par son port et par d'autres caractères au Diplora inte- 
grifolia, mais il appartient aux Desmobrya de J. Smith. 


Vegetation der Insein S. Ambrosio und S. Felix (Vé- 
gétation des îles Saint-Ambroise et Saint-Félix); par M. R.-A. Philippi 
(Bot. Zeit. 1870, col. 196-502, avec une planche). 


Les iles dont il est question dans ce mémoire sont situées dans l'Océan 
Pacifique, à 110 milles allemands environ de la côte du Chili. M. Philippi croit 
être le premier à faire connaître quelques documents sur leur végétation. Le 
point le plus élevé de ce groupe d'iles ne s'élevant qu'a 500 mètres au-dessus 
de la mer, cette végétation ue peut étre bien variée. M. Philippi a pu dé- 
terminer les espéces suivantes, rapportées en mauvais état par le comman- 
dant Simpson : Malva limensis L., Sicyos badaroa Hook. et Arn., Rea? 
lacerata Ph., Lycapsus tenuifolius (nouveau genre d'Euphorbiacées de la 
section des Alomiées, différent du genre A/om?ea par l'alternance des feuilles 
et par quelques détails moins importants), Heliotropium stylosum Ph., 


n. sp., Atriplex foliolosa Ph., n. sp., voisin de l'A. microphylla Ph. et 
Parietaria Feliciana Ph. 


Zur Kenníniss des Speerobolus stellats (Recherches sur 
(e S. stellatus) ; par M. A. Pitra (Bof. Zeit, 1870, n° 43, ^^ et A5). 


Ce Champignon, sphérique à l'origine, paraît parcourir les premières phases 
de son développement dans l'intérieur du bois pourri et le faire éclater de telle 
sorte que de petits morceaux de ce bois demeurent attachés à son enveloppe 
extérieure ou mycélienne. La deuxième couche du Champignon est une 
couche de pseudo-parenchyme; la troisième est formée d'Ayphes à parois 
épaisses formant des filaments résistants. Dans la quatriéme couche se trouvent 
des files de tissu cellulaire en palissade, que l'auteur nomme couche de col- 
lenchyme ; cette couche est interrompue inférieurement. La cinquième est la 
paroi du sporange, formée de cellules minces; elle devient, par une sorte de 
liquéfaction, visqueuse, translucide, brune, et forme le moyen d'attache du 
sporange après son éjaculation. Vient ensuite la couche sporifère, formée d'une 
trame celluleuse et d'un hyménium qui se rassemble en groupes dans les 
mailles du réseau dont toute la chambre intérieure du sporange est remplie. 
Il est formé d'hyphes filamenteuses, ramifiées, finissant en grappes, et de spores 
nombreuses assises sur des basides ovales, qui disparaissent plus tard. Les 
spores germent en émettant des filaments, et quelquefois dans le sporange lui- 
méme. L'enveloppe se fend à la maturité en cinq ou six dents ; alors les couches 
extérieures du godet, vers sa base, se séparent des couches intérieures, avec 
une certaine crépitation, se renversent en haut ei, à l'aide de la dessiccation, 
soulèvent le sporange, et le projettent à quelques pouces. Dans cette évolution, 
les parois détachées et soulevées au-dessous du sporange ressemblent pour 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 167 


leur forme à une cloche; elles comprennent la troisième et la quatrième 
couche ; la première et la deuxième restant dans les parois du godet. L'en- 
semble de cet appareil est hygrométrique comme celui des Geaster. Il y a 
réellement antagonisme dans la tension du tissu de la troisième et de la qua- 
trième couche, c’est-à-dire de la partie concave et de la partie convexe de cette 
cloche ; c'est le collenchyme qui constitue la quatrième couche, le côté 
convexe qui a sa force active dans le mouvement et qui, en se gonflant par 
l'humidité, tend à occuper un espace plus considérable. 

Corda et M. Bonorden, qui se sont occupés du méme sujet, avaient consi- 
déré ce tissu collenchymateux comme appartenant au sporange. 

Le Sphærobolus appartient, comme on sait, au petit groupe des Carpobolés; 
on pense qu'il est très-voisin des Nidulariés. Mais quelques mycologues ont 
fait valoir ses rapports avec les Gcaster, notamment M. Rabenhorst. Les 
recherches de M. Pitra confirment ce rapprochement. I compare les deux 
couches extérieures du péridium des Geaster avec les deux premieres couches 
dont l'anatomie lui a démontré l'existence chez les Sporobolus. La couche 
filamenteuse blanche qui prend un si fort développement dans la partie infé- 
rieure du corps des Geaster et qui se prolonge dans le pédicule de leur péri- 
dium interne, est aussi mise en parallèle par lui avec la troisième couche 
à filaments, résistants du Sp/ierobolus, qui se développe aussi plus fortement à 
la base de ce Champignon, et de laquelle s'éléve aussi le mince faisceau fibreux 
qui en représente le pédicule, et qui, après avoir traversé la quatrième couche, 
va s'unir au sporange. En outre, la couche de collenchyme des Geaster corres- 
pond évidemment à celle des Spkærobolus ; et la cinquième couche de ceux-ci 
au tissu extérieur du péridium interne des Geaster. 


Bemerkungen über die Arten der Gattung Cércæa 
Tourn. (Recherches sur les espèces du genre —) ; par MM. P. Ascherson 
et P. Magnus (Bot. Zeit., 1870, n% 47, h8 et A9). 


Il s'agit principalement d'une étude de géographie botanique dans ce mé- 
moire, dont les auteurs ont examiné successivement : le Cércæa alpina L. 
(Ocimastrum minimum Rupr.) (1); le C. repens Wall. absque descr. 
(C. lutetiana Hook. et Thoms. in exsicc. non L.) ; le C. intermedia Ehrh. 
(que les auteurs ne peuvent pasregarder comme un hydride, malgré sa stéri- 
lité et les traits qui le rapprochent du C. alpina); le C. lutetiana L. (Ocimas- 
trum verrucarium Rupr.); le C. cordata Royle et le C. mollis Sieb. et Zucc. 
Ils n'ont pas adopté le C. ericetorum de M. de Martrin-Donos, qui ne leur 
parait qu'une forme appauvrie du C. lutetiana. Leur mémoire contient en 
outre un grand nombre de détails descriptifs et se termine par uu tableau dicho- 
tomique du genre. 


(4) M. Ruprecht (Flor. Ingr., p. 366) a repris pour le genre Circæa la dénomination 
d'Ocimastrum qui lui avait été donnée par Gesner, 


168 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Dans le n° 23 du Botanische Zeitung de 1872, MM. Ascherson et 
Magnus ont encore décrit une nouvelle espèce du méme genre, le Circea 
pacifica, qui dans le mémoire de M. Bolander a été donné comme le C. lu- 
tetiana. 


A Catalogue of the Planís growing in the vicinity of 
Sian-Franeisco ; par M. Henry-N. Bolander. In-4° de 43 pages. San- 
"Francisco et New-York, chez A. Roman et Cie. 


Ce catalogue embrasse les Phanérogames et une partie des Cryptogames, 
les Algues et les Champignons étant exceptés. Le rayon de la florule circon- 
scrite artificiellement par l'auteur s'étend à 100 milles anglais au nord et au 
sud de San-Francisco, à l'est jusqu'au monte del Diablo, le sommet septen- 
trional de la chaîne qui sépare la région maritime dont San-Francisco est le 
centre de la vallée du fleuve Saint-Jacques. Cette région est partagée par l'au- 
teur en trois zones, la région littorale, la région forestière ou région du 
Sequoia sempervirens, etles packlands. Le catalogue, intéressant pour lhor- 
ticulteur et le botaniste, des richesses de la végétation californienne la mieux 
connue, comprend des notes utiles, relatives à l'extension. géographique des 
espèces ou à leur emploi dans l'industrie. 


Flore murale de la ville d'Alger ; par M. P. Jourdan (Bulletin 
de la Société algérienne de climatologie, 9° année, 1872, n% 1-3, 
pp. 27-50). 


Ce Catalogue a été dressé sur le méme plan que celui du méme auteur sut 
les plantes du tombeau de la chrétienne (1). | 

Dans une longue introduction, l'auteur commence par mettre en relief la 
situation privilégiée de la ville d'Alger. Il s'occupe ensuite de la constitution 
du sol d'Alger et de ses environs. Puis il cite les raretés de la flore murale 
d'Alger, parmi lesquelles nous remarquons : Physalis somnifera L., Urtica 
membranacea. L., Centaurea pullata, Anthemis fuscata, Funaria Fonta- 
nestt Sch., £'ntosthodon Duriæi Sch., etc. 

M. P. Jourdan s'attache à l'origine du Chenopodium ambrosioides L. , qu’il 
croit exister depuis longtemps en Algérie, témoin le nom de Ciar hama que ce 
végétal porte dans l'intérieur des terres, et qu'il partage avec d'autres espèces 
du méme genre. M. Jourdan pense que l'introduction prernière de cette Sal- 
solacée remonte probablement à l'existence de l'Atlantide qui servait de trait 
d'union entre les parties continentales des deux mondes. Pendant son séjour 
à Tlemcen, il a cru reconnaitre des empreintes de feuilles de ce Chenopodium 
dans les tufs calcaires du ravin d El Kalah. La plante existe d'ailleurs aux Açores, 
aux iles du cap Vert, aux Canaries, à Madère, etc. Ses graines ont parfaite- 


(1) Voy. le Bulletin, t, XV (Revue) p. 227. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 169 


ment germé après un séjour de près d’une année dans une eau saturée de chlo- 
rure de sodium. 


Ueber das Wachsthum der Phanerogamen-Wurzel (Sur 
la croissance de la racine des Phanérogames) ; par MM. J. Hanstein et 
Reinke (Monatsberichte der niederrheinischen Gesellschaft für Natur- und 
Heilkunde, séance du 2 août 1869, et Botanische Zeitung, 1870, n° A). 


M. Reinke a constaté sur le Stellaria media et sur le Cerastium triviale 
que la radicule apparait comme un organe primaire, et que la piléorrhize nait 
par des partitions tangentielles répétées du dermatogéne, qui ont lieu dans 
l'ordre centrifuge. 11 n'a été remarqué d'exception à cette règle que dans le 
Trapa natans. L'extrémité radiculaire se comporte chez les Dicotylédones 
comme l'extrémité de la tige. On remarque d'abord dans le parenchyme pri- 
maire du sommet trois éléments, dont le premier produit le dermatogène ou 
l'épiderme, le deuxième le péribléme ou l'écorce, et le troisième le plérome, 
c'est-à-dire le système fibro-vasculaire et la moelle. 

La physionomie de la croissance radiculaire ne se distingue de la croissance 
de la tige qu'en ce point que les groupes initiaux y sont beaucoup plus petits, 
et que les cellules de nouvelle formation se répartissent bien plutót en séries 
longitudinales, 

La structure des racines latérales correspond en ce qu'elle a d'essentiel 
à celle des racines principales. Chez la plupart des plantes, elles apparaissent 
quand les vaisseaux se forment dans la racine-mère, ou même, comme dans 
le Trapa, avant le développement du cambium, ou méme plutôt encore, 
comme chez l'Zmpatiens, c’est-à-dire dans l'embryon, où une coupe faite à 
travers la graine müre montre l'origine bien apparente de quatre racines laté- 
rales. Toutes ces racines latérales sont adventives au sens le plus strict ; il n'y 
a point de ramification de l'exirémité végétante. 

Les racines latérales partent toujours du péricambium (entendu dans le sens 
de M. Nägeli), et leur développement a été trouvé analogue chez un grand 
nombre de plantes. Il diffère encore chezle Trapa. La formation des vaisseaux 
marche dans la jeune racine suivant l'ordre centripéte, et les premiers vais- 
seaux étroits qui y apparaissent semblent en général renfermer des spirales 
déroulables. 

Les racines des Monocotylédons paraissent se développer de méme que 
celles des Dicotylédons. Les racines latérales du Pistia se développent comme 
celles du Trapa. 


Untersuchungen über einige Wachsthumserscheinun- 
gen (Recherches sur quelques phénomènes de développement); pat 
M. N.-J.-C. Müller (Bot. Zeit., 1870, n” 50, 51 et 52, avec une planche). 


M. Müller étudie d'abord, principalement au point de vue théorique et cri- 
T. XX. (REVUE) 12 


170 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


tique, les diverses opinions qui ont cours dans la science relativement à l'in- 
fluence de la pesanteur sur les végétaux. On a regardé, surtout M. Hofmeister, 
la racine comme suivant passivement l'action de la pesanteur, et la tige comme 
s'élevant activement en sens contraire de cet agent naturel. Mais la racine est 
aussi active que la tige. Si celle-ci, dans son ascension, souléve un certain poids 
de matière organique, la racine descend dans son évolution un poids analogue. 
De plus la racine, qui est loin de suivreles lacunes ou anfractuosités du sol, 
est obligée de vaincre en les percant l'obstacle que lui opposent les mottes de 
terre. M. Hofmeister a comparé d'ailleurs la descente de la racine à celle d’une 
matière plastique influencée par la pesanteur, et l'on a invoqué sur ce point la 
la pénétration des racines à travers le mercure. Cette pénétration prouve que 
la racine accomplit un véritable travail dans son évolution, mais elle ne prouve 
rien ni pour ni contre la plasticité supposée de l'extrémité radiculaire. 
- M. Müller attribue les propriétés inverses de la tige et de la racine à des 
différences de tension; à ce que la tension, trés-positive dans la tige, est 
nulle (ou négative) dans la racine. 11 apprécie l'expérience bien connue de 
Knight et l'observation faite par M. Hofmeister, sur le recourbement naturel 
des feuilles d'A//ium Cepa rendues horizontales par l'expérience (1). Les 
observations de M. Hofmeister ont été vivement critiquées par M. Frank, et 
les résultats de M. Müller concordent avec ceux de ce dernier observateur. 

Dans son second chapitre, M. Müller apprécie les conditions phvsiologiques 
du fanage des plantes, qui tient en premier lieu à la disparition ou à la dimi- 
nution de l'eau, et en conséquence à la perte de la tension dans la tige, à la 
perte de la solidité dans la tige et dans la racine. M. Hofmeister a soutenu que 
la tension était complétement indépendante de la pression hydrostatique du 
liquide intracellulaire. M. Müller ne partage pas complétement la méme opi- 
nion. D'après lui, la solidité et la tension des membranes dépendent toutes 
deux de la présence de l'eau ; et la solidité dépend en outre de l'épaisseur 

1l a construit des endosmomètres qui lui ont permis d'apprécier d'abord 
la tension endosmotique dans le travail d'élévation du liquide bsorbé, puis la 
tension endosmotique dans ses relations avec la tension des membranes, ce qui 
constitue l'équilibre des conditions biologiques du végétal; quand: la tension 
endosmotique diminue, la tension des membranes augmente, etc. La solidité 
des membranes est indépendante de leur tension et peut exister sans elle. 
Quand la cellule vivante s'est remplie par l'absorption endosmotique, la 
tension endosmotique (qui n'est que la différence des forces endosmotiques 
opposées) a diminué dans cette cellule. Ainsi la croissance, dans le végétal, peut 
être regardée liée à la perte de la tension endosmotique dans chaque cellule 
où s'accomplit successivement le travail d'élongation et de développement. 


(4) Ueber die durch Schwerkraft bewirklen Richtungen von Pflanzentheilen, dans les 
Berichte der K: sæchsischen Gesellschaft der Wissenschaften, 1860, p. 186. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 471 


Il se dégage encore des recherches de M. Müller cette conséquence géné- 
rale, que chez les racines examinées par lui, des tronçons cylindriques de 
même longueur, pris à des hauteurs différentes sur la racine, ne parviennent 
pas à des longueurs égales pendant des temps égaux ; que les longueurs qu'ils 
acquièrent dépendent de leur situation relative, ou plutôt de leur éloignement 
du sommet de la racine, et que le plus éloigné arrive successivement à occuper 
la place de tous ceux qui le précédaient primitivement du cóté du sommet. 


Die Wachsthumserscheinungen der Wurzel (Les phéno- 
mènes du développement de la racine); par M. N.-J.-C. Müller (Bot. Zeit., 
1871, n** ^1, 42 et 43, avec 2 planches). 


Ce mémoire continue directement le précédent, M. Müller indique les 
courbes observées par lui jour par jour, dans la croissance de la racine et 
comparativement aussi de la tige. Il explique d'abord ce qu'il entend par la 
croissance partielle. L'organe dont on étudie le développement étant partagé 
en segments cylindriques de longueur égale par des points tracés en noir, et 
continuant ensuite à croître, chacun de ces segments s'est allongé au bout 
d'un certain temps d'une quantité e, qui est la croissance partielle. Cette 
quantité e varie avec la situation du segment par rapport à son éloignement 
du sommet de l'organe ; elle atteint un maximum, puis elle décroit jusqu'à 
devenir égale à 0. En termes de mathématiques, on peut dire que e est une 
fonction constante de la distance qui sépare le segment observé du sommet 
de la racine, 

L'auteur s'est occupé aussi d'apprécier le rapport de la croissance avec le 
temps employé à l'effectuer. La croissance totale de la racine est, d’après lui, 
une fonction linéaire du temps, du moins pour un intervalle assez court, pour 
une température constante, et pourvu que pendant ce temps la racine n'émette 
aucune ramification, que la croissance ne soit pas influencée par des variations 
l'intensité de l'agent lumineux, et que le réservoir de matière nutritive (les 
cotylédons) soit inépuisable, En langage ordinaire, cela veut dire que, toutes 
choses égales d'ailleurs, l’accroissement radiculaire est constant dans un temps 
donné. L'auteur encadre ce résultat dans une série de formules algébriques oü 
nous redoutons de le suivre, par crainte d'étre trop obscur dans cette analyse, 
dont la rapidité nous empéche d'insister sur les précautions expérimentales 
observées par M. Müller, la construction de trés-petites serres chaudes symé- 
triques à parois divisées, l'emploi d'instruments d'optique perfectionnés pour 
lire les résultats sur une échelle très-petite, puisqu'il s'agit d'observations 
de courte durée et de quelques millimètres d'allongement, 

Dans une autre série d'observations, M. Müller a placé ses racines horizon- 
talement dans l'atmosphère et en a étudié l'incurvation, Elles se recourbent 
vers le sol à 30 ou 40 millimétres de leur sommet, précisément au point oü la 
quantité a atteint son maximum, L'auteur a expérimenté encore la pénétration 


472 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de la racine dans le mercure et dans l’argile à modeler. La croissance de la 
racine est toujours ralentie par l'obstacle qu'on lui oppose. Quand elle descend 
dans le mercure, elle se développe d'autant plus lentement que son sommet 
est placé plus bas au-dessous du niveau du métal. 

L'obstacle opposé par l'argile suffit pour barrer la route à des radicelles qui 
courent horizontalement à la surface du sol; il ralentit seulement, sans les 
arréter dans leur trajet, les racines qui accomplissent leur courbure géocen- 
trique. La forme pointue de l'extrémité radiculaire en facilite naturellement la 
pénétration. La force qui détermine la courbure de la racine n'est pas la méme 
que celle qui en pousse l'extrémité en avant ; cette derniere est plus forte, du 
moins dans des cas déterminés, quand elle s'exerce suivant la verticale (1). La 
courbure est d'autant plus forte, que la distance est plus grande entre le som- 
met de la racine et le centre de la courbure (2). 

M. Müller a répété l'expérience de Knight ; il a constaté que l'influence de 
la force extérieure, différente de la pesanteur, qui détermine la direction hori- 
zontale des racines, va toujours en augmentant à mesure que les racines s'al- 
longent et que se modifie leur distance relative (3) au centre de l'appareil tour- 
nant, L'accroissement d^ la force est approximativement proportionnel au temps. 

En dernier lieu, M. Müller s'est occupé de savoir quel poids les racines 
peuvent supporter. Il est clair que quand une racine rencontre un fond qu'elle 
ne peut traverser, et que nonobstant elle continue à s'allonger, elle soulève 
l'embryon et tout ce qui peut étre, d'une maniere générale, placé au-dessus 
d'elle. Pourle prouver expérimentalement, l'auteur a placé quatre-vingts graines 
de Mais dans de l'argile sur des plaques de liége, et empilé huit de ces plaques 
les unes sur les autres. Les radicules, ne pouvant percer le liége, ont soulevé 
pendant leur allongement les plaques supérieures; celles qui étaient situées sur 
les plaques inférieures n'ont pu s'allonger, le poids étant trop considérable. 
Chaque plaque de liége revétue d'argile et de ses graines pesait 125 grammes. 

Au bout de vingt-quatre heures, les $0 graines de la plaque n° 3 avaient 
soulevé à 2 millim. de hauteur un poids de 375 grammes. Ces appareils étaient 
placés dans une atmosphère confinée dont on pouvait analyser l’air. En ger- 
mant, les graines ont produit de l'acide carbonique, en méme temps qu'elles 


(1) Dans ce cas, l'influence de la pesanteur ou de la force centripéte s'ajoute à l'effort 
organique du développement naturel de la racine. Il y a dans ce cas plusieurs agents dont 
la résultante seule apparait, et dont l'action propre, inverse ou concordante, est très- 
difficile à déméler. 

(2) Parce que la quantité € atteint son maximum d'intensité à l'endroit de la courbure, 
et que cette quantité est d'autant plus grande que le point qui s'allonge est plus éloigné 
du sommet dela racine. Toujours la coincidence de la force géocentrique et de la force de 
développement. Il faut convenir que ces. données, obtenues par des procédés presque 
mathématiques, ne cadrent guére avec les idées de M. Hofmeister sur l'état demi-fluide 
ou « plastique » dela partie essentielle de la racine qui s’accroît, et qui ne subirait en 
tout, selon lui, qu'une influence mécanique de la part de la pesanteur. 

(3) On comprend que cette distance, qui est faible dans les expériences, puisse être 
modifiée par une croissance peu étendue de la racine. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 173 


accomplissaient un travail mécanique. En calculant d'aprés les résultats, 
M. Müller a reconnu (et ceci est la conclusion dernière de son mémoire) qu'en 
brûlant 8 grammes de carbone, une racine élève à un pied de hauteur un poids 
de 72,000 kilogrammes. 


Zur Frage der Abwartskriümmung von Wurzeln (Sur la 
courbure en bas des racines) ; par M. N. Speschneff (Botanische Zeitung, 
1870, n* 5). 

Il faut considérer ce mémoire comme une série d'observations faites à un 
mémoire précédemment publié sur le méme sujet par M. Hofmeister dans 
le méine recueil en 1869 (1). L'auteur a répété la plupart des expériences de 
M. Hofmeister et comparé ses opinions à celles de M. Frank; il anotamment 
observé la croissance de l'extrémité radiculaire mise en contact avec une 
couche de mercure. Il a vu que cette extrémité peut pénétrer dans le métal 
liquide, mais en faisant un angle très-considérable avec sa direction primitive. 
Ce phénomène ne concorde pas avec la théorie de M. Hofmeister, d’après 
lequel la radicule, demi-fluide prés de son extrémité, serait dirigée par les lois 
de la pesanteur. 


Studiem über Symmetrie und specifische Wachsthums Ursachen 
(Etudes sur la symétrie et sur les causes spéciales de la croissance des 
plantes); par M. W. Pfeffer (Arbeiten des botanischen Instituts in Würz- 
burg, 1871, 17^ partie, pp. 77-98). 

M. Pfeffer étudie dans son mémoire certains cas particuliers, la croissance 
bilatérale du thalle des Marchantia, celle des Selaginella dont les axes s'éta- 
lent sur le sol et n'échappent pas, dans le développement de leurs appen- 
dices, à la loi de croissance bilatérale, celle des Calypogeia, les sucoirs des 
Cuscuta, etc. M. Pfeffer a montré que les deux faces planes des propagules 
du Marchantia sont équivalentes, c'est-à-dire que chacune d'elles est en état 
de former des poils radicaux quand elle est tournée vers le bas ou placée sur 
un corps solide. L'eau ne produit pas le méme résultat. La branche aplatie qui 
provient de l'accroissement du propagule se comporte différemment ; mais 
dans tous les cas, la face éclairée de cette branche, dont la direction peut étre 
quelconque, devient la face pourvue de stomates, et la face obscure, au con- 
traire, devient la face inférieure chargée de poils radicaux et de lamelles 
foliacées. Méme aprés que les branches latérales se sont formées, le propa- 
gule lui-même a encore ses faces équivalentes. Les tiges des Selaginella 
peuvent être renversées de manière que la face supérieure de leurs organes 
foliacés devienne inférieure, et vice versa, sans que le rameau cesse de 
s'allonger ; dans ces conditions, M. Pfeifer l'a vu croître de deux pieds du 
6 mai au 20 août. 


(4) Voyez le Bulletin, t. xvi, Revue, p. 183. 


474 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


L'auteur a recherché aussi sous quelle influence est déterminée l'apparition 
des racines aériennes de la Vanille, ou celle des sucoirs des Cuscutes sur un 
point particulier de l'axe de ces plantes. Ce n'est pas l'obscurité produite par le 
contact de la plante nourricière qui occasionne la naissance du sucoir des Cus- 
cutes, puisque cet organe naît de même en contact avec un tube de verre, 
mais c'est le contact d'un corps étranger, comme on le voit aussi pour les 
organes d'adhérence de l’ Ampelopsis hederacea, qui ne prennent leur déve- 
loppement complet, vers l'extrémité supérieure des divisions de la vrille, que 
quand ils sont mis en contact avec un corps solide. Il n'en est pas de méme 
de la naissance des poils radicaux, dont la formation a lieu sans le moindre 
contact avec aucun corps solide, et se trouve activée par l'obscurité et l'hu- 
midité. 

Dans ce mémoire, M. Pfeffer ne manque pas de se préoccuper beaucoup 
de l'influence qu'exercent sur là direction des parties végétales la pesanteur 


et l'héliotropisme positif ou négatif, sujet plus particulièrement étudié dans les 
travaux suivants. 


Ueber einige Ursache der Richtung bilateralsymme- 
trischer Pflanzentheile (Sur quelques causes de la direction 
prise par les parties végétales soumises à la symétrie bilatérale); par 
M. Hugo de Vries (bid. , 2° partie, pp. 228-278). 


Ce mémoire est divisé en quatre parties. La première, toute d'historique 
et de critique, remonte très-haut, jusqu'à Dodart, et vise surtout le mémoire 
de M. Frank analysé dans cette Revue il y a deux ans (t. xvu, p. 76). La 
deuxième traite des causes de la direction des feuilles, parmi lesquelles l’auteur 
examine successivement la tension des tissus, le géotropisme, l'épinastie, 
l'héliotropisme, les effets de la surcharge de la torsion des feuilles. Dans la 
troisiéme, il étudie la direction des axes non verticaux, et passe en revue l'action 
des mémes causes. La quatriéme partie du mémoire contient l'exposé des 
résultats. 

Ces résultats ne nous paraissent pas offrir tous un grand caractère de nou- 
veauté. Comme M. Frank, M. de Vries pense que les coulants du Fraisier sont 
horizontaux, parce qu'ils sont affectés au méme degré d'héliotropisme négatif 
et de géotropisme également négatif, propriétés contraires et équivalentes, qui 
se neutralisent. D’après lui encore, la direction des parties végétales affectées 
de symétrie bilatérale (1), ou plus simplement des feuilles, qui sont horizon- 


(4) Le terme de symétrie employé ici par l'auteur allemand, et dont nous lui laissons 
la responsabilité, ne l’a pas été dans ce sens par la plupart des morphologistes, qui ne 
considérent comme symétriques que les organes formés de deux moitiés exactement com- 
parables ou superposables. M, J. Sachs, sans parler de symétrie, a écrit formations bila- 
térales, pour exprimer les organes partageables à droite et à gauche d'une section longi- 
tudinale en deux parties, dont tous les phénomènes d'accroissement ont lieu de même, 
sans que pour cela les deux moitiés soient dans un miroir l'image l'une de l'autre. 


REVUE BIBLIOGRAPHTQUE. 175 


tales, épénastiques (1) ou hyponastiques (2), tient à l'inégalité de développe- 
ment qui affecte les deux pages de la feuille ; quand la page supérieure croit 
avec plus de rapidité, la feuille s'incurve suivant le plan médian et offre une 
convexité supérieure, et vice versa dans le cas contraire. Dans le bourgeon, 
les feuilles sont en général hyponastiques, puis en s'étalant elles deviennent 
épinastiques, et enfin, quand les progrès du développement en ont régularisé 
l'énergie, elles sont simplement horizontales: cela se voit très-bien chez les 
Fougéres. Diverses influences, celles de la lumiere ou de l'héliotropisme, de 
la pesanteur ou du géotropisme, peuvent augmenter ou diminuer la courbure 
offerte par les feuilles, dont le sens est la résultante d'actions différentes, 
opposées ou combinées, Pour observer uniquement l'effet du développement, 
il faut séparer l'organe qu'on examine de toutes les parties liées avec lui, et 
qui en diffèrent par leur forme ou leur nature, et le placer verticalement dans 
un lieu obscur et humide. Dans l'état naturel, l'influence de la lumiere tend 
à diminuer l'épinastie, si les organes, feuilles ou rameaux, sont convexes vers 
la lumiére; à diminuer l'hyponastie dans le cas contraire. La pesanteur agit 
d'une double facon ; tantót elle influence directement la croissance des organes, 
quand ceux-ci, affectés de géotropisme, s'inclinent naturellement vers la 
terre ; tantôt elle ne l'influence qu'indirectement, quand les organes latéraux 
à l'axe vertical, flottant librement sur leur point d'attache, sont entrainés pas- 
sivement par elle; alors leur côté supérieur est entrainé à se développer 
davantage, tandis que leur côté inférieur en est empêché. On peut produire 
artificiellement le méme résultat en attachant un poids à l'extrémité d'une 
feuille ou d'un autre organe. Le développement de la plante s'en trouve modi- 
fié, quelquefois d'une maniére assez notable. C'est ce qu'on remarque notam- 
ment sur les rameaux horizontaux des arbres, Quand le poids attaché aux 
parties verticales est assez fort pour les détourner de leur position naturelle, 
il peut en résulter des torsions lorsque les parties tendent à reprendre, en se 
développant, leur portion naturelle, et lorsque la tension exercée par le poids 
s'exerce inégalement sur chacun des deux cótés de l'organe. 

L'auteur a fait des observations et des expériences analogues aux précé- 
dentes sur des nervures médianes de feuilles isolées de leur limbe. Il a trouvé 
que l'effet produit était dans ce cas plus accusé. Du reste, on sait quela nervure 
médiane se recourbe toujours quand elle est simplement séparée du limbe, 


toutes choses égales d'ailleurs, 


(1) Ce terme, emprunté au grec vacróg, épais, est à peu prés l'équivalent de convexe 
à convexité supérieure ; l'épinastie est définie par l'auteur comme la capacité de se déve- 
lopper davantage du côté supérieur. Nous n'adoptons cette expression que pour traduire 
plus littéralement et pour abréger, car le grec émvdarus signifie étranger. TOR 

(2) Par les mêmes raisons, hyponastique est synonyme de convexe à convexité infé- 


rieure. 


176 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Ablenkung der Wurzeln von ihrer normalen Wachsthumsrichtung 
durch feuchte Körper (Racines détournées de leur direction normale par 
les corps humides); par M. J. Sachs (Arbeiten des botanischen Instituts 
in Würzburg, 1872, Heft 11, pp. 209-222). 


Ce mémoire est daté du 8 septembre 1871 (1). La question que l'auteur 
y discute a déjà été traitée par M. Duchartre dans notre Bulletin, t. II, 
p. 583 et suiv.; nous y renvoyons le lecteur. M. Sachs a fait, sur le point en 
litige (la part que l'on doit attribuer à l'humidité du sol dans la tendance ver- 
ticalement descendante des racines), des expériences spéciales. Dans celles que 
M. Duchartre avait rapportées, il n'avait été tenu aucun compte de l'influence 
de la lumière, et l'on aurait pu attribuer la rentrée des racines dans la terre 
humide, en sens inverse de leur direction habituelle, non pas tant ou non pas 
seulement à ce qu'elles recherchaient l'humidité, mais encore à ce qu'elles 
fuyaient la lumière. M. Sachs, en opérant dans l'obscurité, s'est préservé de 
cette cause d'erreur. L'air où il suspendait son tamis recouvert de terre, et 
laissant passer les radicules à sa partie inférieure, était maintenu assez sec. 
Si ce tamis avait sa face inférieure horizontale, les radicules obéissaient simple- 
ment à la direction imprimée par la pesanteur. L'auteur attribue ce fait à ce 
qu'elles étaient également sollicitées à s'incurver de tous les cótés par l'attrac- 
tion de l'humidité, et que ces influences contraires et égales s'annihilaient. 
En effet, si le tamis était obliquement disposé, les radicules s'accolaient contre 
sa face inférieure vers la paroi la plus rapprochée d'elles. Mais quand l'air 
ambiant est saturé, ou à peu prés, de vapeur d'eau, l'obliquité des racines 
disparait, et elles n'obéissent plus qu'à la pesanteur', parce qu'elles n'ont 
pas besoin de rechercher l'humidité du sol, ce qui rentre complétement dans 
les idées exposées par M. Duchartre. 

M. Sachs a répété des expériences analogues avec des graines placées dans 
des tourteaux de tourbe; il a obtenu des résultats semblables. Il a encore disposé 
d'autres appareils, en employant des sols artificiels humides et non fertiles, ne 
possédant pas de matière nutritive qui püt exercer sur la graine une attraction 
quelconque, tels que des éponges, de la sciure de bois, et il a toujours obtenu 
des résultats analogues. Il s'en sert pour expliquer la manière dont se com- 
portent souvent les racines des Orchidées dans les serres. 

Vient ensuite une explication tirée de l'organogénie. Le cóté de la radicule 
tourné vers la surface humide devient concave parce qu'il croit plus lente- 
ment, le cóté opposé convexe parce qu'il croit plus promptement : de là l'in- 
curvation de la racine. La surface humide qui évapore constamment étant 
plus froide que l'atmosphère, le côté de la radicule qui se développe plus 
promptement pourrait étre considéré comme obéissant à une influence calo- 


(1) L'auteur en avait déjà publié un résumé dans les Verhandlungen der phys.- medic. 
Gesellschaft in Würzburg, à la date du 15 juillet 1871. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 177 


rifique, s'il ne devait pas lui-méme étre le siége d'une certaine évaporation. 
En définitive, c'est l'humidité senle qui demeure la cause déterminante des 
mouvements radiculaires observés. 


Langenwachsthum der Ober- and Unterseite horizon- 
talgelegter sich aufwärts kriünmmender Sprosse (Crois- 
sance en longueur des côtés supérieur et inférieur de rejets horizontaux 
qui se recourbent en haut); par M. J. Sachs (ibid., pp. 193-208). 


Il est établi aujourd'hui que si les jets de plantes placés horizontalement 
ou obliquement se relévent, cela tient à une différence de développement, 
plus actif du côté inférieur ou convexe, plus lent du côté supérieur ou con- 
cave. Mais on ignorait quelles relations existent entre ces inégalités de déve- 
loppement et les phénomènes de développement naturel. Pour le savoir, 
M. Sachs a imaginé une quadruple expérience, avec des troncons de tige 
dépouillés de feuilles et privés de leur extrémité supérieure. Il les a partagés en 
quatre lots. Le premier a été analysé, c'est-à-dire que ses bandes corticales et 
médullaires, isolées et par conséquent revenues à la longueur que leur donne 
leur élasticité naturelle, ont été exactement mesurées. 

Les troncons du deuxième lot ont été placés horizontalement à la surface 
du sable humide formant le fond d’une caisse de zinc susceptible d’être bien 
fermée ; ceux du troisième lot, partie dans le sable d’une caisse analogue, et 
recouverts d’une couche de même sable, épaisse de 4 à 5 centimètres, pour 
empêcher le recourbement des tiges ; partie dans des tubes de verre ouverts 
supérieurement, d'une largeur juste suffisante pour les recevoir, et placés 
horizontalement sur le sable ; ceux du quatrième dans des tubes dressés obli- 
quement. À un certain moment, l'expérience a été simultanément interrompue 
partout à la fois, les couches anatomiques séparées et les mensurations faites. 
Il en est résulté pour l'auteur : 4° la conviction, déjà acquise antérieurement 
du reste, que les couches anatomiques de même nature s’allongent du côté 
inférieur ou convexe des tiges ainsi disposées plus que du côté supérieur ou 
concave ; 2° la preuve que la différence de longueur observée dans les cas de 
relévement, entre les couches anatomiques voisines et de nature différente, est 
plus grande que dans l'état normal. 

Une troisième conclusion s'est offerte à l'expérimentateur, assez inattendue 
celle-là. Quand les tronçons placés dans une situation où un obstacle méca- 
nique empéchait le recourbement en haut, ont été délivrés de cet obstacle, ce 
recourbement s'est produit immédiatement et subitement, mais moins intense 
qu'il ne l'eüt été dans le méme espace de temps sans l'obstacle. 

L'auteur a fait aussi avec des chaumes de Graminées des expériences, dans 
lesquelles il a reconnu que le recourbement s’opère aux dépens des tissus de 
ces plantes dans lesquels s'opère l'allongement des mérithalles, c’est-à-dire 
dans la partie immédiatement supérieure aux diaphragmes. 


178 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Notes on some Brazilian plants from the neigbourhood of Campinas (Notes 
sur quelques plantes brésiliennes du voisinage de Campinas); par M. Joa- 
quin Correa de Mello (The Journal of the Linnean Society, 1870, vol. x1, 
n? 53, pp. 253-263). 

On Myrocarpus frondosus Allem.; par M. J. Correa de Mello, avec une 
note de M. Bentham (75id., pp. 263-265). 

Supplementary Note on the chinese Silkworm-Oaks (Note supplémentaire 
sur les Chênes à Vers à soie de la Chine); par M. Henry-F. Hance (ibid., 
1871, vol. xii, n° 65, pp. 7-15). 

Remarks on the tamil popular Names of plants (Remarques sur les noms 
des plantes en tamoul) ; par le rév. S. Mateer (ibid. , pp. 25-30). 

On the varieties of Aspidium angulare and aculeatum ; par M. H. Reeks 
(zbid., 1872, vol. xii, n° 66, p. 65). 

Bryological Notes; par M. S.-O. Lindberg (ibid., pp. 66-72). 

Note on Capparis galeata Fres. and C. Murrayii J. Graham; par M. N.-A. 
Dalzell (ibid., pp. 72-74). 

Kvetna Javoriny nad Lubinou (Flore de Javorina au-dessus de Lubina); 
par M. J.-L. Holuby (extrait du t. vii du Matica Slovenska, 1871). Ce 
mémoire est tout entier écrit en langue slovène. Zavorina est situé en Hongrie, 
dans le comitat de Neutra. 

Botanischer Taschenbegleiter der Alpenklubbisten (Ze Vade-mecum bota- 
nique des membres du Club alpin); par M. R.-T. Simler. In-8° de 164 
pages, avec 4 planches lithographiées. Zurich, 1871. — 256 types choisis dans 
la flore des hautes montagnes de la Suisse et de l'Allemagne font le fond de ce 
livre destiné aux touristes plutót qu'aux botanistes de profession. 

Schulflora von Deutschland (Flore de l'Allemagne, destinée aux écoles) ; 
par M. Otto Wünsche. Phanérogames. In-8° de XLVII et 326 pages. Leipzig, 
chez G. Teubner. 

On the Flora of Moab (Sur /a flore du Moab) ; par M. W. Amherst Hayne 
(The Journal of Botany, octobre 1872). 

On /yloses, the cellular filling up of vessels (Sur les « tyloses », ou le 
tissu cellulaire qui se développe à l'intérieur des vaisseaux) ; par M. Thi- 
selton Dyer (75id., novembre 1872). 

Remarks ou Aulacodiscus formosus, Omphalopelta versicolor, etc., with 
description of a new species of Navicula ; par M. F. Kitton (Monthly micros- 
copical Journal, juillet 1873). 

Chemical Examination of the bark of the Azadirachta indica; par M. J. 
Broughton (Pharmaceutical Journal, 14 juin 1873). 

Flore élémentaire, comprenant des notions de botanique, la classification et 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 179 


la description sommaire des familles et des plantes qui croissent naturellement 
en France; par M. C. Pin. In-18° de 219 pages. Paris, André-Guédon. — 
Prix : 4 fr. 

Sur une matière sucrée contenue dans les Champignons; par M. A. Müntz 
(Comptes rendus, t. LXXVI, séance du 13 mars 1873, pp. 649-651). 

Umwandlung von Staubgefæssen in Stempel bei Begonia, Uebergang, etc. 
(Transformation des filets staminaux en pistil chez les Begonia; passage 
d'une inflorescence hermaphrodite à une inflorescence unisexuée chez le 
Chamissoa; variété triandre d'un Epidendrum monandre) ; par M. Fr. Müller 
(Botanische Zeitung, 1870, n° 9, vol. 149-153). 

Ueber Anomodon apiculatus R. et Sch. in Rhóngebirge (£A. apiculatus dans 
les monts hen) ; par M. Ad. Geheeb (ibid., n° 41, col. 167-168). 

Franz Unger. Notice biographique ; par M. H. Leitgeb (i5id., n° 16). 

Ueber gegitterte Parenchymzellen in der Rinde (Sur les cellules paren- 
chymateuses grillagées de l'écorce) ; par M. Areschoug (/bid., col. 305-308). 

Ueber die Haide (Sur la lande de bruyères); par M. B. Borggreve, pro- 
fesseur à l'Académie forestière de Münden (Abhandlungen hersgg. vom natur- 
wissenschaftliche Vereine zu Bremen, t. 111, 2° partie, pp. 217-250). 

Ueber die Einwirkung des Sturmes auf die Baumvegetation (De l'action de 
la tempête sur la végétation arborescente); par M. Borggreve (ibid., pages 
251-256). 

Einige Bemerkungen über Wald und Haide (Quelques remarques sur la 
forêt et sur la bruyère) ; par M. W.-O. Fócke (ibid., pp. 257-269). 

Viola hirta odorata ; par M. W.-O. Fócke (ibid., p. 276). 

Bemerkungen über die Flora von Fürstenau (Recherches sur la flore de 
Fürstenau) ; par M. F. Buchenau (ibid., pp. 277-291). 

Zwei neue Juncus-Arten aus dem Himalaya und eine merkwürdige Bil- 
dungs-Abweichung im Blüthenslande der einer Art (Deux nouveaux Juncus 
de l'Himalaya et une déformation singulière dans l'inflorescence de l'un 
d'eux); par M. F. Buchenau (ibid., pp. 292-296). — Tl s'agit dans ce 
mémoire du J. ochraceus Buch. et du J. Grisebachii Buch. 

Empetrum nigrum L. und eine sibirische Ribes-Art auf Steingrübern 
(LE. nigrum et une espèce sibirienne de Ribes sur les pierres tumulaires) ; 
par M. F. Buchenau (ibid. , pp. 299-301). — Comme I'Zmpetrum, dans le 
nord-ouest de l'Allemagne, ne se rencontre au milieu des bruyères que sur 
ces pierres, l'auteur suppose qu'il est apporté par les déjections des oiseaux 
qui s'y reposent en traversant les landes. Ledebour cite un fait analogue 
pour un Rubus. 

Zum Gattungs- Character von [Damasonium Mill. (Sur le caractère géné- 
rique du Damasonium) ; par M. F. Buchenau (ióid., pp. 301-302). 

Enumeratio plantarum in agro Murensi sponte nascentium ; auctore N. 
Terracciano (Vuovo Giornale botanico italiano, vol. v, 1873). 


180 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Elenco delle. piante raccolte dal Sig. Giles nell’ Australia centrale; par 
M. F. de Müller (/»id., pp. 127-129). 

Relazione di un viaggio alpestre ; par M. S. Venzo (?5id., pp. 130-138). — 
Ce mémoire contient l'indication de plusieurs espèces nouvelles observées par 
M. Huter dans les montagnes du Frioul, entre autres du Primula venzoides 
Hut., hybride du P. tirolensis Schott et du P. Wulfeniana Schott. 

Osservazioni sulla vegetazione dei dintorni di Caserta per gli anni 1867-71 ; 
par M. N. Terracciano. In-8? de 48 pages. Caserte, 1872. 

Flora der Bluethen- und hóheren Sporenflanzen des Grossherzogthums 
Hessen und der angrenzenden Gebiete (Flore des Phanérogames et des 
Cryptogames supérieures du grand duché de Hesse et de la région envi- 
ronnante) ; par MM. L. Dosch et J. Scriba. 1*^ partie (des Équisétacées aux 
Aristolochiées), in-16 de 256 pages. Darmstadt, 1872, chez H.-L. Schlopp. 
— Prix : 2 fr. 

Over de geographische Verspreiding van Stratiotes aloides (De l'extension 
géographique du Stratiotes); par M. Hugo de Vries (JVederlandsch Kruid- 
kundig Archief, 2° série, t. 1°", pp. 203 et suiv., 1872). 

Fórteckning ófver Kärlväxter och Mossor frán Grónlands-expeditionen 
1870, insamlade och bestanida (/numération des végétaux vasculaires et des 
Mousses recueillis en 4870 pendant l'expédition au Groenland, et déter- 
iminés), par M. Sv. Berggren (Ofversigt af Kongl, Vetenskaps Akademiens 
Förhandlingar, année 1870, pp. 1075-1079). Un supplément est relatif 
aux Algues déterminées par M. J.-G. Agardh. 

Notes on the recent progress of Botany in Denmark ; par M. Robert Brown 
de Campster (Transactions and Proceedings of the Botanical Society, vol. 
XI, part I; Edimbourg, 1871, pp. 129-145). 

On the phyllotaxis of Zepidodendron; par M. Al. Dickson (?5id., pp. 445- 
147). 

Note on Lilium. canadense L. var. puberulum Torr. ; par M. Robert 
Brown de Campster (ibid. , pp. 147-148). 

On the Ericaceæ of Canada and adjacent parts of British America ; par 
M. George Lawson (ibid., pp. 163-168). 


OE'sterreichische botanische Zeitschrift. 


Gallerie OEsterreichischer Botaniker, 1871 : Lad. Celakovsky (n° 1). 

Ueber die Campanula Welandii Heuffel ; par M. Lad. Celakovsky (n° 1). 

Noch ein Wort über Pulsatilla Hackelii (Encore un mot sur le P. Hacke- 
lii) ; par M. A.-C. Mayer (n° 3). 

Zur Flora von Schlesien (Sur la flore de la Silésie) ; par M. R. Von Uec!.- 
tritz (n* 6). 

Ueber Sarcosphæra macrocalyx; par M. L. de Hohenbuhel-Heufler (n° 7). 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 181 


Ueber den Abortus des Andræcæum von Brassica Napus oleifera DC.; par 
M. Josef Dedecek (n° 7). 

Eine alternative in den Asarum-Blüthen ; par M. Josef Dedecek (n° 7). 
— Il s'agit dans cette note de fleurs régularisées d'Asarum offrant à l'inté- 
rieur du périgone dix étamines disposées sur deux rangs, et un ovaire à cinq 
loges. 

Silene parviflora Pers. und Potentilla digitato-flabellata A Braun et 
Bouché im Memelgebiet (aux environs de Memel); par M. Heidenreich 
(n° 7). 

Der Radstüdter-Tauern (Les Tauern de Radstadt); par M. P. Gabriel 
Strobl (n° 7, 8 et 9). 

Die Wald- Erdbeeren (Zes fraises de bois); par M. Friedrich Abl (n° 7). 

Ueber Puccinia Prostii Duby; par M. L. de Hohenbuhel-Heufler (n° 8). 

Zur Flora von Ungarn (Sur la flore de Hongrie); par M. d'Uechtritz 
(n** 8, 9, 10, 11 et 12). 

Ueber abnorme Blüthen des Verbaseum Lychnitis L. (Sur des fleurs ano- 
males de Y. Lychnitis) ; par M. Josef Dedecek (n° 9). 

Zur Flora von Polen (Sur /a flore de Pologne) , par M. F. Karo (n° 9 
et 10). 

Exkursion nach Südtirol (xcursion dans le Tirol méridional); par 
M. Karl de Sonklar (n° 10). 

Ein deutscher Urwald (Une forêt vierge en Allemagne); par M. Focke 
(n° 41). 

Kryptogamen von Schottwien ; par M. Josef Wallner (n° 11). 

Chronik der Pflanzenwanderung (Sur les migrations végétales); par M. A. 
Kerner (n° 12). — Il s'agit surtout dans ce mémoire du Rudbeckia laciniata L., 
répandu depuis deux cent cinquante ans dans nos jardins, qui en sort pour 
occuper dans le centre de l'Europe une aire de dispersion analogue à celle 
des plantes indigènes, et dans cette aire des localités déterminées ainsi qu’un 
sol caractéristique. 

Skizzen von der Erdumseglung S. M. Fregatte Donau ptm du voyage 
de circumnavigation de la frégate Donau) ; par M. H. Wawra (n° 12). 

Vegetationverhältnisse des mittleren und æstlichen Ungarns und angren- 
zendeu Siebenbürgens (Végétation de la Hongrie moyenne et orientale et des 
parties voisines de la Transylvanie) ; par M. A. Kerner (n** 4, 3, 4, 5, 6, 
7, 8, 10 et 11). 

Exkursionen in die Berner Alpenim Sommer 1855; par M. Vulpius (n° 1). 

Eine Besteigung des Rumerjochs (Une ascension au col de Rum); par 
M. Gsaller (n° 2). 

Botanische Verhältnisse in Istrien (Caractère de la végétation de l'Istrie); 
par M. de Tommasini (n° 6). 

Drei für Dalmatiens Flora neue Pflanzen (Trois plantes nouvelles pour la 
[lore de la Dalmatie) ; par M. V. de Janka (n° 4). 


182 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Standorte zur Kryptogamen-Flora Niederæsterreichs (Localités pour la flore 
cryptogamique de la Basse-Autriche) ; par M. J. Wallner (n° 4). 

y 

Zur Flora von Karlstadt ; par M. Rossi (n° 4). 


NOUVELLES. 


(1*' décembre 1873.) 


— Nous avons la douleur d'annoncer une nouvelle perte que vient de faire 
notre Société. A celles de deux de nos plus vénérés confréres, MM. Passy et 
Laségue, qui ont été communiquées à la Société dans sa séance de rentrée, 
nous devons ajouter celle de M. Claude Gay, membre de la section de bota- 
nique à l'Académie des sciences, décédé à l’âge de soixante-treize ans, à 
Deffends (Var), le 29 novembre dernier. 


— M. Gay n'ayant pas fait de dispositions testamentaires, ses héritiers ont 
remisla plus grande partie de sa bibliothéque scientifique à la légation du 


Chili, pour qu'elle soit offerte au gouvernement de ce pays, et sa bibliothèque 
littéraire à la ville de Draguignan. 


— Nous lisons dans l'un des derniers numéros du Journal officiel, que la 
science vient de faire une perte considérable dans la personne de M. Agassiz, 
qui avait étudié l'histoire naturelle sous tous ses aspects, et auquel son explo- 
ration du Brésil avait mérité le titre d'associé étranger de notre Académie des 


sciences. On sait que M. Agassiz s'était toujours rangé parmi les adversaires 
des théories darwiniennes. 


— Nous lisons un peu tardivement dans The American Journal, numéro 
d'octobre 1875, que notre compatriote (1) M. Elias Durand est décédé à Phila- 
delphie le 44 août dernier, à l’âge de quatre-vingts ans. M. Durand avait quitté 
l'Europe dès 1816, pour s'établir aux États-Unis, où il était associé dans la 
pharmacie de M. Ducotel, à Baltimore, avant de s'établir lui-méme comme 
pharmacien à Philadelphie. On trouve dans notre Bulletin, t. vit, p. 418, la 
trace d'un passage de M. Durand à Paris. On sait qu'il y a quelques années, il 
avait offert son herbier des États-Unis au Jardin des plantes de Paris, où il est 
déposé dans la galerie de botanique. Les principaux travaux de botanique de 
M. Durand sont les P/ante Hermanniane, les Plantæ Prattenianæ, comptes 
rendus de collections californiennes publiées dans le Journal of the Academy 
of natural Sciences of Philadelphia, et plus tard, d'une maniére plus complete 
et avec des planches, dans les £xplorations and Surveys for a railroad-route 
from the Mississipi river to the Pacific Ocean ; une énumération des plantes 
recueillies par le docteur E.-K. Kane dans sa première et deuxième expé- 


. (4) M. Durand était né à Mayence alors que cette ville appartenait à la France. P 
était toujours resté Français de cœur. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 183 


dition aux régions polaires, parue également dans le Journal of the Academy; 
enfin son Sketch of the Botany of the basin of the great Salt-Lake of Utah. 


— Notre honorable confrére M. Ad. Chatin, ancien président de la Société, 
professeur de botanique à l'École supérieure de pharmacie de Paris, vient 
d'étre nommé directeur de cette École en remplacement de M. Bussy. 


— M. Germain de Saint-Pierre, qui présidait notre Société lors de l'arrivée 
à Paris de l'Empereur Dom Pedro, a été élevé par Sa Majesté au grade de 
commandeur dans l'ordre impérial de la Rose du Brésil. 

— M. le docteur Léopold Just, professeur de botanique et de chimie agri- 
cole au Polytechnikum de Carlsruhe (grand-duché de Bade), est en train de 
fonder avec le concours d'un grand nombre de botanistes allemands une publi- 
cation nouvelle, sous le titre de : Botanischer Jahresbericht. Cette publication, 
exclusivement bibliographique, se propose de rendre compte de tous les 
travaux parus à partir du 4° janvier 1873, dans le domaine de la botanique 
ou de la chimie agricole. Un volume annuel sera publié chaque automne à la 
librairie Max. Müller à Breslau, le premier dans l'automne de 1874. M. L. Just 
se recommande à tous les botanistes pour l'envoi de leurs travaux. 


_— M. le docteur P. Ascherson est parti dernièrement pour une explora- 
tion botanique de la Cyrénaique, comme attaché à l'expédition dirigée par 
M. G. Rohlfs. A son arrivée en Égypte, l'expédition, après avoir été présentée 
au Khédive, qui fait les frais du voyage, a assisté à Alexandrie à une séance 
de l'Institut égyptien, tenue à son intention, et dans laquelle M. Schweinfurth 
a annoncé son prochain départ pour la grande oasis de Chargeh. 

— Notre confrére M. N. Doümet-Adanson se prépare à une exploration de 
la Tunisie [méridionale, pour laquelle il a demandé des instructions à l'Aca- 
- démie des sciences. 

— M. Willkomm, l'un des auteurs du Prodromus Floræ hispanicæ, a 
accompli cette année un dernier voyage aux Baléares, voyage qui eüt été plus 
fructueux pour l'étude de la flore espagnole sans les circonstances politiques 
actuelles. On avait pu craindre, nos confreres se le rappellent peut-étre, que 
le Prodromus de MM. Willkomm et Lange ne demeuràt inachevé. Nous 
sommes en mesure d'annoncer à nos confréres que la continuation de l'ou- 
vrage est en ce moment sous presse. 

Nous ajouterons que par suite de la retraite de M. Kerner, qui a quitté 
Puniversité de Prague pour retourner à Inspruck, M. le professeur Willkomm 
quitte l'université de Dorpat pour aller prendre à Prague la chaire de bota- 
nique et la direction du jardin. 

— M. le docteur J. Hooker vient d'étre nommé président de la Société 
royale de Londres. Cette diguité n'avait depuis longtemps été conférée à aucun 
naturaliste. 


48^ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


— Une commission scientifique a quitté l'Europe à la fin du mois dernier 
pour aller se livrer, sur la demande du gouvernement du Paraguay, à une explo- 
ration scientifique de ce pays. Cette commission se compose de MM. Thwite, 
géologue et minéralogiste, Keite Johnston, géographe, et B. Balansa, natura- 
liste. Leur mission doit durer deux ans au moins. Nous ne doutons pas que 
l'explorateur de l'Asie Mineure, de l'Atlas africain et de la Nouvelle-Calédonie 
ne fasse daus l'Amérique méridionale les découvertes les plus intéressantes. 

— On annonce que M. Pierre de Tchihatcheff entreprend une traduction 
française du livre récemment publié par M. Grisebach sur la géographie 
botanique, dont nous avons rendu compte, t. xix, Revue, p. 86. Le premier vo- 
lume doit paraitre au printemps de 1875. Le traducteur a l'intention de faire 
de nombreuses annotations. 

— Le xvi1* volume du Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis 
vient de paraître. Ce volume termine la série des Dicotylédones (moins les 
Artocarpées, dont la rédaction ne s'est pas trouvée prête à temps), et par con- 
séquent l'ouvrage, M. Alph. de Candolle ayant renoncé, comme on le sait, 
à y comprendre les Monocotylédones, renfermées pour la plus grande partie 
dans l’ Enumeratio de Kunth, malheureusement déjà ancienne aujourd'hui. 
Il donne les raisons de cette résolution dans une intéressante brochure 
intitulée Réflexions sur les ouvrages généraux de botanique descriptive 
(Genève, impr. Ramboz et Schuchardt, 1873). Il y expose le plan qu'il à 
suivi, les difficultés considérables toujours croissantes contre lesquelles il a 
lutté dans la direction de cet ouvrage, et expose quelle sera la marche à adopter 
pour les ouvrages généraux de l'avenir. Une partie de cette brochure se trouve 
reproduite (en langue latine) à la fin du tome xvin? du Prodromus sous le 
titre de Prodromi historia, numeri, conclusio. 

Les XVII tomes du Prodromus, parus en 20 volumes [in-8, formant l'ou- 


vrage complet, sont maintenant en vente à la librairie V. Masson au prix de 
280 francs. 


— Le prix quinquennal de 500 francs fondé par A.-P. de Candolle pour 
la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes sera décerné 
en septembre 1874 par la Société de physique e: d'histoire naturelle de 
Genève. Les mémoires destinés au concours peuvent être écrits en latin, en 
francais, en allemand, en anglais ou en italien. Ils doivent étre inédits. On 
peut les adresser, avant le mois de septembre prochain, à M. Alph. de Candolle, 
président de la Société, ou à M. Marignac, secrétaire. Les membres ordinaires 
de la Société ne sont pas admis à concourir. 


Le rédacteur de la Revue, 


: "t Dr EUGÈNE FOURNIER, 
Le Secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, 


W. DE SCHŒNEFELD, 


Paris, — Imprimerie de E. MARTINET, rue Mignon, 2, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 


(NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1873.) 


N. B. — On peut se procurer les ouvrages analysés dans celte Revue chez M, F, Savy, libraire 
de la Société botanique de France, rue Hautefeuille, 24, à Paris, 


Diagnoses plantarum novarum Japoniæ et Mandshu- 
riv. Scripsit C.-J. Maximowicz. — Decas XV (Mélanges biologiques, 
tirés du Bulletin de l'Académie impériale des sciences de Saint-Péters- 
bourg, t. 1x, pp. 148-188). 


Vitis leeoides, sp. nov. (Cissus), de Nagasaki : feuilles composées de 1-4 
(ordinairement 3) paires de folioles ; cymes très-amples, oppositifoliées, pé- 
donculées. — Sanguisorba (sensu Al. Braun emend.), représenté dans l'Asie 
orientale par cinq espèces pour lesquelles l'auteur établit deux divisions, 
selon que les épis sont centripètes (S. alpina Bunge, S. canadensis Torr. et 
Gray) ou centrifuges (S. obtusa, sp. nov., S. tenuifolia Fisch., S. officina- 
lis L.). Le S, minor (Poterium Sanguisorba L.) ne parait pas croitre spon- 
tanément au Japon. 

Potentilla cryptotænia, sp. nov. (sect. Digitatæ multifloræ Lehm.), de 
la Mandchourie et du Japon. Cette espèce, qui n'a de rapports qu'avec le P. 
elatior Schlt., s'en distingue facilement par les feuilles des fascicules pédato- 
quinées, ses pétales jaunes, ses carpelles un peu plus longs que les styles. — 
P. centigrana sp. nov. (Acephalæ boreales Lehm.), de la Mandchourie et 
du Japon. Cette espéce est remarquable entre les monocarpiques par ses fleurs 
qui sont toutes alaires, ses tiges à la fin décombantes, caractéres qui la sépa- 
rent nettement du P. millegrana Engelm., dont elle a le port. 

A propos de ces deux nouvelles espèces, l'auteur présente quelques obser- 
vations sur]plusieurs espèces polymorphes du genre. Les P. tenuifolia Lehm., 
P. davurica Nestl., P. glabra Lodd., sont synonymes du P. fruticosa, qui, 
outre sa forme ordinaire, se retrouvant au Japon, offre deux variétés, mand- 
shurica Max. et mongolica Max. Le P. fragarioides, trés-répandu dans le 
nord et le centre de l'Asie et méme au Japon, renferme les P. Sprengeliana 
Lehm., P, stolonifera Lehm., P. japonica Bl, P. Gerardiana Lindl, Au 
P. grandiflora L. il faut rapporter à titre de variété le P. fragiformis Willd. 
etle P. gelida, qui croît jusque dans le nord du Japon. Il n’est guère douteux 

T. XX. (REVUE) 13 


186 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


que le P. Kleiniana Walt., le P. anemonæfolia Lehm., le P. reptans 
A. Gray (non L.), ne soient de simples synonymes du P. Wallichiana Del. 

Les Pomacées ne sont pas représentées dans la flore de l'Asie orientale par 
moins de 33 espèces, distribuées dans les genres suivants : Chenomeles, 
4 esp.; Cydonia, 2 esp. (prob. introd.) ; Pirus, 8 esp., dont une. nouvelle, 
P. Tchonoskii, bien distincte du P. Malus par ses feuilles pourvues de côtes 
nombreuses, droites; Sorbus, 5 esp., en y comprenant d’après C. Koch., le 
Cratægus alnifolia Sieb. et Zucc. ; Amelanchier, 4 esp.; Cotoneaster, 
4 esp.; Cratægus, 3 esp.; Eriobothria, 2 esp.; Photinia, 7 esp., dont une 
est nouvelle : P. Fortuneana, du nord de la Chine, qui se distingue des 
P. arbutifolia et P. pustulata Lindl., par ses feuilles serrulées au sommet 
et ses styles au nombre de 4 ou 5; Zlaphiolepis, 2 esp.; Osteomeles, 4 esp. 

Le genre Myriophyllum est représenté au Japon par 3 esp. : M. spicatum 
var. muricata, M. verticillatum L. et M. ussuriense, qui n’est autre que le 
M. verticillatum, var. ussuriense Regel Tent. fl. Uss. 

M. Maximowicz termine cette décade par la description de trois Ombel- 
lifères nouvelles propres au Japon : Pimpinella calicina, espèce très-remar- 
quable par son gros fruit subdidyme, couronné par les dents lancéolées, rigides 
et persistantes du calice. — Angelica inequalis, à rayons de l'ombelle très- 


longs, inégaux, et A. polymorpha, appartenant tous deux à la section Gom- 
phopetalum. 


Decas XVI (Mélanges biologiques, t. 1x, pp. 213-270). 


L'auteur a recherché des caractères précis pour établir des divisions dans le 
genre Ribes, et il les a trouvés dans l'inflorescence, dans les anthères dont les 
loges sont libres ou soudées, et dans la vernation des feuilles plissées ou enrou- 
lées. Le sous-genre Siphocalyx présente ce dernier mode de vernation ; le 
premier caractérise les sous-genres Grossularia et Ribesia, qui se distinguent 
nettement l'un de l'autre, les Grossularia ayant un pédicelle sans bractéole et 
non articulé sous la fleur, tandis que celui des Æibesia est toujours bibractéolé 
et articulé avec la base du calice. Les Æibesia peuvent être partagés en trois 
groupes ou séries d’espèces, selon que les fleurs, naissant avec les feuilles d’un 
méme bourgeon, sont polygamo-dioiques (alpina), ou bien que les fleurs, 
accompagnées seulement d'une ou plusieurs feuilles très-petites, sont herma- 
phrodites. Dans ce dernier cas, les loges des anthéres sónt soudées et les 
feuilles glanduleuses (nigra), ou libres et les feuilles non glonduleuses (rubra). 

M. Maximowicz étudie ensuite longuement les Æibes de l'Asie orientale, au 
nombre de vingt, parmi lesquels quatre sont nouveaux : R. ambiguum 
(Grossularia), du Japon, espèce inerme à réceptacle pelviforme ; R. grossu- 
larioides (Grossularia), du Japon, aiguillonné et à baie glabre; À. japonicum 
(Ribesia nigra), du Japon, dont les grappes sont plus longues qué la main, 
les baies noires, les bractées obsolètes ; Æ. Meyeri (Ribesio rubra), qui n'est 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 187 


autre que le R. afropurpureus, var. B. -C.-A; Meyer in Led. FL alt. 1, 
268. 

L'auteur termine par des considérations géographiques fort intéressantes 
sur ce genre, d’où il résulte que l'Amérique paraît être le siége principal des 
espèces composant la famille, et que l'Asie ne vient qu'en deuxième ligne avec 
30 espèces environ, dont 19 seulement lui appartiennent en propre. | 

Ligusticum japonicum, sp. nov., du nord du Japon. C'est une plante assez 
voisine par ses feuilles du Z. acutilobum Sieb. et Zucc., mais beaucoup plus 
petite, à rayons plus nombreux et dont la commissure offre de six à huit ban- 
delettes. Ce genre est donc représenté au Japon par 3 espèces : L. scoticum L.; 
L. acutilobum Sieb. et Zucc. (Peucedanum japonicum Miq. non Thunb.) 
et L. japonicum Max. 

On a observé jusqu'ici, dans l'Asie orientale, 10 espèces d'Angelica appar- 
tenant à la section Ostericum. ^ de ces espèces sont nouvelles : A. Florenti 
Franchet et Savatier, qui a tout à fait le port de PA. pyrenæa; À. grosse- 
serrata Max. ; A. Miqueliana Max.; A. Hakonensis Max., établi sur une 
plante récoltée par notre confrère, le docteur Savatier, dans la chaine de 
Hakone. 

Le nombre des Galium connu dans l'extrême Asie et au Japon. ne dépasse 
pas 12. Il est vrai que l'auteur se montre très-sévère sur l'admission des 
types spécifiques. Il en décrit néanmoins deux nouveaux : G. brachypodium, 
de l'ile d'Yézo, qui s'éloigne du G. triflorum Mich., par ses pédicelles courts, 
ses feuilles supérieures verticillées par quatre, et par ses fruits glabres. Le 
G. paradoxum sp. nov., est trés-remarquable par la présence de véritables 
stipules interpétiolaires, dont les inférieures sont soudées et subulées; il croit 
dans la Mandchourie, 

L'auteur termine par quelques notes sur les Rubia et les Asperula, en 
rapportant à ce dernier genre, sous le nom d'A. platigalium, le Rubia gra 
cilis Miq. 

A, FRANCHET. 
Enumeratio plantarum in Japonia sponte crescentium hucus- 
que rite cognitarum, quibus accedit determinatio herbarum in libris japo- 
nicis S mokou Zoussetz xylographice delineatarum ; auctoribus A. Franchet 

et Lud, Savatier. Vol. 1, pars I. Parisiis, F. Savy, 1874. 

Une importante préface, signée des deux auteurs et datée du 1*' décembre 
1872, nous apprend que ce livre a été rédigé sur la demande des botanistes 
japonais, et pour les initier à nos méthodes de classification. Le travail de 
MM. Franchet et Savatier est donc destiné non-seulement à résumer et à 
compléter notre connaissance de la végétation japonaise, mais encore à unir 
par une nouvelle route scientifique la civilisation européenue à celle de 
l'extrême Orient. 

Les auteurs rappellent les travaux de M. Miquel, dont le dernier, publié en 


188 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


4870, Catalogus Musei lugduno-batavi, renfermant la liste méthodique de 
2000 espéces du Japon, n'était pas parvenu à notre connaissance. Ils énu- 
mèrent avec plus de détail les sources japonaises, c'est-à-dire les recueils de 
planches dessinées au Japon, dontla détermination est l’un des principaux buts 
de leur travail. Le nombre des volumes consacrés à l'iconographie de la flore 
japonaise qu'ils ont eus à leur disposition n'est pas moindre de cent cinquante; 
les deux tiers au moins des plantes s'y trouvent figurés. Le premier est, d'après 
les auteurs, le Kwa-wi, dont M. Savatiera déjà publié la traduction. Nous 
nous référons à ce que nous en avons dit dans la Revue, t. xix, p. 196, pour 
faire apprécier la difficulté de la transcription des noms japonais en caractères 
européens, Cette difficulté est assez grande pour que l'ouvrage nommé 
par M. Miquel (Prolusio flore japonicæ, p. 370) et d’après lui, par M. Savatier 
dans sa traduction des Kwa-wi, Soo bokf ds” sets dsen hen, soit maintenant 
nommé par ce dernier Sô mokou Zoussetz, d'après une transcription plus 
exacte, fournie par un Japonais de grande distinction, M. Koumagaï, qui 
habite Paris (1). L'auteur du Sô mokou était, dit-on, trés-versé dans la connais- 
sance des langues européennes, et avait recu de Siebold lui-méme des lecons 
de botanique. Les plantes sont classées dans son livre d'aprés la méthode 
linnéenne, et souvent accompagnées de leur nom latin. 

M. Savatier, durant un séjour de six années à Yokoska, a pu réunir près 
de dix-huit cents espéces, dont plus de cent n'ont pas encore été mentionnées 
au Japon, ou sont méme tout à fait nouvelles. Celles-ci sont citées à leur place 
dans la liste donnée par les auteurs ; leur description est renvoyée à la suite de 
cette liste. M. Maximowicz a bien voulu se charger, avec la plus grande obli- 
geance, de comparer les types nouveaux de M. Savatier à ceux de l'herbier 
du jardin impérial de Saint-Pétersbourg, pour éviter les doubles emplois. 

La préface est suivie de la liste des ouvrages cités, concernant plus parti- 
culièrement le Japon ou les contrées adjacentes. 

Le premier volume s’étend des Renonculacées aux Ombelliféres. 


Atlas zur mediziniseh.pharmaceutischen Botanik, die 
Analysen der wichtigsten Pflanzenfamilien enthaltend (Atlas de botanique 
médicale et pharmaceutique, renfermant l'analyse des familles de plantes 
les plus importantes) ; par M. J.-B. Henkel. 2* édition ; 1'* livraison, in-8° 
de 8 pages de texte et 20 planches. Tubingen, 1873, chez M. H. Laupp. 


Cet Atlas doit être complet en trois livraisons, renfermant ensemble 54 
pages ; le tout au prix de 2 thalers (7 fr. 50). Il se compose seulement des 
planches et de l'explication de ces planches. Ordinairement deux gravures sont 
réunies sur une méme planche. Les 54 planches donneront ainsi la série des 
principales familles. 


(4) Les modifications dialectales sont la principale cause de ces différences, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 189 


Algues marines des environs de Bastia; par M. O. Debeaux 
(Recueil de Mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie mili- 
taires, t. XXV, 1873, pp. 528-541). 


J. Agardh, dans son mémoire A/gæ maris Mediterranei et Adriatici (1842), 
ne mentionne qu'un nombre fort restreint d'espéces de la Corse, trouvées par 
M. Léveillé. M. Robiquet, dans son grand ouvrage de statistique, intitulé : 
Recherches sur la Corse, a publié une liste d'une vingtaine d'Algues qui 
composeraient la végétation sous-marine du littoral de la Corse. Ces docu- 
ments étaient peu importants. Il faut y joindre le travail récent, publié par 
M. de Brébisson, l'an dernier, dans la Revue des sciences naturelles, sur les 
Diatomées de la Mousse de Corse (1). 

C'est de la composition de ce vermifuge que s'est principalement occupé 
M. Debeaux. Il a constaté.d'abord que les pharmaciens de Corse le tiraient de 
Marseille. Dans les officines de Bastia, ce médicament n'offrait aucune trace 
de l' A/sidium helminthochorton Kütz., qui passe à tort ou à raison pour 
étre dans la Mousse de Corse le vermifuge par excellence. Les roches sous- 
marines des environs, explorées soigneusement par M. Debeaux, lui ont offert 
un mélange de dix-sept espéces, dans lequel, d'aprés le témoignage de notre 
honorable confrère, M. le docteur Lebel, de Valognes, il n'existait pas un brin 
d Helminthochorton. Ce mélange a cependant toujours été employé avec succès 
à l'hópital militaire de Bastia. Au contraire, des échantillons recueillis aux 
environs d'Ajaccio renfermaient neuf parties sur dix d’ Zelminthochorton. 

Le mémoire de M. Debeaux renferme des détails importants sur l'histoire 
de la Mousse de Corse. M serait établi que les Grecs ont connu de tout temps 
les propriétés vermifuges de l Helminthochorton., 1l est à présumer que ce sont 
les Grecs établis depuis longtemps en colonie à Cargèse, prés d'Ajaccio, qui 
les premiers ont recueilli en Corse l’Algue vermifuge. En tout cas, c'est Dino 
Stephanopoli, médecin corse d'origine grecque, qui fit le premier connaitre les 
propriétés du végétal, qu'il désigna dans son Voyage en Grèce, sous le nom de 
Leminthochorton, et qu'il avait retrouvé sur les rochers des environs d'Ajaccio, 
vers 1775 ou 1778. La thèse de Schwendiman est de 1780, et la dissertation 
de Latourrette de 1782. à 

Aujourd'hui encore, les habitants, c'est-à-dire {principalement les femmes 
et les enfants des pécheurs établis sur les rivages du golfe d'Ajaccio, se livrent 
pendant le mois de juillet et d'aoüt à la récolte des Algues vermifuges. 

M. Debeaux réclame la priorité de la découverte des propriétés vermifuges 
des petites Algues pour les Chinois, qui, selon lui, les auraient connues detemps 
immémorial: Ils en attribuent d'analogues au Sargassum bacciferum Ag. 
M. Debeaux donne une liste d'Algues de Chine, recueillies par lui pendant 


(4) Voyez le Bulletin, t, xix, Revue, p. 215. 


190 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


l'occupation de la presqu'ile de Tché-fou, et déterminées par M. Areschoug. 
Il s'y trouve en majeure partie des espèces amalogues aux espèces vermifuges 
de l'ile de Corse. 

En terminant, M. Debeaux appelle l'attention sur une autre Algue de la 
Méditerranée, à cause de l'emploi qu'elle pourrait trouver dans l'industrie, le 
Rytiphlæa tinctoria, qui donne sous l’eau douce une magnifique teinte 
pourpre carminée. M. Debeaux, différant sur ce sujet d'opinion avec les 
zoologistes, attribue au RÆytiphlæa la production de la pourpre des anciens. 
M. Debeaux a constaté dans le nouveau port de Bastia la présence. du Clado- 
hora membranacea Kütz., espèce spéciale aux mers chaudes des Canaries, 
des Antilles et des iles Marquises, transportée sans doute par les navires dans 
la Méditerranée. 


De Porigine probable des Poiriers cultivés, et des nom- 
breuses variétés qu'ils fournissent par semis, par M. D.-A. Godron (extrait 
des Annales de la Société d'agriculture de Meurthe et Moselle, 1873) ; 
tirage à part en brochure in-8° de 31 pages. Nancy, impr. Berger-Le- 
vrault, 1873. 


D’après M. Mathieu, professeur à l’École forestière de Nancy, et M. Godron, 
le Pirus communis L., sauvage, propagé par semis, varie extrémement peu. 
C'est le contraire des faits observés par M. Decaisne, qui, en semant les pepins 
des Poiriers cultivés, et méme d'une variété de Poirier à cidre presque sau- 
vage, le P. salvifolia DC. ou Sauger, a toujours obtenu des variations 
remarquables. M. Godron a étudié dans les herbiers diverses espéces sponta- 
nées du genre Pirus, il n’y a pas constaté non plus de variations; tous ces 
Poiriers conservent dans les conditions naturelles leurs caractères spécifiques 
et s'éloignent sous ce rapport des Poiriers cultivés. Aussi M. Godron ne 
peut-il pas accepter la conclusion formulée par M. Decaisne, à savoir, que les 
types spontanés du genre Pirus proprement dit ne soient que des races d'une 
méme espèce. Pour expliquer les variétés innombrables des. poires cultivées, 
il recourt aux croisements établis spontanément entre races véritables qui $e 
seraient formées à l'origine dans les lieux où le Poirier a été d'abord cultivé, 
et qui seraient provenues d'espéces différentes. M. Godron cherche à établir 
que la fertilité hybride peut créer des races dans le genre Pirus. Mais il est 
obligé de reconnaitre que, d'aprés les lois offertes généralement par les 
hybrides, on devrait obtenir, dans la descendance des nombreux Poiriers, des 
faits de retour aux types spécifiques primordiaux. Puisque de semblables faits 
n'ont jamais été observés, nous devons en conclure, dit-il, que, si nous en 
exceptons les formes qui ont les feuilles tomenteuses et qui pourraient bien 
provenir du Poirier Sauger, toutes les autres variétés de Poiriers cultivés 
procèdent d’une seule et même espèce. Ce doit être, selon l’auteur, une 
espèce asiatique que l’on n’aurait pas encore retrouvée, à moins que, bornée 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 191 


dans son aire d'extension comme les autres espèces asiatiques du méme 
genre, elle n'ait disparu par la culture des lieux oü elle vivait jadis à l'état 
spontané, Ainsi le Pirus salvifolia DC. est considéré par M. Decaisne comme 
d'origine asiatique, bien que l'on ne connaisse pas encore avec certitude la 
région d'Asie d’où il a été importé en Autriche et en France. On peut en dire 
autant du P. canescens Spach, qu'on cultive dans les parcs. 


Nouvelle Revue des Lichens du jardin publie de Blos- 
sae, à Poitiers; par M. H.-A. Weddell (extrait des Mémoires de. la 
Société nationale des sciences naturelles de Cherbourg, t. XWin, 1873); 
tirage à part en brochure in-8° de 23 pages. Cherbourg, impr. Bedelfontaine 
et Syffert, 1873. 


Nos confrères ont sans doute encore présent à l'esprit le travail inséré par 
M. Weddell dans notre Bulletin, t. xvt, p. 195. Ses nouvelles recherches 
ont notablement accru le nombre des espéces citées par lui dans son précé- 
dent catalogue ; les Lichens recueillis dans le seul jardin de Blossac atteignent 
aujourd'hui bien plus de cent. M. Weddell a fait connaitre pour quelques 
Parméliés et Lécanorés les caractères fournis par l'emploi des réactifs. On 
remarque dans son mémoire une espèce nouvelle, Verrucaria epicallopisma, 
dont les apothécies sont entées sur le thalle du Zecanora callopisma. 


Bidrag til Synonymiken for nogle Kritiske Arter fra Danmarks og 
nabolandenes Floraer (Recherches de synonymie pour quelques espèces 
du Danemark et des flores voisines) ; par M. Lange (Oversigt over d. k, D. 
Videnskabelige Selskapets Forhandlingar, 1873, n° 2) ; tirage à part en 
brochure in-8° de 26 pages, avec 2 planches coloriées. Copenhague, 1873, 
chez Bianco Luna. 


Il s'agit dans ce mémoire d'abord du Bromus asper Murr. et de ses rap- 
ports avec le B. serotinus Beneken (1). Les deux espèces établies aux dépens 
de l'ancienne espèce de Murray sont maintenant nommées par M. Lange Schæ- 
nodorus Benekeni Lge et S. serotinus Beneken. Il n'accepte pas la maniere 
de voir de M. Trimen, qui a proposé (Journ. of. Bot., 1870, p. 76) de 
reprendre le nom de Bromus ramosus Huds. Fl. Angl., ed. 1. Il fait ressortir 
un fait intéressant, c'est que Gmelin. (Flora badensis, 1806, 1, p. 242) avait 
déja séparé les deux espèces distinguées plus tard par M. Beneken : 4° le 
Bromus versicolor Poll. (B. serotinus Benek.) ; 2° le B. montanus Poll, 
(B. asper Beneken). Les deux espèces croissent souvent pêle-mêle en Europe ; 
la distribution géographique de chacune d'elles n'est pas encore connue d'une 
maniere compléte, 


(4) Ces deux espéces ont été recueillies en Belgique pendant la dernière session 
extraordinaire, 


192 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M.. Lange s'occupe ensuite des espèces du groupe de l’Ononts spinosa L. . 
La cause des divergences et de l'incertitude que présente ordinairement la 
détermination de ces espèces vient de ce que l'Ononis repens L. a générale- 
ment été mal connu. Il résulte de la discussion à laquelle l'auteur se livre, les 
descriptions et la synonymie suivantes : 

I. ONoNIS REPENS L. Sp. pl. ed. 1, non auct. pl. Lge Pug. pl. hisp. 1v, 
352. Dillen Hort. elth. 29, tab. 25, f. 28. — O. inermis Huds. Fl. angl. 
ed. 2, 1, 312, var. B. — O. arvensis var. B. repens DC. FI. fr. 1v, 509. 
— 0. procurrens var. B. repens DC. Prodr. 11, 163. — O. retusa Schum. — 
0O. procurrens B. maritima G. G. FI. Fr. 1, 315. — O. repens var. prostrata 
Bréb. F1. norm. 1, 108. — 0O. occidentalis Lge in sched. pl. exsicc. Europ. 
austr. — O. maritima Dmtr. Bull. Soc. bot. Belg. 1, 113. 

Longe denseque viscoso-villosa ; caulibus omnino prostratis (vix radicanti- 
bus), gracilibus, inermibus v. rarius spinosis (Q. repens var. Q. Lloyd), fra- 
gilibus; foliolis obovato-rotundatis v. suborbicularibus, retusis, argute pro- 
fundeque serrato-dentatis, nervis lateralibus utrinque 4-6 valde prominulis ; 
floribus minoribus quam ©. procurrentis, in axillis solitariis v. saepius race- 
moso-congestis; sepalis latioribus et brevioribus quam illius, legumine 
subrotundo subæquilongis ; seminibus reniformibus, grosse granulato-punc- 
tatis, | 

Cette espèce habite les rivages occidentaux de l’Europe, depuis le nord de 
l'Espagne jusqu'aux îles de la Frise. Il est intéressant de comparer sa descrip- 
tion et sa synonymie avec celle de l'espéce suivante : 

IL. O. PROCURRENS Wallr. Sched. crit. 381. — O. spinosa L. Fl. suec. 
— 0: arvensis L. Syst. nat. ed. 12-13 part. — O. repens Sturm. Deutschl. 
Fl. tab. 13. Coss. Atlas, tab. 11, fig. A. Asch. Fl. Brand. p. 137 non L. 
— 0. miniana Planell.-Gir. FI. fanerog. Galleg. p. 166. 

Minus dense minusque longe viscoso-villosa, caulibus adscendentibus v. erec- 
tiusculis, rarius diffusis, robustioribus, tenacissimis, spinoso-ramosis v. rarius 
inermibus ; foliolis ovalibus v. obovatis, obtusis, nervis parum prominulis ; 
floribus majoribus ; sepalis linearibus, legumine longioribus. 

Cette espéce se trouve dans toute l'Europe depuis la Suede et la Norvége 
jusque vers le milieu de l'Espagne. Une de ses variétés se retrouve dans le 
Dauphiné, sous le nom d'O. caduca Vill, 

Le troisième article de M. Lange est relatif à Y'Astragalus hypoglottis L. 
C'est la plante du nord de l'Europe, A. danicus (A. arenarius Huds. Fl. 
dan. tab. 614) que A.-P. de Candolle a représentée sous le nom linuéen dans 
son As/ragalogia. M. Lange a protesté contre cette interprétation dans son 
Haandbog i den danske Flora, 2 ed., p. 410. MM. Bunge et Boissier ayant 
adopté au contraire l'opinion de l’Astragalogia, M. Lange revient sur les 
doutes qu'il a déjà formulés. Il fait observer que M. Bunge a trouvé dans 
l'herbier de Candolle, sous le nom d' A. Aypoglottis, quatre espèces différentes; 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 193 


que Linné a indiqué son À. ypoglottis en Espagne; que l'A. hypoglottis de 
Desfontaines est certainement différent de l'A. danicus ; que les caractères 
indiqués par Linné ne conviennent pas à PA. danicus, que l'A: danicus était 
confondu par Linné avec son A. arenarius, etc. M. Lange pense qu'il fau- 
drait chercher l’A. kypoglottis L. dans l'A. asperulus L. Duf. (A. epiglot- 
toides Willk.). 


Statistique botanique du Forez; par M. Antoine Le Grand 
(extrait des Annales de la Société d'agriculture, industrie, sciences, arts 
et belles-lettres du département de la Loire, t. xvir); tirage à part en 
brochure in-8° de 290 pages. Saint-Étienne, impr. Théolier et Ci°, 1873. 


M. Le Grand commence par tracer l'histoire de la botanique du Forez, dont 
le premier explorateur est Duchoul (1), et sur laquelle il a lui-même publié 
quelques notices dans notre Bulletin. Après cette introduction vient un aperçu 
général de la distribution des espèces dans la flore du Forez, que l’auteur 
circonscrit au bassin de Montbrison, comprenant, outre l’arrondissement de ce 
nom, la moitié environ de celui de Saint-Etienne et une petite portion de 
celui de Roanne, environ les six dixièmes du département de la Loire. Cette 
flore ainsi limitée atteint 1648" à Pierre-sur-Haute et 1484" au col de la 
Perdrix. M. Le Grand n’a pas constaté que la végétation fût nettement in- 
fluencée, dans le rayon de ses observations, par la nature de certaines stations ; 
il croit qu'il serait rationnel de diviser les plantes suivant leur préférence pour 
l’humidité ou la sécheresse, en plantes hygrophiles, xérophiles et indifférentes, 
plutôt que par les stations qu'elles préfèrent. Dans un second chapitre, il 
examine les influences qni agissent sur la végétation : chaleur, nature du sol ; 
il donne des listes de plantes caractéristiques de telle ou telle altitude, et 
d'autres indifférentes à l'élévation du sol ; il compare la végétation du Forez 
à celle d'autres régions de la France. Il résulte pour lui de cette comparaison 
que la flore forézienne a bien plus de rapport avec les flores du centre de la 
France qu'avec celles du midi, et que l'on peut rattacher le Forez, en atten- 
dant des études plus approfondies, à la région encore mal délimitée que 
M. Ch. Martins a appelée région du centre. 

M. Le Grand s'est occupé spécialement de l'influence du sol sur les plantes. 
Il se montre partisan déclaré de l'influence chimique. L'influence physique 
est, d'aprés lui, dans sa région, entiérement subordonnée à la nature minéra- 
logique des terrains; des roches de méme composition chimique ont en effet 
une végétation identique, malgré une structure trés-dissemblable; d'autre 
part, chacun des terrains a sa flore spéciale. 1l est probable, dit l'auteur, que 
l'élément calcaire et l'élément siliceux sont les seuls qui aient une influence 


(4) L'ouvrage de Duchoul, excessivement rare, est intitulé : De varia Quercus histo- 
ria; accessit Pylati montis descriptio. Lugduni, 1555. 


194 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sensible sur la végétation, et que l'action attribuée à certaines roches n'est 
due qu'à la chaux ou à la silice. Le basalte, qui présente des faits particuliers, 
renferme 10 à:20 pour 100 de carbonate de chaux, ce qui explique pourquoi 
les plantes habituelles aux terrains calcaires végètent parfaitement sur le sol 
basaltique. 

L'énumération des plantes du Forez, qui contient les Mousses, comprend 
1432 espèces. M. Le Grand entend l'espece dans le sens linnéen, et admet 
que quand deux formes en apparence trés-différentes et méritant méme à 
priori d’être spécifiquement distinguées, sont reliées entre elles par des séries 
d'intermédiaires auxquelles on ne peut assigner de limites parfaitement défi- 
nies, on doit conclure à l'unité spécifique de ces formes. 

Les plantes les plus intéressantes de ce catalogue ont déjà été signalées à nos 
confrères par M. Le Grand dans notre Bulletin (t. xviir, p. 145). Nous devons 
ajouter une mention à deux espèces importantes, le Bromus patulus, inconnu 
jusqu'à ce jour dans le bassin de la Loire et méme sur le plateau central; et 
le Cerastium Lamottei Le Grand, mentionné d'abord par l'auteur sous le nom 
de C. petræum F. Schultz, mais par erreur. M. Grenier pense que cette 
espèce serait le Cerastium Riæi, plante d'Espagne, qu'il serait en tout cas 
trés- intéressant d'avoir retrouvée dans le Forez. 

Le livre de M. Le Grand se termine par plusieurs documents : la liste des 
espéces exclues, la liste des noms populaires des plantes du Forez, une note 
sur les collections locales et la table des matières. 


Index synonymique de la famille des Champignons ; 
complément du tome II de la Cryptogamie illustrée. In-4° de 20 pages, 
autographié ; par M. C. Roumeguère. 


Cette énumération comprend tous les genres de Champignons connus de 
l'auteur et disposés par ordre alphabétique. Pour chaque genre, l'auteur en 
indique la synonymie et la tribu. En outre, il fait connaitre, au moyen de 
chiffres de renvoi placés sur deux colonnes, la page oü il en a parlé dans sa 
Cryptogamie illustrée, et le numéro de la figure correspondante du même 
ouvrage. 


Correspondances autographes inédites des anciens botanistes 
méridionaux, I. Pierre Barrera. II. Ramond et Picot de Lapeyrouse; par 
M. C. Roumeguère (extrait du xx° Bulletin de la Société agricole, scien- 
tifigue et littéraire des Pyrénées-Orientales); tirage à part en brochure 
in-8° de 52 pages. Perpignan, impr. Ch. Latrobe, 1873. 


Cette notice, d’après le sous-titre qui la précède, a été communiquée à la 
Société botanique de France, pendant sa session extraordinaire de Prades- 
Montlouis, le 5 juillet 1872 (1). M. Roumeguère a saisi l'occasion de payer 


(1) La partie publiée par M. Roumeguère dans le Bulletin de la Société des Pyrénées- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 195 


à Pierre Barrera (1) un sympathique souvenir dans le pays où il était né. Ce 
botaniste avait hérité de l'amour pour l'étude que“ possédait si profondément 
son maitre et son ami, Pierre Barrère, auteur du Zopographia botanica rusci- 
nonensis. M. Roumeguère retrace sa biographie et ses travaux. Le principal 
ouvrage de Barrera est une Flore topographique et méthodique des Pyrénées- 
Orientales, en deux forts volumes, dont le tome second est de son neveu 
Clément Barrera, qui pratiqua aussi la médecine et la botanique à Prades. 
Il fournit pour l Essai sur la minéralogie des Pyrénées, de Palassou, le cata- 
logue qui a pour titre : Plantes observées sur les Pyrénées et au pied de ces 
montagnes (2). Le 22 avril 1803, sur la demande de Lapeyrouse, il lui adressa 
une lettre, véritable- itinéraire botanique des Pyrénées-Orientales, que 
M. Roumeguére reproduit, M. Roumeguère y ajoute des notes sur la syno- 
nymie des espéces citées par Barrera et sur les localités de quelques plantes 
rares des Pyrénées-Orientales. 

La deuxième partie de ce document bibliographique a trait à la querelle 
qui surgit entre Ramond et Lapeyrouse aprés les publications faites par le 
premier de ces savants dans la Décade philosophique (1794) et le Bulletin 
de la Société philomathique (1800). 


Labiatæ abyssinieæ collectionis nuperrime Schimperianæ enumeratæ ; 
auctore W. Vatke (Zinnæa, 1872, t. m1, 3° livr. pp. 313-332). 


Pour étudier les Labiées d'Abyssinie, M. Vatke a eu à sa disposition les 
collections d'Ehrenberg et de Schimper; mais il n'a pu consulter le Tenta- 
men flora abyssinicæ d'A. Richard, qui, paraît-il, n'existe pas à Berlin, et 
n'a pu que deviner les espèces établies par notre compatriote d’après les 
citations de Walpers (3). 

M. Vatke a établi des espèces nouvelles dans les genres Ocimum, Ortho- 
siphon, Plectranthus, Coleus, Calamintha et Stachys. Il n'a abordé aucune 
question de géographie botanique. 


Piperaceæ novæ secundum ordinem in DC. Prodr, vol. xvir adhibi- 
tum distributæ ; auctore Cas. De Candolle (ibid, pp. 333 et sq.). 
Voici les espéces nouvelles établies par le monographe des Pipéracées : 
Anemiopsis Bolanderi Californie (Bol.); Piper yucatanense (Linden n. 184 


Orientales avant l'impression du compte rendu de la session de Prades n'a pu étre admise 
dans ce compte rendu, en vertu d'un usage invariable de notre Société, 

(4) Ce Pierre Barrera est le même que Pierre Barrére, de Prades, dont a parlé 
M. Reboud dans le compte rendu de la session de Prades-Montlouis. D'aprés les docu- 
ments réunis par M. Roumeguére, le correspondant de Lapeyrouse se nommait certai- 
nement Barrera. 

(2) Les manuscrits de Pierre Barrera sont pieusement conservés à Prades, par son 
parent M. Lacroix, notaire, tout disposé à permettre aux amis des sciences l'examen des 
écrits du botaniste roussillonnais. 

(3) D'aprés M. Vatke, l'herbier particulier de M. le professeur Al. Braun serait le plus 
riche de tous les herbiers privés pour l'étude de la flore abyssinienne. Nous nous per- 
mettrons de faire remarquer ici que l'herbier de M. ]e comte de Franqueville (qui 


196 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


in herb, Less.), P. disjunctum, Mexico (Liebm. n. 15 et 16), P. Realgoa- 
num, Nicaragua ad Æealeÿo (OErsted), P. Pseudolindenii, ibid. (OErsted), 
P. Henshenii (Enckea ceanothifolia Miq.), P. subglaucum, in Brasilia 
(Warming), P. brevistipitatum, ibid., P. atrosanguineum, ibid., P. janei- 
reense, Rio Janeiro (Lund), P. Lundi, ibid., P. globosum, in Costa Rica 
(OErsted), P. /razuanum, in Costa Rica (OErsted), P. pseudopropinquum, 
ibid., P. prismaticum, ibid., P. turrialvanum, ibid., P. caldense, in Bra- 
siliæ territ. Caldensi prox. Minarum (Regnell n. 111, 444, Artanthe colu- 
brina Miq.), P. Liebmannii, in Mexico (Liebm. n. 22, 23 et 24), P. oliva- 
ceum, in Brasiliæ silvis montis Corcovado, P. striatum, in Nicaragua ad flumen 
San Jose (OErsted), P. epigynium, in Costa Rica (OErsted), P. lagoaense, 
in Brasilia ad Lagoa Santa (Warming), P. ciliatum, ibid., P. Buren, in 
ripa fluminis Amazonum (de Buren), P. obscurum, in Brasilia ad Lagoa Santa 
(Warming), P. colipanum, in Mexico (Liebm.), P. scutelliferum, in Lagoa 
Santa (Warming, Regnell n. 4 et 412), P. trichocarpon, in Brasilia, P. car- 
tagoanum, in Costa Rica ad Cartago (OErsted), P. pilosum, in Brasilia ad 
Lagoa Santa (Warming), P. San-Joseanum, in Costa Rica ad San Jose 
(OErsted), P. villosulum, in Lagoa Santa (Warming), P. cordovanum (Bourg. 
n. 1898), P. vaginans, in Brasilia ad Lagoa Santa (Warming), P. Pseudoa- 
malago, ibid., P. Hahnii, Martinica (Hohn, n. 263), P. micrantherum, in 
Nicaragua (OErsted), P. pseudofuligineum, in Costa Rica (OErsted), P. li- 
nearifolium, ibid., P. guanacastense, in Nicaraguæ prov. Guanacaste 
(OErsted), P. megalophyllum, in Mexico (Liebm.), P. candelarianum, in 
Costa Rica, monte Candelaria (OErsted), P. Bourgeaui, in valle mexicensi 
ad Cuernavaca (Bourg. n. 1287), P. Œrstedii, in Costa Rica, P. inversum, 
in Brasilia ad Lagoa Santa (Warming), P. rivulare (Artanthe xylosteoides 
Miq.), P. Godetii, in Brasilia ad Bahiam (Dupasquier in herb. Godet), P. 
Dupasquieri, ibid., P. pallescens, in Brasilia ad Lagoa Santa, P. pseudo- 
blattarum, P. Naranjoanum, in Costa Rica ad Naranjo (OErsted), P. cuerna- 
vacanum, in valle mexicensi (Bourg. n. 1386), P. diandrum, in plurimis 
locis Mexici (Liebm.), in dumetis prov. Guatemala (Bernouilli n. 267). 
Peperomia caldasiana, in terra de Caldas prov. Minarum (Peperomia Mar- 
tiana Miq.), P. papantlacensis, in Mexico (Liebm.), P. Mülleri, Orizaba 
(F. Müll. n. 653), P. Lundii, Rio Janeiro (Lund), P. Bernouillii, in pe- 
trosis ad ripam fluvii Mayatenango (Bern. n. 37), P. Hahnii, Martinica 
(Hahn n. 257), P. nuda (Henschen, n. 111, 4434), P. amantlanensis, in 
S. Jago Amantla prov. Oajaca (Liebm. n. 149), P. petrophila, Mirador 


s'est rendu acquéreur de la presque totalité de celui d’A. Richard) renferme, ainsi que 
celui de M, Cosson, les échantillons de Quartin-Dillon et de Petit, sur lesquels ont été établies 
les espéces de Richard. Il y a malheureusement un reproche à faire à ce dernier. C'est que 
l'exsiccata de Quartin-Dillon était numéroté, et que ses numéros n'ont pas été cités dans 
le texte du Tentamen Flora abyssinicæ. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 197 


(Liebm. n. 100), P. fugax, circa Mirador (Liebm. n. 99); P. Bour- 
geaui, Orizaba, Rio Blanco (Bourg, n. 3230), P. tenuifolia, in Costa Rica, 
monte Aguacate (OErsted), P. Warmingii, P. San Joseana, P. denso- 
phila, Mirador (Liebm. n. 133, 138, 146, 147), P. diaphana Miq., in 
Caldas prov. Minarum (Henschen n. 111, 1109), P. cordovana (Bourg. 
n. 1804), P. arboricola, Mirador (Liebm. n. 441), P. Matlaluccensis, circa 
Matlaluca (Liebm. n. 130), P. subsessilifolia, in Brasilia (Riedel), P. 
OE'rstedii, in Costa Rica, P. tlapacoyoensis, in Santa Maria Tlapacoya 
Mexici (Liebm. n. 101,102), P. aguacatensis, in Costa Rica monte Aguacate 
(OErsted), P. carthaginensis, in Costa Rica (OErsted), P. oxycarpa, in sylvis 
Lacola Chinantla (Liebm. n. 35), P. Naranjoana, in Costa Rica ad Naranjo 
(OErsted), P. pilosula, in Lagoa Santa (Warming), P. epidendron, hacienda 
de Mirador (Liebm.), P. consoquitlana (Liebm. n. 137), P. Glazioui, 
P. turialvensis (OErsted), P. campinasana prope urbem Campinas prov. 
Santi Pauli (Henschen), P. Regnelliana, in Caldas prov. Minarum (Henschen 
n. 111, 1428), P. Jarisiana, in monte Jaris (OErsted), P. Donaguiana, in 
plurimis locis Mexici (Liebm.), P. Liebmannii, P. Huatuscoana (Liebm. ). 

Cette énumération d'espèces nouvelles croissant presque toujours dans le 
méme pays a cependant un certain intérét géographique. Elle montre en effet 
l'existence d’espèces sinon identiques, du moins affines, en des lieux tels que 
le Mexique, l'Amérique centrale et les environs de Rio, où croissent des Fou- 
géres et des Graminées non pas seulement affines, mais parfaitement iden- 
tiques. 

M, Casimir De Candolle trace ensuite l'étude des Pipéracées de l'herbier de 
Vahl et rectifie ce qu'il en avait dit dansle Prodromus, Y signale enfin le Pepe- 
romia Goudotii Miq., omis par lui dans sa monographie antérieure (1). 


Diagnostico e tratamento das febres paludosas; par 
M. José de Azevedo Monteiro. In-/4? de 134 pages. Rio de Janeiro, typ. do 
imperial instituto artistico, 1872. 


Ce mémoire est une thèse pour le doctorat eri médecine, soutenue devant la 
Faculté de médecine de Rio par son auteur, qui a été attaché comme chirur- 
gien à l'armée brésilienne pendant ses opérations dans le Paraguay. Si nous la 
signalons dans cette Revue, c'est parce que la botanique médicale y tient une 
large place. En effet, aprés les détails relatifs aux Quinquinas et à leur action 
thérapeutique, l'auteur ne signale pas moins de soixante-sept substances 
indiquées comme fébrifuges ou succédanées du Quinquina, pour la plupart 
fournies par des végétaux, souvent il est vrai, d'aprés des répertoires euro- 


(1) A l'occasion de ce mémoire, nous devons citer celui qui a été publié sur les Pepe- 
romia du Brésil, et particulièrement de Caldas, par M. Salomon Henschel, en 1873 
(Études sur le genre Peperomia, Upsal, Berling, 1873, in-4 de 53 p. avec 7 planches). 
— Extrait des Nova Acta Soc. scient., Upsal, sér. 3, vol. vit, 


198 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


péens, dont les indications n'ont pas chez nous grande autoríté, mais parfois 
d'après la matière médicale indigène. Dans ce dernier cas, les faits cités par 
l'auteur ont plus d'importance. Le Paullinia est employé actuellement, 
paraît-il, comme fébrifuge, dans le nord du Brésil; et dans l'intervalle des 
accès, pour éviter les. rechutes, on donne aux malades des infusions de cer- 
taines Rutacées, Synanthérées ou Verbénacées, notamment du Verbena 
jamaicensis L. Les médecins de l'intérieur de l'empire (chacun se servant des 
ressources que la nature met à sa portée) emploient une teinture alcoolique 
de diverses plantes aromatiques, parmi lesquelles les espèces suivantes : Arte- 
misia Absinthium, Origanum Majorana, Rosmarinus officinalis, Caryo- 
phyllus aromaticus, Laurus Cinnamomum et Pimpinella Anisum. Un mé- 
lange analogue se nomme à Bahia Aguardente concertada (m. à m., eau-de- 
vie composée) ou simplement concertada. 

Cette méthode est l'ancienne méthode des excitants diffusibles, peut-étre 
plus active au Brésil qu'en Europe, où elle est abandonnée depuis longtemps. 
Dans les provinces de Rio Grande do Sul et de Parana, on se sert des Quin- 
quinas du Brésil (4), et particulièrement du Maté (//ez paraguariensis). Parmi 
les Rutacées fébrifuges se trouvent les espèces suivantes : Zsenbeckia febri- 
fuga Mart., E. intermedia Mart., Ticorea febrifuga Saint-Hil., Hortia 
brasiliana Mart., Quassta amara L., Galipea Cusparia DC., Simaba ferru- 
ginea Saint-Hil., Simaruba officinalis DC.; parmiles Synanthérées employées 
au méme point de vue sont les Baccharis ochracea Spr. , B.trimera, B. Gau- 
dichaudiana, Cacalia cor Jesu Vell., Mikania-opifera Mart., Elephantopus 
Martii Grah.; parmi les Méliacées : Cabralea Canjerana Mart., Moschoxylon 
catharticum Mart. Le Rhizophora Mangle, qui croit dans les lagunes, le Pi- 
cramnia ciliata, le Tabernemontana levis Vell. (Pao Pereira en portugais, 
dans lequel M. Correa dos Santos a trouvé un alcaloide nouveau, la pérei- 
rine), le Coutinia illustris Vell., le Plumeria drastica Mart., font encore 
partie des espèces fébrifuges, ainsi que d'autres fort connues, citées depuis 
longtemps par A. de Saint-Hilaire dans ses études sur les plantes médicinales 
des Brésiliens — Une annexe à cette dissertation, extraite des Æstudos de 


botanica brasileira de M. Caminhoa, est intitulée : Flora dos pantanos brast* 
leiros e dos logares alagados. 


Symbole ad floram Brasiliæ eentralis cognoscendam ; 


edit, Eug. Warming ; particula x1 (extrait des Videnskabelige Meddelelser 
fra den naturhist, Forening i Kjobenhavn, 1872, n* 6-9). 


Ces nouvelles notes concernent la famille des Éricacéés, traitée par 
M, Meissner, et un supplément relatif aux familles des Polygonées, Laurinées 
et Protéacées, dû au méme naturaliste ; aucune espèce nouvelle n'en est signalée 


(4) On sait que ces Quinquinas appartiennent aux genres Remijia et Ladenbergia. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 199 


parlui. M. Cas. de Candolle a étudié les Pipéracées; il n'en décrit non plus, 
aucune nouveauté et se réfère soit à sa monographie publiée dans le Prodromus, 
ou à son mémoire paru dans le Zinnea. 


Des races végétales qui doivent leur origine à une monstruosité ; 
par M. D.-A. Godron (extrait de la Revue des sciences naturelles, juin 
1873, tirage à part en brochure in-8? de 11 pages). 


M. Godron commence par citer trois exemples de races tératologiques qui 
sont nées pour ainsi dire sous ses yeux au jardin des plantes de Nancy : 4° la 
variété inermis du Ranunculus arvensis (1); 2° une variété également inerme 
du Datura Tatula L., qui s'est reproduite identique avec elle-méme pendant 
douze générations successives (2); enfin une pélorie du Corydallis solida Sm. 
Dans ce dernier cas, il semble que la monstruosité affecte les caractères du 
genre et fasse passer parmi les Zelytra l'espèce qu'elle atteint. M. Godron, 
à l'occasion de ces faits, cite d'autres cas d'avortement ou de retour au type. 
Il rappelle encore d'autres faits de monstruosités héréditaires, qui se sont 
présentés chez des animaux domestiques. Il insiste ensuite sur ce que les races 
végétales tératologiques conservent toujours le caractére spécifique du type 
d'où elles proviennent, et pense que l'examen microscopique du tissu jettera 
beaucoup de lumiére sur la question importante de l'espéce et méme des 
races. | 


Étude sur quelques Campanules des Pyrénées; par 
M. Éd. Timbal-Lagrave (extrait des Mémoires de l'Académie des sciences, 
inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 7° série, t. v, pp. 259-277); 
tirage à part en brochure in-8° de 21 pages, avec 2 planches coloriées). 


M. Timbal-Lagrave étudie dans ce groupe les espèces pyrénéennes du 
groupe du Campanula rotundifolia L. Le C. Scheuchzerii Vill. ne croît pas 
dans les Pyrénées ; la plante que MM. Grenier et Godron ont signalée sous 
ce nom dans ces montagnes est le C. ficartoides Timb.-Lagr. Le C. valdensis 
All. et le C. uniflora Vill. non L. doivent être rapportés en variétés au 
C. linifolia Lam. 

Les caractéres de la souche ont, d'aprés l'auteur, une grande importance 
pour caractériser les espèces de Campanula. On trouve d'ailleurs dans chaque 
type des variations paralléles qui, considérées par les auteurs tantót comme 
des espèces, tantôt comme des variétés ou des formes, sont venues embrouiller 
la description, et nuire considérablement à leur détermination exacte. Ainsi 


(4) Le Ranunculus: reticulatus Schmitz et Regel in Kittel Taschenbuch der Flora 
Deutschlands, p. 778, est une variété du R. arvensis L., caractérisée par ses carpelles 
dépourvus d'épines, mais présentant sur leurs faces à la fois des côtes réticulées et des 
tubercules. Il est intermédiaire entre le type et sa variété inermis, 

(2) Le Datura Bertolonii Parl. ne diffère du Datura Stramonium, commun aux envi- 
rons de Palerme, que par l'absence d'épines sur les fruits. 


200 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


chaque type a les feuilles grandes ou petites; il en est de méme des fleurs. 
Les tiges sont uniflores ou multiflores ; toute la plante est glabre, souvent 
pubescente, velue ou hérissée, selon la station qu'elle habite, L'âge des sujets 
et la vigueur de la souche influent aussi beaucoup sur le nombre des fleurs 
que porte chaque tige et sur la grandeur des feuilles. 

Voici les espéces de cegroupe signalées aux Pyrénées par M. Timbal-Lagrave : 

4. C. rotundifolia L. Sp. 232. 

B. velutina DC. (C. linifolia Jacq.). — y. major DC. Prodr. vit, &71. — 
ô. tenuifolia DC. (C. linifolia Lap. non Lam. ). 

2. C. linifolia Lam. Dict. 1, 519. Lecoq et Lam, Gren. et God. Barr. 
tab. 187. All. Ped. tab. 47, f. 2. 

B. valdensis DC. (C. valdensis All.). — y. major Timb. (C. lanceolata Q. 
major Lap.). — ô. tenuifolia Timb. 

3. C. precatoria Timb. (C. lanceolata Lap. Abr. 105 ex parte). 

B. hirsuta. — y. major (C. rhomboidalis Lap. non L.). — 3. tenuifolia. 

Se distingue du C. linifolia par sa racine tubéreuse, renflée en chapelet, 
non pivotante, ses feuilles ovales, rapprochées et appliquées sur la tige. 

h. C. ficarioides Timb. (C. Scheuchzerii Lap. Zett. non Vill.). — Le sys- 
téme souterrain émet des rhizomes rameux qui portent des bourgeons écail- 
leux à leur surface, et souvent aux bifurcations des tubercules qui, en se 
développant, s'isolent et produisent de nouveaux individus. 


B. major Timb. (C. Rhodi Lois. FI. gall. 1, 150, tab. 24, non Lecoq 
et Lam. 


5. C. ruscinonensis Timb. 
Les planches jointes à ce mémoire représentent le C. linifolia Lam. et sa 
variété major; le C. precatoria et le C. ficarioides. Dans un prochain 


travail, M. Timbal-Lagrave se propose d'étudier les nombreuses formes du 
C. pusilla des auteurs qui ont écrit sur les Pyrénées. 


Caroli Linnæi opera haetenus inedita, Flora dalekar- 
Mea. Ad verba Linnæi, propria manu scripta, accuratissime expressam 
curavit et commentationibus adjectis edidit Ewaldus Ahrling. Orebroæ, 


typis Abr. Bohlin, 1873, sumptibus editoris. Paris, libr. Franck, — Prix : 
10 fr. 75. 


Le Flora dalekarlica de Linné a été écrit par lui en 1734. Cette date 
explique pourquoi les espèces ne sont désignées que par des phrases, comme 
dans P Hortus Cliffortianus. Il y aurait tout un travail d'assimilation prépa- 
ratoire pour donner à ce livre la forme des écrits plus modernes de Linné, qui 
est devenue définitive, et pour qu’on puisse tirer quelque fruit de ce travail, 
en comparant la végétation de la Dalécarlie avec celle des autres régions de 


l'Europe. Du reste, il est probable que les indications du Flora dalekarlica 
sé retrouvent dans le Flora suecica de Linné. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 201 


Notice sur le genre Masdevallia ; par M. Éd. Morren (La 
Belgique horticole, décembre 1873, pp. 353-361). 


Le genre Masdevallia R. et P., qui date de 1794, et que Ruiz et Pavon 
ont dédié à Masdevall, médecin t botaniste espagnol, s'est étendu successive- 
ment jusqu'a 73 espèces. Cependant nous devons reconnaitre que parmi ce 
nombre de 73, outre les espèces authentiques décrites par des botanistes (1), 
il s’en trouve quelques-unes dont M. Morren a dû relever les noms dans des 
journaux d'horticulture, sans connaitre aucune description correspondante 
et sans avoir jamais vu les plantes qui les portent. M. Morren en figure 
trois espèces, le M  Zarryana Rchb., le M. ínfracta Lindl. (M. longi- 
caudata Lem.) et le M. myriosigma Ed. Morr. Cette dernière espèce est 
originaire de Cordova, d'oü l'avait rapportée M. Omer de Malzinne. C'est 
avec le M. floribunda Lindl. (Jalapa, Leiboldt, Gal. n° 5075), la deuxième 
espèce de ce genre rapportée du Mexique, dont elle unit la flore à celle 
de l'Amérique méridionale. Les Masdevallia paraissent se plaire naturelle- 
ment à des altitudes fort diverses ; plusieurs d'entre eux vivent à 8 ou 10 000 
pieds d'élévation, tandis que d'autres se trouvent dans les terrains bas des 
Guyanes ; les localités mexicaines appartiennent à la région chaude. 


Florule bryologique de la Nouvelle-Calédonie ; par 
M. Émile Bescherelle (Annales des sciences naturelles, 5° série, t. XVIII; 
tirage à part en brochure in-8° de 62 pages, avec une planche). 


M. Bescherelle, dans une introduction préalable, établit que parmi les 
Mousses de la Nouvelle-Calédonie il existe : 4° des espèces, en grand nombre, 
propres à la région ; 2° des types tout à fait spéciaux, et qui s'écartent notable- 
ment des genres avec lesquels ils ont le plus d'affinité : tels sont le groupe 
des Synodontia Duby, dans le genre Dicnemos ; les genres Powellia Mitt., 
Euptychium Sch., Bescherellia Duby, dont on ne saurait réunir les espèces 
à des genres déjà existants. Les Mousses connues en Calédonie atteignent dès 
aujourd'hui le chiffre de 126, parmi lesquelles 33 seulement se retrouvent 
dans d'autres régions. Relativement à ces dernières, M. Bescherelle fait 
remarquer que la Nouvelle-Calédonie emprunte une partie de sa flore mus- 
cinale aux iles de la Malaisie et de la Micronésie, et une autre partie à la cóte 
orientale de l'Australie, à la Tasmanie, à la Nouvelle-Zélande et aux petites 
iles intermédiaires ou voisines. Les espèces nouvelles sont dans le mémoire de 
M. Bescherelle au nombre de 63, dont quelques-unes signées de M. Schimper 
ou de M. Duby. 1l décrit un genre nouveau, 7/amnzella, qui se rapproche 
du genre Thamnium Sch. par le port des plantes et par la forme des capsules, 


(4) Voyez notamment la note de M. H.-L. Reichenbach sur trois espèces de Masde- 
vallia de la Nouvelle-Grenade, dans le Botanische Zeitung du 20 juin 1873, et les notices 
du méme auteur éparses dans le Gardeners' Chronicle. 


Tu (REVUE) 14 


202 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


et du genre Myurella Sch. par la forme des rameaux et des feuilles. Un 
second genre propre à la Nouvelle-Calédonie est le genre Zescherellia Duby, 
publié déjà dans notre Bulletin, dont la planche est jointe au mémoire de 
M. Bescherelle. 


Conspectus specierum generis Vitis, regiones Americae borea- 
lis, Chinz borealis et Japoniæ habitantium ; auctore E. Regel (extrait des 
Travaux du jardin botanique impérial de Saint-Pétersbourg, t. 1); 
tirage à part en brochure in-8° de 14 pages. 


Les espèces du genre Vitis étudiées par M. Regel sont au nombre de six, . 
dont il donne un tableau dichotomique : Vitis arborea L., V. incisa Nutt., 
V. heterophylla Thunb., V. inconstans Miq., V. vulpina L., V. Labrusca L. 
Un grand nombre de variétés sont admises par l'auteur dans chacune des deux 
dernières espèces, auxquelles M. Regel joint beaucoup de synonymes. Quant 
au Vitis vinifera L., il le regarde comme un hybride du V. vulpina et du 
V. Labrusca, Voicisur quelle raison il établit cette opinion : 1? Le Vitis vini- 
fera n'est connu que dans l'état où ilest devenu sauvage, et non dans un état 
réellement et primitivement sauvage. 2? Les Vitis vulpina et Labrusca, ces 
deux souches premières, se trouvent à l'état réellement spontané et sous des 
formes fort diverses en Asie, c'est-à-dire dans la région où est née la culture 
de la Vigne. 3* Notre Vigne cultivée, transportée dans l'Amérique du Nord, 
n'y a jamais donné, en culture, des résultats aussi bons que les variétés des 
Vitis vulpina et V. Labrusca qui s'y trouvent à l'état spontané. Les formes 
sauvages qui habitaient l'Amérique du Nord depuis une longue série de siècles, 
et s'y trouvaient adaptées aux conditions naturelles qu'elles rencontraient, s’y 
sont pliées à la culture plus facilement que nos variétés cultivées, et l'in- 
fluence de la culture sur l'amélioration de leurs fruits a réalisé ses effets dans 
l'espace assez court de quelques dizaines d'années. 


Zur Keimungsgesebiehte der Osmundaceen, vorzüglich 
der Gattung 7'odea (Sur la germination des Osmondacées, et particuliè- 
rement du genre Todea); par M. Chr. Lürssen (Mittheilungen aus dem 
gesammte Botanik, 1873, pp. 460-477, avec deux planches). 


L'auteur a étudié spécialement le Todea superba Col., le T. barbara Moore, 
l'ósmunda cinnamomea L. et l'O. regalis L. I décrit successivement la 
structure des spores, le développement du proembryon, celui des anthéridies 
et celui des archégones. 

Le développement des Osmondacées avait été jusqu'a présent peu étudié 
comparativement à celui des Polypodiacées. M. Wigand avait observé quelques 
faits (1), et M. Kny avait publié dans les Jahrbücher de M. Pringsheim 


(4) Botanische Untersuchungen, II. Weitere Beobachtungen über die Keimungs- 
geschichte der Farne. Braunschweig, 1854. š 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 203 


un mémoire spécial sur le développement du proembryon de l'Osmunda 
regalis; les principaux faits de ce travail se trouvent exposés dans la 
monographie des Osmunda de M. Milde (1). Les résultats obtenus par 
M. Lürssen concordent d'une maniere générale avec ceux de M. Kny. Il a de 
plus remarqué que le proembryon des Todea ressemble tellement à celui des 
Osmondes, qu'il est impossible de l'en distinguer jusqu'à l'apparition de la 
premiére feuille. 


Kleinere Mittheilungen über den Bau und die Entwic- 
kelang der Gefasscryptogamen (Petites Communications sur 
la structure et le développement des Cryptogames vasculaires) ; par 
M. Chr. Lürssen (Bof. Zeit., 1873, n° 40 et 41). 


La premiere de ces notes concerne les stomates du genre Kaul fussia, qu'on 
sait depuis longtemps étre trés-développés. Leur pourtour est formé par deux 
cellules en croissant, en dehors desquelles sont de deux à quatre séries com- 
posées de trois à six cellules chacune; tout cet ensemble forme comme le 
couvercle, percé dans son milieu, de la chambre stomatique. Cet appareil a été 
comparé par M. Harting à celui des Marchantia; mais, d’après l'auteur, la 
ressemblance n'est quesuperficielle. Chez ces derniers, les cellules marginales 
du stomate sont au nombre non de deux, mais de quatre ou plus. En outre 
le développement de l'ouverture stomatique s'accomplit chez eux, d’après 
M. Leitgeb, comme celui des espaces intercellulaires, tandis que les cellules 
marginales du stomate des Æaulfussia dérivent de la partition d'une cellule 
unique. 

La deuxième de ces notes traite de l’accroissement des cellules du paren- 
chyme chez les Marattiacées, Cet accroissement est qualifié par l'auteur de 
. local et centrifuge. Ce mode de développement cellulaire n'a encore été observé 
que sur des membranes libres de toute union avec celles d'une autre 
cellule. Au-dessous des chambres stomatiques du K au/fuss?a (l'auteur n'admet 
qu'une espèce de ce genre), se trouve un parenchyme formé de cellules étoi- 
lées, qui s'étend aussi dans toute la lame inférieure de la feuille (comme cela 
se trouve chez beaucoup de feuilles de Phanérogames), et dont les parois 
montrent de trés-nombreuses formations faisant saillie comme des aiguilles 
vers l'intérieur de la cavité cellulaire,.et susceptibles d'accroissement. L'au- 
teur a observé des formations analogues dans le tissu des feuilles de l’Angio- 
pteris evecta Hoffm, Dans le Marattia laxa Kze, les couches d’accroissement 
cuticulaire se présentent avec les mémes caracteres que dans l’Angiopteris ; 
dans le M. alata Sm. (2), au contraire, l'auteur n'a rien rencontré de pareil. 

Ces élévations coniques observées au voisinage des stomates chez le Kau/- 


(4) Verhandl. der K. K. zool.-bot. Gesellschaft,1868 ; et Bot. Zeit. 1868, col. 870. 
(2) Cette dernière espèce appartient à un groupe différent de la première. 


204 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


fussia se transforment, quand elles s'éloignent de ces organes, s'allongent 
en filaments souvent d'une longueur notable, et s'entrecroisent dans la chambre 
cellulaire en formant un réseau qu'on prendrait à première vue pour le 
mycélium d'un Champignon. L'auteur a observé des formations analogues 
dans le Danca elliptica Sm. 


De la floraison des Graminées; par M. Godron (extrait des 
Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles de Cherbourg, 
1873) ; tirage à part en brochure in-8? de 93 pages. 


M. Godron étudie d'abord la floraison des Graminées sauvages; puis celle 
des Céréales. Il tire de ses recherches les conclusions suivantes : 

1* Les différents modes d'inflorescence des Graminées n'ont qu'une im- 
portance secondaire, relativement aux conditions qui assurent le transpor : 
du pollen sur les stigmates. Ces conditions dépendent à la fois de la combi- 
naison d'éléments variés, tels que la direction et le mode d'ouverture des 
fleurs, la sortie, la direction et les rapports réciproques des stigmates et des 
anthéres au moment de la sortie du pollen au dehors. 

2° Les croisements de fleur à fleur dans l'espéce constituent, chez les 
plantes de cette famille, le fait le plus fréquent, et c'est alors que la fécondité 
atteint son degré le plus élevé. 

3° La fécondation directe, se compliquant de fécondation croisée, donne 
aussi des résultats assez complets sous ce rapport. 

4° La fécondation exclusivement directe laisse assez souvent un certain 
nombre de fleurs stériles. 

5° L'époque de la journée où fleurissent les Graminées est la méme pour 
toutes les espèces d'un méme genre naturel. 

6° L'agent physique qui a le plus d'influence sur la floraison est, sans 
contredit, la chaleur; et pour les espéces d'un méme genre, il existe un 
degré thermométrique minimum nécessaire pour déterminer une floraison 
abondante et compléte ; mais cette fonction peut étre retardée par une tempé- 
rature au-dessous de ce minimum ou méme suspendue pendant un ou deux 
jours, si l'insuffisance de chaleur a cette durée. 

7° La pluie ou la rosée déposées sur la plante retardent aussi la floraison, 
et, si le premier de ces météores est continu, elle est suspendue aussi longtemps 
qu'il persiste. 

8° La lumière plus ou moins vive, ou plus ou moins affaiblie par un ciel 
voilé, a aussi sur la floraison une influence appréciable. 

9* La floraison peut étre retardée ou méme suspendue par l'effet des causes 
naturelles que nous avons signalées; mais, dans les Graminées sauvages, le 
mode de floraison et de fécondation naturel à chaque espéce, et l'on peut 
méme dire à chaque genre, n'est pas pour cela modifié, 

10° Les Céréales cultivées le moins anciennement, le Seigle et les Avoines, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 205 


ne different pas des Graminées sauvages dans leur mode de floraison, et ce 
sont celles qui paraissent originaires d'un pays tempéré. 

41° Le Blé et les Orges au contraire, qui ont été cultivés de temps immé- 
morial et qui paraissent originaires d'une latitude plus chaude, ont, suivant 
les espéces, modifié plus ou moins leur mode de floraison et les procédés par 
lesquels le pollen arrive sur les stigmates, pour s'accommoder aux influences 
climatériques variables de nos contrées, de facon à rendre encore leur cul- 
ture rémunératrice, quoique moins productive. | 

Dans un troisiéme chapitre, M. Godron fixe son attention sur la floraison 
des Ægilops, et recherche les circonstances spéciales qui permettent au pollen 
du Froment d'atteindre les stigmates des Æ gilops ovata L. et Æ. triaris- 
tata Willd. pour produire des hybrides entre ces végétaux. Dans ses carrés 
d'expériences du jardin des plantes de Nancy, il a toujours observé ces hy- 
brides en plus grande proportion que sur le bord des champs de blé de la 
région méditerranéenne. Il faut attribuer, selon M. Godron, cette plus-value en 
faveur de Nancy à la température variable, quelquefois trop modérée, de la 
Lorraine, et aussi à l'humidité, qui rendent la floraison moins active et surtout 
moins abondante ; d’où il résulte qu'une proportion un peu plus notable de 
fleurs échappent à la fécondation immédiate et attendent, pour étre fécondées, 
la floraison du lendemain. 

Il sera intéressant de comparer les observations publiées par M. Godron sur 
la floraison des Graminées avec celles que M. A.-S. Wilson a communiquées, 
le 8 mai 1873, à la Société botanique d'Edimbourg sur la fécondation des 
céréales. M. Wilson s'est surtout occupé de l'influence qu'exerce sur la fécon- 
dation tant le degré d'ouverture de la fleur que le mode d'émission du pollen. 


Repertorium annuum Literaturæ botaniecw periodic ; 
curavit J.-A. Van Bemmelen, custos bibliothecae Societatis Meylerianæ, 
Tomus primus, MDCCCLXXII. Harlem, chez Erven Loosjes, 1873. Paris, libr. 
Franck. — Prix : 5 fr. 


Ce Repertorium bibliographique est borné à une énumération des titres 
des mémoires qui sont parvenus à la connaissance de l'auteur. Il est classé par 
ordre de matières, suivant les divisions recommandées par M. J. Sachs dans la 
troisième édition de son Traité de botanique, et suivant le travail de synony- 
mie de M. Pfeiffer, Pour chaque mémoire cité, l'auteur en indique exactement 
le titre et la source, puis il cite, quand il y a lieu, les analyses hibliographiques 
qui peuvent en avoir été publiées. La chimie et la physique ont été largement 
misesà contribution par M. Van Bemmelen. On remarquera qu'il ne comprend 
pas dans son plan les livres publiés, mais seulement les articles parus dans 
une publication périodique. Il s'est borné dans ce volume aux publications 
parues en 1872. Le volume se termine par une table alphabétique des 
auteurs cités, 


206 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Des hybrides et des métis de Datura étudiés spéciale- 
ment dans leur descendance; par M. D.-A. Godron. Brochure 
in-8° de 75 pages. Nancy, impr. Berger-Levrault et Cie, 1873. 


Les métis et les hybrides de Datura produisent dans certains cas des cap- 
sules pleines de graines fécondes; ces capsules, qui n'existent pas à la pre- 
mière génération, manquent aussi souvent à la seconde et plus rarement à la 
troisiéme, dans un plus ou moins grand nombre de bifurcations inférieures, 
soit que la fleur avorte, soit qu'elle ne noue pas son fruit. Comme dans 
tous les hybrides des premieres générations, la taille de nos Datura est plus 
élevée que chez les parents ; le nombre des bifurcations inférieures stériles est 
en rapport avec le développement de la plante, mais cette stérilité partielle dis- 
parait dans les générations suivantes avec l'abaissement de la taille, à moins 
qu'il ne s'agisse d'un retour au Datura levis L. fil., qui, normalement, a les 
bifurcations inférieures stériles. 

Dans les Datura, les fécondations croisées permettent de distinguer ce qui 
est race de ce qui est espèce : 1? les métis reviennent, dés la première géné- 
ration, à l'un ou à l'autre parent, mais plus souvent au type paternel, et 
jamais ne donnent naissance à des formes intermédiaires dans les générations 
suivantes, mais quelquefois à une ou plusieurs races de la méme espèce ; 
2» les hybrides, au contraire, donnent toujours à la premiére génération, 
comme tous les vrais hybrides, des produits uniformes et intermédiaires aux 
parents, puis varient plus ou moins dans les générations suivantes. 

Les formes hybrides ont abouti à l'un des quatre résultats suivants : 

4° Tantót il y a eu retour complet et permanent à l’une et à l'autre des 
espèces génératrices ; c'est le fait le plus général. 

2° D'autres fois, le retour serait complet sans la modification d'un carac- 
tére superficiel de la capsule. Ainsi M. Godron a obtenu des retours au Datura 
precor Godr., mais à capsules lisses ; des retours au D. /cvis L. fil., mais à 
capsules épineuses, etc. Ce sont des accidents tératologiques dont l'apparition 
a été favorisée par le croisement. 

3° Dans les hybrides où sont intervenus le D. Tatula genuina et sa race 
le D. Bertolonii, non-seulement ces formes se sont produites et ont fini par 
persister, mais les autres races de la méme espéce ont apparu et se sont main- 
tenues, bien que n'étant pas intervenues directement dans le croisement. 

h° Enfin un petit nombre de formes sont restées indécises entre leurs ascen-" 
dants et n'avaient pas encore fait retour à ces derniers à la septième généra- 
tion, c'est-à-dire alors que l'expérience a été interrompue. 

Dans un appendice, M. Godron décrit les especes et les races qui ont joué 
un rôle dans les expériences précédentes ; savoir le D. lœvis L. fil. (D. inermis 
Jacq.), le D. Tatula L. (dont le D. Stramonium L. n'est pour lui qu'une 

ace); le D. precoz Godr. (D. quercifolia Godr. olim non H. B., D. mu- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 207 


ricata hort. berol, non Bernh. nec Link) ; le D. ferox L.; le D. quercifolia 
H. B. etle D. microcarpa Godr. n. sp., dont les capsules sont les plus petites 
du genre. 


Polypodiacen et Cyatheacea herbarii Bungeani ; recensuit 
Alexander Keyserling. In-4° de vrir et 74 pages. Lipsie, W. Engelmann, 
1873. Paris, libr. Franck. — Prix : 4 fr. 


Cette description d'une collection peu étendue de Fougères (dont les types 
les plus remarquables sont les types japonais), où ne se rencontre aucune espèce 
nouvelle, aurait peu d'intérét si elle n'avait donné occasion à M. Keyserling de 
soumettre à l'appréciation des ptéridographes une classification nouvelle des 
Polypodiacées, dans laquelle il a considérablement innové, tant par le groupe- 
ment des genres que par la disposition des types. 

M. Keyserling partage les Polypodiées en deux groupes d’après la forme 
des spores, radiées ou bilatérales, bien qu'il ait reconnu l'inconstance de ce 
caractère. Il en résulte la séparation des Davalliées en deux tribus fort éloignées 
l'une de l'autre. Les Radiata se divisent d’après des caractères fort compliqués 
en Perisoria et Stroosoria ; les Bilateralia en Episoria et Parasoria. Ilen 
résulte la série suivante : 

1. Adiantées, 2. Lindsayées. 3. Ptéridées (1). 4. Cheilanthées. 5. Gymno- 
grammées. 6. Acrostichées. 7. Ténitées. 8. Grammitées. 9. Polypodiées. 
10. Aspidiées. 11. Onocléées. 12. Davalliées. 13. Athyriées. 14. Aspléniées. 
15. Vittariées. 16. Blechnées. On voit que les Fougères indusiées ne sont 
pas réunies en un seul groupe. Cela tientà ce que M. Keyserling ne regarde 
jamais la marge réfléchie comme un indusium. Pour lui, les Adiantum n'ont 
pas d'indusium. Quand on examine dans le détail les genres admis par l'au- 
teur, on remarque que tantót il a admis et tantót il a rejeté les genres fondés 
uniquement sur des détails de nervation. Ainsi l’Æewardia J. Sm. n'est pour 
lui qu'un sous-genre des Adiantum, le Litobrochia Presl et le Doryopteris ` 
J. Sm. ne sont que des sous-genres de Pteris ; méme le Phymatodes Presl, 
le Microsorium Link rentrent dans le genre Polypodium, tandis qu'il recon- 
naît distincts les genres Aspidium, Lastrea et Nephrodium. On remarque 
encore d'autres singularités dans sa méthode. Ainsi l'Z/ypolepis Bernh. et le 
Lonchitis L. rentrent dans le Phegopteris Presl (toujours parce que le recour- 
bement dela marge n'est pas regardé par l'auteur comme un indusium); le 
Meniscium Schreb. est compris dans le /Vephrodium Schott (ici l'absence 
compléte d'indusium ne parait plus avoir de valeur aux yeux de l'auteur) ; 
l Antrophyum Kaulf. repasse dans l Hemionitis L.; le Lomaria Willd. dans 
le Blechnum L. L'exemple le plus frappant de la méthode de l'auteur est offert 


(4) Parmi les Ptéridées l'auteur a admis le genre Paesia Saint-Hil., dont la valeur a 
été controversée. Dans ce cas (ainsi que l'a déjà indiqué M. Th. Moore), le Pteris aqui- 
lina L. deviendrait le Paesia aquilina. 


208 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


par le genre Ælaphoglossum de Schott, où il comprend le Drymoglossum 
piloselloides Pr., le Lemmaphyllum carnosum Pr., le Nevrodium lanceola- 
tum Fée, le Cuspidaria furcata Fée, le Platycerium alcicorne Desv. et l Acro- 
stichum conforme Sw. Ces plantes sont placées par la plupart des ptéridographes 
dans des tribus différentes les unes des autres. 

Dans les Cyathéacées, l'auteur a fait passer les genres Dicksonia et Cibo- 


tium. Son mémoire se termine par un /ndex des genres et par un autre /ndex 
des espéces. 


Notes om the genus Fucca : par M. Engelmann (Transactions of 
the Academy of science of Saint-Louis, vol. 111, avril 1873). 


M. Engelmann a étudié dans ces notes une douzaine d'espèces qui ont été 
assez généralement confondues dans les cultures d'Europe. Il a reconnu 
d'abord que la véritable anthèse des Yucca n’a lieu que la nuit, les fleurs 
demeurant à demi closes pendant le jour. Les anthéres, qui contiennent un 
petit nombre de grains assez gros d'un pollen glutineux, s'ouvrent un peu ` 
plus tót que la fleur. Les extrémités des styles, qui étaient naturellement 
regardées comme des stigmates, sont d’après l'auteur dépourvues de fonctions, 
la surface stigmatique étant l'enduit humide du tube-style qui descend en bas 
presque jusqu'aux loges de l'ovaire. La fécondation dans ce genre dépend des 
insectes nocturnes, qui restent pendant le jour endormis dans les fleurs, et 
que M. Riley a nommés Pronuba yuccasella (Tinéides). 

M. Engelmann s'est occupé de la matiére saponifére fournie par la souche 
des Yucca, souche qui, sous le nom d’amole, est l'objet d'un important trafic 
au Mexique. Dans l'État de Colorado, le Yucca angustifolia est généralement 
nommé plante à savon, comme le CAlorogalum en Californie. 

Les Yucca possèdent des fruits capsulaires ou bacciens (1), ce qui permet 
à M. Engelmann de les classer, en recourant en outre à des différences qui 
` existent dans leurs graines. L'Y. aloifolia, et quelques espèces du Texas et 
du Mexique, représentent la section à fruits pulpeux ; l’ Y. brevifolia, commun 
aux États-Unis, le long de la frontière de l’Arizona, a un ovaire spongieux 
indéhiscent, probablement plus ou moins drupacé, tandis que le Y. filamen- 
tosa et les espèces voisines ont une capsule sèche. Le nom d' Y. canaliculata 
Hook. (1860) doit remplacer celui d' Y. Treculiana Carr. (1858), qui n'a été 
accompagné d'aucune diagnose. 


Catalogue of the phænogamous and vascular cryptogamous Plants 
of Canada and the northeastern portion of the United States; par M. Allen 
H. Curtiss. Liberty, comté de Bedford, Virginie, juillet 1873. 


Cet opuscule, grâce à un arrangement typographique ingénieux, se pré- 


(1)iCe genre]ne parait pas se prêter à la classification des Liliacées établie par 
M. Baker d’après'la nature des fruits, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 209 


sente contenu tout entier dans hait pages in-4°, chacune sur six colonnes. La 
distribution géographique est indiquée en notant l'occurrence de chaque plante 
dans les trois régions les plus dissemblables : le Canada, l'Illinois et la Vir- 
ginie. L'auteur a recensé les variétés et les synonymes principaux. Il a surtout 
eu en vue dans cette publication l'intérét des échanges entre botanistes. 


A botanical Index to all the medicinal Plants, etc.; par M. Allan Pol- 
lock. 3* édition, in-8° de 137 pages. New-York, 1873. 


On trouvera dans ce petit ouvrage une longue liste de plantes officinales, 
avec les noms populaires correspondants, laquelle peut étre utile à ceux de nos 
droguistes qui sont en quête de remèdes nouveaux, dans le but de faire avancer 
la connaissance de nos ressources thérapeutiques. 


Bemerkungen über zwei dalmatische IMFediceago-Arten 
(Remarques sur deux espèces de Medicago de Dalmatie); par M. Ascher- 
son. (Oesterreichische botanische Zeitschrift, mai 1872, pp. 141-145). 


La première de ces deux espèces est le M. turbinata (L.) Willd. em. Moris, 
dans laquelle l'auteur admet les variétés suivantes : - 

var. à. inermis (fructu ovali). — s.-var. sin?strorsa et dextrorsa. 

var. B. aculeata (M. aculeata Gaertn.) : fructu subsphærico. 

s.-var. sinistrorsa (M. strumaria Bernh.? M. globulosa Desv.? M. muri- 
cata Benth. , Godr.). 

s.-var. dextrorsa (M. aculeata Willd.). 

La deuxième espèce étudiée par M. Ascherson est le M. Tenoreana Ser. 


Rosa dichroa, eine neue Rosa aus dem Jura; par M. Julius Lerch 
(ibid. pp. 145-146). 


Le nouveau Rosa dichroa Lerch a été trouvé prés des ruines du vieux 
Ritterburg, dans le Jura neufchâtelois, et se rencontrera peut-être en France. 
En voici la diagnose : 

Rosa aculeis inzequalibus subulatis setaceisque réctis, foliolis 5-7 minutis 
oblongo-ellipticis obtusis subtus subvillosis, duplicato-serratis, serraturis pa- 
tulis, petiolis et pagina inferiori foliolorum glandulis pedicellatis instructis, 
stipulis linearibus glandulosis, auriculis lanceolatis acuminatis divergentibus, 
ramulorum florentium latioribus, laciniis calycis lanceolato-acuminatis integris, 
corolla aperta brevioribus, petalis intus purpureis, ad unguem petalorum 
macula lutea notatis, extus cano-roseis, pedunculis unifloris, fructiferis rectis, 
fructibus ovatis vel oblongis coriaceis coccineis, calyce persistente connivente 
coronatis, — Frutex humilis pedalis v. sesquipedalis, Rosæ pimpinellifoliæ 
habitu et fabrica aculeorum similis, sed floris colore, serraturis et glandulis 
foliorum et imprimis forma, consistentia et fructus colore valde diversus. 


210 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


On Lindsæa linearis Sw., with Description of two new species ; 
par M. Ch. Prentice (The Journal of Botany, octobre 1873, p. 295). 


Le L. ?ncisa Prent. et le L. heterophylla Prent. sont deux espèces nou- 
velles de la partie septentrionale de la Nouvelle-Hollande, voisines du Z. li- 
nearis Sw. La première en différe par sa coloration d'un vert pâle, ses pin- 
nules plus petites, doublement lobées, ses sores interrompus, et son port 
moins robuste. Le Z. heterophylla (1) fructifie un mois plus tard que chacune 
des deux autres espèces ; il diffère du Z. linearis par l'absence. de rhizome, 
la longueur relative des frondes stériles et des frondes fertiles, les pinnules 
doublement lobées, la couleur et le développement plus tardif, 


Skofitzia, Commelynaeearum genus; auctoribus C. Hasskarl 
et À. Kanitz (Oesterreichische botanische Zeitschrift, mai 1872, pages 
141-148). 


Ce travail est purement synonymique. La plante récoltée par M. Mandon en 
Bolivie, sous le n° 1239, avait été nommée Mandon:a boliviana dans le Flora, 
1871, p. 260, par M. Hàsskarl, qui ignorait alors que M. Weddell eût dédié 
à l'explorateur regretté des Canaries et des Andes un genre de Composées, 
prés de dix ans auparavant. Aujourd'hui le Mandonia boliviana Hassk. devient 
le Skofitzia boliviana Hassk. et Kanitz. 


Zur Entwickelungsgeschichte einiger Trichomgebhilde 
(Organogénie de quelques formations pileuses) ; par M. Joseph Rauter 
(Denkschriften der K. Akademie der Wissenschaften zu Wien, t. XXXI); 
tirage à part en brochure in-h° de 48 pages, avec 9 planches. 


Ce travail, fait au laboratoire de botanique de l'université de Graz, a été 
communiqué à l'Académie des sciences de Vienne dans sa séance du 10 février 
1870. L'auteur s'est proposé de rechercher si la structure des formations 
pileuses reconnait pour fondement un plan commun, ou bien si, dans le cas 
contraire, quelles différences il existe entre elles, et en outre comment se com- 
porte le parenchyme sous-épidermique de la tige ou de la feuille dans les cas 
où il se produit un poil à son niveau. Nous extrairons de ses conclusions les 
considérations suivantes. 

L'auteur n'a pu rencontrer nulle part de trichome croissant par une cellule 
apicale bi- ou trifurquée inférieurement. Au contraire, dans tous les cas exa- 
minés par lui, il a pu conserver les données de M. Hofmeister, d’après lequel 
les trichomes seraient des ramifications du degré le plus inférieur, sans vouloir 
cependant (aprés le travail de M. Pringsheim sur les Utricularia) établir 
cela comme une loi générale. D'aprés leur mode de naissance, un grand 


(1) Ce nom ne peut étre admis, Dryander, le fondateur du genre, ayant déjà établi un 
Lindsæa heterophylla. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 911 


nombre de trichomes appartiennent exclusivement à l'épiderme. Dans d'autres 
cas, quoique le trichome apparaisse d'abord comme un produit de l'épi- 
derme, plus tard il se produit une excroissance du parenchyme qui vient 
former le pédoncule du poil, et participer ainsi à sa nature. Dans d'autres cas 
encore, chez les poils capités et les aiguillons des Roses (1), c'est le paren- 
chyme seul qui constitue la masse du trichome, et celui-ci nait de la méme 
maniere qu'un véritable phyllome. Aussi l'auteur est-il trés-opposé à la défini- 
tion du trichome donnée par M. Sachs, qui le nomme une excroissance épi- 
dermique. Il reconnait d'ailleurs qu'il est impossible d'en tracer une précise 
à cause des transitions qui existent dans la nature (2). 


Beiträge zur Kenntniss einiger Hydrocharideen, nebst 
Bemerkungen über die Bildung phanerogamer Knospen durch Theilung 
der Vegetationkegels (Recherches nouvelles sur quelques Hydrocharidées, 
avec des remarques sur la production de bourgeons chez les Phanéro- 
games par la partition du cône végétant); par M. Rohrbach. Un volume 
in-4°, avec 3 planches. Halle, 1871. — Prix : 7 fr. 


Ce ne sont pas seulement les articulations réunissant les différentes feuilles 
-de l Hydrocharis qui forment un sympode, mais aussi les diverses générations 
de rameaux condensés dans l’aisselle de chaque feuille. D’après les exsiccata, 
il en est de méme chez le Limnobium et l Hydromystria. M. Pringsheim 
(Bot. Zeit., 1853, p. 609), a émis l'opinion que dans le plus grand nombre 
des cas la production de bourgeons axillaires est due à une partition de 
l'extrémité de l'axe. Il paraît certain pour l Hydrocharis et le Vallis- 
neria que les bourgeons y existent déjà avant la première apparition de la 
feuille immédiatement supérieure à leur feuilleaisselliére. L'auteur recherche 
avec soin si la ramification de l'axe de l’ Hydrocharis est une véritable dicho- 
tomie. Il commence par exposer ses opinions sur la ramification chez les Cry- 
ptogames; puis il continue ainsi : Il en est tout autrement chez les Phanéro- 
games, d’après les recherches les plus récentes, car il n'y a chez eux ni cel- 
lule apicale déterminée, qui soit l'agent direct du développement, ni une série 
de cellules marginales complétement de méme valeur. Il n'y a d'ailleurs aucune 
définition stricte de la dichotomie à donner ; elle se transforme par degrés insen- 
sibles en production de rameaux latéraux. 

Cependant l'auteur invoque pour caractère de la dichotomie vraie (qui ap- 
partient à l Zydrocharis), ce fait que la partition a lieu dans la cellule apicale 
d'un tissu nu et composé uniquement de méristéme (parenchyme), tandis que, 
dans le cas de ramification latérale, les parties situées au-dessus du bourgeon 

(4) Cette observation a été faite presque simultanément par M. Hieronymus (voyez 
Magnus, Beiträge zur Kenntniss der Gattung Naias, p. 38, note 2). . 


(2) M. Rauter, mort à l'áge de vingt-quatre ans, le 4 juillet dernier, était attaché à 
un établissement d'instruction publique à Graz, où il avait été l'éléve du professeur 


Leitgeb, 


212 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sont déjà sorties de l'état de méristème avant la formation de ce bourgeon, qui 
suit celle de la feuille immédiatement supérieure. 

L'auteur s'occupe ensuite de la structure des stolons ; à cet égard il est 
arrivé aux mémes conclusions que M. Chatin. Il traite ensuite de la phyllo- 
taxie, de la situation des inflorescences, qui correspondent à des bourgeons 
axillaires. Il résulte de ces considérations que la plante tout entière est une 
succession de sympodes, qui commencent chacun par trois feuilles basales, 
à l’aisselle desquelles ne se trouve aucun bourgeon. M. Rohrbach étudie la 
disposition des organes dans les fleurs mâles et les fleurs femelles. Il résulte 
de cette étude que le genre 7rianæa Karst. in Linn. XXVIII, 424, ne diffère 
pas du genre Æydromystria. 

L'auteur s'occupe du Stratiotes après l’ Hydrocharis, puis il passe à l'étude 
comparative des genres dans la famille des Hydrocharidées. Ils se distinguent 
d’après la direction de leurs ovules et la structure de leurs placentas : l Hydro- 
charis, le Limnobium et l Hydromystria ont des ovules orthotropes et des 
placentas entiers; chez les autres, les ovules sont anatropes et les placentas 
bifides inférieurement. 1l est probable que les caractères de la végétation pré- 
sentent des différences correspondantes, et que chez les trois genres susnommés 
la conservation du pouvoir végétatif se fait par des bourgeons hivernaux qui 
s’épanouissent au printemps, tandis que les autres genres, comme le Stra- 
tiotes, se multiplieraient par des bourgeons automnaux qui seraient déjà com- 
plétement développés en plein hiver. Les genres du deuxiéme groupe, à leur 
tour, se divisent d'aprés la structure des anthéres, la présence ou le défaut des 
stomates en deux catégories. La première, qui comprend le Sératiotes, le 
Boottia et l’ Ottelia, est caractérisée par des anthères biloculaires et des feuilles 
pourvues de stomates : ce sont des plantes d'eau douce. La seconde, qui 
comprend les genres Enhalus, Thalassia et Schizotheca, a des anthères qua- 
driloculaires et des feuilles dépourvues de stomates: cesont des plantes marines 
qui vivent toujours submergées. 


Forgreningsforhold hos Fanerogamerne, betragtede med 
særligt Hensyn til Klovning af Vækstpunktet (Recherches sur la ramifica- 
tion des Phanérogames, principalement au point de vue de la partition 
du point végétant) ; par M. Eug. Warming (extrait des Mémoires de la 
Société royale des sciences de Copenhague, 5* série, division des sciences 
mathématiques et naturelles, t. X, 4"° partie) ; tirage à part en un volume 
in-4° de 173 et 4 pages, avec 11 planches gravées. Copenhague, impr. Bianco 
Luna, 1875. 


M. Warming définit le point végétant comme la réunion de la cellule ou 
des cellules dont la fonction spéciale est de fournir à la plante ou aux organes 
de la plante de nouvelles cellules, c'est-à-dire de travailler à sa croissance. Il 
ne faut pas confondre, selon lui, ce point végétant avec le sommet de la tige, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 243 


c'est-à-dire la partie de celle-ci située au-dessus des plus jeunes productions 
latérales. 

M. Warming expose ensuite ce qu'il entend par partition du point végétant; 
il ne l'admet que pour le cas où un bourgeon naît directement du point végé- 
tant, et non point d'une cellule-fille de la cellule terminale. D'ailleurs il 
n'existe aucune différence tranchée entre la partition du point végétant et la 
ramification latérale; ces deux modalités de la croissance végétale sont unies 
par une série d'états intermédiaires, parmi lesquels l'auteur distingue : 4° la 
partition égale du point végétant ou la dicho-polytomie ; 2° la partition inégale 
du méme point ; 3° la formation du bourgeon en dehors du point végétant, 
ou la véritable ramification latérale, avec plusieurs modifications diverses. 

L'auteur donne ensuite un aperçu des cas où l'on a admis souvent à tort 
(comme chez les Zycopodium) la partition terminale. Souvent, chez les Pha- 
nérogames, la pseudopartition terminale est simplement une formation de 
bourgeons au sommet de la tige. 

Dans la deuxième partie de son mémoire, M. Warming communique les 
recherches qu'il a faites sur la ramification dans un certain nombre de familles 
végétales : Cruciféres, Composées, Papilionacées, Graminées, Cypéracées, 
Salicinées, Grossulariées, Ombellifères, Renonculacées, Scrofulariées, Orchi- 
dées, Plantaginées, Polygonées, Amarantées, Valérianées, Cucurbitacées, 
Hydrocharidées, Aspérifoliées, Utriculariées, Ampélidées, Asclépiadées, Sola- 
nées, Crassulacées, Hydrophyllées, Cistacées, Saxifragées et Euphorbiacées. 

Dans la troisième partie, l'auteur expose des résultats et entre dans plusieurs 
discussions. Il confirme en général l'exactitude des observations publiées par 
M. Hanstein dans son travail, intitulé Die Scheitelzelle im Vegetationspunkt 
der Phanerogamen. Il y examine surtout la manière dont se comportent dans 
le sommet de la tige les couches de tissu désignées par les auteurs allemands 
sous les noms de plérome, péribléme, dermatogène. Ce dernier est toujours le 
plus constant et le mieux caractérisé des trois. Il s'occupe aussi spécialement 
des épiblastémes. Il comprend sous cette commune dénomination tous les 
organes exogènes latéraux ou issus d'une partition qui naissent sur la tige de 
ses couches de cellules extérieures. 

Les recherches de M. Warming comprennent plus spécialement les phyl- 
lomes et les caulomes. Les phyllomes, dit-il, naissent dans tous les cas dans 
les couches extérieures du périblème ; et c’est par exception que la première 
couche de ce tissu ne prend pas part à cette formation ; relativement à celle des 
feuilles florales, cette première couche est au contraire la seule active. Le 
dermatogène participe aussi d’une manière essentielle à la formation des 
feuilles, surtout des feuilles florales. 

Parmi les caulomes, M. Warming examine d’abord les bourgeons végé- 
tatifs, et recherche si tous les bourgeons qui prennent réellement naissance 
sur le sommet même de la tige, doivent être considérés comme résultant d'une 


214 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


partition du point végétant ; généralement ces bourgeons, tout en naissant sur 
le sommet de la tige, sont, dit-il, situés au-dessous ou, en tout cas, en dehors 
des cellules du point végétant. C'est surtout dans les cas où le sommet de la 
tige a la forme d'un cóne élevé ou bien est trés-large, que l'on voit clairement 
les bourgeons qui naissent à sa base être trés-éloignés du sommet, et 
privés de feuille-mére. La véritable partition du point végétant est beaucoup 
plus rare. L'auteur en cite comme un exemple la formation des ovules dans la 
fleur femelle de l' Euphorbia. C'est une véritable dichotomie du point végé- 
tant qu'on observe chez l Hydrocharis et le Vallisneria; dans la formation 
des vrilles, chez le Vitis vulpzna; dans celle des inflorescences chez les 
Asclépiadées ; dans les cymes scorpioides munies de bractées, etc. Dans 
un grand nombre de ces cas, les feuilles-inéres manquent dans les inflo- 
rescences à la base des bourgeons, méme de ceux qui sont de vrais bour- 
geons latéraux. D'ailleurs, dans la conviction de l'auteur, la ramification par 
partition du point végétant et la ramification par bourgeons latéraux ne 
different pas dans leur essence. Chez les Cryptogames, on a observé plu- 
sieurs cas oü la ramification latérale et la dichotomie se remplacent l'une 
l'autre. L'auteur a constaté que les Phanérogames ne se comportent pas autre- 
ment à cet égard. Il se demande quelles sont les circonstances qui détermi- 
nent l'unou l'autre mode de ramification. Il reconnait avec A. de Saint-Hilaire 
que la vigueur de la végétation conduit à la partition de l'axe, chez les cymes 
scorpioides (1) ; mais qu'elle ne joue aucun rôle dans les inflorescences mono - 
podiales en forme de grappes. 

Les bourgeons de partition ne se développent pas toujours, tant s'en faut, 
de la méme façon. Même chez le Vitis vulpina, où ils se développent tous 
deux en vrilles, l'un des deux seulement possede une feuille axillante. Chez 
d'autres, où les deux bourgeons deviennent des rameaux foliacés, les feuilles 
sont situées sur eux d'une manière différente. Le plus souvent l'un des bour- 
geons de la partition joue le róle de bourgeon axillaire par rapport à l'autre 
considéré comme axe principal. 

L'auteur reconnaît d'ailleurs qu'il est impossible de séparer les 'phyllomes 
et les caulomes par des caractéres morphologiques et génétiques constants. 
La définition que M. Sachs en a donnée lui parait seule possible ; et c'est pour 
lui une évidente contradiction de parler d’un phyllome terminal, comme l'a 
fait M. Hieronymus dans ses recherches sur les étamines des Euphorbiacées. 
Il y a d'ailleurs une certaine connexité anatomique entre le bourgeon et sa 
feuille aissellière. Cette connexité résout les difficultés qu'ont présentées aux 
morphologistes la situation des ovules chez les Cupressinées ou celle des spo- 


(4) Le défaut d'une différence essentielle entre la ramification du point végétant et la 
ramification latérale (telles qu'elles se produisent chez les Phanérogames) engage lau- 
teur à ne pas abandonner l'explication de la cyme scorpioide donnée par De Candolle, et 
à ne pas séparer en deux catégories toutes différentes ce groupe d’inflorescences, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 245 


ranges sur les bractées des Sélaginelles. L'auteur insiste longuement sur les 

rapports de la feuille et du bourgeon. Pour lui, la feuille et son bourgeon axil- 

laire constituent en tout une sorte d’épiblastème double, dont chaque partie 

a un cachet différent et une valeur morphologique relativement différente. 

Suivant le róle qu'elles sont appelées à remplir, c'est tantót l'une, tantót 

l'autre partie de cet organe double qui se développe aux dépens de l'autre, 

et tantót toutes les deux sont en équilibre harmonique. Enfin l'un d'entre eux 
peut exister sans l'autre, tout en occupant la place que lui assignent les lois 
dela phyllotaxie. En dehors de ces lois se placent les bourgeons extra-axillaires, 
qui peuvent tout aussi bien naître de la partition du point végétant qu'en 
dehors de ce dernier, et alors comme de véritables bourgeons latéraux. 
L'auteur a encore, dans ce mémoire, donné, chemin faisant, son opinion sur 
divers points ‘controversés : 4° sur la nature de la vrille des Cucurbitacées, 
qui lui parait, quand elle est simple, sortir d'un bourgeon à une seule feuille, 
et, quand elle a plusieurs bras, d'un bourgeon à plusieurs feuilles; — sur la 
vrille de l'Ampelopsis et des Vitis, qui est, chez le premier, produite par 
un bourgeon extra-axillaire, chez les seconds par de vrais bourgeons de 

partition; — sur le cyathium de l'Euphorbe, qu'il a de nouveau étudié (1) 

dans son organogénie histologique, et sur lequel il persiste dans les mêmes 

opinions. 

Untersuchungen über Pollen bildende Phyllome et 
Kaulome (Recherches sur les phyllomes et sur les caulomes produi- 
sant du pollen) ; par M. Eug. Warming (Zotanische Abhandlungen aus 
dem Gebiete der Morphologie und Physiologie de M. Hanstein, t. II, 
2* partie, 1873, pp. 1-90, avec 6 planches lithographiées). Bonn, 1873. 


Les principales plantes étudiées par M. Warming pendant les recherches 
qu'il a publiées dans ce mémoire sont les suivantes : Datura Stramonium, 
Verbena hybrida, Eschscholtzia californica, Chrysanthemum leucanthe- 
mum, Aracium paludosum, Scopolia atropoides, Symphytum orientale, 
Serofularia nodosa, Mentha aquatica, Galium Mollugo, Campanula Tra- 
chelium, Zannichellia macrostemon, Melilotus alba, Epilobium angusti- 
folium, Arabis albida, Malva silvestris, Acacia decipiens, Bryonia alba, 
Tropæolum tricolor, dont les étamines appartiennent à l'ordre des phyl- 
lomes. Il résume assez longuement les observations faites par lui sur cette 
catégorie de plantes ; nous extrayons ce qui stiit de son résumé. 

La jeune anthère se compose d'un méristème assez irrégulier, contenant 
habituellement, outre l'épiderme, une couche de périblème, Quand il doit se 
trouver un faisceau fibro-vasculaire en connexion avec cet appareil, la pro- 
duction d'un procambium commence de très-bonne heure dansla ligne médiane 
de la feuille staminale. C'est aux angles de l'anthére qu'a lieu un développe- 


(4) Voyez le Bulletin, t. xix (Revue), p. 161. 


216 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


ment spécial de cellules, dans le méristeme situé à l'intérieur dela premiere 
couche de péribléme. Le tissu ainsi produit arrive à faire saillie dans les loges 
anthérales, où il constitue le placentoïde de M. Chatin. La première couche de 
péribléme de l’anthère forme la couche-mère du pollen, et la partie la plus 
grosse et la plus importante de la paroi anthérale (couche fibreuse) dans la 
plus grande partie des cas examinés, parmi lesquels se trouvent les familles 
les plus nombreuses du règne végétal : Composées, Légumineuses, Crucifères, 
Solanées, Scrofulariées, Labiées, Borraginées, Rubiacées, Malvacées, etc. 
Dans d'autres cas plus rares (7ropæolum, plusieurs Monocotylédonées), on 
voit des cellules appartenant au méristème inférieur consacrées à la forma- 
tion du pollen. Quand c’est la première couche de périblème qui est attachée 
à la formation des cellules-méres du pollen, les premières cloisons tangen- 
tielles qui apparaissent dans son intérieur ont pour effet de la partager en deux 
couches secondaires, dont l'externe persiste à constituer la paroi anthérale, 
tandis que l'interne est la couche des cellules-mères du pollen. Celle-ci prend 
parfois un développement extréme; parfois elle se trouve réduite à deux ou 
trois assises de cellules ou méme à une seule. Il s'en faut que ces cellules- 
méres demeurent dans le méme état et sans se partager jusqu'à la séparation 
en quatre, mais leur partition n'est ni constante ni réguliére. Quant à la 
couche primaire de péribléme, elle persiste souvent longtemps et peut-étre 
toujours sans se diviser entre les deux loges de l'anthére; d'autres fois elle 
donne naissance, par des partitions successives diverses, à un tissu de petites 
cellules qui se résorbe. 

La genése du pollen par des caulomes a été observée par l'auteur chez les 
Euphorbes et chez le Cyclanthera. Pour M. Warming, la structure et le 
mode de naissance des jeunes étamines de l'Euphorbia sont complétement 
identiques à ceux des bourgeons ; les épiblastèmes doubles que forment les 
premieres étamines de chaque groupe et leurs feuilles axillantes se composent 
d'un bourgeon avec sa feuille-mére, pour plusieurs raisons, et notamment 
parce qu'ils suivent une spirale, et que cette spirale s'unit directement à celle 
qui est formée par les feuilles situées au-dessous avec leurs bourgeons 
axillaires. Les étamines groupées en cinq fascicules dans le cyathium de 
l'Euphorbe sont chacune un caulome, parce que l'ensemble de chaque groupe 
est un sympode. M. Warming ne croit méme pas qu'il y ait au-dessus de 
ces caulomes un phyllome terminal, comme l'ont cru M. Müller et M. Hiero- 
nymus. L'articulation des filets staminaux des £'uphorbia a peut-être, dit-il, 
la méme signification que le bourrelet qui se produit sous la corolle des 
Composées ou que celui qu'on trouve dans la fleur femelle de l'Euphorbe, 
au-dessous de l'ovaire. 

A l'occasion de l'organogénie du cyathium de l'Euphorbe, il a étudié la 
naissance des ovules et examiné leur valeur morphologique. Les carpelles 
se montrent dans la couche extérieure du péribléme, Les ovules se formen 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 217 


ensuite dans la deuxième couche de ce tissu; une des cellules produites par les 
segmentations tangentielles devient le sac embryonnaire. Il n'y a dans tout 
cela que les téguments des ovules de l'Euphorbe qui, soient des phyllomes. 


Om Forskjellen mellem Trichomer og Epiblastemer 
af hojere Rang (Sur la différence entre les trichomes et les épiblas- 
tèmes d'un ordre plus élevé); par M. Eug. Warming (extrait des Viden- 
skabelige Meddelelser fra den naturhist. Forening i Kjübenhavn, 1872; 
n% 10-12) ; tirage à part en brochure in-8° de 47 pages, avec 9 gravures 
sur bois. Copenhague, impr. Bianco Luna, 1873. 


Les plantes étudiées par l'auteur sont les suivantes : Menyanthes trifoliata, 
Gunnera scabra, Datura Stramonium, Drosera rotundifolia, Agrimonia 
Eupatoria. Il résulte de ses observations que les trichomes sont loin de se 
former uniquement dans l'épiderme. Ce n'est pas la structure qui peut 
distinguer entre eux les trois épiblastémes (caulome, phyllome et trichome). 
Meyen a déjà dit qu'il existe des trichomes portant des faisceaux (ibro-vascu- 
laires. Il y a des épiblastémes qui atteignent une telle perfection de struc- 
ture, qu'ils ne different en rien à cet égard des caulomes ou des phyllomes, 
et qui néanmoins doivent étre classés parmi les trichomes. Les appendices 
du Drosera sont pour M. Warming des trichomes, bien qu'ils portent des vais- 
seaux dans leur intérieur et qu'ils se développent sous l'épiderme, parce qu'ils 
apparaissent sur un limbe qui est déjà passablement développé, qu'ils sont 
répandus sur toute l'étendue du limbe, qu'ils se transforment insensible- 
ment en poils du pétiole ; et enfin parce qu'on ne trouve pas non plus, chez 
les familles voisines des Droséracées, de feuilles composées dont les lobes 
puissent étre assimilées aux glandes des Droséracées. 

Le pappus des Composées (1) ne parait pas à l'auteur devoir étre identifié 
avec le calice. Peu importe qu'il y ait un faisceau vasculaire plus ou moins 
rudimentaire dans les rayons de l'aigrette chez quelques genres. Il contredit 
directement les opinions de M. P. Lund. Les organes de l'aigrette ne peuvent 
étre, pour M. Warming, les sépales des Composées, car ils ne correspondent 
par leurs rapports de position, ni à ceux-ci, ni à des feuilles en général. Ce 
sont des trichomes, parce que leur position est trés-indéterminée et sans 
ordre aucun, parce qu'ils naissent tardivement et au-dessous des ópiblas- 
témes plus anciens, parce qu'ils ont une fonction attribuée ordinairement 
aux trichomes, etc. D'ailleurs le véritable calice des Composées est le bour- 
relet faiblement développé qui se forme, chez la plupart des genres, sous la 
corolle, et d’où naissent les rayons de l'aigrette. 

Les trichomes, en résumé, sont pour l’auteur des épiblastèmes qui ne 
different essentiellement des épiblastèmes d'une organisation plus élevée que 


(1) Voyez plus haut, p. 33. 
T. XX. (REVUE) 15 


218 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 
. 


par leur situation indéterminée, ou bien s'écartant considérablement, là où il 
y a une certaine régularité dans leur position relative (Menyanthes, Drosera), 
de la situation qui caractérise ordinairement les épiblastémes d'ordre plus 
élevé. Il distingue les trichomes en deux groupes liés entre eux par les 
transitions les plus insensibles : 1° émergences (ce sont les trichomes les 
plus forts, naissant dans le péribléme et renfermant souvent des faisceaux 
fibro-vasculaires, offerts par les genres Menyanthes, Gunnera, Datura, 
Drosera); 2° poils, qui naissent le plus souvent dans l'épiderme et ne por- 
tent jamais de faisceaux fibro- vasculaires. 


Notice sur laigrette des Composées, à propos d'une mons- 
truosité de l'Z?eracium umbellatum, par M. Treub (extrait des Archives 
néerlandaises, t. VIII); tirage à part en brochure in-8° de 6 pages, avec 
une planche. 


On sait que les galles ne sont pas extrêmement rares sur les capitules de 
Hieracium umbellatum. M. Treub a pensé qu'elles pouvaient éclairer 
l'interprétation de la nature de l'aigrette. Ila observé sur des capitules ano- 
maux tous les passages entre le pappus normal et l'existence de cinq folioles 
séparées et munies de cordons fibro-vasculaires. Il en conclut que le calice 
plumeux des Composées est un véritable calice, qui se forme par la division 
progressive d'un calice à cinq folioles. Avec M. Buchenau, l'auteur croit que 
la cause de l'avortement ordinaire du calice foliacé des Composées est dans 
la compression que subissent les fleurs. 


Hvilken rolie spiller væxtspidsens klovning ved for- 

. &reningen hos blomsterplamterme (Quel rôle joue la par- 
tition du sommet végétant dans la ramification des Phanérogames); par 
M. Rasmus Pedersen (Botanisk Tidsskrift, 4873, premier cahier, pp. 33- 
96, avec deux planches gravées). 


M. Pedersen comprend sous le nom de partition du sommet végétant cette 
production de bourgeons latéraux qui sont, au moment de leur naissance, la 
production la plus élevée de l'axe-mére. Il s'est occupé des Ampélidées, des 
Borraginées, des Cucurbitacées et des Solanées. | 

Sur la première de ces familles, il conclut que les rameaux des Ampélidées 
sont des axes monopodiaax ; que la vrille est un bourgeon extra-axillaire d'une 
situation constante, et naît d’une ramification du cône de végétation et non 
pas d'une partition de l'axe dans le sens où l'a entendu M. Prillieux; que 
les bourgeons axillaires des Ampélidées naissent également d'une ramification 
du cóne de végétation. 

Relativement à linflorescence des Borraginées, M. Pedersen s'explique 
d'abord sur la dichotomie en général; il en distingue plusieurs cas; il con- 
clut que la cyme des Borraginées naît par la ramification répétée du cône de 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 219 


végétation ; et qu'il existe dans cette famille, comme dans le Vaillantia, une 
vraie dichotomie. 

Chez les Cucurbitacées, il fait voir que les bourgeons situés à l'aisselle des 
feuilles ne naissent pas de la ramification du cône de végétation, pas plus 
que ceux qui se développent en vrilles ; tandis qu'il en est tout autrement de 
ceux qui constituent l'inflorescence inàle et le rameau né à côté d'elle dans 
l'aisselle de la même feuille, ainsi que des fleurs mâles elles-mêmes. Ici encore 
la vrille est un rameau extra-axillaire avec une situation constante, Enfin, chez 
le Cyclanthera et Y Echinocystis, il naît des séries de bourgeons dont l'un 
forme une fleur et l'autre une grappe secondaire; ils naissent l'un sur l'autre, 
indépendamment de l'axe principal, et non point par la ramification du cône 
de végétation. 

En fait de Solanées, M. Pedersen a examiné les plantes suivantes : Datura 
Stramonium, Scopolia atropoides, Atropa Belladonna, Anisodus luridus, 
Petunia nyctaginiflora et Solanum nigrum. Chez ces plantes, les rameaux 
florifères possèdent deux préfeuilles, qui naissent successivement. Dans 
Vaisselle de la première, chez les Datura et les Solanum, il naît un bour- 
geon et non point par ramification du cône de végétation; il n'y en a point 
d'analogue chez les Scopolia, l'Atropa et l Anisodus ; le Petunia n'en pré- 
sente qu'au printemps. Chez toutes les plantes indiquées, il naît un bourgeon 
dans l'aisselle de la deuxième préfeuille par la ramification du cône de végé- 
tation,'et cette feuille elle-même est déplacée, si ce n'est chez le Petunza. Il en 
est de même de la première feuille chez le Datura et le Solanum nigrum. 
Tous les axes floriféres de ces plantes, excepté ceux des Datura, sont disposés 
en sympodes. Chez le Solanum nigrum, c'est une inflorescence monopodiale 
qu'on observe formée par les ramifications successives du cône de végétation, 
Il n'y a chez les Solanées aucune partition du cóne de végétation, dans le sens 
oü M. Clos a entendu ce terme. 

D’après les conclusions générales de ce mémoire, la partition, dans le sens 
restreint où l'entend M. Pedersen, serait bornée à la formation des « gemmae 
accessoriæ laterales », et des bourgeons de remplacement qui usurpent la 
place de l'axe principal. : 

Ueber Pflanzenstaeheln und ihr Verhältniss zu Haaren und Dornen 

(Sur les aiguillons des plantes et leur relation avec les poils et les épines) ; 

par M. S. Suckow. Dissertation inaugurale. Breslau, 1875. Impr. A. Neumann. 


Cette thèse a été soutenue le 29 novembre 1873, devant la Faculté de 
Breslau ; elle est dédiée à M. le professeur Cohn. 

L'auteur commence son résumé historique à Théophraste. L'exposé de ses 
recherches personnelles s'écarte d'une manière frappante des résultats qu'ont 
obtenus MM. Kauffmann, Rauter, Delbrouck (1) et Ublworm., Il décrit princi- 


(1) Voyez plus loin p. 238. 


220 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


palement les aiguillons des Rosa et ceux des Rubus. Les premiers devraient, 
d’après lui, leur origine à un petit nombre de cellules épidermiques qui s’élè- 
. veraient en forme de cylindre et entre lesquelles plus tard se glisseraient quel- 
ques cellules du parenchyme sous-jacent. Les poils capités des Rosa auraient 
Ja méme origine ; ce sont, pour l'auteur, des aiguillons qui ne sont pas parvenus 
à leur développement complet. Il avoue n'avoir pas pu suivre le développe- 
ment des aiguillons des Rubus. Les épines, pour lui, se distinguent des aiguil- 
lons par ła présence de faisceaux fibro-vasculaires : exemple, Berberis vul- 
garis, Robinia Pseudacacia, Gleditschia triacanthos, Acacia alba. Les 
extrémités piquantes des feuilles des Cirsium et des Carduus oûrent, selon 
lui, des passages entre les épines et les aiguillons, parce que les faisceaux 
fibro-vasculaires ne pénètrent que jusqu’à leur milieu. 

En terminant, il classe en trois catégories les formations. qu'il a observées. 
La premiere comprend des poils, qui naissent exclusivement de l'épiderme ; — 
la seconde, des formations de la nature des aiguillons, à la formation des- 
quelles, outre l'épiderme, contribue encore le parenchyme sous-jacent; ce 
sont parfois des portions de feuilles métamorphosées : ces aiguillons sont mous 
(Solanum ferox, Ribes Grossularia, etc.) ou durs (Rosa, Rubus, Smilax, 
Cactus) ; — la troisiéme, des épines ou appendices munis de faisceaux vascu- 
laires, généralement des feuilles ou des rameaux transformés. 


Vitis vinifera und Ampelopsis hederacea Mich.; par 
W. Velten (extrait des Annalen der Œnologie, t. 111, pp. 149-165, avec 
2 planches). 


L'auteur se fonde sur des recherches encore assez peu précises pour recon- 
naitre la tige de la Vigne comme monopodiale, et pour attribuer à sa fleur des 
verticilles doués d'une alternance régulière. 


Bcitrage zur Entwicklungsgeschichte der Trichome, 
mit besonderer Berücksichtigung der Stacheln (Recherches sur l'organo- 
génie des trichomes, avec considération spéciale des aiguillons); par 
M. Oscar Uhlworm (Botanische Zeitung, 1873, n°° 48, 49, 50, 51 et 
52, avec 2 planches). 


Voici les principales plantes étudiées par l'auteur : Rubus Hofmersteri, 
R. idœus, Gunnera scabra, Cucurbita Pepo, Ecbalium agreste, Cucu- 
mis sativus, Datura Stramonium, Euphorbia aspera, Bunias Erucago, 
B. orientalis, Æsculus Hippocastanum, Ribes lacustre, Rosa pimpinelli- 
folia et Cirsium ciliatum. Nous extrairons ce qui suit des conclusions de 
Pauteur. 

D'après lui, les trichomes ne se partagent pas nettement en deux groupes; 
on observe tous les passages d'une forme à l'autre (c'est précisément ce 
qu'avait fait remarquer M. Warming). 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. TET 


M. Uhlworm ne peut accorder non plus une aussi grande valeur que l'au- 
teur danois à la différence établie par l'irrégularité de la position pour distin- 
guer les trichomes des phyllomes et caulomes. M. Hofmeister a déjà fait 
remarquer que les écailles paléacées des Fougères (qui sont apparemment des 
trichomes) sont disposées d'une manière régulière, ainsi que les poils des /ris 
barbus. Les caulomes eux-mémes ne laissent pas de présenter bien des irré- 
gularités dans leur situation, comme l'a montré M. Pringsheim sur les Utri- 
cularia. Il n'y a d'ailleurs, méme entre les caulomes et les phyllomes, aucune 
limite précise, comme l'a déjà fait remarquer M. Sachs. Les aiguillons des 
Echinops, des Cirsium, sont des sommets de feuille métamorphosés ; 
M. Warming lui-méme a douté s'il devait classer les aiguillons du calice des 
Agrimonia parmi les caulomes ou parmi les phyllomes. 

L'auteur a classé de la manière suivante les trichomes qu'il a examinés : 

4° Trichomes dont l'origine part d'une cellule de l'épiderme : aiguillons, 
poils capités, simples, fourchus et rameux du Rubus Hofmeisteri ; aiguillons 
du À. idœus; poils simples ponctués et poils formés de quatre séries de 
cellules du Gunnera scabra; poils vermiformes et poils rameux de la surface 
des bractées chez le Cucurbita Pepo; poils rameux de l'E'cbalium agreste ; 
poils simples munis de nombreuses nodosités cuticulaires, poils capités des 
tiges et des pédoncules chez le Datura Stramonium; poils cylindriques de 
l'£uphorbia aspera ; poils simples noueux de l'ZZiseulus Zippocastanum; 
tous les trichomes des Æibes, excepté leurs aiguillons. 

2° Trichomes dont l'origine est due à plusieurs cellules de l'épiderme : 
Echium vulgare, d'aprés M. Martinet. 

3° Trichomes dont l'origine est due à une cellule du dermatogène, et 
secondairement à la participation du péribléme : aiguillons et poils capités (en 
partie) de la tige du Cucurbita Pepo, et de l Zcbalium agreste ; ‘aiguillons 
du Cucumis sativus. 

4° Trichomes dont l'origine est due à plusieurs cellules de l'épiderme et 
secondairement à la participation du péribléme : poils flabelliformes des ner- 
vures du Gunnera scabra ; papilles des Bunias Erucago et du B. orientalis. 

5° Trichomes dont l'origine provient d'une ou de plusieurs couches du 
péribléme, et qui ne présentent pas de faisceaux fibro-vasculaires quand ils 
sont développés (émergences de M. Sachs) : aiguillons du Gunnera, du Ribes 
lacustre et du R. Grossularia ; papilles de P Fuphorbia aspera; aiguillons et 
poils capités du Rosa pimpinellifolia et d'un Rosa; barbes de la corolle des 
Menyanthes ; glandes des Drosera. 

6° Trichomes dont l'origine vient du périblème et qui contiennent des 
faisceaux fibro-vasculaires : aiguillons de l'ovaire du Datura Stramonium et 
de l'/Zsculus; aiguillons terminant les lobes des feuilles chez le Cirsium 
ciliatum, Y Echenots carlinoides et Y Echinops cornigerus ; aiguillons dn 
calice de l’ Agrimonia. 


222 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Sal polimorfismo della Pleospora herbarum Tul. Ri- 
cerche fatte nel laboratorio di botanica crittogamica in Pavia; par MM. 
G. Gibelli et L. Griffini. Broch. in-8° de 40 pages, avec 5 planches. 


Le comice agricole de Pavie avait invité le laboratoire de botanique crypto- 
gamique de la méme ville à rechercher si, conformément à l'opinion de 
M. Hallier, les maladies des vers à soie, la pébrine et la gattine, étaient réelle- 
ment causées par des parasites des feuilles du Mûrier, appartenant aux formes 
diverses du Pleospora herbarum Tul. Il y avait à résoudre, pour répondre à 
cette requéte, une question de botanique pure, relative à la nature des phases 
ou des métamorphoses du Pleospora, et une question de botanique appliquée 
ou de pathologie, celle de la transmission de la maladie aux vers. 

MM. Gibelli et Griffini répondent que les limites spécifiques du Pleospora, 
telles que les a étendues M. Tulasne, en comprenant parmi les phases de ce 
Champignon méme les formes à conidies exosporées (Mystrosporium piri- 
forme Desmaz. , Sporidesmium Cladosporii Corda, Alternaria tenuis Nees), 
et les formes à conidies dématiées (Cladosporium herbarum Link), sont pour 
le moins prématurées. C'est du moins ce qui résulte de leurs observations. 

Il se trouverait, d’après eux, dans le Pleospora, tel que l'a concu notre savant 
mycologue, au moins deux espèces distinctes, l'une à conidies sarciniformes 
et munies de pycnides, l'autre à conidies exosporées et à pycnides inconnues : 
c'est l'A/fernaria. Pour eux encore, le Cladosporium herbarum Link est 
certainement une espèce qui accompagne toujours les formes diverses de 
Pleospora. M. Hallier avait été encore plus explicite que M. Tulasne, en rat- 
tachant au P/eospora des types de Mucédinées et de Mucorinées que natu- 
rellement les auteurs italiens en excluent. Ils ont généralement reconnu 
l'intrusion de spores étrangères dans leurs appareils d'observation toutes les 
fois qu'ils ont observé des Mucor, Penicillium, etc., dans leurs préparations. 
En se résumant, ils scindent en deux espèces le Pleospora herbarum de 
M. Tulasne, espèces qui sont le P. Sarcinule et le P. Alternariæ. Ils les 
décrivent longuement et les figurent, ainsi que le Phoma herbarum. 


Descriptions of some new species, subspecies and varieties of 
plants collected in Morocco by J.-D. Hooker, A. Maw and J. Ball; par 
J. Ball (The Journal of Botany, septembre, octobre, novembre et décem- 
bre 1873); tirage à part en brochure in-8° de 32 pages. 

Ce mémoire a été publié en méme temps que celui que -M. Cosson a com- 
muniqué à notre Société le 14 novembre dernier et déposé sur le bureau de 
l'Académie des sciences dans sa séance du 29 décembre (Comptes rendus, 
LXXVII, 1520). 

Il ne résulte du reste de cette simultanéité de publication aucun double 
emploi, les auteurs anglais, dont le voyage est de 1871, s'étant fait un devoir 
de laisser à M. Cosson la priorité des espèces recueillies en 4867 par M. Ba- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 223 


lansa, que les événements avaient empêché de publier promptement. Cette 
courtoisie bien placée, en évitant de fácheux doubles emplois, rend un service 
éminent à la science. 

M. J. Ball commence par donner des détails nécessaires sur l'emploi du 
terme « subspecies » qui ne signifie point race, mais qui témoigne du progrès 
qu'a fait en Angleterre la théorie darwinienne, aujourd'hui à peu prés géné- 
ralement acceptée, peut-étre un peu par orgueil national, de l'autre cóté du 
détroit, et qui indique l'impossibilité de fixer une limite entre l'espèce et la 
variété. M. Ball croit que le critérium emprunté à la fécondation présente 
dans le régne végétal de trop fréquentes exceptions pour pouvoir étre 
invoqué scientifiquement. Des variétés évidentes de la méme espéce peuvent, 
suivant lui, ne produire qu'une postérité inféconde, tandis que le contraire 
arrive dans le croisement de types qui different les uns des autres autant que 
beaucoup d'espéces regardées comme parfaitement distinctes. Les sous-espèces 
sont des types supposés descendus d'une espéce encore existante aujourd'hui ; 
tandis que les espèces descendraient d'un type éteint; dans la pratique, la sous- 
espéce parait d'une valeur taxonomique un peu plus importante que la race. 
M. Ball reconnaît du reste qu'il lui est impossible de donner des définitions 
catégoriques de ces trois termes. 

Voici les types nouveaux décrits par l'auteur anglais : Ranuncule acris 
L. subsp. R. leucothriz et R. atlanticus, ce dernier très-voisin du R. Frie- 
sianus Jord. Obs. vi, p. 17; R. nemorivagus Jord. Diagn. 1, 7h. — 
Papaver tenue, voisin da P. arenarium Bieb. — Fumaria agraria Lag. 
subsp. F. tenuisecta. — Nasturtium atlanticum, voisin du N. asperum 
Boiss. et du JV. Boissieri Coss. -— Arabis erubescens, voisin de lA. alpina; 
A. conringioides ; A. pubescens Poir. subsp. A. decumbens. — Brassica 
elata; B. rerayensis, voisin du B. bætica Boiss; B. nervosa. — Reseda 
Gayana Boiss. subsp. R. attenuata; R. Phyteuma L. subsp. À. diffusa. — 
Fumaria arbuscula. — Viola modesta. — Silene nocturna L. subsp. 
S. decipiens.; S. corrugata et subsp. S. adusta, — Polycarpon hernia- 
rioides. — Tamarix gallica L. subsp. T. speciosa. — Lotononis maroccana. 
— Argyrolobium Linnæanum Walp. subsp. À. fallens et A. stipulaceum ; 
A. microphyllum. — Genista myriantha; G. florida L. subsp. G. maroc- 
cana, — Ononis Maweana; O. polyphylla ; O. atlantica., — Trifolium 
humile, intermédiaire entre le T. cæspitosum Reyn. et le 7. Parnassi Boiss. ; 
T. atlanticum. — Lotus maroccanus. — Astragalus narbonensis L. citer. 
A. atlanticus; A. pretermissus. — Coronilla juncea L. subsp. C. ramo- 
sissima; C. pulchra. — Hippocrepis aflantica. — Lathyrus fissus, qui 
a le port du Z. ciliatus Guss. (Qrobus saxatilis Vent.). — Rubus debilis, 
qui appartient probablement à la section. Dalibarda, connue jusqu'ici seule- 
ment dans l'Amérique du Nord, au détroit de Magellan et dans le Népaul.— 
Poterium anceps. — Cotyledon hispanica DC. sub Pistorinia subsp. C. Cos- 


224 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


soniana (Pistorinia bréviflora Coss. non Boiss.). — Sedum modestum. — 
Sempervivum tectorum L. subsp. S. atlanticum (Bot. Mag. tab. 6055). — 
Monanthes atlantica (M. muralis Hook. f. Bot. Mag. tab. 5988. — Galium 
silvestre Poll. subsp. G. atlanticum; G. acuminatum ; G. INoli-tangere. — 
Filago atlantica, du groupe du F. germanica. — Phagnalon bicolor, — 
Gnaphalium? helichrysoides. — Pulicaria arabica Coss. subsp. P. longi- 
folia. — Anacyclus clavatus Pers. subsp. A. maroccanus ; A. depressus. 
— Santolina scariosa, voisin par le faciès du S. oblongifolia Boiss. Diagn. — 
Anthemis tenuisecta. — Chrysanthemum Mawii Hook. f.; C. altissimum; 
C. Catananche. — Matricaria maroccana. — Calendula suffruticosa Vahl 
subsp. C. maroccana. — Xeranthemum modestum, voisin du X. squarro- 
sum Boiss. — Carduus Ballii Hook., qui ne ressemble qu'au C. Schimperi 
Sz.-Bip. — Cnicus ornatus, voisin du C. flavispinus (Cirsium flavispinum 
Boiss.); C. chrysanthus, voisin du C: polyacanthus (Cirsium polyacanthum 
Hochst.). — Cinara Hystrix. — Centaurea Cossoniana (Rhaponticum cau- 
lescens Coss.). — C. maroccana, intermédiaire entre le C. eriophora L. et 
C. sulfurea Willd. — Carduncellus lucens, voisin du C. Monspeliensium 
All. — Picris albida, de la section £upicris. — Crepis taraxacifolia Thuill. 
subsp. C. stellata; C. Hookeriana, de la section Omalocline. — Hypochæris 
leontodoides. — Leontodon hispaniense Mérat subsp. L. Ballii Benth.; 
L. trivialis. — Sonchus fragilis (S. tenerrimus L. var. pectinatus Coss.). — 
Jasione cornuta; J. atlantica, voisin du J. amethystina Lag. et Rod. — 
Echium modestum et Anchusa atlantica, voisin seulement de l' A. affinis 
Al. Br., d'Abyssinie. 

Bien entendu, les espèces dont le nom n'est suivi d'aucun nom d'auteur 
doivent porter ici celui de M. Ball. Nous n'avons pas cité les variétés, vu le peu 
d'espace dont nous disposons. Le caraciére général de la végétation monta- 
gueuse observée par les voyageurs la rapproche tant des montagnes de l'Es- 
pagne méridionale que de celles de l'Abyssinie. 


Une visite au Jardin d’acelimatation et d'expériences 
bótaniques de Collioure; par M. Roumeguère (extrait du xv* 
Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées- 
Orientales) ; tirage à part en brochure in-8? de 16} pages. Perpignan, 
impr. Ch. Latrobe, 1873. 


C'est à M. le docteur L. Companyo, dont nos confréres ont pu apprécier les 
lumières et l'obligeance pendant la session extraordinaire de Prades-Montlouis, 
qu'est dédié ce récit des impressions qu'a laissées dans le souvenir de l'auteur 
un pèlerinage scientifique fait à Collioure, dans le jardin d'expériences où se 
concentre l'activité savante de M. Naudin. La chaleur emmagasinée dans le 
sol par la température de l'été y convertit la culture de l'hiver en une culture 
géothermique réalisée par la nature elle-même ; telle est la cause qui permet 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 225 


de prospérer sous le ciel du Roussillon à des àrbres exotiques tels que les sui- 
vants : Livistona australis, Sabal Palmello, Cocos Romanzoffiana, du Brésil ; 
à des végétaux du Chili : Jubea spectabilis, Colletia cruciata, Rhamnée dont 
les fortes et larges épines feront un jour une plante défensive du premier ordre ; 
à des Papilionacées des Canaries, le Lathyrus tingitanus et le Cytisus pro- 
liferus, qui offrent dans les Pyrénées-Orientales une grande ressource à l'ali- 
mentation des bestiaux ; à des plantes utiles telles que le Pæhmeria tenacis- 
sima, très-rustique à Collioure; à des végétaux d'ornement comme le Rosa 
rugosa, du Japon, des Bambous de la Chine ; aux Cucurbitacées dont M. Naudin 
a poursuivi l'étude dans tous ses détails, etc. Les Aurantiacées, qui supportent 
si facilement dans le Roussillon les écarts de température, sont admirables à 
Collioure. Dans un petit jardin botanique se trouvent rangées les plantes de 
la localité, non point systématiquement, mais selon l'habitat qui doit leur étre 
le plus favorable et selon les accidents de terrain; entre autres le Phrag- 
mites gigantea J. Gay (1), auquel ilimporte de comparer le P. ruscinonensis 
Mabille. 

Eu terminant, M. Roumeguère analyse une partie des notes publiées par 
M. Nylander sur les Lichens des Pyrénées-Orientales. En voyant l'importance 
attribuée maintenant, dans la distinction des caractères spécifiques des Lichens, 
à la grosseur des spores, à la coloration obtenue par l'emploi des réactifs (2), il 
se demande si-une semblable méthode, entre des mains moins habiles que celles 
de M. Nylander, ne conduira pas à renouveler la confusion dans l'étude des 
Lichens, en imposant l'appréciation de détails presque insaisissables. 


Observata lichenologica in Pyrenæis orientalibus ; 
exponit W. Nylander (extrait du Bulletin de la Société Linnéenne de Nor-. 
mandie, 2* série, t. VII) ; tirage à part en brochure in-8? de 73 pages. 
Caen, typographie Le Blanc-Hardel, 1873. 


Ces notes ont été publiées par fragments dans le Flora pendant le second 
semestre de l'année 1872. Les Lichens dont elles traitent ont été recueillis 
par M. Nylander dans les Pyrénées orientales, en juillet 1872, principalement 
aux localités suivantes : Forca-Réal (alt. 300-500 m.), Costabona (alt. 1200- 
2500 m., sur le cóté méridional du Canigou) ; les montagnes de Tour de la 
Massane et du Col del Pall (600-900 m.); les rochers maritimes entre 
Collioure et le cap Béarn, et la plaine entre Perpignan et la mer. M. Nylander 
énumére successivement les Lichens recueillis par lui dans chacune de ces 
localités. Un certain nombre d'entre eux constituent des nouveautés savoir : 

Parmelia soredians, alf. P. conspersæ, Lecanora ferruginascens, L. 


(4) Cette espàce, que J. Gay ne connaissait que de la seule localité de Salces, a été 
trouvée dans l'Hérault par MM. Duval-Jouve et Richter, et en Corse par M. Debeaux. 

(2) La chimie physiologique des Lichens a été étudiée spécialement par M. W. Knop 
en 1871, dans le Bericht der k. sächs. Gesellsch. der Wissenschaften, math.-phys. Klasse, 
pp. 576 et suiv. 


226 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


pyrithrella, L. atrocinerella, L. atropallidula, L. olivascens, L. psaro- 
phana, L. intermutans, Urceolaria scruposula, Lecidea atrolurida, L. ba- 
diella, Verrucaria fusconigrescens, V. epicarphinea, Parmelia atricha 
Lecanora resistens, Lecidea straminescens, L. homosema, L. strep- 
sodea, L. uberiuscula, Verrucaria truncatula, Lecanora sciodes, aff. L. 
conioptæ Nyl., Pertusaria spilomantha, P. monogona, Lecidea subincon- 
grua, L. sorediza, L. epispila, Melaspilea furtiva, Opegrapha phego- 
spila, atf. O. varie et O. lutulentæ, O. subrimalis, Pyrenopsis fœderata, 
Asirosiphon densatulum, Lichinella stipatula, Amphidium terrenum, Par- 
melia verrucigera, P. enteroxantha, Lecanora contribuens, aff. L. contro- 
versæ (Mass.), L. glaucoatra, L. effigurascens, Urceolaria subsordida, 
Endocarpiscum obscurans, Lecidea obluridata, L. squamulata, L. micro- 
tera, L. luridula, L. oleicola, L. myriocarpella, Verrucaria symbalana, 
V. exiguella, Endococcus pseudocarpus. 

ll y a parmi les nombreuses descriptions de M. Nylander des dénominations 
génériques nouvelles : Asirosiphon, distingué des Sirosiphon par la texture 
de son thalle (car les apothécies et les spermogonies manquent encore); 
Amphidium, qui offre le thalle des Pannaria avec les spores des Leptogium ; 
Ændocarpiscum, sous-genre des Heppia, et Lichinella, dont voici les carac- 
tères : 

Thallus minute fruticulosus, intus cellulosus, gonimiis glaucis majusculis 
conferte in cellulis inclusis; apothecia lecanorina terminalia, thecis polysporis ; 
Spermogonia incolora sterigmatibus tenuibus simpliciusculis, spermatiis 
minutulis. 

M. Nylander a réuni dans ce mémoire beaucoup de notes sur les caractères 
ou sur la synonymie d'un grand nombre de Lichens. Il a saisi en outre 
l'occasion de contester l'hypothèse de M. Schwendener comme « nullis certe 
observationibus probandis nullisque rationibus innixa. » 

Ce travail se termine par la liste de tous les Lichens recueillis par 
M. Nylander dans les Pyrénées orientales. I! s'y trouve en note la description 
d'une espèce nouvelle trouvée à Jersey par M. Larbalestier, en juin 1873, le 
Pertusaria urceolaria. 


Ueher die neueren Ansichten in Betreff «ler Flechten, 
wonach diese Schmatotzer seien (Sur Jes nouvelles opinions concernant les 
Lichens, d'après lesquelles ceux-ci seraient des parasites); par M. Cas- 
pary (Schriften der physikalisch-ækonomischen Gesellschaft zu Kænigs- 
berg, 1872, 2° livraison, Sitzungsberichte, p. 18). 


M. Caspary reconnait que pour les Lichens gélatineux la théorie de 
M. Schwendener présente une certaine vraisemblance, bien qu'on n'ait pas 
apporté en sa faveur de preuves concluantes, car les expériences de M. Reess 
ne le sont pas, faute d'avoir obtenu la fructification. Quant aux autres Lichens, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 227 


il est impossible d'admettre leur parasitisme ; impossible de regarder les hété- 
romères comme des Ascomycètes végétant sur des Algues, parce que : 4° le 
Champignon prétendu parasite dépasserait plus de cent fois l'Algue nourricière 
par son volume et par le nombre de ses cellules ; 2° les Algues qui fourniraient 
au parasite sa substance nutritive ne cessent pas de végéter dans les meilleures 
conditions de santé et de se multiplier; 3° enfin parce qu'entourées comme 
elles le sont. par le tissu du Champignon, elles ne sauraient créer dans leur 
intérieur un réservoir de substance nutritive. M. Reess a lui-méme fait res- 
sortir que le Champignon-Lichen exerce une absorption par les poils radicaux 
dont il est muni, pour lui et pour son Algue assimilatrice. Comme on a trouvé 
des Algues dans les tiges du Gunnera scabra (Reinke, Schenk), dans des 
Mousses telles que l’Anthoceras levis, le Blasia pusilla, le Sphagnum acu- 
tifolium (de Janczewski), dans les racines du Cycas (Schenk), et qu'il est 
hors de doute que ni le Gunnera scabra, ni ces Mousses, ni les Cycas ne sont 
parasites sur des Algues, il y aurait lieu de reconnaitre que les Lichens hété- 
roméres ne sont point parasites sur les Algues qui vivent dans leur tissu, mais 
bien plutót, tout au contraire, que les Algues enfermées dans le tissu des 
Lichens trouvent en eux, non-seulement leur habitat, mais encore les éléments 
de leur nutrition, 


Lichenenculitur (Culture de Lichens); par M. Treub (Botanische 
Zeitung, 1873, n° h6, avec une planche). 


Pas plus que M. Bornet, M. Treub n’a pu voir les gonidies naître sur les 
ramifications des hyphes du tissu des Lichens. Il a aussi aperçu des gonidies 
munies de deux et quelquefois de trois cellules pédonculaires. Ila de plus vu 
quelquefois les hvphes non-seulement s'appliquer à la surface des gonidies, 
mais quelquefois pénétrer dans leur intérieur. Il a pu faire germer les spores 
de plusieurs espèces de Lichens (Xanthoria parietina, Lecanora subfusca, 
Ramalina calycaris). Les spores du Lecanora notamment se sont allongées en 
filaments sans que l'auteur ait observé sur eux la moindre trace de jeunes 
gonidies, 

M. Treub a principalement porté son attention sur la culture simultanée de 
certains Lichens tels que Ramalina calycaris, Xanthoria parietina, Physcia 
pulverulenta, Lecanora subfusca, etc., et des Algues qui produisent les 
gonidies de ces Lichens (Cystococcus humicola Næg.). Ces cultures se fai- 
saient, bien entendu, sur le porte-objet du microscope. L'auteur a eu beau- 
coup de peine à empécher le développement des moisissures dans ses expé- 
riences. Il lui a fallu pour cela employer des substances sèches pour y semer 
les spores, et cultiver le tout dans une atmosphere trés-humide. Alors les 
Algues se sont séparées en cellules-filles, tandis que s'allongeaient les filaments 
issus des spores des Lichens. Aussitót qu'un filament issu de la spore d'un 
Lichen hétéromère, dit l'auteur, se trouve en contact avec une Algue appar- 


928 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


tenant à l’une de ces espèces d’où dérivent les gonidies des Lichens, il s'at- 
tache à la surface de l'Algue, ou il étend vers elle des ramuscules qui en 
enlacent les cellules. 

La première conséquence de cette adhérence est une multiplication des 
rameaux du filament qui arrivent à former un lacis enchevétré autour des 
cellules de l'Algue; et cela sans que les filaments puissent être considérés 
comme ayant tiré de ces cellules les matériaux de leur accroissement. Ces 
observations sont naturellement interprétées par M. Treub dans le sens de la 
double nature des Lichens. 


Ueber meine drei Jahren hinter einander angestellten 
Untersuchungen in Betreff der Befruchtungsweise der einheimischen 
Arten. von Corydallis (Sur mes recherches poursuivies pendant trois 
années relativement au mode de fécondation des espèces indigènes de Cory- 
dallis) ; par M. Caspary (Schriften der kemiglichen physikalischen-æko- 
nomischen Gesellschaft zu Kamnigsberg, 12° année, 1871, première 
livraison, Sitzungsberichte, p. h. Keenigsberg, 1871. 


D’après M. Hildebrand, le Corydallis cava rapporte moins de bonnes 
graines, lorsque les fleurs d'un méme pied sont fécondées l'une par l'autre, 
que quand la fécondation est pratiquée entre fleurs de différents pieds. M. Cas- 
pary a confirmé ce fait, mais ne trouve pas suffisamment établie l'opinion 
de M. Hildebrand, d'aprés lequel les fleurs fécondées par leur propre pollen 
ne produiraient presque aucun fruit, En plaçant sous verre des centaines 
d'inflorescences préservées ainsi des insectes et de l’accès d'un pollen étran- 
ger, il a obtenu quelques bonnes graines; le nombre a augmenté cn fécon- 
dant réciproquement les fleurs d'un méme pied, et surtout les fleurs de 
pieds différents. L'autofécondation a mieux réussi avec le C. Halleri, bien 
que les mêmes relations de fécondité se soient manifestées dans les trois opéra- 
tions. Mais le C. intermedia, lui, s'est montré tout aussi fécond quand on en 
a fécondé les fleurs par leur propre pollen que quand on a employé le pollen 
de fleurs ou de pieds étrangers. C'est ce qui prouve qu'il ne faut pas regarder 
comme établies dans leur généralité les assertions. énoncées par M. Darwin, 
relativement à la fécondation croisée. 


Essai sur la végétation à l'époque des marnes heer- 
siennes de Gelinden ; par MM. G. de Saporta et A.-F. Marion 


(Académie royale de Belgique, classe des sciences, séance du 13 mai 
1873). 


Nous extrayons les renseignements suivants du rapport présenté sur Ce 
travail à l'Académie de Belgique par M. Dewalque, qui fait des sables et 
marnes de Heers (systéme heersien de Dumont) l'objet d'une étude particu- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 229 


lière, et qui avait fourni à MM. de Saporta et Marion les matériaux de leurs 
intéressantes études. 

Après quelques considérations générales, MM. de Saporta et Marion fixent 
leur point de départ en donnant une révision de la flore crétacée. Malgré l'insuf- 
fisance des documents relatifs au crétacé supérieur, on peut constater cependant 
quelques traits caractéristiques. Les Fougères se montrent encore en propor- 
tion notable ; mais les Polypodiacées y sont tout à fait subordonnées, tandis que 
les familles dominantes sont les Gleichéniacées, les Schizéacées, les Cyathéacées, 
formes aujourd'hui fort réduites en nombre et généralement exclues de l’Eu- 
rope. Viennent ensuite des Cycadées et des Conifères, dont les genres ont sou- 
vent persisté; puis quelques Monocotylédones. La prépondérance appartient 
déjà aux Dicotylédones. Les auteurs examinent les diverses espèces, et ils les 
rapportent à diverses familles, dont sept apétales, quatre gamopétales et huit 
dialypétales. Les plus importantes sont les Myricées, les Quercinées, les 
Araliacées, les Magnoliacées ei les Tiliacées ; viennent ensuite les Protéacées. 

Les auteurs passent ensuite à la description de la marne heersienne, en 
l'aecompagnant de figures, dues au crayon de l'un d'eux, et représentant 
vingt-six-espèces. Dans un dernier chapitre, les auteurs formulent leurs con- 
clusions de la manière suivante : 

Comme nous l'avons déjà dit, de la flore crétacée à celle de Sézanne et des 
grés du Soissonnais, la distance est considérable. L'évolution qui se montre 
dans la craie d'une manière si frappante et si variée, est achevée lors des 
dessins suessoniens. Les Dicotylédones se sont ramifiées dans tous les sens ; 
leurs types singuliers ont disparu ; les Angiospermes dominent dans des pro- 
portions qui ne s’éloignent guère de ce qui se passe de nos jours. 

Cette différence entre les deux flores semble correspondre, dans l'Europe 
centrale, à un déplacement des mers. C'est dans cet intervalle que vient se 
placer le système heersien ; mais lui-même est séparé de la craie supérieure 
au moins par la période du calcaire de Mons; ce qui le reporte à une distance 
assez considérable de la craie et nous fait prévoir des changements notables 
dans la végétation. 

La liaison avec la flore crétacée se manifeste de divers côtés, Les deux Fou- 
gères appartiennent à des groupes, actuellement subordonnés, qui dominaient 
à l'époque de la craie; les Pryophyllum, si abondants, rappellent ceux de 
l'époque précédente; un type singulier, le genre Dewalqueia, ne monte pas 
plus haut, et il est représenté par une forme voisine de celle de la craie de 
Holden. Le Celastrophyllum Benedeni est à peine distinct du C. lanceolatum 
du terrain crétacé de Niederschoena. 

Enfin, par sa composition, la flore heersienne se rapproche de certaines 
flores crétacées, Néanmoins ses liaisons avec la végétation de l'époque éocéne 
sont encore plus marquées, soit par l'ensemble, soit par certains détails, soit 
enfin par l'existence d'espèces identiques avec celles d'étages plus récents. 


230 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Les analogies avec l'oligocéne et même avec le miocène ne sont pas moins 
frappantes ; et, chose étonnante et à laquelle s'arrétent les auteurs, cette affi- 
nité se montre même pour le miocène arctique du Groenland et du Spitzberg, 
par le Coeculus Cani? et par deux espèces voisines de l'Üsmunda eocenica et 
du Zizyphus remotidens. 

Des conditions extérieures analogues se seraient donc présentées sur tout 
notre hémisphère, depuis l'époque de la craie jusqu'à celle du système miocène. 
Le climat de ces régions a donc dû rester, à l'époque heersienne, ce qu'il 
était vers la fin de l'époque crétacée : suffisamment chaud, raisonnablement 
humide, favorable à la végétation forestière et exempt de saisons extrêmes. 


Die Sce-Algen von Neukuhren an der samlandischen Küste in 
Preussen nach Hensche's Sammlung; par M. R. Caspary (Schriften der 
kœniglichen phys.-ekon. Gesellschaft zu Kaenigsberg, 1874, 2° livr., 
Abhandlungen, pp. 138-146). 


Ces Algues ont été recueillies aux environs de Neukuhren, sur la cóte sep- 
tentrionale du Samland, à quelques milles de Kænigsberg, il y a, plus de dix 
ans déjà, par M. Hensche. Aprés avoir apprécié les conditions physiques et 
chimiques oü se trouvent les eaux de cette partie de la Baltique, M. Caspary 
cite les sources bibliographiques relatives aux Algues des cótes de Prusse, puis 
il énumère celles dela collection Hensche ; elles sont au nombre de vingt-cinq, 
parmi lesquelles une espèce nouvelle, Myrionema Henschei Casp. Il s'étend 
spécialement sur les formes du Fucus vesiculosus, en tenant grand compte de 
l'étude qu'en a faite le cryptogamiste Kickx (1). 


Descriptiones plantarum novarum in regionibus turkestanicis 
a cl viris Fedjenko, Korolkow, Kuschakewicz et Krause collectis; cum 
adnotationibus ad plantas vivas in horto imperiali botanico petropolitano 
cultas; auctore E. Regel. Fasciculus I (extrait des Travaux du jardin 
botanique impérial de Saint- Pétersbourg, t. 11); tirage à part en brochure 
in-8° de 57 pages. Petropoli, julio 1873. 


Voici les types étudiés dans ce mémoire par M. Regel : A//ium caeruleum 
Stscheglew non Pall.; Arum Æorolkowi Rgl n. sp.; les espèces du genre 
Berberis à feuilles simples habitant l'Europe, l'Asie centrale, le Japon et 
l'Amérique boréale, dont l'auteur trace le Synopsis et les descriptions ; Calo- 
chortus Gunnisoni Watson ; toutes les espéces connues de deux autres geures 
orientaux de Liliacées, £remurus et Selonia, voisins du genre Asphodelus. 
L'auteur n'accepte pas les genres Ammolirion et Henningia, séparés de 
l'Eremurus par MM. Karelin et Kirilow. L'Zremurus Bieb. contient dix 
espèces ; le Selonia Rgl une seule. L'auteur étudie encore le Geranium 


(4) Essais sur les variétés indigènes du Fucus vesiculosus, in Bulletin de l’Académie 
royale de Belgique, 1856, t. xxi1, n? 5. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 231 


Backousianum Rgl, du Népaul ?, l'7ris Korolkowi Rgl n. sp., du pays des 
Turcomans, le Linum heterosepalum Rgl, le Mesembrianthemum abyssinicum 
Rgl, d'Abyssinie, le M. tetrasepalum, le Milium holciforme Sprgl., de 
l'Orient, l Oncidium leucochilum Batem., le Pitcairnia lepidota Rgl, envoyé 
par M. Rozl des montagnes du Venezuela, et le Silene turkestanica Rgl, qui 
appartient à la section Schaftæ Boiss. M. Regel trace ensuite l'énumération de 
toutes les espèces connues de Tulipa, qui sont, d’après lui, au nombre de vingt- 
six, parmi lesquelles le 7. Boissieri Rgl (T. pulchella Boiss in Roth exelec, 
non Fenzl), 7. Greigi Rgl (T. altaica var. Karatavica val antea), T. 
Schrenki Rgl (T. Gesneriana Trautv. non L.). 


On the organisation of Emqwuisetum and Calamnites ; 
par M. W.-R. Mac Nab (The Journal of Botany, mars 1873, pp. 79-93). 


Ce mémoire a été lu le 12 décembre 1872 à la Société botanique d' Edim- 
bourg par M. Mac Nab. En voici les conclusions. 

4. La tige des Zquisetum ne diffère que peu dans sa structure de celle des 
Calamites. — 2. Dans chacun de ces types, les faisceaux fibro-vasculaires 
sont pauvrement développés. — 3. La masse du tissu (woody wedges de 
M. Williamson) formant la plus importante partie de la tige, consiste en petits 
faisceaux fibro-vasculaires, avec l'addition d'une grande quantité de paren- 
chyme et de prosenchyme épaissi (sclérenchyme Mettenius). — 4. Ce sclé- 
renchyme fait partie des tissus corticaux et non des faisceaux fibro-vasculaires. 
— 5. Ii n'y a aucune preuve qu'il y ait eu dans ces faisceaux fibro-vasculaires 
d'accroissement comparable à celui des Dicotylédones; mais sila tige des 
Calamites s'augmentait en diamètre, c'était par addition de tissus corticaux. — 
Enfin la forme de l'extrémité inférieure de la tige des Calamites indique 
qu'elle n'a pas subi d'accroissement en diamétre, mais qu'ele demeurait 
cylindrique quand elle avait atteint sa grosseur maximum immédiatement au- 
dessus de sa base. 


On Rumex obtusifolius; par M. Henry Trimen (The Journal of 
Botany, mai 1873, pp. 129-132, avec une planche). 
Voici la synonymie adoptée par l'auteur après discussion : 


Rumez obtusifolius L. Sp. plant. ed. 1, p. 335. 
Var. «. Friesii (R. obtusifolius Wallr., R. divaricatus Fries, R. Wall- 
rothii Nyman, R. Friesii Gren. et Godr.). Exsicc. Fries erd. normale, 


fasc. vit, n° 57. im : 
Var. (4. silvestris (R. silvestris Wallr., R. obtusifolius Fries, R. acutus 


Tausch). 

Description of three new species of Porana ; par M. S. 
Kurz (ibid. , pp. 136-138). 
Le genre Porana, de la famille des Convolvulacées, comprend maintenant 


222 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


neuf espèces, dont sept de l'Inde orientale ; l'auteur en donne la diagnose 
avec une clef dichotomique. Les trois espèces nouvelles, P. stenoloba, P. 
spectabilis et P. truncata, sont du Sikkim. ~~ 


On Physotrichia, a new genus of Umbelliferæ from Angola; par 
M. P. Hiern (ibid., juin 1873, pp. 161-162, avec une planche). 


Ce nouveau genre se place au voisinage du genre Seseli ; en voici les carac- 
téres : Calycis dentes acuti, inzequales, persistentes. Petala obcordata. Stylo- 
podia crassa, sublobulata ; stigmata magna, atropurpurea. Fructus ellipsoideo- 
oblongus, subteres, commissura lata, carpella facie subplana ; juga primaria 
prominentia, obtusa, subzequalia, papillis densis cylindricis vesiculatim turgidis 
munita ; juga secundaria nulla, vittæ ad valleculas solitariæ (vel ad valleculas 
laterales geminæ ?). Carpophorum bipartitum. Semen facie concavum. — 
L'espèce unique connue du genre est le P. Welwitschii. 


On a few new plants from Yu-nan (Sur quelques plantes nou- 
velles du Yu-nan) ; par M. S. Kurz (ibid. , juillet 1873, pp. 193-196, avec 
une planche). 


Les plantes étudiées par M. S. Kurz dans ce mémoire avaient été recueillies 
dans la province chinoise du Yu-nan par le docteur J. Anderson, attaché 
comme médecin-naturaliste à l'expédition commandée par le major Sladen. 
M. Kurz donne d'abord, d'aprés les notes de M. Anderson, un exposé som- 
maire de la végétation observée par lui. Ensuite il décrit des types nouveaux, 
savoir : Stellaria vestita, n. sp.; Sladenia, genre nouveau de Ternstræ- 
miacées, voisin du Cleyera; Dichotomanthes, qui se rapproche du Lager- 
stremia, mais qui conserve le port de certains Tristania : cette espèce est 
figurée par l'auteur; Codonopsis convolvulacea ; Gaultheria crenulata, 
Chirita speciosa et Calocedrus macrolepis. 


Lahore to Yarkand, Incidents of the route and natural History of 
the countries traversed by the expedition of 1870, etc. (De Lahore à Yar- 
kand ; incidents du voyage et histoire naturelle des contrées traversées par 
l'expédition commandée en 1870 par M. T.-D. Forsyth) ; par MM. George 
Henderson et Allan O. Hume, 


Bien que ce livre ne soit pas consacré exclusivement à la botanique, et que 
notamment l'ornithologie y tienne une grande place, nous devons y signaler 
quelques détails. Le nombre des plantes recueillies dans cette expédition (en y 
comprenant quelques plantes cultivées et en excluant les Algues) est de 412, 
dont 215 trouvées dans le Yarkand. Parmi ces derniéres se trouvent quel- 
ques espèces nouvelles pour la science, figurées par M. Fitch : Hololaclne 
Shawiana Hook. f., Iphiona (Vartheimia) radiata Benth., Saussurea ovata 
Benth. , Apocynum Hendersonii Hook. f., Deyeuxia anthoxanthoides Munro. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 233 


Report of the Cacutehouc of commerce, being information 
on the plants yelding it, their geographical distribution, climatic conditions, 
and the possibility of their cultivation and acclimatization in India ; par 
M. James Collins. In-4° de 55 pages. Avec deux cartes géographiques, 
quatre planches et des gravures sur bois intercalées dans le texte. Londres, 
Allen, 1872. 


Nous avons déjà parlé de travaux spéciaux sur les espèces qui fournissent 
les diverses sortes de caoutchouc et sur la valeur industrielle de ces produits (1). 
Le livre de M. Collins se distingue par un point de vue particulier et patrio- 
tique, le désir de voir cultiver dans l'Inde anglaise les arbres à caoutchouc. Il 
s’agit en premier lieu d'y conserver ce que l'on y possède, et d'aménager les 
forêts de Ficus elastica. Les publications et les travaux de MM. Wallace, Bates, 
Spruce, Welwitsch et Seemann sont largement mis à contribution par M. Col- 
lins. Aprés une esquisse de l’histoire du caoutchouc, et une description des 
tissus laticiferes qui le renferment, vient une liste indiquant la distribution 
géographique des espéces qui en contiennent. Ces plantes sont ensuite traitées 
suivant leurs familles naturelles, en commençant par celle des Euphorbiacées, 
c’est-à-dire par les Hevea ou Siphonia, fournissant le caoutchouc du Para. 
Suivent les Castilloa, parmi lesquels on remarque une nouvelle espèce du 
genre, le C. Markhamiana. Ou rencontre encore parmi les Apocynées le 
caoutchouc de Fernambouc, qui vient de l'Z/ancornia speciosa Müll. Arg.; 
celui de Bornéo et de Sumatra, fourni par l’ Urceola elastica Woxb.; celui de 
Madagascar, dû à des Vahea, et diverses autres sortes industrielles de caoutchouc, 
produites par des plantes africaines, savoir, le Zandolphia owariensis Beauv., 
le L. Heudelotii DC. , le L. florida Benth., leWllughbeia edulis Roxb., etc. 

La deuxième partie est consacrée à la culture et à l'acclimatation des arbres 
qui fournissent le caoutchouc ; l'auteur y étudie le mode de récolte actuel 
qu'il considère comme défectueux. Il s'attache particulièrement à une ques- 
tion, celle d'acclimater dans les Indes les Hevea de l'Amazone. Les planches 
jointes à ce livre représentent les Hevea brasiliensis, Castilloa elastica, 
C. Markhamiana et Landolphia owariensis. 


Erythrostaphyle, genus novum Verbenaceis affine; par M. H.-F. 
Hance (The Journal of Botany, septembre 1873, pp. 266, 267). 


Voici les caracteres de l’£rythrostaphyle : 

Dioica ? monoica ? vel polygama ? Fl. masc. : calyx parvus, 5-partitus, laci- 
niis lanceolatis; corolla rotato-campanulata, ad medium qualiter 5-loba ; 
staminum 5 antheræ introrsæ. Fl. fem. ignoti. Drupa calyci haud accrescenti 
5-partito insidens, succosa, stigmate discoideo, sessili, lateraliter affixo coro- 


(1) Voyez tome xx, Revue, p. 31. 
T. XX. (REVUE) 16 


934 SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


nata, putamine grosse lacunoso, uniloculari, monospermo. Semen ovoideum, 
álbumine carnoso. Embryo in albuminis axi rectus, teres, cotyledonibus 
foliaceis, radicula supera. 

L'£. vitiginea est un arbrisseau sarmenteux de la province de Canton, qui 
offre le port des Vitex. Il s'écarte des Verbénacées par le noyau de la drape 
uniloculaire; par sa radicule supère, il se rapproche des Myoporacées. 


On am undescribed species of 4Mesemnbrianthenmum 
from the south of Portugal ; par M. F. Welwitsch (The Journal of Botany, 
octobre 1873, pp. 289, 290, avec une planche). 


Le M. brachyphyllum Welw., trouvé en 1847 ou 1848 par M. Welwitsch 
dans les Algarves, appartient à la section Zpapulose du genre Mesembrian- 
themum et au S 25 aurea Haw. C'est assurément un fait trés-curieux que 
la présence d'une espèce de ce genre dans le sud du Portugal, dont elle relie 


la flore à celle du Cap; ce n'est pas le seul fait de ce genre qui avait frappé 
M. Welwitsch. 


Fioræ Hongkongensis Supplementum; par M. Henry Flechter 
Hance (The Journal of the Linnean Society, vol. Xin, n° 66, pp. 95-144). 


Durant les dix années que M. Hance a passées dans l'extrême Orient, ila 
été ajouté au Flora Hongkongensis de M. Bentham un nombre d’espèces 
évalué par l'auteur à 75, soit 7 pour 100. Il en résulte méme l'entrée dans 
la flore de trois familles qui n'y étaient pas représentées, les Cactées, les Bigno- 
niacées et les Lemnacées. Il se rencontre parmi les additions faites au Flora 
Hongkongensis quelques espèces nouvelles, savoir : Buxus Harlandi, Alpi- 
nia stachyodes et Tropidia grandis. 


Australian Fungi, received principally from Baron F. von Müller and 
doctor R. Schomburgk; par le rév. M.-J. Berkeley (čbid., pp. 155-177). 


Dans cette énumération, il se rencontre un grand nombre d'espéces nou- . 
velles que nous regrettons de ne pouvoir que signaler à nos lecteurs, savoir? 
Agaricus (Lepiota) Beckleri, A. (Lepiota) bubalinus, A. (Mycena) tuberi- 
gena, A. (Pleurotus) illuminans Müll., A. (Pleurotus): candescens Müll., 
A. (Pleurotus) scabriusculus, A. (Pleurotus) caryophylleus, A. (Pleurotus) 
Guilfoylei, A. (Naucoria) Bowmanni, A. (Naucoria) frusticola, A. (Cre- 
pidotus) globigera, A. (Psathyra) Sonderianus, Paxillus Muelleri, Hy- 
grophorus flammans, H: nigricans, Panus coriaceus, Leuzites  Beckleri, 
Polyporus (Pleuropus) superpositus, P. (Anodermei) citreus, P. ( Anodermel) 
Beckleri, P. (Anodermei) ascoloboides, P. (Placodermei) endopalus, P. 
(J/noderme:?) libus, Trametes pyrrhocreas, T. acupunctatus, T. phellinus, 
T. devexus, T. ungulatus, T. epitephra, Dedalea Hobsoni, D. aulaco- 
phylla, D. Bowmanni. Hexagona decipwns, H. Muelleri, Favolus squami- 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 235 


ger, F. cespitatus, Hydnum (Apus) Muelleri, Kneiffa Muelleri, Thelephora 
congesta, Th. luteo-cineta, Th. exsculpta, Clavaria lorithamnus, Bovista 
Muelleri, Xylopodium australe, Polysaceum marmoratum, Scleroderma 
pandanaceum, Puccinia |Dichondrte, P. acuta. Berk. et Müll., Uromyces 
puccinoides Berk. et Müll., OE'cidium Goodeniacearum, QE. microstomum, 
Ræstelia | polita, Isaria fuciformis, Rhinotrichum pulchrum, Aspergil- 
lus Muelleri, Verticillium | eximium, Peziza hirneoloides, P. (Geopyxis) 
aluticolor, P. (Humaria) Mülleri, P. (Patellia) Adamsoni, Hypocrea cerebri- 
formis, Xylaria ectogramma, X. phosphorea, Hypoxylon scleropheun.B. 
et C. — Les espèces qui ne portent pas de nom d'auteur sont de M. Berkeley. 


On Zoopsis Hook. f. et Tayl. ; par M. S.-O Lindberg (T'he Journal of 
the Linnean Society, vol. xii, n° 67, pp. 188-203). 


Le genre Zoopsis a été établi par MM. J.-D. Hooker et Taylor pour une 
Hépatique qui présente en petit le port d'un Epiphyllum, et dont M. Lindberg 
décrit pour la première fois l'individu mâle, Il fait ensuite ressortir les 
services que M. Du Mortier a rendus à l'étude des Hépatiques dans une 
série de travaux trop oubliés aujourd'hui, et il établit que les genres établis 
par le savant fondateur de la Société botanique de Belgique dans son Æecueil 
d'observations sur les Jungermanniacées (Tournay; 1835), sont restés incon: 
nus à Nees et à M. Gottsche, aiusi qu'a d'autres auteurs. M. Lindberg restitue 
à M. Du Mortier ceux qui lui appartiennent. Le Zoopsis, entre autres, rentre 
dans le genre Cephalozia Dourt., ainsi que le 7’rigonanthus de M. Spruce. 
‘Dans sa description, M; Lindberg remet en honneur le terme co/esula 
employé pat Necker pour désigner le périanthe des Hépatiques, lequel n'ap- 
parait qu'après les organes femelles, et ne peut par conséquent porter le méme 
nom que le périanthe des Phanérogames, : 

En poursuivant ses études, M. Lindberg s'occupe: de la dumificition det 
Hépatiques, qu'il: divise en trois groupes, les Marchantiées; les Jungerman- 
niées et les Anthocérotées. Les Monoclées du Synopsis Hepaticarum rentrent 
dans les Jungermannieæ frondosæ, et les Ricciées sont; d'après lui, avec les 
Marchantiées, dans la méme relation que les Phascum avec les Mousses plus 
développées. H s'attache aux caractères que -présente la coiffe (qui manque 
aux organes nus des Anthocérotées), dans les Marchantiées et dans les Junger- 
mannes; Les deux principales modifications de cet organe sont nommées : pat 
lui Calyptra-gynomitrica (quand il préexiste à la fécondation) et ékalamom- 
trica; quand. il se forme par le développement qui suit cet acte, comme dans 
le Trichocolea. C’est le Calyptra toro concret ou. connata. du Synopsis /e- 
palicarum. L'auteur pense que les Juugermarnes peuvent &ure classées cn 
deux séries parallèles d’ après cé caracter €. Tl términe son mémoire en recher- 

chant laquelle des deux familles, Hépatiques ou Mousses, présente le dévelop- 

ement le plus élevé dans la clásse des Muscinées. 9 


236 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DÉ FRANCE. 


L'énergie de la végétation, ou Application de la théorie mécanique 
de la chaleur à la physiologie des plantes ; par M. Éd. Morren (extrait des 
Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 2° série, t. XXXVI, n° 12, 
décembre 1873) ; tirage à part en brochure in-8° de 29 pages. 


L'Académie de Belgique avait mis au concours un exposé des connaissances 
acquises sur les relations de la chaleur avec le développement des végétaux 
Phanérogames. M. Morren a été chargé du rapport sur le mémoire unique 
envoyé au concours, mémoire qui n'a pas été couronné. A cette occasion, ila 
lu à l'Académie un résumé des connaissances acquises aujourd'hui à la science 
sur ce sujet; il s'est efforcé de faire voir que dans la feuillaison, la floraison, 
la maturation et la défoliation, il se manifeste des phénomenes indépendants de 
l'action de la température. Il est évident, dit-il, que les faits biologiques 
sur lesquels s’est portée l'attention des périodiciens, germination, feuillaison 
et les autres, ne sont que des étapes, des points de repère plus ou moins con- 
ventionnels dans la vie des plantes. Ils sont tous des actes de croissance : or, 
toute croissance suppose mouvement, tout mouvement nécessite une dépense 
de force; toute dépense de force est une transformation de chaleur. De méme 
qu'il existe deux états de l'azote, l'un, état neutre, qui constitue partiellement 
le miieu atmosphérique, et l'autre, dynamique, qui participe à la nature des 
tissus vivants, il semble à M. Morren qu'il faut distinguer deux manifestations 
différentes de la chaleur. Il y a la température dans laquelle baignent les orga- 
nismes, et dans laquelle seulement ils peuvent manifester leur activité ; et il y a 
aussi une action calorifique qui intervient mécaniquement ou chimiquement 
par ses transformations dans les phénomènes biologiques, pour la réduction 
des composés minéraux comme pour le transport des molécules. La physique 
médicale doit tendre à déterminer l'équivalent. mécanique de la chaleur dans 
le travail organisateur des végétaux, c’est-à-dire la chaleur engagée dans les 
substances qui jouent un róle actif dans l'organisme et le rapport de la chaleur 
nécessaire pour leur production avec celle qui se dégage pendant leur décom- 
position. Le calorique est emmagasiné dans les néoplasmes ; et quand il se 
manifeste des actes de mouvement, c'est à la désorganisation de ces mêmes 
néoplasmes qu'est empruntée la force motrice nécessaire. 'Tout mouvement 
intime dans l'organisme, toute croissance, toute circulation est accompagnée, 
d'un acte de respiration. pendant lequel il y a dégagement de chaleur: une 
partie de cette chaleur est utilisée sous forme de mouvement organique, et le 
surplus se dégage sous forme de température. L'action des rayons solaires sur 
les mouvements est donc iudirecte et médiate. 

En résumé, la chaleur utile représentée par un végétal consiste dans un 
travail d'organisation ou travail chimique que l’on peut reproduire en brûlant 
le végétal, et dans un mouvement ou travail physique que l’on peut également 
évaluer par le poids de l'étre multiplié par sa hauteur, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 237 


Symbole ad floram Brasiliæ centralis cognoscendam, 
edit Eug. Warming. Particula xin (extrait des Videnskabelige Meddelelser 
fra den naturhist. Forening i Kjobenhavn, 1872) ; tirage à part en bro- 
chure in-8°, avec une planche. 


Ce 13* fascicule renferme les familles suivantes : Hypoxydées, avec 2 espèces; 
Burmanniacées, avec 5 espèces; Vellosiées, avec 5 Barbacenia et 9 Vellosia ; 
Hydrocharidées, avec 2 espèces ; Alismacées, avec 1 Alisma, 3 Echinodorus, 
et le nouveau Sagittaria lagoensis, figuré dans la planche jointe à ce 
fascicule; Joncées, avec une espèce; Liliacées, avec le seul Nothoscordum 
euosmum ; Amaryllidées, avec 4 Amaryllis, À Grifinia et 4 Crinum; 
Alstreemériées, avec 4 Bomarea et 6 Alstræmeria, parmi lesquels le nouveau 
A. viridiflora Warm.; Agavées, avec 2 espèces ; Xyridées, avec 12 Xyris et 
1 Abolboda; Mayacées, avec 1 espèce; Commelynées, avec 7 Dichorisandra, 
parmi lesquels le D. alba Seubert et Warm., n. spec., 4 Dithyrocarpus, 
7 Commelyna et 6 Tradescantia, dont le nouveau T’. Warmingiana Seubert, 
et le genre nouveau Zauschia, dédié à M. W. Bausch, de Carlsruhe, liché- 
nographe distingué, établi pour l Aneilema bracteatum Mart.; Iridées, avec 
1 Cipura, 2 Alophia, h Cypella, 3 Lansbergia, 1 Herbertia et 6 Luzula ; 
Balanophorées, avec 1 Langsdorffia. 

Les Iridées de cette collection ont été déterminées par M. Klatt, et les 
Balanophorées par M. Warming, qui a été pour les autres familles aidé du 
précieux concours de M. Seubert, l'un des plus anciens collaborateurs du 


Flora brasiliensis. 


Prodrome de la Flore du Grand-Duché de Luxem- 
bourg; par M. J.-P.-J. Koltz. Première partie, plantes Phanérogames. 
1 vol. in-8° de 278 pages. Luxembourg, impr. V. Buck. 


Cet ouvrage est extrait des publications de la section des sciences matu- 
relles de l'Institut Royal Grand-Ducal. Il comprend des prolégoménes, con- 
sacrés à l’histoire de la botanique dans le Grand-Duché, l'éuumération, des 
espèces, le calendrier des floraisons, des additions et corrections, et la table 
alphabétique des matieres. 

L'énumération des espèces est tracée d'une manière trés-concise , et pré- 
sente malgré cela un intérét réel, à cause des rectifications que l'auteur a 
introduites cà et là dans la nomenclature généralement adoptée, afin de rendre 
justice aux droits de la priorité. Ainsi le genre Corynephorus Beauv. (1812), 
devient le Weëngærtneria Bernh. Erf. 51 (1800); le Danthonia DC. devient 
le Sieglingia decumbens Bernh. Erf. hh; V Heliantheiium vulgare Gertn. 
devient VH. Chamæcistus Mill. (1768) ; le Juncus acutiflorus Ehrh. devient 
le J, silvaticus Reich.; le Luzula albida DC. devient le Z. angustifolia 
Wulf. in Jacq. Coll. ut, 56; le L. marina DC. devient le L. silvatica 


9238 SOCIÉTÉ DOTANÍQUE DE FRANCE. 


Gaud,; le Carex glauca Scop. devient le C. flacca Schreb. Spic, 968; le 
C. ampullacea Good. devient le C. rostrata With. Arr. brit. 11, 1059, et le 
C. paludosa Good. prend le nom de C. acutiformis Ehrh. Calam, 30, Citons 
encore la synonymie des espèces de Scrofularia comme présentant un intérêt 
particulier. 

Les Phanérogames sont au nombre de 1511 dans le Prodrome ; mais l'au- 
teur y a admis un assez grand nombre de plantes cultivées. 


Weber den Blüthenbau von Canna (Sur la structure florale 
des Canna) ; par M. A.-W. Eichler (Jot. Zeit. 1873, n° 12, 13, 44, 15 
et 16, avec une planche). 


M. Eichler étudie successivement l'inflorescence, la fleur, l'histoire et l'or» 
ganogénie de la fleur des Canna ; il termine par les remarques suivantes : 
— La fleur des Canna est construite sur le type ternaire, et se compose de 
cinq verticilles alternes entre eux, dont les deux extérieurs constituent le pé- 
rianthe, les deux suivants l'androcée, et le dernier le pistil. Les verticilles du 
périanthe et celui du pistil ont leurs éléments complets; mais le verticille 
extérieur de l'androcée est avorté entiérement, ainsi que le premier élément 
du verticille intérieur. Le deuxième élément de ce verticille est le seul qui 
produise du pollen; encore est-ce aux dépens d'une seule des deux loges de 
l'anthére, l'autre loge restant stérile et se transformant en un appendice péta- 
loide. Le troisième élément du méme verticille demeure à l'état de staminode, 
de labelle, etc..Ce deuxième verticille de l'androcée fournit encore des appen- 
dices accessoires qui se comportent différemment suivant les genres, dans la 
famille des Marantacées. i 
-*Ghez les Zingibéracées, le verticille staminal externe est supprimé comme 
chez les Marantacées, mais le verticille interne est complet, quoique un seul 
de ses éléments forme une étamine, et cette étamine est fertile des deux côtés. 
Chez les Musacées, le verticille interne de l'androcée est également complet, 
et il ne manque au verticille externe qu'un seul élément. Chez les Cypripé- 
diées, on ne trouve qu'un élément du verticille externe (à l'état de staminode) 
et deux éléments fertiles du verticille interne. Chez les Xyridées, les Burman- 
niacées et une partie des Ériocaulées, le verticille interne existe toujours com- 
plet et fertile par tous ses éléments. Chez les Iridées, les Graminées, comme 


chez le plus grand nombre des Orchidées, l'avortement affecte le verticille 
interne au contraire. 


Ueber Staeheln und Dornen (Sur les aiquillons et les épines); par 
M. €. Delbrouck. Dissertation inaugurale. Bonn, 1873. 


Après le résumé historique nécessaire, consacré particulièrement aux tra- 
vaux de M. Kauffmann, dont l'auteur se flatte d'avoir confirmé les opinions 
par une méthode différente, M. Delbrouck expose de la maniere suivante les 
résultats auxquels il est arrivé, 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, . 239 


M, Delbrouck donne le nom d’aiguillon à l'organe qui, d’après son origine, 
n'a pas la valeur d'un rameau indépendant; il adopte le terme d'épine dans 
le cas contraire. Il partage ensuite les aiguillons d’après leur valeur morpholo- 
gique en aiguillons pileux et aiguillons phylliques(Phyllom-Stacheln) (4) ; 
et d'apres leur lieu de formation en aiguillons de dermatogène et aiguillons de 
périblème. Toutes ces variétés passent de l'une à l'autre par des transitions 
iusensibles. 

Partant des aiguillons pileux unicellulés, qui se rencontrent chez le Galium 
Molluga (Weiss), l Aldrovandia vesiculosa (Caspary), l' Urtica dioica (Rauter), 
l'auteur passe, par les formations que M. Weiss a étudiées chez l Hieracium 
Pilosella et le Mimosa prostrata, aux aiguillons des Rubus, qui sont aussi pour 
lui des productions de l'épiderme, et qui sont munis d'un épiderme secon- 
daire. Dans cette catégorie sont encore les remarquables aiguillons du pédon- 
cule des feuilles chez le Chamærops humilis ; ici une cellule épidermique se 
développe en un filament dont les articles isolés se comportent comme ceux 
d'un Cladophora. 

Une autre série, également sans lacunes, conduit des aiguillons pileux uni- 
cellulés aux aiguillons de périblème offerts par les Rosa. On y trouve les 
exemples fournis par les Dipsacus, les Urtica, les Humulus, les Hohenbergia, 
les Solanum, les Erythrina, et enfin les aiguillons des Æosa. On voit par 
cette gradation comment un organe situé primitivement dans l'épiderme recoit 
du périblème des apports de plus en plus importants, jusqu'à ce que les tissus 
de nature épidermique disparaissent. méme de. l'ensemble. Il est intéressant 
de noter qu'à la place du trichome, il se trouve un stomate au sommet de 
l'aiguillon de l £rytArina spinosissima. Dans des cas opposés, on voit quel- 
quefois l'épiderme contribuer consécutivement à l'accroissement d'un aiguil- 
lon constitué d'abord par le péribléme, par exemple chez l'Acacia acantho- 
carpa et chez l'Aralia canescens. 

On rencontre de vrais aiguillons de péribléme chez les Rosa, les Ribes, 
les Gunnera, lAcacia horrida, le Smilax aspera ; tantôt ils. possèdent 
des vaisseaux, tantôt ils n'en ont pas. Chez les aiguillons de. périblème 
il y a souvent des circonstances de situation qui nous conduisent gra- 
duellement à des aiguillons phylliques, par exemple chez les Rosa, le 
Ribes Grossularia, VAralia canescens, Acacia acanthocarpa, l'A, horrida 
etl'Agrimonia Eupatoria. Ce sont les Cactées qui fournissent la tran- 
sition la plus nette entre les aiguillons pileux et les aiguillons phylliques. 
Ceux des Cactées ne possèdent pas de bourgeons axillaires, ils sont privés de 
vaisseaux, et le point végétant qui les produit se dessèche ordinairement 
de bonne heure. Très-voisins de ces derniers sont les aiguillons du Xan- 


(4) Comme il s'agit seulement de la nature morphologique ct nullement de la forme 
ou de l'apparence, nous ne pouvons les appeler aiguillons foliacés. 


240 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


thium spinosum. Mais le point végétant qui a produit ceux-ci demeure en 
activité. 

Les aiguillons phylliques, plus ou moins grossièrement décrits par De Can- 
dolle, Pallas et d'autres auteurs, peuvent se présenter sur toute partie d'une 
feuille, par exemple chez les genres Carduus, Cirsium, Coulteria, Ilex, Ber- 
beris, Astragalus. 

La lacune apparente qui sépare les aiguillons des épines ne laisse pas non 
plus d'offrir de réels intermédiaires ; de ce nombre sont les extrémités des 
phyllodes du Ruscus aculeatus. L'épiue est due à la lignification d'un centre 
de végétation qui s'est allongé aprés que la formation des feuilles avait cessé 
à sa surface. Les épines naissent, soit de bourgeons surnuméraires, comme chez 
les Genista, les Ulex, les Gleditschia, soit de bourgeons axillaires normaux, 
comme chez les Cratægus, le Prunus spinosa, les Ononis, ou bien encore 
du point de végétation qui termine l'axe, comme chez les Rhamnus et les 
Colletia. Chez le Mesembrianthemum spinosum, c'est le pédoncule floral qui 
se transforme en épine, de méme que chez l'A/yssum spinosum et chez le 
Trifolium subterraneum. 

En terminant, l'auteur essaye de constater l'importance téléologique des 
aiguillons. Ce sont des organes de défense ou d'accrochement ; ils servent à la 
diffusion des graines, quelquefois on ne saurait en expliquer l'utilité. 


Quelques plantes américaines employées contre les 
morsures des serpents venimeux; par M. Viaud-Grand- 
Marais (extrait du Journal de médecine de l'Ouest, 1873, 4° trimestre) ; 
tirage à part en brochure in-8° de 12 pages. 


M. Viaud-Grand-Marais a passé en revue, dans ce mémoire, un grand 
nombre de plantes préconisées comme antivenimeuses dans les deux Amé- 
riques, les Liatris, le Polygola Senega, les Dorstenia (Dorstenia Contra- 
yerva L. et D. mexicana Benth.), le Simaba Cedron Planchon, les Guaco 
(Mikania Guaco HBK. , avec lequel on a confondu le Spilanthes ciliata HBK., 
conuu des Hispano-Américains sous le nom de Guaca, et Mikania suaveolens 
HBK., abondant à Saint-Domingue), les Aristoloches, utiles aussi pour éloigner 
les accès d'épilepsie, et notamment PA. Serpentaria L., etc. Des divers végé- 
taux étudiés par l'auteur, les deux plus remarquables sont : le Simaba Cedron 
(cotylédons) et le Mikania Guaco (feuilles). Ce sont de bons préservatifs des 
venins, qui doivent leurs vertus à des principes extrêmement amers et nulle- 
ment innocents. Il est beaucoup moins démontré qu'ils soient de bons moyens 


curatifs. Les autres antidotes sont avant tout des diurétiques, des sudorifiques 
ou méme des éméto-cathartiques. 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. i 244 


BIBLIOGRAPHIE. 


Transactions and Proceedings of the botanical Society, vol. xt, part 2, 
Edimbourg, 1873. 


1. Adresse du Président, M. Buchan, sur les climats et leur influence sur 
la distribution des végétaux, pp. 261-274. 

2. Sur les zones des Coniféres de la Méditerranée à la crête des Alpes ma- 
ritimes ; par M. Moggridge, p. 275. 

3. Sur les propriétés thérapeutiques du Physalis Alkekengi ; par M. E 
Drummond, p. 275. 

A. Sur le Rosa versicolor ; par M. W. Gorrie, p. 276. 

5. Sur la croissance du Wellingtonia gigantea; par M. Mac Nab, p. 266. 

6. Sur les marais du Shropshire ; par M"* Wright, pp. 280-281. 

7. Remarques sur uu Hétre frappé par la foudre; par M. Mac Nab, 
pp. 272-283. i 

8. Manière d'envoyer les graines et les greffes ; par M. Mac Nab, pp. 283- 
286. 

9. Notice nécrologique sur James Boyd Davies; par M. le professeur 
Balfour. 

10. Sur la rapidité de la séve; par M. Mac Nab, pp. 291.292. 

411. Vrilles de Ampelopsis Veitchi? ; par M. Mac Nab, pp. 292-293. 

12. Notes histologiques; par M. Mac Nab, pp. 293-297. — Modification 
du procédé de Schultz, fibres de la tige du Muntingia, racines adventives du 
Laurier-cerise, tige du Cynara Scolymus, périderme de l'Acer campestre, 
cellules épaissies des feuilles des Pins. 

13. Effets de la gelée sur certains Conifères ; par M. Mac Nab, pp. 297-310. 

A4. Notes sur quelques Champignons microscopiques ; par M. James 
Cumming, pp. 312-318, avec trois planches. — Les Champignons observés 
par l'auteur dans des infusions organiques sont partagés par lui en deux 
groupes, selon qu’ils sont corpusculaires ou filamenteux. Ce travail parait 
concu en dehors de toute classification scientifique. 

15. Sur la flore de Craig Breidden dans le comté de Montgomery; par 
M. J.-F. Robinson, pp. 318-320. 

16. Sur la végétation en plein air au Jardin botanique d'Édimbourg ; par 
M. Mac Nab, pp. 320, 338-339, 345. 

47. Sur les découvertes faites par MM. John Jeffrey et Robert Brown, 
collecteurs de l'expédition botanique dirigée dans là Colombie anglaise entre 
les années 1850 et 1866, avec des remarques sur la culture de certaines 
espéces ; par M. Mac Nab, pp. 322-338. 

48. Sur le Perichena (Phelonitis) strobilina de Fries; par M. John 
Sadler, p. 338. 


249 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


19. Sur la culture et la préparation du lactucarium ; par M. Thomas 
Fairgrieve, pp. 340-542. 

20. Sur les plantes fossiles des Goal-fields de Slamannan, etc.; par M. C.-W. 
Peach, pp. 342-343. 

21. Lettres de M. Alexander C. Maingay, collecteur au Japon, pp. 345- 
351. 

22. Notes d'une excursion botanique aux monts Breadalbane en "- 
1871 ; par M. Balfour, pp. 353-356. 

23. Sur un cône du F/emingites gracilis attaché à sa tige; par M. C.-W. 
Peach, pp. 356-357. 

2h. Sur l'empoisonnement d'une vache attribué aux feuilles du Populus 
balsamifera ; par M. Walley, pp. 358-359. 

25. Surle Plagianthus spicatus Benth.; par M. Schomburgk. 

26. Liste de plantes arctiques offertes à l'herbier de l'Université. d'Édim- 
bourg ; par M. Th. Fries, pp. 360-362. — Il y a deux listes de plantes vascu- 
laires, l'une de celles du Spitzherg, l'autre de celles de l'ile Bear. 

27. Notice nécrologique sur M. Robert Wight, avec un portrait; par 
M. H. Cleghorn, pp. 363-388. — Cette notice est suivie de l'énumération des 
œuvres du botaniste anglais qui a le plus longtemps exploré la péninsule 
indienne. Le dernier numéro de cette énumération est la liste des plantes 
contenues dans l'herbier du docteur Wight et distribuées à Kew en 1869- 
1870. Cette liste contient le résultat d'explorations qui ont duré trente années 
daus le sud de l'Inde, et plus de iek espèces, dont les types ont été publiés 
par Wight. 

28. L'Hydrocharis est-il réellement dioique? par M. S.-O. Lindberg, 
p. 389. — L’ Hydrocharis, d'après l'auteur, peut être monoique. 1l est pro- 
bable que c'est sur l'examen d'échantillons incomplets qu'on l'a déclaré 
dioïque. 

29. Notes sur la flore de l'ile de May, dans le golfe de Forth, par M. John 
Sadler, pp. 390-392. 

30. Sur la guérison des plaies faites à l’ Acer Pseudoplatanus ; par M. john 
Sadler, pp. 392-393. 

31. Notice sur un dépót de Diatomées ; par M. George Dickie, p. 304. 

32. Sur quelques plantes rares recueillies près de Menton; par M?* Wright, 
pp. 394-395. 

33. Localités des environs d'Edimbourg ; par M. Ts. Balfour, pp. 595-397. 


OE sterreichische Botanische Zeitschrift, 1872. 


Gallerie ósterreichischer Botaniker : Friedrich A. Hazslinsky, avec un 
portrait lithographié (n° 1). " 
Phytographische Beitrüge ; par M. Celakovsky : Centaurea austriaca Willd., 
Cerastium vulgatum et viscosum L., Polygala recurvata, n. sp., : étude 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 9243 


spéciale des Zrifolium de la section CAronosemtum, Viola cyanea, m. sp. 
(ne* 1, 2, 4, 8 et 14). 

Vegetations- Verhültnisse (Caractères de végétation); par M. A. Kerner 
(n*,4, 2, 4, 5, 6, 7, 8,9, 14 et 12). 

Botanische Besbeehiuggin (Observations botaniques); par M. Dedecek 
(n** 4 et 6). 

Ueber Rudbeckia laciniata ; par M. d'Uechtritz (no 4). 

Skizzen von der Erdoupegima S. M. Fregatte Donau (Esquisse du voyage 
de circumnavigation de la frégate de Sa Majesté Donau); par M. H. Wawra 
(n** 4, 2, 3, 4, 5,6, 7, 8, 9, 10, 11 et 12). 

Neue Pflanzenformen aus dem Trencisner Komitate (Nouvelles frite 
végétales du comitat de Trenez); par M. J.-L. Holuby (n° 3). 

Sur le Potentilla digitato-flabellata ; par M. Heidenreich (n° 3). 

Ueber Rudbeckia laciniata L. und 4t. heterophylla Schur; par M. Ferdi- 
nand Schur (n° 3). 

Flora der Peterwardeiner Grenz-Regiments, n° 9; par M. Bartholomaüs 
Godra (n** 3, ^, 5, 6, 7, 8 et 9). 

Zur Flora Ungarns (Sur la flore de Hongrie) ; par M. Janka (n° 5). 

Aufrage wegen der Bastartfrucht des Lycopersicum esculentum und Cap- 
sicum annuum (Une question concernant le fruit hybride du Lycopersicum 
et du Capsicum) ; par M. Aug. Kanitz (n° 5). 

Ueber Scleranthus intermedius Kittel ; par M. Karl Knaf(n° 6). 

Eine Form der Stachys recta ; par M. Vatke {n° 6). 

. Zur Flora von Sulov ; par M. Holuby (n° 6). 

Ueber JVasturtium clandestinum Spr. ; par M. Vatke (n? 7). 

Ueber Zleleocharis uniglumis Link ; par M. C.-W. John (n° 9). 

Zur Flora von Bóhmen; par M. Celakovsky (n° 9). 

Ueber Abelia; par M. Vatke (n° 9). 

Cirsium Celakovskianum (C. arvense etpalustre); par M, K. Knaf (n^ 10). 

Zur Piseker Flora ; par M. Dedecek (n° 10). 

Botanischer Ausflug in das Waaggebiet ; par M. Welschky (n° 10). 

Aufzæhlung einiger in dem sogenannten. Seeschleime der Adria vorkom- 
menden Diatomeen (£'numération de quelques Diatomées qui se rencontrent 
dans le prétendu mucus marin de l'Adriatique) 4 par M. F. Hauck. (n° 10). 

Botanisches aus Ungarn (Notes sur la botanique de la Hongrie); par 
M. Josef B. Keller (n° 10). 

Sehiewereckia podolica Andrz. in Galizien ; par M. A. Rehmann (n° 11). 

Ajuga Hampeana A. Br. et Vatke (A. pyramidalis et reptans); par 
M. Vatke (n° 41). 

Die Früchte der Linnæa borealis L.; par M. A. Kerner (n° 11). 

Ueber Seleranthus ; par M. J.-A. Tauscher (n° 11). 

Achillea Dumasiana (atrata et macrophylla) ; par M. W. Vatke (n° 12). 


2hh SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Zur Flora von Nieder-OEsterreich (Sur la flore de [a basse Autriche) ; 
par M. C. de Sonklar (n° 12). 

Bemerkung über Ajuga Hampeana A. Br. et Vatke ; par M. Lad. Celakovsky 

(n° 12). 

Ueber Aspidium remotum. Al. Br.; par M. A. Straehler (n° 12). 

Ein botanischer Ausflug nach Lungau (Une excursion botanique à Lungau); 
par M. J. de Schmuck (n° 12). 


Verhandlungen der K.-K. zool.-bot. Gesellschaft in Wien, 1870. 


Die Sphürien der Rose (les Sphéries de la Rose); par M. Friedrich 
Hazslinsky, pp. 211-218. 

Ueber die Stellung der Schuppen der Frucht von Ceratozamia (De la 
situation des écailles du fruit du Ceratozamia) ; par M. Al. Unterhuber, 
pp. 229-235. 

Studien über die periodischen Lebenserscheinungen der Pflanzen im An- 
schlusse an die Flora von Görz (Études sur les phénomènes périodiques de la 
vie des plantes, en rapport avec la flore de Gerz); par M. Franz Krasan, 
pp. 265-366). 

Karpaten-Reise (Voyage aux Carpathes) ; par MM. Fritze et Ilse, pages 
467-526. 

Die Veränderungen der Wiener Flora während der letzten zwanzig Jahre 
(Les Modifications de la flore de Vienne pendant les vingt dernières années); 
par M. Aug. Neilreich, pp. 603-620. 

Nachrichten über D" Emanuel Weiss (Souvenirs du docteur E. Weiss) ; 
par M. Mutius de Tommasini, pp. 621-631. 

Einige seltene Pflanzen Neu-Kóln's (Quelques plantes rares de la Nou- 
velle Cologne); par M. Th. A. Bruhin, pp. 653-634. 

Botanische Reisebilder aus Südtirol (Récit d'un. voyage botanique dans le 
Tirol méridional); par M. Eduard Hackel, pp. 665-668. 

Forgreningen hos Pontederiaceæ og Zostera (Note sur la ramification des 
Pontédériacées et des Zostères) ; par M. Eug. Warming (Videnskabelige Med- 
delelser fra den naturhist. Forening i Kjobenhavn, 4813) — L'axe droit 
médian de l'£'ichornia azurea est un sympode comme celui du Zostera. Ces 
faits sont à rapprocher de ceux qu'a cités ailleurs M. Warming (voyez plus 
haut, pp. 212 et suiv.). 

Apparition subite et invasion rapide d'une Puccinie exotique dans le dépar- 
tement de la Gironde : par M. Durieu de Maisonneuve et Mad.*** (extrait des 
Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXIX, 2° livr., 1873); tirage 
à part en brochure in-8» de 9 pages. — Il s'agit dans cette note de l'appari- 
tion subite d’un Cryptogame exotique, le Puccinia Malvacearum Mont., 
décrit sur des échantillons secs rapportés du Chili par Bertero, qui infecte 
depuis un an les Məlyacées dans le département de la Gironde, sans qu'on ai! 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 245 


pu jusqu'ici découvrir comment cette Puccinie se serait introduite de l’ Amé- 
rique méridionale, M. Planchon a depuis constaté Ja présence du même para- 
site à Montpellier. 

Die Entwickelung der Pflanzenkunde in ihren Hauptzügen (Ze développe- 
ment de la botanique dans ses traits principaux) ; par M. W. Hess. In-8° de 
42 pages. Geettingue, 1872, imp. Brandenhóch et Ruprecht. 

Bidrag til oplysning om Islands Flora (Essai pour élucider la flore de 
l'Islande) ; par M. Chr. Grønlund (Botanisk Tidsskrift, 4873, pp. 1-22). Il 
ne s'agit dans ce travail que des Lichens, des Hépatiques et des Mousses. 

Fore'óbig. Fortegnelse over slesvigske Diatomeer (Liste de Diatomées 
trouvées dans le duché de Sleswig); par M. Hansen (ibid., pp. 27-32). 

Ondezoekingen over de natuur der Lichenen (Recherches sur la nature 
des Lichens); par M. Treub. In-8° de 80 pages, avec une planche. Leyde, 
chez Van der Hock, 1873 (1). 

Mittheilungen ueber vom Blitz getroffene Bäume und Telegraphen-Stangen 
(Recherches sur des arbres et des poteaux télégraphiques frappés de (a 
foudre); par M. R. Caspary (Schriften der phys.-ækon. Dong zu 
Kenigsberg, 4871, 2* livr., Abhandlungen, p. 69). 

Orobanche pallidiflora Nimm. et Grab. ; par M. R. Caspary (ibid., 
Abhaudl., p. 87). 

On Cross-fertilization as aided by sensitive motion in Musk and Achimenes 
(De la. fécondation croisée et du secours que lui prête le mouvement dû à 
l'irritabilité chez les Mimulus et les Achimenes); par M. F.-E. Kitchener 
(The Journal of Botany, avril 4873, pp. 101-103. 

Additions to the British Lichen-Flora; par M. J.-M. Crombie (ibid., mai 
1875, pp. 132-135). 

Ou some points relating to the Morphology of Carex and other Monocoty- 
ledons ; par M. Fred. Townsend (i5;d., juin 1873, pp. 162-166). 

Lysimachiam novam chinensem proponit H.-F. Hance, pp. 167-168. — 
Lysimachia chinensis, de Ning-po. 

On a Chinese Maple (Sur un Érable de Chine); par M. Hance (ibid.). — 
Acer trifidum Thunb. var. ningpoense Hance. 

Recent Additions to our Moss flora (Récentes additions à notre flore bryo- 
logique) ; par M. Braithwaite (ibid. , juillet 1873, pp. 198-204). 

On the Distribution of Arctic Plants during the post-glacial epoch ; par 
M. Alfred Nathorst (/bid., août 1873, pp. 225-228). 

On the Composition of Lycoperdon giganteum ; par M. A.-H. Church, 
pp. 232-233. 

On the Affinity and position of Ryparia BL; par M. S. Kurz, pp. 235-234. 


(1) Voyez, pour l'analyse des idées de M. Treub, le compte rendu d'un résumé de ce 
mémoire publié par M. Treub lui-méme dans le Botanische Zeitung (plus haut, p. 227). 


246 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


— Ce genre est de la famille des Pangiacées, et il faut identifier avec lui le 
Bergomia du méme auteur. Les différences signalées entre ces deux types 
reposent sur des erreurs. 

Abnormal flowers in Cephalanthera grandiflora ; par M. F.-I. Warner, 
pp. 236-257. 

On Trapa natans L., especially the form now living in the Southern part 
of Sweden (Sur le'T. natans, spécialement sur la forme vivant aujourd'hui 
dans la partie méridionale de la Suede); par M. F.-W.-C. Areschoug 
(ibid., pp. 239-246). 

On Hydnora americana R. Br. ; por M. John Miers (ibid., pp. 257-258, 
avec une planche). : 

On Marupa, à new genus of Simarubaceæ ; par M. John Miers (čbid., 
pp. 258-261, avec une planche). — Le Marupa Francoana Miers est l'Odina 
Francoana Netto in Ann. sc. nat. 5, v, 85. 

Synopsis of the East Indian species of Dracæna and Cordyline; par M. J.-G. 
Baker (ibid., pp. 261-266). 

Remarks on Dolichos uniflorus Lam. ; par M. N.-A. Dalzell (The Journal 
of the Linnean Society, vol. xur, n° 67, 1872, pp. 145-146). 

Ou the Structure’ of Zmpatiens fulva Nuttall, with especial reference to 
the imperfect self fertilized flowers; par M. Alfred W. Bennett (ibid.. 
pp. 147-153, avec une planche). 

Note on Amomum angustifolium Sonnerat ; par M. D. Hanbury (ibid., 
pp. 154-155). 

On the Marine Algz of the island of St Helena ; par M. G. Dickie (ibid, 
pp. 178-182). 

Remarks on Mesotus Mitten; par M. S.-O. Lindberg (ibid. , pp. 182-185). 

New Leguminose from Western India (Nouvelles: Légumineuses de la 
partie occidentale de l'Inde); par M. N.-A. Dalzell (ibid., pp. 185-188). 
— Les espèces nouvelles décrites dans ce travail sont les suivantes : Atylosia 
geminiflora, A. glandulosa, Rhynchosia mollissima, Milletia pallida et 
Bauhinia (Pileostigma) faveolata. 


NOUVELLES. 


(Avril 4874.) 


— Nos confrères ont appris depuis quatre mois, par les journaux poli- 
tiques, le vote émis par l'Assemblée nationale, dans sa séance du 13 décembre, 
qui, statuant sur un amendement présenté par M. le comte Jaubert, dans la 
discussion du budget, a décidé que la chaire des Jussieu, supprimée en 1855 
après la mort d'Adrien de Jussicu, serait reconstituée au Muséum d'histoire 
naturelle. Les botanistes ne peuvent qu'applaudir au succès obtenu en cette 


REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 247 


occasion par M. le comte Jaubert, qui avait fait de cette revendication l'objet 
de ses constants efforts depuis vingt ans, et qui a donné en cette occasion à la 
botanique française une nouvelle preuve du dévouement avec lequel il en a 
toujours servi les intéréts. 


— Par décret en date du 23 janvier 4874, rendu sur la proposition de 
M. le Ministre de l’Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts, une 
nouvelle chaire de botanique a été créée au Muséum d'histoire naturelle. 


— Par décret de méme date, M. Bureau, aide-naturaliste, a été nommé 
professeur titulaire de ladite chaire. 

Le nouveau cours commencera cette année le 25 avril et comprendra par 
semaine : 4° Une leçon orale le samedi, à midi; 2° deux leçons pratiques 
(pour exercer les élèves à l'analyse des plantes et au maniement de la loupe), 
le mardi à midi et le samedi à une heure: 3° des herborisations, qui auront 
lieu ordinairement le dimanche et seront annoncées d'avance par des affiches 
spéciales. 


— Par arrêté ministériel en date du 17 avril 18754, M. Max. Cornu, doc- 
teur ès sciences, a été nommé aide-naturaliste en remplacement de M. Bureau. 


—- Lesamedi 11 avril a eu lieu à la Sorbonne, sous la présidence de M. de 
Fourtou, ministre de l'Instruction publique, la distribution des récompenses 
accordées aux membres des Sociétés savantes des départements, à la suite de 
la réunion de leurs délégués. Deux de ces récompenses concernent des bota- 
nistes, membres de notre Société : M. le docteur. Édouard Bornet, à Antibes, 
a reçu une médaille d'or pour ses travaux sur les Lichens, et M. le docteur 
Quélet, membre de la Société d'émulation de Montbéliard, dont nous avons 
fait connaître les travaux sur les Champignons, a été nommé officier d'académie. 


= Notre confrère M. le docteur Paul Mares est nommé professeur titu- 
laire de la chaire d'histoire naturelle et de matière médicale à l'école de 
médecine et de pharmacie d'Alger, en remplacement de M. Bourlier, démis- 
sionnaire, 

— Notre honorable confrère M, Émile Baillière vient d’être nommé che- 
valier de la Légion d'honneur. 

— L'Académie royale de Belgique a maintenu au concours, pour 1875, 
la question suivante : On demande de tracer un exposé des connaissances 
acquises sur les relations de la chaleur avec le développement des végétaux 
Phanérogames, particulièrement au point de vue des phénomènes périodiques 
de la végétation, et, à ce propos, de discuter la valeur de l'influence dyna- 
mique de la chaleur solaire sur l'évolution des plantes. Ta valeur de la mé- 
daille d'or attribuée à ce prix est de six cents francs. 

— M. Husnot a fait récemment paraître (décembre 1873), le dixième fa:cicule 
de ses Musci Gallic, dont le premier avait été publié en janvier 1870. Cela fait 


948 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


500 Mousses de France ou des pays voisins, soit 456 espèces et A7 variétés, 
dont un assez grand nombre représentés par des échantillons de diverses 
localités. Aprés son dixième fascicule, M. Husnot a eu l'heureuse idée de faire 
imprimer une Table alphabétique des Musci Galliœ, qui donne par ordre 
alphabétique l'indication des Mousses faisant partie des dix premiéres cen- 
turies, avec le numéro d'ordre dont chacune des espèces y est affectée. — I] 
paraitra ultérieurement chaque année, aux mémes conditions, un supplément 
composé des récoltes de l'année. 


— En vente quelques fascicules de plantes de l'Amérique méridionale de 
M. Spruce, restant de ses collections du pays des Amazones, du Cassiquiare, 
de Tarapoto au Pérou, et de la république de l'Équateur, réunies pour cette 
distribution. Le premier de ces fascicules comprend plus de 1400 espèces, Le 
prix est de 30 shillings (37 fr. 50) par centurie. S'adresser à M. N.-F. Brown, 
Royal herbarium, Kew, près Londres. 


— Une nouvelle Urticée à fibres textiles, le Zaportea pustulata Wedd. 
(L. canadensis var. pustulata DC.), vient d’être introduite, par les soins de 
M. B. Ræzl, de l'Amérique du Nord en Allemagne, où elle est l'objet de cul- 
tures qui paraissent devoir réussir. Elle provient des monts Alleghanys, oü elle 
croit à plus de 1500" au-dessus du niveau de la mer. On assure que les fibres 
du Laportea sont d'une préparation beaucoup plus facile et moins coûteuse 
que celles du Chanvre. La culture de cette plante a très-bien réussi au jardin 
botanique de Berlin, où elle atteint la hauteur de plus d'un mètre. 


— Il vient de se fonder, sous le patronage de M. J.-B. Verlot, une Société - 
dauphinoise pour l'échange des plantes, qui a déjà réparti 266 espèces 
entre ses quarante membres. Une lettre circulaire datée du 20 janvier 1873, 
mais envoyée récemment à notre Société, contient aprés la liste des membres 
des observations intéressantes sur plusieurs espéces recueillies par les membres 
de la Société, qui continue ainsi les Annotations de feu Billot. On remarque 
parmi ces plantes des Rosa de M. Gandoger, le Scabiosa myriotoma Vis. et 
Panc., le S. subacaulis Bernardin. La brochure se termine par une note de 
M. C. Arvet- Touvet, intitulée : De l Hieracium lanatum Vill, non Waldst. 
et Kit. et de ses hybrides. La Société dauphinoise a son siége au Petit-Sémi- 
naire du Rondeau, prés Grenoble, où est institué un comité chargé de tout 
ce qui regarde l'organisation de la Société. Toute personne qui désire en faire 
partie doit adresser son adhésion, accompagnée de la cotisation aunuelle de 
5 francs, à M. l'abbé Faure, professeur au Petit-Séminaire du Rondeau, qui 
enverra le règlement de la Société. 


Le rédacteur de la Revue, 


- sr Dr EUGÈNE FOURNIER. 
Le Secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, 


W. DE SCHŒNEFELD. 


Paris, — Imprimerie de E, MARTINET, rue Mignon, 2. 


TABLE ALPHABÉTIQUE 


DES 


MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME VINGTIÈME. 


N. B. — Tous les noms de genre ou d'espèce rangés par ordre alphabétique sont les noms latins 
des plantes, Ainsi, pour trouver Cannelle, cherchez Cinnamomum, etc. 


Les chiffres arabes se rapportent aux Comptes rendus des 


de la Société, — Les chiffres arabes 


entre crochets { ] désignent Ja pagination de Ia Revue bibliographique, et les iri romains celle de la 


Session extraordinaire, 


À 
Achillea [65]. 
Aconitum  oliganthemum Kern, nov. sp. 
[107]. 


Adenocarpus anagyrifolius Coss. et Bal. 
nov. Sp., 246. 

Æthalium septicum, 194. 

Affinités naturelles (Organogénie comparée 
de l’androcée dans ses rapports avec 
les), 327. 

Algues [5] [6] pet [37] [87] [99] [102] 
[108] [189] [230] 

Alsodeia [102]. 

Altération des Vignes attaquées par le EN 
loxera, 37. 

Amaralia Welw. nov. gen, [61]. 

ANBLARD (L.). Lettre, 9. 

Ampelopsis hederacea Mich. [220]. 

Anaphytose (Théorie ds l') ou de la seg- 
mentation dans les végétaux, 210. 

Aspn£ (Ed.). Rapport sur les établissements 
d'introduction et d'horticulture de M. Lin- 
den, xxxvi, cit, — Obs., xxvr. 

Androcée (Sur l'organogénie de 1’) des La- 
biées, Globulariées et Scrofularinées, 
41. — (Organogénie comparée de l’) dans 
ses rapports avec les aflinités naturelles, 
327. 

Andryala Mogadorensis Coss. et Bal. nov. 
sp., 252. 

Anemone Apennina L. var. pallida Lge[99]. 

Aunonces, voy. Nouvelles. 

Anomalies, voy. Monstruosités. 

Anomanthodia Hook. nov, gen. [61]. 

Anthracothecium | Doleschalli Mass. 
sp. [17]. 

Anthyllis Jacquini Kern. nov. sp. [107]. 

Antirrhinum, 11, — intermedium Debeaux 


T. XX. 


nov. 


nov. sp., 13. — ruscinonense Debeaux 
nov. sp., 14. 

Anvers (Présence du sexe femelle du Stra- 
tiotes aloides aux environs d'), 236. — 
(Rapport sur une excursion à), Lxxxix. 

Apocynum Hendersonti Hook. f. nov. sp. 
[232]. 

Appareils laticifères de l'Hartighsea spec- 
tabilis À. Juss., 232. 

Appunia Hook. nov. gen. [61]. 

Arthrothelium oasis et picilum Mass, nov. 
sp. [17]. 

Ascobolus furfuraceus Pers. [41]. 

Asemnantha Hook. nov. gcn. [61]. 

Aspléniacées [165]. 

Asplenium adulterinum Milde [25]. 

Atriplex laciniata L., xui. 

Aulacodiscus Hook. nov. gen. [61]. 


B 


Badhamia capsulifera Berk., 320. 

BacvET. Sur le Sedum rubens, xxxiv. 

Balansa (B.). Catalogue des Graminées du 
Lazistan, précédé de quelques considé- 
rations sur la végétation de cette con- 
trée, 330. — Obs., 27. 

Basanacantha Hook. nov. gen. [61]. 

Batrachospermum [4108]. 

Battarea phalloides Pers., 19 [150]. 

Beaucarnea [430]. 

Belgique (Session extraordinaire en), r-cxxt. 

— (Sur les ressources bibliographiques 

dont les botanistes disposent en), xxvi. 
— (Contribution à la Flore cryptogami- 
que de la), xxvi. — (La bryologie et les 
bryologues en), XLI. 

Belleval (Manuscrit inédit de P. Richer 
de), 96. 

Berbérinées, 327. 


17 


250 


Berneuxia Dene nov. gen., 159. — Thibe- 
tica, 159. 

BESCHERELLE (E.). Sur les collections bryo- 
logiques de l’herbier du jardin botanique 
de Bruxelles, Lx. 

Bescherellia Duby nov, gen., 130. — ele- 
gantissima, 130. 

Biatora (Lecidella) Carniolica rn. nov. sp. 
[15]. — polycarpoides Muell. Arg. nov. 

1 


sp. À 

Bibliographie [178] [241]. — Manuscrit 
de Commerson, 6, — Manuscrit inédit 
de P. Richer de Belleval, 96, — Sur 
les ressources bibliographiques dont les 
botanistes disposent en Belgique, xxvi. 
— (Articles de), xxxii. 

Biographie [36] [120]. 

Biologie végétale (Influence des études 
tératologiques pour la solution des pro- 
blémes de la), xxir. 

Brancue (E.) a recueilli le Sedum dasyphyl- 
lum aux env. de Vernon (Eure), 223. 
Bleuissement (Etude sur le) des fleurs du 

Phajus maculatus Lindl., xxvir. 

Bommer (J.-E.). Revue et classification des 
Cyathéacées, xvi. — Etude sur le bleuis- 
sement des fleurs du Phajus maculatus 
Lindl., xxvu. — Sur le groupe des 
Loxsomacées, XXXV. 

Borrau (A.). Sur une nouvelle espèce 
d'Ombellifere, 30. 

Botanique (La) au pays de Liége, L. 

Brésil (L'empire du) à l'exposition. univer- 
selle de Vienne en 1873, extrait, 284, 
— (Matériaux pour une Flore lichéno- 
logique du), 307. 

BnowcwtART (Ad.). Lettre, xxvit. — Obs., 
72, 81, 89, 90. 

Bruxelles (Séances à), v, xiu. — (Sur les 
collections bryologiques de l'herbier du 
jardiu botanique de), Lx. — (Rapport 
sur le jardin botanique de l'Etat à), 
Lxix. — (Rapport sur le musée royal 
d'histoire naturelle de Belgique à), xcix. 
— (Rapport sur l'exposition horticole de 
la Société royale de Flore à), cvt. 

Bryologie, voy. Mousses. 

Bryologues (La bryologie et les) en Belgi- 
que, XLI. 

Bupleurum brassicæfolium Arv.-Touv. nov. 
sp. [147]. — dumosum Coss. et Bal. 
nov. sp., 249. — zmaicolum Kern. nov. 
sp. 407]. 

Bureau de la Société pour 1873, 7. 

Bureau (Ed.). Rapport sur le jardin bota- 
nique de l'Etat, à Bruxelles, txix, — 
Rapport sur le musée royal d'histoire 
naturelle de Belgique, à Bruxelles, xcix. 
= Obs., 27, xxvi, 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Bursar (E.). Lettre, 120. 
Byrsanthus [423]. 
Byrsophyllum Hook. nov. gen. [61]. 


C 


Calamites [231]. 

Calédonie (Nouvelle-) (Nouveau. genre de 
Mousses pleurocarpes propre à la), 130. 
— (Sur les Fougères de la), xx. — Voy. 
(dans la table de la Revue bibliographi- 
que) Bescherelle, Brongniart. 

Calice (Du) dans les Gentianées et les Por- 
tulacées, 72. 

Campanula ficarioides T.-L., linifolia 
Lam., precatoria T.-L., rotundifolia L, 
et ruscinonensis T.-L. [200]. 

Campine limbourgeoise (Herborisations de 
la Société dans la), Lxxvi. 

Camptotheca Dene nov. gen., 157.— acu- 
minata, 457. 

Campylostylus dipyrenus G. Genev. nov. 
sp., 334. 

CANDEZE. Lettre d'invitation. 

Canna [238]. 

Caractères et descriptions de trois genres 
nouveaux de plantes recueillies en Chine, 
155. 

Cardamine Keckit Kern. nov. sp. [107]. 

Carex Fabri et siderosticta Hance nov. sp. 
[122]. — polysticha etseticularís Beck. 
nov. sp. [129]. 

Caryophyllées [127]. 

Castilloa Markhamiana Collins mov. sp. 
[233]. 

Catalogue des Graminées du Lacti; 330. 

Cellules épidermiques (Sur une forme de) 
qui paraissent propres aux Cipit 

91. 

Ceratocnemum Coss. et Bal. nov. gen., 
239. — rapistroides, 239. 

CnapoissEAU (l'abbé). Sur l'origine du nom 
du Wcodsia ilvensis R. Brown, 70. — 
présente des échantillons de Chara con- 
nivens récoltés à l'étang de Trappes 
(S.-et-0.3, 74. — Obs.,71, 221. 

Champignons, 9, 49, 32, 48, 431, 160, 
187, 189, 238, 319, 334 [18] [19] 
[ul [42] [79] [150] da [155] [t56] 

159] [165] [194] [234 

Chapelle-sur-Erdre (L. -Inf. ) (Promenade 
de botanistes à la), 62. 

CHAPPELLIER (P.). Sur l’origine du Crocus 
sativus L., 191. 

Chara connivens recueilli à l'étang de 
Trappes (S.-et-0.), 71. 

CHARLIER (le D"). Lettre, xit 

CuarENAY. Lettre accompagnant un gros 
Agaric, 9. 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


CuariN (Ad.). Observations pour servir à 
l'histoire de la Truffe, 28. — Sur lor- 
ganogénie de l'androcée des Labiées, 
Globulariées et Scrofularinées, 44, — 
Une promenade de botanistes à la Cha- 
pelle-sur-Erdre (L.-Inf.), 62. — Orga- 
nogénie comparée de l’androcée dans ses 
rapports avec les affinités naturelles, 327. 
— Obs., 19, 153, 154, 305. 

Chine (Plantes recueillies en), 155. 

Chiodecton Levigatum Fée et paradosum 
Kremp. nov. sp. [17]. 

Chionopappus Benth. nov. gen. [61]. 

Chlorogalées [148]. 

Cichorium Intybus à tige fasciée, 90.. 

Cinchona lancifolia var. oblonga, 291. 

Cinclidium subrotundum Lindb, nov. sp. 

99]. 

LIA (Strueturé des écorces qui 
portent dans lé commerce le nom de 
Cunnelles), xLv. 

Circæa Tourn. [167]. 

Cirsium acanthifolium, bifrons et variega- 
tum Arv.-Touv. nov, sp. [117]. 

Cissus acida L. [86]. 

Classification (Revue ct) des Cyathéacées, 
XVI. 

Clathrus cancellatus Mich. et Aérudinosus 
Tul. trouvés à Collioure (Pyr.-Or.*, 431. 

Cros (D.). Du calice dans- les Gentianées 
et les Portulacées, 72. — De quelques 
étymologies, 124. — De quelques re- 
marquables dénominations populaires de 
plantes, 126, — Discussion de quelques 
points de glossologie botanique, 187. — 
De l'orthographe de quelques dénomina- 
tions de plantes, 223, — Glossologie du 
fruit, 264. : 

Cocculus laurifolius [154]. 

Cocxiavx (A.). Un nouvel hybride entre 
deux genres différents, xXin. — Sur les 
ressources bibliograpliiques dont les bo- 
tanistes disposent en Belgique, xxvi. 

Collections bryologiques (Sur les) de lher- 
bier du jardin botanique de Druxelles, 
Lx. — (Notesur les) de M. Ed. Morren, 
cxix. 

Collema glaucescens Hoffm. [1]. 

CoLuGsox. Obs., XLVIII 

Collioure (Pyr.-Or.) (Les Clathrus cancel- 
latus Mich, et hirudinosus Tul. trouves 
à), 134. 

Coloration (Sur la) et le verdissement du 
Neottia Nidus-avis, 182. 

Comité consultatif pour la détermination 
des plantes de France et d'Algérie, 6. 

Commélynacées [158]. 

Commission des archives, 6, — du bulle- 
tin, 6. — de ::=ptabilité, 6, — de: 


251 


gravurés, 6. — de la session extraordi- 
naire, 6. 

Composées [32] [33] [218]. 

Condurangos (Les), 34. 

Conferva Sacchari [18]. 

Coniangium aleteun Mass. nov. sp. [17]. 

Conifères [82]. 

Conoscyphus Mitten nov. gen, j3 

Conseil d'administration pour 1873, 7. 

Conservation (Sur la) des graines dans 
l'eau de mer, 225, 

Coptosperma Wook. nov, gen. [61]. 

Copier (F.-S.). Lettre, 5. 

Connu (M.). Altération des Vignes attaquées 
par le Phylloxéra, 37. — Sur une nou- 
velle espèce d'Entomophthora, 189. — 

Obs., 39, 47, 49, 70, 72, 160, 191. 

Cossow (E.). Sur la géographie botanique 
du Maroc, 49. — Notes biographiques 
devant servir à la notice nécrologique de 
M. Passy, 231. — Species nove Maróc- 
can, 239. — Obs., 34, 49, 61, 80, 
194, 237, 982, vi, 

Crocus sativus L., 191. 

Cryptogames vascu'aires du Brésil, 29 par- 
tie, 225. 3 

Cuscuta |76] (126]. 

Cyathea insignis [75]. 

Cyathéacées [207]. — (Revue et classifica- 
tion des), xvi. 

Cyclophytlum Hook. f. nov. gen. [61]. 
Cynoglossum microcurpum Kern. nov. sp. 
[107]. 

Cypéracées, 91 [128]. 

Cyperus Glaziovianus Bock, nov, sp. 
[129]. — Globulus var. cymosus Willk, 
et Lge [62]. — Warmingii Bock. nov. 
sp. [129]. 

D 


Dasylirion [130]. 

Datura [206]. 

Davallia Græffii Lasn nov. sp. [21]. 

Davið (l'abbé). Plantes recueillies par lui 
en Chine, 155. 

DgsEAUX (0.), Sur deux espèces du genre 
Antirrhinum, nouvelles pour la Flore de 
France, 11. 

Decaisxe (J.). Sur les espèces du genre 
Eryngium à feuilles parallélinerves, 19, 
— Sur trois espèces d'Hydnora, 75. 
— Caractères et descriptions de trois 
genres notveaux de plantes recueillies 
en Chine par M. l'abbé David, 155. — 
Allocution sur M. A. Lasègue, 226. — 
Notice nécrologique sur M. Claude Gay, 
282. — Etudes sur les Iridécs, 300. — 
Obs., 49, 27, 29, 47, 49, 61, 72, 153, 
151,191, 254, 237, 30), 305, 


252 


Déformation du Zostera nana Roth, due à 
la présence d'un Champignon entophyte, 
48. 

Derocse (E.-H.). Contribution à la Flore 
cryptogamique de la Belgique, xxvii. — 
Rapport sur l'herborisation faite à Ro- 
chefort et à Han-sur-Lesse (Belgique), 
cviii. 

DELONDRE (A.). Obs., 32, 134. 

Dennstædtia (Deparia) Godeffroyi Lessn 
nov. sp. [21]. 

Dénominations populaires de plantes (De 
quelques remarquables), 126. 

Des Eraxes (S.). Sur une anomalie des 
fleurs du Melilotus altissima Thuill., et 
sur l'accroissement d'intensité de l'odeur 
propre à cette espèce, xxxiv. 

Deyeuxia anthoxanthoides Munro nov. sp. 
[232]. 

Dianthus Faurei Arw.-Touv. 
[117]. 

Dictyandra Welw. nov. gen. [61]. 

Didymæa Hook., nov. gen. [61]. 

Diplocrater Hook. nov. gen. [61]. 

Discours de MM. Germain de Saint-Pierre, 
vr. — Fournier, vit. — G. Planchon, 
xLvir, — Ed. Morren, L. 

Dons faits à la Société, 6, 32, 70, 134,221, 
225, 306, XXXII. 

DovwET-ApANsox (N.). Rapport sur l'expo- 
sition horticole de la Société royale de 
Flore, ouverte à Bruxelles le 19 juillet, 
cvi. — Obs., 90, xxxv. 

Dresy (le pasteur). Nouveau genre de Mous- 
ses pleurocarpes propre à la Nouvelle- 
Calédonie, 130. 

DucuanrnE (P.). Lettre sur le Zostera ma- 
rina L., 161. — Obs., 19, 29, 32,38, 
39, 45, 61, 78, 89, 235, 236, 237, 
238, 307, 326. 

Duchassaing (le D" P.). Notice nécrologi- 
que, 275. 

Dufourea ! madreporiformis Ach, [16]. 

Du Mortier (B.) souhaite la bienvenue à 
la Société botanique, vi. — Sur l’Afri- 
plex laciniata de Linné, xiu. — Obs., 
XXVI, XXVII, XLVHI. 

Dupuy (l'abbé). Lettre sur un Lichen, 231. 

Durand (Elias). Sa mort [182]. 

Duritu pe Maisonneuve. Obs., 89. 

Dvvat-JouvE (J.). Sur une déformation du 
Zostera nana Roth, due à la présence 
d'un Champignon entophyte, 48. 
Particularité des Zostera marina L. et 
nana Roth, 81. — Sur une forme de 
cellules épidermiques qui paraissent 
propres aux Cypéracées, 91. — Sur 
deux Graminées des environs de Montpel- 
lier, 138, — Lettre à M. Duchartre sur 


nov, sp. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


les Zostera marina et nana, 164. — 
Lettre à M. de Schenefeld sur le Scir- 
pus Michelianus L., 289. — Obs., 89, 
90. 

DuviLLERs. Obs., xit. 


E 


Eatoniopteris Bommer nov, gen., xix, 

Ebénacées [44]. 

Ecorces (Sur la structure des) qui portent 
dans le commerce le rom de Cannelles, 
ILY: 

Elæoselinum? | exinvolucratum Coss. et 
Bal. nov. sp., 249. 

Entomophthora Planchoniana M. Cornu 
nov. sp., 189. 

Equisetum [231]. 

Erica Tetralix, 90. 

Erigeron Huelsenii Watke nov. sp. [100]. 

EnwsT (A.). Lettre, 16. 

Erodium Atlanticum Coss. et Bal. nov.sp., 
243. 

Eryngium, 19. — bellidifolium Dene nov. 
sp., 26. — coronopifolium Dcne nov. 
Sp., 27. — eburneum Dcne nov. sp., 
23. — Ghiesbreghtii Dcne nov. sp., 21. 
— Lassauæii Dene nov. sp., 22. — pla- 
typhyllum Dcne nov. sp., 24. 

Erythrocephalum Benth. nov. gen. [61]. 

Erythrostaphyle Hance nov. gen. [233]. 

Etamines (De l'irritabilité des), 280. 

Etude de la géographie botanique des 
Pyrénées-Orientales, 45. —- sur les Iri- 
dées, 300. 

Etymologies (De quelques), 124. 

Euphorbia cactoides, 19.— rimarum Coss. 
et Bal. nov. sp., 261. 

Evansia Salisb., 304. — dichotoma, 302. 
— fimbriata, 302. — vespertina Dene 
nov. sp., 302. 

Exposition horticole (Rapport sur. l’) de la 
Société royale de Flore, à Bruxelles, CVI. 


F 


Fanges ou Fagnes (Origine du terme), 
CXLVIT. 

Fée (A.). Sur la taxonomie des Fougères, 
135. — fait hommage de son ouvrage : 
Cryptogames vasculaires du Brésil, 2° par- 
lie, 225. — Matériaux pour une Flore 
lichénologique du Brésil, 307. — Obs., 
47, 01; 72, 108; 

Feuilles parallélinerves (Sur les espéces du 
genre Eryngium à), 19. 

Filago mixta Holuby nov. sp. [99]. 

Flore lichénologique du Brésil (Matériaux 
pour une), 307. 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


Flore Aino, voy. (dans la table de la Revue 
bibl.) de Charancey. — d'Algérie, voy. 
(dans la méme table) Jourdan. — d’Al- 
lemagne, voy. (dans la même table) 
Halier, Wagner, — d'Autriche, voy. 
(dans la même table) Kerner. — du 
Brésil, voy. (dans la même table) Bœcke- 
ler, Warming. — de Dalécarlie, voy. 
(dans la méme table) Abrling.—de Danc- 
marck, voy. (dans la méme table) Lange. 
— de France, voy. France. — de Hong- 
Kong, voy. (dans la table de la Revue 
bibl. Hance. — d'Islande, voy. (dans 
la méme table) Babington. — d'Italie, 
voy. (dans la méme table) Cesati, Gibelli, 
Parlatore, Passerini, — du grand-duché 
de Luxembourg, voy. (dans la méme 
table) Koltz. — de Meuton, voy. (dans 
la méme table) Moggridge. — des Mous- 
ses, voy, (dans la méme table) Husnot. 
— dela Nouvelle-Grenade, voy. (dans la 
méme table) Planchon, Triana. — de 
Paris, voy. Paris. — des iles Viti, voy. 
(dans la table dela Revue bibl.) Carru- 
thers, Seemann. 

Floridées [153]. 

Florule des environs de Spa, cxxit. 

Fossiles (Plantes), voy. (dans la table de la 
Revue bibl.) Marion, de Soporta. 

Fougères, 135, xx [20] [21] [24] [134] 
[139] [146] [165]. 

Fournier (E.). Discours, vit. — Sur les 
Fougères de la Nouvelle-Calédonie, xx. 
— Sur un nouveau Pinguicula du Mexi- 
que, Lxvir. — Note sur les collections de 
M. Ed. Morren, cxix. — Sur l'origine 
du terme de fanges ou fagnes employé 
en Belgique pour désigner les marais 
tourbeux, cxLvi, — Obs., 90, 187, 
XXXV. : 

Fourniera Bommer nov. gen., xix. 

France (Flore de). Sur deux espéces du 
genre Antirrhinum, nouvelles pour la 
Flore frangaise, 11. — Plantes recueil- 
lies en janvier 1873aux environs de Paris, 
18. — Observations pour servir à l'his- 
toire de la Truffe, 28. — Description 
d'une nouvelle espèce d'Ombellifère, 30. 
— Sur l'étude de la géographie bota- 
nique des Pyrénées-Orientales, 45. — 
Une promenade de botanistes à la Cha- 
pelle-sur-Erdre (L.-Inf.) 62. — Sur 
les espècés de Fritillaires de France, 96. 
— Sur un nouvel habitat des Clathrus 
cancellatus Mich. et hirudinosus Tul., 
131. — Sur deux Graminées des environs 
de Montpellier, 138. — Les Lichens du 
massif granitique de Ligugé, au point 
de vue de la théorie minéralogique, 142. 


253 


— Sur une nouvelle espèce d'Entomo- 
phthora, 489. — Sur quelques plantes 
trouvées en fleur au mois de janvier 1873, 
232. — Lettre de M. Duval-Jouve sur 
le Scirpus Michelianus, 289. 


Espèces décrites ou signalées: 


Antirrhinum intermedium Debeaux nov, 
sp., 13. — A. ruscinonense Debeaux 
nov. sp., 14. i 

Bupleurum brassicæfolium Arv.-Touv, nov. 
sp. [117]. 

Campanula ficarioides T.-L. [200]. — C. 
linifolia Lam. [200]. — C. precatoria 
T.-L. [200]. — C. rotundifolia L. [209]. 
— C. ruscinonensis T.-L, [200]. — 
Chara connivens, 74, — Cichorium Inty- 
bus, 90. — Cirsium acanthifolium Arv.- 
Touv. nov. sp. [117]. — C. bifrons 
Arv.-Touv. nov, sp. [117]. — C. variega- 
tum Arv.-Touv. nov. sp. [117]. — Cla- 
thrus cancellatus Mich., 131. — C. 
hirudinosus Tul., 131. — Cyperus tlo- 
bulus var. cymosus [62]. 

Dianthus Faurei Arv.-Touv. nov.sp.[117]. 
Entomophthora Planchoniana M, Cornu 
nov. sp., 189. — Erica Tetralir, 90. 
Fritillaria délphinensis Gren., 114. — F. 
involucrata AM., 110. — F, Meleagris 
L., 97. — F. montana Hoppe, 113, — 

F. Pyrenaica (L.) Gawl., 104. 

Hordeum murinum L, a genuinum, B major, 
138. 

Oxytropis amethystina Arv.-Touv, nov, sp. 
[117]. 

Panicum (Setaria) verticillatum L.,141,— 
Pedicularis Verloti Arv,-Touv. nov. sp. 
[147]. — Pinguicula variegata Arv.- 
'Touv. nov. sp. [117]. 

Rhododendron ferrugineum, 90. 

Scirpus Michelianus L., 289. — Sedum dasy- 
phyllum, 223. — Stratiotes aloides, 72. 

Thysselinum Crouanorum Bor. nov. SP., 
30. — Tolypella (Nitella) intricata, 71. 

Zostera angustifolia, 89.— Z. marina L., 
81,.89, 464, 464. — Z. nana Roth, 
48, 81, 89, 164. 

Voy. (dans la table de la Revue bibliogra- 
phique): Arvet-Touvet, Barthès, De- 
beaux, Eloy de Vicq, Genevier, Husnot, 
Le Grand, Loret, Marion, Nouel, Nylan- 
der, Renauld, Roumeguère, de Saporta, 
Timbal-Lagrave, Weddell. 

Fritillaires (Sur les especes de) de France, 
96. 

Fritillaria delphinensis Gren., 114, — 
involucrata AN., 410. — Meleagris L., 
97. — montana Hoppe, 443. — Pyre- 
naica (L.) Gawl., 101. 


254 


Fruit (Glossologie du), 264. 
Fumariacées [59]. 


G 


Galium margaritaceum Kern. nov. sp. 
[106]. — paradoxum Max, nov, sp. 
|487]. ; 

Gand (apport sur la visite faite aux 

. grands établissements d'horticulture et 
au jardin botanique de), xcit, 

Garcinia [29]. 

GARROUTE (l'abbé), Lettre, 9, 

Gay (Claude). Sa mort, 282, — Notice 
nécrologique, 282. 

GENEVIER (G.). Sur un Champignon de 
l'ordre des Ascomycètes, 334, — Obs., 
305. : 

“Genista (Teline) Osmarensis Coss., nov, sp. 

oE, 

Gentianées, 72. : 

Géographie botanique du Maroc, 49. — 
botanique du Brésil, offerte à la Société 
par 8. M. Dom Pedro, 134. 

GERMAIN DE SAINT-PIERRE (E.), Allocution, 
vt, -— De l'influence des études térato- 
logiques pour la solution des problèmes 
de la biologie végétale, xxir. — Rapport 
sur la visite au jardin botanique de 
Liége, aux serres d'Orchidées de M, O. 
de Lamarche-Rossius, à l'établissement 
horticole.de MM. Jacob-Makoy ; et note 
sur les serres de M. Arthur Warocqué, 


Germes filiformes (Sur des tubereules de 
Pommes-de:terre à), 46, 

GILBERT, Ohs., xir. 

GIRAUDIAS ar Sur quelques plantes trou- 
M en fleur au mois de janvier 1873, 

32. 

GLAZIOU (A.). Membre à vie, 283, 

Globulariées, 41, 

Glossologie botanique, 187, — du fruit, 

^^ AUR. i 

Glumacées [28]. ` 

Glycogenèse (La) dans le règne végétal, 
164, 195, 

Gonolobus Cundurango Triana ( Photogra- 
phies du), 34. 

Graminées [42] [84] [204]. — (Sur deux) 
des environs de Montpellier, 138, — 

' (Catalogue des) du Lazistan, 330, 

Graphis chlorotica Mass. nov. sp. [17]. 

Grenier (Ch.). Lettre sur le Stratiotes 
alaides, 235, — Obs, , 78, 

Gymnadenia gracillima Schur nov, sp. 

100 à j 


Gymħopentzia Benth, noy, gen. [61], 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


H 


Habitat (Sur un nouvel) des Clathrus can- 
cellatus Mich. et hzrudinosus Tul,, 421. 

Han-sur-Lesse (Belgique) (Herborisation de 
la Société à), CYNI, 

Haplophyllum Broussonnetianum Goss, pov. 
sp., 244. 

[e o spectabilis À, Juss, (Sur les ap- 
pareils laticiferes de l), 232. —— 
Hecker (E,). De l'irritabilité des étamines, 
distinction dans ees organes de deux or- 

dres de mouvements, 280, 

Hedysarum membranaceum Coss. et Bal. 
nov. sp., 246, 

Heleocharis chrysocarpa et  leucocarpa 
Bock, noy, sp, [129]. 1 

Herbier (Sur les collections bryologiques 
de l°) du jardin botanique de Bruxelles, 
LX. 

Herborisations dans la Campine limhour- 
geoise, Lxxvi, — à Rochefort et. à Han- 
sur-Lesse (Belgique), cym, — à la Gha- 
pelle-sur-Erdre (L.-Inf.), 62. 

Herpocladum Mitten nov, gen, [23]. 

Hieraciym [109-117]. — alpicola Scheich. 
[414]. — Alpinum L. [114], — Ascher- 
sonianum Uechtr, n, sp, [111]. — 
atratum Vr, [145], — aurantiacum k: 
[114]. — Auricula L, [448], — hifidum 
Kit, [115]. — brachyphylłum Sz,=$8; 
[143]. — upleuroides Gmel, [145]. 

= cesium Fr, [115]. — calcigenum 

Rehm, n, sp. [115 ],— Carpaticum Bess. 

[116]. — collinum Bess, [113]. — 

cymosum ipee Lindh, et 4 po- 

lio(richumWimm, [144].— debile Rehm. 

n, sp [tlle Dollineri Sz.-Bip, [115]. 

— echioides Lumn. [114]. — Engleri 

Uechtr, n. sp, [112].— exclusum Rehm, 

n, sp, [113]. — fastigiatum Fr. [116]. 

— flagellare Willd, [112], — flaget- 

lare 2 cernuum Fries [113], — glaber- 

rimum Spr, [115]. — glomeratum 

Fról. [414 ]. — intermedium Rehm. n. sp. 

[113].— Janke Uechtr. n. sp, [116].— 

Juranum Fr, [116], — leptocephalum 

Schloss, et Vukot.. [115], — murorum 

L. (161, — nigrescens Wild. [114]. — 

oxyphyllum Rehm, p. sp, [113]. — pe?- 

lidifolium Knaff, n, sp, [110], — pie- 
niakense Rehm, n. sp. [113],— Pilose/la 

L. [112], — p/unteum Fr, [115]. — 

Porphyrite Schulz. n. sp, [111]. — 

realtum Vill, [114].— pratense Tausch 

[13]. — ramosum W, et K, [146]. — 

ripheum Vechtr, n. sp. [110]. — rozo- 

lanicum Rehm, n. sp, [114]. — sfodoni- 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


florum W, et K., [413]. — subcæsium 
Fr. [1416]. — suecicum Fries (113]..— 
trachselianum Christener [115]. — vil- 
losum L, et villosum dentatum Hoppe 
[114]. — vulgatum Fr. [446]. — Wim- 
meri Uechtr, n, sp, [111] [146]. 

Hippocratea [36], 

Histoire de la Truffe (Observations pour 
servir à l’), 28, 

Hololachne Shawiana Hook, f, nov, sp. 
[232]. 

Hordeum murinum L, a, genuinum, B, ma- 
Jor, 138, 

Hortieulture (Rapport sur la visite faite 
aux grands établissements d") de Gand, 
Xon. — (Rapport sur les établissements 
d' de M. J, Linden, ci, — (Rapport 
sur l'exposition d’) de la Soeiété royale 
de Flore, à Bruxelles, cvi, — (Rapport 
sur l'établissement d') de MM, Jacob- 
Makoy, cxni, 

Howann (J.-E.), Sur l'origine du Quin- 
qiaatiiowbie mou du commerce, 

Hybrides, Crocus sativus, 191, 194, — 
Lamium maculatum var,, XXH, == Sy- 
ringa correlata, 236; — Vitis vini- 
fera, 237, — (Un nouvel) entre deux 
genres différents, xxm, — Voy, (dans la 
table dela Revue bibl.) Godron, Holuby, 

. — Kerner, Neilreich, Walke, 

Hydnora (Sur trois espèces d'), 75, — 
Abyssiniea À. Br., 76, — Æthiopiva 
Dene, 77. — Angolensis Deng, 76, 

Hydrocharidées [244]. 

Hydrolea elegans, graminifolia, macrose- 
pala et paludosa A, W, Bennett nov,sp. 
[117]. 

Hymenoenemis Hook. nov, gen, [61], 

Hymenostephium Benth, nov. gen. [61]. 

Hypogomphia de Bunge nov. gen. [79]. 
— Turkestana [79]. ; 


I 


Icones, 96. 

Imantina Hook. nov. gen. [61]. 

Introduction à l'inventaire des cultures de 
Trianon, 181. [49]. 

Tnula obtusifolia Kern. nov, sp. [107]. 

lostephane Benth, nov. gen, [64], 

Iphiona Vartheimia radiata Benth, mov. 
sp. [232]. 

Ipomea simulans Hanh. [118]. 

lridées (Etudes sur les), “00. 

Tris Cenginlli Ambrosi [66]. 

Irritabilité (De 1') des étamines, 280. 


25b 


d 


Jacob-Makoy (Bapport sur ]a visite faite à 
l'établissement horticole de MM.), cxn. 

Jameson (W,), Sa mort [103]. 

Jardin botanique (Sur les collections bryo- 
logiques de lherbier du) de Bruxelles, 
LX, — (Rapport sur le) de l'Etat à Bru- 
xelles, LXIX}, — (Visite faite au) de 
Gand, xci, — (Visite faite au) de Liége, 
CXIIT. 

JavpeRT (le eomte) entretient la Société 
de l'envoi d'un herbier de S, A, I, la 
comtesse d'Eu, 66, — Introduction à 
l'inventaire des cultures de Trianon, 
181 [49]. — — Lettre sur le Ledum 
palustre, 39, — Lettre sur le projet d'un 
inventaire de Trianon, 65,— Obs., 66. 


K 


Kurzia de Martens nov, gen, [102]. — 
erenacanthordea [402 ], 


L 


Labiées, 44 [195], 

Lactarius minionus W. G, Smith noy. sp. 
[165]. E 
Lamarehe-Rossius (Rapport sur la visite 

faite aux serres d'Orchidées de M. O, de), 
Cxi, 
Lamium maculatum var,, xx, 
Lamprachænium Benth, nov, gen, [61], 
Lance (J.). Lettre, xir. 
LARGHER (A.), voy. Petit, 
Lasègue (A.). Sa mort, 225 [182]. — (Al- 
locution sur M.), 226. 
Lasiolepis Beck. nov. gen. [129]. — 
aquatica, brevifolia et pilosa [129], 
Lazistan (Catalogue des Graminées du), 


330. 
Lepaux (F.). Florule des environs de Spa, 


xx, 

Lecanora, 307, 811, : 

Lecidea, 307, 319, = Hellbomit Lahm 
nov. sp. [15]. 

LecLEnG (F.), Théorie de l'anaphytose ou 
de la segmentation dans les végétaux, 
210, 

Lecothecium pluriseptatum Arn. now. sp. 
18]. 

en palustre (Lettre sur le), 89, 

Légumineuses, 397. 

Lejochilus Hook. nos. gen, [61]. 

Lelong fait hommage à la Société de son 
nouveau mierotome, 70. 

Lémanéacées [37 . 


256 


Lespedeza Michx [105]. — elliptica Benth. 
et Gerardiana Grah. nov. sp. [106]. 
Lettres de MM. Amblard, Brongniart, 


Burnat, Candèze, Charlier, Chatenay, | 


Cordier, Crépin, Duchartre, l'abbé 
Dupuy, Duval-Jouve, Ernst, l’abbé Gar- 
route, Grenier, le comte Jaubert, Lange, 
Marchal, Mueller Argoviensis, Nylander, 
Oudemans, Paillot, Parlatore, Piercot, 
de Poli, Reboud, de Schænefeld, Surin- 
gar, Treille, Van der Sande-Lacoste, voy. 
ces noms. 

Lichens, 231, 307 [1] [6-17] [19] [191] 
[225-227]. — du massif granitique de 
Ligugé en Poitou, 142. — observés au 

‘ jardin de Blossac, à Poitiers, 225. 

Liége (Séance à), L. — (La botanique au 
pays de), L. — (Visite aux collections 
et musées de), rxvur. — (Rapport sur 
la visite faite au jardin botanique de), 
cxt. 


Ligugé en Poitou (Les Lichens du massif |: 


granitique de), 142. 

Ligusticum Japonicum Max. nov. sp. [187]. 

Linaria ventricosa Coss. et Bal. nov. sp., 
252. 

Linden (Rapport sur les établissements 
d'introduction et d'horticulture de M. 
Jo) GIT. 

Lindsæa incisa. et heterophylla Prent.nov. 
sp. [210]. — linearis Sw. [210]. 

Linné. Son portrait offert par M. Peterson, 
221. 

Loxsomacées (Sur le groupe des), xxxv. 

Lychnidées [127]. 

Lycopodiacées [97]. 

Lycopodium [94-96]. — Selago [95]. 


M 


Macrosphyra Hook. nov. gen. [61]. 

MaLatsE (C.) fait don à la Société de plu- 
sieurs de ses ouvrages, XXXNI. 

MarcHaL (E.). La bryologie et les bryolo- 
gues en Belgique, xit. — Lettre, 225. 

Maroc (Sur la géographie du), 49. — 
(Nouvelles espèces du), 239. 

Marsilia [164]. 

ManriN (E.) envoie un échantillon de Toly- 
pella (Nitella) intricata, 71. 

Manrix (L. de). Membre à vie, 283. 

Martins (Cb.). Sur l'étude de la géographie 
botanique des Pyrénées-Orientales, 45. 

Masdevallia R. et P. [201]. 

Masligopelma Mitten nov. gen. [23]. 

Matériaux pour une Flore lichénologique 
du Brésil, 307. 

Medicago [44]. — Tenoreana Ser. et tur- 
binata L. [209]. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Ménu (A.). Rapport sur les herborisations 

'dansla Campine limbourgeoise, LXXVI. 
Mélanges, voy. Nouvelles. 

Melilotus altissima Thuill. (Sur une ano- 
malie des fleurs du), xxxi. 

Melle-lez-Gand (Belgique) (Rapport sur 
le musée commercial industriel de), 
XCVIII. 

Mer (E.). La glycogenèse dans le règne 
végétal, 164, 195, — Obs., 179, 180, 
181, 186, 210. 

Mesembrianthemum [234]. 

Mesoptera Hook. nov. gen. [61]. 

Mexique (Sur un nouveau Pinguicula du), 
LXVII. 

Micromma coccorum Mass. nov. sp. [47]. 

Microsplenium Hook. nov. gen. [60]. 

Mondoubleau (Loir-et-Cher) (Pommes-de- 
terre à germes filiformes trouvées aux 
environs de), 46. 

Monstruosités et Anomalies. Sur des tuber- 

cules de Pommes-de-terre à germes fili- 

formes, 46. — Double corolle du RAodo- 
dendron ferrugineum, 90. — Sur 

PErica Tetralix, 90. — Cichorium 

Intybus à tige fasciée, 90. — Anomalie 

des fleurs du Melilotus allissima Thuill. , 

xxxiv, — Voy. (dans la table de la 

Revue bibl.) Treub, Lestiboudois. 

Montpellier (Sur deux Graminées des envi- 
rons de), 138.— (Le Scirpus Michelianus 
L. trouvé aux environs de), 289. 

MonrLET. Notice nécrologique sur le D" 
Welwitsch, 78. e à 

Morindopsis Hook. nov. gen. [61]. 

Morrex (Ed.). Discours : La botanique au 
pays de Liége, L. — Sur la Joubarbe 
d'Aywaille (Sempervivum Funckii var. 
aqualiense), .xir. — présente des dessins 
et plans du jardin botanique de Liége, 
LX. 

Morren 
cxix. 

Mousses, 130, x11, 1x [19] [22] [429] [430] 
[138] [152] [455] [2914]. 

MurLLeR ArGoviensis. Lettre sur le Reseda 
Alphonsi, 34. 

Musée (Rapport sur le) Van Heurck, 
LXXXIX, commercial industriel de 
Melle-lez-Gand , xcvur. — royal d'his- 
toire naturelle de Belgique, à Bruxelles, 
XCIX. 

Mycologie, voy. Champignons, 

Mygind (Fr.). Etude biographique [120]. 

Myrionema Henschei Casp. nov. sp. [230]. 

Myxogastrée  (Singuliére reproduction 
d'une), 9. 

Myxomycètes (Des) et de leur place dans 
le système, 320. 


(Sur les collections de M. Ed.), 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


N 


` Navia mazosia Mass. nov. sp. [17]. 

Nécrologie, 9, 78, 225,282 [47] [102] 
[103] [182]. 

Nematonostoc Nyl. nov. gen., 263. — 
rhizomorphoides, 263. 

Nematostylis Hook. nov. gen. [64 |. 

Neottia Nidus-avis, 182 [89]. 

Nostoc lichenoides [1] [4]. — patudosum 
[4]. 

Noraris (de) offre à la Société le dis- 
cours d'ouverture de son. cours : Les 
plantes cryptogamiques, 32. 

Nothoscyphus Mitten nov. gen. [23]. 

Nouvelles [45] [102] [182] [246]. 

Nouvelle-Calédonie, voy. Calédonie. 

NvrawpER (W.). Lettre sur un nouveau 
genre de Nostochinées, 263. 


0 


Odeur propre au Melilotus altissima (Ac- 
croissement de l'intensité de 1), xxxiv. 
SR pr (Sur une nouvelle espèce d'), 


Omphalaria pulvinata Schær., 263. 
kt uon Walhr. et repens L. 
92]. 

Opegrapha apomlæna, Fagorum et lepto- 
chroma Mass. nov. sp. [17]. 

Ophelia Wilfordii Kern. nov. sp. [107]. 

Orchidées [159]. 

Organes souterrains (Application des) à la 
détermination des plantes, xxxvi. 

Organogénie de l'androcée des Labiées, 
Globulariées et Scrofularinées, 41. — 
comparée de l'androcée dans ses rap- 
ports avec les affinités naturelles, 327. 

Orobanche Hansii Kern. nov. sp. [107]. — 
ombrochares et pycnostachya Hance nov. 
sp. [122]. 

Orthographe de quelques dénominations de 

~ plantes, 223. 

Osmondacées [202]. 

Ostryopsis Dene nov. gen., 155. — Davi- 
diana, 155, 

Otopappus Benth. nov. gen. [61]. 

ia aee Lettre sur le Stratiotes aloides, 


Oxytropis amethystina Arv.-Touv. nov. 
Sp. [117]. — psammocharis et subful- 
cata Hance nov. sp. [122]. 

P 


PaiLLor (J.). Lettre, xit. 
Palmiers [135], 


257 


Panicum (Setaria) verticillatum L., 441. 

Papavéracées [71]. 

Papavérinées, 327. 

Paracaryum: heliocarpum Kern. nov. sp. 
[107]. 

Parashorea Kurz nov. gen. [122]. 

Paris (Flore des environs de), voy. Vernon. 
— (Plantes recueillies en janvier 1873, 
aux environs de), 18. 


| PARLATORE (P.). Lettre, 262. 


Particularités des Zostera marina L. et 
nana Roth, 81. 

Passy (A.). Sa mort, 225 [182]. 
cution sur M.), 228. 

Pauridiantha Hook. nov. gen. [61]. 

Pedicularis elongata et Huteri Kern. nov. 
sp. [107]. — Verloti Arv.-Touv. nov, sp. 
Hr 

Pepro (Dow). Lettre à M. le comte Jau- 
bert et don à la Société d'un livre inti- 
tulé : L'empire du Brésil à l'exposition 
universelle de Vienne en 1873, 283. - 

Pentapyxis Hook. nov. gen. [60]. 

Petaloncha Hook. nov. gen. [61]. 

PETERSON fait hommage à la Société d'une 
lithographie de Linné, 221. 

Perit (P.). Obs., 72. — et LARCHER (A.). 
Liste de quelques plantes recueillies en 
janvier 1873 aux environs de Paris, 18. 

Phajus maculatus Lindl. , xxvii. : 

Photographies du Gonolobus Cundurango 
Triana, 34. 

Phragmidium incrassatum Link [86]. 

Phyllacantha Hook. nov. gen. [61]. 

Phyllactinia Benth. nov. gen. [61]. 

Physotricha Hiern nov. gen. [232]. — 
Welwitschii [232]. 

Phyteuma confusum Kern. nov. sp. [106]. 

Piercot (bourgmestre de Liége). Lettre 
d’excuse, LIX; 

Pilobolus [152]. 

Pilosella [116]. 

Pilularia [164]. 

Pinguicula (Sur un nouveau) du Mexique, 
LXVI. — Sodalium E. Fourn. nov. sp., 
LXVI. — variegata Arv.-Touv. nov, 
sp. [117]. 

Pinus uncinata, 47. 

Pipéracées nouvelles [195]. 

Pirus Tchonoskii Max. nov. sp. [186]. 

Pistorinia breviflora Coss. et Bal. nov. sp., 
247. 

Placocarpa Hook. nov. gen. [61]. 

PLANCHON (G.). Sur la structure des écorces 
qui portent dans le commerce le nom de 
Cannelles, xuv. — Discours, XLVI. — 
Rapport sur l'excursion à Anvers et au 
musée Van Heurck, Lxxxix, — Rapport 
sur le musée commercial-industriel de 


— (Allo- 


258 


Melledeg-Gand, xev, =- Obs., 37, 89, 
210, xrvui. 

PLANCHON (J.-E.). Sur les espèces de Fri- 
tillaires de France, à propos des Jcones 
et d'un manuscrit inédit de Pierre Richer 
de Belleval, 96, 

Plantes recueillies dans le mois de janvier 
1873, aux environs de Paris, 48.—- trou- 
n en fleur au mois de janvier 4873, 

2. 

Platyloma bellum Th. Moore nov. sp. 
[134]. 

Pleospora herbarum Tul, [222 ], 

Pleurocarpes (Nouveau genre de Mousses) 
propre à la Nouvelle-Calédonie, 430, 

Pleurogyne spathulata Kern. nov, sp. 

Pon (H. de). Lettre, 225. 

Polygala Balanse et Webbiana Goss, nav, 

- .8p., 240, 

Polypodiacées [207 ]. 

Polysolenia Hook, nov, gen. [64]. 

Polysphæria Hook, nov. gen, [61]. 

Pommaret (E. de), Sa mort, 9. 

Porana spectabilis, slenoloba et truncata 
Kurz nov, sp, [232]. ; 

Portulacées, 72, 

Potamogeton crispus et densus [77], 

Potentilla cryptotænia Max, nov, sp, [185]. 

PmitLEUX (Ed,). Sur des tubercules de 
Pommes-de-terre à germes filiformes,46, 
— Sur la coloration et le verdissement 
du Neottia Nidus-avis, 182, == Obs,, 
179, 480, 186, 

Primula Jaeschkeana Kern, nov, sp. [107]. 

Promenade de botanistes à la Chapelle- 
sur-Erdre, 62. ; 

Protéacées [448]. 

Protomyces violacgus Cesati [86]; 

Psilotum triquetrum [90]. 

Pterocephalus depressus Cosg, et Bal, nov, 
sp., 250. 

Puccinia Malvacearum Mont,, 460, 487, 
238, 284, 305. 

Pyrenula copromya Mass, nov. sp. [47], 


Q 


Quercus echinoides, Jacobi, . QErstediana, 
Sadleriana R, Br, nov. sp, [161], 

Quinquina-Colombie mou du commeree 
(Sur l'origine du), 291, 


R 
Ramalina [44], 


Rawoxp (A+). Rapport sur la situation 
iara de la Bociété à la fin de 4872, 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


Bapport sur la situation financière de la 
Société à la fin de 1872, 67. — de la 
Commission nommée pour étudier l’ou- 
vrage de M, Duvillers ; Créations de pares 
et jardins, 221, — sur le jardin bota- 
nique de l'Etat, à Bruxelles, LxIx, — sur 
l'exeursion à Anvers et au musée Van 
Heurck, Lxxxix, — sur la visite faite aux 
grands étublissements d'hortieulture et 
au jardin botanique de Gand, xci. — 
sur le musée commercial-industriel de 
Melle-lez-Gond, xcvi. — sur le musée 
royal d'histoire naturelle de Belgique, à 
Bruxelles, xcix. — sur les établisse- 
ments d'hortieulture de M, J. Linden, 
cH, — sur l'exposition horticole de la 
Société royale de Flore, à Bruxelles, 
cvi, == sur la visite au jardin botanique de 
Liége, aux serres d'Orchidées de M, Q, 
de Lamarehe-Rossius, à l'établissement 
horticole de MM. Jacob-Makoy et aux 
serres de M. A. Warocqué, cxn. -— sur 
les herborisations de la Société,voy. Her- 
borisations, 

Resoun (V.), Lettre à M. de Sehænefeld 
sur l'Algérie, 294, 

Règne végétal (La glycogenèse dans le), 
164, 195, 

Renonculacées [72] [404]. 

Renonculinées, 327. 

Reproduction (Singulière) d'une Myxogas- 
trée, 9. : 
Reseda Alphonsi Muell, Arg. (R. atriplici- 
folia J. Gay) (Lettresur le), 31.— glata 
Coss, et Bal, nov, SP., 242, — tricuspis 

Coss, et Bal, nov, Spa, 241, 

Revue et classification des Cyathéacées, xvr. 

hhahdostigma Hook, nov. gen; [61]. 

Rhaponticum caulescens Coss. et Bal, nov. 
sp., 254, 

Rhododendron ferrugineum, 90. Ô 

Rhynchospora auriculata ,erassipes, Lundit, 
testacea et Warmingii Beech, nov, SP. 
[128], 

Rochefort (Belgique) (Séance à), xxxi, — 
(Herborisation de la Société à), cvi, 
Rosa [158], — dichroa Lerch nov. sp, [209]. 
RovwEgUERE (C.). Singulière reproduction 
d'une Myxogastrée, 9, — Nouvelles 
observations sur le développement d'un 
semis de Sfemonitis oblonga, 32, 
Sur un nouvel habitat des Clathrus can- 
cellatus Mich., et hirudinosus Tul, et 
quelques mots relativement à la premiere 
espèce de ces Champignons, 131. — 

Obs., 281. 

Royer (Ch.). Application des organes sou- 
terrains à la détermination des plantes, 
XXXVI, 


— 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


Roze (E.). Des Myxomycètes et de leur 
place dans le système, 320. — Rap- 
port sur la visite faite aux grands éta- 
blissements d'horticulture et au jardin 
botanique de Gand, xcii, — Obs., 8, 15, 
17, 34, 90, 154, 180, 186, 187, 224, 

/— 938, 281, 319, 326, 334. 

‘Rubus [43] [100]. — Jansenii et macro- 

` thyrsus Lge nov. sp. [99]. 

Rumex obtusifolius [231]. — Papilio 
Coss. et Bal, nov, sp., 260. 


S 


.84Gor (P.). Notice sur le docteur Duchas- 
saing, 275. — Obs,, 61. 

Salmeopsis Benth, nov. gen, [61]. 

Salvia ochroleuca Coss. et Bal, nov, sp., 254. 
— pogonocalyx Hance nov, sp.[122], — 
tararatifolia Coss, et Bal, nov, sp,, 253. 

Saussurea ovata Benth, nov, sp, [232]. 

Sartfraga altissima Kern. nov. sp. te 

Schizobasis Bak. nov. gen. [165]. 

Schizotrichia Benth, noy. gen, [61]. 

SCHOEN£FELD (W. de). Allocution sur M, A. 
Passy, 228, — Lettre, 8. — Obs., 220, 
221, 236, 263, 281, 283, 298, 305, 

Scillées [ 148]. 

Scirpus Michelianus L. trouvé aux environs 
de Montpellier, 289.—- rufescens, sphæ- 
rocephalus , sphærolepis, subquadriftorus 
et Warmingii Bock. nov. sp, [129], 

Scleria acanthocarpa, lagoensis et. War- 
mingiana Beck. nov. sp. [129]. 

Serofularinées, 41. 

Sedum brevifolium DC. var, induratum 
Coss., 248, — dasyphyllum trouvé près 
de Vernon (Eure), 223,— rubens, xXXIv. 
— surculosum Coss, nov. sp., 248. 

Segmentation (Théorie de l'anaphytose ou 
de la) dans les végétaux, 210. 

Selaginella [94] [95]. 

Sempervivum angustifolium et rupicola 
Kern. nov. sp. [107]. — Funckii var. 
aqualiense (Sur la Joubarbe d'Aywaille), 
LXII. 

Serres (Rapport sur la visite faite aux) 
d'Orcbidées de M. O. de Lamarche- 
Rossius et à celles de M. A. Warocqué, 
CXII. 

Session extraordinaire en Belgique, I-CXXI. 
— (Appendice à la), cxxit. — (Fixation de 
la), 30, 90. — (Membres qui ont assisté 
à la), 1. — (Autres personnes qui ont 
pris part à la), 11. — (Bureau de la), 1v. 
— (Programme de la), v. — (Séances 
de la), v, xir, xxxii, L. 

Sevxes (J. de). Obs., 19, 29, 181, 224, 
225, 306. 


259 


Sideritis Balanse Coss, nov, sp,, 256, — 
villosa Coss. et Bal. nov. sp., 255. 

Skofítzia Hass, et Kan, nov, gen, [210], 

Sladonia Kurz nov. gen. [232], 

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, Composition 
du Bureau ef du Conseil pour 1873, 7, 
— Commissions pour 1873, voy, Com- 
TAM, — (Situation financière de la), 

Solanum tuberosum (Sur des. tubercules 
de Pommes-de-terre à germes filifor- 
mes), 46, 

Sordaría [157]. 

Spa (Course à), 1xyiir. — (Florule des en- 
virons de), cxxir, 

Species noue Maroccane, 239, 

Sphacelaria cirrhosa [460], 

Sphærobolus stellatus [166]. : 

Spheropus Beck. nov, gen, [128], — 
pygmeus [129], 

Stachys Durandiana Coss, nov, sp., 256. 
— saxicola Coss. et Bal. nov. sp., 
257. 

Stellaria vestita Kurz nov. sp. [232]. 

Stemonitis oblonga Fries, 10, 32 [ss 

Stenachænium Benth. nov. gen, [61]. 

Stratiotes aloides, 78. — (Lettre sur le), 
72. — (Présence du sexe femelle du) 
aux environs d'Anvers, 236, 

Structure (Sur la) des écorces qui. portent 
dans le commerce le nom de Gannelles, 
XLV. f 

Sullivant A ei Sa mort [47]. 

SURINGAR (le prof,). Lettre, xu. 

Swertia lahulensis Kern, nov, sp, [107], 

Syringa correlata A, Br, nov, sp., 236. 
— rotomagensis (Sur l'origine du Lilas 
Yarin), 299, 


T 


Tamatavia Hook. nov. gen. [61]. 

TanprEU (M.). Obs., 223. 

Taxonomie (Sur la) des Fougères, 135. 

Teinosolen Hook. nov. gen. [61]. 

Temnopteryz Hook. nov. gen. [61]. 

Térébinthinées, 327. 

Teucrium bullatum Coss. et Bal. nov. sp., 
260. — collinum et decipiens Coss. et 
Bal. nov. sp., 258. — rupestre Coss. et 
Bal. nov. sp., 259. 

Thacombauia Seem. nov. gen. [23]. 

Thelysia Salisb., 303. — alata, Caucasicn, 
fumosa et Persica Parl., 304. 

TniELENS (A.). Obs., Lx. 

TnuvnkT (G.) fait hommage à la Société de 
son ouvrage: Sur la conservation des 
graines dans l'eau de mer, 225. 

Thymopsis Benth. nov. gen. [61]. 


200 


Thymus satureioides Coss. et Bal. nov. sp., 
Zr 

Thysselinum Crouanorum Bor.nov. sp., 30. 

Todeu [202]. 

Tolypellu (Nitella) intricata, 71. 

Torrey (le D"). Sa mort [47]. 

Trappes (S.-et-0.) (Le Chara connivens 
trouvé à l'étang de), 71. 

TReiLLe (V.). Lettre, 225. 

Triainolepis Hook. nov. gen. [61]. 

TRIANA (J.). Les Condurangos, 34. 

Trianon (S.-et-O.) (Introduction à l'inven- 
taire de), 184 [49]. 

Trichostachys Hook. nov. gen. [61]. 

Trimenia Seem. nov. gen. [23]. 

Trisciadia Hook. nov. gen. [64]. 

Tuber (Observations pour servir à l'his- 
toire de la Truffe), 28. — cibarium et 
melanosporum, 28. 

Tubercules (Sur des) de Pommes-de-terre 
à germes filiformes, 46. 


U 
Uredo Ruborum DC. [86]. 
y 


VAN DER SANDE-LACOSTE, Lettre, xit. 

Van Heurck (Visite faite au musée), Lxxxtix, 

Végétaux (Théorie de l'anaphytose ou de la 
segmentation dans les), 210. 

Verdissement (Sur la coloration et le) du 
Neottia Nidus-avis, 182. 

Vernon (Eure) (Le Sedum dasyphyllum 
trouvé aux environs de), 223. 

VesQue (J.). Sur les appareils laticifères de 
l'Hartighsea spectabilis A. Juss., 232. 
— Obs., 235. 

Vinwoni (H.). Rapport sur l'ouvrage de 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Duvillers: Créations de parcs et de 
jardins, 224. — Sur l'origine du Lilas 
Varin, 299. — Obs., 19, 29, 45, 47, 
194, 210. 

Viscaria Lagrangei Coss. nov. sp., 243. 

Vitis [202]. — (Altération des Vignes atta- 
quées par le Phylloxera), 37. — leeoides 
Max. nov, sp. [185]. — vinifera, 237 
[220]. 


W 


Warocqué (Note sur les serres de M. A.) 
au cháteau de Mariemont (Belgique), 
cxi. : 

Webera Mexicana Besch. nov. sp., LXI. 

WeppeLL (A.). Les Lichens du massif gra- 
nitique de Ligugé, au point de vue de la 
théorie minéralogique, 142. — fait 
hommage à la Société de son ouvrage : 
Sur les Lichens observés au jardin de 
Blossac, à Poitiers, 225. — Obs., 153, 
154. 

Welwitsch (le D" F.). Notice nécrologique, 
78 


Wistaria Chinensis DC. [86]. 
Woodsia ilvensis R. Brown (Sur l'origine 
du nom du), 70. 


A d 
Yucca [208]. 
Z 
Zantedeschi (l'abbé F.). Sa mort [102]. 
Zoopsis Hook. f. et Tayl. [235]. 
Zostera angustifolia, 89. — marina L., 


81, 89, 161, 164, — nana Roth, 48, 
81, 89, 164. 


TABLE 


PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS 
DES PUBLICATIONS 


ANALYSÉES DANS LÀ REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 


(TOME VINGTIÈME. ) 


N. B. — Cette table ne contient que les titres des ouvrages analysés et les noms de leurs auteurs. 
Tous les noms de plantes, dont les descriptions ou les diagnoses se trouvent reproduites dans la Revue 
bibliographique, aiusi que les articles nécrologiques, etc., doivent étre cherchés dans la table générale 


qui précède celle-ci. 


AuRuxG (E.). Caroli Linnæi opera hac- 
tenus inedita, Flora dalekarlica [200]. 

Augerr (Aristide). Dominique Villar, étude 
biographique [36]. 

AiwEmA Pinto (J. de). Dictionnaire de 
botanique brésilienne [1447]. 
Arcaer (W.). Sur un petit Nostoc muni 

de spores [4]. 

Anwotp (F.). Fragments lichénologiques 
[14]. — Lichens de la Croatie et de 
l'Istrie [15]. — Excursions lichénologi- 
ques dans le Tyrol [15]. 

Arver-Touver (C.) Monographie des Pilo- 
sella et des Hieracium du Dauphiné 
[116]. 

AscuEnsoN (P.). Remarques sur deux espè- 
ces de Medicago de Dalmatie [209]. — 
et MacNus (P.). Recherches sur les espè- 
ces du genre Circæa Tourn. [167]. 

Askexay (E.). De l'influence du milieu sur 
la conformation des plantes [76]. . 

AzrvEDO-MowrEmo (J. de). Diagnose et 
traitement des fièvres de marécages 
[197]. 

BaBixGrox (Ch.-Cardale). Révision de la 
Flore d'Islande |148]. 

BaitLow (H.). Histoire des plantes [140]. 

Baker (J.-G.) Sur le Cyathea insignis [75]. 
— Sur les genres Dasylirion et Beau- 
carnea [130]. — Revue de nouvelles 
espèces de Crocus [131]. — Révision 
des genres et espèces des Scillées et des 
Chlorogalées [148]. — Sur le Schizo- 
basis, un nouveau genre de Liliacées de 
la colonie du Cap [165]. — Un nouveau 
genre de Fougère de la tribu des Asplé- 
niacées [165]. 


Barr (J.). Descriptions de nouvelles espé- 
ces, subespèces et variétés de plantes 
récoltées dans le Maroc par MM. Hooker, 
Maw et Ball [222]. 

Baranerzky (J.). Recherches sur la pério- 
dicité de l'écoulement de sève chez les 
plantes herbacées et sur ses causes [132]. 

Banru£s (M.). Glossaire botanique langue- 
docien, francais, latín, de l'arrondisse- 
ment de Saint-Pons (Hérault) [62]. 

Bartalis. De l'action d'une lumière intense 
sur la substance colorante des grains de 
chlorophylle des Conifères [82 ]. 

BrLLYNcK (l'abbé A.). Cours élémentaire 
de botanique [147]. 

Bexxerr (A.-W.). Revue du genre Hydro- 
lea [117]. ; 

Bentham (G.). Sur les styles des Protéacées 
de l'Australie [118]. —et Hooker (J.-D.). 
Genera plantarum [60]. à 

BERKELEY (le Rév. M.-J.). Champignons 
d'Australie [234]. 

Bervard (A.). Revue alphabétique de la 
bibliographie spéciale au genre Hiera- 
cium [117]. i 

Bernarnix. Classification de 400 Caout- 
choucs et Gutta-perchas [31]. 

BescHERELLE (E.). Florule bryologique de 
la Nouvelle-Calédonie [201]. > 

BiaNcA (J.). Manuel de la culture de l'A- 
mandier en Sicile [145]. 

Bibliographie [178] [241]. 

BoEckELER (O.). Les Cypéracées de l'her- 
bier royal de Berlin [128]. 

Boranper (H.-N.). Catalogue de plantes 
cultivées dans les environs de San- 
Francisco [168]. 


262 


Borner (Ed.). Recherches sur les gonidies 
des Lichens [9]. 

Braun (A.). Recherches additionnelles sur 
les genres Marsilia et Pilularia [164]. 

BnoNGNIART (Ad.). Sur les Palmiers de la 
Nouvelle-Calédonie [135]. 

Brown DE Camwpster (R.). Descriptions de 
quelquesespéces nouvelles ou peu conn ues 
de Chénes du nord-ouest de l'Amérique 
[161]. 

Bucuexau (F.). Sur le développement de 
la fleur chez les: Composées [32]. 

Bunce (Al. de). Nouveau genre de Labiées 
de Taschkend [79]. . . : 
Caspany (R.) Sur les nouvelles opinions 
concernant les Lichens, d’après lesquelles 
ceux-ci seraient des parasites [226]. — 
Sur mes recherches poursuivies pendant 
trois années relativement au mode de 
fécondation des espéces indigenes de 
Corydallis [228]. — Les Algues marines 

de Neukuhren [230]. 

CgrakovskY (L.). Recherches phiytographi- 
ques [100]. 

Cesati (le baron V.), Notes botaniques sur 
divers arguments [149]. — Sur la dé- 
couverte du Battarea. phalloides Vers. 
pour la Flore napolitaine [150]. — Pas- 
stmNt ét GiBELLL, Complément à la Flore 
italienne [164 ]. 

CHARESCEY (H. de); Recherches sur la Flore 
Aino [58], 

CuavTAnp (J.). Recherches sur les raies de 
la ehlorophylle [80]. — Examen spec- 
troscopique de la chlorophylle dans les 
résidus de la digestion [81]. — Classifi- 
cation des bandes d'absorption de : la 
chlorophylle [82]. 

Cunisr (H.). Les Roses de la Suisse [158]. 

Ciexkowski (L.). Les Champignons de la 
fleur de vin [79]. 

CLos (D.). De quelques principes d'orga- 
nographie végétale [123]. 

Coun (F.). Sur les Algues parasites [5]. 

Corus (J.). Rapport sur le Caoutchouc du 
commerce [233]. 

CoLmeiro (M.). Fumariacées de l'Espagne 
et du Portugal [59]. 

CovrANCE (A.). Voy. Husnot, 

Cunriss (A.-H.). Catalogue des Phatiéroga- 
mes et des Cryptogames vasculaires du 
Canada et du nord des Etats-Unis [208]. 

Deseaux (O.). Sur une nouvelle espèce de 
Cyperus [62]. — Algues marines des 
environs de Bastia [189]. 

De CaxpoLLE (Cas.). Piperaceæ nove [495]. 


DEHÉRAIN (P.-P.). Sur l'intervention de |. 


l'azoté atmosphérique dans la végétation 


[74]. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


DELBROUCK (C.). Sur les aiguillons et les 
épines [238]. 

DE Vos (A.). Voy. Morren. 

Dt Breuiz. Effet d'une décortication 
partielle sur des Marronniers d'Inde 
[73]. 

“TE Mortier (B.j. Opuscules de botanique 
71]. 

Niue DE Maisonneuve. Catalogue des 
graines du jardin des plantes de Bor- 
deaux [88]. 

EicuLer (A.-W .). Sur la position des feuilles 
de quelques A/sodeia [102]. — Sur la 
structure florale des Canna [238]. 

Eror pk Vico (L.). Etude sur les Cuscutes 
observées dans les environs d'Abbeville 
[126]. 

ENGELMANN. 
[208]. 

FAMINTZIN (A.). Recherches sur la germina- 
tion du Cresson [98]. 

FANKHAUSER (J.). Sur le proembryon des 
Lycopodium |96]. i 

Fée (A.) et Geaziou (F.-M.). Cryptogames 
vasculaires du Brésil; 29 partie [145]. 

Flora Vitiensis ; part. x [24]. 

Focx£ (W.-O.). Du lithium dans le règne 
végétal [85]. 

FnANCHET (A.) et SAVATIER (L.). Enume- 
ratio plantarum in Japonia [187]. 

FRANCHIMONT (A.-P.-N.). Recherches sur 
l'origine de la térébenthine dans les 
plantes [83]. i 

Fries (E.). Deux nouveaux Agaries d'An- 
gleterre [165]. : 

Faies ('Th.-M.). Lichenographia scandi- 
navica [7]. i 

G. W. Catalogue des Fougères indigènes 
de Ceylan [146]. 

GENEVIER (G.). Premier supplément à l' Essai 
monographique stir les Rubus du bassin 
de la Loire [43]. 

GiseLLI (G.). Sur le Prolomyces violaceus 
Cesati [86]. — et Gnirrini (L.). Sur le 
polymorphisme du P/eospora herbarum 
Tul. [222]. — Voy. Cesati. 

GrazioU (F.-M.). Voy. Fée. 

Gopnox (A.). Mélanges de tératologie végé- 
tale| 70]. — Del'origine probable des Poi- 
riers cultivés [190]. — Des races végétales 
qui doivent leur origine à une monstruo- 
sité [199]. — De la floraison des Grami- 
nées [204]. — Des hybrides et des métis 
de Datura étudiés spécialement dans 
leur descendance [206], 

GRANDEAU (L.). Recherches sur le rôle des 

matières organiques du sol [73]. à; 

Grant (le colonel). Voy. la Botanique de 
l'expédition Speke et Grant. 


Notes sur le genre Yucca 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS. 


Gremi (A.). Recherches sur les Rubus de 
la Suisse [100]. 

GiirriINI (L.). Voy. Gibelli, 

HACQUART (P.) Traité pratique et ration- 
nel de botanique médicale, avec une pré- 
face de M. L. Jourdan [30]. 

HarrieR (E.). Flore d'Allemagne ou icono- 
graphie des plantes croissant spontané 
ment dans lu Flore de l'Europe moyenne 
[85]. 

Hamre (E.). Species Muscorum novas ex 
herbario Melbourneano Australie [130]. 

Haxpuny (D.). Sur une espèce d’Ipomæa 
qui produit le Jalap de Tampico [147]. 

Hance (H.-F.). Notes sur quelques plantes 
dela Chine septentrionale [122]. — Ery- 
throstaphyle, genus novum Verbenaceis 
affine |233]. — Flore Hongkongensis 
Supplementum [234]. 

HassTEiN (J.) et Reinke (J.). Sur la crois- 
sance de la racine des Phianérogames 
[169]. 

HasskanL (C.), De Commelynaceis quibus- 
dam novis [157]. — et Kanitz (A.). Sko- 
fitzia, Commelynacearum genus 1210]. 

HecGgcmaer (K.). Sur le développement 
des parties florales des Potamogeton [77]. 
— Sur les canaux muqueux de quel- 
ques Lycopodium [94]. — Morphologie 
du genre Lycopodium [95]. — Sur les 
propagules chez le Lycopodium Selago 

95]. 

PA uL (G.)et Hume (A.-O.). De Lahore 
à Yarkand ; incidents du voyage et his- 
toire naturelle des contrées traversées 
par. l'expédition commandée en 4870, 
par M. Forsyth [232]. 

Henker (J.-B.). Atlas de botanique médi- 
cale et pharmaceutique, renfermant 
l'analyse des familles de plantes les plus 
importantes [188]. 

Hiern (W.-P.). Monographie des Ebéna- 
cées [A4]. —  Physotrichia, nouveau 
genre d'Ombellifères d'Angola [232]. 

HILDEBRAND. Des phénomènes de la fécon- 
dation chez les Graminées [84]. 

HonkxsUESEL-HEUFLER (le baron L. de). 
Enumeratio Cryptogamarum Italie Ve- 
nete [17]. — Franz de Mygind, l'ami 
de Jacquin; addition à l'Histoire de la 
botaniqne [120]. 

Horusv (J.-L.). Un nouveaa Filago [99]. 

Hooker (J.-D.). Voy. Bentham. 

Hou (A.-0.), Voy. Henderson. ; 

Husxor (T.) Flore analytique et deserip- 
tive des Mousses du nord-ouest de la 
France [62]. — et Courance (A.). Enu- 
mération des Glumactes récoltées aux 
Antilles françaises [28]. 


263 


Index seminum in horto botanico Berolinensi 
anno 1872 collectorum [126]. i 
Janczewski (Ed, de Glinka). Sur le mode 
de végétation parasite du Nostoc liche- 
noides [4]. — Recherches morphologi- 
ques sur l'Ascobolus furfuraceus Pers. 
[41]. — Les propagules du Sphacelaría 

cirrosa [160]. 

Jounpax (L.). Voy. Hacquart. 

Jounpa* (P.) Flore murale de la ville 
d'Alger [168]. 

JunaTzkA (J.), Muscorum species nova 
[155]. — et MıLDE (J.). Recherches sur 
les Mousses de l'Orient, de l'Asie Mi- 
neure, de la Perse occidentale et du 
Caucase [155]. 

Kanitz (A.). Voy. Hasskarl. ] 

KnNEn. (A.). Est-il. possible que des espè- 
ces $e forment par hybridation? [65] 
--. Les hybrides alpins d’Achéllea [65]. 
— Sur l'iris Cengialli Ambrosi [66]. 
«+ Comment le pollen est protégé con- 
tre les inconvénients d'un déplacement 
ou d'une humectation prématurés [76]. 
— Nove plantarum species [1406]. — 
L'influence du vent sur la diffusion des 
graines en pays montagueux [119], 

KEYSERLING (A.). Polypodiacea et Cyathea- 
cea herbarii Bungeani [207]. 

Kickx (J.-J.). Note sur l'organe réproduc- 
teur du Psilotum triquetrum [99]. 

Kirin (J.). Communications de mycologie 
[151]. — Recherches sur les Pilobolus 
[152]. — Sur les cristalloides de quel- 
ques Floridées [153]. 

Kxar (J.). Hieracium pallidifolium n, sp. 
[110]. 

Kovrz (J.-P.-J.) Prodrome de la Flore du 
grand-duché de Luxembourg ; 4'° par- 
tie [237]. 

KoxnAp (M.). Notice préalable sur la sépa- 
ration des substances colorantes de la 
chlorophylle [89]. — 

Kraus (G.). Recherches sur les substances 
colorantes de la chlorophylle et les ma- 
tières analogues [79]. -— Sur des cris- 
taux sphériques particuliers qui se pré- 
sentent dans l'épiderme du Cocculus 
laurifolus [154]. 

KnEMPELHUBER (Å, de). Les Lichens sont- 
ils parasites des Algues? [6] — Lichens 
d'Amboine [17]. 

Kunz (S.). Sur quelques plantes nouvelles 
ou incomplétement connues de l'Inde 
[122] [158]. — Descriptions de trois 
nouvelles espèces de Porana [231]. — 
Sur quelques plantes nouvelle; d» Yu- 
uin [232]. : 

La Botanique ds Fooliü»a S» et 


261 


Grant; énumération des plantes récol- 
“tées pendant le voyage de feu le capi- 
taine Speke et le capitaine Grant du 
Zanzibar à l'Egypte. Déterminations et 
descriptions par le prof. Oliver et autres 
collaborateurs, avec une préface du 
colonel Grant [35]. 

Lanm. Lecidea Hellbomii n. sp. [15]. 

Laroy (feu D.). Voy. Renauld. 

Lanessan (J.-L. de). Mémoire sur le genre 
Garcinia [29]. 

LANGE (J.). Observations sur les espèces 
les plus remarquables contenues dans la 
48° livraison du Flora danica (98]. — 
Recherches de synonymie pour quelques 
espéces du Danemark et des Flores voisi- 
nes [191]. 

LauDer-Linpsay (W.). Mémoire sur les 
spermogonies et les pycnides des Lichens 
erustacés [41]. 

LEcLERC (F.). Théorie de l'anaphytose : le 

- rhizome et la souche [124]. — Gœthe 
et le livre de la métamorphose des plan- 
tes [125]. 

LécEn. Note sur l'eau distillée de Laurier- 
cerise [136]. 

Lr Grax (A.). Statistique botanique du 
Forez [193]. 

Lerrces. Sur la germination des Lycopo- 
dium [96]. 

LEMONNIER (G.) Recherches sur la nerva- 

© tion de la graine [162]. 

LrncH (J.). Rosa dichroa, une nouvelle 
Rose du Jura [209]. 

LzsriBovpois (Th.). Structure des végétaux 
hétérogènes [68]. — Sur quelques lianes 
anomales [70]. 

Lerourntux (A.). Etude botanique sur la 
Kabylie du Jurjura [136]. 

LicoroLr (G.). Observations sur la végéta- 

- tion de l'Uredo Ruborum DC. ct du 
Phragmidium incrassatum Link [86]. 
— Sur la structure de la tige du Wis- 
taria Chinensis DC. [86]. 

LiwpsERG (S.-0.). Sur le genre Zoopsis 
Hook, f. et Tayl. [235]. 

Lorer (H.). Des régions botaniques de 
l'Hérault [134]. 

Loninser (F.-W.). Noms mythiques donnés 

- aux plantes en vieux allemand [120]. 

LurmsseN (Chr.). Filices Græffeunæ [20]. 
— Recherches sur les Fougères des iles 
Palnos ou Pelew [21]. — Sur les Fou- 
gères des iles Cook ou Hervey [21]. — 
Recherches sur le développement du 
sporange des Fougères [24]. — Les 
Fougères des iles Samoa |134]. — Sur 
la germination des Osmondacées et par- 
ticulièrement du genre Todea [202]. — 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Petites communications sur la structure 
et le développement des Cryptogames 
vasculaires [203]. 

Lun (S.). Le calice des Composées [33]. 

Mac Nas (W.-R.). Sur l'organisation des 
Equisetum et des Calamites [231]. 

Macis (P.). Voy. Ascherson. 

MancmaL (E.). Reliquiæ Libertianæ [28]. 

Marion (A.-F.). Description des plantes 
fossiles des calcaires marneux de Ronzon 
(Haute-Loire) [39]. —- Voy. Saporta. 

Mantes (de). Kurzia crenacanthoidea, 
une nouvelle Algue [102]. 

Masters (Maxwell T.). Notes sur le genre 
Byrsanthus [123]. 

Maximowicz (C.-J.). Diagnoses plantarum 
novarum Japoniæ et Mandshuriæ. Decas 
xiv [57]. — Decas xv;[485]. — Synopsis 
generis Lespedezæ Michx [105]. 

Mizns (J.). Sur les Hippocratéacées de l'A- 
mérique du Sud [36]. 

Mior (J.). Voy. Juratzka. 

MoGGRIDGE (J.-T.). Contributions à la Flore 
de Menton [32]. 

Monu (H. de). Une particularité biologique 
de quelques espèces de Cuscuta [79]. 
Moore (Th.). P/atyloma bellum n. sp. 

[134]. 

Morren (Ed.). Notice sur le genre Masde- 
vallia [201]. — L'énergie de la végé- 
tation [236]. — et De Vos (A.). Mémo- 
rial du naturaliste etdu cultivateur [30]. 

MvuxLLER (Ch. ). De Muscorum Ceylanensium 
collectione [129]. —- Recherches sur 
quelques phénomènes de développement 
[169]. — Les phénomènes du dévelop- 
pement de la racine [171]. 

MUELLER ARGOVIENSIS (J.). Lichens nouveaux 
[15]. — Lichens de la Tournette et du 
pic Romand (Suisse) [15]. — Surle Du- 
fourea ! madreporiformis Ach. [16]. — 
Lichenum species et varietates novæ 
[16]. - 

NapEAUD (J.) Euumération des plantes 
indigénes de l'ile de Tahiti [26]. 

NeiLrEiCH (Aug.) Comparaison critique 
des espèces, formes et hybrides du genre 
Hieracium observés jusqu'ici dans l'Au- 
triche-Hongrie [109]. 

Niessu (G. de). Descriptions de Champi- 
gnons nouveaux ou peu connus [156]. 

Norman (J.-M.). Novitiæ Lichenæ arcticæ 
[12]. 

Nouer. Deuxième note sur les plantes ad- 
ventices [151]. 

NYLANDER (W.). Animadversio de theoria 
gonidiorum algologica [5]. — Addenda 
nova ad Lichenographiam europæam ; 
tercia decima [12]. — Quarta et quinta- 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS. 


decima [13]. — Recognitio monogra- 


phica Ramalinarum |14]. — Observata 
dichenologica ia Pyrenæis orientalibus 
[225]. 


Ouver (le prof.). Voy. la Botanique de 
l'expédition Speke et Grant. 

OupEMANs (C.-A.-J.-A.). Sur une espèce 
spéciale de tubes existant daus le tronc 
du Sureau et pris jusqu'ici pour uu 
Champignon [159]. 

PawrOCSEK (J.). Plante move quas estate 
&nni 1872 per Hercegovinam et Monte- 
negro [138]. 

PanLATORE (Ph.). Flora italiana [147]. 

PASQUALE (G.-A). Quelques effets dé la chute 
des cendres sur les plantes, observés à 
Naples dans la dernière éruption du 
Vésuve [151]. 

PassERINI. Voy. Cesati. 

Peperson (R.). Quel rôle joue la partition 
du sommet végétant dans la ramification 
des Phanérogames [218]. 

PÉLiGoT (E.) Sur la répartition de la 
TW et de la soude daus les végétaux 

75]. 

rii, Sur les végétations cryptogamiques 
des préparations pharmaccutiques [18]. 

PrEFFER (W.). Développement de l'em- 
bryon des Selaginella [94]. — Etude 
sur la symétrie ct sur les causes Spé- 
ciales de la croissance des plantes 
[178]. 

PurniPPr (R.-A.) Végétation des iles Saint- 
Ambroise et Saint-Félix [166]. 

Pirna (A.). Recherches sur le Sphærobolus 
stellatus [166]. 

PrANCHON (J.-E.). Voy. Triana. 

PotLock (A.). Index botanique de toutes 
les plantes médicinales, ete. (209]. 

Prentice (Ch.). Sur le Lindsæa linearis Sw. 
avec la description de deux nouvelles 
espèces [210]. 

Pritieux (Ed.). Sur la coloration et le 
verdissement du Neottia Nidus-avis[89]. 

RAUTER /J.). Organogénie de quelques for- 
mations pileuses [210]. 

REES (M.). Naissance d'un Lichen, le Co/- 
lema glaucescens Hoffm., par le semis 
de ses spores sur le Nostoc lichenoides 
[1]. 

ni (A.). Animadversiones de plantis 
vivis nonnullis horti botanici imperialis 
Petropolitani [146]. — Conspectus spe- 
Cuerum generis Vitis, regiones Americæ 
borealis, Chine borealis et Japoniæ hahi- 
tantium [202]. — Descriptiones planta- 
rum novarum in regionibus turkestanicis 
a cl. viris Fedjenko, Korolkow, Kuscha- 
kewicz et Krause collectis [230]. 


T. XX. 


205 


RguwANN (A.). Diagnoses des Hieractum 
connus jusqu'aujourd'hui en Gallicie el 
en Bukovine [112]. 

REINKE (J.). Formations gonidiales chez 
une plante dicotylédone [4]. — Voy. 
Hanstein. 

RENAULD (F.). Aperçu phytostatique sur le 
département de la Haute-Saóne, avec la 
collaboration de feu D. Laloy [138]. 

Rosixson (J.). Liste des Fougères de l'Amé- 
rique du Nord et de Mexico [139]. 

RounspAcu (P.). Synopsis des Lichens [127]. 
— Recherches sur la classification des 
Caryophyllées [127]. — Recherches 
nouvelles sur quelques Hydrocharidées 
IET 

RouwEGUERE (C.). Observations sur lappa- 
rilion spontanée et le semis répété du 
Stemonitis oblonga Fries [68]. — Cor- 
respondances autographes inédites des 
anciens botanistes méridionaux [194]. 
— Index synonymique de la famille des 
Champignons [194]. — Une visite au 
jardin d’acclimatation et d'expériences 
botaniques de Collioure [224]. 

Russow (Ed.). Sur le développement des 
spores chez les végétaux cryptogames 
[91]. — Recherches comparées concer- 
nant l'histologie des organes végétatifs 
et reproducteurs et le développement 
des spores des Cryptogames vasculaires 
[91]. 

Sacus (J.). Traité de botanique conforme 
à l'état présent de la science, traduit ét 
annoté par M. Van Tieghem [139]. — 
Racines détournées de leur direction 
normale par les corps humides[176]. — 
Croissance en longueur des côtés supé- 
rieur et inférieur de rejets horizontaux 
qui se recourbent en haat [177]. 

SaprBECK (R.). Sur l'Asplenium | àdulteri- 
num Milde [25]. 

SauDANHA DA Gama (J. de). Biographie et 
appréciation des travaux de botanique 
brésilienne de Frère Leandro do Sacra- 
mento [64]. — Tableaux de bolamique 
[64]. — Configuration et étude botani- 
que des végétaux séculaires de la pró- 
vince de Rio-de-Janeiro et de quelques 
autres points du Brésil [64]. 

SarorTa (le comte G. de). Etude sur la 
végétation de la France à l'époque ter- 
tiaire [39]. — et Marion (A.-F.). Essai 
sur la végétation à l'époque des marnes 
heersiennes de Gelinden [228]. 

Savarier (L.). Voy. Franchet, 

Scukrren (R.). Observationes phytogra- 


phicæ [121]. 
18 


266 


Scuksk. Sur le développement des spo- 
ranges des Selaginella [95]. 

ScauiTz (F.-W.). Hieracium Porphyritæ 

m. sp. [111]. 

SCHULZER DE MUEGGENGURG (S.). Observa- 
tions mycologiques faites dans le nord 
de la Hongrie pendant l'automne de 
1869 [155]. — Recherches mycologi- 
ques [155]. ui 

Scaur. Fragments phytographiques [100]. 

SCHWENDENER (P.). Eclaircissements sur la 
question des gonidies [8]. 

Sinopor (S.). Etude anatomique, organo- 
géuique et physiologique sur les Algues 
d'eau douce de la famille des Lémanéa- 
cées [37]. — Nouvelle classification des 
Algues d'eau douce du genre Batracho- 
spermum [108]. 

Smitu (Worth.-G.). Nouveaux Champi- 
gnons hyménomycètes de Stoves [165]. 
— Lactarius minionus n. sp. [165]. 

SonavEn (P.). Observations sur la forma- 
tion de la gomme dans les arbres à 
noyaux [66]. 

SPESCHNEFF (N.). Sur la courbure en bas 
des racines [173]. 

STRASBURGER (Ed.). Quelques remarques sur 
les Lycopodiacées [97 ]. 

Suckow (S.). Sur les aiguillons des plantes 
et leur relation avec les poils ct les épi- 
nes [219]. 

TnuiELENS (A.). Les Orchidées de la Belgi- 
que et du grand-duché de Luxembourg 
[159]. 

Tuozer (A.). Notice sur quelques racines, 
tubercules et fruits employés comme 
aliments par les indigènes du nord de 
Queensland (Australie) [87]. 

TimBaL-LAGRAVE (Ed.). Etude sur quelques 
Campanules des Pyrénées [199]. 

Towascuek. Développement spécial du pol- 
len [1]. 

TRÉCUL (A.). De la théorie carpellaire d'a- 
prés des Papavéracées [71]. — De la 
théorie carpellaire d’après des Renoncu- 
lacées [72]. 

Triana (J.) et PLANCHON (J.-E.). Prodro- 
mus Flore Novo-Granatensis [59]. 

TRIMEN (H.). Surle Rumex obtusifolius 
[231]. 

Treus. Notice sur l’aigrette des Composées 
[218]. — Culture de Lichens [227]. 

TutaswE (MM.). Nouvelles notes sur les 
Fungi tremellini et leurs alliés [42]. 

Urcurmrz (R. d'. Un nouvel Hieracium 
des monts Sudètes [110]. — Hieracium 
Aschersonianum n. sp. [111]. — Hiera- 
cium Wimmeri n. sp. [111]. — Un 
nouvel Hieracium des hauts plateaux de 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Silésie [112].— Hieracium Janke n. sp. 
[116]. 

Unurwonw (O.). Recherches sur l'organo- 
génie des trichomes, avec considération 
spéciale des aiguillons [220]. 

Urorm. De la germination dans la glace 
[157]. 

Urgan (1.). De la germination, du dévelop- 
pement des fleurs et des fruits dans le 
genre Medicago [44]. 

VaL DE Lievre. Recherches sur les Renon- 
culacées de la Flore de Treute [101]. 
VAN BEMMELEN (J.-A.). Repertorium an- 
nuum Literaturæ botanicæ  periodicæ 
[205]. 

Van TieGueu (Ph.). Observations anatomi- 
ques sur le cotylédon des Graminées 
[42]. — Voy. Sachs. . 

Varke (W.). Labiatæ abyssinice [195]. 

Verten (W.). Vitis vinifera et Ampelopsis 
hederacea Mich. [220]. 

ViaUD-GnAND-Manars (A.). Quelques plantes 
américaines employées contre les mor- 
sures des serpents venimeux [240]. 

VocrL. De l'influence de la germination 
sur le contenu graisseux des graines 
[97]. 

Voyage autour du monde de la frégate 
autrichienne Novara dans les années 
1857, 1858, 1859. Partie botanique 1. 
Cryptogames [18]. 

Vries (H. de). Sur quelques causes de 
la direction prise par les parties végé- 
tales soumises à la symétrie bilatérale 
[174]. 

Wacxrr (H.). Flore allemande illustrée 
[119]. 

Wanwisc (Eug.). Symbole ad floram Bra- 
siliæ centralis cognoscendam [129] 
[198] [237]. — Recherches sur la rami- 
fication des Phanérogames [212]. — 
Recherches sur les phyllomes et sur les 
‘caulomes produisant du pollen [215]. 
— Sur la différence entre les trichomes 
et les épiblastémes d'un ordre plus élevé 
[217]. 

Wartke. Erigeron Huelsenii n. sp. [100]. 

WEDDELL (H.-A.). Nouvelle revue des Li- 
chens du jardin public de Blossac, à. 
Poitiers [191]. : 

Weuwirscu (F.). Sur une espèce non dé- 
crite de Mesembrianthemum du sud du 
Portugal [234]. 

Wiesxer (J.). Communication préalable 
sur l'apparition de la chlorophylle chez 
quelques plantes qui passent pour en 
manquer [89]. 

Winter (G.). Quelques observations sur les 
recherches de M. de Niessl [156]. — 


TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS. 267 


Quelques remarques préliminaires sur le d'eau douce de l'Amérique du Nord 
genre Sordaria [157]. — Les Sordaria [99]. 
d'Allemagne [157]. 


ZANARDINI (G.). Phycearum indicarum pu- 
Woop (H.-C.). Recherches sur les Algues |  gillus [87]. 


FIN DU TOME VINGTIÈME. 


AVIS AU RELIEUR. 


Planches : La planche I de ce volume doit prendre place en regard de la page 131 des 


séances; la planche II, en regard de la page 294 ; la planche III (carte géographique), 
entre les pages cxLvI et cxLvir de la session extraordinaire. 


Classement du texte : Comptes rendus des séances, 335 pages. — Session extraor- 
dinaire en Belgique, 148 pages. — Revue bibliographique et tables, 267 pages. 


PARIS. — IMPRIMERIE DE E. MARTINET, RUE MIGNON, 2. 


SOCIÉTÉ BOTANIOUE 
DE FRANCE 


SESSION EXTRAORDINAIRE TENUE EN BELGIQUE 


EN JUILLET 1873. 


La Société, conformément à la décision prise par elle dans sa 
séance du 18 avril dernier, s'est réunie en session extraordinaire 
à Bruxelles, le 15 juillet 1873. 

Les autres séances ont eu lieu le 20 à Bruxelles, le 22 au 
matin à Rochefort, et le 22 au soir à Liége. 

Des excursions ont eu lieu dans la campine limbourgeoise, 
à Anvers, à Gand, à la grotte de Han et à Spa, oü s'est terminée 
la session. 

Les membres de la Société qui ont pris part aux diverses réunions 


et excursions sont : 


MM. André (Éd.). MM. Duvillers, MM. Michel (Aug.). 
Bellynck (le R. P.). Fouruier (E.). Morren (Éd.). 
Bescherelle (Ém.). Germain de St-Pierre (E.) Mougeot (A.). 
Bourgault-Ducoudray. Gontier. Pellier (A.). 
Bureau (Éd.). Guilloteaux-Vatel. Piré. 

Cannart d'Hamale (de). Hecking. Planchon (G.). 

Contes (le baron G. de).  Hullé. Royer (Ch.). 

Cosson (E.). Lombard, Roze (E.). 

Crépin (Fr.). Marchal. Senot de la Londe (Ch.). 
Des Étangs (S.). Martin (Bernardin). Thielens (A.). 
Doûmet-Adanson. Méhu, 


Un grand nombre de personnes étrangėres à la Société, et sur- 
tout de botanistes belges, ont pris part aux divers travaux de la 


Session ; nous sommes heureux de pouvoir citer parmi eux : 


T. XX. A 


Hu SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


MM. B.-C, DU MORTIER, ministre d'État, membre de la Chambre des représentants, 
président de la Société royale de botanique de Belgique. 


F. MULLER, président de la Société Linnéenne de Bruxelles. 


MM, AscHMAN, docteur en médecine, président du collége médical à Luxembourg. 

BaGUET (C.), avocat à Louvain. ' 

Bauwens (L.), de Bruxelles. 

BERNARD (C.), de Bruxelles. 

BERNARDIN (l'abbé), conservateur du musée à Melle. 

BERTRAND, commis à la direction des postes à Bruxellés. 

BODDAERT, docteur en médecine à Gand. 

Bopsow (L.), pharmacien à Liége. 

BOMMER (J.-E.), professeur de botanique à l'Université de Bruxelles. 

BonnE (A. de), conservateur au Musée royal d'histoire naturelle à Bruxelles. 

BuLLEMONT (E. de), de Bruxelles. 

Bureau (Étienne), de Nantes. 

BunEAU (Léon), de Nantes. 

BURGERS, pharmacien à Liége. 

CANDÈZE (le docteur), membre de l'Académie royale de Belgique, secrétaire per- 
pétuel de la Société royale des sciences de Liége. 

CARRON (G.), de Bruxelles. 

Cuapuis (le docteur), membre de l'Académie royale de Belgique, à Verviers. 

CoGNIAUX (A.), aide-naturaliste au Jardin botanique de Bruxelles. 

CoLLISNON, propriétaire des grottes, à Rochefort. 

Coomans (L.), pharmacien à Bruxelles. 

Coomans (V.), chimiste à Bruxelles. 

CovTURIER, instituteur à Soignies. 

CRANINCX (Oscar), de Louvain. 

DARON (P.), de Bruxelles. 

DELOGNE (C.), aide-naturaliste au Jardin botanique de Bruxelles. 

DELVAUX (le docteur), bourgmestre de Rochefort, 

Devos (André), professeur à Liége. 

DEWALQUE (G.), membre de l’Académie royale de Belgique, à Liége. 

DiEUDONNÉ (le baron O. de), docteur és sciences naturelles, à Louvain. 

Doucet (Henri), secrétaire du Conseil de surveillance du Jardin botanique de 
Bruxelles, 

FinKET (Ch.), étudiant en médecine à Liége. 

FiscuER (E.), secrétaire de la Société des sciences naturelles du Grand-Duché 
de Luxembourg. où 

FOLIE, administrateur-inspecteur de l'Université de Liége. 

FONTAINE (C.), bourgmestre de Papignies. 

GERAETS (Émile), président de la Société des Mélophiles à Hasselt, 

GIELEN (J.), de Maeseyck, 

GiLBEnT (Ch.), d'Anvers. 

GiLLE (N.), professeur à l’école de médecine vétérinaire à Cureghem. 

GILLEKENS, directeur de l’école d'horticulture de Vilvorde. 

GLEYTE, botaniste hollandais. 

GLONER, directeur de l'établissement Linden, à Gand. 

HarDY (A.), professeur à Visé. 

HARTMAN (L.), de Bruxelles. 

HERLANT (H.), de Bruxelles. 

JOLY (A.), professeur à l'Université de Bruxelles. 

JonissENNE (le docteur G.), de Liége. 

KoLTz, secrétaire de la Société de botanique du Grand-Duché de Luxembourg. 

KUPPFERSCHLÆGER (J.), professeur à l’Université de Liége. 

LABOULLE, inspecteur des écoles à Verviers. 

LawancuE-DE Rossius (O.), propriétaire à Liége. 

LAMBOTTE (le docteur), de Verviers, 

LEBRUN, professeur à Spa. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873, Ut 


Lr COTE (Th.), de Lessines. 

LECOYER (L.), instituteur à Wawre. 

LERANS (G.), capitaine en retraite, à Liége. 

Linnen, directeur honoraire du Jardin zoologique à Bruxelles. 

Linden (Lucien). 

LooZ (le comte Georges de), à Liége. 

LouvEiGNÉ (H.), professeur au collége à Lierre. 

LubBERS (L.), chef de culture au Jardin botanique de Bruxelles, 

MADELAIN, chef de cultures à l'établissement Linden, à Gand. 

MaLaisE (C.), professeur à l’Institut agricole de Gembloux, 

ManTENS (Ed.), professeur de botanique à l'Université de Louvain. 

MaugenT (le frère), professeur à Liége. 

Mey (de), membre du cercle botanique de Gand. 

MinETTE (Ch.), propriétaire à Liége. 

OubiNET, pharmacien à Versailles. 

Paques (Er.), pharmacien à Liége. 

PECQUERIAUX (J.), filateur à Etrœungt (Nord). 

PERARD (L.), professeur à l'Université de Liége. 

PETERS (Em.), pharmacien à Liége. 

PIRLOT (J.), propriétaire à Liége. 

PirTEURS (Ch. de), docteur ès sciences naturelles, de Zepperen. 

POMMERINCKE, étudiant en pharmacie à Liége, 

Prins (A. de), docteur en droit, de Louvain, 

RiBEAUCOURT (le comte de), président de la Société royale de Flore, à Bruxelles. 

Ronpay, capitaine au 2° régiment de chasseurs à pied, à Menin. 

SCHAMBERGER, régent à l'école moyenne à Boom. 

STEPHENS, architecte de jardins, à Liége. 

STRAIL (Ch.), curé à Magnée, 

SuniNGAR, professeur de botanique à l'Université de Leyde. 

TILMAN (A.), professeur à Visé. 

TORDEUX, filateur à Avesnes (Nord). 

VANDENBORN (l'abbé), professeur à l’école normale à Saint-Trond. 

VAN DER MEERSCH, de Gand. 

VAN DER WEE, étudiant en pharmacie à Lierre. 

YAN HJESENDONCK, docteur en médecine à Tongerloo. 

VAN HEURCK (Henri), professeur de botanique au Kruidkundig Genootschap d'An- 
vers. 

VAN HourTE, à Gand, . 

VAN HULLE, jardinier en chef au jardin botanique de Gand. 

VAN MEERBECK, d'Anvers. 

VANNECK (L.), de Bruxelles. 

“AN SEcvELT (Edm.), pharmacien à Malines. 

VAN ZUYLEN, secrétaire de la Société des beaux-arts à Gand. 

Weyers (J.-L.), de Bruxelles. 

WILLENS (A.), architecte de jardins, à Bruxelles. n5 

WioT (Fr.), directeur de l'établissement d'horticulture Jacob-Makoy et Cie, à Liége. 


Réunion préparatoire du 15 juillet 1873. 


La Société, sur l'invitation qui lui en avait été faite par la Société 
royale de botanique de Belgique, se réunit, à neuf heures du m utin, 
au Jardin botanique de Bruxelles, où elle est reçue avec les plus 
vifs sentiments de cordialité, dans la galerie de l'herbier Marüus, 


Iv SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


par M. Du Mortier, président dela Société belge, M. Muller, vice- 
président, M. Bommer, secrétaire général, et par un grand nombre 
de botanistes accourus des divers points de la Belgique. 

En vertu de l'article 11 des Statuts, un Bureau spécial doit étre 
organisé par les membres présents, pour la durée de la session 
extraordinaire. Considérant les liens de fraternité scientifique qui, 
en dehors des limites de notre Société, réunissent les membres 
présents à cette réunion, la Société acclame un Bureau spécial 
composé ainsi qu'il suit : 

Présidents : 


M. Du MORTIER, membre de l’Académie royale de Belgique. 
M. CossoN, membre de l'Institut de France. 


Vice- présidents : 


MM. Fischer, secrétaire de la Société des sciences naturelles du Grand- 
Duché de Luxembourg. 
Germain de Saint-Pierre (le commandeur), ancien président de la 
Société botanique de France. 
Morren (Éd.), membre de l'Académie royole de Belgique. 
Piré (L.), professeur à l'Athénée de Bruxelles. 
Suringar (Armand), professeur à l'Université de Leyde. 


Secrétaires : 


MM. Bescherelle, chef de bureau au ministère des travaux publics, à Paris. 

Bommer, professeur à l’Université de Bruxelles. 

Crépin (F.), conservateur au Musée royal de Bruxelles. 

Fournier (Eug.), docteur en médecine et ès sciences naturelles, 
à Paris. 

Koltz, secrétaire de la Société de botanique du Grand-Duché de 
Luxembourg. 

Méhu, pharmacien à Villefranche (Rhône). 

Roze (E.), sous-chef au ministère des finances, à Paris. 


L'installation de ce Bureau spécial aura lieu aujourd'hui méme 
à la séance d'ouverture, qui commencera à deux heures. 

M. Eug. Fournier donne connaissance aux botanistes français de 
lettres de M. Morren et de M. Candéze, qui leur font connaitre que 
leur Société est attendue à Liége, où elle sera reçue avec le plus vif 
empressement par les membres de la Société royale des sciences 
de Liége. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. Y 


Lecture est donnée d'un projet de programme de la session pré- 
paré de concert avec les botanistes de diverses villes de la Bel- 
gique. Aprés quelques observations de détail, le programme suivant 
est adopté (1): — 


MARDI 15 JUILLET. — Séance préparatoire à neuf heures du matin, — 
Séance d'inauguration à deux heures de l'aprés-midi. — Visite des herbiers, 
du jardin et des serres. 

MERCREDI 16. — Départ à sept heures dix-huit minutes (gare du Nord) 
pour Hasselt. — Herborisation à Genck. — Séance, à huit heures du soir, au 
local de la Société des Mélophiles, à Hasselt. — Coucher à Hasselt. 

JEUDI 17. — Herborisation à Curange ou à Zonhoven. — Visite au camp 
de Beverloo. — Retour pour coucher à Bruxelles. 

VENDREDI 18. — Visite aux houillères de Mons. — Excursion à Anvers, 

SAMEDI 19. — Départ à sept heures vingt minutes (gare du Nord) pour 
Gand. — Visite aux établissements Van Houtte et Linden, — Départ de Gand 
pour Melle, à une heure cinquante-neuf minutes. — Visite du Musée techno- 
logique de l'établissement de Melle. — Départ de Melle à cinq heures quarante- 
deux minutes et rentrée à Bruxelles. 

DIMANCHE 20. — Séance à neuf heures du matin au Jardin botanique. — 
Visite au Musée royal d'histoire naturelle, au Jardin zoologique et à l’Établis- 
sement Linden. — Exposition de la Société de Flore. 

LUNDI 21.— Départ pour Rochefort, à six heures vingt-cinq minutes (gare 
du Luxembourg). — Excursion à la grotte de Han. — Coucher à Rochefort. 

MARDI 22 au matin. — Séance à Rochefort. — Clôture de la session de 
la Société royale de botanique de Belgique. 

MARDI 22 au soir. — Voyage à Liége. — Séance à Liége. 

MERCREDI 23. — Visite aux collections horticoles de Liége. — Excursion 
à Spa. — Clôture de la session de la Société botanique de France en Belgique. 


SÉANCE DU 15 JUILLET 1573. 
PRÉSIDENCE DE M. DU MORTIER. 


La Société se réunit au Jardin botanique de Bruxelles, à deux 
heures, dans la grande salle circulaire attenante à la serre des Pal- 


(4) Nous publions iei le programme suivi par la Société botanique de France. 


VI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


miers, spécialement préparée et décorée à cet effet par les soins de 
M. Henri Doucet, secrétaire du conseil de surveillance du jardin 
botanique. Au fond de cette salle avait été élevée pour le Bureau 
une estrade derriére laquelle se dressait le buste de Sa Majesté 
Léopold ll, entouré d'oriflammes aux couleurs nationales de Bel- 
gique, de France, de Luxembourg et de Hollande. 


M. Du Mortier, en quelques paroles chaleureuses, souhaite la 


bienvenue à la Sociélé botanique de France, fau nom des botanistes 
belges. 


Les paroles de M. Du Mortier sont couvertes par les applaudisse- 
ments de la Société. 


M. Cosson, membre de l'Institut, exprime à M. Du Mortier et à 
tous les botanistes belges présents à cette nombreuse réunion 
combien nos confrères ont été heureux de venir resserrer par cette 
session commune les liens de confraternité qui unissaient déjà les 
membres des deux Sociétés, | 


M. Germain de Saint-Pierre prononce l'allocution suivante ; 


ALLOCUTION DE M, GERMAIN de SAINT-PIERRE. 


Messieurs, ma présence au bureau m'impose le devoir, devoir que je rem- 
plis avec bonheur, d'adresser à la Société royale de botanique de Belgique, et 
en particulier à l'illustre maitre, M. Du Mortier, son digne président, mes 
sentiments de profonde gratitude pour l'honneur que la Société royale de hota- 
nique de Belgique a bien voulu me faire en me conférant, il y a plusieurs 
années déjà, le titre d'associé de la Société. Je serai heureux de me moutrer 
digne de cette précieuse faveur, en contribuant, autant qu'il pourra dépendre 
de moi, à ses savants et utiles travaux, 

Qu'il me soit aussi permis, Messieurs, de féliciter notre Société botanique 
de France d'inaugurer par une session en Belgique, ce pays si hautement 
intelligent, qui au milieu de l'agitation stérile ou fatale de tant de nations, 
poursüit si sagement et si glorieusement sa mission protectrice des sciences et 
des beaux-arts; — qu'il me soit permis de féliciter notre chère Société bota- 
nique de France d'inaugurer en Belgique, et sous de si gracieux auspices, nos 
sessions en dehors de la France. 

C'est d'ailleurs pour nous tous, qui, au point de vue de nos travaux com- 
muns et de l'étude de la nature, n'admettons aucune barrière entre les nations, 
c'est rester dans notre famille que de nous trouver au milieu de confrères et 


d'amis scientifiques qui nous font uu accueil si affectueux, si cordial, si char- 
mant ! 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873, VII 


Messieurs, ce n'est pas sans une vive émotion que je vous adresse-ces quel- 
ques paroles dans un pays ami, et qui m'est cher à bien-des titres! — Quel- 
ques mois à peine avant l'année 1848 (date de si fatals événements), j'avais 
l'insigne honneur d'accompagner le Prince royal de France, — et le Prince 
royal de Belgique (lorsqu'il visitait son auguste famille de France), dans leurs 
promenades aux parcs de Neuilly et de Saint-Cloud ; — et j'étais assez heureux 
pour inspirer à ces jeunes ‘et nobles intelligences, si disposées à l'admiration 
des beautés de la nature, le goût de l'étude des plantes. 

De même que S. A. R. M*' le comte de Paris, Sa Majesté le roi des Belges 
à tenu les promesses de son enfance ; les sciences et les beaux-arts trouvent 
aujourd’hui, dans l'auguste monarque de la Belgique, les plus précieux et les 
plus salutaires encouragements ! 


M. Eug. Fournier prononce le discours suivant : 


DISCOURS DE M. Bug. FOURNIER. 


Messieurs, 

Lorsqu'en 1867 le Congrés international de botanique réunissait à Paris 
une phalange d'élite, venue de tous les points de l'Europe, où votre chère 
Belgique était si brillamment représentée, vous voulütes bien inviter, par 
l'organe de votre Président, la Société botanique de France à tenir prochaine- 
ment une session extraordinaire en Belgique; notre Société accepta avec 
autant d'empressement que de reconnaissance. 

Les événements terribles qu'a traversés notre malheureuse patrie nous ont 
forcés à différer de quelques années pour vous rendre, Messieurs, la visite 
dont nous avions gardé un si bon souvenir; enfin aujourd'hui nous venons 
acquitter l'engagement pris avec M. Du Mortier, En le faisant, nous som- 
mes d'auíant plus heureux que le Congrès où cet engagement fut contracté 
nous a unis de cœur d'un pays à l'autre, en conférant au principal re- 
présentant de la botanique belge un nouveau titre d'honneur, par le dévoue- 
ment et le talent avec lesquels il a plusieurs fois, en qualité de vice-président, 
dirigé cette réunion, sœur aînée de la nôtre, unissant à sa profonde con- 
naissance des faits le tact que peut seule donner la conduite des grands intérêts 
politiques : nous l'avons tous dit en France, et, en Belgique, votre dévoué 
secrétaire général, dans sa notice sur l'accroissement si remarquable de votre 
Jardin botanique, l'a redit en d'excellents termes, rendant à la fois hommage 
à un député patriote et au Congrès qui fut œuvre d'initiative française. 
Pour noüs, la daté de cet hommage le fait plus précieux encore, car il vous 
fut lu le 4 décembre 1870, alors que la France recueillait fort peu de 
semblables témoignages en Europe, et qu'un trop grand nombre de nos 
compatriotes, blessés ou malheureux, apprenaient à confondre dans leur 


VIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


reconnaissance la bienveillance du gouvernement de votre pays et l'hospita- 
liére sympathie de ses habitants. 

Mais laissons de cóté, Messieurs, ces tristes souvenirs, et profitons des mo- 
ments où le temple de Janus est heureusement fermé, pour ne penser qu'à 
ouvrir ensemble celui de Flore. 

Ce sanctuaire de l'étude, bien modeste d'abord, n'avait dans le brillant 
Olympe des Grecs que deux seuls autels, élevés l'un par les médecins, l'autre 
par les poëtes. Il était réservé à la Belgique de dresser le troisième, celui de 
la Renaissance, sur une base maintenant enfouie sous la poussiére de trois 
siècles, mais jadis magistrale, le Cruydtboeck de l'antique Dodoéns, le premier 
botaniste original d'une époque féconde en novateurs, le premier en date des 
classificateurs modernes, celui qui fat au xvi° siècle l'un des illustres pré- 
curseurs de Linné. Si j'évoque particulièrement ici, Messieurs, la grande 
figure de ce vénérable parrain des premières études botaniques sérieuses, c'est 
parce qu'il fut en quelque sorte aussi le parrain de votre Société, inaugurée à 
Nieuport, le 6 juillet 1862, précisément le jour où, dans le jardin botanique 
de Malines, sa patrie, la statue de Rembert Dodoëns s'élevait au son du canon, 
au bruit des acclamations enthousiastes de toute une population. Vous qui 
savez honorer dignement la science, vous fütes placés dés l'origine sous 
l'égide tutélaire de nos antiques précurseurs, belges ou francais ; en effet, dans 
ce jour méme que je vous rappelle, lorsque, votre herborisation terminée sur 
les dunes, vousrentriez à Nieuport pour y prendre séance — comme nous le 
faisons ici — vous rencontrâtes (quelques-uns d'entre vous ne l'ont pas 
oublié) un respectable vieillard qui voulut vous recevoir sous son toit, et 
saluer la naissance de votre Société, Ce vieillard se nommait Lécluse; c'était 
l'un des descendants de notre célébre Clusius (car vous permettrez à l'orgueil 
national de revendiquer l'enfant de l'Artois). Ainsi, dès l'aurore de votre fon- 
dation, nous nous trouvions unis par trois cents ans de confraternité, disons 
mieux, de filiation scientifique, car Charles de l'Écluse était le disciple de 
Rembert Dodoéns. 

Depuis l'époque de la Renaissance, le culte de Flore s'est étendu toujours, 
en Belgique comme ailleurs, célébré à l'envi par les anatomistes, les physio- 
logistes, les floristes, les horticulteurs, et méme par un petit groupe de philo- 
logues qui, à l'exemple de M. Grandgagnage, ont recherché dans le langage du 
passé la signification des noms plus modernes de nos plantes. De là, beaucoup 
d'autels daus le temple oü nous pénétrons ensemble : ils sont tous fréquentés 
chez vous. : 

Les anatomo-physiologistes n'y font point défaut. La découverte de la gé- 
nération endogène des cellules, généralement attribuée à Hugo de Mohl, doit 
certainement, quelques conclusions qu'on adopte entre des prétentions rivales 
signalées dans le Memorandum de M. Morren, étre reconnue pour l'apanage 
d'un physiologiste belge. Tl y a longtemps que MM. Du Mortier et Ch. Mor- 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873, IX 


ren ont fait connaitre leurs observations multiples et sagaces sur les phé- 
nomènes curieux de la mobilité des végétaux; il a longtemps aussi que 
Ch. Morren étudiait les Hydrophytes, et nous ne saurions oublier que c'est 
votre Académie des sciences qui publia les recherches de notre président 
actuel, M. Decaisne, sur les Thalassiophytes et sur le Gui, et couronna ses 
beaux travaux sur la Garance. Dans une période plus récente, les études de 
M. Bommer sur l'absorption et sur les matiéres colorantes des feuilles ; celles 
M. Ledeganck sur les causes auatomiques de leur chute automnale ; celles de 
de M. Van Horen, l'un des conservateurs de votre Musée, sur la physiologie des 
Lemnacées, tant d'autres travaux encore, témoignent de l'ardeur avec laquelle 
la Belgique est entrée dans les voies nouvelles ouvertes à la science moderne. 

La tératologie a été l'étude de prédilection d'un de vos maitres, qui la con- 
sidérait de trés-haut. Charles Morren en avait fixé la nomenclature et la nota- 
tion; et, s'il n'eüt été frappé prématurément, il nous en aurait donné la 
synthèse. Cependant ses traditions n'ont pas péri, et méme après l’œuvre de 
Moquin-Tandon, etle récent ouvrage de M. Masters, nous pouvons encore 
attendre d'un botaniste belge, déjà signalé par ses travaux sur la duplication 
des fleurs et sur la panachure des feuilles, une étude magistrale de ces défor- 
mations fréquentes chez les végétaux, et dont la théorie, pour le professeur 
de Liége, reposait sur les fondements mémes de la philosophie botanique. 

Les floristes ont été nombreux en Belgique; et l'on peut dire qu'il n'y a pas 
en Europe un pays de méme étendue qui ait inspiré autant de florules générales 
ou particulieres. Sans remonter jusqu'à Roucel, il est impossible, dans la 
revue rapide que nous suggère cette réunion, de ne pas signaler que ce sont 
des botanistes des deux nations qui ont fondé la connaissance de la flore belge, 
ni d'omettre des noms chers à la science : Fr.-J. Lestiboudois, Jean Kickx, 
l'auteur -du Flora bruxellensis, qui a fait souche de botanistes, Desmazières, 
Hocquart, Lejeune et Courtois, Tinant, parmi les anciens; et parmi les contem- 
porains, notre ancien président M. Passy (le jeune collaborateur de Dekin), 
M. Van Hall, M. Thémistocle Lestiboudois, le Pére Bellynck, M. Crépin, M. An- 
- dré Devos, et bien d'autres qui pardonneront à un Parisien de ne pas les con- 
naitre. Tous ont fait ici des découvertes, et chaque année, Messieurs, vous en 
ajoutez d'autres, si bien que l'on ne peut dire encore ce que devra la flore euro- 
péenne aux investigations multipliées des botanistes belges et luxembourgeois. 

On peut du moins, Messieurs, car ceci est de l'histoire, rappeler ce que 
doit la (lore américaine aux explorations de vos voyageurs : Galeotti, Funck, 
Ghiesbreght, Claussen, dont nous serons heureux de pouvoir saluer le compa- 
gnon, l'émule, le Mécène, et surtout l'heureux survivant, dans la personne de 
M. Linden ; une partie de leurs découvertes, grâce à Martens, dont le fils 
partage nos travaux, et à Scheidweiler, le monographe des Cactées, ont été 
publiées en Belgique ; beaucoup se cachent encore dans les grands herbiers, oü 
elles contribueront à fonder, dans la tranquillité du cabinet, la réputation de 


X SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


laborieux monographes. Déjà mises à profit dans l'étude des Lycopodiácées, 
à laquelle le vénérable Spring avait consacré une partie de son existence, elles 
auraient inspiré des travaux plus nombreux, si vos collections générales 
avaient fourni une base plus large. Cette base, vous l'avez aujourd'hui, grâce 
à la fondation faite par M. Henri Van Heurck, grâce surtout à l'acquisition 
magnifique renfermée dans cette galerie, c'est-à-dire à une faveur inespérée 
dela fortune, qui a placé à la téte de notre science en Belgique précisément 
l'un des chefs les plus écoutés de votre chambre législative, et dont là bota- 
nique ici, Messieurs, peut dire avec Horace : 


O et præsidium, et dulce decus meum ! 


En l'absence de grandes collections exotiques, votre activité s'est portée 
justement sur le terrain de la flore nationale, terrain bien défriché mainte- 
nant, sinon complétement nivelé sous les pas du botaniste, Quelques familles 
ou genres y ont recu particuliérement l'empreinte de vos investigations. Les 
Characées et les Roses témoignent de l'habileté patiente de M. Crépin, qui est 
descendu dans leur étude aux plus petits détails d'analyse, sans cependant 
perdre de vue la conception des grands types généraux, et sans pouvoir étre 
taxé des exagérations de l'école infinitésimale. Les végétaux ligneux ont fourni 
à M. Wesmael plusieurs mémoires justement couronnés par la fédération 
des Sociétés d'horticulture ou par votre Académie royale. Les Lorantha- 
cées ont été pour M. Chalon le sujet d'une étude à la fois anatomique et 
pittoresque qui abonde en détails ingénieux, ainsi que ses notes sur la végétation 
du midi de l'Europe. M. Armand Thiclens s'est consacré particulièrement 
à l'étude des Orchidées de la Belgique et du Luxembourg, M. Hardy à celle 
des Élatinées. J'en passe, et des meilleurs peut-être. Mais l'étude de la végé- 
tation de la Belgique, objet de nos herborisations prochaines, suffira pour prou- 
ver à nos confreres francais avec quel amour cette étude a été poursuivie par 
ceux auxquels elle appartenait de droit. 

Eu continuant cette esquisse si agréable pour moi, puisqu'elle constate vos 
conquêtes scientifiques, j'allais aborder le vaste champ de la cryptogamie, lors- - 
que j'ai songé que je n'y pouvais rien apprécier avec une compétence suffisante, 
sauf les études consciencieuses de M. Bominer sur les Fougères, dont la 
première partie, toute d'érudition et de critique savante, fait impatiemment 
désirer la continuation. Heureusement, à mon défaut, les recherches faites 
sur le polymorphisme des Champignons par le lauréat de votre Académie, 
M. l'abbé Carnoy, trouveront ici un appréciateur éclairé dans le lauréat 
d'une autre Académie, M. E. Roze ; et les études bryologiques où s'est spé- 
cialisé M. Piré seront partagées en toute connaissance de cause par M. Em. Bes- 
cherelle, Les travaux scientifiques de cryptogamie sont à l'ordre du jour 
en Belgique depuis bien des années déjà, comme l'a prouvé la Flore crypto- 
gamique des Flandres; et aujourd'hui sur une échelle très-étendue, grâce 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XI 


aux collections magistrales qui leur servent de base : l'herbier considérable 
qu'avait rassemblé le comte de Limminghe, ravi à la science par un crime 
dont elle souffrira longtemps, l'exsiccata et les notices publiés par Westendorp, 
et les collections de M!* Libert, dont les découvertes, plus de trente ans 
aprés, sont encore nouvelles pour l'auteur des /le/iguie Libertianæ. Parmi 
les contemporains et les correspondants de la savante femme de Malmédy, 
nous ne pouvons, aprés Desmazières, lui opposer qu'un seul nom, mais nous 
nous félicitons que ce nom soit porté dans ce congrès par l'honorable président 
du conseil général des Vosges, digne héritier de l'illustre docteur Mougeot. 

Dans un autre ordre d'idées, Messieurs, j'aurais été plus à l'aise pour con- 
templer le merveilleux développement de l'horticulture, qui est chez vous une 
véritable gloire nationale, et pour indiquer les secours précieux que fournis- 
sent les établissements de M. Van Houtte, de M. Linden, de M. Jacob-Makoy, 
à des recueils répandus dans le monde entier, à des travaux tels que la mono- 
graphie des Broméliacées, à la fois botanique et horticole, déjà commencée 
de visu dans vos jardins par M. le professeur Éd, Morren ; mais une énumération 
séche serait ici sans résultat, et d'ailleurs nous verrons ces jardins, et des rap- 
porteurs spéciaux vous en signaleront les richesses, 

Je pourrais prolonger longtemps cette revue trop aride et nécessairement 
incomplète, et l'étendre aux travaux de vos agriculteurs, de vos météorolo- 
gistes dont la réputation est européenne et qui ont si soigneusement construit 
le calendrier de Flore ; de vos paléontologistes, dont l'herhier indestructible, 
fondé par feu notre confrère l'abbé Eug. Coemans, forme une section spéciale 
de votre Musée. Mais je songe que cette énumération, dépourvue d'intérét 
pour les botanistes belges, sera bien avantageusement remplacée pour les 
botanistes francais par l'audition des mémoires qu'ont préparés ces savants 
que je ne ferai que nommer, et} tout particulièrement M. B.-C. Du Mor- 
lier, que je n'ai pu citer dans aucune des catégories distinctes où se classent 
les nombreux botanistes de la Belgique, par cette excellente raison qu'il 
aurait fallu le citer dans toutes, et aussi, je l'avoue, parce que l'éloge de 
M. Du Mortier serait au-dessus de mes efforts. Heureusement, Messieurs, cet 
éloge est sur vos lèvres à tous; il est gravé sur le Liber memorialis que 
vous lui avez collectivement offert dans un anniversaire mémorable, et il 
resplendit dans le chaleureux discours oà M. Éd. Morren s'est fait dans cette 
occasion votre éloquent interprète. Il vous suffit, en effet, de réunir vos souve- 
nirs anciens aux plus récents pour acclamer votre Président à la fois comme 
anatomiste, comme physiologiste, comme cryptogamiste, comme classificateur 
et comme floriste. Si, par impossible, vos souvenirs étaient infidèles, ses dé- 
couvertes parleraient pour lui ; l'histoire impartiale lui revendiquerait l'une 
des meilleures classifications de la famille des Graminées, antérieure aux tra- 
vaux de Kunth; et le premier sectionnement du genre Jungermannia, qui 
prime les travaux de Nees et de M. Gottsche; enfin tant de familles ou de 


XII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


genres de votre flore, les Saules, les Pulmonaires, les Zlatine, les Batra- 
chium, les Salicornia, proclameraient à l'envi les titres de l’auteur du Fto- 
rula belgica, operis majoris — mox edendi — Prodromus, qui, en adoptant 
dés 1827 le titre de son ouvrage, préludait par la constitution de la flore 
nationale à l'affranchissement prochain de la patrie. 

Cet affranchissement politique a doublement comblé les vœux du botaniste 
patriote, car il a singuliérement favorisé ce prompt développement que nous 
constatons ici dans les voies de la science, et particuliérement dans la nótre, 
développement couronné par la fondation de la Société qui nous fait aujour- 
d'hui un si cordial et si charmant accueil. J'ai rapidement indiqué ce que 
ses membres avaient fait pour la science, et quels matériaux d'étude ils 
avaient groupés autour d'eux : en résumant tous leurs efforts, on peut dire 
que rien ne manque aujourd'hui pour devenir un botaniste parfait en Bel- 
gique; à nous, Messieurs, d'en profiter pendant notre séjour. 


Lecture est donnée de lettres de M. Lange, directeur du jardin 
botanique de Copenhague, de M. Van der Sande Lacoste, d'Ams- 
terdam, de M. le docteur Charlier, de Liége, et de M. J. Paillot, 
de Besançon, qui expriment leurs vifs regrets de n'avoir pu se 
rendre à cette réunion. 

M. Gilbert donne lecture d'une lettre de M. le bourgmestre 
d'Anvers, par laquelle ce haut fonctionnaire annonce qu'il sera 
donné libre entrée à toutes les collections et dans tous les établisse- 
ments publics aux membres de la session extraordinaire qui vou- 
dront visiter Anvers. M. Gilbert, au nom de M. Henri Van Heurck, 
invite la Société à venir visiter le Musée de botanique et de matiére 
médicale que ce savant a fondé depuis quelques années à Anvers. 
Il annonce ensuite que les collections de M"* Legrelle d'Hanis se- 
ront mises également à la disposition des botanistes francais. 

M. Duvillers met sous les yeux de la Société I Album des Parcs et 
Jardins, dont il a successivement réuni les matériaux depuis quel- 
ques années, et dont Sa Majesté le roi des Belges a bien voulu 
accepter la dédicace. 

De nombreuses communications sont à l'ordre du jour, mais la 
Sociélé est obligée de se séparer pour visiter l'herbier de Martius, 
attenant à la salle de ses séances, et les serres du Jardin botanique. 


Aprés la séance, nos confréres se sont répandus dans les serres 
et dans les plantations du Jardin botanique; à six heures, ils 
se rencontraient de nouveau dans les salons du restaurateur Périn, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XIII 


oü un banquet splendide leur était offert par les botanistes belges, 
sous la présidence de M. Du Mortier. Au dessert, plusieurs toasts 
ont été portés, notamment par M. Du Mortier, M. Delcour, ministre 
de l'intérieur, M. Cosson, M. le professeur Piré, au roi et à la famille 
royale, ainsi qu'à l'union des botanistes des deux pays. 

À l'issue du banquet, les membres de la Société ont été invités 
à se rendre dans le Parc, au Cercle artistique, dont les honneurs 
leur ont été faits par plusieurs membres du Cercle. 


SÉANCE DU 20 JUILLET. 


PRÉSIDENCE DE M. DU MORTIER. 


La séance est ouverte à neuf heures du matin au Jardin bota- 
nique de Bruxelles. 

Lecture est donnée d'une lettre de M. le professeur Suringar, 
vice- président, qui témoigne de son vif regret d'avoir été rappelé 
en Hollande avant la fin de la session. 

M. Du Mortier fait à la Société la communication suivante : 


NOTE SUR L'ATRIPLEX LACINIATA DE LINNÉ, par M. B.-C. DU MORTIER, 


président de la session. 


Les Atriplex de la section Obionopsis de M. Lange présentent beaucoup de 
difficultés et offrent une grande confusion dans les ouvrages de botanique; et 
cette confusion tend à s’accroître encore par la note publiée par M. Ascher- 
son, de Berlin, dans l'Appendix ad indicem seminum Horti berolinensis, 
ann. 1872. Dans cette note, M. Ascherson, renouvelant l'erreur de Smith, 
Roucel, Korps, Van Hall, etc., prétend que l’espèce d’Afriplex désignée par 
nous (en 1827) sous le nom de farinosa, par MM. Grenier et Godron sous 
celui de crassifolia, et par M. Babington sous le nom d'A. arenaria, est le 
véritable Atriplex laciniata de Linné. A l'appui de cette opinion , il cite 
lHortus Cliffortianus, la première édition du Flora suecica et la première 
édition du Species plantarum; mais il ne mentionne pas la seconde 
édition du Species, édition revue, corrigée et augmentée, qui fait autorité 
dans la science, et devant laquelle toute contestation doit disparaitre. C'est, 
en effet, cette seconde édition du Speczes qui a servi de base au Systema 
naturæ et à toutes les éditions des œuvres de Linné qui ont paru depuis, 
ainsi qu'à tous les auteurs qui ont suivi, Sans en excepter un seul, parce 
qu'elle est le dernier mot de Linné, et qu'elle contient la correction de 


XIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DÈ FRANCE. 


tous ses ouvrages antérieurs. De cette seconde édition du Species planta- 
rum, M. Ascherson ne dit pas un mot. 

Disons d'abord qu'il est trés-probable que l'Atriplez n° 3 de l Hortus 
Cliffortianus contenait en partie notre espèce. Occupé à classer, à distinguer 
et à nommer tous les étres des trois régnes de la nature, Linné, fidéle à sa 
maxime de cette époque de faire des espèces collectives, aura réuni sous ce 
n° 3 toutes les formes d'Atziplez à feuilles farineuses, et il aura suivi cette 
voie dans ses premiers ouvrages, oü vous ne rencontrerez en effet qu'une seule 
espèce d' Atriplez à feuilles farineuses. Ce n'est que dans la seconde édition 
de son Species plantarum qu'il introduit une seconde espèce à feuilles fari- 
neuses, l'Atriplez rosea, et alors il définit son Atriplex laciniata avec une 
netteté telle que tout doute devient impossible, quant à sa détermination spéci- 
fique. Voilà probablement pourquoi M. Ascherson ne parle pas de cette seconde 
édition, où Linné a fait deux especes différentes de l'espèce collective de ses ou- 
vrages antérieurs. La description que Linné y donne de son Atriplex laciniata 
repousse énergiquement le rapprochement indiqué par M. Ascherson ; en voici 
le texte : Planta tota tecta quasi epidermide secedente. Caulis erectus, teres, 
nudus, virgatus. Folia exceptis infimis alterna, deltoidea, dentata, argentata 
laminulis, Spice terminales, hermaphroditæ, antheris læte rubris. Flores 
feminei axillares gemini. Calyx fructus compressus, 5-dentatus, dente 
intermedio majore, 

Cette description contredit évideminent l’assertion de M. Ascherson. Le 
véritable A£riplez laciniata de Linné est une plante à tige dressée, arrondie, 
fasciculée, comme il l'indique, c'est-à-dire la plante désignée sous ce nom par 
Koch, Sturm, Grenier et Godron, et bien figurée par Sturm et par Reichen- 
bach. Au contraire, notre A£riplez farinosa (A. crassifolia Gren. et God. non 
Moq., A. arenaria Woods in Babingt.), que M. Ascherson déclare étre la 
plante de Linné, a les tiges étalées à terre, à rameaux divariqués et anguleux: 
Les épis de l'espèce linnéenne sont terminaux et hermaphrodites, tandis que, 
dans notre espèce, l'épi est à fleurs mâles avec des fleurs fertiles axillaires. 
M. Ascherson a donc fait preuve de quelque légèreté, en ne tenant pas compte 
de la description faite par Linné de son Atriplex laciniata et en voulant 
rectifier les auteurs. Quand un savant comme Linné apporte une rectification 
à son texte primitif, il est bien téméraire de lui donner un démenti. 

A l'appui de son assertion, M. Ascherson invoque son inspection de l'her- 
bier de Linné, Nous avons aussi visité pendant plus d'un mois, en 1827, 
cet herbier, alors propriété de notre illustre ami, sir James Smith, et nous 
avons collationné avec le plus grand soin toutes nos plantes critiques avec celles 
conservées dans cet herbier. Or c'est précisément cet examen scrupuleux qui 
nous a fait reconnaitre l'erreur des botanistes d'alors, quant à l' A£riplez ldci- 
niuta de Linné, et qui nous a autorisé à créer comme espèce nouvelle 
l'Acriplez farinosa dans notre Prodromus. L'herbier de Linné contient des 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XV 


échantillons de plantes récoltés depuis sa jeunesse jusqu'à sa mort, tous 
collés à la colle. de poisson sur une. demi-feuille de papier à la main, au bas 
de laquelle se trouvent des indications écrites par Linné .et très-difficiles 
à déchiffrer. Sir James Smith était parfaitement au courant de ces sortes 
d'hiéroglyphes dont la connaissance est indispensable, et il. nous indiquait 
les plantes de chaque édition des ouvrages de Linné, quand des corrections 
avaient eu lieu. En outre, notre collation était appuyée des textes officiels de 
l'auteur. Là nous trouyámes l'échantillon authentique qui avait servi de base 
à la description de l’Atriplex laciniata dans la seconde édition du Species 
plantarum. Or cet échantillon archétype, que M. Ascherson a laissé de côté, 
n’est pas du tout notre Atriplex farinosa (A. arenaria Babgt.) ; c'est bien 
l Atriplex laciniata de Koch,.de Sturm, de Reichenbach, de Grenier et 
Godron et de tous les auteurs. modernes. Le rameau conservé dans l'herbier 
de Linné a une direction fastigiée et non couchée, ses ramuscules sont dressés 
et non divariqués ; sa tige est ronde et non anguleuse; ses feuilles, dans leur 
périmètre, sont deltoïdes-ovales et non allongées ; en un mot, c'est bien la 
plante qui a servi à la description de Linné et non une autre. Voilà ce que 
nous avons vérifié dans l'herbier du maitre et annoté sur nos tablettes, Que 
devient, en présence de ce fait, l'assertion de M. -Ascherson ? Quand on se 
pose en réformateur, comme lui, on doit agir avec réserve et tenir compte des 
textes et des plantes archétypes. D'ailleurs, la description de l'auteur, voilà 
ce qui fait loi, C'est ce qu'a parfaitement dit M. Fries (Mant. ML, p. 162), 
à propos de l' Arriplex patula : cui bono sint auctorum scripta, si nulla tri- 
buatur fides ei sententie, quam verba indicant prorsus clara, indubia? 

Au reste, M. Ascherson a déjà commis des erreurs analogues. On en trouve 
de nombreux exemples dans les modifications de noms d'espèces qu'il a faites 
dans sa Flore de Brandebourg. Pour n'en citer qu'un exemple, n'a-t-il pas 
prétendu, page 467, que notre Scrofularia umbrosa (S. E hrharti Sev.) est 
le Ser, alata de Gilibert, alors que Gilibert, le changeur de nom de toutes 
les espèces de Linné, déclare lui-même que son Serofularia-alata n'est rien 
autre chose que le Scr. aquatica de Linné? 1l suffit. d'ouvrir les Exercitia 
phytologica de. Gilibert, t. I, p. 128, pour étre convaincu de cette vérité. 


Exposé synonymique des espèces: 


I. ATRIPLEX FARINOSA. 

A. laciniata. Sm. Engl. bot. , tab. 406; Korps 77. bat., t. 289; Aschers . 
Append. ad ind. sem. Hort. berol., ann, 1872, p. 2 (non L1). 

A. farinosa: Dmrt.. Prodr. fl. belg. p. 20 (1827). 

A. alba Rchb: Fl: germ. exe., p. 578 (1852), excl. syn. Scop. 

A. crassifolia Gren: et Godr: Fl. Fr., HW, p. 10, non C.-A. Mey. 

A. arenaria Woods in Babgt Man, ed. 3, p. 271 (1851). 


XVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


II. SCROFULARIA UMBROSA. 

S. aquatica Sturm Deutschl. Fl. 23; Mert. et Koch Deutschl. Fl. IN, 
p. 405; Koch Syn. ed. 1, p. 515. 

S. umbrosa Dwmrt. Prodr. fl. belg. p. 37 (1827). 

S. Ehrharti Stev. in Ann. of nat. Hist. (1840). 

S. alata Aschers. Fl. Prov. Brandenb. p. 467, non Gilibert. 


M. Bommer fait à la Société la communication suivante : 


REVUE ET CLASSIFICATION DES CYATHÉACÉES, par MI. J.-E. BOMM ER. 


Dans une revue des Polypodiacées annoncée dans le Bulletin de la Société 
royale de botanique de Belgique, et dont nous avons différé la publication 
jusqu'ici, nous avons tenté de coordonner cette grande famille de la classe des 
Fougéres. Malgré l'excellence des caractéres de la plupart des genres, leur 
parfaite filiation présente de nombreuses difficultés. Elles disparaitront, nous 
n'en doutons pas, à mesure que s'étendra le champ des découvertes; les 
lacunes existantes seront comblées (par l'introduction de genres nouveaux 
qui sont les intermédiaires indispensables pour arriver à une classification 
rationnelle. 

En étudiant l'un des groupes importants des Polypodiacées, les Cyathéa- 
cées, nous avons essayé de le limiter au moyen du caractère qui est adopté et 
qui semble étre d'une haute importance, celui tiré de la position de l'anneau 
du sporange. 

Si l'on admet pour les Cyathéacées comme principal caractére la situation 
de l'anneau de leurs sporanges, on est en quelque sorte entrainé à devoir les 
considérer comme formant non-seulement une tribu des Polypodiacées, mais 
comme constituant une famille distincte. Il nous est cependant impossible 
d'admettre ce caractère comme rigoureusement exact et invariable, car dans 
une même espèce de Cyathea ou d'Alsophila, on peut rencontrer des spo- 
ranges munis d'anneaux droits (connecticules) et d'autres obliques. Cette 
variation dans la position de l'anneau est due à une cause fort simple ; elle 
résulte d'un degré de compression plus ou moins prononcé que subissent les 
sporanges dans leur réunion en sores, et qui amène ainsi la déviation de 
l'anneau, qui semble présenter un caractére si stable et sur lequel Bernhardi 
a fondé ses Helicogyrata. 

Dans la plupart des Polypodiacées on remarque que le sporange pédiculé, 
qui a pu se développer librement, présente de chaque cóté de ses faces laté- 
rales un renflement égal partagé par un connecticule droit. Dans les Cyathea, 
les sporanges sessiles naissent le plus souvent en grand nombre sur un récep- 
tacie élevé colonnaire ; il en résulte que leur développement se trouve ainsi 
fortement contrarié sur l'une des faces latérales. Il s'ensuit que le connecti- 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XVII 


cule, de vertical qu’il devrait être, devient plus ou moins oblique selon la partie 
du sporange où la pression s'est produite; il arrive méme à devenir excen- 
trique, de manière que les sporanges présentent une face plane et une face 
fortement convexe ; d'autres fois ils sont recourbés et concaves, bordés par 
le connecticule. 

Les sporanges qui se trouvent en dehors de cette action déviatrice, ceux 
situés au sommet du réceptacle, ont un connecticule qui occupe la place qu'un 
développement normal leur assigne dans la majeure partie des Polypodiacées. 
Cela se vérifie surtout pour les Alsophila, dont le réceptacle est généralement 
moins élevé que dans les Cyathea ; aussi est-ce dans les espèces de ce genre 
que l'on constate une plus grande fréquence de sporanges à connecticules 
droits. 

Enfin, les formes des sporanges sont parfois des plus variables, ainsi qu'on 
le voit dans l' A/sophila australis, qui possède des sporanges portant un con- 
necticule tantôt droit, tantôt oblique. Il en est de méme pour les Alsophila 
radens, A. procera, A. Plagiopteris, le Trichopteris Tænitis, le Metaxia 
blechnoides, les Schizocæna Brunonis et S. sinuata, le Cyathea Gard- 
neri, etc. 

Cette variabilité dans la position de l'anneau ne nous permet pas d'admettre 
le caractére qu'il a fourni jusqu'à présent pour constituer les Cyathéacées. Il 
nous semble cependant que ce groupe de Fougères pourrait être caractérisé 
tout autrement qu'on ne l'a fait jusqu'ici. : 

Si l'on considére la situation des sores quant à l'indusium, on reconnait que 
les Cyathéacées et beaucoup de genres qui ont quelque affinité avec elles pos- 
sedent un 2ndusium infère libre contenant le sore. Ce caractère commun 
nous semble être assez important pour permettre de classer parmi les Cyathéa- 
cées toutes les Fougères qui le possèdent. Deux exceptions se présentent 
cependant : la première est fournie par le genre Deparia, dont les sores sont 
extra-marginaux et non hypophylles ; la seconde est due aux Alsophila, dont les 
sores, bien qu'hypophylles, ne présentent pas d'indusium, ou possèdent seu- 
lement de nombreuses paraphyses qui le remplacent. L'exclusion des Alsophila 
n'est guère possible, malgré le manque d'indusium, car beaucoup d'autres 
caractères les rapprochent des Cyathea. Ilmen est pas tout à fait de méme 
pour le genre Deparia, mais nous croyons devoirle conserver aussi parmi les 
Cyathéacées à cause de son indusium patériforme qui présente une certaine 
analogie avec celui des Cyathea. | 

En admettant comme caractère principal pour les Cyathéacées l'industum 
infère libre, nous sommes amené à introduire dans cette tribu les genres 
suivants : Rs 

Deparia Hook. et Grev., Cionidium Moore. — Thysopteris Kze, Cyathea 
J.-Ed. Smith, Zatoniopteris n. g. (Cyatheæ sp. Auct.), Fourniera n. g- 
(Alsophilæ sp. Auct.). — Amphicosmia Gard., Hemitelia R. mo Schi- 

T. XX. D 


XVIII SOCIÉTÉ DOTANIQUE DE FRANCE. 


zocæna J. Sm., Diacalpe Blum, Peranema Don, — Hymenocystis C.-A. 
Meyer, Physematium Kaulf., Woodsia R. Br., Hypoderris R. Br. — Ara- 
chniodes Bl., Trichopteris Presl, Amphidesmium Schott, Lophosoria Presl, 
Alsophila R. Br. 

Avant de poursuivre nos appréciations sur la classification des genres que 
nous venons de citer, nous aborderons directement les véritables Cyathéacées 
caractérisées par des sores munis d'un indusium infère de forme variable, et 
dans lesquelles on distingue deux types bien définis. C'est ce qui nous a per- 
mis de démembrer les anciens Cyathea en deux genres. Le premier renferme 
les espèces auxquelles nous conservons l'ancien nom générique : Cyathea 
J.-Ed. Smith. emend.; le second constitue un genre nouveau que nous dé- 
dions à M. Daniel C. Eaton, auteur des /'ilices Wrightiane et Fendleriante, 
sous le nom de Zatoniopteris. Nous avons ajouté un troisième genre Four- 
niera (Alsophile sp. Mett.), dédié à notre savant confrère et ami M. le docteur 
Eug. Fournier. Ce dernier genre présente par son indusium des caractères 
qui lui assignent une place près des Cyathea. 

Lorsque Jacob-Edouard Smith fonda en 1790 le genre Cyathea, il ne fit 
aucune mention de la variation que présente l'indusium dans les espèces qui 
eonstituent aujourd'hui ce même genre. Il y comprend, il est vrai, les Hemi- 
telia et les Cystopteris dont il qualifie l'indusium de calyce lacero, mais il 
donne la diagnose suivante qui est caractéristique pour le genre tel qu'il doit 
étre compris aujourd'hui, 

C'est en prenant cette diagnose pour point de départ que nous avons cru 
qu’il était indispensable de distinguer, parmi le genre Cyathea, certaines 
espèces assez nombreuses qui ne possèdent pas le caractère que J.-E. Smith 
assigne à l’indusium hémisphérique des véritables Cyathea. Par cela méme, 
nous avons été amené à établir les divisions suivantes : 


« CYATHEA J.-E. Sm.— Fructif. sparse, subrotundæ, calyci hemisphærico, 
apice dehiscenti absque operculo, insidentes (1). » 


Les Fougères de ce groupe ont généralement un réceptacle trés -élevé, sur 
lequel persistent assez longtemps de nombreux sporanges groupés d'une ma- 
nière régulière et dépassant souvent fortement l'indusium. Leur indusium 
cupuliforme, à bords entiers, indéhiscent, se conserve intact; il est ordi- 
nairement d'une consistance plus ou moins coriace. Les espéces qui présentent 
ce caractère sont les moins nombreuses dans le genre Cyathea, tel qu'il a été 
admis jusqu'à ce jour. 

Exemple : 

Cyathea serra W. Cyathea minor Éaton. 


— arborea J.-E. Smitli, — balanocarpa Eaton. 
— Orevilleana Mart. 


(4) Mémoires de l’Académie royale des sciences de Turin, 1790-91, p. 416. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XIX 


EATONIOPTERIS, n. g. 


Sores recouverts par un indusium sphérique hyalin, de consistance déli- 
cate, à déhiscence poriforme devenant ruptileà partir du sommet, Sporanges 
situés sur un réceptacle globuleux plus ou moins élevé, dépourvu ordinaire- 
ment de paraphyses. — Fougères arborescentes à frondes décomposées. 

Les espèces de ce genre ont généralement un réceptacle moins élevé que 
celui des Z'ucyathea. Les sporanges, en nombre plus ou moins considérable, 
dégarnissent assez vite le réceptacle. Leur indusium sphérique, déhiscent 
par un pore, se rompt ensuite irréguliérement à partir du sommet, est 
d'une consistance très-faible et membraneuse. — Dans l'ancien genre Cya- 
thea, les espèces qui présentent ces caractères sont trés-nombreuses, d’après 
ce que nous avons pu juger par celles que possede l'herbier de Martius, qui 
se trouve au Jardin botanique de Bruxelles. C'est dans cette collection que 
nous avons puisé en grande partie les éléments de ce travail, 

Les espèces de ce groupe, par leur indusium sphérique à déhiscence 
ruptile, different suffisamment des Z'ucyathea pour permettre de les réunir 
dans le genre Z'atoniopteris. 

Exemple : 


Cyathea insignis Eat. Cyathea excelsa Sw. 
— muricata W: == caniculata W. 
— cuspidata Kze. — spinulosa Wall. 
— divergens Kze. — crenulata BI, 
=— Metlenii Karst. — javanica Bl. 

== squamipes Karst, — medullaris Sw, 
— vestita Mart. — dealbata Sw. 
— hirtula Mart. — Vieillardii Mett. 
— Schanschin Mart. ~ funebris. 

— Gardneri Hook. 


FOURNIERA, n. g. 


indusium rosulé plurivalve, composé de 5-6 écailles cilio-fimbriées recou- 
vrant plus ou moins les sores. Sores intramarginaux disposés le long du méso- 
névre des segments ; réceptacle peu élevé, muni de paraphyses, Sporanges 
à connecticule oblique. — Fougères arborescentes, à frondes décomposées. 

Les espèces caractérisant ce groupe sont encore peu nombreuses ; elles pré- 
sentent au premier abord une assez grande affinité avec les Alsophila. Elles 
en different essentiellement, ainsi que des Cyathea, par leurs sores enveloppés 
d'écailles indusiformes. 

F. Nov £-CALEDONUE (Alsophila Novæ-Caledonie Mett. in Ann. sc. nat. , 
h, XV, p. 82. — A. lunulata Brack. Kuhn ces Novarum-Hebridarum 
in Verhandl. der K.-K. zoolog.-botan. Gesellschaft in Wien, 1869, p. 582). 


XX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 
M. Eug. Fournier fait à la Société la communication suivante : 


SUR LES FOUGÉRES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE, par M. Eug. FOURNIER 


Les Fougères de la Nouvelle-Calédonie, dont l'étude monographique, que 
m'a confiée la haute bienveillance de M. Ad. Brongniart, doit paraître pro- 
chainement dans les Annales des sciences naturelles (1), sont actuellement au 
nombre de 259. Dans ce nombre se rencontrent 86 espèces spéciales à notre 
colonie (en y comprenant les iles Loyalty). Ces espéces spéciales se trouvent 
quelquefois dans des genres spéciaux (Stromatopteris, Austrogramme), or- 
dinairement dans des sous-genres ou dans des groupes particuliers. Je citerai 
le groupe du Trichomanes dentatum dans les Hy ménophyllées; le sous-genre 
Cryptosorus dans les Polypodiées; dans les Lomariées, les Lomar?a à fronde 
dimorphe; dans les Davalliées, le grand développement du genre Zindsæa; 
et notamment les Lindsca du groupe que j'ai nommé Davalliastrum, dont les 
indusium ressemblent à ceux du Davallia tenuifolia Sw., quoiqu'ils ne 
soient pas attachés par les bords; le genre Zumata Cav.; parmi les Cyathéa- 
cées, le groupe de l' A/sophila Novæ-Caledoniæ, auquel M. Bommer vient de 
reconnaître une valeur générique; enfin, parmi les Schizéacées, le sous- 
genre Actinostachys, soit comme propre à la Nouvelle-Calédonie, soit comme 
offrant dans sa flore un développement spécial. En général, ces types, dont 
une partie notable a été découverte par M. Balansa, habitent l'intérieur et non 
le littoral de l'ile. 

Il se trouve, parmi les Fougères de la Nouvelle-Calédonie, deux catégories 
familières aux ptéridographes. La première offre des frondes variables, à 
limbe ou à segments entiers, mais décomposables en pinnules plus ou moins 
divisées. A cette section appartiennent le Pteris polymorpha, n. sp., le 
Lomaria Vieillardii Baker, et les Asplenium du groupe de l'A. flaccidum, 
Forst., tels que l'A. nodulosum Kaulf. Il semble que ces espèces, très- 
communes à la Nouvelle-Calédonie, ou spéciales à cette ile, y atteignent faci- 
lement une phase plus avancée dans leur développement, car la division en 
pinnules est la preuve d'un développement de ce genre, les premieres frondes 
étaient toujours plus simples que les suivantes, 

La seconde des deux catégories que j'étudie contient ces Fougères à nerva- 
tion réticulée, telles qu'il en existe dans toutes les grandes divisions taxono- 
miques de ces plantes, Nulles en Europe et peu nombreuses en Amérique, 
les espéces à nervation réticulée sont, proportion gardée, plus communes en 
Polynésie, et particuliérement dans la Nouvelle-Calédonie, parmi les sous- 
genres Blechnidium, Litobrochia, Schizoloma, Synaphlebium et Lygodic- 
tyon. Or, ii est un fait encore peu connu, c'est que la nervation, chez ces 


(1) Voyez les tomes XVIII et XIX de ce recueil, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XXI 


espèces, varie dans certaines limites. J'ai déjà, en étudiant les Fougères du 
Nicaragua, insisté sur les variations que présente parfois le Phegopteris tetra- 
gona, dont le méme segment renferme des nervilles libres et d'autres ner- 
villes anastomosées. J'en ai observé depuis un exemple encore plus curieux 
sur des échantillons de Pteris Orizabæ Mart. et Gal., recueillis au Nicaragua 
par Friedrichsthal et qui font partie de l'herbier impérial de Vienne, où ils 
ont été jadis déterminés spécifiquement par Presl. Une méme toufe de cette 
Fougère portait des frondes de divers âges. Les plus petites, sans doute les 
premières nées, qui n'étaient pas parvenues à leur développement complet, 
ont des segments à pinnules plus étroites et à nervilles libres ; une fronde plus 
grande et sans doute plus récente a les segments inférieurs semblables par leur 
nervation à ceux des petites frondes, et au contraire les segments supérieurs 
présentent les caractères de nervation d’un Campteria de Presl. Enfin une 
fronde plus développée, et, je pense, la derniere née, a les nervures disposées 
en réseau dans le mode du genre ZLitobrochia de Presl, et spécialement comme 
les échantillons fructifiés et déjà connus du Pteris Orizabæ Mart. et Gal., 
que je mets en ce moment sous les yeux de M. le professeur Martens. 

Je suis donc autorisé à dire que les Fougéres à nervation anastomosée, 
abondantes à la Nouvelle-Calédonie, peuvent être regardées, quand elles 
appartiennent à un genre où il existe déjà des formes à nervilles libres, 
comme décelant dans ce genre un progrès de développement. 

Ce ne sont pas d'ailleurs ces deux seules catégories de Fougéres qui pré- 
sentent des exemples de polymorphismeà la Nouvelle-Calédonie. La tendance 
à la variation y est fréquente parmi les espéces de ce groupe. Je citerai parti- 
culièrement à ce point de vue l'Asplenium Vieillardit Mett. , dans lequel on 
distingue facilement trois types reliés par plusieurs intermédiaires, et caracté- 
risés, l'un par la largeur, l'autre par l'étroitesse des divisions allongées de la 
fronde; entre les deux se trouve une forme remarquable par la forme de ses 
dentelures, l' Asplentum. schizodon Th. Moore, établi sous un nom spécifique 
par un des meilleurs ptéridographes de l'époque actuelle, qui n'avait pas eu 
sous les veux un nombre suffisant d'échantillons comprenant toutes les formes 
de l'espèce. — On pourrait encore citer, comme exemples de variations 
remarquables, l' Austrogramme Deplanchet (Grammitis Deplanchei Baker), 
et le Selliquea peltatisquama Fourn. (Polypodium leptophyllum Mett. 
non Moritz), Cette espèce appartient indubitablement, par sa nervation assez 
compliquée, au groupe que Bory nommait Se//iguea. Quand l'espèce est bien 
développée, les sporothéces sont linéaires, longs de plus d'un pouce, traver- 
saut plusieurs aréoles successives. Quand l'espéce commence à varier, la fronde 
devient plus étroite, les sporothéces se raccourcissent, puis se résolvent en 
ilots arrondis; puis un seul de ces îlots demeure visible, et la Fougère offre 
l'aspect d'une Polypodiacée à frondes entiéres, mais la nervation persiste iden- 
tique avec elle-même. Les formes extrêmes de cette plante pourraient être 


XXII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


placées dans des genres différents par des naturalistes qui n'observeraient que 
la forme des sores. 

Ges faits rappellent les anomalies singulières de la végétation observées par 
Gaudichaud, aux Sandwich (1), sur des plantes détournées de leur habitation 
ordinaire. Dans la région moyenne de la montagne, vers 300 toises à peu prés, 
dit Gaudichaud, les végétaux sont alternativement rafraîchis, humectés par les 
nuages, et desséchés, brülés méme par les feux du soleil. Ces transitions 
subites, ces influences successives, leur font subir des modifications surpre- 
nantes (2). 

Il est fort difficile de dire si la théorie de Gaudichaud est la vraie. L'impor- 
tant ici est de constater des faits, et aussi de ne pas exagérer la portée de ces 
faits. On remarquera qu'ils rentrent assez bien dans le cadre des connais- 
sances actuelles, si l'on se reporte à ce que M. J. Hooker a dit des flores in- 
sulaires. Je dois citer le célébre naturaliste anglais, bien que je ne sois point 
comme lui partisan déclaré dés doctrines Darwiniennes. En produisant les 
considérations que la Société vient d'entendre, je n'ai point prétendu in- 
diquer un procédé par lequel une espéce franchirait les limites de son tvpe 
pour passer dans un type voisin. Je constate seulement que les limites spéci- 
fiques sont plus étendues dans un grand nombre de cas que ne l'ont pensé 
quelques auteurs, et je rappelle un aphorisme fort connu, dà à l'un de nos 
maîtres (3), qui me paraît encore aujourd'hui (4) résumer les difficultés d'un 
sujet controversé : e'est que l'espéce est tantót polymorphe et divisible à l'in- 
fini, tantôt restreinte entre des limites étroites et infranchissables. Le poly- 
morphisme de l'espàce a été surtout constaté dans les espèces cultivées, c'est- 
à-dire là où l'industrie humaine a parqué les végétaux dans des conditions 
artificielles et restreintes où s'est forcément bornée leuractivité vitale. D'après 
ce que je viens d'exposer, il semblerait que dans une île, c'est-à-dire dans les 
eonditions topographiques restreintes où les révolutions du globe les ont 


placées, les'espéces végétales spontanées offrent la même tendance à la varia- 
tion que les espèces cultivées. 


M. Germain de Saint-Pierre fait à la Société une communication 
intitulée : De l'influence des études tératologiques pour la salution 
des problèmes de la biologie végétale (5). 


M. Cogniaux fait à la Société la communication suivante : 


(4) Voyage de l'Uranie, Botanique, p. 99. 

(2) Gaudichaud a pensé que ces transformations, partielles ou eamplètes, une fois 
accomplies, peuvent passer dans la race et se transmeltre par la végétation, 

(3) Decaisne, Observations sur le genre Poirier (Comptes rendus, 6 juillet 1863). 

(A) Je l'ai déjà commenté dans mes Recherches anatomiques et taxonomiques sur le 
genre Sisymbrium, p. 26. 

(5) Cette communication a été publiée par M. Germain de Saint-Pierre dans le Bul- 
letin de la Société royale de botanique de Belgique, t. XIL, p. 139. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873, XXIII 


UN NOUVEL HYBRIDE ENTRE DEUX GENRES DIFFÉRENTS, par M. Alfred COGNIAUX, 
aide-paturalisie au Jardin botanique de Bruxelles, 


En fondant ensemble les différentes collections qui devaient composer l'her- 
bier belge au Jardin botanique de Bruxelles, nous avons trouvé dans l'herbier 
de Nyst une plante accompagnée de l'étiquette suivante : « LAMIUM MACU= 
LATUM, var.; érouvé prés du village de Cannes, départemeut de la Meuse. 
Inférieure. » Cette étiquette ne porte point de date; mais la mention 
« département de la Meuse-Inférieure » (aujourd'hui province de Limbourg), 
nous en donne une approximative; elle nous apprend que la trouvaille dut 
être faite avant 1815. L'aspect étrange de ce Lamium nous frappa vivement; 
plusieurs botanistes à qui nous le fimes voir, et parmi lesquels nous citerons 
M, le professeur Parlatore, de Florence, qui l'examina avec beaucoup d'in- 
térêt, ne crurent pouvoir, pas plus que nous, le rapporter à aucun type 
jusqu'ici connu. Ce qui nous surprit à premiere vue, c'est la double analogie 
que nous lui trouvions, d'un côté par ses feuilles avec le Leonurus Cardiaca, 
de l'autre par ses fleurs avec le Lamium maculatum. En voici la description : 

Plante de 2 décimètres. Tige couchée inférieurement, puis dressée, 
ayant seulement quelques courts rameaux à la base, munie de poils étalés, 
peu abondants, excepté vers le sommet. Pétiole long de 1/2 à 2 centi- 
mètres, Feuilles entièrement d'un vert assez foncé en dessus, un peu plus 
pâles en dessous, assez fortement pubescentes sur les bords et la face supé- 
rieure, presque glabres et un peu luisantes surla face inférieure ; les inférieures 
environ une fois et demie plus longues que larges, ovales, légèrement cunéi- 
formes à la base, munies de chaque côté de un à quatre lobes triangulaires 
aigus, Je terminal plus long ; feuilles supérieures ovales-lancéolées, cunéi- 
formes à la base, deux ou trois fois plus longues que larges, munies de 
chaque côté de un ou rarement deux lobes assez profonds, aigus, très-entiers, 
le terminal long et étroit; nervure médiane saillante en dessous de la 
feuille, ayant à la base une ou deux fortes nervures aussi saillantes qu'elle, 
se recourbant en dedans vers le sommet de la feuille; toutes les autres ner- 
vures peu saillantes, s'anastomosant entre elles et avec les nervures princi- 
pales. Fleurs exactement comme celles du Lamium maculatum, sauf les éta- 
mines, qui paraissent avoir la pubescence des anthéres un peu plus longue et 
plus abondante. Dans les fleurs inférieures, les nucules sont à moitié dévelop- 
pés, mais ils paraissent être vides, quoique dans une toute jeune fleur nous 
ayons trouvé du pollen assez abondant et en apparence bien constitué. 

Comme on le voit, cette plante, par ses fleurs, est un vrai Lamium maeu- 
latum, tandis qu'elle a tout à fait les feuilles du Leonurus Cardiaca : méme 
aspect, même forme et méme neryation. Rappelons que le Lamium maculatum 
à la nervure médiane seule très-proéminente, donnant naissance, dans toute 


XXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sa longueur, à des nervures secondaires, lesquelles sont plus fines et se ren- 
dent directement vers les bords du limbe. Nous croyons devoir insister sur ce 
caractère de Ja nervation, car, à nos yeux, il a une grande valeur. 

On dira, si l'on veut, que le Lamium maculatum est trés-variable, que 
les macules des feuilles disparaissent fréquemment, que les formes des lieux 
ombragés different beaucoup de celles des endroits découverts; mais ces va- 
riations ne dépassent pas celles de toutes les autres plantes ubiquistes. On 
peut méme prétendre que les profondes découpures des feuilles résultent 
d'un accident, d'une anomalie, d'une monstruosité quelconque; mais on ne 
peut soutenir raisonnablement quela structure intime du squelette de la feuille 
soit susceptible de se transformer subitement d'une maniére aussi radicale. 

Aux considérations qui précèdent, si l’on ajoute la stérilité probable des 
nucules, l'isolement absolu de l'individu que nous avons étudié, puisque 
Nyst n'avait trouvé que ce seul pied, et que les fréquentes herborisations faites 
depuis plus d'un demi-siècle à la localité citée n'en ont plus fait découvrir un 
seul spécimen, et la présence en abondance à cette localité des deux parents 
supposés, il v a tout lieu d'admettre, nous semble-t-il, que c'est une produc- 
tion accidentelle, née du croisement du Lamium maculatum et du Leonurus 
Cardiaca. 

Si l’on s’en rapportait aux théories de beaucoup d’auteurs, il ne serait pas 
difficile de déterminer le rôle qu'ont joué les deux parents dans la production 
de cet hybride, puisque d’après De Candolle, Regel, et beaucoup d’hybrido- 
logues modernes, les caractères du père dominent généralement dans la fleur, 
tandis que le reste de la plante rappelle plutôt la mère; mais d'autres bota- 
nistes, à commencer par Linné, ont cru le contraire, et les savantes et minu- 
tieuses recherches de M. Ch. Naudin (1) semblent avoir pleinement démontré 
qu'il n'y a aucune régle fixe sur ce point, car tous les hybrides réciproques 
qu'il a obtenus ne différaient nullement l'un de l'autre. La recherche de la 
paternité de notre hybride nous étant ainsi interdite, nous n'avons à nous 
préoccuper d'aucune règle pour en former le nom; cependant, comme il a 
les caractères du genre Lamium, nous croyons préférable de placer ce nom 
le premier et de l'appeler Lamium maculatum X Leonurus Cardiaca; peut- 
être méme serait-il préférable, pour abréger, de le nommer simplement 
Lamium Cardiaca. 

Notre Lamium nous fait penser, comme malgré nous, au Marrubium 
Vaillantii Coss. et Germ., dont les feuilles rappellent aussi, beaucoup plus 
vaguement il est vrai, le Leonurus Cardiaca; c'est aussi une plante qui n'a 
apparu qu'accidentellement, à de longs intervalles et dans des lieux très- 
éloignés (2). Ses antheres presque toutes dépourvues de pollen et ses nucules 


(4) Nouvelles recherches sur V hybridité dans les végétaux, mémoire couronné par l'Aca- 
démie des sciences en 1862, p. 147.— Extrait du tome I des Nouv. Arch. du Muséum. 
(2) Voici quels sont les seuls pieds qui en aient été trouvés jusqu'à présent : Vaillant 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 4873. XXY 


avortés démontrent d'ailleurs clairement, selon nous, que c'est aussi un 
aybride, comme l'avait autrefois supposé Mérat (1); il aurait pour parents le 
Marrubium vulgare etle Leonurus Cardiaca. 

Plusieurs auteurs ont nié la possibilité du croisement d'espéces apparte- 
nant à des genres différents; mais aujourd'hui on en connait plusieurs 
exemples incontestables : M. Weddell en énumérait dix exemples en 1852 (2); 
M. le docteur Masters en citait trois autres en 1872 (3); nous pourrions 
ajouter : Lamium et Leonurus, Marrubium et Leonurus, Lagenaria et 
Sphærosicyos (h), Festuca et Lolium. Nous avons signalé, il y a quelques 
années, un curieux phénoméne de disjonction des deux essences spécifiques 
dans ce dernier hybride (5) : Sur une grosse touffe de Festuca loliacea, dont 
la plupart des tiges étaient normales, nous en avons trouvé plusieurs dont la 
moitié inférieure de l'inflorescence était la panicule biglumée du Festuca 
elatior, et dont la moitié supérieure était l'épi uniglumé du Lolium perenne; 
ces deux moitiés montrées isolément auraient induit en erreur tous les bota- 
nistes. D'autres tiges isolées présentaient la méme modification. En 1867, en 
récoltant à Philippeville (Namur) le Festuca loliacea publié sous le numéro 295 
du Kickxia belgica, nous avions déjà remarqué, à presque toutes les inflores- 
cences, qu'il v avait cà et là -un épillet uniglumé; en 1869, nous eümes 
encore à récolter à Braine-le-Comte une provision de la méme plante pour 
nos Glumacées de Belgique (n° 72), et nous retrouvâmes les mêmes varia- 
lions, mais sur une échelle beaucoup plus grande. Aprés de longues et 
patientes recherches, nous parvinmes à rencontrer : un épi à épillets tous 
biglumés ; un épi avec un épillet uniglumé, tous les autres biglumés; un épi 
avec deux épillets uniglumés, tous les autres biglumés ; un épi avec trois 
épillets uniglumés, tous les autres biglumés.... jusqu'à un épi avec tous les 
épillets uniglumés, Cette premiére série terminée, nous fimes de nouvelles 
recherches pour en composer une seconde , et bientôt nous eümes : le Festuca 
loliacea à épillets tous solitaires et sessiles; puis un épi où l'épillet inférieur 
était porté sur un pédicelle de plusieurs millimètres ; puis ce pédicelle s'allon- 
geait de plus en plus, et parfois aussi celui du second épillet et méme des 


en a un dans son herbier, récolté prés de Paris, il y a plus de cent cinquante ans; 
MM. Cosson et Germain en ont observé trois dans la même région (prés d'Étampes), en 
1843 ; M. Tweedie en a rapporté un cinquième de Buenos-Ayres ; entia, M. Du Mortier 
nous apprend que M. Hardy en aurait récolté un sixième prés de Beaumont (Hainaut), 
il y a peu de temps. 

(4) Revue de la Fl. Par., addit., p. 489. 

(2) Ann. sc. nat, 3° série, vol. XVIII, p. 6. 

(3) Gardeners’ Chronicle, 1872, p. 358. : M 

(A) Voyez la note sur le Lagenaria sphærico-vulgaris par M. Germain de Saint- 
Pierre (Bull, Soc. bot. de France, XIII, p. 301). Le Lagenaria sphærica est mainte- 
nant compris dans le genre Sphærosicyos Hook. f. (Bentham et Hooker Genera plant., 
I, p. 824). 
; 3) ou est la nature du Festuca loliacea? par A. Cogniaux (Bull. Soc. bot. de Bel- 
gique, IV, p. 336). 


XXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


suivants; bientôt, à la base du pédicelle assez allongé de l'épillet inférieur, 
s'ajontait un second épillet sessile; puis celui-ci se pédicellait à son tour, et 
le plus long pédicelle portait deux épillets. D'autres épillets ne tardaient pas 
à s'ajouter à ceux-ci, en méme temps que le second, le troisiéme.... et enfin 
tous les épillets de l'épi primitif subissaient la méme multiplication. C'était 
déjà le Festuca elatior var. pseudo-loliacea; encore quelques intermédiaires 
avec la panicule de plus en plus ramifiée, et nous obtenions le type le mieux 
caractérisé de F. elatior (1). Dans la première série, à partir de quelle forme 
le F, loliacea avait-il disparu pour être remplacé par le Lolium perenne, 
et dans la seconde quelle pouvait bien étre la limite précise séparant le 
F. loliacea du F. elatior? Nous ne trouvons que deux explications possibles : 
ou bien les Festuca elatior, F. loliacea et Lolium perenne ne font qu'une 
seule espèce, ce que personne n'admettra; ou bien le F. loliacea est un 
hybride des deux autres, et toutes les formes signalées plns haut ne sont 
que des retours aux types qui lui ont donné naissance, comme on l'observe 
souvent dans les hybrides, 

Les faits qui précédent nous ont paru utiles à signaler à la suite de notre 
petite note, afin d'achever de convaincre de leur erreur ceux qui classent 
encore le F. loliacea parmi les espèces légitimes, ainsi que ceux qui re» 
fusent d'admettre l'hybridité entre espèces n'appartenant pas au méme genre, 
car nous ne croyons pas qu'il vienne à l'esprit de personne de réunir les 
Lolium aux Festuca. 


A l'oecasion de cette communication, M. Germain de Saint-Pierre 
dit qu'il regarde le Marrubium Vaillantii Coss. et Germ. comme 
une simple variété du M. vulgare. 

M. Ed. André dit que le Lamium maculatum présente une 
grande variabilité dans ses formes cultivées, et méme des accidents 
tératologiques. | 

M. Germain de Saint-Pierre ajoute qu'il a trouvé une fois celte 
espéce munie de cinq pétales distincts. 

M. Cogniaux fait à la Société une deuxième communication ; 
Sur les ressources bibliographiques dont les botanistes disposent 
en Belgique (2). 

M. Du Mortier fait observer que le tableau tracé par M. Cogniaux 
est trop sombre, et qu'il faut laisser aux institutions naissantes le 


(1) Raspail avait observé autrefois les mêmes modifications (Nouv. syst. de physiol, 
végét, édit. belge, pp. 448-449), et nous avons tout lieu de croire qu'ici il n'ayait pas 
vu seulement avec les yeux de l'imagination. 

.(2) Cette communication a été publiée dans le Bulletin de la Société royale de bota- 
nique de Belgique, t. XII, p. 147. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. xxvi 


temps de se développer, sans oublier que le Jardin hotanique de 
Bruxelles n'est que depuis trois ans seulement une propriété 
de l'Etat. 

M. Delogne dépose sur le bureau une note intitulée : Contribu- 
tion à la flore cryptogamique de la Belgique (1). 

M. Ed. Bureau, aide-naturaliste au Muséum de Paris, au nom de 
M. le professeur Brongniart, empéché de se rendre à cette réunion, 
demande des renseignements sur l'installation du nouvel établisse- 
ment botanique fondé à Bruxelles par l'acquisition du Jardin 
botanique et de l'herbier Martius. 

M. Du Mortier dit qu'il a reçu en effet une lettre de regrets de 
M. Brongniart et qu'il s'empressera de donner à M. Bureau les 
renseignements demandés. 

M. Bommer fait à la Société la communication suivante : 


ÉTUDE SUR LE BLEUISSEMENT DES FLEURS DU PHAJUS MACULATUS Liudl,, 
pr M. J.-E. BOMMER, conservateur du Jardin botanique de l'État, professeur à l'Université 
de Bruxelles. 


Les fleurs du Phajus maculatus Lind]. ne sont certainement pas remar- 
quables par leur colorís normal, mais elles deviennent seulement intéres- 
santes , lorsque, leur floraison terminée, elles se fanent sur la plante ou lors- 
qu'elles en sont détachées étant encore dans toute leur fraîcheur. Alors, se 
dépouillant de leur couleur jaune orangé clair, on les voit verdir, puis passer 
graduellement à un bleu indigo foncé, qui se manifeste d'abord par places et 
finit par envahir toute la fleur. Les fleurs des Calanthe vestita, C. veratri- 
folia et densiflora se comportent de méme, mais en présentant un plus faible 
degré de coloration bleue, A l'état frais, elles bleuissent en peu de temps, 
lorsqu'elles ont été froissées ; si la hampe qui les porte est trop serrée par un 
lien, l'endroit contusionné bleuit également, Les Zimafodes présenteraient 
aussi les mêmes particularités. Toutes les parties de la plante du Phajus 
maculatus, pseudobulbes, feuilles, hampe, peuvent bleuir d'une manière plus 
ou moins complète. 

La manifestation d'une matière colorante bleue dans des fleurs jaunes est 
certainement de nature à étonner celui qui porte quelque intérét aux causes 
de la coloration des fleurs et de la coloration des plantes en général. La pro» 
duction de cette matière colorante bleue est en quelque sorte une anomalie 
venant à l'encontre des théories admises. Quelle était, dans ee cas, la valeur 
des coloris de la série cyanique et de la série xanthique ? Leur importance 


(4 Cette note a été publiée dans le Bulletin de la Société royale de botanigue de Bel- 
gique, t. XII, p. 168. 


XXVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


purement relative était détruite par une exception qui n'est pas seule de son 
espèce. Il existait là un fait qu'il s'agissait d'éclairer, au moins en partie, en 
étudiant les causes de cette coloration qui semblait insolite. Je constatai que, 
par une prompte dessiccation , la couleur bleue des fleurs du Phajus macu- 
latus devenait plus marquée, mais la chaleur n'était nécessairement pas 
l'unique cause de ce changement, pas plus que l'influence de la gelée, qui a 
été prise pour principal agent de ce méme phénomène par MM. Gæppert (1) 
et Éd. Prillieux (2), dans ces derniers temps. 

Le sujet de mon étude n'était donc pas nouveau ; mais, malgré les conclu- 
sions auxquelles ont été amenés les savants que je viens de citer, à la suite de 
leurs expériences sur le bleuissement des fleurs du Phajus et des Calanthe, 
il restait, me semble-t-il, des points à élucider, de nouvelles expériences à 
tenter, dictées par une autre manière de voir. Ce fut là le point de départ de 
quelques opérations sur des fleurs de Phajus maculatus, qui étaient dans 
toute leur fraîcheur et qui ne furent soumises à d'autre influence de tempé- 
rature que celle de l'air ambiant (48° à 25° centigrades) dans lequel j'opérais. 

Dans toutes mes expériences, c'est à la chaleur surtout et par une bonne 
lessiccation due à ce méme agent que le bleuissement des fleurs a été le plus 
intense, Il existe, en apparence, des causes multiples, mais il n'est pas dou- 
teux qu'une cause principale intervient pour opérer ce phénoméne chroma- 
tique, auquel se rattachent probablement quelques causes secondaires. C'était 
la recherche de l'origine de ce changement de coloris qui fut ma plus grande 
préoccupation. Je me posai les questions suivantes : 

1° Le bleuissement des fleurs du Phajus maculatus est-il le fait d'une 
désorganisation des tissus due à l'action de l'ammoniaque qui pourrait pro- 
venir de la décomposition des matières azotées contenues dans les cellules? 

2° Est-il dû à une altération de la matière colorante jaune primitive ? 

3° Résulte-t-il d'une transformation chimique de la matière colorante jaune? 

A? Cette matière colorante bleue est-elle propre et indépendante de la 
matiére colorante jaune? 

5° A quelle époque de la vie existe-t-elle dans la fleur? Se forme-t-elle 
pendant l'anthése? Existe-t-elle pendant que les fleurs sont daus toute leur 
fraîcheur, lorsque rien ne peut faire soupconner la présence d'une matière 
colorante de cette nature? Sous quel aspect se présente-t-elle dans ce cas? 

Le fait du bleuissement était palpable, ce n'était donc pas ce qu'il importait 
d'étudier, mais bien l'origine, le principe de la matiere colorante; par con- 
séquent, c'était en essayant de résoudre les deux derniéres questions et en 
basant mes recherches sur cet ordre d'idées, que la vérité me semblait plus 
facile à atteindre. 


(1) Botanische Zeitung, 45 juin 1874. 
(2) Coloration en bleu des fleurs de quelques Orchidées sous l'influence de la gelée, 
par M, Éd. Prillieux (Bulletin de la Société botanique de France, t. XIX, p. 132). 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGiQUE, JUILLET 1873. XXIX 


L'état dans lequel j'avais trouvé les fleurs fanées du Phajus maculatus 
avait provoqué quelques expériences pour extraire et isoler la matière colo- 
rante bleue. Ce furent des parties fraiches de la fleur qui servirent aux essais. 
Je procédai dans l'ordre suivant, en employant comme dissolvants : l'eau 
distillée, l'alcool rectifié, l'éther sulfurique concentré, le chloroforme, lam- 
moniaque pure. 

EAU DISTILLÉE.— Au début des expériences, les labelles du Phajus avaient 
été soigneusement écartés à cause de la coloration brune qu'ils présentaient 


` 


et qui s'étend jusqu’au gynosteme, ce qui les rendait impropres à être 
soumis à des solutions alcooliques ou éthérées. Cette même matière colorante 
brune produisit une fluorescence rougeâtre dans une solution éthérée, faite 
au moyen des gynostėmes et des ovaires réunis ; dans ce cas, la solution est 
complexe et imparfaite. 

Soupçonnant dans cette matière colorante brune l'analogue de la phyllo- 
phaioine (1), et par conséquent soluble dans l'eau, je mis les labelles en 
macération dans de l'eau distillée, qui immédiatement se colora en brun 
clair. Soumis à l'action de l'ammoniaque, le liquide passa au jaune verdâtre, 
l'acide sulfurique lui donna une teinte rougeâtre. — — 

Des sépales jaunes, frais, sans aucune trace de coloration bleue, mis dans 
de l'eau distillée, n'ont présenté d'autre changement, au bout d'une heure, 
qu'un léger bleuissement à leur base. 

Au bout de douze heures, l'eau distillée ne dissout aucune matière colo- 
rante ; les sépales ont conservé leur coloration type avec le léger bleuissement 


(4) C'est dans le Bulletin du Congrès international de botanique et d'horticulture, 
réuni à Amsterdam en avril 1865, que, pour la premiére fois, j'ai fait mention d'une 
matière colorante désignée sous le nom de phyllophaioine (de co:ó;, brun). Cette ma- 
tiére colorante se rencontre dans beaucoup de végétaux, mais elle est surtout abondante 
dans ceux dits à feuilles persistantes (Ilex Aquifolium, Camellia japonica, Thea viridis, 
Coffea arabica, Rhododendron ponlicum, Ligustrum vulgare, etc.) Intimement mêlée 
à la chlorophylle, elle donne aux solutions alcooliques ou éthéro-alcooliques de cette sub- 
stance une fluorescence rouge-sang, qui ne se produit pas si l'on a pris le soin de l'élimin er 
avant de faire la solution.— On peut séparer la phyllophaioine de la chlorophylle en broyant 
finement les feuilles qui la contiennent et en les soumettant ensuite à des lavages ré- 
pétés à l'eau distillée jusqu'à épuisement de toute matiére colorante soluble dans l'eau, 
Aprés filtration, on obtient un liquide d'un jaune terne qui, au bout de quelques heures 
de repos, se partage en deux couches, l'une d'un brun clair plus ou moins foncé, selon 
l'espéce de plante dont proviennent les feuilles, l'autre d'un jaune clair ; la première 
couche est formée de phyllophaioine, la seconde de phylloxanthéine. Le résidu de la 
filtration, traité ensuite par parties égales d'alcool et d'éther sulfurique, fournira une 
solution de chlorophylle exempte de fluorescence. — La coloration rouge printaniére 
des jeunes pousses de beaucoup de plantes (Houx, Rosiers, Sumacs, etc.), est prin- 
cipalement due à la phyllophaioine, dont la formation est antérieure à celle de la chlo- 
rophylle parfaite. Il en est de même pour la coloration rouge automnale des plautes, dont 
la chlorophylle en voie de décomposition perd son principe coloraut bleu, la phyllo- 
cyanine, et laisse ainsi dominer la phyllophaioine. Gelle-ci, mélée alors en proportions 
variables aux matières colorantes jaunes (phylloæanthine et phylloxanthéine), donne aux 
feuilles ces colorations d'un rouge plus ou moins vif dont j'ai désigné le principe colorant 
sous le nom de zantherythrine. (Considéralions sur la panachure et la coloration des 


feuilles, in Archives cosmologiques, Bruxelles, 1867.) 


XXX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


signalé ci-dessus. — Après quatre-vingt-seize heures, aucune matière colo- 
rante ne s'était dissoute. ; 

Les sépales ayant conservé la majeure partie de leur coloration jaune, 
furent découpés et mis dans de l'eau distillée complétement privée d'air. Ils 
maintinrent leur couleur jaune sans bleuir, tandis que, lorsqu'ils sont mis en 
contact avec l'air extérieur, ils bleuissent rapidement. 

ALCOOL. — Des sépales frais, pris sur la plante et plongés immédiatement 
dans de l'alcool rectifié, ne laissent apercevoir aucun changement pendant quel- 
que temps. Aprés vingt minutes de macération, ils changent d'aspect, devien- 
nent en partie d'un bleu violacé et abandonnent à l'alcool une matière colorante 
jaune. — Au bout de douze heures, le liquide a pris une coloration d'un 
vert jaunâtre clair, qui est nécessairement due au mélange d'une forte partie 
de la matière colorante jaune et d'une faible proportion de la matière colo- 
rante bleue qui s'est dissoute en méme temps. | 

Les sépales, presque complétement épuisés de la matiére colorante jaune, 
sont devenus d'un bleu pâle ressemblant à l'indigo. Traités de nouveau par 
l'alcool, ils ont laissé dissoudre une matière colorante d'un aspect verdâtre 
excessivement pâle, tout en conservant la coloration bleue qui s'étend princi - 
palement aux nervures, Ces sépales, soumis de nouveau à l'action de l'alcool, 
ont douné, après dix heures de macération, une solution d'un bleu très-clair. 
La solution ne présentait aucune modification vingt-quatre heures après l'ex- 
périence, et l'épuisement de la matière colorante bleue ne put être complet 
que par l'action de l'éther sulfurique sur les sépales qui étaient encore 
colorés. 

Des sépales et bractées séchés, d'un bleu foncé, plongés dans l'alcool et v 
ayant séjourné pendant dix heures, l'ont coloré en jaune foncé, à peine ver- 
dàtre, tout en conservant leur couleur bleue primitive, La solution colorée en 
jaune ayant été mise à part, les sépales et bractées ont été soumis à une nou- 
velle dose d'alcool pour obtenir une dissolution complète de la matière colo- 
rante jaune. Aprés vingt-quatre heures de macération, une solution jaune clair 
verdâtre a été obtenue et séparée des sépales et bractées, qui maintenaient leur 
couleur bleue, Une troisième solution fut faite pour obtenir un épuisement 
complet de la matiére colorante jaune. Au bout de dix heures, la solution 
alcoolique présentait une coloration d'un bleu excessivement pâle et verdátre, 
due aux traces de la matière colorante jaune. Cette macération, prolongée 
pendant vingt-quatre heures, ne donna pas d'autre résultat. Quelques sépales 
conservaient encore un aspect bleu verdâtre par places. Afin d'extraire la 
matière colorante bleue, une quatrième solution au moyen de l'éther sulfu- 
rique devint nécessaire. Le liquide se colora, au bout de vingt-quatre heures, 
en un jaune verdâtre clair, Une cinquième solution éthérée donna une soiu- 


tion bleu verdâtre clair. A partir de ce moment, les sépales et bractées étaient 
complétement épuisés, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XXXI 


ÉTHER SULFURIQUE. — Des sépales frais, pris sur la plante et plongés im- 
médiatement dans de l'éther sulfurique concentré, ont pris rapidement une 
couleur d'un jaune citrin qui a passé au verdâtre. Le liquide contenait en 
dissolution une matière colorante bleu pâle, Une partie de cette solution, mise 
en contact avec une trace d'ammoniaque, a donné lieu à une réaction, qui a 
divisé le liquide en deux parties : la supérieure d'un bleu pur brillant, l'infé- 
rieure d'un jaune clair. C'est le contraire de l'expérience faite par M. Fremy 
sur la chlorophylle, oà il a obtenu un résultat analogue, mais au moyen de 
l'acide chlorhydrique. Au bout de douze heures, la solution éthérée est deve- 
nue beaucoup plus foncée. Les sépales fortement épuisés de la matière colo- 
rante bleue sont d'un jaune citrin un peu verdâtre, qui témoigne encore de 
la présence d'une certaine proportion de la matière colorante bleue non en- 
lièrement dissoute ; cela est démontré par la pointe des sépales qui est légère- 
ment verte. Le liquide, soumis au contact d'une faible partie d'acide acétique, 
ne subit aucun changement. Une plus forte proportion d'acide ayant été 
ajoutée, il ne s'est produit aucune réaction. Les sépales, repris par de l'éther, 
n'ont pas tardé à donner lieu à une solution d'un jaune verdátre clair, dà à la 
présence d'une faible proportion de matière colorante bleue non entièrement 
dissoute dans la première solution. Quarante-huit heures plus tard, la solation 
n'a pas changé d'aspect. Ces mémes sépales repris ensuite par de l'alcool, 
celui-ci se colora en jaune clair verdâtre, plus pâle que celui de la solution 
précédente. Les sépales, devenus incolores, conservaient cependant encore 
quelques légères traces de matière colorante bleue. 

CHLOROFORME. — Des sépales secs fortement bleuis, plongés dans le chloro- 
forme, donnent rapidement une solution d'un bleu indigo, sans dissoudre 
d'autres matières colorantes, 

AMMONIAQUE, — Une fleur entière de P/ajus maculatus, qui, par places 
trés-restreintes, commençait à bleuir, mais dont la totalité était colorée en 
jaune, plongée dans l'ammoniaque, a tout aussi rapidement et plus fortement 
bleui que par la dessiccation, L'ammoniaque, qui était parfaitement incolore, 
s'est colorée en jaune d'une maniere très-marquée ; la matière colorante bleue 
est restée insoluble. Des bractées desséchées sur la plante et complétement 
bleues ayant séjourné pendant dix heures dans l'ammoniaque , n'ont rien eu 
de modifié dans leur coloration primitive, 

CHALEUR. — Des sépales secs, fortement. bleuis, soumis à l'action de la 
chaleur dans un tube à réactif, produisent des vapeurs pourprées qui se subli- 
inent en petits cristaux aciculaires d’indigotine, 

CONTENU DES CELLULES. — A l'état frais, c'est dans le protoplasma et 
surtout autour de son nucléus que se trouve lá matière colorante jaune. De 
très-petites granülations incolores, éparses à la partie externe du protoplasma, 
produisent la matière colorante bleue. 

Dans les sépales qui ont été épuisés par l'alcool, tout le tissu cellulaire est 


XXXII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


d'un bleu pâle, plus foncé à l'endroit des nervures ; l'utricule protoplasmique 
des cellules renferme un nucléus incolore, qui a sensiblement diminué de 
volume, il est accompagné de nombreux granules d'indigo bleu. 

Les sépales dont la matière colorante bleue a été épuisée par l'éther sulfu- 
rique présentent des cellules contenant un très-petit nucléus parfois coloré 
en jaune, mais souvent incolore, On rencontre, à divers endroits, de la matière 
colorante jaune adhérente aux parois cellulaires et groupée sans forme déter- 
minée. Les sépales traités par l'éther sont d'un beau jaune citrin. 

CONCLUSIONS. — En résumé, les expériences citées plus haut amenent à la 
déduction des faits suivants : | 

1° L’existence d'une matière colorante brune (phyllophaioine), soluble dans 
l'eau. 

2° L'insolubilité dans l'eau de la matière colorante jaune. Le bleuissement 
des sépales ou de leurs fragments, lorsque, par une circonstance favorable, 
l'air extérieur peut étre mis en contact avec le contenu cellulaire. Ce bleuis- 
sement est dû indubitablement à l'action de l’oxygène sur les granules inco- 
lores [indigo blanc, ou plutôt indican (1)] répartis à la surface du proto- 
plasma, et qui sont ainsi transformés en granules d'indigo. 

3° L'action spéciale de l'alcool, qui agit principalement comme dissolvant de 
la matière colorante jaune et faiblementsur la matière colorante bleue. 

h^ L'action spéciale de l'éther sulfurique comme dissolvant de la matière 
colorante bleue et agissant faiblement sur la matiére colorante jaune. La 
réaction produite par une trace d'ammoniaque sur une solution éthérée qui 
s'est divisée en deux parties: l'une supérieure, d'un bleu pur brillant; 
l'autre d'un jaune clair. 


5° L'action locale du chloroforme, qui dissout la matière colorante bleue, 
à l'exclusion de toute autre ; 


6° L'action de l'ammoniaque, qui, dissolvant toute autre matière colorante 
que la bleue, isole complétement celle-ci. 

7° L'action de la chaleur sur des sépales secs, produisant des vapeurs pour - 
prées qui, en se sublimant, produisent des cristaux d'indigotine. Circonstance 
qui décèle suffisamment la nature de la matière colorante produisant le bleuis- 
sement dans les fleurs du Phajus maculatus. 

8° Le bleuissement des fleurs du Phajus maculatus n'est le résultat d'au- 
cune altération des tissus, ni d'une altération de la matière colorante jaune ou 
d'une transformation chimique de cette substance. 

9° Le principe qui produit la matière colorante bleue est indépendant de 
la matière colorante jaune, 1l existe, dans la fleur du PAajus maculatus , à 
l'état d'indican ; ou le rencontre aussi dans toutes les autres parties de cette 
espèce, où il se traduit d'une manière évidente, non par l'effet du gel et du 


(4) Glycoside qui existe probablement dans toutes les plantes susceptibles de fournir 
de l'indigo. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XXXIIL 


dégel, mais au contraire par la dessiccation des organes avancés en áge et 
dans des conditions de température élevée qui sont convenables au parfait 
développement de la plante. 

Il mereste une remarque à faire au sujet des belles expériences de M. Fremy 
sur la chlorophylle. La manière dont la phyllocyanine se comporte avec l'acide 
chlorhydrique dans le dédoublement de la chlorophylle ne présente rien 
d'anormal. Bien au contraire, elle indiquerait suffisamment l'origine de la 
phyllocyanine due à la présence de l'indican transformé en indigo, qui exis- 
terait dans la chlorophylle et dont les proportions doivent étre excessive- 
ment minimes à cause de son pouvoir colorant. 


Et la séance est levée à onze heures. 

À midi, la Société s'est rendue au Musée royal d'histoire natu- 
relle, où elle a été reçue par MM. Crépin et de Borre, conservateurs 
attachés à cet établissement; elle a visité ensuite les belles serres 
de M. Linden, et l'exposition de la Société royale de Flore, dis- 
posée dans un des quinconces du parc. 


SÉANCE DU 22 JUILLET (à Rochefort). 


PRÉSIDENCE DE M. DU MORTIER. 


La séance est ouverte à neuf heures du matin, dans la grande 
salle de l'hótel de ville de Rochefort. 

M. Du Mortier occupe le fauteuil, et commence par remercier 
MM. les membres de la municipalité de Rochefort, et spécialement 
M. le docteur Delvaux, bourgmestre de la ville, de la gracieuseté 
avec laquelle ils ont mis les salles de l'hótel de ville à la disposition 
des membres de la session. Il adresse en outre des remerciments 
aux habitants de Rochefort qui ont aidé la Société dans son excur- 
sion de la veille. 

Les ouvrages suivants, offerts à la Société par M. C. Malaise, 
Sont déposés sur le bureau : 

Sur les rhizomes verticaux du Phragmites communis Trin. 

Programme détaillé du cours d'histoire naturelle, etc. 

Utilité de l'étude de la botanique. 

Quelques observations à propos de la Passerine. 

Notice sur la vie et les travaux de Eugéne-H .-L.-G , Coemans, 

Et plusieurs articles de bibliographie. 

T. XX. C 


XAXIV SOCIÉTE BOTANIQUE DE FRANCE, 

M. Méhu, secrétaire, donne les noms de quatre botanistes qui 
sollicitent leur admission parmi les membres de la Société. 

M. Baguet dépose sur le bureau une note sur le Sedum ru- 
bens (1). 

M. Des Étangs donne lecture de la note suivante : 


NOTE SUR UNE ANOMALIE DES FLEURS DU MELILOTUS ALTISSIMA Thuill., ET SUR 
L'AGCROISSEMENT D'INTENSITÉ DE L'ODEUR PROPRE A CETTE ESPÉCE $ 
par M. S. DES ÉTANGS. 


J'ai l'honneur de présenter à la Société des échantillons de Melilotus altis- 
sima Thuill. , dont les verticilles floraux sont remplacés par de simples lanières 
et chez lesquels l'odeur est plus prononcée que dans les fleurs à l’état nor- 
mal. Je les ai recueillis dans des lieux età des époques différentes. 

I. Le 13 septembre 1859, étant en herborisation à Brienne-Napoléon, je 
sortais du bois voisin du cháteau, et j'entrais dans la plaine du Jars qui y est 
contiguë, lorsque mon attention fut attirée par une odeur particulière très- 
prononcée, Je cherchai quelle pouvait être la plante qui la produisait et je 
finis par la découvrir : c'était le Melilotus altissima, mais presque mécon - 
naissable. Les fleurs normales étaient remplacées par de petits glomérules 
sessiles, composés de laniéres courtes, étroites, pulvérulentes, verdátres, cour- 
bées en dedans, formant plusieurs verticilles représentant le calice, la corolle, 
les étamines et le pistil. Ces glomérules n'étaient pas isolés, mais réunis plu- 
sieurs eusemble. 

Cet état particulier donne à la plante l'apparence d'un Chenopodium ou 
d'un Atriplex dont les fleurs commencent à se développer. 

II. En juillet 1872, je trouvai sur la voie de fer, près de Bar-sur-Aube, 
la méme espèce présentant à peu prés la méme anomalie, Elle en diffère par 
sa grappe plus large. Cela tient à ce que les pédicelles se sont allongés; ils 
forment de pelits rameaux portant des glomérules moins gros et moins nom- 
breux au méme point, ce qui présente un aspect tout différent de celui du 
sujet de Brienne, et surtout moins de ressemblance avec un Chenopodium. 

Je n'essayerai pas d'expliquer la cause de cette déformation; je ne pense 
pas qu'elle puisse étre attribuée à la piqüre d'un insecte, car je n'en ai vu 
aucune trace. 

J'ai cru devoir signaler les deux cas tératologiques qui précèdent, en raison 
de ce fait que l'odeur propre au Mélilot en a été accrue d'une manière très- 
sensible. 

Si la culture pouvait produire à volonté une pareille déformation, avec 
accroissement du principe odorant, les parfumeurs qui emploient le Mélílot 


.(4) Cette communication a été publiée dans le Bulletin de la Sociéts royale de bota- 
ntque de Belgique. 


- 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XXXY 


dans leurs préparations pourraient en tirer profit, mais il n'est pas vraisem- 
blable que les horticulteurs, qui ont produit tant de merveilles, puissent arri- 
ver à ce résultat. 


M. Coomans donne lecture de la note suivante de M. Bommer : 


SUR LE GROUPE DES LOXSOVACÉES, par M. J.-E. BOMMER. 


Dans la classification des Fougères que j'ai donnée en 1867 (Bulletin de la 
Société royale de botanique de Belgique, t. V), j'avais compris les Zoxso- 
macec dans ma division I. ANNULATÉES ; mais comme les sporanges du Lox- 
soma ne possèdent qu'un anneau facial incomplet, cette famille doit néces- 
sairement se trouver eu tête de ma division IL PSEUDO-ANNULATÉES, el 
figurer sous le nom de CÉPHALODESMÉES (de xegoAóXcsuoc, bandeau pour la 
tête). Il résulte aussi de cette modification que la première diagnose est com- 
plétement changée. 


EUFILICINÉES. 
I. Annulatées. 
GLEICHENIACEÆ, HYMENOPHYLLACEX. 
JI. Pseudo-annulatées. 
A. Céphalodesmées. — Sporanges munis à la partie faciale externe (déhiscente) 
d'une large bande arquée composée de 8-12 articulations., LOXSOMACEÆ. 


B. COnnPchouloy 2, de 5, TES RU . POLYPODIACEA. 
C. Calyptrocyclées........ SURTOUT VET. Le e eee ScmzEACEX, LYGODIACEÆ. 
D. Plagulatíes 505... "a 25 tí $9796 $449 9. 8 V5 . OSMUNDACEÆ, 


Il]. Exannulatées, etc. 


M. Fournier présente les observations suivantes : 


M. Eug. Fournier dit qu'il a étudié récemment le genre Zozsoma sur des 
échantillons en trés-bon état de fructification, qu'il a pu communiquer à 
M. Bonimer, et qu'il regrette de ne pas partager la nouvelle opinion de son 
savant confrère. L'anneau des Zozsoma lui parait complet, s'étendant d'un bord 
à l'autre de la fente de déhiscence, en embrassant obliquement le sporange. 
Sans doute les cellules de cet anneau sont plus allongées dans le sens vertical 
au voisinage de la fente que dans le reste de leur étendue, et leurs parois, à ce 
niveau, sont indurées d'une maniére spéciale, mais ces cellules peuvent étre 
suivies sur le dos du sporange, où elles ne manquent jamais. 


M. Doümet-Adanson donne quelques détails verbaux sur l'expo- 
sition de la Société de Flore, et fait connaitre sur certains pointe 
de cette exposition l'opinion du jury, aux travaux duquel il a par- 
ticipé (1). 


(4) Voyez plus loin le rapport de M. Doûmet-Adanson sur cette exposition, 


XXXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Éd. André présente un rapport verbal sur les cultures de 
M. Linden (1). 
M. Ch. Royer fait à la Société la communication suivante 


APPLICATIONS DES ORGANES SOUTERRAINS A LA DÉTERMINATION DES PLANTES, 
pr M. Ch. ROYER. 


Les organes souterrains, si riches de formes et si divers d'évolution, peuvent 
servir trés-utilement à la détermination des espèces. C'est une assertion que 
j'ai déjà eu l'honneur d'émettre devant la Société (t. XVII, 1870, pp. 147-153 
et 168-172), et que je tâcherai aujourd'hui d'appuyer sur de plus amples 
preuves. 

Sans revenir sur les explications que je donnais alors pour justifier l'emploi 
de quelques termes nouveaux, je me borne à rappeler que j'entends par 
pseudorrhize toute racine adventive, par drageons les stolons hypogés, par 
plurannuelles (G3) les plantes qui ne fleurissent et ne périssent qu'après 
plus de deux ans d'existence, et par pseudo-vivaces (Cr) les si nombreuses 
plantes vivaces, qui sont dépourvues soit d’une racine, soit d’une souche 
indéfinie. Chez ces plantes, la floraison est suivie de la destruction ou tout au 
moins de la mortification de l'individu ; elles se comportent comme les plantes 
bisannuelles, avec cette différence que leur souche, avant de périr, a produit 
des bourgeons de remplacement. Il y a donc ici succession d'individualités ; 
mais non plus, comme chez les plantes vraiment vivaces, persistance d'une 
seule et méme individualité. 

Ces brefs détails de glossologie donnés pour plus de clarté, j'emprunterai 
des clefs dichotomiques aux parties souterraines des espèces les plus com- 
munes dans les genres Ranunculus, Viola, Epilobium, OEnanthe, Cirsium 
et Campanula. Mais avant d'établir ces clefs, qu'il me soit permis de présen- 
ter quelques observations sur plusieurs des plantes qui doivent y figurer. 

Peu aprés la germination, la radicule des Ranunculus ne prend plus qu'un 
faible accroissement ; elle finit méme par s'atrophier et disparaître, ou au 
moins par demeurer complétement inactive. La plante pourtant n'en a point 
souffert, car elle possédait déjà de nombreuses pseudorrhizes, qui de bonne 
heure avaient ou atteint ou dépassé les dimensions de la racine. Cette atro- 
phie frappe méme, ce qui est rare chez les Dicotylédones, jusqu'aux espèces 
annuelles ou bisannuelles, comme les R. arvensis et R. philonotis. Le rhi- 
zome buibiforme du A. bulbosus est composé de mérithalles charnus très- 
courts; parfois il produit des bourgeons aux aisselles des écailles de la plupart 
de ces mérithalles, et alors, au lieu d'un seul bulbe de remplacement, là 
plante en a plusieurs qui, devenus bientót libres, constitueront autant d'indi- 


(1) Voyez plus loin le rapport de M. Éd. Anüré sur les cultures de M. Linden. i 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XXXVII 


vidus ; c'est là une véritable émission de drageons sessiles. Parfois encore ce 
rhizome prend une forme cylindracée, et les articles ne se détruisent plus que 
la deuxième ou la troisième année ; dans ce cas, l'analogie est très-grande avec 
un rhizome de X. acer. La culture en un sol léger et fertile est la cause la 
plus fréquente de pareilles anomalies. 

On trouve dans le genre Viola, comme dans tant d'autres genres, une 
extrême diversité dans le système souterrain adulte : rhizomes, racines, plan- 
tes cespiteuses, plantes stolonifères ; et cette diversité conduit à une facile 
détermination des espéces. Le V. canina commence par avoir une rosette 
centrale indéfinie, comme le V. silvatica; mais elle s'oblitère aprés un an ou 
deux, tandis que chez le V. si/vatica, elle se maintient pendant un grand 
nombre d'années. 

La plupart des Zpilobium débutent par une racine grêle, rameuse, et 
accompagnée de nombreuses pseudorrhizes adjuvantes ; cette racine persiste 
jusqu'à l'évolution complète de la tige soit florifère, soit foliifere. Avant sa 
mort, la plante donne des bourgeons de remplacement sous forme de rosettes, 
de stolons ou de drageons; ces nouveaux individus auront donc un rhizome, 
tandis que la plante-mère, venue de graine, possédait une racine. Ainsi, pen- 
dant toute une année, le système souterrain des Æpilobium, comme celui de 
beaucoup d'autres espèces, offre de grandes similitudes morphologiques, quoi- 
qu'il doive plus tard revêtir les formes les plus différentes. Les premiers 
stolons de lÆ. palustre naissent au mois d'aoüt et se terminent en rosette 
foliacée ; mais ceux, bien plus nombreux, qui apparaîtront ensuite, seront 
munis du bourgeon charnu caractéristique. Chez les E. montanum, E. parvi- 
florum, E'. tetragonum, la reproduction par rosettes n'est efficace que si le 
sol reste humide ou ombragé ; sinon, les rosettes nes'enracinent qu'imparfaite- 
ment et périssent avant d'avoir pu monter à fleurs. Les E. hirsutum de semis 
ont une racine; mais dés l'automne, la base de la tige fournit des stolons 
dont le sommet, s'enfoncant bientót en terre, constitue d'abord des drageons, 
puis un rhizome qui restera longuement drageonnant, Ainsi, dans l'espace de 
moins d'une année, il y a ici transition de racine à rhizome, et de stolons 
à drageons. On remarquera dans la clef combien l'Z'. spicatum diffère des 
autres Æpilobium par son système souterrain, comme il en diffère notable- 
ment aussi dans ses parties florales, 

Quoique pourvus d'un rhizome, le Cirsium acaule et le Campanula Trache- 
lium ont eu d'abord une forte racine qui a persisté quelques années. Mais 
comme leur souche est plus on moins progressive el se munit de pseudor- 
rhizes, la vie abandonne peu à peu la racine, qui se détruit, et la plante passe 
ainsi au rhizome, forme définitive de son organe souterrain. 

Les Campanula Trachelium et C. rapunculoides sont remarquables par la 
persistance et l'accrescence de leurs pseudorrhizes, qui simulent une racine 
pivotante napiforme. Un renflement est très-notable aussi dans la racine 


XXXVII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


bisannuelle du C. Rapunculus, et la germination prouve qu'il a surtout pour 
siége l'axe hypocotylé. 

Les Œnanthe Phellandrium nés de graine perdent leur racine la seconde 
année ; mais ils continuent leur évolution à l’aide des pseudorrhizes sorties de 
bonne heure de la souche. Leur tige volumineuse étant imparfaitement sou- 
tenue par ces pseudorrhizes implantées dans un sol sans consistance, s'étale 
sur sa partie inférieure, qui devient ainsi de plus en plus radicante et finira 
par simuler un énorme rhizome obconique, fistuleux. Outre la reproduction 
par rosettes radicales et par graines, l'UE. Phellandrium jouit encore d'un 
troisième mode de propagation : lors de la destruction des tiges, certains 
nœuds supérieurs restent vivants, et quand ils s'échouent sur la vase, les 
bourgeons dont ils sont munis s'enracinent et constituent de nouveaux indi- 
vidus. Cette particularité est propre à plusieurs espéces aquatiques, comme 
Ranunculus Lingua, R. aquatilis, Nasturtium amphibium, Veronica Ana- 
gallis, Polygonum amphibium et plusieurs Potamogeton. 

L'OEnanthe Phellandrium a ses pseudorrhizes filiformes, cylindracées et 
toutes conformes; mais les QE. peucedanifolia, OE. fistulosa les out dimor- 
phes, les unes gréles, les autres renflées charnues, et c'est vers la floraison 
que se manifeste ce dimorphisme par l'épaississement d'un certain nombre 
d'entre elles. Les pseudorrhizes renflées du Ficaria ranunculoides en diffèrent 
par l'absence d'un prolongement filiforme terminal et aussi parce que c'est 
dans le cylindre cortical qu’elles sont hypertrophiées ; chez les OE nanthe au 
contraire, l'hypertrophie a pour siége le cylindre central, et les faisceaux vas- 
culaires s'y épanouissent au sein d'une masse charnue. Lors de la résorption 
annuelle de Ja pseudorrhize, le parenchyme contigu à chaque faisceau étant 
plus longtemps persistant que le parenchyme intermédiaire, la pseudorrhize 
ne contient plus à un certain moment que des filaments plus ou moins isolés. 
Le méme fait se produit dans les tubercules-pseudorrhizes de plusieurs 
Orchidées (Zoroglossum hircinum, Orchis mascula, etc.), d'où l'on a conclu 
à tort que ces tubercules étaient formés d'une agglomération de radicelles 
renfermées dans une enveloppe commune. 

Je passe maintenant aux clefs dichotomiques : 


Ranunculus, 


Plantes annuelles ou bisannuelles... 
Plantes pseudo-vivaces..... 


LE lex À À ew CR ai a a a aa a A A E d 2 
ka Vico TE e eia diee di DRE. Lis ciis aA 3 
9 | Plante annuelle ; souche unicaule.,.,.,..,,..........,,,,... R, arvensis L. 
"| Plante bisannuelle ; souche pluricaule.................... R. philonotis Retz. 
Des stólonis.-.:.. M 


EDS 605.0 PSP RE EN M M à SA À 27 ON A 0 too otossoo R. repens L. 
"| Point de stolons...... 


EV- ey Se «66064qovt0oá4vóéovt'ocevàvebtUoeg 6 40 à «9 noaa 


(dies. dràgeons sii ur uud uv uu YYQ SS QUNS T CK suo CRI R. Lingua L. 
| Point de drageons .,.,...,,,, 


Z | Des tiges radicantes.....,,.,.,.. 9 
| Point de tiges radicantes. ........ AT reset al E Nae a esse À 


*.$.4.9.89.9 989,2 b 9 be 5.929 052a.0.9,9 $ 5, * f 9, * 525 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. — XXXIX 


Tiges radicantes à leur partie inférieure. .... ..... een nnns. R. aquatilis L. 
Tiges radicantes sur toute leur longueur.....,.......... .... R. hederaceus L. 

| Rhizome bulbiforme...................... XM ELE ses... R.bulbosus L. 
Rhizome non bulbiforme........... D gU Dione) e o tits... -0 À 
Rhizome horizontal, allongé. .... Ode s O5OnOT E S00o0go9940G96 R. acer L. 
Rhizome oblique, vertical, court... ,. "^1. 30D060000909099900009009906 = 9 

( Point de filaments pétiolaires autour de la souche ........... .. R. Flammula L. 
Des filaments pétiolaires autour de la souche........ CA ODA SE D ODORE OUE 25710 
-ements en feutrage dense ; pseudorrhizes épaissies vers leur extrémité. ........ 

10 RE xx : E E S vete e eo .. R. gramineus L. 
Point de filaments en feutrage, ni de pseudorrhizes épaissies..... es RE 11 

1 į Filaments pétiolaires rares, courts, jaunâtres.............. ... R. auricomus L. 


( Filaments pétiolaires assez nombreux, allongés, bruns....... R. silvaticus Thuil, 


Viola. 
4 (Plante annuelle ou bisannuelle. ..,.......,, bud nation V fiioglor k 
| Plantes vivaces ou pseudo-vivaces............ i c iD X ul CPC ELS IAE 2 
( Ni stolons, ni drageons......... nee. Se Cote, 30 OTRA es à 
f Das skolons ou des drageons -=e EUM sms eau emails À 
unsDizome ns gis OS. sci IM sectes OPCWEIB L. 
Une racine et parfois des pseudorrhizes adjuvantes, ,,,.,,6,,,.,,,,+e6... 4 
( Nombreux bourgeons expectants adventifs à la racine, ........,... V. canina L. 
| Point ou trés-peu de ces bourgeons, ...............,. FAT F, silvatica Fries. 
Rhizome et pseudorrhizes très-grêles ; pe stolonifère- gud er Rn so 
Dea a a ee - . DS D HD og . palustris E 
Rhizome et pseudorrhizes assez robustes ; ; plante &toloniféró- €... oes 6 
Stolons radicante. irnia e siekis eisioes Eara enie otete COE V. odorata L. 
Stolons.non.FAdioaníS,,.. «06009500 een y NS ES US AC EN uno 7 
Btolüns Courts, robusies=........../......,.01:,70.0, V. permixta Jord. 
Siolons allongés, peu robustes, ........ RARE INT NE E E .. V. alba Bess, 
Epilobium. 
Rhizome subligneux ; pseudorrhizes drageonnantes.,........ E, spicatum Lmk. 
‘Point de rhizome subligneux, ni de pseudorrhizes drageonnantes.......... «2 
2 Rhizome drageonnant........ Aue ne toto LC ohiin in E 
Point de rhizome drageonnant.......................,................ 4 
Drageons robustes, à écailles minces, ascendantes....,...,,... . E. hirsutum L. 
Drageons gréles, à écailles charnues-épaisses, apprimées.... E. alsinefolium Vill. 
Des rosettes radicales sessiles ou subsessiles, ..,,...,.......,.........,.. 5 
Point de rosettes radicales, mais des stolons.....,.................... e 4 
Rosettes quadrangulaires à écailles charnues, imbriquées....... E. montanum L. 
Rosettes folíacées. .. ... (aW wei, GEEEVEE GF EHEE wn CC t rir TR] 


Rosettes sessiles à feuilles luisantes, convexes..,...,.....,., E, tetragonum L. 

Rosettes pédicellées à feuilles ternes, planes. ...,..... E. parviflorum Schreb. 

[Sls terminés par un bourgeon foliacé............... E. obscurum Sclireb. 
7 


Stolons terminés par un bourgeon ovoide-subglobuleux, à écailles charnues....... 
yam veux xbecrnprecectes £cnod. patusre L. 


edàoven& wr». A D 290 D 00 t 


«Enanthe. 


Pseudorrhizes conformes, cylindracées............... OE. Phellandrium uk 
Pseudorrhizes dimorphes, les unes filiformes, les autres épaissies........ ees . 


xL SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 
9 Des dol ss ce NAN d» cose ions UE. flsiulosa. L- 
Poles NOUIS, 1... 0 0 4e Ti Ni mate vo ue M pe ttes 3 


Pseudorrhizes épaissies allongées, cylindracées-subelaviformes. OE. Lachenalii Gml. 
31 Pseudorrhizes épaissies courtes, ovoïdes, brusquement contractées en filament. . .. 


SHOT OO Se O0 OE. peucedanifolia Pollich, 
Cirsium. 

Plantes bisannuelles ou plurannuelles, ...,.:.......,............. 3050 05 2 
Plantes pseudo-viyacgs.. -> -nesne gee 2 s Me Ad c0. E o ES 4 

9 Plante bisannuelle-. o oe a i C. lanceolatum Scop. 
Plantes plurannuelles. 5,5" manne... esse qnodRAUISUL v SCR ed 3 
Racine robuste; sublignieusg. ut... es .. C. eriophorum Scop. 

31 Racine nulle, ou grêle égalée par les nombreuses pseudorrhizes de la souche. .... 
Pee Macc ea a ie sn ciao iusti oktesse ue Gapura Scan 
Pseudorrhizes drageonnantes...:...:,.#.................. C. arvense Scop. 
CONI dE muemAlienemd un. Qu 1.0 Me CT 5 


issu dimorphes, les unes filiformes, les autres plus ou moins épaissies. . . 
5 


HAN SAE HET PL NTI TN ET TANT ES UID VE PIS C. anglicum Lobel. 
Picndorrhizas CORDES En une ne ERRARE 6 

6 Pseudorrhizes toutes épaissies-fusiformes. .................. C. bulbosum DC. 
Pseudorrhizes toutes cylindracées..... Eccc e A 2812 L 7 
Pseudorrhizes peu nombreuses, brunes, subligneuses ; rhizome assez gréle........ 

7 a ana a aa DIA LE PR ER PR A C. acaule Al. 
Pseudorrhizes trés-nombreuses, blanchâtres, non subligneuses ; rhizome robuste... 
Ado dE ende eC C RM PE REM RS C. oleraceum Scop. 

Campanula 


Plantes hisannuelles. ...... e eer exire diese n Cice e i IW 
Plantes pseudo-vivaces... ......... 


Racine ramiée, subligneusó.. ess e da. ne. REGY jos Erinus L. 
Racine pivotante, charnue-napiforme.,,,,.,.,.,............ € X. ` Rapunculus L. 
3 Point de drageons.......... ARAS M e seen D Poe dos ne C. Trachelium L. 
Des APODUS. aa eraro ce LESEN tirine E E E . qu SAC e ra e 0 4 
Drageons au rhizome et aux pseudurrhizes................. C. rotundifolia L. 
Dragoons au TOO PONT. -s Eviduaw rss «ie rc IAEA Peu 5 
6 ( Pseudorrhizes trés-nombreuses, presque toutes capillaires. .... C. persicifolia ne 


| Pseudorrhizes peu nombreuses, la plupart assez robustes ou robustes.......... 


Rhizome court ; pseudorrhizes rameuses, fortement cylindracées. C. glomerata k 
Rhizome allongé ; ; pseudorrhizes simples, fusiformes........ C. rapunculoides L. 


L'essai de cette nouvelle méthode ne semblera peut-étre pas trop téméraire; 
car elle se recommande d'une autorité des plus imposantes. De Candolle, en 
effet, s'exprime ainsi dans sa Théorie élémentaire de la botanique (p. 65) : 

« Une classification établie sur l'une des deux grandes fonctions (de repro- 
duction et de nutrition) des végétaux, sera aussi naturelle que si elle avait été 
établie sur l'autre. » 

Ce qui ajoute à l'impertance de cette assertion de De Candolle, c'est que 
les organes souterrains ne sont pas seulement des organes de nutrition, mais 


que souvent ils cumulent les triples fonctions de nutrition, de locomotion et 
de multiplication. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XLI 


M. Marchal fait à la Société la communication suivante : 
LA BRYOLOGIE ET LES BRYOLOGUES EN BELGIQUE, par M. E. MARCHAL. 


Plusieurs causes, parmi lesquelles nous citerons le manque de collections 
et de ressources bibliographiques, ont presque toujours forcé les botanistes 
belges à concentrer toute leur activité sur l'étude de la flore nationale. 1l en est 
résulté que celle-ci a été successivement l'objet de nombreux et importants 
travaux, ce qui nous autorise à dire que notre pays peut étre mis au rang de 
ceux dont la végétation indigène a été le mieux étudiée. 

Hâtons-nous de déclarer cependant que notre connaissance des végétaux 
inférieurs est bien peu étendue encore : toutes les familles de la Cryptogamie, il 
est vrai, ont été étudiées chez nous, mais aucune d'une maniére approfondie. 
Celle des Mousses néanmoins a tout d'abord attiré l'attention, et déjà l'étude 
en est assez avancée. Aussi nous avous pensé qu'il pourrait étre de quelque 
intérêt de jeter un rapide coup d’æil sur l'état de la bryologie en Belgique, 
ses progrès et les botanistes qui lui ont consacré leurs loisirs et en ont étendu 
la connaissance. 

Les auteurs qui ont écrit sur la flore belge à la fin du siécle dernier et 
au commencement de celui-ci, Gorter, Lestiboudois, Roucel, etc., ne men- 
tionnent qu'un nombre de Mousses très-restreint, et ce qui caractérise leurs 
travaux, c'est l'absence d'indications géographiques précises; celles qu'ils don- 
nent sont généralement si vagues qu'il n'est pas possible de reconnaitre ce qui 
appartient en propre à notre flore. Pour avoir des indications tout à fait pré- 
cises, il faut arriver à 1812. A cette époque, Jean Kickx I° énumère 28 espèces 
de Mousses dans son Flora bruxellensis; deux ans plus tard, Dekin et Passy, 
dont le cercle des herborisations aux environs de la capitale avait été plus 
étendu, en élèvent le nombre à 67, dans leur catalogue ou Ælorula bruzel- : 
lensis. 

.. En 1844, Hocquart en signale à peu près autant, pour le Hainaut tout entier, 
dans sa Flore de Jemmapes. 

Il faut alors franchir une période de vingt-trois ans pour voir apparaître le 
premier ouvrage spécial sur la cryptogamie belge. C'est en 1837 que Jean 
Kickx II, surnommé à juste titre le fondateur de la flore cryptogamique en 
Belgique, publiait son excellente Flore cryptogamique des environs de 
Louvain; ce précieux ouvrage contenait 119 espèces de Mousses, dont plu- 
sieurs étaient publiées pour la première fois dans notre pays. C'est également 
vers cette époque que le docteur Westendorp, l'une ce nos gloires botaniques, 
commençait à se faire connaitre par ses travaux de cryptogamie, d'abord pat 
son Catalogue des Cryptogames observés dans le Brabant et la province 
d'Anvers, publié en collaboration avec M. le docteur Van Hæsendonck ; 
ensuite par une série de notices cryptogamiques tres-importantes publiées 


XLII SOCIÉTÉ BOTANIOUE DE FRANCE. 


successivement dans le Bulletin de l’Académie des sciences, de 1845 à 
1859. Bien que la mycologie füt l'objet principal de ces mémoires, nous y 
trouvons néanmoins signalées un certain nombre de Mousses dont la plupart 
étaient alors à peu prés inconnues en Belgique. 

De son cóté, le savant professeur Kickx avait entrepris de fructueuses 
recherches sur la flore cryptogamique des deux Flandres, et en faisait con- 
naître les résultats dans les Nouveaux Mémoires de l’Académie ; les cinq 
notices qu'il y a publiées enrichisseient la flore bryologique de nos provinces 
septentrionales de 55 espéces nouvelles. 

M. Bellynck était également trés-heureux dans ses herborisations au bord 
de la Meuse, et signalait 76 espèces, la plupart trés-rares, dans son Catalogue 
des Cryptogames recueillis dans les environs de Namur. Nous en dirons tout 
autant de notre confrére M. G. Aubert qui, le premier, nous révéla les richesses 
de l'Ardenne dans son Catalogue des Cryptogames recueillis aux environs de 
Louette-Saint- Pierre, publié dans notre Bulletin en 1865, où il énumère 
110 espéces de Mousses. 

L'année 1867 vit paraître l’œuvre la plus importante que nous possédions 
en cryptogamie : la Flore cryptogamique des deux Flandres, pav J. Kickx. 
164 espèces de Mousses y sont trés-soigneusement décrites ; ce nombre, quoi- 
que en apparence déjà assez élevé, devra cependant s'accroitre dans une pro- 
portion considérable à la suite de nouvelles recherches. 

A partir de cette publication, l'étude des Mousses prend un nouvel essor. 
Gràce à notre Société, qui comptait alors six années d'existence, les amateurs 
sont mis en relation entre eux, des échanges s'établissent, et la publicité 
donnée dans notre Zulletin aux découvertes de chacun produit une telle 
émulation, que la bryologie semble être devenue une passion générale. 

La flore de J. Kickx, la publication d'une intéressante notice sur les 
Sphagnum par notre confrére M. Piré, et celle d'une liste trés-importante 
des Mousses de l'Ardenne donnée dans le méme numéro de notre Bulletin, 
par MM. Delogne et Gravet, furent le point de départ des études ultérieures. 
Aux quatre espéces de Sphaignes connues jusque-là, le mémoire de M. Piré 
en ajoutait six et deux variétés nouvelles, et la liste de nos confrères de 
l'Ardenne présentait 17 espéces de Mousses nouvelles récoltées pour ainsi dire 
uniquement dans la vallée de la Semoy. 

Ces découvertes inattendues furent comme un trait de lumière : on comprit 
alors quelle pouvait étre l'étendue des tronvailles qui restaient à faire dans le 
champ si vaste et pour ainsi dire vierge encore de la bryologie. Aussi des 
amateurs surgirent sur différents points du pays, de nouvelles et sérieuses re- 
cherches furent entreprises et couronnées de succès, et donnèrent lieu à plu- 
sieurs publications dont nous allons rendre compte brièvement. 

Les données concernant les Mousses étaient éparses dans différents ouvra- 
ges. M. Piré, qui a toujours été parmi nous le propagateur ardent des études 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XENI 


bryologiques, reconnut tout l'avantage qu'il y aurait à les réunir en un seul 
corps. C'est ce qu'il entreprit avec beaucoup de talent dans une série de mé- 
moires publiés dans notre Bulletin de 1867 à 1871, sous le titre « Recherches 
bryologiques ». V y passe en revue les Mousses signalées jusque-là en Belgi- 
que, ses découvertes personnelles et celles que lui communiquaient les autres 
amateurs, c'est-à-dire environ 350 espèces dont il en décrit 175 comme nou- 
velles pour la flore, bien que les noms en eussent été publiés déjà, soit dans 
les listes ou l'exsiccata de MM. Delogne et Gravet, soit dans d'autres travaux. 

De leur cóté, ces deux derniers botanistes, placés. dans la région arden- 
naise, véritable éden du bryologue, continuèrent à étudier ce beau champ 
d'exploration où la main de l'homme n'a rien gâté encore; les découvertes 
qu'ils firent tiennent vraiment du merveilleux, si l'on considère le peu de 
temps qu'ils ont mis à les faire et le peu d'étendue de la région ardennaise qui 
à été soumise à leurs investigations. Une partie de ces découvertes fat consi- 
gnée dans sept listes publiées dans notre Bulletin, une autre a été livrée à la 
publicité par leur précieux exsiccata. 

En 1869, notre confrére M. Cogniaux publia dans le méme recueil une 
notice intitulée : Essa d'analyse des Mousses pleurocarpes. Frappé des diffi- 
cultés sans nombre que présente la détermination des Mousses basée sur les 
organes de la fécondation, dans tous les cas où on les rencontre non fructifiées 
— et ils sont malheureusement bien nombreux,— M. Cogniaux a eu l'heureuse 
idée de tracer des tableaux analytiques à l'aide de caractères tirés exclusive- 
ment de la tige et des feuilles. Ces tableaux permettaient d'arriver facilement 
au nom des 100 espèces de pleurocarpes renseignées en Belgique à cette 
époque. C'était une précieuse ressource pour le débutant; car, selon nous, 
ce qu'il importe surtout et avant tout de donner à celui qui désire étre initié 
à la science des Mousses, c'est le moyen le plus facile, le plus prompt pour 
arriver au nom : une fois le nom connu, l'étude complète des caractères 
scientifiques peut se faire dans n'importe quel ouvrage descriptif. Aussi nous 
aurions vu avec plaisir que les tableaux analytiques des espéces donnés dans 
les notices bryologiques de M. Piré, sur les Mousses pleurocarpes, fussent 
concus dans le méme sens tout pratique que ceux donnés par le méme auteur 
dans son beau mémoire sur les Sphaignes de Belgique, mémoire dans lequel 
il s'exprimait ainsi : « Je me suis surtout appliqué à choisir des caractères 
faciles à constater et à observer en tout temps; à cet effet, j'ai rejeté ceux 
fournis par l’inflorescence, ne m'attachant qu'à ceux que présentent les 
feuilles. » 

A la suite de la notice de M. Cogniaux, en vient une autre que nous avons 
publiée sous le titre « Muscinées des environs de Visé ». Nous y avons énu- 
méré 142 espèces ou variétés, dont 14 étaient nouvelles et découvertes prin- 
cipalement sur les rochers calcaires de la vallée de la Meuse, à Visé, Argen- 
teau et sur la montagne Saint-Pierre. 


XLIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


En 1870, M. Hardy, dans son « Catalogue des plantes plus ou moins rares 
observées en Belgique », nous fit connaitre des habitations nouvelles de 
47 espèces de Mousses observées, pour la plupart, dans les environs de Beau- 
mont et de Chimay, en compagnie de M. Cogniaux. 

Un autre amateur zélé herborisait également avec beaucoup de succés dans 
la région ardennaise proprement dite, à Neufcháteau : c'est M. Verheggen, 
l'heureux chercheur à qui nous devons la magnifique découverte de l’Asple- 
nium viride, et de 175 Mousses dont beaucoup sont trés-rares et dont l'une 
est nouvelle pour notre flore : le Plagiothecium nitidulum. 

Enfin, aprés l'acquisition par le Jardin botanique du richissime herbier 
cryptogamique de M'* Libert (de Malmédy) nous avons entrepris, pour nous 
conformer au désir de notre illustre président, la révision d'une partie des 
Mousses recueillies aux environs de Malmédy et sur le territoire belge vers la 
Baraque-Michel. Nous avons publié le résultat de notre étude l'année der- 
nière dans le tome XI du Bulletin de notre Société sous le titre « Reliquiæ 
Libertianæ ». Nous ne mentionnons que 100 espèces prises parmi les plus 
rares : une grande partie avaient été signalées dans ces derniers temps comme 
nouvelles pour la flore, et 8 espéces ou variétés, dont plusieurs appartiennent 
à la région sabalpine, sont encore nouvelles maintenant. 

Tout naturellement nous n'y avons pas compris ce qui avait été publié 
dans les Cryptogames de l'Ardenne, une publication très-importante dont 
nous allons dire quelques mots, ainsi que de deux autres collections analogues 
publiées par des Belges. 

M'* Libert, la première en Belgique, embrassa l'étude des différentes 
familles de végétaux inférieurs, et la première aussi elle comprit qu'un exsic- 
cata est le complément indispensable des descriptions; elle prépara les Crypto- 
games à la manière des végétaux supérieurs et en publia un certain nombre 
dans son important herbier intitulé : « Plantæ cryptogamicæ Arduenne » 
(1830-1837). Les quatre fascicules parus ne contiennent que 23 espéces de 
Mousses, mais nous en avons trouvé dans son riche herbier de magnifiques 
provisions étiquetées et numérotées, et qui étaient certainement destinées 
à figurer dans cette précieuse publication. 

Notre regretté confrére le docteur Westendorp distribua, de 1846 à 1859, 
28 numéros de son herbier cryptogamique belge : les Mousses y sont assez 
bien représentées, quelques-unes étaient très-rares ou nouvelles pour notre 
flore au moment de la publication. 

Un seul herbier spécial de Mousses a été formé en Belgique, celui des 
« Mousses de l'Ardenne », par MM. Delogne et Gravet. Cinq fascicules de 
50 espèces chacun ont paru; ils contiennent des spécimens de toutes les 
Mousses nouvelles découvertes par ces deux botanistes dans la belle région 
ardennaise. Aucune publication de ce genre n'a été mieux réussie tant sous 
le rapport des déterminations que de l'exécution matérielle ; aussi ce splen- 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XLV 


dide exsiccata n'a pas peu contribué à faciliter l'étnde de la bryologie et aug- 
menter le nombre de ceux qui cultivent cette belle partie de la science. 
Le succés obtenu par les « Mousses de l'Ardenne » a engagé M. Gravet à en- 
treprendre une nouvelle publication : il met en vente un « Herbier des 
Mousses de Belgique ». C'est une bonne fortune pour tous ceux que l'étude 
des Mousses intéresse, et nous sommes bien persuadé que, de méme que son 
aîné, le Bryotheca belgica rendra aussi de grands services à la science que 
nous aimons. 

On a pu voir par l'exposé qui précède que, depuis 1867, la connaissance de 
notre flore bryologique s'est rapidement et considérablement étendue, gráce 
surtout aux brillantes découvertes de MM. Delogne et Gravet, Piré, Mar- 
chal, etc., qui ajoutèrent à celles déjà connues en Belgique : les deux pre- 
miers, environ 150 espèces ou variétés; M. Piré 14, et nous-méme 17. Un 
grand progrès a donc été accompli dans cette partie de la botanique; cepen- 
dant, malgré les recherches si fructueuses faites jusqu'ici, nous ne pouvons 
nous flatter d'avoir tout découvert : il reste encore beaucoup à faire. Que l'on 
en juge par le petit tableau suivant. 

Dans la province de Luxembourg, le midi (surtout la vallée de la Semoy) 
et les environs de Neufchâteau sont les seuls points explorés; dans celle de 
Namur, la vallée de la Meuse et la partie située au sud-est de Dinant ; dans 
celle de Liége, la vallée de la Meuse de Liége à la frontière hollandaise, la 
montagne Saint-Pierre, les environs de Magnée, Chaudfontaine et une partie 
de l'Hertogenwald ; dans celle de Limbourg, quelques localités dans le voisi- 
nage de Hasselt et Lanacken; dans celle d'Anvers, une très-petite partie vers 
l'ouest ; dans le Hainaut, quelques points : Beaumont, Chimay, Charleroy et 
Ath. Ce champ si vaste est loin d'étre épuisé, il nous réserve encore de nom- 
breuses et belles trouvailles. 

En somme, un tiers à peu prés de notre territoire a été bien étudié ; des 
deux autres tiers, une partie n'a jamais été explorée au point de vue bryolo- 
gique, et l'autre exige encore de nouvelles investigations. Mais l'élan est donné, 
le nombre des amateurs augmente chaque année, et les recherches, entre- 
prises maintenant sur plusieurs points de notre pays, enrichiront de beaucoup 
encore le domaine de notre flore bryologique, rendronf donc bientót possible 
un inventaire de la totalité des espèces belges, et conséquemment la publica- 
tion d'un ouvrage que nous appelons de tous nos voeux : une monographie 


des Mousses de Belgique. 


M. G. Planchon fait à la Société la communication suivante : 


NOTE SUR LA STRUCTURE DES ÉCORCES QUI PORTENT DANS LE COMMERCE LE NOM 
DE CANNELLES, pr M. &. PLANCHON. 


En résumant, dans un ouvrage sur la Détermination des drogues simples, 
les caractères anatomiques des principales substances médicinales, j'ai été 


XxLVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


frappé de voir combien les produits de groupes naturels ont de rapports de 
structure. Je pourrais en citer bien des exemples; mais pour ne point abuser 
du peu d'instants qui nous restent, je me bornerai à en citer un seul, qui 
me parait assez caractéristique, celui des écorces aromatiques et de saveur 
piquante, qui portent communément le nom de Cannelles. Ces produits appar- 
tiennent à des familles variées : les Cannelles types (Cannelle de Ceylan, — 
Cannelle de Chine, — Cassia lignea) proviennent de Laurinées du genre 
Cinnamomum ; la C'annelle-giroflée se rattache à la méme famille; la Cannelle 
blanche, au contraire, est produite par une plante, le Cannella alba Murray, 
appartenant à un tout autre groupe, celui des Cannellacées voisin des Gutti- 
feres; enfin on désigne sous le nom de Cannello, et l'on doit rapprocher de 
ces écorces, certains produits des Drimys, de la famille des Magnoliacées. 

Si nous étudions la structure anatomique de ces diverses substances, nous 
verrons tout d'abord une similitude très-remarquable dans toutes les Cannelles 
produites par les Cinnamomum. Toutes ont au-dessous d'une couche subé- 
reuse : 1° Un parenchyme de cellules brunâtres remplies de fécule, par- 
couru de longs faisceaux isolés de tissu libérien ; 2° une zone de cellules à 
parois épaisses (cellules pierreuses), de couleur jaune verdâtre par transparence, 
tranchant par leur teinte plus claire sur le reste du tissu ; 3° une deuxième 
zone parenchymateuse à grosses cellules ; 4° enfin une zone interne parcourue 
de rayons médullaires, qui limitent latéralement un tissu parenchymateux con- 
tenant des fibres libériennes, de grosses cellules remplies de mucilage et des 
cellules à huile essentielle, 

Les trois écorces commerciales produites par les Cinnamomum ont toutes 
ces traits communs, avec des différences de détail qui permettent de distin- 
guer entre elles les diverses sortes. C’est ainsi que la zone des cellules pier- 
reuses est très-nettement limitée dans la Cannelle de Ceylan, produite par le 
Cinnamomum zeylanicum Breyn., tandis qu'elle est extrêmement irrégulière, 
parfois méme discontinue, dans la Cannelle de Chine, du Cinnamomum aro- 
maticum G. Hees. Dans le Cassia lignea, qui est l'écorce d'une simple variété 
de Cinnamomum zeylanicum, cette zone reste régulière, mais elle est plus 
mince relativement aux couches internes, qui se sont considérablement déve- 
loppées. E 

La Cannelle-gtroflée, écorce du Dicypellium caryophyllatum Nees, qui 
appartient aussi aux Laurinées, présente des caractères de structure qui rap- 
pellent ceux des écorces de Cinnamomum. Elle a comme eux une couche de 
cellules pierreuses et à l'intérieur des zones de parenchyme et de tissu libérien, 
qui, à des nuances près, ressemblent aux mêmes parties des Cannelles de Chine 
et de Ceylan; à l'extérieur, qui se troave parfois conservé sur nos échantillons 
de droguicr, des zones parenchymateuses parcourues, comme dans les précé- 
dentes Cannelles, par de longs faisceaux libériens. Il y a là des analogies de 
structure, qui sont des plus évidentes. 

Si nous étudions au contraire la Cannelle blanche, qui appartient à un 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XLVII 


groupe naturel tout différent, nous y verrons des caractères qui s'éloignent 
sensiblement de ceux des écorces de Laurinées. Au-dessous du suber, quaud 
il existe, se trouve immédiatement une couche de cellules pierreuses, rangées 
régulièrement en séries radiales. Cette bande est limitée à l'intérieur par un 
parenchyme amylacé de couleur blanche, parsemé de nombreuses et grosses 
cellules remplies de résine. La couche du liber s'avance dans cette large zone 
en prolongements irréguliérement cunéiformes et généralement obliques. Des 
rayons médullaires strient ces prolongements, et de nombreuses cellules rési- 
neuses y sont mélées au parenchyme et aux cellules fibreuses. Tels sont les 
traits principaux de cette écorce qui, par l'absence de la zone parenchyma- 
teuse et des faisceaux libériens en dehors de la couche pierreuse, par le déve- 
loppement de son parenchyme, la présence de nombreuses cellules à résine, 
le manque de cellules à mucilage, la disposition particulière de la couche libé- 
rienne, se distingue très-neltement dans sa structure de celle des Cannelles 
des Laurinées. 

Il est une écorce qui rappelle d'une maniére bien évidente tous ces traits 
caractéristiques. C'est celle qu'on donne généralement dans nos pharmacies 
sous le nom d'écorce de Winter. Méme couche pierreuse au-dessus du liber, 
ne se distinguant que par l'irrégalarité de ses limites ; méme zone parenchy- - 
mateuse parsemée de cellules à résine ; méme disposition du tissu libérien : il 
y a là des traits d'affinités bien marqués qui auraient pu mettre à eux seuls sur 
la voie de l'origine botanique, longtemps douteuse, de cette substance. On sait 
maintenant que c'est l'écorce d'une Cannellacée, le Cinnamodendron corti- 
cosum Miers, et qu'elle n'a rien de commun avec les écorces primitives de 
Winter produites par des Drimys. 

Ce dernier genre de Magnoliacée ne donne plus à nos droguiers l'écorce du 
Drimys Winteri Forster, mais il nous fournit encore celle d'une espèce voisine, 
le Drimys granatensis, et plus rarement celle du Drimys chilensis DC. , connue 
sous le nom de Cannello. Or la structure anatomique, analogue chez toutes ces 
écorces, est bien différente à la fois des Cannelles des Laurinées et des Can- 
nellacées, Au-dessous du suber, se trouve un parenchyme brunâtre de cellules 
étendues dans le sens tangentiel et parsemé de nombreux amas de cellules 
pierreuses développés dans le méme seus. Les mémes éléments se retrouvent 
dans la portion interne, seulement leur direction a changé : elle est devenue 
radiale. Les cellules pierreuses forment de longues lignes presque parellèles 
aux rayons médullaires et impriment à ces écorces un cachet tout particulier, 
qui les fait reconnaître comme un groupe très-naturel et parfaitement tranché. 

Tous ces caractères, que je ne fais qu'indiquer ici, me réservant de les 
développer plus tard en les appuyant de figures, montrent nettement qu'il est 
facile de délimiter, au point de vue de la structure, les trois groupes bien 
tranchés et bien naturels de Cannelles qui se rapportent aux familles des Lau- 


rinées, Caunellacées et Maguoliacées. 


XLVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Du Mortier résume en quelques mots les ressources qu'offre 
la Belgique en herbiers, et fait appel aux botanistes français pour 
l'enrichissement des collections publiques ou privées de la Bel- 
gique. 

M. Collignon, au nom des habitants de Rochefort, remercie la 
Société botanique de France d'avoir honoré cette ville de sa 
visite. 

M. Planchon, au nom de tous les membres de la Société, remercie 
chaleureusement M. Du Mortier du concours qu'il a si gracieuse- 
ment prété à l'organisation de cette session, et du dévouement 
avec lequel il en a dirigé les travaux, et s'exprime de la maniére 
suivante : 

DISCOURS DE M. €. PLANCHON. 


Messieurs, 


Au moment où la Société royale de Belgique et la Société botanique de 
France vont se séparer, après leur fraternelle et trop courte réunion, il est du 
devoir de notre Société française d'exprimer à sa sœur de Belgique toute sa 
reconnaissance. Permettez donc à l’un des vice-présidents de cette Société, 
appelé, en l'absence du Président, à l'honneur de la représenter, d’être l'inter- 
préte des sentiments que nous emportons tous au fond du cour. Je ne vous 
dirai pas, Messieurs, tout l'intérét que nous avons pris à celte session : il est 
trop évident pour qu'il y ait à le constater ici. Bruxelles nous a offert toutes les 
ressources d'une capitale dans un pays sage, intelligent et libre; Anvers, à 
côté de ses œuvres d'art, que vous n'avez pas voulu nous laisser ignorer, des 
collections privées qui nous ont montré ce que peut l'initiative individuelle 
avec du soin et de la persévérance; Gand, ses grands établissements d'horti- 
culture, résumés dans les deux noms partout connus de Van Houtte et de 
Linden ; Melle, son remarquable musée technologique. 

Dans la Campine, nous avons pu étudier la végétation d'une région toute 
spéciale et nouvelle pour nous; ici méme à Rochefort, prendre une idée de 
l'Ardenne et de ses beautés naturelles. Que de sujets d'intérét! que de con- 
naissances acquises en quelques jours ! que d'idées utiles et pratiques puisées 
dans l'examen de vos collections ! Tout cela, nous vous l'avons dit et nous ne 
voulons pas le répéter davantage. Mais ce que nous tenons à proclamer bien 
haut, ce qui pour nous passe avant toute chose, ce que nous sommes venus 
chercher ici et que nous avons trouvé au delà de toutes nos espérances, 
ce sont les sentiments de confraternité, que votre Président exprimait hier 
soir en termes si élevés et que nous avons sentis plus encore dans vos actes 
que dans vos paroles. 

En 1867, à l'époque prospère où nous avions le bonheur de vous posséder 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XLIX 


. en France, notre secrétaire général, si malheureusement retenu loin de nous, 
disait dans une de ses chaleureuses et charmantes improvisations : les Belges 
sont des frères pour nous. Messieurs, depuis ces heureux temps, des jours 
néfastes se sont levés pour notre pays, et à l'heure de l'épreuve nous avons senti 
que cette parole n’était pas un vain mot. Nous ne l’oublions pas en France, et 
nous associons sans cesse dans notre gratitude les noms de ces deux pays, petits 
par l'étendue, grands par leurs lumières et par leur générosité, la Suisse et la 
Belgique. Ces sentiments de fraternité, vous avez bien voulu les resserrer d'une. 
manière toute spéciale par votre cordiale réception. Vous nous avez appelés ici : 
nous sommes venus avec empressement, et alors nous avons marché de préve- 
nances en prévenances, d'amabilités en amabilités. Partout nous avons trouvé 
un dévouement absolu et sans réserve. Votre cher président, donnant l'exem- 
ple de l'abnégation, nous a consacré son autorité morale sur le pays, son 
expérience, et cette ardeur de jeune homme qu'il a le privilége de conserver 
au milieu de sa verte et heureuse vieillesse. Tous vous avez été en quelque 
mesure ses collaborateurs, si bien que les obstacles qui auraient pu surgir 
ont été supprimés, et que nous approchons du terme de cette session avec 
le sentiment que notre œuvre est absolument remplie sans avoir rencontré 
l'ombre d'un obstacle, je dirai plus, d'une contrariété. Grâces vous en soient 
rendues, à vous, Messieurs, et à la Commission francaise d'organisation. . Vous 
nous permettrez, en effet, de ne point oublier ceux que notre Conseil avait 
chargés d'organiser cette session extraordinaire et qui ont joint leurs efforts 
aux vôtres. Je signalerai particulièrement dans l'expression de nos remer- 
ciments M. Fournier, qui, centralisant tous les efforts, a fait de cette session 
son œuvre à lui, avec un zèle qui mérite toute notre gratitude. 

Au nom du Bureau de la Société botanique de France, je remercie la 
Société royale de Belgique pour sa généreuse et cordiale hospitalité, et je suis 
heureux de lui exprimer, au nom de tous les membres présents, les sentiments 
de confraternité et d'affection qui, nous l'espérons, trouveront dans l'avenir 
de nouvelles occasions de s'affirmer et de se resserrer encore. 


Une heure aprés cette séance, et aprés avoir adressé les adieux 
les plus cordiaux aux botanistes de Bruxelles qui l'avaient 
accompagnée à Rochefort, la Société botanique de France quittait 
Rochefort pour se rendre à Liége, où elle était reçue à trois heures, 
sur le quai même de la gare, par M. Morren, M. Candèze et la 
plupart des botanistes et des savants de Liége ; à leur demande, il 
est immédiatement convenu qu'aprés avoir visité les serres de 
M. Lamarche-de Rossius et le jardin botanique de Liége, la Société 
se rendra à l'Université, où tous les préparatifs ont été faits pour 
la recevoir. 

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LX ; T“ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


SÉANCE DU 22 JUILLET (à Liége). 


PRÉSIDENCE DE M. ÉD. MORREN: 


La Société se réunit à cinq heures du soir, à l'Université, dans la 
salle des cours de botanique, oü les herbiers de l'Université et les 
nombreux objets servant à la démonstration dans les cours sont 
exposés sous les yeux de la Société. 

L'Université de Liége est représentée à cette séance par M. Folie, 
son inspecteur-administrateur, et par plusieurs de ses professeurs. 

À la demande de tous les membres présents, M. Ed. Morren, 
professeur de botanique à l'Université de Liége, occupe le fauteuil, 
et prononce le discours suivant : 


LA BOTANIQUE AU PAYS DE LIÉGE, par ME. Éd. MORREN. 


La ville de Liége est située à quarante lieues à l’est de la mer du Nord, par 
50° 39’ 22" de latitude et 3° 11' 27" de longitude orientale de Paris. Le pave- 
ment du péristyle de l'Université est à 63",69 au-dessus du niveau de 
la basse mer à Ostende, mais le sol est si accidenté dans la ville méme, qu'à la 
station du Haut-Pré cette altitude est plus que doublée, puisqu'elle s'élève 
à 1327,60, A Verviers, l'altitude est de 167 mètres; à Limbourg, de 1997,21; 
à Francorchamps (au Hockay), de 635 mètres, et à la Baraque-Michel, prés de 
la frontiére prussienne, de 689 métres. 

L'emplacement de notre ville est privilégié. Liége se développe sur les deux 
rives de la Meuse, en un point où ce fleuve change de direction et d'allure : 
en amont, la vallée est étroite et bordée de hautes collines; en aval, elle 
s'élargit et les élévations s'abaissent insensiblement. Deux rivières impor- 
tantes, l'Ourthe et la Vesdre, viennent verser leurs eaux dans la Meuse à 
Liége: D'autres petites vallées, comme celle de la Légia, viennent également 
s'y terminer, Entre ces vallées se trouvent des contrées différentes par leur 
constitution géologique, par leur agriculture, par leurs populations, et qui 
convergent toutes autour de Liége ; il en résulte une variété relativement 
assez grande dans la (lore de notre province. 

Les diverses régions qu'on peut distinguer dans la province de Liége sont 
au nombre de huit, savoir: la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les plateaux 
de Herve, les terrains calaminaires, la montagne Saint-Pierre, la Campine et 
enfin la vallée de la Meuse. 

Nous nous eflorcerons de les caractériser chacune en quelques traits. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LÍ 


La Hesbaye est un vaste plateau ondulé, peu élevé et doucement incliné 
vers le nord, coupé seulement par la petite vallée de la Mehagne et du Geer 
supérieur et couvert d'une couche épaisse d'un limon quaternaire de la plus 
grande fertilité. Elle s'étend sur la rive gauche de la Meuse, depuis Huy 
jusqu'à Saint-Trond, avec Waremme pour chef-lieu. C'est le grenier d'abon- 
dance de notre province, et par conséquent on n'y trouve guère à herboriser. 
On y rencontre les plantes du limon et la flore des moissons. 

' Le Condroz est une région accidentée et pittoresque, située sur la rive 
droite de la Meuse, entre les vallées du, Hoyoux et de la Vesdre. Elle est tra- 
versée par l'Ourthe et la basse Amblève, et elle s'étend de Huy à Verviers, en 
passant par Aywaille. Comme la Hesbaye, elle se termine à Liége en forme de 
coin. Le terrain est devonien et carbonifère; il consiste en couches de cal- 
caire alternant avec des grés ou des schistes. Le Condroz attire et charme nos 
botanistes, qui ne se lassent de diriger leurs herborisations vers ses délicieuses 
vallées; sans entrer dans les détails, nous pouvons y signaler une suite assez 
nombreuse de plantes caractéristiques ou intéressantes : 


Centaurea montana L. Sisymbrium austriacum Jaeq. 

Linosyris vulgaris DC. (Aywaille). Arabis arenosa Scop. 

Senecio viscosus L. Cardamine impatiens L. 

Lactuca virosa L. Lunaria rediviva L.: ! ! 
Artemisia campestris L. (Aywaille). | Biscutella lævigata L. (Amblève, etc.). 
Physalis Alkekengi L. (rare). Geranium lucidum L, 

Galium silvaticum L. | Asarum europeum L. (Magnée, la seule 
Asperula odorata L. localité belge). 

Melittis Melissophyllum L. (Tilff). Libanotis montana Crantz. 

Ajuga genevensis L. (Theux). Mercurialis perennis L. 

— Chamepitys Schreb, Ophrys myodes Jacq, 

Digitalis purpurea L. | — apifera Huds. 

Orobanche Galii Duby. | Orchis ustulata L. 

Phelipæa cærulea C.-A. Mey. (Theux): |— coriophora L. , 

Gentiaoa ciliata L. Spiranthes spiralis C. Koch. 

Parnassia palustris L. | Cephalanthera grandiflora Bab, 

Hippocrepis comosa L. Et une douzaiue d'autres espéces d' Orchi- 


Lythrum Hyssopifolia L. Sea dées plus communes, 
Cerasus Mahaleb Mill. (Olne, 4. Devos). || Allium carinatum L. (Ensival). 
Cotoneaster vulgaris Lindl. Phalangium Liliago Schreb. (Aywaille). 
Saxifraga cæspitosa L. (Amblève), Polygonatum officinale AH, 
Sedum dasyphyllum L. var. corsicum (natu- | Sesleria cærulea Ard. 

ralisé sous les murs du château de Brial- Melica ciliata L. — — 

mont, près de Tilff). Bromus arduennensis Lej. (aux confins de 
Sempervivum FunckiKoch ex F. Br. in Flora la province). 

var. aqualiense (prés d'Aywaille). Struthiopteris germanica Willd. (Aywaille, 


Actæa spicata L. Tiifr.). | 
Aconitum lycoctonum L. Botrychium Lunaria $w. 
Helleborus fætidus L, Ceterach officinarum Willd. 


Dianthus cæsius Sm. (Comblain-au-Pont). | Scolopendrium officinale Sm. 
-Lychnis Viscaria L. (répandu). 


L'Ardenne, avec ses terrains silurieñ et cambrien, occtipe ce que nous 
appelons les Hautes-Fanges ou Fagnes; elle comprend la haute Ourthe, la 
Hoegne, la haute Amblève, le Wahay, la forét d'Hertogenwald et le territoire 


LH SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de Spa : c'est dans cette direction et celle de Sprimont qu'elle s'approche le 
plus près de nous en s'enchevétrant parfois avec le Condroz. Ses forêts de 
Chénes, de Hétres et de Bouleaux, ses horizons étendus de plaines stériles cou- 
vertes de bruyères et ses marécages tourbeux lui donnent une physionomie 
sévère et imposante. 

Dans les bois on trouve : 


Ranunculus platanifolius L. 
Polygonatum verticillatum L. 
Digitalis grandiflora Lam. 


Coralliorrhiza innata R. Br. (Saint- Au: 
Senecio Jacquinianus Rchb. 


Sur la lisiére : 


Trientalis europea L. Vaccinium uliginosum L. 
Wahlenbergia hederacea Rchb. — Vilis-ideea L. 


Dans les bruyères (Calluna) : 


Erica Tetralix L. Centaurea nigra L. 

Genista pilosa L. Pteris aquilina L. 

— anglica L. Lycopodium clavatum L, 
Meum athamanticum L. — Chamæcyparissus Al. Br. 
Arnica montana L. — complanatum L. 


Dans les pâturages : 


Thesium pratense Ehrh. Carex pauciflora Light. 
Arnica montana L. Gymnadenia albida Rich. 


Dans les tourbières, on trouve : 


Eriophorum polystachyum L. Danthonia decumbens DC. 
— vaginatum L. Drosera rotundifolia L. 
Rhynchospora alba Vahl. ; Andromeda Polifolia L, 
Carex pauciflora Light. Vaccinium uliginosum L. 
— distans L. — Vitis-idæa L. 

— canescens L, Oxycoccos palustris Pers. 
— flava L. Viola palustris L. 
Narthecium ossifragum L. Malaxis paludosa Sw. 
Cirsium palustre L. 


Vers 450 mètres cesse la végétation forestière, et lon parvient à peine à 
conserver le Sorbier (Sorbus Aucuparia L.) le long des routes. Des Hétres 
taillés en écran garantissent les habitations contre la violence des vents 
d'ouest. 

Les plateaux de Herve s'élèvent à l'est de Liége, dans la direction d'Aix- 
la-Chapelle, entre la Vesdre, la Gueule, la Berwinne et la Meuse. Ils forment, 
à une altitude de 200 à 2^0 métres, un pays à longues ondulations, exclusive- 
ment couvert de pâturages enclos de haies, chacun de trés-petite étendue. 
Le fond des vallées est occupé par le terrain houiller ; sur les versants affleu- 
rentla craie etles argiles crétacées; sur les plateaux une couche plus ou 
moins épaisse de limon hesbayen recouvre un diluvium assez puissant de 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LIII 


silex brisés, Tout ce territoire est consacré à l'élève du bétail et à la prépara- 
tion du beurre et du fromage. L'agriculture en est exclue et la culture des 
prés y est si minutieuse, que la flore rurale elle-même en est bannie. Les 
Colchiques et les Plantains sont soigneusement extirpés pour laisser toute la 
place aux plantes utiles dans les prairies naturelles. C'est aux bords des che- 
mins, d'ailleurs ombreux et souvent tracés dans le lit des ‘ruisseaux, tant 
la terre est utilisée, et aux escarpements des tranchées, que le botaniste est 
réduit à porter son attention. A peine pouvons-nous citer les Hypericum 
quadrangulum L., H, tetrapterum Fries, Calamagrostis lanceolata Roth 
et C. montana DC. 

Terrains calaminaires. — Au fond, derrière ces plateaux, une mince 
bande d'un terrain extraordinaire s'étend sur les confins de la Belgique et 
de la Prusse, depuis les environs de Theux, en passant prés de Dolhaia, jus- 
qu'au voisinage de Bleyberg et de Gladbach prés du Rhin, pour recommencer 
de l'autre cóté de ce fleuve. Ce terrain est tout imprégné de minerai de zinc 
disposé en amas parfois épanchés à la surface du sol. Le territoire neutre de 
Moresnet en est le point le plus caractérisé. Ces minerais consistent ordinaire- 
ment en calamine (silicate hydraté), quelquefois en smithsonite (carbonate) et 
en willemite (silicate anhydre). Ils sont de formation geysérienne, et leur 
éjaculation, qui semble avoir eu lieu au commencement de l'époque crétacée, 
a été accompagnée d'argiles et de sables bigarrés. 

On trouve donc à Moresnet un terrain tout particulier par sa formation et 
par sa composition, et qui présente un intérét extraordinaire pour l'étude de 
certains problèmes touchant la géographie botanique et l'origine des espèces. 
En effet, l'existence de ce terrain se révèle à la surface par une flore exclu- 
sivement confinée dans ses limites, au point que la présence de certains 
végétaux indique au mineur la présence du précieux métal mieux que ne 
le pourrait faire la baguette divinatoire. 

Cette florule se compose en première ligne d'un Viola, d'un Alsine, d'un 
Thlaspi et d'un Armeria; puis, avec moins d'importance, d'un Polygala, 
d'un Silene et d'un Festuca. Chacune de ces plantes se distingue de ses con- 
généres par quelque signe particulier. Là où le minerai existe à l'état de 
pureté, elles sont seules à couvrir le sol ; mais à mesure qu'un peu d'humus 
ou de terre végétale se mélange au minerai, la flore vulgaire vient se 
mélanger à elle, jusqu'à ce que, le métal disparaissant, la flore du zinc dis- 
paraisse avec lui. Il est à remarquer que ces plantes appartiennent toutes 
à des genres malléables, impressionnables, si nous pouvons nous exprimer 
ainsi, à des genres au sein desquels les floristes ont pu établir des espèces en 
nombre considérable, tant leur polymorphisme est habituel. Les espèces qui 
ne se prêtent pas à quelques modifications sont exclues du terrain calami- 


naire. 
Nous nous occupons avec prédilection, depuis plusieurs années, de cette 


LIV SOCIÉTÉ. BOTANIQUE DE. FRANCE, 


étrange florule, et nous pouvons assurer que nulle étude ne convient mieux 
pour déterminer l'influence du terrain sur la végétation. 

On peut, suivant la direction de son esprit, donner à chacune de ces plantes 
un nom spécifique, ou bien la rattacher à quelque espèce typique, savoir : 
. Viola calaminaris Lej. au V. tricolor var, lutea; 
a L’ Alsine à l'A. verna var, ecspitosa ; 

L Armeria à l'Armeria vulgaris var, elongata; 

Le Polygala au Polygala vulgaris ; 

Le Silene au S. inflata var. glaberrima ; 

Le Festuca au F. duriuscula var. glauca. ; 

On peut encore signaler près de ces terrains la présence des Avena pra- 
tenais, Poa sudetica et Cochlearia officinalis L., ainsi que l'exclusion des 
Cryptogames. 
. Les variations de la Pensée calaminaire, et les transitions nombreuses et 
délicates constatées chez les Viola arvensis, tricolor et hortensis, se posent 
comme des problèmes qui donnent à réfléchir. 

La région crétacée, dont la montagne Saint-Pierre, près de Maastricht, est 
Je point culminant le plus célèbre par les grottes et les découvertes paléonto- 
logiques, s'étend sur la rive gauche de la Meuse entre la Hesbaye et la Cam- 
pine, sur les pays de Roclenge et de Glons, autour du Geer inférieur, et elle 
se prolonge sur la rive droite de la Meuse, dans le territoire de Fouron et de 
Fauquemont. Dans cette région, la craie blanche ou craie de Maastricht 
s'élève en grands escarpements couverts sur leur plateau de faibles dépôts 
limoneux. La flore est la plus méridionale de notre pays : 


Colutea arborescens L. Orobus niger L. 
Omphalodes verna Mónch. Berberis vulgaris L. 


On y trouve aussi : 
Gentiana campestris L, 


Thalictrum minus L. 
Orobanche Hederæ Duby. 


Orchis militaris L. 
— fusca Jacg. 
Ophrys apifera Huds. 


La Campine, avec ses landes de sable quaternaire et ses marécages tout- 
beux, se trouve aux confins de notre province, dans la direction du nord. 
On se dirige volontiers vers cette région mélancolique pour y récolter : 


Erica cinerea L, Scleranthus perennis L. 
— Tetralix L. Corrigiola littoralis L. 
Salix repens L. Cicendia filiformis Del. 
Myrica Gale L. Lobelia Dortmanna L. 
Genista pilosa L. Plantago Coronopus L, 
— anglica L. Anagallis tenella L. 


Cicuta virosa L, Calla palustris L. 
Peucedanum palustre Mönch. Hottonia palustris L, 


Narthecium ossifragum Huds. Littorella lacustris L, 
Jllecebrum verticillatum L. Radiola multiflora Lam, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LV 


Arnoseris minima Gärtn, Lyeopodium Selago L, 
Spiranthes æstivalis Lam, — inundatum L. 
Juncus capitatus Weig. Osmunda regalis L. 
Pilularia globulifera L. Subularia aquatica L, 
Salvinia natans All. Malaxis paludosa Sw. 


Reste enfin la vallée de (a Meuse. 

Notre beau fleuve traverse la province dans une large vallée de caléaire devo- 
nien et carbonifére, de dolomie et de terrain houiller, En aval de Liége, il 
répand ses eaux dans quelques marécages, et, à son passage dans le duché 
. de Limbourg, il longe des collines crétacées. 

La végétation de la vallée de la Meuse dans notre province se distingue par 


quelques espèces remarquables. On peut citer : 


Braya supina Koch. Euphorbia stricta L. 

Arabis arenosa Scop. — Esula L. var. mosana, 
Lamium maculatum L. Villarsia Nymphoides Vent, 
Scabiosa pratensis Jord. Buxus sempervirens L. 

Lactuca saligna L. Allium sphaerocephalum L. 

— perennis L, Helianthemum pulverulentum DC. 


Mentha Pulegium L. Carex virens Link. 
Inula Britannica L. Senecio erucæfolius L. 


Et à Liége méme on trouve ; 


Elodea canadensis Rich. 
Acorus Calamus L. 
Triglochin palustre L. 


Linaria Cymbalaria L. 
Berteroa incana DC. 
Hyssopus officinalis L, 
Salvia verticillata L. 


L'espace nous manque pour signaler ici toutes les richesses paléontolo- 
giques de notre flore houillère, que nous regrettons du reste de ne pas voir 


aussi bien étudiée qu'elle le mérite. 
Un coup d'œil en arrière, jeté sur l'histoire de la botanique au pays de 


Liége, peut compléter ces renseignements, 

A l'horizon le plus éloigné de nous, nous apercevons dans l'Ar-denn, c'est- 
à-dire dans la forét profonde, la farouche tribu des Éburons, vivant dans les 
retraites les plus inaccessibles, dont ils obstruaient l'abord en courbant à 
terre et en replantant les jeunes branches, qui s'entrelacaient et formaient alors 
de vraies murailles; nous voyons le gouvernement des Druides et le culte du 
Chêne; nous voyons l'Éburonie envahie d'un côté par les Germains et d'un autre 
côté par les Romains, le suicide de Cativulcus buvant le suc de l'If ou de 
l'Aconifum lycoctonum, les luttes héroiques d'Ambiorix contre César; la 
fondation de Liége au vi° siècle par saint Monulphe, évêque de Tongres, qui 
éleva un oratoire au bord de la Légia; le meurtre de saint Lambert par les 
leudes du duc de l'Oster Peppin d'Herstal, l'élévation rapide de cette famille 


et le régne glorieux de Charlemagne. 
Le grand empereur aimait à venir se reposer dans les domaines de sa 


LVI [ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


famille, à Herstal età Jupille. La tradition lui attribue aussi le château d'Em- 
mabourg qui cacha les amours de sa fille et de son secrétaire Eginhard. On 
pourrait parler des capitulaires dans lesquels il prescrit la culture de cer- 
taines plantes, et la tradition fait remonter à lui le nom de la Carline ou de 
la Caroline, dont l'emploi avait sauvé son armée de la dysenterie. 

Notger, en l'an 1007, fonde l'unité liégeoise et le règne temporel des 
princes-évéques qui se maintint jusqu’à la fin du xvin? siècle. On sait que 
pendant tout ce temps la principauté de Liége fut constituée en république 
indépendante sous la présidence d'un prince-évéque élu. 

Le premier nom célèbre qui se présente dans l'histoire des sciences à 
Liége est celui de Jean de Mandeville, gentilhomme anglais et docteur en 
médecine. Il a accompli de 1322 à 1356 des voyages en Égypte, en Arabie, 
en Perse, aux Indes et en Chine, et vint finir ses jours à Liége dont le site lui 
plaisait, Il y mourut en 1374 et fut inhumé au couvent des frères Guillemins, 
hors de Ja porte d'Avroi. 

Vers le méme temps, en 1388, le pape Urbain VI érige l'université de 
Cologne. En 1426, sous Jean IV, duc de Brabant, le pape Martin V fonde 
l'université de Louvain. Les Liégeois studieux se rendaient sans doute à l'une 
ou à l'autre de ces universités. A vrai dire, ils n'étaient pas nombreux : les 
luttes civiles et politiques, le métier des armes, l'industrie ou le commerce, 
absorbèrent pendant longtemps chez nous presque toutes les activités. Les 
arts et les lettres furent d'ailleurs plus favorisés que les sciences. 

Le plus ancien botaniste de notre pays est le chanoine de Saint-Paul, 
Remacle Fusch, né à Limbourg, dans les premières années du xvi* siècle : 
il alla étudier à Strasbourg, auprès d'Otto Brunfels, et il a publié de 1544 à 
1556 une série d'opuscules sur les plantes, sur la matière médicale et sur les 
eaux thermales. Ces petits livres sont aujourd’hui de grandes raretés biblio- 
graphiques. Remacle Fusch est le plus ancien auteur belge qui ait écrit 
sur la botanique. 

Un de ses contemporains, Charles de Langhe, plus connu comme érudit 
sous le nom de Langius, était chanoine de Saint-Lambert et cultivait un jar- 
din remarquable. Juste Lipse vint se réfugier chez lui en 1570, et il parle dans 
sa correspondance des plantes rares et curieuses que Langius avait rassem- 
blées dans son jardin. Sur son portrait, peint par Rubens, et qui se trouve à 
Florence; des tulipes figurent au fond du tableau. Langius mourut le 27 juillet 
1573. 

Il existait à Liége un grand nombre de communautés religieuses ; leurs jar- 
dins n'étaient pas dénués d'intérét : des races locales d'Auricules et d'OEillets 
se sont ainsi constituées, 

Nous ne saurions passer sous silence la culture de la Vigne sur les coteaux 
schisteux de la rive gauche de la Meuse et dans l'intérieur méme de la ville. 
Nous appelons orgueilleusement notre vin du petit Bourgogne, et les vieux 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LVII 


Liégeois le tenaient en haute estime. Si l'on veut bien admettre que c'est vrai- 
ment du vin que nous produisons dans nos vignobles, nous ajouterons ce ren- 
seignement curieux que c'est à Visé, près de Liége, situé par 50° 44 15" (lon- 
gitude 3? 21' 29°”) que se trouve un des points les plus septentrionaux de la 
culture de la Vigne en Europe. 

Nous ne trouvons rien à dire jusqu'en 1663. Cette année-là, John Rav, 
botaniste anglais, vint herboriser à Liége et à Spa, pendant son voyage bota- 
nique à travers les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie et la France. Il a laissé, dans 
le volume d'Observations publié en 1673 sur ce voyage, une description 
intéressante de notre ville. 

À la suite de la tourmente révolutionnaire, pendant notre réunion à la 
France, prononcée en 1795, une école centrale fut érigée à Liége, chef-lieu 
du département de l'Ourthe, et elle fut remplacée par un lycée en 1802. C'est 
à cette époque que fut publié un singulier ouvrage intitulé : Herbier portatif 
des plaütes qui se trouvent dans les environs de Liége, par A. Rozin, mé- 
decin. Ce Rozin était, parait-il, d'origine suédoise; les plantes figurent en 
nature dans son livre sur des feuilles blanches intercalées dans le texte. Ce 
sont des herbes vulgaires, mais on peut y relever, ne füt-ce que pour le signa- 
ler aux amateurs de synonymie, l'Adoxa Leodicea ou Muscatelline de Liége, 
que Rozin distingue de A. Moschatellina de Linné par son calice triangu- 
laire; ses feuilles sont ternées-bilobées, excepté la partie du milieu, qui est 
trilobée. 

A.-P. De Candolle, chargé de rédiger la Flore française, vint à Liége en 
1806, pour explorer le département de l'Ourthe. Il trouva dans notre pays 
trois botanistes distingués : Étienne Dossin, à Liége, le docteur Lejeune, à 
Verviers, et Marie-Anne Libert, à Malmédy. 

Étienne Dossin (1777-1852) était pharmacien à Liége. Il composa un 
herbier général de la province et en rédigea le catalogue, qu'il communiqua 
à De Candolle, Nous avons acquis ces documents intéressants pour notre 
botanique locale et nous les conservons religieusement. 

A.-L.-S. Lejeune (1779-1858) pratiquait la médecine à Verviers; il est 
l'auteur de la Floré des environs de Spa, dont les deux volumes parurent en 
1811 et 1813, et furent suivis en 1824 d'un supplément sous le titre de Revue 
de la flore de Spa. Cet ouvrage, vraiment fondamentel, n'a rien perdu de sa 
valeur. C'est en réalité une flore du pays de Liége tout entier. 

Marie-Anne Libert, à Malmédy (1782-1865), s'est adonnée pendant toute 
sa vie à l'observation des Cryptogames des Ardennes : elle a collaboré à la Flore 
de Spa pour la partie cryptogamique, et elle a publié en 1830-37 quatre 
centuries de Cryptogames ardennaises ; plusieurs de ses écrits ont été insérés 
dans les Annales de la Société Linnéenne de Paris, dans les Annales géné- 
rales des sciences physiques et dans les Bulletins de l'Académie de Bel- 


gique. 


LVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


A la méme époque, G.-Fr. Godin, né à Liége en 1757, habitait Lille et 
herborisait en compagnie de Lestiboudois, qui lui a dédié son genre Godinia, 
démembrement des Lysimachia, et de Desmaziéres, qui a aussi attaché son 
nom à certaine Cryptogame (Sphæria Godini). 

Aprés les événements de 181/ et la constitution du royaume des Pays-Bas, 
une université fat instituée à Liége, par arrété du roi Guillaume, le 25 septem- 
bre 1816. Elle fut installée dans les locaux de l'ancien couvent des Jésuites, où 
elle se trouve encore et dontle jardin particulier fut transformé en jardin bo- 
tanique. L'origine du jardin botanique de Liége ne remonte qu'à 1818. La 
chaire d'histoire naturelle et la direction du jardin furent confiées à Henri 
Gaede (1795-1834), d'origine danoise; il a laissé quelques publications sur 
l'entomologie et l'histoire naturelle générale. Le jardin botanique était cultivé 
par Fr. Deville, de 1818 à 1844, et une chaire d'économie forestière était 
occupée en ce temps-là par Bronn, docteur de l'université de Heidelberg. 

Richard Courtois, de Verviers (1506-1835), que le docteur Lejeune dirigea 
vers la botanique, eut une vie prématurément brisée et cependant remplie de 
mérites. Il occupa les fonctions de sous-directeur au jardin botanique, de 1825 
jusqu'à sa mort en 1835. Courtois a publié un catalogue des collections du 
jardiu de Liége en 1828; il a édité un Choix de plantes rares de la Belgique 
qui comprend mille espèces. Parmi ses nombreuses publications, qui sont toutes 
marquées du sceau du talent et de la conscience, nous devons signaler le 
Compendium flore Belgicæ en collaboration avec le docteur Lejeune, l'ou- 
vrage fondamental sur la flore belge et qui n'a jamais été surpassé ; les Re- 
cherches sur la statistique de la province de Liége, une Monographie des 
Tilleuls, les Commentaires sur Dodonée, et quantité de mémoires. Courtois 
a laissé un herbier important qui fait actuellement partie des collections de 
l'université de Liége ; il avait aussi composé une bibliographie botanique qui 
est demeurée manuscrite. Enfin il a préparé, par son active collaboration, la 
publication des Plantes fossiles de la flore houillére du docteur Sauveur: 

Le 4 avril 1830 fut constituée la première Société d'horticulture de Liége. 
Ses principaux promoteurs farent Richard Courtois, Lambert Jacob, horti- 
culteur, et John Cockerill, l'industriel dont le nom est si populaire à Liége. 
Courtois fonda en méme temps son Magasin d'horticulture, le premier recueil 
de botanique horticole qui parut en Belgique. 

Il encouragea M! A. Libert dans la publication de ses Plantæ cryptoga- 
micte ; il fut également le véritable auteur de l'Agrostographie belgique, qui 
fut éditée alors en trois centuries par les frères Michel de Nessonvaux. 

Enfin Charles Morren vint à Liége en 1835, après le décès de Gaede et de 
Courtois, lors de la réorganisation des universités du royaume de Belgique. Il 
appliqua toutes les ressources de ses brillantes qualités, de son ardeur au travail 
et de sa féconde imagination à la botanique et à ses diverses applications. Tl 
s'adonna surtout à l'anatomie et à la physiologie végétales. Il fonda en:1840 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LIX 


le nouveau jardin botanique. Il sut, par l'application des procédés de féconda- 
tion artificielle, faire fructifier le Vanillier pour la première fois en Europe, et 
nous croyons pouvoir le dire, il jeta quelque éclat sur la chaire qu'il occupa 
jusqu'en 1855. De ses innombrables travaux, dont le catalogue comprend plus 
de 255 numéros, nous ne rappellerons ici que ses Recherches sur les Hydro- 
phytes, entreprises en collaboration avec son parent Auguste Morren, alors 
proviseur du lycée d'Angers, et qui est mort en 1870 doyen de la faculté 
de Marseille, sous le coup des émotions violentes que firent naître en lui les 
malheurs de sa chére patrie, 

Rappelons enfin la mémoire du docteur Spring, que la mort nous a enlevé 
depuis peu de temps, et qui a publié une monographie remarquable du groupe 
des Lycopodiacées où il a distingué le genre Selaginella, 

Tel est chez nous le passé de la botanique. Quant au présent et à l'avenir, 
nous avons lieu de les considérer avec une certaine confiance : notre 
science compte chez nous des adeptes nombreux, Le sol du pays est exploré 
avec ardeur par M. l'abbé Strail, curé à Magnée; par M. le professeur André 
Devos, qui prépare une flore de la Meuse; par M. Laboulle, de Verviers ; par 
M. A. Hardy, de Visé, qui vient de s'occuper des Élatinées ; par MM. Can- 
deze, Ch. Minette, Tilman et d'autres. Les rapports de la végétation avec 
les agents météorologiques sont observés par le baron de Sélys-Longchamps 
et le professeur G. Dewalque; la classe des Champignons est étudiée par 
M. le docteur Lambotte, de Verviers; l'anatomie végétale occupe M. le doc- 
teur Jorissenne. La végétation exotique est réunie en collections nombreuses 
dans l'établissement de MM. Jacob-Makoy et chez d'autres horticultenrs de 
notre ville, MM. Oscar Lamarche et J. Pirlot ont rassemblé des collections 
d'Orchidées, non pour le vain plaisir des yeux, mais pour servir les intérêts 
de la science. Enfin une véritable ardeur scientifique anime notre jeunesse 
studieuse, 

Votre visite, Messieurs, est pour nous un honneur et un puissant encou- 
ragement. Il y a cinquante ans, E. Dossin était à peu près, seul pour recevoir 
à Liége le représentant de la botanique française; aujourd'hui, nous sommes 
nombreux pour accueillir la Société botanique de France et pour vous serrer 
les mains avec l'effusion des sentiments de la plus cordiale. confraternité. 
Nous conserverons toujours à Liége le souvenir de votre visite; la-date du 
22 juillet 4873 est un jour heureux et nous voulons le marquer avec la pierre 
blanche : aio lapéllo diem notare. 


Ce discours est salué par les applaudissements unanimes de la 
Société. 

M. Morren donne lecture d’une lettre de M. Piercot, bourg- 
mestre de Liége, qui exprime ses vifs regrets d'étre empéché par 
l'état de sa santé de venir souhaiter la bienvenue à la Société. 


LX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


M. Morren met ensuite sous les yeux de la Société les dessins 
représentant le plan et les dispositions architecturales du jardin 
botanique de Liége, ainsi que les portraits de botanistes belges, 
tels que Remacle Fuchs, le D" Lejeune, Ed. Courtois, Ch. Morren, 
M'* Libert, etc. 

M. le Président proclame membres de la Société : 


MM. Takens (Armand), docteur és sciences, à Tirlemont (Bel- 

gique), présenté par MM. Eug. Fournier et Al. Pérard. 

MancHaL (Élie), professeur à l’école d'horticulture de Vil- 
vorde et aide-naturaliste au jardin botanique de Bruxelles, 
rue Botanique, n° 40, à Bruxelles, présenté par MM. E. 
Cosson et Eug. Fournier. 

HEckiNG (Oscar), propriétaire à Louvain, présenté par 
MM. Hullé et G. Planchon. 

TREILLE (Victor), pharmacien à Roanne (Loire), présenté 
par MM. Eug. Fournier et Méhu. 


M. Armand Thielens, qui vient d'étre proclamé membre de la 
Société, invite ses nouveaux confréres à venir visiter son herbier 
et ses collections à Tirlemont, à la suite de la session. 

M. Morren expose que les points des environs de Liége offrant 
le plus d'intérét aux botanistes lui paraissent étre Moresnet et Spa, 
dont la flore a été publiée par Lejeune ; il prie la Société de décider 
dans laquelle de ces deux directions elle désire diriger son excursion. 

Aprés une courte conversation sur le meilleur emploi à faire de 
la journée du lendemain, il est décidé que, suivant le projet déjà 
formé à Bruxelles, les membres de la Société se rendront à Spa. 

Les travaux suivants sont déposés sur le bureau : 


f. NOTE SUR LES COLLECTIONS BRYOLOGIQUES DE L'HERBIER DU JARDIN BOTANIQUE 
DE BRUXELLES, par M. Émile BESCHERELLE. 


La partie bryologique de l'herbier du jardin botanique de Bruxelles n'est 
certainement pas encore en rapport avec la partie phanérogamique de cet 
établissement. Néanmoins on y trouve, indépendamment des Mousses propres 
à la Belgique et à l'Europe, un certain nombre d’espèces exotiques qui pro- 
viennent de dons ou d'acquisitions. 

L'herbier se compose des deux collections principales, savoir : 

4° L'herbier de Martius, comprenant 1300 espèces de Mousses, dont la 
plupart sont intercalées dans l'herbier général, à l'exception des ; 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXI 


Mousses de l'Himalaya, de Strachey et Winterbottom ; 
— de Surinam, de Wallschlægel ; 
— des Indes orientales, de MM. J.-D. Hooker et Thomson ; 
— des Amazones et des Indes, de Spruce. 

2* L'herbier du comte de Limminghe, coyffrenant 1900 espèces pro- 
venant en partie de l'herbier de Graves. 

Quant aux exsiccata, on remarque les suivants : 

Brébisson, Mousses de Normandie; 

Sullivant, Musci Alleghanenses (215 numéros) ; 

Westendorp, herbier cryptogamique belge; 

Libert, Plante cryptogamicæ Arduenne ; 

Desmazières, les seize premiers fascicules ; 

Musci Javanici, sans nom de collecteur. 

La collection la plus intéressante est celle de Galeotti, qui renferme près de 
60 espèces, dont quelques-unes manquent à la collection du Muséum d'histoire 
naturelle de Paris. J'en ai fait une étude spéciale, et j'ai pensé qu'il serait 
utile d'en consigner ici le résultat, qui complétera le travail que j'ai rédigé il 
y a quelques années sur les Mousses du Mexique. Je profite de cette occasion 
pour remercier M. Du Mortier, le savant conservateur du jardin botanique, 
M. Bommer, et MM. Delogne, Cogniaux et Marchal, de leur cordial accueil et 
de l'empressement avec lequel ils ont mis à ma disposition les richesses de 
l'herbier bryologique de l'État. 


Catalogue des Mousses récoltées au Mexique par Galeotti (1). 


Dicranella compacta Sch. — N° 6979. 
Dicranum rhabdocarpum Sull. — N° 6874. 
Leucobryum minus Hpe. — N° 6872, 
Octoblepharum albidum Hedw. — N° 6871. 
Ceratodon stenocarpus Sch. — N° 6965. 
Leptotrichum leptocarpum Sch. — N° 6968. 
Symblepharis helicophylla Mgne. — N° 6968. 

— Chrismari C. Müll, — Sans numéro. 
Trichostomum subanomalum Besch. — N° 6973. 
Barbula calceolifolia Spr. — Sans numéro (2). 

— spiralis Sch. — Sans numéro. 
Grimmia ovata Web. et Mohr. — N° 6974. 
— fuliginosa Sch. — N° 6974. 
— . laxa C. Müll. — N° 6980. 
Rhacomitrium cylindricum Sch. — N° 6972. 
(4) Voyez, pour les descriptions, le Prodromus Bryologiæ mexicanæ, publié dans les 


Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, $: XVI. : 
(2) Cette espéce ne figure pas dans le Prodromus Bryologiæ mexicane. 


LXII i SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Hedwigidium squarrulosum Br. et Sch. — Sans numéro. 
Ptychomitrium lepidomitrium Sch. — N° 6972. 
Macromitrium crenulatum Hpe. — N° 6994. 

—— tortuosum Sch. — Sans numéro, 
Schlotheimia ....... — N° 6889. 
Encalypta mexicana C. Müll. — N^ 6983. 
Entosthodon longisetus Sch. — Sans numéro. 
Funaria mexicana Duby. — N° 6870. 
Brachymenium imbricatum Sch. — N° 6975, 6978. 
Webera cylindrica Sch. — N** 6977, 6983. 

— falcata Besch. — N° 6770. 

— cruda Br. et Sch. — N° 6983. 

— mexicana n. sp. — Sans numéro. 

Bryum argenteum. L. var, corrugatum. — N° 6873. 

— sordidum Hpe (1). — Sans numéro. 

— minutulum Sch. — Sans numéro. 

—  domingense Brid. — N" 6995 et 6540. 
Rhizogonium spiniforme Br. — N" 6875 et 6999. 
Bartramia ithyphylloides Sch. — N** 6969, 6969 a et 6973. 

— glauca Sch. — Sans numéro, 
Philonotula prostrata Besch. — Sans numéro. 
Atrichum Mülleri Sch. — Sans numéro. 
Pogonatum leptocarpum Besch. — N° 6982. 

(— robustum Sch. — No 6876. 

Polytrichum Ghiesbreghtii Besch: — N 6877 et 6878. 
Cryphœa attenuata Sch. — N° 6886. 
Dendropogon rufescens Sch. — N* 6880, 
Astrodontium Cryptotheca Hpe.— N** 6884 et 6972. 
Prionodon densus C. Müll. — Sans numéro, 
Cryptotheca cochlearifolia Hsch. — N** 6986 et 6886. 
Neckera E hrenbergii C. Müll. — N° 6972, 
Pilotrichella turgescens C, Müll. — Sans numéro. 

— Dubyana Hpe. — N° 6994. 

> Deppei Hsch. — N° 6971. 

— illecebra C. Müll, (2), — N° 6886. 

— teres Mett. — N° 6887. 
Callicosta delicatula Besch. — N° 6882. 
Thuidium mexicanum Sch. — N° 6984 et 6881. 


— 


(4) Cette espèce ne figure pas dans le Prodromus Bryologiæ mexicane. 

(2) M. Mitten, dans le Syn. Musc. Austro-Americ., rapporte cette Mousse au Melco- 
rium mexicanum Mitt., qui est caractérisé surtout par ses capsules sessiles. — La plante 
de Galeotti étant stérile, il est difficile de trancher la question, mais les caractères tirés 
des organes de la végétation paraissent se rapporler plutôt au Meteorium illecebrum. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. EXIIT 


Hookeria Liebmanni Sch. — Sans numéro. 
Rozea chrysea Besch. — N° 6967, 
—  subjulacea Besch. — N^: 6978, 6983. 
— viridis Besch. — N° 6968. 
Leptohymenium longisetum Hpe. — n° 6998. 

— cylindricaule C, Müll. — No 6888 et 6971. 
Pylaisia subfalcata Sch. — N° 6976. | 
Rhynchostegium Hampei Besch, — N° 6968 et 6973. 

— cæspitosum Sw, — Sans numéro. 
Hypnum affine Hook. — N° 6996. 

— . Le Jolisii Besch; — N° 6972. 
Hypoterygium incrassato-limbatum C. Müll, — N° 6883. 
Sphagnum mezicanum Mitt, — N° 6879. 


Voici la description de l'espèce nouvelle signalée dans ce catalogue ; 


WEBERA MEXICANA Besch, 


Dioica, habitu Weberæ Tozzeri (Grev. sub ryo) haud absimilis, major 
tamen ; caulis simplex 40-15%%, cum capsule pedicello 20-25" altus; folia 
majora obovata obtuse acuminata apice leniter denticulata, immarginata, 
cellulis angustioribus areolata ; folia perichætialia longe lanceolata, caulinis 
majora, erecta, flexuosa, costa supra apicem evanida; fructus solitarius vel 
plures aggregati. Capsula in pedicello rubello torto molli, obovato-piriformis, 
e collo longo defluens pruinosa, senior fusca, horizontalis vel sæpissime 
pendula ; operculus convexus paulo apiculatus. Peristomii cilia rudimentaria. 

Mejico (Gal., Bourgeau n? 1357 part., cum Anomobryo prostrato mixta, 
Hahn in herb. Winter). 


NOTE SUR LA JOUBARBE D'AYWAILLE (SEMPERVIVUM FUNGKII var, AQUALIENSE) 
pr M. Édouard MORREN. 


Linné connaissait cinq espèces de Sempervivum des régions septentrío- 
nales, A.-P. De Candolle en décrit sept espéces de la méme section, c'est-à- 
dire des Joubarbes, dans le 3* volume du Prodromus, en 1828. Ce nombre 
s'élève à 36 dans la monographie de Lehmann et Schnittspahn en 1855-56. 
Enfin, à la suite des publications de M. Martial Lamotte et de M. Alexis Jordan, 
on est venu à distinguer au moins soixante formes, rien que parmi les Sem- 
pervivum d'Europe. Il est vrai que d'autres auteurs, considérant la nature 
dans son ensemble, détruisent ce travail de fractionnement et de distinctions 
subtiles. Ainsi notamment MM. Bentham et Hooker, dans leur nouveau Genera 
plantarum, attribuent une quarantaine d'espéces au genre Sempervivum 
dans sa plus large acception, en y Comprenant méme les Aichryson, Æ'onium 


et Greenovia de Webb. 


LXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Il existe en Belgique un Sempervivum intéressant que l'on rencontre sur 


les rochers à Sougnez prés d'Aywaille, et quelquefois sur les murs aux envi- 
rons de Verviers et de Malmédy. 


En voici la description d’après nature : 

Ses rosettes varient de 3 à 5 centimètres de diamètre et sont sensiblement 
aplaties à leur surface. Les feuilles sont trés-nombreuses, de 2 centimètres de 
longueur sur 4 à 8 millimètres de largeur. Les plus extérieures sont étalées, 
lisses, avec quelques petites papilles glanduleuses presque imperceptibles ; les 
suivantes se dressent, se resserrent et se pressent de plus en plus, à mesure 
qu'elles se rapprochent du centre, et ces dernières sont manifestement glan- 
duloso-papilleuses ; toutes sont elliptiques-linéaires, plus ou moins rétrécies 
à la base (4 millimètres), élargies vers le milieu (8 millimètres), terminées en 
forme de coin, avec le sommet aminci, un peu caréné le long de la ligne mé- 
diane, entièrement vertes et particulièrement remarquables par les cils blancs, 
nombreux, d'un millimétre au moins de longueur, qui bordent les deux 
marges du limbe. Les rosettes peuvent se multiplier soit au moyen de jets laté- 
raux qui se forment à l'aisselle des feuilles inférieures, soit au moyen des fleurs 
qui s'élévent au centre, mais jamais ces deux modes de propagation ne sont 
réunis. Les drageons se forment au printemps et se développent de là manière 
la plus remarquable : ils rayonnent, en s'appliquant contre le sol, sous la forme 
de petits axes cylindriques couverts de poils courts, d'un rouge vif, munis de 
petites feuilles d'un vert clair et qui vont porter leur bourgeon terminal à la 
distance de 3 à 5 centimétres dela plante mere, quelquefois méme davantage. 
Ces petites rosettes cherchent alors quelque fissure dans le rocher où elles 
trouvent à s'enraciner, et, aprés s'étre affranchies, fondent ainsi une touffe 
nouvelle. Les rosettes floriféres ne forment point de drageons; mais, dans le 
courant du mois de juin, il s'éléve de leur centre une tige droite, rougeâtre, 
très-velue, glanduleuse, pouvant monter à 15 ou 20 centim. de hauteur et 
munie de feuilles linéaires-lancéolées, se rétrécissant au sommet qui est plus 
ou moins acuminé, pubescentes à leurs surfaces et ciliées sur les bords. Elle 
se termine par une inflorescence en cyme rameuse, à 3-5 branches assez éta- 
lées et quelque peu recourbées. Les fleurs présentent un calice à 12-14 divi- 
sions velues ; les pétales, trois fois plus longs que les sépales, et en méme 
nombre, sont elliptiques-aigus, et, quand ils sont étalés, montrent leur colo- 
ration d'un rose plus foncé le long de la ligne médiane. Les étamines sont 
courtes, d'un rouge foncé. On peut observer à l'aide de la loupe, au pied de 
chaque carpelle, une très-petite lamelle jaunâtre et tronquée. Enfin, au milieu 
de la fleur, existe un verticille de carpelles aplatis sur leur face de contact, mais 
au contraire assez proéminents sur leur face dorsale et méme du côté interne. 
Chacun d'eux est surmonté d'un style droit, vert dans certaines fleurs, pur- 
purin dans d'autres. On sait que le fruit consiste en follicules polyspermes. 

La présence de ce Sempervivum à Sougnez, prés d'Aywaille dans la pro- 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXV 


vince de Liége, a été signalée pour la première fois en 4813, par le docteur 
Lejeune, dans le second volume de sa Flore de Spa. Lejeune le rapporta au 
Sempervivum montanum de Linné ; il figure sous le méme nom dans le Com- 
pendium flore belgicæ, tome U, p. 119, publié en 1831. Mais dans le Sup- 
plément à cet ouvrage, qui parut à la suite du troisieme volume en 18536, les 
auteurs Lejeune et Courtois remplacèrent ce nom par celui de Sempervivum 
Funckii, sous lequel la plante est maintenant connue. 

Le Sempervivum Funckit est une plante des Alpes bavaroises, que le doc- 
teur Koch, d'Erlangen, sépara du S. montanum en 1832, et qu'il érigea en 
espèce nouvelle en la dédiant au pharmacien Funck, de Gefrees (haute Fran- 
conie), lequel lui avait fait voir en quoi il différait des S. montanum et hirtum. 
Il est décrit et figuré dans le journal botanique Flora, de Ratisbonne, année 
1832, dans un article publié par le pharmacien F. Braun, d'Erlangen. Ce 
Sempervivum Funckii est une petite plante assez compacte, à drageons courts, 
irréguliers, serrés contre la rosace centrale, et dont l'axe est dégarni de petites 
feuilles; de légers caractères la distinguent du S. montanum, savoir : les 
feuilles du S. montanum se rétrécissent sensiblement à leur base, tandis que 
celles du Funckii se rétrécissent peu ou point, et que chez ces derniers les 
cils bordant les feuilles sont plus longs et plus nombreux. Les pétales du 
S. montanum sont très-aigus et quatre fois plus longs que les sépales, tandis 
que ceux du Funckii ne sont pas aussi pointus et seulement trois fois de la 
longueur des sépales. Les carpelles du S. montanum sont ovales-allongés avec 
le style droit et vert ; chez le S. Funckii les carpelles sont plus larges, plus 
irréguliers, presque gibbeux, et les styles, un peu courbés en dehors, sont de 
couleur pourpre. 

Koch fait ressortir ce parallèle dans les diagnoses suivantes : 


S. Funckii foliis rosularum oblongis bre- 
viter acuminatis utrinque glanduloso-pubes- 
centibus margine ciliatis, floribus rotatis, 
petalis lanceolatis acuminatis calyce subtri- 
plo longioribus, germinibus dilatato-ovatis, 
stylo apice discolori. 


S. montanum foliis rosularum obovato- 
oblongis breviter acuminatis utrinque glan- 
duloso-pubescentibus obsolete ciliatis, flo- 
ribus rotatis, petalis lanceolato-subulato- 
attenuatis acutissimis calyce subquadruplo 
longioribus, germinibus ovato-lanceolatis, 
stylo concolori. 


On trouve ce Sempervivum Funckii dans la haute Bavière, le duché de 
Salzbourg et le Tirol. Clusius l'avait déjà signalé dans les mêmes contrées 
sous le nom de Cotyledon altera 114 (Hist. plant. lib. 1v, p. 64). 

Les caractères sur lesquels cette espèce a été fondée ont peu d'importance, 


mais ils s'appliquent incontestablement à la plante d'Aywaille. Lejeune et 
Courtois ont donc eu raison, du moment qu'ils admettaient la spécificité du 
Sempervivum Funckii, de lui appliquer cette dénomination. Nous reconnais- 
sons, en outre, que le faciès de la plante diffère de celui du S. montanum. 
Mais tout en étant subordonnée à la description du S. Funckii, la plante 
T. XX. E 


LXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


 d'Aywaille se distingue par certains caractères propres, La hampe, au lieu dc 
ne s'élever qu'à une dizaine de centimètres, monte ordinairement à 18 ou 
20 centimètres de hauteur, c'est-à-dire qu'elle est de croissance moins trapue. 
Les drageons, au lieu d'être courts, irréguliers et nains, sont ici allongés de 
h, 5 et même 7 centimètres, disposés fort régulièrement comme des rayons 
tout autour de la plante ; enfin, et c’est le point essentiel, ils sont chargés de 
petites feuilles espacées de distance en distance. Il y a bien encore d'autres 
caractères : les feuilles relativement allongées, au point d’être ligulées, sont 
moins rétrécies à la base que celles des S. montanum et S. Funckii ; au 
sommet, prés de la pointe, elles montrent, outre les cils des bords, quel- 
ques longs poils blancs insérés sur la face inférieure en ligne le long de la 
nervure médiane. Quant à la couleur du style, elle est verte dans certaines 
fleurs et rouge dans d'autres. 

La plante d'Aywaille est donc une forme particulière, que nous avons dis- 
tinguée en lui donnant comme variété le nom de cette localité. Nous la ratta- 
chons au S. F'unckii, tout en reconnaissant que ce S. Funckii pourrait n'étre 
qu'une forme du S. montanum L., caractérisée par une capsule plus courte 
et un peu plus large. En voici la diagnose latine : 

SEMPERVIVUM FUNCKII Koch ex F. Braun in 77ora, 1832, XV. I, p. 1.— 
Semp. montanum Lejeune Fl. env. Spa, t. IT (1813), p. 310 ; Lej. et Court. 
Comp. fl. Belg. t. Y (4831), p. 119. —S. F'unkii (sic) Lej. et Court. Comp. 
t. II (1836), p. 37^ ; Schnittspahn et C.-B. Lehmann in Flora (Regensburg), 
1855-56; Mart, Lamotte Étude sur le genre Sempervivum, Clermont-Fer- 
rand, 1864; Regel in Gartenflora, 1872, p. 233. 

Var. 8. AQUALIENSE Nobis. 

Rosulæ truncatæ. Folia externa rosularum patentia, rariuscule glandulifera, 
lucida, interna conniventia, glanduloso-papillata, omnia elliptico-ligulata, cu- 
neata, apiculata, carinata, margine dense ciliata, concolora. Propagines radiatim 
patulze, elongatæ, pilosæ, purpurege ; flagella foliis minutis, remotiusculis suffulta. 
Folia caulina lanceolata, cuspidato-acuminata, basi puberuía, plus minusve 
ciliata. Caulis erectus, pedalis, villo canescente hirsutus. Cyma multiflora, sub- 
patula. Flores 12-14-meri. Calyx villosus. Petala calyce subtriplo longiora, 
elliptica, pallide rosea, nervo medio saturatiore ornata. Stamina circiter 
viginti, petalis breviora. Lamella disci minuta, erecta, quadrata, truncata. Ger- 
mina latere dorsali curva. Styli erecti, nunc concolori, nunc purpurascentes. 

In rupibus ad Amblevam prope Aqualiam (Aywaille) in prov. Leodiensi, 
murisque Malmundarii, Verviæ. Fl. Jun.-Jul. 2z. 

Les drageons de cette espèce, d'un beau rouge et terminés par des rosettes de 
feuilles, font le plus bel effet et sont remarquables par leur mode de croissance. 
Quelle que soit la position dans laquelle se trouve la plante-mére, ses drageons 
se disposent en rayons appliqués contre le sol ou le rocher. Ainsi fixés dans une 
fissure, sur une roche verticale, ces drageons s'étendent à droite, à gauche, en 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873.  LXVII 


haut et en bas, sans qu'il y ait de différence entre eux. Nous en avons planté tout 
autour d'une sphère de poterie, grosse comme une bombe et suspendue en 
corbeille, et toujours les drageonsse sont développés dans toutes les directions 
centrifuges par rapport à leur plante-mére, sans que le haut ou le bas, le nord 
ou le sud, le levant ou le couchant, aient exercé sur leur direction la móindre 
influence, La seule tendance à laquelle ces rameaux semblent obéir est de 
fuir la lumière, c'est-à-dire celle d'un héliotropisme négatif (1). 


SUR UN NOUVEAU PINGUICULA DU MEXIQUE, par M. Eug. FOURNIER. 


La publication récente que notre vice-président M. Éd. Morren a faite dans 
la Belgique horticole (décembre 1872, p. 370), d'un. Pinguicula nouveau 
pour la flore mexicaine, le P. Flos mulionis, rapporté des environs de Cor- 
dova par M. O. de Malzinne et cultivé à Liége dans les serres de l’établisse- 
ment Jacob-Makoy, m'avait engagé à Paris, au printemps dernier, à exa- 
miner les Pinguicula du Mexique, dans le but d'y rechercher le P. Flos 
mulionis, la fleur du muletier, cueillie par M. de Malzinne au Paso del 
Macho. J'y ai constaté en effet la présence de cette espèce, recueillie par Ghies- 
breght sur un point bien éloigné, dans la province d'Oajaca; quelques-uns 
des échantillons d'Orizaba, classés par M. Bourgeau sous le numéro 2835, se 
rapportent également à celte espèce. 

L'étude que j'avais faite de ce genre m'a amené à examiner à Bruxelles les 
Pinguicula de l'herbier de Martius; j'y ai constaté l'existence d'une espèce 
nouvelle que je voudrais dédier à l'un de nos confrères présents. Dans l'em- 
barras du choix, je les prie d'accepter collectivement la dédicace du PINGuI- 
CULA SODALIUM, Orizaba, F. Müller, n? 114 in herb, Martius. 

Je donnerai les caractères du P. sodalium plus complétement dans le Mexi- 
canarum plantarum Enumeratio. Je les ferai suffisamment apprécier dés 
aujourd'hui en tracant le tableau suivant des espèces de la section Orcheos- 
anthus du genre Pinguicula. Les espèces mexicaines de cette section (à épe- 
ron plus long que la corolle) peuvent être classées de Ja manière suivante : 


(4^) Note ajoutée au moment de d'impression, septembre 1874. — Depuis que nous 
avons soumis cette petite communication à nos confrères de la Société botanique de 
France, nous avons publié, dans la Belgique horticole de 1873, deux planches coloriées 
(XI et XIII) représentant la Joubarbe d'Aywaille. 

Notre honorable confrère M. F. Crépin, dans la 3° édition de son Manuel de la Flore 
de Belgique (1874, p. 129), n'a pas cru devoir adopter notre dénomination de cette 
plante, qu'il désigne sous le nom de Sempervivum Schniltspahni Lagger. e GÈ Sem- 
pervivum de Schnittspahn a été signalé en 1868 par M. Éd. Regel (qui l'avait recu du 
Jardin de Berlin), dans les Annotationes botanicæ placées à la suite de l'Inde: seminum 
Horti petropolitani de 1868, p. 89. En 1872, M. Regel, dans une esquisse des Jou- 
barbes cultivées au Jardin de Saint-Pétersbourg, mentionne de nouveau le S. Schnitt- 
spahni en y ajoutant Lagger comme nom d'auteur. — Mais ce Sempervivum est du 
groupe des Tectorum (affine S. tectorum) et ses feuilles sont de couleur glauque. J ne 
nous parait done pas possible d'y rapporter notre plante d'Aywaille, qui appartient incou- 
testablement au groupe des Montana. 


EXCEL : SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


: : Incurvató 27v. Sie. EN. P. orchidioides DC. 
PINGUICULA ['squamiformibus ; calcare | se ies OD P. moranensis HBK. 
sect. rita ovatis, calcare ciliato.. Sean 0,022110, S. P. oblongiloba DC. 
ee um "5*3 non; pe- recto.. cv edo iy rete P. caudata Schlecht. 
inf er pis a miss. ART AUT latis subæquali- : 
E CP edi Dee p husaiid. 6.) P. Flosmulionis Ed. Morr. 
tis ; calcare; . "bir n bi lo7Y strictis. angus- 
is labii in- ? 


DTE ioribus, medio 
ferioris....] Moñbus, 


tiori. isesi. P. sodalium, n. sp. 


Vu l'heure avancée de la journée, la Société se sépare à six 
heures du soir. 

A huit heures, les membres de la Société se retrouvaient, réunis 
à l'élite des botanistes liégeois, dans les salons de M. le professeur 
Morren, qui leur a fait les honneurs de sa bibliothèque et de son 
herbier avec la courtoisie la plus parfaite. 


Le lendemain 23 juillet, on a visité les monuments les plus remar- 
quables de Liége : plusieurs excursionnistes ont profité de l'occasion 
qui se présentait d'assister aux examens universitaires; d'autres 
ont visité les musées de l'université et les collections végétales de 
MM. Jacob-Makoy et de M. Pirlot. Peu de temps aprés, les membres 
de la Société se rendaient par chemin de fer de Liége à Spa, dont 
ils ont visité les sources et la forét pendant une intéressante herbo- 
risation, qui a donné lieu à M. Francois Lebrun, professeur à l'École 
moyenne de l'État, de communiquer à la Société les détails les plus 
intéressants sur la végétation de cette charmante contrée (1). Mal- 
heureusement une pluie torrentielle a empéché la séance de clóture 
d'étre tenue sous les magnifiques ombrages de la forét de Spa, 
ainsi qu'on se l'était proposé, et les membres de la Société, aprés 
avoir adressé leurs plus chaleureux remerciments aux botanistes 
belges qui les avaient accompagnés dans cette derniére excursion, 
ont dû se borner à se serrer la main, en se promettant de se re- 
trouver au rendez-vous de l'année prochaine. 


(1) M. Lebrun a bien voulu dédier à la Société: botanique de France, en souvenir 
de son excursion du 23 juillet, sa Florule (inédite) des environs de Spa. La Société 
a accueilli cet hommage avec une vive gratitude, et a décidé que ce travail serait publié 
à ses frais et annexé, ainsi que la carte géographico-botanique qui l'accompagne, au 
présent compte rendu de sa session en Belgique (voyez plus bas, page CXXI). 


ERRATUM, — Page LxI, ligne 4, au lieu de et des Indes, lisez et des Andes. 


RAPPORTS 


SUR 


LES EXCURSIONS DE LA SOCIETE 


ET SUR 


SES VISITES A DIVERS ÉTABLISSEMENTS PUBLICS OU PARTICULIERS 
DE BOTANIQUE ET D'HORTICULTURE. 


RAPPORT SUR LE JARDIN BOTANIQUE DE L'ÉTAT, A BRUXELLES, 
pr M. Édouard BUREAU. 


Le gouvernement belge vient de fonder à Bruxelles, il y a trois ans à peine, 
un centre d'études botaniques qui, dés son début, a le droit d'étre compté 
parmi les grands établissements de ce genre existant en Europe. 

Pour décrire cette belle fondation comme elle le mérite, il m'eüt fallu un 
temps bien plus long que les quelques heures dont je pouvais disposer ; aussi 
aurais-je renoncé à la tâche de donner une idée de ce qu'est le Jordin 
botanique de l'État, si je n'avais été aidé par les renseignements obligeants 
que m'ont fournis MM. Alfred Cogniaux et Élie Marchal, aides-naturalistes, 
et surtout M. Bommer, couservateur des collections du Jardin. 

Je dois particuliérement à M. Bommer, outre une note manuscrite détaillée, 
une notice imprimée sur le Jardin botanique de Bruxelles, qu'il a publiée 
en 1870, dans le Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique. 
Ces documents m'ont été d'un grand secours et je leur ai fait de nombreux 
emprunts; je prie MM. Bommer, Cogniaux et Marchal de recevoir ici tous 
mes remerciments. 

Quelques considérations historiques ne me paraissent pas superflues, et 
feront comprendre l'importance des progres réalisés. 

Ce fut à l'époque où la Belgique était réunie à la France, que pour la 
première fois un jardin botanique fut créé à Bruxelles. Le 26 fructidor an IV 
(12 septembre 1796), l'administration du département de la Dyle (Brabaut 
méridional) prit un arrété pour que les divers arbustes, arbres et végétaux qui 
se trouvaient dans les maisons des émigrés fussent réunis et mis à couvert 
dans l'écurie et le manége du palais connu sous le nom d’Ancienne cour. 

L'année suivante, un nouvel arrété de la méme administration, en date du 


LXX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


29 floréal an V (18 mai 1797), affecta les jardins du palais au Jardin botanique 
pour l'instruction des élèves de l'École centrale du département. 

Le professeur d'histoire naturelle à cette école, le comte Van der Stegen 
de Putte, s'occupa aussitót de planter le jardin. L'école de botanique fut 
classée d'aprés le systéme de Linné. Elle s'étendait non-seulement dans le 
vaste parterre qui fait face au palais des anciens souverains, mais encore sur 
l'emplacement occupé actuellement par le palais de l'Indusirie et la biblio- 
théque. 

Ce jardin subsista jusqu'en 1825, époque à laquelle on dut prendre la réso- 
lution d'élever, sur le terrain qu'il occupait, des constructions reconnues indis- 
pensables. 

Ce fut alors que quatre botanistes, MM. le baron Van Volden de Lombeek, 
J.-B. Meeus-Wouters, Drapiez et l'abbé Van Geel, concurent le projet de 
fonder un jardin botanique par association. Leurs efforts furent couronnés de 
succès : le capital social fut créé au moyen de quatre cents actions de 500 
florins (1058 fr. 20); la régence de Bruxelles et le gouvernement du royaume 
des Pays-Bas consentirent à donner chacun un subside annuel de 6000 flo- 
rins (12,698 fr. 40), et les plantes existant à l'ancien jardin furent remises à 
la nouvelle Société. Celle-ci acheta, entre les portes de Laeken et de Schaer- - 
beek, le long du boulevard, un vaste terrain de plus de six hectares, admirable- 
ment situé ; et le nouveau jardin botanique de Bruxelles fut constitué en société 
anonyme, sous le titre de Société royale d'horticulture des Pays-Bas, en vertu 
d'une autorisation royale du 28 mai 1826. 

L'année 1827 fut employée aux constructions. Les serres, élevées sur les 
plans de M. Gineste, furent achevées le 8 septembre, et présentèrent dès lors 
le magnifique panorama qu'on admire encore aujourd'hui. 

Les commencements de la Société furent brillants ; mais en 1830 le jardin 
eut beaucoup à souffrir des événements politiques : les serres furent saccagées, 
la vente des plantes s'arréta, et les actionnaires furent plusieurs années sans 
toucher de dividendes, 

En 1841, un événement imprévu vint en aide à la Société (qui depuis 
1857 portait le titre de Société royale d'horticulture de Belgique). Une 
petite partie du jardin dut étre expropriée pour la construction de la gare du 
chemin de fer du Nord, et en méme temps le gouvernement consentit à porter 
à 24 000 francs le subside annuel qu'il accordait à la Société, mais à la con- 
dition que celle-ci ne pourrait se dissoudre sans le consentement de l’État, 
tant que ce subside lui serait payé. 

Les choses allèrent ainsi jusqu'en 1864. A cette époque, le Conseil d'admi- 
nistration ayant proposé aux actionnaires une série de dépenses qui s'élevaient 
à plus de 200 000 francs, ses propositions furent repoussées, et il fut rem- 
placé par un nouveau Conseil dont la mission évidente était de négocier la 
cession du jardin. Enfin en 1870, M. Du Mortier, qui avait concu depuis 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXI 


longtemps le projet de fonder, daus la capitale dela Belgique, un grand centre 
botanique, obteuait du gouvernement et des chambres belges l'achat de l'her- 
bier de M. de Martius {pour la somme de 32 000 francs) et l'acquisition du 
Jardin botanique de Bruxelles (pour la somme de 1 000 000 de francs). Grâce à 
l'intelligente persévérance d'un éminent homme d'État, qui est en même temps 
l'un des savants les plus illustres de son pays, la Belgique venait de s'enrichir 
d'une institution qui l'honore, et l'Europe comptait un grand musée botanique 
de plus. 

Le Jardin botanique de Bruxelles, devenu le Jardin botanique de l'État, 
a maintenant un budget de 52 000 francs. Le personnel se compose de : 
un conservateur des collections, un chef de culture, agent comptable, trois 
aides-naturalistes, un préparateur, un concierge, deux surveillants, trois jar- 
diniers chefs de service, dix-sept jardiniers et ouvriers. 

Cet établissement a le grand avantage d’être situé à peu de distance du 
centre et dans un des beaux quartiers de la ville. Les terrains qu'il occupe 
forment un vaste rectangle d'une superficie de six hectares. 

L'école de botanique couvre plus d'un hectare. Elle est suffisamment 
complète pour qu'on puisse y faire des études sérieuses, et M, Élie Marchal, 
aide-naturaliste, qui en est spécialement chargé, ne cesse de l'enrichir par les 
relations qu'il entretient avec les autres jardius botaniques; mais la disposition 
circulaire des plates-bandes se préte fort mal à un classement méthodique. Nous 
avons appris avec plaisir qu'il est question d'améliorer le tracé de cette école, 
tout en la conservant au méme lieu (1). 

Les Conifères et plantes vivaces (la plupart horticoles et qui ne figurent pas 
dans l'école) occupent un hectare. 

Enfin les promenades, pelouses, bâtiments et serres, quatre hectares, 

Les bâtiments comprennent : logement du concierge, bureau, salles des 
collections botaniques, bibliothèque, salle du Conseil, chambre aux graines, 
laboratoire, etc. 

Les serres, qui forment une des parties les plus remarquables du jardin, 
tant au point dé vue de leur aspect monumental qu'à celui de la perfection des 
cultures, sont au nombre de 18, savoir: serres chaudes 6, tempérées 5, 
froides 7. Il existe 11 foyers pour les chauffer. 

La superficie de ces serres est distribuée comme suit ; 


Meétres carrés, 


Serre aux Palmiers et Pandanées. RES 6 6e ces EN PE UM TU D 
— de la rotonde (grands Palmiers et plantes diverses) diner enrins 247 50 
Orangeries . .. . 44545. za eia (34 F) FAVUEYE 2 ERR a 332 50 
Serre froide (plantes dé la Nouvelle-Hollande, du Cap, etc.)..,:.,.,::,%. sr1440:: » 
comi Seen (plantes diverses) TE v ov VCkbbkus €) RS di, bb. ST déc sé $5525 de » 
— chaude (Fougères et Lycopodiacées).. «i... een nnn B n 
A Freporier. i... SOS 1008 00 


(1) Voyez à la suite de ce rapport, p.LXXVI, Ja Nole ajoulée aui moment de l'impression. 


LXXII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Repori-: 5.72. ca 100800 
Serre chaude (Marantacées, Aroïdées)........,...,........:....... 2 10A. >» 
— — ' (Palmiers, etc.)..............vosesesese Bc mi. 104% >» 
— tempérée (Fougères) et petite serre froide y adossée............. 250 » 
— chaude (plantes diverses).................................. 144 » 
— aux Orchidées (à compartiment chaud età compartiment tempéré ing: 
la culture des Orchidées froides et des Hyménophyllacées). . 3 S4 o» 
— aux Cactées et autres planies grasses..... (CHRIS LS, Mes 1L. 57 35 
— aux Broméliacées et plantes diverses......................... 140 » 
— à multiplication (plantes à feuillage coloré, bo officinales ; arbres 
fruitiers des tropiques) <... 52522-99929 9: 2 225 2 79 75 
— tempérée (plantes officinales, ornementales, etc. ) V. ot. Snr ii Sed eis 120 >» 
— froide (plantes du Cap, Araliacóes, etc)... RS eoim 80 —» 
— — (plantes diverses) s.... 0... ons 79 75 
TOA o 5... 0... e 2256 85 


Étendue considérable à laquelle on peut encore ajouter 250 mètres carrés 
de bâches et châssis. 


Les vingt jardiniers et ouvriers placés sous la direction de M. Lubbers, 


chef des cultures, sont répartis dans les serres et le jardin dans les propor- 
tions suivantes : À 

Serres chaudes : un chef de service, cinq jardiniers et un apprenti. 

Serres froides : un chef de service, trois jardiniers. 

Pleine terre : un chef de service, cinq ouvriers. 

École de botanique : deux jardiniers. 

Ateliers : un vitrier, un menuisier, 


Le Jardin botanique de l’État possède quelques belles collections spéciales ; 


en voici un aperçu sommaire : 


Genres. Espèces 
et var, 


FouGÈèREs (Classe des) ........... BR SE. SS 95 338 
(Hyménophyllacées, 2 genres, 23 espèces et variétés: ; Gleichéniacées, 
1 genre, 2 esp.; Polypodiacées, 82 genres, 293 esp.; Schizéacées, 
1 genre, 1 esp.; Lygodiacées, 1 genre, 1 esp.: Osmondacées, 3 genres, 
6 esp.; Angioptéridées, 1 genre, 6 esp.; Marattiacées, 3 genres, 
5 espéces.) 
EYCOPOMACERS . . . se de eere then! terae uiuo tante ele oae, 3 25 
BROMÉLIACÉES, ...... Looe 94 


08 EDEERG i:o 20an. P IAr dh sn e Sos vd rt et NET 410 
(Parmi les genres le mieux représentés nous pouvons citer les 
suivants : Masdevallia, 42 espèces ; Dendrobium, 15 ; Epidendrum, 
22; Cattleya, 24 ; Trichopilia, 5; Oncidium, 53 ; Odontoglossum, 42 ; 
Miltonia, 7 ; Phalænopsis, 2; Saccolabium, 5, etc.) 
MACEME 6 éd ne de sue eere cie dv e Ede» 29 Sa. Vvéevvev 04 116 
(Plantes intéressantes : Curmeria picturata et Wendlandi ; Anthu- 
rium crystallinum. Exemplaires remarquables : Philodendron Fonta- 
nesii, macrophyllum, pinnatifidum, bipinnatifidum ; Scindapsus decur- 
sivus, pertusus ; Anthurium acaule, palmatum, pedatum, cucullatum, 
cordatum, Augustinum, regale, glaucescens, Scherzerianum, etc.) 
SCITAMINÉES (Groupe des)..... Wer eor ib c ETC TN dl ati 18 97 
. (Trois familles : 46 Maranta et Calathea ; T Musa, etc.; Strelitzia 
Nicolai, Augusta, etc,; Ravenala madagascariensis, grand exemplaire.) * 


CRC $ve6v9 i9 ^90 9e 


PALMIERS. siesd 010, 0m dou ici d 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXII 


(Parmi les plus intéressants, on peut citer les genres qui suivent : 

Wendlandia, Hyophorbe, Euterpe, OEnocarpus, Oreodoxa, Kentia, 
Areca, Acanthophoenix, Verschaffeltia, Ceroxylon, Arenga, Calamus, 
Dæmonorops, Mauritia, flyphzene, Copernicia, Attalea, Elæis, Maxi- 
miliana, etc. 

Les plus grands Palmiers que le Jardin possède sont : un Chamæ- 
rops excelsa dont le stipe a au moins 6 mètres de haut, un Chama- 
rops arborescens de 2",50 de stipe, un Sabal Blackburniana de 
6,50, un Trithrinax aculeata de 4 mètres, etc.) 


55 97 


ARALIACÉES. . oo A tt A ENAR TT... &.vevkecebeéve ma 47 
(Savoir : Aralia, 2; Hedera Helix [trois var.]; Heptapleurum, 45 
Fatsia, 1; Oreopanax, 9; Didymopanax, 1; Tetrapanax, 4 ; Pseudo- 
panax, 2 [et quatre var]; Acanthopanax, 2 ; Sciadophyllum, 1; Tre- 


vesia, 1 ; Dendropanax, 4 ; Tupidanthus, 4 


; enfin 3 espéces n'ayant 


pas encore fleuri et dont le genre est incertain. 
La collection des Araliacées est soigneusement complétée et tenue 
au niveau de la science par M. Marchal, qui déerit cette famille pour 


le Flora brasiliensis.) 


En dehors des collections précédentes, on pourrait citer dans les serres et 
dans le jardin une infinité d'autres plantes remarquables, soit par leur rareté, 
soit par la beauté des exemplaires. Dans l'impossibilité de les signaler toutes, 


mentionnons seulement : 


Encephalartos Altensteinii. 


Strangeria paradoxa. 


Fagræa auriculata. 
— lanceolata. 


Rapatea pandanoides. Plumeria alba. 
Aloé ferox. Cordia glomerata. 
Dracæna gloriosa, — Sebestena. 

— Guylfoylei. Crescentia Cujete. 
— Regine. — regalis. 


Agave Hystrix. 
— filifera. 
Dasylirion junceum. 


Cyrtandra bicolor. 
Theophrasta Jussiæi, 
— imperialis. 


Heliconia metallica. — regalis. 
Pandanus furcatus. — mexicana, 
Podocarpus sinensis. Clavija ornata. 
Casuarina quadrivalvis. — latifolia. 


Artocarpus grandis. 
Coccoloba pubescens. 
Hernandia caraibæa. 
Banksia glauca. 
Nepenthes hybrida. 


Jacquinia aurantiaca. 

— ruscifolia, 

Chrysophyllum macrophyllum. 
Bumelia tenax. 

Achras Sapota. 


— lævis. | Mimusops cyanocarpa. 
— gracilis, | Cephalotus follicularis. 
— ampullacea. Myristica grandifolia. 


Cephaëlis Ipecacuanha. 
Cinchona Calisaya. 


Drimys Winteri. 
Sarracenia Drummondii, 


— gracilis. — alba. 

— officinalis. — flava. : 

— Pahudiana. — psittacina., 

— succirubra. — purpurea. 
— rubra. 


Condamínea longifolia. 
Gardenia Stanleyana. 
Genipa americana. 


— variolaris. 
Drosophyllum lusitanicum. 


LXXIV 


Anisosperma Passiflora, 
Adansonia digitata. 
Carolinea insignis. 

— fastuosa. 

— princeps. 

Bombax Ceiba. 
Sterculia fœtida. 
Theobroma Cacao, 
Thea viridis. 

Carapa guianensis, 
Clusia alba, 

— Liboniana, 

— Melinoni. 
Calophyllum Calaba, 
Mammea americana. 
Garcinia australis. 

— Livingstoni. 
Canella alba. 

Swietenia Mahagoni. 
Erythroxylon Coca. 
Cossignia borbonica. 
Hura crepitans. 
Hippomane Mancinella, 
Acantholoma spinosum, 
Stillingia sebifera. 
Cælebogyne ilicifolia. 


Ophthalmoblapton macrophyllum. 


Siphonia elastica, 
Jatropha Curcas. 

— Manihot. 

Croton balsamiferum. 
— Tiglium. 


Phyllanthus juglandifolius. 


Cascarilla grandiflora. 
Anda Gomezii. 
Mangifera indica. 


Anacardium occidentale. 


Lithræa ovata. 
Ochna mossambicensis. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE» 


.| Quassia amara, 
Simaba Cedron. 
Simaruba grandis, 
— officinalis. 
Brucea ferruginea. 
Galipea odoratissima, 
— pentandra. 
Guajacum arboreum, 
— officinale. 
Geranium arboreum. 
Medinilla magnifica. 
Metrosideros florida, 
Psidium Guajara.’ 
— Cattleyanum. 

— montanum. 
Lecythis Ollaria. 

— Pisonii. 
Couroupita guianensis. 
Caryophyllus aromaticus. 
— Korthalsii. 
Chrysobalanus Icaco. 


Cæsalpinia echinata, 
— Sappan. 
— tortuosa. 
Brownea grandiceps. 
Schotia latifolia. 
Tamarindus indica. 
Hymenæa Courbaril, 
Bauhinia rosea. 
Copaifera officinalis. 
Dialium divaricatum. 
Swartzia Flemingii. 
Darlingtonia californica. 
Inga ferruginea. 
— laurina. 
— salutaris. 

Etc., etc. 


Hæmatoxylon campechianum. 


Ce qui frappera sans doute dans cette liste, et ce qui est en effet trés-remar- 
quable, c'est la quantité de plantes officinales, alimentaires et industrielles des 
pays chauds que le Jardin est parvenu à rassembler. 

Le Musée botanique est situé derrière les serres et dans le méme bâtiment. 
On ventre par un vestibule d'une assez belle apparence et d'un accès très- 
facile ; car il s'ouvre à la fois sur le jardin et sur une rue voisine. Ce vestibule 
conduit à une immense salle de 437,30 de long sur 117,40 de large. A droite 
et à gauche, dans toute la longueur et adossées au mûr, sont disposées des 
armoires vitrées qui renferment l'herbier de Martius. Ces armoires sont de 
différentes grandeurs et partagées en cases dont chacune contient un paquet. 
Il y a 32 paquets dans les grandes armoires et 24 dans les petites. L'ensemble 
de l'herbier est de 1512 paquets, 1l faut ajouter à ce chiffre les collections de 
Galeotti et de Bové, l'herbier de Polart de Canivry (qui contient. des plantes 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXV 


de Thuillier), les herbiers cryptogamiques du comte de Limminghe, de l'abbé 
Coemans et de M'* Libert, qui forment ensemble 765 paquets, et l'herbier 
spécial de la Belgique (comprenant. principalement la collection de Lejeune), 
qui en forme 185. L'herbier de Bruxelles arrive donc, trois ans seulement 
aprés sa fondation, au chiffre considérable de 2462 paquets, contenant envi- 
ron cent mille esp?ces ; encore ne comprenons-nous pas dans ce calcul l'her- 
bier particulier des Palmiers de Martius, qui contient les types du grand ouvrage 
de cet illustre savant. Cet herbier, formé d'échantillons de grande taille, 
occupe deux armoires situées de chaque cóté de la porte d'entrée. 

Cette salle des herbiers est vraiment fort belle. Elle est bien éclairée par le 
toit et par des fenétres élevées, situéés au-dessus des armoires. Le sol est 
bitumé. Bien qu'elle soit située au rez-de--chaussée et adossée aux serres, les 
botanistes qui y travaillent habituellement s'accordent à dire qu'elle n'est pas 
humide, Du reste, la bonne conservation des plantes confirme pleinement cette 
assertion. Deux aides-naturalistes trés-expérimentés, MM. Cogniaux et De- 
logne, sont chargés de l'entretien et du classement de ce vaste herbier. 
M. Cogniaux s'occupe de la phanérogamie et M. Delogne de la cryptogamie. 

De cette grande galerie on pénètre dans une salle ronde, fort vaste aussi; où 
ont été tenues les séances de la session extraordinaire des Sociétés botaniques 
de Belgique et de France réunies. Cette salle est voütée, et le jour y vient d'en 
haut, par la coupole. Autour se trouvent seize armoires, contenant des bois 
(1200 espèces), des produits végétaux divers (1500 échantillons), des plantes 
fossiles, et la collection carpologique qui comprend plus de 2000 espéces dont 
la plupart appartiennent à l'Amérique du Sud et proviennent des collections 
de Martius. On y compte plus de 150 espèces de fruits de Palmiers. Mention- 
nons aussi une collection de Balanophorées représentée par les genres sui- 
vants: Lophophytum, Cynomorium, Balanophora, Scybalium, Langsdorffia 
et Helosis (2h boites et 8 bocaux) (1). 

Enfin une troisième salle renferme la bibliothèque. D’après une notice lue 
dans une séance de la session par M. Cogniaux, cette bibliothèque se compose 
actuellement de 960 ouvrages, ainsi répartis : ouvrages généraux, 77 ; bota- 
nique appliquée à la médecine, 65 ; différentes branches de la culture, 211 ; 
botanique pure, 607. Les ouvrages descriptifs modernes n'y sont certainement 
pas encore assez nombreux pour permettre l'étude facile des collections ; mais 
leur nombre ne peut manquer d'augmenter rapidement, car le gouverne- 
ment belge tiendra sans doute à compléter son œuvre. Quoi qu'il en soit, 
on peut dire dés maintenant qu'il a bien mérité de la science en fondant un 
établissement qui, bien que récent encore, se place déjà à un rang honorable 
prés des grands musées botaniques, existant depuis plus longtemps dans d'au- 
tres pays. 

(1) Depuis la visite de la Société, ces armoires, avec les objets qu'elles contiennent, ont 
été transportées dans le vestibule qui précéde la grande salle des herbiers. 


LXXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Note ajoutée au moment de l'impression (septembre 1874). — Ce rapport 
est un simple exposé de l'état du Jardin:botanique de Bruxellesau moment de la 
visite que lui fit la Société botanique de France en juillet 1873. La nature méme 
d'un tel écrit ne nous permettait pas d'y faire mention du débat qui a surgi, 
quelque temps avant notre session, dans la Commission administrative de cet 
établissement, et qui continue encore en s'accentuant de plus en plus. Nous ne 
pouvons cependant laisser ignorer aux lecteurs du Bulletin que le Jardin bota- 
nique de Bruxelles traverse en ce moment une crise tout à fait analogue à 
celle que le Jardin royal de Kew (près Londres) a surmontée au grand profit 
de la science, grâce à l'énergie du docteur J.-D. Hooker. Dans l'établisse- 
ment belge, le conflit s'est engagé au sujet de l'école de botanique, que les 
amateurs d'horticulture voudraient déplacer pour embellir le Jardin, et que 
les botanistes, M. Du Mortier en téte, tiennent à maintenir à la place d'hon- 
neur et à agrandir le plus possible. Nous apprécions hautement la valeur 
et nous respectons la conviction des hommes qui soutiennent l'une et 
l'autre opinion ; mais, bien que nous n'ayons pas à prendre part à ce différend, 
nous ne pouvons nous empêcher de former des vœux pour une issue favorable 
à la science que la Société botanique de France s'est donné pour mission de 
protéger et de développer. Nous connaissons et nous admirons la large place 
que l'horticullure occupe en Belgique; mais nous verrions avec regret les 
tendances horticoles s'introduire dans la direction d'un établissement qui doit 
étre uniquement consacré à l'étude, et qui se trouverait ainsi détourné de son 
but et bientót complétement dénaturé. Un jardin botanique n'est pas fait pour 
étre beau, mais pour étre utile et instructif. Avant tout, c'est un musée ; 
très-accessoirement, un lieu de promenade. Y appeler la foule des indifférents 
et des oisifs est chose sans importance ; y attirer au contraire les travailleurs 
sérieux, c'est contribuer au développement intellectuel du pays. Que le Jar- 
din botanique de Bruxelles se couvre de parterres, de kiosques et de pelouses, 
il deviendra simplement un square, et la Belgique n’y gagnera rien ; mais qu'il 
étende (sans la déplacer) son école de plantes vivantes, qu'il augmente son 
herbier, qu'il compléte sa bibliothéque, et par ces moyens bien simples il de- 
viendra promptement l'émule des grands établissements du méme genre dont 
la France et l'Angleterre sont fiéres à bon droit. Espérons que le gouverne- 
ment belge, éclairé par ce qui s'est passé à Kew, tiendra à honneur de con- 
server intacte la belle institution dont le monde savant lui est redevable, et 
dont les progrés rapides présagent un brillant avenir. 


RAPPORT DE M. Adolphe MÉHU SUR LES HERBORISATIONS FAITES 
LES 16 ET 17 JUILLET DANS LA CAMPINE LIMBOURGEOISE. 


La Campine limbourgeoise présente un aspect des plus étranges. « On n'y 
apercoit qu'une immense plaine bossuée de petites collines et sillonnée de 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1872.  LXXVIL 


marécages et de tourbières. Au nord de Hasselt et de Diepenbeek s'étalent 
d'abord des prairies à l'herbe courte et menue et quelques maigres cultures 
séparées par des taillis de Chéne. Vers Beeringen et aux approches de Genck, 
les marais etles étangs, formant une suite ininterrompue, prétent à une sorte 
de poésie romantique et rêveuse qui a souvent attiré les paysagistes. ..... Mais 
malheur au voyageur étranger qui s'égarerait de nuit dans ces parages ! mal- 
heur à lui s’il s’écartait, méme en plein jour, des routes battues, s'il s'aven- 
turait sur ces « fanges », ces veenen, dont la surface desséchée parait rigide. 
mais dont le sol spongieux, pour peu qu'on y stationne, s'aífaisse, se déchire, 
ouvrant des abimes qui ne rendent jamais leur proie » (1). 

Si la végétation d'une contrée participe de la nature du sol et de la physio- 
nomie du paysage, la Campine limbourgeoise doit attirer le naturaliste tout 
autant que le peintre. 

Par une très-gracieuse attention de MM. les botanistes belges, toutes les her- 
borisations qui figurent au programme de la session ont été préalablement 
l'objet d'études spéciales, exécutées dans le but de nous initier à la flore du 
pays et de rendre nos recherches fructueuses. M. Constant Bamps est l'auteur 
d'une note sur les P/antes rares des environs de Hasselt (2). 'Tous les détails 
qui peuvent intéresser le botaniste voyageur trouvent place dans cet élégant 
travail qui, sous une forme concise, présente, avec l'énumération des plantes 
rares que nous devons rencontrer, une remarquable étude sur leur distribu- 
tion et des aperçus historiques et géologiques d'un vif intérêt (3). Déjà nous - 
pouvons pressentir les merveilles qui nous attendent dans la Campine. 


Premiére journée. 


Le départ de Bruxelles avait été fixé à sept heures du matin et la gare du 
Nord était le lieu du rendez-vous. En Belgique, le public n'est pas assujetti à 
ce luxe de réglementation que nous subissons dans nos gares francaises ; la voie 
lui est ouverte, et chacun peut d'avance prendre dans le train en partance la 
place de son choix. Les botanistes se sont hâtés de profiter de cet avantage. Ils 
ont pu, malgré leur nombre, se réunir et se grouper à leur gré; le plaisir du 
voyage en a été assurément doublé. — Il est encore une circonstance que la 
reconnaissance ne nous permet pas d’omettre : M. le Ministre des travaux 
publics a bien voulu accorder aux membres de la session, sur la demande de 
M. Du Mortier, une réduction de 50 pour 100 sur les prix des chemins de fer 
de l'État. Nous avons joui de cette précieuse faveur pendant toute la durée 
de notre séjour en Belgique. 

(1) Eug. Van Bemmel, Aspect pilloresque de la Belgique ( Patria Belgica, Lh p: 82): 

(2) Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, XIL, p. 3 et tirage à part. 

(3) MM. le professeur Éd. Martens, Fr. Crépin, O. de Dieudonné, Baguet, Arm. 
Thielens m'ont fourni, pour la rédaction de ce rapport, des renseignements trés-précieux, 


avec un empressement et une bienveillance qui en augmentent la valeur. Je les prie de 
vouloir bien agréer l'expression de ma gratitude. 


LXXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE Dk FRANCE. 


Les Flandres et le Brabant sont renommés comme les contrées les mieux 
cultivées du monde. 1l suffirait pour s'en convaincre de jeter un regard sur la 
région que nous traversons. C'est une vaste plaine d'une richesse incompa- 
râble. Les cultures les plus variées se succèdent, séparées par des eaux vives et 
de beaux ombrages. De nombreux villages apparaissent dans les arbres, et nous 
saluons en passant de grandes et belles cités : Louvain, dont les nombreux mo- 
numents attestent l'ancienne splendeur ; Tirlemont, où nous retrouvons notre 
sympathique collègue, M. Armand Thielens : appelé au camp de Beverloo par des 
fonctions officielles, il réussit du moins à faire en notre compagnie la meilleure 
partie du trajet. A Landen, qui a donné son nom au maire du palais Pépin de 
Landen (ou Pépin le Vieux), nous abandonnons le chemin de fer de Liége pour 
prendre la direction de Hasselt. Dans le court espace de temps qui s'écoule 
entre les deux trains, quelques botanistes, les prudents, craignant de livrer aux 
hasards d'une journée d'herborisation leur appétit déjà ouvert, se pressent au 
buffet de la gare. — Nous admirons au passage le beffroi de Saint-Trond. — 
Enfin nous sommes à Hasselt. 

Les deux hôtels de la ville, le Limbourg et le Verre à vin, se partagent les 
botanistes. On s'installe. Après un déjeuner rapide pris au Verre à vin, cha- 
cun se remet gaiement en route. Le chemin de fer de Hasselt à Genck, en voie 
de construction, n'est pas encore livré au public. Mais nous sommes favorisés. 
La haute situation de notre président M. Du Mortier aplanit tous les obstacles. 

M. l'ingénieur Clermont a bien voulu nous faire préparer un train spécial, qui 
. nous conduit en peu d'instants à Genck, terme de notre voyage. 

Devant nous, à quelques pas du village, se trouve un vaste étang. Nous 
nous empressons d'en visiter les bords. La chaussée sablonneuse qui y conduit 
offre déjà : 


Jasione montana L. (1). Cicendia filiformis Del. 
Plantago Coronopus L. Rhynchospora alba Vahl. 
Orobanche minor Sutt. — fusca Rœm. et Schult. 
Erica Tetralix L. - Equisetum palustre L. 


Les fossés bourbeux nous présentent : 


Ranunculus hederaceus L. var. terrestris. | Helosciadium inundatum Koch. 
Drosera intermedia Hayne, Seutellaria minor L. 
Hydrocotyle vulgaris L. 


Nous arrivons à l'étang. C'est en vain qu'on signale à nos pieds : 


Juncus filiformis L. Carex arenaria L, 
Lycopodium inundatum L. Heleocharis multicaulis Koch, 


(4) M, Crépin (Man. fl. Belg. éd. 2, p. 488) appellel'attention sur un curieux état 
de celte plante. Dans le sable mouvant des dunes de la Campine, dit-il, les rameaux 
inférieurs devenus souterrains simulent parfois les stolons du J. perennis Lamk. Nous 


avons rapporté de Genck un robuste pied de J. montana L., qui présente cette particula - 
rité remarquable, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1872. LXXIX 


un attrait plus puissant nous captive. Non loin du rivage, presque à la portée 
de la main, quelques pieds de Lobelia Dortmanna L. dressent au-dessus de 
l'eau leurs élégantes et délicates fleurs. On s'empresse, on admire. La diffi- 
culté de les atteindre excite encore les convoitises. Tels sont l'ardeur de la 
recherche et le plaisir de la récolte que, malgré les appels réitérés de nos 
guides, bon nombre d'entre nous s'attardent sur les bords de l'étang. 

C'est à Genck, à la Cloche, que les retardataires viennent enfin nous 
rejoindre. Daus des verres d'une capacité inconnue en France, on nous pré- 
sente une bière légère et acidule : lê faro. Chacun se désaltére. Puis on 
donne le signal du départ. MM. l'abbé Vandenborn, O. de Dieudonné, 
Baguet, prennent la direction de la colonne. En route pour les marécages! 

Dans le village, nous remarquons le Zeonurus Cardiaca L. Après avoir 
suivi pendant un kilomètre environ la belle route de Genck à Hasselt, nous 
gagnons la lande, tantôt envahie par les touffes roses de l' Zrica Tetrulix L., 
tantôt recouverte par le sombre feuillage du Myrica Gale L. À ce point on 
peut récolter le Scleranthus perennis L. et cette forme de Scleranthus 
annuus L., qui a, suivant l'expression de M. Crépin, « un faux air » de Scl. 
perennis. Serait-ce la plante que M. Ascherson désigne sous le nom de 
Scl, annuus X perennis (1)? i 

Un étang, d'une faible étendue, cache son eau fangeuse sous un élégant 
tapis de Narthecium ossifragum Huds. Sur ses bords et abrité par les rameaux 
touffus du Myrica Gale L., croit l Andromeda polifolia L., et sur les sphai- 
gnes on voit courir les longues tiges filiformes de l'Ozycoccos palustris Pers. 

Les fossés nous offrent une foule de plantes intéressantes : 


Helodes palustris Spach. Montia rivularis Gm. 

Narthecium ossifragum Huds. Hottonia palustris L. 

Drosera rotundifolia L, Sparganium ramosum Huds. 

— intermedia Hayne. . | — simplex Huds, 

Epilobium palustre L. Alisma natans L. 

Comarum palustre L, Juncus Tenageia L, f. 
Peucedanum palustre Mænch. Scirpus lacustris L. 

Isnardia palustris L. — fluitans L. 

Utricularia minor L. — pauciflorus Lightf. (M. Baguet). 


A chaque repli de terrain, l'aspect du paysage varie, la décoration se trans- 
forme et nous réserve de nouvelles surprises, Tantót, sur la lande, c'est une 
forme naine du Carex OE deri Ehrh., bien digne de fixer notre attention ; 
tantót, dans une dépression du sol envahie par les eaux sur une grande étendue, 
'élégant feuillage et les vastes ombelles blanches du Cicuta virosa L.; plus 
loin, de belles touffes du Deschampsia Thuillieri G. G.; ou encore, à la surface 
de l'eau, les larges feuilles du Vymphæa alba L. et du Nuphar luteum Sm., 


soulevées par le vent. 


(4) Crépin, Man, fl. Belg. éd. 2, p. 83. — Dans la 3* édition de son Manuel, p. 123, 
M. Crépin rapporte cette forme au S. biennis Reut. 


LXXX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, 


Nous sommes bientót réunis sur le bord d'un trés-grand étang. Un jeune 
Campinien, qui depuis Genck a suivi les botanistes par l'appàt de quelque 
aubaine, se met résolüment à l'eau et saisit une poignée des humbles plantes 
qui croissent sur le fond sablonneux de l'étang. Dans sa main, que de trésors ! 
C'est d'abord l’/soëtes echinospora DR., que M. l'abbé Vandenborn a dé- 
couvert en ce lieu au mois de septembre 1862 (1); c'est le Subularia 
aquatica L., en fleurs et en fruits ; c'est le Zittorella lacustris L., mêlé aux 
rosettes stériles du Lobelia Dortmanna L. Tous les bras se tendent vers le 
jeune collecteur, qui se hâte et s'efforce de répondre aux demandes partant 
de la rive. Mais il faudrait attendre, et déjà les plus ardents ne peuvent plus 
contenir leur impatience. Voilà M. Cosson dans l'eau! Entrainés par son 
exemple, les plus pressés le suivent et chassent pour leur propre compte. On 
recueille avec avidité les pieds d'/soéfes ; il y en a pour tous et abondamment. 
Bientôt les délicates tiges de Suhularia, arrachées au hasard, viennent nager 
à la surface et couvrir toute la partie de l’étang qui nous avoisine. — Partout 
où l’eau est plus profonde, sur un fond vaseux, nous pouvons aussi récolter : 


Alisma natans L. (2). Scirpus lacustris L. 
Potamogeton natans L. Polygonum amphibium L., 
Scirpus fluitans L. 


et une forme à feuilles très-étroites du Sagittaria sagittifolia L. 

C'est avec regret que nous quittons cet étang qui recèle tant de merveilles. 
Nous lui avons consacré une halte de plus d'une heure. 

A quelques pas de là, sur les rives boueuses de nouveaux étangs à demi 
desséchés, avec une forme naine de l'A/isma ranunculoides L., nous ren- 
controns de superbes pieds de Lobelia Dortmanna L., d'une récolte aisée, et 
cette forme terrestre du Subularia aquatica L., qui n'a pas naguère échappé 
au coup d'œil exercé de M. le docteur Warion (3), et encore : 


Veronica parmularia Poit. et Turp. (M. Ba- | Pilularia globulifera L. 


guet). Galium uliginosum L. 
Heleocharis acicularis R. Br. — saxatile L. 
Centunculus minimus L. Juncus supinus Mænch, 
Triglochin palustre L. Osmunda regalis L.; 


Viola palustris L. 


enfin, un fossé profond, prés duquel nous remarquons le Vaccinium Vitis- 
idea L., nous présente les Chara fragilis Desv. et Nitella flexilis Ag. 

Mais le niveau du sol s'est exhaussé et la lande a remplacé les marécages. 
Aux plantes hygrophiles succèdent : 


(4) Dans le 3* fascicule de ses Noles sur quelques plantes rares ou critiques de la Bel- 
gique, pp. 36 et suiv., M. Crépin donne sur l’ Isoëtes echinospora DR. et sur l'histoire de 
sa découverte en Belgique des détails du plus haut intérêt. 

(2) Une forme de l’Alisma natans, trés-allongée, à feuilles charnues, courtes, toutes 
graminiformes, a été fort remarquée. 

(3) Voyez notre Bulletin, t. XVIII (Séances), p. 192. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXXI 


Genista pilosa L. Cuseuta minor DC, 

— anglica L. — Epithymum Murr. 
Euphrasia rigidula Jord. Orobanche Rapum Thuill, 
Spergula vernalis Willd. (S. Morisonii Bor.). | Gentiana Pneumonanthe L, 
Gnaphalium luteo-album L. Salix repens L, 

Filago minima Sm. Plantago Coronopus L. 

Erica Tetralix L. Corynephorus canescens P. B. 
Calluna vulgaris Salisb. Nardus stricta L. 

Radiola linoides Roth. 


Au centre de l'un des groupes qui se sont formés pour la marche, notre 
savant président M. Du Mortier expose à son entourage le vif intérêt qui 
s'attache pour nous, Francais, à la région que nous traversons. Nos peres l'ont 
habitée longtemps, et c'est de la Zoxandr?e que, vers l'an 439, Clodion partit 
avec ses compagnous pour se répandre dans les provinces méridionales de la 
Gaule. La tradition rapporte même que ce fut dans les environs de Hasselt, 
peut-être à l'endroit précis où nous nous trouvons, que la loi salique fut pro- 
clamée et Pharamond élevé sur le pavois. Les traces du séjour des Fraucs ne 
sont pas rares dans la Campine; on y a découvert des monnaies mérovin- 
giennes (1). Le territoire qui s'étend de Hasselt à Diest a conservé daus la 
langue du pays le nom de Frankrijk (royaume des Francs), et l'on appelle 
encore Zrans-broueck (pâturages des Francs) l'espace qui s'étend de Hasselt à 
Lanaeken. Fransche-schans (rempart des Francs) est une ruine que l'on ren- 
contre auprès de Zonhoven.— Mais les Francs n'étaient pas botanistes : ils 
n'avaient pas pour apprécier les marécages les mémes raisons que nous. En 
portant les yeux sur cette lande ingrate qui ne présente que de maigres pátu- 
rages et se refuse à la culture, nous ne sommes pas surpris que nos péres 
laient abandonnée pour les riches campagnes de la Gaule. 

Mais quelle station francaise pourrait nous offrir à la fois, dans un espace 
aussi restreint, une réunion si nombreuse de plantes rares? Devant nous, nos 
amis se pressent autour d'un étang qu'une haie de Myrica Gale dérobait à 
nos regards. Nous nous hátons de les rejoindre. C'est le Calla palustris L., 
qui a les honneurs de cette halte nouvelle; il étale au bord des eaux ses 
feuilles larges et luisantes. On arrache aisément son épais rhizome, mais les 
spadices fleuris sont en petit nombre, et bien heureux ceux qui peuvent em- 
porter pour l'herbier un échantillon complet de la belle Aroidée. 

Pendant que nous nous partageons le Ca//a, M. Félix Muller nous présente un 
superbe pied de Cineraria palustris L., qu'il vient de cueillir dans le voisinage. 

Autour de nous la prairie tourbeuse présente en abondance : 


‘Elatine hexandra DC. Eriophorum angustifolium Roth. 
Lycopodium inundatum L. — vaginatum L. 

Drosera intermedia Hayne, Alisma ranunculoides L. 

Juncus supinus Mœnch. Deschampsia Thuillieri G. G. 
Cicendia filiformis Del. Cicuta virosa L, 

Rhynchospora alba Vahl. Pilularía globulifera L. 


(4) €. Bamps, loc. cit. p. 4 (en note). : 
T. XX. F 


LXXX1I SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Aprés avoir traversé la route de Hasselt, que nous avions suivie pendant 
quelques instants au début de notre course, nous abordons une coquette habi- 
tation, entourée de quelques arbres, d’un jardin et de différentes cultures : 
véritable oasis perdue dans le désert campinien. Le propriétaire de cette char- 
mante retraite, M. Simons, de Liége, vient à nous et nous fait l'accueil le plus 
empressé et le plus cordial. Nous avons le devoir de consigner ici l'expression 
de notre reconnaissance. 

En quittant l'hóte aimable de la bruyère de Genck, nous nous rapprochons 
du chemin de fer pour prendre, à son passage, le train qui doit nous ramener. 
L'attente est longue. Las de stationner sur la voie, les uns s'avancent par petits 
groupes dans la direction de Hasselt, tandis que d'autres s'applaudissent d'un 
retard qui leur permet de récolter à profusion dans les prairies voisines une 
belle forme terrestre du Lobelia Dortmanna L. — On signale encore l Erica 
cinerea L, (rare en Belgique) et l'Avena strigosa Schreb. — Enfin nous nous 
embarquons, et par un bien rare privilége, notre train se préte à nos exigences 
aussi complaisamment que le ferait un omnibus et s'arréte bien souvent pen- 
dant le trajet pour recueillir les botanistes échelonnés sur la voie (1). 

Arrivés tardivement à Hasselt, c'est à dix heures seulement, après le souper 
qui eut lieu à l'hótel du Limbourg, que nous pümes nous rendre à l'invitation 
qu'avait bien voulu nous adresser la Société des Mélophiles. 

La Société des Mélophiles de Hasselt n'est pas exclusivement musicale. Son 
Bulletin prouve au contraire avec quel mérite la littérature et les scieuces sont 
cultivées par certains de ses membres. La poésie (2), l'histoire (3), l'archéo- 
logie (4), la géologie (5), la paléontologie (6), comptent parmi les Mélophiles 
des adeptes distingués, 

Bien que la soirée füt trés-avancée, nous eümes encore le plaisir d'entendre 
plusieurs chœurs exécutés par la Société entière et de jouir de l’admirable 
talent d'un violoniste émérite. 

Le président de la Société des Mélophiles, M. E. Geraets, complimente les 
botanistes français dans les termes les plus courtois et les plus flatteurs. 
M. Cosson répond, et toujours sous le charme de la merveilleuse herborisation 


(1) Parmi les espéces rares découvertes aux environs de Genck et que notre course 
rapide ne nous a pas permis d'y recueillir, je citerai: Ranunculus hololeucos Lloyd, Dro- 
sera anglica Huds. (M. Armand Thielens), Thymus angustifolius Pers. (et var. alba), 
Spiranthes æœstivalis Rich, (MM, Baguet et de Prins), Carex diandra Roth, Cyperus 
flavescens L., Schœnus nigricans L, (MM. Baguet et de Prins), Polypodium Phego- 
pteris L., Polystichum spinulosum Retz. var. dilatatum (P. dilatatum DC.), Lycopodium 


Selago L. (M. Hecking), Chara Braunii Gm. (M. Vandenborn, 4864) et Nitella trans- 
lucens Agardh. 


(2) L. Nelissen, Poésies diverses. 

(3) Henri Van Neuss, Aperçu historique sur le collége de Saint- Quentin à Hasselt. 

(4) H. Schurmans, Études archéologiques. 

(5) E. Geraets, Étude sur le sol du Limbourg (mémoire important qui comprend 
Ja géologie, l'hydrographie, l'hypsométrie, etc.), 

(6) E. Geraets, Étude sur le Bodelberg et sa faune fossile. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CXXXI 


de la journée, en vrai botaniste, i] n'oublie pas les intérêts de l’aimable science. 
Le chemin de fer que nous avons inauguré le matin ouvre pour la Campine 
une ére nouvelle. Les landes, les marécages vont par enchantement se trans- 
former en verts pàturages, en riches cultures. Mais que deviendront, dans 
cette révolution, nos pauvres et chères plantes, et qui donc en prendra soin ? 
C'est sous la garde des Mélophiles, qui en savent le prix, que nous placons ce 
trésor campinien. 

Aprés une journée si laborieusement remplie, il semble, aprés minuit, 
qu'on ne puisse songer qu'à dormir. Mais j'entends mes voisins qui disposent 
brin à brin sur le papier gris les Subularia cueillis le matin. C’est une 
besogne longue et minutieuse. On l'égaie par les joyeux propos et les éclats 
de rire. L'exemple est contagieux. J'ouvre ma boíte...... C'est ainsi que se 
passa pour le plus grand nombre d'entre nous la meilleure partie de la nuit. 


Deuxième journée, 


Le programme de la deuxième journée comprend : une visite au camp de 
Beverloo, — une promenade à Curange, — et une grande herborisation à 
Zonhoven. Dés la veille, à l'issue du souper, M. Du Mortier a bien voulu nous 
faire part de ces divers projets, en laissant à chacun la liberté de se décider 
pour la course de son choix. 

Le camp de Beverloo est établi au nord de Hasselt, près de la frontière hol- 
landaise, sur une dune de sables mouvants. En vain le botaniste viendrait 
l'explorer. C'est un désert dont le sol mobile se déplace sans cesse sous les 
coups du vent, mais qui constitue un superbe champ de manœuvres. On ya 
rencontré l Ammophila arenaria Link, plante du littoral, qui retrouve dans 
cette région les sables qui lui plaisent, et M. le capitaine Fontaine y a observé 
récemment le Carum verticillatum Koch. Cette découverte est, au dire de 
M. Crépin (1), une des plus heureuses qui aient été faites dans la zone cam- 
pinienne. A ceux qui s'intéressent aux études préhistoriques, je signalerai 
quelques haches de pierre polie qui ont été trouvées dans la bruyere des 
environs. à 

Les troupes occupent le Bourg-Léopold. De magnifiques casernes de cava- 
lerie et d'infanterie, construites en briques, s'étendent sur un vaste espace 
et présentent un aspect imposant. Au centre d'un magnifique parc, dont la 
riche végétation contraste avec l'aridité des sables d'alentour, mais dont la 
création sur ce sol déshérité a exigé de grands travaux et d'énormes sacrifices, 
s'élève le palais du Roi: c'est un palais de chaume. 

Le camp est en ce moment le théâtre d'une brillante solennité militaire, 
Arrivé la veille, le Roi vient prendre le commandement des troupes et pré- 
sider aux grandes manœuvres. A l'attrait de ce spectacle, bien fait pour nous 


(4) Man. fl. Belg. éd. 2, p. 111. 


LXXXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 

tenter, on a voulu ajouter encore tous les agréments du voyage. Le chemin 
de fer nous portera rapidement à Wychmael, à peu de distance de Beverloo. 
Mais, à la visite d'un camp et à l'éclat d'une fête militaire, les botanistes préfè- 
rent pour la plupart une fructueuse herborisation. Seuls, MM. Hecking et 
O. de Dieudonné se sont rendus à Beverloo. 


La Campine limbourgeoise se trouve résumée sous ses divers aspects dans 
la plaine qui s'étend de Hasselt à Curange. On y rencontre à la fois, dans un 
espace dont l'étendue n'excède pas une lieue carrée, des prairies, des fossés, des 
marécages, un petit cours d'eau, un canal navigable, des champs cultivés, une 
lande aride, le talus d'un chemin de fer, unc longue chaussée sablonneuse. 
L^ florule de ce petit coin privilégié présente une variété en rapport avec les 
modifications du sol. Les conditions d'existence sont si multipliées, que les 
espèces les plus disparates y croissent presque côte à côte. On les a toutes 
sous la main : précieux avantage bien fait pour nous séduire aprés les fatigues 
de la veille. Aussi la course de Curange a-t-elle réuni la grande majorité des 
botanistes. 

M. Baguet dirige l'herborisation. Au sortir de la ville, la petite troupe suit 
les bords du canal de Hasselt. On observe dans les eaux du canal le C'aulinia 
fragilis Willd., le Potamogeton lucens L. et surtout l Elodea canadensis 
Rich. (plante femelle), qui envahit déjà les fossés du voisinage et menace de se 
substituer à toutes les espèces hygrophiles (4). 

Sur le bord des eaux, on peut recueillir : 


Butomus umbellatus L. Ranunculus aquatilis L, var. terrestris. 
Leersia oryzoides Sw. Pilularia globulifera L, 
Acorus Calamus L. Peplis Portula L. 


En arrivant au point où le chemin de fer franchit le canal, on quitte celui-ci 
pour s'avancer à travers les champs. Voici venir les plantes messicoles : 


Ornithopus sativus Brot. Teesdalia nudicaulis R. Dr. 
— perpusillus L. Arnoseris minima Link. 
Radiola linoides Roth. Potentilla procumbens Sibth. 
Viola tricolor L. (forme campinienne). Brassica nigra Koch. 
Scleranthus annuus L. Chrysanthemum segetum L. 


Spergula vernalis Willd. (S. Morisonii Bor.). 


Au moulin qui se présente un peu avant d'arriver à Curange, on rencontre 
le Verbascum nigrum L. Le retour s'effectue en suivant la chaussée. La végé- 
tation est celle des terrains arides et sablonneux : 


Illecebrum verticillatum L. Plantago Coronopus L. 
Gnaphalium luteo-album L. Nardus stricta L. 
Reseda lutea L. 


(4) Le Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique (1, pp. 33-40) et les 
Notes sur quelques plantes rares et critiques de la Belgique de M. Crépin (fasc. V, 
p. 105) contiennent d'intéressants détails sur l'introduclion et la diffusion en Belgique 
de cette espéce américaine. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXXV 


L’ Ornithopus sativus Brot. (1) pullule partout. 

La promenade a duré deux heures. Pressés de rentrer à Hasselt, les bota- 
nistes n'ont pas eu le loisir de rechercher quelques espèces rares qui ont été 
signalées dans cette riche localité, 

Dans le canal : 


Potamogeton gramineus L. Potamogeton obtusifolius M. K. 
— acutifolius Link, 


Dans les cultures : 


Potentilla supina L. (2). Myosurus minimus L. 
Phelipæa ramosa C.-A. Meyer. 


Un peu au delà de l'aire embrassée par l'herborisation de Curange, à Her- 
chenrade, on aurait pu récolter le Thalictrum spherocarpum Lej. et Court. , 
forme très-caractéristique (O. de Dieudonné). 


Pour plusieurs botanistes qui ont pris part le matin à la course de Curange, 
la fin de la journée a été consacrée à la visite de Louvain. Située sur le trajet de 
Hasselt à Bruxelles, la ville savante ne pouvait manquer d’attirer au retour un 
certain nombre de membres de la session. 

On aimerait à retrouver à Louvain la multitude remuante qui s'y agitait 
autrefois. Ses rues et ses places semblent désertes. Son enceinte, trop vaste 
pour sa population actuelle, renferme, outre la ville, des jardins, des prairies, 
des champs et des vergers. Seul, son splendide hótel de ville suffit à témoigner 
de l'antique richesse de la cité et de la magnificence inouie de ses bourgeois. 
Il fot construit par l'architecte Mathieu de Layens (1448-1459) : « chef- 
d'œuvre d'orfévrerie plutôt que d'architecture, sorte de châsse colossale, 
ouvrée, ciselée avec un goüt des plus délicats: c'est évidemment le plus bel 
édifice de ce genre que possède la Belgique flamande, riche en semblables 
monuments (3). » 

Les Halles, ancien hôtel des drapiers de Louvain, construites en 1317, 
après avoir été le principal siége de l'ancienne Université, Studium generale, 
fondée en 1426 par le pape Martin V et le duc Jean IV de Brabant, sont encore 
aujourd'hui occupées par l'Université catholique. La grande salle, dont les 
riches boiseries paraissent ne remonter qu'au dernier siècle, est consacrée 
à la bibliothéque. Celle-ci comprend environ 80 000 volumes. Jusqu'au jour 
où la Révolution francaise vint disperser la vieille Université de Louvain 
(1797), elle constitua le principal dépôt littéraire de la Belgique. — La bota- 
nique y tient une place honorable. La collection des maîtres du xv1* siècle s'y 
trouve à peu prés complète (4). Parmi les modernes, il faut renoncer à en faire 


(4) Introduit en Belgique en 1848. — M. Crépin, Notes (fasc. 11, p. 21). À 
(2) M. Gilbert (voy. Buil. Soc. roy. bot. de Belgique, 1865, t. IV, pp. 179-180). 


(3) Eug. Van Bemmel, loc. cit. p. 79. i 
(4\ M. le professeur Édouard Martens, dont la bibliothèque botanique est une des 


LXXXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


valoir toutes les richesses. On y remarque toutefois la série entière et conti- 
nuée jusqu'à nos jours des publications périodiques des grandes Académies de 
l'Europe. 

Si des Halles on descend par la vue des Récollets versla porte de Tervueren, 
après avoir franchi les deux bras de la Dvle, on arrive au Jardin botanique. Fondé 
en 1820, c'est sous l'habile direction de feu le professeur Martin Martens (1835- 
1863), qui occupa avec une si rare distinction la chaire de botanique à l'Uni- 
versité, que ce jardin prit une trés-grande importance. L'école des plantes 
de pleine terre est peut-étre la plus complete du pays. Elle comprend environ 
A000 espèces, bien étiquetées et classées d’après la méthode de Jussieu. Les 
échanges de graines établis avec les jardins botaniques étrangers l’enrichissen' 
chaque année, 

L'Arboretum, qui sert de promenade publique, n'a qu'une étendue assez 
restreinte. Il s'y trouve un Fagus silvatica laciniata, dont une des branches 
présente sur tous ses rameaux le curieux phénomène du retour à la forme- 
type. Les belles serres du jardin renferment environ 6000 espèces. On y 
admire une riche collection d'Agave et une admirable série de Palmiers, de 
première force, dont un grand nombre comptent plus d'un siècle d'existence. 

Les botanistes qui se sont arrétés à Louvain ont pu consigner dans leur her- 
bier le souvenir d'une visite si intéressante. Daus les terrains vagues de la gare, 
on rencontre le Plantago arenaria W. et K., une des plus grandes raretés 
de la flore belge. 


Le but de l'herborisation de Zonhoven est la récolte du Lycopodium Cha : 
maecyparissus Al. Br. — Cette belle et rare espèce prend dans les sables de 
la Campine tout son développement et promène son long rhizome en cercles 
concentriques dans lesquels le paysan crédule voit une danse de sorciers (1). 
Dans sa terreur superstitieuse, il fait un long détour pour éviter l'herbe ma- 
gique ; les botanistes ne quitteront pas la Campine sans aller la cueillir. 


richesses scientifiques de la ville de Louvain, est l'heureux possesseur de l'un des rares 
exemplaires connus de lopuscule: De Herbarum notitia, du pére des botanistes belges, 
Remacle Fusch, de Limbourg, chanoine de la cathédrale de Liége. — G.-A. Pritzel n'a 
pas eu l'original sous les yeux et ne mentionne l'ouvrage que sur des indications incom- 
plètes, puisées chez les bibliographes des xvii? et xvin? siècles : Séguier, Valère André, 
Paquet, Haller, etc, Le titre exact de cet incunable étant encore inédit, il m'a paru inté- 
ressant de le reproduire ici in extenso : 

« De Herbarum notitia, natura atque earum viribus deque iis tum raiione tum expe- 
rientia investigandis dialogus. — De simplicium medicamentorum, quorum apud Pharma- 
copolas frequens usus est, electione seu delectu Tabella. Omnia nunc primum et nata et 
excusa, cum medicinæ berbariæ studiosis tum Pharmacopolis apprime necessaria, Autore 
Remaclo Fusco. Antverpiæ. Excudebat Martinus Nutius sub intersignio divi Jacobi in 
planicie librae ferreæ. Ann. M D.XL IIII. » 

Format in-16°. 48 feuillets chiffrés (soit 96 pages) dont les 9 derniers sont occupés 
par le Tabella de simplicium medicamentorum electione. 


i x Geraets et Sandbrinck, De Hecksendansen (Bullet. des Mélophiles de Has- 
selt, t, IX). 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXXVII 


La course est longue et menace d’être fatigante, mais à coup sûr elle sera 
fructueuse, puisque MM. Fr. Crépin et Cosson en prennent la direction, Nos 
aimables collègues, MM. Hullé, Senot de la Londe, Doümet-Adanson et E. de 
Bullemont complètent notre petite troupe. — Nous partons à neuf heures 
de l'hótel du Verre à vin. Un omnibus nous transporte rapidement à Zonho- 
ven. La ronte est plate et monotone. Sur ses bords, nous remarquons de nom- 
breuses touffes de Æra multiculmis Dmrt, 

Arrivés à Zonhoven, à l'hótel de la Couronne d' Espagne, nous abandon- 
nons notre voiture pour gagner aussitót la campagne. Nous trouvons le long 
des chemins, dans les haies et les fossés et sur la lisière des cultures : 


Jasione montana L. 
Teucrium Scorodonia L, 
Plantago Coronopus L. 
Agrostis alba L. 

Arnoseris minima Link. 
Scleranthus annuus L. 
Cuscuta Epithymum Murr. 
Lampsana communis L, 
Galium palustre L. 
Ranunculus Boræanus Jord. 


Epilobium obscurum Rchb. 
Potentilla procumbens Sibth. 
Chrysanthemum segetum L. 
Brassica nigra Koch (abondant). 
Rubus plicatus Weihe et Nees (F. Crépin). 
Lomaria Spicant Roth. 

Stellaria uliginosa Murr. 

Peplis Portala L. 

Alopecurus geniculatus L. 

Viola canina L. 

Ranunculus Flammula L. 


et une forme du Ranunculus repens L., spéciale aux terrains sablonneux, 
qui me parait identique au A. reptabundus Jord. (des sables de la Saône, 
à Villefranche prés Lyon). 

Bientót nous traversons une lande aride : 


Genista pilosa L. Filago minima Sm. 


— anglica L. 
Agrostis canina L. 
Nardus stricta L, 


Plantago Coronopus L, 
Erica Tetralix L. 
Salix repens L. 


Partoutoù le sol est humide, sur le bord des fossés, des étangs, de la moindre 


flaque d'eau : 


Littorella lacustris L. 

Scirpus cæspitosus L. 

Myrica Gale L. (trés-abondant), 
Eriophorum angustifolium Roth. 
Galium paiustre L. 


Narthecium ossifragum Huds. (très-abond.). 
Comarum palustre L. 

Juncus squarrosus L, 

Lycopodium inundatum Huds. (trés-abond.). 
Vaccinium Myrtillus L. 


Dans le ravin qui borde un bois de pins (Pinus silvestris L.) : Osmunda 


regalis L., Lomaria Spicant Roth. 
Sur les sphaignes : 


Oxycoecos palustris Pers. (très-abondant). 
Drosera intermedia Hayne (trés-abondant), 


| Drosera rotundifolia L. 


M. Crépin nous signale dans un marais une Mousse trés-rare, le Splachnum 
ampullaceum L., et un peu plus loin sur un plateau sablonneux les cercles 


LXXXVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


magiques du Lycopodium Chamæcyparissus Al. Br. La précieuse plante 
s'étale sur un espace de 100 mètres carrés environ. Nous nous précipitons 
sur cette riche proie. Les uns recherchent avec ardeur les épis fructifères, 
tandis que d'autres suivent à la pioche dans le sable la tige souterraine sur 
une longueur de plusieurs mètres. Tous, nous remplissons nos boites avec cet 
indicible plaisir que les botanistes seuls connaissent. 

Puis, la récolte faite, enchantés de notre butin, non loin du théâtre de nos 
exploits, sur une pente douce et facile, abritée à la fois contre le vent et le 
soleil, nous tirons joyeusement notre déjeuner du grand panier qu'un habi- 
tant de Zonhoven porte depuis le matin à notre suite. L'appétit est excité par 
une longue marche et l'air vif des bruyères ; le cœur s'ouvre par le contente- 
ment d'une récolte heureuse et la bonne humeur d'amis sympathiques. Quel 
est le botaniste qui n'a jamais assisté à pareille féte? Chez nous, c'est une tra- 
dition ; aux saillies et aux rires succédent ces joyeux couplets éclos au coin 
d'un bois des environs de Paris, sous l'inspiration du plus aimable des maitres, 
d'Adrien de Jussieu. Il appartenait à l'illustre élève du professeur vénéré, à 
M. Cosson, d'évoquer sur la bruyére de Berbrock cette grande et chére image 
et d'ajouter à notre joie la poésie de ce souvenir. 

Il était près de deux heures quand nous reprimes notre route. Il fallait songer 
au retour. Devant nous s'étend un vaste marais, le Roost-Beek, dont les rives 
boueuses sont couvertes d'une si prodigieuse quantité de Drosera intermedia 
que les eaux présentent la teinte ocracée des sources ferrugineuses. Chemin fai- 
sant, nous nous partageons une nouvelle et grosse touffe de Sp/achnum ampul- 
laceum L. — Plus loin, les Myrica Gale, Peucedanum palustre, Narthecium 
ossifragum nous dérobent complétement la vue du marécage. Nous essayons 
de le franchir. Le sol spongieux s'ébranle et céde sous les pieds ; on le sent 
osciller et fléchir à plusieurs mètres de distance, menaçant d'engloutir l'im- 
prudent qui oserait s'y aventurer. — Le ciel s'est obscurci : voici venir l'orage. 
— Nous prenons le parti de tourner l'obstacle et nous nous engageons à la file 
dans un étroit sentier sous les rafales du vent et de la pluie. Nous marchons 
pendant deux longues heures sur la bruyére déserte. 

Enfin, on apercoit une ferme à l'horizon. C'est avec bonheur que nous 
atteignons la limite des cultures et que nous entrons dans un véritable chemin. 
Un paysan signale dans le voisinage des blocs erratiques, que nous nous 
empressons d'aller visiter, pendant que les plus fatigués se reposent à l'abri 
de quelques arbres. — Le sentier que nous suivons, traversé par un petit ruis- 
seau, nous présente une modeste Renoncule qui rampesur la vase. M. Cosson 
l'examine. C'est le Ranunculus Lenormandi F. Schultz (1). Singulière fortune! 
Cette Renoncule que le hasard nous fait découvrir est nouvelle pour la flore 


(1) « La forme belge est en quelque sorte intermédiaire entre le type et la variété 
acutilobus DR. » (F. Crépin.) — (Note ajoutée au moment de l'impression.) 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. LXXXIX 


de Belgique et le souvenir de notre herborisation à Zonhoven se trouve désor- 
mais lié à l'histoire de cette humble plante de la région occidentale, qui se 
rencontre dans la Campine avec le Lycopodium des marécages de la Suede (1). 

Je relève sur la carte le nom de la localité précise où nous avons fait cette 
heureuse rencontre: c'est à la ferme de Koningsberg. 

A quelques pas, dans le méme ruisseau, nous récoltons le Potamogeton 
polygonifolius Pourr. (P. oblongus Viv.) ; — plus loin, sur le bord d'un 
champ, le Stellaria glauca With.; et, dans le voisinage des habitations, cette 
belle forme campinienne du Viola tricolor L., à tige élancée, à grands pétales 
bleus (an Viola sabulosa DC.?). 

Le chemin que nous suivons nous conduit à des taillis cù nous courons le 
risque de nous égarer dans un labyrinthe de sentiers. Vingt fois nous interro- 
geons la boussole pour nous orienter. Aprés bien des efforts, nous rejoignons 
la grande route, mais il est déjà six heures, notre voiture est partie et nous 
sommes à 12 kilomètres de Hasselt ! 

Par l'attrait d'une conversation dont la botanique fait les frais, nos aimables 
collégues nous font oublier la longueur du trajet et l'exces de la fatigue. — A 
Hasselt, nous nous hâtons de boucler nos presses et de réunir notre petit ba- 
gage. A onze heures, nous débarquions à Bruxelles. 


Au souvenir de la session de Belgique, « tout un monde de souvenirs 
s'éveille dans mon cœur; les égards et les prévenances dont en ma qualité 
d'étranger je fus partout comblé; l'exquise bonté de tous mes confrères, dont 
je recus de si précieux témoignages; les liens formés, les promesses échangées, 
les joyeux propos, les rapprochements et les confidences, mille épisodes enfin, 
mille petites aventures que j'ai soigneusement classées dans ma mémoire et 
que je n'oublierai de ma vie, tout se met à gazouiller harmonieusement au 
fond de mon âme » (2). Ces paroles, que j'emprunte, pour les adapter à ma 
pensée, à un savant botaniste qui nous charme par sa plume élégante autant 
que par sa brillante érudition, traduisent si bien l'impression générale que 
nous avons tous rapportée de notre excursion dans la Campine que je ne résiste 
pas au plaisir de les citer pour en faire ia conclusion de ce rapport. 


RAPPORT DE M. Gustave IPPILANCHON SUR L'EXCURSION A ANVERS 
ET PARTICULIÈREMENT SUR LE MUSÉE VAN HEURCK. 


La journée du 18 juillet [devait étre consacrée, d'aprés le programme de 
la session, à une excursion à Anvers. Bon nombre des membres de notre Société 


(4) M. Cosson a insisté plusieurs fois, pendant notre excursion dans la Campine, sur le 
caractére à la fois septentrional et occidental de la végétation que nous y avons observée, 
et qui, en se prolongeant dans les marais du nord de la France, conserve son caractère 
septentrional jusque dans le département de l'Oise, pour devenir purement occidentale 
dans la forêt de Rambouillet. 

(2) Aug. Gras, in Bullet, Soc. bot. de France, 1861, t. VII, p. 685, 


XC SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


francaise, accompagnés par plusieurs de leurs collégues belges, furent fidéles au 
rendez-vous, vivement désireux de visiter l'une des villes les plus curieuses de 
la Belgique. Nous y étions attirés, non-seulement par un intérét scientifique, 
mais aussi par l'aspect original de ce magnifique port et par les merveilles 
artistiques que recèle la. cité des Van Dyck et des Rubens. MM. Gilbert, Van 
Meerbeck et Van Heurck voulurent bien nous en faire les honneurs, avec un 
dévouement et une amabilité qui rehaussaient encore le prix de leur aimable 
hospitalité. 

Il ne nous appartient pas, dans ce compte rendu purement scientifique, de 
parler en détail de notre visite à l'hótel de ville, si originalement décoré des 
fresques de Henry Leyss; au musée, où-presque tous les tableaux sont des 
chefs-d'ceuvre; à la cathédrale, où les yeux ne peuvent se détacher de la Des- 
cente de croix, cette merveille de l'art où Rubens s'est surpassé lui-même... 
Tout cela, nos aimables cicérones n'ont pas voulu nous le laisser ignorer, pas plus 
que les grands bassins du port et les rues si pittoresques de la vieille ville, et 
nous ne saurions les en remercier trop chaleureusement; mais ces jouissances, 
quelque vives qu'elles aient pu être, ne nous ont point fait oublier ou négli- 
ger le cóté spécial de notre course : la visite aux collections botaniques. 

Anvers n'a vraiment pas d'établissement public qui mérite l'attention du 
savant, Le Jardin botanique est trés-restreint et n'a qu'une importance secon- 
daire. Mais ce que n'a pas fait l’État, le zèle et la persévérence des particu- 
liers sont parvenus à le créer. Si Bruxelles posséde des collections intéressantes 
et un grand Jardin botanique, Gand des établissements d'horticulture, où les 
bénéfices du commerce permettent un développement considérable, Anvers n'a 
que des collections privées, qui ne donnent d'autre profit à leurs possesseurs 
que le plaisir de jouir eux-mémes et de faire jouir les autres de leurs précieuses 
ressources. 

Une visite aux jardins de M"* Legrelle d'Hanis, si habilement dirigés par le 
chef des cultures, M. De Venster, nous permit d'admirer, dans des serres 
soignées avec une remarquable sollicitude, des plantes souvent très-rares et 
toujours parfaitement tenues. Des collections de Broméliacées et de Maran- 
tacées appelèrent particulièrement l'attention des amateurs d'horticulture, 
ravis de pareils résultats. M"° Legrelle d'Banis avait bien voulu nous accompa- 
gner dans une partie de ses serres, et son accueil sympathique ajouta encore 
au charme d'une visite dont nous avons tous gardé le meilleur souvenir. 

M. Van Heurck nous attendait à son musée, où il a su réunir a la fois un 
nombre considérable de plantes, de produits de matière médicale, d'instru- 
ments et de livres utilesou curieux. Ce n'est pas précisément par les dimensions 
que frappe ce musée, composé de trois salles principales : une première (5 mètres 
de long sur / de large) contenant la bibliotheque et divers instruments d'op- 
tique, principalement des microscopes; une seconde, très-vaste (12.metres 
sur 4), renfermant les herbiers; la troisième (un carré de 4 mètres de côté), 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XCI 


destinée aux substances médicamenteuses ou utilisées dans les arts. Mais ce 
qui saisit à première vue, c'est l'ordre et l'arrangement parfaits, qui ont per- 
mis de faire entrer, dans cet espace relativement restreint, 5 à 6000 volumes ; 
de nombreux instruments de microscopie, 250 000 échantillons d'herbier, 
représentant 60 000 espéces; prés de 4000 bocaux renfermant des produits 
utiles. C'est un probléme si important, et parfois si difficile à résoudre, que 
l'économie de l'espace, qu'à ce point de vue seul le musée Van Heurck méri- 
terait déjà une visite. 

Mais ce n'est pas le seul cóté par lequel ces collections peuvent nous inté- 
resser, Si, aprés avoir admiré la tenue générale, la disposition ingénieuse, on 
examine le fond méme des collections, on s'apercoit bien vite combien elles 
peuvent être utiles aux savants ou aux amateurs, auxquels M. Van Heurck 
ouvre son musée aussi généreusement et aussi largement que si c'était un 
établissement. public. | 

La bibliothèque possède, parmi ses nombreux volumes, bien des livres 
utiles et rares, des manuscrits de Boerhaave, de Sieber, de Westendorp, etc. 
La collection de microscopes renferme les instruments les plus perfectionnés 
de Ross, de Hartnack, de Chevallier, de Vérick, etc., en méme temps qu'une 
nombreuse série de préparations microscopiques trés-diverses. 

Quant à l'herbier, formé de la fusion de trois herbiers principaux, ceux de 
Sieber, de Reichenbach et de Henri Van Heurck, il offre au savant des types 
de presque toutes les régions du globe. MM. Hooker, Cosson, Parlatore, De 
Candolle, Lenormand, Cesati, etc., etc., ont contribué à l'enrichir par des en- 
vois importants. On y trouve les collections des plantes des Indes orientales, 
de Griffith, de Wallich, de Fraser, de Thwaites; celles du Brésil, de Martius, 
de Salzmann et de Spruce; celles du Pérou, de Mathews; celle$ du Mexique, 
de Botteri; celles d'Australie, de Daniell, de Gilbert; celles du cap de Bonne- 
Espérance, de Zeyher, etc., etc. (1). — Beaucoup de ces plantes ont été entre 
les mains de monographes et portent inscrits par eux-mêmes les noms des 
espéces intéressantes. 

La collection de matière médicale est non-seulement très-riche en produits, 
mais elle contient aussi beaucoup d'échantillons rares et authentiques. M. Van 
Heurck s'est adressé tout d'abord au commerce, où il a pu trouver les sub- 
stances courantes; puis, il a acquis diverses collections spéciales, celles de 
Righouts et de Haussknecht, par exemple; enfin, il a faitappel à ses amis, qui se 
sont fait un plaisir d'enrichir ses collections de leurs doubles. C'est ainsi qu'on 
trouve dans le droguier bon nombre de types de Guibourt, correspondant aux 
substances qui ont été décrites par cet auteur dans son Histoire naturelle des 


drogues simples. 


(4) Consulter pour plus de détails : Notice sur les collections botaniques de M. le doc- 
teur Henri Van Heurck, par Martinis. Anvers, 1870. 


XCII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Un catalogue, contenant la mention de 3280 produits, mais qui réclame 
déjà un supplément considérable, peurra donner l'idée de la collection. L'au- 
teur y a indiqué, en suivant l'ordre des familles naturelles, le nom du produit, 
la plante qui en est l'origine, ses propriétés et la collection d’où il a été tiré, 
Ce travail consciencieux compléte la tàche que M. Van Heurck s'est imposée, 
d'offrir à ses concitoyens des matériaux d'étude qu'il leur serait extrémement 
difficile de trouver ailleurs, méme dans des établissements publics. En déro- 
bant ainsi à ses occupations industrielles le temps qu'il veut bien consacrer 
au service de la science, M. Van Heurck fait preuve d'un dévouement que 
tous les membres de la session présents à Anvers ont hautement proclamé, et 
qu'on voudrait proposer en exemple à ceux que la fortune favorise et qui ont 
quelque souci des intéréts de la science. 

Aprés une journée aussi utilement et aussi agréablement remplie, nous avons 
dû prendre congé des aimables collègues qui avaient bien voulu se consacrer 
entièrement à nous : nous ne l'avons pas fait sans leur témoigner les sentiments 
de gratitude que nous éprouvions tous pour leur chaleureux accueil et leur 
charmante cordialité. 


RAPPORT SUR LA VISITE FAITE AUX GRANDS ÉTABLISSEMENTS D'HORTICULTURE 
ET AU JARDIN BOTANIQUE DE GAND, par ME. E. ROZE. 


Le samedi 19 juillet, conformément au programme de la session, plusieurs 
membres de la Société se rendent le matin à la gare du Nord pour prendre le 
premier train qui doit s'éloigner de Bruxelles dans la direction de Gand. 
Quelques autres membres ont le regret de ne pouvoir se joindre à eux, retenus 
qu'ils sont à Bruxelles par leurs fonctions de jurés de l'exposition de la Société 
royale de Flore. J'arrive heureusement encore assez à temps pour me joindre 
à ceux qui effectuent leur départ, et nous montons dans le train, qui ne tarde 
pas à filer à toute vapeur vers Gand. Nous sommes accompagnés de M. Fran- 
cois Crépin, délégué par la Société royale de botanique de Belgique pour 
nous faire les honneurs de la ville de Gand, auquel nous devons tout d'abord 
adresser de bien vifs remerciments pour l'habilité avec laquelle il a su nous 
faire profiter de cette rapide mais très-intéressante excursion. 

Après avoir laissé derrière nous Denderleeuse, Alost, Wetteren, puis Melle 
où nous reviendrons dans la soirée, nous arrivons enfin à Gand. Nous trou- 
vons à la gare des voitures, dites Vigilantes, et, notre guide donnant le signal 
du départ, nous nous dirigeons vers l'établissement de M. Louis Van Houtte, 
situé dans un des faubourgs de la ville, et faisant partie de la commune de 
Gendbrugge. 

À notre arrivée, M. Crépin nous présente à M. Van Houtte qui tient à nous 
faire lui-méme les honneurs de son établissement, comprenant plus de qua- 
rante serres, un très-grand jardin horticole, une pépinière, ainsi que divers 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XC 


ateliers spéciaux, et qui nous en fait parcourir toutes les parties, l'une après 
l'autre. Il commence par nous faire traverser plusieurs serres chaudes, en 
appelant notre attention sur les introductions nouvelles de végétaux intéres- 
sants et sur les divers moyens de propagation dont ils sont susceptibles. Nous 
admirons tour à tour de belles Aroidées, de magnifiques Broméliacées et de 
curieuses Orchidées, dont il serait beaucoup trop long de citer toutes les 
espèces ou variétés, en raison du grand nombre qui passent sous nos yeux. 
Puis viennent des travées entières consacrées aux divers types de variations 
des Caladium, et de trés-riches collections de Sélaginelles et de Fougères. 
Nous visitons ensuite plusieurs serres tempérées, qui ne se dégarnissent pas 
l'été de leur contingent ordinaire: ce sont encore des Fougères, puis des 
Palmiers et des Cycadées, et ailleurs des Azalées, des Camélias, etc. 

Tout en nous guidant de la sorte, M. Van Houtte nous fait remarquer en 
souriant qu'il nous faudrait plus d'une journée pour voir en détail chacune de 
ses cultures, et que comme il tient à nous donner une idée générale de l'en- 
semble de son établissement, il serait bon de mettre à profit le peu de temps 
que nous pouvons lui consacrer. Nous quittons donc les serres et nous le sui- 
vous dans la partie réservée aux cultures de pleine terre. 

Chemin faisant, M. Van Houtte agrémente cette intéressante promenade de 
récits instructifs et variés sur les végétaux qui se montrent successivement 
Sous nos yeux. Ici, ce sont des variétés nouvellement obtenues et qui ne fi- 
gurent pas encore sur les catalogues de l'établissement; là, ce sont des plantes 
récemment introduites, dont quelques-unes sont le sujet d'anecdotes singu- 
lières auxquelles M. Van Houtte sait donner un tour d'esprit tout particulier. 
Nous traversons ainsi de nombreuses plates-bandes consacrées soit aux plantes 
vivaces, soit aux plantes annuelles, et parmi lesquelles se font remarquer toutes 
les plantes bulbeuses. Nous arrivons enfin à une allée dans laquelle M. Van Houtte 
s'arrête pour nous en faire admirer la longueur. C'est l'allée du kilomètre, nous 
dit-il; je l'ai ainsi appelée parce qu'elle est la plus longue de ce jardin, et 
bien qu'elle n'ait en réalité que neuf cents metres. Mais vous voyez, ajoute- 
t-il, qu'en étudiant chacune de nos plates-bandes nous risquerions de ne pas 
avoir tout vu aujourd'hui, et nous avons encore autre chose à vous montrer. 
Car nous ne nous contentous pas ici de faire venir de loin des plantes 
pour les multiplier de toutes les facons possibles et les répandre ensuite dans 
toute l’Europe; comme elles sont nouvelles, il faut déjà les faire connaître à 
tous les amateurs au moyen du dessin et du coloris, et pour cela il faut des 
dessinateurs, des coloristes, des imprimeurs. Venez donc voir la partie indus- 
trielle de l'établissement. 

Tout en nous dirigeant vers les ateliers, M. Van Houtte nous fait remarquer 
les moyens dont il dispose pour irriguer et arroser celte vaste étendue de 
cultures, et les ingénieux instruments qu'il emploie dans ce but. Nous consta- 
tous, en effet, que cette chose si importante au point de vue horticole, l'arro- 


XCIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


sage est des mieux entendus et que le terrain plat que nous avons devant 
nous, dont le sol est composé, pour la plus grande partie, d'un sable fiu el 
siliceux, est dans un excellent état d'humidité ou de sécheresse, suivant les 
cultures qui y sont appropriées. Pour cela, une machine à vapeur, installée 
au milieu du jardin, sert à y amener les eaux fertilisantes de l'Escaut et à les 
distribuer dans un grand nombre de bassins disposés à cet effet au milieu de 
toutes les cultures. Du reste, cet emploi de forces créées par l'industrie sur- 
prendra moins quand on saura que cette machine fait mouvoir une scierie 
mécanique, et qu'un gazomètre sert à l'éclairage de l'établissement. 

Après avoir traversé plusieurs belles pépinières, nous arrivons aux ateliers, 
dans lesquels fonctionnent un assez grand nombre d'ouvriers occupés à impri- 
mer en chromolithographie plusieurs planches de fleurs et de fruits de la trés- 
belle publication intitulée : Flore des serres et des jardins de l'Europe, dont 
M. Van Houtte est l'éditeur. 

Nous visitons ensuite les bâtiments affectés à la conservation et à la prépa- 
ration ou expédition des graines, et ceux disposés pour l'emballage des végé- 
taux adressés aux amateurs ou aux correspondants de l'établissement. Nous 
admirons les soins minutieux apportés à ces emballages, et notamment les 
altentious délicates que nécessitent les fleurs, car il s'agit de faire arriver autant 
que possible le végétal expédié dans le méme état de floraison qu'au départ. 
M. Van Houtte nous fait connaitre, en sortant de ces ateliers, le nombre assez 
considérable d'ouvriers qu'il emploie dans son établissement, et nous les dé- 
nombre par catégories d'aucienneté, plusieurs ayant déjà près de trente ans de 
service, d'autres vingt ans et beaucoup dix ans au moins. Il résulte de ces 
renseignements que soixante ouvriers et chefs sont répartis dans les différentes 
sections culturales, et que le vaste atelier de chromolithographie de la Flore des 
serres et des jardins de l'Europe en compte lui-même un pareil nombre. Le 
chiffre de ce personnel donne une idée de l'importance de cet établissement. 

Enfin, M. Van Houtte nous fait entrer dans le bâtiment qu'il s'est réservé 
pour l'habiter avec sa famille, et nous fait servir des vins étrangers et des 
gâteaux du pays. M"* Van Houtte (à qui son mari se plait à nous avouer qu'il 
à été trés-heureux de pouvoir confier la direction de toute sa comptabilité) ne 
veut pas, bien que souffrante, se priver, nous dit-elle, du plaisir de nous 
recevoir : aussi des toasts au rétablissement de sa santé et à la prospérité de 
l'établissement ne tardent-ils pas à être portés et acceptés par M. Yan Houtte 
et sa trés-digne associée. M. Van Houtte nous fait ensuite l'historique de 
l'établissement qu'il dirige depuis plus de trente ans; et c'est avec un vif 
regret que nous nous sentons incapable de reproduire ici tous les détails de 
cette autobiographie que ce grand horticulteur nous a racontée au milieu 
d'une toute simple et très-agréable causerie. Puis plusieurs toasts chaleureux 
terminent cette cordiale réception, et nous ne quittons pas nos aimables hôtes 
sans leur adresser des remerciments bien sincères pour leur agréable hospitalité, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XCV 


Nos Vigilantes nous conduisent ensuite successivement au Petit Béguinage 
et à l'établissement de M. Linden. 

Je ne puis rien dire ici du Petit Béguinage, ni de ses curieuses maisons toutes 
contigués, dont quelques-unes paraissent assez anciennes, ni de la solitude et du 
silence qui semblent y régner continuellement. Je tiens cependant à y ratta- 
cher un souvenir mycologique. C'est au Petit Béguinage, auquel feu l'abbé 
Coemans fut assez longtemps attaché en qualité d'aumónier, que ce regretté 
mycologue s'occupa de ses recherches sur les Mucorinées et rassembla les élé- 
ments de son beau mémoire sur les Pilobolus. 

L'établissement de M. J. Linden, cédé naguère par M. Ambr. Verschaffelt 
pour un demi-million, a bien moins d'étendue que celui de M. Van Hontte, 
mais non moins d'importance. A première vue, on est agréablement surpris 
de la propreté, du bou goût et des soins qui président à l'installation générale. 
On se croirait plutôt dans la propriété d'un amateur passionné d'horticulture 
que dans un véritable établissement horticole. 

Nous sommes recus par M. P. Gloner, gendre de M. Linden, qui est chargé 
de la direction générale de la maison, et par notre confrère M. Édouard André, 
actuellement rédacteur en chef de leurs publications. Ces messieurs nous font 
part des regrets qu'éprouve M. Linden, retenu à Bruxelles pour l'installation 
de l'exposition de Ja Société rovale de Flore, de ne pouvoir nous faire lui-méme 
les honneurs de son établissement, puis nous conduisent dans de belles et 
grandes serres qui, bien que dégarnies de leurs plus beaux ornements en vue 
de cette exposition, présentent encore un coup d'œil des plus agréables. On 
comprend qu'il me soit impossible de citer ici toutes les Orchidées, toutes les 
Fougères et tous les Dracæna, Maranta, Caladium, Colocasia, Bertolinia, 
Croton, Dioscorea, ete., etc., qui s'offrent successivement à nous, au fur et 
à mesure que nous parcourons quelques-unes des serres qui, au nombre de 
plus de quarante, sont installées dans cet établissement. Mais je regretterais 
de ne pas parler de la véritable surprise que nous avons tous éprouvée en 
visitant un grand jardin d'hiver, réservé aux Fougères arborescentes, qui 
renfermait une vingtaine de Balantium antarcticum ayant presque tous 
de cinq à six mètres de haut et dont l'un mesurait deux mètres de circonfé- 
rence à la base. 

Plusieurs autres serres que nous parcourons paraissent être consacrées spé- 
cialement à la multiplication des Palmiers, dont les semis se font par milliers 
pour en alimenter le commerce de détail de l'Angleterre, de la France et de 
l'Allemagne. Enfin les Camélias, les Azalées, les Conifères, les plantes d'Aus- 
tralie montrent, par leurs variétés diverses et leur grand nombre, qu'ils sont 
également l'objet de très-grandes cultures pour l'exportation. 

Parmi les plantes tropicales à grand feuillage et celles dont l'introduction 
me semble avoir un intérét à la fois botanique et horticole, je note, à titre de 
nouveautés saillantes de l'année : Phyllotænium Lindeni, Curmeria pecti- 


XCVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


nata, Anthurium crystallinum, Dieffenbachia latimaculata, Dracæna 
gloriosa, Eucholirion corallinum, Maranta hieroglyphica, Pitcairnia coral- 
lina, Tillandsia tessellata, etc., espèces décrites par MM. Linden et Éd. An- 
dré, et quelques autres : Glaziova insignis Mart., Odontoglossum vexilla- 
rium Rchb. f., Cypripedium Roezlii Rchb. f., Yucca baccata Torrey, 
Zamia Roezlii Reg., etc. 

Ceci mamène à dire quelques mots du journal dans lequel MM. Linden et 
Audré publient leurs descriptions. Ce recueil mensuel se publie depuis vingt 
années dans l'établissement sous le titre de l'///ustration horticole. M a été 
fondé par M. Ambr. Verschaffelt, qui l'a cédé en 1869 à M. Linden, avec 
son établissement à Gand. La rédaction en fut d'abord confiée à M. C. Le- 
maire, mort à Paris, il y a trois ans. Depuis 1869, notre confrére M. Éd. An- 
dré en est le rédacteur en chef. Une grande quantité d'espèces nouvelles ont 
été décrites et figurées dans ce recueil, qui en raison méme de la difficulté du 
travail descriptif exécuté d’après des échantillons souvent incomplets et fré- 
quemment sans fleurs, plus souvent encore sans fruits, et de l'intérêt particu- 
lier de cette publication au point de vue horticultural ou scientifique, mérite 
certainement les éloges qui lui ont été à juste titre plusieurs fois adressés. 

Mais ces deux longues visites ne laissaient pas que de nous avoir fatigués 
quelque peu; c'est donc avec un véritable plaisir que nous nous rendons à 
l'hótel dela Poste, oà M. F. Crépin avait eu le soin de nous faire préparer un 
déjeuner des plus réconfortants. En effet, les promenades botaniques intra- 
muros, comme les herborisations en pleine campagne, ont bien, avouons-le, 
leur contingent d'exigences physiques et de fatigues toutes spéciales. 

Cette halte nous ayant donné les forces nécessaires pour continuer notre 
promenade à travers les rues de la ville de Gand, nous suivons pédestrement 
M. F. Crépin qui, tout en nous conduisant au Jardin botanique, nous explique, 
en véritable cicérone, les constructions remarquables que nous rencontrons 
chemin faisant : attention toute particuliere et fort goütée de nous tous, et 
dont nous lui avons été très-reconnaissants, C’est ainsi que nous visitons le 
Grand Béguinage et l'église Saint-Jacques, que nous nous arrétons successi- 
vement devant l'ancienne porte du château des comtes de Flandre, devant 
l'énorme canon de fer forgé qui date du milieu du xvi* siècle, et qu'aprés 
avoir traversé le marché du Vendredi où se trouve érigée la statue d'Artevelde 
et plusieurs rues trés-commercantes, nous arrivons enfin au Jardin botanique, 
situé dans la ville méme. 

Nous sommes recus par M. Van Hulle, jardinier en chef du Jardin, qui, bien 
que souffrant, nous le fait visiter en détail, et nous exprime les regrets du 
directeur, M. Kickx, retenu à cette heure à l Université par les devoirs du pro- 
fessorat, de ne pouvoir nous recevoir lui-même, comme il l'espérait. 

Concu dans le style paysager, ce jardin a un riant aspect, qui contraste 
avec le caractère plus sévère de ses serres et de son orangerie monumentale. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XCVII 


Il paraît renfermer une riche collection de végétaux d'une valeur exclusive- 
ment scientilique, à cóté d'autres collections de plantes commerciales ou dé- 
coratives qu'il a fallu ajouter pour les besoins de l'École d'horticulture de 
l'État, dont le siége se trouve au Jardin botanique. Les serres nous semblent 
tout d'abord vastes et élevées : M. Van Hulle nous fait remarquer dans la 
grande orangerie les Chamærops humilis et conduplicata qui y fleurissent 
parfaitement, et dans la grande rotonde un très-beau Sabal Blackburniana, 
un des plus beaux qui se trouvent en Europe, à cóté duquel d'autres Palmiers, 
des Bananiers, des Fougères arborescentes, font avec lui le plus bel effet et 
excitent à juste titre notre admiration. Une serre spéciale renferme une col- 
lection d'arbres fruitiers exotiques d’un grand intérêt, ainsi que des essences 
utiles, dont l’ensemble est aussi fort remarquable, 

Mais un autre sujet d’agréable surprise nous attendait dans une serre 
chaude, plus basse et fort bien garnie de plantes tropicales, au milieu de la- 
quelle se trouvait un bassin, élevé au-dessus du sol, contenant un admirable 
pied de Victoria regia. Parmi les détails fort instructifs que nous donne M. Van 
Hulle sur cette belle plante, je ne veux pas oublier de mentionner ici les 
résultats de quelques-unes de ses expériences sur la force de résistance dont 
sont douées ses grandes et larges feuilles nageantes. Non content de les avoir 
vues porter sans fléchir le poids d’un enfant, puis celui d’un de ses jardiniers, 
il en choisit une en parfait état de développement et la fit recouvrir successi- 
vement d'autant de briques qu'elle en put porter à la fois : or le poids de ces 
briques, pesées après l'expérience, atteignait 346 kilogrammes ! 

L'école de botanique, située derrière les grandes serres, le long de la 
Lys, est disposée d'après la méthode de Jussieu et possède environ trois mille 
espèces, 

Pressés par le temps, nous ne pouvons malheureusement visiter le jardin 
fruitier modèle, garni d'une serre à vignes et planté d'arbres de toutes les 

essences fruitières, dont profite l’École d'horticulture, qui compte cette année 
- plus de trente élèves assidus. 

M. Van Hulle, en nous reconduisant, nous fait remarquer encore de beaux 
arbres dans le jardin situé devant les serres, et nous y admirons tout particu- 
lièrement un énorme pied d'une curieuse Fougère, le Platycerium grande. 
Aprés quoi nous adressons de bien sincéres remerciments à M. Van Hulle et 
nous rentrons en ville, très-agréablement satisfaits de cette intéressante 
visite, 

Tout en nous dirigeant vers la gare du chemin de fer, nous trouvons — 
quelques minutes pour voir plusieurs curieux monuments, entre autres l'Hótel 
de ville, et pour entrer dans la cathédrale de Saint-Bavon qui, par la beauté 
de son ornementation intérieure, est une des églises les plus splendides de la 
Belgique. Enfin, nous montons en wagon, et le train ious descend bientôt à 
la première station, d’où nous nous rendons en un quart d'heure à la Maison 


T. XX. a 


XCVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


de Melle-lez-Gand. Mais je laisse à notre savant confrère M. G. Planchon le 
soin de faire connaître toutes les richesses du musée technologique de cet éta- 
blissement, 


RAPPORT DE M. Gustave PLANCHON SUR LE MUSÉE COMMERCIAL-INDUSTRIEL 
DE MELLE-LEZ-GAND. 


L'établissement de Melle-lez- Gand est une grande institution, où les élèves 
font, sous la direction de fréres de la Doctrine chrétienne, des études litté- 
raires, scientifiques et industrielles. De vastes locaux, bien tenus et bien ap- 
propriés à leur destination, un personnel enseignant considérable, en font une 
maison d'éducation importante, à laquelle sont jointes, surtout pour les jeunes 
gens qui se destinent au commerce et à l'industrie, des collections intéres- 
santes, Ce sont ces collections, et particulièrement le musée commercial in- 
dustriel, que les membres de la Société botanique de France avaient à cœur 
de connaitre, et nous n'avons pas voulu laisser échapper l'occasion de le visiter 
lors de notre excursion à Gand, le 18 juillet, 

Le directeur de la maison de Melle et le frère Bernardin, à qui revien 
l'honneur de la création et de la conservation du musée, nous ont fait les 
honneurs de l'établissement de la manière la plus aimable. Nous n'insisterons 
ni sur les parties de la maison affectées à l'enseignement, ni sur les laboratoires 
de physique et de chimie, que nous avons cependant parcourus avec intérét, 
et où tout porte la preuve des habitudes d'ordre et de propreté imposées aux 
élèves. Nous avons hâte d'arriver au musée lui-même. 

Une vaste salle, garnie sur les murs de larges armoires vitrées, portant sur 
le milieu deux rangées de vitrines, contient la série des produits qui sont les 
éléments fondamentaux de l'enseignement industriel. Faire connaitre la ma- 
tière première, la suivre dans les diverses modifications qu'elle subit jusqu'au 
moment oü elle est livrée à la consommation, tel est le but de ces collections. 

Une première section contient les matières brutes, telles que les fournit la na- 
ture et qu'elles arrivent de leur pays d'origine. A côté des substances d'un usage - 
très-général, s'en trouvent d'autres, que l'on pourra probablement utiliser un 
jour, mais qui n'ont pas encore pris toute l'importance qu'elles mériteraient. 
C'est une mention précieuse, qui n'est pas à dédaigner. L'indication du pays 
d'origine est donnée avec soin, et par un procédé bien simple qui a l'avantage 
de frapper l'oeil. Une teinte de couleur marque, d'une manière bien tranchée, 
la contrée d’où l'on retire la substance. Ce procédé très-ingénieux, que nous 
avons vu d'ailleurs appliqué au musée préhistorique de Bruxelles, serait cer- 
tainement utile pour nos collections francaises : il aurait l'avantage de rappeler, 
plus que ne peut le faire un simple nom, le pays d'origine d'un produit à nos 
étudiants, qui ont la réputation, trop souvent méritée, de ne pas briller par leurs 
connaissances géographiques. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. XCIX: 


Dans la seconde section se trouvent les produits manufacturés. C'est là qu'on 
voit les matières premières passer, dans leurs transformations successives, jus- 
qu'aux produits.fabriqués de la plus extréme complication. Prenons un 
exemple : l'industrie du fer. Le point de départ de la série, ce sont naturelle- 
ment les minerais : fer oligiste, limonite et carbonates. A côté se trouvent le 
coke, le charbon de bois, le fondant qui vont transformer le produit en fontes 
de divers genres. On suit le métal à son état de fer puddlé, battu, laminé, de 
tóle, de fer-blanc et d'acier. Des gravures et des photograpliies, représentant 
les usines où se font ces transformations, sont exposées dans la méme case. Puis 
viennent les mille applications du fer et de l'acier : produits divers de coutel- 
lerie, de quincaillerie, fils de fer, câbles de fer, plumes d'acier, boutons, etc. 
Enfin, représentés dans des albums, les constructions en fer, les meubles, les 
charpentes, les machines pour l'industrie et l’agriculture, etc. 

On comprend l'intérêt de pareilles séries, qui se répètent pour les princi- 
paux métaux, pour les cuirs, les papiers, les tissus, etc. , et l'on concoit quelles 
sources d'instruction il y a là, non-seulement pour. les élèves, mais encore 
pour tous ceux qui peuvent étudier à leur aise cette exposition de produits 
utiles. Ajoutons que des prospectus, des prix- couraiits, des renseignements de 
tout genre, viennent affirmer le caractere pratique du musée et préparer les 
jeunes gens aux connaissances variées qu'exige la carriére commerciale. 

Un tel musée mériterait un examen approfondi; les nécessités du pro- 
gramme ne nous ont permis qu'une trop courte visite. Nous n'en avons pas 
moins été frappés de l'utilité du but et de la manière satisfaisante dont il a été 
atteint. Nous espérons que la mention, si bréve qu'elle soit, de ces ressources 
rassemblées avec tant de zèle par le frère Bernardin, engagera ceux de nos col- 
légues que les circonstances améneront dans les environs de Melle à con- 
sacrer quelques instants à son musée. Ils n'auront pas perdu leur temps. 


RAPPORT SUR LE MUSÉE ROYAL D'HISTOIRE NATURELLE DE BELGIQUE, A BRUXELLES, 
pr M. Édouard BUREAU. 


Pas plus que pour le Jardin botanique de l'État, le temps ne nous a permis 
de visiter ce bel établissement avec toute l'attention qu’il mérite, et c'est à 
l'obligeance de M. Fr. Crépin, conservateur de la section de paléontologie 

végétale, que nous devons la plupart des renseignements qui suivent. 

Bien que la transformation du musée royal d'histoire naturelle de Belgique 
en un véritable établissement scientifique soit tout à fait moderne, son existence 
date en réalité de très-loin. Les plus anciens des objets qui le composent furent 
rassemblés du temps de Charles-Quint et devaient servir dés lors à former un 
cabinet impérial d'histoire naturelle. Ce ne fut pendant trés-longtemps qu'une 
collection des plus réduites, moins importante méme que celles qui existent 
aujourd'hui en France dans certains colléges ou pensionnats. Le local où elle 


C SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


fut placée, et que le musée d'histoire naturelle occupe encore maintenant 
avec le musée de peinture ancienne, est le palais des gouverneurs généraux 
des Pays-Bas. C'est là que demeura Charles de Lorraine (1). 

Aprésla révolution de 1793, le palais, avec ce qu'il contenait, tableaux et 
objets d'histoire naturelle, devint la propriété de la ville de Bruxelles. 

Pendant la réunion de la Belgique à la Hollande (1815-1830), le chétif cabi- 
net s'enrichit quelque peu. La princesse d'Orange, née princesse impériale 
de Russie (2), lui fit don d'une collection de minéraux provenant de son pays 
natal, collection qui, pour l'époque, était considérée comme fort remarquable. 
D'autres donateurs, suivant l'exemple venu d'en haut, lui offrirent des objets 
plus ou moins précieux. Cependant, vers 1825, le musée tout entier tenait 
encore dans une salle de trés-médiocres dimensions. 

Après la révolution de 1830, il fut institué au musée des cours d'histoire 
naturelle et de physique. L'illustre Quetelet fut l'un des professeurs. Les 
collections ne servaient alors que pour l'enseignement et nullement pour des 
recherches scientifiques. Drapiez était directeur lorsque, en 1840, la ville céda 
son musée au gouvernement, en méme temps que les collections de tableaux 
et les bibliothèques. En 1846, le gouvernement nomma le vicomte Bernard 
Du Bus directeur, en remplacement de Drapiez. Cependant la situation du 
musée ne s'améliora que lentement. 

Enfin, en présence du mouvement scientifique provoqué par la création des 
Sociétés entomologique, malacologiqueet botanique, le gouvernement songea 
à réorganiser cet établissement. En 1868, il en confia la direction à un jeune 
savant qui venait de faire des découvertes remarquables en fouillant les ca- 
vernes de la Belgique méridionale, M. Dupont, sous l'intelligente administra- 
tion duquel le musée est entré dans une ère de prospérité et parait appelé 
à devenir un musée modèle, 

M. Dupont, tout en ayant la haute direction de l'établissement, s'est spécia- 
lement réservé l'étude et l'arrangement des ossements fossiles. 

Puis l'ensemble des collections a été divisé en six sections, ayant chacune 
à sa téte un conservateur : 

Section des vertébrés : conservateur, M. Alph. Dubois; des annelés : 
M. Preudhomme de Borre; de malacologie : M. Nyst; des radiaires : M. Van 
Horen; de géologie : M. Mourlon; de paléontologie végétale : M. Fr. Crépin. 
Il y a en outre cinq préparateurs, plusieurs aides, et enfin des huissiers. 


(4) Ce prince, né en 1712 et mort en 1780, fut pendant trenle-six ans gouverneur 
des Pays-Bas catholiques, qui à cette époque appartenaient à la maison d'Autriche; sa 
mort fut un deuil public, et son souvenir est resté cher au peuple belge, qui jouit, sous 
son gouvernement paternel et éclairé, d'une prospérité qu'il n'avait point connue durant 
la domination espagnole. ; 

(2) Anna Paulowna, fille du tsar Paul Ier, plus tard reine des Pays-Bas. C'est à elle 
que M. de Siebold a dédié le Paulownia imperialis, arbre ornemental, avjourd'hui si 
répandu dans les parcs et les promenades publiques de l'Europe tempérée. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CI 


Un premier coup d'oeil jeté sur le musée de Bruxelles ne donne nullement 
l'idée de son importance. Il se compose de huit ou neuf salles ou galeries 
s'ouvrant les unes dans les autres de la facon la plus irrégulière, de telle sorte 
que le visiteur ne les découvre que successivement et ne peut embrasser du 
regard l'ensemble des collections. L'entrée principale est une simple porte 
située dans un vestibule et qui n'a rien de monumental. 

Si l'on examine les choses de plus prés, la premiere impression se modifie 
bien vite. 

La première galerie dans laquelle on entre contient au milieu les grands 
squelettes, et entre autres de fort beaux squelettes de cétacés. A droite et à 
gauche sont des armoires placées perpendiculairement aux fenétres et dans 
lesquelles sont, d'un côté la collection des mammifères, de l'autre celle des 
oiseaux. Ce qu'on voit de cette dernière est déjà fort remarquable; cependant 
ce n'est que la moitié de ce que possède le musée. 

Cette première galerie aboutit à une seconde, disposée transversalement et de 
dimensions aussi grandes, qui contient la suite des vertébrés et la collection des 
coquilles : 8000 mille espèces actuellement vivantes et autant d'espéces fossiles. 
Cette partie du musée peut être citée parmi les plus riches. Elle a été princi- 
palement formée par l'achat des collections Nyst, Le Hon et De Koninck, et 
enrichie par des échanges et des dons importants. 

A droite et au fond de la galerie est le cabinet d'entomologie, partie égale- 
ment très-riche. 

A gauche commence une série de salles consacrées à la paléontologie. 

La premiere renferme l'admirable collection des ossements trouvés dans le 
crag d'Anvers, due aux persévérantes recherches de Du Bus. On reste saisi 
d'étonnement en voyant des squelettes entiers de grands cétacés fossiles, 
montés comme on pourrait le faire pour des os d'animaux actuellement vivants. 

La salle suivante contient encore bien des choses dignes d'intérêt; mais ce 
qui attire surtout les regards, c'est un énorme squelette de mammouth, très- 
complet et parfaitement monté. 

Viennent ensuite deux salles occupées par des ossements et des objets tra- 
vaillés de l'époque quaternaire et préhistorique. La dernière de ces salles sur- 
tout est remarquable par la prodigieuse quantité des débris fossiles, provenant 
des fouilles de M. Dupont, qui y sont classés, et par l'ingénieuse disposition 
qui a permis de tirer le meilleur parti possible d'un espace assez restreint. 

Les objets exposés dans le musée sont certainement trés-nombreux ; mais ils 
sont loin de donner l'idée de ce que possede l'établissement. Trois immenses 
galeries ont été récemment construites et vont étre remplies par les collections 
actuellement emmagasinées dans les greniers et dans les caves. 

Parmi ces collections non encore ouvertes au public, il en est une qu'il 
me serait impossible de ne pas mentionner, et qui m'a été montrée avec la 
plus grande obligeance par son conservateur, notre confrère, M. Fr, Crépin : 


CH : + SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


c'est la collection de paléontologie végétale. Celle-ci n'est point en caisses, 
mais disposée provisoirement dans une des salles du palais, assez éloignée du 
reste du musée, Le fonds principal a été formé par les nombreuses plantes fos- 
siles recueillies par feu l'abbé Coemans, et qui ont servi à ses publications. 

D'autres empreintes très-intéressantes y ont été ajoutées par M. Crépin, qui 
les a découvertes dans plusieurs gites du terrain devonien, où il poursuit en- 
core d’actives recherches. 

Dans la section de paléontologie végétale, et à cóté méme des fossiles, se 
trouve une bibliothéque assez compléte d'ouvrages traitant de cette partie de 
l'histoire naturelle. On a ainsi sous la main tout ce qu'il faut pour l'étude, et 
l'on peut travailler sans aucune perte de temps. C'est là une situation des 
plus favorables, que le Muséum de Paris pourrait envier à celui de Bruxelles. 

En ce moment, le directeur et les conservateurs organisent une splendide 
publication, qui paraitra aux frais et sous les auspices du gouvernement. Elle 
consistera en une série. de volumes in-folio, renfermant les descriptions des 
collections du musée, avec de nombreuses figures. Plusieurs auteurs sont déjà 
occupés à ces travaux : M. Van Beneden, pour les ossements du crag d'Anvers ; 
M. De Koninck, pour les fossiles du carbonifère; M. Nyst, pour les coquilles 
tertiaires; M. Dupont, pour la période quaternaire; M. Crépin, pour les 
fossiles végétaux. 

Pour nous résumer, constatons en terminant que si le musée de Bruxelles 
est resté longtemps stationnaire, depuis quelques années il est entré, gràce 
à une énergique impulsion et à une intelligente division du travail, dans une 
voie bien remarquable de progrés. 


M. J, LINDEN ET SES ÉTABLISSÉMENTS D'INTRODUCTION ET D'HORTICULTURE, 
par M. Édouard ANDRÉ. 


Une excursion botanique en Belgique n'eüt pas été complète sans une visite 
détaillée aux collections de plantes exotiques qui ont rendu le nom de M. Lin- 
den cher à tous les amateurs de plantes et à tous les savants. Personne, en 
effet, n'a oublié que M. J. Linden a été autrefois l’un des voyageurs les plus 
intrépides et l'un des collecteurs les plus heureux qui se soient consacrés à la 
découverte des plantes, Pendant prés de douze années, il a parcouru les ré- 
gions les plus riches de la terre, comme botaniste du gouvernement belge, soit 
seul, soit avec Funck, Ghiesbreght, Galeotti; il a exploré le Mexique, le Brésil, 
le Vénézuéla, la Nouvelle-Grenade, les Indes occidentales, etc. Ses échantillons 
foisonnent dans les herbiers des grands établissements de l'Europe et, quant à 
la seule famille des Orchidées, les introductions que lui doit l'horticulture sont 
innombrables. 

De retour en Europe, aprés avoir classé et distribué ses collections de plantes 
séches, M. Linden n'eut plus qu'un objectif : se consacrer à introduire vivantes 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CI 


les belles plantes qu'il avait observées dans la nature et qui manquaient à nos 
serres, encore bien pauvres il y a trente ou quarante ans. Pour obtenir ce 
résultat, il rédigea des notes étendues sur ses voyages, dont plusieurs furent 
recueillies et publiée par notre savant confrére M. J.-E. Planchon; il enróla 
de jeunes voyageurs qu'il dirigea avec une grande précision sur les contrées 
les plus riches à explorer, et il commenca d'introduire dans les cultures euro- 
péennes un nombre immense d’espèces nouvelles du plus grand intérêt orne- 
mental et scientifique. 

Successivement MM. Ghiesbreght, Galeotti, Funck, Wagener, Schlim, Porte, 
Brahm, Wallis, Roezl, et tant d'autres, voyagèrent pour son compte, et tra- 
duisant ses conseils par d'intelligents envois, dotèrent les serres et les jardin 
d'une foule de merveilles du premier ordre. 

Pendant ce temps, M. Linden ne perdait pas de vue le cóté purement scien- 
tifique. Il développait, avec une ardeur sans égale et sur une grande échelle, 
la culture des plantes tropicales dans son premier établissement, situé d'abord 
à Luxembourg, mais que l'affection dont l'honorait le feu roi Léopold I** lui fit 
transporter bientôt à Bruxelles, Les Orchidées surtout, dont il avait découvert 
des centaines d'espèces dans les deux Amériques, étaient l'objet de sa prédi- 
lection. Il en réunissait une collection qui n'a fait que s’accroître jusqu'à nos 
jours et comprend aujourd'hui environ 1200 espèces, c'est-à-dire qu'elle est 
la plus nombreuse qui soit au monde. Avec le secours de Lindley, il publiait 
ses notes et devenait l’instigateur des Orchidee Lindenianæ, comprenant 
une série d'espèces nouvelles, 

M. J.-E. Planchon et lui mettaient ensuite au jour I'Hortus Lindenianus, 
qu'il est regrettable de n'avoir pas vu continuer plus longtemps, 

Après la mort de Lindley, M. Reichenbach fils, s’attachant à la collection 
d'Orchidées de M, Linden, y trouva des matériaux immenses pour ses études 
si connues sur cette belle famille, 

M. Linden, à un moment où les orchidéophiles étaient presque des mythes 
sur le continent et commencaient à peine à naître en Angleterre, se donna 
pour but de répandre le goüt de ces étranges et admirables plantes, Il y 
réussit au delà de toute espérance. C'est à lui seul, à son instigation, que 
M. J.-P, Pescatore, devenu depuis célèbre par ses Orchidées de la Celle-Saint- 
Cloud prés Paris, dut de prendre goüt à cette culture et de faire construire 
ces belles serres qui firent tant parler d'elles. Un bel ouvrage en naquit: le 
Pescatorea, splendide in-folio comprenant des planches coloriées, de toute 
beauté, avec le texte par MM. Linden et Reichenbach. 

Dans les autres familles de plantes tropicales, M. Linden s'appliqua toujours 
à des spécialités qui ont fait le cachet original de ses cultures et dont nous di- 
rons quelques mots plus loin. 

Aussi l'opinion publique l'eut bientót fait populaire et personne n'occupe 
un plus haut rang que lui dans l'horticulture contemporaine. Les souverains 


CIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


d'un grand nombre de pays ont tenu à l'honorer de hautes marques de distinc- 
tion, et peu de noms sont aujourd'hui plus répandus que le sien. 

C'était donc aux établissements de M. Linden, à Bruxelles et à Gand, que 
la Société botanique de France voulut faire une visite, dans la personne de 
quelques-uns de ses membres présents en Belgique. 

La visite que nous avons faite à Gand vient d'étre racontée par notre savant 
confrère M. Roze (voy. plus haut, pp. XCV et suiv.). 

A Bruxelles, les serres de M. Linden sont moins remarquables par leur 
aspect extérieur que par les nombreuses collections de plantes rares qu'elles 
renferment, Une analyse, méme succincte, prendrait des pages entières. Nous 
nous contenterons de signaler au passage les spécialités qui nous ont le plus 
intéressés (1). 

D'abord les Orchidées. Elles sont contenues dans cinq serres, classées d'aprés 
les divers modes de culture nécessaires aux catégories de ces plantes. La pre- 
miére serre, dite des Orchidées de l'Inde, est surtout frappante par l'aspect 
rare de grande santé qu'elle présente. Là se trouvent les Saccolabium aux 
longs épis blancs, mouchetés, roses, violets, lilas, parmi lesquels nous avons 
noté les S. retusum, violaceum, giganteum, Blumei, curvifolium, etc. Les 
Aérides, aux grappes moins serrées, embaument la serre de leurs violentes 
senteurs; des Leia, les étranges Cycnoches et Polycycnis, des Vanda 
admirables, parmi lesquels les espèces géantes du genre : Vanda Batemani 
et V. gigantea; des Cattleya, qui seront couverts de fleurs l'hiver prochain, 
les Dendrobium de l'Inde, et un grand nombre d'espéces que M. Linden ne 
conserve que pour leur intérét scientifique, forment là une rare collection 
de belles plantes. 

Sans nous arréter aux autres serres à Orchidées chaudes, nous arrivons à la 
plus vaste collection des plantes de cette famille qui croissent sur les sommets 
élevés de la cordillére des Andes et qu'on cultive depuis quelques années tout 
à fait en serre froide. C'est là le triomphe de M. Linden, et nous pouvons citer 
au passage quelques-unes des espéces qui nous ont le plus frappés : les Odonto- 
glossum angustatum, phalænopsis, Pescatorei, pulchellum, Hallii, roseum, 
triumphans, nœvium, cristatum ; les Ada aurantiaca, Oncidium hæmatochy- 
lum, hastiferum, leopardinum, nubigenum, ornithorrhynchum, Papilio, 
sarcodes, etc.; tous les Cypripedium, Houlletia, Mesospinidium, Y Epiden- 
drum Friderici Guilielmi, le Pilemma nobile, le Colaz jugosus, et toute 
la charmante tribu de ces miniatures, en si grande vogue aujourd'hui qu'on 
les paye plusieurs fois leur poids d'or : les Masdevallia. Nos confrères ont 
surtout remarqué l'espéce aux belles fleurs cramoisies, que j'ai nommée 


(4) Depuis notre visite, nous avons appris que M. Linden a mis en vente le trop-plein 
de ses vastes collections de Bruxelles, afin de concentrer toutes ses affaires commerciales 


à Gand. Les plantes de nouvelle introduction, encore inédites, sont néanmoins conservées 
à Bruxelles. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. Cv 


M. Lindeni, de même que les M. tovarensis, ignea, Veitchi, Harryana, 
Bruchmuelleri, et le plus étrange de tous : M. Chimera, 

Nous nous attarderions volontiers aux Orchidées, mais tout près de là nous 
attire la serre aux Palmiers. De même que pour les Orchidées, c’est la col- 
lection la plus nombreuse de l’Europe. Leur chiffre dépasse 380 espèces, sans 
parler de plusieurs introductions nouvelles inédites. Parmi les plus gracieuses 
nouveautés nous avons remarqué : Welfia regia, Verschaffeltia melano- 
chetes, Cocos Weddelliana, Glaziova insignis, Pritchardia filifera, Phœnix 
tenuis, Martinezia Lindeniana, Lepidocaryum gracile, etc. 

Quelques serres plus loin, et nous sommes dans la collection des plantes 
officinales ou utiles, et des arbres à fruits des tropiques, qui se trouvent là 
au grand complet. Les Manguiers, l'Avocatier, le Mangoustan, les Lucuma, les 
Sapotilliers, sont prêts à être expédiés en jeunes exemplaires qui bientôt 
se couvriraient de fruits, s'il se trouvait des amateurs qui les cultivassent 
en pleine terre, sous verre, comme le fait à Bordeaux M. E. Lafon. Puis les 
plantes à épices et les plantes médicinales, de la Salsepareille au Quinquina 
et du Benjoin à la Cannelle et au Cédron, forment ici un groupe important et 
nombreux. 

D'autres serres sont consacrées aux introductions de plantes à grand feuil- 
lage, spécialité qui s'est extrémement développée depuis quelques années. 
Ça été une révélation que ces feuilles colorées, parées, peintes des plus belles 
et des plus étranges couleurs : Maranta, Allopectus, Bertolonia, Caladium, 
Anthurium, Begonia, Dracena, Dieffenbachia, Philodendron, etc., qui 
chaque année s'enrichissent de nouvelles et brillantes additions ; et leur culture 
est devenue un objet de commerce immense, tout en répandant le goüt de 
l'horticulture décorative et créant de toutes piéces la tribu des plantes dites 
d'appartement. 

Les Fougères, les grands Palmiers, les Aroidées, les petites serres à multi- 
plication que M. Linden cache aux regards profanes avec un soin jaloux en 
attendant que ses nouveautés puissent paraître au grand jour et cueillir aux 
expositions des palmes toujours nouvelles : toutes ces cultures, toutes ces curio- 
sités, contenues dans trente et une serres, ont captivé tour à tour notre atten- 
tion et nous ont laissé l'une des plus vives impressions de notre voyage (1). 


(4) A ces renseignements intéressants donnés par M. André sur les créations de 
M. Linden, il convient de joindre quelques détails que la modestie de notre confrére ne 
lui permettait pas d'ajouter lui-méme : c'est que M. Linden lui doit depuis plusieurs 
années l'assistance la plus précieuse dans la détermination de ses collections exotiques, 
ainsi que dans la publication de l'Jllustration horticole, journal d'horticulture et de 
botanique générales, oü sont publiées les plantes nouvelles que M. Linden importe 
chaque année des régions les plus variées et les plus lointaines du globe. — (Note de 
M. Eug. Fournier.) 


CVI SOCIÉTÉ ROTANIQUE DE FRANCE, 


RAPPORT DE M. N. DOUMET-ADANSON SUR L'EXPOSITION HORTICOLE 
DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE FLORE, OUVERTE A BRUXELLES LE 19 JUILLET, 


Tandis que les botanistes francais étaient l'objet, de la part de la Société 
royale de botanique de Belgique, d'une réception toute fraternelle dont le sou- 
venir restera dans tous nos cœurs, la Société royale de Flore tenait à Bruxelles 
sa quatre-vingt-dix-huitième exposition d'horticulture. Un accueil non moins 
gracieux et cordial que celui de nos confrères de la Société de botanique nous 
était réservé par les membres de cette célèbre Société horticole, qui, ne se bor- 
nant pas à ouvrir aux botanistes francais les portes de leur exposition, s'em- 
pressaient d'appeler quelques-uns d'entre nous à l'honneur de faire partie 
du jury (1). 

Désigné par la bienveillance de mes collègues pour donner un aperçu de 
cette brillante fête florale, je m'efforcerai surtout d'en retracer la physionomie 
d'ensemble, regrettant que les courts instants que nous laissaient les herbori- 
sations et les visites aux collections publiques ou privées ne m'aient pas permis 
d'en analyser les détails comme l'aurait mérité cette importante exhibition. 

Privée, à cause de notre session et au profit de la science pure, du local où 
elle avait coutume de faire ses expositions, la Société de Flore avait dü se 
réfugier dans l'un des grands carrés du Parc royal, belle promenade ornée 
d'arbres magnifiques dont l'épais ombrage abritait les lots de plantes peu 
délicates, tandis qu'une vaste tente garantissait des intempéries les végétaux 
enlevés momentanément aux serres chaudes ou tempérées, Bien que les mem- 
bres de la Société de Flore se plaignissent généralement du local, nous devons 
reconnaitre que, grâce au talent de l'architecte, M. Fuchs, l'ensemble était 
d'un aspect trés-satisfaisant et que les divers lots de plantes étaient. disposés 
d'une maniére particuliérement favorable à leur comparaison entre eux et 
à l'appréciation de chacun individuellement. Nous nous permettrons méme 
d'insister sur ce fait, qui constitue une notable différence entre les expositions 
belges et celles que nous avons coutume de voir à Paris, où l'arrangement 
décoratif tient une grande place, tandis que chez nos voisins on paraît s'attacher 
surtout à mettre en évidence les mérites et les défauts des objets exposés. 

Recu avec cette aménité dont nous avons eu tant de preuves durant notre 
séjour en Belgique, par M. le comte de Ribeaucourt président et MM. les 
membres du bureau, le jury entra en séance à deux heures et demie et choisit 
pour président M. Ghellinck de Walle, et pour secrétaire M. Pirlot. Puis, sans 
perdre un instant, car la besogne était considérable, on procéda aux opé- 
rations, parfois peut-étre avec une rapidité regrettable, mais nécessaire, car, 
en parcourant la liste 'des récompenses publiée à la suite du catalogue-pro- 


(1) Faisaient partie du jury : MM. Germain de Saint-Pierre, Éd. André, Bourgault- 
Ducoudray, Pellier et Doümet-Adanson. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET, 1873. CVII 


gramme, on constate que le nombre des concours ouverts s'élevait presque au 
chiffre de cent. Beaucoup d'entre eux, il est vrai, n'avaient pas été remplis, 
mais pour d'autres les concurrents étaient multiples, et nous devons relater 
aussi que bon nombre de lots remarquables présentés hors concours, tels que 
ceux de MM. de Ribeaucourt, de Craen-Longhé, de Messemacker, Vander- 
mersch, et celui exposé par la Société ‘elle-même comme hommage au Roi, 
venaient encore ajouter aux splendeurs de la féte. 

Le programme comprenait deux catégories distinctes, savoir : A. Concours 
spéciaux et internationaux, 4° de Palmiers, 2° de Pelargonium zonale; 
B. Concours généraux pour plantes de tous genres. 

Ici nous devons renouveler le regret exprimé plus haut que l'intervalle des 
travaux de la session ne nous ait pas laissé assez de loisir pour prendre des 
notes détaillées sur chacun des lots ; car si d'un cóté les concours de Pe/argo- 
nium zonale, où l'on pouvait voir toutes les nouveautés méritantes, n'offrent 
qu'un intérét purement horticole, il n'en est pas ainsi des concours généraux 
de plantes variées et surtout de ceux de Palmiers, de Fougères et d'Orchidées, 
où figuraient de nombreuses espèces ayant une valeur scientifique au moins 
aussi grande que leur mérite horticole. 

Cependant, quelque rapide qu'ait été notre examen, nous avons pu admirer 
les beaux Palmiers de MM. J. Linden et Lemonnier, qui se sont disputé les 
prix des divers concours spéciaux de cette famille, et nous devons citer tout 
spécialement le Pritchardia filifera, qui a valu au premier de ces habiles 
horticulteurs le premier prix pour le Palmier nouvellement introduit le plus - 
remarquable et ne se trouvant pas encore dans le commerce. : 

Non moius remarquables étaient aussi les Aroidées, parmi lesquelles figu- 
raient plusieurs hautes nouveautés, entre autres l’ Anthurium crystallinum de 
M. J. Linden, et les Broméliacées de M. Lucien Linden. Dans la première de ces ` 
familles nous devons mentionner le trés-beau lot des Caladium de M. Lemon- 
nier, lesquels attiraient de loin les regards par la brillante coloration de leur 
feuillage. La seconde offrait une élégante variété d'Ananas à feuillage pana- 
ché, exposée par M. Pourbaix, de Mons. 

La curieuse famille des Orchidées était dignement représentée par le lot de 
25 espèces, toutes magnifiquement fleuries, appartenant à M. J. Linden, et par 
une nouveauté originale, exposée par MM, Jacob-Makoy et Cie, sous.le nom 
de Miltonia sp. nova. d 

Parmi les plantes remarquables que nous ne devons pas oublier, citons en- 
core un très-bel échantillon de Palantium antarcticum, Fougère haute de plu- 
sieurs mètres, à M. d'Avoine, un Cyathea sp. n. à M. Lemonnier, le beau Cri- 
num Makoyanum de MM. J. Makoy et Ci°, et un magnifique pied de Pepe- 
romia resediflora, plante originale et d'avenir, exposé par M. Lucien Linden, 

Si nous voulions mentionner toutes les beautés offertes par la section des 
fleurs proprement dites, il nous faudrait plusieurs pages pour énumérer seule- 


cvm ^ a A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


ment les nombreux Pelargonium zonale qui ornaient si bien la partie de 
l'exposition placée en plein air. Nous aurions aussi à signaler de fort beaux 
Petunia, et nous nous arréterions longtemps devant les lots de Roses 
coupées, qui ne le cédaient en rien à la perfection et à la variété des fleurs 
auxquelles nous ont accoutumés, en Frauce, nos horticulteurs de Paris, Brie- 
Comte-Robert, Sceaux, Versailles et autres localités célèbres pour la culture 
de la reine des fleurs. 

Mais, pour les raisons que j'ai dites plus haut, je me vois forcé d'abréger 
ce rapport, trés-imparfait sans doute, et dont la seule prétention ne peut 
étre que de conserver dans nos publications le souvenir de l'exposition à la- 
quellela Société de Flore avait convié les membres de la Société botanique de 
France présents à la session en Belgique. Que les membres del'illustre Société 
belge, et en particulier son honorable président, M. le comte de Ribeaucourt, 
veuillent bien agréer les remerciments de leurs invités pour l'accueil si cor- 
dial que nous avons recu d'eux, et qu'ils soient assurés que les botanistes 
francais n'oublieront pas les sentiments fraternels chaleureusement échangés 
au banquet qui a couronné, d'une facon si charmante, les opérations du jury 
de l'exposition. 


RAPPORT DE MI. E.-H. DELOGNE SUR L'EXCURSION FAITE LE 21 JUILLET 
A ROCHEFORT ET A HAN-SUR-LESSE. 


Ainsi que l'indiquait le programme, le départ de Bruxelles était fixé à six 
heures et demie du matin, à la gare du Grand-Luxembourg. Déjà avant six 
heures, notre zélé commissaire, M. Crépin, se trouvait à la gare, afin de donner 
les renseignements nécessaires à nos confrères qui devaient arriver successi- 
vement de différents points de la ville. 

De méme que les jours précédents, il fut décidé qu'on voyagerait en troi- 
siéme classe. Du reste, nous nous étions arrangés pour rester entre nous et 
ne point admettre dans nos compartiments le « profane vulgaire ». Une con- 
versation animée sur tout ce qui concerne la botanique, les herborisations, 
les herbiers, etc., nous fit complétement oublier la longueur de la route. La 
plupart de nos confrères francais, ayant beaucoup voyagé, avaient beaucoup 
à raconter, mille souvenirs à rappeler, foule d'anecdotes à dire. 

Durantla semaine précédente, nous n'avions exploré que la partie basse de la 
Belgique, les plaines de la Campine et le bassin inférieur de l’Escaut, dont la 
flore présente un caractére plus ou moins septentrional. En quittant Bruxelles 
pour nous diriger vers les Ardennes, nous nous aperçûmes bientôt d'un chan- 
gement de plus en plus marqué dans la configuration orographique du pays et 
dans l'aspect du tapis végétal. Quoique passant rapidement, nos confrères pu- 
rent facilement reconnaitre qu'à la végétation des plaines avait succédé la flore 
des collines, qui est si admirablement caractérisée autour de Han-sur-Lesse. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CIX 


Vers dix heures, nous arrivàmes à Jemelle, où nous descendimes pour nous 
rendre à Rochefort. A la gare nous attendait un immense omnibus qui, quoi- 
que surchargé à l'excés, maistrainé par de vigoureux chevaux, nous eut bientót 
transportés à Rochefort. Notre arrivée avait été annoncée. Une foule de curieux 
s'étaient rassemblés devant l'hótel Biron, où nous devions descendre, pour 
voir les botanistes dont les exploits scientifiques avaient occupé la presse pen- 
dant huit jours. Notre séjour à Rochefort devant être très-court, nous mîmes 
la plus grande hâte dans notre installation à l'hótel. On déjeuna sans tarder, et 
vers midi toute la troupe était prête à partir pour Han-sur-Lesse. 

Il avait été convenu qu'on se diviserait cn deux groupes : l'un, formé des 
botanistes francais désireux de visiter la grotte de Han; l'autre, de ceux qui 
la connaissaient déjà ou qui préféraient herboriser plus longtemps. Dans ce 
dernier groupe, dirigé par M. Crépin, qui a exploré ces environs avec tant 
de soin et de bonheur, se trouvaient M. Du Mortier, M. et M?* Fournier, 
MM. Royer, Méhu, Muller, Malaise, de Bullemont, Baguet, Coomanset Delogne, 

Aprés avoir suivi l'unique rue de la partie supérieure de Rochefort, aprés 
avoir jeté un coup d'ail en passant sur les ruines imposantes de l'ancien château 
du comte de Stolberg, qui fut jadis celui des comtes de la Marck (1), nous nous 
trouvons dans une gorge qui porte le nom de Font-trouvée et que traverse 
la route de Rochefort à Saint-Hubert. A la partie supérieure de cette gorge, 
nous récoltâmes cette curieuse forme du Fragaria collina Ehrh., que Lang 
a appelée F. Hagenbachiana, et l'une des deux formes du Bromus asper. 

Bientôt nous fümes au milieu des champs cultivés et des jachères qui 
s'étendent à droite et à gauche de la route et où notre commissaire nous avait 
promis la récolte de deux espèces très-curieuses : Zromus arduennensis Kunth 
et Filago neglecta DC. En effet, nous trouvàmes en abondance le Bromus 
dans un champ d'Épeautre, où il croit en compagnie des B. velutinus Schrad. 
et B. nitidus Dmrt. Pour nos confrères de France, c'était une haute nouveauté 
que celte belle Graminée, dont l'aire de dispersion est bornée à une petite 
région naturelle de la Belgique. Chacun put reconnaitre que ce Bromus est 
bien distinct de toutes les espèces voisines et que ses caractères sont suffisants 
pour constituer un genre. C'est pour cette espèce que M. Du Mortier créait, 
en 1823, le genre Michelaria (Michelaria bromoidea Dmrt. Obs. sur les 
Gram. de la flore de Belgique, p. 71). Elle a été ensuite successivement 
appelée Libertia par Lejeune et par Roth, Æ'chmophora par Sprengel. 

Dans un champ schisteux en jachère, nous recueillimes en abondance le 
curieux Filago neglecta DC., autre espèce aussi fort intéressante, tant sous 
le rapport de ses caractères morphologiques que sous celui de sa distribution 
géographique. Jusqu'à présent on ne connaît cette espèce, qui paraît bien 


(4) C'est à cette famille qu'appartenait Guillaume de la Marck, le fameux Sanglier des 
Ardennes, qui fit massacrer l'évéque de Liége en 1468, et ne tarda pas à recevoir le 
j uste chátiment de ce crime. 


cx SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


distincte, que sur un petit nombre de points du nord de la France et dans une 
étroite zone de trois à quatre lieues en Belgique. 

Aprés quelques instants de repos, nous nous remettons en route pour nous 
diriger vers Han-sur-Lesse, oü nous devions rejoindre nos amis à quatre 
heures du soir. Nous traversons une plaine cultivée, au midi du hameau de Ha- 
merenne; nous nous engageons dans une gorge profonde et boisée, appelée le 
Fond-Saint- Martin, par laquelle nous débouchons dans la vallée de la Lesse. 

Le sol, aux environs de Han-sur-Lesse, est fort tourmenté : de nom- 
breux ravins, des gorges, des escarpements offrent aux plantes des stations 
extrémement variées. Aussi cette petite région est-elle trés-riche sous le rap- 
port floral et peut-on dire sans exagération que c'est le point de la Belgique 
dont la florule est la plus riche. L'un de nos confrères, M. Crépin, l'a explorée 
avec un soin attentif pendant plus de dix ans. Le résultat de ses recherches 
est publié dans le premier volume du Bulletin de la Société royale de bota- 
nique de Belgique, sous le titre de Coup d'œil sur la florule des environs 
de Han-sur-Lesse. Ce travail important a été reproduit tout récemment, avec 
modifications, sous le nom de Florule des environs de Han-sur-Lesse, à Yin- 
tention de nos hôtes de France, dont chacun a dû en recevoir un exemplaire. 

Mais, afin que MM. les membres de la Société botanique de France qui ne 
possèdent pas l'opuscule en question puissent apprécier le caractère de la végé- 
tation des environs de Han-sur-Lesse, nous allons reproduire ici la liste des 
espéces rares ou peu communes signalées par M. Crépin. | 


Anemone Pulsatilla L. Dentaria bulbifera L. 

— ranunculoides L. Cardamine impatiens L. 
Adonis æstivalis L. — silvatica Link, 
Myosurus minimus L, Turritis glabra L. 
Helleborus fœtidus L. Erysimum orientale R. Br. 
Delphinium Consolida L. Sinapis alba L. 

Aconitum lycoctonum L. Alyssum calycinum L. 
Actæa spicata L. ; Camelina silvestris Wallr. 
Berberis vulgaris L. Thlaspi erraticum Jord. 
Gypsophila muralis L. — neglectum Crép. 
Dianthus prolifer L. — montanum L, 

— Cartusianorum L. Iberis amara L. 
Spergularia segetalis Fevzl. Lotus tenuis Kit. 

Steliaria nemorum L, Astragalus glycyphyllos L. 
Impatiens Noli-tangere L. Trifolium agrarium L, 
Geranium sanguineum L. — montanum L. 

— lucidum L, — ochroleucum L. 
Malva Alcea L. Lathyrus tuberosus L. 
Althæa hirsuta L. - — hirsutus L. 

Polygala comosa Schk. — Nissolia L. 

Monotropa Hypopitys DC. — Aphaca L. 

Hypericum montanum L. Hippocrepis comosa L, 
Papaver Lecoquii Lamotte, Lythrum Hyssopifolia L. 
Corydallis solida Sm, Fragaria collina Ehrh. 
Fumaria Vaillantii Lois. — elatior Ehrh. 
Barbarea intermedia Bor. Rosa spinosissima L. 
Arabis pauciflora Grimm. — coronata Crép. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. 


Rosa sepium Thuill. 

Cotoneaster vulgaris Lindl. 

Malus acerba Mérat. 

Pirus communis L. 

Sorbus torminalis Crantz, 

— Aria Crantz. 

Circæa intermedia Ehrh. 

Myriophyllum alterniflorum DC. 

Bupleurum rotundifolium L. 

— falcatum L, 

Carum Bulbocastanum Koch. 

Libanotis montana All. 

Orlaya grandiflora Hoffm. 

Ribes rubrum L, ; 

Chrysosplenium alternifolium L. 

— oppositifolium L. 

Centunculus minimus L. 

Gentiana Cruciata L. 

— germanica L. 

Lithospermum officinale L. 

Pulmonaria tuberosa Schk. 

Physalis Alkekengi L. 

Atropa Belladonna L. 

Verbascum Lychnitis L. 

Veronica prostrata L. 

Limosella aquatica L. 

Scrofularia alata Gilib. 

Digitalis lutea L. 

Linaria spuria Mill. 

—. arvensis Desf, 

Orobanche Picridis F. Schultz. 

Lathræa Squamaria L. 

Mentha rubra Sm. 

Stachys germanica L. 

— alpina L. 

-— ambigua Sm. 

— annua L. 

—- recta L. 

Brunella alba Pall. 

Ajuga Chamæpitys Schreb. 

Globularia vulgaris L, 

Campanula glomerata L. 

Specularia hybrida A. DC. 

Galium silvaticum L. 

— uliginosum L. 

— tricorne With. 

Dipsacus pilosus L. 

Cirsium oleraceum Scop. 

— lanceolatum var. nemorale (C. nemo- 
rale Rchb.). 

Arctium nemorosum Lej. 

Serratula tinctoria L. 

Artemisia Absinthium L. 

Filago neglecta DC. 

Linosyris vulgaris DC. 

Scorzonera humilis L. 

Podospermum laciniatum DC. 

Lactuca perennis L. 

Crepis paludosa Mœnch. 


CXI 


Hieracium fagicola Jord. 
Polycnemum majus Al. Br. et C, Schimp. 
Rumex scutatus L, 
Polygonum Bistorta L. 
Ulmus pedunculata Foug. 
Poterium muricatum Spach. 
Daphne Mezereum L. 
Euphorbia platyphylla L. 
Quercus pubescens Willd. 
Salix rubra Huds. 

— Seringeana Gaud. 
Ornithogalum umbellatum L. 
— sulfureum R. et S. 
Gagea silvatica Loud, 
Allium sphærocephalum L, 
Phalangium Liliago Schreb. 
Polygonatum officinale All. 
Loroglossum hircinum Rich. 
Orchis ustulata L. 

— purpurea Huds. 

— Simia Lmk. 

— coriophora L. 

— incarnata L, 

Ophrys muscifera Huds. 

— apifera Huds. 

— fuciflora Rchb. 
Gymnađenia viridis Rich. 
Cephalanthera grandiflora Babingt. 
— Xiphophyllum Rchb, f. 
Epipactis atrorubens Hoffm, 
— palustris Crantz. 
Triglochin palustre L, 
Potamogeton pusillus L, 
Carex paniculata L, 

— montana L, 

— tomentosa L, 

— longifolia Host. 

— humilis Leyss. 

— fulva Good. 

— distans L, | 
Heleocharis uniglumis Koch. 
Scirpus compressus Pers. 
Cyperus fuseus L. 

Leersia oryzoides Sw. 
Sesleria cærulea Ard. 
Ventenata triflora F. Schultz. 
Melica nutans L. 

— ciliata L. 

Poa palustris L. 

Bromus arduennensis Kunth. 
Festuca rigida Kunth, 
Elymus europæus L. 
Polypodium Dryopteris L. 
— Robertianum Hoffm. 
Asplenium Adiantum-nigrum L. 
Aspidium lobatum Sw. 

— aculeatum Sw. 
Botrychium Lunaria Sw. 
Ophioglossum vulgatum L. 


CXIH SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Nous n'avons pas besoin d'ajouter que toutes les espéces énumérées ci-des- 
sus n'ont pas été observées durant notre excursion, puisque nous n'avons fait 
que passer rapidement sur quelques points, et que d'autre part la saison était 
déjà trop avancée pour un bon nombre de ces espèces. L'une d'elles a tout 
particulièrement attiré notre attention, c'est le Rosa que M. Crépin désigne 
sous le nom de R. coronata. Cette Rose, comme on le sait, a une distribution 
extrémement curieuse en Europe. 

Après la récolte du R. coronata, trouvé sur l'un des versants d'une immense 
côte appelée dans le pays « Grande Tiennemont » et avec lequel croissait dans 
les buissons la deuxième forme du Bromus asper (1), nous sommes revenus 
sur nos pas pour attendre nos amis à la sortie de la grotte. Ce n'est pas sans 
braver une assez forte insolation que nous avons parcouru des pentes exposées 
au plein soleil. Heureusement de hauts Peupliers d'Italie nous donnérent un 
peu d'abri. Du reste, nous allions bientôt trouver l'ombre et presque une fraî- 
cheur glaciale sous les voütes qui forment la sortie de la grotte de Han. En 
méme temps que nous y arrivions pédestrement, nos confrères en sortaient, 
ou plutót en débarquaient, enchantés de ce qu'ils avaient vu dans la grotte, 
mais un peu mouillés et salis par le limon qui longe le cours souterrain de la 
rivière. 

Enfin on se compte. Nous sommes au complet. Aucun botaniste n’est resté 
en arrière, soit en plein jour, soit dans les flancs de la montagne. Pressés par 
l'aiguillon de la faim et de la soif, nous nous hátons de gagner l'auberge où 
la voiture de Rochefort devait nous prendre. 

Aprés nous être restaurés, ceux d'entre nous qui se sentaient encore le cou- 
rage de faire une excursion en attendant la voiture reprirent leur boite pour 
aller visiter des collines boisées qui se trouvent entre Han et Auffe. Là nous 
revimes un certain nombre des espéces que nous avions déjà recueillies, plus. 
quelques autres qui comptent parmi les meilleures de la florule de Han. 

Vers sept heures nous étions de retour. La voiture était préte. Le signal du 
départ est donné, et nousarrivons à Rochefort juste à temps pour nous mettre 
à table. A minuit, les tables n'étaient pas encore complétement désertées. Le 
plaisir d'étre ensemble, de fraterniser encore une fois avant la clóture de la 
session de la Société royale de Belgique, nous avait fait oublier l'heure. Notre 
diner à Rochefort fut un véritable banquet, où la plus franche cordialité ne 
cessa de rézner, où foule de toasts furent portés. 

M. le bourgmestre de Rochefort avait accepté l'invitation qui lui avait été 
faite par notre président, M. Du Mortier; il s'était joint à nous, et en termes 
chaleureux ila porté un toast aux botanistes qui avaient bien voulu choisir 
les environs de Rochefort pour l'une de leurs excursions scientifiques. 


(1) Voyez Bull. Soc. bot. Fr. t. XX, Revue, p. 191 ; et Crépin Man. fl. Belg. éd. 3, 
p. 924. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1872. CXILL 


RAPPORT DE NE. GERMAIN DE SAINT-PIERRE SUR LA VISITE AU JARDIN 
BOTANIQUE DE LIÉGE, AUX SERRES D'ORCHIDÉES DE M. OSCAR LAMARCHE-DE 
ROSSIUS, A L'ÉTABLISSEMENT HORTICOLE DE MM. JACOB-MAKOY ; ET NOTE SUR LES 
SERRES DE M. ARTHUR WAROCQUÉ AU CHATEAU DE MARIEMONT. 


En arrivant à Liége le 22 juillet, nous sommes accueillis avec une affec- 
tueuse cordialité (ainsi que nous l'avons été à Bruxelles et dans nos autres 
stations en Belgique) par les botanistes les plus distingués de la ville et des 
environs. Nos éminents confréres ont eu l'aimable prévenance de venir nous 
attendre à la gare, et vont ajouter au charme de la réunion scientifique les 
charmes de l'esprit et de l'amitié. 

Plusieurs de nous seront les hôtes du savant professeur M. Édouard Mor- 
ren, digne successeur de son illustre père. M. Oscar Lamarche-de Rossius me 
fait l'honneur de m'offrir une charmante hospitalité. — Une heure plus tard, 
notre cohorte, heureuse et fiérede compter dans ses rangs les gracieuses com- 
pagnes de nos confréres MM. E. Roze et Eug. Fournier, est groupée dans les 
salons de M. O. Lamarche, où nous attendait un lunch élégant, offert avec 
une gràce parfaite par M"* Lamarche-de Rossius, Dans cette halte charmante, 
la chaleur tropicale du jour, qui est combattue avec succés par le champagne 
frappé, et la fatigue causée par la poussière de la route sont en un instant 
oubliées. 

M. Lamarche fait ensuite à la Société les honneurs de ses deux merveil- 
leuses serres d'Orchidées. Nous avons pu visiter en Belgique des serres plus 
vastes, mais nous devons convenir que nulle part nous n'avons eu à admirer 
une collection plus riche en plantes rares ou nouvelles, et dont les représen- 
tants fussent plus habilement disposés et groupés; nulle part une plus grande 
exubérance de force, de fraicheur et de santé. 

Voici la liste des Orchidées qui se trouvaient alors en fleur dans les serres 
de M. Lamarche : 

Anguloa C lowesii ; Cypripedium barbatum (diverses variétés), Stonei, vil- 
losum ; Selenipedium caudatum, Pearcei; Cattleya amethystoglossa et var. 
Keteleerii, Mossiæ, guttata, Harrisoniana; Dendrobium Paxtoni, Pie- 
rardi, chrysotozum, ete.; Odontoglossum Pescatorei, Alexandre, trium- 
phans ; et diverses espèces des genres Vanda, Gongora, Zygopetalum, etc. 

Chacune de ces belles plantes recevait à son tour le tribut de notre admi- 
ration : lune pour sa fleur de forme bizarre ou de dimensions singulières, 
l’autre pour l'élégance et la richesse de son inflorescence, telle autre pour 
son coloris vif ou sombre, telle autre pour sa pénétrante senteur, pour la dé- 
licatesse de son parfum ; — toutes pour leur éclat et pour leur vigueur. 

Parmi les espèces les plus belles, les plus rares et les plus remarquables par 
leur force et leur beau développement, mais uoa fleuries lors de notre visiie, 

T. XX, H 


CXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


nous pouvons, grâce aux notes qui nous ont été obligeamment fournies par 
M. Lamarche, citer les suivantes : Angrecum sesquipedale ; Anguloa Ruc- 
keri (plante magnifique); Cattleya Dowiana, gigas, aurea et autres espèces ; 
Cypripedium Dayanum (var. du C. barbatum), ete.; Dendrobium Falconeri, 
Wardianum, infundibulum, etc.; Masdevallia Lindeni et autres espèces ; 
Odontoglossum coronarium, Hallii, vexillarium (l'individu le plus fort qui 
se trouve en Europe) et autres nombreuses et belles espèces ; Oncidium cucul- 
latum (diverses variétés), macranthum et var. hastiferum; Phalænopsis 
Schilleriana, Barkeri, Lindeniana, ete. ; Saccolabium Blumet, giganteum, 
miniatum; Trichopilia suavis (var. crispo-marginata); Uropedium Lindeni ; 
Vanda Batemanni, cærulea; etc., etc., et nombreuses plantes reçues di- 
rectement et qui n'ont pas encore fleuri. 

A propos de plantes intertropicales, recueillies au hasard, non fleuries, et 
expédiées directement en Europe, je me rappelle d'avoir beaucoup remarqué, 
à Bruxelles, dans les serres de M. Linden, de vastes couches oü croissaient 
pêle-mêle de jeunes plantes de diverses familles. Ces couches sont formées 
d'un terreau végétal que M. Linden fait ramasser à la surface du sol dans les 
forêts vierges. Ce terreau (qui renferme des myriades de graines), convena- 
blement placé dans des serres, se couvre, en peu de temps, sous l'influence de 
la chaleur et de l'humidité, d'une quantité considérable de jeunes plantes, 
parmi lesquelles l'habile horticulteur fait son choix, lorsqu'elles sont suffisam- 
ment développées. Il va sans dire que l'on conserve seulement les plantes dignes 
des honneurs de la culture par l'élégance de leurs fleurs ou de leur feuillage ; 
et que les plantes non décoratives, qui pullulent un peu partout, sont sup - 
primées comme mauvaises herbes. 


Le soir du méme jour nous réunit de nouveau à une séance (1), puis à uri 
banquet cordialement offert aux botanistes francais par leurs honorables et 
savants confréres MM. les botanistes résidant à Liége. 

La matinée du lendemain est spécialement consacrée à la visite du Jardin 
botanique de Liége, dont le savant et aimable directeur, M. Édouard Morren, 
nous fait gracieusement les honneurs, accompagné de M. E. Rodenbourg, 
l'habile et actif jardinier en chef du Jardin. 

Cette visite au Jardin botanique est précédée d'une visite au grand établis- 
sement (serres chaudes et pépiniéres) de MM. Jacob-Makoy, bien connu dans 
le monde horticole. On nous saura gré de donner ici un aperçu de ces impor- 
tantes cultures. 

Cet établissement, fondé en 1810 par M. Lambert Jacob, comprend actuel- 
lement vingt-trois grondes serres, dont l'ensemble couvre une surface de 
10 700 métres carrés. Nous avons visité avec intérét les collections de plantes 


(1) Voyez plus haut, page L. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 4575. CXV 


de serre chaude, de serre tempérée, de serre froide et d'orangerie, et les vastes 
pépinières d'arbres et d'arbustes de pleine terre. 

Parmi les Palmiers les plus remarquables par leur beauté et par leurs dimen- 
sions, citons : plusieurs Zafania borbonica et Corypha australis, des Cero- 
xylon niveum, des Arenga saccharifera, divers Phœnix, Chamwærops, 
Phœnicophorium ; des Pritchardia pacifica; etc. (1). 

Citons aussi de nombreuses Pandanées, Cycadées, Fougères en arbre; d'im- 
portantes collections de Broméliacées, d'Orchidées, de Népenthès, le Dionæa 
muscipula, etc.; enfin, la brillante série des plantes de serres à feuillage mul- 
ticolore, des genres Maranta, Colocasia, Dieffenbachia, Dracena, etc. 


Le JARDIN BOTANIQUE DE LIÉGE, dont nous avons admiré l'heureuse 
situation comme aussi la disposition pittoresque, et dont l'étendue est de cinq 
hectares environ, est devenu le centre de l'un des quartiers les plus élégants 
de la ville; il fut créé dans des terrains, alors vagues et de peu de valeur, dont 
l'acquisition fut obtenue de la ville par Charles Morren, vers 1840. 

Sous l'habile direction de l'éminent naturaliste, les plantations furent 
établies, et la construction des grandes serres fut immédiatement commencée ; 
ce magnifique palais de cristal devait, dans le projet, être terminé en cinq 
années. — Dix-huit ans plus tard, et malgré les efforts intelligents de 
Charles Morren, le plan adopté pour l'ensemble des serres n'était qu'en 
partie exécuté; et M. Édouard Morren , le savant et actif successeur de son 
pere, est aujourd'hui en instance auprés du gouvernement et de l'administratiou 
locale, afin d'obtenir l'allocation des sommes nécessaires à l'achevement si 
désirable de cette importante- création. Les botanistes francais joignent leurs 
veux aux veux des botanistes belges, pour que dans un prochain avenir les 
travaux de construction soient repris avec activité, et que le plan remarquable 
des serres du Jardin botanique de Liége soit, dans toutes ses parties, complé- 
tement et heureusement réalisé. 

« Ces plans sont irréprochables : s'ils avaient recu leur entière exécution, 
» le Jardin botanique de Liége pourrait être cité comme un modèle à imiter. 
» L'aile centrale de l'édifice et la rotonde de droite sout seules terminées; 
» ainsi que la serre placée en arrière. La partie construite des serres se com- 
» pose : d'un grand pavillon pour les Palmiers, d'une serre chaude, d'une 


(4) Un des Palmiers dont l'abondante multiplication serait avantageuse pour l'horti- 
culture, en méme temps que désirable pour l'embellissement de nos serres tempérées, 
l'élégant Jubæa spectabilis, qui réussit parfaitement en pleine terre à Hyeres, et peut 
supporter, mieux encore que le Dattier, sans en éprouver d'atteinte, une température de 
plusieurs degrés au-dessous de zéro, ne nous semble pas occuper en général, dans les 
établissements horticoles, une place en rapport avec l'importance que ce bel arbre au 
feuillage d'un vert brillant parait étre appelé à prendre dans la décoration d'été de nos 
squares et dans la composition de nos jardins d'hiver, auprés des Dattiers, des Bana- 
niers, des Cycadées et des Fougères arborescentes. 


CXVL SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


» serre froide, d’une petite orangerie, d’une serre pour les plantes grasses, 
» d'une serre pour les Orchidées. — Les collections les plus importantes sot 
» celles des Palmiers, des Broméliacées, des Fougéres, des Aroidées, etc. — 
» M. Éd. Morren, convaincu de l'impossibilité, pour les jardins botaniques 
» qui n'ont pas l'importance de ceux de Kew, de Paris, de Berlin, de Vienne 
» et de Saint-Pétersbourg, de réunir une collection complète de végétaux 
» cultivés, estime qu'uu jardin tel que celui de Liége ne peut se distinguer 
» que par l'une ou l'autre spécialité; c'est dans cette pensée qu'il s'efforce, 
» par exemple, de rendre sa collection de Broméliacées la plus complète de 
» l'Europe (1). » 

Les Palmiers (soixante-treize espéces) du Jardin botanique de Liége ont, 
avec la collection des Broinéliacées, le plus spécialement fixé notre atten- 
tion. Citons, pour leur beau développement et leurs grandes dimensions : 

Un Zatania borbonica, dont le stipe atteint 7 mètres de hauteur et 1",80 
de circonférence à sa base; la cime est de 6 à 7 mètres de diamètre; il était 
chargé de quatre régimes qui ont fourni 2500 fruits parfaitement mûrs. 

Un Caryota urens, de 102,50 de hauteur, et portant, à l'aisselle des feuilles, 
trois inflorescences en chapelet, de 2 mètres de longueur (le sexe mâle manque 
malheureusement, pour rendre fécondes les fleurs femelles). 

Deux C'hamc«ærops humilis centenaires, de 4 mètres de hauteur; ce sont 
des individus mâles et polygames fournissant quelques fruits. 

Un Cocotier de Fernambouc, dont la hauteur générale est de plus de 
16 mètres. 

Un Chamwædorea scandens, qui élance sa tige grêle et flexueuse jusque dans 
les cintres de la rotonde et fleurit chaque année. 

Enfin, un Corypha umbraculifera, de 9 à 10 mètres de hauteur. 

Parmi les Palmiers plus jeunes et de moindres dimensions, citons : As/ro- 
caryum Ayri (fleuri), Chamærops stauracantha, Rhapis flabelliformis 
(fleuri); puis une touffe de Martinezia Lindeni, Sabal minor, Thrinax stel- 
lata, Wallichia et Chamædorea, diverses espèces (en fleurs ou en fruits), etc. 

Nous avons remarqué, dans cette méme rotonde, deux Cereus peru- 
vianus de 15 à 16 mètres de haut (les plus grands probablement des serres 
d'Europe), ayant l'un treize, l'autre dix-sept longues ramifications. 

De nombreuses et belles Aroidées vivent simplement suspendues à 6 ou 
7 métres au-dessus du sol, et se chargent chaque année de nombreux spa- 
dices. Tels sont : Philodendron pinnatifidum, Ph. giganteum, ctc.; le PA. 
grandiflorum forme une touffe de plus de 3 mètres de diamètre. Nous avons 
noté, dans la méme serre, deux Dracæna fragrans de 8 mètres de hauteur et 
qui fleurissent chaque année. 

Les Cycadées dont les dimensions sont des plus remarquables (sans être 


(4) Notice sur le Jardin botanique de Liége, par M. Alpi, Le Roy. Liége, 1869, 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CXVIT 


exceptionnelles), sont : Dioon (1) edule, Cycas circinalis, Ceratozamia 
mexicana et Miqueliana. 

Enfin, parmi les plus élégantes Fougères : des Balantium antarcticum, des 
Alsophila australis dont le stipe est d'environ 3 mètres de hauteur, un Todea 
rivuloris, etc. 

Les végétaux exotiques célèbres pour leurs propriétés officinales sont à peu 
prés ceux qui se trouvent dans les autres jardins botaniques : Quinquinas, 
Caféier, Aloès-Succotrin, Camphrier, Thea, Simaruba, Gubèbe, etc. — Le 
Vanillier occupe une très-grande surface et fructifie chaque année. 

La collection unique de Broméliacées, dont nous avons déjà parlé, com- 
prend actuellement 240 espèces, et réunit, sans exception et dans un ordre 
parfait, foutes les plantes de ce groupe cultivées dans les serres d'Europe. 
M. Éd. Morren, qui ne néglige aucune occasion de l'enrichir, en a publié 
un catalogue qui éclaire beaucoup de points, jusque-là restés obscurs, de la 
classification de ce groupe magnifique. 

« Tout le monde remarque ici, m'a dit M. E. Rodenbourg, que mes plantes 
» ont force et vigueur; ce fait tient au mode de culture que j'emploie: je les 
» traite par les engrais les plus accentués (guano; suie, etc. ); ces engrais, lon- 
» guement dissous dans les eaux d'arrosement, sont abondamment distribués 
» et fréquemment renouvelés. C'est un préjugé contre lequel je lutte, depuis 
» vingt-deux ans que les cultures du Jardin botanique de Liége me sont 
» confiées, qu'il faille, pour obtenir une riche floraison et uné parfaite fruc- 
» lification, réduire les plantes, par un système d'appauvrissement, soit à 
» Ja chlorose, soit à tout autre état maladif analogue. Loin qu'il soit à propos 
» de les soumettre à un régime débilitant, il est avantageux au contraire de 
» leur fournir des aliments substantiels et abondants. » 

Les résultats incontestables obtenus par ce système de culture inten- 
sive sont bien dignes de fixer l'attention. Rappelons cependant que des fu- 
mures trés-abondantes ont souvent pour résultat l'exubérance des organes de 
la végétation, aux dépens des organes de la fructification ; et que, d'autre part, 
des arbres à la veille de périr d'épuisement se couvrent quelquefois d'une 
abondante récolte de fruits (de maigres fruits, il est vraj), comme si la nature 
tentait alors, par un supréme effort, de remplacer l'individu mourant par une 
génération nouvelle, Un mode de culture appauvrissant ne serait d'ailleurs 
presque jamais acceptable pour les espéces rares et précieuses cultivées 
dans les serres; tandis que le régime fortifiant et substantiel adopté par 
M. Rodenbourg, et dont nous avons constaté les bons effets, maintient les 


(1) Dioon !, qui signifie portant deux graines oviformes, et non Dion, qui n'aurait 
aucun sens, mais comme on l'a souvent écrit par suite d'une erreur de Lindley, relevée 
par Walpers (Ann. Bot. syst. III, 453) qui, avec une singulière abnégation, se l’attribue 


lui-même, 


CXVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


plantes en pleine vigueur, sans nuire, entre ses mains, à l'abondance de la 
floraison et de la fructification (1). 


Je m'en voudrais de clore ce rapport sans mentionner l'une des merveilles 
horticoles de la Belgique, que nos confrères n'ont peut-être pas eu, ainsi que 

oi, l'heureuse occasion de visiter. Je veux parler du Jardin d'hiver et des 
serres à cultures forcées, qui embellissent la parc splendide de M. Arthur 
Warocqué, à Mariemont prés Mons. 

Il m'avait semblé que les serres magnifiques, et d'une si grande richesse, du 
Jardin botanique de Bruxelles, les innombrables serres chaudes de l'illustre 
Linden (tant à Bruxelles qu'à Gand), les serres de MM. Van Houtte à Gand, 
les serres du Jardin botanique de Liége, celles de M. O. Lamarche-de Rossius, 
de MM. Jacob-Makoy, etc., résumaient la richesse horticole de la Belgique. 

Les serres du cháteau de Mariemont me réservaient des surprises nouvelles. 
Le Jardiu d'hiver de M. Arthur Warocqué est un groupe emprunté à une 
forét vierge des tropiques, et transporté sur le plateau boisé de Mariemont 
comme par la puissance d'une baguette magique. 

Nulle part nous n'avons trouvé réunis des Palmiers rares, des Cycadées et des 
Fougères arborescentes d'aussi grandes dimensions et d'une si puissante végéta- 
tion. Les serres à cultures’forcées sont des modèles à étudier; deux mille Ana- 
nas des plus belles variétés y mürissent successivement et sans cesse leurs 
fruits dorés, pendant les diverses saisons de l'année. Les serres destinées 
à la culture forcée de la Vigne et celles réservées aux Péchers occupent 
plusieurs centaines de métres en longueur; les cordons de Vignes et les 


(1) Raffeneau-Delile, alors professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, a publié 
en 1838 une Notice (devenue rare aujourd'hui et insérée dans le Bulletin de la Société 
dt de l'Hérault) sur un voyage horticole et botanique en Belgique et en Hol- 
ande. 

Malgré la faiblesse du style, cette Notice renferme de nombreuses et intéressantes 
remarques sur les jardins botaniques et établissements horticoles de la Belgique et de la 
Hollande, dont la célébrité était déjà trés- méritée, mais qui n'avaient pas cependant alors 
acquis l'importance considérable qu'ils ont aujourd'hui. L'auteur parcourt successivement 
les Jardins d'Ostende, Gand, Bruxelles, Anvers, Louvain, Namur, Liége, Amsterdam, 
Harlem, Leyde, la Haye et Rotterdam. 

Raffeneau-Delile consacre plusieurs pages à des notes sur le Jardin botanique de Liége, 
dont Ch. Morren était déjà directeur ; l'auteur mentionne particulièrement « un pied de 
Vanille planté depuis quinze ans alors, garnissant le fond de la serre, et portant plus de 
eent fruits ». Aucune serre d'Europe "n'en offrait à cette époque de semblable. — « La 
ville de Liége, dit Raffeneau-Delile, a voté cette année (1838) 300 000 francs pour Péta- 
blissement d'un nouveau Jardin botanique; elle a acheté pour 8000 francs de plantes ; 
le Roi a fait cadeau au jardin d'une machine à feu de 8000 à 10000 francs, pour rendre 
la distribution des eaux aussi parfaite et abondante que possible. » 

Au Jardin botanique de Bruxelles, dirigé alors par l'habile et zélé M. Van Houtte, l'au- 
teur admire « les feuilles géantes des grands Palmiers : un Elate (Phœnix) silvestris et un 
Caryota urens dont le tronc est d'un mètre et demi de circonférence ; un magnifique 
Caryota Wallichii payé 1600 francs, et une collection de quinze espèces de Palmiers, 
acquise au prix de 45 000 francs de feu M. Parmentier, d'Enghien (Belgique) ». 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CXIX 


espaliers y présentent une disposition particulière et très-digne d’être si- 
gnalée : au lieu de s'étendre sur la muraille du fond, les branches reposent 
sur des supports disposés parallélement au vitrage incliné de la serre, et re- 
coivent par conséquent la lumière la plus vive au grand profit de la matu- 
ration et de la qualité des fruits. 

La division de ces serres en compartiments nombreux permet de forcer les 
arbres les uns aprés les autres et de récolter les plus belles péches et le meil- 
leur raisin pendant tout le cours de l'année. 


NOTE DE Mi. Eug. FOURNIER SUR LES COLLECTIONS DE M, ÉD. MORREN. 


Nous avions admiré au Jardin botanique de Liége la plus riche collection 
de Broméliacées vivantes qui soit au monde ; il nous était réservé de trouver 
ensuite chez M. Morren le complément nécessaire de cette collection. M. Morren 
a fait peindre sous ses yeux toutes les Broméliacées qui ont fleuri au Jardin 
ou qui lui ont été communiquées : il possède ainsi une série de prés de 
300 aquarelles, la plupart encore inédites, et accompagnées des analyses 
morphologiques. Son herbier de Broméliacées est le plus nombreux qu'on 
puisse rencontrer, augmenté momentanément par des préts dus à la libéralité 
de plusieurs établissements scientifiques de l'Europe, et complété par une rare 
et précieuse collection des fruits et des graines de cette intéressante famille, 
Nous avons constaté de visu que les matériaux ne manquent à M. Morren, 
pour ses travaux de prédilection, ni dans son herbier, ni dans sa bibliothéque. 

Le mot bibliothèque a un double sens en français. ll désigne à la fois le 
contenant et le contenu, l'appartement et les livres. Le contenant, chez 
M. Morren, éclipserait le contenu pour les veux d'un profane. Ce vaste salon, 
garni jusqu'au plafond de rayons de livres, orné de panoplies et d'œuvres 
d'art, décoré de bustes et de portraits de grands naturalistes, et d'où l'on 
aperçoit par de larges fenêtres la ceinture de collines qui entoure la ville de 
Liége et le confluent de l'Ourthe avec un des bras de la Meuse, présente une 
installation digne du contenu. Déjà Ch. Morren avait formé un bon noyau 
d'ouvrages nécessaires à l'étade de notre science. Son fils l'a quadruplé, et 
il a réuni aujourd'hui, à portée de son bureau de travail, 9000 à 10 000 vo- 
lumes ou brochures. Cette bibliothèque de botanique est la plus belle que 
nous ayons visitée en Belgique, et nous regrettous de n'avoir pas eu le temps 
de l'examiner en détail; cependant nous avons eu le plaisir d'y voir une 
grande collection des auteurs de la Renaissance, la série complète des œuvres 
de Dodoëns, de Clusius et de De l'Obel, des Hortus sanitatis, le Grand her- 
bier en francois, et plusieurs incunables de la botanique, notamment les petits 
livres si rares de Remacle Fusch, le plus ancien auteur belge qui ait écrit sur 
la botanique. De vénérables autographes augmentent l'intérét qui s'attache 
à quelques ouvrages : la signature de Linné sur un Hortus Agerumensis de 


CXX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Ferber (Stockholm, 1733), un exemplaire du Systema ;Vature que 
J.-J. Rousseau portait sous le bras lorsqu'il herborisait dans l'ile de Saint 
Pierre en Suisse, des lettres de Ch. de l'Écluse et de beaucoup d'autres bota- 
nistes. La correspondance scientifique de Charles Morren est soigneusement 
réunie, de méme que les manuscrits qu'il a laissés. 

Nous pouvons signaler aussi une collection complète de tout ce qui a été 
publié sur la flore belge. 

Mais le cóté le plus remarquable de la belle bibliotheque de M. Morren est 
l'alliance de la botanique et de l'horticulture, alliance féconde qui a produit 
en Belgique tant de publications importantes, dont l'une, la Belgique hor- 
ticole, sort du cabinet méme dont nous admirions la richesse. Tous les 
grands ouvrages d'iconographie végétale et de botanique horticole étaient là 


sous nos yeux en séries complètes. Il peut être intéressant d'en énumérer les 
principaux : ° 


ANGLETERRE. — Botanical Magazine (Hooker, etc.). — Botanical Register (Lindley). 


— Botanical Repository (Andrews). — Exotic Flora (Hooker). — Transactions of the 
hort. Soc. of London (Lindley, etc.). — Magazine of Botany (Paxton, Lindley). — Bo- 
tanical Cabinet, — Gardeners’ Chronicle (Lindley, Masters). — Gardeners’ Magazine. 
— The Garden, — Floral Magazine, — Floricultural Cabinet. — Refugium botanicum 
(Baker). — Annals of Horticulture. — Journal of Horticulture. — Cottage Gardener. — 
Florist and Fruitish. — Florist Journal. — Dendrologia britannica (Watson). — Pine- 
tum (Lawson). — Select Orchidaceous plants (Warner). — Flower Garden (Paxton). 
— Florist and Pomologist. — Orchids (Jenning), ete. 

FRANCE. — Herbier général de l'amateur (Loiseleur-Deslongchamps). — Herbier de 
lamateur. — Nouvel Herbier de l'amateur (Ch. Lemaire) — La Revue horticole 


(Decaisne, Carrière, etc.). — L'Horticulteur nniversel (Ch. Lemaire). — Le Portefeuille 
de l'Horticulteur (Brongniart, Morel, etc.). — L'Horticulteur français. — Journal de 
la Soc. d'hort. de France. — Annales de Fromont. — Annales de Flore et de Pomone.— 
Bulletin du Cercle général d'horticulture, — Revue de l'horticulture (Barral). — 
Annales de la Soc. d’hort. de Paris, de la Haute-Garonne, etc. 


ALLEMAGNE. — Gartenzeitung (Sprengel). — Allgemeines teutsch. Garten Magazin. — 
Allgemeine Gartenzeitung (Otto und Dietrich). — Verhandl. d. Vereins z. Beförderung d. 


Gartenbaues in den K. preuss. Staaten. — Hamburger Garten- und Blumenzeitung 
(Ed. Otto). — Der Gartenfreund. — Wochenschrift für Gärtnerei (C. Koch). — Icono- 
graphia botanica (Reichenbach). — Hortus botanicus (ejusd.). — Xenia Orchidacea 


(Reichenbach f.), etc. 
Russie. — Gartenflora (Ed. v. Regel). 


Pays-Bas, — Flora (H. Witte). — Flore des Jardins des Pays-Bas (de Vriese). — 
Ann. de la Soc. roy. pour l'encouragement de l'hort. dans les Pays-Bas. — Maandschrift 
voor Tuinbouw. — Tuinbouw Flora. — Neerland's Plantentuin. 


ITALIE, — I Giardini, 
PORTUGAL. — Jornal de Horticultura pratica, 
ÉTATS-UNIS. — Tilton’s Journal of Horticulture, — Gardener's monthly Magazine, : 


BELGIQUE. — Le Magasin d'horticulture (R. Courtois). — Annales des sciences phy- 
siques (Drapiez et Van Mons). — L'Horticulteur belge (Ch. Morren, L. Van Houtte, 
Scheidweiler, elc.). — Journal d'horticulture pratique (Scheidweiler, Ysabeau, Galeotti 
et Funck). — Annales de Gand (Ch. Morren). — Le Jardinier fleuriste (Ch. Lemaire). 
— La Flore des serres (L. Van Houtte, etc.). — L'Illustration horticole (Ch. Lemaire, 
Ed. André). — La Belgique horticole (Ch. et Ed. Morren), etc. 


SESSION EXTRAORDINAIRE EN BELGIQUE, JUILLET 1873. CXXI 


Cette collection est peut-être unique; elle contient les Bulletins de toutes 
les Sociétés d'horticulture depuis le commencement de ce siècle, et com- 
prend jusqu'à tous les /ndex seminum qui ont été publiés par les Jardins 
botaniques. 

La série des journaux de botanique et des aunales des Sociétés de bota- 
nique est également complète, ainsi que les grands ouvrages de botanique 
descriptive. Flore indigène et exotique, morphologie et physiologie, phanéro- 
gamie et cryptogamie, on peut aborder tous les sujets chez M. Morren. 

Un catalogue méthodique de cette bibliothèque remarquable a été dressé 
par les soins de M. André Devos, actuellement conservateur des collections 
botaniques de l'Université de Liége. Travailleur infatigable, M. Devos a 
même dressé un répertoire complet, où l’on peut trouver instantanément, 
comme dans un dictionnaire, l'indication bibliographique de toutes les des- 
criptions et de toutes les planches qui se trouvent dans les publications pério- 
diques, dans les recueils académiques, dans les Bulletins des Sociétés savantes, 
et enfin dans toutes les brochures que posséde M. Morren; ce volumineux 
manuscrit est intitulé: /ndez universalis. 

Deux dépendances du cabinet de travail de M. Morren sont à la disposition 
des jeunes disciples, qui peuvent y travailler sous les yeux du professeur : elles 
contiennent, l'une les herbiers, l'autre les microscopes et les appareils de 
laboratoire. Une petite serre chaude où sont des joyaux rares, et un jardin 
dans lequel nous avons remarqué la végétation calaminaire de Moresnet, 
complétent cette installation dont la science semble étre le seul objectif, et 
qu'envieraient la plupart de nos Facultés de province. 


APPENDICE 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA, par M. François LEBRUN, professeur à l'École 
moyenne de l'État, membre de la Société royale de botanique de Belgique. 


À Messieurs les Membres de la Société botanique de France, 


En mémoire de leur excursion à Spa, 23 juillet 1873. 


I 


Les rapports intimes qui existent entre la constitution géologique d'un pays 
et sa végétation sont aujourd'hui considérés, dans le domaine de la science, 
comme un fait indiscutable. Tracer les divisions géologiques d'une contrée, 
c'est délimiter les bornes naturelles de ses différentes zones botaniques, c'est 
déterminer l'aire de dispersion de ses espèces végétales; car toutes les autres 
causes de dispersion, telles que l’action des eaux et de l'atmosphère; l'in- 
fluence des hommes et des animaux, ne fixent pasle domicile définitif d'une 
espèce dans une localité. Témoin la disparition de certaines plantes adventices 
autrefois observées en Belgique, et auxquelles — par parenthése — quelques 
auteurs accordent encore un peu trop généreusement l'hospitalité dans leurs 
catalogues des plantes indigenes. 

L'étude de la botanique n'est réellement intéressante qu'autant qu'elle est 
étroitement liée à quelques notions géologiques qui suffisent pour saisir les 
traits caractéristiques des régions naturelles du sol. 

Le botaniste doit savoir d'avance que s'il veut explorer des escarpements 
calcaires, il trouvera une végétation variée; que si ses recherches se dirigent 
vers une bande quartzeuse, il rencontrera une végétation puissante; que s'il se 
trouve en présence d'étages schisteux, les productions végétales ne lui offriront 
généralement que des spécimens rabougris, etc. 

A cette connaissance méthodique des rapports constants entre la flore d'un 
pays et sa constitution géologique, doit s'ajouter l'examen attentif des centres 
primitifs de dispersion, du régime des eaux, de la température, de l'altitude 
et de l'inclinaison du terrain, etc. 

Ce sont là des considérations qui seraient peut-étre inopportunes si elles 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CX XIII 


ne militaient pas en faveur de la géographie botanique, dont l'étude est généra- 
lement négligée — du moins dans notre pays — parla plupart des débutants. 

Il reste encore au botaniste géographe un vaste champ d'étude à parcourir, 
s’il veut arriver à saisir la coordination admirable qui existe entre la végéta- 
Lion des différentes zones d'une contrée, ou si, poussant plus loin ses investi- 
gations, il s'applique à observer les analogies et les contrastes d'une flore avec 
celles des pays voisins. Cette tàche est difficile, impossible méme, sans le 
secours des observateurs qui habitent les différentes divisions géographico- 
botaniques. Un semblable travail, pour répondre aux besoins de la science, ne 
pourrait étre que le résultat d'une foule de recherches particuliéres, habi- 
lement dirigées et sérieusement présentées. 

Le nombre des personnes qui se livrent aujourd'hui à l’étude des plantes 
est relativement grand. L'histoire des végétaux trouve des amateurs dans toutes 
les parties du pays. Si chacun de ces fervents botanistes s'appliquait à tracer 
dans tous ses détails la carte géographico- botanique du canton qu'il a exploré, 
il suffirait de coordonner tous ces petits travaux particuliers pour former une 
carte générale. Ce travail descriptif pourrait s'étendre aux contrées voisines, et 
relier ainsi les différentes zones naturelles sans se soucier des limites fictives 
imposées par les combinaisons politiques. 

En 1811, Lejeune (de veia reconnaissait déjà toute l'importance de ce 
genre d'étude : 

« Il sera sans doute étonnant, dit-il dans sa Flore du département de 
» l'Ourthe, de rencontrer, à l'extrémité la plus septentrionale de la France, 
» des plantes qu'on ne devrait trouver à la rigueur que dans des climats plus 
» méridionaux; mais que l'on fasse attention à la grande diversité dans la 
» nature de ses terres, au nombre des rivieres qui l'arrosent, à l'exposition de 
» ses collines, à l'élévation des fagnes ou des hauts marais, et l'on ne sera plus 
» surpris de rencontrer des plantes du nord aussi rapprochées de celles du 
» midi, de méme que des plantes alpines et des plantes subalpines. » 

Ces quelques courtes réflexions n'apprennent rien de nouveau aux botanistes 
instruits à qui notre travail s'adresse, mais elles justifient la présence de la 
carte jointe à cette Florule, et c'est là, du reste, leur unique but. 


II 


Il suffit de jeter un coup d'eeil sur cette carte pour apprécier, d'une facon 
générale, les richesses végétales de la flore spadoise, 

Placé pour ainsi dire au point d'intersection de plusieurs étages appartenant 
à diverses couches géologiques, Spa présente, sous le rapport botanique, une 
situation exceptionnelle, Sa végétation possède des représentants des différentes 


flores locales de la Belgique wallonne. 
Situés à l'extrémité septentrionale de l'Ardenne belge, les environs de Spa 


CXXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


participent d'abord des productions botaniques de ce vaste plateau, qui vient 
terminer, par ses petits escarpements, la créte montagneuse des étages juras- 
siques. L'Ardenne est déchirée par une multitude de vallées et de gorges très- 
profondes. Elle est couverte d’immenses forêts et de vastes landes nommées 
hautes fanges (1) (de veenen, nom donné aux terrains tourbeux daus les 
langues germaniques). Son altitude moyenne est de 500 à 600 mètres, t 
sa température moyenne est de + 8 degrés. 

Les environs de Spa appartiennent, au midi, à cette vaste étendue de schiste 
grisâtre, offrant de grandes portions quartzeuses et siliceuses, et que la géologie 
appelle terrain silurien. Les productions végétales particulières à cette divi- 
sion géologique sont presque exclusivement : 


Ranuneulus platanifolius. 
Stellaria nemorum. 
Geranium silvaticum. 
Agrimonia odorata. 
Circæa intermedia. 
Meum athamanticum. 
Trientalis europæa. 
Digitalis grandiflora. 
Vaccinium uliginosum. 


Sambucus racemosa. 
Centaurea montana. 
Arnica montana. 
Polygonatum verticillatum. 
Festuca silvatica. 
Polypodium Phegopteris. 
Equisetum silvaticum. 
Ett., etc. 


La large bande de terrain devonien qui s'étend à l'ouest de Spa offre sur 
ses calcschistes une végétation toute différente. C'est là que l'on trouve : 


Helianthemum vulgare. 
Asclepias Vincetoxicum. 
Digitalis lutea. 

Rosa spinosissima. 
Viburnum Lantana. 
Lactuca perennis. 
Rumex scutatus. 
Phalangium Liliago. 


Polygonatum vulgare., 
Ophrys apifera. 
Neottia Nidus-avis. 
Galium silvaticum. 
Tanacetum vulgare. 
Senecio spathulæfolius 
Etc,, etc. 


Et sur les filons calam?bnaires d'Oneux : 


Thlaspi calaminare. 
Viola calaminaris. 
Genista sagittalis, 
Alsine verna. 


Silene nutans 
Phelipæa purpurea 
Etc., etc. 


Dans les vastes dépôts de errain tourbeuz, on distingue surtout : 


Stellaria glauca. 
Drosera rotundifolia, 
Parnassia palustris. 
Comarum palustre. 
Epilobium obscurum. 
Hydrocotyle vulgaris. 
Trientalis europea. 


Menianthes trifoliata. 
Gentiana Pneumonanthe. 
Pedicularis palustris, 
Vaccinium uliginosum. 
—  Oxycoecos. 
Wahlenbergia hederacea . 
Galium uliginosum. 


(1) Voyez, sur l'étymologie de ce mot, une note intéressante de M. Eug. Fournier 
placée à la suite de notre Florule, p. cxLvn. 


Narthecium ossifragum. 
Carex canescens. 

— leucoglochin. 
Scirpus cæspitosus. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA, CXXV 


Eriophorum vaginatum. 
Osmunda regalis. 
Lycopodium Selago. 


| Etc., etc. 


Contrairement à ce que l'on pourrait s'imaginer assez gratuitement, les 


filets d'eaux minérales et les flaques stagnantes des marais ferrugineux sont 
excessivement pauvres en productions végétales. C'est à peine si quelques 
chétives espèces persistent dans cette vase rougeâtre, qui éloigne jusqu'aux mol- 
lusques les plus imparfaits. 

Le lambeau de terrain crétacé qui se trouve entre Spa et Francorchamps 
nourrit peut-étre de préférence : 


Antennaria dioica. 
Galium saxatile. 
Vaccinium Vitis-idæa. 
Orchis maculata. 


Eriophorum latifolium. 
Carex pulicaris. 
Juncus squarrosus. 
Lycopodium clavatum. 


Quant à l'éfage devonien supérieur, les productions végétales différent 
essentiellement de celles des zones précédentes. Ici se montre toute la richesse 
des plantes calcicoles : 


Saponaria officinalis. Orobanche Rapum. 
Geranium rotundifolium. Carex maxima. 
Reseda Luteola. Luzula multiflora, 
Cuscuta major. Verbena officinalis. 
Teucrium Botrys. Nepeta Cataria. 
Senecio viscosus. Ceterach officinarum. 
Artemisia campestris. Cichorium Intybus, 
Sempervivum Funckii. Nasturtium palustre, 
Lychnis Viscaria. Origanum vulgare. 
Dianthus prolifer. Solanum Dulcamara. 
Gymnadenia conopea, Dipsacus silvestris. 
Platanthera bifolia. Etc., etc. 


L'herborisation la plus intéressante que l'on puisse faire aux environs de Spa 
serait celle qui aurait pour objet d'explorer le plateau de la Baraque-Michel 
(point culminant de la Belgique : env. 700 métres d'altitude), et de descendre 
ensuite vers Malmédy ou Stavelot (voyez la carte). C'est là que s'étalent toutes 
les richesses de la nature primitive, car ce pays presque sauvage, où l'on peut 
marcher des heures sans rencontrer d'habitation, n'a point encore été soumis 
à la culture. C'est à peine si quelques paysans vont chercher dans ses vastes 
tourbiéres un peu de mauvais combustible pour se chauffer en hiver. 

Là on récolterait en abondance : 

Luzula multiflota. 
Centaurea nigra. 
Crepis paludosa. 


Gymnadenia conoped, 
— viridis, 


Viola palustris. 

Drosera rotundifolia. 
Hydrocotyle vulgaris. 
Andromeda polifolia. 
Gentiana Pneumonanthe. 
Juncus supinus, 


CXXVI SOGIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


En avancant vers Malmédy : 


Sesleria caerulea. Gymnadenia albida. 
Calamagrostis arundinacea. Thesium pratense. 
Festuca silvatica. Botrychium Lunaria. 
Geranium pyrenaicum (rare). Pulmonaria tuberosa. 
Impatiens Noli-tangere. Lycopodium complanatum. 
Aconitum lycoctonum. — Selago. 

Neottia ovata. Etc., ete. 

Circæa intermedia. 


Et en se portant vers Stavelot : 


Trientalis europæa. Nasturtium silvestre. 
Epilobium palustre. Lycopodium inundatum, 
Arnica montana. Carex binervis. 

Rosa pomifera. Wahlenbergia hederacea, 
Carduus acanthoides. i Etc. , etc. 


Os. I. — A la dernière exposition florale de Spa, en juin dernier, j'ai 
exposé la plupart (environ cinq cents) des plantes comprises dans ce catalogue, 
toutes fraîches, remises en pot et parfaitement reprises. 

La ville de Spa, toujours très-jalouse de procurer aux étrangers qui la visi- 
tent les distractions les plus variées, et, d'autre part, ne négligeant rien pour 
développer chez les jeunes gens le goût de l'étude, vient de créer dans une 
magnifique propriété communale un Jardin botanique. Cette nouvelle insti- 
tution, dont les autorités locales ont bien voulu me charger, a pour but de 
rassembler en familles naturelles toutes les plantes indigènes qui croissent 
dans le rayon de cette florule. Une année d'essai a suffi pour démontrer la 
possibilité d'une telle entreprise, car une végétation luxuriante orne déjà (sep- 
tembre 1874), de centaines d'espéces, les plates-bandes et les massifs du 
nouveau jardin. Le botaniste pourra donc bientót y passer en revue, étudier, 
comparer, envisager dans leur ensemble les spécimens vivants de la flore spa- 
doise, et ce n'est certes pas là le seul avantage d'une semblable institution , 
que l'on voudrait rencontrer dans toutes les localités de quelque importance. 

Ons. II. — Je crois inutile de citer les espèces vulgaires qui s'observent 
partout. 


Oss. III. — Le signe * indique que l'espéce est douteuse quant à Pindi- 
génat. 


DICOTYLÉDONÉES. 


Renoneulacées (1). 


Clematis Vitalba L. — Bois, haies. Spa, Theux, etc. A. C. 


Se trouve, en Ardenne, à des niveaux peu élevés : entre 180 et 350 mètres d'alti- 
tude (Crépin). 


(1) Nous rangeons les familles d'aprés l'ordre adopté, dans son Manuel de la Flore de 
Belgique, par M. Fr. Crépin, qui a lui-méme suivi à trés-peu prés celui de la Flore des 
environs de Paris, de MM. Cosson et G. de Saint-Pierre. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA, CXXVII 


Thalictrum flavum L. —. Prairies des bords de la Vesdre. R. 
Anemone Hepatica L. — Haies. Terrain calcaire entre Pépinster et Chaud- 
fontaine. R. 
— silvestris L. — Vers Chaudfontaine. R. 
Myosurus * minimus L. — Fait défaut dans la région qui nous occupe. 
Ranunculus hederaceus L. — Mares. A. C. 
— divaricatus Schrk. — Amblève. A. C. 
— aquatilis L. — Amblève. A. C. 
—  platanifolius L. — Theux, Goé. A. R. 
— bulbosus L. — Terrains argileux. C. 
Eranthis * hiemalis Salisb. — Observéà Jalhay, où il me paraît aujourd’hui 
introuvable. R. 
En dehors de ce rayon, les nombreuses habitations de cette plante prouvent qu'elle 
a des dispositions à se naturaliser dans certaines zones de notre pays. 
Helleborus fæœtidus L. — Lieux pierreux. La Reid, Remouchamps, etc. A. R. 
— viridis L. — Calcaire de Remouchamps. R. 
Aquilegia vulgaris L. — Spa, Sart, etc. A. R. 
Aconitum lycoctonum L. — Vallée de l'Ambléve. R. 


La flore de Spa n'est pas riche en Renonculacées. 
Berbéridées. 
Berberis vulgaris L. — Haies. Theux, etc. A. R. 


Caryophyllées. 


Dianthus prolifer L. — Calcaire. Aywaille. A. R. 
— Cartusianorum L, — Calcschiste de Sart, Solwaster, etc. a. R, 


Saponaria Vaccaria L. — Calcaire de Remouchamps, Aywaille, etc. R. 
— officinalis L. — Plus de dix stations le long du chemin de fer, entre 
Spa et Theux. A. C. 
Cucubalus * bacciferus L. — Ne s'observe plus dans notre flore. 
Silene nutans L. — Coteaux. Spa, Theux, terrain calaminaire d'Oneux. R. 
— venosa Gil. — Moissons. Sart. R. 
Lychnis Githago Lamk. — R. dans les caleschistes des environs. — C. dans 
les calcaires. 
— . Yiscaria L. — Prairies, à Remouchamps, Sougnez, etc, R. 
Spergularia segetalis Fenzl. — Moissons, à Sart. R. 
Arenaria rubra L. — Bruyéres. A. C. 
Spergula arvensis L. — Champs. GC. 
Sagina apetala L. — Moissons. R. 
— nodosa L: — Tourbières. R. 


CXXVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Alsine verna Bartl. — Terrain calaminaire (1) d'Oneux. CC. à cette station. 
Arenaria serpyllifolia L. — Coteaux secs. La Reid. A. R. 
Stellaría glauca With. — Tourbières. C. 
— nemorum L. — Lieux couverts. A.R. 
Cerastium arvense L. — Bords des chemins. CC. 
— erectum C. et G. de S'-P. — Bruyères. Spa, Sart. A. R. 


Linées. 


Radiola multiflora Lamk. — Terrains siliceux. A. R- 


Oxalidées ., 


Oxalis Acetosella L. — Lieux couverts. CC. 
— stricta L. — Lieux cultivés. C. 


Balsaminées. 


Impatiens Noli-tangere L. — Bords du Wayai, à Theux. R. 


Géraniacées. 


Geranium pratense L. — Prairies. Polleur, bords de l'Ambleve. R. 

— silvaticum L. — Bois. Sart, etc. R. 

— dissectum L. — Haies. Theux. A. R. 

— * pyrenaicum L, — Çà et là à l'état subspontané dans les lieux cultivés. 
Dison, Limbourg (Crépin), Theux, où il est probablement échappé 
des jardins. 

— columbinum L. — Bois. La Reid. A. C. 

— rotundifolium L. — Lieux pierreux, entre la Reid et Remouchamps R. 

Erodium cicutarium L'Hér. — Lieux cultivés. CC. 


Malvaeées. 


Malva vulgaris Fries. — Lieux cultivés. A. C. 
— silvestris L, — Bords des chemins. A. C. 
— moschata L. — Prairies. A. C. 
Althæa hirsuta L. — Calcaire à Remouchamps, Aywaille. A. R. 


(4) A propos des plantes calaminaires qui dépendent de cette florule, je m'autorise 
à citer une note manuscrite de Lejeune, que je prends textuellement au bas d'une page 
de sa Flore des environs de Spa, volume dont il fit don à une personne nolable des 
environs : 

« PLANTES INDICATIVES DE LA MINE CALAMINAIRE : Arenaria cespitosa Willd. (Alsine 
verna L,) ; Viola lutea Smith Fl. Brit. (Viola calaminaris Lej.); Statice elongata Hoffm. 
German. (Armeria elongata Hoffm.); Avena pralensis L.; Thlaspi precoz Gmelin 
System, nature, Persoon Synops. t. I, p. 189, Var. «. alpestre, B. calaminare. » 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXXIX 


Polygalées . 


Polygala vulgaris L. — Bruyères, etc. CC. 
— comosa Schk. — Coteaux. A.R. 
Fleurs petites, rosées, quelquefois blanches, disposées en grappes trés-denses. Souche 
plus épaisse et plus ligneuse que celle du P. vulgaris. 
Polygala depressa Wend. — Terrain siliceux. R. 
—  'GChamabuxus L. — Bruyères. Trouvé par un paysan entre Sart et 
Jalhay. R 


Tige ligneuse, couchée, rameuse, diffuse ; feuilles ovales-oblongues, obtuses, persis- 
tantes ; ; calice plus court que la corolle ; pédoncules terminaux ou axillaires, à une ou 
deux fleurs, 


Empétrées, 


Empetrum * nigrum L, — Tourbières. Observé entre Sart et Jalhay, où il n'a 
pas été revu depuis plusieurs années. R. 


Calice à 3 sépales, entouré à sa base de 6 bractées. Pétales 3. Étamines 3. Drupe à 
6-9 noyaux, Feuilles brièvement pétiolées, petites, linéaires-oblongues, coriaces, marquées 
d’une ligne blanche à la face inférieure. Arbuste rappelant le faciès d’une Bruyère. 


Célastrinées, 


Evonymus europæus L. — Haies. Theux, etc. R. 


Monotropées. 


Monotropa Hypopitys L. œ. glabra, &. hirsuta, — Parasite. A. C. 


Ces deux variétés, que certains auteurs admettent au rang d'espéces, ne seraient-elles 
pas le résultat de l'âge de la plante et de son exposition dans des endroits plus ou moins 
ombragés ? La variété hirsuta se rencontre le plus souvent dans es lieux trés-couverts, 
et toujours chez des individus parvenus au terme de leur croissance. 


Él ypéricinées. 


Androsæmum * officinale All. — Espèce très-douteuse pour notre flore. 
Hypericum humifusum L. — Caractérise fort bien les terrains siliceux, C. 
—  quadrangulum L. — Bords des chemins. A. C. 
— montanum L. -— Calcaire. Theux, etc. A. R. 
—  hirsutum L. — Bois. Sart, Spa. R. 
Helodes palustris Spach. — Tourbières. A. R. 


Droséracées, 


Drosera rotundifolia L. — Tourbières. Spa. C. 
— intermedia Hayne. — Tourbières. R. 
Parnassia palustris L. — Tourbieres. Francorchamps, Sart, etc. R, 


ye XA. Í, 


CXXX SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Pirolaeées. 


Pirola minor L. — Bois. A. C. 
— rotundifolia L. — Taillis. Theux. R; 


Résédacées. 


Reseda Luteola L. — Abondant par places le long de l'Ambléve, à Remou 
champs, Spa, Stavelot, etc. 


Nymphéaeées. 


Nuphar luteum Sm. — Dans la Vesdre. A. C. — Theux, Polleur. R. 


Papavéraeées. 


Papaver Lecoquii Lamotte. — Moissons. Sart. R. 
—  Argemone L. — Lieux cultivés. Spa. A. R. 
— * hybridum L., — Signalé dans beaucoup de flores, mais parait in- 
trouvable. 
Fumariaces. 


Corydallis solida Sm. — Coteaux, à Theux. R. 
Fumaria officinalis L. — Moissons. CC. 


Cruciféres. 


Barbarea intermedia Bor. — Couvre les jachéres schisteuses. 
Arabis * muralis Bertol. — Décombres, terrain argilo-calcaire. Ensival, etc. 
— * Turrita L. — Mémes habitations que le précédent. 
Ces deux espéces laissent des doutes au sujet de leur indigénat. 
Cardamine pratensis L. — Prés, etc. CC. 
— amara L. — Prés humides. A. R. 
— silvatica Link. — Lieux ombragés. A. R, 
— impatiens L. — Rochers. R. 
Nasturtium officinale R. Br. — GG. 
— palustre DC. — Eaux. A. C. 
— silvestre R. Br. — Bords des eaux. Theux. A. R. 
—  amphibium R. Br. — Ambléve, Remouchamps. A. C. 
— * pyrenaicum R. Br. — Observé autrefois à Cheneux, d'oü il a disparu. 
Sisymbrium Alliaria Scop. — Bords des chemins. CC. 
— officinale Scop. — Bords des chemins. CC. 
Diplotaxis tenuifolia DC. — Vieux murs. Stavelot, etc. A. R. 
Lunaria rediviva L. — Rocailles. Spa. R. 


Tige dressée, haute de 70 à 80 centimètres, velue, rameuse. Feuilles en cœur, poin- 
tues, dentées, longuement pétiolées, Fleurs en grappe paniculée, blanches, nuancées de 
bleu. Silicules oblongues, pointues des deux côtés. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. GXXXL 
Draba verna L. — Pelouses. A. C. 
—  muralis L. — Rochers. Franchimont. R. 
Teesdalia nudicaulis R. Br. — Champs siliceux. C. 
Thlaspi calaminare Lej. — Terrain calaminaire d'Oneux. 


Abondant dans cette station. — Pétales larges, obovales, plus longs que les étamines. 


Anthéres violacées, devenant noirâtres. Silicule échancrée superficiellement et toujours 
dépassée par le style, 


Lepidium campestre R. Br. — Moissons. Sart. A. C. 


Biscutella lævigata L. — Rochers qui bordentl'Ambleve. R. 
La flore spadoise n'est pas riche en Crucifères, 


Cistinées. 


Helianthemum vulgare Gærtn. — Rochers, à Theux, etc. A. R, 


Violariées, 


Viola palustris L. — Bois humides. A. C. 
— odorata L. — Haies. A. R. 
— silvatica Fr. — Haies. A. R. 
— canina L. — Terrains siliceux. G. 
— tricolor L. — Moissons. CG, 
— arvensis Murr. — Moissons. CG. 
— calaminaris Lej. — Terrain calaminaire d'Oneux. 


Abondant dans cette station, — Tige simple ; feuilles ovales, oblongues, crénelées, ci+ 
liées ; stipules palmées, inciséóes ; corolle nue, plus longue que le calice ; éperon pius 
court que le pétale antérieur et que les postérieurs ; pétales latéraux trés-courts. Plante 
munie de stolons souterrains. Fleurs ordinairement jaunes. 


Viola * elatior Fr. — Observé au bois de Theux, à Ensival, etc. Indigène ? 


Papilionaeées. 


Genista anglica L. — Bruyères. A.C. 
— germanica L. — Bruyères: Theux. RR. 
— sagittalis L. — Terrain calaminaire, A. R. 
— tinctoria L. — Bords des chemins, A. R. 
— pilosa L. — Bruyères. C. 
Ulex europæus L. — Bois. Stavelot, Sart. A. R. 
Ononis repens L. — Bords des chemins. La Reid. A. R. 
— spinosa L. — Bords des chemins. Sart. A. R. 
Anthyllis Vulneraria L. — Calcaire. Sart, Theux, etc. A. R. 
Lotus uliginosus Schk. — Prés humides. A. R. 
Melilotus officinalis Desr. — Moissons. Spa, etc. A. R. 
— alba Desr. — Moissons. La Reid. 4. fi. 
Medicago polycarpa Willd. — Bords des chemins. Environs de Verviers. R. 
L'emploi des laines exotiques, pour la fabrication des draps, explique la présence, aux 


w 


CXXXII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


environs de Verviers, de plusieurs Medicago du midi de l'Europe. Quant au M. poly- 
carpa Willd., il se présente dans les moissons des provinces de Liége et Namur sous 
deux variétés qui ne semblent laisser aucun doule sur leur indigénat, savoir: 
æ. denticulata. Tiges de 25 à 35 cent. Folioles denticulées ; épines terminées en cro- 
chet égalant la moitié du diamètre du légume, lequel forme environ deux tours de spire. 
B. apiculata. Tiges de 30 à 50 cent. Folicles à peine denticulées au sommet ; épines 
bifurquées à la base, trés-courtes. Légume formant trois ou quatre tours de spire, 


Trifolium filiforme L. — Lieux herbeux. Heusy. R. 


—— 


— 


procumbens L. — Moissons. A. C. 
arvense L. — Coteaux. Franchimont. A.R. 
montanum L. — Coteaux. La Reid, Aywaille. R. 
aureum Poll. — Coteaux. Theux, etc. A. R. 
striatum L. — Prairies. Aywaille. R. 

* alpestre L. — Coteaux. Theux. R. 

* elegans Savi. — Coteaux. Theux. R. 

* rubens L. — Bois. Jalhay. R. (Lejeune). 


Ces trois espèces sont douteuses pour notre flore. 


Vicia angustifolia All. — Moissons. C. 


— 


——— 


sepium L. — Haies. C. 
tetrasperma Meench. -— Moissons, A. C. 


Lathyrus silvestris L, — Terrain schisteux. Tiége. A. R. 


hirsutus L. — Moissons. Magombroux. R. 


Orobus tuberosus L. — Pâturages, CC. 
Ornithopus perpusillus L, -— Bruyères. Wegnez. A.R. 
Hippocrepis comosa L. — Rochers. Aywaille, Remouchamps, etc. R. 


Lythrariées. 


Lythrum Salicaria L. — Ruisseaux. A.C. 
Peplis Portula L. — Là où l'eau a séjourné. La Reid, Pépinster, Terrains 


siliceux. A. R. 
Portulacées. 


Montia fontana L. — Bords des eaux. A. C. 


rivularis Gmel. — Ruisseaux. C. 


Crassulacées. 


Sedum acre L. — Lieux incultes. CC. 


— 


reflexum L. — Rochers. Remouchamps, Theux, etc. R. 
album L. — Lieux pierreux. Theux, etc. A.R. 
maximum L. — Haies, etc. C. 

Fabaria Koch. — Cóo, Stavelot. A. R. 


Sempervivum tectorum L. — Murs, toits. Spa, Nivezé, etc. A. R. 


—— 


Funckii Br. var. aqualiense Éd. Morr. (vide supra, p. LNVI). — 
Rochers calcaires. Sougnez, Remouchamps, A. R. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXXXHI 


A:nygdalées. 


Cerasus Mahaleb Mill, — Bois. Spa. R. 
Prunus spinosa L. — Haies, CC. 


Rosacées, 


Spiræa Ulmaria L. — Bords des eaux. A. C. 
Rubus cæsius L, — Lieux pierreux. A.C. 
—  ideus L. — Lieux pierreux. CC, 
Geum urbanum L, — Haies, etc. C. 
Gomarum palustre L. — Tourbières. A. R. 
Potentilla sterilis Gke. — Haies. A. C. 
— verna L. — Coteaux. C. 
— argentea L. — Bords des chemins. C. ` 
Tormentilla reptans L. — Tourbiéres. A. R. 
Rosa spinosissima L, — Rochers calcaires des bords de l'Ambléve. R., 
—  cinnamomea L. — Bois. Theux (Lejeune). R. 
— alba L. — Haies. Juslenville (Lejeune). A. R. ? 
— mollissima Lej. — Rochers. Spa, Malmédy. R. 
pomifera Herm. — Lieux incultes, bords des chemins. Spa, Stavelot, 
Malmédy. A. C. 
rubiginosa L. — Lieux pierreux. Wegnez, etc. A. R. 
arvensis L. var. hispida. — Bois, à Theux (Lejeune). R. 
— coriifolia Fries. — Broussailles. Malmédy (Lejeune). R. 
Agrimonia Eupatoria L, — Haies. Theux, etc, A. C. 
— odorata Mill, — Bois, Spa. À, R. 


— 


Sanguisorbées, 


Poterium Sanguisorba L. — Pelouses. Franchimont. A. C. 
—  inuricatum Spach. — Bords des fossés. A. R. 


Pomacées. 


Mespilus germanica L. — Haies. A. C. 

Cotoneaster vulgaris Lindl. — Rochers. Aywaille, etc. R. 
Malus acerba Mérat. — Bois, haies. A. C. 

Sorbus aucuparia L. — Bois. A. R. 


— * domestica L. 

Cet arbre est indiqué par quelques botanistes comme étant rarement cullivé. Chose 
singulière, je ne l'ai jamais rencontré à l'état de domesticité ; et, d'autre part, tous les 
enfants en connaissent huit ou dix stations dans les bois de Virelles et de Salles près 
Chimay. 

Onagrariées. 


Epilobium angustifolium L. — Bois, haies. CC. 


CXXXIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Epilobium parviflorum Schreb. — Lieux humides. Sart. R. 
— lanceolatum Seb. et M. — Rochers. Nanceveux. R. 
— obscurum Schreb. — Tourbières. A.G, 

— palustre L. — Tourbières. A. C. 
OEnothera * biennis L. — Bords de la Vesdre. A. R. 


Cette plante, originaire d'Amérique, est introduite en Europe depuis plus de deux 
siècles. Elle se trouve assez fréquemment le long de nos cours d'eau et dans les parties 
humides et ombragées des bois, Elle affectionne particulièrement les calcaires, 


Circéacées. 


Circæa lutetiana L. — Bois ombragés, C. 
— intermedia Ehrb. — Endroits tourbeux. R. 


. Ombelliféres. 


Hydrocotyle vulgaris L. — Tourbiéres. A. C. 


Ægopodium Podagraria L. — Prés humides. Winanplanche. A. R. 
Carum Carvi L. — Prairies. Sart. R. 


Sium latifolium L. — Fossés, Theux. A. C. 

Meum athamanticum Jacq. — Prairies tourbeuses. A. R. 

Imperatoria * Ostruthium L. — Ruisseaux. Bords du Wayai, vers Theux. R. 
Récolté à la Sauvenière par la Soc. bot. de France, le 23 juillet 1873. 

Daucus Carota L. — Haies, lieux herbeux. C. 

Charophyllum temulum L. — Buissons. Sart, etc. A. R. 

Scandix Pecten-Veneris L. — Terrain calcaire. A. C. 

Conium maculatum L. — Lieux incultes. Theux. A. R. 


Loranthacées. 


Viscum album L. — Parasite sur les peupliers, etc. A. R. 


Grossularices. 


Ribes Uva-crispa L. — Bois montueux. Spa, etc. A. R. 
— rubrum L. — Rochers. Remouchamps. R. 
— * alpinum L. — Bois montueux. Lejeune en a trouvé quelques pieds 
aux environs de Verviers, où il n'a pas été revu. Indigène ? 


Saxifragées. 


Saxifraga tridactylites L. — Moissons. Sart. R. 
— granulata L. — Prés secs. Theux. A. R, 
— cæspitosa L. — Rochers, Aywaille. R. 

Chrysosplenium oppositifolium L. — Bords des eaux, lieux trés-humides. CC. 
— alternifolium L. — Bords des eaux, lieux trés-humides. C. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA, CXXXV 


Éricinées. 


Andromeda polifolia L. — Marais tourbeux. R. 
Erica cinerea L. — Bruyères sablonneuses. CC. 


L'Erica Tetraliæ L. ne croît pas dans le rayon de cette Florule; du moins je ne ly 
ai pas encore rencontré. Cependant je crois devoir mentionner un des caractéres con- 
stants de cette espèce, que l'on néglige souvent. J'ai trouvé en abondance Erica Tetra- 
lix L. au camp de Dimchaux prés Maubeuge, et en Campine. Chacun des pieds que j'ai 
observés présentait, surtout dans les jeunes plantes, une viscosité remarquable. On ne 
devrait négliger aucun caractére propre à faciliter l'élude de ces jolis sous-arbrisseaux. 
— M. Éd. Morren, dans son discours sur La Botanique au pays de Liége (voyez plus 
haut, pp. L-Ln), signale cette espèce dans les bruyères (landes de Calluna), 


Calluna vulgaris Salisb. — Lieux incultes, CC. 
Cette espèce nécessite, par la diversité de ses formes et de ses fleurs, une étude 
attentive. 


Primulacées. 
Lysimachia nemorum L. — Bois. C. 
—  Nummularia L. — Prés, C. 
— . vulgaris L. — Bords des eaux. CG, 


Trientalis europaea L. — Lieux tourbeux, A. R, 


Récolté à la Sauveniére par la Soc. bot, de France, le 23 juillet 1873, 

Tige de 10 à 20 centimétres, nue dans ses deux tiers inférieurs. Feuilles presque 
toutes disposées en rosette terminant la tige, lancéolées, entiéres. Calice à 5-7 sépales, 
corolle à 5-7 pétales ; étamines 5-7, insérées à la base de la corolle et opposées à ses 
divisions. Capsule à 5-7 valves, 2-3 fleurs blanches au sommet de la tige. Plante vivace, 


produisant de longs stolons gréles et blanchâtres, Mai-juillet. 


Plombaginées. 


Armeria elongata Hoffm. — Terrains calaminaires d'Oneux et de Moresnet. 
A. R. — Aix-la-Chapelle et Chaudfontaine. R. 


Oléinées. 
Ligustrum vulgare L. — Bois, haies. A. C. 
Apoeynées. 
Yinca minor L. — Broussailles, à Winanplanche. RR, 
Asclépiadées. 
Asclepias Vincetoxicum L. — Lieux pierreux. Spa. R. 
Gentianées. 


Menianthes trifoliata L. — Marais tourbeux. Spa, R. 
Gentiana Pneumonanthe L. — Marais tourbeux. Jonkeu. R. 
— germanica Willd. — Collines sèches, à Ensival. RR. 


Erythræa Gentaurium Pers, — Bois, A. C. 


CXXXVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Convolvulacées. 


Convolvulus sepium L. — Haies. A. R. 


Cuseutacées. 


Cuscuta major DC. — Parasite sur l'Ortie. A. R. 
—  Epithymum Murr. — Parasite sur le Callana. Theux. A.R. 


Borraginées. 


Symphytum officinale L. — Prairies fraiches. Theux, etc. A. R. 
Myosotis silvatica Hoffm. — Bois frais. C. 

— intermedia Link. — Lieux cultivés. C. 

— hispida Schlecht. — Bords des chemins. A. R. 
Lithospermum arvense L. — Moissons. Spa. A. R. 

— officinale L. — Bois montueux. Sart. R. 
Pulmonaria vulgaris Mérat. — Bois, haies. Magombroux. A.R. 

— tuberosa Schrank. — Bois frais. Spa. A. C. par places. 
Echium vulgare L. — Champs incultes, murs. A. R. 
Cynoglossum officinale L. — Lieux pierreux. Aywaille. R. 


Solanéces. 


Solanum Dulcamara L. — Bords de l'Ambléve. A. C. 

— nigrum L, — Lieux cultivés, calcaire. C. 
Atropa Belladonna L. — Bois. A. R., et méme R. par places. 
Datura * Stramonium L. — Décombres, lieux cultivés. Subspontané. A.R. 
Hyoscyamus niger L. — Bords des chemins. Remouchamps. A.R. 

-— agrestis Kit. — Lieux pierreux, à Ensival. 

Plante annuelle ; tige moins robuste que l'espéce précédente; fleurs d'un jaune sale, 
veinées de brun oncé; feuilles très-pubescentes. 


Yerbaseées. 


Verbascum Thapsus L. — Murs. A. R. 
—  thapsiforme Schrad. — Coteaux secs. R. 
— nigrum L. — Lieux incultes. C. 
—  Blattaria L. — Carrières. La Reid. R. 


Scrofulariées. 


Veronica agrestis L. — Moissons. C. 
— arvensis L. — Moissons. C. 
— scutellata L. — Tourbieéres. R. 
—  Beccabunga L. — Bords des eaux. A. C. 
— * spicata L. — N'a pas été revu près de Polleur, où il avait été observé. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXXXVII 


Scrofularia nodosa L. — Lieux frais. A. R. 
— aquatica L, — Lieux frais. C. 
— alata Gil. — Bords des eaux. Theux. R. 
Digitalis purpurea L. — Coteaux, etc. CC. 
— lutea L. — Lieux pierreux. Theux et Verviers. R. 
— grandiflora Lmk. — Coteaux pierreux. Dolhain (Lejeune), Houffalize 
(Crépin). R. — Recueilli dans un jardin à Heusy. 
Antirrhinum Orontium L. — Moissons. A. R. 
Linaria minor Desf. — Lieux cultivés, CC. 
— vulgaris Mill. — Lieux cultivés. CC. 
— arvensis Desf. — Moissons. Louvegnez (Lejeune). R. 
Pedicularis silvatica L. — Lieux humides, tourbières. A.C. 
— palustris L. — Lieux humides. CC. 
Rhinanthus hirsutus Lmk. — Moissons. A. C. 
Melampyrum pratense L. — Prés. CC. 


Orobanchées, 


Phelipæa purpurea Asch. (Orob. purpurea Jacq.). — Parasite sur Achillea 
Millefolium. Assez abondant sur les terrains calaminaires d'Oneux. 


Tige simple de 20 à 30 centimètres. Fleurs sessiles, munies de deux bractéoles laté- 
rales ; calice à dents triangulaires; corolle tubuleuse, à lobes aigus ; anthères compléte- 
ment glabres, 


Orobanche Rapum Thuill. — Sur Sarothamnus scoparius. CC. 
— minor Sutt. — Sur Trifolium pratense, Theux, la Reid, Sart, R. 


Labiées, 


Mentha silvestris L. — Bords de l’Amblève. A.R. 
— aquatica L, — Lieux frais. C. 
Lycopus europæus L. — Lieux frais. C. 
Salvia pratensis L. — Coteaux. R. 
Origanum vulgare L. — Coteaux calcaires. A. C. 
Calamintha menthæfolia Host. — Coteaux, Theux. RR. 
Nepeta Cataria L. — Haies. Remouchamps. A. R. 
Galeopsis angustifolia Ehrh. — Moissons. Creppe. R. 
— villosa Huds. — Terrains siliceux. A. C. 
Stachys germanica L.— Bords des chemins. Polleur. RR. 
Leonurus Cardiaca L. — Haies. A. R. 


Cette plante est-elle introduite ou indigène ? Quels motifs allégue-t-on pour lui refuser 
l'indigénat? Est-ce parce qu'elle vit ordinairement au voisinage des habitations, parmi 
les décombres, dans les terrains azotés? Mais c'est aussi le milieu que recherchent 
de préférence la plupart de nos Solanées, l'Echium vulgare, le Conium maculatum, 
l Euxolus viridis, le Sambucus Ebulus, le Blitum Bonus-Henricus, etc., etc. 

N'est-ce pas, comme le dit le minutieux observateur M, Devos, une nécessité pour ces 
espèces que de rechercher ainsi les endroits qui ont subi l'influence de l'homme ? 


CXXXVIIL SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Scutellaria galericulata L. — Lieux humides, A.R, 
Ajuga pyramidalis L. — Haies. Spa. R. 
Teucrium Chamædrys L. — Lieux secs. C. 
— Botrys L. — Champs arides. Ensival, Theux, Sougnez (Lejeune), Re- 
mouchamps. A. R. 


Verbhénacées. 


Verbena officinalis L. — Bords des chemins, etc. Remouchamps, Aywaille. 
A. R. 


Vacciniées, 


Vaccinium Myrtillus L. — Bois. CC. 
— uliginosum L. — ‘Tourbières. C. 
—  Vitis-idzea L. — Tourbières, C. 
—  Oxycoccos L, — Tourbières. C. 


Tout le monde connait les fruits bacciformes de ces jolis petits sous-arbrisseaux. Les 
deux premiers ont un fruit de couleur noire ; les deux derniers ont un fruit de couleur 
rouge. — L'été dernier, un paysan m'a vendu un litre de myrtilles blanches provenant des 
fanges, où il en observe depuis longtemps. Je me propose d'étudier sérieusement cette 
nouvelle production qui, au dire d'un Sicilien en villégiature à Spa, ne différe en rien 
des myrtilles de son pays. C'est là un fait dont je veux me rendre compte au printemps 
prochain, 


Campanulacées. 

Campanula rotundifolia L. — Prairies. C. 

— rapunculoides L. — Lieux cultivés. C. 

—  Rapunculus L. — Bois, C. 

—  persicifolia L. — Bois. A. R. 

— patula L. — Vallée de l'Ambleve, R, 

— glomerata L. — Vallée de la Vesdre. A.R. 

— * latifolia L. — Côo (Lejeune). R. 
Specularia Speculum Alph. DC. — Moissons. A. R. 
Phyteuma spicatum L. — Prairies. C. 
Wahlenbergia hederacea Rchb. — Lieux tourbeux. R. 


Observé à la Géronstére par la Soc. bot. de France, le 23 juillet 1873. 

Plante grêle, filiforme, de 25 à 30 centimètres, Feuilles trés-minces, pétiolées, subor- 
biculaires-cordées, à lobes triangulaires. Fleurs petites, d'un bleu pále, pédicellées ; calice 
à 5 sépales; corolle tubuleuse-campanulée, à 5 lobes; étamines 5, à anthéres libres ; 
style terminé par 3 stigmates filiformes. Plante vivace. Juin-juillet, 


Cucurbitacées. 


Bryonia dioica Jacq. — Haies, Theux. R. 


Caprifoliacées, 
Sambucus Ebulus L. — Lieux pierreux. La Reid, Ù. 


— nigra L. — Haies. A. C. 
— racemosa L. — Buissons, bois. R. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXXXIX 


Rubiacées, 


Asperula cynanchica L. — Coteaux arides des bords de la Vesdre (Lejeune). 
— odorata L. — Bois. C. 

Galium Cruciata Scop. — Haies. R. 
— silvaticum L. — Bois humides. Spa. R. 


Tige de 70 à 80 centimètres, ronde, lisse, d'un vert glauque, à articulations renflées. 
Feuilles verticillées de 6 à 10 folioles. Pédicelles capillaires, toujours penchés avant la 
floraison et accompagnés de bractées ovales. 


Galium saxatile L. — Dans tous les terrains siliceux. C. 
—  uliginosum L. — Tourbières. R. 


Valérianées. 


Valeriana dioica L. — Marais tourbeux. A.R. 
Valerianella olitoria Poll. — Moissons. C. 
— dentata Poll. — Moissons. La Reid. A. C. 
—  eriocarpa Desv. — Lieux cultivés. Environs de Verviers, etc. R. 


Dipsacées, 


Dipsacus pilosus L. — Lisière des bois. Spa. R. 
— silvestris Mill. — Lieux pierreux. La Reid, etc, A. R. 
— * laciniatus L. — Observé aux environs de Verviers, où il s'introduit 
avec les laines exotiques. RR. 


Composées. 


Carlina vulgaris L. — Coteaux, bois, A. C. 
Cirsium palustre Scop. — Prairies tourbeuses. C. 
— acaule All. — Coteaux secs. Theux. A. R. 
Carduus nutans L. — Lieux incultes. A. C. 
— acanthoides L. — Bords des chemins. Theux, Pépinster, A. C. — 
Malmédy, Stavelot. R. 
Silybum * Marianum Gærtn. 

Cette espèce, originaire de la péninsule ibérique, slationne assez fréquemment aux 
abords des lieux cultivés et s’y maintient avec une ténacité extraordinaire. Je connais un 
jardin où, malgré tous les soins employés pour son extirpation, elle pousse depuis plus 
d’un siècle, au dire du savant botaniste M. Cogniaux, 

Lappa minor DC. — Bois. €. 

— major Gærtn. — Bords des eaux. Marteau. R. 
Centaurea nigra L. — Calcaire. A. C. 

— montana L. — Bois montueux. A. C, 

—  Cyanus L. — Moissons. A. C. 

Bidens tripartitus L. — Fossés. R. 
— cernuus L. — Tourbières, A. R. 


CXL SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Achillea Ptarmica L. — Prés humides. A. C, 
Chrysanthemum segetum L. — Envahit les moissons des terrains schisteux. 
Artemisia campestris L. — Rochers. Aywaille, Sougnez. A.R. 
— vulgaris L. — Lieux stériles. A. C. 
Tanacetum vulgare L. — Bords des eaux. Spa, Theux, etc. R. 
Gnaphalium luteo-album L. — Bords des chemins. La Reid. R. 
— silvaticum L. — Bois. Spa. A. C. 
Antennaria dioica Gaertn. — Bruyères. CC, 
Solidago Virgaurea L. — Bois, A. C. 
Linosyris vulgaris DC. — Taillis montueux, calcaire. Aywaille, etc. R. 
Doronicum * Pardalianches L. — Lieux ombragés. Ensival. R. Indigène ? 
Arnica montana L. — Bois, bruyères. C., mais seulement sur les calcschistes, 
Senecio spathulefolius DC. — Bois humides à Marteau, Spa. R. 
— silvaticus L. — Bois. A. C. 
—  Fuchsii Gmel. — Bois. CC., mais seulement aux alentours de Spa. 
—  Jacquinianus Rchb, — Bois humides, entre Francorchamps et Ho- 
kai. R. 
— viscosus L. — Assez abondant aux bords des fossés. Marché de Theux. 
Barisart, Creppe. R. 
Zupatorium cannabinum L. — Eaux. A. R. 
Petasites vulgaris Desf. — Bords des rivières, CC. 
Cichorium Intybus L. — Bords des chemins. La Reid, etc. A. R. 
Tragopogon pratensis L. — Prés. A.C. 
Scorzonera humilis L. — Prairies humides. A. R. 
Lactuca virosa L. — Bords des chemins. Verviers. R. 
— muralis Less. — Rochers. Spa, etc. A. R. 
Crepis paludosa Mœnch. — Bois humides. A. R. 
Hieracium cæspitosum Dmrt, — Ensival, Verviers, etc. R. —- Lieux herbeux 
à Jalhay (Lejeune). 
Salsolacées. 
Chenopodium Vulvaria^L. — Décombres. Spa. R. 
—- album L. — Moissons. A.C. 
— viride L. — Moissons. A. C. 
Blitum Bonus-Henricus Rchb.— Voisinage des habitations. La Reid, etc. A. R. 


Polygonées. 
Rumex scutatus L. — Murs, rochers. Spa. R. 
Polygonum Bistorta L. — Prés frais. CC. 
—  aviculare L. — Lieux cultivés. A.G. 
Cannabinées, 


Humulus Lupulus L. — Haies. Theux. A. C., mais manque par places. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXLI 


Ulmaeceées. 


Ulmus montana Sm. — Bois montueux. R. 
í 


Urticées. 


Parietaria ramiflora Mœnch, — Vieux murs. Verviers. RR. 


Thyméléacées. 


Daphne Mezereum L. —- Bois montueux. Spa. R. 
—  Laureola L. — Ruines du château d'Ambléve (un pied). RR. 


Les botanistes belges sont généralement d'accord pour reconnaitre l'indigénat de cette 
rare espèce. — Lejeune la signale dans les bois de Fraipont (Liége). — M. Mathieu, 
dans sa Flore générale de la Belgique, l'indique à Walferlange (Luxembourg) et à Frai- 
pont (Liége). — M. Crépin lui donne comme stations Roly (Namur) et Chokier (Liége). 
— M. Michot l'a trouvée à Montbliart (Hainaut). — Le docteur Hannon, dans sa Flore 
belge, ne parait pas non plus douter de son indigénat ; il lui donne comme habitat «les 
bois montueux de la province de Liége ». 


Euphorbiacées. 


Euphorbia exigua L. — Moissons. C. 
—- Peplus L. — Moissons. C. 
—  amygdaloides L. — Bois. CC. 
Mercurialis perennis L. — Bois ombragés. C. 
— annua L. — Moissons. R. 


Salicinées. 


Salix alba L. — Bords des eaux, C. 
— amygdalina L. — Bords des eaux. C. 
— purpurea L. — Bords des caux. C. 
— repens L. — Bords des eaux. C. 
— caprea L. — Bords des eaux. C. 
— viminalis L. — Bords des eaux. R. 


MONOCOTYLÉDONÉES. 
Alismaceées. 


Alisma Plantago L. — Eaux. Spa, Nivezé. A. H. 
Sagittaria sagittifolia L. — Marais. Theux. A. R. 


Liliacées. 


Ornithogalum umbellatam L. — Coteaux pierreux. A. R. 
— . luteum L. — Bois. Ensival, etc. R. 

Endymion nutans Dmrt. — Bois. Polleur. R. 

Allium ursinum L. — Bois frais. Sart, Spa. A. C. 


CXLII SOGIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 
Allium oleraceum L. — Moissons. La Reid, etc. R. 
— carinatum L. — Moissons. Ensival. R. 
Muscari botryoides DC. — Lieux cultivés. Spa, Wegnez. R. 
— * comosum Mill. — Entre Theux et Louvegnez. R. Indigène ? 
Phalangium Liliago Schreb. — Rochers. Spa. R. 
Narthecium ossifragum Huds. — Tourbières. CC. 
Convallaria majalis L. — Bois. CC. 
Polygonatum officinale All. — Rocailles. CC. 
—  multiflorum All. — Bois. A. C. 
— verticillatum All. — Bois C. 
Majanthemüm bifolium Schm. — Bois. C. 
Paris quadrifolia L. — Bois humides. A. C. 
Ruscus aculeatus L. — Vallée de la Heegne, Sart, Jalhay, etc, RR. 


Dioscorées. 


Tamus communis L. — Haies. Theux. R. 


Iridées, 


Iris Pseudacorus L. — Lieux aquatiques. A.R. 
— * pumila L. — Rochers. Sougnez, Aywaille. R. 


Cette espéce, originaire de l'Europe méridionale, est naturalisée sur les rochers des 
vauées de l'Ourthe et de l'Ambléve. Elle se rencontre cà et là dans les provinces de 
Liége, Namur et Luxembourg. 


Iris * sambucina L. — Rochers schisteux d'Ensival. R. 
— * graminea L. — Prairies. Sougnez. R. 


Amaryllidées. 


Narcissus Pseudonarcissus L. — Se trouve dans les bois vers Verviers, mais 
manque complétement dans le rayon de cette florule. Excessive- 
ment abondant par places dans les bois de Virelles, Chimay et Signy 
(France). 

Orchidées, 


Orchis Morio L. — Prairies. C. 
— maculata L. — Prés, bois, CC. 

Ophrys arachnites Reich. — Lieux herbeux. Theux. R. 
— apifera Huds. — Prés montueux, près de Verviers (Beaufays). On me 

l'indique à Juslenville. R. 

Gymnadenia conopea R. Br. — Bois. Cóo. R. 
—  odoratissima Rich. — Récolté cet été aux bois de Theux (M. Body). RR. 
— viridis L. — Pâturages humides. A.R. au midi de Spa; R. au nord. 
— albida L. — Pâturages humides. Vers Haut-Regard (docteur Dheure), 
i Juslenville. R. — Tourbiéres. Baraque-Michel, Oneux. R. 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXLIH 


Platanthera bifolia Rchb. — Pâturages. A. C. 

Epipactis latifolia All. — Bois frais. Theux. A. R. 

Neottia Nidus-avis Rich. — Bois frais à Theux, Juslenville, etc. R. 
— ovata Bl. et F. — Lieux ombragés, Theux. R. 


Potamées. 


Potamogeton oblongus Viv. — Mares. C. 
—  crispus L. — Eaux. Pépinster, etc. A. R. 
— densus L, — Eaux. La Reid. A. R. 
— pusillus L. — Mares. Sart. R. 
— perfoliatus L. — Amblève. A. C. 


Aroïdées. 


Arum maculatum L, — Haies. C. 
Acorus Calamus L. — Bords de la Vesdre. A.R. 


Typhacées. 
Typha latifolia L. — Mares, à Theux. A. C. 


Cette espéce atteint dans cette station des proportions colossales, J'en ai récolté cette 
année un exemplaire qui mesure 2,45 métres. 


Sparganium erectum L. — Mares. A. C. 
— simplex Huds. — Mares. A. C. 


Joncées. 


Juncus effusus L. — Lieux frais. C. 
— filiformis L. — Lieux frais. Hokai, R. 
:— Süpinus Mænch, — Marais. C. 
— silvaticus Reich. — Bois humides. A. G. 
— squarrosus L. — Tourbières. C. 
-— compressus Jacq. — Lieux humides. Theux. A. C. 
Luzula pilosa Willd. — Bois. A. C. 
— maxima DC. — Bois. C. 
— nemorosa Poll. — Bois. A. C. 
—  multiflora Ehrh. — Champs. C. 


Cypéracées. 


Carex pulicaris L. — Tourbières, A. C. 
—  Jeucoglochin L. f. — Tourbières. Stavelot, Hokai, etc. A. R. 
— vulpina L. — Fossés. Theux. A. R. 
— paniculata L. — Tourbières. R. 
— leporina L, — Lieux herbeux. A. C. 
— echinata Murr. — Bois tourbeux. R. 


CXLIV SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Carex canescens L. — Marais tourbeux. A. C. 
— vulgaris Fries. — Prairies fraiches. A. R. 
— glauca Scop. — Bois. Sart. A. C. 
— maxima Scop. — Ruisseaux des bois montueux de la province de 
Liége. Vers Nessonvaux (Lej.). A rechercher particuliérement dans 
les eaux qui déposent du calcaire concrétionné. R. 
— montana L. — Bois. Pépinster (trouvé par M. Morren). R. 
— flava L. — Fossés. C. 
—  OEderi Ehrh. — Prairies humides. A. C. 
— fulva Good. — Tourbières. R. 
—  binervis Sm. — Dans les bruyères, près de Spa et d'Eusival (Mathieu). R. 
Scirpus fluitans L. — Mare, entre Spa et Francorchamps. A. R. 
-—  silvaticus L. — Fossés. Sart, etc. A. C. 
=  cæspitosus L. — Prairies tourbeuses, à Hokai, etc. A. C. 
Eriophorum polystachyum L. — Tourbières. A. C. 
— latifolium Hoppe. — Tourbieres. C. 
— vaginatum L., — 'Tourbieres, R. 


Graminées. 


Phalaris arundinacea L. — Bords des eaux. C. 
Oplismenus Crus-galli Kth. — Moissons. Sart, R. 
Se rencontre en Ardenne, d’après M. Crépin, entre 190 et 210 mètres d'altitude. 


Setaria viridis P. B. — Moissons. Theux. C. 
Alopecurus agrestis L. — Lieux herbeux, surtout vers Juslenville. A. C. Parait 
rare dans les prairies tourbeuses, 
— pratensis L. — Lieux herbeux. A.R. 
— fulvus Sm. — Lieux herbeux. A. C., mais seulement dans les terrains 
calcaires. 
Phleum pratense L. — Prés. C. 
Calamagrostis lanceolata Roth. — Marais tourbeux, R. 
—  arundipacea Roth. — Amblève, Aywaille. R. 
Milium effusum L. — Bois. R. 
Sesleria cærulea Ard. — Calcaire. A. C. 
Æra precox L. — Pelouses. C. à 
Avena pratensis L. — Terrain calaminaire d'Oneux. R. 
— pubescens L.— Coteaux calcaires. C. 
Trisetum flavescens P. B. — Pâturages. C. 
Arrhenatherum elatius M. K. — Prairies. Sart. R. 
Melica nutans L. — Bois montueux. A. R. 
Molinia cærulea Mœnch. — Tourbières. C. 
Catabrosa aquatica P. B. — Mares. A.R. 
Glyceria fluitans R. Br. — Mares. C, 


FLORULE DES ENVIRONS DE SPA. CXLV 


Briza media L. — Bois. A. R. 
Poa nemoralis L. — Bois. A. C. 
— silvatica Vill. — Bois. A. C. 
— compressa L. — Vieux murs. R. 
—  pratensis L. — Lieux herbeux. C. 
Bromus tectorum L. — Vieux murs. Spa. R. 
— asper Murr. — Bois. La Reid. A. R. 
— inermis Leyss. — Coteaux. Aywaille (Lejeune). R. 
— grossus DC. — Moissons. A.R. 
— (Libertia Lej.) arduennensis Kth. — Moissons. Aywaille, etc, A. R. 


Gaîne des feuilles glabre, épillets verts, arête longue ; glumelle inférieure à arête 
accompagnée de deux petites arétes latérales, dont les bords sont munis d'une dent mem- 
braneuse, Plante annuelle. 


Festuca sciuroides Roth. — Moissons. Sart. A. R. 
—  Pseudomyuros Soy. - Will. — Moissons. Sart. R. 
—  duriuscula L. — Lieux herbeux, sur les fanges, etc, C. 
— silvatica Vill. — Bois montueux. Spa, Theux. A. C. 
Brachypodium distachyon P. B. — Rochers. Sougnez. R. 
— silvaticum Huds. — Bois. Theux, calcaire. A. C. 
Hordeum pratense Huds. — Prairies. Sart. A. R. 
— murinum L. — Décombres. A. C. 
Elymus europæus L. — Bois montueux. Stavelot. R. 
Agropyrum repens P. B. — Moissons. C. 
Nardus stricta L. — Tourbières. GC. 


CRYPTOGAMES. 


Fougères. 


Ceterach officinarum Willd. — Rochers, vieux murs, Aywaille, Spa, Theux. 
A. R. 
Polypodium vulgare L. — Bois, vieux murs. CC. 
—  Phegopteris L. — Bois. Sart. A. R. 
— Dryopteris L. — Bois frais. A. R, 
Pteris Aquilina L. — Bruyères. C. 
Allosorus crispus Bernh. — Rochers entre Spa et Theux. RR. 
Lomaria Spicant Desv. — Bois, bords des eaux. CC. 
Scolopendrium officinale Sm. — Bois montueux. Bords de l’Amblève, Sta- 
velot. A. R. 
Asplenium Filix-femina Bernh. — Bois, etc. CC. 
— septentrionale Hoffm. — Rocailles. A. R. 
— Trichomanes L.— Rochers. A. R. 
—  Ruta-muraria L. — Vieux murs. C. 
To Xx. J. 


CXLVI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


Cystopteris fragilis Bernh. — Lieux ombragés. A. C. 

Polystichum Filix-mas Roth. — Bois, etc. CC. 

Aspidium lobatum Sw. — Lieux ombragés, A.'R. 

Osmunda regalis L. — Tourbiéres. Spa. R. 

Botrychium Lunaria Sw. — Bruyères, prairies sèches. Francorchamps, Sta- 
velot, etc. A. R. 

Struthiopteris germanica Willd. — Vallée de l'Ambléve, vers Aywaille. R, 


Lycopodiacées. 


Lycopodium Selago L. — Tourbières. R. 
—  inundatum L. — Tourbières. A. R. 
—  complanatum L. — Environs de Stavelot. R. 
—  GChamecyparissus AL Br. — Bruyères. Jalhay. R. 
— clavatum L. — Bruyères. CC. 


Récolté le 23 juillet 1873 par la Société botanique de France, dont un de MM, les 
membres en détacha du sol des spécimens à tiges rampantes de plusieurs métres de 
longueur. 

Équisétacées. 


Equisetum maximum Lmk. — Marais. Juslenville. R. 
— palustre L. — Lieux humides. C. 
— silvaticum L. — Bois, haies. A. C. 
—  limosum L, — Fossés. C. 


Charaeées. 


Chara vulgaris L. — Mares. Nivezé, A. R. 
Nitella flexilis Ag. — Fossés. Theux. A. R. 


Champignons, 


Le cadre de cette florule ne me permet pas d'entrer dans des déve- 
loppements quant aux Mousses, Hépatiques, Lichens, Champignons, etc. 

Voici seulement, comme note de fantaisie, la liste des principaux Cham- 
pignons comestibles des environs : 


Helvella monachella Fries, Clavaria Caput-Medusæ Bull. 
— esculenta Pers. — coralloides (lutea) Bull. 
Agaricus odorus Bull. Polyporus frondosus Pers. 
— aurantiacus Bull. Boletus hepaticus DC. 

— leucocephalus Bull. Hydnum repandum L. 

— Russula Schæf. — lævigatum Swartz, 

— Cantharellus L. Hericium ramcsum Bull, 
Morchella deliciosa Fries, Etc., etc, 

— patula Pers. 


SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.. CXLVII 


NOTE DE M. Eug. FOURNIER SUR L'ORIGINE DU TERME DE FANGES OU 
FAGNES, EMPLOYÉ EN BELGIQUE POUR DÉSIGNER LES MARAIS TOURBEUX. 


(Montfort-l'Amaury, septembre 1874.) 


M. Ch. Grandgagnage, de Liége, l'érudit qui connait le mieux les difficiles 
étymologies des termes du dialecte wallon, parait étre le premier qui ait dérivé le 
mot fagnes de la racine quia donné en haut-allemand VeAn, au pluriel Venen 
(Dict. allemand de Mozin et Peschier), en bas-allemand Venn (comme en témoi- 
gnent pour plusieurs localités des cartes de l'état-major prussien), mots dans 
lesquels le V se prononce F, en hollandais et en flamand Veen, en anglais fen, 
termes qui tous signifient, comme le dit fort bien pour le mot veen l'honorable 
et savant auteur de la Florule de Spa qui précède cette note, marais, ter- 
rains tourbeux. On peut consulter à ce sujet, pour plus de détails : le Diction- 
naire wallon de M. Grandgagnage, I, p: 201, et II, p. xxiij; et le Diction- 
naire d'étymologie française de M. Aug. Scheler, 2* édition, 1873, art. 
FANGE. En Belgique, la forme fagnes est souvent remplacée par le mot 
FANGES, comme l'ont dit dans ce numéro MM. Morren, Méhu et Lebrun (1), 
et comme il appert d’ailleurs du Dictionnaire encyclopédique de géogra- 
phie historique de la Belgique, de M. Jourdain. La forme lorraine du 
méme mot, employée dans les Vosges, est faignes. Bien avant les travaux 
de M. Grandgagnage (voyez le Glossaire de du Cange, éd. Henschel) on tirait 
fange et faigne du latin Fagus, et bon nombre de nos confrères, en reve- 
nant des forêts élevées de Spa, auraient volontiers accepté pour la Haute- 
Fagne cette dérivation de faginea silva, sans la regarder comme une 
hypothèse. Cependant la forme wallonne est fanië, et l'on trouve, dans un 
diplôme de Childéric II, le mot bas-latin fania, employé pour les abbayes 
de Stavelot et de Malmédy, situées, la première en Belgique, dans la pro- 
vince de Liége, et la seconde, depuis 1815, en Prusse, dans la régence d’Aix- 
la-Chapelle (voyez d'Arbois de Jubainville, in Mémoires de la Société de lin- 
guistique, t. II, pp. 70 et suiv.). Ni fanië, ni fania ne peuvent venir du 
latin fagus; l'un et l'autre de ces mots rappellent au contraire le substantif 
féminin vieux haut-allemand fenna ou fenni, formes altérées (voyez Grimm, 
Deutsche Grammatik, 2° éd., t. I, pp. 123 et 452) du primitif fan-7a, et 
reliées au gothique fani, employé plusieurs fois par Ulfilas pour rendre le 
grec mnìóç, que saint Jérôme a traduit par lutum. La forme fanges, em- 
ployée maintenant en Belgique aussi bien que fagnes (peut-étre à cause 
d'une influence exercée par la langue francaise sur les dialectes provinciaux), 
a induit certains auteurs sur la voie de l'une des étymologies proposées pour 
notre mot francais, qu'ils seraient disposés à rattacher aussi a la méme source 


(4) Voyez plus haut, pp. Li, LXXVI et CXXIV. 


CXLVIII SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 


gothique. Ce n'est pas le lieu de discuter ici l'opinion de M. Littré et de 
M. Brachet, qui font venir fange du latin famez, lequel n'est guère mieux 
connu que son dérivé famaicosus. Je veux seulement, à cause de l'intérêt 
qu'il présente pour les botanistes, citer un document ignoré de nos philo- 
logues, et contenu dans le Dictionnaire franco-normand de M. Métivier 
(Londres, 1870, p. 223). 

M. Métivier nous apprend que toute herbe qui croit dans l'eau dormante 
des marais (et spécialement le Potamogeton compressus) se nomme à Guer- 
nesey fàng ou fanc, le méme mot qui en vieux français désignait la fange, 
en normand fangue, en bas-breton fank. Les gutturales fortes des termes 
occidentaux sont bien difficiles à rattacher aux racines gothiques et germa- 
niques. L'une des dames qui nous accompagnaient en Belgique me fait remarquer 
que ces termes doivent étre voisins du latin fungus, le produit ordinaire de la 
fange. On dérive ordinairement fungus du grec opcyyos, mais la forme latine 
de ce dernier est spongia. Fange et. fungus font penser bien davantage au 
sanscrit payka, boue, fange, champs inondés, dont les dérivés désignent plu - 
sieurs plantes aquatiques, entre autres le Vallisneria: La chaine étymologique 
est ici un peu lâche sans doute, et l'un des anneaux qui lui manquent est pro - 
bablement un terme celtique perdu aujourd’hui. 


M. Eugéne Fournier, qui, en sa qualité de vice-président de la Société, a pris une 
part active à l'organisation et à la direction de notre session en Belgique, et qui a bien 
voulu se charger de réunir et de préparer les matériaux de ce numéro, en a aussi obi- 
geamment dirigé l'impression, surtout en ee qui concerne le compte rendu des quatre 
séances tenues à Bruxelles, à Rochefort et à Liége. Nous prions notre savant collégue 
auxiliaire si dévoué de toutes nos publications, d'agréer à ce sujet l'expression de notre 
vive gratitude. 


Au nom de la Commission du Bulletin, 


Le Secrétaire général de la Société, gérant duB ulletin , 
W, DE SCHGNEFELD. 


PARIS. — IMPRIMERIE DE E. MARTINET, RUE MIGNON, 2.